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une publication de la fédération des étudiants libéraux I Déc 2016

news

le magazine qui dévoile

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Dossier : Qu'est-ce qu'être Belge en 2016 ? CETA : Analyse des " préoccupations " francophones Féminisme-egalité-Libéralisme : La nouvelle campagne de la FEL

N° 11


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sida / IST

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Dossier : Qu'est-ce

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interview : 11

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carte blanche

Actu : 5 raisons

de tempérer l’élection de Donald Trump

Flashback

Vous le savez, la FEL n’est jamais à court d’activités. Conférences, débats ou activités folkloriques, il y en a pour tous les goûts. Voici donc un petit aperçu de ce qui s’est déjà passé depuis juin...

qu'être Belge en 2016 ?

6 Octobre 2016 - midi politique

questions à Karen Boers

La Felu entamait son cycle de Midis politiques. Le premier était consacré à Georges-Louis Bouchez. L'occasion pour les étudiants de l'ULg de débattre avec lui de l'actualité politique dans l'atmosphère détendue de la pause de midi.

Actu : CETA : Analyse des " préoccupations " francophones

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interview : 7

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Campagne :

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Revue de tweets

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Actu : Entre

caricature questions à Jérome Truyens

Féminisme-egalitéLibéralisme 

20 Octobre 2016 - midi politique Le CEL Saint-Louis inaugurait la série de Midis Poliques organisé traditionnellement avec Isabella Lenarduzzi, fondatrice de JUMP et féministe engagée dans le combat de l'égalité des genres. Moment très sympathique et enrichissant aux cotés d'une belle personnalité.

22 Octobre 2016 - Congrès annuel

journalisme et voyeurisme

La FEL organisait son congrès annuel au siège du MR. Cette année, il portait sur les questions controversées mais actuelles du TTIP et de l'allocation universelle avec un panel d'invités diversifiés et prestigieux. Moments riches d'éclaircissements, de débats, de confrontations d'opinions, bref de démocratie.

éditeur Responsable :

Cédric Pierre Rédaction :

Avenue de la Toison d’or, 84 - 86 1060 Bruxelles Rédacteur en chef :

Raphaël Mottale Comité rédactionnel :

Thomas Caulier Laurent Costas Florence Delellio Annelise Deville Denis Deviver Laura Hidalgo Enza Laera Cédric Pierre Olivier Schmetz Alexandre Servais Fanny Tsiplakis Alessandro Zunino

20 Octobre 2016 - P'tit Déj. Le CEL ICHEC organisait son petit déjeuner d'accueil. Moment de choix pour se faire connaître sur le campus et de rallier de nouveaux membres.

8 Novembre 2016 - Conférence Le CEL ULB, en collaboration avec les étudiants socialistes et le Cercle du Libre Examen, profitait de la soirée des élections américaines pour donner leur seconde conférence. Celle-ci portait sur l'enjeu des élections américaines et sur l'organisation du jeu démocratique aux états-Unis.

Direction artistique :

Daphné Algrain

Libertines

- Décembre 2016

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édito

à la question «  Qu’est-ce qu’être Belge en 2016 » nos voisins français nous décriraient à peu près comme étant des hommes et femmes avec un « fort accent, amateurs de bières et de frites, un peu têtus mais qui peuvent faire la fête » et pourtant derrière cette réponse caricaturale et anodine, la question mérite toute son importance. à l’heure de la mondialisation, de l’immigration et du multiculturalisme, que reste-t-il de l’identité de notre nation ? Existe-t-il une ou plutôt des nations belges  ? Sommes-nous appelés à disparaître, noyés dans un monde globalisé sans identité propre ?

Amin Maalouf, écrivain franco-albanais, avait imaginé un monde empreint d’identités multiples mais sous une communion universelle des peuples. L'Europe, elle-même a des racines identitaires philosophiques, religieuses, culturelles et scientifiques multiples, d'où sa devise " Unir dans la diversité ". Pourtant, nous assistons de plus en plus - des USA en passant par la France jusqu’à la Russie - à un repli sur soi, à un déni de l’autre et à une montée des mouvements nationalistes. Dans ce nouveau numéro du Libertines, je vous propose de faire un voyage au travers ces différentes questions dans notre dossier central. Elles ont été balayées par l’équipe qui vous propose également une présentation de notre nouvelle campagne : Féminisme-égalité-Libéralisme. Vous ne manquerez pas non plus notre point de vue sur la question des soi-disant améliorations obtenues par la majorité PS-cdH sur le CETA ainsi que du rôle ambigu joué par la presse dans ce numéro. N’oublie pas notre nouvelle formule  : un article t’interpelle et tu souhaites réagir ? L’envie te prend d’écrire un article dans le prochain LIBERTINES  ? Contacte-nous à (redaction@etudiantsliberaux.be). 

Raphaël

Rédacteur en chef du Libertines

Avec le soutien

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| sida / IST

La Belgique se couvre de rubans rouges

Libertines

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sida / IST | Pour la Journée Mondiale de lutte contre le SIDA, le 1er décembre 2016, SIDA’SOS lance pour la 6ème année consécutive une large campagne de solidarité afin de mobiliser l’ensemble des Belges à montrer leur soutien aux malades par un geste simple, gratuit et accessible à tous : le port du ruban rouge. VIH/SIDA : une maladie transmissible mais pas contagieuse ! Le VIH/SIDA se transmet principalement par relations sexuelles non protégées. En Belgique, 3 personnes sont contaminées par jour, en moyenne. Pour te protéger, toi et ton/tes partenaire(s), utilise toujours un préservatif !

Le bon réflexe : le dépistage ! Si tu as pris un risque ou si tu veux savoir où tu en es, pense à te faire dépister. à l’heure actuelle, tu peux te faire dépister dès 6 semaines après la prise de risque. On peut également réaliser un Test Rapide à Orientation Diagnostique (TROD) auprès de certaines asbl et centres de santé. Il permet d’avoir un premier avis diagnostique (faux positif possible) en quelques minutes. Il faut par contre attendre 3 mois après la prise de risque pour le réaliser et il devra toujours être validé par un test classique (appelé test Elisa) par prise de sang. Il existe aussi un Traitement Post-Exposition (TPE) à prendre dans les 72 heures maximum après la prise de risque.

On ne peut toujours pas guérir du VIH/SIDA ! Malgré les avancées médicales, on ne peut toujours pas guérir du VIH/SIDA… mais on peut vivre avec. Aujourd’hui, les traitements permettent de diminuer les risques d’apparition du stade SIDA, d’augmenter l’espérance de vie et de rendre la charge virale d’une personne séropositive presque indétectable, permettant de ne plus transmettre le virus. L’important, c’est donc de le savoir et de suivre son traitement !

Il n’y a pas que le VIH/SIDA ! A côté du VIH/SIDA, d’autres IST (infections sexuellement transmissibles) sont en recrudescence en Belgique : Chlamydia, Gonorrhée, Syphilis, … Pour toutes les dépister, une prise de sang ne suffit pas ! Il y a aussi le prélèvement (ou frottis) vaginal chez les femmes et urétral chez les hommes, ainsi que le test urinaire. Prises à temps, la plupart de ces IST se traitent facilement avec de simples antibiotiques !

Plus d’infos sur les modes de transmission, le dépistage et le traitement du VIH/SIDA et des autres IST, ainsi que sur les actions organisées autour du 1er décembre sur www.rubansrouges.be Vous désirez participer à cet élan de solidarité et nous aider à couvrir la Belgique de manière encore plus large cette année, n’hésitez pas à nous contacter via info@sidasos.be pour passer commande. N’hésitez pas non plus à contacter Sida’sos par téléphone au 02/303.82.14 ou via Facebook www.facebook.com/sidasosasbl 5


| Actu

5de raisons tempérer l’élection de Donald Trump

Bouleversant, catastrophique, apocalyptique. Les médias n’ont pas manqué d’adjectifs afin de qualifier l’élection de Donald Trump à la présidence des états-Unis. Certes, il est logique que la désignation d’un sexiste, machiste, raciste et xénophobe à un tel poste soit de nature à susciter des craintes profondes dans l’esprit du citoyen. D’ailleurs, comme le soulignait Obama, il est important que cela serve de leçon sur les limites de la démocratie et l’importance d’aller voter. Néanmoins, une fois l’émoi passé, il est crucial de porter un regard pragmatique et nuancé sur les conséquences réelles de l’élection de M. Trump.

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Le budget

La première raison d’apaiser les craintes est le manque de moyens de l’Oncle Sam. Avec une dette s’élevant à plus de 17 trillions de dollars, il est difficile de s’imaginer qu’il va effectivement pouvoir financer un mur en béton sur 3141 kilomètres de frontière, tout en investissant massivement dans ses infrastructures….sans lever la moindre taxe comme promis. En outre, il faut savoir qu’une bonne partie de la dette américaine est détenue par des Chinois. Propos que Trump a tenus à l’égard de la Chine, de la capacité actuelle des Américains à rembourser cette dette ainsi qu’aux tracas suscités par la transition économique nationale, on peut difficilement concevoir que les Chinois continuent à prêter massivement aux états-Unis.

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La séparation des pouvoirs et les « checks-and-balances »

Bien que le Président des états-Unis jouisse de compétences étendues (chef du gouvernement, chef d’Etat, chef de la diplomatie,…), il est bon de rappeler que la plupart de ses initiatives sont soumises à l’aval du Congrès. Celui-ci dispose notamment du pouvoir législatif (bien que la signature finale d’un acte appartienne au Président). Il peut retourner les vétos du Président, lever les taxes ainsi que financer les agences fédérales ainsi que les initiatives du Président. Trump sera donc ainsi contraint à coopérer et collaborer avec les deux Chambres et poussé à se compromettre. Bien que celles-ci soient toutes les deux à majorité républicaine, cela ne signifie pas pour autant que les élus soient disposés à se ranger derrière toutes les folies de leur Président. En outre, ce sont ces mêmes élus que visait Trump, alors en pleine campagne, lorsqu’il parlait de corruption. Dès lors qu’il a promis « d’assécher le marais » à Washington, on voit mal comment il s’accordera la faveur de ces députés.

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Actu |

La Cour Suprême

Garante du respect de la Loi Fondamentale, celle-ci scrutera et passera au peigne fin toutes les actions du pouvoir exécutif afin d’en assurer leur constitutionnalité. Il s’agit du principe même de la rule of law : les dirigeants sont soumis à la loi et à la Constitution comme n’importe quel citoyen. En outre, depuis 1803 et l’arrêt Marbury v. Madison, la Cour Suprême s’est également arrogé le pouvoir du « Judicial Review », à savoir, celui d’annuler une décision anticonstitutionnelle prise par le pouvoir exécutif. Garde-fou précieux contre l’arbitraire, la Cour pourra ainsi aisément retourner un quelconque plan de déportation massive des onze millions d’immigrants illégaux tel que promis par Trump. La suspension totale des flux migratoires en provenance de pays musulmans passera également difficilement le filtre constitutionnel.

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La globalisation

Les états-Unis sont toujours le Leader of the Free World, la première puissance économique mondiale. Le pays doit son statut et son succès à une forme avancée de capitalisme et de libéralisme qui, portés par un mouvement général de globalisation, ont assuré sa prospérité et sa croissance économique ainsi que stimulé l’innovation technologique. D’ailleurs, quoique l’on puisse en penser, les biens et services bon marché importés d’Asie qui ont « envahi » les marchés américains, ont généré une baisse générale des prix et rehaussé les standards de vie de l’Américain moyen. Dans une économie globalisée et ultra-compétitive, il est difficile pour un pays de se replier sur soi tout en assurant sa prospérité et sa croissance économique. Trump se rendra vite compte des dégâts que le fait de « détruire » le Nafta et le TPP, réindustrialiser le pays, rehausser les tarifs douaniers de 40% sur les produits chinois importés et aller globalement à l’encontre de la globalisation peut infliger à l’économie américaine.

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Le Conseil National de Sécurité

L’une des craintes les plus profondes est due à l’imprévisibilité et au tempérament réactionnaire de Trump concernant la politique étrangère. Pour rappel, il a menacé de se retirer de l’OTAN si les pays européens n’augmentaient pas leur contribution à l’organisation. Il a menacé de retirer les troupes américaines d’Asie, là où elles assurent la paix entre les puissantes montantes. On ne sait en outre pas comment il compte assurer « l’éradication » du terrorisme en Asie. On ne sait pas non plus comment il abordera la question de l’arme nucléaire. Néanmoins, il est bon de rappeler que, même si en théorie, il est seul à pouvoir prendre des décisions en matière de politique étrangère, il peut difficilement balayer d’un revers de la main l’avis et les recommandations du National Security Council. Pour rappel, celui-ci dispose d’un pouvoir de conseil, de coordination et d’impulsion sur les politiques étrangères. Il sera donc intéressant de voir quelles personnalités Trump nommera aux hauts postes de son administration. 7


| contribution externe

rédigé par

L

Le 11 février prochain se tiendra la 18ème EU Studies Fair, un salon étudiant qui accueillera à Bruxelles plus de 50 universités et institutions académiques venues des quatre coins du monde pour présenter leurs programmes d’études supérieures axés sur les études européennes, l’économie, la gestion, les relations internationales et le droit. Le salon s’adresse à tous les étudiants et jeunes professionnels qui veulent continuer leur programme académique dans une université de renom à l’étranger dans le cadre d’un master, d’un stage, d’un Erasmus, d’un doctorat, de cours d’été ou d’une formation linguistique. Pendant la journée, qui sera rythmée de séminaires et de conférences, les étudiants auront l’opportunité de rencontrer de prestigieuses universités et de prendre connaissance des multiples possibilités qui s’offrent à eux en Belgique et à l’étranger. Organisée par POLITICO, média spécialisé dans les affaires européennes, la EU Studies Fair est l’évènement à ne rater sous aucun prétexte si vous envisagez des études et/ou une carrière à l’international ou si vous avez besoin de conseils pour choisir votre voie. Cette année au programme, la traditionnelle visite de la Commission européenne et du Parlement européen aura lieu le vendredi 10 février ainsi que des séminaires réunissant des professionnels du monde des affaires européennes, tels que Natascha Bertaud, la porteparole de la Commission européenne ou encore Sara Career, Senior Director Europe, Middle-East and Africa chez Burson-Marsteller. Le samedi 11 février, les exposants vous accueilleront à partir de 10h du matin au Crowne Plaza pour une journée qui vous donnera l’opportunité d’assister à des conférences d’orientation et à des séances d’information propres à certaines universités, de faire vérifier votre CV par des professionnels de l’emploi et bien d’autres surprises encore. Dans le cadre de ce salon, POLITICO a le plaisir de travailler main dans la main avec de nombreux partenaires de longue date, mais aussi des nouveaux venus, tels que la Fédération des étudiants Libéraux. Ces organisations de jeunes, pour la plupart, s’assurent que la EU Studies Fair atteigne les personnes pour qui elle aura le plus grand intérêt. Ces partenariats offrent également aux visiteurs du salon un accès unique à des réseaux de professionnels de qualité. Pour ne pas manquer cet évènement et être tenu au courant des derniers exposants et orateurs confirmés, enregistrez-vous sur http://www.politico.eu/event/eu-studies-fair-2017/ 

Libertines

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p.10 L a Monarchie, dernier     bastion de la « Belgique de papa »

DOSSIER

p.12 D  onald Trump à la tête des     états-Unis : Un second Brexit ? p.14 S ’unir ou périr    

p.16 P our une immigration plus     citoyenne

à l'heure où nous traversons une crise Qu'est-ce qu'être belge en 2016 ? identitaire, nous avons voulu nous interroger sur ce que représente encore notre identité citoyenne. Crise identitaire dans le monde avec tâcher de s'ouvrir davantage au monde ou de défendre les de nombreux replis sur soi dont le vote américain valeurs de la démocratie. Ne citons comme exemple pour pour Trump est l'exemple le plus parlant. Repli sur le prouver que la mise en place du parcours d'intégration soi encore, en Europe, avec le vote pour la sortie de que tout primo-arrivant doit suivre pour être intégré le plus l'UE en Grande-Bretagne, la montée des extrémismes rapidement possible ou encore le succès chaque année en Hongrie, aux Pays-Bas ou en France. Mais crise grandissant de programmes d'échanges tels qu'Erasmus identitaire en Belgique aussi. En effet, ce sont bien des dans notre pays. C'est la raison pour laquelle, nous avons citoyens belges, des jeunes qui ont fréquenté nos écoles voulu par une démarche positive nous positionner sur qui ont participé aux attentats de Paris et de Bruxelles. l'existence de valeurs et de caractéristiques communes Et pourtant, chaque jour, des initiatives sont prises pour liées à la citoyenneté belge. 9


La Monarchie, dernier bastion de la « Belgique de papa » Cédric Pierre

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pour une future réforme même s’il ne s’agit pas d’une priorité absolue pour ces partis politiques.

Selon ce journal, qui rapporte une étude de la KUL, la confiance des Belges ne cesse de diminuer depuis 1990, seule sa plus-value indéniable pour le rayonnement international de notre pays est unanimement reconnue par les Belges. Dès lors, serait-il temps de changer de paradigme ? Durant longtemps, rares étaient les formations politiques ou les politiciens à se revendiquer républicains. Pourtant ces dernières années, probablement aidée par l’émergence des partis nationalistes du nord du pays, cette idée commence à germer. La réduction des pouvoirs royaux est clairement au programme de plusieurs partis flamands comme Groen ou la NVA. Et du coté francophone, si le cdH constitue un repère de la « Belgique de papa », le MR et ECOLO apparaissent comme des interlocuteurs crédibles

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La Monarchie est probablement l’un des derniers bastions de la « Belgique de Papa », il est vraisemblable que la question resurgisse dans les prochaines années avec des changements facilitant les volontés autonomistes flamandes. Si dans la vision de la démocratie que je partage avec nombre de Belges, il est ardu d’accepter la transmission de pouvoir par le simple fait de l’hérédité, il faut re-connaître que le Roi a joué un rôle-clé lors de la dernière crise politique. Tout le monde se souvient du discours du Roi Albert II lors de la crise longue de 541 jours. Où en serions-nous aujourd’hui sans cette intervention ? Le Roi a donc, à tout le moins, 10


Ce 15 novembre, c’était la fête du Roi, et pourtant selon Le Soir, la confiance des Belges (et particulièrement des Flamands) ne cesse de s’éroder à l’égard de la Monarchie. Cependant, un autre modèle pourrait-il s’appliquer au vu des particularités et des soubresauts communautaires que connaît la vie politique belge ?

scrutin. Cependant, cela n’empêche pas dans un premier temps de la moderniser par une définition plus nette de ses compétences à ce strict rôle d’ambassadeur de luxe et de roue de secours du monde politique. Il serait de même préférable qu’une diminution de son train de vie soit envisagée puisque la rigueur budgétaire est de mise. Cette crise de confiance est corrélative à celle que subissent les politiques selon l’étude de la KUL, si Monsieur et Madame Tout Le Monde reproche à ceux-ci leur exemplarité, il faut leur laisser qu’ils sont fondamentaux dans une démocratie, qu’ils sont le fruit d’une élection et qu’il s’agit de citoyens lambdas, tout l’opposé de l’institution royale ; opposés mais pourtant complémentaires dans un système si complexe que le nôtre. 

un rôle de batterie de secours lors que les politiques se heurtent aux difficultés issues d’un scrutin qui livre un résultat différent des deux cotés du pays, un scénario appelé à se reproduire face à une Flandre qui tend de plus en plus à droite et une Wallonie qui tend de plus en plus à gauche. En conclusion, si cette Monarchie n’a probablement plus sa place dans une démocratie du 21e siècle, dans la pratique son rôle symbolique apporte des bienfaits en terme de représentation internationale et de conciliation, d’impulsion lorsque la machine politique s’essouffle. Quant à savoir s’il serait temps de changer de paradigme, c’est peutêtre le cas mais il ne serait pas raisonnable dans un pays qui entre dans la tourmente à chaque 11


Donald Trump à la tête des états-Unis : Un second Brexit ? Denis Devivier

Le matin du mercredi 9 novembre a laissé cette sensation de gueule de bois en apprenant que le très controversé Donald Trump sera le prochain locataire de la Maison Blanche, qu’il devrait renommer la « Trump White House Tower » d’ici quelques mois.

P

Pourtant, il s’agit d’une sensation de déjàvu, rappelant également une autre matinée douloureuse dans laquelle l’Europe se réveille avec la volonté du Royaume-Uni de le quitter. Plusieurs facteurs reviennent dans les deux cas permettant cette comparaison.

qu’une remise en question avait été faite il y a une dizaine d’années avec l’échec de la ratification de la Constitution de l’Union européenne, marqué par le refus français et néerlandais. Les deux choix de 2016 ont des effets bien plus dévastateurs qu’un simple refus.

Une démocratie qui se défie par elle-même

Cette démocratie semble de plus en plus contestée d’un côté de l’Atlantique comme de l’autre. Les tabloïds londoniens se sont fait un plaisir à fustiger la décision de la haute cour de justice obligeant la House of Commons à donner l’autorisation au gouvernement britannique pour l’activation du fameux article 50 en précisant que le vote populaire a été floué et que la décision peut ainsi être renversée. Le possible revirement de situation de la perfide Albion ne sera malheureusement pas nécessaire aux Etats-Unis lorsque le premier Président à la peau orange de l’histoire se disait prêt à contester le résultat des élections en cas de défaite.

Tout d’abord, il s’agit clairement d’une remise en question de la démocratie telle que l’on connait aujourd’hui. Il semblerait que les citoyens américains et britanniques se lassent de la politique traditionnelle et attendent le moment des élections pour se prononcer, comme pour dire à son conjoint un rien trop possessif que c’est fini. L’intérêt pour la politique est moins grand. La participation aux différentes élections est en constante baisse et favorise la victoire de mouvements populistes, qui proposent une autre vision. Il est intéressant de noter dans le cadre de la victoire de Donald Trump que le nombre de voix récoltées par le parti Républicain est resté constant depuis 2008. Alors que les Démocrates ont perdu 7 millions de votes depuis la première élection de Barack Obama.

Ce n’est pourtant pas un phénomène purement anglo-saxon, la volonté de voir de nouveaux visages en politique existe bien au-delà de la Manche. Notre pays est également concerné par ce phénomène, une personnalité comme Raoul Hedebouw qui n’hésite pas à casser les codes de communication en privilégiant des questions de forme que de fond, ce que le gouvernement wallon, tant du côté socialiste qu’humaniste, n’a d'ailleurs pas non plus manqué de faire lors de la signature du CETA.

Thomas Hobbes disait au 17ème siècle que « l’homme est un loup pour l’homme ». Aujourd’hui, il serait correct de dire que la démocratie est un loup pour elle-même. Elle seule peut se mettre en danger. Bien

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Une génération Y consternée

constater que seuls les images et les messages faisant moins de 140 caractères sont retenus par le citoyen lambda. Il est devenu désormais monnaie courante de ne retenir que la volonté de Trump de construire un mur à la frontière mexicaine, ou de savoir avec laquelle de ses filles il voudrait sortir. Cela a nettement contribué à une campagne pitoyable faite de coups bas et d’attaques personnelles.

Les deux votes ont également marqué un écart générationnel assez important. D’un côté, la génération des ainés, plus conservateurs, votant pour un repli sur soi. De l’autre, une génération plus jeune choisissant une plus grande ouverture restant médusée par le résultat qui affectera leur avenir à long terme. Cela a été prouvé, si les deux élections n’étaient que dans les mains de la génération Y, la face du monde serait bien différente aujourd’hui.

En conclusion Ce n’est pas certain que ces deux exemples aillent immuniser le reste du monde pour la suite, rien ne garantit justement que ces expériences n’arriveront plus. Les yeux se tournent désormais vers La Haye, Vienne et Paris où dans les prochains mois Geert Wilders, Norbert Hofer et Marine Le Pen souhaitent montrer qu’ils peuvent créer, eux aussi, la surprise en prouvant que la victoire ne relève pas du fantasme. Ces mêmes facteurs risquent de revenir dans un monde de plus en plus connecté, qui se recherche et qui se divise entre générations.

Le «  Remain  » l’aurait emporté largement au Royaume-Uni avec une génération marquée par une plus grande ouverture des frontières et par une action européenne qui donnait un sens bien plus clair par rapport à la vision de leurs ainés. Seules les villes ouvrières et les circonscriptions situées en campagnes exprimaient de plus grandes réserves. Aux états-Unis, le résultat va tout simplement dans la même direction. Pour 538 grands électeurs, 504 allaient vers Hillary Clinton ne laissant que 7 Etats pour l’homme qui prétend rendre l’Amérique à nouveau géniale. Comme pour le Brexit, il s’agit d’Etats moins peuplés situés dans des plaines comme l’Idaho, le Wyoming et le Nebraska.

Bref, le monde est en train de vivre un nouveau chapitre de sa belle et longue histoire. Une étape un peu plus noire dans laquelle la confiance envers le monde politique et les relations extérieures s’érodent : on constate clairement des deux côtés de l’Atlantique une méfiance constante. Un repli sur soi qui dénote singulièrement à l'heure de la construction d'un monde citoyen tel que nous l'espérons. Le choix de l’isolationnisme du côté américain, et une Europe qui se découd de l’autre se fait en contradiction avec cet espoir. Cette phase de méfiance ne sera peut-être qu’une parenthèse de l’histoire où les générations les plus jeunes n’ont eu tort qu’en ayant raison trop tôt. 

Le triomphe de la forme sur le fond La communication politique s’est transformée, si Obama a bien compris qu’une élection se gagnait sur Facebook en 2008. Trump et Farage ont bien compris 8 ans plus tard qu’on peut obtenir ce que l’on veut en glissant quelques insultes sur Twitter. Il suffit de voir la pauvre qualité des débats pour 13


| contribution externe

S’unir ou périr Jamais l’extrême droite populiste et xénophobe en Europe n’a eu autant d’écho qu’après l’élection de Trump et le Brexit - même si le comportement arrogant de la Grande Bretagne face à l’UE l’a rendue impopulaire. Le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, est constamment à la TV et Nigel Farage et Geert Wilders sont plus que jamais légitimés dans leur action politique par le fait qu’ils ont étés les seuls politiciens européens invités par Trump aux états-Unis pendant sa campagne et à nouveau après son élection.

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Mais la construction européenne est-elle vraiment destinée à s’écrouler comme ces leaders le prophétisent ? L’identité européenne ou plutôt les identités européennes sont multiples. La philosophie grecque, le droit romain qui établit les fondements de l’égalité, la théologie chrétienne qui nous a transmis l’idéal de la fraternité, les révoltes des barons au Moyen-âge qui ont mis des limites au pouvoir absolu des rois, la Réforme protestante et la Contre-Réforme catholique qui ont jeté les bases de l’alphabétisation et de la culture de masse, la révolution américaine de la fin du XVIII siècle qui a proclamé le droit à la démocratie et enfin la lutte pour la construction de l’état social constituent le patrimoine qui fait de nous ce que nous sommes. Cet enracinement dans l’histoire, cette identité aux multiples facettes, les autres nous les envient, les admirent et les respectent. Mais aujourd’hui, l’Europe est entourée de conflits qui génèrent des millions de déracinés (Donbass, Caucase, Syrie, Irak, Lybie). Ils viennent se réfugier en Europe pour chercher survie et protection. Maintenant plus que jamais, nous avons besoin d’une Europe capable de défendre nos idéaux, les droits de l’Homme à l’occasion des négociations internationales mais l’Europe est dramatiquement absente parce qu’elle n’existe pas à ce niveau. Certes, une Europe forte est contre l’intérêt des nos adversaires politiques : Vladimir Poutine finance largement les partis d’extrêmes droites qui travaillent pour la destruction de l’UE, Donald Trump a exprimé sa satisfaction pour le résultat du référendum lors de sa visite au Royaume-Uni après le vote, etc. On parle, aujourd’hui, de vote anti-establishment, un vote déterminé par la colère irrationnelle contre le système et contre ceux qui sont différents de nous. Les Farage, les Trump profitent de cette situation. Même si leurs solutions aux problèmes liés au chômage et à l’exclusion d’une partie de nos sociétés de l’économie, de la connaissance ne peuvent pas les résoudre. Pourtant, ils ont réussi à transmettre un sentiment d’espoir, de retour à une phase historique où tout allait mieux.

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Alessandro Zunino, Président de JEF Brussels


La réalisation de l’Europe sociale où le travailleur peut être protégé et accompagné vers le marché de l’emploi est essentielle mais il faut que l’Europe puisse vraiment avoir les moyens de décider et d’agir. L’Erasmus, par exemple, est un franc succès qui montre ce que l’UE peut réaliser dans le domaine de l’éducation et de l’intégration. Le plan Juncker, malgré ses moyens limités, montre, quant à celui-ci, ce qu’il peut notamment permettre dans l’aide au développement des entreprises.

JEF Brussels, section bruxelloise des Jeunes Européens Fédéralistes, une organisation présente dans toute l’Europe, qui compte plus de 30000 membres et qui a comme but la création d’un État européen, organise des événements en collaboration avec les jeunesses des partis politiques. Dernièrement, nous étions au siège du PS bruxellois où nous avons discuté du TTIP et du CETA avec Marc Tarabella. Après avoir expliqué la position de son parti, le député européen a dénoncé l’absence totale du Parti Socialiste Européen aux tables des négociations avec les institutions européennes. Selon lui, les partis politiques européens ne sont que des coquilles vides. Nous croyons, au contraire, qu’ils doivent devenir des lieux des discussions et de prises de positions, que les citoyens doivent pouvoir voter aux élections européennes, que les partis soient comme dans le système canadien sans réels liens avec les partis nationaux (provinciaux au Canada) comme cela a déjà été proposé par Louis Janssens de Bisthoven dans La Libre Belgique le 06 février 2014.

Par ailleurs, il y a dans l’Europe des éléments qui peuvent l’affaiblir. Tout d’abord le fait que l’UE n’ait pas de Gouvernement, ensuite, l’action de la Commission européenne qui est limitée par les États nationaux et enfin le Parlement européen qui n’a pas assez de pouvoir, notamment celui de voter des impôts européens. Une situation qui met l’Europe dans une situation de dépendance vis-à-vis des États.  15


Pour une immigration plus citoyenne Laurent Costas

La gestion des migrations au travers des frontières extérieures et au sein des frontières intérieures de l’Europe est devenue l’un des enjeux principaux de ces dernières années sur le vieux continent. La Méditerranée, le berceau originel de l’humanité moderne telle que nous la connaissons s’est transformée en un cimetière de migrants et de réfugiés fuyant la guerre et la misère.

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Cela, en tant que libéral convaincu, je ne peux l’accepter et à ceux qui disent que l’Europe ne peut pas accueillir toute la misère du monde, il faut invariablement répondre qu’il faut citer les discours dans leur entièreté la plus totale et que nous, Européens, devons en prendre notre part comme le suggérait Michel Rocard. Cependant, il me parait évident que, lorsqu’en tant que migrant, on est accueilli les bras ouverts par un pays, quel qu’il soit, on se doit de respecter le pays qui accueille, on se doit d’accepter d’apprendre la langue de celui-ci et on se doit d’adopter le mode de vie local, au même titre que les valeurs intrinsèques de ce pays. A titre personnel, je n’aime pas parler d’intégration et je préfère parler du concept de citoyenneté. En d’autres mots, par le terme citoyenneté, il faut entendre la participation à la vie collective et le partage des valeurs de la communauté à laquelle on vient se rattacher. En l’occurrence, il ne s’agit pas de renoncer à son identité, ni à sa culture, ses racines, sa religion mais bien d’entrer au sein d’un nouvel univers et de participer pleinement à la vie commune. En revanche, il est absolument nécessaire et primordial de se créer de nouvelles racines dans le pays d’accueil. Pour cela, il faut d’emblée savoir accepter sans équivoque de partager le socle commun de valeurs universelles en Europe que sont les libertés fondamentales, le respect des droits de l’Homme, l’égalité entre les femmes et les hommes ou encore la démocratie induite par la neutralité religieuse des pouvoirs publics. Nous pouvons être flexibles dans une certaine mesure mais il faut avoir le courage politique de maintenir une ligne claire de principes et de limites à ne pas franchir,

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sans quoi, en acceptant des accommodements, on entre dans une spirale communautariste. La mise en place de l’égalité pure et parfaite entre les hommes et les femmes a indéniablement du mal à se faire respecter chez nous, cela se voit notamment au travers des problèmes de société que sont l’inégalité salariale ou la discrimination à l’embauche à simple titre d’exemple, comme nous avons pu plus largement l’aborder dans notre dernière campagne « Féminisme – Egalite – Libéralisme ». Voilà donc une raison de plus pour ne pas céder à l’ouverture et au velours de la boite de pandore que constituent les accommodements raisonnables. Il y en a pléthore et on pourrait citer le cas des horaires différenciés dans les piscines publiques qui, sur le principe, est purement et simplement intolérable. Ce qui pose problème en Europe actuellement, c’est l’arrivée de personnes qui ne partagent pas ces valeurs ou qui n’en sont pas informées et qui ne souhaitent pas en être informées. Le parcours d’intégration rendu obligatoire depuis peu après la prise de conscience du PS et du cdH au sud du pays ou d’inburgering, obligatoire depuis plusieurs années chez nos voisins néerlandophones, constituent le premier pas dans la démarche de la citoyenneté. En effet, ils offrent l’opportunité aux populations primo arrivantes d’avoir une rencontre dans un cadre privilégié avec la culture du pays d’accueil. Ces cours ont pour but d’enseigner la langue française ou néerlandaise, de dispenser une formation à la citoyenneté ainsi que d’aider le primo-arrivant dans son insertion socio-professionnelle en fonction de ses besoins. Ainsi, le but est de favoriser l’insertion sociale et la mise en place d’un tronc commun de valeurs. 16


En plus du tronc commun de valeurs, il est également opportun d’aborder la question du travail. Il s’agit là du pas décisif à une intégration optimale dans la société puisque c’est de l’emploi même que découle l’organisation d’une vie au travers des prismes que sont le logement, les loisirs et l’éducation. L’intégration passe avant tout par la formation des arrivants et l’éducation de leurs enfants et cela, les pouvoirs publics l’ont maintenant bien compris.

l’échec, parfois difficile à admettre, des politiques communautaristes menées au cours des dernières décennies. En effet, ce sont ces dernières qui ont encouragé les gens à vivre reclus entre eux dans un total déni des valeurs qui sont les nôtres. Il ne faut donc pas s’étonner si, de façon silencieuse mais à la progression fulgurante, des groupes de personnes ont eu tendance à adopter des positions des plus radicales dans des domaines comme la sphère religieuse à simple titre d’exemple.

Il faut apprendre le vivre ensemble car la seule cohabitation des populations ne suffit pas. La nécessité de provoquer, d’organiser et de cadrer la rencontre des cultures et des générations est inéluctable si l’on souhaite garantir la cohésion sociale. Ce qu’il faut à tout prix éviter, c’est le repli communautaire que nous connaissons dans certains quartiers de nos grandes villes, qu’elles soient bruxelloises, wallonnes ou flamandes. Ce problème de fracture est induit par plusieurs facteurs que sont, premièrement un manque de courage politique pour enrayer la communautarisation qui était grandissante. On pourrait également citer un manque de mobilité entre les différentes zones des grandes villes, à cause des trop grandes disparités qui existent, qui accentue encore plus ce fossé qui se creuse entre des quartiers huppés et des presque ghettos.

En effet, même si certains prétendent le contraire et je ne souhaite dénigrer aucune organisation politique qui aurait dirigé certaines communes bruxelloises et wallonnes pendant de nombreuses années, l’intégration ne se fait pas seule et il ne peut pas seulement s’agir d’une démarche individuelle des arrivants. Il est donc nécessaire, selon moi, d’encourager les démarches diverses comme le parcours d’intégration obligatoire en Wallonie et à Bruxelles ou encore la procédure d’inburgering mise en place en Flandre. Cependant, bien que ces outils soient nécessaires, ils ne sont pas suffisants car le simple fait d’y prendre part en tant que primo arrivant n’induit pas le fait d’être citoyen. Il faudra donc, dans les mois et les années à venir, travailler sur d’autres outils qui permettront aux primo arrivants de s’insérer dans la société plus rapidement et plus efficacement que les systèmes actuellement mis en place. 

Ne nions pas non plus le problème de la crise identitaire que vivent certains jeunes issus de la deuxième et de la troisième génération au sein de ces mêmes quartiers. Ces presque ghettos que nous connaissons montrent 17


| interview

Dans le cadre de notre campagne « Féminisme, egalité et Libéralisme », nous nous sommes intéressés à la représentativité des femmes à la tête d’une start-up. Récemment, une étude européenne a révélé que moins de 14% des créateurs de start-up en Belgique sont des femmes. Ce chiffre est cependant proche de la moyenne européenne. Afin de mieux comprendre ces chiffres alarmants, nous avons rencontré Karen Boers qui est co-fondatrice et directrice générale de Startups.be et European Startup Network.

Pouvez-vous me décrire votre start-up ainsi que le poste que vous occupez actuellement ? Je suis co-fondatrice et directrice générale de Startups.be et European Startup Network qui sont des organisations nationales et européennes « one-stop shop » sur l’entrepreneuriat dans le monde de la technologie. Startups.be est un « one-stop shop » pour les entrepreneurs belges du monde de la technologie qui ont une ambition mondiale. Nous les aidons en leur fournissant un accès facile et de qualité aux investisseurs, clients et experts. En tant qu’organisation à but non lucratif, nous créons des liens dans l'écosystème technologique. Nous sommes la voix des start-up en Belgique et favorisons la culture de la start-up avec une approche neutre, une portée nationale et internationale. Depuis sa fondation en 2013, Startups.be s’est très vite agrandi pour représenter plus de 1500 start-up et plus de 180 organisations belges travaillant pour des entrepreneurs. European Startup Network est associé à 20 associations nationales de start-up qui représentent ensemble plus de 25 000 start-up dans toute l’Europe, rassemblant des start-up nationales dans le but de créer une voix commune pour les start-up européennes afin qu’un plus grand nombre de personnes puisse démarrer, gravir les échelons et réussir au sein de l’Union européenne. European Startup Network se focalise principalement sur 3 objectifs :  Fournir une analyse de données pour appuyer l’élaboration de politiques  Faciliter l’accès au marché international  Créer un important réseau pour les start-up nationales

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Comment vous est venue l’envie d’entreprendre ? Par accident. Je suis attirée par des projets novateurs et révolutionnaires. Et la seule façon pour moi de réaliser ces objectifs est de créer et de devenir un entrepreneur.

Avez-vous rencontré des difficultés lorsque vous avez créé votre start-up ? Oui, absolument. Tout d’abord, je ne me suis jamais considérée comme un entrepreneur. Apprendre à conclure un contrat, à maîtriser les flux financiers, à lancer mon projet, à me rendre moins vulnérable et à surmonter les défis de la liquidité sont quelques-unes des compétences que j'ai dû développer en cours de route. Chaque année, nous organisons une conférence « Failing Forward » au cours de laquelle différents entrepreneurs sont invités à venir témoigner des difficultés qu’ils ont rencontrées au cours de leur parcours afin d’aider les nouveaux et futurs entrepreneurs à ne pas reproduire les mêmes erreurs.


interview | Avez-vous rencontré un environnement hostile contre votre projet ? Parfois mais j’essaie d'ignorer l'hostilité et d'aller de l'avant avec des personnes qui ont un esprit d’entreprendre et novateur.

Qu'est-ce qui vous plaît dans votre activité ? Avoir un impact positif sur la vie des autres.

Quelles sont les contraintes liées à votre métier que vous rencontrez au quotidien en tant que femme ? Les gens ont tendance à se demander si je peux combiner mon défi d’entreprendre avec ma vie familiale ou s'il est éthiquement correct de combiner ces deux rôles. Je leur réponds : « même en bossant en moyenne 70 heures par semaine, il m’est possible de combiner ma vie de famille et mon travail ... ». Ce genre de questions n’est jamais posé aux entrepreneurs masculins.

Comment organisezvous votre journée, commencez-vous par un rituel particulier ? Non, je n’ai pas de rituel mais je dresse une liste de tâches à exécuter.

Créer une start-up n'est pas une tâche facile et certaines qualités pourraient être utiles. Selon vous, quelles qualités un leader doit-il avoir ? L'optimisme, l'amour des gens, la persévérance et surtout une bonne communication.

Avez-vous quelques conseils à donner aux femmes qui désirent démarrer une start-up ? Ne laissez jamais personne vous convaincre que vous ne pouvez pas y arriver. Vous le pouvez ! Et osez demander de l'aide autour de vous.

Comment expliquez-vous le fait que peu de femmes soient à la tête d’une start-up en Belgique ? Cela commence avec la perception que nous avons de la société dès notre plus jeune âge. Pour une majorité, les sciences, la technologie ainsi que le monde de l’entrepreneuriat sont des domaines réservés aux hommes. Il est impératif de créer plus de modèles féminins et faire comprendre aux femmes que ce sont des domaines dans lesquels elles peuvent exercer. D’autant plus que l'entrepreneuriat est une excellente façon d’amener des changements sociétaux ce dont les femmes ont tendance à se soucier plus que les hommes.

Quels sont vos futurs projets ? Pour le moment, je travaille sur plusieurs projets dans le domaine du numérique. Avec ce projet, j’aimerais m’assurer que quiconque a une chance d’entrer et de faire carrière dans le monde numérique quelle que soit leur formation ou niveau d’éducation. 19


| carte blanche

La carte blanche de Hypocrisie quand tu nous tiens.

laura et annelise Laura Hidalgo et Annelise Deville

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n Belgique, la consommation de cannabis est tolérée mais la détention ainsi que l’achat de celui-ci sont interdits. Ainsi, si une personne détient, par exemple, plus de trois grammes, elle est passible d’un an à cinq ans voire même de 15 ans de prison. La politique sur la consommation et la possession du cannabis n’est-elle pas le reflet de l’hypocrisie ? Nous répondrons par la positive. Aujourd’hui, nous pouvons constater à travers le bilan d’un demi-siècle de répression sur cette question que les politiques en matière de cannabis ont tout simplement échoué. L’opinion publique évolue sur la réponse à apporter à cette question et de multiples débats ont lieu comme par exemple, lors de la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies sur les drogues (SEAGNU). Cette dernière a conclu, à travers son rapport, qu’il y a un besoin urgent de limiter la répression et de « réexaminer les politiques et pratiques ». En Europe, aucun pays ne légalise la possession du cannabis mais il faut souligner que certains pays l’encadrent et la tolèrent. Ne devrions-nous pas prendre exemple sur ceux-ci? En Espagne (troisième place dans le classement des consommateurs de cannabis européens), il est possible de consommer dans des lieux privés appelés « cannabis social club ». Cependant, des sanctions sont prévues par le Code pénal (art. 368), si on sort en rue en détenant du cannabis. Aux Pays-Bas, il est prévu une limitation à sa consommation. On y retrouve également d’autres règles relatives au cannabis telle que la règle selon laquelle un coffee shop ne peut pas se trouver dans un rayon de 250 mètres autour d’une école ou encore la règle qui limite la vente à cinq grammes maximum par personne. Si ces cinq grammes sont dépassés, une amende allant jusqu’à 3 500 euros peut être appliquée. C’est un système qui fait ses preuves et qui semble être le plus approprié. En Belgique, nous devrions tendre vers une politique de tolérance. En effet, il existe un marché noir qui fleurit. Il n’est présenté aucune offre légale et il est temps de mettre un terme à ce marché car ce dernier alimente le circuit. Ce circuit est dangereux étant donné qu’il n’y a aucun renseignement sur la composition du produit ni un prix déterminé. Une fois la transaction engagée, il est parfois impossible de refuser. Ce cannabis est vendu coupé avec d’autres produits et pourrait être contaminé par divers champignons ou même des insectes. Il n’existe aucune réglementation sur la plantation et aucune traçabilité. Ici, nous mettons en péril la santé du consommateur ! Cessons l’hypocrisie sur cette question et trouvons de vraies solutions envisageables pour l’avenir. Il serait possible, en taxant la vente de cannabis, de débloquer de l’argent pour la prévention ainsi que de fournir plus de moyens pour sanctionner les personnes qui posséderaient au-delà du plafond toléré. Si nous permettons de légaliser le cannabis, cela entrainera certainement une diminution du taux de criminalité dans nos rues. Il y a souvent des règlements de comptes entre bandes et des petites guerres de territoire entre consommateurs et revendeurs. Il est possible que la légalisation puisse diminuer la consommation chez les jeunes étant donné qu’il faudrait aller dans un établissement et s’enregistrer. Cela aurait un effet dissuasif et nettement plus sécurisant. Il y aurait moins de risques liés à la santé du consommateur. En effet, cela réduirait les conséquences néfastes de la consommation de cannabis lorsqu’elle provient du marché noir. De plus, la création d’officines permettrait la création d’emplois. En France, la première "salle de shoot" officielle a fini par être inaugurée à Paris, le 11 octobre dernier, à l'hôpital Lariboisière (Xe arrondissement). Pour un collectif

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carte blanche |

d’associations en contact permanent avec les toxicomanes, ce programme devrait aider les usagers à " régler la régularité de leur consommation ". Le lieu est réservé aux toxicomanes, majeurs uniquement, qui s'injectent des produits qu'ils apportent eux-mêmes, sous la supervision de personnes qualifiées (médecins, infirmiers, agents de sécurité), avec du matériel stérile. Cet exemple démontre bien la possibilité de créer une structure encadrée pour ceux qui se droguent (avec des drogues dîtes dures) alors pourquoi ne pas en créer avec le cannabis ? à l’étranger, de telles structures sont depuis longtemps devenues pérennes. Les salles d’injection existent depuis trente ans en Suisse, où elles ont permis la diminution de la contamination mais aussi de la délinquance. En Allemagne, en Australie, au Canada, en Espagne, au Danemark, au Luxembourg, en Norvège, au Pays-Bas, de tels espaces ont fait la preuve de leur efficacité au fil des années. Citons aussi l’Uruguay qui a décidé, dernièrement, d’entamer la démarche de la légalisation (de la production à la distribution ainsi que de la consommation du cannabis). Cette révolution fait l’objet de critiques étant donné que du narcotrafic est encore présent mais il s’agit d’une « expérience nouvelle » comme le dit Pepe Mujica, exPrésident de l’Uruguay, qui devra faire ses preuves. Le Canada va également légaliser la consommation ainsi que le commerce au printemps 2017. Il ne faut bien sûr pas oublier les états-Unis qui ont décidé, au niveau fédéral, que la vente, l’usage et la possession sont illégaux mais où les états peuvent légiférer sur la dépénalisation pour un usage récréatif ou médical si une réglementation est mise en place. Le Colorado a décidé depuis le 1er janvier 2014 de légaliser le cannabis et de le taxer à 30%. Cela a créé un boom touristique ainsi qu’une croissance économique. L’état a pu donner l’excédant de son argent prélevé sur la vente du cannabis à ses citoyens. Il faut souligner que par exemple dans l’état de Washington, les habitants peuvent acheter jusqu’à 28 grammes. Ceux qui en ont besoin pour un usage thérapeutique peuvent en faire pousser chez eux avec une autorisation. Plusieurs états ont dépénalisé la consommation comme le Connecticut, l’état de New-York, la Caroline du Nord, la Californie, le Maryland, le Massachussetts, le Mississippi, le Minnesota, le Nebraska, Rhode Island et le Vermont avec chacun leurs propres conditions. En conclusion, le message est clair, stoppons l’hypocrisie et légiférons sur la détention ainsi que sur la consommation du cannabis. Cela offrira plus de sécurité pour tous.   21


| Actu

CETA : analyse des " préoccupations " francophones

Suite à la saga sur le Comprehensive Economic and Trade Agreement (mieux connu sous son acronyme CETA) déchainant toutes les passions, nous avons décidé, à la Fédération des Étudiants Libéraux, de comparer la résolution adoptée par les différentes entités fédérées francophones et bruxelloises, décrite comme balises minimales à respecter dans le cadre du CETA, avec le traité tel qu’il a finalement été signé par les Gouvernements. Nous reprenons ainsi les 11 " balises [...] qui ne se retrouvent malheureusement pas dans le CETA " pour reprendre les termes des dépositaires de la résolution.

1. Inclusion d’une clause sur les Droits de l’homme, juridiquement contraignante et suspensive

Olivier Schmetz

2. Ajout d’une clause afin de respecter la convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles

Il est vrai qu’aucune disposition dans le CETA ne fait mention à une quelconque clause sur les droits de l’homme si ce n’est certaines références dans le préambule. Toutefois, parallèlement au CETA, un « Accord de partenariat stratégique » a été signé par l’Union européenne et ses états membres et le Canada. Cet accord de partenariat stratégique, ayant bien évidemment le même poids juridique que le CETA-même, est univoque à cet égard en son article 2 : Les parties s'efforcent de coopérer et de veiller au respect de[s principes démocratiques, des droits de l'homme et des libertés fondamentales inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et dans les traités […]] dans leurs propres politiques, et encouragent les autres États à adhérer à ces traités et instruments juridiquement contraignants internationaux […].

En tout premier lieu, cette convention de l’Unesco est explicitement mentionnée dans le préambule. De plus, dans le chapitre 8 sur les investissements, l’article 8.9 préserve de manière univoque le droit de règlementer des états membres en matière culturelle : Pour l’application du présent chapitre, les Parties réaffirment leur droit de réglementer sur leurs territoires en vue de réaliser des objectifs légitimes en matière de politique, tels que […] la protection de la diversité culturelle. Il est difficile d’être plus clair à ce sujet.

3. Adoption de « listes positives » La Wallonie en avait fait un de ses chevaux de bataille, en vain. En effet, passer de listes négatives à des positives impliquait de faire tout le travail inverse des, très exactement, 1004 pages d’annexes en matière de réserve pour la libéralisation. De plus, contrairement à ce qu’ont pu affirmer certains politiciens wallons, des réserves existent également pour des mesures futures (annexe 9). A cet égard, nous pouvons citer un exemple très cher à la Wallonie et revenant souvent dans la bouche des détracteurs du CETA : le captage, l’épuration et la distribution d’eau. L’UE se réserve le droit d’adopter ou de maintenir toute mesure relative aux activités, y compris les services relatifs au captage, à l’épuration et à la distribution d’eau aux ménages et aux utilisateurs industriels, commerciaux ou autres, y compris l’approvisionnement en eau potable et la gestion de l’eau.

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Actu |

4. Inclusion de clauses sociales et environnementales à cet égard, le CETA ne peut être plus clair. Les chapitres 23 et 24 concernent respectivement le « commerce et travail » et le « commerce et environnement ». étant donné que les prescriptions en matières environnementales sont exactement les mêmes que pour l'aspect travail, nous ne présenterons que ce dernier point dans un souci de concision. L’article 23.11 , consacrant le droit de règlementer et les niveaux de protection, en complément avec l’article 23.42 , sur le maintien des niveaux de protection, sont difficilement plus explicites à cet égard. Article 23.2 : Reconnaissant à chaque Partie le droit de définir ses priorités en matière de travail, d’établir ses niveaux de protection du travail et d’adopter ou de modifier en conséquence sa législation et ses politiques, d’une manière conforme à ses engagements internationaux […] chaque Partie cherche à faire en sorte que cette législation et ces politiques prévoient et encouragent des niveaux élevés de protection du travail et elle s'efforce d’améliorer continuellement cette législation et ces politiques de manière à assurer des niveaux élevés de protection du travail. Article 23.4 : 1. Les Parties reconnaissent qu’il ne convient pas de stimuler le commerce ou l’investissement par l’affaiblissement ou la réduction des niveaux de protection prévus par leur droit et leurs normes en matière de travail. 2. Une Partie ne renonce ni ne déroge d’une autre manière à son droit et à ses normes en matière de travail, ni n’offre de le faire, dans le but de stimuler le commerce ou l’établissement, l’acquisition, l’accroissement ou le maintien d’un investissement sur son territoire. 3. Une Partie n’omet pas, par toute action ou inaction soutenue ou répétée, d’appliquer effectivement son droit et ses normes en matière de travail dans le but de stimuler le commerce ou l’investissement. Nous pouvons donc affirmer que le CETA n’a jamais mis en péril nos protections environnementales, sociales ou même en matière de développement durable ou de sécurité alimentaire. Il n’a donc, par exemple, jamais été question de se voir obliger d’accepter l’importation de poulet chloroformé ou de bœuf aux harmones, ces produits devant obligatoirement respecter nos normes.

Cette disposition est consacrée à l’article 24.3 en modifiant les aspects « travail » par « environnement » Cette disposition est consacrée à l’article 24.5 en modifiant les 23 aspects « travail » par « environnement »

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| Actu

6. Inclusion d’un chapitre sur les PME

5. Coopération financière et bancaire, lutte contre la fraude et l’évasion fiscale

Cette demande est le symbole même de la méconnaissance du dossier par ceux qui ont soutenu cette résolution. Le CETA a précisément pour but de faciliter l’accès aux échanges pour les PME, les multinationales n’ont pas besoin d’un tel traité pour accéder à nos marchés. Les dispositions facilitant l’accès au marché canadien, ou européen inversément, sont disséminées dans l’ensemble du texte.

Pareillement aux considérations sur les Droits de l’homme, ces dispositions se retrouvent dans l’ « Accord de partenariat stratégique », complémentaire au traité CETA. Nous retrouvons ainsi l’article 11 portant sur la « coopération en matière de fiscalité », les articles 18, 20 et 21 portant respectivement sur la «  coopération judiciaire », la « […] lutte contre la criminalité organisée et la corruption », et le « blanchiment d’argent et financement du terrorisme  .

7. Réalisation d’étude d’impact indépendante

Toutefois, nous trouvons qu’il est osé d’exiger de telles dispositions dans un traité bilatéral, alors que l’Union européenne elle-même, composée de l’ensemble de ses états membres, est incapable de faire face à ces lourdes problématiques. Les francophones feraient mieux d’utiliser leur poids au sein des instances européennes afin de faire avancer ces dossiers majeurs.

La Commission européenne a mandaté des cabinets d’experts indépendants afin de réaliser une étude d’impact sur le CETA, analysant par exemple quatre différents scénarii de libéralisation. Cette étude d’impact est dénommée Sustainability Impact Assesments (SIA) et a pour but de donner des clés de négociation.

8. Ouverture des accords aux autres partenaires Une fois de plus, cet élément se retrouve tel quel dans le CETA, dans son chapitre 21 intitulé «  coopération en matière de règlementation ». L’article 21.2.3 est difficilement plus explicite : […] Les Parties reconnaissent l’utilité de la coopération en matière de réglementation avec leurs partenaires commerciaux concernés, tant au plan bilatéral que multilatéral. Les Parties s’efforceront, chaque fois que cela sera possible et mutuellement bénéfique, d’aborder la coopération en matière de réglementation de manière à permettre l'ouverture à la participation d’autres partenaires commerciaux internationaux. […]

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9. Inclusion de normes en matière de travail et d’environnement à nouveau, ces normes se retrouvent dans le CETA, plus particulièrement aux chapitres 21 que nous venons de mentionner, 23 abordant le « commerce et le travail », et 24 consacrant le « commerce et l’environnement ». à titre d’exemple, parmi tant d’autres, nous pouvons citer l’article 21.3 : La coopération en matière de réglementation vise les objectifs suivants : a) contribuer à la protection de la vie, de la santé ou de la sécurité des personnes, de la vie ou de la santé des animaux ou à la préservation des végétaux et à la protection de l’environnement […] Ou encore l’article 23.3 : 1. Chaque Partie fait en sorte que son droit et ses pratiques en matière de travail incorporent et protègent les principes et les droits fondamentaux au travail, qui sont énumérés ci-après. […] a) la liberté d’association et la reconnaissance effective du droit de négociation collective; […] 2. Chaque Partie fait en sorte que son droit et ses pratiques en matière de travail favorisent les objectifs suivants […]  a) santé et sécurité au travail, y compris la prévention de tout accident du travail et de toute maladie professionnelle et l’indemnisation dans le cas d’un tel accident ou d’une telle maladie; b) mise en place de normes de travail minimales acceptables pour les salariés, y compris pour ceux qui ne sont pas couverts par une convention collective; c) non-discrimination en ce qui a trait aux conditions de travail, y compris pour les travailleurs migrants. Last but not least, nous pouvons également mentionner un exemple plus précis en matière environnementale avec l’article 24.2 : Les Parties reconnaissent que l’environnement forme un pilier fondamental du développement durable et reconnaissent la contribution que peut avoir le commerce pour le développement durable. […]

10. Respect du principe de précaution Comme nous venons de le démontrer dans les précédents points, en particulier aux points 4 et 9, cette crainte n’a pas lieu d’être étant donné que la protection de l’environnement, du travailleur, de la propriété intellectuelle et du développement durable sont bel et bien inclus dans le CETA. L’article 28.3 est d’ailleurs univoque à cet égard : […] aucune disposition du présent accord ne peut être interprétée comme empêchant l’adoption ou l’application par une Partie de mesures nécessaires : a ) à la protection de la sécurité publique ou de la moralité publique, ou au maintien de l’ordre public; b ) à la protection de la santé et de la vie des personnes et des animaux ou à la préservation des végétaux; […] 25


| Actu

11. Transparence des négociations La transparence des négociations est le dernier point mis en exergue dans la résolution adoptée par les différents parlements des entités fédérées francophones. Sans doute, s’agit-il du seul élément qui trouve sa place dans cette résolution, même si la Commission européenne a indéniablement appris de ses erreurs en publiant l’ensemble de ses mandats de négociation dans le cadre du TTIP, par exemple, et ce sous la pression légitime de la « société civile ». Nous reconnaissons qu’il n’est jamais inutile d’insister sur un tel point, même s’il est naturel que des négociations ne se fassent pas sur la place publique, comme les discussions entre les entités fédérées francophones, d’une part, et l’ensemble des autres entités belges et la Commission européenne, d’autre part, l’ont prouvé de la meilleure des façons.

Dès lors, au vu de ces comparaisons entre les exigences posées par les parlements francophones et la réalité du texte juridique du CETA, prouvant que leurs « préoccupations » étaient déjà pleinement rencontrées, nous sommes en droit d’affirmer que les majorités wallonnes et bruxelloises ont usé de tous les instruments possibles afin de désinformer la population. Nous sommes également en droit de nous interroger sur le fait que cette désinformation n’ait pas été téléguidée, mais aussi de remettre en cause le travail journalistique qui a préféré simplement relayer des « informations » venant des partis politiques ou de groupements citoyens plutôt que de vérifier ces affirmations et d’ainsi offrir une information digne de ce nom à la population. En conclusion, nous pouvons donc considérer que la Wallonie a eu la chance de bénéficier d’un cours particulier de droit matériel européen appliqué au cas concret du CETA. Dommage que la majorité PS-cdH n’ait pas plutôt fait appel à l’excellentissime Professeur Melchior Wathelet Senior pour leur expliquer ces principes, cela aurait permis d’éviter d’écorner l’image de la Wallonie, mais surtout de donner encore davantage d'eau au moulin du populisme.

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Les Américains ont choisi Trump ! Entre vigilance et espoir….

©Kroll - 9 novembre 2016.

Enza Laera Le monde entier s'est réveillé groggy au lendemain du 8 novembre 2016, le milliardaire républicain Donald Trump, candidat à la présidence des États-Unis d'Amérique, est sorti vainqueur de son duel face à la démocrate Hillary Clinton, pourtant plébiscitée dans les différents sondages. Les différentes chancelleries mondiales se sont rapidement réunies pour faire face au scénario que le peuple américain s'est choisi. En effet, peu parmi elles avaient osé prédire une victoire d'un personnage obscène, grossier, misogyne, phallocrate et démagogue mais d'un réalisme politique absolument fascinant. Ainsi, à l'instar du gouvernement japonais ou chinois, l'Europe s'est rapidement mise en branle face à l'ampleur de la victoire d'un courant aux idées parfois extrêmes, tentant peu ou prou de montrer un visage uni face au désastre que représente pourtant cette élection. Néanmoins, la démocratie a parlé. La victoire de Donald Trump est le résultat d'une campagne, aux relents parfois nauséabonds, mais qui n'en reste pas moins celle d'un pays démocratique. Le monde a assisté incrédule et en direct à la victoire de l'anti-establishment, d'un rejet de la mondialisation à outrance, d'un refus des dynasties politiques, d'un lien brisé peut être pour longtemps entre des édiles détachées des réalités et d'une population probablement moins crédule qu'elle ne le laisse supposer. Mais cette victoire n'en reste pas moins une formidable opportunité ! Une opportunité pour nous poser, en démocrates convaincus, les questions sur l'avenir de cette démocratie que nous chérissons. Car d'autres Trump sonnent aux portes des chancelleries européennes. La Hongrie a montré la voie, le Brexit a suivi. Combien de candidats populistes vont-ils se présenter lors d'élections majeures en Europe lors des prochains mois ? Marine Le Pen en France ou Geert Wilders aux Pays-Bas n'en sont que les exemples les plus connus. Une opportunité également pour rebondir. C’est le moment pour l’Europe d’oser se prendre en main, se réunir autour des idéaux que nous voulons poursuivre. Pourquoi attendre plus longtemps pour mettre en place une armée commune au niveau européen, une représentation unique au niveau de nos Affaires étrangères pour permettre aussi à l’Europe de s’exprimer d’une seule voix et pouvoir être indépendant face à l’incertitude amenée par cette élection américaine ? L'Europe vaut mieux qu'un populisme de bas étage et un rejet des autres. Le rôle de nos décideurs dès aujourd'hui et après ce signal extrême est de se poser les bonnes questions quant à notre avenir en tant que démocratie, en tant que communauté européenne et en tant que citoyen refusant l'horreur des idées répandues par des personnages comme Donald Trump. C'est à ce prix, celui d'une prise de conscience de nos élus de l'importance de leur rôle en tant que modèle de démocratie, celui d'un nouveau lien entre décideurs et population souvent prête à croire n'importe quoi non pas par paresse ou par manque d'éducation mais par désespoir, que l'Europe pourra continuer à regarder le monde dans les yeux et vantant son modèle démocratique. 


| interview

3 mois après les Jeux Olympiques de Rio, il est temps d’aborder une thématique qui vous concerne, vous, les étudiants sportifs. Pour un bon nombre d’étudiants, leur passion, en plus de leurs études, est le sport. Afin de pouvoir cumuler tout cela, certaines Universités et Hautes-Ecoles ont instauré le statut " d’étudiant sportif de haut-niveau ". à Bruxelles, toutes les Universités proposent ce type de statut. L’ULB propose désormais ce statut en collaboration avec la VUB. L’ULg, l’UNamur, l’UCL, et bien d’autres Universités et Hautes-écoles le proposent également. Pour comprendre le principe, quoi de mieux que d’aller à la rencontre de Jérôme Truyens, hockeyeur belge, médaillé d’argent lors de ces JO. Lui aussi, ayant pu bénéficier de ce statut durant ses études supérieures.

En quoi consiste exactement le statut de sportif de haut-niveau ? C’est à la VUB qu’on m’a proposé le statut le plus intéressant pour tout combiner. J’ai dû procéder à une demande formelle pour rentrer dans les conditions. Ensuite, on m’a donné le statut 1 international à ce moment-là. Cela m’a permis de m’absenter de certains cours obligatoires qui se donnaient en même temps que mes entraînements ou parfois que mes compétitions, mais surtout de pouvoir déplacer tous les examens. Pour les cours obligatoires, si je savais adapter mon horaire, j’y allais mais dans le cas contraire, je n’étais pas obligé de les suivre. Mon choix d’études et surtout celui de l’établissement universitaire a vraiment été fait en fonction de ma passion pour le hockey.

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Justement, comment se passait la session d’examens ?

était-ce le même statut En première, par exemple, j’avais pour tout le monde ? 5 ou 7 examens et au lieu de les Tout le monde n’avait pas le passer pendant un mois, j’avais l’autorisation de tous les passer même statut, il y avait des sports différents et donc des attentes en une semaine, en dehors de la différentes également mais il période de blocus en fonction des y avait un statut pour tous les compétitions, pour ne manquer sportifs. qu’un minimum d’entraînements. Le blocus était assez rock’n’roll mais les professeurs étaient très à l’écoute.

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Comment se déroule la sélection ? Ce système, à la VUB, est encadré par des sportifs de haut-niveau euxmêmes. Il est donc plus facile de faire admettre nos attentes. Il fallait remplir un dossier préalable en début d’année pour avoir accès à ce statut. Cela dépendait des sports et donc des attentes de chacun. Certains dans la team de hockey ont eu beaucoup plus de mal mais quand je vois les jeunes au hockey, le système a assez bien évolué. A l’EPHEC, ICHEC, ULB, à l’Université Saint-Louis pour Bruxelles en tout cas, il est bien plus évident de combiner études et sport. à ce jour, la seule faille que j’ai pu trouver à ce système, c’est que tous les sports ne sont pas répertoriés. Il y a donc de grands sportifs qui n’ont pas droit aux mêmes allègements que moi1. 28


interview |

Combien d’entraînements y avaitil par semaine, environ? Qu’est ce que cela représentait par rapport aux heures de cours ? J’avais des entraînements de hockey le lundi matin, le mardi toute la journée et certains soirs en plus de ça, il y avait les matchs, les compétitions. Cela représentait quand même plus que mes heures de cours. Mais j’ai toujours été bon élève donc cela ne posait pas trop de problème.

Et aujourd'hui, dans votre vie professionnelle, comment cela se passe-t-il ? Maintenant, dans le milieu professionnel, j’ai la chance d’avoir trouvé un employeur assez flexible. Je l’ai cherché, je ne l’ai pas trouvé directement mais dans le comité de direction, il y a pas mal de sportifs, joueurs de hockey et donc ils me connaissent et on trouve à chaque fois un arrangement. Juste avant les JO, ils m’ont permis de faire une pause carrière d’un an.

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Quels projets souhaitezvous porter pendant cette législature ? Maintenant, dans le milieu professionnel, j’ai la chance d’avoir trouvé un employeur assez flexible. Je l’ai cherché, je ne l’ai pas trouvé directement mais dans le comité de direction, il y a pas mal de sportifs, joueurs de hockey et donc ils me connaissent et on trouve à chaque fois un arrangement. Juste avant les JO, ils m’ont permis de faire une pause carrière d’un an. 1 Effectivement, après quelques recherches et quelques discussions avec d’autres sportifs, nous avons pu nous rendre compte que par exemple la danse, quelle qu’elle soit (classique,contemporaine, hip-hop,..) n’est pas considérée comme un sport mais bien comme un art.Certaines universités ont donc adopté le même type de statut pour les étudiants artistiques ce qui leur permet de participer, tout comme les sportifs, à des compétitions, des cours/entraînements tout en ayant un programme scolaire assez souple et modulable.

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| Campagne

Féminisme-egalité-Libéralisme : la nouvelle campagne de la FEL

Enza Laera du genre masculin l'emporte, elle essaie d'en comprendre les raisons. Cette campagne s’attelle également à trouver des pistes de solution pour tenter d'instaurer un équilibre plus stable, durable et naturel. C’est ainsi que nous abordons dans cette campagne intitulée « Féminisme - Égalité - Libéralisme », la place des femmes dans le monde politique en Europe et en Belgique. Nous constatons avant toutes choses que la femme peut avoir un certain intérêt pour la Res Publica. Mais nous sommes malheureusement toujours loin d’une véritable égalité entre les sexes dans deux domaines majeurs de la vie sociétale : la participation et l’engagement en politique de la femme. Dans ces domaines, en effet, elles sont loin d’y être mises sur un pied d’égalité avec les hommes. Quelques exemples : en Europe, sur 28 États, seules 4 femmes sont cheffes d’État et seules 4 femmes sont cheffes de Gouvernement ; dans le monde, seuls 10% des postes à responsabilités dans les partis politiques sont occupés par des femmes ; en Belgique, une femme sur huit ministres au niveau wallon, trois sur quatorze au Gouvernement fédéral et trois sur neuf en Flandre,.... Alors, pourquoi ? Les raisons sont multiples, leur éducation, la pression de la sphère familiale et de la société, mais aussi leur confrontation plus tardive au monde politique font qu’elles s’y intéressent moins. Ensuite, on peut déplorer un réel manque d’incitants pour assurer une véritable égalité femme-homme au niveau de la participation politique. Enfin, il y a une approche différente de la femme face à la politique et dans son engagement, se plaçant en général dans la résolution de conflit et mettant en avant d’autres talents, lui donnent d'elle-même une image moins « utile » à la société que l'homme. Donc, elles choisissent de se « sacrifier ». Pour remédier à ce problème de sous-représentation de la femme en politique, qui pour toutes les raisons

L'objet de cette campagne est de démontrer que même si de grands et beaux progrès ont été faits en la matière, il y a encore de nombreux domaines où la femme n'est pas à égalité de chances avec l'homme. Il faut encore tordre le cou à de nombreuses idées reçues et rétrogrades. Il y a encore beaucoup d'efforts à fournir pour qu'un jour TOUTES les femmes se sentent libres d'entreprendre, de vivre, de militer, de s'exprimer en étant tout simplement écoutées et reconnues comme être humain sans appartenance à un genre. Sans être exhaustive, cette campagne dresse la liste des domaines où la suprématie

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Campagne | que nous venons de citer pourrait apporter un plus à la politique menée dans nos états, la solution des quotas de parité est envisagée. Ils ont été introduits en Belgique par la loi du 24 mai 1994, celle-ci visait à promouvoir une représentation équilibrée des deux sexes sur les listes électorales et dans les assemblées. Et pourtant, aucune corrélation significative n’a été perçue entre la proportion de femmes sur les listes électorales et la proportion de femmes effectivement élues. De plus, ce système de quotas n'a pas été imposé dans toutes les institutions de notre pays, tout ce que dont nous pouvons être assuré, c'est qu'en l'absence de quotas, il y a une forte représentation d'hommes dans ces instances. Si l'existence de ces quotas est nécessaire dans une démocratie comme la nôtre (protection des minorités, recul des idées préconçues et rétrogrades), nous pensons qu'ils sont également la preuve d'inégalités établies

14%

des créateurs de start-ups sont des femmes en Belgique !

entre la femme et l’homme ; ils peuvent par ailleurs produire l'effet inverse et démontrer que la femme est incapable de se hisser seule au pouvoir aux côtés de l'homme. Il est clair pour nous qu'ils doivent aller de paire avec un changement profond des mentalités. Nous avons, ensuite, jugé opportun de nous attarder sur la place des femmes dans le monde entrepreneurial. En effet, force nous est de constater que les femmes dans le

monde de l’entrepreneuriat sont peu nombreuses. Elles ne représentent que 33% des indépendants, et pourtant, elles ont le goût de l'innovation : 14% des créateurs de start-up sont des femmes et elles font de hautes études, 60% des diplômés d'études supérieurs sont des femmes. Cette problématique ne touche pas que la Belgique mais bien l’Union européenne de manière générale. Ces chiffres sont en évolution constante mais cela reste tout de même insuffisant. Des initiatives sont menées en Europe et en Belgique dans le but de soutenir l'entrepreneuriat féminin mais nous pensons que l'égalité passera aussi par la reconnaissance totale des mêmes droits entre la femme et l’homme. En effet, on a beau mettre en place tous les incitants possibles, une inégalité persiste et occasionne une discrimination à l'embauche réelle, il s'agit de la longueur ainsi que de la prise des congés entre les parents lorsqu’un enfant nait. Cela induit également un ralentissement par rapport à l’homme dans la carrière professionnelle de la femme, ainsi que, dans son aspect philosophique, un manque de liberté dont elle bénéficie dans le choix de la garde du nourrisson. Par ailleurs, on se rend compte qu'à compétences égales, pour un poste à responsabilités élevées, c'est encore et toujours un homme qui va être engagé. De nouveau, si l'établissement d'un système de

10%

20 - 30%

des postes à responsabilités dans les partis politiques sont occupés par des femmes dans le monde.

des postes à hautes responsabilités en général sont occupés par des femmes en belgique. 31


| campagne

quotas peut être envisagé, il aurait au moins le mérite d’améliorer la représentation des femmes au sein des entreprises, il aurait également l'effet pervers de faire engager une femme parce qu'elle est une femme et non pour ses compétences. Nous préconisons davantage l'utilisation d'un CV anonyme de recrutement qui à notre sens est le seul garde-fou contrôlable couplé, lui aussi, à un changement profond des mentalités. Nous accordons enfin un chapitre aux différentes formes de harcèlement dont sont victimes les femmes au XXIème siècle. Dans ce domaine, non plus, elles ne sont pas l'égal des hommes. Ceux-ci en sont, sans surprise, le plus souvent, les auteurs. Nous apportons principalement un regard statistique des différentes formes, nous y ajoutons l'impact que les harcèlements peuvent avoir sur la santé des femmes et dès lors sur le coût qu'ils représentent et qui incombe à notre société. C'est la raison pour laquelle, nous pensons que nous devons réagir et faire en sorte d'éradiquer tout type de harcèlement. Les moyens dont nous disposons ne sont pas pléthore. Tout d'abord, le code pénal sanctionne le harcèlement (loi du 24/06/2013) toutefois à cause de l’arriéré judiciaire, il n’est pratiquement jamais poursuivi.

Nous proposons, dès lors, d’inclure la répréhension du harcèlement de rue dans l’arsenal des sanctions administratives et communales. Ensuite, nous pensons également que la solution passe par la prévention et l'éducation, martelons nos valeurs, répétons-les encore et encore, éduquons nos enfants au bien vivre ensemble. La quiétude et la liberté des femmes passeront elles aussi par un changement profond de nos mentalités. Dans chaque thème abordé, une solution revient inévitablement  : pour réellement modifier les choses en profondeur, pour que les femmes puissent se sentir libres de s’engager, d’entreprendre, d’être elles, tout simplement… il faut changer les mentalités. Il s’agit, là, d’un problème sociétal et qui nous permet de prendre conscience qu’on doit tous balayer devant notre porte et ne pas émettre de jugements. C’est à nous, jeunes, engagés dans une organisation de jeunesse d’essayer de faire évoluer les mœurs. Moralité : l’égalité est un équilibre vers lequel on tend. Avant de devenir réalité, elle devra encore bousculer les dernières barrières de notre rigide moralité.  

Retrouvez la version électronique de notre campagne sur www.fel-egalite.be

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tweets |

Les tops ! Une vieille revendication de la FEL !

Le nombre de " surnuméraires " serait diminué. Le gouvernement PS-cdH tiendra-t-il enfin sa promesse ?

La FEL, les Jeunes MR et les Jong VLD au congrès du LYMEC.

Les flops ! L'imbroglio autour du CJ

La perle de la police belge

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| Actu

Entre journalisme et voyeurisme, le " fourth estate " serait-il devenu " old fashion " ? Alexandre Servais Depuis un certain temps déjà, une question revient de plus en plus dans les conversations. Le journalisme en tant que source d’information objective et neutre ne serait-il pas en train de vendre son âme au diable (le voyeurisme) ?

A

Avant de se plonger dans le vif du sujet, posons-nous la question de ce qu’est le journalisme. Pour le savoir, rien de plus " simple "! Commençons par faire un petit tour dans le dictionnaire. Le journalisme, c’est " l’ensemble des activités se rapportant à la rédaction d’un journal ou à tout autre organe de presse écrite ou audiovisuelle. "

Le constat est donc le même pour la RTBF ou RTLTVI, la transmission de l’information est au coeur de leurs objectifs. Cependant, et c’est bien là que se trouve le problème rien n’est dit quant au choix de l’information transmise à leurs téléspectateurs. Cela nous amène donc à notre deuxième question.

C’est bien beau tout ça mais alors quel est le but d’un journal ?

Jetons un oeil au contrat de gestion entre la RTBF (Service Public) et la Fédération Wallonie-Bruxelles. Celui-ci nous dit par exemple que " la RTBF est un acteur essentiel de l’espace démocratique de la Fédération Wallonie-Bruxelles, parce que c’est une source d’information importante pour les citoyens et un facteur important dans la consititution des valeurs et des opinions de la population (…). " Ce qu’on peut clairement retirer de cet extrait est que la Fédération Wallonie-Bruxelles croit en un concept fort, que la base de toute démocratie est un électorat informé.

Quel est le but des médias ?

Pour trouver une réponse, allons d’abord voir ce qu’en disent les grands médias belges. Sur le site de la RTBF, nous pouvons apprendre qu’une de leur mission est de " confirmer et certifier une information avant de l’expliquer et de la mettre en perspective en plaçant l’investigation au coeur de sa démarche ". Ceci est tout à fait louable mais rien n’est donc dit sur le choix de l’information en tant que telle. Quels sont les critères qui font que telle information sera transmise à la place d’une autre. Du côté de son homologue privée, RTL-TVI, il est plus compliqué de trouver la philosophie de celleci quant à ce qu’on pourrait appeler le " journalisme d’information ". Sur son site, on peut notamment trouver que " RTL Belgium (société regroupant RTL-TVI, Club RTL, Plug RTL et Bel RTL nottament) a pour objectif d’être le relais de la vie de sa communauté, notamment au travers de la production d’émissions d’information et de programmes de proximité ". Sur ce même site, on peut également découvrir que " RTL Belgium est une société proche des gens, au service de la population et en interaction avec celle-ci ".

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Oui, mais alors ne serait-on pas en train de se tromper de chemin? En effet, la question mérite d’être posée. à l’heure actuelle, il est de plus en plus diffcile de trouver un journal télévisé (source d’information par définition) étant réellement informatif et ne versant pas dans le voyeurisme ou dans le journalisme " sensas ". Il semblerait que les médias n’osent plus nous donner l’information, la vraie, de peur d’être moins intéressants que les autres. Où sont passés les jours où l’information était choisie non pas en raison de l’audience mais parce qu’elle permettra d’informer la population. Il est, selon moi, temps de remettre l’information au centre des préoccupations.Et 34


Actu |

c’est au moyen de débats de ce genre que les médias peuvent reprendre leur place dans la démocratie. En redevenant, les champions des faits et non pas de l’audimat. Je suis d’ailleurs persuadé que ce n’est pas parce qu’un journal télévisé recommence à rapporter une information utile à la place des déboires de certaines starlettes qu’il perdra des téléspectateurs. Les médias doivent faire le premier pas. Si on laisse la chance à la population d’être réellement informée, celle-ci démontrera qu’elle est capable de s’y intéresser mais surtout qu’elle préfrère que le JT de 19H lui permette de se forger une opinion sur l’actualité de son pays et du monde plutôt que de savoir qui de Angelina ou Brad gardera les enfants.

En définitive : Le journalisme est une chance incroyable donnée aux médias de construire le débat sur des sujets qui importent. Les médias ont, en effet, la possibilité de récolter l’information de l’analyser et de l’émonder. Les médias pourraient devenir les avocats d’une population qui a besoin qu’on lui décortique les informations transmises par les politiques. Les citoyens ont le droit de leur en tenir rigueur lorsque ceux-ci jouent la langue de bois ou ne s’appuient pas sur la réalité. Les médias ont l’occasion de tenir nos politiciens à des standards plus hauts. Les médias ont, selon moi, toutes les cartes en main non pas pour divertir mais pour permettre aux lecteurs, auditeurs, ou téléspectateurs de se forger une vraie opinion sur le monde qui les entoure et sur les personnes qui les représentent.  35


Libertines n°11  

Magazine de la Fédération des Étudiants Libéraux