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2 0 10 - n

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A... I BOLÈG U Q IA CITÀN DE L’OC A T S I V E LA R TAT! LIBER

3€

A T U L A L , U I T S E ’ L T N E D N E P TUNHA ! CON IA ! M ncia O é t N s i O s e AUT T s de r n a 0 0 NS ETA 8 A : S a i S N àn

NATiO Occit S E D stine ATS e C l I a D P N n SY vile e i c n o i ème miss

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JE M’ABONNE ABONNEMENT D’UN AN (6 numéros) : 25€ ou plus (frais

de port compris)

Chèque à l’ordre de : «Los amics de Libertat» A envoyer à : LIBERTAT - Tour du Bourreau, 2 rue de la Fontaine, 64000 Pau (Occitània)

EditÒ

L’estiu ei arribat, lo purmèr per Libertat qui aurà bethlèu un an d’existéncia. Per daubuns ei lo periòde de las vacanças, en tot cas per los qui an pro de moneda per partir. La crisi capitalista ei tostemps presenta e segur son tot purmèr los qui ne’n son pas responsables qui la pagan. Dens un contèxte politic francés patetic qui amuisha tota la corupcion deus elèits e deus politics, la regression sociau contunha. Lo govern, via la refòrma de las retiradas, nos vòu sosméter mei enqüèra en partir deu principi que se vivem mei de temps, devem tribalhar mei. Pura logica patronala qua la màger part deu monde non vòlen pas. Se’n va temps de passar a l’accion e las manifestacions sindicalas abitualas sufiràn pas, aquò segur. Cau pensar e experimentar navèras f òrmas de mobilisacion deus tribalhadors cap a ua dreta sarkozista hòrt determinada tà hicar un tèrmi aus aquesits sociaus obtienguts peu passat per la luta.

VOI ESTAR ADERENT DE LIBERTAT / je veux devenir adhérent Vous voulez militer à Libertat ou participer à financer le mouvement : Vous pouvez nous contacter par mail à : nacionau@libertat.org Ou envoyer un chèque de soutien à : «Los amics de Libertat», LIBERTAT - Tour du Bourreau, 2 rue de la Fontaine, 64000 Pau (Occitània)

ESTiu/été

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Libertat n’estima pas aver la responsa a tots los problèmas mes vòu pausar las purmèras pèiras de l’alternativa a un sistèma injuste, que sia gerit per la dreta o l’esquèrra capitalista. Mei numerós seram, mei eficaçs seram per enfin tornar balhar espèr au’s qui ne n’an pas mei. L’été est arrivé, le premier pour Libertat qui aura bientôt un an d’existence. Pour certains c’est la période des vacances, en tout cas pour ceux qui ont assez d’argent pour partir. La crise capitaliste est toujours présente et bien sûr ce sont avant tout ceux qui n’en sont pas responsables qui la payent. Dans un contexte politique français pathétique qui montre toute la corruption des élites et des politiques, la régression sociale continue. Le gouvernement, via la réforme des retraites, veut nous soumettre encore plus en partant du principe que si nous vivons plus de temps, nous devons travailler plus. Pure logique patronale que la plupart des gens ne veulent pas. Il est temps de passer à l’action et les manifestations syndicales habituelles ne suffiront pas. Il faut penser et expérimenter de nouvelles formes de mobilisation des travailleurs face à une droite sarkozyste plus déterminée que jamais pour mettre fin aux acquis sociaux obtenus dans le passé par la lutte. Libertat ne croit pas avoir la réponse à tous les problèmes, mais veut poser les premières pierres de l’alternative à un système injuste, qu’il soit géré par la droite ou la gauche capitaliste. Et plus nous serons nombreux, plus nous serons efficaces pour enfin redonner espoir à ceux qui n’en n’ont plus.

LIBERTAT la Revista, n°1, estiu 2010 / bimestriel. Fronton deu Hedas, 2 còsta de la Hont/ 2 rue de la Fontaine, 64000 PAU. ISSN : en cours d’attribution. Depaus legau/Dépot légal : julhet/juillet 2010. Comission paritària/ Commission paritaire : en cours. Director de publicacion/ Directeur de publication : Jacques Morio Imprimit/Imprimé : ARTEDER S..L. Gabiria Karrika 2, LJ. 20305 IRUN (Guipuzkoa, EH). Redaccion : Libertat Bearn, Gasconha Nòrd, Lengadòc, Provènça, Val d’Aran Maqueta : Comission Jornau de Libertat Contact : libertat.jornau@gmail.com / Tel. : 05 59 98 04 90

Photo de couverture : Calanque de Callelongue à Marseille (13)


SOMARI AUTONOMIA !

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LA NATIONALISATION N’EST p6 PAS LA RÉAPPROPRIATION DES MOYENS DE PRODUCTION SOYONS SOLIDAIRES ET MOTIVÉS !

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IL Y A AUSSI UNE VIE EN DEHORS DU TRAVAIL SALARIÉ

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1453 LA FIN DE L’INDEPENDÉNp9 CIA DE L’OCCITÀNIA DE L’OÈST

UA PEIRÈRA A MONTCAUT ? MOBILIZACIONS ANTIFASCISTAS FESTENAL DE MONTCUC, ET APRÈS...

p17 p18 p19

p26 p28

JORNADAS OCCITANAS p20 DE BORDÈU

CATALONHA PEU CAMIN DE L’INDEPEN- p30 DÉNCIA

p21

p32

AGENDA

TOURNOI DE FOOT CULTURA, PATRIMÒNI... PRO- p12 POUR LES PRISONNIERS p22 BASQUES VENÇA EN PERILH SOUTIEN À PINAR SELEK

S.O.S CÔTE LANDAISE EN DANGER

p14

PAU EN ÒC ?

p15 161ÈME MISSION CIVILE EN PALESTINE p16

LGV : LA GRANA VERGONHA

BIL’IN : CINQUIÈME CONFÉRENCE INTERNATIONALE TAAYOUSH : LUTTER POUR VIVRE ENSEMBLE

p23 p24

MOBILISATION HISTORIQUE A BARCELONE

COLONNA : À QUAND LA FIN DE p33 L’ACHARNEMENT ? PLATEFORME DES p34 SYNDICATS DES NATIONS SANS ETAT

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POLITICA

AUTONOMIA !

Dans son combat pour la reconnaissance du peuple occitan et de ses droits et pour l’émancipation sociale, Libertat a décidé de mettre en avant la revendication autonomiste. L’autonomie est un concept étranger à la pensée politique française, de plus il peut être interprété de différentes façons : l’autonomie administrative ou « institutionnelle » et l’autonomie « autogestionnaire », qui, organisée dans les entreprises ou construite à partir de la base peut être vue comme un ou des contre pouvoirs aux autorités officielles, pour n’en choisir que deux. Libertat a fait le choix de se battre sur ces deux terrains.

Un combat pour mettre en place un autre système quand aujourd’hui le gouvernement détruit l’actuel.

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L’AUTONOMIE ADMINISTRATIVE

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ujourd’hui l’Occitanie n’a pas d’existence officielle. Celle-ci, dans l’État français, est partagée en cinq régions administratives et trente-deux départements sans réellement représenter l’aire linguistique occitane puisque ces régions comprennent aussi les territoires basque (Iparralde), catalan (Roussillon) et français (Charente, …). Dans l’État espagnol, le Val d’Aran profite d’une certaine autonomie octroyée par la Generalitat de Catalogne, et dans l’État italien les vallées occitanes profitent d’une certaine reconnaissance culturelle. Mais dans ce texte nous parlerons particulièrement de la situation et des perspectives de l’Occitanie sous domination française. Nous avons vu ces dernières années plusieurs Régions mettre en place des structures interrégionales pour commencer à mettre en place des politiques culturelles cohérentes qui préfigure ce que, à court terme, une revendication politique occitane renforcée, pourrait mener à d’autre coopérations : politiques, économiques et sociales. Celles-ci pourraient ainsi mieux prendre en compte les spécificités de l’Occitanie et les carences d’un État qui continue de traiter notre pays comme des provinces, qui a part quelques grandes métropoles, sont seulement destinées à fournir de la main-d’œuvre pour les centres économiques et industriels, produire une partie des besoins agricoles pour le marché hexagonal et international, des places pour les potentats locaux et surtout, pour bien de nos territoires, une zone touristique et de villégiature. Mais avec une simple coopération inter-régionale, même avec des pouvoirs élargis et des moyens financiers renforcés pour les Régions, le peuple occitan restera éloigné de la place qui lui est due dans le concert des nations. Pour être considéré comme un peuple à part entière nous avons besoin d’une Occitanie réunifiée, avec une autonomie administrative étendue qui puisse répondre aux enjeux immenses que sont l’éducation en occitan et de l’occitan, l’élaboration d’une politique agricole en adéquation avec le pays et ses nombreuses spécificités et sa diversité, d’une politique économique qui ne bénéficie pas qu’à quelques métropoles mais à tout le territoire, dont une grande majorité rurale et à une politique des transports qui réponde aux besoins de la population et ne satisfassent pas seulement les diktats d’un marché capitaliste nord-sud. Une véritable autonomie administrative, avec des pouvoirs financiers conséquents et

des pouvoirs législatifs, est le minimum pour maintenir et renforcer le sentiment national occitan, mais aussi pour servir d’apprentissage à la souveraineté. Ce serait une première pierre apporté pour notre reconnaissance en tant que peuple, à égalité avec les peuples de la planète. Les orientations que prendront les politiques de l’Occitanie autonome seront, elles, la conséquence de l’influence et de l’importance que représentera le projet politique progressiste et populaire que se propose de porter Libertat aujourd’hui. Car nous en sommes conscients, l‘autonomie seule, non s eulement ne peut garantir le respect des droits inaliénables du peuple occitan, mais elle ne garantie pas non plus le changement social et politique révolutionnaire pour lequel nous luttons. L’autonomie administrative est seulement l’étape vers notre droit a s’autodéterminer. Mais pour que notre projet politique progressiste et populaire soit un jour une réalité, il dépend aussi de la construction d’un mouvement social qui construise ses propres institutions et structures.

UN MOUVEMENT SOCIAL AUTONOME QUI CONSTRUISE SES PROPRES OUTILS D’ÉMANCIPATION

Comme dans le passé lorsque des militants occitanistes ont créé les écoles occitanes calandretas, le mouvement occitan progressiste doit construire les bases qui préfigureront la société que nous désirons. Dans le domaine du travail salarié, la nécessite d’un syndicat occitan de lutte se fait de plus en plus sentir. Pour cela nous pouvons compter sur la solidarité et l’aide de nos camarades adhérants des syndicats composants la Plateforme des syndicats des Nations sans État (PSNSE). Dans un contexte européen de plus en plus agressif contre les droits travailleurs avec ou sans emplois, et face à des centrales syndicales qui ont capitulé et accepté les dogmes de la globalisation capitaliste et du néolibéralisme, les syndicats de lutte de classe des peuples sans État comme les syndicats révolutionnaires, bénéficient plus que jamais d’une crédibilité renforcée par leur ancrage local en phase avec les peuples. L’autonomie pour les travailleurs, c’est aussi récupérer les moyens de production pour un partage équitable du travail, des tâches et des richesses. C’est remettre à l’ordre du jour le mouvement des coopératives ouvrières


qui, grâce à une Occitanie autonome bien orientée politiquement et dotée des moyens suffisants, pourront être encouragées et soutenues financièrement. Dans ce contexte et dans ces perspectives, la création d’un syndicat occitan à court terme est plus que souhaitable. Il participera de plus à construire une force indépendante qui, intégrée de fait au mouvement de libération occitan, sera le contre pouvoir face aux autorités, mais aussi face à des partis politiques occitans qui seraient tentés de brader les intérêts du peuple. De la même façon les paysans ont à s’organiser et à créer les outils et les institutions qui les aideront à sortir de la dépendance et la soumission dans lesquelles bon nombre se trouvent. Des outils qui les accompagneront pour sortir d’un système productiviste qui leur fait croire qu’ils doivent produire pour nourrir la planète entière, sans penser aux dégâts qu’une telle idée a pour conséquence pour l’agriculture d’autres pays, pour la santé des paysans, celle des consommateurs et pour notre environnement à tous.

L’AUTONOMIE DOIT AUSSI SE CONSTRUIRE AU NIVEAU DES COMMUNES ET DES TERRITOIRES

L’Occitanie réunifiée et autonome ne veut pas dire que nous souhaitons une société centralisée. Les luttes du passé comme les insurrections communales et les communes libres du 19ème siècle, l’expérience d’autonomie des vallées pyrénéennes, les fors..., toute cette histoire populaire que nous de-

vons nous réapproprier et apprendre, sans les mythifier, doit nous servir pour élaborer une société décentralisée. Cette société qui responsabilisera chaque habitant et constituera un contre pouvoir contre des autorités qui se seraient soumises aux intérêts du capital et des notables. L’organisation des communes entre elles, la constitution d’assemblées de « Pays  », en association avec les organisations ouvrières, paysannes et populaires, dessinera le chemin vers une démocratie véritable pour Occitanie. L’autonomie aujourd’hui pour nous c’est tout cela. Pour faire réalité notre slogan « que volem víver e decidir au País ». Affaibli par toutes ces constructions l’État français ne pourra plus aussi facilement nous imposer ses politiques et nous serons ainsi assez forts, s’il le faut et si nous le souhaitons, pour demander la séparation de l’Occitanie avec l’État français et prendre notre place dans les organisations internationales, en Europe... Car au jour d’aujourd’hui hélas, une simple autonomie administrative ne permet pas par exemple de se faire entendre dans les instances de l’Union européenne où les Régions, même avec une autonomie des plus avancée, n’ont droit qu’à un conseil consultatif. C’est pour cela aussi que nous inscrivons notre combat au niveau européen et mondial. L’UE est à réformer radicalement pour qu’elle soit un jour l’Europe sociale de tous les peuples, et pas seulement des États et du capital. L’ONU est elle aussi à réformer radicalement pour que chaque peuple y soit l’égal des autres. D’autres institutions,

elles, sont irréformables et doivent disparaître. C’est le cas de l’OTAN, organisation militaire internationale qui sert les intérêts de plus grandes puissances dont en premier lieu les États-Unis et sème la guerre dans le monde. C’est aussi le cas de l’OMC qui, elle, représente les intérêts des multinationales qui veulent conquérir la planète avec leurs produits. Ainsi que le FMI qui en échange de prêts financiers aux États, exigent la libéralisation économique de tous les services publics et de tout ce qui est vital à une personne pour vivre, comme l’eau, l’énergie, la santé ou l’éducation. Sans ces profondes mutations de l’ordre mondial actuel, les inégalités et les guerres perdureront et les peuples, même indépendants, ne seront jamais complètement libres. Partout des peuples se lèvent et partout où des victoires sont gagnées, c’est parce qu’ils ont su faire leur le slogan « agir local, penser global ». Comme ça l’est pour nous à Libertat. Dans les mois et les années à venir nous tenterons de proposer un statut et définir plus en détail les bases de cette autonomie à construire. Mais grâce aux principes et jalons que nous vous avons proposés dans ce texte, revendiquons et construisons dés aujourd’hui, l’Autonomie pour l’Occitanie.

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POLITICA

la nationalisation n’est pas La réappropriation des moyens de production

Alors que notre pays et le monde traversent une nouvelle crise profonde du capitalisme et que ses effets sur l’emploi n’en finissent pas de faire croître le chômage et de provoquer des drames humains, certains à gauche proposent de nationaliser certaines industries ou entreprises. Ceuxci arguant légitimement que des sommes énormes sont dépensées pour maintenir quelques emplois deci de-là, répondent ainsi au chantage du patronat, alors qu’elles pouraient servir à nationaliser ces entreprises. Mais nationalisation n’est pas réappropriation des moyens de production dont l’objectif est de donner au peuple la maitrise de son présent et de son avenir. Sur ce thème nous vous proposons ces citations du révolutionnaire irlandais James Conolly au début du 20ème siècle et paru dans le livre « Marxistas e nacions en luchas » (Editions Federop, 1976).

« La proprietat e lo contraròtle per l’Estat, aquò n’es pas lo socialisme. O foguèsson, alara l’armada, la polícia, lei jutges, lei jaulièrs, lei conquistaires, lei borrèus, serián totei socialistas, bòrd que son totei agents de l’Estat. Mai la proprietat estatal de tota la tèrra e de totei lei instruments de trabalh combinada amb lo contraròtle cooperatiu d’aquela tèrra e d’aqueleis instruments per lei trabalhadors, aquò seriá lo socialisme. De projèctes de proprietat per l’Estat, o per lei municipis que ne son pas ligats a aqueu principi cooperatiu, son ren autre que de projèctes per melhorar lo mecanisme dau govèrn capitalista. Un tomple sens fons separa lei proposicions de nacionalizacions de la classa mejana dei demandas de socializacion de la classa trabalhadoira : «  faguètz d’aquò o d’aquò la proprietat dau

govèrn ». Nosautrei rrespondèm : « òc ! Dins la mesura que lei trabalhadors son lèsts a faire dau govèrn sa proprietat ! » Lo desvolopament dau poder de l’Estat modèrn nos deuriá aprene que lo simple drech de vòte non aparà pas lei trabalhadors, a mens que agan darrièr elei una organizacion economica fòrta ; deuriá nos aprene tanben que la nacionalizacion o la municipalizacion deis industrias càmbia ren que la fòrma de la servituda dei trabalhadors, e ne laissa entièra l’esséncia. » «  Cada òme, femna e enfant de la nacion deu èstre considerat coma l’eiretièr de tota la proprietat. Per n’arribar aquí, volèm organizar cada persona que trabalha per son salari, per fins que lei trabalhadors, per elei, poguèsson determinar lei condicions de son trabalh pròpri. »

L’estatua de James Conolly, Dublin.

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ravailler plus longtemps parce que nous vivrions plus vieux et vielles ? Non ! Ce serait une régression sociale d’une violence bien plus massive que la violence issue de la délinquance dont les médias nous rabattent les oreilles. Ce serait l’abandon de tout projet d’émancipation sociale. De plus, faut-il le rappeler ? Tous les hommes et les femmes ne sont pas égaux face à la vieillesse. On nous parle d’une augmentation de l’espérance de vie, mais pour qui ? Les ouvriers et artisans du bâtiment pour ne citer qu’eux, sont bien peu nombreux à pouvoir profiter de leur retraite. Combien meurent avant, combien sont malades quand arrive l’âge de la retraite ? Ce discours sur l’augmentation du temps passé à travailler qu’on voudrait nous faire accepter comme une chose logique ne doit pas nous convaincre. C’est une absurdité et un piège dans lequel nous ne devons pas tomber. La réduction du temps de travail comme l’abaissement de l’âge du départ à la retraite font parties du projet politique de tous les mouvements d’émancipation des siècles passés comme d’aujourd’hui. Pas seulement pour préserver la santé des travailleurs, mais aussi pour gagner du temps pour vivre et s’organiser. Ne nous laissons pas convaincre, les richesses produites et accumulées aujourd’hui et hier permettent à toute la population de travailler selon ses capacités et de recevoir selon ses be-

soins. Le partage des richesses comme du travail est, non seulement possible mais nécessaire si voulons être maîtres de nos destins. Si nous voulons vivre et décider au

POLITICA

SOYONS SOLIDAIRES ET MOTIVÉS !

nous. D’aller rejoindre les grandes concentrations de populations que sont les grandes villes, futures mégapoles européennes entre lesquelles ne demeureront que des déserts ou des villas secondaires.

RÉSISTER, CONSTRUIRE, C’EST UNE QUESTION DE DIGNITÉ ! pays, il nous faut contrôler notre économie, nos moyens de production, mais aussi construire les bases économiques et politiques de notre futur. Il nous faut aussi nous opposer au dépenses publiques qui ne servent pas nos intérêts. Des millions, des milliards, dépensés dans des infrastructures monumentales qui ne servent que les intérêts des multinationales et la spéculation. Des aides à des entreprises qui partiront demain. Par des logiques qui tiennent du colonialisme, le capitalisme et ses valets que sont les États et nos dirigeants, n’en finissent pas de remodeler notre environnement, nos vies... Nous priant, si nous voulons travailler pour vivre, d’aller de plus en plus loin de chez

L’attaque est sociale, politique et globale. Nos réponses doivent aussi l’être. C’est dans ces perspectives que se place Libertat ! C’est dans ce combat que nous nous inscrivons ! Résister oui ! mais construire aussi notre futur, notre autonomie ! Pour construire nos institutions qui défendront une autre économie et les projets des ouvriers et des paysans qui souhaitent s’émanciper des dictats du libéralisme économique. Pour des services publics qui répondent aux besoins populaires et réparent les décennies de négation, d’infériorisation et de répression de la culture de ce pays l’Occitanie. Pour se réapproprier notre histoire et ne pas se satisfaire de celle écrite pas les vainqueurs. Pour tout cela rejoignez-nous, organisez-vous !

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Societat

Il y a aussi une vie en dehors du travail salarié

Dans les discours défendant les intérêts du peuple travailleur, il est souvent oublié que tous et toutes ne souhaitent pas ou ne supportent pas l’aliénation que représente le fait de travailler pour un patron, de produire des choses sans que la question de la finalité de ces produits ne soit remise en question. Pourtant beaucoup de personnes, dont une majorité de jeunes, recherchent d’autres moyens de subsistance ou tout simplement de vie. Loin de nous l’idée d’opposer ces deux façons de voir la vie ou de considérer comme « marginaux  » ceux et celles qui choisissent cette voie alternative. Nous pourrions aussi sur ce thème inclure les petits paysans, qu’ils soient avec ou sans terre, les artisans ou les artistes, mais là n’est pas la question de cet article.

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epuis toujours des gens et des familles subsistent de ce que l’on appelle communément les « petits métiers  » comme la récupération de matières issues de la surconsommation ou de déchets de l’industrie. L’occupation de terres ou de bâtiments laissés à l’abandon pour des motifs spéculatifs la plupart du temps, font aussi partie de cette alternative de vie. Cette façon de concevoir les choses est complémentaire de la nouvelle société que nous voulons bâtir et du concept d’autonomie au niveau individuel que nous lions étroitement à l’autonomie collective. Cependant depuis des années l’éventualité de vivre en dehors du salariat est mis à mal par l’appropriation par des compagnies capitalistes et multinationales de ce que qu’il est convenu aujourd’hui d’appeler « déchets ». Ainsi nous avons vu ces dernières années la privatisation et la super-sécurisation des décharges publiques, privant ainsi de matières premières ceux et celles, dont les communautés manouches en premier, qui vivaient de leurs reconversion ou transformation. La pratique criminelle, répandue, d’empoisonner par des produits chimiques les poubelles des magasins de consommation, des restaurants ou de certains marchés de produits agricoles, prive ainsi les plus démunis ou les objecteurs au travail salarié d’une ressource alimentaire pour eux ou leurs bêtes. La criminalisation et la répression des occupations de logements abandonnés (squats) ou du nomadisme sont aussi une des phases de la main mise des multinationales ou des États sur ce qui pourrait être une alternative de vie à nos sociétés de consommations et une forme de lutte contre la spéculation et la marchandisation d’une chose vitale pour tous et toutes, un logement. Tout cela dans le but non seulement de défendre les intérêts et la sacralisation de la propriété privée, mais aussi

d’empêcher à toutes personnes de construire son autonomie face à l’autorité, au marché capitaliste et à l’État. Patrons, propriétaires rentiers et États préfèrent de beaucoup que toute cette population avide de liberté et d’alternatives soient les clients des entreprises caritatives et autres services sociaux ou associations de réinsertion. Ainsi elle peuvent continuer à maintenir sous contrôle une partie du peuple qui pourrait devenir une source de résistance d’autant plus difficile à combattre si celle-ci n’est pas dépendante des subsides d’un État, d’associations, d’un service social ou d’un patron. Une organisation progressiste et révolutionnaire se doit de prendre en compte cette réalité et de l’intégrer dans son projet politique, ne serait-ce que pour que cette partie du peuple ne soit pas exclue des droits à la santé, à l’éducation et à la retraite, quand il devient impossible de continuer son activité pour cause de maladie ou tout simplement de vieillesse. Le travail salarié ne doit pas être une « valeur » pour une organisation qui se veut révolutionnaire. Au contraire, il est le symbole de l’exploitation et de l’aliénation du peuple, et ce, tant que ce ne sont pas les travailleurs et la population qui contrôlent euxmême son organisation et ses finalités. Nous ne devons pas juger négativement ceux et celles qui s’organisent en dehors du travail salarié. Ils et elles sont une source d’inspiration pour la construction d’une société plus égalitaire et il est important de créer les liens ou de les renforcer, quand ils existent, entre ces différentes façon de vivre. Les combats des uns peuvent et doivent être soutenus par les autres. Ainsi nous, le peuple, serons plus forts et notre capacité à résister accrue lors des mouvements sociaux durs et des grèves générales que nous appelons de nos vœux pour, enfin, stopper l’anéantissement des quelques acquis sociaux qui nous restent et construire notre projet politique et de société.


de l’Occitània de l’Oèst : La comprenença de son istòria balha sa fòrça a un pòble ! Paralèlament a l’accion miada per Libertat-Lengadòc per hèser conséisher l’istòria regionau (campanha « Occitània 800 ans de resisténcia »), am decidit d’escriure un article sus l’epòca on los Occitans de l’Oèst passèren per la màger part sos la dominacion francesa. Los qu’i viven o qui se son dejà passats en Gasconha Nòrd e a Bordèu, an audit mei d’un còp aquestes noms: Pèir Berland, lo Princi Negre e quitament Castilhon-la-Batalha. Totun, n’i a pas digun (o per tan chic) qui pusqui díder vertadèrament quauquarren dessús. Tocam aquí a l’istòria locau e regionau, la que n’es pas dens los libis e los usuaus es-adíder a las termiaus d’aquesta memòri collectiu creada per l’Estat francés. Lo mite de la liberacion nacionau francesa qu’es sosjacent dens tot l’ensenhament escolar sus la guèrra de Cent Ans o dens tot çò que lo monde n’a podut retenir, s’ahonís ! Plan ajudat per l’episòdi de Joana d’Arc, lo sentit de reconquista dau país contra l’enemic anglès ne resistís pas a la comprenença de la realitat medievau de nòsta region.

Istòria

1453 la fin de l’independéncia

Lo Tombèu deu Princi negre, Catedrala de Canterbury.

A

tau, començam per còthtorcer a quauquas ideas recebudas ! A l’Edat Metjana, dempuish lo maridatge d’Alionòr d’Aquitània e d’Enric Plantaginèst, la Guiana (qu’es la desformacion dau nom Aquitània, e que designa a l’origina lo comtat de Bordèu, la part girondina dau vielh ducat d’Aquitània) e l’ancian ducat de Gasconha forman una part importanta dau gran ducat d’Aquitània. En fèit, las duas parts son dejà estat unidas mantuna còps dens una medisha entitat pras sègles passats (reiaume, ducat nacionau...). Guiana que se pòt escriure Guiena, es lo nom que pren lo ducat d’Aquitània au moment dau tractat de Paris en 1229 qui bota fin a la crotzada contra los albigès ! La Guiena es donc unida a la corona an-

glèsa. Mes union personau (en la persona deu rei d’Anglatèrra-duc d’Aquitània) ne vòu pas díder una Guiena anglèsa. Lo duc-rei es un sobeiran hòrt esluenhat qui a interès de s’assegurar la fidelitat das gascons de l’Oèst. Pr’escambi, aquestes darrèirs an obtingut « libertats » e una independéncia de hèit. Pr’example, au moment on lo ducat vad una principautat, la Guiena a sas pròpias corts de justícia (lo rei en Anglatèrra demora totun lo darrèir apèl possible) e bat sa pròpia moneda (lo leopard e lo guienès). Cranhent las ambicions francesas de conquista e de dominacion, forman la màger part de l’armada dita anglesa dens los manuaus pendent la guerra de cent ans ! Los solets anglès que’s troban suu territòri de la Guiana a l’epòca, son en fèit

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capdaus militars e oficièrs coma lo senescau qu’es lo representant dau rei per l’administracion dau ducat e de la jurada de Bordèu. Totun, l’armada anglesa n’es pas la soleta constituida de sordats gascons coneishuts pr’estar au miei das milhors sordats de l’epòca. Una part de las tropas francesas n’es donc compausada. Aquestes gascons, aperats per comoditat de l’Est, venen de tèrras conquesidas après la crotzada contra los catars coma Foish, la Bigòrra, lo Comenges en mei de Labrit damb la maison d’Albret. Fin finau, lo jòc de las alianças hèit de fidelitat e de calcul arriba au cap a una situacion pro diferenta de çò qu’ensenha l’istòria oficiau ! Se poiré parlar de plenh de personatges istorics hòrt importants per la nòsta istòria locau e regionau e uei desbrembats coma lo « Soudan de la Trau » Pèir de Montferrand e de sa familha, los sénhers de Lalanda, «  campions  » de Bordèu qui pòrtan la banèra de la vila, o lo ròtle dau Captal de Buch damb la maison de Bordèu puish la de Grailly. Mes, percé que fau causir, parlaram de Audoard de Woodstock e de Pèir Berland davant d’acabar damb las hèitas de la fin de la guerra de Cent Ans qu’es tanben la debuta de l’ofensiva de l’Estat francés contra nòsta lenga e nòsta cultura.

Carles VII, per Jean Fouquet.

Audoard de Woodstock (1330-1376) Au miei das personatges los mei famós, i a Audoard de Woodstock conseishut sustòt coma lo Princi Negre. Aqueste chafre ven de la color de sas armaduras e de sa reputacion sau camp batalhèir. Un cronicaire francés, Froissart, lo qualifica dau « mei magnific cavalèir de son temps  ». Es perqué se troban hòrt castèths dits dau Princi Negre ja que la màger part n’augin pas agut la mendre visita dau Audoard ! Segondat pau captal de Buch e damb una armada de 9000 òmes a 75% gascona, des.hè a Peitius una armada francesa de 40 000 òmes e hè prisonèir lo rei de França ! Son pair, lo rei Audoard III d’Anglatèrra, li balha l’Aquitània en 1362 non pas coma ducat mes tan coma una principautat autonòma ! Sa investitura se debana en 1363 a la catedrala sent Andrèu de Bordèu e lo princi completa las institucions de la Guiena. Lo lòc on governa, ten una cort lusenta e hè bàter moneda, es lo palais de l’Ombrèira, uei despareishut (plaça dau Palais a Bordèu, quartièr sent Pèir). Ailàs, las expedicions militaras dens lo reiaume d’Espanha, pasmens victoriosas, roeinan las finanças de la Guiena e l’obliga en 1371 a tornar en Anglatèrra on mòr. Es donc son hilh, Ricard (en omenatge a Ricard Còr de Leon, un aute gran princi

anglo-gascon) néishut a Bordèu, qui va sucedir a Audoard III sau nom de Ricard II « lo Gascon » rei d’Anglatèrra ! Pèir Berland (1377-1458) Lo dusau personatge qui nos enclarís enqüèra mei plan sus nòste país, es l’arquevesque Pèir Berland. Neishut a Avensan (Medòc), aqueste hilh de paisans aisats estudia a Bòrdeu puish a l’universitat de Tolosa abans de « diplomacejar » en Euròpa. Canonge e curat de Boliac, es elugit arquevesque de Bordèu en 1430 damb l’accòrdi dau duc-rei Enric V. Lo Pèir va marcar a tot jamei lo paisatge de la Guiena : pòrta ajuda as mei praubes (creacion d’ospici, hòrt aumonièir) , renova lo clergat locau, hè plan segur bastir la tor qui pòrta uei son nom e fonda l’universitat de Bordèu en 1441 (dens lo bastiment qu’es actuaument lo musèu d’Aquitània). Vad lo purmèir das conselhèirs dau ducat e lo representant dau rei d’Anglatèrra. Pendent las ofensivas francesas, es cargat per la Jurada de la defensa de Bordèu, de la reconstruccion das quartièrs e d’anar demandar secors en Anglatèrra. Lo ducrei lo hida quitament la responsabilitat de signar la trèva damb los senhors gascons presents dens l’armada francesa! Fin finau, es eth que negocia per tornar l’anexion definitiva mens penosa. Son tombèu, teatre de miracles, es uei despareishut e sa canonizacion es hòragetada au sègle XIXau per manca de pròvas... E lo poder francés i auré agut quauquarren a veire ? La conquista de l’Aquitània pras francés La conquista definitiva de l’Aquitània se debana en mantunas estapas. Lo rei de França Carles VII cranhent la fòrça armada anglo-gascona, ensaja en purmèir de revirar de camp los gascons de l’Oèst per la conciliacion e los tractaments de favor pras grans senhors. Mes, la menshidança e la membrança de la descadença dau comtat de Tolosa après la crotzada contra los catars, hèn que los aquitans veden l’eventualitat d’una dominacion francesa coma un malastre.

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La purmeira « redusida » de Bordèu Carles VII cambia lavetz de faiçon de héser . Atau, se debana lo 1èir de noveme de 1450, çò que los bordalés van aperar la « Mala Jornada » : los pilhatges comis per las tropas «  francesas  » as entorns de Bordèu honhan los poblants a sortir en armas. L’afrontament a lòc a l’emplaçament actuau dau pont d’Aquitània. La sortida d’aquestes 10 000 bordalés mancant d’experéncia torna au desastre damb 2000 mòrts. Après una auta offensiva francesa a la prima de 1451, shens ajuda de l’Anglatèrra, la Guiena ne pòt pas resistir mei longtemps e tracta damb Carles VII. Lo tractat dau 12 junh 1451 (Baiona resis-


La mort de Talbòt.

tís enqüèra dus mes e L’Esparra dens lo Medòc un an) hè de l’Aquitània una província francesa per escambi dau manteniment das privilègis, usatges e « libertats » autrejats per lo rei anglès. Totun, a hum, lo poder centralizador e uniformizator faussa aquestes drets. Mercès au senhor de l’Esparra, Bertrand de Montferrand, e au comte de Candale, los aquitàns obtenen dau navèth rei d’Anglatèrra Enric VI l’enviada d’una expedicion militaria pr’ajudar a expulsar los francés. Nomentat en 1452 capdau e vici-rei d’Aquitània, lo vielh comte de Shrewsbury John Talbot es subernomat per la populacion lo « rei Talabòt ». Castilhon o la fin de l’independéncia Carles VII envaja donc una navèra armada. Mes aquesta dusau ofensiva se vòu hòrt violenta per en acabar damb la resisténcia gascona. Non pas har quartièr coma en testimonia lo sièti de Chalais en Charenta en junh 1453. Lo cronicaire Mathieu de Coucy que Carles VII comanda après la prisa de la

vila, de descapitar au miei das defensors susvivents anglo-gascons, tots los qui parlan la lenga de Gasconha ! Un crimi desbrembat per l’istòria oficiau! L’armada francesa s’apressa de la capitala. Barodaire de la guerra de cent ans (a combatut Joana d’Arc) e encoratjat per sas escadudas en 1452, Talabòt assauta shens aver totas sas fòrças au complet un camp fortificat a Castilhon. Maugrat lo poder de huc das 300 canons francés, Talabòt pareish sau punt de ganhar la batalha. Ailàs ! Sobte, l’arribada d’aprodelhs bretons e lor ataca sas flancs de l’armada anglo-gascona revira la situacion: Talabòt es tuat e es la des.hèita pras aquitàns lo 17 de julhet 1453. Bordèu e quauquas autas vilas e hortalessas (Lormont, Sent Macari, Cadilhac, Blancafòrt, Rions, Benauge, Dacs, Baiona) resistissen enqüèra. Mes lo sièti e un país un còp de mei desbaratat per las tropas francesas, an finalament rason das resistents gascons lo 9-10 d’octobre 1453. Es la dusau e darreira « redusida de Bordèu ». Damb lo navèth tractat, Carles VII vòu har pagat car as gascons çò que considera coma una tradida. Atau, lo ducat diu dar un granàs rescat e vei sas tèrras estar distribuidas as nobles francés. Los privilègis e las « libertats » coma la Jurada son suprimidas. Lo comèrci damb l’Anglatèrra es suspenut e de navèths impòsts son hicats en plaça. Los castèths dau Hà e Trompeta son bastits non pas per emparar la vila mes per marcar la dominacion reiau e reprimir tota navèra insurrecion. De grat o per fòrça, hòrt

de bordalés se despatrian en Anglatèrra. Daubuns capdaus son executats. Fin finau, lo francés vad la lenga administrativa. Es la fin de l’Aquitània independenta ja qu’en 1512, lo rei d’Anglatèrra, Enric VIII, hèci una darreira ensajada de liberacion dau país a Baiona. « Guiena ! » Pendent aqueste periòde, lo crit de guèrra de « Guiena! » (lo « Sent-Jordi » ne s’ajunta pas sonqu’au XVau sègle) a conegut tropa d’autes emplecs que’u de representar las tropas gasconas sus un camp batalhèir. Es tanben un biais de se hèser reconeisher coma partidari deu rei d’Anglatèrra. Alhors (se troba un example dens lo vescomtat de Carlat en Auvèrnhe) a la medisha epòca e dens los sègles qui venen (episòdi de la communa de Guiena en 1548), «  Guiena!  » vad la marca de raliament per tots los que hèden cap au rei de França. Atau, una de las purmeiras utilizacions « au sens generau » dau crit, es estat quan lo trobador Bernart Arnaut de Montcuq a enjonhut lo rei-duc de s’aliar damb lo comte de Tolosa dens una grana coalicion contra l’envadidor francés! Dens la luta contra totas las intervencions violentas dau poder centralizator, la principautat d’Aquitània es alavetz vaduda un modèle a shèguer ! D’autas causas que harem plan de ne pas desbrembar son las paraulas atribuidas a Galhard IV de Dufort qui s’exilarà en Anglatèrra a la fin de la guèrra. Lo senhor de Blancafort, Duras e Villandraut e senescau d’Aquitània auré dit pendent lo sièti de Blaia : « Cèrtas, ne soi pas qu’un petit òme, mes si arribava qu’estussi pris damb la vila, lo país sancèr seré perdut. N’aurem pas d’aqueste jorn a esperar de la França ni profièit ni aunorança tanpòc, que serem oprimits a jamei. » Article hèit en amassant los diferents punts de vista e trabalhs daus Eric Astié, Guilhem Pépin e Xavier Beltour.

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PROVENça

Cultura, patrimòni... Provença en perilh R

evalorisacien de la cultura d’òc, de la lenga occitana mas tanbèn dau patrimòni istoric e arquitecturau … retorn sus la situacien de Provença. Avuei, fòrça comunas organison regularament d’eveniments dich culturaus a l’entorn de la tradicien provençala , mas s’agacham mai pròche, la màger part d’aquelei fèstas siàn pas que de folclòre, una vision arcaiqua e redusèira volguda per leis elegits jacobins. Aquò es polit mas lo patrimòni culturau regionau se pòu pas resumir a una mena de país dau sòmi, imatges de musèus per provençalistas que siàn a desparèisser o cartas postalas per toristas que cèrcon una Provença autentica au son dei tamborinaires travestits per l’escasènça. La realitat es pas aquela. Provença es escanada per lo betum, lei tèrras agricòlas manjadas per lotejaments e grandas susfàcias comercialas. Se pòu prénguer l’exemple de quauques vilatges dau Var e d’una gestien ultra-liberala dau desvolopament qui s’interessa pas au patrimòni nòstre. Rocbaron, vilatge de mai de 3500 abitants e sa cooperativa vinicòla en roïna : la municipalitat s’es engatjada pendent la campanha electorala de 2008 de restablir aquel edifici per ne’n faire un ostau d’associaciens. A l’ora d’ara i a pas res de fach e se pòu pensar que la cooperativa sarà destrusida. Per de que faire ? Un parcatge ? Se fau remembrar que lei cooperativas siàn de simbèus de las luchas paisanas, eretatge de la revòuta daus vinhairons de 1907. Fan partida dau patrimòni dei vilatges e de l’istòria collectiva dei provençaus. Totjorn a Rocbaron, se tròba lo domèni de la Pesseguièra monte demorava François Raynouard, un precursor de la lenga d’òc. I a pas ges de placa comemorativa per mencionar l’existéncia d’aquel personatge qui abans Mistral avià editit

un diccionari en lenga romana e trabalho a la renaissènça de la lenga occitana. Estima mai a la comuna de seguir l’espandiment de sa zòna d’activitat comerciau au detriment dei tèrras agricòlas. Vision estranha dau desvolopament duradís, tot aquò amb lo mesprès de la cultura nòstra.

ACAMP PUBLIC de LIBERTAT A MARSELHA Le vendredi 30 avril 2010 a eu lieu à l’Ostau Dau País Marselhés une rencontre publique dans le but de faire connaître le mouvement LIBERTAT ! Esquèrra revolucionària d’occitània sur la région marseillaise. Après la présentation du mouvement et des actions menées par les différentes sections, un débat s’est engagé dans la convivialité entre militants et participants venus en nombre assister à cette réunion.

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Comment donner l’envie de militer pour la culture occitane ? Comment faire avancer le mouvement et lui donner une légitimité politique et devenir un mouvement populaire en phase avec la réalité socio-économique des régions occitanes ? Combattre la montée du fascisme propagée par certaines organisations politiques et religieuses, LGV et spéculation immobilière... Toutes ces questions ont été abor-

dées dans un état d’esprit objectif et respectueux de tous les intervenants. C’est sur cette dynamique, ouverte sur le dialogue et l’échange d’idées que LIBERTAT continuera d’avancer. Gramaci a tota la chorma de l’Ostau Dau País Marselhés per l’acuelh calorós ! Per en saber mai sus leis activitats de l’Ostau : www.engambi.com


Un autre exemple, lo castèu dau Castelàs (sègle XII) sus la comuna de Forcalqueiret. Es l’obratge medievau mai important dau Var. Lo castèu es tanbèn en roïna maugrat lo trabalh deis associaciens per lo sauvar. Es de plorar l’actitud dau departament e de la regien qui donan pas lei mejans per restaurar aquel edifici istoric excepcionau. Podrié èstre una dinamica culturala novèla per aquel parçan mas lo conselh generau dau Var s’estima mai de pagar 5 milions d’euròs per l’estudi prumèr de la linha a granda vitèssa. Quauques quilomètras mai luench, Mazaugues, vilatge miravilhós au còr de la santa Bauma es tocat per un projècte de descarga maugrat lo refus categoric de la populacien (de retrobar dins l’article paregut dins lo numèro d’abriu), es aquò la democracia francesa ? La lista deis aberraciens es longa, sense parlar dei lotjaments afrós per neò-ruraus en manca de verdura que se fan bastir de lotejaments òrres. L’augmentacien creissènta de la populacien en Provença farà pas qu’agravar lei problèmas que jà coneissèm en matèria de gestien de l’aiga, d’energia, de transpòrt e de lotejament.

l’interior dei tèrras. Var e Aups maritimas siàn en primièra linha per çò que sarà lo ponch finau dau malastre : l’urbanisacien sauvatge de Provença, bòna escasença per leis investissors dobtós au detriment dei populaciens localas. Pèr ara, Marselha resista un pauc a l’invasion dei « bobos fortunats », mas per quant de tèmps ? E per quant de tèmps encara leis autoritats negaràn l’identitat de la ciutat foceana ? Si fau remembrar que Marselha sarà capitala europènca de la cultura en 2013, e que la lenga nòstra sarà completament oblidada. Pasmens faudrié pas qu’una pichona partida dei capitaus regionaus per sauvar l’occitan ...

NOS FAI ARA EXIGIR LO DRET A LA PARAULA ! NOS FAI BASTIR L’ATERNATIVA PER FAIRE RESPECTAR LO PATRIMÒNI PROVENÇAU QU’ES L’AMA DAU PAÍS. LA SECCIEN PROVENÇALA DE LIBERTAT FAI MESTIÈR DE MILITANTS ACTIUS. VENGUTS D’AICÍ, VENGUTS D’AILÀ, SIATZ BENVENGUTS EN LO MOVEMENT PER ORGANISAR DE MANIFESTACIENS, D’ACAMPADAS ... VOS ESPERAM !

Mas maugrat aquel constat pessimista, cèrtas comunas an capitat de reabilitar lor patrimòni per ne’n faire d’endrechs multiculturaus e rics (Correns, Barjos …) o mai simplament an prepausat de lotejaments sociaus que lei mai paures an mestièr, com a Néoules. Per la regien dins son ensemble, la situacien es la meteissa. Après aguer urbanisat lo litorau, leis especulators e promotors encoratjats per leis elegits de dreta coma de gaucha començon de s’interessar a

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LANAS

S.O.S côte landaise en danger

L

a côte landaise reste un des espaces côtiers les moins bétonnés d’Occitanie comparée au littoral provençal ou languedocien. Dans certains endroits, la construction est massive et le béton recouvre tout. Sur la côte landaise, la situation n’est pas exactement la même avec un espace côtier relativement protégé, pourtant les effets du tourisme de masse y sont tout aussi pervers.

L’EXPLOSION DES RÉSIDENCES SECONDAIRES La majorité des villes, bordant la côte landaise, double voire triple sa population durant la période estivale. Sur plusieurs communes du littoral, le pourcentage des résidences secondaires excède les 50%. Par exemple le village de Moliets-et-Maa compte actuellement 818 habitants mais sur ce petit espace du littoral landais, plus de 86 % des logements sont des résidences secondaires. Les villages de Seignosse et Vieux-Boucau quant à eux frôlent les 80% de résidences secondaires. Même si la plupart du temps les autorités ont évité le bétonnage systématique des plages, la forêt des Landes a largement été rasée pour faire place à des constructions de mobilhomes dans des campings géants afin d’accueillir les touristes de l’Europe entière. Traditionnellement les landais n’ont jamais construit en bord d’océan. Les villages se sont implantés à quelques kilomètres des bords de côte. Les villages vacances eux n’ont pas cherché à préserver cet espace côtier. Dès les années 70 des immeubles sont construits pour accueillir les touristes et les premiers campings voient le jour. Nous nous retrouvons aujourd’hui avec des villages coupés en deux, le village traditionnel et l’autre, a seulement quelques kilomètres en bord de plage, destiné uniquement aux touristes et qui ne vit que quelques mois par an. Les Landes, espace encore privilégié il y a dix ans, connaissent aujourd’hui un engouement sans précédent. Malgré les deux tempêtes qui ont largement affaibli le patrimoine forestier landais, les touristes viennent toujours plus nombreux dégoutés par le phénomène du tout tourisme sur la «côte d’azur». Cela marque bien l’ironie de la situation puisqu’ils ne font que déplacer le problème. Les gascons ne font qu’accroitre ce phénomène. Ils sont nombreux à se payer des résidences secondaires sur la côte landaise pour s’offrir quelque jour de repos près de l’océan. LA DÉSERTIFICATION DES LANDES. En parallèle à ce phénomène touristique qui s’amplifie, les Landes sont un territoire qui se vide de sa population. Les landais sont forcés de partir vers les grandes métropoles, Paris, mais aussi plus généralement vers

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Bordeaux ou Toulouse. L’activité économique a considérablement reculé, le secteur traditionnel de l’exploitation du pin a été dévasté par les crises successives et les deux tempêtes. Sur la côte, le constat est encore plus alarmant. Ce territoire n’est viable économiquement que de juin à septembre. Le reste de l’année, la moitié des commerces ferment, les lieux deviennent déserts. Seuls les secteurs de la gastronomie et du thermalisme permettent à certaines parties des Landes comme Dax de se maintenir. Au-delà de la difficulté de trouver un emploi sur place, se pose le problème du logement. Avec l’affluence des touristes et les résidences secondaires, les prix de l’immobilier se sont envolés. Des villages artificiels (qui touchent les villages traditionnels) ont émergé. L’ère du « tout tourisme » est en marche. Rajoutons à cela les grands projets autoroutiers et ferroviaires qui coupent les Landes en deux, spolient des terres et participent aussi à vider le territoire en déplaçant les centres d’activités vers les grandes métropoles. LA RESPONSABILITÉ DES POUVOIRS PUBLICS Cet afflux de touristes sans précédent, ainsi que la multiplication des villages-vacances ne se sont pas faits tout seul. Les pouvoirs publics landais ont une large responsabilité dans l’affaiblissement socio-économique et dans la désertification de leur territoire. Les maires, les conseillers régionaux, départementaux, etc., ont largement dirigé l’économie du territoire sur deux pôles qui dépendent étroitement l’un de l’autre : le tourisme et la gastronomie (à relier au secteur de l’agriculture traditionnelle landaise). Pour valoriser ces deux secteurs et créer un boom économique dans les Landes, les autorités publiques ont axé leur communication sur ces deux secteurs. Les Landes sont présentées comme un territoire pittoresque, calme, avec des forêts de pins à perte de vue, un littoral quasi-vierge et surtout beaucoup moins onéreux que la côte provençale. De plus la publicité liée au surf a largement contribué à la renommée des Landes. Rajoutez à cela une pincée de foie gras, une touche d’asperge et du soleil, cela nous donne une magnifique carte postale. Ils sont nombreux les touristes européens, à avoir accroché à ces bandes annonces alléchantes. Pour accueillir ces milliers de touristes ont a donc construit d’immenses campings, des petits immeubles en bord de côte, des petites maisons avec tout le confort moderne. Il restait encore le problème de l’acheminement des touristes, problème vite réglé par les pouvoirs publics. En moins de deux ans deux projets


ont émergé, l’A65 qui va être opérationnelle d’ici 2011, qui va dé-saturer (techniquement) l’A10 qui amène actuellement les touristes au plus près de la côte. Mais surtout le grand projet qui fait l’unanimité chez la quasi-totalité des grandes personnalités politiques landaises, c’est la LGV. Ce train à grande vitesse va permettre à un afflux considérable de touristes de toute l’Europe du Nord qui veulent arriver en quelques heures sur les plages. Il est loin le temps où les Landes étaient méprisées, vues comme un espace de sauvages mal acclimatés à la civilisation (XIXème siècle). Lorsque l’on est originaire de la côte landaise, on ne peut même plus espérer continuer à vivre chez soi tellement les prix de l’immobilier sont élevés et les villages sont morts en dehors des périodes touristiques. Le reste du temps ces territoires sont ignorés, délaissés. Bon nombre de volets sont fermés et ils ne rouvriront qu’à partir de juin. Les Landes traînent leur solitude pendant neuf mois. Oublié de tous,

ce territoire riche en culture et valeur gagnerait à être plus connu. Il est important de réagir aujourd’hui contre le bétonnage systématique de notre côte et la désertification latente. Réinvestissons notre territoire et continuons à lutter contre les projets qui tuent un des territoires les plus riches de Gascogne !

A

Pau en Bearn, los panèus de senhalizacion que seràn bathlèu cambiats entà desengorgar lo centrevila. Cambiar tots los panèus ? Quina escadença entà l’occitan ! Despuish annadas que’ns disen que costaré tròp car de cambiar los panèus entà hicar en plaça ua senhaletica bilingua. Atau qu’avem demandat oficiaument a la maira de Pau de profieitar d’aqueth plan d’amenatjament entà, enfin, balhar a l’occitan la plaça que s’amerita en lo capdulh de Bearn. Shens susprèsa nada, Martine Lignères Cassou qu’arrefusa, peu moment, aquera eventualitat. Qu’a responut a la Crida, lo collectiu de defensa de la lenga nosta en Biarn, que n’èra pas la prioritat de la municipalitat e que, fin finala, que’s hasèva pro de causas tà las associacions deu parçan. Qu’ac sabèvam jà, mes que’s confirma : Martine Lignières n’a pas près consciéncia de tot l’enjòc qu’arrepresenta la renavida de l’occitan, a l’imatge de la grana part deus elegits deu Partit Socialista qui quan ne son pas publicament oposat a las lengas autas que lo francés e’s fotan completament de l’aviéner Ua senhaletica bilingua qu’ei totun mei que legitime, mei que mei en un parçan com Biarn qui pendent sègles n’utilizè pas que lo gascon entaus

sons documents oficiaus. N’ei pas aquiu question de simbolica, com ac podèva estar la modificacion de la constitucion qui intronizè l’occitan en lo musèu deu patrimòni de la Republica francesa. Dab la mesa en plaça de panèus de senhalizacion en occitan, lo ròtle de la lenga que cambia. De testimòni d’ua cultura pròpria que vad ua lenga com las autas, qu’ei a díser ua lenga com utís de comunicacion. Plan segur, s’aqueras iniciativas de socializacion de la lenga per carrèra ne son pas acompanhadas d’ua grana promocion e ajuda a l’ensenhament de la lenga, l’experiéncia que serà a tèrmi long ua mauescaduda. L’un e l’aute que hèn hrèita. En Biarn Libertat qu’a participat activament a la campanha « Pau en occitan ». Que manifestèm lo noste maucontentèr au mes de junh au ras de la mairia abans un conselh municipau. Lo combat n’ei pas aisit mes que’ns cau contunhar d’exigir çò que lo dret mei naturau deu monde garanteish a tota persona : lo dret de víver en la soa lenga. B’ei triste, après 30 o 40 ans de reivendicacion linguistica en Biarn, de déver enqüèra batalhar per simples panèus direccionaus, mes qu’ei la realitat de generacions d’elegits bastits en lo motle deu jacobinisme, los qui en

BEARN

PAU EN òC ?

Biarn com alhors en Occitania s’estiman mei d’espiar de cap a París, dab un localisme de paréisher qui sembla tròp a un folclòre que ne volem pas mei.

QUE’NS CAU CONTUNHAR D’EXIGIR ÇÒ QUE LO DRET MEI NATURAU DEU MONDE GARANTEISH A TOTA PERSONA : LO DRET DE VÍVER EN LA SOA LENGA 15


Societat

lgv : La Grana Vergonha

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es manifestations de l’hiver dernier pouvaient, malgré tout, nous faire espérer une mobilisation forte en Gascogne, pour refuser le projet de Ligne à grande Vitesse. Présent depuis le début dans le combat, Libertat proposa même l’organisation d’un acte fort avec un réferendum sur l’ensemble des communes concernées par le projet. Seules quelques dizaines de communes organisèrent une “votation citoyenne” dans l’indifférence totale le wek end des élections régionales.

Nous ne pouvons que regretter l’inorganisation et les batailles politico polititiennes qui ont gangréné la mobilisation anti LGV. Les élections régionales de mars 2010 en sont une des causes. Entre les deux tours Europe Ecologie a sacrifié la lutte anti LGV au nom de la real politik. Meme si pour se défendre ils avanceront l’idée de défendre le projet de Lgv sur les lignes existentes, la réalité est bien plus dure à accepter Le 31 mai s’est déroulé à Bordeaux le comité de pilotage (Copil) des « Grands Projets du SudOuest ». Et une étape essentielle a été franchie hier avec la définition du couloir de 1000 mètres qu’empruntera dans dix ans la future LGV entre Bordeaux-Toulouse et Bordeaux Pays Basque. A la suite des mobilisations de l’hiver et pour calmer certaines ardeurs, l’Etat français avait sorti de son chapeau le remède magique “la concertation” afin de rendre le tracé de la LGV plus digeste pour les personnes les plus concernées par le projet. Hélas à la sortie de cette réunion, nous pouvons considérer que la Gascogna va payer un lourd tribu pour La LGV. Dans le Sud-Gironde, la ligne à grande vitesse sud ne contournera pas la zone d’appellation des Graves. Au grand dam des viticulteurs qui pensaient avoir été entendus et comptaient sur un ultime revirement de situation. La situation a été parfaitement résumée par une personne interviewée pat un quotidien local:« RFF n’a pas tenu compte des arguments du maire. Cela montre bien les limites de ce style de démarche. Aller discuter le bout de gras avec ces gens-là, ça ne sert à rien. Au bout du compte, ce sont eux qui auront toujours raison. Nous, population locale, ne tirerons aucun avantage. Qui a d’ailleurs intérêt à aller plus vite à Paris ? Seul le Pays Basque s’en sort moins mal où l’organisation de la lutte LGV a été beaucoup plus struc-

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turée qu’en Gascogne et nous devons en prendre conscience.La LGV ne passera pas sur remblais et sera en principe enterrée sur la moitié de la distance la voie ferrée pour limiter l’impact du tracé.

Le fuseau arrêté par le Copil réuni à Bordeaux n’est pas encore toutefois officiel. Il doit être soumis pour signature au ministère de l’Équipement mais il semble difficile que l’Etat fasse marche arrière surtout avec le peu de mobilisation de ce printemps Pourtant il est encore temps de montrer une franche opposition à ce projet. Nous savons très bien que le projet est mal ficelé financièrement. Meme si le Copil a choisi le projet le moins cher ils doivent trouver pour l’instant la coquette somme de 155 millions. Comme tous “grands travaux” la facture finale risque d’être bien plus élevée; Aujourd’hui plus que jamais nous devons continuer à lutter contre ce projet. Nous devons analyser très vite ce qui n’a pas fonctionné dans la mobilisation anti LGV et devons repartir de l’a vant. Libertat Gn va proposer d’ici quelques emaines une analyse plus complète sur l’aménagement du territoire et les transports en particulier.

En Lengadòc le tracé définitif sera comme prévu celui proposé en premier par RFF. L’enquête publique ne fut qu’un mensonge de plus pour imposer la LGV. Ce projet destructeur sera de plus en grande partie financer pâr les collectivité locales. Nous devons continuer à nous opposer fermement à ce projet!!!


L

’associacion « Les amis de Moncaut » que vadó au mes de març passat entà opposà’s a la creacion d’ua peirèra suu Moncaut, au ras deu Pè de Horat. Que compta dejà un centenat de sòcis au miei deus quaus numerós paisans, neuridors e aulhèrs. Tots que cranhan las consequéncias de la preséncia d’ua peirèra, que sia pr’amor l’extraccion de las pèiras dont la lerzolite qui serveish tà har granulats tà las rotas e los camins de hèr, o que sia pr’amor deu passatge deus camions, tot aquò au bèth miei d’un site deus bèths qui demora dinc adara preservat e on e’s tròba un arriu e numerosas honts. Lo dossièr tà d’aqueste projècte de peirèra qu’ei dejà entaminat puish a qu’ua convencion questó passada enter la comuna de Brutge, proprietària deus terrenhs qui eths demoran sus la comuna de Lovièr de Baish, e l’enterpresa d’extraccion Daniel qui esplèita d’autes sites peus Pirenèus. Aquesta convencion que permet a l’enterpresa de horadar entà tastar la qualitat de las pèiras e d’espleitar lo site.

BEARN

UA PEIRèRA a MOntcAUT ?

Aquesta carrièra que miaça tanben l’activitat economica deu parçan qui mescla agricultura, piscicultura e torisme ligat a las passejadas en montanha. Qu’ei ua maishanta novèla entau projècte d’un abitant deu parçan, Romain Veau, qui vòu tornar espleitar ua pscicultura abandonada. Eth que s’arretrobaré purmèr vesin de la peirèra se per cas lo projècte e’s concretiza.

Un projècte hòrt ligat a las infrastructuras navèras au miei de las quaus las LGV. Entà sostiéner : Associacion collegiau Les amis du Moncaut Molin Courtade - Pè de Horat 64260 Lovier de Baish

Aplec deus oposants suu site, au mes de mai passat .

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Societat

MOBILIZACIONS ANTIFASCISTAS MANIFESTACION ANTIFASCISTA A TOLOSA

Nous étions plus d’une centaine personnes, ce 8 mai 2010, à avoir répondu à l’appel pour rendre hommage aux partisans et manifester contre la montée du fascisme. Nous aurions espéré bien évidemment plus de monde, mais nous pensons que le fait déjà d’organiser une manifestation non déclarée de ce type est une réussite. Après avoir lu l’hommage nous avions prévu de manifester dans les rues de Tolosa, c’était sans compter la maréchaussée venue en nombre. Pas moins de 7 camions de mobile nous ont escorté en nous forçant à marcher sur le trottoir. Nous avons quand même réussit à les semer en empruntant le métro Saint Cyprien pour ressortir allée Jean Jaurès. Nous avons fini la manifestation place Arnaud Bernard par un FOOD not COPS* organisé par les camarades de l’inter-squat. Ce lieu est important car c’est le dernier quartier qui résiste tant bien que mal à la gentrification** du centre ville. Cette manifestation était aussi le moment d’occuper la rue et de reprendre des forces pour le dur et long combat qui nous attend. Pour tout cela nous donnons rendezvous l’année prochaine à toutEs ceux et celles qui désirent crier leur opposition à la fascisation des esprits et pour une émancipation totale! *FOOD not COPS: distribution de nourriture vegan gratuite. **Gentrification: boboisation des quartiers du centre ville.

TOLOSA CIUTAT ANTIFASCISTA PER TOTJORN!!

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FRESCA DE BILLERA ibertat qu’èra present entà condamnar lo sabotatge de la fresaca en aumenatge aus expulsats per un gropuscule fascista a Vilhèra en Biarn. Lo parat de tornar díser la noste solidaritat dab los shens papèrs, adultes e mainats, escolarizat o pas. Que’v perpausam ací la presa de paraula qu’estó dita en occitan e en francés.

L

«Nous sommes ici pour réaffirmer notre solidarité envers les personnes et les familles toujours sans-papiers. Ici aussi pour condamner une fois de plus l’ignoble sabotage de la fresque pour les expulsés qui a été mené par un groupuscule néo-fasciste qui s’estime légitime de part la politique d’exclusion et de racisme du gouvernement français et de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques. Ces néo-fascistes qui ne supportent pas la solidarité entre les exploités et les victimes de l’Histoire. Ils rêvent toujours d’un monde renfermé, simpliste et animé de la haine de l’autre. Nous, nous sommes pour la liberté de circulation des personnes, nous sommes pour les mêmes droits pour tous, que nous soyons nés ici ou ailleurs. Nous sommes aussi ici pour dire que si la liberté, l’égalité et la fraternité sont nos principes, ils ne sont pas pour autant, pour nous à « Libertat ! », propres à la république française. Nous ne voulons pas oublier que quand, pour nous, se commémorait la victoire contre les nazis le 8 mai 1945, une date qui n’est pas anodine pour ceux qui ont

choisi de salir la fresque de Billère, l’armée française massacrait des milliers d’algériens qui demandaient simplement eux aussi la liberté. Nous n’avons pas à mythifier cette République qui, à toutes les époques, a discriminé une partie de la population comme elle continue à mépriser les cultures autochtones, comme ici en Béarn, en Occitanie. Encore aujourd’hui la France-Afrique demeure d’actualité et les exemples de ce type sont nombreux. Cela n’empêche pas qu’ à toutes les époques aussi, militants, simples citoyens et familles entières se soient solidarisés avec les discriminés et avec ceux qui étaient chassés par les autorités. Ceux sont eux que nous voulons garder en souvenir et voir comme exemples à suivre sans tomber dans la mythification d’un Etat autoproclamé Pays des Droits de l’Homme. C’est tout cela qui est attaqué par ces personnes-là, qu’elles soient néo-fascistes, groupuscules d’extrême droite ou par le gouvernement et son valet qui est le Préfet de Pau. Ce dernier qui n’a même pas trouvé un mot pour condamner cet acte explicitement raciste et mené par nostalgie au régime de Vichy. Nous restons vigilants car la bête n’est pas morte mais n’oublions pas que des dangers encore plus grands peuvent venir des gouvernants qui ont bien compris qu’ils n’ont pas besoin d’une dictature formelle pour atteindre leurs objectifs : le contrôle et la soumission du peuple, la sacralisation de la propriété et l’enrichissement d’une minorité contre une majorité.»


L

ibertat Lengadòc, avec l’organisation du Festenal à Montcuc, marque son désir de construire dès maintenant l’alternative dans le département du Lot ou le pays du Quercy. Ce concert reflète notre profonde volonté de nous enraciner en Quercy. Par cet échange qu’est la fête, nous posons les bases humaines, fraternelles avec de nombreuses personnes. Car comme disaient certains, “être comme un poisson dans l’eau” est le postulat pour avoir un développement politique et surtout le pérenniser. Acquérir une base, quand toute activité politique se réduit à une gestion d’un territoire, à son aménagement pour un mono développement touristique et gérontophile, est un défi énorme. Le Lot (46) est, comme de nombreux départements d’Occitania, une zone où se joue le dernier acte d’une tragédie menée contre notre terre. Une tragédie où ils ont exterminé la paysannerie, pillé les quelques industries, imposé une langue et une culture allogènes, vidé la terre de sa jeunesse. C’est avec cette toile de fond que nous nous levons et prenons les rênes de notre destin, conscients de

l’immense enjeu. En totale autonomie et avec détermination nous voulons montrer la voie à prendre pour aller vers notre émancipation. L’action politico-culturelle pour refaire surgir la conscience occitane et créer des amitiés, des sympathies autour de notre mouvement. L’action politique pour conscientiser au besoin urgent d’un changement radical. C’est dans cette optique que nous organiserons en début d’année un repas populaire à Cahors et qu’à l’été 2010 nous projetons d’ouvrir un lieu de vie dans la cité cadurcienne. Nous comptons de plus faire du Festenal de Montcuc un futur festival sur plusieurs jours, autonome et autogéré, à l’image de notre projet. Bien évidemment tous ces projets, de vie, de lutte et d’espoir ne seront possibles qu’avec vous ! C’est pour cela que nous vous attendons le plus tôt possible pour bâtir notre futur dans la liberté et la dignité. Pour suivre la vie du mouvement dans les pays languedocien : lengadoc@libertat.org

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LENGADÒC

Festenal de MONTCUC, et après...


gironda

JORNADAS OCCITANAS de BordÈu

«Per començar, i a un torrent. Pichon, mes poderós, e tumultuós. Dens las montanhas, pren la violença deu parçan en d’avançar capvath la ròca. Puish, en camin, ne’n tròba un aute e se mesclan per s’unificar. Chic a chic, lo país ven mei planèr e lo torrent se cambia en riulet. Mercés au mestissatge, lo riulet ven riu, puish, quan arriba a la Mar Grana, es un bèth flumi. La termièra fosca deu flus e deu reflús l’empachan de se destriar de l’ocean, non sap pas mei s’es d’aiga doça o salada. Banhada per Garona, Bordèu es lo resultat d’una alquimia entre los pòples deu monde. Hilha deu limon, fertila e prospèra mercés a la mesclanha, hesteja en abriu son engrèish occitan. « Que se’n anava temps que Bordèu, la beròja adromida, hestèje enfin la soa cultura gascona ! Aquesta celebracion que la devem au Med’Òc Bordèu, qui decidiscó de bastir au còr de la vila un hestenau occitan titolat « Las Jornadas Occitanas ». Tornem donc sus aquera prumèra edicion qui, qu’ac esperam hòrt, vaderà lèu ua tempsada importanta dens la vita occitana bordalesa.

L

o Med’Òc Bordèu, associacion estudianta afiliada a l’UFR de Letras de l’Universitat Michel de Montaigne-Bordèu III, creada dètz ans a, qu’a com amira d’emparar e de promòver la lenga e la cultura occitana. Atau tau Med’Òc Bordèu que i a mestièr de seguir las accions de sensibilizacion, mei que mei sus un terrenh sovent deishat de costat : lo deus estudiants. Es ad aqueste títol que los deu Med’Òc Bordèu organizèn las Jornadas Occitanas, un eveniment conconetrat sus ua cultura occitana modèrna, creativa, en comunicacion dab lo monde e luenh de tot replec identitari.

La programacion de las duas jornadas segiscó aquesta amira dab un cicle de conferéncias a l’entorn de la tematica «víver uei las culturas ditas minoritàrias”. La plaça principau qu’estó balhada ad intervencions occitans (associatius, institucionaus, artistas, jornalistas...). Dab aquera prumèra taula redona lo Med’òc que muishè que parlar uei lo dia ua lenga dita regionau qu’es enriquissant, professionalizant mes qu’ei tanben important tà promòver lo patrimòni d’aquestas culturas amagadas. Moment seriós donc, mes tanben eveniments mei hestiusd que’s debanèn a l’universitat bordalesa pendent lo temps deu repaish notadament. Los dus artistes de « La leçon de Solexcitant », tropa de teatre comic qui pretend ligar l’educacion a l’occitan e la cultura punk, qu’animè lo pati de l’universitat e hasó bolegar los estudiants presentsdab ua leçon susprenenta autant com arridolenta. Un biais subtiu de miar los joens cap a l’occitan, ua cultura tròp sovent vist com passadista. La pausa desjunar qu’estó tanben lo parat de descobrir diferentas associacions qui muishavan la vitalitat culturau d’Occitania.

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De segur, Libertat Gasconha Nòrd que participè a la hèsta e que profieitè d’un taulèr tà encontrar encontrar numerós joens interessats e motivats per la luta occitana ! Au vrèspe, ua segonda taula redona que s’interessè a «l’accion pedagogica en lenga dita minoritària”. Aquesta conferéncia qu’amassè professors d’occitan solide mes tanben associatius ajant ua apròcha diferenta de l’aprentissatge de la lenga e de l’utilitat d’aqueste. Atau, qu’èran presents responsables d’escòlas Calandreta, intervenants auprès d’estructuras privadas (enterpresas, ostaus de retirada...). La prumèra serada qu’avèva com amira de muishar la varietat e la modernitat de la musica occitana dab grops divèrs e despariè en rs. D’en prumèr, un grop d’electrò-trad deus joens mes tanben deus bons : HiTilh, qui hasó bolegar la MAC (Maison de las activitats culturaus). Que’us succedín los qui tocavan a casa : Banned From The Pub, grop bordalés hòrt representatiu de tota ua partida de la joenessa occitana pr’amor estacats a las lors arradics shens forçadament saber la lenga. Lo grop de streetpunk que botè lo huèc dens la pichona sala, abans la formacion mei coneguda de la serada, Mauresca Fracas Dub. La serada que s’acabè a de bon dab lo punk endiablat deus Gojats of Hedas de Pau. Un bon bilanç donc entau Med’Òc Bordèu qui s’escadó de muishar la vitalitat de la cultura occitana en tot mesclar los estiles e los publics ! Lo lendedia, que’s mudèn de cap tau centre de Bordèu tà tocar mei de monde que possible per ua visita contada e comentada de la vila en occitan, un eveniment ric qui estó ua vertadèra escaduda. En tot seguir, animacions qu’èran perpausadas en çò deus bascos de Bordèu, a l’Euskal Etxea. Que s’i presentèn duas projeccions de filmes occitans. Lo prumèr, «Se Canta” de Stephane Valentin, que pertoquè la cultura e l’istòria occitana d’un biais simple e iniciatic. Lo dusau, Las Sasons de Paméla Varéla, qu’èra ua ficcion en occitan centrat sus la vita de hemnas qui’s crotzan suus camins de Dordonha. En seguir d’aqueras projeccions, que s’i partatjè un aperitiu conviviau on e’s devisè sus la faiçon de har conéisher la cultura nosta, puish quauques aires de musica tradicionau dinc a hòrt tard ! Lo Med’Òc Bordèu qu’es jà en trin de pensar la dusau edicion de las «Jornadas Occitanas” e qu’a l’ambicion de perennizar aqueth navèth rendetz-vos bordalés e occitan. Tanben, los deu Med’Òc qu’arremercièn Libertat en pr’amor deu son engatjament abans e pendent lo hestenau, un hestenau qui n’auré benlèu pas podut existir shens aquera ajuda.


aGENDA OCCITANIA 9 au 17/07 : Festival Resistances, cinema & debats, a Foish (Arièja) 23/07 : Concert d’I MUVRNI + LES POUPEES GONFLEES, 21h, théâtre de Verdure, à Pau 27 au 31/07: Estivada, a Rodès 30/07 : Hestifonada a Rodès, concert : Lo Quinse, Gojats of hèdas et Idavold 25/07 : CORSA ARAN PER SA LENGUA, en Val d’Aran

INTERNACIONAL 15 au 18/07 : Rebrot ‘10 a Berga, l’aplec dels Joves dels Països Catalans (Catalonha). 7-8/08 : Ghjurnate Internaziunale di Corti (Corsica). Ua delegacion de Libertat que serà presenta. 07/12 : Izquierda Castellana convida Libertat a las jornadas internacionaus a MADRID (Castilla).

26-31/07 : Nueits atipicas a Lengon(Gironda) 27/07 : Forom das lengas de França e conferença «presenças de Bernat Manciet» -----------------------------------------------------------07/08 : Concert de Goulamas’k, à MONTAUT (Bearn) 13 au 20/08 : FESTO 2010, festenau esperantofòne a Tolosa 15/08 : Concert de Massilia Sound System a Lucsèir (Lanas) 17 au 21/08 : Usèsta Musicau «Hestejada de las arts», (Lanas) 18/08 : a Villandraud- Omenatge a Bernat Manciet per Gui Latry 19 au 22/08 : Hestiv’òc à Pau 20/08 : Concours de Quilha de 6 à 18h, puis grillade, à Pau

Pendent hestiv’òc la tor qu’ei obèrta tots los sèr tà hestejar e lutar

20/08 : a 17 oras «l’enterrement à Sabres», (Lanas) legit per Isabela Loubère 28/08, Concert : Nina’School + The Helltons, au Red Lion Pau, 21h -----------------------------------------------------------11/09, concert : Off With Their Heads + Charly Fiasco + Gojats Of Hédas, au Pich Bar, à Ossun (Bigòrra) à 21h 18 e 19/09: Trobarea en Pais niçard. Hestenau consacrat a l’art deus trobadors -----------------------------------------------------------27/10, Concert : La Route du Son // Ramoneurs de Menhirs + Nichiel’s + Operation Dynamo, a Billère (Bearn), à 21h 21


Internacionau

Tournoi de foot pOUR LES PRISONNIERS POLITIQUES BASQUEs C

omme depuis quelques années maintenant, était organisé à Hendaye un tournoi de foot à 7 en faveur des prisonniers politiques basques. Cette journée fut une réussite, puisque plus de 40 équipes venant de tout le Pays Basque s’étaient données rendez-vous. Pas seulement du Pays-Basque , car une équipe composée de militants de Libertat et de sympathisants du mouvement, représentait l’Occitania pour cette édition. Le déroulement de cette journée était simple, phases de poules en matinée, repas le midi, phases finales l’après midi, et en soirée un concert au bar le Kanttu. Le repas était un bon moyen de rassembler les équipes participantes dans un bon moment de convivialité. Repas chargé en émotions, quand les familles des prisonniers se rejoignent sur la scène devant tous les gens présents leur rendant hommage dans leur

combat de tous les jours . Par ce genre de manifestations sportives et festives, le peuple basque nous montre que sa lutte pour le rapprochement des prisonniers politiques continue, et qu’il n’oubliera jamais toutes ces années de souffrance. Libertat sera toujours solidaire avec ce genre d’initiatives . Nous ne pouvons que soutenir ces familles, qui tous les ans font des milliers de kilomètres, et dépensent énormément d’argent pour rendre visite à leurs proches.

Euskal presoak, etxera !

Les participants du tournoi autour de la banderole pour la manifestation en faveur du rapprochement des prisonniers.

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PINAR SELEK EST UNE MILITANTE FÉMINISTE, ANTIMILITARISTE, qui ne cesse de lutter pour la paix et la justice pour toutes et tous !

Aujourd’hui c’est elle qui doit faire face à cet acharnement politique et judiciaire mais cela pourrait être n’importe laquelle/lequel d’entre nous qui ose se lever contre les injustices ! AGISSONS D’URGENCE !! Pinar Selek vit actuellement en Allemagne (grâce à une bourse pour « les écrivains en exil » octroyée par PENAllemagne) en clamant son innocence mais risque de repartir en Turquie à tout moment. Soutenons la comme le font de nombreux/ses intellectuel/les et organisations féministes en Turquie et à travers le monde. Trouvez plus d’infos sur le site : http://pinarselek.com

P

INAR SELEK un symbole de résistance en Turquie, menacée de 36 ans de prison ! Les faits remontent à juillet 1998 : Pinar Selek,sociologue, militante féministe, ne s’attendait nullement à être victime d’une cabale politique et judiciaire. La police qui l’avait arrêtée voulait qu’elle livre les noms des personnes interviewées dans le cadre d’un projet de recherches sur la question kurde. En prison elle apprend, en regardant la télévision, qu’elle est accusée d’avoir déposée une bombe ayant provoqué la mort de sept personnes, le 9 juillet 1998, au marché des épices d’Istanbul. Depuis, des rapports d’expertise ont conclu que la déflagration n’était pas due à une bombe mais à l’explosion accidentelle d’une bombonne de gaz. De plus, un homme qui disait avoir posé cette « bombe » avec elle, a reconnu avoir menti sous la pression de la torture. Pinar Selek passe deux ans et demi en prison et est libérée en décembre 2000, puis définitivement acquittée en 2006 à la suite d’un procès qui aura duré plus de 5 ans.

Malgré les pressions qu’elle subit, elle n’a jamais cessé de militer et elle a cofondé en 2001 la coopérative de femmes Amargi. En mars 2009, son dossier pourtant clos est réouvert et la voilà de nouveau sous la menace d’un procès où elle risque 36 ans de prison. Pinar Selek est une militante féministe, antimilitariste, qui ne cesse de lutter pour la paix et la justice pour toutes et tous ! Aujourd’hui c’est elle qui doit faire face à cet acharnement politique et judiciaire mais cela pourrait être n’importe laquelle/lequel d’entre nous qui ose se lever contre les injustices ! AGISSONS D’URGENCE !! Pinar Selek vit actuellement en Allemagne (grâce à une bourse pour « les écrivains en exil » octroyée par PENAllemagne) en clamant son innocence mais risque de repartir en Turquie à tout moment. Soutenons la comme le font de nombreux/ses intellectuel/les et organisations féministes en Turquie et à travers le monde.

FAITES PARVENIR VOS APPELS, LE PLUS VITE POSSIBLE, EN DEMANDANT :

L’ACQUITTEMENT IRRÉVOCABLE ET PUBLIC DE PINAR SELEK L’ARRÊT DE CET ACHARNEMENT POLITIQUE Ecrivez par mail ou courriers postaux aux Ministre de l’Intérieur, au Ministre de la Justice, à la Commission des Droits Humains du Parlement Turc Ministre de l’Intérieur : Mr Besir Atalay Icisleri Bakanligi, 00644 Ankara, Turquie. Courriel : besir.atalay@icisleri.gov.tr Fax : +90 312 418 1795 Formule d’appel : Dear Minister/ Monsieur le Ministre Copie à la Commission des Droits Humains du Parlement Mehmet Zafer Uskul, Commission Chairperson TBMM Insan Haklarini Inceleme Komisyonu Bakanliklar, 06543 Ankara, Turquie Courriel : inshkkom@tbmm.gov.tr Formule d’appel : Dear Mr Uskul Ministre de la Justice : Mr Mehmet Ali Sahin Adalet Bakanligi, 06659 Ankara,

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Internacionau

SOUTIEN à PINAR SELEK


InternacionaU Cette mission comme toutes les missions, nous mettait en contact à la fois avec les mouvements de résistances palestiniennes dans différentes villes, les organisations israéliennes pour la paix (rencontrées à la fois à Tel Aviv et dans les territoires occupés) et les différentes organisations internationales solidaires du peuple palestinien. Elle visait à nous mettre au cœur de ce fameux triangle qui unit les palestiniens, militants israéliens anti-sioniste et internationaux. La mission nous emmenait à nous déplacer dans une large partie des territoires occupés en s’arrêtant particulièrement sur les villes d’Hébron, d’Al’Masara, de Béthléem, de Bil’in, de Jérusalem etc... Nos différents guides palestiniens voulaient que l’on prenne conscience de l’étendu du mur, de la réalité de l’apartheid, des différentes formes de résistance proposées par les comités de résistance populaire, de la vie quotidienne des palestiniens, de l’humiliation, des check- points, des colonies qui se développent à perte de vue, du mitage progressif qui s’opère au cœur de la Palestine, de la violence de l’occupation, de la loi du plus fort…. Nous avons bien compris tout ça…Nous respectons tous à notre tour ce contrat moral qui nous pousse à témoigner… Comment ne pas le faire ?? La question qui se pose simplement c’est de quelle manière peut on retranscrire ce que nous avons vu, partagé, souffert… comment trouver les mots justes… je ne les ai pas mais je veux témoigner, inciter les gens à partir découvrir cette merveilleuse terre palestinienne, et cet incroyable peuple de résistants pour qu’a leur tour ils témoignent!!! On a beau savoir, l’avoir lu, avoir souffert de la réalité palestinienne, une fois là-bas c’est le réel qui nous frappe. Plus possible de s’évader quelque part dans son mental en raisonnant avec des logiques humaines… non, on est face à l’horreur avec l’obligation de se dire qu’on est face au réel… 24

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ème

mission civile

en Palestine JERUSALEM, SILWAN : LO BARRI D’AL BUSTAN O « QUIN LA CULTURA AMASCA LO CRIMI »

S

ilwan que’s situa au sud de la mosquèa d’Al-Aqsa. Lo barri d’Al-Bustan que’s compausa de 88 casas totas condemnadas a la desbastida de 2004 enlà au benefici d’un casau conectat a la ciutat de David. En 2005 la municipalitat qu’avèva començat d’enviar los òrdis de demolicion dab lo pretèxte de la construccion shens licéncia. Devath la pression internacionau e la resisténcia deu barri, lo govern qu’acabè per gelar aquera decision en deishar quitament la causida aus futurs « estremiats » de sosméter un plan arrepresentant los besonhs sons. En 2008 la mairia qu’informava que, finfinau, tornava a la soa purmèra decision en favor de la construccion d’un casau qui’s pareisheré a la descripcion de la Torah de « la bèra Jerusalem ». Com dens cada barri, ua tenda que s’apita entad arcuélher los militants. Lo «  gavidaire  » d’aqueste barri (qui n’ei poblant) que’ns explica que pòrta tostemps dab eth l’acte de proprietat au son nom e l’avís d’expulsion (shens nom eth pr’amor que cau pagar tad at véder paréisher…). Com tots los hòrabandits, que’s guarda la clau de l’ostau qui èra la deu pair… Que’ns conda l’istòria deu barri, que’ns muisha las mapas, que s’arbaròta contre la qui arrepresenta lo barri dab

numèros : « n’èm pas numèros com at pèot har pensar aquesta mapa ». Com tots los qu’encontraram, qu’assegura que se destruseishen l’ostau que la tornarà bastir  ! Que pòt har aqueth òmi ? Quitar lo parçan ? L’ostau ? Mes qu’ei l’ostau son !! « Que vadom açí, que creishom açí e totun non s’estancan pas de’ns préner per teroristas , de’ns har la guèrra mentre qu’avem viscut tostemps en patz dab lo monde ». Pr’aquò lo noste gavidaire que’s chepica pr’amor d’un fenomène naveth hens lo barri  : desempuish drin de temps la polícia que vira a l’entorn entad empachar los internacionaus de s’apressar deu barri e que comença tanben d’arrestar las gents. La volontat d’Israël qu’ei hèra clara. Los objectius deus projèctes sons que son a l’encòp culturaus, politics, demografics e religiós. Tot purmèr lo govern que cerca de hicar dehòra los arabes e l’identitat islamica de la vila de Jerusalem entà remplaçar-la per l’identitat judiva. Puish que tribalhan per deportar los palestinians d’Al-Aqsa lo mei luenh possible entad isolar la zòna. Finfinau que cerca d’acabar lo ligam enter las colonias a l’entorn de Jerusalem

Lo porta-paraula deu barri de Silwan qu’amuisha l’acte de proprietat e l’avís d’expulsion.


Carrèra grilhatjada tà’s guardar deus detritus lançats peus colons.

HEBRON : UN APARTHEID TOTAU… Entà compréner aquera vila que’ns cau chifras en purmèr. Hebron qu’ei 27 « check-points » hens la vila de la quau quauques uns e son equipats de pòrtas barrant l’accès a las rotas  ; 12 vias barradas aus palestinians. Qu’ei tanben mei de 400 botigas clavadas, l’ua part arron un òrdi militari (per question de securitat) e l’auta part pr’amor n’èra pas possible taus palestinians de caminar hens aquera zòna. E puish 123 ostaus palestinians forçats o destrusits. Totun Hebron qu’ei enter 300 e 400 colons, 1300 sordats a la sòlda d’aquestes colons, sia un rapòrt de 3 o 4 sordats per un colon israelian… Qu’i èm arcuelhuts per un militant (C) de l’associacion « Youth against settlements  ». Abans d’i arribar que’m brembi aver encontrat internationaus numerós qui’ns demandavan s’avossem visitat Hebron e qui’ns hicavan en guarda pr’amor de la violença presenta en vila hens la soa demonstracion de l’apartheid. Lo noste gavidaire que’ns tornè díser mantuns còps que volèvan qu’entenessem plan la diferéncia enter las duas parts de la vila. Hebron qu’ei ua vila copa

en dus. La purmèra part Hebron 1 (H1) qu’ei controlada per l’autoritat palestiniana (n’ei pas evident d’at véder totun). La dusau part H2 qu’ei devath l’autoritat d’Israel (n’i a pas cap de dobte). Que podem contar cinc granas colonias a l’interior de la vila (peus 300-400 colons). Lo noste gavidaire que’ns vòu har visitar lo tombèu deus patriarcas ont i avó la tuadera de 1994. Peu véder que cau passar dus « check-points ». Lo purmèr qu’ei un portic metalic dab cameras de susvelhança e sordats… Lo dusau que’s situa 20m mei luenh que sembla mei simple, sonque aqueste còp qu’ei l’interogatòri tà conéisher la religion, los motius de la visita hens lo tombèu… Lo gavidaire qui passa en purmèr ei obligat de’s lhevar lo haut deu vestit, de muishar l’interior de las caucetas… Entad ua societat tan pudica, los sordats be saben que hèn mau a cada passatge ! Un còp passat que vau véder lo gavidaire tà saber se’s passa tostemps atau e que’m respon que sia content e que la nosta preséncia e facilite l’entrada. De costuma qu’ei sia mei long, sia mei umiliant, sia non passa pas. Israel qu’explica la preséncia d’aquestes barratges per la tuadera… 29 palestinians perdón la vita victimas d’un colon qui penetrè armat hens lo lòc de culta…

Ah òc ! sola vertadèra democracia deu Miei-Orient… Que sembla que non sia pas lo mei marcant hens la ciutat, alavetz que contunham la visita qui’ns susmava lo còr. Que circulam a proximitat de H2… zònas condemnadas a vàder mòrtas per l’armada israeliana … qu’an barrat los diferents joièrs e sabatèrs e que menaçan los poblans resistants hens aqueras carrèras. Carreròtas estrèitas e grilhatjadas au nivèu deus teits entà’s guardar los detritus lançats suus colons tà poirir las carreras qui son granas artèras d’accès defenudas aus palestinians !! Defenudas… lo noste gavidaire qu’espia aquestas aleas vuèitas, imensas e que’s bremba de quan èra mainat que s’i passejava en córrer. Uèi lo dia qu’a sonque lo dret de passar a costat en préner ua parceleta de tèrra calhavuda. Qu’èm sheis sus aqueste micro-espaci quan èm prés de partit per un grop de colons explicant que la nosta preséncia qu’èra ua provocacion… scèna surrealista. Lo policier que’ns balha l’òrdi d’estruçar los aparelhs fotos pr’amor uèi qu’ei shabbat e la nosta preséncia n’ei pas de bon viéner… Lo policier que s’apressa deu noste guide tau díser qu’èra com se vienèva minjar dabant eth un dia de Ramadan… Tot que da l’enveja de cri25


dar ad aqueth moment mes que segueishem lo gavidaire, que’ns gaham sarrant los caishaus pr’amor que sabem que seré lo noste guide qui subiré las consequéncias de las nostas contestacions. Mais quin hèn entà suportar tot aquò ? Tà non pas vàder hòu ? Passà’s lo dia a sautar las barralhas C-P o los autes pòstes de guarda esparrisclats pertot shens saber çò que’us reservan los sordats ! Arron la scèna que pensam aver tot vist o quasi…E ben non ! Que i a tostemps causas qui escapan a la rason. Que vam a l’encontra d’ua familha qui tien ua colonia 10m a costat de la soa casa. En mei d’aquò en 2000, l’armada que volè horabandì’us. En contestar a la cort suprema la familha qu’obtienó lo dret de demorar a la condicion de deishar l’armada s’installar sus lo teit dab arrondas permanentas… Ua setmana abans la nosta vienuda, l’armada qu’anonciè arrecuperà’s lo casau… Que’us perpausèn ua indemnitat a cada còp mes qu’arrefu-

san enqüèra uei las requesicions, que’s perden tot. Alavetz que comprenem aquesta politica de mitatge qui possa chic a chic los palestinians en dehòra deu territòri. Pr’amor, com ac disè la joena membre de la familha, non poderàn víver eternaument empresonats, encerclats per l’armada e los colons. Lo gavidaire que’ns volè amuishar las diferenças enter las duas parts, H1 plea de vita, de colors, de bruts ligats aus sons mestieraus, e H2 barrada a la circulacion, desertada, dab zònas militàrias hens tots los cantons de las carrèras, sordats de pertot, C-P….carrèras shens amnas umanas. Ua zòna shens vita… Lo mei dur tà jo qu’aurà estat d’espiar quin los adòs, los joens e los mensh joens e sautèssen las barralhas… Que hèn part de lor quotidian : que’s quitan la cinta, que vuèitan las pòchas abans d’arribar shens traucar la conversacion dab los amics, que’s hèn espochicar e tornan en seguir deu medish biais los lors escambis e atau mantuns còps per dia.

Bil’in : cinquième conférence internationale

imaginer que la veille d’une conférence où nombre d’internationaux étaient annoncés, où les représentants de l’autorité palestinienne devaient arriver, les soldats n’oseraient pas attaquer… enfin là aussi on se rend compte qu’il faut toujours s’attendre au pire. Première nuit et nous voilà réveillés par nos hôtes qui nous préviennent que l’armée venait de pénétrer dans le village et qu’elle le bouclait…

Lo blocatge de la vila lo ser abans la conferéncia.

N

ous sommes arrivés le mardi sur Bil’in pour éviter de se retrouver bloqués le lendemain. Durant ce séjour il n’est pas compliqué de se rendre compte que la présence des internationaux ne dérange pas véritablement les entreprises d’Israël. Néanmoins de manière naïve on pouvait

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Il est 3h du matin… Scène surréaliste pour nous. Nous sommes finalement que 6 internationaux à filmer, regarder ces scènes de violence froide… une dizaine de jeeps qui bloquent une rue, chaque recoin est fouillé.. Une maison violée et ses habitants mis au sol… Ils n’hésitent pas à se servir de leurs mitraillettes pour nous faire reculer quand on essaie d’approcher de la maison visée… les soldats finissent par partir au bout d’une heure sans avoir trouvé Khalil. Nous apprendrons plus tard que c’était la 4ème


Ouverture de la conférence.

fois que l’armée bouclait le village pour essayer d’arrêter ce jeune de 16 ans pour témoigner à charge contre un autre du village. Le lendemain la conférence commence avec la présence de Luisa Morgantini, députée européenne, du premier ministre de l’autorité palestinienne Salam Fayyad et pour la première fois de la présence de représentants du Hamas. La conférence s’ouvre par cette phrase, « nous ne voulons pas devenir des martyrs, nous voulons vivre en liberté dans notre pays ». Je parlerai plus de la vidéoconférence que nous avons eu avec Gaza… Les représentants de Gaza (Haidar Eid, militant pour le BDS, et du Groupe démocratique pour un Etat (The One Democratic State Group)  ; Mahmud Al Zik et Saber Zaanin, organisateurs du comité populaire contre la « zone tampon ») parlent de purification ethnique et de «l’holocauste» vécu en 2008. Ce qu’il en ressort c’est simple. Les gazaouis sont saturés de discours, ils en ont marre. Ils subissent la politique d’un gouvernement fasciste depuis 1948. L’exemple de la réussite du boycott contre l’Afrique du sud est toujours brandit. Gaza c’est devenu pour eux le symbole de la ségrégation. Le comité populaire de gaza soulève par ailleurs une évidence, c’est que pour être colonisé, il faut que les colons considèrent le peuple soumis comme différent. Il rappelle aussi qu’ils n’ont pas d’eau potable, pas ou peu d’électricité pas de médicaments, pas de déplacements possible et surtout pas de matériaux pour reconstruire  !! les autres intervenants (Adi Mormech de l’ISM et Max Ajl de Gaza Freedom March) nous ont parlé de

leurs actions pour briser le siège et de la nécessité du soutien des internationaux et de leur gouvernements dans cette entreprise !! C’est avant tout le problème du silence international arabe qui est soulevé par les gazaouis comme celui des organisations des droits de l’homme et des gouvernements internationaux qui restent muets malgré les massacres. Les représentants de Gaza attirent l’attention sur le fait qu’il ne faille surtout pas faire de Gaza une question humanitaire comme souhaite le faire la majeure partie des pays européens car Gaza est une question politique  !! Les gazaouis présents lors de la conférence nous disaient à quel point les bateaux de la liberté étaient attendus pour le mois de mai… ils organisaient déjà les festivités…Ces bateaux représentent tant d’espoir, et ce peuple a besoin de croire et de savoir qu’ils sont soutenus dans leur lutte. Ils ne se doutaient certainement pas de l’attaque sanglante qu’allait subir la flotte.

populaires aurons reçus le soutien de tout les participants . Je ferai un rapide résumé de ce que moi j’en ressorts : DR Mahmoud Ramahi : Secrétaire général du PLC, représentant des parlementaires islamiques, participe pour la première fois à cette conférence. Il appui l’idée que la résistance est un moyen et non un objectif. Le problème pour eux vient des cadres imposés par le gouvernement sur les formes de résistance. Tous les moyens de résistances sont légitimes tant qu’il y’a occupation. Le peuple palestinien a beaucoup souffert et a beaucoup résisté, et le secrétaire général du PLC souligne que l’autorité arrête le mouvement populaire. (Il Faisait ici référence à des membres du Hamas qui venaient d’être arrêtés par les autorités dans les manifestations de Nil’in). Dr Ramahi conclura son intervention en rappelant que son courant respecte la résistance pacifique mais que ce mode de résistance n’empêche pas d’utiliser d’autres moyens.

Autre débat attendu lors de cette conférence était la rencontre des organisations politiques (débat qui c’est vite cristallisé autour de la rencontre Hamas/Fatah) : Le modérateur précisait régulièrement que la conférence porterai que sur une question (et une seule, on sent vite les tensions entre le Fatah et le Hamas)  : quelle stratégie pour la libération de la Palestine ? La conférence s’ouvre par l’idée que tout le monde souhaite la réconciliation entre le Hamas et Fatah. Tous les participants s’accordent sur le fait que sans unité nationale il ne pourra y avoir un projet clair. Les mouvements

Pour Qais Abu Layla Secrétaire général du Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP): le droit international donne le droit au peuple palestinien de résistance avec les armes. Il cherche néanmoins à s’éloigner des tactiques qui peuvent heurter la solidarité et écorner l’image de la résistance. Le secrétaire général rappelle (les autres représentants présents iront dans le même sens) que les négociations depuis 1995 ne débouchent sur rien. Il rappelle entre autre que Les palestiniens et le gouvernement ont l’obligation de respecter les règles israéliennes et qu’Israël n’a aucune obligation. Il faut 27


changer la base des négociations et trouver une complémentarité entre les différentes formes de résistance. La division nous affaiblit tous : les négociateurs comme les résistants. Il rappelle que la résistance populaire n’est pas la seule solution mais que c’est un choix imposé par la situation. «  C’est le meilleur choix, le plus efficace mais pas le seul ». Il ne faut donc pas laisser tomber la résistance militaire, légitimée par le droit international. Les leaderships unifiés sont donc le meilleur moyen pour une résistance efficace. Khaleda Jarrar, Membre du Conseil Législatif, Font Populaire de Libération   : Reprendra les même idées en appuyant sur le fait qu’il ne faut pas qu’il y’ait une contradiction entre la stratégie officielle et populaire. Il faut qu’il y’ait qu’un seul message. Nabil Shaath, du Comité central du Fatah Reconnait aussi que la résistance populaire n’est pas le seul moyen. Il faut trouver une solution entre la résistance militaire et la négociation politique. Il conclut à son tour par l’idée générale de se débat à savoir rassembler toutes les résistances populaires. L’unification est apparue comme un problème complexe lors de ce débat. Il y’a d’importantes différences entre la Cisjordanie et Gaza au niveau des comités populaires. Il faut trouver un consensus au niveau du programme politique qui accompagne la feuille de route Egyptienne. Il faut que le gouvernement soutiennent la résistance populaire et mette fin aux arrestations politiques. Les participants se seront accordés sur le fait de faire des mouvements populaires des mouvements nationaux.

Nabil Shaath, du Comité central du Fatah.

Taayoush : lutter pour vivre ensemble A

ssociation judéo-arabe pour la paix située essentiellement entre TelAviv et Jérusalem qui signifie en français vivre ensemble. Nous partons tôt le matin en compagnie d’une dizaine d’activistes israéliens pour leur action du samedi dans la région de Yatta. Nous avons la chance d’avoir un responsable de l’association qui parle français donc, pour une fois, ça facilite les choses. L nous présente la situation de leur association (qui est composée de 9 membres contre 3 l’année dernière) qui 28

va tous les samedis sur le terrain pour essayer de faire respecter la décision de la cour suprême. Leurs activités portent à la fois sur le soutien aux luttes de la population palestinienne mais aussi, axe important de leur lutte, au soutien pour les israéliens anti-sionistes. En effet un de leur premier combat vise à aider les israéliens qui soutiennent les palestiniens car comme le soulignait L, si ces activistes disparaissaient ce serait une catastrophe pour les Palestiniens. L’association défend l’idée d’un état israélien et non juif !

La zone où avait lieu l’action n’était ouverte aux palestiniens que depuis 3 ans. C’est à force de luttes au niveau juridique que l’association avait réussi à rendre son accès aux palestiniens L nous explique que depuis 3 semaines l’armée refermait la zone. De fait tous les samedis les militants de Taayoush viennent sur le terrain pour essayer de faire respecter la décision de la cour suprême et tous les samedis ils se font arrêter… Question étrange dans


Les soldats arrivent et les militants comprennent très vite qu’ils auront du mal à discuter. L’association souhaite voir les cartes délimitant les zones militaires…3 soldats armés foncent dans les troupeaux et effraient les jeunes bergers. Les activistes essaient malgré tout de ralentir physiquement la progression des soldats. On se retrouve au sol à plusieurs reprises. Les militants interpellent les soldats en Hébreu sur l’injustice de ces actions… Comme tout les samedis les troupeaux fuient sous la menace des mitraillettes. Au final 3 arrestations pour violences sur soldat et le reste pour présence sur une zone militaire. L se fait arrêter et on discute une dernière fois avec lui qui semble calme assis au sol et qui nous dit… « vous ne le voyez peut être pas mais je suis très en colère contre mon pays». Comme tous les samedis les militants seront arrêtés…tout comme les samedis qui suivront…

Internacionau

le bus avant d’arriver… « qui veut se faire arrêter ? » ??!! Evidemment il est illégal d’être présent dans ces zones qui deviennent toujours militaires, et donc la moindre action mène à l’arrestation. On nous explique par ailleurs que les bus avancent avec des éclaireurs, ce qui explique que nous faisons des demi-tours sans cesse. Les éclaireurs donnent l’état des routes… et préviennent surtout des Check-points volants. Certains ont été créés spécialement pour l’association, on note d’ailleurs pas mal de guérites montées sur le bord des routes. On finit par se faire arrêter...la pose de pièges freine facilement les bus. L’armée pénètre dans le bus, contrôle les identités et les faciès… Bachir qui est avec nous est sommé de descendre… nous l’accompagnons. Ils ne vérifient rien juste de l’intimidation, en fait c’est toujours de l’intimidation. Les militants racontent que nous allons visiter des fouilles archéologiques… et c’est parti pour l’action. Le bus s’arrête, les activistes descendent à toute vitesse et courent à travers les collines…talonnés de près par les soldats. On découvre les troupeaux de brebis gardés par de très jeunes bergers.

Silviana

Arrestation de millitants de Taayoush.

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Entrevista

CATALONHA peu camin de l’independéncia

M

ariona Lladonosa ei diplomada en ciencias politicas (politòloga) e militanta de la CUP (Candidatura d´Unitat popular) desempuish que s´a constituït un nuclèu a la soa vila, Lleida, l´an 2006. La CUP ei ua candidatura independentista e d´esquèrra deus país catalans que despuish lo miei locau, tribalha tà bastir un país mei liure e mei juste. Comprénen que la politica locau ei lo mieijan mei cerca a la poblacion e, donc, la construccion nacionau tanben s´a de har desempuish los municipis. Au dia de uei la CUP continua lo tribalh en fasa de creishament e consolidacion com referent indiscutible de l´esquerra dins lo miei municipau. - Nos pòdes explicar l’evolucion de las consultas sus la independencia de la soa prumera convocatori a Arenys dinc´a Lleida e de quins sectors ei sortida l’iniciativa ? Mariona : Las consultas popularas neishen d´ua prumèra experiéncia que´s hè a Arenys de Munt lo passat 12 de seteme de 2009, frut justament d´ua perpausicion de la CUP d´aquera vila. Maugrat qu´a la debuta èra considerat com ua experiéncia com exentric. Totun aqueth dia s’ei realizat lo prumer pas d´un long camin cap a la libertat. La voluntat, hòrt manifestada per lo poblant, de susmontar los encastres estataus e autònomics e començar tà construir l´independència deus país catalans èra un hèit qu’anava delà deus limits municipaus e vadèva un gèste de dignitat que la demora deu país ambicionava d’imitar. Pòc a pòc se seon creat grops de personas que taus sons municipis pariavan per tirar en davant consultas deu medish tipe. Guaire ben com si lo

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estava esperant nombre de municipis se van somar tà una prumèra onda de consultas que se van portar a termini lo deceme de 2009, una dusau en heurer de 2010 e la darrèra tau mès d´abriu. La consulta d´Arenys de Munt a marcat un punt d´inflexion en hèra personas en relacion damb la capacitat d´exprimir civicament la soa voluntat suu futur de Catalonha. L´experiéncia d´Arenys de Munt s´ei espandit sus tot lo territori. Aquò s’ei vist lo dia 13 de deceme damb mei de 200 consultas convocadas pertot lo país e las nombròsas que se portavan en abriu de 2010, e de manera destacable, la de Lleida. Delà deu hèit de representar un heit anecdotic e simbolic, e mei enlà de l´obsecion mediatica tà analizar los resultats percentaus de las votacions, las consultas populars se son convertidas dejà en un expriment collectiu, politic e legitim de participacion ciutadana que taus elits politics catalans, n´ei pas estat tractada damb un desbat franc, vertader e profond damb tots los actors sociaus e economics existents. Totun, aqueras iniciativas nos mostran la bona santat demòcratica e activa de la nosta societat civil. - Acceptada per lo poblant tanben l´i donaran supòrt famós ? Mariona - Las consultas pòc a pòc son anat gaudint deu supòrt mediatic d´actors, cantaires, escrivans, jurats, politics, representants publics d´institucions e hèra de noms coneguts deu panorama nacionau catalan com Joan Laporta, president deu Barça FC, escrivans com Isabel Clara Simó, sociologs com Salvador Cardús, jurats com Josep Cruanyes o López Tena, tanben actors com Sergi López, Joel Joan, Emma Vilarasau, Carme Sansa o Toni Albà, lo cuinaire Santi Santamaria, lo cantaire Lluis Llach, la responsable d´Accion Culturau deu País Valencian au Principat, lo vice-president de la Plataforma ProSeleccions esportivas catalanas, l´abat Dalmau o l´expresident deu sindicat agricòl Unió de Pagesos, Pep Riera, enter autes. - E ariba l´idea que Lleida ne

posquia pas demorar dehòra d´aqueth procèssus? Com s´organitza e damb quina gent ? Mariona - Un grop de personas de divers collectius e organitzacions de la nosta vila, com lo Casal Independista Ocell Negre, l´Ateneu Popular de Ponent, lo Collectiu Cultural Cappont o l´Omnium Cultural deja tribalhavan per que a Lleida, com a quasi la mieitat deus municipis de Catalonha , se pode decidir lo noste futur. Atau donc, lo 2 de gener nos posavam a caminar, a nos integrar en las diferentas comissions de la Plataforma e organitzar la consulta devath de 4 claras premícias : rigòr, transparéncia, neutralitat e participacion. Per aquò nos vam organitzar en distinctas comissions : campanha-logistica, informatica, tresoreria, volontariat e communicacion ; los representants deras quaus, amassas damb los 4 portavotz, se coordonan en ua comission permanent que se troba setmanalament. Atau, damb aqueras 4 condicions, las prumèras accions que se van portar a termi van estar d´obtiéner los espais per assegurar que la consulta ariba a tots los barris de Lleida. La Casa dera Vila, pas tròp receptiva damb la consulta (brembem que la majoria deu Partit Socialista de Catalonha va votar NO en ua mocion de supòrt e sera uns deus pòcs deu Principat en har aquò), va cedar : quauques centres civics, quauques edificis de la Universitat de Lleida, la Diputacion de Lleida, l´Institut d´Estudis Ilerdencs. De tot aquò, lo mei important ei que divers collectius com lo Centre Excursionista de Lleida, la Penya deu FCBarça de la Mariola o l´Ateneu Popular van cedar los sons espais e comprometer-se a portar


tà la consulta esfòrç e volontaris. De manera simultanièa se hasien actes publics per difusir la consulta. En la presentacion de la campanha se hé un recital poetic au teatre Escorxador, damb personalitats de las letras catalanas com Jordi Pàmias, Rosa Fabregat o Josep Vallverdú. Au long de la campanha se son realizat actes de desbat damb diferents sindicats e organizacions politics de joens de la vila que n´an pas avut por de la discutida e confrontar ideas. Tanben lo desbat s´ei portat damb los partits politics excepte lo Partit Popular. Tot aquò accompanhat d´amassadas amb collectius de la vila com las casas regionaus e gran part de las associacions deus vesins de Lleida. La part logistica entau debanament de la votacion ei estat un tribalh volontari long e hèra dur.

tas ariban a 454 800 vòtes en favor de l’independéncia. Shens somar l´ampliacion aus majors de 16 ans e immigrants recensats, dinc adara an estat cridats a votar 1 963 000 catalans majors de 18 anys, lo que suposa lo 37 % de la poblacion catalana. Demoran donc, mei de 3.3 millions ciutadans per exprimir lo son dret PARIAM PER IMPULSAR UA CONSULTA INCLUSIVA a votar. Au niveu nacionau QUE PARLA DEU CONJUNT DEUS PAÌS CATALANS E quasi miei million de cataQUE MOSTRA LA SOA VOLONTAT DE COMPROMIS lans a dit la soa opinion resDAMB L´EUROPA DEUS PÒBLES E NON DE L´UNION pècte a l’independencia (au 25/4/10, adara apres de naveEUROPEU QU´EI LA DEU CAPITAL. ras consultas aquera chifra - Avetz jà podut har unas valoracions de ariba a quasi 1 million). Aqueths numeros la consulta per Lleida com tau conjunt superan los 416.355 vòtes d´ERC a la darde Catalonha ? rera eleccions deu parlament, los 316.222 Mariona - Au niveu de Lleida avem obtie- deu PP, los 282.693 deus verds. nut guaire ben 10 000 vòtes que valorem Lo creishament de l´independentisme au com un escaduda, avent en compte que Principat ne s´arresta pas e apres las darrelo vòte propi deus partits independentis- ras consultas, lo tribalh continua, los resultas de las anterioras eleccions municipaus tats son evidents e positius, lo desbat per n´aribavan pas a 4000. La Plataforma Lleida las carrèras de manera actiu e vertadèra. Decida a realizat ua valoracion hòrt positiva deu desvolopament de la jornada elec- S´esperan mei consultas en lo país ? torau de la Consulta Popular sus l’Indepen- Mariona - Lo tribalh contunha e en l’esdéncia celebrada a Lleida, un còp barrat los tiu qu’ei previst una navera tempsada de 23 collegis electoraus, damb un compte consultas. Las chifras se podran ampliar provisori de 9368 vòtes, que representa lo damb vilas de major amplitudes com Cor8.21 % de la poblacion convocada. nellà, Sabadell, Sitges, Cerdanyola del ValCau felicitar los 250 volontaris qui an ren- lès, Sant Boi de Llobregat... Lo miei million dut possible ua experiència inedita a Llei- de ciutadans de Barcelona podrà exprimir da, que s´ei debanada en grana normalitat dilhèu en 2011. democratica. La consulta dejà èra una escaduda perm´or que sonque arribar a des- Lo resultat important de las consulvolopar-la complia lo principau objectiu. tas a tot lo territori permeteré d’anar mei luenh ? Tanben ei important aver en compte lo Mariona - La participacion d´aqueras perfil sociològic deus votants que mostran consultas vad ua faiçon de democratizar e que l´independentisme vad ua volontat balha de pes a la voluntat de la perpausitransgeneracionau mei hòrta que jamei au cion. Permet habilitar un espai on se pòt país. E fin finau, avem shens lo sostien mu- participar ubertament, a partir deu 16 nicipau podut amassar 10 000 personas. ans, totas aqueras personas que viven en Un prumèr pas d´un processus qui comen- lo municipi corresponent on s´impulsa la ça e qu´a besonh de la persisténcia de tot consulta. lo pòble catalan dinc´a l’independencia de Qu’assistim aquiu a ua mena de revoluCatalonha. cion, maugrat la valor consultativa o asLa coordinadora nacionau a quantificat en sessoradora de las consultas, aqueras per 92.16 % los vòtes afirmatius registrats en prumer còp, permeten un compromés abriu. Si se generaliza aqueth percentatge de la societat civila que rénden mei hòrau conjunt d´un 500 000 vòtes, las consul- tas las capacitats de preséncia activa deu

conjunt de la societat per aqueras decisions que nos afectan a tots. Per’mor que si un deus nostres objectius ei de vincular las personas nau vingudas tau heit nacionau catalan, cau tribalhar tà que l’imigracion posquia tanben formar part d´aqueras experiéncias. Desempuish la CUP avem ua participacion critica a las consultas. Comprenem que, maugrat tot, las consultas populars implican ua representativitat sociau melhorada, promocionan la participacion e lo compromés actiu deus ciutadans. Las consultas an un impacte vertadèr en l´agènda politic deu país e pausan lo desbat de l’independéncia sus la taula. Balhan legitimitat a un projecte nacionau ahortit qui despuish annadas e’s reivendica e e’s basteish, frut d´un passat istoric que cau brembar. Fomentan lo capitau sociau de la societat catalana. Rénden possible la recèrca de l’informacion sus lo desbat nacionau aus municipis catalans e en definitiva son la pròva d’ua democracia mei importanta. Un còp acabadas las consultas evidament lo noste objectiu ei segur la convocatori d´un referèndum que nos permeterà d’accedir librament a l’independéncia. Desempuish la CUP cresem que la via estatutària ei morta e n´ei pas lo tribunau constitucionau espanhòu qui pòt decidir deus ahars deu nostre país. La CUP a tostemps hèit la jòga d’un projècte independentista shens hombatges e aqueste ei lo tribalh que portem despuish annadas e continuam deu desvelopar damb determinacion. Ei a díser que cresem en lo hèit qu’èm davant d´ua prumèra oportunitat e d´ua horcada istoric en la quau se troba lo país e, de segur, servirà per deishar definitivament l´autonomisme e enterrar-lo com lo cadavre politic qu´ei vadut.

Fòtos : lleidadecideix.cat

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INTERNACIONAU

MOBILISation historique a barcelone U

n million et demi de citoyens ont rempli le 10 juillet dernier les rues de Barcelone. La manifestation convoquée pour protester contre la sentence du Tribunal Constitutionnel espagnol sur le statut d’autonomie de Catalogne s’est transformée en revendication populaire en faveur de l’indépendance des Pays Catalans. Cette manifestation coordonnée par Òmnium Cultural était soutenue par 1.700 associations civiques et tous les partis catalans exceptés le Partido Popular (droite espagnoliste) et Ciutadans (extrême droite espagnoliste). A la tête de cette manifestation on retrouvait les ex-présidents de la Generalitat et du Parlement, mais la grande affluence du monde de tous les côtés a empêché le départ du cortège officiel et le rassemblement est devenu entièrement citoyen sous le cri unitaire de l’indépendance. C’est la manifestation la plus grande de l’histoire

de Barcelone et elle représente un tournant historique pour l’indépendantisme catalan. Un million et demi de voix qui s’opposent au pouvoir du gouvernement espagnol ! L’annulation des articles les plus importants du statut autonomiste, sur l’existence de la nation catalane, remet aussi en cause les droits linguistiques de l’occitan, langue officielle en Catalogne par la volonté des aranais et a empêché que le Parlement catalan aprouve la loi de l’aranais. Délégations d’occitans participaient d’ailleurs à cette mobilisation historique. D’autres rassemblements de soutien ont été organisés à Donostia/Saint Sebastien, Buenos Aires, Berlin, Bruxelles, Londres, Dublin, Montréal, Washington, New York, Paris, Quito e Tolosa, entre autres.

Manifestation pour l’indépendance, 10 juillet 2010 à Barcelone.

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COLONNA : à quand la fin de l’acharnement ?

À

l’heure où nous écrivons ces lignes, le verdict du procès des soutiens présumés à Yvan Colonna ( Patrizia Gattaceca, André Colonna d’Istria, Marc Siméoni, Fréderic Paoli et Claude Serreri) est tombé . Les condamnations vont de 8 mois à 5 ans de prison avec sursis, et jusqu’a 5 ans de privations de droits civiques pour 3 d’entre eux . Yvan Colonna, déjà condamné à perpétuité dans un procès falacieux jugé d’avance et critiqué par de nombreuses associations de défense des droits de l’Homme dont la LDH, la justice française s’attaque maintenant aux soutiens du militant corse. L’hospitalité et l’entre-aide en Corse sont des valeurs, on le sait, très importantes dans la culture corse. Ces hommes et femmes n’ont agit que par solidarité. Pourtant, la justice française a décidé de les cataloguer, «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste» pour certains, «recel de malfaiteur» pour les autres. «Cette association de malfaiteurs, je ne la comprends pas car mon geste a été un geste tout à fait

naturel et spontané. Il n’a en aucun cas été question pour moi de faire allégeance à un quelconque organisation ou à un quelconque réseau supposé», déclarait Patrizia Gattaceca.

Car non, en Corse l’hospitalité n’est pas un crime et ce devrait être le cas partout ailleurs ! L’hospitalité est un geste normal, qu’on enseigne à tous les gens vivant sur l’île. Donner un toit, à manger et à boire à une personne qui en a besoin n’est peut-être pas compréhensible pour la justice française, mais ça l’est pour les corses. Une fois de plus, l’Etat français réprime, comme il a toujours fait depuis des décenies, en faisant croire que le «problème» corse sera ainsi résolu. Les droits à l’autodétermination et à l’hospitalité ne peuvent être niés par l’Etat français. Ce n’est pas par la répression incessante depuis des années envers la Corse et son combat que le conflit se terminera, mais bien par le respect du droit du peuple corse à décider de son avenir. Un troisième procès s’ouvrira bientôt pour Yvan Colonna, en espérant qu’il sera cette fois-ci

équitable et que les juges daigneront donner au militant corse le droit de se défendre comme tout citoyen lambda. Nous espérons tous un dénouement heureux pour Yvan Colonna que nous croyons tous innocent de ce qu’on l’accuse. La justice française se doit de revenir sur ses condamnations honteuses ne visant pas ici uniquement des militants luttant pour la libération nationale, mais le peuple corse dans son ensemble.

LIBERTAT ! PROTAGONISTA DES JORNADES OCCITANES DERA UNIVERSITAT AUTONÒMA DE BARCELONA Cada an, er Archiu Occitan dera Universitat Autonòma de Barcelona (UAB) organize ues Jornades Occitanes. Enguan, a causa deth debat politic e sociau qu’a generat era tramitacion parlamentària dera lei der aranés, que regule era oficialitat dera lengua occitana en tot eth territòri administrat pera Generalitat de Catalonha, es jornades an volut destacar era reivindicacion occitana e er estatut legau der occitan. Es jornades an començat damb era inauguracion d’ua exposicion dedicada integralaments a Libertat!, coma representant dera reivindicacion revolucionària occitana, que ja hec era sua presentacion ena madeisha universitat eth dia 25 de hereuèr de 2010. Era exposicion s’a inaugurat damb era conferéncia “Era reivindicacion occitana en Occitània e Catalonha” a cargue de Ferriòl Macip. Era exposicion, bastida per Maulets e er Archiu Occitan, se tròbe en lòc mès concorrut deth campus: ena pòrta dera bibliotèca, e se poderà visitar pendent tot eth mes de junh. Ath delà, enguan s’a metut en foncionament ua pagina oèb* que serà tostemp consultabla. Er Archiu Occitan dera UAB amie a tèrme era matèria de Catalonha e Occitània, se tracte d’un estudi d’umanitats a on es universitaris aprenen era situacion actuau d’Occitània tant a nivèu culturau

coma politic e sociau. *http://www.bib.uab.es/human/exposicions/occita2010/presentacio.html

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Internacionau

PLATEFORME DES SYNDICATS DES NATiONS SANS ETAT

Dissabte 1er de mai a Hazparne, Libertat qu’èra convidat a l’aniversari deus 10 ans deu sindicat basco LAB en País Basco nòrd. LAB qu’ei lo dusau sindicat en la Comunitat autonòma basca en l’Estat espanhòu. En l’Estat francés que compta, après 10 ans d’existéncia, a l’entorn de 500 sòcis e 4 jutges prud’omaus qu’estón elegits en 2008 dab lo sostien d’un collectiu de tribalhadors occitans deu Bearn. Aqueste anniversari qu’estó tanben lo parat de presentar la Platafòrma deus sindicats de las nacions shens Estat (www. psne.com) qui amassa sindicats còrse, sarde, catalan, galego, breton, martiniqués, guadalopenc, guaianés, de la Val d’aòsta, de las Canarias, de Canaquia e segur de Bascoat. Ua jornada d’escambis qui amuishè, s’ac cau enqüèra har, l’importància deus sindicats hens los procès d’emancipacion deus pòbles shens Estat e qui ahorteish enqüèra la noste hami de bastir en Occitània un sindicat de luta de classa qui non solament arreconeish la nosta realitat culturau e la nosta dominacion, mes participa tanben a la construccion deu projècte politic occitan e progressista. Atau contactes qu’estón prés dab militants sindicaus canacs, còrses, bretons, guadalopencs e bascos, tots presents a Hazparne en mai passat.

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J

ean Luc Morucci est porte-parole du syndicat des travailleurs corses et de la Plateforme. Nous l’avons rencontré à Hazparne et nous lui avons posé quelques questions. L’espace que s’est choisi la plateforme, est-elle celle des nations sans Etat qui sont dominées par les Etats européens, ou pourrait-elle s’élargir ?

On s’aperçoit que la réponse à cette question est diversifiée. Pour certains peuples, il est évident que le passage obligé est de passer par un Etat. Par exemple, je pense, pour le peuple Basque, pour conquérir son unité, sa réunification et pour conquérir sa souveraineté, dans le cadre actuel de son combat historique, c’est l’indépendance, et donc, c’est la construction d’un Etat. Pour nous, il est évident que c’est à eux qu’appartient la réponse. Cependant pour d’autres peuples, par exemple les peuples que l’on va rencontrer en Amérique du Sud, ou le peuple Kurde par exemple que l’on va retrouver sur quatre Etats, que vont-ils avoir comme revendications ? Ce n’est pas forcément d’avoir un Etat. Il se peut que le peuple Kurde dise « oui, nous voulons notre réunification, comme le peuple basque », mais en Amérique du Sud ce n’est pas aussi évident. Donc apparaît la notion de, par exemple, un Etat multi-national, à l’opposé de l’Etat Nation tel qu’on l’a connu en Europe. Là se pose la question de ce que l’on veut construire. Si nous voulons construire un Etat,

Non seulement cela pourrait mais elle va s’élargir, car à partir du moment où nous nous sommes engagés dans cette voie, nous avons déjà rencontré au niveau international, des peuples, des classes sociales appartenant à ces peuples qui ont des problèmes, je dirais équivalents. En particulier, nous avons fait une expérience extrêmement intéressante lors du dernier forum social mondial de Belem. Nous avons été invités à participer à ce que l’on a appelé la « tente des trois collectifs des peuples », qui a été organisée par des organisations européennes qui collaboraient déjà entre eux sur ce thème-là, par exemple le Ciemen de Catalogne qui est une fondation qui a de multiples contacts avec des partis poliPage de droite : les délégations bretonnes, corses, tiques, des syndicats, des kanak et gadeloupéennes le 1er mai à Hasparne. associations culturelles, des universités, etc, et En bas : Jean Luc Morucci à la tribune. qui, par la rencontre qu’ils ont faite avec les peuples d’Amérique du Sud, ont organisé la « tente des droits collectifs ». A partir de là, nous avons eu des contacts avec un certain nombre de peuples qui, pour la plupart, n’ont pas encore de syndicats spécifiques, mais qui posent la problématique - ce qui est d’ailleurs très intéressant pour nous faire poser la question à nous-même de « qu’est-ce un peuple sans Etat ». Est-ce que ça voudrait dire, comme on aurait pu le penser au départ, «  si nous sommes sans Etat, il nous faut à tout prix un Etat…  ?  ».


est-ce que ça va être un Etat qui va cloner l’Etat français, espagnol, italien… Pour le moment, nous n’avons pas de réponse, nous avons des questions qui font que l’on réfléchit à chaque instant à ce que l’on peut apporter comme perspectives de combat, et pour les peuples, et pour les travailleurs. Cette dimension internationale donc, que nous abordons prudemment, car ce n’est pas la peine d’avancer très vite pour on ne sait trop quoi, nous devons avancer chacun à notre rythme. La première étape qui nous semble importante, c’est de consolider la plateforme, tout en sachant que certains syndicats de la plateforme appartiennent déjà à une fédération, comme la Fédération Syndicale Mondiale, qui est la vieille fédération qui regroupait les syndicats de l’Union Soviétique et de certains pays d’Europe de l’Est, mais également d’Amérique du Sud, bref, des syndicats disons sous influence des partis communistes classiques et qui essayent de maintenir cette vision internationaliste telle qu’elle s’était développée à l’époque. Nous, nous n’avons pas de tels syndicats. Certains appartiennent à cette fédération car ils y trouvent des syndicats de poids qui leur permettent de mieux affronter la répression d’Etat, comme par exemple ceux imposés à LAB par l’Etat espagnol. Pour le moment, c’est une fédération avec laquelle nous avons établi des contacts, nous allons voir comme cela va évoluer… Ce qui nous motive le plus, c’est la plateforme des Nations sans Etats sur le terrain de la lutte sociale, c’est à dire sur le terrain syndical. Nous intéresse également cette voie qui serait celle de la « lutte de libération nationale », celle que l’on rencontre avec ce réseau mondial qui vient de se mettre en place, réseau mondial des droits collectifs. Cela nous apporte une dimension extrêmement intéressante dans la mesure où, comme Sienen par exemple, étant une fondation qui est soutenue par le gouvernement de la Generalitat de Catalogne, a le moyen de poser le problème au niveau des plus grandes instances internatio-

nales et d’interroger par exemple, une institution comme l’ONU. C’est quoi l’ONU ? Si l’on prend la déclaration de la Constitution de l’ONU, ça commence par «  Nous, Peuples  du monde  » et si l’on regarde la composition de l’ONU, ce sont des Etats reconnus qui posent un certain nombre de points qui semblent être acquis, comme par exemple « la démocratie » ! Par exemple «  nous peuples  », cela veut dire que nous sommes souverains, mais tous les peuples sont-ils égaux en souveraineté ? On s’aperçoit que non. Il importe donc devant des institutions de ce style-là, qu’existent, je ne dirai pas de « champs de bataille  », mais je dirai des champs d’interventions, des champs d’interrogations, qui donnent une dimension à notre activité qui nous permet de voir le problème dans la totalité de sa complexité, qui nous permet de mieux comprendre un certain nombre de choses, tout en restant au niveau de notre activité syndicale quotidienne des bases, avec un rapprochement entre des problèmes qui peuvent paraître appartenir du domaine politique et qui donc nous échappent, et des problèmes quotidiens qui sont nos problèmes de tous les jours, en tant que syndicat. On s’aperçoit que l’on peut mettre ces deux niveaux en corrélation dans cette optique qui est toujours présente dans notre activité, dans ce que nous revendiquons que nous sommes, pour permettre à nos peuples de faire un choix de société et de répondre à partir de leurs problèmes quotidiens, dans quelle société voulons-nous vivre ? Si nous voulons que tous les problèmes de travailleurs soient réglés, on s’aperçoit qu’il faut reconstruire la société sur de nouvelles bases, au niveau économique, au niveau politique, au niveau institutionnel, au niveau culturel, et tout se réunifie dans notre conception de voir les choses… C’est une certaine remise à l’ordre du jour de ce que l’on a appelé l’ « internationalisme » ?

histoire. Nous savons que l’internationalisme a vécu, comme les peuples, comme les classes ouvrières, comme les organisations ouvrières, des périodes extrêmement difficiles, des remises en cause difficiles, des trahisons, etc., mais je ne vois pas pourquoi, y compris dans le domaine social, dans les domaines institutionnels, dans le domaine économiques, les peuples, les classes ouvrières, n’auraient pas le droit à l’expérimentation. Elles ont essayé de changer ce monde, des conquêtes ont été faites dans ce mouvement, on a connu des échecs, des fautes énormes ont été commises, mais pour nous, ce n’est pas ça qui va remettre en cause le fond de notre action. Pour nous l’internationalisme, cela veut dire que nous savons et c’est un acquis, que les problèmes qui se posent, se posent au niveau mondial. C’est le capitalisme, son internationalisme, il vient de la nature mondiale du capital. Ce que l’on appelle maintenant la « mondialisation  » nous en donne des exemples tous les jours. Peut-être faut-il refonder le nationalisme lui aussi, lui redonner des contenus nouveaux, tout en sachant qu’on ne réinvente pas à chaque fois le fil à couper le beurre, mais que l’on va retrouver les formes classiques de solidarité, d’action, etc. Ce qui me semble nouveau par rapport à l’époque, c’est qu’on essaye pas de chercher un modèle de société, qu’on appellerait le « socialisme » qui serait élevé au niveau d’une icône quelque part et qu’on va appliquer partout. Je pense que nous avons abandonné cette idée, et finalement on en revient à la vieille formule de Marx «  l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs euxmêmes  » et l’émancipation des peuples sera l’œuvre des Peuples eux-mêmes ! Et donc à chacun de trouver et son rythme et ses formes, tout en avançant les uns et les autres vers une convergence qui, à terme, fera qu’ondes sociétés un peu équitables, un plus égalitaire, un peu plus pacifiques, etc…

Tout à fait ! Nous nous revendiquons de l’internationalisme, et y compris de son 35


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2010 - n°1

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LIBERTAT la Revista // edicion n°1 * // bimestriel. Fronton deu Hedas, 2 còsta de la Hont/ 2 rue de la Fontaine, 64000 PAU ISSN : en cours d’attribution. Depaus legau/Dépot légal : julhet/juillet 2010. Comission paritària/ Commission paritaire : en cours. Director de publicacion/ Directeur de publication : Jacques Morio Imprimit/Imprimé : ARTEDER S..L. Gabiria Karrika 2, LJ. 20305 IRUN (Guipuzkoa, EH). Redaccion : Libertat Bearn, Gasconha Nòrd, Lengadòc, Provènça, Val d’Aran Maqueta : Comission Jornau de Libertat Contact : libertat.jornau@gmail.com / Tel. : 05 59 98 04 90 *Ce numéro comporte 1 feuillet supplémentaire

LIBERTAT LA REVISTA n°1  

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