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tribune L E J O U R N A L D U P L R VA U D O I S ORGANE

ISSU

DU

MARIAGE

DE

sommaire Edito et Mibé Message du président Les députés en action Point fort La chronique d’Uli Windisch Question de valeur Opinion – Strabisme politique La chronique de Pascal Décaillet Dans le monde Frivolités essentielles – On met le feu

2 3 9 11 12 12 13 14 15 16

LA

| NO 9 |

NOUVELLE

REVUE

JAB 1005 Lausanne Place de la Riponne 1 – 1005 Lausanne Annoncer les rectifications d’adresse

M E R C R E D I 3 0 O C T O B R E 2 013 RADICALE

ET

DU

FORUM

LIBÉRAL

la formation, un défi de plus

à la conquête des nouveaux métiers

initiative 1 :12 L’Etat doit-il intervenir dans tout ? Sûrement pas Page 4

initiative famille Déduire des frais que l’on n’a pas... du jamais vu... Page 5

dossier spécial

40 000 postes verts pourraient être créés d’ici 2015 en suisse.

Pages 6 et 7

Quel avenir pour la formation ? Sûr qu’il faudra s’adapter, oser et ne pas craindre les changements car transition il y a. La technologie de pointe et les services à la personne prendront irrémédiablement leur essor. Quelques pistes dans notre dossier spécial. l’europe en porte-à-faux fiscal

Pages 6 et 7

Page 8 Administration : Tribune, place de la Riponne 1, 1005 Lausanne, T : 021 323 72 78, F : 021 320 60 86, E : tribune@plr-vd.ch Editeur : PLR.VD. Rédaction : Fabienne Guignard, rédactrice en chef, E : tribune@plr-vd.ch Publicité : Régipub SA, T : 021 317 51 92, E : contact@regipubsa.ch BCV c.c.p : 10-725-4 / IBAN : CH42 0076 7000 Z525 3578 7 Layout : PLR Vaud


édito

vive le tout digital... par Fabienne Guignard, rédactrice en chef

Le monde européen est en émoi à la découverte de l’étendue des grandes oreilles américaines. On savait depuis longtemps les ambassades des haut lieux de l’espionnite mondiale mais l’ampleur de l’action laisse tout de même sans voix. Ne soyons pas naïfs, les communications des grands de ce monde sont depuis longtemps cryptées. L’espionnage dont il est question aujourd’hui est avant tout d’ordre économique même si les motifs officiels sont pour les Américains d’ordre sécuritaire. Le 11 septembre a manifestement bon dos : Patritot act, non respect généralisé de la sphère privée. Des valeurs qui pour la vieille Europe sont d’importance. Ne le seraient-elles que pour elle ? Le PLR ne vient-il pas d’ailleurs de lancer une initiative sur le sujet ? Les Américains auraient-ils déjà pénétré les systèmes informatiques des banques suisses ? Sont-ils en train d’essayer, mieux d’y parvenir ? Cette intelligence économique nécessite de très gros moyens. En hommes, en argent et en technologie de très haut niveau. Raison pour laquelle former la nouvelle génération aux nouvelles technologies, former de futurs savants et utilisateurs du numérique, sous toutes ses formes, est un défi majeur. A quand en Europe un nouveau Steve Job, un Mark Zucckerberg, un Bill Gates ? L’industrie des jeux vidéos est actuellement un marché plus important que celui du cinéma et de la musique. La France est d’ailleurs un leader mondial en la matière. Elle doit le rester. Le dossier de TRIBUNe est aujourd’hui consacré aux métiers du futur. Le digital, comme l’environnement et les services à la personne seront au centre de la formation professionnelle des dix ou vingt prochaines années. Mais le secteur de l’éducation est souvent bien en retard sur la réalité du marché et manque de vision. Les liens entre les écoles, Universités, Hautes Ecoles spécialisées et entreprises doivent être des plus serrés pour répondre au besoin de l’économie, donc à la prospérité de notre pays qui est aussi la nôtre. 2 | tribune | No 9

recommandations de vote du 24 novembre 2013 votations fédérales NON

Recommandations JLRV

Initiative « 1:12 – pour des salaires équitables »

NON

NON

Initiative pour les familles (déductions fiscales pour les parents qui gardent leurs enfants)

OU I

Loi sur la vignette autoroutière

NON OU I


message du président

une énergie positive pour l’aménagement du territoire par Frédéric Borloz, président du PLR Vaud, député

La nouvelle répartition des départements, comme celle survenue il y a plus d’un mois, a suscité son lot de déçus et de ravis. L’éternelle question du verre à moitié vide et à moitié plein. J’ai choisi, pour ma part, le second camp. Voilà un certain temps que la population ne comprenait plus la logique qui prévalait

« je tiens à saluer ici notre conseillère d’état qui a choisi de privilégier l’intérêt de l’ensemble des vaudois à la facilité du statu quo.» dans la répartition des services entre certains départements vaudois. En ligne de mire, les services de l’aménagement du territoire, de l’énergie et de l’environnement qui étaient séparés, tout comme ceux du pénitentiaire, du judiciaire et de la sécurité. C’est désormais du passé. Grâce au courage de Jacqueline de Quattro, une importante réorganisation des départements a pu voir le jour. Cela renforcera, à n’en pas douter, l’action du Conseil d’Etat. Je tiens à saluer ici notre Conseillère d’Etat qui a choisi de privilégier l’intérêt de l’ensemble des Vaudois à la facilité du statu quo. Elle a choisi de laisser toutes les clefs de la sécurité dans les mains de Mme Métraux, qui n’a désormais plus d’excuses pour prendre ses responsabilités et répondre aux attentes légitimes des citoyens, plutôt que d’opter pour des blocages stériles. Ce changement n’est certes pas anodin pour notre ministre qui jouit d’un fort crédit au niveau national sur le sujet de la sécurité. Il ne l’est pas non plus pour le canton et notre parti. Soulignons que Mme de Quattro a choisi de céder un service en bonne santé, ce qui n’est pas forcément le cas du SDT, dont elle reprend les rênes. Son bilan au sein de la police est en effet excellent et les jalons pour les prochaines années ont été posés. Notre parti sera désormais d’autant plus attentif lorsqu’il s’agira de sécurité.

Jacqueline de Quattro bientôt à la tête du nouveau département de l’environnement, de l’énergie et de l’aménagement du territoire.

lution des comportements de ses habitants. Les défis sont nombreux. Le défi est d’autant plus grand pour Jacqueline de Quattro, tout comme il l’était au moment où elle a repris la Police. A ceux qui imaginent la tâche insurmontable, je rappelle que l’on n’imaginait pas la police coordonnée, paralysée depuis une dizaine d’années, trouver une issue. Jacqueline de Quattro n’est-elle pas parvenue à modifier la loi et à convaincre la population ? Forte de son expérience, elle saura apporter les réponses que l’on est en droit d’attendre du SDT. Ce service est d’autant plus stratégique qu’il est transversal dans ses implications. Il touche aussi bien les constructions et le logement que le développement et l’économie, ou l’énergie et les transports... C’est toute l’organisation du canton qui dépend de sa bonne gestion. Dans ce contexte, ce service doit aujourd’hui tâcher d’apporter plus de réponses claires, de raccourcir les procédures et de faciliter le travail des administrations ou des particuliers. Autant de dysfonctionnements mis en évidence par la Cour des comptes dans son audit de fin 2012. Le canton doit pouvoir poursuivre son développement de manière intelligente et Jacqueline de Quattro saura mener adroitement le partenariat avec les communes. Je me réjouis de soutenir la politique de Mme de Quattro et lui souhaite plein succès dans ses nouvelles fonctions.

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« c’est toute l’organisation du canton qui dépend de la bonne gestion du sdt. » Lex Weber, LAT, Lavaux III : après les nombreuses votations liées à l’aménagement du territoire, et celles à venir, les Vaudois ainsi que les communes ont énormément d’attentes dans ce domaine. Le sujet est (le plus) central pour le développement réfléchi de nos régions. Aujourd’hui, le SDT accumule un certain retard dans une politique territoriale adaptée à l’évo-

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votations fédérales initiative 1:12

l’état doit-il intervenir dans tout ? sûrement pas

par Maxime Wuersch, membre du comité des JLRV

Quel est le juste salaire? Quelle différence de revenu est acceptable? 1:5? 1:125? Ce sont des questions que l’on peut logiquement et légitimement se poser face à l’initiative «Pour des salaires équitables» des Jeunesses socialistes. Initiative bien mal nommée de mon point de vue. publicité

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«il ne vous viendrait pas à l’idée de demander à l’état de réguler le salaire de votre voisin... » En apposant et en imposant un ratio arbitraire de 1:12 à l’ensemble des entreprises actives sur le territoire helvétique, les camarades PS partent du principe qu’eux seuls connaissent le «juste salaire», ou plutôt le «juste écart de salaire». Or, dans une société libre et une économie libérale, il appartient uniquement à l’employé et à l’employeur, tous deux citoyens libres et responsables, de négocier et déterminer cette «juste rémunération». Il ne vous viendrait pas à l’idée de demander à l’Etat de réguler le salaire de votre voisin sous seul prétexte que ce dernier gagne un salaire que vous trouvez subjectivement trop élevé, voire indécent. Ce qui est valable à l’échelle de l’individu l’est aussi au niveau de la société. La campagne actuellement en cours contre l’initiative 1:12 s’articule autour

de l’interventionnisme excessif de l’Etat et des pertes fiscales qui découleraient de l’acceptation. En ce qui concerne les conséquences fiscales négatives, il manque un point important: que représentent ces pertes en termes de prestations publiques? Pour répondre à cette question, les Jeunes libéraux-radicaux romands lancent leur campagne contre ce diktat salarial en énonçant les conséquences concrètes d’une acceptation. Ainsi, pour les cantons disposant d’une

«le canton de vaud pourrait perdre 210 millions par année, soit l’équivalent de 2648 policiers. » estimation des pertes fiscales induites par l’initiative 1:12, les Jeunes libéraux-radicaux romands accompagneront les chiffres par des exemples illustrant la réduction des prestations publiques. Par exemple, le canton de Vaud pourrait perdre CHF 210 millions

par année, soit l’équivalent de 2648 policiers, 5116 familles bénéficiaires de l’aide sociale ou plus de la moitié des écoles professionnelles et gymnases vaudois. Est-ce donc là la vision d’une société juste et sociale voulue par la gauche ?

« le combat politique opposant riches et pauvres n’a jamais conduit une société à la prospérité. » Le combat politique opposant « riches » et « pauvres » n’a jamais conduit une société à la prospérité. De même, la cohésion sociale n’a jamais pu être établie par décret gouvernemental. Toute société est faite d’équilibres : ceux-ci doivent être déterminés par les individus eux-mêmes, entre eux. Pour préserver une Suisse et un canton de Vaud prospères, il convient de voter NON à l’initiative 1:12 et renvoyer aux oubliettes une idéologie dangereusement poussiéreuse.


votations fédérales initiative famille

déduire des frais que l’on n’a pas... du jamais vu...

par Christelle Luisier-Brodard, députée, syndique de Payerne

Si j’en crois les tout derniers sondages, il serait cause perdue que de s’opposer à l’initiative UDC sur les déductions fiscales pour les familles gardant leur enfant à hauteur des déductions accordées pour les frais de garde externes. A en croire les chiffres, l’initiative serait à elle seule une solution miracle au soutien de la famille. Si au moins c’était le cas. Certes, cette initiative soulève des points à ne pas négliger et il serait faux de croire qu’elle n’est que populiste, même si elle l’est aussi. Elle montre une fois de plus que concilier vie professionnelle et vie privée n’est pas si simple. Pire, qu’avoir une famille pose d’innombrables problèmes, logistiques, financiers, notamment. Mais au fait de quel modèle familial s’agit-il de défendre? Des parents qui travaillent et des grands-parents qui s’occupent des enfants? Une maman à la maison et un papa au bureau? Un des parents ou les deux travaillant à temps partiel pour éduquer leur descendance en garde alternée? Avec ou

sans recours aux structures d’accueil (crèches, mamans de jour, jeune fille au pair, etc.)? Sans parler des familles mono parentales. Loin de moi l’intention de dire que tel ou tel modèle est le meilleur. A chacun sa vie, ses choix. Liberté, voilà bien le credo PLR. C’est aussi le mien!

«si je dis non à cette initiative, c’est bien parce que sur le fond, la solution proposée est inéquitable. » En assistant aux débats sur l’initiative, j’ai l’impression que l’on veut jouer un type de famille traditionnel, dont un des parents reste à la maison, contre un mode de famille où les deux parents travaillent. Et que les initiants seraient les tenants du modèle classique de la femme au foyer, alors que les partisans du non seraient réfractaires à ce modèle et voudraient que tous les pères et mères travaillent à 100 %. Or en entrant de cette manière dans le débat, on biaise la discussion et on risque de dire

oui ou non à l’initiative pour de mauvaises raisons. Pour rappel, l’initiative demande que les parents gardant leurs enfants à la maison bénéficient d’une déduction fiscale au moins égale à celle accordée aux parents confiant la garde de leurs enfants à des tiers. Or si je dis non à cette initiative, ce n’est pas pour prôner la défense d’un modèle familial ou d’un autre, ce serait prendre le problème par le mauvais bout, mais bien parce que sur le fond, la solution proposée est inéquitable. Ce que le PLR refuse, c’est de créer des inégalités en rompant le principe du droit fiscal. Pourquoi devrait-on accepter de déduire de ses impôts des frais qui n’existent pas, seulement basés sur un revenu fictif? En réfléchissant par l’absurde, et cette initiative nous y incite, pourquoi ne pas proposer une déduction pour les célibataires sans enfants qui, par la force des choses, n’engendrent pour la collectivité aucun frais de garde ni de formation? Ou irions-nous? Cette initiative ouvre bien trop de portes sans issue… Enfin, dernier point sur lequel initiants

et opposants s’affrontent: la perte fiscale pour l’Etat évaluée à 1,4 milliard, Confédération et cantons confondus. L’UDC rejette d’un revers de main cet inconvénient de taille. Nous pas. Ce manque à gagner, ce sont soit des prestations qui seront diminuées, soit des impôts supplémentaires pour les autres. Et les autres, c’est qui? L’ensemble des citoyens. Un détail… Pas pour nous. publicité

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dossier nouveaux métiers

« tu vas faire quoi plus tard? » bon créneau: créateur de jeux vidéos par Fabienne Guignard, rédactrice en chef

Point n’est besoin d’être sorcier pour réaliser que les métiers de demain seront bien différents de ceux d’aujourd’hui. Selon une récente étude du département d’Etat américain du travail « 65 % des écoliers d’aujourd’hui pratiqueront, une fois diplômés, des métiers qui n’ont pas encore été inventés». Cette prévision n’est pas seulement valable qu’aux Etats-Unis. Ces métiers d’avenir, parce qu’ils répondent à un besoin de l’économie et surtout à une évolution technologique de grande envergure, accompagnent une société en mutation, dans tous les domaines. Depuis quelques mois, dans Tribune, nous abordons (et ce n’est pas un hasard) des thèmes sociétaux touchant à la préparation de l’avenir: innovation, énergie, vieillissement de la population, fiscalité, etc. La formation, le monde du travail font partie intégrante de cette évolution contre laquelle il ne sert à rien de s’opposer. Il faut au contraire la mettre en musique intelligemment. Ne pas craindre le changement. Si en prenant de l’âge, beaucoup d’entre nous sont tentés de dire de plus en plus souvent « c’était mieux avant, le monde devient fou», c’est peut-être parce que nous voyons avec plus de

Les jobs verts auront la cote.

Le monde virtuel sera inévitable.

clarté un changement que les jeunes vivent au quotidien sans comparaison. Oui, changement il y a. Oui, la notion du temps a changé avec l’arrivée du numérique... A chacun de savoir maintenant la gérer pour en faire un gain et non une dépendance. Pour la prospérité du plus grand nombre. Mais cela se fera quand toutes ces technologies seront mieux intégrées et surtout depuis plus longtemps. Bref il faut du recul... Les temps modernes de Charly Chaplin sont en ce sens d’une brulante actua-

lité. Les jeunes employés, devant un écran, écouteurs téléphoniques toute la journée fixés sur les oreilles, minutés, ont ainsi remplacés les ouvriers d’usine, eux-mêmes remplacés depuis longtemps par des machines.

Protection est sécurité : une autre priorité. 6 | tribune | No 9

MAIS LES MÉTIERS NOUVEAUX ONT TOUJOURS EXISTÉ A chaque révolution technologique en fait. Et la nôtre est de taille. Les installateurs d’ascenseurs, conducteurs de locomotives, chauffeurs de bus, créatifs

des agences de pub, graphistes, sténodactylos, pilotes de lignes, hôtesses de l’air ou cosmonautes ont tous été des nouveaux métiers. Enviés, bien payés. Qui se souvient des allumeurs de réverbères, des bateliers, des cireurs de chaussures, des crieurs de journaux, des drapiers de soie? Ils ne sont plus. Mais il y a toujours de la lumière dans nos rues, des bateaux, avions ou trains, des journaux, des habits. Ces métiers se sont transformés, adaptés à une nouvelle donne. Certains ont totalement disparus, se sont totalement modernisés, après avoir été ringardisés, annonçant une renaissance spectaculaire: les barbiers sont des plus tendances, comme les épiciers mais surtout d’épicerie fine. Les modistes, tailleurs et couturières sont devenus designers, stylistes. Les métiers d’art reprennent une place de choix. Il y a même des entreprises occidentales ayant délocalisé au Maroc, en Chine qui reviennent à la maison pour utiliser des techniques, des machines, des savoir-faire que la production de masse n’est pas capable d’effectuer. Ces métiers de niche sont ainsi un renouveau pour nos pays. La tradition qui devient modernité. Des métiers de plus-value. On retrouve depuis une dizaine d’années déjà trois tendances très fortes dans laquelle devront s’engouffrer les jeunes


dossier nouveaux métiers

Tout à l’optimisation au conseil et au service à la personne. d’aujourd’hui: les métiers d’optimisation et d’efficience (rationalisation, indicateurs de contrôle, management, etc), de protection (des données, sécurité, qualité, etc ) et de dialogue (avec les consommateurs), réseaux sociaux, blogosphères, sites, e-commerce, lobbying, recherche de fonds, etc). Mais quelle formation de base? Pour beaucoup d’entre eux encore très peu, voire aucune. Ce n’est pas pour rien que l’on voit fleurir, dans tous les domaines, des formations continues spécialisées. A tous les niveaux. Les formations scolaires obligatoires tendent aussi à se diversifier. On choisit ses matières. Les formations postgrade (MAS, CAS) fleurissent à tout va. Pour le moment, une deuxième formation est souvent indispensable. On demande au chercheur de faire du marketing, au banquier de maîtriser la gestion des données... Une sorte de retour au généraliste spécialisé... Et à nouveaux métiers, nouveaux noms: un récent DICO des métiers de demain parle par exemple de : corpcepteur, mayoNeteur, ageekculteur, photoraideur, espaceur. Ils sont tous liés à l’innovation, à l’expérimentation.

MAIS QUELS NOUVEAUX MÉTIERS ? Ce sont principalement dans le domaine de l’environnement et des énergies renouvelables que se trouvent les postes de demain. On les appelle les métiers verts. En 2012, la Suisse comptait 100 000 postes dits verts: conseiller en environnement, coordinateur en développement durable, écobiologiste, écotoxicologue, exploitant de station d’épuration, recycleur, ingénieur en environnement, technicien en qualité de l’air, technicien en traitement des déchets, urbaniste, etc. Mais aussi dans le numérique et digital sous toutes ses formes. La gestion, la protection des données sera au centre des stratégies économiques. Ou les stocker, comment les analyser, les exploiter ? Les statisticiens dans tous les domaines vont avoir la main mise sur tout. Les écoutes de la NSA, le programme PRISM ont mis ce sujet au centre du débat politique. il est clair que ce secteur d’activité sera des plus sensibles. Les métiers du web, des jeux vidéo, entre vie réelle et virtuelle, l’arrivée de la quatrième

dimension comme la fabrication en 3D seront des débouchés pour nos jeunes. Un autre secteur innovant, celui qui touche aux services à la personne, au bien-être, à la santé, au développement personnel, au conseil: conseil en management, coach sportif, home stager, chef à domicile, organisateur de mariage, conseiller en image, écrivain public, naturopathe énergéticien, arômathologue, etc. Sans oublier tous les métiers liés au vieillissement de la population. S’occuper de soi, vouloir être unique répond à un besoin naturel de l’individu de garder sa place d’Homme alors que le monde du travail le place de plus en plus face à des machines,

standardisant, optimisant, surveillant autant qu’il est possible ses actes, ses propos. Ces nouveaux métiers sont aussi ceux des petits entrepreneurs, qui osent, prennent des risques, innovent et qui s’adaptent. « Trop de jeunes se croient sans avenir alors qu’ils sont simplement sans objectif » dira Jacques Chirac. Et si c’était vrai… Alors, retrouvons notre esprit d’aventures, et osons la conquête des nouveaux métiers ! Sans peur et sans défiance mais avec la volonté de bien faire. Diderot disait déjà : « Il faut être enthousiaste de son métier pour y exceller ». L’enthousiasme, l’optimisme ne sont-ils pas toujours garants du succès ?

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politique fédérale

l’europe en porte-à-faux fiscal par Olivier Feller, conseiller national

Depuis des mois, le système fiscal suisse est exposé à un bombardement de critiques de la part d’autres Etats, en particulier de l’Union européenne. Il est accusé d’être trop attractif, aussi bien pour les personnes physiques au bénéfice de forfaits fiscaux que pour les entreprises étrangères auxquelles certains cantons, dont le canton de Vaud, accordent des statuts spéciaux. « Concurrence dommageable», crient nos voisins.

Le premier problème, c’est que bien d’autres pays que la Suisse disposent, eux aussi, de régimes fiscaux apparemment aussi attractifs que le nôtre. On cite souvent le Luxembourg, le Royaume-Uni, la Belgique, l’Irlande, publicité

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Singapour et certains Etats des EtatsUnis. Comme le résumait récemment un spécialiste du droit fiscal, Xavier Oberson, à la Télévision Suisse romande: «C’est assez paradoxal de voir la Suisse se faire vraiment critiquer par l’Europe pour ses avantages fiscaux et de voir qu’elle est en fait imitée par beaucoup de ses voisins.» C’est pourquoi j’ai déposé une motion demandant au Conseil fédéral d’analyser les régimes fiscaux appliqués notamment dans ces pays et d’en comparer l’attractivité à celle de notre propre législation fiscale. Ces informations devront être publiées dans un document simple, didactique et accessible au grand public afin de pouvoir être diffusé à une large échelle. Cette motion

a été acceptée par le Conseil national par 141 voix contre 47 et 3 abstentions le 19 juin dernier. Elle sera débattue au Conseil des Etats en décembre. Mais il y a plus vicieux. Ce sont les armes cachées de la concurrence fiscale. En plus des régimes fiscaux spécifiques que certains Etats tiers – y compris au sein de l’Union européenne – accordent aux entreprises qui viennent s’installer sur leur territoire, de nombreux pays ont également recours à des aides d’Etat. On ne compte plus les primes à l’innovation tous azimuts, les primes à la casse pour l’industrie automobile, les aides directes aux chantiers navals, etc. Ces aides d’Etat faussent le principe de la concurrence invoqué pour critiquer le

système fiscal suisse. Comment expliquer, sinon, que certaines entreprises établies chez nous, comme Yahoo, choisissent d’aller voir ailleurs? Ces déménagements n’auraient-ils aucune autre raison que les rigueurs du climat helvétique? C’est pourquoi j’ai également déposé, en septembre dernier, un postulat demandant au Conseil fédéral d’exposer la manière dont il fait valoir l’impact de ces aides d’Etat lors des négociations internationales (avec l’OCDE, le G20, l’Union européenne, etc.) et les résultats obtenus à ce jour. Cet état des lieux est d’autant plus nécessaire qu’un débat va s’ouvrir prochainement aux Chambres fédérales concernant la réforme de l’imposition des entreprises.


les députés en action par Nicolas Tripet, secrétaire général adjoint

une nouvelle vision de l’économie refusée de justesse Suivant l’excellent rapport de minorité et la solide argumentation du député Guy-Philippe Bolay, le Grand Conseil a refusé, un postulat de gauche envisageant une nouvelle vision de l’économie... Sous couvert d’une aide aux entreprises en manque de liquidités, ce projet visait clairement à mettre l’économie sous tutelle. Ce n’est pas à l’Etat de se substituer aux banques ! Lors de la dernière législature, les attaques répétées et tirées à boulets rouges-socialistes contre la promotion économique ont nuit à l’attractivité du canton et laissé des stigmates. L’implantation de nouvelles entreprises est

Tournée dans les arrondissements Mercredi 6 novembre 2013 Forum de Savigny Mercredi 13 novembre 2013 Salle du Tribunal, Château d’Echallens Jeudi 14 novembre 2013 Auberge de la Couronne, Corcelles/Payerne

Mercredi 27 novembre 2013, 20 h Aubonne, salle polyvalente du Chêne

plr lausanne clairement à la baisse, la source s’est tarie et il ne sera pas chose aisée de régénérer la confiance. Il faut maintenant laisser travailler le Conseil d’Etat,

les organismes de promotion économique et arrêter de scier la branche sur laquelle l’arc lémanique est encore installé.

insensible aux arguments pour une baisse d’impôt, il estime qu’il n’est pas l’heure de faire cette proposition. En effet, dans le cadre de la politique massive d’investissements, votée par tous les partis, il faut se donner les moyens de la réaliser. Cette baisse d’impôt cavalière et irresponsable aurait engendré un budget de

l’Etat déficitaire et aurait nécessité la majorité absolue du Grand Conseil au sens de l’article 164 CST. Lors de l’étude du budget, le Groupe PLR sera attentif à l’augmentation chronique des ETP et la hausse des charges de départements trop gourmands… DFJC et DSAS en tête…

une politique fiscale confiscatoire en matière agricole Jusqu’à présent, le Canton de Vaud considérait qu’étaient agricoles, au sens fiscal, les immeubles utilisés par l’agriculture, quelle que soit l’affectation de la zone dans laquelle ils se situent. Cependant, l’application d’un arrêt du TF engendre une interprétation toute autre. Désormais, elle implique une hausse d’imposition de 7 % à 40 % lors de vente de biens. Ainsi, les exploitants du sol sont pénalisés par rapport aux propriétaires fonciers dont les terrains appartiennent à la fortune privée... Pire encore, en cas de cessation d’activité, l’exploitant se voit réclamer des centaines de milliers de francs au titre d’impôt sur le revenu en

plr vaud

plr vaud Congrès

une baisse d’impôt légère, opportuniste et prématurée Lors de la discussion sur la loi d’impôt 2014, l’UDC a déposé un amendement de dernière minute – pas présenté ni travaillé en commission des finances – visant une baisse d’un point d’impôt. Le plénum l’a refusé estimant que couper de 30 millions les recettes de l’Etat, sans avoir étudié son budget, était dangereux. Si le Groupe PLR n’est jamais

votre agenda politique

Jeudi 7 novembre 2013, 12 h Restaurant du Théâtre, Lausanne Stamm mensuel Invité d’honneur : Philippe Doffey, directeur de la SIC. Inscription : françoise.longchamp@bluewin.ch Mercredi 13 novembre 2013 Hôtel Alpha Palmier, Lausanne Assemblée générale

les mousquetaires et leurs amis Jeudi 14 novembre 2013, 12 h Restaurant Le Vaudois (sous-sol) Lausanne Thème: « Actualité liée à la consommation». Orateur : Florence Bettschart, vice-présidente PLRL, avocate FRC

plr ollon Mardi 5 novembre, 20 h 30 Débat sur le thème « Initiative pour les familles». Orateur : Isabelle Moret, conseillère nationale PLR et Y. Buttet, conseiller national PDC

plr grandson Mardi 19 novembre 2013, 19 h 30 Cave du domaine de Gourmandaz, Corcelles-Concise Séance du comité ouverte à tous les élus PLR des municipalités environnantes

plr nyon Mercredi 20 novembre 2013, 20 h Ferme du Manoir, Nyon Conférence sur les dossiers finance et fiscalité et Initiative 1:12 Invité: Pascal Broulis

jlrv raison du passage de ladite habitation de la fortune commerciale à fortune privée. Nombreux sont ceux qui se verront contraints de vendre leur logement pour s’acquitter du montant dû. Fort

de ses constats alarmants, le député Alexandre Berthoud demande au Conseil d’Etat de préciser sa position en matière de politique fiscale confiscatoire agricole.

Jeudi 28 novembre 2013, 18 h 30 Krazy J bar, Lausanne

tribune Prochaine parution: 27 novembre Délai rédactionnel: 18 novembre No 9 | tribune | 9


vu dans le canton

une tour pour beaulieu par Pierre-Antoine Hildbrand, président du groupe PLR, conseiller communal, Lausanne

Beaulieu est le quatrième centre de foires de Suisse. Il générerait 1,2 % du revenu cantonal et de nombreux emplois. Après plusieurs modernisations et investissements privés et publics, ce site pourrait aussi voir l’érection d’une tour de 85 mètres et de 27 étages. C’est moins que les 140 mètres de la tour annoncée à Chavannes-près-Renens mais assez pour une menace de référendum. Un front hétéroclite s’y oppose. Si l’on peut envisager une opposition esthétique des UDC, on doit par contre rejeter fermement le double discours des verts. On ne peut imposer légalement la densification d’un côté et la refuser lorsque

les choses deviennent concrètes. Construire en ville afin d’éviter le mitage du territoire passe précisément par des constructions en hauteur là où cela est possible. C’est le cas sur cette parcelle en bordure d’un carrefour. La tour projetée n’est pas un projet nouveau. Cette idée s’est imposée à la très grande majorité des architectes ayant participé en 2008 déjà au concours. Les autres possibilités auraient été de fermer l’accès du public aux jardins de Beaulieu depuis le front Jomini. L’extrême gauche tente aussi d’exister en s’opposant à ce bâtiment et y voit de la spéculation. Rappelons que la Tour en question sera construite avec des fonds privés exclusivement. Ceux-ci paient pour bénéficier d’un droit de superficie octroyé par la

commune de Lausanne, propriétaire du terrain. Le gain serait moindre pour la commune sans cette densité. La création de 78 logements n’est pas négligeable. La pénurie de logements à Lausanne se résoudra par un ensemble de mesures plutôt que par

la construction de grands ensembles locatifs. Cette tour complète enfin un centre de congrès avec des hôtels et des restaurants. Pour le PLR, les avantages de la réalisation de cette tour pour Lausanne emportent l’adhésion.

eddy ansermet, l’engagement dans la durée Elu en 1976 au Conseil communal de Lausanne sous l’étiquette radicale, Eddy Ansermet vient de fêter ses 85 ans et toujours fidèle au poste. Doyen d’âge et de fonction, sans avoir manqué, de mémoire de collègues, une seule séance, il démontre une fidélité à toute épreuve dans l’engagement et une attention aux autres unanimement appréciées. Après un apprentissage de typographe à l’Imprimerie du Léman, il passera sa

last but not least

marc veraguth à la présidence du sous-arrondissement de romanel... Cette fois c’est fait. Le sous-arrondissement PLR de Romanel vient de se constituer. Le dernier dans le canton qui n’était pas encore marié. La cérémonie a eu lieu le 18 septembre. Vierge ascendant succès… Pour tout construire. C’est le palinzard Marc Veraguth qui a été désigné à la présidence accompagné dans sa tâche de neuf personnalités motivées issues des trois sections PLR de Romanel-sur-Lausanne, du Mont-sur-Lausanne et d’Epalinges à savoir Madame et Messieurs André 10 | tribune | No 9

Racloz, Jean-Claude Pisani, Jacques Marchand, Roland Perrin, Claude Matter, Gérard Mojon, Jean-Luc Perey, Denys Papei, Renata Ravera et Marc-Alain Berberat. C’est en présence de Frédéric Borloz, Florence Gross et Philippe Miauton, président, vice-présidente et secrétaire général du PLRV que cette soirée a eu lieu. Agape et verre de l’amitié pour marquer la future dynamique de ce comité. Les mots clés: responsabilité et succès. Un beau défi...

carrière à l’Imprimerie Vaudoise où il a gravi un à un les échelons de l’atelier jusqu’à la direction avant de jouer les prolongations aux Presses Centrales. Trésorier du parti lausannois pendant une quinzaine d’années, il est également actif au sein du comité de la Société vaudoise de protection des animaux. Merci Eddy. Et à mardi prochain au Conseil communal... P.-A. H.


point fort

des liens, paraît-il, inavoués

par Jean-Marie Surer, député, président du groupe PLR au Grand Conseil

Qu’il est loin le temps où une fois les batailles électorales passées, les partis étaient « laissés » à leur travail politique le temps de la législature, sans trop de jeux médiatiques. Des lois étaient votées, il y avait certes des polémiques, des combats, mais le système tournait. A la fin, il y avait un bilan et des comptes à rendre. Loin de moi l’envie de jouer le jeu du « à l’époque c’était mieux…», mais aujourd’hui chaque vote est passé à la moulinette de la

« aujourd’hui, chaque vote est passé à la moulinette de la théorie du complot.» théorie du complot. Elus, médias et partis politiques, nous participons malheureusement tous à cette course en avant. Le problème c’est qu’il existe autant de combinaisons possibles que de votes. Qui cherche bien trouvera aussi des fondements dans les prophéties de Nostradamus… Dernièrement, le journal préféré des Vaudois a cru lire, dans « les entrailles» d’une série de votes au Grand Conseil, que le PS et le PLR tissaient des liens inavoués. Nicolas Rochat et Jean-Marie Surer en vacances ensemble sur une île déserte: vous avez bien lu. L’émergence d’un nouveau bloc serait imminente, sous prétexte que les Verts, tout comme l’UDC, montraient des signaux d’opposition au sein de leur propre famille politique. Rien que cela! Cette énième théorie vient compléter

une longue liste de stratégies que les médias prêtent aux partis politiques. Cette explication pourrait être séduisante s’il elle ne travestissait pas la réalité. La réalité du système suisse, tout d’abord, dans lequel les coalitions hétéroclites, faute de système d’alternance, est un grand classique. La réalité, ensuite, du travail politique de partis qui placent souvent leur responsabilité gouvernementale dans la balance. Qui tentent de trier dans la foule des objets parlementaires ce qui est utile au canton de ce qui est, au mieux, électoral, au pire simpliste. Qui aussi, eu égard aux Vaudois, font passer des projets, certes amendés et débattus en commission, plutôt que d’appliquer une opposition aussi stérile que constante. Une longue recherche des dénominateurs communs en quelque sorte. Mais ne nécessite pas d’autres conciliabules dans les couloirs sombres des «pas perdus» que les simples processus démocratiques des commissions. De plus, c’est souvent au moment du vote que les contours des majorités se dessinent. De là à trouver une alliance en souterrain entre les socialistes et le PLR… il faut de l’imagination. Cela pourrait presque être amusant, si cela ne contribuait pas souvent à donner une image négative de la politique. Il convient toutefois d’avouer que le paysage politique est pour le moins bouleversé. Les majorités sont opposées entre le gouvernement et le législatif. Être un grand parti au grand Conseil ne constitue pas un gage de «bras long» dans l’hémicycle. La faute à des formations intermédiaires puissantes et bloquantes. A de petites formations électrons libres qui doivent se distinguer pour jouer leur place ou leur survie, c’est selon. Les rapports

de forces sont donc différents mais les règles du jeu politique restent les mêmes. Le travail parlementaire n’a pas changé. Aux majorités qui se forment au gré des sujets et qui font évoluer notre canton, celles qui jouent les blocages m’inquiètent beaucoup plus. Aux alliances, que j’appellerais constructives et légis-

latives, j’oppose ces alliances contrenature. Ces dernières ont surtout cours à Berne, où UDC et Gauche, votent main dans la main, pour faire capoter nombre de projets et pas des moindres: la onzième révision bis de l’AVS en octobre 2010, les mesures correctrices de la LAMal le même jour, la révision de l’AI en juin dernier. Il s’agit d’un droit de veto qu’exercent les deux principales formations du pays à la fin du processus de négociation. Alors que notre système politique s’est toujours distingué par un processus lent mais efficace. Un système qui permettait au final de trouver le juste milieu qui satisfaisait tout le monde. Ces alliances contre-nature imposent, elles, un blocage, pour des raisons souvent totalement différentes qui plus est. L’UDC ne torpille-t-elle pas, avec l’aide de la gauche, toute réforme de… l’armée? Encore, une théorie du complot.

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la chronique d’uli windisch

la famille : un pilier de la société ? Un Comité libéral part en guerre contre la défiscalisation des familles qui gardent leurs enfants à la maison. La situation: l’UDC et certains responsables de plusieurs autres partis politiques, notamment du PDC, demandent que les parents qui gardent leurs enfants à la maison puissent, comme les familles qui donnent leurs enfants à garder, faire les mêmes déductions fiscales. Derrière l’opposition à cette égalité de traitement, on ne semble pas voir qu’il y a un risque d’aboutir à une relativisation du rôle essentiel de la famille et de certaines valeurs fondamentales. Il faut espérer que l’on en arrivera pas un jour à la situation de la France socialiste où le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon (entre autres!) veut, plus généralement encore, soustraire les enfants à tous les déterminismes sociaux, économiques et justement familiaux, car ce serait à l’Etat, au nom

notamment de la laïcité, et non à la famille, de s’occuper de l’éducation des enfants. En fait, il ne devrait pas être nécessaire d’être «conservateur» pour comprendre le rôle essentiel des parents dans l’éducation des enfants. Il ne fait guère de doute non plus qu’un encadrement familial important peut éviter bien des dérives à un enfant. Ce qui n’exclut pas qu’une prise en charge extra-familiale puisse jouer un rôle complémentaire pour nombre de familles. Mais prétendre que le rôle de la famille n’est plus un argument important puisqu’un mariage sur deux se termine par un divorce, peut tout de même surprendre de la part d’un responsable d’un parti bourgeois. L’omniprésence de l’argument financier pourrait aussi être vue comme une autre dimension de la relativisation du rôle de la famille. Si l’on veut vraiment insister sur

l’aspect financier, pense-t-on un instant aux économies que l’Etat réalise lorsque les enfants sont élevés par leur famille, même si l‘encadrement familial peut aussi connaître des difficultés et des échecs. Que les socialistes veuillent étatiser les enfants comme tout le reste de la société n’est pas surprenant, mais que des partis politiques dits bourgeois en arrivent aux mêmes conclusions est déjà plus préoccupant. Il ne faudrait tout même pas en arriver au stade où l’on fait fuir des électeurs vers des partis qui ont une conception plus classique de la famille. Un simple rappel et exemple de dépenses gigantesques effectuées par la

Suisse et qui auraient pu être évitées: pensons aux pharanoïques travaux de percement des tunnels sous les Alpes qui ont coûté des dizaines de milliards et dont profitent toute l’UE (même si nous n’en sommes pas membres) et que cette dernière était même prête à financer. La Suisse avait dit non, en tout cas pas par souci d’économie! Derrière cet enjeu électoral, apparemment partiel et limité, se cachent en réalité des dimensions et des valeurs qui sont au fondement même de nos sociétés. Il est encore temps pour s’en souvenir.

Uli Windisch

d’autres commentaires d’actualité sur

question de valeur

l’effet canada dry par Jean-François Ramelet, pasteur, responsable de «l’esprit sainf, une oasis dans la ville » à Lausanne

L’initiative dite « 1 : 12 » a le mérite de nous interroger: contre quoi devonsnous lutter dans notre société? Les arguments développés par les initiants le disent à mots à peine couverts: il faudrait lutter contre la richesse qui n’est perçue – par eux – que comme l’expression de la cupidité de managers sans scrupule. On pourrait croire que ce mépris pour la richesse s’enracine dans notre héritage judéo-chrétien. Or il n’en n’est rien. Il est temps de rappeler quelques éléments fondateurs de nos valeurs: dans l’Ancien Testament la richesse est toujours rapportée à Dieu qui dispense ses biens généreusement dans sa création. La richesse y est perçue comme une bénédiction et requiert la responsabilité de ceux qui en bénéficient. Dans le Nouveau Testament, cette dimension de bénédiction est moins perceptible, mais une chose est sûre: ce contre quoi l’Evangile nous exhorte 12 | tribune | No 9

à lutter, c’est bien contre la pauvreté et non pas contre la richesse. Inspirés par les Ecritures, les Réformateurs ont d’ailleurs toujours souligné que ni la pauvreté ni la richesse n’avaient en soit de vertu. L’argent dans la pensée protestante est ramené à un simple moyen d’échange au service de la productivité et du travail. Le travail pensé par les Réformateurs, non comme une malédiction, mais comme le moyen par lequel l’homme va pouvoir exercer sa

«on pourrait croire que le mépris pour la richesse s’enracine dans notre héritage judéo-chrétien, or il n’en est rien. » vocation de servir Dieu dans le monde, privilège jusqu’alors réservé aux seuls ecclésiastiques. L’acceptation de l’initiative 1:12 s’accompagnera d’effets secondaires pervers (impact sur les

rentrées fiscales, les contributions aux assurances sociales et j’en passe) qui nuiront à notre économie et à la solidarité citoyenne. Aussi, cette initiative ressemble au «Canada dry»: elle a la couleur de la justice, l’odeur de la justice, le goût de la justice, mais ce n’est pas de la justice. Ce n’est pas en luttant contre la richesse et les rémunérations élevées qu’on luttera contre la pauvreté. Lutter contre la pauvreté; ce devrait être le cap de toute politique soucieuse du bien des plus faibles et de la cohésion sociale du pays. Car ce qui est scandaleux dans notre économie, ce ne sont pas les salaires élevés, mais ce sont les rémunérations parfois si modiques que des employés ne peuvent pas subvenir à leurs besoins et ceux de leur famille. Ce qui est scandaleux dans notre économie, c’est qu’il est parfois préférable pour un salarié de renoncer à travailler (source de sa dignité selon les réformateurs) plutôt que de toucher une rémunération à peine supérieure à celle que lui confère l’aide sociale complétée

par d’autres aides. J’ai suffisamment confiance dans les entrepreneurs et les employeurs pour penser que ceux-ci sont sensibilisés à ce problème depuis longtemps et soucieux de trouver des solutions adaptées à leurs employés et leur entreprise. Mais je sais qu’il existe

« cette initiative ressemble au canada dry : elle a la couleur de la justice, l’odeur de la justice, le goût de la justice, mais ce n’est pas de la justice...» encore des exceptions honteuses qu’il faut corriger sans délai. A nouveau, il faudra le faire avec un appel à la responsabilité des employeurs plus qu’à de nouvelles législations qui vont finir par priver notre économie de sa souplesse. Ne laissons pas à quelques uns le monopole de la morale et de l’indignation.


opinion

strabisme politique « detroit is broke !»

On peut comprendre ses craintes aux vues des dépenses de la ville.

par Philippe Miauton, secrétaire général du PLR Vaud

Etranglée par la dette, la capitale de l’automobile américaine est à deux doigts d’être déclarée en faillite. C’est un juge qui gère désormais la cité du Michigan. Triste réalité d’une ville qui a perdu la moitié de sa population, dans laquelle 78 000 bâtiments sont abandonnés et dont la dette pointe à 18 mia de dollars. C’est au cri du « peuple avant Picasso » que certains envisagent, avec l’énergie du désespoir, de vendre les œuvres d’art du musée de Détroit pour rattraper ce qui peut l’être. Cette situation dantesque – et propre à la démesure américaine – doit nous faire réfléchir. Me reviennent à l’esprit les propos d’un syndic socialiste de Lausanne qui prétendait « qu’une ville ne pouvait pas faire faillite » pour justifier des dépenses tous azimuts. Aujourd’hui, Lausanne est plus endettée que le canton. La ville a l’incapacité de financer l’entier de ses investissements.

«aujourd’hui, lausanne est plus endettée que le canton. »

En bonne directrice des finances, la socialiste Florence Germond a poussé un cri d’alarme dans la revue de l’Union des villes suisses. Elle s’est émue que la Confédération propose, sans avoir consulté les villes, des modifications des taux d’imposition des entreprises, parmi lesquelles d’importantes multinationales. Cette harmonisation fiscale ferait perdre à la capitale vaudoise des sommes considérables.

Mais, la socialiste fait le grand écart lorsqu’elle vient défendre l’initiative 1 :12, dans 24heures cette fois. La société dysfonctionnerait, selon elle, en termes de cohésion sociale. Un jour, les entreprises sont utiles, un autre elles sont dangereuses. La municipale se prend tout simplement les pieds dans le tapis . Ce n’est pas sans nous rappeller sa collègue Sandrine Salerno qui, maire de Genève, l’internationale, était venue dire que les entreprises genevoises fragilisaient l’économie mondiale. C’est ce qu’on appelle cracher dans la soupe qui nourrit la politique sociale de nos villes. Parfois, la vision du PS confine au strabisme politique.

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la chronique de pascal décaillet

la conjuration des gueux

La Suisse, une petite fleur fragile.... Nous avons, en Suisse, un magnifique organe qui s’appelle la démocratie directe. J’utilise « organe » au sens grec, « outil ». Les initiatives, les référendums, sont, au même titre que la fabrication des lois dans les Parlements, des outils de notre démocratie. Il s’agit de les utiliser ! Sans le moindre état d’âme, si on le juge nécessaire à une finalité politique. Il n’y a strictement rien de honteux, rien de sale, rien d’anormal à récolter des signatures contre une loi qui nous publicité

14 | tribune | No 9

paraît mauvaise (référendum) ou pour changer la Constitution (initiative). Rien de honteux, et pourtant. La manière dont les élus parlementaires, à tous les niveaux (communes, cantons, Confédération), accueillent l’annonce ou l’arrivée en Chancellerie d’une initiative ou d’un référendum, même munis d’un nombre impressionnant de signatures, montre bien qu’ils se sentent profondément «dérangés» par cette intrusion du peuple dans leurs petites affaires. Ils ont tort, totalement! D’abord, parce que

ce «peuple», celui dont on va récolter les signatures, n’est de loin pas celui de la masse, ni de la pléthore, ni d’une quelconque racaille en ébullition, mais bien celui des citoyens. Pour signer, il faut faire partie du corps électoral (démos), le même qui sera appelé à se prononcer, un beau dimanche, sur le texte. Ce peuple-là n’a donc rien d’un intrus, il ne «dérange» que le confort parlementaire, il est le souverain final, il est un acteur majeur, un «organe» de notre vie politique. Mais ils ont tort, aussi, parce que leur mépris pour ce qui surgit d’en bas, ce qui vient s’en prendre à la perfection de leur ordre juridique, né de leurs équilibres, de leurs consensus, de leur infinie sagesse, ne fait que souligner leur méconnaissance de ce qui fait la Suisse. Ce mécanisme correctif aux décisions des autorités gouvernementales et parlementaires, que tant de nos voisins nous envient. Leur premier réflexe est de prendre peur : ils ont mis des mois, des années parfois, à nous bichonner des amours de petites lois, et voilà que la Conjuration des Gueux vient menacer de les leur défaire. C’est vrai que, de leur point de vue, il peut y avoir de quoi enrager, mettons-nous à leur place. Mais ils ont tort tout de

même, parce que le génie de notre système suisse instaure la possibilité de recourir au souverain ultime, donc à un corps électoral de quatre milliards de personnes (niveau fédéral), ce qui confère tout de même une autre légitimité que 246. Ils ont tort, parce que la démocratie directe, au fond, n’est pas dirigée contre eux, contre le système parlementaire, mais en complément de ce dernier. Ensemble, par la dialectique, par le jeu d’oppositions, par la « disputatio », dans la douleur, dans l’intimité mêlée de nos victoires et de nos défaites à tous, nous construisons notre démocratie suisse. Le Parlement n’a pas à ignorer le peuple, ni d’ailleurs la réciproque : chacun est organe, outil, voie pour parvenir à des issues. Mais le chemin est encore long, dans les consciences, pour qu’élus et législateurs parviennent à intégrer la démocratie directe comme interlocutrice normale de notre vie politique. Entendez, comme autre chose que du poil à gratter. La Suisse est une petite fleur fragile. Toucher à ce miracle venu d’en bas, ce serait briser le plus sacré de nos équilibres. Pascal Décaillet


dans le monde angela merkel à canossa... ou comment

une chancelière est prise en étau ! par Pierre Schaeffer

Un mois après son triomphe électoral, Angela Merkel vit un drame shakespearien. Elle a obtenu une victoire sans précédent pour la CDU depuis la réunification de 1990. Elle a gagné 8.5 points par rapport à sa victoire de 2009. Et pourtant, la constitution d’une majorité et la formation d’un nouveau gouvernement relèvent de l’épreuve de force. Après un mois de négociations imposées par un déficit de cinq sièges pour une majorité de 304, Angela Merkel sait que l’alliance avec les Verts est exclue et que la seule issue est la reconduction de la Grande coalition de 2005 avec le SPD. Elle sait surtout encourir une double peine: la coalition pour quelques sièges et la coalition aux conditions du SPD qui n’a obtenu le 22 septembre que 25.6 % soit son plus mauvais score de l’après-guerre. Le résultat des élections législatives enferme la future chancelière dans un véritable étau. Sur sa droite, elle doit se garder de toute mesure susceptible de faire monter le score potentiellement élevé du petit parti Alternative pour l’Allemagne (AFD) qui n’a pas franchi la barre des 5 % mais défend un programme anti-européen, proche du parti de gauche, die Linke. L’AFD revendique sans complexe la sortie de l’UE et de l’euro. L’AFD, c’est le renversement des alliances et surtout du commerce extérieur allemand qui, au lieu de s’exercer au sein de l’UE, se déploierait à l’est, c’est-à-dire vers l’Europe de l’Est et la

Russie. C’est le retour à une tradition politique qui fut celle de la Prusse et commerciale jusqu’à l’invasion allemande de la Russie en 1941. Sur sa gauche, Angela Merkel est soumise à une égale pression, venue du SPD et qui, par les gages reçus de la chancelière, ne pourrait que faire prospérer l’AFD. Ce risque de porosité s’exerce moins sur le plan économique que politique et pour tout dire européen. Sur le terrain économique, Angela Merkel va devoir accepter d’atténuer l’agenda 2010 hérité de Gehrard Schroeder (et qui a valu à son parti trois défaites en 2005, 2009 et 2013) toutes concessions qui réduiront la compétitivité «made in Germany» et irriteront l’électorat de la CDU qu’il s’agisse de l’instauration d’un salaire minimum ou de la hausse de l’impôt direct. Il y a là un risque grave pour la future chancelière et son parti, aggravé par les concessions sur le plan européen. Les socio-démocrates qui ont accusé Angela Merkel, pendant la campagne, de ne pas être européenne parce qu’elle venait de l’ex-RDA, pourraient exiger une politique moins rigoureuse d’assainissement des pays d’Europe du sud. Plusieurs de ces Etats (Italie, Portugal, Espagne) viennent de retrouver leur autonomie financière et la possibilité de revenir sur le marché international des capitaux. La pression de l’Allemagne devrait se relâcher, soutenue par la France et son président qui espérait la victoire du SPD mais le

voit aujourd’hui entrer dans le gouvernement. Dès la formation d’un gouvernement de Grande coalition, François Hollande devrait proposer un plan de relance européenne dont le but sera de faire baisser la pression de Bruxelles sur les échéances attendues d’une France qui n’a pas réalisé les réformes de structure, clé de son assainissement financier, aujourd’hui aux abois en termes de chômage et d’impopularité de l’exécutif. Si Angela Merkel devait accepter sous

la pression de la France la mutualisation de la dette des Etats du sud, alors la levée de boucliers serait immédiate dans les rangs de la CDU au nom du refus de l’inflation et de la baisse de l’euro, sans parler des gages à l’Alternative pour l’Allemagne. Dans ses relations avec ses adversaires d’hier, Angela Merkel se retrouve dans la situation de cet ancien empereur tenu de se rendre à Canossa pour passer sous les fourches caudines du pape.

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frivolitĂŠs essentielles

on met le feu

l’ÊtÊ indien, c’est le top

par Jerry Khan & associĂŠs

RÉCESSION À LA POLICE La police vaudoise est en crise, les mesures d’Êconomie ont dÊjà frappÊ, la gendarmerie a passÊ de la Quattro au MÊtraux ! GÉANT VERT Le syndic de Lausanne s’est mis au rÊgime sec, il a perdu 40 kilos. Au Grand Conseil, personne ne les a retrouvÊs. Même si à la buvette, plusieurs dÊputÊs font des recherches intensives du côtÊ du bar. ÉNERGIE Après plusieurs mois le Grand Conseil est finalement tombÊ d’accord, on a une loi sur l’Ênergie: tout ce qui n’est pas interdit est soumis à autorisation! De plus, les Verts et les socialistes n’ont toujours aucune confiance dans le rÊchauffement climatique, ils s’obstinent à vouloir interdire tous les chauffages qui ne sont pas renouvelables, c’est-à-dire tout.

par Fabienne Guignard

Tout va mal dans le meilleur des mondes‌ En Italie, il est plus question de savoir oÚ et comment Silvio va occuper son temps libre à faire ses travaux d’intÊrêts gÊnÊral. Il l’a prÊfÊrÊ à une annÊe de rÊsidence surveillÊe avec bracelet Êlectronique mais interdit de sorties. Et les sorties pour lui, c’est sacrÊ. Ses adversaires le verraient bien nettoyer les toilettes publiques de Rome, d’autres se battent pour lui proposer un petit job dans leur association caritative question d’avoir un petit coup de projecteur. Car c’est sÝr, l’arrivÊe d’un condamnÊ en limousine pour aider à distribuer la soupe populaire, ça a du panache‌ En Grèce, les nouveaux dÊputÊs d’extrême droite occupent toute la place mÊdiatique. Les voilà arrêtÊs, emprisonnÊs pour associations de malfaiteurs, coups et blessures. La classe quoi. On peut la comprendre Angela quand elle hÊsite à les aider‌ En France, c’est juste incroyable de tomber si bas et je ne parle pas que des sondages. DÊjà que les Français sont difficiles à gouverner quand tout va bien mais quand tout va mal‌ François ne sait plus oÚ donner de la tête et quand il donne de la voix, elle porte à faux. Tout ce qu’il dit et fait se retourne 16 | tribune | No 9

contre lui. Il a un grand talent, celui de toujours se tromper‌ Sa chute par les femmes continue. Voilà maintenant que Leonarda, une gamine de 15 ans lui rÊpond à la tÊlÊ. Moi c’est plutôt Leonardo qui me ferait craquer‌ Mais attention, Flamby peut entrer en guerre

ÂŤdĂŠjĂ que les français sont diďŹƒciles Ă  gouverner quand tout va bien mais quand tout va mal... Âť tout seul. Il a le pouvoir du bouton nuclĂŠaire. Montebourg, toujours dans sa logique de made in France, fait sa promotion. La dernière en date, un caleçon rouge, blanc, bleu du plus bel effet. Et lui, tout cucul, Ă  en faire publiquement l’Êloge‌ Aux Etats-Unis, c’est la cata. Pas de budget pendant plusieurs semaines. Les fonctionnaires au chĂ´mage technique, 24 milliards de perte pour l’Êconomie amĂŠricaine et donc pour la nĂ´tre‌ Plus personne pour faire visiter la statue de la libertĂŠ. Un cadeau de la France‌ DĂŠcidĂŠment. Mais oĂš va-t-on si les policiers du monde n’ont plus les moyens‌ Par contre pour la NSA, les

robinets n’Êtaient pas coupÊs‌ Rien pour les soins de santÊ et tout pour l’espionnite mondiale. C’est aussi formidable d’entendre les dirigeants français se la jouer veuve effarouchÊe. L’espionnite amÊricaine, les services secrets français la connaissent depuis longtemps... Les socialistes sont vraiment naïfs ou absents du pouvoir depuis tellement longtemps qu’ils vivent sur un petit nuage, celui de Pimprenelle et Nicolas‌ Bonne nuit les amis‌ Les Chinois, deuxième roi du monde, ne se voient plus les mains tant il y a de pollution chez eux. Le ciel bleu, ils ne connaissent plus. Ils sont sous une telle chape de smog qu’il leur faut des masques de protection. Sauront-ils toujours voir clair? Il sont tout de même les crÊanciers des States‌ Chez nous, tout va bien. C’est l’ÊtÊ indien. On a c’est vrai des petits soucis avec les impôts. Le monde nous crie dessus. Des banquiers suisses se font arrêter. Toujours dans des palaces... Personne ne rivalise avec notre choc, que les Belges. Nos montres indiquent bien plus que l’heure. Et Nespresso fait le meilleur cafÊ du monde. Tout va bien. N’oubliez jamais que Small is toujours beautiful. Ouah! Le moral, ça compte‌ La mÊthode CouÊ aussi‌ Et si c’Êtait tout simplement de l’optimisme!

NEW PARLIAMENT Le nouveau parlement est à l’enquête. L’occasion pour les opposants d’utiliser une nouvelle fois tous les moyens lÊgislatifs pour retarder l’inÊvitable. Le vrai changement du projet, c’est sa toiture. On a passÊ d’un toit hutte polynÊsienne à un toit ferme bernoise. Pas de doute, pour les Vaudois, les Bernois ont vraiment laissÊ une grande empreinte. Nostalgie quand tu nous tiens‌ C’est peut-être parce que les parlementaires rêvent tous de Berne? publicitÊ

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Tribune 09 octobre 2013  
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