Issuu on Google+

tribune

LE JOURNAL DU PLR VAUDOIS ORGANE

ISSU

DU

MARIAGE

DE

sommaire L’Edito Le dessin de Mibé Dossier spécial Chronique d’Uli Windisch Actualité fédérale Actualité cantonale Réflexions Sweet & Sour

2 2 6-8 9 10-13 14-19 22-23 24

LA

N° 1

NOUVELLE

REVUE

JAB 1005 Lausanne Place de la Riponne 1 – 1005 Lausanne Annoncer les rectifications d’adresse

MARDI 2 OCTOBRE 2012

RADICALE

ET

DU

FORUM

LIBÉRAL

26 septembre 2012 : le plr vaudois est né !

dossier spécial SÉCURITÉ : LE TEMPS D’AGIR Page 6 à 8

19 %

la hausse des infractions au code pénal en 2011 dans le canton de vaud.

chronique de p. décaillet EUROPE : 20 ANS APRÈS Page 13

rosebud PASCAL BROULIS RÉPOND AUX INTERROGATIONS Page 14

session des chambres OGM: LES AYATOLLAHS DE LA BÊTISE Page 12

C’est fait ! Après trois ans de gestation, le PLR.Les Libéraux-Radicaux Vaud est né, le 26 septembre dernier. Un événement historique, auquel ont participé quelque 400 délégués qui ont accepté le mariage à la quasi unanimité. Retour sur cette assemblée constitutive et interview du nouveau président, Frédéric Borloz. Pages 3 à 5

Administration : Tribune, place de la Riponne 1, 1005 Lausanne, T: 021 323 72 78, F : 021 320 60 86, E : tribune@plr-vd.ch Editeur : PLR.VD. Rédaction : Gilles Meystre, rédacteur en chef, E : tribune@plr-vd.ch Publicité : Régipub SA, T: 021 317 51 92, E : contact@regipubsa.ch. BCV c.c.p. : 10-725-4/IBAN : CH42 0076 7000 Z525 3578 7 Layout : Nicolas Tschanz, www.ceramiko.ch


édito

nouveau trait d’union par Gilles Meystre, rédacteur en chef

Forum et Nouvelle Revue sont morts… Vive Tribune! Chers lecteurs, c’est avec fierté que nous vous présentons ce premier numéro, où l’innovation est de mise, tant sur la forme que sur le fond. Si l’esprit et les valeurs qui guidaient nos aïeux demeurent, l’aspect change. Des illustrations plus généreuses, des mises en valeur plus nombreuses, des contributions moins verbeuses, davantage de couleurs: voilà quelques améliorations formelles qui donneront davantage de plaisir à vos lectures et de rythme à nos pages. Nous les devons à un graphiste, Nicolas Tschanz, qui a remporté le concours d’agences chargées de phosphorer sur notre nouvelle maquette. Sur le fond, nous faisons désormais appel à de nouvelles plumes. Ainsi, Pascal Décaillet et Uli Windisch nous accompagneront désormais dans chaque édition. Ces observateurs renommés tiendront chaque mois des chroniques libres qui seront autant d’éclairages extérieurs stimulants – et pourquoi pas remuants – sur des faits de société ou d’actualité. D’autres contributeurs – à découvrir prochainement – ont d’ores et déjà répondu «présent!». Bon pour la tête, comme dirait l’autre… Chaque mois encore, Tribune vous proposera un dossier spécial. L’objectif : approfondir un sujet, en proposant divers angles d’analyse qui seront autant de manières d’appréhender une réalité toujours plus complexe et d’aider des élus rendus parfois… perplexes! Leur action, au Grand Conseil comme dans les communes, ne sera pas négligée. Au contraire: plusieurs correspondants auront mission de rendre compte, chaque mois, des activités de nos mandataires aux quatre coins du canton. Enfin, l’humour sera – encore et toujours – de la partie. Frivole, insolent ou grivois, il est en quelque sorte notre marque de fabrique. Pas question donc de l’abandonner ! D’autant que la gauche est si triste… Vivante, innovante et impertinente : ainsi sont les tribuns. Ainsi sera Tribune. A l’image du PLR. Bonne lecture! 2

tribune

N°1

dossier spécial

sécurité : le temps d’agir «SÉCURITÉ»: LE MOT EST SUR TOUTES LES BOUCHES, APRÈS LES DÉBORDEMENTS NOCTURNES À LAUSANNE, LA DÉMISSION DE MARC VUILLEUMIER, LES OPÉRATIONS COUPS DE POING À LA RIPONNE ET SUR LA PLACE DE LA GARE D’YVERDON, ETC. LE SUJET PRÉOCCUPE LOURDEMENT LES CITOYENS, LES COMMERÇANTS ET LES POLITICIENS. ET SI ON FAISAIT LE POINT? GROS PLAN SUR UN DOSSIER OÙ LES PROBLÈMES ET LES RESPONSABILITÉS SONT MULTIPLES…

A lire en page 6, 7 et 8

merci aux annonceurs ! Vingt-quatre pages pour un premier numéro, c’est un exploit. Nous le devons à nos annonceurs qui, si nombreux, nous ont contraints de revoir notre pagination... La rédaction tient ainsi à les remercier très sincèrement pour la confiance témoignée et, surtout, à vous inviter à les honorer de vos visites et de vos commandes!

VOTRE PUBLICITÉ dans REGIPUB SA Case postale 137 – 1020 Renens 1 Tél 021 317 51 92 – contact@regipubsa.ch


avis de naissance par Fabienne Guignard Le PLR est né le 26 septembre à 21 h 15 à Montreux. Né, tels les rois de France, sous les regards de 400 nobles participants, question de vérifier que le nouveau-né est bien légitime. Le petit PLR est déjà un grand. Même un très grand. Balance ascendant balance, l’enfant de la droite vaudoise a reçu les messages de bienvenue d’un peu partout, même de Berne et d’une presse unanime. Ça aussi, c’est un grand événement... Toute la famille était fière de présenter le rejeton sur lequel tous les espoirs sont portés. Les parents vont bien, mais les mamans sont fatiguées et laissent la main. Mais quel sera donc son caractère à ce petit PLR? Est-il né sous de favorables auspices? Que disent les astres à ce sujet?

«Les balances ascendant balance sont des êtres exotiques qui ont le don de faire le bonheur autour d’eux. Ils apprécient l’argent et aiment à le dépenser. Ils sont aussi chanceux sur le plan matériel, avec notamment des rentrées d’argent imprévues. Côté vie sociale et loisirs, ils ont des dons artistiques, notamment dans le domaine du spectacle. L’amour occupe la place la plus importante dans leur vie. Cet amour se transforme en fonction de l’humeur de leurs partenaires. Ils n’aiment pas la solitude et ne restent jamais seuls. La compagnie des autres les rend heureux». Nous voilà rassurés sur son humeur conviviale. Les sorties festives seront toujours d’actualité, les moments d’amitiés assurés. Tout cela sans craindre de dormir sous les ponts. L’argent tombera mais le trésorier sera chargé de maintenir le compte épargne à niveau, question d’avoir un petit pécule pour ses vingt ans… Et les cotisations devraient affluer grâce à ses 18 000 membres et sympathisants! Le PLR continuera d’aimer le spectacle. Peut-être sera-t-il un futur tribun? Ses élus écriront dans Tribune et leurs bons mots emporteront les votes et les suffrages, même et surtout au Grand Conseil. Côté cœur, il restera fidèle à ses alliés, sans pour autant tout accepter. Mais ce qui nous comble de bonheur, c’est qu’il restera toujours ouvert aux autres. Il se fera beaucoup d’amis. Des nouveaux membres potentiels. Que du bonheur!

frédéric borloz : premier président du plr vaud CETTE FOIS, C’EST FAIT. FRÉDÉRIC BORLOZ, DÉPUTÉ, PRÉSIDENT DU GROUPE RADICAL DEPUIS 5 ANS, SYNDIC D’AIGLE VIENT D’ÊTRE ÉLU BRILLAMMENT À LA PRÉSIDENCE DU PLR VAUD. CET HOMME DE TERRAIN, CONNU POUR SON SENS INNÉ DE LA CONCERTATION, DEVIENDRA L’HOMME FORT DU PARTI POUR LA RECONQUÊTE DE LA MAJORITÉ PERDUE AU CONSEIL D’ÉTAT. LES ÉCHÉANCES ÉLECTORALES ÉTANT ENCORE LOIN, IL S’AGIRA POUR LUI DE CONSOLIDER TOUT D’ABORD UN PARTI TOUT NEUF, FAIT DE TRADITIONS ET DE MODERNITÉ. AVEC AMBITION ET CRÉATIVITÉ. INTERVIEW. Après la joie de l’élection viendra très vite la réalité quotidienne d’un président de parti. Quelle sera votre première action ? Celle de mettre sur pied, avec mes deux vice-présidents et le nouveau secrétariat, Philippe Miauton en tête, l’organisation du nouveau parti. La lune de miel sera en effet de courte durée. Il s’agira de renouveler, selon les statuts approuvés lors de l’assemblée constitutive, en toute transparence et de manière démocratique, les organes dirigeants du PLR et en premier lieu désigner le comité directeur, organe décisionnel stratégique, puis très vite la mise sur pied des commissions de réflexion indispensables à la préparation de nos actions politiques. La désignation des futurs délégués au Congrès se fera dans la foulée. Sans oublier les quelques sections non encore réunies sous le drapeau PLR et qu’il faudra intégrer si possible très vite dans la nouvelle structure. On sait que vous aimez les gens. Vous êtes à l’écoute de la population. La politique serait-elle surtout une question de relations humaines? Pas uniquement mais sans relations harmonieuses, néanmoins fermes si nécessaire, savoir dire NON quand il le faut, rien n’est possible. Un parti cantonal de l’envergure du PLR, première force du canton rappelons-le, est composé d’une multitude de mandataires et bénévoles. Des conseillers d’Etat aux conseillers nationaux, municipaux, syndics et députés sans oublier les très nombreux membres de sociétés locales, à tous les niveaux et dans tous les domaines. Et beaucoup sont des membres du PLR ou proches de nos idées. Un atout à mieux mettre en évidence. Qu’en sera-t-il des liens entre le parti, le Conseil d’Etat et les députés? Pascal Broulis, Jacqueline de Quattro et Philippe Leuba sont les porte-drapeaux de nos idées, à la fois chefs de file et indépendants dans leurs actions. Toute la subtilité d’un président de parti cantonal consiste à respecter le rôle et les attributions de chacun. Le député doit être l’aiguillon du Conseil d’Etat. Le conseiller d’Etat n’est pas le chef de parti. Le lien est fondamental. D’autant plus que

suite en page 5 N°1

tribune

3


par Gilles Meystre, rédacteur en chef Il fait partie de ceux qui ne font pas de bruit. De ceux qui ne cherchent pas systématiquement les projecteurs et qui, à l’éclat des lumières, préfèrent la réalité du terrain. Après dix années passées au poste de secrétaire général du PRDV, Olivier Duvoisin prend une nouvelle orientation. En homme de parole, il tient ainsi la promesse qu’il avait faite en arrivant: pas plus de dix ans! Durant cette décennie, il aura vécu et organisé pas moins de trois campagnes au Conseil national et au Conseil des Etats, deux campagnes aux élections cantonales, deux campagnes aux communales, presque cinquante congrès cantonaux et une vingtaine de congrès suisses, dont deux dans le canton de Vaud! Sans oublier quelques élections complémentaires et votations fédérales ou cantonales, plusieurs repas de gala, des rentrées politiques avec le CDL à Chardonne et des virées inénarrables avec les députés radicaux, à Madrid, Bruxelles, Paris ou encore récemment à Bordeaux. Olivier Duvoisin, c’est l’archétype du swissness. Avec lui, tout doit être réglé dans les moindres détails. Pas de place pour l’improvisation. Halte à l’approximation, qui nourrit ses insomnies et des flots de râleries… Chez cet organisateur-né, tout doit être tip top! Pas étonnant de le voir conduire des événements «de sorte»: le Grand Prix des villes sportives en 2001, trois étapes du Tour de Romandie, la Journée des communes vaudoises en 2003, le Festival des musiques populaires depuis 2004 et les Assises du tourisme vaudois en 2010, entre autres. Sans oublier « sa » Saison culturelle, qu’il dynamise année après année en décrochant des têtes d’affiches parisiennes, corses ou canadiennes! Proche des gens, ils le lui rendent bien: municipal à Moudon à seulement 30 ans, il y siège encore, quinze ans plus tard, en pulvérisant des records de voix. Avec son départ, nous perdons un coureur de fond doublé d’un horloger. Méticuleux sans être pinailleur. Populaire sans être populiste. Modeste et efficace. Merci pour ton engagement. Et bon vent, Olivier! 4

tribune

N°1

© arc

merci à olivier duvoisin

un secrétariat général renouvelé PHILIPPE MIAUTON (À DROITE CI-DESSUS) EST DÉSORMAIS LE NOUVEAU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU PLR VAUD. SECONDÉ PAR NICOLAS TRIPET AU POSTE DE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ADJOINT, IL PREND LA TÊTE D’UNE ÉQUIPE RÉORGANISÉE. Le secrétariat administratif se compose d’Isalyne Jordan, entrée en fonction mi-août et de Martine Perey, en poste au PLV depuis plusieurs années. Gilles Meystre, ancien rédacteur en chef de la Nouvelle Revue, a choisi d’assurer le lancement des premiers numéros de Tribune, puis, dès janvier, de renforcer son temps de travail au sein de la direction de Gastrovaud. Fabienne Guignard prendra alors son relai aux commandes de notre nouveau journal. Daniel Barouch a quitté ses fonctions de secrétaire politique du PLV à fin septembre, pour rejoindre le staff du World Economic Forum (WEF). Quant à Olivier Duvoisin, après dix ans d’activités en qualité de secrétaire général des Radicaux vaudois, il relève de nouveaux défis au sein de l’Organisme pour le perfectionnement scolaire, la transition et l’insertion professionnelle (OPTI), où il a été nommé administrateur.

bio express de philippe miauton Une maturité latin-grec en poche, Philippe Miauton a suivi des études de philosophie et de sciences politiques. Il se dirigera ensuite vers le journalisme, métier qu’il exerce de 2002 à 2009 notamment au journal Le Temps. Il occupe depuis quatre ans le poste de porte-parole francophone du PLR suisse, tout en étant secrétaire romand et secrétaire des parlementaires latins.

C’est donc un homme d’expérience et un connaisseur des réseaux fédéraux que le nouveau parti vient de désigner, pour mettre en place la direction opérationnelle vaudoise du PLR. Un beau défi pour ce Vaudois de 33 ans, père depuis quelques mois d’un petit Gaspar. Vous retrouverez dans la prochaine édition de la Tribune une interview complète de notre nouveau secrétaire général.


frédéric borloz : premier président du plr vaud suite de la page 3 les politiques se font de plus en plus à tous les échelons de la vie publique. Il est donc important d’avoir des relais constructifs et coordonnés pour modifier telle ou telle loi et règlement. Ce lien privilégié est d’une redoutable efficacité quand il est bien compris. J’espère y parvenir. On vous sait attaché à la jeunesse du parti. Vous avez demandé à Oriane Engel, présidente des Jeunes PLR vaudois de vous présenter au Congrès. Une belle preuve de confiance? J’ai moi-même commencé très jeune en adhérant aux Jeunes radicaux. Je sais donc à quel point cette formation dès le plus jeune âge peut avoir de l’influence pour la poursuite d’une carrière. La relève est ainsi fondamentale pour tout parti qui veut jouer un rôle capital dans l’avenir du canton. Il y a au sein du PLR une foule de jeunes talents qui font déjà parler d’eux et d’autres que l’on va voir arriver très rapidement. C’est cela aussi le PLR, un parti qui regarde devant. Si, à l’orée de mes 30 ans, un membre ne m’avait pas poussé à me lancer en politique, je n’aurais pu, 15 ans plus tard, briguer la présidence de notre parti!

Catherine Labouchère et Christelle Luisier: deux présidentes satisfaites de la naissance de leur bébé, le PLR Vaud. Et soulagées!

florence gross et mathieu blanc, vice-présidents

Philippe Müller, président du PLR Suisse, est venu saluer les délégués vaudois.

La nouveauté n’exclut pas la tradition. A l’issue

EN DÉSIGNANT SES DEUX VICE-PRÉSIDENTS, LE CONGRÈS PLR A RÉSOLUMENT FAIT CONFIANCE À LA JEUNE GÉNÉRATION. FLORENCE GROSS ET MATHIEU BLANC, TOUS DEUX ÂGÉS D’À PEINE PLUS DE TRENTE ANS, ONT D’ORES ET DÉJÀ FAIT LEUR PREUVE DANS LE MONDE POLITIQUE ET ASSOCIATIF.

de l’assemblée, un verre gravé a été remis à chaque délégué, en souvenir de l’événement.

Merci à tous les candidats, Jacques Décosterd, Tristan Gratier, Nicolas Leuba et Carole Schelker, de s’être mis ainsi à la disposition du parti et de jouer ainsi le jeu de la démocratie. N°1

tribune

5


dossier spécial sécurité

2012, année de l’(in)sécurité ?

par Gilles Meystre, rédacteur en chef

«LAUSANNE, CARREFOUR DE LA DROGUE. LA POLICE EST DÉBORDÉE, LES DEALERS TRAVAILLENT AU GRAND JOUR, LA POPULATION EST EXCÉDÉE»… C’EST AINSI QUE L’ILLUSTRÉ TITRAIT SA UNE LE 14 JUILLET… 1999. TREIZE ANS PLUS TARD, LES PROBLÈMES N’ONT PAS CHANGÉ. PIRE: ILS SE SONT ACCENTUÉS, AVEC LA PRÉSENCE DE LA MENDICITÉ ORGANISÉE ET DE NUITS TOUJOURS PLUS AGITÉES. GROS PLAN SUR LES ENJEUX DE LA CAPITALE VAUDOISE. Face à la multiplication des problèmes, les Lausannois se demandent presque quotidiennement: «Que font les politiques?». Les Vaudois également, effrayés par l’image que donne leur capitale. La récente intervention coup de poing ordonnée par le Conseil cantonal de sécurité sur la Riponne sonne comme une reprise en main, certes tardive mais bienvenue. Elle relève bien sûr davantage de la démonstration de force que d’un plan d’action global et durable. Mais elle a l’avantage de rappeler qui commande: l’Etat, et non les dealers. Reste que la drogue n’est qu’une partie d’un problème beaucoup plus vaste.

RÉTABLIR L’AUTORITÉ Mendicité, violence, deal: à chaque fois que ces problèmes font l’actualité, la Municipalité se décharge. Invariablement, ses réponses sont de deux types: soit elle n’y peut publicité

rien, les solutions étant dans les mains du Canton ou de la Confédération, soit elle se gausse de ses interlocuteurs et de la presse, qu’elle accuse de grossir le trait outre mesure. Lâcheté et déni de réalité ne résoudront rien. Le départ de Marc Vuilleumier changera-t-il la donne? On observera avec intérêt les premières mesures de Grégoire Junod.

MENDICITÉ: IL EST TEMPS DE VOTER! C’est en mars 2011 déjà que le PLR lausannois déposait son initiative «Stop à la mendicité», emmené par Mathieu Blanc. Après des mois de tergiversations, la Municipalité a présenté cet été un contre-projet intitulé «Restreindre la mendicité sans criminaliser la pauvreté». La commission ad hoc chargée de son examen a presque achevé ses travaux. Mais quelle sera l’attitude du Conseil communal? Maintiendra-il les avancées permises par le PLR et inscrites dans ce préavis? Ou le videra-t-il de son contenu? L’Exécutif n’est pas seul attendu au tournant…

NUITS LAUSANNOISES: PLACE À LA RAISON Rixes nocturnes et meurtres ont plusieurs fois fait l’actualité depuis le mois de mai. Alors que le PLR et plusieurs associations économiques demandaient la tenue d’Etats généraux des nuits lausannoises, la Municipalité a préféré des auditions sectorielles. Achevées, elles devraient déboucher prochainement sur la présentation d’un préavis. Mais que contiendra-t-il? Une foule d’interdits facilement contournables (vente d’alcool dès 19 h, heure blanche, interdiction des couteaux), ou des mesures ciblées? Et qui le défendra? Grégoire Junod, nouveau municipal de police absent des auditions, ou Marc Vuilleumier, qui a conservé la Police du commerce, dont nombre de règlements sont en lien plus ou moins direct avec les récents débordements (alcool, heure de fermeture des clubs, etc.)? Les réponses à l’ensemble de ces interrogations seront connues ces prochains mois. Et le développement de plusieurs dossiers-clés se poursuivra, tant à l’échelle cantonale que fédérale: police coordonnée, renforcement de la chaîne pénale, réforme des joursamende, etc. Bref, on aura rarement autant parlé de sécurité. Mais va-t-on vraiment l’améliorer? Affaire à suivre. 6

tribune

N°1


commentaire

du côté de la justice

le besoin d’innover

des assises de la chaîne pénale - enfin !

On a souvent dit que le sentiment d’insécurité était subjectif, se reposant, pour justifier l’affirmation, sur des statistiques qui montraient que la situation n’était finalement pas si terrible. La gauche lausannoise était tout particulièrement coutumière du fait. Très encline à ne pas voir le mal là où il est, elle minimisait la réalité du terrain. Mendicité organisée, cambriolages et petits larcins, incivilités, occupation illicite de territoires et scènes de la drogue sont aujourd’hui des actions faisant partie du quotidien. Presque normales. La population en vient à se poser la question des milices privées, pour des missions particulières comme la sécurité de manifestations officielles ou de terrains agricoles. Pour la sécurité de quartiers résidentiels aussi, par des regroupements de propriétaires qui cherchent le moyen de vivre en paix. Est-ce inconscient d’imaginer confier à d’autres organismes que l’Etat la prise en charge de missions de sécurité? Une démarche à coordonner avec la police cantonale ou communale, munie de garde-fous bien sûr pour éviter tout débordement et prise de pouvoir. Ces milices pourraient ainsi s’avérer une solution transitoire efficace dans l’attente des 300 policiers dont le Canton a besoin. Pourquoi pas? L’évolution rapide de cette criminalité, toujours plus violente, dont les acteurs ne craignent plus les représentants des forces de l’ordre ne nécessiterait-elle pas aussi une évolution du profil du policier? On a souvent l’impression que, sur le terrain, seuls de très jeunes agents, sans beaucoup d’expérience, ont pour mission de faire respecter l’ordre. Soyons clairs, ils ne font peur à personne. Il ne suffit pas d’avoir une matraque et des menottes à la ceinture pour inspirer le respect. Quelles solutions quand on manque d’effectifs? Voilà un gros défi pour la police d’aujourd’hui. Une police coordonnée romande – idée lancée par le PLR genevois Pierre Maudet – n’est-elle pas elle aussi une nécessité à moyen et long terme, à l’instar des régions qui ont déjà pris le pas sur l’autonomie communale dans bien des domaines? Le fédéralisme est bien sûr un enjeu politique d’importance, mais les problèmes sont si prégnants qu’il faut envisager cette proposition sans tabou. Mais tout ce petit monde, quand il est attrapé et condamné, n’a plus de chambres ou résider… Les prisons sont pleines. On parle de «Portakabin» pour prisonniers. L’idée est séduisante. On a bien créé dans les pays nordiques des immeubles estudiantins constitués uniquement de containers individualisés, avec commodités. Idée reprise aussi pour des logements sociaux de première urgence. Pourquoi ne pas envisager, pour les petits délinquants, cette forme de logement ? Elle assurerait la détention nécessaire à la peine tout en évitant la cohabitation avec des bandits de plus haut vol. A moindre frais. La chaîne pénale se doit d’être adaptée, et très vite, à l’évolution de la délinquance. Le sujet n’est pas simple et les solutions doivent être créatives. Qui a dit qu’il était facile d’être iconoclastes? (FG)

par Marc-Olivier Buffat, député Lors de sa séance du 4 septembre 2012, le Grand Conseil a admis à une très large majorité une détermination du PLR tendant à la tenue d’assises de la chaîne pénale. Cette décision confirme la volonté politique très forte d’analyser en profondeur, et non au coup par coup, la problématique des moyens à mettre en œuvre pour garantir une meilleure sécurité et assurer un système de répression à la fois rapide et sûr. Cette analyse devra porter sur les effectifs de police cantonaux et communaux, mais également définir des priorités. Cette réflexion doit également s’accompagner de mesures urgentes visant les modalités de la répression et son exécution. Les interventions policières effectuées récemment ont permis de mettre en lumière la problématique: au-delà des contrôles et des interpellations, nombre de délinquants doivent être relâchés au bénéfice d’amendes avec sursis. Amendes qu’ils sont incapables de payer autrement qu’en commettant de nouveaux délits! La réforme du code pénal permettant la réintroduction des courtes peines détention est déjà à l’étude aux Chambres fédérales et pourrait être adopté en 2013. Cette réforme souhaitée de longue date par le PLR, posera de façon accrue la question du nombre de places dans les prisons qu’il s’agira donc d’augmenter, cas échéant avec de nouveaux projets d’établissements pénitentiaires pouvant associer d’autres cantons. Pour assurer un suivi rapide et efficace de la chaîne pénale, il convient de disposer de moyens nécessaires dans le cadre judiciaire également, soit par un renforcement des effectifs, soit en les optimisant. Enfin, une réforme des dispositions de la procédure pénale doit être sérieusement étudiée, cas échéant proposée par le canton de Vaud à Berne. En effet, les dispositions du Code de procédure pénale suisse, entré en vigueur au 1er janvier 2011, entraînent souvent des difficultés administratives inutiles et chronophages dans la pratique. Une simplification est donc souhaitable à brefs délais, indépendamment des droits de la défense qui doivent être garantis. Cet enjeu, qui concerne plusieurs départements, doit mobiliser toutes les forces politiques, tant l’urgence est manifeste. Nous espérons que ces assises déboucheront sur des propositions concrètes et ne se limiteront pas à une simple table ronde. Nous y veillerons.

sur le terrain

ne pas se tromper de vis... par Gilles Meystre, rédacteur en chef Déterminé. C’est ainsi que Grégoire Junod s’est présenté aux médias, à l’heure d’annoncer qu’il reprenait la charge de la police lausannoise des mains du popiste Marc Vuilleumier. Déclarant vouloir rendre aux habitants l’espace public que se sont appropriés les dealers, le socialiste a également promis de serrer la vis aux consommateurs. Voilà qui en jette. Voilà qui contraste avec l’apathie de son successeur, plus prompt à étudier qu’à agir, plus proche des paumés que des citoyens excédés. Opération communication réussie, donc. Pourtant, la promesse de rendre la vie difficile aux consommateurs paraît davantage guidée par la précipitation que par une appréciation réfléchie de la situation. Car cette offensive créera plus de problèmes qu’elle n’en résoudra… Premièrement, elle dispersera les drogués, et avec eux, leur cortège de seringues usagées qui finiront dans les arrière-cours d’immeubles et les préaux. Deuxièmement, elle surchargera les policiers, qui doivent s’attaquer en priorité aux dealers plutôt qu’aux accidentés de la vie. Bien sûr qu’il faut traquer les premiers avec fermeté et sévérité. Mais il faut aussi pouvoir localiser les seconds, pour les orienter vers des structures qui pourront les aider. Troisièmement, elle noyera davantage encore la justice, qui peine à traiter ses dossiers. Enfin, et c’est là le plus grave, elle risque bien de gonfler la foule des marginaux qui squatte le centre-ville aujourd’hui. Cette foule, c’est en effet la pointe visible de l’iceberg. L’autre face cache de nombreux consommateurs occasionnels. Des citoyens intégrés, socialement et professionnellement, mais qui flirtent parfois avec la ligne rouge. Des cadres sur-stressés, qu’un peu de coke détend. Des pères et des mères de famille, adeptes d’occasionnelles visites aux paradis artificiels pour échapper à leur enfer quotidien. Les traquer et les sanctionner, c’est les pénaliser – au propre comme au figuré. C’est charger leur casier judiciaire et les entrainer dans un engrenage fait de discrédit et de chômage. Bref, c’est les faire plonger. Alors, direz-vous, autant fermer les yeux et laisser-faire? Non. Mais présenter, enfin, un dispositif d’aide aux toxicomanes, attendus depuis des années mais éternellement reporté. C’est sur ce plan-là qu’un serrage de vis est nécessaire. A Grégoire Junod d’y procéder, en mettant la pression sur sa Municipalité. N°1

tribune

7


dossier spécial sécurité

le point avec jacqueline de quattro

NOTRE PAYS EST DEVENU LE TERRAIN DE CHASSE DES MALFRATS. EN 2011, LA SUISSE A CONNU PAR EXEMPLE UNE AUGMENTATION DE 16 % DES VOLS COMMIS PAR EFFRACTION ET À L’ARRACHÉ. SANS COMPTER LES VOLS DE VOITURE. LES POLICES CANTONALES ROMANDES EXPLIQUENT CETTE HAUSSE DE LA CRIMINALITÉ NOTAMMENT PAR LE TOURISME CRIMINEL DES BANLIEUES FRANÇAISES, DES RESSORTISSANTS DES BALKANS OU DES PAYS DE L’EST ET DES IMMIGRANTS DU MAGHREB, VENUS PAR L’ITALIE APRÈS LE PRINTEMPS ARABE. POINT DE SITUATION AVEC JACQUELINE DE QUATTRO, CONSEILLÈRE D’ÉTAT EN CHARGE DE LA SÉCURITÉ. Jacqueline de Quattro, tous les cantons romands sont-ils confrontés au même phénomène? Absolument. Les scènes de violence sont devenues le quotidien des Romands. J’en veux pour preuve: le directeur d’une entreprise horlogère et son amie séquestrés par des malfrats dans le Jura. Même scénario dans le canton de Neuchâtel. Genève est devenu la destination privilégiée des gangs lyonnais. Fribourg enregistre en 2011 une hausse des vols sur l’espace public (+ 30 %). Les rixes au couteau à la sortie

des discothèques ou dans les gares se multiplient. Et les dealers pourrissent la vie de certains quartiers de nos villes. Et dans le canton de Vaud ? Dans notre canton, les dernières statistiques vaudoises démontrent une hausse de 19 % des infractions au Code pénal, de 16 % de la loi sur les stupéfiants et de 26 % de la loi sur les étrangers entre 2010 et 2011. Nous avons pris les mesures qui étaient de notre domaine de compétence afin d’anticiper les besoins en matière de

publicité

Mieux entendre… pour mieux vivre

MONTREUX

Av. des Alpes 25 Tél. 021 963 32 20

YVERDON

Rue du Midi 13 Tél. 024 425 32 30

RENENS

Rue de la Mèbre 8 Tél. 021 635 45 00

Pierre-E. Duvoisin Audioprothésiste Brevet fédéral

www.correction-auditive.ch

8

tribune

N°1

Carl Schleicher Audioprothésiste diplômé

sécurité. La lutte contre la criminalité est un combat de tous les jours. Quelles sont ces mesures? Les Etats généraux que j’ai organisés en 2008 ont débouché sur une limitation des ventes d’alcool lors de manifestations entre 4 heures et 10 heures du matin. Les préfets ont été mandatés pour coordonner les efforts de prévention auprès de la population. Et de nouvelles possibilités de sanctions et de réparations ont été développées par le biais des travaux d’intérêt général. Nous avons aussi serré la vis aux casseurs en interdisant par le biais d’une loi, les cagoules et les objets dangereux dans les manifestations. La réforme de la police vaudoise contribue-t-elle aussi à renforcer la sécurité? Certainement. La réforme, qui est entrée en vigueur au début de l’année, permet de mieux coordonner les ressources des neuf corps de police communaux et intercommunaux et celles de la police cantonale. Cette coordination fonctionne comme l’a démontré l’opération «coup poing» contre les dealers il y a quelques jours à Lausanne où la Gendarmerie cantonale a appuyé la police municipale. Faudrait-il davantage d’effectifs? Oui. Les effectifs policiers n’ont suivi ni

l’évolution de la criminalité ni l’augmentation démographique. Il manque en Suisse entre 1500 et 3000 policiers. Pour le canton de Vaud, le ratio en fonction de la population serait de 300 policiers. Grâce à la réforme policière, nous aurons 200 nouveaux engagements dont 150 ont déjà été décidés et attribués à la Police cantonale d’ici 2017, répartis dans l’ensemble des corps. Les lois fédérales sont-elles adaptées à l’évolution de la criminalité? Non. La suppression des jours-amende est un progrès. Mais cela ne suffit pas. Pour contrer efficacement la progression de la criminalité, la Confédération doit d’urgence modifier le Code pénal, le Code de procédure pénale et la Loi fédérale sur les stupéfiants. La Task Force «sécurité» du parti suisse, que je préside va, ce mois faire des propositions concrètes pour modifier ces lois. Comment peut-on contrer la criminalité transfrontalière? Il me faut davantage de garde-frontières. Nous devons renforcer les contrôles volants aux frontières et resserrer nos liens avec les forces de l’ordre françaises. Et je reste persuadée qu’une discussion sur les Accords de Schengen s’impose.


la chronique d’uli windisch

un nouveau fossé politique entre base et élite : à droite ? ON CONNAÎT LES DIFFICULTÉS DES DIFFÉRENTS COURANTS ET PARTIS POLITIQUES DE LA DROITE EN SUISSE À PARVENIR À DES ALLIANCES OU MÊME À DES ENTENTES PONCTUELLES. SOUVENT, LA GAUCHE TENTE DE QUALIFIER L’UDC D’EXTRÊME-DROITE, IMITÉE PAR UNE DROITE QUI TOMBE AINSI DANS LE PANNEAU, QUITTE À PERDRE LES ÉLECTIONS LES UNES APRÈS LES AUTRES. IL N’A POURTANT JAMAIS ÉTÉ NÉCESSAIRE DE PARTAGER TOUS LES POINTS DE VUE SUR TOUS LES PROBLÈMES POUR TROUVER UN MINIMUM D’ENTENTE ET GAGNER AINSI LES ÉLECTIONS… LA DROITE SE LAISSE INTIMIDER PAR LA GAUCHE Mais la droite se laisse souvent intimider par la gauche jusqu’à partager sa définition de l’UDC. On passe aussi beaucoup de temps, à droite, pour dire que c’est l’UDC qui est responsable de l’absence d’accord et qu’il y a tout de même de trop grandes différences sur certains points et valeurs. Pensez-vous que la gauche se pose ce genre de question? Malgré le passé du communisme, la gauche n’a pas ce genre de scrupules et n’hésite pas à s’allier avec lui, sous son appellation originale ou réécrite en termes plus acceptables, et avec évidemment le mot démocratique à quelque part.

LE CAS BAYROU OU LE GRAND NIGAUD Regardez un peu ce qui s’est passé en France lors des dernières présidentielles: le pays est largement à droite, mais se retrouve avec la gauche au pouvoir, et pas une gauche

Professeur et sociologue, Uli Windisch est le créateur du Master et de l’Ecole doctorale en communication, médias et journalisme à l’Université de Genève. Auteur d’une quinzaine d’ouvrages consacrés principalement aux spécificités politico-culturelles de la Suisse, il est également responsable du site d’opinion www.lesobservateurs.ch, dont l’objectif consiste à offrir une «vision de l’actualité suisse libérée de la pensée unique». Par cette chronique, Tribune inaugure une collaboration qui prendra la forme d’un échange de réflexions à paraître simultanément dans ses pages et sur

modérée. Dans ce cas-là, le plus grand nigaud a certainement été François Bayrou, qui a appelé à voter pour la gauche en espérant un «retour sur investissement». De retour? Il n’y en a point eu. Il s’est ensuite fait battre dans sa propre ville de Pau aux législatives, par le maintien du candidat socialiste. «Sectarisme» a répondu le naïf! La gauche est ainsi. Qu’on se le dise!

LA BASE DES PARTIS DE DROITE NE VEUT PAS DES QUERELLES DES DIRIGEANTS? Nous sommes là chez l’élite politique. Mais que se passe-t-il à la base? Un sondage français TNS Sofres Sopra Group, pour i>Télé, du 31 mai 2012 démontre que 64 % des électeurs du Front national et 55 % de ceux de l’UMP souhaitaient des accords électoraux aux élections législatives des 10 et 17 juin en France, cela au cas par cas sur le plan local. 62 % des sympathisants du FN étaient même favorables à un accord électoral national, contre 32% des sympathisants UMP. La situation n’est certainement pas très différente en Suisse, où chaque parti renvoie la faute d’une absence d’accord, même minimal, à l’autre…

APRÈS LA FRUSTRATION, L’ABSTENTION? Leçon à tirer: à force de perdre les élections, les différentes droites veulent-elles également perdre leurs électeurs, qui, toujours plus frustrés par cette situation, finiront par ne plus croire dans la politique et, dégoûtés, s’abstiendront encore davantage. Encore une fois, au profit de qui? Uli Windisch

d’autres commentaires d’actualité sur

www.lesobservateurs.ch publicité

N°1

tribune

9


actualité fédérale

session d’automne : bilan positif pour le plr

LE PLR.LES LIBÉRAUX-RADICAUX TIRE UN BILAN POSITIF DE CETTE SESSION D’AUTOMNE, DURANT LAQUELLE DES PROGRÈS IMPORTANTS ONT PU ÊTRE RÉALISÉS, TOUT PARTICULIÈREMENT EN MATIÈRE D’AGRICULTURE. LES PRINCIPAUX SUCCÈS DU GROUPE PARLEMENTAIRE PLR SONT: AGRICULTURE Les Libéraux-Radicaux se réjouissent que la majorité des points de la politique agricole 2014-2017 (PA 14-17) du conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann a été soutenue par le Conseil national. Une des évolutions principales est l’amélioration des paiements directs, la logique de subvention est abandonnée au profit d’une distribution en fonction de la surface herbagère. La PA 14-17 reste une réforme modérée. Autrement dit,

les paysans qui jouent un rôle important pour notre pays continueront ainsi de recevoir environ 3,7 milliards de francs de prestations de soutien.

RÉVISION DE LA LOI SUR L’ASILE Le parti suisse est satisfait du résultat de la révision de la loi sur l’asile dans laquelle il est parvenu à faire valoir ses propositions. La Chambre des cantons s’est prononcée

publicité

L’Université pour le service public

PhD

DOCTORAT EN ADMINISTRATION PUBLIQUE

MPA

MASTER OF PUBLIC ADMINISTRATION

iMPA

INTERNATIONAL MASTER OF PUBLIC ADMINISTRATION

Master PMP CEMAP SSC MASTER OF ARTS IN PUBLIC MANAGEMENT AND POLICY

CERTIFICAT EXÉCUTIF EN MANAGEMENT ET ACTION PUBLIQUE

SÉMINAIRE POUR SPÉCIALISTES ET CADRES

Institut de hautes études en administration publique Swiss Graduate School of Public Administration

www.idheap.ch/diplomes

10

tribune

N°1


pour que le Conseil fédéral puisse tester de nouvelles procédures en matière d’asile, cela même en dehors du cadre légal. Les parlementaires ont insisté pour inscrire cette possibilité dans le volet urgent de la révision de la loi sur l’asile. Les mesures adoptées ne suffiront pas à résoudre le chaos de l’asile du jour au lendemain. Néanmoins, elles permettront d’apporter des améliorations ciblées.

GRIPEN Les Libéraux-Radicaux souhaitent une armée forte, y compris sa flotte aérienne. Pour cette raison, les nouveaux avions doivent pouvoir passer la rampe du référendum. C’est pourquoi le parti suisse attend des réponses rapides aux nombreuses questions encore ouvertes, avant de pouvoir se prononcer sur le projet Gripen. Une lettre commune des partis bourgeois, PLR, PDC, PBD et Vert’libéraux a été adressée à la présidente de la Confédération avec la requête expresse de fournir des réponses.

GARDE PARTAGÉE Désormais la garde conjointe sera la norme appliquée, peu importe l’état civil des parents. Ce choix profite avant tout au bien-être de l’enfant. En même temps, elle permet de faire avancer l’égalité entre les hommes et les femmes au sein de la société. Cette évolution réjouit le parti libéral-radical.

peuple. Le débat a été l’occasion de souligner une belle opportunité de renforcer les liens avec le deuxième partenaire économique de la Suisse. Finalement, le Conseil national a abandonné le projet à une amende de 200 francs dans la révision de la loi sur les stupéfiants. Désormais les adultes qui fument des joints pourront s’acquitter d’une amende de 100 francs et donc échapper aux poursuites pénales, pour autant qu’ils ne possèdent pas plus de 10 grammes de cannabis. PLR Suisse publicité

50 ans de solutions

Ces quatre thèmes représentent les sujets phares de cette session. Concernant les autres votes, il faut retenir la marche à pas feutré du Conseil des Etats vers la libéralisation des horaires des magasins. En effet, il voit d’un bon œil que tous les commerces de Suisse puissent rester ouverts a moins jusqu’à 20h. Affaire à suivre au Conseil national désormais.

DUMPING SALARIAL, VIGNETTE, HOOLIGANS Dans les autres décisions du Conseil des Etats, la responsabilité solidaire a été acceptée, autrement dit, il y aura un renforcement du dispositif contre le dumping salarial. Les entrepreneurs suisses du secteur de la construction doivent se porter garants pour les salaires et les conditions de travail pratiqués par leurs sous-traitants européens. En matière de routes nationales, les parlementaires des Etats ont revu les tronçons retenus par leurs collègues du Conseil national. Le réseau routier devrait s’allonger d’un peu plus de 370 km d’asphalte. Cette extension sera financée en partie par la vignette autoroutière puisque son prix passera à 100 francs. Finalement, les représentants des cantons ont refusé l’initiative populaire de l’UDC réclamant une élection du Conseil fédéral par le peuple. La majorité a souhaité le statu quo. Le système actuel a fait ses preuves et il n’y aurait que des inconvénients à le changer. Le National doit encore se prononcer. Quant au Conseil national, il a accepté une motion qui souhaite pouvoir interdire les hooligans des transports publics. La loi actuelle ne permet pas de renvoyer un voyageur muni d’un titre de transport valide. Cette motion doit être encore traitée au Conseil des Etats. Un crédit de 23,1 millions de francs, destiné à la participation de la Suisse à l’Exposition universelle de Milan en 2015, a été accordé par la chambre du

Boand & Maccagni SA – Installations sanitaires Dépannage - Entretien - Rénovation Rue de la Pontaise 23 - Case postale 62 CH - 1018 Lausanne 18 Tél. + 41 21 646 80 80 Fax + 41 21 646 86 42 boand.sanitaire@swissonline.ch www.boand.ch

N°1

tribune

11


conseil national

ogm : les ayatollahs de la bêtise

par Fathi Derder, conseiller national PLR VD

MEMBRE DE LA COMMISSION FÉDÉRALE DE LA SCIENCE, DE L’ÉDUCATION ET DE LA CULTURE, FATHI DERDER REVIENT SUR LES CONTROVERSES NÉES SUITE À LA PUBLICATION D’UNE ENQUÊTE FRANÇAISE SUJETTE À CAUTION SUR LES OGM. La récente actualité autour des OGM est intéressante. Notamment pour comprendre le fonctionnement de certains élus à Berne. La Confédération a dépensé 12 millions de francs, et des années d’études, pour un programme national de recherche sur les OGM. Au mois d’août, les chercheurs ont présenté leurs conclusions en Commission de la science. Il fallait voir, et entendre, la rage des élus (verts et vert’libéraux). J’étais sidéré: ils ont agressé les scientifiques venus nous parler poliment. La raison de leur courroux? Les conclusions n’étaient pas celles qu’ils attendaient. Tout bêtement. En les accusant de partialité, mes collègues se sont mis à expliquer leur métier aux scientifiques. Faisant fi de toute humilité, ils prétendaient mieux connaître le sujet.

Certains revendiquèrent de lointaines études pour justifier leurs propos. En ignorant qu’ils parlaient à des gens dont c’était la spécialité et le métier aujourd’hui. Pas hier, ou avant-hier, non: aujourd’hui. Et qui venaient de passer cinq ans à travailler d’arrache-pied.

le plus inquiétant est philosophique : mes collègues revendiquent le droit à l’ignorance...

Ces parlementaires sont dangereux pour notre système démocratique. Au nom de leurs dogmes et de leurs convictions, ils sont prêts à tout piétiner. Y compris le travail de scientifiques payés par le contribuable. En fait, et c’est cela qui est grave: ils ne veulent même pas les écouter. Par contre, quand arrive de France, une «enquête» scientifique farfelue, bricolée par des rois du marketing médiatique, les mêmes élus se saisissent des conclusions, car elles vont dans leur sens. Les Verts déposent alors une interpellation auprès du Conseil fédéral. Sous-entendu: le rapport de la Confédération est malhonnête, le chercheur de l’Université de Caen (!) dit la vérité. C’est grave. Comme on pouvait bien l’imaginer, l’enquête française est farfelue. La communauté scientifique dans son ensemble en condamne les méthodes. Mais nos élus ne s’en préoccupent pas: ils préfèrent dénigrer le système, et accusent le rapport de la Confédération d’être biaisé. Nos élus verts créent ainsi un climat de suspicion. Et décrédibilisent l’ensemble de la classe politique. Enfin, le plus inquiétant dans ce débat est philosophique: mes collègues revendiquent le droit à l’ignorance. Ils préfèrent garder leurs convictions, et leurs dogmes, plutôt que de progresser. C’est le règne des ayatollahs de la bêtise.

publicité

Fathi Derder 12

tribune

N°1


la chronique de pascal décaillet Cette histoire, considérée d’aujourd’hui, pourrait être un roman. Et s’appeler Vingt ans après. Deux décennies, ça passe si vite, ça vous file entre les doigts, ça vous renvoie à la fragilité des causes qu’on croyait grandes, la vôtre aussi, la vie qui fuse, la vie qui va. Il y a juste vingt ans, c’était cet automne un peu fou où l’on s’imaginait encore que la Suisse allait s’ouvrir, se fondre dans l’Europe comme Rhône en mer, aux Saintes Maries. Le 27 septembre 1992, c’était le oui aux transversales alpines, Ogi triomphait, on allait enfin les creuser, ces tunnels, désenclaver le

20 ans après

il y a juste vingt ans, c’était cet automne un peu fou où l’on s’imaginait encore que la suisse allait s’ouvrir, se fondre dans l’europe comme rhône-en-mer, aux saintes-maries.

pays. Le même jour, certes du bout des lèvres, la France acceptait Maastricht, l’Europe était, pour beaucoup d’entre nous, un horizon. Il faisait encore beau, j’étais imprégné, pour ma part, de l’esprit de Porto, où j’avais accompagné, le 1er mai, Jean-Pascal Delamuraz, pour la signature de l’Espace économique européen. Ce qui allait se passer deux mois et dix jours plus tard, très peu, en Suisse romande, le pressentaient. Du 27 septembre au 6 décembre, intense campagne. L’une des plus folles qu’il m’ait été donné de suivre. Delamuraz qui nous envoûtait, avec ses rêves d’ouverture. Blocher que nous sous-estimions, malgré nos nombreux reportages en Suisse alémanique.

J’habitais Berne, j’étais correspondant au Palais fédéral, j’ai couvert la campagne, il me semblait bien que le oui allait l’emporter. Ce fut le non. Le lundi 7 décembre aura été une triste et rude journée qui ressemblait à l’hiver, on nous avait dit «dimanche noir», la veille, il y avait comme l’ombre du sinistre

qui trottait dans nos âmes. Oui, je le reconnais, j’ai fait partie des mauvais perdants, maudissant la Suisse alémanique. Oui, je m’étais laissé avoir par le charme immense du conseiller fédéral vaudois, je l’admirais, il incarnait pour moi la puissance républicaine, la simplicité, la force de la Suisse.

Vingt ans plus tard, l’admiration que je porte à cet homme est toujours là, intacte. Non pour ses victoires, puisqu’en l’espèce il y eut défaite. Mais pour le courage de son engagement, la folie de sa vie, la passion politique jusque dans l’excès, la foi républicaine, la verticalité de son style. Il était un homme debout, ne menait pas une carrière, en tout cas pas plus sur la fin: il me donnait l’impression d’accomplir un destin. On dira que j’idéalise, et c’est sans doute un peu vrai, disons la posture du romantique qui aurait juste un peu connu l’Empire et s’emmerderait pas mal sous la Restauration. Car il était, cet homme, de la fibre des grognards, âpre à la tâche, joyeux, rougeaud dans les aubes glacées et les heures trop pâles de la nuit, jamais plus heureux que dans la charge du combat, sous le son du clairon. Vingt années sont passées. Il y eut une autre épopée, celle de Blocher, il y eut l’avènement d’un pays plus prudent. Non pas fermé, mais moins audacieux, plus économe de son risque. Et il est là, ce pays, avec la puissance de sa terre, le travail de ses racines. Le laboureur passe, le champ demeure. L’enjeu étaitil vraiment, avec un recul de vingt ans, d’accepter ou non une construction complexe, nous parachevant dans notre éternel statut d’exception, dans une sorte d’extase du strapontin que les opposants, après tout, avaient bien le droit de ne pas partager. Non. L’important, c’est la trace laissée par cet homme, Jean-Pascal Delamuraz, la qualité de son être, l’intensité de son attachement au pays. Cela, ma vie durant, m’accompagnera. Hommage à lui. Pascal Décaillet

publicité

> imprimés publicitaires

0

840 040

08

4

> mailings adressés

.ch

. bva

> e-mailings

TO

Z

!

ww w

UCH

E

BVA Logistique SA | Ch. de Maillefer 41 | CP 32 | 1052 Le Mont-sur-Lausanne | T: 0840 840 040 | F: 021 642 01 21 | info@bva.ch | www.bva.ch


interview

rosebud : pascal broulis répond aux interrogations

EN JUIN DERNIER, LE GRAND CONSEIL VOTAIT UN CRÉDIT D’OUVRAGE DE 15.52 MILLIONS EN FAVEUR DU PROJET DE NOUVEAU PARLEMENT, ROSEBUD. FACE AU SUCCÈS DU RÉFÉRENDUM «NON AU TOIT» MUNI DE 16 289 SIGNATURES, LES AUTORITÉS VAUDOISES SONT AUJOURD’HUI CONTRAINTES DE RÉVISER LEUR COPIE, EN ENVISAGEANT TROIS OPTIONS: SOIT ABROGER LE DÉCRET (CE QUI RENDRAIT LE RÉFÉRENDUM CADUC) ET AMÉLIORER LE PROJET (VOIRE REPARTIR DE ZÉRO), SOIT NE RIEN FAIRE ET SOUMETTRE LE PROJET TEL QUEL AU VOTE POPULAIRE, SOIT MAINTENIR LE DÉCRET, RÉVISER LE PROJET ET LE SOUMETTRE AUX VAUDOIS. INTERVIEW DE PASCAL BROULIS, CONSEILLER D’ÉTAT EN CHARGE DU DOSSIER. Pascal Broulis, les députés privilégient la solution de l’abrogation du décret, rendant de facto caduc le vote populaire. Un manque de courage? Le but est de reconstruire sur son emplacement historique un Parlement moderne représentatif de cette institution. Tenant compte de l’avis populaire que représente l’aboutissement du référendum «Non au Toit», le Conseil d’Etat et le Grand Conseil cherchent aujourd’hui le meilleur moyen d’y parvenir, et je crois qu’il est normal que les députés se sentent très concernés par l’avenir de ce qui sera leur maison. publicité

HSB Brûleurs et systèmes

Tél. : +41 21 637 37 17

de chauffages SA

Fax: +41 21 637 37 15

Chemin de Mongevon 6 1023 Crissier

14

tribune

N°1

crissier@hsb.ch www.hsb.ch

François Marthaler disait le projet intangible. Or, aujourd’hui, le Conseil d’Etat envisage des modifications substantielles de l’architecture et de la couverture du toit. Une surprenante pirouette, non? C’est un choix, et qui dit choix dit renoncement. Le parti pris initial était un toit assurant une circulation d’air optimale, un éclairage zénithal naturel, et un chauffage économe en ressources énergétiques, grâce au matériau métallique – de l’inox étamé – retenu comme revêtement. En choisissant un revêtement de tuiles, pour répondre à l’une des critiques le plus souvent formulée par les référendaires, on renonce à un seul élément: l’apport complémentaire de la chaleur accumulée par ce matériau métallique. Mais cela permet de travailler sur le volume de la toiture, qui peut ainsi être moins important. J’ajoute que les coûts d’exploitation en seront peu affectés, car le bâtiment est très bien isolé. Hier le Musée cantonal des Beaux-Arts, aujourd’hui le Parlement: le Conseil d’Etat ne doit-il pas revoir ses méthodes face à la multiplication des référendums? S’il existe une martingale pour qu’un projet d’envergure soit applaudi par tous, je l’adopte volontiers. Longuement réfléchi, élaboré au terme d’un concours international d’architecture, le projet du nouveau Parlement a franchi sans encombre de nombreuses étapes, y compris deux mises à l’enquête. C’est au dernier moment qu’un changement de couleur, dont l’impact a certainement été sous-estimé, a provoqué de fortes oppositions. Le Conseil d’Etat les a entendues, son objectif aujourd’hui est d’y répondre sans prolonger durant des années une friche qui dénature la Cité et ne fait pas honneur à nos institutions.


les députés en action DÉBUT DE LÉGISLATURE OBLIGE, BASCULEMENT DE MAJORITÉ AU CONSEIL D’ÉTAT, FAIBLE MAJORITÉ DU CENTRE DROITE AU PARLEMENT, LES DÉPUTÉS PLR RÉUNIS EN UN SEUL GROUPE DÈS AVRIL DE CETTE ANNÉE ONT COMMENCÉ À TIRER LEURS FLÈCHES ET ATTEIGNENT LEURS BUTS! NOMBREUSES ONT ÉTÉ LES INTERVENTIONS PARLEMENTAIRES SUR DES THÈMES D’ACTUALITÉ CES DERNIÈRES SEMAINES. LOGEMENT

la détention des délinquants par la police, par manque de place dans les prisons. Quant au député Marc-Olivier Buffat, il a demandé avec succès la mise sur pied d’assises sur la chaîne pénale (lire en page 7).

Comme annoncé lors de la conférence de presse dite de rentrée politique, les interventions demandant la modification des mesures A11 et A12 du plan directeur cantonal relatives aux zones constructibles, donc susceptibles de favoriser la création de logements nouveaux, ont été déposées. Ce sont tout particulièrement les députées Catherine Labouchère et Christelle Luisier Brodard qui sont montées au front, allant dans le sens d’une précédente motion du député Rémy Jaquier, toujours sans réponse à ce jour, en proposant notamment d’augmenter le taux de développement estimé des communes d’ici quinze ans de 15 à 20%.

La problématique des gens du voyage a suscité deux interpellations des députées Christelle Luisier Brodard et Pierrette Roulet-Grin, demandant au Conseil d’Etat une modification de la loi sur les campings occasionnels et une solution globale et coordonnée du problème.

FINANCES

ORGANISATION DE L’ÉTAT

Catherine Labouchère toujours, qui veut connaître la position du Conseil d’Etat sur la convention franco-suisse en matière d’impôts sur les successions.

Le député Alexandre Berthoud a interrogé le Conseil d’Etat sur le démantèlement des services publics décentralisés de l’Etat dans le Gros-de-Vaud et plus largement dans le Canton.

GENS DU VOYAGE

SÉCURITÉ ET CHAÎNE PÉNALE Le député Mathieu Blanc a demandé de nouvelles dispositions légales relatives à des mesures d’éloignement, permettant aux citoyens de se réapproprier le domaine public. Une proposition qui a également été faite au Conseil communal de Lausanne. Diverses autres interventions sur la sécurité ont été déposées, notamment par la députée Gloria Capt. Le président de groupe Jean-Marie Surer s’est interrogé sur

SOCIÉTÉ Trois interventions de la députée Véronique Hurni, dont l’une porte sur les conditions de détention des animaux sauvages dans les cirques, ont également été déposées. La députée Christa Calpini s’est intéressée quant à elle à l’avenir des physiothérapeutes indépendants dans le Canton de Vaud.

publicité

N°1

tribune

15


promotion économique

philippe leuba met les points sur les i

CES DERNIÈRES SEMAINES, LA PROMOTION ÉCONOMIQUE VAUDOISE A FAIT L’OBJET DE PLUSIEURS INTERROGATIONS, VOIRE REMISES EN QUESTION, AU GRAND CONSEIL. POINT DE SITUATION AVEC PHILIPPE LEUBA, MINISTRE DE L’ÉCONOMIE. Philippe Leuba, plusieurs interventions de députés tendent à remettre en cause la promotion économique vaudoise, en particulier celle destinée à l’accueil de grandes entreprises étrangères. Comment réagissez-vous? Au-delà des discours politiciens, que chacun regarde ce qui se passe à nos frontières! Tous nos voisins – sans exception – connaissent un chômage en forte hausse, des déficits publics abyssaux et des plans de rigueur sans précédent. Plusieurs gouvernements européens ont même décidé de baisser drastiquement les retraites et les salaires de la fonction publique. Voilà le résultat concret de l’endettement public et de la crise économique. Est-ce cela que nous voulons? L’économie vaudoise est fragile. Ceux qui crachent sur notre dynamisme économique n’assumeront pas les charrettes de licenciements qui seront les premières conséquences de leur attitude actuelle. A l’opposé, le résultat de notre promotion économique, nous l’avons sous les yeux: un canton qui performe, qui génère de l’emploi, qui est leader en matière d’innovation et qui fait envie. Veut-on vraiment scier l’une des branches sur lesquelles nous sommes assis?

ceux qui crachent sur notre dynamisme économique n’assumeront pas les charrettes de licenciements qui seront les premières conséquences de leur attitude.

Certains milieux, la gauche en tête, estiment que ces entreprises contribuent à la pénurie de logement et à la hausse continue des loyers. Mythe ou réalité? L’afflux massif de non-résidents (+ 12 000 en moyenne annuelle depuis 2007) n’est pas lié à la promotion économique, à laquelle on ne peut attribuer que 10 à 12 % des nouveaux postes. Le problème immobilier est prioritairement la conséquence d’une offre largement insuffisante, et cela depuis des décennies. Il découle aussi, 16

tribune

N°1

singulièrement pour le district de Nyon, de ce que nous appelons un «effet débord», résultant des difficultés de logement chez nos voisins genevois. On est libre de regretter ces désagréments, mais aussi de se dire qu’ils sont dérisoires par rapport à ceux que nous endurerions si nous écoutions les apôtres du repli et de la décroissance. Notre tissu productif est sain, mais par définition fragile. Sans lui, nos prestations sociales ne seraient plus ce qu’elles sont. Aucune assurance sociale, aucun régime de retraite ne survivrait à la décroissance économique. Aussi ai-je à cœur de défendre le tissu productif de notre canton, surtout lorsque je vois la situation économique alarmante qui prévaut à nos frontières.

aucune assurance sociale, aucun régime de retraite ne survivrait à la décroissance économique.

Entre la quête de nouvelles enseignes et le sauvetage de grandes entreprises (Novartis à Nyon, Swissprinters à Renens), que fait le canton pour aider les PME existantes? Le cœur de cible de la loi sur l’appui au développement économique est précisément constitué par les PME/PMI de moins de 50 personnes pour lesquelles sont prévues des aides ciblées. Cela étant, les grandes et les petites entreprises ne vivent pas entre elles dans un rapport d’opposition, mais bien en symbiose, notamment via les activités de sous-traitance. J’ajoute enfin que sur 234 entreprises bénéficiaires d’une exonération fiscale temporaire depuis 2001, 63 étaient des PME indigènes, 129 des start-up et seulement 42 des sociétés étrangères. La gauche critique la promotion économique, et lorsqu’une entreprise comme Novartis, les IRL ou Bobst rencontre des problèmes, elle dépose une résolution chargeant le Conseil d’Etat de tout faire pour sauver les emplois. Mais c’est toute l’année, toute la législature qu’il faut se battre pour l’emploi!


le plr, par monts et par vaud broye ESPOIRS SOCIALISTES DOUCHÉS PAR LE PLR À AVENCHES Le PS avenchois rêvait de rafler la majorité municipale le 23 septembre dernier, dans le cadre de l’élection complémentaire destinée à désigner les successeurs de deux élus démissionnaires (PLR et PBD). Avec respectivement 647 et 602 voix, le libéral-radical Gaëtan Aeby (34 ans) et Enrico Fiechter (Rassemblement avenchois) ont facilement douché ces espoirs. Ils arrivent en effet loin devant les deux candidats du PS, Géraldine Stucki (332 voix) et Adriano Da Silva (258 voix).

lavaux-o oron LYDIA MASMEJAN, CANDIDATE À PULLY Le 25 novembre prochain, les Pulliérans seront appelés aux urnes afin de désigner un successeur à la libérale Maria-Chrystina Cuendet, municipale démissionnaire. La section locale a désigné Lydia Masmejan, responsable de projets à la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie CVCI. Née en 1964, licenciée en droit, Mme Masmejan a travaillé à l'Administration cantonale des impôts et participé à la rédaction d'ouvrages juridiques, tout en fonctionnant plusieurs années comme juge suppléante au Tribunal cantonal vaudois. Conseillère communale depuis 2001, elle a mené avec succès trois référendums contre les hausses d'impôt à Pully, entre 2003 et 2008.

dans son rejet du texte? Ou le soutenir, afin de réaliser une route de contournement au sud-ouest de la ville, paralysé matin et soir par le flux incessant de véhicules? Plus disciplinée, tant en matière de présences que de vote compact, la gauche l’a emporté. Le verdict final reviendra donc au corps électoral, appelé aux bureaux de vote au plus tard le 5 mars 2013.

la côte LE PLR NYONNAIS S’ATTAQUE À LA MENDICITÉ La mendicité ne fait pas seulement débat à Lausanne. Elle préoccupe également les élus libéraux-radicaux de Nyon, qui constatent une augmentation du nombre de mendiants depuis plusieurs mois. Le conseiller communal Maurice Gay a ainsi déposé un postulat intitulé «Stop à la mendicité», demandant à la Municipalité de présenter un projet de nouveau règlement de police, donnant aux forces de l’ordre les moyens d’agir fermement et d’interdire ces pratiques.

nord vaudois « STOP AUX BOUCHONS» : LES YVERDONNOIS VOTERONT Le suspense était à son comble le 6 septembre dernier, lors de la séance du Conseil communal d’Yverdon, chargé de décider du sort de l’initiative «Stop aux bouchons» déposée par la section locale du PLR. Avec un nombre d’élus identiques à gauche et à droite, l’issue du vote était en effet incertaine. Le législatif allait-il suivre la Municipalité

ouest lausannois TOUR DE 60 MÈTRES À BUSSIGNY: ENSEIGNEMENTS À TIRER DANS D’AUTRES COMMUNES Ils ont la charge de faire évoluer Bussigny dans le contexte d’une agglomération en plein développement. Mais ils n’ont pas été suivis. JeanDaniel Luthi, municipal PLR en charge de l’urbanisme et Claudine Wyssa, syndique et députée PLR, ne verront pas leur projet de tour de 60 mètres se réaliser. Attaqué par référendum, le projet a en effet été rejeté le 23 septembre par 61 % des électeurs.Un résultat sans appel, qui servira sans doute de cas d’école pour d’autres édiles municipaux, à l’heure où la densification par le haut fait figure de solution au mitage du territoire…

N°1

tribune

17


finances vaudoises

budget 2013: un optimisme surfait? par Jean-Marie Surer, co-président du Groupe PLR au Grand Conseil

LE PLR SALUE LA MONTÉE EN PUISSANCE DES INVESTISSEMENTS MAIS AURAIT SOUHAITÉ DU GOUVERNEMENT UNE ÉVALUATION CRITIQUE DES CHARGES ACTUELLES, QUI PRENNENT ELLES AUSSI L’ASCENSEUR… L’OPTIMISME AFFICHÉ, NOTAMMENT DU POINT DE VUE DE L’APPRÉCIATION DE LA CONJONCTURE ET DES RECETTES, ÉTONNE. Pour la septième année consécutive, le Conseil d’Etat vaudois a présenté un budget équilibré, qui traduit la bonne santé de l’économie vaudoise et la qualité des contribuables de notre canton. C’est un motif de satisfaction. Pourtant, ce budget 2013 montre à nouveau une forte progression des charges (+ 4.8 %), plus élevée que l’évolution du Produit intérieur brut (estimée à 2 % en juillet 2012) qui devrait très nettement se contracter, selon les différents instituts économiques. L’augmentation espérée des revenus de l’ordre de 4.6 % pourrait ainsi se révéler bien optimiste… Si la montée en puissance des investissements est bienvenue, elle induit toutefois une hausse de la dette cantonale, après certes huit années de baisse continue. Alors que le canton se montre déjà extrêmement généreux en comparaison intercantonale, l’augmentation des dépenses dans les domaines du social (+5.8 %) et de la santé (+4.2 %) sera à nouveau marquée en 2013. La nouvelle majorité estampille ainsi, sûrement et subtilement, les finances cantonales de son empreinte. Ces charges pérennes sont encore complétées par l’engagement prévu de 236 fonctionnaires supplémentaires, notamment dans la sécurité (ce qui est souhaité) et dans l’enseignement (ce qui est plus surprenant). Au regard d’une conjoncture économique délicate et des nombreux budgets présentés à la baisse par les cantons voisins, le PLR se montre inquiet de voir le paquebot vaudois continuer à progresser à une telle allure. On attend désormais du Gouvernement une évaluation critique des charges actuelles. Les Libéraux-Radicaux lui poseront les questions nécessaires et agiront en conséquence, afin d’éviter que se répète la spirale des dépenses qui avait lourdement pénalisé le canton dans les années 2000.

effectifs de l’état de vaud

236 POSTES SUPPLÉMENTAIRES SERONT CRÉÉS EN 2013, DONT 118 DANS L’ENSEIGNEMENT. 18

tribune

N°1

chiffres-clés Total des charges

8473 mios

(+ 4.8 %)

Social

+ 97 mios

(+ 5.8 %)

Santé

+ 46 mios

(+ 4.2 %)

Enseignement

+ 77 mios

(+ 3%)

8 477 mios

(+ 4.6 %)

+ 30.7 mios

(+ 5.6 %)

+ 11 mios

(+ 22.4 %)

753 mios

(+ 3.3 %)

Total des recettes Impôt/bénéfice Impôt/capital

Investissements Dépenses brutes

340 mios

Prêts octroyés

114 mios

Garanties

299 mios

effort global d’investissement

LES INVESTISSEMENTS PRÉVUS MONTENT EN PUISSANCE ET REPRÉSENTENT 53 MIOS DE PLUS QU’AU BUDGET 2012, ET 250 MIOS DE PLUS QU’AUX COMPTES 2011.


dette et intérêts

EN HUIT ANS, LA DETTE NETTE DU CANTON DE VAUD A ÉTÉ DIVISÉE PAR SIX. ELLE AUGMENTERA NÉANMOINS DE 249 MIOS EN 2013, OBLIGEANT L’ETAT À RECOURIR À L’EMPRUNT. publicité

CONCOURS gratuit

Canapé-Lit

couchage 140 x 200 cm mod. Dina Fr. 1‘490.–

1’090.–

3 WEEK-END À GAGNER Paris, Prague ou Barcelone et de nombreux autres prix !

1’690.–

Sommier électrique ROBUSTA 2 moteurs 80/90 x 190/200 cm Fr. 1‘590.–

990.–

MultiLits - Boulevard de Grancy 14 - Lausanne - Tél. 021 617 39 40

Fauteuil Electrique avec élévation, 30 coloris à choix Fr. 1‘924.–

Matelas Mod. THEMIS

mousse visco élastique laine et soie, 3 duretés à choix 80/90 x 190/200 cm Fr. 1’240.–

990.– www.multi-lits.ch N°1

tribune

19


avec les grands journaux vous manquez : \[[ d’analyses sur l’actualité fédérale, cantonale et locale? \[[ de commentaires et de billets d’humeur? \[[ de coups de projecteurs sur les actions de nos élus? \[[ d’humour et d’impertinence?

abonnez-vous à

tribune !

Journal d’opinion et trait d’union entre les membres et sympathisants du PLR, Tribune comblera vos attentes 10 fois par an. Soutenez-le dès maintenant!

tarif d’abonnement 2013 Abonnement normal

CHF 90.–

AVS, apprentis et étudiants

CHF 60.–

Entreprises et associations

CHF 150.–

Tout don est également bienvenu

20

tribune

N°1

deux moyens de s’abonner : 1. Par simple appel au secrétariat (021 323 72 78), qui vous enverra un bulletin de versement 2. via votre compte en ligne, au moyen des coordonnées suivantes: Numéro de compte: 10-725-4 IBAN: CH42 0076 7000 Z525 3578 7 Bénéficiaire: Parti radical et libéral, place de la Riponne 1, 1005 Lausanne Communication: Abonnement Tribune 2013


votre agenda politique les mousquetaires et leurs amis

PLR Lausanne Stamms mensuels (avec repas) Restaurant du Théâtre à Lausanne Jeudi 4 octobre de 12 h à 14 h Orateur : M. le Colonel Stéphane Rapaz, pilote de chasse, sur le thème: « La Suisse et la défense de son espace aérien, le pourquoi d’un nouvel avion de combat»

Restaurant Le Vaudois (sous-sol) à Lausanne Jeudi 11 octobre 2012 à 12 h Déjeuner-débat avec Olivier Feller, conseiller national, sur le thème: «Coulisses et réalités du Conseil national» Jeudi 8 novembre 2012 à 12 h Déjeuner-débat avec Pierre-Antoine Hildbrand, sur le thème: «Cliniques privées».

CDL

Jeudi 1er novembre de 12 h à 14 h Orateur: M. Jacques Antenen, commandant de la Police cantonale vaudoise.

Samedi 6 octobre 2012 Apéritif dans les vignes du CDL à Chardonne Rendez-vous à 11 h devant l’église

Inscription obligatoire par mail à francoise.longchamp@bluewin.ch ou au 079 210 61 58

ils ont dit PLACE FINANCIÈRE SUISSE « monsieur schwaab, vous défendez les employés de banque, mais je m’étonne que vous attaquiez la place financière en demandant un échange automatique d’informations qui conduirait au licenciement de ces mêmes employés ! » Christian Lüscher (PLR/GE) à Jean-Christophe Schwaab (PS/VD), le 27 septembre 2012 au Conseil national

MÉTAMORPHOSE RÉTRÉCIT « on ne doit pas laisser tomber l’économie privée qui doit être un partenaire (…). je rends attentifs mes collègues de la municipalité d’être prudents. on ne fait rien tout seul. on doit faire les choses en équipe… »

Cet agenda est le vôtre! Pour y voir figurer vos événements, transmettez vos rendez-vous au secrétariat, à l’adresse

tribune@plr-vd.ch

Olivier Français, municipal des Travaux lausannois, le 21 septembre 2012 sur La Première

MUSÉE CANTONAL DES BEAUX-ARTS « aujourd’hui, une cité sans culture n’existe pas. et s’il existe une concurrence entre les villes en suisse, elle est saine et même souhaitable. » Pascal Broulis, conseiller d’Etat, dans l’Hebdo du 26 septembre 2012

publicité

publicité

re Vot

ir… aven

jec notre ob

tif !

L’école telle que vous la souhaitez !

Etudes commerciales

g e s ti o n , s e c r é t a r i at , l a n g u e s , i nf o r m ati q u e

Examen Passerelle Maturités suisse/ professionnelle Prégymnase

Hôtesse d’accueil et de tourisme Contactez-nous pour une orientation et évaluation gratuite Rue de la Tour 8 bis • Lausanne Tél. 021 312 63 52 www.ecoleroche.ch • info@ecoleroche.ch

un pari gagnant sur l’avenir ' Assistante médicale CFC ' Délégués médicaux SHQA ' Secrétaire médicale (&2/( Lausanne - rue de la Tour 8 bis Tél. 021 323 69 07 info@ecolepanorama.ch www.ecolepanorama.ch

N°1

tribune

21


questions de valeurs PCL imprimerie innovante technologie de pointe pour vos imprimés

«tu n’épouseras pas un libriste!» par Jean-François Ramelet, pasteur responsable de «l’esprit sainf» à Saint-François

DU MARIAGE ENTRE RADICAUX ET LIBÉRAUX DANS CE CANTON; GILLES EN AURAIT FAIT UNE CHANSON! IL Y EUT D’ABORD LE TEMPS DES FRÉQUENTATIONS. OH, RASSUREZ-VOUS, ON A ÉTÉ PRUDENT ET ON A PRIS SON TEMPS! ON A PARLÉ RAPPROCHEMENT, PUIS UNION. ON Y EST ALLÉ MOLLO, AVEC DES BÉMOLS ET DES TRÉMOLOS.

PCL Presses Centrales SA Av. de Longemalle 9 1020 Renens Tél. 021 317 51 51 www.pcl.ch

Il faut dire que dans ce canton, les promis avaient un lourd passé. Ils avaient beau répéter qu’ils étaient proches quant aux idées, longtemps ils ne sont pas aimés; et c’est peu dire. Pour des raisons historiques (1848 pour ce qui est de notre canton) les «cousins» – comme osaient le dire les plus hardis – cultivaient une solide défiance mutuelle. Et même si le plus souvent, ils en ignoraient les raisons, ils entretenaient les caricatures, les préjugés et les sous-entendus. «Les gants jaunes» disaient les uns! «Le bon parti» disaient les autres. Ils se détestaient avec civilité et cordialité. Un peu comme dans les familles protestantes – d’avant la fusion de 1966 – où arrivait que l’on invoque avec solennité un commandement tout ce qu’il y a de plus apocryphe pour prévenir le pire, c’est-àdire la noce œcuménique tant redoutée. On disait: «Tu n’épouseras pas un national!» ou dans sa version nationale: «Tu n’épouseras pas un libriste!». Pas de doute que cette hostilité a renforcé les défenses immunitaires des protagonistes. C’est bien connu, les inimitiés conservent! Certains coups de Jarnac – ici ou là et venant des deux bords – ont laissé des traces que l’on se remémore avec nostalgie dans les stamms. Gageons que les relations risquent d’être encore parfois tumultueuses.

l’atout principal du couple, ce n’est pas l’harmonie, ni la concorde (au cou !) ; mais le conflit, le désaccord, la différence, pourvu qu’ils soient exprimés, dits.

Aujourd’hui, il faut être courageux pour se marier. En cette saison (qui est aussi celle des épousailles et des mariages à l’église), j’aime répéter aux époux que l’atout principal du couple, ce n’est pas l’harmonie, ni la concorde (au cou!); mais le conflit, le désaccord, la différence, pourvu qu’ils soient exprimés, dits. Parfois certains époux m’écoutent d’un air désolé, comme si j’avais disjoncté! Et pourtant, je le crois très intimement, la vie en commun est tout sauf naturelle. Certes l’accouplement et la reproduction obéissent à des logiques qui sont de l’ordre des pulsions et des instincts. Autrement dit de la nécessité. Les biologistes parlent d’ailleurs d’une affaire de phéromones qui rendraient aveugles et favoriseraient la reproduction. L’effet de cette poudre de perlimpinpin durerait trois ans; le temps que le petit, né de cette étreinte contrainte par la nature, puisse être autonome et survivre. Au-delà, le ticket n’est plus valable et l’aventure se terminerait invariablement par un divorce. Je résiste à cette idée. Je crois qu’il est possible de durer en couple et de s’aimer et de s’accepter lorsque l’on est capable d’accueillir l’autre avec toutes ses différences; lorsque l’on est capable de s’affronter, front contre front, avec respect et de s’écouter, et de se réconcilier. Tout n’est pas une affaire de biologie et de chimie, mais de confiance. Je suis sûr qu’il en va de même lorsque deux partis décident de convoler en justes noces!


dans le monde

europe, fédération d’états-nations ? par Pierre Schaeffer En septembre dernier, devant le Parlement européen, le président de la Commission, José-Manuel Barroso prononçait un discours solennel sur « l’état de l’Union », manière de démarquer celui du président des Etats-Unis. Il en appelait, avec des accents qui furent ceux des Pères fondateurs de l’Europe, à une Union européenne devenue Fédération d’Etats-nations, thème repris à la lettre d’un discours récent de Jacques Delors, ancien président de la Commission. En fait, l’inspirateur de ce discours n’était pas celui que l’on devinait, mais la chancelière d’Allemagne, Angela Merkel, qui, discrètement mais obstinément, développe un projet de nouveau traité accordant plus de pouvoirs à la Commission européenne, plus de contrôle au Parlement européen et instaurant un ministre européen des Finances. publicité

Ce projet représente une constante de la politique européenne de l’Allemagne, de tous les partis, à l’exclusion de l’extrême-gauche. Les gouvernements allemands considèrent que l’intégration économique doit s’accompagner d’un processus politique de caractère fédéral pour accélérer la construction européenne et en assurer le contrôle parlementaire. Dès la réunification, habilement conduite par Helmut Kohl, sous le signe de l’Europe, il réclamait par la voix des deux députés Lamers et Schäuble, l’élaboration de « noyaux durs» de coopération, limités aux seuls états volontaires et un contrôle renforcé du Parlement européen. Restées sans réponse, ces propositions rebondissent avec l’Union monétaire qui doit s’accompagner d’un fédéralisme budgétaire, réalisé à l’enseigne du nouveau traité, signé et ratifié par une majorité d’états, pour instaurer «la règle d’or» de l’équilibre budgétaire. Aujourd’hui, troisième

acte, l’engagement illimité de la Banque centrale européenne (BCE) au service de l’assistance aux pays endettés d’Europe du sud, par le biais du rachat d’obligations souveraines, doit s’accompagner de conditions préalables faites de réformes de structures des états endettés et de la préparation d’un nouveau traité créant une fédération d’états-nations. L’idée, servie par une stratégie tenace, peut séduire, même ici en Suisse où le fédéralisme est le seul avenir des accords bilatéraux. Mais le réalisme impose de mesurer très exactement les chances d’aboutissement d’un projet qui va se heurter à deux obstacles majeurs.

DEUX OBSTACLES MAJEURS Il y a d’abord la crise de la constructuion européenne, qu’il s’agisse de l’euro, de la dette, de l’Europe du sud. Le rôle de la BCE comme prêteur en dernier ressort va se heurter aux programmes d’austérité, qui génèrent croissance ralentie et

récession, en Italie et Espagne. On devine même déjà de secrets plaidoyers en faveur du report de l’échéance de 3% des déficits publics en 2013. Le gouvernement français commence à laisser filtrer des indiscrétions sur ce report, au risque de provoquer un tollé en Allemagne et surtout une flambée des taux d’intérêt de sa dette. L’autre objection tient à la véritable impasse actuelle des ratifications de traités par référendum. L’Italie, les Pays-Bas, la France l’ont vérifié. Les peuples n’acceptent plus les traités d’intégration, synonymes d’austérité. La leçon de la construction européenne est celle de Montesquieu sur les climats. L’Europe n’est pas dans un climat favorable à sa progression. Elle est même dans un état de prostration qu’Angela Merkel n’ignore pas, même si ellemême reste populaire, à un an des élections allemandes. Mais sa politique européenne ne l’est pas.


sweet & sour P’TITS FOURS, CHALEUR ET LUMIÈRES ÉTEINTES La Municipalité de Lausanne a souhaité renouer avec une tradition qui avait porté ses fruits sous l’égide du radical Paul-René Martin puis de la socialiste Yvette Jaggi : le service de la culture réintègre l’administration générale et passe des mains de Grégoire Junod celles de Daniel Brélaz. Une erreur de casting ou une façon délibérée d’endormir définitivement le syndic lausannois?

DANS TOUS LEURS ÉTATS «Depuis que les Radicaux ne s’identifient plus à l’Etat, le mariage libéralradical est devenu possible». Telle est, le 5 septembre dernier, l’explication donnée par Philippe Leuba au journal 24 heures pour justifier la fusion des Radicaux et Libéraux vaudois. Les Radicaux ont quant à eux une tout autre explication: c’est depuis que Philippe Leuba sauve des entreprises aux frais du canton que la fusion est possible!

AFFAIRE DE RÉGIME Le mariage libéral-radical a été conclu sous le régime de l'union des biens. Il se susurre pourtant que certains auraient préféré celui de la séparation. Devinez qui?

DÉMISSION Tout le monde se demande encore pourquoi Marc Vuilleumier a annoncé sa démission dans le Matin Dimanche. Réponse évidente: parce que tout le monde le lit. Alors qu’à la Municipalité, plus personne ne l’écoute!

SPORT Le 26 septembre, au Casino de Montreux, lors de l’assemblée du PLR chargée d’élire sa direction, c’était... la coupe des vices!

DÉLICAT L’Association suisse des cabarets, dancings et discothèques a lancé durant l’été une pétition demandant au Conseil fédéral de renoncer à son projet de suppression du statut de danseuses de cabarets. Parmi les arguments avancés, l’affirmation suivante : « Les cabarets sont un bastion important de l’offre gastronomique et touristique»… Dans le domaine de la moule, c’est certain. Mais dans le domaine de la gastronomie, beaucoup moins! 24

tribune

N°1

boulettes MCDO, OÙ UN SENS INNÉ DE L’À PROPOS…

frivolités essentielles

tu me fais la bise ? non ! par Fabienne Guignard Le pauvre Hollande. Il n’a que des ennuis. Sa côte de désamour prend l’ascenseur. Les usines ferment les unes après les autres et c’est l’ami Montebourg, Monsieur Science infuse, qui monte au combat pour ne jamais gagner. Les voilà les socialistes à se rendre compte que d’être au pouvoir c’est moins marrant que de vouloir, à tout prix, le conquérir. Surtout quand on dit des mensonges pour y parvenir… Mais s’il n’y avait que cela, il pourrait encore le supporter. Le pire, c’est que tout le monde se moque de lui pour ne pas savoir gérer ses femmes. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter. Chef de l’Etat mais pas maître en sa propre demeure… Pas terrible pour sa crédibilité! D’un côté, sa femme de cœur en place (qui ne fait d’ailleurs que de la chercher), jalouse, à la griffure empoisonnante. De l’autre, la femme de ses enfants, qui fait tout pour se trouver sur son chemin. Même à New York, car tous les deux, en même temps se trouvaient dans le bâtiment de l’ONU où Monsieur devait faire son premier discours de Président de la France. Le trac au ventre. Mais Ségolène n’a pas dit son dernier mot. Privée d’Assemblée nationale, la voilà qui se rabat sur l’Internationale socialiste dont elle est vice-présidente pour se pointer la bouche en cœur à l’Organisation des Nations Unies en même temps que lui. A huit mille kilomètres de leurs domiciles, ils ne sont séparés que de vingt mètres. Mais vingt mètres de trop. Elle pensait lui faire la bise devant les caméras du monde

entier, oubliant qu’elle est maintenant juste son ex. Lui ne voulait pas. Il a donc fait semblant de ne pas la voir alors qu’elle se faisait interviewer ostensiblement par la presse française à deux pas de lui. Valérie était allée se poudrer le nez. Il avait peur d’un nouvel esclandre sans doute… Génial pour la concentration, quelques minutes avant une intervention devant les représentants du monde entier. Ségo était outrée. Elle, la championne de la victimisation, se voyait ainsi publiquement humiliée une fois de plus… Elle aime ça, faut croire. On se demande bien ce qu’elle voulait faire à New-York, à part croiser à coup sûr, mais par hasard, le beau François. Avec Ségolène Royal, le hasard n’existe pas. La voilà une fois de plus remise à sa place. Nico en vient à nous manquer. Il paraît pourtant qu’il va revenir. C’est dans toutes les bouches. Même Bernadette le dit, elle qui refait surface sur les plateaux de télévision. Celui de Drucker, bien sûr, pour une soirée Récoltes de fonds. Chirac va assez bien paraît-il, sauf qu’on ne le voit plus. Il perd la tête, c’est sûr, mais il aime toujours à regarder les jolies filles. C’est bon signe. Reagan, Thatcher, Chirac, même combat. C’est tout de même bizarre, ces anciens présidents qui ont l’Alzheimer… Ils ont beaucoup à se faire pardonner sans doute. Et beaucoup à oublier… Valéry Giscard d’Estaing quant à lui vend ses meubles. Il n’a plus la notion de l’argent. Sa famille va bientôt le mettre sous tutelle, sinon, il n’aura plus un

rond. Lui qui avait reçu quelques petits diamants, il a dû les offrir à Lady Di en son temps. Et Dominique de Villepin qui a été en garde à vue quelques heures pour une histoire de pressions… Lui qui porte toujours des mocassins avec lacets (c’est plus chic), il a dû les ôter, question qu’il ne se suicide pas avec… C’est la règle. Pas de lacets, pas de ceinture et pas de cravate. Faut dire qu’après avoir été menacé d’un croc de boucher pendant trois ans, il allait se suicider pour quelques heures d’inconfort. J’espère que pour si peu, il n’y a pas eu de palpations au corps… Et l’autre Dominique qui va donner une conférence à Marrakech, avec sa nouvelle copine. Top le mec, il en a déjà retrouvé une. C’est tout de même incroyable cette capacité à toujours rebondir. Les mystères de la politique sans doute. publicité

POMPES FUNÈBRES OFFICIELLES Ecoute – Confiance – Dignité

Depuis 1948

av. des Figuiers 28 – 1007 Lausanne (Accès possible par l’av. de Montoie, à 100 m du centre funéraire) Téléphone permanent :

021 315 45 45 24 h/24

www.lausanne.ch/pfo TL : lignes No 1, 2 , 6 et 25, arrêt Maladière Sortie autoroute Lausanne-Sud, direction Centre. Facilités de parcage. Organisation de funérailles en Suisse et à l’étranger Etablissement de conventions pour obsèques futures


Tribune_no1_sept2012