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Bien sûr, tous les autres sujets qui font lʼactualité de lʼhôpital aussi bien public que privé sont au rendez-vous dans votre magazine et nous ne cessons dʼaller chercher toutes les informations que vous êtes en droit de connaître, dans les centres dʼintérêts les plus divers du monde de la santé, dans le plus profond respect des règles déontologiques inhérentes à notre profession dans le but de toujours mieux vous servir.

ÉDITO

n ce mois de mai - qui, il faut bien lʼavouer, ne laissera pas un souvenir impérissable du point de vue météorologique sʼil ne se ressaisit pas, nous avons décidé de mettre en avant deux dossiers qui sont en ce moment sous les feux des projecteurs – à savoir dʼune part, tout ce qui concerne lʼhygiène dans le domaine hospitalier, et, dʼautre part de faire le point sur tout ce qui relève des Technologies de lʼInformation et de la Communication (Systèmes dʼInformation Hospitaliers, Dossier Médical Personnel…).

En tant que partenaires presse et exposants du prochain salon « Hôpital Expo » qui se tiendra du 18 au 21 mai prochain porte de Versailles, nous vous invitons à venir nous rencontrer pour encore mieux nous connaître dans un esprit convivial et professionnel à la fois. La période étant propice pour mettre en place vos prochaines vacances, nous ne pouvons que vous les souhaiter les plus agréables. En ce qui concerne votre serviteur, point de repos, mais beaucoup de travail dʼinvestigation pour que notre prochain numéro soit aussi documenté et fouillé que celui que vous lisez en cet instant. Très bonne lecture à tous donc, en ne cessant de vous remercier de lʼintérêt que vous nous témoignez à travers votre fidélité qui ne se dément pas, et que le soleil se mette enfin a briller pour un été que nous espérons chaud et revitalisant à la fois pour vous tous. La rédaction

Lʼhospitalier ISSN : en cours Dépôt légal : à parution Directeur de la publication : Valérie Jeanne Rédaction : contact@hospitv.com Rédacteurs : Stéphanie Caux, Anne Rocher, Jérôme Laniau, Anaëlle Blanchard, Anaïs Guilbaud, Jean Juhel, Nina Durand Stagiaire : Sonia Pham Marketing : Gérard ALLAL Assistante de direction : Valérie JEANNE - valériejeanneifc@gmail.com

Ont contribué à ce numéro : Yves Jean Dupuis,Bruno Grand bastien, Joseph Hajjar, Martine Erb, Raphaêlle Girard, Olivia Keita Perse, le conseil scientifique de la SFHH,Olivier Toma et le CD2S, Jennifer Michard, Fanny Columba et toutes les personnes qui nous ont aidées dans la réalisation de ce numéro, quelles soit citées ou non dans les colonnes. Crédit photo : hôpital expo, Dalkia, Véolia, centre de dialyse du Béarn, le Lien, Aseptic surgical, Nilfisk, Vidal, GS1, Reins écho, CD2S, CH d'Alès, CH de Polynésie française, CH de Cadillac, A.Chéron: Institut Gustave Roussy, sxc.hu

Éditeur : Agence Sensorielle. Sarl au capital de 8 000 € ZA des Vauguillettes III, 17, rue de Sancey 89100 SENS, Tel: 06 98 96 64 65 Impression : Litoservice SRL, via Giovanni Agnelli, 11, 42016 Gastalla, Italie Conception graphique : Anthrax Sarl - contact@anthrax.fr Régie publicitaire : Itone communication France Évelyne TROUVÉ www.hospitv.com

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ACTUALITÉS P. 12 I Toujours plus de confort pour le patient P. 14 I Zoom sur le Centre de Dialyse de Béarn P. 15 I «Grandir avec le cancer» P. 16 I La responsabilité civile P. 18 I Pathologies chroniques et hôpital, un nouveau regard HYGIÈNE P. 20 I La qualité : la FEHAP lʼaffiche ! P. 22 I Lʼhygiène des mains : un impact sur la transmission des infections en établissement de santé P. 28 I Infections nosocomiales & eaux sanitaires : une façon inédite de traiter ses canalisations P. 32 I Le Lien : rétablir la confiance des victimes P. 34 I Un franc succès pour Aseptic Surgery Forum 2010 P. 35 I Les laveuses de sols Nilfisk : quand écologie rime avec économie

SOMMAIRE

EN BREF P. 06 I Une longueur dʼavance, au bénéfice de nos clients P. 08 I Valoriser au mieux les déchets avec Veolia Propreté P. 11 I Énergie Saveurs : la solution naturelle à la dénutrition

TIC P. 38 I La révolution numérique est en marche P. 40 I Tic en santé : quels enjeux ? P. 42 I Le système de santé a besoin dʼexperts pour passer à lʼère numérique P. 44 I Le personnel hospitalier et les professionels de santé face aux Tic P. 44 I Les Tic intègrent la chambre du patient P. 46 I Du Dossier Médical Partagé au Dossier Médical Personnel P. 47 I Business Intelligence : pour des analyses rapides et fiables de son activité P. 48 I La norme est de rigueur P. 50 I La pharmacie sʼinformatise P. 54 I Pourquoi sécuriser le circuit du médicament ? P. 56 I Tic et traçabilité : pourquoi la RFID P. 58 I GS1 P. 60 I Les régions sʼinvestissent en faveur de la Télésanté P. 62 I Hospitalisation à domicile : lʼapport des Tic P. 64 I Le boom du e-learning CONSTRUCTION ET DÉVELOPPEMENT DURABLE P. 71 I Les constructions hospitalières P. 72 I Oser la comparaison constructive P. 74 I «Pour une meilleure maîtrise de lʼopération» P. 76 I À Tahiti, ne pas polluer est un défi BLANCHISSERIE P. 78 I Une page se tourne

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DALKIA – PUBLIREPORTAGE SANTÉ

Entretien avec Didier Robin, Directeur Santé, Dalkia

Une longueur d'avance, au bénéfice de nos clients Plus de 5 500 hôpitaux et établissements de soins dans le monde font confiance à Dalkia. Que leur apportez-vous ? Didier Robin : Nous leur proposons des prestations à forte valeur ajoutée qui les libèrent des activités non médicales essentielles à leur bon fonctionnement. Centrés sur la fourniture d'énergie (chaud, froid, électricité) et la maintenance des installations énergétiques, qui sont notre métier historique, nos services s'étendent à présent à la gestion des équipements, fluides et gaz médicaux ainsi qu'aux fonctions supports qui contribuent à la qualité des soins, au confort des patients et aux bonnes conditions de travail du personnel. Quelles sont ces fonctions supports prises en charge par Dalkia ? D.R. : Nous assurons toute la logistique autour des soins (linge, archives, etc.), la gestion des espaces verts, la sécurité, etc. De plus notre filiale Sterience développe une activité de stérilisation des instruments chirurgicaux dans ses cinq centres en France ou in-situ, dans les établissements. Comment intervenez-vous dans le secteur hospitalier en France? D.R. : En véritables partenaires des hôpitaux qui poursuivent le même objectif : améliorer la qualité des soins. Ainsi nous entretenons des échanges constants avec les équipes hospitalières pour bien connaître leurs attentes, concevoir et déployer des solutions adaptées à des besoins évolutifs, définir ensemble les bonnes pratiques de gestion. Nous travaillons sur le moyen et le long terme, avec des contrats d'une durée moyenne de 8 ans assortis d'engagement de résultats. Avec

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la loi Hôpital Patient Santé Territoire de 2009, qui prévoit la possibilité de détacher du personnel ouvrier hospitalier, ce partenariat est appelé à évoluer. Nous pourrions, sur la base du volontariat et selon la durée du contrat, accueillir ces personnels et les former au Campus Veolia Environnement. C'est un enjeu social important. Quels sont vos principaux atouts ? D.R. : Avec des prestations toujours plus étendues, nous proposons une offre de services très complète et bien adaptée aux contextes locaux, et nous pouvons nous prévaloir de solides références. Pour mémoire, le premier contrat conclu par Dalkia concernait, en 1937, un hôpital qui n'a cessé depuis de nous renouveler sa confiance ! Aujourd'hui, nous intervenons dans une quarantaine de pays en Europe, en Amérique et en Asie où nous gérons, par exemple, presque tous les hôpitaux de Séoul en Corée du Sud. Nous participons aussi en France, en Italie, au Portugal et au Mexique à des partenariats public-privé qui ont parfois des périmètres très étendus. Nous savons aussi gérer des offres complexes et développer des solutions innovantes : recours aux énergies renouvelables et à la biomasse, où nous disposons d'une réelle avance, pour réduire les émissions de CO2, gestion intelligente de l'énergie pour valoriser sur le réseau les productions excédentaires et obtenir des certificats verts, intervention sur le bâtiment pour optimiser l'efficacité énergétique et maintenir nos performances contractuelles. Notre professionnalisme nous donne une longueur d'avance, nous nous employons à la conserver et à en faire profiter nos clients. Anaëlle Blanchard


ÉNERGIES INVENTIVES POUR LA SANTÉ Pour répondre aux enjeux environnementaux et aux objectifs de coûts et de qualité des soins, Dalkia crée pour vous des solutions énergétiques inventives. Avec un partenaire de référence pour la gestion globale de votre établissement, vous partagez une vision durable du développement de votre site en associant les meilleurs services pour vos patients et les solutions d’optimisation les plus innovantes.

Crédits photo : Fancy, Goodshoot RF, Photos.com, C. Rady/Getty Images -

/ L’énergie est notre avenir, économisons-la !

Services aux établissements de santé : • Solutions d’optimisation énergétique et environnementale • Gestion multitechnique des bâtiments • Services liés au process médical, stérilisation, salles propres Dalkia gère plus de 5 500 établissements de santé dans le monde.

www.dalkia.com


VEOLIA PROPRETÉ

Valoriser au mieux les déchets avec Veolia Propreté Chaque année, ce sont 700 000 tonnes de déchets qui sont produites en moyenne par les hôpitaux publics et privés français. Veolia Propreté accompagne les établissements de santé pour une gestion responsable et durable des déchets. Rencontre avec Nathalie Deloffre-Bonnamour, Responsable Grands Comptes Nationaux secteur Santé pour Veolia Propreté.

Nathalie Deloffre-Bonnamour

L'hospitalier : Pourquoi Veolia Propreté s'engage-t-elle auprès des établissements de santé en faveur du développement durable ? Nathalie Deloffre-Bonnamour : La naturemême de notre métier sʼinscrit dans le développement durable. Il est donc normal d'accompagner les établissements de soins dans ce sens. La gestion des déchets des établissements de santé a fortement évolué depuis le décret de 1997 relatif à l'élimination des déchets d'activité de soins à risques infectieux (DASRI). La prise de conscience environnementale, les engagements pris à l'occasion du Grenelle de l'environnement et la mobilisation des établissements sont autant de facteurs qui nous ont poussé à aller plus loin et à accompagner ces établissements dans le tri des déchets. L. H. : Comment intervenez-vous dans le secteur hospitalier en France? N. D.-B. : Tout commence par un audit du site. Du conditionnement au traitement, en passant par la logistique et le tri, nous réalisons un état des lieux de l'organisation en place. Au terme de cette analyse et en concertation avec le Comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN), des axes d'amélioration sont proposés pour garantir en toute sécurité sanitaire et environnementale, la gestion globale des déchets. Chaque déchet est valorisé de manière maximale, que ce soit de la valorisation matière (flacons d'eau stérile, huiles alimentaires usagées, carton, plastique, déchets verts, solvants, ) ou de la valorisation énergétique (DASRI, DAOM non recyclables).

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L. H. : En quoi Veolia Propreté accompagne-t-elle encore plus loin les hospitaliers ? N. D.-B. : Nous disposons de tout un réseau d'experts partout en France, afin d'accompagner les établissements de santé dans leur démarche environnementale et dans leur procédure de certification de la Haute Autorité de Santé (HAS). Pour atteindre ces objectifs environnementaux, nous pouvons proposer au personnel hospitalier des programmes spécifiques de formation et de sensibilisation au tri des déchets (protocoles de tri, signalétique). Nous ne nous occupons pas que de la gestion des déchets, mais nous allions cela à d'autres compétences en termes d'assainissement (entretien et maintenance des réseaux et ouvrages comme les bacs à g r a i s s e s  d e  c u i s i n e ,  m a i s  a u s s i  d e s canalisations à lʼintérieur des batiments). Nous apportons donc une offre sur mesure, adaptée à l'établissement de santé et aux contraintes budgétaires des directeurs auxquels nous garantissons traçabilité, sécurité et transparence : ils savent ainsi où vont les déchets et ce qu'on en fait. L. H. : Finalement, pourquoi est-ce que vous êtes devenus une référence pour les établissements de soins? N. D.-B. : Cela fait plus de trente ans que nous sommes leur partenaire. Nous les accompagnons à toutes les étapes du circuit de gestion des déchets. Dans ce sens, les équipes soignantes peuvent se recentrer sur leur cœur de métier, c'est-à-dire l'offre de soins et ceci au bénéfice du patient. Anaëlle Blanchard


BRÈVES

LANCEMENT D’UNE CAMPAGNE DE COMMUNICATION POUR LA FHP La Fédération de l’Hospitalisation Privée (FHP) a lancé une campagne de communication télévisuelle, destinée à promouvoir les cliniques et hôpitaux privés dont la vocation est d’accueillir l’ensemble des publics. Diffusée du 24 avril au 12 mai 2010 sur les chaînes généralistes et thématiques (France 2, France 3, France 5, LCI, I>Télé, BFM TV) et intitulée « Cliniques et hôpitaux privés, on peut tous y aller », cette campagne a été vue par près de 20 millions de téléspectateurs. Elle a en outre été complété par un dispositif d’affichage interne au sein des établissements, ainsi que par un programme de relations publiques. L’objectif d’un tel événement ? Rappeler au public que les cliniques et hôpitaux privés accueillent chaque année plus de 2 millions de patients de toutes origines dans leurs services d’urgence dans les mêmes conditions que dans les hôpitaux

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publics, qu’ils obéissent aux mêmes procédures d’accréditations et aux mêmes normes de sécurité et de qualité que ces derniers, et enfin amorcer un dialogue de fond avec la société, en donnant la preuve des atouts de ces établissements.

RISQUES ET PROGRÈS LE 7 ET 8 JUIN AU CHU DE TOULOUSE Les Secondes Rencontres Internationales de la Gouvernance des Risques en Santé se tiendront les 7 et 8 juin prochains au CHU de Toulouse. Placée sous l’angle des « risques et progrès », cette nouvelle édition abordera des problématiques majeures qui concernent l’ensemble des professionnels de santé : Quels systèmes adopter pour protéger les données à caractère personnel ? Comment la sécurité incendie façonne-t-elle les nouvelles architectures hospitalières ? Quels sont les avantages de l’apprentissage par simulation ? Comment les patients perçoivent-ils les risques du progrès médical ? Des experts internationaux aux

compétences reconnues tenteront d’y répondre, en impliquant les usagers dans les débats. Par ailleurs, la présence de partenaires prestigieux (Chaire Santé de Sciences Po, Fédération Hospitalière de France, Fédération Internationale des Hôpitaux, etc.) contribuera à faire de ces deux journées un temps fort de la sécurité sanitaire.

LE MUSÉE DE L’AP-HP CÉLÈBRE LA « NUIT EUROPÉENNE DES MUSÉES » Depuis 2005, année de sa première édition, la « Nuit Européenne des Musées » est l’occasion, pour les visiteurs, de découvrir de manière originale et conviviale le musée de l’AP-HP. Cette année, dans le cadre de l’exposition « L’Humanisation de l’hôpital. Mode d’emploi », danse et musique ont été au rendezvous samedi 15 mai, de 19h30 à minuit, grâce notamment à la participation des danseurs professionnels de la Compagnie ACM Ballet ainsi que de l’ensemble instrumental et du Petit Chœur de l’AP-HP.


la solution naturelle à la dénutrition

Pour prendre en charge les patients atteints de dénutrition à l'hôpital, la société Avenance Santé Résidences a mis au point l'offre Energie Saveurs, des formules de repas enrichis.

RESTAURATION

Energie Saveurs : oigner la dénutrition avec goût : c'est le défi relevé par la société Avenance. « Avec Energie Saveurs, nous proposons une offre normée pour répondre au problème des personnes dénutries tout en conservant l'aspect savoureux des repas », explique Véronique Mourier, responsable du déploiement marketing dʼAvenance.

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La dénutrition est une pathologie caractérisée par la perte de poids et un apport énergétique insuffisant. Elle touche 20 à 50 % des personnes hospitalisées. Les patients qui en souffrent ont besoin, en fonction de leur degré de dénutrition, dʼun enrichissement en protéines et calories selon le diagnostic établi par le médecin. Energie Saveurs est une réponse qui sʼadapte à lʼappétit du patient, à son niveau de dénutrition et à ses goûts. Les protocoles enrichis sont une déclinaison du menu du jour proposé aux autres patients ; gage de variété dans lʼassiette. Une réponse restauration intégrée dans le processus de soins Ces formules de repas enrichis remplacent les traditionnelles solutions intraveineuses et autres substituts alimentaires. « A cause de sa maladie, le patient n'a plus de saveur ni de goût. Nous nous sommes orientés vers une alimentation traditionnelle enrichie avec des produits naturels », explique Marcelle Le Bihan, directrice des soins à l'hôpital privé Sévigné. Le but de cette démarche est de replacer le plaisir du repas au centre des soins. Lʼidentification du patient dénutri et le suivi de son état, et particulièrement des ingestas (contrôle des quantités dʼaliments réellement consommées par le patient), sont des éléments clés du processus. Cette nouvelle prise en charge des patients nécessite un travail conjoint de toutes les équipes : soignants, médecins, diététiciens et surtout la restauration. Ce que confirme Claude Lhermitte, chef gérant d'Avenance à l'hôpital privé Sévigné. «Pour ce type de repas, nous suivons des fiches techniques qui intègrent un chiffrage nutritionnel très précis». Des recettes de potages complets, enrichis par exemple avec de la viande hachée, du gruyère rapé et de la poudre de lait ont été élaborées. Ils accompagnent ainsi un repas à trois composantes au lieu de cinq, idéal pour les petits appétits ou le soir. « Energie Saveurs préserve la fonction sociale du repas et favorise le plaisir de manger. Une vaisselle en porcelaine spécifique et une belle présentation des plats contribue à la mise en appétit des patients » conclut Véronique Mourier. Anaëlle Blanchard

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CONFORT DU PATIENT

TOUJOURS PLUS DE CONFORT POUR LE PATIENT

Un patient hospitalisé est non seulement fragilisé par sa pathologie, mais également par l’acte d’hospitalisation qui implique une immobilisation en position couchée pendant une période plus ou moins longue, laquelle peut résulter en certaines dégradations corporelles qu’il convient de prévenir. Un enjeu dont se sont emparés les concepteurs de mobilier médical, au bénéfice des patients mais également du personnel soignant. Explications.

renons les lits médicalisés, dont lʼutilité nʼest plus à démontrer pour le confort des malades et des intervenants. Leur hauteur réglable permet en effet de les adapter à différents cas de figure - position basse pour minimiser les risques de chute, et moyenne pour faire les soins – et au profil des malades – rappelons à cet effet que, pour une personne âgée, il est plus facile de se coucher dans un lit bas, mais également de se lever dʼun lit haut. Cʼest pourquoi lʼarrivée dans les services de ces lits à hauteur variable est perçue comme un facteur dʼamélioration de la qualité des soins, dʼautant que le célèbre mal de dos des soignants est aussi bien dû à des problèmes ergonomiques quʼau problème de la manutention. Une immobilisation, même très brève, peut dʼailleurs être source de complications rapides survenant en quelques heures : des phlébites (les contractions musculaires des membres inférieurs sont nécessaires pour que le sang revienne dans le cœur. Or, comme elles sont affaiblies par la position couchée, le sang va stagner. Dʼoù une coagulation qui formera des caillots, et un risque permanent dʼembolie), des escarres (quand la peau est comprimée entre un os et une surface un peu dure, la circulation sanguine peut sʼarrêter et une plaie se constituer. Une situation dangereuse puisque cette plaie va consommer les réserves de lʼorganisme et lui faire courir un risque permanent dʼinfection), des infections (réduction des mouvements respira-

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toires, troubles urinaires), une désadaptation cardio-vasculaire (le système circulatoire est fait pour fonctionner en position debout. Quand on se couche et quʼon supprime la pesanteur, cela modifie le volume sanguin et le réglage de la tension artérielle, et le cœur se met en régime de fonctionnement économique), des troubles digestifs (lʼalitement a un retentissement sur tout lʼappareil digestif), des troubles locomoteurs (muscles atrophiés, articulations ankylosées, tendons raccourcis), ou encore des pertes du sens de lʼéquilibre (le système dʼéquilibration est réglé pour que la tête soit horizontale. Quand il sʼhabitue à une autre position, il en résulte une désadaptation posturale). Lʼefficacité des soins résulte aussi du confort du patient Cette longue liste laisse entendre que, naturellement, tout doit être mis en œuvre pour limiter au maximum ces complications. Cʼest là le rôle de lʼéquipe médicale, et plus précisément de lʼéquipe soignante, que dʼalterner les positions assise et couchée des malades. Tandis que le rôle des directeurs dʼétablissements et des respon-

sables des achats est de sʼassurer que le matériel équipant les chambres participe au processus de guérison. Un choix du support et des accessoires dʼinstallation (lit électrique avec ou sans potence, matelas préventif ou curatif, coussins divers) qui doit tenir compte de lʼétat de santé général du malade (fragilité cutanée, dénutrition, degré dʼautonomie, pathologies associées, soins au lit,…) et de la durée prévisible dʼalitement. Nina Durand


DIALYSE

Le centre de dialyse du Béarn remportait en juillet dernier le trophée « ESanté », grâce à son dossier médical global spécialement développé pour leur activité. Retour sur ce dernier avec le Docteur Lalanne, directeur du centre.

Zoom sur : leCentre de Dialyse de Béarn

Vos équipes ont développé leur propre dossier médical global, centré sur le patient dialysé. Pourquoi ne pas avoir opté pour des solutions « clef en main » ? La dialyse est une spécialité de niche, dʼautre part, notre activité génère un volume dʼactivité important. Nous enregistrons chaque année 30 000 passages dans nos locaux, et nos patients viennent environ trois fois par semaine, souvent accompagnés dʼambulanciers… Pour chacun, la prise en charge doit être optimale. Il existe bien entendu des solutions globales éditées par divers sociétés, mais nous nʼétions pas satisfaits de leurs propositions, même si ces dernières prétendaient proposer un dossier dédié à la dialyse. La meilleure solution était encore de partir sur les bases existantes et de faire appel à une société locale, Nalta System, qui a redéveloppé et rajouté des modules avec beaucoup dʼintelligence. Quelles étaient les priorités ? Lʼensemble devait se baser sur un système libre, accessible, ouvert et moderne, sans aucune contrainte ! Nous disposons de 50 postes informatiques, notre objectif était par conséquent de réduire les dépenses, ne pas avoir de licences au prix exorbitant, ni de mis-à-jour payantes… La solution sʼest donc construite sur de lʼopen source avec des plateformes telles que Web2, Linux… Avec la condition ultime de pouvoir accéder à nʼimporte quelle information en 3 clics

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et pas plus ! Le travail sʼest réalisé enfin en collaboration avec les utilisateurs, beaucoup dʼidées et de réflexions ont été échangées. Et nous avons évité le problème de la formation qui chez certains éditeurs nous monopolisait 10 à 15 jours et 1500 Euros par personnes ! Et le résultat est plus que satisfaisant, nous disposons maintenant dʼun suivi des patients en temps réel, dans lʼespace et dans le temps, et dʼune traçabilité ultra pointue. Et depuis, que se passe-t-il pour les patients et le personnel soignant ? Aujourdʼhui, lʼensemble de lʼactivité fonctionne sous couvert de ce dossier. Tout y est retracé, de lʼarrivée en ambuDr. José Lalanne. Directeur du centre lance, aux soins prodigués, en passant par la tions sur une dialyse en cours. Donc restauration…puis la facturation. au final, une plus grande sécurité, Dʼautre part, 60% de nos dispositifs une meilleure traçabilité et un travail sont aujourdʼhui marqués et commu- plus efficace pour lʼensemble du perniquent directement avec le dossier, sonnel du centre. et lʼinformatique embarqué permet de récupérer les données de tous les géStéphanie Caux nérateurs. Le médecin peut alors connaître en temps réel les informa-


Dr. Oppenheim

Docteur Oppenheim, quelles sont les principales interrogations des enfants et adolescent sur la maladie ? Les questions sont assez évidentes, ils nous demandent dʼoù vient la maladie, pourquoi eux, est-ce grave ? Est-ce que ça va durer longtemps, et comment tout ça va se passer ? Ces jeunes patients ont besoin dʼun responsable, que ce soit lʼenvironnement, les parents… Et de se rassurer en mesurant lʼimportance de leur situation comparativement aux maladies habituelles traitées à la maison. Ils appréhendent également lʼimpact de la maladie sur leur place dans la famille. « Est-ce que mes parents vont continuer à sʼoccuper de moi ?» ou même les réactions de la fratrie, et des camarades dʼécole. Il est donc important pour lʼenfant que les choses se déroulent aussi normalement que possible, cʼest la raison pour laquelle nous faisons intervenir dans le service des enseignants, des animateurs, que nous proposons des ateliers dʼart plastique, des stages sportifs, Internet… Le fait dʼêtre malade ne doit surtout pas empêcher leur développement.

CANCER

« Grandir avec le cancer »

Le Docteur Oppenheim est psychiatre et psychanalyste pour enfants à l’Institut Gustave Roussy. Auteur de plusieurs ouvrages concernant les enfants face au cancer, dont « Grandir avec le cancer » aux éditions Debeuq, « Dialogue avec les enfants sur la vie et la mort » (éd. Seuil) ou prochainement « Làbas, la vie » (éd. Seuil) retraçant les histoires d’enfants et d’adolescents traités pour un cancer, il répond aujourd’hui à nos questions.

Comment accompagner les parents dans une telle situation ? Avant toute autre chose, nous insistons sur lʼimportance de préserver leur rôle de parent. Il faut comprendre quʼavant dʼêtre un malade, il sʼagit de leur enfant et quʼils gardent leur devoir dʼéducation. Ils doivent donc rester solidaires entre eux afin de ne pas fragiliser leur vie de couple, et discuter ensemble de ce quʼils jugent juste de faire. Sʼils pensent que lʼun des deux doit arrêter de travailler, comment sʼoccuper des autres enfants, ou la

De quelle façon va se dérouler le retour à une vie « normale » ? La réadaptation ne se fait pas du jour au lendemain. Notre principal travaille va être dʼaider lʼenfant à retrouver confiance en lui, notamment si, suite au traitement, il y a des séquelles, quʼelles soient physiques, cognitives, esthétiques… Mais lʼenfant peut également avoir gagné en maturité. Nous allons donc répondre à ses questions lors dʼun bilan, et désamorcer les mauvais souvenirs. Quoi quʼil en soit, si il nʼy à que peu de chances quʼil

ILS NOUS DEMANDENT D’OÙ VIENT LA MALADIE, POURQUOI EUX, EST-CE GRAVE ? EST-CE QUE ÇA VA DURER LONGTEMPS, ET COMMENT TOUT ÇA VA SE PASSER ? CES JEUNES PATIENTS ONT BESOIN D’UN RESPONSABLE, QUE CE SOIT L’ENVIRONNEMENT, LES PARENTS… fréquence des visites (ne pas être présent en permanence, ou trop absent)… Enfin, nous les aidons à envisager le personnel soignant comme un allié et non un rival, car des jalousies peuvent apparaître, du fait de la confiance que lʼenfant va lui accorder.

reste de traces psychologiques négatives, le suivi pendant et après le traitement reste indispensable. Puis, plus tard, ne pas hésiter à consulter si le passé resurgit. Stéphanie Caux

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ASSURANCES

LA RESPONSABILITÉ CIVILE

Tout auteur d’un dommage doit en réparer les conséquences. Le médecin n’échappe pas à cette obligation et, dans le cadre de l’exercice médical privé, il aura à répondre devant les tribunaux civils pour les dommages qu’il aurait pu causer dans l’exercice de sa profession.

ommençons par quelques précisions historiques. Jusquʼen 1936, la responsabilité du médecin libéral était considérée uniquement délictuelle. Puis, à la suite dʼun arrêté de la Cour de Cassation, elle est devenue contractuelle, reposant « essentiellement sur la reconnaissance juridique dʼun contrat entre le médecin et son patient » (arrêté du 20 mai 1936). Cette modification est importante puisquʼelle détermine la durée de la prescription de lʼaction en responsabilité : trente ans en matière contractuelle, et seulement dix en délictuelle. Le médecin est donc soumis à une obligation de moyens mais pas de résultats. Des exigences nouvelles se sont ensuite ajoutées aux engagements de soins prévus par lʼarrêt de 1936. Dʼabord le devoir dʼinformation des risques graves et des risques exceptionnels, apparu il y a une trentaine dʼannées, est aujourdʼhui une obligation légale et déontologique des médecins (article 1111-2 du Code de la Santé Publique). Seule lʼurgence ou lʼimpossibilité dʼinformer les en dispensent. Une obligation de sécurité dans lʼusage fait des machines et appareils utilisés dans le cadre de la pratique médicale est ensuite venue sʼajouter aux deux premières. Enfin, ce domaine des responsabilités sʼest encore accru à la fin du XXème siècle, avec la reconnaissance des infections nosocomiales et de lʼaléa thérapeutique. Ce qui a amené un nouveau problème : comment couvrir tous ces dommages, toujours plus nombreux ? La loi Kouchner du 4 mars 2002 a tenté dʼy répondre en imposant une assurance obligatoire pour les professionnels de santé et, pour éviter que les primes correspondant à la couver-

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ture des dommages ne soient exorbitantes (comme cʼest la cas aux États-Unis), des plafonds dʼassurance ont été prévus. Mais le système nʼétant pas parfait – les médecins ne sont ainsi plus assurés pour la totalité des dommages quʼils peuvent causer par leur faute -, et dʼaucuns préconisent de passer également par un système de solidarité nationale (toutefois basé sur des textes difficiles à appliquer). Des différences selon le statut Notons que les médecins ne sont pas tous égaux face à cette notion de responsabilité civile professionnelle : dans le cas dʼun médecin salarié des hôpitaux publics, et donc assimilé à un fonctionnaire, cʼest la responsabilité de lʼétablissement qui est recherchée devant le tribunal administratif. Le médecin nʼest mis en cause quʼen cas de faute détachable du service, mais cette notion est très peu retenue par les tribunaux et, en pratique, ce sont les établissements qui vont principalement être amenés à indemniser. Le médecin libéral, quant à lui, engage sa propre responsabilité civile professionnelle, ce qui lʼamène à indemniser en son nom propre. Il peut toutefois être mis en cause conjointement à un établissement, et la responsabilité sera partagée, avec une indemnisation répartie entre eux en cas de condamnation. Enfin, pour le médecin salarié du privé, et tant quʼil nʼest pas sorti du cadre de sa mission, cʼest la responsabilité de lʼétablissement qui est mise en cause.

Nina Durand


PATHOLOGIES CHRONIQUES

PATHOLOGIES CH HOPITAL, UN NO A l’occasion d’Hôpital Expo 2010, de HIT Paris, et du premier sommet international de la santé HES (Health Executive Summit), retour sur l’enjeu de ce siècle : la gestion des pathologies chroniques. Des programmes de suivi réalisés via la télémédecine à l’étranger, en passant par le développement des partenariats ville/hôpital (notamment en cancérologie) ou encore par les avantages de la télésurveillance des patients insuffisants rénaux, il est aujourd’hui évident que la maîtrise sanitaire, sociale et économique des pathologies chroniques passe et passera par l’hôpital et sa capacité à développer de nouvelles solutions de prise en charge.

COORDINATION VILLE / HÔPITAL : L’EXPÉRIENCE OMEDIT La chimiothérapie orale se développe de plus en plus, couvrant la plupart des classes d’anticancéreux disponibles. Ces médicaments nécessitent des précautions d’emploi particulières et sont à l'origine de nombreux effets indésirables souvent mal connus des patients et/ou des professionnels de santé de proximité. L’objectif principal d’OMEDIT est de communiquer sur ces médicaments, d’apporter à tous les professionnels concernés et aux patients une information claire et pratique sur leur bon usage, leur iatrogénie et la prévention des effets secondaires. Le lien ville-hôpital représente l’un des axes forts du nouveau Plan Cancer 2009/2013 : l’éducation thérapeutique et la prévention des effets iatrogènes étant une préoccupation constante des tutelles.

1/Parcours de soins & chimiothérapie : la prise en charge du patient Le développement de l'hospitalisation à domicile (HAD) est à lʼheure actuelle une réelle demande des patients atteints de maladies chroniques, notamment en cancérologie. De plus en plus de traitements anticancéreux sont disponibles par voie orale et certaines chimiothérapies, par voie intraveineuse, peuvent être administrées à domicile. Cela constitue de nombreux avantages : tout dʼabord, on évite les temps de transport et dʼattente, qui peuvent être fatigants. Par ailleurs, on reste dans son environnement personnel et familial, ce qui peut être plus réconfortant. Ceci, tout en restant suivi régulièrement par son médecin. Lʼédition 2010 du salon Hôpital Expo met lʼaccent sur lʼimportance des méthodes de travail coopératif entre la ville/hôpital pour une meilleure prise en charge du cancer et propose le retour dʼexpérience dʼOmedit. 2/Prise en charge des maladies chroniques : le modèle espagnol Les maladies chroniques et les affections de longue durée peuvent représenter jusquʼà 70% des dépenses de santé dʼun pays. Face à une population vieillissante et à un nombre croissant de patients chroniques, les systèmes européens doivent adapter

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leurs modèles de gestion des maladies chroniques pour améliorer à la fois les résultats cliniques et financiers. En Espagne, de nouveaux modèles de prise en charge des maladies chroniques ont vu le jour pour répondre aux problèmes posés. Dans le cadre du Health Executive Summit, le premier sommet international de la santé qui se déroulera du 19 au 21 mai à Porte de Versailles, la journée thématique du 19 mai 2010 rassemblera des experts européens et espagnols pour partager stratégies et retours dʼexpérience autour de la

réorganisation et de lʼadaptation des systèmes de soins aux réalités de la maladie chronique. Le Dr Rafael BENGOA, ministre régional de la Santé du Gouvernement du Pays basque, viendra partager son expérience. 3/Télésurveillance des patients insuffisants rénaux Il y a aujourdʼhui un consensus en France pour donner à la télémédecine toute sa place dans lʼévolution de lʼorganisation des soins, du parcours de soins et de lʼimplication du


RONIQUES ET UVEAU REGARD GESTION DU SIDA : LE PAYS BASQUE EN PREMIER PLAN En ce qui concerne la Communauté Autonome Basque (CAB) le ministre basque de la Santé et de la Consommation du Gouvernement basque, Rafael BENGOA, met l’accent sur la gestion du SIDA. Seulement 40 personnes meurent chaque année à cause du VIH dans la région basque : il s’agit d’une mortalité très basse grâce aux progrès registrés dans les antibiotiques et les vaccins des maladies qui dérivent du VIH. De février à octobre 2009 24.000 personnes ont réalisé le "test rapide" dans les pharmacies du Pays Basque, avec seulement 19 cas positifs.

L’ALTIR ET LA TÉLÉDIALYSE L’Association Lorraine pour le Traitement de l’Insuffisance Rénale (ALTIR) expérimente depuis 10 ans une application de télédialyse. De juin 1999 à août 2002, l’ALTIR a testé un système expert d’analyses de données pour prévenir les aggravations de l’état de santé des patients à domicile traités par dialyse péritonéale. L’ALTIR, fort du succès médical (meilleur contrôle de la pression artérielle) et économique (moins d’hospitalisations et de déplacements) de ce programme de télésurveillance, a élargi l’expérience au niveau régional. Actuellement une cinquantaine de patients à domicile et dix unités d’autodialyse bénéficient de cette application en Lorraine.

patient. Concernant la gestion des patients insuffisants rénaux, sur les 30.000 dialysés en France, seuls 10 % le sont chez eux. Il faut essayer de favoriser la dialyse péritonéale à domicile. Son couplage à une télésurveillance améliore le suivi et diminue le risque de complications. En effet dans les régions françaises où la densité des néphrologues est insuffisante, la télésurveillance est un atout majeur car lʼenvoi via Internet des paramètres du suivi à un centre de télésurveillance permet de dépister les complications à temps et de convoquer les patients plus tôt, avant une hospitalisation. La télésurveillance des dialysés à domicile est une voie dʼavenir importante en termes de qualité de soins et de réduction des coûts. Lʼhôpital ne peut plus assumer la prise en charge de toutes les maladies chroniques dʼune population toujours plus vieillissante. Le Congrès HIT donne la parole à lʼALTIR. Fanny Columba, BV Conseil

TIC E SANTE : TROIS MILLIONS D’EUROS POUR L’AUTONOMIE ET LA SANTÉ À DOMICILE Christian ESTROSI, ministre chargé de l’industrie, a annoncé le 23 avril dernier le lancement d’un appel à projets doté de 3 millions d’euros visant à favoriser l’émergence de solutions innovantes pour la prise en charge des maladies chroniques au domicile. Mené en association avec le Ministère de la Santé et des Sports, cet appel à projets soutiendra le développement de solutions complètes utilisant les technologies de l’information et de la communication au sein de pilotes industriels.

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HYGIÈNE - FEHAP

La qualité :

la FEHAP l’affiche ! Les établissements de la FEHAP ont fait de la qualité leur priorité depuis de nombreuses années. Un décret d’application de La loi Hôpital patients Santé Territoires prévoit désormais que tous les établissements de santé doivent tenir les résultats qualité à la disposition des patients. La FEHAP, représentant les établissements Privés Non Lucratifs, a lancé une campagne de communication nationale autour des indicateurs qualité qui remporte un grand succès.

LES ÉTABLISSEMENTS ADHÉRANT À LA FEHAP SONT POUR LA PLUPART BIEN CLASSÉS DANS LES RÉSULTATS DE LUTTE CONTRE LES INFECTIONS NOSOCOMIALES, LE MODE DE GESTION PRIVÉ NON LUCRATIF PERMETTANT D’INNOVER ET DE METTRE EN PLACE DES ACTIONS CONCRÈTES POUR ÊTRE TOUJOURS PLUS EFFICACES AU SERVICE DU PUBLIC ACCUEILLI 20 - L’Hospitalier

a qualité est pour les établissements adhérents, comme pour la FEHAP, une priorité. La loi HPST rend obligatoire depuis le 1er janvier 2010 la mise à disposition des patients et de leur entourage les résultats qualité de chaque établissement de santé. La FEHAP, afin de leur permettre de se mettre en conformité avec cette nouvelle législation a distribué un kit de communication à tous ses établissements adhérents. Cette campagne de communication à destination du grand public permet de présenter de manière pédagogique, les critères de qualité des établissements sanitaires. Il est effectivement difficile pour un patient dʼapprécier une notification IPAQSS (Indicateurs Pour l'Amélioration de la Qualité et de la Sécurité des Soins) fourni par la Haute Autorité de Santé. Ainsi, grâce à des affiches aux couleurs de la FEHAP, les patients et les usagers peuvent désormais en un clin dʼœil mesurer les dispositions mises en place par leur établissement dans un langage compréhensible.

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Cette campagne a été lancée en décembre 2009 et a remporté un vif succès dans les établissements adhérents. Effectivement, les établissements ont été demandeurs de plusieurs exemplaires de ce kit et se sont emparés du visuel afin de mettre en valeur efficacement leurs résultats ; au niveau local, certaines délégations régionales de la FEHAP ont sollicité la presse qui sʼest montrée très intéressée par cette communication médicale à destination du grand public.

Il est vrai que les établissements adhérant à la FEHAP sont pour la plupart bien classés dans les résultats de lutte contre les infections nosocomiales, le mode de gestion Privé Non Lucratif permettant dʼinnover et de mettre en place des actions concrètes pour être toujours plus efficaces au service du public accueilli. Pour ne citer que quelques exemples : lʼHôpital Joseph Ducuing pratique une démarche qualité et de gestion des risques exemplaire sur le parcours de soins en secteur chirurgical, le Groupe Hospitalier de lʼInstitut Catholique de Lille a créé un mode dʼaccueil original pour les personnes sourdes en langue des signes, lʼAssociation Varoise pour lʼOrganisation de la Dialyse à Domicile a développé un programme dʼauto dialyse nocturne permettant aux patients de maintenir une vie sociale et professionnelle, etc. Bien entendu, cette campagne était à destination des établissements sanitaires, toutefois, les préoccupations autour de la qualité dont la FEHAP a fait sa priorité sont identiques pour le secteur médico-social et dès que des indicateurs seront précisés en lien avec lʼANESM, la FEHAP adaptera ses supports de communication. Parallèlement à cette campagne, la FEHAP sʼest interrogée sur les résultats de la certification V2 et V2007 de ses établissements adhérents : pouvaiton les différencier par la qualité, et si oui, quels étaient leurs éventuels points forts et vers quelles pistes dʼamélioration faire porter les efforts.


® Groupe Hospitalier du Centre Alsace

itératif de la procédure. Les niveaux de certification obtenus : parmi nos établissements, 6 sur 10 ont obtenu une certification sans observation (185 établissements, soit 60,3%), un peu plus du 1/3 une certification avec suivi (111 établissements, soit 36,2%), et pour une minorité une certification conditionnelle était prononcée (11 établissements, soit 3,6% de notre secteur). Ces constats comparés à ceux des autres secteurs, traduisent un dynamisme particulier dans les démarches dʼamélioration de la qualité et de la sécurité des soins. Nous avons cherché également à nous situer eu égard aux thèmes présentés par la HAS dans son dernier rapport dʼactivité (rapport 2008) : il sʼagit ici des 5 références de la procédure V2007 les plus souvent citées. Nous avons adapté le même point de vue, pour les certifications V2007 ayant eu lieu entre 2007 et mai 2009 dans la base de données étudiée, ces références les plus citées devant être considérées comme des priorités. Celles qui sont communes à tous les secteurs : le Circuit du médicament, la Gestion des risques (ces 2 premiers thèmes devenant des pratiques exigibles prioritaires en V2010), le Projet thérapeutique personnalisé, le Dossier du patient, lʼévaluation des politiques et du management. Les établissements FEHAP sont concernés comme tous les autres par lʼenjeu du circuit du médicament, celui de la gestion des risques, ainsi que par lʼévaluation des politiques et du management.

Le Groupe Hospitalier du Centre Alsace s’est emparé de cette affiche et à intégré tous ses indicateurs Nous avons demandé à la HAS de nous communiquer la base de données quʼelle constitue à partir des rapports de certification ; nous avons reçu une base incluant 1686 établissements de santé ayant satisfait à la procédure de certification durant la période du 2 novembre 2005 au 12 mai 2009 (données complètes pour nos établissements, et données anonymisées concernant les autres fédérations hospitalières). Les enseignements que nous a apportés cette analyse portent dʼabord sur lʼengagement et sur les résultats globaux de la certification.

Les établissements FEHAP étaient les plus nombreux, en mai 2009, à avoir « bouclé » leur certification V2-V2007 : les 3/4 dʼentre eux, versus un peu plus de la moitié pour les autres privés non lucratifs (CLCC, Croix-Rouge, UGECAM…), un peu plus de la moitié également pour les privés lucratifs. Les 2/3 des établissements publics avaient réalisé leur V2 ou V2007. Nous avons pu en conclure, alors, que les établissements de la FEHAP avaient probablement été plus prompts à sʼengager dans les premières procédures dʼaccréditation-certification, étant donné le caractère

Cependant il apparaît, lors de lʼanalyse de notre seul secteur, dʼautres références en termes de fréquence de citation parmi lʼensemble des remarques formulées par les experts-visiteurs, notamment la Prise en charge de la douleur, lʼEvaluation de la satisfaction. Ces résultats nous ont interpelé : une analyse plus fine (prise en compte des niveaux de gravité des décisions), nous a permis de constater que nos établissements restaient majoritairement, pour les thèmes cités, dans des niveaux de certification simple. Un zoom sur des dimensions plus fines, au sein des grandes thématiques, nous a également montré que nos établissements se différenciaient positivement concernant le projet thérapeutique personnalisé, la place du patient et de son entourage, les soins palliatifs, la rééducation. Yves-Jean DUPUIS, directeur Général de la FEHAP

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HYGIÈNE DES MAINS

L'hygiène des mains : un impact sur la transmission des infections en établissement de santé ʼhygiène des mains est un élément-clef de la lutte contre les infections associées aux soins et la transmission dʼagents pathogènes. Dès 1962, Edward Mortimer(1) avait mis en évidence le rôle des mains des soignants dans la transmission de germes pathogènes, en lʼoccurrence des staphylocoques chez les nouveaux-nés. Une étude de Didier Pittet(2) parue dans The Lancet en Octobre 2000, a évalué le lien entre lʼobservance de lʼhygiène des mains et le taux dʼinfections nosocomiales. Ces études ont montré sur une période de 4 ans que le taux dʼinfections diminuait, ainsi que le taux de transmission de Staphylococcus aureus résistant à la méticilline quand lʼhygiène des mains augmentait. Ce résultat a notamment été observé grâce à une campagne continue de promotion de lʼhygiène des mains comportant la mise en place de produit hydro-alcoolique (PHA). Plus récemment, parallèlement à lʼaugmentation de la consommation des PHA et de lʼobservance des gestes dʼhygiène des mains, de nombreuses études ont observé une diminution du nombre dʼin-

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fections nosocomiales et de bactéries multi résistantes aux antibiotiques(3). Dans la communauté : Un bon respect de lʼhygiène quotidien des mains à lʼeau et au savon permet de réduire la transmission des infections(4). Ces multiples expériences participent au faisceau dʼarguments en faveur dʼune relation causale entre une stratégie dʼhygiène des mains avec la place privilégiée des PHA et son impact sur la maîtrise du risque infectieux. On lave des mains sales, on les désinfecte par friction pour les soins : une recommandation universelle. La friction hydro-alcoolique (FHA) est la technique dʼhygiène des mains priorisée en situation de soins (établissements de santé, exercice libéral, domicile, urgence extrahospitalière). Dès décembre 2001, le Comité Technique National des Infections Nosocomiales(5) rappelait que lʼhygiène des mains devait reposer sur la friction avec un produit hydro-alcoolique (PHA) « en remplacement du lavage des mains » . Cette place de la FHA est également retrouvée

dans le guide « Hygiène des mains »(6) rédigé sous lʼégide de la Société Française dʼHygiène Hospitalière (SFHH), les recommandations nord américaines de 2002(7), ainsi que le guide de lʼOrganisation Mondiale de la Santé(8) support du défi mondial pour la sécurité des patients « des mains propres sont des mains sûres ; un soin propre est un soin plus sûr »(9) qui reprennent ce même message : «…lʼhygiène des mains est considérée comme la plus importante [des mesures de prévention de la transmission desinfections]. … lʼamélioration de cette pratique se révèle être une tâche difficile et complexe … Il est recommandé de frictionner les mains de préférence avec un


HYGIÈNE DES MAINS

cide sur les virus enveloppés (Herpes simplex virus, HIV, virus de la grippe, virus respiratoire syncytial, virus de lʼhépatite B) et à un degré moindre sur les virus nus. Il faut signaler une amélioration constante des produits et une augmentation du nombre de produits virucides sur lʼensemble des virus. La réduction de la contamination des mains, quel que soit le PHA testé, est toujours supérieure à celle dʼun lavage des mains, fait avec un savon antiseptique ou un savon doux à temps de contact égal(14)(15). produit hydro-alcoolique pour lʼantisepsie de routine … ». La FHA est validée dans les situations de prise en charge de tout patient, entrant ainsi dans le cadre des « Précautions standard » comme moyen de prévention de la transmission croisée, notamment en établissements de santé(10) et dans les établissements médico-sociaux comme ceux hébergeant des personnes âgées dépendantes(11). Dans toutes les recommandations, lʼhygiène des mains, en particulier par FHA, est ainsi présentée comme une recommandation forte, avec un niveau de preuve scientifique fort (cotation Ib pour les recommandations nord américaines ou celles de lʼOMS). Une technique efficace Il est prouvé que la FHA est la méthode la plus efficace en termes dʼélimination de la flore portée sur les mains. Les principes actifs (alcools) de ces produits hydro-alcooliques ont une excellente activité in vitro, bactéricide y compris sur les bactéries multirésistantes aux antibiotiques (comme Staphylococcus aureus résistant à la méticilline, …)(12)(13) fongicide et viru-

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Il est nécessaire lors du choix de produits de vérifier lʼactivité antimicrobienne des produits in vivo et in vitro en se référant aux normes en vigueur. Le respect de ces normes, avec le temps de friction qui y est associé, est repris dans la Liste Positive des Désinfectants éditée par la SFHH(16) outil dʼaide pour le choix, par les établissements de santé, dʼun produit hydro alcoolique. Un site professionnel sur les désinfectants et produits mains, Prodhybase®(17) permet également de consulter lʼensemble des caractéristiques des produits et résultats de normes. La SFHH recommande de ne plus utiliser les savons antiseptiques en établissement de soins, pour les gestes dʼhygiène des mains. Des PHA permettent de répondre à quasiment toutes les situations de désinfection des mains. Lʼélimination des souillures et la présence dʼectoparasites (gale par exemple) ou de formes bactériennes sporulées (Clostridium difficile par exemple) nécessitent le recours préalable à un lavage avec un savon doux.

En dehors des soins, seul le lavage simple des mains pour les gestes dʼhygiène des mains au quotidien est recommandé dans la vie courante, dans les écoles, etc. [communiqué SFHH de juillet 2009]. Une méthode avec une bonne tolérance cutanée En situation de soins, le recours très fréquent au lavage des mains est un facteur important dʼirritation cutanée ; il a été rapporté jusquʼà 25% de mauvaise tolérance cutanée(18). Il est prouvé que lʼutilisation de PHA améliore autant la sécheresse cutanée mesurée objectivement que la sensation subjective de sécheresse ou dʼirritation(19) Le choix dʼun produit adapté avec le respect dʼune bonne technique, favorisant une bonne tolérance, permet ainsi dʼobtenir une meilleure observance de la désinfection des mains. Des conditions de réalisation de la FHA à bien respecter Comme pour tout geste dʼhygiène des mains, plusieurs pré-requis doivent être observés ; les mains et poignets doivent être débarrassés de tous bijoux, bracelets ou montre, y compris lʼalliance. Il a été prouvé que le port de bijoux, y compris une alliance lisse, dʼune montre au poignet ou de bracelets est associé à des contaminations persistantes des mains(20). De même, des épidémies ont été associées à des écarts quant aux recommandations relatives aux ongles longs(21) ou portant des décorations ou du vernis(22). Le port de faux ongles a clairement été associé à des épidémies(23)(24). Tous ces artifices diminuent lʼefficacité du geste dʼhygiène des mains(25). Ces arguments appuient la recommandation « tolérance zéro pour les bijoux ». La FHA doit également être réalisée sur des mains macroscopiquement propres et sèches. Pour être efficace, elle requiert lʼabsence de souillures organiques qui inactiveraient leur principe actif(26). La FHA requiert une application soigneuse sur lʼensemble des mains et poignets avec une dose de produit suffisante pour garantir la couverture des mains et des poignets et le respect du temps de contact efficace. La gestuelle a été argumentée dans les dernières recommandations SFHH 2009. La friction doit être réalisée à distance du lavage des mains, car la réalisation dʼune FHA immédiatement après lavage diminue lʼactivité et augmente les intolérances(27).


HYGIÈNE DES MAINS

Tous ces éléments militent en faveur dʼun protocole spécifique pour réaliser une bonne FHA, enseignée aux professionnels de santé (formation initiale et continue) et évaluée. Lʼéducation du patient, de sa famille lorsquʼelle participe aux soins, est également importante. Enfin, lʼéducation à lʼhygiène des mains dès le plus jeune âge devrait être favorisée. Une stratégie pour améliorer lʼobservance En situation de soins : Il est clairement prouvé que lʼobservance de lʼhygiène des mains ne reposant que sur le lavage était très insuffisante, réalisée en moyenne moins dʼune fois sur deux(28) dans de nombreuses études. Cette insuffisance est liée à de nombreux facteurs dont les attitudes ou les comportements face au risque infectieux. Une stratégie volontariste et permanente, basée sur lʼaccès facilité à un geste de désinfection des mains, au plus proche du soin, a prouvé son impact sur lʼobservance(29). Le temps passé pour réaliser ces gestes dʼhygiène des mains, facteur déterminant de lʼobservance, a pu être réduit de lʼordre de 80% en implantant la friction(30).

Martine Erb, Bruno Grandbastien, Raphaelle Girard, Olivia Keita Perse, Joseph Hajjar et les membres du Conseil Scientifique de la SFHH

(1) Mortimer EA, Lipsitz PJ, Wolinsky E, al. e. Transmission of staphylococci between newborns. Am J Dis Child 1962 ;104:289-95. (2) Pittet D, Hugonnet S, Harbarth S, Mourouga P, Sauvan V, Touveneau S, et al. Effectiveness of a hospital-wide programme to improve compliance with hand hygiene. Infection Control Programme. Lancet 2000 ;356(9238):1307-12. (3) Gillespie EE, ten Berk de Boer FJ, Stuart RL, Buist MD, Wilson JM. A sustained reduction in the transmission of methicillin resistant Staphylococcus aureus in an intensive care unit. Crit Care Resusc 2007 ;9(2):161-5. (4) Guinan M, McGuckin M, Ali Y. The effect of a comprehensive handwashing program on absenteeism in elementary schools. American Journal of Infection Control 2002 ;30:217-220. (5) Comité Technique national des Infections Nosocomiales. Avis du 5 décembre 2001 sur la place de la friction hydro-alcoolique dans lʼhygiène des mains lors des soins. Bull Epidemiol Hebd 2002 ;(8):35. (6) Société française dʼhygiène hospitalière. Recommandations pour lʼhygiène des mains. Juin 2009. Disponible sur : http://www.sfhh.net/telechargement/recommandations_hygienemain2009.pdf (7) Boyce JM, Pittet D. Guideline for Hand Hygiene in Health-Care Settings : recommendations of the Healthcare Infection Control Practices Advisory Committee and the HICPAC/SHEA/APIC/IDSA Hand Hygiene Task Force. Infect Control Hosp Epidemiol 2002 ;23(12 Suppl):S3-40. (8)World Health Organization. WHO Guidelines on hand hygiene in health care. Available on : http://whqlibdoc.who.int/publications/2009/9789241597906_eng.pdf. (9)Pittet D, Donaldson L. Clean care is safer care : the first global challenge of the WHO World Alliance for Patient Safety. Am J Infect Control 2005 ;33(8):476-9. (10) Société française dʼhygiène hospitalière. Recommandations nationales. Prévention de la transmission croisée : précautions complémentaires contact. Avril 2009 Disponible sur : http://www.sfhh.net/telechargement/recommandations_preventiontransmissioncroiseeSFHH.pdf (11)Observatoire du risque infectieux en gériatrie. Prévention des infections en établissements dʼhébergement pour personnes âgées dépendantes. Juin 2009 ; Thématique de la revue Hygiènes. 2010 ; 1:1-90. (12) Kampf G, Hofer M, Wendt C. Efficacy of hand disinfectants against vancomycinresistant enterococci in vitro. J Hosp Infect 1999 ;42(2):143-50. (13) Kampf G, Jarosch R, Ruden H. Limited effectiveness of chlorhexidine based hand disinfectants against methicillin-resistant Staphylococcus aureus (MRSA). J Hosp Infect 1998 ;38(4):297-303. (14) Zaragoza M, Salles M, Gomez J, Bayas JM, Trilla A. Handwashing with soap or alcoholic solutions ? A randomized clinical trial of its effectiveness. Am J Infect Control 1999 ;27(3):258-61. (15) Rotter M. Hand washing and hand disinfection. In : Mayhall CG, editor. Hospital epidemiology and infection control. 2 ed. Philadelphia : Lippincott Williams & Wilkins ; 1999. p. 1339-55. (16) Société française dʼhygiène hospitalière. Liste positive désinfectants. Juin 2009. Disponible sur : http://www.sfhh.net/telechargement/recommandations_LPD2009.pdf

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(17) Site Prodybase : http://prodhybase.chu-lyon.fr (18) Larson E, Friedman C, Cohran J, Treston-Aurand J, Green S. Prevalence and correlates of skin damage on the hands of nurses. Heart Lung 1997 ;26(5):404-12 (19) Boyce JM, Kelliher S, Vallande N. Skin irritation and dryness associated with two hand-hygiene regimens : soap-and-water hand washing versus hand antisepsis with analcoholic hand gel. Infect.Control Hosp.Epidemiol. 2000 ;21(7):442-8. (20) Trick WE, Vernon MO, Hayes RA, Nathan C, Rice TW, Peterson BJ, et al. Impact of ring wearing on hand contamination and comparison hand hygiene agents in a hospital. Clin Infect Dis 2003 ;36(11):1383-90. (21) Moolenaar RL, Crutcher JM, San Joaquin VH, Sewell LV, Hutwagner LC, Carson LA, et al. A prolonged outbreak of Pseudomonas aeruginosa in a neonatal intensive care unit : did staff fingernails play a role in disease transmission ? 2000 ;21(2):80-5. (22) Jeanes A, Green J. Nail art : a review of current infection control issues. J Hosp Infect 2001 ;49(2):139-142. (23) Gupta A, Della-Latta P, Todd B, San Gabriel P, Haas J, Wu F, et al. Outbreak of extended-spectrum beta-lactamase-producing Klebsiella pneumoniae in a neonatal intensive care unit linked to artificial nails. Infect Control Hosp Epidemiol 2004 ; 25(3):210-5. (24) Foca M, Jakob K, Whittier S, Della LP, Factor S, Rubenstein D, et al. Endemic Pseudomonas aeruginosa infection in a neonatal intensive care unit. N Engl J Med 2000 ;343(10):695-700. (25) McNeil S, Foster C, Hedderwick S, Kauffman C. Effect of Hand Cleansing with Antimicrobial Soap or Alcohol-Based Gel on Microbial Colonization (26) Boyce JM, Larson EL, Weinstein RA. Alcohol-based hand gels and hand hygiene in hospitals. Lancet 2002 ;360:1509-10. (27)Hubner NO, Kampf G, Loffler H, Kramer A. Effect of a 1 min hand wash on the bactericidal efficacy of consecutive surgical hand disinfection with standard alcohols and on skin hydration. Int J Hyg Environ Health 2006 ;209(3):285-1. (28) Mortimer EA, Lipsitz PJ, Wolinsky E, al. e. Transmission of staphylococci between newborns. Am J Dis Child 1962 ;104:289-95. (29) Gould DJ, Chudleigh JH, Moralejo D, Drey N. Interventions to improve hand hygiene compliance in patient care. Cochrane Database Syst Rev 2007(2):CD005186. (30) Voss A, Widmer AF. No time for handwashing ! Handwashing versus alcoholic rub : can we afford 100% compliance ? Infect Control Hosp Epidemiol 1997 ;18(3):205-8.


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Infections nosocomiales & eaux sanitaires

Une façon inédite de traiter ses canalisations Le concept est aussi ingénieux que son inventeur est modeste. Et écologique : en soumettant les eaux sanitaires à un champ électromagnétique pulsé, le Spectrum de Bernard Moulin les débarrasse sans traitement chimique du calcaire et du biofilm où aiment à se lover légionnelles et consorts. Une douzaine de centres hospitaliers s'intéressent de très près à cet appareil dont la fabrication vient de débuter. laitiers ou les eaux de source. Bernard Moulin prévoit aussi dʼinstaller plusieurs appareils dans des grands groupes hôteliers, gratuitement, « à lʼessai », pour sensibiliser un secteur où lʼon se préoccupe selon lui trop peu des infections nosocomiales, « peut-être parce que les gens ne font toujours quʼy passer...»

Bernard Moulin ous avons commencé en Bretagne, raconte Bernard Moulin, avec pour mission d'équiper des réseaux d'eau de poulaillers. Là-bas, le problème vient des sols qui sont particulièrement nitratés : les nappes phréatiques sont gorgées dʼalgues vertes donc les points de puisage où les éleveurs vont pomper lʼeau sont touchés et ces algues bouchent ensuite leurs tuyaux et pipettes. Mes premiers essais ont porté là-dessus. Et mes premiers succès, dʼailleurs.» Cʼétait en 1982, lʼamorce dʼun procédé qui allait évoluer jusquʼà devenir Spectrum, breveté en 2005.

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L'enjeu : éradiquer par électromagnétisme -et sans traitement chimique- légionnelles, pseudomonas, calcaire, biofilm et corrosion des canalisations dʼeaux sanitaires. Aujourdʼhui, deux maisons de retraite, un lycée et un centre dʼaccueil pour personnes handicapées en sont déjà équipés. De nombreux hôpitaux se montrent également intéressés, comme les industriels de lʼagro-alimentaire spécialisés dans les produits

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Concrètement, le système est placé sur la paroi dʼune canalisation, en général juste après le compteur dʼeau, pour que tout le réseau en bénéficie. Un module y reçoit dʼun générateur les impulsions électriques qui vont lui permettre dʼenvelopper le tuyau dʼun champ électromagnétique. Lʼeau achève le travail. « Là, on passe dans la science quantique, prévient Bernard Moulin. Prenez lʼeau qui arrive de lʼusine du fournisseur : elle a subi des traitements chimiques sérieux. Ensuite elle est purifiée... disons à lʼeau de Javel, pour simplifier. A partir de là, les molécules deviennent sans réaction, on a une espèce dʼeau passive dans laquelle il nʼy a plus dʼactivité physico-chimique. Cʼest en passant dans les radiations des ondes électromagnétiques basse fréquence quʼelle se recharge. Il y a une inversion dʼions positifs et négatifs qui fait que lʼeau rééquilibre son énergie et cʼest avec cette même énergie quʼelle est alors capable dʼéliminer toute seule le biofilm sans perdre les oligo-éléments quʼelle véhicule.» Une alternative écologique aux traitements chimiques, assorties aux convictions de ce personnage détonant quʼest Bernard Moulin, très fier de contribuer au développement durable avec son invention. Au compteur électrique, quel que soit le débit couvert, la consommation nʼexcède jamais 75_W/h. Et le système lui-même peut adoucir la facture via son action anti-dépôts : «Quand vous débarrassez vos tuyaux du calcaire, vous faites une économie dʼénergie très sensible. Si vous voulez chauffer une eau à 45°C sur une colonne montante de 20_mètres et si vous avez 20_mètres de calcaire, quand elle arrive


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HYGIÈNE - INFECTIONS NOSOCOMIALES là-haut, elle nʼest plus à 45°C. Résultat, il faut parfois monter la chaudière à 80-90°C pour que là-haut, elle soit vraiment à 45°C !» Concernant les débits couverts par lʼappareil, ils peuvent aller de 5 à 250m3 par heure. Prix de lʼinstallation, de 10.000 à 20.000 euros dont 2.000 en option, pour le système de pilotage embarqué. Cette solution permet au personnel technique de lʼétablissement, alors que le Spectrum se retrouve souvent à l'ultime sous-sol, dʼassurer du bureau sur un ordinateur le suivi du process. La plupart des centres hospitaliers aujourdʼhui intéressés par lʼinvention de Bernard Moulin prévoient dʼailleurs de lʼintégrer à leur future commande, en

vier 2009. Pour lʼheure, Bernard Moulin fabrique ses appareils. La présérie est en cours, la norme AFNOR créée (NFX 30-503) et les conditions de garanties définies : huit ans pour lʼinstallation complète, soit le maximum légal. Et pour lʼannée prochaine, il table sur 150 à 200_installations, notamment grâce aux contacts noués à Hôpital Expo, cette année. A60_printemps, il y était invité en tant que lauréat du Prix de la création innovante, décerné en 2007 par lʼAgence pour la création dʼentreprises. Une consécration pour un homme qui nʼa jamais cessé dʼinventer –et breveter- un peu dans tous les sens. On lui doit notamment un couteau électrique spécial apiculture,

L'ENJEU : ÉRADIQUER PAR ÉLECTROMAGNÉTISME -ET SANS TRAITEMENT CHIMIQUE- LÉGIONNELLES, PSEUDOMONAS, CALCAIRE, BIOFILM ET CORROSION DES CANALISATIONS D’EAUX SANITAIRE version Wi-Fi ou Ethernet, pour ceux que le câblage ne décourage pas. Ce qui ne va pas sans chagriner cet entrepreneur si fier du coût modeste de son installation : «Avec lʼinformatique, forcément, ça fait grimper la note», regretterait-t-il presque. Sa société, la SARL Spectruming créée en mai dernier pour commercialiser son invention, compte aujourdʼhui quatre salariés, basés sur le Bioparc de Vichy (03). Deux technico-commerciaux seront également recrutés en jan-

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inventé à 28_ans, la première voiture électrique (fabriquée pour Teilhol, en 1971) et la première télévision privée dʼAuvergne, sa région natale. Pour ce troisième millénaire, Bernard Moulin promet de nouvelles applications pour son Spectrum et un projet mystère dont on saura seulement quʼil porte sur la santé et les nanotechnologies. Annette Delmas CREDITS PHOTOS: DR


HYGIÈNE - INFECTIONS NOSOCOMIALES

LE LIEN :

RÉTABLIR LA CONFIANCE DES VICTIMES L’association Le Lien s’inscrit dans une volonté d’écoute, d’information et d’orientation des victimes d'infections nosocomiales, et d'accidents médicaux. Elle traite plus de 1000 dossiers par an.

de lʼassociation depuis 2006 relève que « la plupart du temps, les patients ne sont pas informés et découvrent presque par hasard quʼils ont été infectés par un germe. Dans ces situations, les informations lui sont délivrées au compte-gouttes, il y a une vraie volonté de dissimulation. Nous les accompagnons dans leurs démarches en essayant dʼavoir un effet de levier et dʼéviter au maximum les dossiers incomplets et les falsifications ».

Claude Rambaud orsque lʼon parle dʼinfections nosocomiales et dʼhygiène hospitalière, on oublie bien souvent les victimes. Des associations pourtant les accompagnent, comme Le Lien, créée en 1998 à lʼinitiative dʼAlain-Michel Ceretti. Lʼorganisme se penche sur 1000 dossiers par an. Des dossiers qui devraient être pris en charge par les commissions régionales de conciliation et dʼindemnisation des accidents médicaux des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (CRCI), des

L

LA PLUPART DU TEMPS, LES PATIENTS NE SONT PAS INFORMÉS ET DÉCOUVRENT PRESQUE PAR HASARD QU’ILS ONT ÉTÉ INFECTÉS PAR UN GERME. entités instituées en 2002. Les raisons de la confiance accordée au Lien sont multiples : de son ancienneté à lʼattention apportée par les bénévoles aux victimes, en passant par sa réputation.

Ces patients sont souvent mis à mal, physiquement, mais aussi moralement. Parfois même, ils quittent lʼhôpital, plus malades quʼà leur entrée. Une fatalité ? Pas pour le CHU de Savoie qui a misé sur la transparence. Par le biais de la Fédération médicale inter établissements de gestion des risques infectieux liés aux soins de Savoie (FEMERIS), il a repris contact avec une trentaine de patients infectés par un endoscope digestif. Résultat de lʼenquête : 60% des patients interrogés font de nouveau confiance à lʼétablissement, même sʼils considéraient lʼerreur commise comme grave. Une confiance qui ne peut toutefois pas être relayée par le tableau de bord des infections nosocomiales. Un document rendu obligatoire par le ministère de la Santé en 2010, qui oblige désormais les établissements de santé à une transparence auprès des patients quand il y a contamination.

Stéphanie Caux

Claude Rambaud, spécialiste du droit de la santé et présidente

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ASEPTIC SURGERY FORUM 2010

La 1ère édition d’Aseptic Surgery Forum qui c’est déroulée à Paris, les 26 et 27 Mars derniers a reçu plus de 1.000 participants en provenance d’une vingtaine de pays. Remplissant un de ses objectifs premiers, ce nouveau rendez-vous international des acteurs de la santé a rassemblé les représentants des catégories professionnelles qui contribuent au quotidien à la prévention, au diagnostic et au traitement des infections chirurgicales.

a 1ère édition dʼAseptic Surgery Forum qui cʼest déroulée à Paris, les 26 et 27 Mars derniers a reçu plus de 1.000 participants en provenance dʼune vingtaine de pays. Remplissant un de ses objectifs premiers, ce nouveau rendez-vous international des acteurs de la santé a rassemblé les représentants des catégories professionnelles qui contribuent au quotidien à la prévention, au diagnostic et au traitement des infections chirurgicales. Cette première a suscité un grand intérêt des participants. Lʼévaluation conduite auprès de ces derniers permet dʼannoncer un indice de satisfaction de lʼordre de 90%. Ils ont notamment souligné la convivialité, la multidisciplinarité de cette rencontre, la qualité du programme de conférences et lʼintérêt de lʼexposition.

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Pendant ces deux journées, les nombreux participants ont pu échange avec les intervenants et les exposants sur les thèmes : • Pourquoi y-a-t il des infections? • Revêtements antimicrobiens : perspectives • Lʼhygiène des mains • Le facteur humain • Conception et organisation du bloc opératoire

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• Doit-on garder la stérilisation en interne aux établissements ? • Diagnostic microbiologique : nouvelles perspectives • Prévention des infections du site opératoire : les mesures actuelles, sont-elle suffisantes ? • Table ronde : traitement chirurgical des PTH infectées : deux temps ou un temps ? • De la peau à lʼinfection • Lʼinfection dans les autres spécialités, analogies et différences • Conséquences juridiques et économiques des infections chirurgicales La 2ème édition dʼAseptic Surgery Forum se tiendra à Paris les 29 & 30 Mars 2012. Les objectifs de cette rencontre sont de : • Structurer et améliorer la prise en charge des malades infectés • Améliorer les pratiques professionnelles sur le plan de lʼhygiène • Développer les technologies et mettre au point avec les industriels concernés des dispositifs médicaux limitant les risques • Promouvoir et explorer la recherche fondamentale sur les mécanismes de ces infections encore peu connues • Rassembler les praticiens des différentes spécialités tant médicales que technologiques qui contribuent à

la lutte au quotidien contre le phénomène infectieux. Elle prendra en compte les aspects liés au respect de lʼenvironnement et au développement durable. Fortement axé sur la multidisciplinarité, lʼappel à communication pour le programme des conférences et de lʼexposition est en cours, à destination des : • Chirurgiens ; IBODE, IADE (Cadres et personnels Infirmiers du bloc opératoire) ; Médecins : Anesthésistes, Hygiénistes, membres des CLINS, Radiologues, Réanimateurs, Rhumatologues, Urgentistes ; Bactériologistes, Infectiologues et Microbiologistes ; Pharmaciens ; Direction des services techniques et achats ; etc. • Fournisseurs dʼaménagements et dʼéquipements, de médicaments et de dispositifs médicaux, de produits et de services. Les propositions de communications (thème, titre, résumé dune dizaine de lignes, intervenants photo et CV) sont à communiquer à « aforest@oriex.fr ». Pour toute information : +33 (1) 48 91 89 89 Agathe Forest « aforest@oriex.fr » Sylviane Robinet « srobinet@aseptic-surgery-forum.com »


HYGIÈNE - NILFISK

LES LAVEUSES DE SOLS NILFISK :

QUAND ÉCOLOGIE RIME AVEC ÉCONOMIE

La société Nilfisk a mis au point des laveuses particulièrement adaptées au contexte hospitalier. Elles consomment moins d’eau et de chimie, ce qui présente un avantage économique comme écologique. ettoyer des surfaces importantes de sol, c'est le défi quotidien que doivent relever les équipes logistiques des hôpitaux. C'est le cas au CHU d'Amiens qui doit nettoyer, chaque jour, plusieurs milliers de mètres carrés de sols.

N

servoir dʼeau propre en fin de prestation. Le détergent est distribué tout au long du travail. Avec un système aussi économe, Nilfisk contribue ainsi au respect de lʼenvironnement. Confortable et discret Par ailleurs, ces machines sont faciles d'utilisation et très confortables pour l'opérateur. Grâce à leur batterie les laveuses circulent en toute autonomie. Toutes les fonctions de la machine sont activées à l'aide d'une seule touche. A cela s'ajoute une discrétion sonore propice au secteur hospitalier. Les appareils sont prévus pour circuler sans gêner la tranquillité des services de soin.

Alors, comment relever ce challenge tout en évitant des coûts trop élevés ? La société Nilfisk a mis au point des laveuses de sols particulièrement efficaces qui répondent aux besoins très spécifiques du secteur hospitalier. Le système innovant EDS de Nilfisk garantit une mesure précise des proportions de détergent et d'eau nécessaires pour un nettoyage optimal. Dans la méthode traditionnelle, un mélange manuel d'eau et de détergent est effectué dans le réservoir. Cette méthode, source d'erreur de dosage et de perte de temps peut laisser un sol mal nettoyé ou glissant. Elle est aussi alourdie par la vidange, le nettoyage du réservoir et l'interruption dʼusage du matériel. Par contre, le système EDS - dont le doseur de détergent est indépendant de la cuve à eau - distribue automatiquement les quantités de détergent nécessaires à un nettoyage efficace. Le mélange, fait au niveau du plateau brosseur, évite la vidange inutile du ré-

Le système EDS de Nilfisk permet, tout en garantissant une meilleure qualité de nettoyage, une économie de 50 % sur la consommation d'eau, de 35 % sur la consommation de détergent et de 20 % sur le temps de travail. « Les plus de Nilfisk pour répondre aux attentes du secteur hospitalier sont l'ergonomie, l'écologie et l'économie », déclare Denis Mouton, Directeur des ventes de la société Nilfisk. Anaëlle Blanchard

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TIC

LA RÉVOLUTION NUMÉRIQUE EST EN MARCHE La numérisation des établissement hospitaliers constitue autant une révolution technologique qu’une révolution médicale et sociale : en contribuant à replacer le patient au cœur du système de soins, elle permet une médecine à la fois plus efficace, moins onéreuse et plus humaine. Les hôpitaux du monde entier, déployant aujourd’hui tout un éventail de Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) pour sauver des vies, ne se sont pas trompés sur le potentiel de ces outils d’avant-garde. usquʼà très récemment, lʼutilisation des TIC en santé se limitait aux applications administratives et financières, et nʼavait que peu dʼimpact sur les soins dispensés aux patients. Mais, ayant pris connaissance de la vraie valeur de ces technologies, les hôpitaux ont commencé une transformation numérique leur permettant, par exemple, de remplacer des documents difficiles à partager et à stocker (comme les radiographies) par des images numériques facilement accessibles et transmissibles. Ou encore de passer dʼun environnement où des dossiers patients papiers étaient régulièrement égarés dans les services à un environnement où le personnel utilise des systèmes dʼinformations pour documenter ces dossiers patients en temps réel et pouvoir y accéder rapidement. Cette révolution numérique implique dʼailleurs beaucoup plus que lʼutilisation de logiciels, puisquʼelle tend vers lʼintégration, dans des établissements de santé jusque-là peu au faîte de ces avancées, de technologies telles que la RFID pour répondre à une multitude de besoins : prescription des médicaments et vérification des interactions médicamenteuses, identification des patients, sûreté des malades et du personnel, suivi du linge et des plateaux-repas, optimisation des processus de stérilisation, etc… Pour mieux accompagner la mutation numérique des établissements français, lʼÉtat a prévu dʼy consacrer 15% de lʼenveloppe de 10 milliards dʼeuros prévue dans le cadre du Plan Hôpital 2012. Cet investissement offi-

J

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ciel en faveur du High-tech est dʼailleurs loin dʼêtre superflu, puisque nombre dʼexperts sʼaccordent pour reconnaître que les centres hospitaliers français affichent un retard abyssal en la matière. En 2005, donc trois ans après le lancement du Plan Hôpital 2007 pour la modernisation de lʼoffre de soins, seuls 20 à 30% des établissements en France numérisaient leurs images médicales, contre 95% en Suède. Ils sont toutefois aujourdʼhui en train de combler ce retard. Amélioration de lʼefficience des soins Si lʼobjectif premier de cette révolution numérique est de faire progresser la qualité et la sécurité des soins – des études ont démontré que les prescriptions électroniques, en supprimant la retranscription manuelle des données, et en confrontant ces prescriptions avec lʼhistorique médical du malade et avec des bases de données médicamenteuses, ont permis de réduire les erreurs de 80% -, elle relève également dʼautres motivations : faces aux exigences actuelles de diminution des coûts de fonctionnement des hôpitaux et dʼaugmentation de la productivité,

rien ne vaut la disponibilité dʼune foule dʼinformations en format numérique pour chiffrer correctement ces éléments et prendre, le cas échéant, les mesures coercitives qui sʼimposent. Le magazine américain Business Week, en consacrant un important dossier à lʼhôpital du futur (comprendre : tout numérique) américain, nʼa pas manqué de souligner que si la productivité médicale avait décliné dans les années quatre-vingt-dix, elle rebondit aujourdʼhui grâce à ces investissements dans les nouvelles technologies. Lʼexplication est toute trouvée : avoir accès en un temps record au dossier médical dʼun patient permet au personnel médical et soignant dʼêtre plus réactif, puisquʼil peut accéder en quelques clics à toutes les informations dont il a besoin dans le cadre du parcours de soins. Ce qui lui


permet de prendre rapidement des décisions pertinentes concernant les diagnostics et les traitements – et donc de sauver des vies. Des soins centrés sur le patient Nous assistons ainsi aujourdʼhui au déploiement de terminaux informatiques fixes ou mobiles aux quatre coins des hôpitaux pour permettre cet accès rapide aux informations. Il est également de plus en plus fréquent de voir des médecins munis dʼassistants numériques personnels faisant office dʼassistants numériques médicaux, et intégrant des options « téléphone portable » et « biper ». Certains vont même plus loin et sont reliés à un système intelligent de localisation pour repérer les médecins et les spécialistes présents dans lʼhôpital afin de permettre une prise en charge plus rapide des urgences. Mais lʼoutil majeur de lʼhôpital numérique, celui qui améliore le confort du patient tout en optimisant le travail du personnel médical et soignant, est le terminal multimédia patient, déployé dans les chambres des

malades et regorgeant de fonctionnalités toutes plus innovantes les unes que les autres. Le médecin peut ainsi partager avec le patient les données contenues dans son dossier médical, et mettre à jour ce dossier en temps réel et au pied du lit. Une modification dans la prescription est par exemple directement envoyée à la pharmacie de lʼhôpital et, au moment de la délivrance des médicaments, les infirmiers peuvent sécuriser leur acte grâce à cet outil. Ce terminal multimédia permet également aux patients dʼentrer en communication avec le personnel soignant, dʼaccéder à tout un bouquet dʼinformations (administratives, médicales), de se divertir (radio numérique, musiques, livres, jeux, télévision, films à la demande) ou encore de communiquer avec lʼextérieur (Internet, téléphonie). La robotique investit lʼhôpital Enfin, pour bien se figurer ce quʼest un hôpital tout numérique ancré au cœur du XXIème siècle, il faut imaginer quʼà cet extraordinaire système de gestion

des flux numériques lʼon associerait de puissants outils robotiques, qui vont démultiplier lʼefficacité thérapeutique : une robotisation totale de la chaîne logistique des médicaments permet ainsi le conditionnement et la dispensation nominative des médicaments de manière totalement automatique. Avec deux avantages à la clés : tous les médicaments délivrés par la pharmacie dʼun établissement sont systématiquement tracés depuis leur prescription jusquʼà leur délivrance ; et ceux qui nʼont pas été consommés pourront être remis dans le circuit, ce qui résultera en une diminution des pertes lors de la gestion des produits pharmaceutiques. La robotisation a dʼailleurs un rôle à jouer dans lʼensemble des circuits logistiques (convoyage du linge ou distribution des plateauxrepas, par exemple), et contribue parlà à recentrer les soignants sur leur mission première. Nina Durand

TIC : L’EXEMPLE DES ÉTATS-UNIS L’informatisation du système de santé et l’intégration des nouvelles technologies d’information et de communication (TIC) à l’hôpital est une réalité dans les pays développés. Mais là où certains – en l’occurrence ici, les États-Unis – sont à l’avant-garde du secteur, la France est à la traîne. Explications. Régulièrement en tête du classement TIC du Forum Économique Mondial, les États-Unis sont les leaders reconnus de ce secteur. Lʼinformatisation des hôpitaux y est née dans les années soixante-dix et, à partir de ces premières expériences, une offre industrielle sʼy est progressivement construite, aidée en cela par lʼintérêt des Américains pour lʼinnovation. Le président Obama, en lançant récemment un projet de dossier patient à lʼéchelle nationale, a bien compris les apports de lʼinformatique appliquée à la santé, là où les pouvoirs publics français ont tardé à sʼapproprier cette thématique. À titre dʼexemple, les hôpitaux américains consacrent en moyenne 4,5% de leur budget au déploiement et à la modernisation de leurs TIC – plus du double de leurs homologues français, qui nʼy consacrent quʼun petit 1,5%. Le

Plan Hôpital 2012 prévoit toutefois de faire passer cette part à 3% en moyenne, grâce aux 1,5 milliards dʼeuros destinés aux systèmes dʼinformations. Des bénéfices de lʼinformatisation Les directeurs dʼhôpitaux en France nʼont en effet pas toujours conscience des apports de lʼinformatique en santé. Souvent obligés de gérer des établissements à la situation financière délicate, ils ont tendance à considérer le déploiement de structures informatiques comme une dépense supplémentaire, à lʼutilité discutable. Or les chiffres relayés par des études américaines parlent dʼeuxmêmes : un taux de mortalité de 1,4% dans les hôpitaux informatisés, contre 1,9% pour ceux moins bien équipés. Et une économie par patients pouvant aller jusquʼà 1 729 dollars. De quoi convaincre ceux qui hésitent encore. Nina Durand

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TIC-ENJEUX

TIC EN SANTÉ : QUELS ENJEUX ? Dans le domaine de la santé, les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) ont un rôle majeur à jouer, notamment pour l’accompagnement des établissements de santé dans la modernisation de leur offre de soins et de leur organisation. D’autant que ces innovations technologiques peuvent permettre à ce secteur de relever les défis qui lui sont imposés par le vieillissement de la population, l’exigence croissante des usagers, l’impératif de réduction des coûts, etc…

oumis à des contraintes fortes liées aux évolutions sociales, économiques et technologiques, le secteur de la santé doit tirer parti de toutes les possibilités offertes par les technologies de lʼinformation. Ces dernières répondent en effet à des défis sanitaires contemporains urgents, et constituent un outil permettant de garantir un accès équitable à des soins de qualité pour tous. À une époque dʼinterrogations sur lʼavenir du système de santé, les possibilités offertes par un mariage TIC-Santé constituent donc un enjeu incontournable, dont les pouvoirs publics ont commencé à prendre conscience. Prenons lʼune des évolutions majeures qui touche actuellement le système de santé, à savoir lʼévolution démographique et le vieillissement de la population – la Commission Européenne a dʼailleurs calculé quʼen 2051, près de 40% de la population de lʼUnion aura plus de 65 ans. Outre la hausse considérable de la demande de soins et par conséquent la modification de la place de la santé dans lʼéconomie, ce phénomène implique une réflexion autour des nouveaux services permettant de diminuer le coût de la santé. Or les TIC constituent ici une piste non négligeable puisque, en permettant le maintien des seniors à domicile dans des conditions offrant le même niveau de sécurité et de qualité des soins que lors dʼune hospitalisation, le coût de cette dernière et son poids sur le budget de lʼAssurance Maladie sʼen trouveront considérablement diminués. Les évolutions du mode de travail et de la consommation ont également fait évoluer les attentes du public concernant lʼoffre de santé : les citoyens, mieux informés grâce à Internet (plus de 20 millions de Français sont aujourdʼhui abonnés à lʼInternet haut débit), sont nettement plus exigeants en terme de qualité des soins et dʼégal accès aux soins pour tous, même dans les territoires isolés. Les patients sont enfin plus mobiles, ce qui implique que, pour mieux les soigner, les professionnels de santé doivent pouvoir accéder à leur dossier médical en tous points du territoire.

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Des TIC adaptés et communicants Or, pour que les professionnels de santé, les établissements et les structures dédiées comme les réseaux de soins soient en mesure de partager les informations nécessaires à une prise en charge optimale des

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DÉPASSER LA FRACTURE NUMÉRIQUE La réussite du déploiement des TIC dans le secteur de la santé est enfin liée à la prise en compte et à l’intégration de tous les citoyens dans cette démarche. Les risques d’exclusion sont en effet multiples, à commencer par la fracture numérique (matérielle ou culturelle) – ce qui constitue déjà un premier facteur d’inégalité dans l’accès aux soins. Ces TIC s’avèrent d’ailleurs un excellent outil pour l’intégration des personnes physiquement isolées, grâce aux différents services de télémédecine. Il convient donc de former et d’informer les citoyens aux usages des TIC afin de leur permettre de choisir de recourir à certains outils, en toute connaissance de cause ; c’est le fameux consentement éclairé, valable pour les traitements médicaux et qui doit être étendu aux choix technologiques. Mais également de former et d’informer les professionnels de santé jusqu’à peu, il n’existait pas de cursus complet « TIC et Santé » dans les filières d’enseignement supérieurs, mais les instances institutionnelles ont enfin pris conscience de l’importance d’y remédier, d’autant que de nouveaux métiers liés aux TIC sont en train d’émerger (ingénieur en systèmes embarqués et télésanté, ingénieur en informatique décisionnelle de santé, etc…). malades, ils doivent disposer dʼoutils interopérables et communicants, permettant les échanges sécurisés des données de santé. Dʼoù lʼimportance de disposer de normes et de référentiels auxquels se référer. Mais également dʼoutils adaptés à la pratique médicale et

glementaires et de lʼévolution éventuelle des besoins ou des habitudes. Une implication nécessaire des pouvoirs publics Conscients des apports des TIC en santé, les pouvoirs publics français ont prévu, dans le cadre du Plan Hôpital 2012, de doubler la part des dépenses relatives aux systèmes dʼinformations hospitaliers. Cʼest que plus de la moitié des établissements nʼétaient pas équipés en structures informatiques ; la modernisation de leurs systèmes dʼinformations hospitaliers ou leur équipement en matériel informatique de base, étape préalable au déploiement des nombreuses fonctionnalités des TIC, est désormais lʼun des trois objectifs de ce plan. Les acteurs publics interviennent également dans la connexion des établissements de santé au réseau haut débit, sans lequel lʼéchange dʼinformations avec lʼextérieur et en temps réel ne pourrait avoir lieu. Mais aussi dans la mise en œuvre et le financement dʼune politique de sécurisation des communications – dʼautant que les exigences de réduction des budgets, auxquelles sont confrontés les hôpitaux, ne leur permettent pas dʼassumer seuls le poids financier de ce passage au tout numérique. Comme toutes les politiques impliquant une évolution importante des technologies et un changement des pratiques, le succès des politiques TIC au service de la santé dépend enfin de la capacité des administrations dʼinsuffler un changement organisationnel dans les structures de santé, notamment par le décloisonnement des services. Ces outils, qui permettent une interaction accrue des acteurs de santé, ne sont en effet

LES ÉTABLISSEMENTS DOIVENT DISPOSER D’OUTILS INTEROPÉRABLES ET COMMUNICANTS, PERMETTANT LES ÉCHANGES SÉCURISÉS DES DONNÉES DE SANTÉ intégrant les besoins des différents métiers – ce qui implique de déployer des outils informatiques conçus en concertation entre les différents utilisateurs. La prise en compte des besoins concrets des communautés dʼutilisateurs – parmi lesquels les utilisateurs finaux, cʼest-à-dire les patients – permettra en effet un déploiement beaucoup plus rapide des TIC. Ces outils doivent enfin être évolutifs, afin de tenir compte des fréquentes modifications rè-

efficaces que si la coopération sʼimpose dans les usages et les pratiques des organismes de santé. La conduite du changement et les efforts de formation et de sensibilisation du personnel sont dʼautres facteurs importants de réussite. Nina Durand

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TIC Michel Gagneux, président de l’ASIP Santé, Jacques Lucas, vice-président du CNOM et Yannick Motel, délégué général LESSIS sont unanimes sur l’urgence du développement des nouvelles technologies de communication dans le domaine de la santé.

Représentant les associations de patients, Christian Saout demande que soient mises en place des instances de concertation sur l’éthique et une stratégie publique concertée.

Le système de santé a besoin d’experts pour passer à l’ère numérique Pour réussir le passage du système de santé à l’ère numérique, il est urgent de former des experts. L’Institut supérieur de la santé et des bioproduits d’Angers (ISSBA) s’y emploie avec son nouveau Master 2 : «Management et sécurité des systèmes d’informations de santé». e développement des technologies de lʼinformation et de la communication (TIC) est incontournable pour la réussite de la réorganisation du système de santé français. Les quatre intervenants invités par lʼISSBA pour lʼinauguration de son nouveau Master «Management et sécurité des systèmes dʼinformations de santé» sont unanimes sur cette question. Face à eux sur les bancs de lʼamphithéâtre, des étudiants et des professionnels du secteur médical, dont la plupart étaient équipés dʼun ordinateur portable. Un signe qui ne trompe pas.

L

Une stratégie nationale Michel Gagneux, président de lʼAgence des systèmes dʼinformation partagés de Santé (ASIP Santé) a cité plusieurs conditions pour assurer la réussite du passage à lʼère numérique, à la fois «indispensable et inéluctable». Il a insisté sur «lʼinteropérabilité et la cohérence des systèmes dʼinformation», et sur la nécessité dʼavoir un bon niveau et un bon usage de lʼinvestissement public. Pour cela, les pouvoirs publics vont devoir établir une stratégie nationale lisible, assurer une maîtrise dʼouvrage efficace et soutenir la

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recherche et lʼinnovation industrielle. Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports, vient dʼailleurs de confier à Michel Gagneux, la mission de réfléchir à la création dʼune délégation à la stratégie des systèmes dʼinformation de santé. Un dossier médical bien cadré Jacques Lucas, vice-président du Conseil national de lʼOrdre des médecins (CNOM), a souligné lui aussi lʼimportance de la coopération de tous les professionnels de la santé. Il a rappelé la position du CNOM sur le Dossier médical personnel (DMP)(1). «Il est primordial de donner à ce nouvel outil un cadre correspondant aux pratiques professionnelles. Nous préconisons la définition dʼun dossier socle, électronique et partageable, comportant les données essentielles de suivi médical, facilement exploitable en situation dʼurgence, tout en préservant le secret médical et la responsabilité du médecin. Autour, des données ne seraient accessibles quʼaux seuls réseaux de professionnels concernés.» Jacques Lucas souhaite également que «les émetteurs dʼinformations soient identifiés de manière


Yannick Motel se félicite de l’amélioration des relations entre les pouvoirs publics et les entreprises.

UNE FORMATION UNIQUE EN FRANCE L’objectif du Master 2 «Management et sécurité des systèmes d’informations de santé», unique en France, est de former des professionnels aux multiples casquettes. Capables de définir une stratégie et une politique de gestion des risques, de confidentialité et de sécurité de l’information de santé et des systèmes d’information ; d’élaborer et superviser la mise en oeuvre d’un cahier des charges pour la mise en place d’un système d’information de santé sécurisé (SISS) et de mener à bien un audit du système de management de l'information (MSI). Sur les quatre lauréats de la première promotion du Master angevin, deux avaient trouvé un emploi en décembre : Madeline en tant que responsable sécurité des systèmes d’information d’un Centre hospitalier spécialisé et Vincent dans une société qui vend des logiciels pour les hôpitaux. A partir de septembre 2010, l’ISSBA proposera également un Diplôme universitaire Sécurité des Systèmes d’information de santé, dans le cadre de la formation continue. Informations sur www.issba.fr.

De gauche à droite : Emilie Prioux, Madeline Casse, Bertrand Gauthier et Vincent Monjaret. les quatre premiers lauréats du Master, très satisfaits de cette nouvelle formation en management et Sécurité des Systèmes d’Information de Santé.

forte», en généralisant lʼutilisation de la carte des professionnels de santé (CPS). Lʼévocation du DMP nʼa pas manqué de faire réagir le public. Comment le patient pourra-t-il accéder et contrôler les données de son dossier médical ? Michel Gagneux a répondu que les patients auront la possibilité de rendre inaccessibles certaines données. Il a reconnu par ailleurs que la mise en place de ce nouvel outil nʼétait pas bouclée. Il reste encore des problèmes techniques à résoudre. «Nous allons avoir besoin de vous» Face à cet enjeu majeur des TIC dans le domaine de la santé, Yannick Motel, délégué général des entreprises des systèmes dʼinformation sanitaires et sociaux (LESSIS), a lancé un cri dʼalarme : «Si nous ne faisons rien, nous allons droit dans le mur». Il a rappelé notamment les chiffres du déficit de la branche maladie : 10 milliards en 2009, 20 milliards prévus en 2010 et 60 milliards de déficit cumulé pour la couverture sociale en 2009 et 2010. «Après le temps des rapports est venu le moment dʼagir, a-t-il déclaré. Nous avons besoin dʼune volonté politique forte et de la mobilisation de tous les acteurs.» Il a rappelé le rôle crucial de lʼASIP Santé et de lʼassociation InteropʼSanté pour favoriser lʼinteropérabilité des Systèmes dʼinformation de santé (SIS). Il a noté avec satisfaction lʼamélioration des échanges entre les pouvoirs publics et les entreprises. «Nous allons avoir besoin dʼexperts comme vous», a lancé Yannick Motel aux étudiants.

Définir des règles Les patients, les "propriétaires" des données, tiennent également à faire entendre leurs voix dans le développement des TIC. «Lʼenjeu est de pouvoir concilier lʼintérêt dʼêtre bien soigné, mais pas au prix de conséquences délétères comme lʼexclusion, la stigmatisation ou les discriminations en cas dʼentrée dans la connaissance de données de santé», déclare Christian Saout, président du CISS (Collectif inter associatif sur la santé). Dʼoù lʼimportance de définir des règles qui prennent en compte cette balance bénéfices /risques. Les associations de patients souhaitent que les règles de consentement soient communes à tous les dossiers informatisés. Que les droits au partage soient circonstanciés. Que le stockage des données soit sécurisé. Quʼil existe des instances de concertation sur lʼéthique du partage des données, une stratégie publique concertée et une agence de mise en œuvre participative. A écouter ces quatre intervenants, les systèmes dʼinformation de santé apparaissent comme un secteur très attractif pour les étudiants. Entreprises et hôpitaux les attendent les bras ouverts.

Anne Rocher (1) Le CNOM a édité en mai 2009 un livre blanc sur lʼinformatisation de la santé qui regroupe ses propositions pour garantir la qualité de la médecine dans un climat de confiance renouvelé avec les patients.

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TIC

LE PERSONNEL HOSPITALIER ET LES PROFESSIONNELS DE SANTÉ FACE AUX TIC out dʼabord, il faut bien comprendre que le personnel médical ne reçoit que peu, voire pas, de formation à lʼutilisation des TIC, lors des cursus dʼenseignement. Lʼidéal serait de lui apprendre à se servir de ces outils, dans une approche globale liée à lʼemploi des Systèmes dʼInformation Hospitaliers (SIH) dans leur ensemble.

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Cette formation devrait mettre lʼaccent sur tous les avantages que peuvent apporter ces nouvelles technologies, aussi bien en termes de gains de temps, de traçabilité, de sécurité, de réduction des coûts une fois lʼinvestissement amortit, de développement durable et jʼen passe… Une fois cette prise de conscience opérée, il faudrait commencer par apprendre au personnel les bases nécessaires à la compréhension des SIH. Dans beaucoup de pays, notamment francophones, dʼimportantes ressources ont été déployées dans ce sens et la France se doit, elle aussi, dʼinvestir massivement dans ce domaine. Et ce tant pour le personnel médical que paramédical, car lʼintégration des TIC nécessite une approche pluridisciplinaire. Lʼinéluctable introduction des TIC dans tous les secteurs dʼactivité de la santé – introduction par ailleurs déjà bien entamée dans certains établissements – ne laisse que très peu de temps aux différents acteurs et décideurs pour réagir, et cela promet une belle agitation dans les prochains mois. Pour finir lʼheure nʼest plus aux débats mais à lʼaction. Jean Juhel

LES TIC INTÈGRENT LA CHAMBRE DU PATIENT

Les patients hospitalisés - ou devrons-nous, à l’ère du multimédia, dire les e-patients - sont demandeurs de technologies leur permettant de mieux appréhender leur séjour à l’hôpital. D’où le déploiement, de plus en ombreux aujourdʼhui sont les plus remarqué, de terminaux directeurs dʼhôpitaux à admetnumériques faisant la part belle tre lʼabsolue nécessité de aux TIC (Technologies de l’Inprendre en compte les nouformation et de la Communica- velles attentes des patients. Cʼest que tion) dans les chambres des ces derniers, connectés en permamalades. nence ou presque à Internet, choisissent désormais un établissement non seulement en fonction de la compéLES DIRECTEURS tence du corps médical, mais égaleD’HÔPITAUX ment en fonction de la présence ou pas de services de confort sʼappuyant sur ADMETTENT des technologies de convergence. Et L’ABSOLUE cʼest ainsi que des terminaux multiméNÉCESSITÉ DE dias ont fait leur entrée à lʼhôpital. Il faut reconnaître que les potentialités de ces PRENDRE EN outils sont proprement impressionCOMPTE LES nantes : ils facilitent la communication NOUVELLES avec les proches, grâce à un accès aux ATTENTES DES communications téléphoniques (un clavier virtuel présent sur un écran tactile, PATIENTS avec des touches personnalisables – par exemple surdimensionnées pour les seniors) et à Internet (avec la possibilité de placer une caméra vidéo sur

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chaque terminal afin que le malade puisse communiquer par visio-conférence avec ses proches). Mais ils permettent également dʼaccéder à des jeux (jeux vidéo classiques ou, encore mieux, « serious games », littéralement « jeux sérieux », comme supports à la sensibilisation et à lʼinformation des patients. Lʼimmersion de ces derniers dans la réalité virtuelle leur permet de mieux appréhender certaines situations liées à leur séjour ou à leur traitement, et de les rassurer), à des programmes de télévision et à des vidéos à la demande, ou encore à des informations diverses liées à lʼhôpital, au choix dʼun menu, etc… Sans mentionner les nouvelles façons de soigner quʼimplique le recours à ces terminaux pour le personnel médical et soignant – mais cʼest là un tout autre sujet. Nina Durand


TIC - DMP

DU DOSSIER MÉDICAL PARTAGÉ AU DOSSIER MÉDICAL PERSONNEL Une fois totalement déployé sur le territoire, le DMP (Dossier Médical Partagé), comme il est déjà utilisé dans certains établissements hospitaliers, devrait permettre une réelle réactivité entre les différents acteurs du monde médical n effet, celui-ci permet à chaque médecin correspondant dʼaller consulter via son ordinateur, pour ses patients, lʼensemble des documents produits lors de son séjour dans un établissement de soins - comme par exemple les comptes-rendus dʼexamens, les protocoles opératoires, les résultats de laboratoire, les comptes-rendus des réunions de concertation pluridisciplinaire, les documents extérieurs scannés …

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Le médecin peut ainsi avoir accès au différents actes qui ont été effectués sur son patient (radiologie, anesthésie, …). Cela permet aux médecins de ville un gain de temps considérable lors des consultations, puisquʼils peuvent sʼinformer, avant lʼarrivée du patient, de lʼhistorique des activités menées pendant son hospitalisation. Naturellement, compte tenu de lʼimportance et du haut degré de confidentialité de ces informations, lʼaccès à celles-ci se doit dʼêtre extrêmement sécurisé et cʼest pourquoi chaque utilisateur ne pourra se connecter quʼavec une carte CPS (Carte de Professionnel de Santé). La confidentialité des professionnels de santé, ou discrétion professionnelle, est une obligation statutaire pour le secteur public (loi N°83-634 du 13 juillet 1983, article 26) pouvant entraîner la révocation. Pour le secteur privé, cʼest une obligation contractuelle pouvant entraîner le licencie-

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ment. Tout cela implique – bien sûr – que les établissements de santé soient équipés de DPI (Dossiers Patients Informatisés). Le but de cette démarche se situe dans lʼoptique de la mise en route du vrai DMP ou Dossier Médical Personnel qui devrait intervenir dʼici à 2012. Ce projet fait en effet parti de lʼévolution de lʼinformatique hospitalière inscrite dans la loi HPST (Hôpital, Patient, Santé, Territoire) et il est porté par lʼASIP Santé (Agence pour les Systèmes dʼInformation Partagés) qui définira les référentiels et les standards nécessaires, en concertation avec les professionnels concernés. Celle-ci devra dʼailleurs homologuer des hébergeurs agréés pour la gestion des données. Un travail collectif, avec des politiques, des institutionnels, des représentants des patients et des différents ordres professionnels, mais également des industriels, pour pouvoir gérer au mieux les contraintes légales, techniques et financières, et assurer un réel bien-être pour le patient. Pour finir, la sensibilisation des professionnels de santé, impliquant un changement culturel en matière de parcours de soins, sera aussi une étape non négligeable pour assurer le succès du DMP. Autant de missions pour lʼASIP Santé ces prochains mois. Jean Juhel


Alexia Dagail, directrice adjointe de la clinique médicale de la Porte verte, est en charge de la partie système d’information et gestion financière de cet établissement Versaillais. Pour mener à bien sa mission, elle a décidé de s’équiper d’Hopital Manager Intelligence, le logiciel la solution de business intelligence développée par la société Softway Medical.

TIC - BUSINESS INTELLIGENCE

Business intelligence : Pour des analyses rapides et fiables de son activité

Alexia Dagail deuxième difficulté a été lʼappropriation de lʼoutil par les services. Il faut un peu de pugnacité pour sʼy habituer et retrouver ses mécanismes dʼindicateurs de gestion. Toutefois, Softway Medical a grandement aidé à résoudre ces problèmes, en mettant en place des séances de formation adaptées à notre structure, avec un apport méthodologique. LʼHospitalier : Quel était lʼintérêt de sʼéquiper en business intelligence et pourquoi avoir choisi la solution développée par Softway Medical ? Alexia Dagail : Avec toutes les réformes hospitalières, la grosse problématique des établissements de santé, notamment depuis la mise en place de la tarification à lʼactivité, cʼest de disposer dʼune analyse rapide et fiable de leur activité. Nous avions donc besoin dʼun logiciel capable de sortir des statistiques et autres éléments de pilotage de notre activité, mais aussi de mettre en place des outils décisionnels adaptés à notre établissement. La solution Hopital Manager Intelligence est un produit puissant et généraliste qui permet notamment de sʼapproprier ces données dʼactivité. Or, vu la complexité des données à traiter, il était nécessaire dʼavoir un outil complet. L.H. : Quelles ont été les difficultés rencontrées dans sa mise en place ? A.L. : Hopital manager Intelligence est un logiciel qui paraît très intuitif et facile dʼaccès, mais par son exhaustivité, il nécessite une adaptation à chaque établissement et une appropriation par les utilisateurs finaux. La première contrainte a donc été la mise en adéquation du logiciel avec le système dʼinformation préexistant. On ne travaille pas de la même façon sur un hôpital public avec des pôles de compétitivité que dans un établissement de taille moyenne, comme le nôtre. La

L.H. : Quels sont les succès rencontrés dans lʼutilisation de ce logiciel ? Quelles améliorations pourraient y être apportées ? A.L. : Son premier avantage est de pouvoir disposer de différents indicateurs, aussi bien de gestion que de qualité, notamment sur les activités médicales. A cela sʼajoute la possibilité de mettre au point des rapports fiables beaucoup plus rapidement, car aujourdʼhui on ne peut plus se permettre de sortir des chiffres au bout de six mois. De notre côté, nous ne ressentons pas le besoin de faire évoluer le logiciel de manière différente puisque des mises à jour sont faites régulièrement par Softway Medical. En revanche, en interne, nous espérons arriver à une plus grande appropriation de lʼoutil, en particulier pour les services médicaux. Nous ne souhaitons pas nous limiter aux services de contrôle de gestion ou de PMSI. Puisque la base du contrôle de gestion est la responsabilisation des acteurs métier, il faudrait se servir dʼHopital Manager Intelligence pour mettre à disposition et de manière régulière des indicateurs sur leur activité, et leur permettre ainsi de savoir où ils se situent par rapport à leurs objectifs. Au final nous pourrions aussi savoir quel pôle ou secteur marche mieux, et pourquoi. Anaïs Guilbaud

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TIC

La norme est de rigueur Le « tout informatisé » c’est bien, l’organisation et la réflexion en amont, c’est mieux ! Plus encore lorsque l’on assiste à une volonté de réduction drastique des coûts, notamment des dépenses de gestion du système de santé, tout en augmentant la qualité du service aux patients et les conditions d’exercice des professionnels de la santé. Impossible direz-vous ? Pas tant que ça lorsque les différents acteurs concernés ciblent le dialogue et la coopération pour parvenir à leurs fins. i aujourdʼhui tous les établissements de santé sont équipés de progiciel (il en faut 30 à 40 pour un système dʼinformation hospitalier complet) la grande majorité du parc des systèmes dʼinformation de santé est bâti sur une architecture de plus de 20 ans. Une jungle de progiciels chacun spécialisé dans sa tâche et incapable de communiquer et coopérer avec les autres. Des interfaces différentes, des budgets limités, un personnel non formé et réfractaire, un tableau bien noir que le plan « Hôpital 2012 » tente tant bien que mal dʼéclairer. Si lʼobjectif est pourtant simple, les solutions le sont moins. Il faut impérativement rendre le système plus souple et coordonner les différentes applications afin quʼil puisse être efficient, permettant un accès rapide et sûr aux données. La simplification des tâches administratives et lʼamélioration des modèles de gestion, devrait également permettre dʼorganiser une collaboration des hôpitaux entre eux. Cette interopérabilité des équipements et des services devrait donc se baser sur des standards internationaux, alors même que ces standards sont déjà très disparates dʼun domaine à lʼautre au niveau national.

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La normalisation : avant tout un travail de coopération Lʼadoption de normes se pose en garant dʼune certaine qualité des services proposés, dʼefficacité, de sécurité… Une condition majeure de la réussite des nouveaux systèmes dʼinformation et surtout du nouveau modèle de santé qui se dessine actuellement avec les TIC, et les coopérations entre centre proches et/ou éloignés. Et si lʼharmonisation nʼest pas encore tout à fait dʼactualité, les volontés sont là car lʼenjeu est de taille. Acteurs nationaux et internationaux de la normalisation, groupes de travail, associations dʼétablissements de santé utilisant certains progiciels, éditeurs de ces mêmes progiciels…

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Tous travaillent de concert pour faire évoluer les systèmes dʼinformation. Fin Janvier, le club des clients de la société éditrice de progiciels McKesson, regroupés dans lʼassociation Synergih, signaient avec lʼéditeur un accord de coopér a t i o n réciproque baptisé « Horizon 2010 ». Les clients ont décidé de mettre lʼaccent sur « lʼAxe Patient », lʼassociation précisait ainsi dans un communiqué de presse que "les adhérents de Synergih confrontent leurs expériences, mettent en commun leurs réflexions et contribuent à la définition des évolutions des progiciels et des services de McKesson". Basé sur le principe dʼune gouvernance partagée entre certains membres de lʼassociation, des représentants des clients et des membres de McKesson, lʼentreprise devra tout mettre en œuvre pour aboutir rapidement et efficacement à ce résultat. Une collaboration qui se fait dans lʼintérêt de tous et va dans le sens dʼune meilleure intégration des progiciels au sein des établissements, suggérant en même temps une certaines standardisation des solutions et des procédures.


Des organismes spécialisés De façon plus formelle, le travail de normalisation et de standardisation reste pourtant mené par des organismes spécialisés. A lʼéchelle nationale, lʼAFNOR, les exploitants de réseaux tels que France Télécom ou SFR, la Société Française de Radiologie… réfléchissent avec les industriels et les hospitaliers sur ce point. A lʼinternational, le CEI, ISO, lʼUIT-T et bien dʼautres encore formulent, grâce à des groupes de travail spécialisé, des recommandations et des solutions allant en ce sens. A lʼinstar de GS1, groupe international à but non lucratif, spécialisé dans la production de normes à destination des hôpitaux et des industriels, notamment dans le cadre de la traçabilité, le changement est en marche. Leur but premier, faciliter et sécuriser les échanges dʼinformations, est ambitieux, et si le déclic nʼest pas le même pour tous, de plus en plus dʼétablissement reconnaissent son efficacité. La norme HL7 sʼinscrit dans ce contexte. Emise par lʼorganisation à lʼorigine américaine, maintenant internationale Health Level, elle est « une norme de message entre systèmes dʼinformation de santé », telle que décrite par lʼorganisation. Elle permet donc une interopérabilité efficace et sécurisée entre les différents progiciels en transmettant les messages sous une forme structurée et ouvrant la voie à un traitement automatique. Depuis juin 2007, GS1 et HL7 ont pris le parti de coopérer dans lʼélaboration de standards internationaux, à lʼépoque le Docteur Charles Jaffe, PDG de HL7 précisait que “Le partenariat avec GS1 permettra dʼaccélérer le processus dʼélaboration et de mise en œuvre de standards internationaux pour le partage de données entre nos acteurs”. La norme DICOM, gère quant à elle les échanges dʼimages de tous types (radiologie, endoscopie…) également à lʼinternational. Initialement inspirée de la norme OSI de lʼISO, elle a vocation à intégrer le partage dʼimages par les progiciels. Autant dʼacteurs qui misent tout sur la coopération entre entités locales et internationales, associations, organes de normalisation, industriels, responsables des SIH au sein des hôpitaux… Et si les changements sont long à venir, peut être faut-il avant tout se questionner sur la volonté réelle dʼintégrer ces changements.

TIC : LA FRANCE PEUTELLE COMBLER SON RETARD ? Si des progrès, notamment législatifs, ont été accomplis ces dernières années afin de favoriser l’émergence des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le paysage français, il importe désormais que la France les mette réellement en œuvre.

ous les experts sʼaccordent : en matière de TIC de santé, la France a un retard de quinze ans à combler. Bien que le pays reste une référence mondiale pour ce qui est de lʼexcellence médicale, il doit nécessairement adapter son système de santé de manière à y généraliser les équipements communicants et les technologies dʼinformation. Un projet inscrit dans le Plan Hôpital 2012 et la loi HPST (Hôpital, Patient, Santé, Territoires), mais qui tarde à se concrétiser. Et cʼest ainsi que la France se retrouve à la traîne du classement des pays européens, lesquels ont, dans leur très large majorité, adopté lʼusage des TIC en santé. Ce retard, qui nʼest du ni à une carence technologique, ni à un manque de dynamisme des industriels, ni à une pénurie de compétences dans les établissements de soins, résulte dʼune méconnaissance des enjeux par les responsables politiques. Deux exemples parlants : le déploiement du désormais fameux DMP (Dossier Médical Personnel), qui nʼen finit pas de prendre du retard – même si sa récente reprise en main par lʼASIP Santé laisse augurer des lendemains meilleurs. Et le recours à la télémédecine, inscrit dès 2004 dans la loi relative à lʼAssurance Maladie, mais qui nʼest en train de se concrétiser lentement quʼune demie décennie plus tard. Cette révolution des TIC, qui attendait la levée dʼun certain nombre dʼobstacles de nature différente (techniques, juridiques, financiers), est donc enfin en marche, mais le chemin est encore long, et la légendaire frilosité des administrations françaises nʼaide pas. La solution ? Une volonté politique forte qui donnera à la France les moyens dʼinscrire son système de santé dans le XXIème siècle.

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Nina Durand

Stéphanie CAUX

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TIC - PHARMACIE

LA PHARMACIE S’INFORMATISE L’informatisation du circuit du médicament constitue un enjeu important qui sert aussi bien des objectifs d’amélioration de la qualité des soins que des préoccupations de rationalisation logistique et économique. Cette démarche, qui porte sur la prescription, la préparation et la dispensation des médicaments, doit permettre une coopération interdisciplinaire dans la prise en charge des malades.

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églementé par lʼarrêté du 31 mars 1999, le circuit du médicament à lʼhôpital est en effet un processus complexe, faisant intervenir différents acteurs : le médecin, qui établit le diagnostic et fait le choix dʼune thérapeutique adaptée ; le pharmacien qui analyse lʼordonnance ; le préparateur en pharmacie qui dispense le médicament ; et lʼéquipe infirmière et soignante, qui prend en charge lʼadministration de ce médicament au patient. Lʼinformatisation de ces étapes doit donc tenir compte de la multiplicité des acteurs, et se faire par le biais dʼun système informatique interopérable et communiquant. Dʼautant que le circuit du médicament englobe également tout un axe logistique (commandes, stockage, retraits des lots, gestion des périmés), quʼil convient dʼintégrer dans la démarche dʼinformatisation. Cette dernière permet ainsi de répondre à trois enjeux prin-

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cipaux : des enjeux règlementaires dʼabord, puisque lʼinformatique apparaît comme la meilleure solution pour répondre aux exigences de sécurité contenues dans lʼarrêté du 31 mars 1999. Des enjeux de qualité ensuite, car lʼinformatique, par sa rigueur et son efficacité, fournit des outils indispensables pour lʼamélioration de la qualité des soins. Enfin des enjeux économiques, puisquʼelle participe à la maîtrise des budgets et permet, en sécurisant de manière optimale le circuit du médicament, dʼéviter nombre dʼincidents souvent coûteux pour la collectivité. Rappelons quʼon compte, chaque année, entre 71 000 et 94 000 évènements indésirables graves liés aux soins, parmi lesquels 27% sont liés à un produit de santé et 19% plus précisément à un médicament. Est en cause, dans la majorité des cas, la prescription (35 à 39% des situations), mais aussi la dispensation (22 à 25%), lʼadministration (18 à 29%) et la transcription (13 à 17%). Des erreurs à


TIC - PHARMACIE

mettre au compte de la multiplicité des maillons humains. Ne pas brûler les étapes Toute la difficulté est donc de déployer un logiciel adapté aux besoins et aux exigences de chacun des quatre métiers intervenant dans le circuit du médicament. Une démarche longue mais pas insurmontable, à condition de ne pas brûler les étapes : dʼabord identifier les besoins par profession, étape préliminaire indispensable pour garantir lʼacceptabilité du logiciel par lʼensemble des utilisateurs. Ensuite sʼassurer que le circuit du médicament en place dans lʼétablissement est conforme aux normes règlementaires, et lʼy adapter le cas échéant – ne pouvant être limitée à une simple automatisation des procédures, lʼinformatisation entraîne en effet quasi systématiquement une réorganisation de ce circuit. Enfin déployer le logiciel choisi de manière progressive pour, dʼune part, déceler et résoudre les problèmes facilement, et dʼautre part permettre son appropriation par les différents acteurs. La formation de ces derniers aux outils informatiques est dʼailleurs souvent négligée, là où tous les établissements ayant informatisé avec succès leur circuit du médicament soulignent son importance : lʼinformatique ne permet de gagner en sécurité que si elle est correctement utilisée, et le logiciel le plus performant ne sera dʼaucun recours si ceux qui lʼutilisent ne sont pas familiers avec ses différentes fonctionnalités et ne le renseignent pas correctement. Un langage uniformisé Une étude menée par des académies de médecine et de pharmacie nʼa pas manqué de pointer les différents éléments pouvant faire obstacle à une optimisation du processus dʼinformatisation du circuit du médicament. Il peut notam-

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ment sʼagir dʼun défaut de formation (souvent dû à un manque de moyens financiers et humains pour mener à bien cette mission), résultant en une implication insuffisante de certains acteurs, mais également dʼune insuffisance de dialogue entre médecins, pharmaciens et infirmiers ne parlant pas le même langage. Les pharmaciens sont donc tenus de définir le vocabulaire utilisé tout au long du circuit pour éviter les erreurs dues à des formulations peu claires. Une uniformisation du langage allant de pair avec le déploiement des systèmes informatiques, comme les expérimentations du DMP (Dossier Médical Personnel) lʼont encore prouvé récemment. Dʼautant quʼà terme, lʼensemble des outils informatiques utilisés à lʼintérieur dʼun établissement ou pour des coopérations inter-établissements doivent pouvoir être interopérables et interfaçables – en dʼautres termes, parler le même langage ! Généralisation du Dossier Pharmaceutique Un nouvel outil, destiné à améliorer encore la prise en charge thérapeutique des patients, a enfin fait son entrée à lʼhôpital il y a quelques mois. Inscrit dans le cadre général de la sécurisation du circuit du médicament, il vise à améliorer le dialogue entre les pharmaciens dʼofficine et les pharmaciens hospitaliers, et par conséquent à mieux lutter contre les risques de redondances de traitements et dʼinteractions médicamenteuses. Ce Dossier Pharmaceutique, porté par lʼOrdre des Pharmaciens, est le premier et seul outil national de ce type : il recense, pour chaque bénéficiaire de lʼAssurance Maladie qui le souhaite, tous les médicaments, prescrits ou conseillés par un pharmacien, qui lui ont été dispensés au cours des quatre derniers mois. Reconnu comme enjeu de santé publique (article L. 161 du Code de la Sécurité Sociale), le Dossier Pharmaceutique prévoit donc la constitution dʼune base de données nationale des délivrances pharmaceutique (ce qui permettra dʼailleurs également lʼalimentation du volet « médicaments » du DMP). Un gain de sécurité sanitaire pour les pharmaciens, dont la responsabilité est engagée par lʼacte de dispensation, et pour les patients, bénéficiaires, in fine, de toutes les opérations destinées à sécuriser leur parcours de soins. Nina Durand


TIC - PHARMACIE

Pourquoi sécuriser le circuit du médicament ? Le Contrat de Bon Usage du médicament consiste à lutter contre les iatrogénies médicamenteuses et à renforcer la sécurité des patients, à élaborer la liste des produits dont l’utilisation est préconisée dans un établissement donné et enfin à proposer des recommandations en manière de prescription et de bon usage. Ce qui implique donc une sécurisation du circuit du médicament afin de répondre à une question bien précise : comment être sûr que la bonne prescription aboutit à la délivrance du bon médicament, lequel est lui-même administré au bon moment ?

e circuit du médicament est en effet une chaîne faisant intervenir plusieurs acteurs, chacun prenant en charge une de ses étapes : lʼon y trouve ainsi des médecins prescripteurs, des pharmaciens (pharmacie centrale et pharmacies à usage interne ou PUI), des préparateurs en pharmacie, des infirmières, des externes ou encore des responsables des services dʼinformatisation. Sans oublier les directeurs dʼétablissements et les présidents des CME pour lʼorganisation budgétaire et stratégique. En pratique et en général, ce circuit commence dès lʼexamen du patient par un praticien hospitalier ; une fois le diagnostic établi, la prescription est réalisée et transmise informatiquement à la pharmacie, où le pharmacien la valide. Ensuite les préparateurs en pharmacie, qui gèrent également les stocks, préparent les médicaments et les livrent dans le service où se trouve le patient. Les infirmières se chargent enfin de leur administration, et à chacune de ces étapes, des contrôles sont effectués par les différents professionnels, afin dʼéviter tout risque dʼerreurs. Les engagements souscrits dans le cadre du contrat de bon usage du médicament, entre lʼétablissement sanitaire et lʼAgence Régionale de lʼHospitalisation (ARH), et les mesures

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relatives au circuit du médicament influent directement le taux de remboursement par lʼAssurance Maladie dont bénéficiera lʼétablissement. Dès 2001, la Direction de lʼHospitalisation et de lʼOrganisation des Soins (DHOS) a développé des travaux en matière dʼinformatisation du circuit du médicament, destinés à en sécuriser les différentes étapes. Cette informatisation a depuis été déployée dans une très grande majorité des établissements de soins. Elle permet aux praticiens hospitaliers dʼéviter les risques de iatrogénies médicamenteuses (recherche dʼinteraction médicamenteuse, des contre indications, de la non redondance des principes actifs, accès en ligne à des bases de données et à lʼhistorique des traitements… ), et aux infirmières dʼéditer des plans de soins pour lʼadministration des médicaments. Jean Juhel


TIC - TRAÇABILITÉ

TIC ET TRAÇABILITÉ :

POURQUOI LA RFID

Au premier plan des préoccupations hospitalières, la traçabilité est une exigence règlementaire dont les enjeux sont économiques et stratégiques. Elle permet non seulement d’optimiser les flux et les coûts liés au stockage et au transfert des produits, mais également et surtout de garantir la sécurité des patients en établissant le suivi des produits qui leur sont dispensés. De nombreuses technologies peuvent être mises en œuvre pour atteindre ces objectifs. Zoom sur la RFID (Identification par Radiofréquence). l existe plusieurs définitions de la traçabilité. Ainsi, le Pôle SCS (Solutions Communicantes Sécurisées) indique quʼil sʼagit de « lʼaptitude à retrouver lʼhistorique, lʼutilisation ou la localisation dʼun article ou dʼune activité, ou d ʼ a r t i c l e s  o u  d ʼ a c t i v i t é s semblables, au moyen dʼune identif i c a t i o n  e n r e g i s t r é e  » .

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Et le Pôle National de Traçabilité complète en soulignant que la traçabilité est « une démarche stratégique mettant e n

œuvre un ensemble dʼoutils, de méthodes, de bonnes pratiques, qui sʼappuient sur les technologies disponibles pour apporter des solutions en matière dʼidentification, dʼauthentification, de localisation, de sécurisation, de services associés ». Elle permet donc de suivre des biens, des services, des documents ou des personnes, qualitativement et quantitativement, dans l ʼ e s p a c e  e t  l e  t e m p s . Obligation règlementaire pour les établissements de soins, elle améliore lʼefficacité et la sécurité des soins en fiabilisant lʼinformation, en automatisant les tâches de saisie ou de contrôle, en optimisant lʼusage des moyens et en accompagnant la circulation

tant que les établissements hospitaliers sont tenus, du point de vue règlementaire, de tracer aussi bien les médicaments, les dispositifs médicaux, les repas et plus généralement tous les produits qui circulent à lʼhôpital, que lʼenvironnement (dont lʼair et lʼeau), ou encore les activités de stérilisation ou de blanchisserie. La multiplication des actions de justice engagées en cas dʼaccident constitue dʼailleurs un moteur non négligeable pour lʼamélioration de cette traçabilité, puisquʼelle permet dʼapporter une meilleure visibilité de lʼensemble des processus. Parmi les nombreuses technologies disponibles pour ce faire, certaines, comme le code-barre ou la datamatrix (désormais obligatoire pour la traçabilité des médicaments), sont

« L’APTITUDE À RETROUVER L’HISTORIQUE, L’UTILISATION OU LA LOCALISATION D’UN ARTICLE OU D’UNE ACTIVITÉ, OU D’ARTICLES OU D’ACTIVITÉS SEMBLABLES, AU MOYEN D’UNE IDENTIFICATION ENREGISTRÉE des malades dans les services. La traçabilité est toutefois complexe à mettre en œuvre à lʼhôpital du fait de la pluralité des métiers qui sʼy côtoient et de lʼorganisation en services souvent cloisonnés. Dʼau-

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bien implantées à lʼhôpital. Dʼautres, comme la RFID, investissent de plus en plus le secteur. Dʼautres enfin, notamment la biométrie, nʼen sont quʼà leur balbutiement dans le milieu médical.


Quʼest la RFID ? Technique dʼidentification basée sur des ondes radio, la RFID comporte des enjeux majeurs en termes dʼamélioration des prestations santé, de sécurité et de traçabilité. Elle sʼarticule autour de deux composantes : des puces électroniques autonomes, à mémoire ou à processeur, parfois dotées de capteurs (pression, température, etc…), câblées à une antenne qui leur permet de communiquer par radiofréquence ; et des lecteurs radio reliés à un système de traitement de lʼinformation ou à un réseau informatique. La RFID est ainsi tout a fait adaptée aux traitements automatiques, puisquʼelle ne requiert aucun contact ni champ de vision particuliers, et quʼelle peut fonctionner dans de multiples environnements tout en apportant un haut niveau dʼintégrité des données (qui peuvent en outre être mises à jours, ce qui nʼest pas le cas pour par exemple le code-barre). Elle permet par exemple, pour la gestion logistique, dʼeffectuer des inventaires à la volée et, pour un usage en stérilisation ou dans dʼautres milieux hostiles, elle a prouvé sa résistance aux tem-

TECHNIQUE D’IDENTIFICATION BASÉE SUR DES ONDES RADIO, LA RFID COMPORTE DES ENJEUX MAJEURS EN TERMES D’AMÉLIORATION DES PRESTATIONS SANTÉ, DE SÉCURITÉ ET DE TRAÇABILITÉ pératures extrêmes et sa capacité à prendre en compte des environnements métalliques ou magnétiques. Cʼest pourquoi ses champs dʼapplication à lʼhôpital sont extrêmement variés, ce qui laisse présager une démocratisation de son usage dans lʼensemble des processus au cours de la prochaine décennie. Pour le moment, sa relative nouveauté et son coût élevé constituent encore des freins à son déploiement dans les établissements de soins mais, technologie en pleine maturation, sa réputation est loin dʼêtre usurpée. Nina Durand

QUELQUES EXEMPLES D’APPLICATION L’usage de la RFID est ainsi bien développé en blanchisserie hospitalière (pour la gestion et le suivi du linge) et en stérilisation (pour la traçabilité des instruments) – les exemples ne manquent pas. Elle a également fait ses preuves dans le cadre d’applications Biobanque, puisqu’elle permet de répondre aux problématiques de traçabilité règlementaire des échantillons biologiques stockés dans des conditions de températures sévères. Les Établissements Français du Sang (EFS) l’ont par exemple adoptée pour la gestion des produits sanguins, en associant à chaque poche de sang une étiquette électronique RFID ce qui permet, d’une part, de tracer ces poches sur l’ensemble de la chaîne de distribution (du stockage à l’utilisateur) et, d’autre part, de gérer à distance et en temps réel les réserves de sang stockées. En optimisant les flux d’information entre l’EFS et un ou plusieurs établissements de santé, elle assure en outre une réduction des coûts opérationnels en rationalisant la distribution des produits sanguins. Sur un autre registre, la RFID permet des gains en sûreté pour les patients fragiles (malades souffrant de troubles cognitifs, nourrissons) et pour le personnel travaillant dans un environnement isolé, de par sa fonction de géolocalisation. De plus en plus d’établissements déploient désormais des dispositifs RFID dans leur maternité pour lutter contre les rapts de nourrissons : des bracelets hypoallergéniques, équipés d’un émetteur radio de très faible intensité, permettent de localiser le bébé à tout moment dans l’hôpital. Si le bracelet est arraché, ou s’il est à proximité de l’une des sorties, une alarme se déclenche, assurant une intervention rapide du personnel médical et soignant. À noter toutefois, le déploiement d’un tel dispositif, comme de toute autre application RFID utilisée pour suivre des personnes, doit préalablement être autorisé par la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL). Enfin, pour ce qui est de la traçabilité des médicaments, la FDA (Food and Drug Administration) américaine a encouragé, dès 2004, l’usage de la RFID pour lutter contre les contrefaçons. Elle a toutefois entretemps assoupli sa position, et laisse aujourd’hui le choix avec le code Datamatrix, plus mature et plus facile à mettre en œuvre rapidement. Les autorités européennes ont d’ailleurs elles aussi fait ce choix, toujours dans une logique de déploiement au niveau communautaire.

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TIC - TRAÇABILITÉ

GS1

Organisme international de normalisation, GS1 accompagne depuis 30 ans l’industrie et le commerce dans l’adoption de standards d’échanges d’information, multisectoriels. Ces standards, propres à améliorer la compétitivité des entreprises et répondre aux exigences de traçabilité, concernent la codification des produits, des services et des lieux, l'identification automatique, voire la classification et la synchronisation des données. Pierre Georget, Directeur Général, et Valérie Marchand, Responsable du secteur de la santé, nous ont fait le plaisir de répondre à nos questions.

Valérie Marchand

Pierre Georget

Pouvez-vous nous expliquer lʼobjectif de GS1 ? Pierre Georget : la mission de GS1 dans le secteur de la santé a démarré il y a 10 ans en Europe, puis a pris une ampleur mondiale il y a 5 ans. La volonté étant de proposer une solution complète et standard pour répondre aux différentes réglementations émergeantes sur la traçabilité. Pour répondre à ses exigences de traçabilité, lʼutilisation par les professionnels de la santé du code à barres du produit (code 2D ou puce RFID ) était le meilleur moyen dʼassurer via ce langage commun, le suivi et le déplacement des produits de leur entrée dans lʼétablissement jusquʼà leur destruction et dʼéchanger les informations accompagnant ce flux physique.

gique du monde du « commerce » et lʼon voit apparaître des appels dʼoffre où sont intégrés nos standards. Valérie Marchand : Il est vrai que depuis 5 ans, lʼécoute est tout à fait différente. Depuis le plan Hôpital 2012, certains services ou fonctions de-

Comment le processus est-il reçu par le monde de la santé ? P.G : Lʼapproche logistique est assez neuve pour le secteur de la santé, mais les habitudes changent et aujourdʼhui, il nʼest plus rare de trouver des logisticiens dans les hôpitaux. On se rapproche de la lo-

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vront regroupés, plateformes logistiques territoriales, centres de stérilisation, etc. Il est donc primordial de pouvoir identifier correctement les produits. Quels arguments utiliser pour convaincre les établissements hospitaliers de lʼintérêt des standards ? V.M : Au niveau logistique, lʼusage de standards va permettre dʼoptimi-

ser la gestion des stocks et lʼoptimisation des flux, nous allons aussi répondre aux objectifs de traçabilité toujours dans le cadre dʼHôpital 2012, et sur le plan budgétaire les économies impliquées par ces arguments restent un atout. Certains hôpitaux tentent effectivement de développer leurs propres solutions sur la base de formats propriétaires, donc non « standardisés » et ne permettant pas dʼéchanges avec lʼextérieur. Ces établissements risquent à terme dʼêtre en marge et dʼaller à lʼinverse du processus global, augmenter leurs coûts et rencontrer des problèmes dans la mise en œuvre de la traçabilité. P.G : Cette démarche permet dʼoffrir un bon niveau de qualité de service au patient, en ayant le bon produit adapté à la bonne pathologie et non périmé… lʼensemble agrémentant le dossier patient. Nous allons donc pouvoir dématérialiser lʼensemble des données. Stéphanie CAUX


TIC - LES RÉGIONS

LES RÉGIONS S’INVESTISSENT EN FAVEUR DE LA TÉLÉSANTÉ Soucieux d’assurer un accès égal aux soins pour tous et de pallier à la pénurie de médecins dans certains territoires isolés, le Ministère de la Santé a décrété le recours aux Technologies de l’Informations et de la Communication (TIC) pour mettre en place des réseaux de télémédecine au niveau national. Un rapport avait même été commandé à ce sujet au député Pierre Lasbordes. Mais les régions françaises n’ont pas attendu cette décision pour mettre en place des plates-formes spécialisées et offrir des prestations de soins à distance. ntitulé « La télésanté : un nouvel atout au service de notre bien-être », le rapport publié en novembre dernier par le député Lasbordes propose quinze recommandations concrètes pour permettre un déploiement immédiat de la télésanté, assorties dʼune feuille de route 2010-2014 très volontariste. Les médias sʼen sont largement fait lʼécho, puisque cʼest la première fois que la télésanté est au cœur dʼun projet national. Ce recours désormais officiel à des technologies de pointe pour améliorer la qualité des soins et garantir une prise en charge rapide des patients est toutefois loin dʼêtre une nouveauté, et nombre de régions ont déjà déployé de tels projets pour répondre aux besoins de leur population. Petit tour dʼhorizon, non exhaustif.

I

À lʼAssistance Publique – Hôpitaux de Paris Les équipes médicales de lʼAP-HP mettent en place chaque année de nouvelles prestations de soins à distance, et la télémédecine y a trouvé sa place dans de nombreux domaines dʼapplication : télé-expertise pluridisciplinaire et téléconsultation en cancérologie (démarrée en 1996), dépistage de la rétinopathie diabétique

ORL, radiologie gériatrique, etc…), télé-surveillance en dialyse (1999), télé-interprétation des électrocardiogrammes, télé-diagnostic des pathologies du sommeil (depuis 2001), télé-expertise en génétique médicale, téléchirurgie (2003), prise en charge à distance des urgences neurochirurgicales (1999), ... Et ce ne sont que quelques unes de ces applications, nées de la collaboration entre les équipes des différents sites de lʼAP-HP et des équipes hors AP-HP. En Lorraine Créé en 2006 à la suite dʼun accord de coopération entre un groupe dʼétablissements de santé et dʼétablissements médico-sociaux de la région, le GCS Télésanté Lorraine rassemble aujourdʼhui également des structures représentatives du monde libéral et des réseaux de santé. Agissant dans le cadre du développement dʼun système dʼinformations de santé au niveau régional et des outils de télémédecine sʼy rattachant, le GCS a mis en place une plate-forme régionale de télésanté proposant aux professionnels de santé une palette dʼoutils en un clic : messagerie sécurisée pour lʼéchange des informations médicales, web-confé-

LES ÉQUIPES MÉDICALES DE L’AP-HP METTENT EN PLACE CHAQUE ANNÉE DE NOUVELLES PRESTATIONS DE SOINS À DISTANCE, ET LA TÉLÉMÉDECINE Y A TROUVÉ SA PLACE DANS DE NOMBREUX DOMAINES D’APPLICATION par télémédecine (depuis 2001), télé-expertise en chirurgie néonatale et pédiatrique (1999), télé-expertise et télé-interprétation en radiologie (entre 1997 et 1999 selon les différentes spécialités : radiologie digestive, radiologie pédiatrique, radiologie thoracique, radiologie

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rences, annuaire régional, ou encore télé-imagerie (échange et partage dʼimages médicales entre sites distants, permettant une télé-expertise et un télé-diagnostic quelle que soit la localisation du patient). Le GCS sʼinvestit également dans lʼaccompagnement au chan-


©Polycom

gement des équipes médicales et soignantes, en organisant des sessions de formation destinées à leur permettre de sʼapproprier les outils de télémédecine et les outils informatiques. En Midi-Pyrénées Lʼimportance de la télémédecine y a été identifié très tôt (dès 1989 !), avec la création de lʼInstitut Européen de Télémédecine, basé au CHU de Toulouse. Les travaux de cet Institut ont permis de mettre en évidence la plusvalue de la télémédecine pour lʼinstitution de liaisons de coopération et de coordination entre des structures et des acteurs de santé éloignés les uns des autres, générant ainsi une dynamique accréditant la volonté de pérenniser un tel système au niveau régional. Sur cette base a été créé le Réseau de Télémédecine Régional en Midi-Pyrénées (1993), qui regroupe lʼensemble du potentiel régional de santé public et privé, et qui permet des échanges médicaux mono et/ou

BÉNÉFICIANT DE LA PRÉSENCE D’UNE AGENCE RÉGIONALE D’HOSPITALISATION VOLONTARISTE ET D’UN GCS IMPLIQUÉ (LE GCS EMOSIST), LA FRANCHE-COMTÉ EST UNE RÉGION À L’AVANT-GARDE DU DÉPLOIEMENT DES TIC pluridisciplinaires via la télémédecine par le corps médical et lʼensemble des professionnels de santé du Réseau (télé-consultations, téléformations, télésurveillance, …). En Bretagne Le Syndicat Interhospitalier de Bretagne, établissement public spécialisé dans les prestations informatiques à destination des centres hospitaliers, comprend 175 adhérents Hôpitaux Publics et Maisons de Retraites, situés principalement en Bretagne et dans le Grand Ouest. Il travaille également avec plus de soixante établissements hospitaliers répartis sur le territoire national et à lʼoutremer. Son département Télésanté, certifié, comme toutes les activités du Syndicat, ISO 9001 depuis 2006, assure des prestations de service dans ce domaine (conception et réalisation de plates-formes de télésanté, mise à disposition de services de transferts dʼimages sécurisées ou de messageries sécurisées, hébergement et support de ces services, …). Grâce à lʼaction de ce Syndicat et au soutien du Conseil Régional de Bretagne, une plateforme régionale est aujourdʼhui en cours de déploiement pour améliorer la coordination de la prise en charge pour les patients.

En Franche-Comté Bénéficiant de la présence dʼune Agence Régionale dʼHospitalisation volontariste et dʼun GCS impliqué (le GCS Emosist), la Franche-Comté est une région à lʼavant-garde du déploiement des TIC : déploiement dʼun dossier médical régional dès 2000 (un projet retenu, une décennie plus tard, par lʼASIP Santé parmi ses projets pilotes pour le DMP national), plate-forme régionale, outils de télé-diagnostic et de prise en charge à distance des AVC (au CHU de Besançon), de télé-interprétation en radiologie, … En PACA Créé au tout début de lʼannée 2009 , le GCS e-santé PACA a pour vocation dʼaméliorer la communication des informations entre les professionnels de santé régionaux. Il sʼest donc donné pour première mission le développement dʼune plate-forme de télésanté en PACA, basée sur des outils et services issus des TIC et sur la mutualisation et la coordination des ressources. Pour ce faire, un Espace Numérique Régional de Santé e-santé PACA a été officiellement lancé fin 2009, et lʼannée 2010 verra probablement lʼouverture de cette plate-forme désormais fonctionnelle à des projets interrégionaux et nationaux. Nina Durand

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TIC - LES RÉGIONS

HOSPITALISATION À DOMICILE :

L’APPORT DES TIC

Le maintien à domicile des malades, dans de bonnes conditions et aussi longtemps que possible, constitue la base de toute politique visant l’aide et les soins aux personnes en perte d’autonomie. Cette alternative à l’hospitalisation, qui répond à la tendance actuelle de réduction du nombre de lits hospitaliers, requiert toutefois un ensemble de moyens destinés à garantir la sécurité médicale de ces patients fragiles. Parmi ceux-ci, la télévigilance occupe une place toute particulière.

ommençons par une définition. Un service de télévigilance est un service qui assure, grâce à des moyens techniques (les fameuses Technologies de lʼInformation et de la Communication, dites TIC), la surveillance à distance des personnes isolées, malades ou handicapées se trouvant à leur domicile, et qui leur permet, en cas de problème, de prévenir à tout moment la permanence du service dʼaide à domicile. Différents systèmes, plus ou moins auto-

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nomes, existent aujourdʼhui sur le marché, selon lʼétat de santé et la pathologie de la personne à surveiller : un émetteur, porté en pendentif ou en bracelet, permettra au malade dʼentrer en contact, par simple pression, avec une centrale dʼécoute qui se chargera de prévenir les secours ou les proches, selon la gravité de la situation. Si le malade est très peu autonome ou souffre de troubles cognitifs, assurer sa sécurité vitale lors de son maintien à domicile suppose de recourir à des technologies plus élaborées, capables de détecter seules les

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situations à risque – par exemple des capteurs pour analyser lʼenvironnement sonore (sons anormaux, expressions de détresse), les données vitales (pouls, activité, posture, chute), et les données ambiantes et domotiques - en se basant sur des algorithmes tenant compte de tous les cas de figure. Ces différents capteurs, en contact permanent avec un centre de surveillance médical, garantissent un suivi en temps réel des paramètres physiologiques du malade, et permettent une réaction rapide et efficace en cas dʼurgence réelle. La fiabilité dʼun tel système est toutefois soumise à la justesse des algorithmes sur lesquels il se base : plus ils sont précis, plus le sera également lʼidentification de lʼurgence. Et moins les centres dʼappels dʼurgence se trouveront saturés de fausses alarmes. La réponse à différentes problématiques Le déploiement de ces systèmes de télévigilance bénéficie ainsi aussi bien aux malades quʼà leur entourage. Ce dernier ne peut en effet pas prévoir toutes les situations critiques (par exemple les symptômes cardiaques), même par une visite quotidienne. Le patient, quant à lui, sera moins anxieux puisquʼil continuera dʼévoluer dans un environnement familier, tout en ayant lʼassurance que la moindre dégradation de son état de santé sera rapidement repérée. Les TIC lui permettent en outre de compenser la perte de son autonomie, de rompre son isolement et de maintenir un lien social grâce au contact permanent avec un personnel qualifié. Lʼenjeu, aujourdʼhui, est donc de mieux diffuser les potentialités des TIC dans le quotidien des professionnels de santé et dans celui des personnes âgées, malades ou en perte dʼautonomie, afin de leur permettre de sʼapproprier cette technologie et dʼengager durablement de nouvelles pratiques individuelles et professionnelles. Nina Durand


TIC - LES RÉGIONS

LE BOOM DU E-LEARNING Connaissez-vous le e-learning ? Cette possibilité de suivre un programme de formation à distance, en autoformation ou accompagné, de manière individuelle ou collective, s’appuie sur des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) tels qu’Internet ou des outils multimédias. Activité en plein développement dans de nombreux secteurs, le e-learning commence à investir les établissements de santé, malgré la persistance de freins à la fois culturels et techniques qui tendent à limiter son déploiement. armi les nombreuses applications TIC qui permettent aux hôpitaux et autres établissements sanitaires et médico-sociaux de demeurer à la pointe de leur domaine dʼexpertise, les formations par e-learning constituent une solution prometteuse et complémentaire aux formations traditionnelles. Il faut savoir que la formation continue du personnel soignant, garante dʼune amélioration constante de la qualité des soins, est une préoccupation essentielle des hôpitaux. Elle est toutefois très difficile à mettre en œuvre, le personnel travaillant à flux tendu et ne pouvant se libérer facilement des unités de soins. Lʼintroduction de modules e-learning au sein dʼun hôpital permet ainsi de concilier deux exigences : dʼune part, préserver la présence du personnel au chevet des patients et, dʼautre part, lui permettre de se former sans se désorganiser ni alourdir le travail dʼéquipe – puisque le personnel peut se former à son rythme, tout en tenant compte de ces multiples contraintes, notamment temporelles. Améliorer lʼaccès à une formation de qualité nettement moins onéreuse quʼune formation traditionnelle, tel est le pari quʼont aujourdʼhui fait certains établissements. Mais le e-learning, malgré ses avantages indéniables (valeur ajoutée pédagogique, contenus interactifs et évolutifs, outil souple et convivial) a encore du mal à percer dans le secteur hospitalier.

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De nombreux freins à lever Le marché de lʼe-learning pour la formation continue dans les établissements de santé ne propose en effet pas encore suffisamment dʼapplications spécifiques à ce secteur : les offres existantes sont surtout dédiées à lʼapprentissage de lʼinformatique et des applications

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bureautiques, bien quʼelles soient progressivement en train de sʼélargir aux formations métiers. Par ailleurs les hôpitaux ne disposent souvent pas de postes informatiques en nombre suffisant et accessibles au personnel – ils sont souvent réservés aux cadres -, et les ordinateurs disponibles sont rarement équipés des périphériques nécessaires à la formation (haut-parleur, cartes son, vidéo). Des progrès sont également à réaliser du point de vue culturel puisque, comme le souligne Lisette Cazellet, formatrice pour lʼassociation FormaTIC Santé, « lʼinformatique a été introduite à lʼhôpital dans une logique de gestion et de contrôle plutôt que dans une logique de communication et de formation ». Les établissements de santé, confrontés à des contraintes budgétaires, à la mise en œuvre des réformes inscrites dans la loi HPST et à une pénurie démographique, ne considèrent pas la formation en ligne comme lʼune de leur priorités actuelles, de même que les organismes paritaires de formation comme lʼANFH. Enfin, le déploiement dʼun tel outil transversal est freiné par le cloisonnement des organisations hospitalières, ce qui lequel limite la mise en place de projets dʼe-learning conjoints entre les Directions des Systèmes Informatiques et les DRH. Il reste toutefois un espoir : le rapport Lasbordes, consacré à la télésanté, préconise fortement la mise en œuvre dʼune politique de formation au niveau national, basée sur les outils de formation numérique à distance. Nina Durand


Inscrite dans un contexte aux enjeux considérables, la conception d’un établissement public de santé se place, plus que tout autre, à l’intérieur d’une logique institutionnelle à l’échelle locale, régionale et nationale. Elle doit en outre s’adapter aux évolutions des techniques et des pathologies, comme aux contraintes urbaines, économiques et démographiques. Le secteur hospitalier est en effet un secteur en permanente évolution. En cause, les nouvelles technologies médicales, le développement de lʼhospitalisation de jour dans tous les services (de la gériatrie à la chirurgie), le raccourcissement des durées de séjour, mais aussi lʼaugmentation du nombre de patients âgés ou souffrant de maladies chroniques et la modification des habitudes et de la manière de considérer le parcours de soins. Les constructions hospitalières (quʼelles soient opérations de restructuration, opérations de rénovation ou constructions neuves) doivent donc sʼintégrer dans une politique dynamique, permettant de satisfaire aux exigences modernes. Concevoir un ensemble cohérent de santé est un processus dʼautant plus complexe quʼil faut, dʼune part, répondre à la diversification des besoins et prévoir les besoins futurs – la durée de vie dʼun bâtiment hospitalier est en moyenne dʼune trentaine dʼannées -, et dʼautre part tenter de rationaliser au maximum cet appareil de production de soins. Une réalisation hospitalière ne peut ainsi voir le jour quʼà lʼissue dʼun long travail de réflexion, résultant en un compromis entre différents éléments en perpétuelle évolution : les données quantitatives (arrêter un nombre de lits et de disciplines en fonction des besoins globaux re-

censés dans le bassin de santé), les contraintes environnementales (insertion dans un site et une collectivité, intégration dans une démarche de développement durable), le niveau des connaissances et des techniques médicales, les exigences des patients et du personnel ainsi que leur niveau de vie et leurs habitudes de consommation, et enfin les nombreuses mesures règlementaires, fonctionnelles et financières qui régissent le fonctionnement dʼun établissement. Lʼhôpital doit pouvoir vivre Les acteurs de la construction hospitalière (maître dʼouvrage, maître dʼœuvre, architectes, entrepreneurs) ne doivent enfin pas oublier quʼun hôpital nʼest pas un système figé doté de structures inamovibles, et quʼil doit bénéficier dʼune architecture assez souple lui permettant dʼêtre toujours en adéquation avec les besoins de la vie quotidienne. Ce rôle revient tout naturellement à lʼarchitecte, même si sa responsabilité en

CONSTRUCTIONS HOSPITALIÈRES

LES CONSTRUCTIONS HOSPITALIÈRES

la matière est partagée avec lʼensemble des intervenants : à sa charge de garantir, au niveau de la conception puis de la réalisation, une homogénéité intégrant les impératifs sociaux, les contraintes techniques, et les données économiques - en dʼautres termes, allier connaissance, culture, sens social, et surtout sens des réalités. Le tout, bien entendu, dans le respect dʼun coût jugé raisonnable par le maître dʼouvrage, et avec lʼobjectif assumé que le résultat final constitue une source de satisfaction, sur le plan fonctionnel, des patients, du personnel et des visiteurs. Investissements importants financièrement, et voués à sʼinscrire dans la durée, les constructions hospitalières participent donc à la définition de lʼoffre de soins et dessinent le fonctionnement dʼun établissement. Elles ne sauraient résulter de choix hâtifs pouvant avoir, in fine, des effets négatifs aussi bien quantitativement que qualitativement. Nina Durand

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DÉVELOPPEMENT DURABLE

Oser la comparaison

constructive ©C2DS

Le développement durable en santé permet d’aborder notre secteur de manière plus préventive, plus pérenne et donc plus efficace. La motivation des acteurs dans le secteur hospitalier passe notamment par la redéfinition des métiers et du sens des politiques de santé. Le développement durable en santé donne du sens. our le décliner en stratégie dʼétablissement, les managers hospitaliers ont besoin dʼoutils. Le C2DS, qui regroupe 200_adhérents et une centaine dʼétablissements hospitaliers tant publics que privés, fonctionne grâce à lʼinvestissement de professionnels aux compétences multiples, oeuvrant au sein de dix groupes de travail.

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Olivier Toma

CV : Directeur de clinique et président du Comité pour le développement durable en santé, le C2DS, Olivier Toma y anime également les groupes de travail dédiés au management durable et aux achats durables. Plus d'infos sur le site du comité http://c2ds.free.fr

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Lʼun de ces groupes axé sur le management durable a permis dʼélaborer un premier outil qui est déjà à la disposition des adhérents du C2DS. Cet outil intitulé « indicateur du développement durable en santé » (IDD Santé), offre un recueil dʼinformations et une démarche d'autoévaluation permettant à la direction et à ses équipes de mesurer leur implication en terme de développement durable en santé. LʼIDD santé est composé de trois chapitres qui sont les trois piliers du développement durable à savoir: lʼéconomique, lʼenvironnemental et le sociétal. Ce recueil dʼinformations permet à lʼéquipe dirigeante de faire le point sur sa propre démarche et de se comparer à un échantillon dʼétablissements. Grâce à cet outil qui sera dans quelques semaines en ligne sur le site internet du C2DS (c2ds.free.fr), il sera ainsi possible de comparer nos ratios en terme de productions de déchets, de consommation, de politique dʼachat etc… Cet outil devient lʼétalon mesure du développement durable en santé en établissement hospitalier.

Le management durable passe aussi par des outils qui existent déjà_: lʼagenda_21 et la certification ISO_14001 ont été étudiés par ce groupe de travail plus spécifiquement, permettant ainsi aux établissements désireux de se lancer dans cette approche de pouvoir s'adresser à un groupe de confrères déjà très impliqués. Un autre outil est en cours de réalisation et sera testé de décembre à juin dans une dizaine dʼétablissements pilotes. Il sʼagit de lʼempreinte énergie carbone des établissements de santé. Grâce à ce logiciel, nous serons en capacité de déterminer lʼémission des gaz à effets de serre dans les établissements de santé, voire même dʼune activité spécifique en son sein, permettant ainsi de répondre aux objectifs du Grenelle de lʼenvironnement, à savoir réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre avant 2020. Cet outil permettra de connaître les données actuelles de lʼétablissement et, par la mutualisation des connaissances et des compétences, de définir ainsi des préconisations permettant de diminuer ces émissions de gaz à effet de serre. En conclusion, le développement durable en santé doit devenir lʼaxe majeur de la politique de santé dans notre pays et, pour ce faire, il doit sʼappuyer sur toutes les compétences des acteurs de la santé qui sont prêts à expérimenter et piloter les projets. Olivier Toma


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maîtrise de l’opération»

©Certivéa

©Hôpital d’Alès

RÉFÉRENTIEL HQE

«Pour une meilleure

Patrick Nossent, Président de Certivéa

L’hôpital d’Alès fait partie des pionniers de la certification HQE.

Depuis le 1er juillet 2008, un nouveau référentiel HQE (haute qualité environnementale) est disponible pour les établissements de santé. Découlant du référentiel existant pour les logements et les bâtiments tertiaires, il permet aux hôpitaux et cliniques de faire certifier leurs efforts pour produire des bâtiments réduisant les factures d’eau et d’énergie, ainsi que leurs émissions de CO2. Rencontre avec Patrick Nossent, président de Certivéa, société en charge des certifications HQE. LʼHospitalier : Quʼest-ce que la haute qualité environnementale ? Patrick Nossent : La démarche HQE est avant tout est une démarche de management de lʼopération permettant dʼobtenir des bâtiments plus respectueux de lʼenvironnement tout en étant confortables et sains. Cette démarche se double dʼune certification délivrée par Certivéa, filiale du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB). Depuis 2005, nous avons certifié plus de 200 opérations de bureaux et dʼenseignement. Pourquoi créer un référentiel HQE spécifique aux établissements de santé ? Suite à la demande de lʼhôpital dʼAlès et de lʼAgence de lʼenvironnement et de la maîtrise de lʼénergie (Ademe), nous avons voulu définir une certification adaptée au secteur de la santé comme nous le faisons pour ceux du commerce, de la logistique et de lʼhôtellerie. Aujourdʼhui, une dizaine dʼopérations hospitalières ont testé la

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certification HQE : lʼhôpital dʼAlès, le centre dʼaccueil La Clé des Champs, le CHU dʼAngers, le centre hospitalier Sud Francilien, la Polyclinique de Pontivy ou encore le nouveau centre médico-social de Vitry-sur-Seine. La première certification HQE dʼun établissement de santé devrait dʼailleurs avoir lieu dʼici fin octobre 2008. Quels sont les avantages de la certification HQE ? La démarche HQE permet de structurer un projet, dʼavoir une meilleure maîtrise de lʼopération, que ce soit en termes de délai ou de budget, et bien sûr dʼintégrer les questions environnementales tout en respectant les aspects fonctionnels dʼun hôpital, et ce quelle que soit la phase de vie du bâtiment (réalisation, exploitation, adaptation et déconstruction). Elle permet également de valoriser de façon crédible les efforts qui ont été faits et les résultats obtenus dans la réduction des impacts environnementaux et sanitaires.

Quelles sont les spécificités du référentiel HQE destiné aux établissements de santé ? Chantier à faible impact environnemental, gestion des énergies, confort acoustique, visuel ou olfactif… Comme pour toute autre construction ou réhabilitation, lʼhôpital doit respecter les 14 cibles du référentiel HQE. Or, un établissement de santé, bien que gros consommateur dʼénergie, doit répondre à des qualités sanitaires incontournables. Il faut donc rechercher le meilleur équilibre entre hygiène et économie dʼénergie, ce qui peut être obtenu grâce à une distinction entre trois zones : la zone hébergement, la zone soins et la zone bureaux. Le renouvellement de lʼair, de même que la lumière, très demandeurs dʼénergie, seront ainsi réalisés différemment sʼil sʼagit dʼun bureau ou dʼun bloc opératoire. Propos recueillis par Jennifer Michard


REJETS D'EAUX USÉES

A TAHITI, NE PAS POLLUER EST UN DÉFI

La Polynésie française peine à contrôler les rejets d'eaux usées dans la mer. Construire un hôpital dans ce milieu était un défi pour ce petit territoire français perdu au milieu du Pacifique. Objectif : ne pas aggraver la pollution du lagon

e lagon bleu des cartes postales a la vie dure. Sur l'île de Tahiti, dans la zone urbaine de Papeete, on ne compte plus les stations d'épuration et les fosses sceptiques privées hors d'état de marche. Toute la ville est dépourvue de réseau d'assainissement collectif public, les rejets directs d'eaux usées dans la mer se multiplient et tout le front de mer urbain est interdit à la baignade.

L

C'est dans cet environnement, dans le quartier du Taaone de la ville de Pirae, que doit ouvrir en septembre 2009 le nouveau centre hospitalier de Polynésie française. Un hôpital géant qui rejettera jusqu'à vingt mille litres d'eau à l'heure dans le lagon. Faute d'équipement communal sur lequel se reposer, les constructeurs de l'hôpital du Taaone ont dû le doter d'un système d'assainissement intrinsèque. Mieux : leur objectif a été de concevoir un réseau sur lequel pourra se greffer le tout-à-l'égoût de la ville de Pirae, s'il en est un jour. Dans cet hôpital de 547_lits, chaque patient produira 800_litres d'eaux usées par jour. Au sous-sol du bâtiment, une station d'épuration à biodisques recevra tous les effluents de l'hôpital. Elle pourra traiter 470_mètres cube d'eau au quotidien. «_A la sortie, l'eau sera de qualité NGL1 et PT1, c'est-à-dire qu'on aura totalement traité l'azote et le phosphate », assure Steve Finck, ingénieur à l'Etablissement des grands travaux (EGT) de la Polynésie française. Une eau de qualité de baignade qui sera rejetée directement dans le lagon : un émissaire séparatif conduira les eaux traitées par la station jusqu'à un point situé à 160_mètres de la plage

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et à 5_mètres de profondeur. Un autre tuyau parallèle emmènera au même endroit les eaux de pluie de voirie et de toiture de l'hôpital, préalablement traitées par deux sépara-

la morgue. Une cuve d'abaissement de température refroidira les effluents du service de stérilisation. Deux cuves de décroissance accueilleront les eaux radioactives issues

teurs hydrocarbures. « Nous avons dimensionné ces émissaires pour pouvoir y raccorder un jour le réseau d'eaux traitées de la commune », explique pour l'EGT le responsable de la construction de l'hôpital, Rémy Cano.

de la médecine nucléaire. Résultat en aval_: « Après tous ces traitements spécifiques, à l'entrée de la station, les effluents seront de type eaux résiduelles urbaines classiques », souligne Steve Finck.

En amont de la station, plusieurs traitements spécifiques seront nécessaires. D'abord un tamisage à 0,75_millimètres, une grille où s'agglutinent parfois des déchets singuliers: aiguilles, gants, serviettes hygiéniques ou même foetus... Encore plus en amont, certains services produiront des eaux aux pollutions particulières. « Nous avons donc conçu des locaux techniques associés, dédiés au traitement des effluents spécifiques », explique Eric Houplain, un autre ingénieur de l'EGT. Des cuves de neutralisation du pH traiteront les rejets acides de l'hémodialyse, des laboratoires et de

Cet établissement, qui se veut hautement technologique et non polluant, est un énorme challenge pour la Polynésie française, petit pays de 260.000_habitants qui affiche pour l'instant un sérieux retard en matière de gestion durable de son lagon et qui va faire un bond technologique spectaculaire avec la construction de ce nouvel hôpital. Dans quelques années, ce dernier pourrait être climatisé à l'énergie thermique des mers (sea water air conditioning). Avant cela, Tahiti va devoir préparer le déménagement pour juillet 2009 et apprendre à utiliser le futur hôpital du Taaone. Benoît Buquet


BLANCHISSERIE L'ancienne blanchisserie vit sa dernière année avant reconversion, vraisemblablement en locaux d'archivage

UNE PAGE SE TOURNE... Ils ne se sont pas posés bien longtemps la question de l'externalisation: leur outil de travail était vétuste mais leur culture hospitalière précieuse et leur prix de revient en-deçà de la moyenne des hôpitaux psychiatriques pour le traitement du linge, vu de la base d'Angers. Le CH de Cadillac a donc opté, avec celui de Langon, pour une association en groupement d'intérêt public. Leur blanchisserie entrera en fonction à l'automne 2009. Un choix engagé et éclairé dont témoignent ici deux des artisans de ce projet.

u des abords de l'établissement psychiatrique, le bâtiment abritant la blanchisserie est proprement somptueux. Il faut y pénétrer pour réaliser combien sa vétusté appelait à un changement. Bien que restructuré en 1994, l'unité cadillacaise va se voir déplacer et mise aux normes légales dans un peu plus d'un an, à quelques pas de là, toujours dans l'enceinte de ce centre hospitalier né au XIe siècle.

V

gon, un établissement de médecine générale situé à seulement dix kilomètres de là. Directeur adjoint au CH de Cadillac, Michel Allemandou est l'homme qui a lancé ce projet à la demande de Christian Briffa, directeur de lʼétablissement, et en liaison avec son collègue de Langon, Bernard Lagueyte. Le dossier a ensuite été complété par le directeur des services financiers, Pierre Paluch, directeur pressenti du GIP. Une structure autonome «Tout le process est déjà choisi, précise d'emblée Michel Alleman-

UNE RENAISSANCE SOUS FORME DE GIP, CONSTITUÉ AVEC LE CH DE LANGON, UN ÉTABLISSEMENT DE MÉDECINE GÉNÉRALE SITUÉ À SEULEMENT DIX KILOMÈTRES DE LÀ Une renaissance sous forme de GIP, constitué avec le CH de Lan-

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dou. L'appel d'offre du bâti est en cours, en phase de négociation.


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siasme M. Allemandou «...et rationnaliser la dépense», rebondit Rémi Hanser. Surprenant entretien: bien que toute gémellité semble totalement exclue, ces porteurs de projet n'en finissent plus de se finir les phrases, façon Dupond & Dupont. Et de reprendre ensemble: «Ce gros investissement s'équilibre automatiquement, il sera sans surcoût» «… et le personnel est content de travailler avec de nouveaux équipements» «...d'autant qu'en termes de primes et de planification du temps de travail, il y a eu accord entre les deux CH pour appliquer lʼorganisation la plus favorable aux agents du GIP.» Sans aucun plan social Les travailleurs des deux blanchisseries uniront en effet leurs forces sur ce site, du moins celles et ceux qui n'auront pas offert leur pot de retraite, lorsqu'il ouvrira: «Actuellement, nous tournons à 18,5 ETP sur Cadillac et 10 à Langon, compte Rémi Hanser. Sur la nouvelle unité, ils ne seront plus que 14+9.…» «…sans aucun plan social compte tenu des départs en retraite, et c'est ce différentiel qui financera l'investissement», ajoute M. Allemandou qui assure que oui, «dès la première année, le remboursement de ces nouvelles charges on emprunte pour ce projet- est payé par les économies réalisées». Et exit aussi les charges de TVA qu'auraient entraînées le choix d'un prestataire privé : la formule GIP dispense Cadillac et Langon de verser cette taxe au groupement d'intérêt. C'est l'argument premier mis en avant par les assistants techniques à la maîtrise d'ouvrage de la Socofit, dans l'étude initiale proposée aux deux centres Cette question devrait donc être réglée d'ici quelques hospitaliers sur les modalités de coopération envisajours et le chantier pourrait débuter dans la foulée. geables. Durée des travaux, onze mois. Cette unité sera une structure autonome mais pour favoriser sa réalisation, La climatisation par évaporation d'eau le CHS de Cadillac -pardon, le CH, on ne dit plus spé- Au volet environnement et économies d'énergie, cette cialisé-, mettra gratuitement à disposition de la nouvelle nouvelle blanchisserie profitera d'abord de l'éclairage naturel, via de nombreux puits de jour et fenêtres. structure un terrain lui appartenant». «La blanchisserie fonctionnera à 60% pour Cadillac et Un dégrilleur sera également installé avec un récupéà 40% pour Langon soit 3,6T/jour de linge sale à trai- rateur de chaleur des eaux usées associé à un échanter», précise Rémi Hanser, responsable de l'actuelle geur thermique. «Au départ, concède Michel

UNE RENAISSANCE SOUS FORME DE GIP, CONSTITUÉ AVEC LE CH DE LANGON, UN ÉTABLISSEMENT DE MÉDECINE GÉNÉRALE SITUÉ À SEULEMENT DIX KILOMÈTRES DE LÀ blanchisserie. Aujourd'hui, il compose déjà avec 50 Allemandou, la qualité environnementale n'a pas été le structures, étalées de Bordeaux jusqu'au sud de la Gi- principal de nos soucis. ronde, soit 520 lits ouverts (320 à Langon), 178 places C'est venu en cours d'étude: dans ce type d'unité, la en hôpital de jour et 950 personnes à habiller. production de chaleur est telle que la question de la «Nous allons doter le Sud-Gironde d'un équipement au température ambiante aux postes de travail se pose top de ce qui se fait dans cette discipline», s'enthou- toujours. Or la climatisation traditionnelle ne fonctionne

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BLANCHISSERIE

pas bien voire pas du tout en blanchisserie. Nous devrions donc opter pour un climatiseur par évaporation d'eau; la décision finale interviendra dans les jours à venir.»

Messieurs Allemandou et Hanser devront dire adieu à ces magnifiques armoire et aux vieilles laveuses. Mais bienvenus seront ces nouveaux chariots, pour les unités d'hospitalisation.

Quant à la question de la fonction linge, ou comment arriver à faire mieux qu'avant avec moins d'employés, Rémi Hanser y apporte ci-contre des réponses en étapes, pour chaque process retenu. Sachant qu'avec les effectifs prévus, la capacité de traitement annuel sera de 1250 tonnes, contre 1008 tonnes prévues en 2009. Ce GIP constitué pour 30 ans, pourra donc même s'offrir le luxe d'intégrer de nouvelles structures à moyens constants, si l'occasion se présente. Annette Delmas

LA FONCTION LINGE DU FUTUR GIP Le linge sale pré-trié dans les unités de soins sera collecté dans des sacs textiles de couleurs différentes qui détermineront leurs contenus ; ces sacs seront transportés dans des armoires "containers" vers la blanchisserie, par camion. Les armoires seront alors vidées des sacs de linge sale, puis lavées et désinfectées dans un tunnel adapté (de marque Lapauw). Les sacs de linge sale seront entreposés sur des rails de stockage aérien au 1er étage (capacité de stockage: 4T) puis leur contenu sera trié pour constituer des lots de linge homogène en poids et catégories textiles. Ce poste de tri sera équipé de six stations de sling, dont une station dédiée au grand plat (draps, alèses). Une fois les lots constitués, les slings seront acheminés automatiquement pour un nouvau stockage sur rail aérien, avant de se déverser automatiquement dans la goulotte de chargement du tunnel de lavage (11 éléments de 35_kg équipés en fin de tunnel d’une essoreuse centrifuge –marque Lavatec-). Le linge essoré sera orienté automatiquement vers trois lignes de finition selon sa nature : - vers la sécheuse repasseuse (marque Lapauw) : grand plat + petit plat. - vers les séchoirs (marque Lavatec) : draps de bain, couvertures et autres. - vers le tunnel de finition (marque Lapauw) et robot de pliage (Jensen): vêtements. Au poste de tri: les vêtements des patients d’unités de long séjour seront orientés vers les laveuses essoreuses pour un traitement adapté aux différentes qualités des textiles, puis vers des séchoirs rotatifs. Ils seront ensuite contrôlés puis pliés avant d’être retournés dans les unités d’origine à l’aide des armoires propres et désinfectées qui auront servi à collecter le linge sale dans lesdites unités. A la sortie des lignes de finition : sécheuse repasseuse, séchoirs, finition des vêtements; tous les articles seront stockés temporairement avant d’être attribués aux différentes unités, soit par dotation établie avec les utilisateurs, soit par affectations nominatives. Tous ces articles seront livrés dans les armoires propres et désinfectées qui auront servi à collecter le linge sale. Sachant que selon l’activité ou la spécialité des unités de soins, le besoin en armoire est de 3 par tranche de 15 à 18 lits, pour permettre livraison et collecte. Le linge propre chargé dans les armoires sera livré par camion dans les différents services ou établissements. Ce transport sera effectué par des agents de la fonction linge. Les camions serviront à la fois à livrer le linge propre et à le ramener une fois sale, la cellule de ces véhicules étant systématiquement traitée après déchargement, à l’aide d’une station de désinfection par brumisation. Par Rémi Hanser, responsable de l'actuelle blanchisserie de Cadillac et technicien gestionnaire de la fonction linge diplômé de la CCI d'Epinal.

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L'hospitalier " hygiène"