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F R A N Ç A I S E

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N° 101 - mars 2013

Pratiques et innovations artistiques

1 Pratiques et innovations artistiques

2-3 Chine, Taishan : des pratiques artistiques au service du projet d’école Chants du monde ouvre les portes des cultures du réseau Mlfmonde Essaouira, Maroc : le projet inter établissements « Musée de nos écoles »

4-5 Yangon, Myanmar : autour du cinéma, deux expériences innovantes en périscolaire Espagne, Villanueva de la Cañada : IIe rencontres autour du livre Liban, Grand lycée franco-libanais de Beyrouth : rencontre avec Nadim Karam 6 États-Unis, École internationale de Dallas : apprendre aux élèves à devenir les leaders créatifs de demain 7 Espagne, Murcie : et si, en arts plastiques, le carton était une nouvelle technologie ? Maroc, Tanger : de Bric et de Broc, Christian Voltz au Détroit 8 Arabie Saoudite, Al Jubail : la parole aux élèves Maroc : l’atelier d’arts plastiques du Lycée français d’Agadir Liban, Beyrouth : apprendre le langage des signes pour chanter autrement 9 Espagne : la chorale du Lycée français d’Alicante se produit pour Carmen de Bizet Liban : le Prix littéraire des lycéens du Liban, une occasion de lire autrement 10 Roumanie, Pitesti : à l'École MLFRenault, un atelier théâtre pour rassembler et pour s'ouvrir aux autres Liban, Beit Chabab : mise en place de projets interdisciplinaires 11 Espagne : le calendrier artistique du Lycée français MLF René Verneau de Grande Canarie Finlande, Rauma : les projets artistiques se conjuguent au pluriel 12 Espagne, Murcie : l’art du lexique  Espagne : les élèves du Lycée français d’Alicante font du Théâtre

13-14 États-Unis : Le Lycée international de Boston fête les 10 ans de son programme de théâtre, questions à Christine Heitzman Chine : le Drama à l’école MLF-EDF de Taishan  

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La vie des établissements 18 La vie de l’association

éussir son parcours scolaire est une affaire sérieuse et la plupart des établissements français à l'étranger perçoivent, observent, abordent les effets d'un investissement des parents et des jeunes si intense qu'il relègue souvent au second plan tout ce qui pourtant contribue éminemment au développement d'une personnalité, à sa créativité, à sa sensibilité. Quand on y prête attention, c'est encore trop souvent pour considérer que ce temps « pour soi » n'est pas ce qu'on attend d'abord de celui de l'école, en tout cas pas au-delà du cycle primaire, auquel s'associe encore la licence du « ludique », dont on pense qu'elle devra s'estomper dans le secondaire.  Heureusement, les représentations changent. Sur le temps long l'école accorde de plus en plus de place à l'expression, dans une conception qui élargit aux langages les champs du possible pour un épanouissement individuel réussi. De moins en moins rares sont les initiatives qui s'appuient sur la pratique artistique pour porter les apprentissages ; de plus en plus hardies celles qui leur font confiance pour libérer, apprivoiser, maîtriser l'expression. Il y a quelques siècles,  Arts, Sciences et Humanités étaient étroitement complémentaires. On ne pourra parler d'humanisme aujourd'hui sans que science et culture ouvrent ensemble les voies d'une connaissance qui refuse de hiérarchiser les potentialités intellectuelles et sensibles de l'enfant et de l'adolescent. Enfin, on ne peut décliner le projet de « deux cultures, trois langues », sans dire que tout commence par la culture, source de soi, rencontre avec les autres. Certes, temps et espace scolaires ont leurs contraintes et elles sont fortes ; la place des pratiques artistiques tout au long du cursus est encore à conquérir ; les possibilités qu'elles offrent pour construire les apprentissages sont à explorer de sorte que l'école n'abdique pas devant les intervenants extérieurs mais les accueille comme des invités annoncés. Nos établissements sont de ce point de vue des mines à mettre à ciel ouvert. La Lettre ne prétend pas recenser tous ces trésors cachés, elle en montre le potentiel en s'appuyant une fois de plus sur les expériences locales, relatées par ceux et celles qui les animent. Sans autre ordre que celles des fonctions possibles des pratiques artistiques à l'école : s'ouvrir et découvrir ; s'exprimer pour communiquer ; participer et fédérer ; apprendre autrement, c'est-à-dire finalement apprendre, mais par des voies nouvelles, celles qui conjuguent la rigueur et la liberté, le partage et la sociabilité. Merci à tous ces témoignages d'une école qui montre que les pratiques artistiques, c'est du sérieux !

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Pratiques et innovations artistiques Chine, Taishan : des pratiques artistiques au service du projet d’école lus qu’une fin en soi, les pratiques artistiques sont utilisées à l’École Jules Verne MLF-EDF de Taishan comme outils d’apprentissage, de valorisation et de communication. Elles sont présentes dans la déclinaison opérationnelle du projet d’école que ce soit pour partir à la découverte du pays d’accueil, pour développer l’apprentissamètres peinte lors de la kermesse par les élèves, des ge des langues vivantes, pour illustrer les sciences expériparents, des professeurs, des responsables de l’entreprise et mentales ou pour renforcer des liens avec la communauté d’autres membres de la communauté. parentale. Dernièrement, les enseignantes des cycles 2 et 3 ont saisi Plusieurs actions en témoignent  : la construction de l’opportunité des préparatifs du nouvel an chinois pour maquettes de maisons typiques dialous suite à la visite du mettre en place un projet interdisciplinaire porté par les site de Kaiping reconnu par l’Unesco ; la création d’un imaarts et centré sur la place du dragon dans la culture littéraigier chinois par les GS-CP-CE1 dans lequel sont reproduits à re et artistique chinoise. Après la découverte de contes asiala manière d’artistes chinois, des élétiques lus par les élèves, puis la reconments de la culture et de la vie quotinaissance des techniques artistiques dienne locale  ; des ateliers en arts chinoises utilisées par les illustravisuels centrés sur les techniques artisteurs, les élèves ont réalisé un dragon tiques chinoises ; l’exposition « Naturel en utilisant la technique chinoise Arts » des cycles 2 et 3 qui magnifie par ancestrale du papier mâché. La danse différentes techniques le monde végédu dragon, emblématique du nouvel tal découvert ; le système solaire des an chinois, a parachevé ce projet en cycles 3 accroché dans un couloir et qui cours d’EPS. renseigne sur des dimensions difficileL’ensemble de ces travaux est valorisé ment palpables autrement ; des représur le site de l’école : www.ecolemlfsentations de dramas en élémentaire À l’approche du nouvel an chinois, les élèves ont réalisé un dragon taishan.org. et au collège ; ou encore, la frise de cinq

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de papier mâché

➔ Chants du monde ouvre les portes des cultures du réseau Mlfmonde

u-delà des monuments, découvrir son environnement local c'est aussi aller à la rencontre du patrimoine culturel immatériel, ces traditions ou ces expressions vivantes qui illustrent l'appartenance

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à un pays, une tradition, un mode de vie. Les pratiques artistiques en sont l’illustration par excellence. Après « Cuisines du monde » en 2012, c’est le chant qui, cette année, ouvre les portes de la culture des pays d'accueil, au travers d’un projet qui s’adresse aux élèves de tous les établissements du réseau Mlfmonde. Chants du monde fait partie des projets qui, en plus de participer à la formation citoyenne et dynamiser les apprentissages du socle, ambitionne de matérialiser le réseau Mlfmonde en réalisant une œuvre collective. Déjà 99 groupes de 23 écoles et de 12 pays différents participent à cette

aventure et se sont engagés à présenter un ou plusieurs chants en langue nationale ou régionale. La production finale, composée de chants traditionnels et de chansons emblématiques, sera dévoilée le 21 mai 2013 pour la Journée Mondiale de la diversité culturelle. Chants du monde est un projet initié par Sylvain Lunetta, directeur de l’École Jules Verne de Taishan (Chine). Il s’adresse aux écoles, collèges et lycées des établissements de la MLF. ■

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Pour en savoir plus : https://sites.google.com/a/mlfmonde.org/ chants-du-monde/

Plus d’informations sur le site www.mlfmonde.org


Pratiques et innovations artistiques ➔ Maroc, Essaouira : le projet inter établissements « Musée de nos écoles »

usée de nos écoles est un projet international et fédérateur initié par Julie Chapeyron, directrice du Groupe scolaire OSUI Eric Tabarly d’Essaouria. Proposé à toutes les écoles du réseau Mlfmonde en 20112012, Musée de nos écoles a été conçu comme un tour du monde des pratiques artistiques.

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ponctuellement aux élèves ce que font les enfants dans d'autres écoles. C'est également une mine d'idées pour enseigner les Arts visuels et l'Histoire des Arts » (Erminia Charles, enseignante à Essaouira). ■

Sept écoles au total ont participé au projet, depuis le Maroc, le Brésil, les États-Unis, la Finlande et la Chine. Chacune a proposé à ses élèves d’étudier et de mettre en valeur les pratiques artistiques de leurs pays d’accueil, en faisant vivre des pratiques locales, dans les langues vivantes à leur disposition. Des réalisations en arts visuels, accompagnés de textes d’élèves (poésies, nouvelles, contes, chants) sont ainsi venues constituer la collection d’un musée virtuel hébergé sur un site Internet, permettant à chacun de s’enrichir des pratiques artistiques et des productions écrites des autres pays. Tout au long de l’année, les inscriptions et l’avancement des projets ont été suivis et animés par la directrice de l’école d’Essaouira, chaque établissement participant étant responsable du développement de son espace sur le site. Julie Chapeyron s'est par ailleurs tenue à disposition des maîtres pour délivrer des conseils d'utilisation de l'interface, ou pour gérer directement l'espace école. Ce site internet de suivi des pratiques et de mise en valeur des productions a été créé pour rendre la dimension internationale plus vivante aux yeux des élèves. Des échanges entre classes ont notamment été rendus possibles facilement grâce aux espaces dédiés aux commentaires sous chaque article. Et même plusieurs mois après le fin du projet, le site continue de vivre : « Je continue à exploiter le site pour montrer

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Production du Groupe scolaire OSUI Éric Tabarly d’Essaouira

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Pour en savoir plus : < https://sites.google.com/a/mlfmonde.org/le-musee-denos-ecoles/

Musée de nos écoles, les objectifs ✓ prendre la mesure de la diversité des formes d’expression et repérer les liens entre elles ; ✓ présenter plusieurs œuvres sur un même sujet (confronter) ; ✓ développer la capacité à exercer des choix, des sélections, évaluer ; ✓ prendre conscience de la nécessité de « présenter » les images ; ✓ s’interroger sur le rôle des musées ; ✓ connaître un patrimoine culturel ; ✓ s’ouvrir aux autres, communiquer ; ✓ partir d’une ou plusieurs œuvres pour provoquer une démarche de recherche : « donner envie de faire » ; ✓ présenter des œuvres qui font appel aux mêmes outils, supports, démarches que ceux expérimentés par les élèves.

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Pratiques et innovations artistiques Yangon, Myanmar : autour du cinéma, deux expériences innovantes en périscolaire e dispositif « École et Cinéma », mis en place par l’École française Total-MLF de Yangon est une adaptation locale de ce qui se passe dans les académies en France : trois ou quatre films sont sélectionnés chaque année par des enseignants, sur des critères d’accessibilité et d’importance, en termes de traces laissées dans la mémoire collective française.

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Le film est ensuite projeté dans la salle polyvalente, transformée pour l’occasion en un lieu à l’atmosphère intime et proche d’un cinéma de ville. Permettre aux plus jeunes d’accéder au cinéma et de le décoder n’est pas chose aisée, d’autant plus que les élèves sont habitués dès le plus jeune âge aux scénarios stéréotypés des productions anglosaxonnes. Il est alors essentiel de proposer des films qui soient en rupture avec les propositions familiales afin d’élargir et d’enrichir leur culture cinématographique. Le cinéma est donc au cœur de l’école, au cœur des apprentis-

sages. Pour s’en persuader, il suffit de relire les derniers programmes en se focalisant particulièrement sur le pilier 5 du socle commun relatif à la culture humaniste et à l’histoire des Arts. Alors la vocation pluridisciplinaire de ce projet apparaît évidente. L’enrichissement culturel vient surtout de la variété des films projetés et de l’aptitude à les comparer. En deux ans, cinq films ont été projetés : La guerre des boutons, Le roi et l’oiseau, Le mécano de la Générale, Les vacances de M. Hulot et L’étrange Noël de M. Jack. Un péplum et un documentaire sont au programme des films à venir. Si ce projet trouve son fondement dans l’école du socle, il met également l’accent sur un facteur à ne pas négliger : le plaisir de regarder un film. Le travail préparatoire et les activités menées après la projection sont autant d’éléments qui aident l’enfant à s’approprier et apprécier l’œuvre. Une scène du film en pâte à modeler réalisé par les élèves

> Réalisation d’un film en pâte à modeler : le témoignage de Sybille, animatrice multimédia « Forte d’une expérience de création de film en pâte à modeler dans une cyber-base que j’ai animée pendant six ans, j'ai voulu renouveler cette expérience avec des adolescents en milieu scolaire sur une année entière, en l’ouvrant aux élèves des autres écoles internationales de Yangon. Ce sont donc cinq élèves de 12 à 16 ans qui participent à la création du film, réalisent eux-mêmes les animations et prêtent leurs voix. Ce sont les vrais acteurs de ce film ; ils s’attèlent à toutes les étapes techniques de ce que l’on appelle le « stop motion » (vidéo image par image). Mon rôle est de leur apporter un soutien technique. J’ai cherché à développer leur créativité et le travail d’écriture dans la confection du story-board, avec comme critères qualificatifs la clarté, la concision, la praticité et l’efficacité. Nous avons également souhaité respecter la devise de la MLF en mettant en valeur la culture du Myanmar. Nous avons donc choisi d'adapter le Ramayana, épopée mythologique incontournable en Asie du sud-est. La première partie de l'année à été consacrée à la rédaction du scénario, à la création des personnages en pâte à modeler ainsi qu'aux décors. Nous avons ensuite réalisé le story-board et chaque semaine nous tournons une scène. En une heure, nous ne pouvons réaliser qu’environ 7 secondes de film. À cette heure, le travail n'est pas terminé, mais les élèves ont découvert l'envers du décor d'un film en pâte à modeler. Il semblerait que ce projet leur plaît et que, d’ores et déjà, on puisse parler de bilan positif. » ■

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Pour en savoir plus : http://ecole-joseph-kessel.jimdo.com/

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Pratiques et innovations artistiques Suite de la page 4

École et cinéma, les compétences travaillées ✓ Maîtrise de la langue : dire (comparer, distinguer les informations essentielles, raconter une histoire, émettre un jugement) ; lire (décoder une affiche, une critique) ; écrire (une critique, la fiche technique d’un objet lié au cinéma). ✓ Anglais : donner des éléments caractéristiques d’un film anglais, lire des textes en anglais. ✓ Mathématiques  : comprendre le principe des 24 images par seconde.

Espagne, Villanueva de la Cañada : IIe Rencontres autour du livre

ue d’autres se flattent des pages qu’ils ont écrites, moi je suis fier de celles que j’ai lues »  ; cette réflexion de Jorge Luis Borges au sujet du lecteur dans Éloge de l’ombre constitue un point de départ idéal pour définir le lecteur et le rapport à la lecture. Les IIe Rencontres autour du livre ont été organisées début décembre au Lycée Molière MLF de Villanueva de la Cañada par les professeurs documentalistes, en partenariat avec des professionnels des métiers du livre. Durant trois jours, des représentants de maisons d’édition et la responsable d’une librairie fran2e Rencontres autour du Livre çaise de Madrid ont animé des ateliers autour de la lecture auprès d’élèves de maternelle, primaire et secondaire. Les élèves ont d’abord pris contact avec les livres par le biais des animations proposées, puis ont pu acquérir, en dehors des horaires scolaires, les livres de leur choix, individuellement ou accompagnés de leurs parents pour les plus petits. L’accent a été mis cette année sur la redécouverte et la modernité d’un genre transgénérationnel par excellence, le conte, dans une approche cohérente de la lecture plaisir auprès du public jeunesse. Face au succès de ces rencontres, rendez-vous est pris pour l’année prochaine et afin d’illustrer la nécessité de la lecture et de la transmission orale, rappelons-nous cette réflexion d’un personnage du Conte de Noël D’Auggie Wren, de Paul Auster (Paul, l’écrivain en mal d’inspiration, doit inventer un conte de Noël pour répondre à la demande d’un journal, et s’adresse à son ami Auggie qui lui raconte une histoire magnifique mais dont il doute de la véracité) : « il avait réussi à me

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✓ Vie en groupe : exprimer un jugement ; comparer des avis. ✓ Histoire des Arts : découvrir des cinéastes connus et des œuvres du patrimoine culturel. ✓ Sciences et Technologies : fabriquer des objets techniques ; comprendre la persistance oculaire ; reproduire des bruits ; élaborer des trucages. ✓ Arts plastiques : créer des œuvres en rapport avec l’affiche.

faire croire à son histoire, et rien d’autre ne comptait. Du moment qu’une personne y croit, il n’existe pas d’histoire qui ne puisse être vraie ». C’est là que réside toute la magie de lire et de raconter des histoires… ■

Liban, Grand lycée francolibanais de Beyrouth :

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rencontre avec Nadim Karam Le 18 janvier 2013, l’artiste Nadim Karam a présenté aux élèves de CM2-E du Grand lycée son travail de sculpteur et d'architecte dans le cadre de la Semaine de la presse. Nadim Karam, artiste mondialement reconnu, expose actuellement sur le parvis de l’Institut du Monde Arabe pour le 25e anniversaire du musée parisien. Les élèves ont participé à l'un de ses nombreux voyages, peut-être le plus beau, celui de la curiosité et de la découverte de l'Art. Ils ont voulu savoir quel était son rêve : « c'est ce que je fais chaque jour ! », quelle était sa passion ? : « c'est la créativité », quelle était sa sculpture préférée ? : « mon dernier projet, celui des roues de Chicago ». Il leur a expliqué que les villes qui l'inspiraient étaient ses visas pour le monde, et qu'il cherchait à créer des histoires dans le contexte de chacune des villes où il était amené à participer à un projet. ■ L’éléphant est un des animaux emblématique de l’œuvre de Nadim Karam

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États-Unis, École internationale de Dallas : apprendre aux élèves à devenir les leaders créatifs de demain

école internationale de Dallas vit chaque année au rythme d’une diversité d’activités artistiques offertes à ses élèves du secondaire. Que le talent s’exprime par la parole, le pinceau, la musique ou la pensée, chacun y trouve son compte. Sorties, programmes d’ouverture et événements scolaires encouragent les élèves à développer leurs connaissances et leurs compétences. La ville de Dallas possède de nombreux lieux culturels qui offrent des activités correspondant à l’étendue des programmes scolaires et tout particulièrement à la composante interdisciplinaire de l’Histoire des Arts. Le choix est vaste pour l’organisation de sorties  : l’exposition permanente des civilisations de l’Antiquité et l’exposition de sculptures du Bernin et d’art de la Renaissance du Musée d’Art de Dallas permettent aux 6e et 5e de revivre la chronologie historique et d’appréhender l’art classique par eux même ; la musique de Romeo et Juliette interprétée par l’orchestre symphonique de Dallas au Centre Symphonique Meyerson pour les 4e, etc. De telles sorties favorisent une approche holistique et interactive de l’étude de l’art, de la musique, de l’histoire et de la littérature.

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Créée en 1987, l'école internationale de Dallas compte 556 élèves de la petite section de maternelle à la Terminale

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En 3e, dans le cadre de la préparation du portfolio d’Histoire des Arts pour le diplôme national du brevet, la visite d’une galerie privée propose une expérience directe de l’architecture moderne : la maison Rachofsky, conçue par l’architecte Richard Meier, a été inspirée par Le Corbusier. Les élèves se penchent sur les cinq éléments du Modernisme illustrés par cette structure du Nord de Dallas.

Sortie des élèves de 3e à la maison Rachofsky

Parallèlement, des programmes d’ouverture visent le plus souvent un ensemble d’élèves plus large que la seule classe. Une visite du célèbre ensemble vocal « Yale Alley Cats » a inspiré une performance a capella à la fois divertissante et instructive, suivie d’une discussion pendant laquelle les membres du groupe se sont exprimés sur ce qui les avait les mieux préparés à une vie universitaire réussie après le lycée. Un programme d’artiste en résidence est également développé chaque année. En prenant le temps d’échanger et de créer avec plusieurs artistes dans des domaines variés, les élèves développent leurs compétences, élargissent leur vision des arts et découvrent comment contribuer à la société d’une manière créative. Enfin, de nombreux événements sont organisés en dehors des horaires scolaires, procurant aux élèves

des lieux pour exposer leur art et se produire en public. Grâce à un partenariat avec l’Université du Texas à Dallas, le concert annuel et les représentations théâtrales de fin d’année se déroulent dans ses installations. Le Festival de théâtre multilingue, qui rassemble chaque année des élèves des établissements du réseau MLF Amérique, est monté en collaboration avec le Dallas Children’s Theater. Chaque troupe de théâtre joue pour les autres, suit des ateliers en groupe et se forge des souvenirs dans différentes langues. Face à la mondialisation, il est important pour les élèves d’avoir une perspective élargie. Les échanges, les langues, les technologies, la prise de conscience culturelle sont des aspects naturels pour des enfants scolarisés dans un environnement international. L’étude des arts et ses relations avec le reste du monde sont aussi des composantes à prendre en compte. Cela conduit à une meilleure compréhension de qui l’on est, des différences et des valeurs communes. Notre génération d’élèves apprend de la sorte à penser pour devenir les leaders créatifs de demain. ■

Programme d'artiste en résidence

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Pratiques et innovations artistiques Espagne, Murcie : et si, en arts plastiques, le carton était une nouvelle technologie ? n arts plastiques, on aimerait pouvoir aborder plus souvent les pratiques du volume, mais les matériaux sont coûteux, difficiles à se procurer, périssables, et leur mise en œuvre nécessite un outillage spécifique, voire dangereux, qui représente une nouvelle dépense. Pourtant, le carton ondulé se plie à toutes les volontés. Léger, facile à se procurer, rapide à travailler (découpe, collage, mise en couleurs), non toxique, son aspect modeste n’inhibe pas les amateurs les plus timorés. Il peut à loisir épouser les formes les plus extravagantes, supporter de lourdes charges par des mises en forme étudiées, et son coût dérisoire autorise toutes les audaces, toutes les expérimentations. Œuvre d’élève Grâce à ce matériau facilement recyclé, tous les élèves peuvent expérimenter des créations originales et attrayantes : petits décors pour

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➔ Maroc, Tanger :

recevoir des figurines élaborées en fil de fer et bande plâtrée en 6e, personnages et décors en 3e afin de réaliser une bande dessinée en photos, réalisation d’un baby-foot en 2nde, masques et accessoires en 1re et Terminale pour donner naissance à un roman-photo, etc. Avec ce matériau simple, maniable et très accessible, l’imaginaire fonctionne à plein, les volumes prennent de l’ampleur et permettent des mises en scène empruntées à d’autres disciplines : la réalisation de séquences vidéo animées, l’écriture de scénario, la communication audiovisuelle. Du carton aux nouvelles technologies, le lien est plus simple qu’on ne le croit et terriblement efficace ! ■ « Avec un pistolet à colle, de simples ciseaux, de la peinture et des cartons recyclables, la voie est ouverte pour donner forme à toute entreprise individuelle ou collective d’envergure et la session terminée, un rapide coup de balai suffit à redonner à la salle de classe son aspect originel : le carton fait un carton à Murcie ! » (Monsieur Deballon, professeur d’arts plastiques) 

de Bric et de Broc, Christian Voltz au Détroit

e Groupe scolaire OSUI Le Détroit a proposé à ses élèves de grande section de maternelle de revisiter l’univers de Christian Voltz, auteur et illustrateur d’une quinzaine d’albums pour enfants, pour réaliser une exposition à la manière de, faite de bric et de broc. Fils de fer, morceaux de bois, mottes de terres et bouts de laine… autant d’objets de récupération dont se sert Christian Voltz pour créer un univers unique, drôle et poétique, qui interroge le lecteur sur les questions essentielles de la vie : la responsabilité individuelle, l’amour, la mort, le paraître, la guerre. Les enseignantes, après avoir lu à la

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classe des albums de l’auteur et expliqué la démarche de l’artiste, ont

demandé à chacun de ramener des objets trouvés à la maison pour confectionner leurs propres bonhommes. Boutons, vis, fil de fer, morceaux de bois, tissu, jouets et vieilles lunettes ont ainsi trouvé une seconde vie entre les mains des artistes en herbe. Cette activité a permis d’aborder les notions de conservation et de recyclage, et d’accompagner les enfants dans la découverte des objets et des techniques (couper, coudre, assembler, etc.). Le résultat est une exposition drôle, remplie de truculents personnages, comiques et sensibles. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » ■ MARS 2013

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Pratiques et innovations artistiques Arabie Saoudite, Al Jubail : la parole

Liban, Beyrouth :

aux élèves

apprendre le langage des signes pour chanter autrement

es élèves du cycle 2 de l’École MLFTotal d’Al Jubail nous font part de leurs commentaires sur les activités artistiques dispensées en anglais lors des séances d’intégration à l’ISG, leur établissement d’accueil et auxquelles ils participent à raison de 2 h 15 hebdomadaires.

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Cours d’éducation musicale

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En Arts plastiques, les élèves de grande section fabriquent des objets en pâte à modeler : « Moi, j’ai fait un escargot. La maîtresse américaine m’a dit « Good job Amaury », ça voulait dire qu’elle était contente ! » (Amaury B., GS). « Moi, elle essaie de me parler en français et elle dit “c’est bien” avec un drôle d’accent ! » (Quentin R. CP). Les élèves du Cycle 3 se rendent dans les « classes spéciales » deux fois par semaine en Arts Plastiques et en Musique. Les CE2, CM1 et CM2 intègrent pour ces activités une classe américaine équivalente. Quelques élèves assistent régulièrement aux activités extra-scolaires mises en place à l'ISG, ce qui renforce le contact avec la langue anglaise. D'une manière générale, les activités proposées sont bien accueillies. Par contre, le manque

d'aisance en anglais peut parfois représenter un frein. Et la tentation est grande de passer très vite à la traduction grâce à de bons camarades... « En Musique, le professeur parle vite et je ne connais pas tous les termes mais j'ai une sauveuse : Emma ! » (Anaïs G. CM1) Les élèves qui sont dans la section française pour la deuxième année constatent pourtant une amélioration de leurs compétences, même si on remarque que la compréhension générale de l'anglais progresse plus vite que la production, cap plus difficile à franchir pour de multiples raisons. « J'apprends leur musique ; elle est différente de la nôtre. Cette année, je comprends mieux les consignes. » (Antoine C. CM2) Certains des élèves ont recours à la communication non-verbale qui est partie intégrante de l'apprentissage d'une langue. C'est aussi un moyen de se rassurer. « En musique, il y a certaines choses que je ne comprends pas mais on peut suivre les autres. » (Noé B. CM1) L'apprentissage d'une langue étrangère en situation se révèle une tâche complexe. Les élèves d’Al Jubail bénéficient d'une véritable imprégnation en langue anglaise, mais limitée par le fait qu'ils se retrouvent en communauté linguistique autour du français, communauté qui devient une sorte de refuge et peut brider les progrès. Néanmoins, l'ensemble reste très positif tant du point de vue linguistique que du point de vue culturel. ■

Les élèves du Lycée franco-libanais MLF Verdun, après une visite à l’association Nazek Hariri pour les sourds-muets, ont exprimé l’envie d’apprendre le langage des signes. Accueillis dans les classes afin de découvrir les méthodes d’apprentissage destinées aux malentendants, ils ont spontanément tissé des liens avec les enfants scolarisés au sein de l’association. Leur professeure d’arabe a alors décidé de consacrer une heure par semaine au développement d’un projet plus approfondi de spectacle musical, pendant qu’une intervenante apprenait la langue des signes aux 6e. À leur tour, les élèves de Verdun ont accueilli leurs camarades, l’occasion pour eux de mettre en pratique les notions apprises, notamment au cours de chants et de saynètes en langue des signes. En fin d’année, les élèves des deux établissements ont présenté leur spectacle en langue des signes.

Les élèves de Verdun et de l’association Nazek Hariri

Maroc : l’atelier d’arts plastiques du Lycée français d’Agadir Un atelier d’arts plastiques a été mis en place depuis un an au Lycée français d'Agadir. À l’origine de cette action : la forte envie des élèves du collège de pouvoir s’exprimer à travers la peinture, la sculpture et surtout leurs créations personnelles. Trois thèmes ont été retenus : l’eau, les corps en mouvement et les créations libres. La particularité de ces ateliers réside dans le fait que les élèves utilisent bien souvent des matériaux de récupération. Suite au travail de l’année sur différents supports et matériaux, les élèves ont exposé leurs productions, ce qui a motivé d’autres élèves, notamment du primaire, et entraîné la mise en place d’un deuxième atelier. Les élèves ont eux-mêmes préparé l’exposition en installant leurs productions et en créant pour l’occasion des affiches et des invitations. Ils ont expliqué à leur public les différentes étapes de réalisation de leur travail, fait part des difficultés rencontrées et surtout de leur enthousiasme face au résultat final. Cette année, les thèmes proposés sont le portrait (en relief, bas-relief, Travail réalisé peinture) et les créations libres. en 2011/2012

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Pratiques et innovations artistiques Espagne : la chorale du Lycée français d’Alicante se produit pour Carmen de Bizet ans le cadre des activités péri-éducatives, l’association Euterpe, conventionnée avec le Lycée français MLF Pierre Deschamps pour assurer les ateliers musicaux, a proposé de participer à l’Opéra Carmen donné au Théâtre Principal d’Alicante, suite à des échanges fructueux avec le producteur de ce spectacle de l’orchestre de Pleven (Bulgarie), ancien parent d’élèves. Si chacun connaît Carmen et ses déboires avec le fameux toréador, tous ne savent pas que l’opéra de Bizet contient un chœur d’enfants qui intervient à deux reprises pour symboliser la « garde montante » puis la « garde descendante » de Séville. Le professeur d’Éducation musicale a immédiatement pris en charge sa toute jeune chorale composée d’élèves de 6e et 5e.

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Le salut des chanteurs

Plus de 60 élèves se sont mobilisés, avec, en tête, la règle du jeu, professionnelle : seuls quinze d’entre eux chanteraient sur scène le 13 novembre au Théâtre Principal d’Alicante. Tous les mardis pendant six semaines, les élèves ont répété à midi, sous la direction d’Oreste Lorentz. L’enjeu était à la hauteur des exigences du professeur : chanter dans le plus célèbre des Opéras en français, alors que la plupart des élèves sont hispanophones. Après six semaines de travail, quinze élèves se sont rendus au théâtre pour participer à la répétition générale. Ils ont suivi la troupe pendant toutes les étapes : filage, mise en scène, costumes, maquillages, jusqu’au moment du trac de la représentation. Le spectacle s’est terminé vers minuit, avec des enfants épuisés mais heureux. Leur prestation a été remarquée et appréciée par les professionnels. Pour les élèves, cela a permis de découvrir le théâtre dans un cadre professionnel, de côtoyer des musiciens, des chanteurs et des danseurs de renommée internationale. Cette expérience exceptionnelle signe de fait le lancement de la chorale du collège avec des chanteurs très motivés et déjà expérimentés. ■

Liban : le Prix littéraire des lycéens du Liban, une occasion de lire autrement our sa 7e édition, le Prix littéraire des lycéens du Liban rassemble encore et toujours quelque 200 élèves venus de neuf établissements, ayant en commun le goût de la lecture et du débat littéraire. Le coup d’envoi de la présente édition a été donné lors du Salon du livre francophone de Beyrouth en novembre 2012. Les élèves ont eu l’occasion d’y rencontrer Patrick Deville, auteur de Peste et Choléra, roman faisant partie de la sélection du prix 2013 aux côtés de cinq autres livres et qui, quelques jours plus tard, devait obtenir le prix Fémina. Plus tard dans l’année, les élèves rencontreront Charif Majdalani, écrivain libanais et parrain du Prix à ses débuts. Entre les mois d’octobre et mai, les élèves lisent les œuvres choisies par les professeurs organisateurs et des débats sont organisés entre les établissements participants*. Au mois de mai, un jury d’élèves est constitué et le dernier débat se déroule dans la salle Montaigne de l’Institut français, en présence de

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tous les participants. À l’issue de ce débat, un vote a lieu et le Prix littéraire de l’année est attribué à l’un des auteurs en lice. Cette année, le débat final et le vote se dérouleront le 10 mai 2013 et le jury sera présidé par une élève du Lycée francolibanais MLF Lamartine de Tripoli. Cette manifestation est organisée par les professeurs en étroite collaboration avec l’Institut français de Beyrouth. L’implication de tous les partenaires, l’engagement des professeurs et l’enthousiasme des élèves contribuent à son succès. ■ *Grand lycée franco-libanais, Lycée franco-libanais MLF Verdun, Lycée Abdelkader, Lycée franco-libanais MLF Nahr Ibrahim de Jounieh, Lycée franco-libanais MLF Lamartine de Tripoli, Collège protestant français, International College, Notre-Dame de Nazareth, Collège Louise Wegman.

En savoir plus : http://prixlitteraireliban.wordpress.com

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Pratiques et innovations artistiques Roumanie, Pitesti : à l'École MLF-Renault, un atelier théâtre pour rassembler et s'ouvrir aux autres ans une petite école qui scolarise onze élèves, où tous les âges se côtoient de la petite section au CM2, avec souvent un seul élève par section, il n'est pas aisé de trouver des activités fédératrices qui permettent à chacun de s'exprimer et de s'affirmer dans une réelle dynamique de groupe.

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Le Père Noël a des ennuis, d'après un texte d'Ann Rocard remanié pour l'occasion

C'est en partant de ce constat que l’équipe de l’École MLF-Renault a décidé de lancer l’atelier «  Théâtre en herbe », ouvert à partir de la petite section, pour des séances d'une heure chaque mardi après l'école. L'enseignante de la classe maternelle a principalement travaillé avec ses cinq élèves sur l'expression orale, l'articulation, la gestuelle et la prise de confiance, autour de jeux et de poésies. Les enfants ont pu ainsi gagner en élocution et en aisance sur scène, et cela s’est vérifié lors du spectacle de Noël, où chaque enfant a récité seul, puis en groupe, au moins une poésie à voix haute devant un public. Dès les premières séances, les six élèves de la classe élémentaire, âgés de sept à dix ans et encadrés par leur enseignant, ont eu beaucoup de plaisir à entrer dans un personnage, à s'exprimer non seulement par la voix mais surtout par le corps. Rapidement, l'idée d'une production s'est imposée comme

une évidence. Afin d'apporter une dimension interculturelle au projet, la classe a choisi de ne pas se produire uniquement devant les parents d'élèves, public conquis d'avance, mais d'offrir le spectacle à des enfants du pays d'accueil. Un beau défi qui imposait de facto un travail plus poussé de la gestuelle, des intonations, des expressions du visage, pour que les gags et les chutes soient compris par un public ne parlant pas français. Les comédiens ont présenté en décembre leur première pièce, devant un public d'une soixantaine de personnes. Le succès rencontré a permis aux élèves français de prendre un réel plaisir à construire ensemble un projet, de vaincre pour certains leur crainte de s'exprimer oralement, et de partager un échange interculturel très fort. Chaque enfant est partant pour une nouvelle session d'ateliers, d'ores et déjà prévue au 3e trimestre, dans l'optique de préparer un second spectacle ouvert à tous. ■

Liban, Beit Chabab : mise en place de projets interdisciplinaires u Lycée Montaigne de Beit-Chabab, jeune établissement créé en 2012, les arts visuels, la musique, les activités périscolaires comme le Land Art et les marionnettes sont enseignées dès la petite section. Si les programmes pédagogiques de chaque classe sont bien entendu minutieusement appliqués, ici, l’art fait la différence.

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Comme dans la plupart des lycées français, à chaque période de l’année, un ou plusieurs thèmes sont travaillés par toute l’école de manière interdisciplinaire. Un évènement auquel les parents sont invités clôture chaque période. Ce jour-là, les œuvres des enfants sont exposées, les chansons apprises, chantées. Ainsi, à l’occasion de l’inauguration de l’école, une exposition intitulée « Sur les traces de Mondrian » a été préparée en atelier avec les enfants,

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souvent très jeunes (3 à 6 ans). Pour l’indépendance du Liban, en chantant l’hymne national, les élèves ont défilé avec leurs coiffes traditionnelles, confectionnées avec l’aide des professeurs. Pour fêter le carnaval, des masques illustrant des régions du globe qui sont sujets d’étude, ont été fabriqués et les enfants déguisés ont dansé au rythme des musiques du monde.

Sur les traces de Mondrian…

Déjà, malgré leur très jeune âge et en un temps extrêmement court, les enfants ont gagné en dextérité et savoir-faire. Leur avis artistique et leur goût s’affirment. Du côté des enseignants, ce type de projet a instauré un esprit d’équipe et une ambiance particulièrement stimulants pour un jeune établissement ; un enthousiasme également bien perçu par l’ensemble des familles. ■

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Pratiques et innovations artistiques Finlande, Rauma : les projets artistiques se conjuguent au pluriel ette année, l’équipe pédagogique de l’École MLF-Areva de Rauma a engagé nombre de ses activités scolaires et périscolaires autour de projets artistiques fédérateurs. En plus de l’intégration dans leur emploi du temps d’une discipline non linguistique anglais/arts plastiques en cycle 3 et au collège, d’activités périscolaires particulièrement ouvertes sur l’artisanat finlandais, de l’expression théâtrale et des techniques du cinéma d’animation, les élèves participent tout au long de l’année à des actions culturelles qui s’efforcent d’impliquer l’ensemble des classes, de la PS à la 3e. Chaque événement est ainsi propice au rassemblement créatif. À l’occasion de la journée européenne des langues du monde, l’ensemble des élèves a par exemple réalisé une fresque-quiz à la manière de Keith Haring sur le thème des mille et une manières de dire « Bonjour ». Véritable outil de cohésion

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pour la cinquantaine d’élèves, cette action s’est parachevée par l’enregistrement d’un clip audio consultable sur le site Internet de l’école*. De la même manière, comme les années précédentes, l’établissement a tenu à rappeler la présence à Rauma d’une communauté française, bien que relativement réduite, et à montrer son implication dans la vie locale en participant activement aux semaines culturelles de la ville, en assistant aux représentations théâtrales, en invitant les artistes finlandais dans ses locaux et en organisant plusieurs visites de musées. Cela permet aux élèves français de rompre leur isolement et de côtoyer leurs camarades finlandais dans des activités qui échappent au rituel pédagogique. Enfin, à l’occasion de leur spectacle de Noël et grâce aux talents conjugués d’une danseuse professionnelle, des enseignants et de nombreux parents,

Spectacle de Noël

les élèves ont présenté une comédie musicale où les tableaux composés de danse, de vidéo, d’acrosport, d’expression théâtrale et de chant se sont enchaînés, venant ainsi récompenser deux mois de travail intense. À Rauma, les projets artistiques se conjuguent donc au pluriel et militent pour la transdisciplinarité, puisqu'ils permettent aux élèves l'acquisition de nouvelles connaissances dans différents domaines ; cette année, en anglais, en instruction civique, sur la littérature jeunesse, sur l'environnement local, en éducation physique et sportive et en géographie. * http://www.ecolemlfrauma.com/IMG/mp3/ Clip_-Journee_Euro.mp3

Espagne : le calendrier artistique du Lycée français MLF René Verneau de Grande Canarie our la 7e année consécutive, les enseignants des classes primaires et l’enseignante d’arts plastiques du Lycée français René Verneau de Grande Canarie ont engagé leurs classes dans la réalisation du calendrier artistique devenu une véritable tradition. Chaque mois de l’année est illustré par un tableau collectif « à la manière de… » conçu par une classe de la PS à la 6e. En 2006, la réalisation d’un calendrier avait été proposée pour aider au financement d’une classe de neige. Deux enseignantes avaient ainsi proposé d’éditer un calendrier contenant des productions artistiques réalisées dans l’école. Depuis, cette idée s’est transformée en véritable projet pédagogique  et artistique, un thème étant choisi chaque année par l’équipe d’enseignants primaire dès les premières

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concertations de rentrée, afin que les classes y travaillent au premier trimestre*. Les travaux font également l’objet d’une exposition dans le hall de l’école, destinée à tous les élèves ainsi qu’aux parents ; elle est généralement commentée par les élèves euxmêmes. Ce calendrier est aussi d’une grande utilité dans les classes  : il aide à

Visite des élèves

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construire la notion de temps chez les plus jeunes, à relever la date au quotidien, et permet d’y inscrire les événements importants. Le calendrier 2013, « un monde en couleurs » est consultable sur le site du lycée : www.lyceeverneaugrancanaria.com * Thèmes traités les années précédentes : « voyage au cœur du temps », « le tour du monde en 365 jours », « René Verneau ».

Réalisation des CE1/CE2, à la manière du Douanier Rousseau

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Pratiques et innovations artistiques Espagne, Murcie : l’art du lexique olysémie, faux amis, interférences, traductions approximatives ou inexistantes, néologismes : nombreux sont les problèmes auxquels les élèves sont confrontés dans leur apprentissage des langues.

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Or c’est bien le rôle des équipes, dans les écoles françaises de l’étranger, d’accompagner les élèves dans ce zapping permanent d’un répertoire linguistique à l’autre, de mettre les vivre l'apprentissage des langues avec l'aide des technologies langues en réflexion pour analyser le sens des mots, leur audio visuelles et de communication : expliquer le sens d'un étymologie, leur empreinte culturelle. mot en français, donner son équivalent en anglais et en espaMais comment impliquer en profondeur les élèves dans un gnol, et lui donner une réalité en interprétant des scénarii filtel projet sans les rebuter par des recherches parfois diffimés où se mêlent imagination, humour et expérience. ciles dans les dictionnaires ? Comment intéresser le public Toutes les recherches, les textes, les scolaire dès l’école primaire mises en scène sont imaginés, écrits et aux curiosités de la comparaireprésentés par les élèves. En revanson, de l’analogie, de la définiche, le montage technique est l'œuvre tion, en leur permettant d’ende leur professeure. Les films ne sont richir leur lexique par la mulpas systématiquement publiés mais tiplicité des supports utilisés, ceux qui atteignent une certaine quatant il est vrai que d’après cerlité sont visibles sur la webTV du lycée. tains psycholinguistes, l’apCréativité, sens du mot et théâtralisapropriation ne devient effection des apprentissages, maîtrise de tive qu’après environ sept l’expression orale et plaisir de la réutilisations orales et écrites recherche sémantique… si l’éducation du même vocabulaire dans est un art, les élèves de Murcie sont des situations différentes ? Le mot de la semaine : « chef d’œuvre » des artistes accomplis ! Les élèves de CM1-A du Lycée > Retrouvez les « mots de la semaine » des CM1-A sur la français MLF André Malraux de Murcie et leur professeure WebTV du lycée : www.lfmurcie.org Olimpia ont trouvé une façon artistique et efficace de faire

Espagne : les élèves du Lycée français d’Alicante font du Théâtre e théâtre au Lycée Français MLF Pierre Deschamps d’Alicante a pour finalité pédagogique essentielle la consolidation du français. La langue est offerte sur scène, au même titre que l’on offre son jeu : associée aux langages du corps, elle délivre de la langue des exercices. Le travail théâtral sur le texte mémorisé donne un sentiment de maîtrise, une aisance souvent inconnue, exaltante et libératrice, dans la « langue de scolarisation » qui cesse alors de n’être que cela, sur des énoncés puis sur des situations ; les mots sont donnés, on ne trébuche plus, l’accent même devient l’objet de jeux.

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L’option Théâtre est née en 2005 au Lycée français d’Alicante, sous l’impulsion de deux professeures : Caroline Lachartre, ancienne élève de l'École Nationale d’Art Dramatique de Marne la Vallée, et Sophie Massoc, titulaire de la certification « Théâtre ». Un enseignement de théâtre, option facultative, est proposé à partir de la classe de Seconde et jusqu’en Terminale. Elle prépare à l’épreuve

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facultative de théâtre du baccalauréat. Trois professeurs y participent. Le théâtre offre aux élèves un espace où règnent pour un moment d’autres règles que celles du temps scolaire – où les exigences de discipline et de rigueur se traduisent d’une façon toute différente : apprendre ce que signifie être présent sur un plateau, pour des compagnons de jeu, pour un public. L’option trouve son aboutissement quand il est possible aux élèves de se produire sur les scènes locales et d’éprouver l’émotion offerte dans la rencontre avec le public. Les élèves de l’option ont également participé régulièrement aux Rencontres théâtrales méditerranéennes (accueillies en 2005 par le lycée d’Alicante). Pour le cinquantenaire du Lycée en 2012, les élèves de Seconde et de Première ont présenté respectivement une adaptation des Oiseaux d’Aristophane et de La Ferme des Animaux de George Orwell. En 2013, le groupe de terminale travaille la pièce Opéra Panique de l’écrivain argentin Alejandro Jodorowsky. Plus d’informations sur le site www.mlfmonde.org


Pratiques et innovations artistiques États-Unis : Le Lycée international de Boston fête les 10 ans de son programme de théâtre. Questions à Christine Heitzman hristine Heitzman, qui a rejoint le Lycée International de Boston en 2003, est avant tout une artiste, une actrice et une éducatrice. Elle a participé aux États généraux de l’enseignement artistique organisé par les ministères de l’Éducation nationale et de la Culture en février 2000. Avec quinze autres artistes intervenant en milieu scolaire, elle a rédigé, sous l’égide de Patrice Chéreau, un texte fondateur de l’enseignement du théâtre à l’école : « L’enseignement théâtral vise la formation de l’individu dans son intégrité, de sa sensibilité autant que de sa raison, de son imagination comme de sa mémoire, de son sens critique et de ses facultés d’adaptation. L’enseignement artistique permet à nos élèves d’observer notre monde et d’en interroger les formes. Cette observation, au théâtre, ne se manifeste pas par l’accumulation d’informations ou de savoirs en partant d’abord de la globalité pour aller vers le détail (procédé analytique). Ici c’est tout l’inverse, la démarche théâtrale se fonde sur le détail : le corps, le geste, la voix, le mot, c’est une démarche d’attente, d’exploration, de découvertes, de sensations. Un travail en liberté ou les réponses, s’il y en a, sont multiples, subjectives, individuelles. Un travail qui s’accommode peu de la routine ». Mis en place en 2003 pour tous les élèves de la maternelle à la terminale, le succès du programme théâtre a conduit le lycée à ouvrir l’option théâtre au Bac en 2009.

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> Tous les élèves sont-ils capables de prendre part au programme Théâtre ? Bien sûr. Nous sommes tous des artistes, des êtres créa-

teurs, j’en ai la profonde conviction. Nous avons tout au fond de nous un trésor, un monde qui ne demande qu’à s’exprimer, qui a besoin d’être transcendé comme seul l’Art peut le faire. Chez l’enfant, l’acte de jouer est naturel. > Quelle est la spécificité de l’option théâtre au Lycée international de Boston ? L’option théâtre au bac offre à nos élèves l’opportunité d’enrichir leur diplôme, de montrer aussi qui ils sont. Passer un bac scientifique avec option théâtre, c’est une façon de dire que vous n’êtes pas uniquement un esprit cartésien et rationnel mais aussi un être sensible, imaginatif, créatif et ouvert. Sa spécificité est d’offrir un programme de pratique de l’Art dramatique (préparation de scènes du répertoire classique et contemporain), une culture générale sur l’histoire du théâtre occidental et pour finir, ce que j’appelle l’école du spectateur : aiguiser leur esprit critique en allant voir des pièces et en rédigeant des critiques. > Comment le théâtre enrichit-il l’expérience éducative des élèves, de la maternelle à la terminale ? Le théâtre, comme les autres Arts, fait bien plus qu’enrichir l’expérience éducative de nos élèves, il lui donne son essence et sa raison d’être. Et j’ai ce petit espoir de penser que si nos élèves n’avaient pas été sur scène, exposés à l’Art dramatique, ils ne seraient pas les mêmes personnes… Mais cela, c’est à eux qu’il faut le demander.

➔ États-Unis : résidence d’artiste au Lycée international de Los Angeles

epuis déjà quatre ans, le Lycée international de Los Angeles accueille des artistes en résidence qui permettent à l’ensemble de la communauté d’investir des champs de travail et de réflexion différents et porteurs. Cette année, les élèves ont engagé des travaux avec Mileece, artiste reconnue internationalement pour son art multidimensionnel liant son, nature et technologie. Son travail promeut l’écologie et le développement durable au travers de nouveaux medias. Après une première journée de présentation de ses travaux aux élèves en octobre, elle posera ses valises en avril 2013 pour un mois afin de créer avec les classes un jardin acoustique sous un dôme géodésique, installé sur le

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Myriam écoute la plante répondre musicalement à son toucher

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Pratiques et innovations artistiques Suite de la page 13

périence vécue. Les attendus du projet mettent l'accent campus de Los Feliz. L’ensemble de la flore présente sous sur le développement des compétences langagières et le dôme sera reliée à des capteurs eux même en lien avec leur croisement avec l’ensemble des champs disciplides ordinateurs. Chaque fois que les plantes seront tounaires. La diffusion et la communication de l’avancée des chées, frôlées ou soumises à une quelconque pression, la travaux au sein de la communauté sera l’occasion de différence de potentiel créée en réponse à ce « stress » faire sens sur les travaux réalisés et d’interagir de provoquera un son, une musique. La nature est manière réelle en fonction des retours. vivante. Et nous, humains, avons un impact direct En changeant de référent, de repères, l’équipe du sur celle-ci. L’installation se veut pédagogiquelycée espère ainsi donner aux élèves une forme ment parlant la visualisation esthétique directe d'éducation plus proche de l’apprentissage que de ce lien en espérant une prise de conscience du de la forme scolaire et de ses procédures de promeneur et des prolongements dans les actes Découvrez la bande annonce « didactisation ». La présence de l'artiste dans individuels de sa vie quotidienne. d’Artiste en résidence 2013 l'école auprès des enfants et des enseignants Cette installation sera également l’occasion pour ouvre aux uns et aux autres les portes d'une authentique les élèves de mettre en place des journaux, des émissions expérience educativo-esthétique partagée. ■ de radio, des vidéos et de créer un livre mémoire de l’ex-

➔ Chine : le Drama à l’École MLF-EDF de Taishan 14

u premier trimestre, une activité novatrice est apparue dans les salles de l’école : le Drama. Les enseignants nous livrent leurs ressentis après cette expérience. M. Allemand : Madame Lunetta, Mademoiselle Rumebe, vous avez participé au projet Drama de notre école avec les cycles 2 et 3. Comment ce projet est-il né ? Mlle Rumebe : C’est une curieuse histoire faite de coïncidences. Après avoir suivi le séminaire MLF 2012 des écoles d’entreprise au cours duquel l’équipe de l’École française de Stavanger a présenté son expérience, j’ai découvert qu’un projet similaire avait été monté dans l’académie de Créteil. Je suis alors entrée en contact avec un comédien anglais, Kester Lovelace, qui intervenait dans les écoles pour présenter des cours en Drama. Il m’a expliqué la philosophie des Drama. Cela m’a tentée, et j’ai acheté son livre « 3, 2, 1… action ! » qui nous a été très utile, entre autres sources. M. Allemand : Qui a participé à ce projet ? Mme Lunetta : Nous avons réuni nos effectifs de cycle 2. Nous étions deux enseignantes pour encadrer dix élèves. Le travail en équipe est déjà source d’enrichissement et d’inspiration. Les onze collégiens ont également mené un projet Drama avec leurs enseignants. M. Allemand : Oui, en effet, lors d’activités périscolaires ; une expérience très enrichissante pour nous aussi. Quelles ont été les finalités pédagogiques de ce projet ? Mme Lunetta : Les axes sont multiples. Il s’agissait principalement d’engager les enfants sur un autre mode d’enseignement, encore expérimental : enseigner l’anglais par une pratique théâtrale. Le projet consistait à rendre la pratique d’une langue nouvelle motivante, ainsi qu’à uti-

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liser l’outil Drama comme support de communication en anglais. Le jeu et les exercices théâtraux permettent alors aux élèves de construire du sens dans un bain linguistique. La langue devient un vecteur de communication, puis d’émotion. Le plaisir du jeu, enfin, permet aux élèvesacteurs de développer leur créativité et leur capacité à interpréter des rôles. L’une des finalités était de sortir l’anglais du cadre de la classe. M. Allemand : Quel bilan pouvons-nous faire de toute cette expérience ? Mme Lunetta et Mlle Rumebe : Les élèves ont pris beaucoup de plaisir et nous aussi, tout au long du projet. Ils ont parfaitement adhéré et étaient tous très volontaires. La représentation finale en décembre 2012 a été un moment important pour eux, mais aussi pour la petite communauté de la base-vie. Les retours ont d’ailleurs été très positifs de la part des adultes, parents ou non. Les enfants en redemandent… Et nous avons décidé de poursuivre, en activités périscolaires. ■

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La vie des établissements ➔ Royaume-Uni : les activités périscolaires à l’école d’entreprise Total-MLF d’Aberdeen

epuis deux ans, l’école s’est lancée dans la reconquête des activités hors temps scolaire. L’objectif : faire de l’école un lieu de vie où les activités périphériques complètent harmonieusement les apprentissages. Le nouveau projet d’établissement, initié à la rentrée 2011, incite les acteurs de la communauté éducati-

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ve à s’emparer de ces moments. C’est ainsi que chaque semaine, les élèves peuvent choisir de suivre des activités théâtrales en français ou en anglais, jouer des morceaux d’anthologie au son de leur guitare rock, s’essayer à la plume de l’écrivain, chanter accompagnés d’un ukulélé ou encore participer au petit atelier culinaire. Autant d’activités animées de concert par les parents, professeurs écossais, professeurs de Lettres et enseignants de primaire. D’autres activités sont en préparation et devraient voir le jour au second semestre. Les élèves pourront s’investir dans un journal scolaire ou se mettre dans la peau de chroniqueurs en espagnol… à suivre. ■

Vénézuela, Puerto La Cruz : stage de cuisine vénézuélienne Parce que l’art culinaire fait partie intégrante du patrimoine culturel d’une nation, l’équipe pédagogique de l’École MLF-Total Venezuela, soucieuse d’ouvrir l’établissement sur son environnement, organise chaque année un stage de cuisine vénézuélienne autour d’un thème particulier. Cette année, les mets typiques de la fête de Noël étaient à l’honneur : pan de jamon, hallaca et torta negra.

Les musiciens s’empareront de la scène dans quelques semaines et accompagneront les élèves de primaire dans le spectacle qui leur est dédié

➔ Norvège, Stavanger : patinage sur glace avec les élèves norvégiens de l'école Kampen

e 23 janvier, les élèves des cycles 2 et 3 du Lycée Français de Stavanger ont participé à une sortie patinage organisée par l’école norvégienne Kampen sur le petit lac de Stokka, l’un des trois lacs gelés de Stavanger. Accompagnés par leurs enseignants et une mère d’élève, ils ont emprunté un sentier à travers bois et ont rejoint avec leurs camarades norvégiens le chemin bordant le lac pour y chausser leurs patins et s’équiper chaudement. Après la traditionnelle photo de groupe, ils ont pris possession de la glace pour mettre en pratique les différentes techniques qui leur ont été enseignées lors des séances de patinage organisées dans l’une des patinoires de

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Stavanger au cours du premier trimestre. Cette sortie a pu être mise en place conjointement avec l’École norvégienne de Kampen grâce aux bonnes relations qui se sont peu à peu nouées entre les deux établissements. L'école française et l'école norvégienne essaient de développer des activités communes afin que les enfants de chacune des deux nationalités puissent découvrir et partager la culture de leurs camarades : randonnée de début d'année dans un site remarquable des environs de Stavanger, participation au traditionnel défilé de la fête Nationale norvégienne du 17 mai, journée internationale au profit d'une œuvre caritative, etc. Cette année encore, les élèves

réaliseront des projets communs en éducation musicale et en arts visuels. Ces moments de partage, outre l'intérêt évident lié à la socialisation et à la découverte de l'autre, offrent aux enfants l'opportunité de pratiquer leur norvégien en situation et de progresser dans la maîtrise de cette langue. ■ Le lac gelé de Stokka devient le lieu d’échanges culturels et linguistiques

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La vie des établissements ➔ Espagne, Valladolid : 18e Parlement des enfants

a classe de CM2 du Lycée Français de Castilla y León MLF a été choisie cette année pour représenter la 5e circonscription des Français établis hors de France (Espagne, Portugal, Andorre et Monaco).

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Les quatre délégués juniors et leur enseignant

Au mois de décembre, les élèves ont élus les délégués juniors qui les représenteront lors des moments clé du projet. Après avoir étudié l’histoire et le fonctionnement de l’Assemblée nationale, les élèves devront rédiger une proposition de loi sur le thème « Liberté, égalité, fraternité ». Le 8 juin 2013, 577 députés juniors se réuniront en séance publique au Palais Bourbon à Paris pour décider quelle loi ils souhaitent voir promulguée. Par ailleurs, l’ensemble de la classe se rendra en mars en classe découverte à Paris et rencontrera Arnaud Leroy, député de la 5e circonscription des Français établis hors de France, lors d’une visite de l’Assemblée nationale. ■

➔ Espagne : à Valladolid, les élèves vivent au rythme du Vendée Globe

a classe de CE2/CM1 du Lycée Français de Castilla y León MLF de Valladolid a suivi de près le Vendée Globe – célèbre compétition en solitaire sans escale à la voile autour du monde – et plus particulièrement le parcours de Javier Sansó, surnommé Bubi, skipper espagnol engagé dans la course avec un bateau fonctionnant entiè-

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rement avec des énergies renouvelables. En avril, les élèves mettront en pratique les connaissances acquises lors d’une classe transplantée en lien avec la voile. ■ Les 173 élèves de l’élémentaire encouragent Bubi

Inde, Chennai : échanges entre les élèves des écoles française et allemande

Le projet ��  Citoyen du Monde et amitié entre les peuples » a réuni les enfants de l'École française MLF Renault et ceux de l'école allemande. Au cours de différents ateliers, les enfants ont échangé sur les notions de citoyenneté et présenté leurs pays respectifs à partir de symboles nationaux. Le travail a abouti à la réalisation d'une fresque murale dans la classe qu’ils partagent. Comme chaque année lors de la cérémonie annuelle de l'UN Day (la Journée des Nations Unies, qui célèbre l’anniversaire de l’entrée en vigueur de la Charte des Nations Unies), un défilé de l'ensemble des nations présentes à l'American International School of Chennai a été organisé. Troisième communauté de l'établissement d’accueil derrière la Corée du Sud et le Japon, l'École MLF Renault a ainsi renforcé sa visibilité au sein de l'école internationale.

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La vie des établissements ➔ Liban : le Club Environnement du Lycée franco-libanais MLF-Verdun de Beyrouth

e Club Environnement du Lycée Verdun (CELV) a été fondé en 2012 par deux élèves de 3e, avec comme objectif principal la préservation de l’environnement et de sa biodiversité. Avec le soutien de leur professeur de SVT, le club a organisé plusieurs activités impliquant l’ensemble des élèves.

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ponsabiliser les élèves, leur faire apprendre des habitudes quotidiennes écologiques et rendre le lycée plus « vert ». ■

À PARAÎTRE PARAÎTRE

Itinéraires humanistes pour notre temps Un partenariat MLF/CNDP, sur une idée originale de la Mission laïque française 17

Les bacs de tri des déchets mis en place suite à une initiative du club

Dans le cadre du projet « Zéro Waste Act », lancé par Contra International, une société libanaise privée qui s’occupe de l’environnement, les élèves ont été invités à trier le papier, le plastique et les déchets organiques. Contra International échange les déchets triés contre des points qui seront à leur tour échangés contre du matériel scolaire, dont des climatiseurs photovoltaïques. À l’occasion d’une compétition éco-artistique pour célébrer la journée mondiale de la Terre, les élèves ont été invités à présenter un projet (panneau, maquette, film, etc.) mettant en évidence la Terre menacée par l’homme. Les jurys d’arts plastiques et de SVT ont choisi les trois meilleurs travaux et des prix ont été remis aux élèves gagnants. Le dessin animé « Samy’s adventure » a été également diffusé aux élèves de 5e et 6e pour les sensibiliser aux problèmes de la pollution des mers et les dangers qui menacent les animaux marins. À la rentrée de septembre, le CELV a invité tous les professeurs et les élèves de l’établissement à devenir membres du club, les élèves fondateurs du club demeurant les membres administratifs. Pour cette année scolaire, le club pratique toujours le tri des déchets dans les salles et dans les cours. Les membres envisagent de nouvelles activités pour éveiller et res-

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Une anthologie représentative de la diversité des aires géographiques et des langues, composée d’une centaine d’extraits choisis parmi des œuvres contemporaines (XXe et XXIe siècles). Introduits par de courtes présentations et des notices biographiques, les extraits, systématiquement reproduits en français et en anglais, sont également présentés en version originale le cas échéant.

Parution prévue : printemps 2013

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LA LETTRE DE LA

MLF


La vie de l’association > Assemblée générale et conseil d’administration du 29 janvier 2013 Les instances de la MLF/OSUI étaient réunies le mardi 29 janvier au CIEP de Sèvres pour faire le bilan de l’année scolaire écoulée, examiner l’exercice en cours et tracer des perspectives d’avenir. Yves Aubin de La Messuzière, président de l’association, a abordé dans son rapport moral les leçons à tirer du contexte politique actuel, l’impact de la crise économique, la situation de la MLF dans la conjoncture institutionnelle française et les leviers pour préparer l’avenir. Le rapport d’activité a ensuite été présenté par le directeur général Jean-Christophe Deberre et le rapport financier par la trésorière Sylvie Esparre. Sur www.mlfmonde.org : – Retrouvez les extraits du rapport moral du président de la MLF dans la rubrique Actualités – Mise en ligne prochaine du Rapport d’activité MLF/ OSUI/OUI 2011/2012 18

> La MLF, l’AEFE et le CIEP s’engagent dans un partenariat autour du DELF et du DALF La MLF, l’AEFE et le CIEP ont signé le 29 janvier une convention de partenariat dans le domaine des diplômes de langue française, que l’AEFE et la MLF souhaitent intégrer dans l’offre éducative des classes homologuées des établissements d’enseignement français à l’étranger. Tous trois s’engagent ainsi à mutualiser leurs moyens et leurs ressources afin de faire de tous les établissements d’enseignement français comportant des classes homolo-

Anne-Marie Descôtes, directrice de l’AEFE, François Perret, directeur du CIEP, Yves Aubin de La Messuzière et Jean-Christophe Deberre, respectivement président et directeur général de la MLF

La lettre

guées et qui le souhaitent des centres d’examen et/ou de passation du DELF, dans ses versions DELF Prim et scolaire, ainsi que du DALF. Dans chaque pays, un établissement référent sera centre de gestion unique pour le réseau des établissements d’enseignement français du pays concerné. Plus de 75 % des élèves du réseau mlfmonde sont de nationalité étrangère. Le DELF et le DALF, diplômes en langue étrangère reconnus internationalement et validés par le ministère français de l’Éducation nationale, permettent aux élèves qui en sont détenteurs de certifier leur niveau en français langue étrangère et de disposer ainsi d’une reconnaissance officielle pour ceux qui quitteraient l’établissement avant l’examen du baccalauréat.

> Signature de conventions entre établissements du réseau Mlfmonde et de l’académie de Paris Le 27 novembre dernier, dans la Salle des Actes de la Sorbonne, quatre établissements de la MLF et cinq établissements de l’académie de Paris ont choisi de se témoigner une confiance réciproque au tra- Pierre-Jean Bertrand, proviseur du Groupe scolaire André Malraux de Rabat et Jean-Luc vers de la signature de Garcia, proviseur du lycée Honoré de Balzac conventions d’appariement*. L’objectif est de permettre aux élèves d’accéder à davantage d’ouverture et de mobilité internationale, en particulier grâce à des échanges croisés sur une durée suffisamment longue pour permettre des progrès conséquents sur le plan linguistique et une meilleure connaissance culturelle du pays ; aux enseignants d’être mieux formés, de bénéficier des meilleurs dispositifs pédagogiques  ; aux établissements d’améliorer leur gestion et de développer leur rayonnement international en ouvrant davantage l’accès à leur offre de formation. Ces partenariats entre lycées marquent la première étape de la mise en œuvre de la convention signée en mars 2012 entre la Mission laïque et l’académie de Paris. Cette mise en œuvre se poursuivra au printemps 2013 avec des partenariats au niveau des collèges et du premier degré. * Le Groupe scolaire André Malraux de Rabat et la Cité scolaire Honoré de Balzac ; le Grand lycée franco-libanais de Beyrouth et le Lycée Henri IV ; le Lycée Molière de Saragosse et le Lycée Rodin ; le Groupe scolaire Massignon à Casablanca et la Cité scolaire Maurice Ravel ainsi que le Lycée Turgot.

de la Mission laïque française

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La lettre de la MLF mars 2013