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AUTOMNE 2016

ANDREI MARKOV LE DÉFENSEUR VEDETTE DU CH

LA COURSE EXTRÊME

UN NOUVEAU CHALLENGE À FRANCHIR

GASPÉSIE

VIRÉE SUR LA MYTHIQUE ROUTE 132

LES FINTECH

3 APPLICATIONS QUI POURRAIENT VOUS ENRICHIR

TENDANCE MODE L’AUTOMNE AU NATUREL

+

LAMBORGHINI CENTENARIO

PLUS QU'UNE SILHOUETTE

BRAELIN

GAGNEZ UN ENSEMBLE DE JANTES EN ALLIAGE Détails en p.98


HOMME MAGAZINE AUTOMNE 2016

18 | TECHNOLOGIE Ces applications pourraient faire de vous un millionnaire

20 | TECHNOLOGIE Comment faire tenir un PC sur une tablette ?

22 | SUGGESTIONS

MUSICALES

Par Valérie Thérien

23 | SUGGESTIONS

LITTÉRAIRES

Par Valérie Thérien

24 | ADRÉNALINE Course extrême

Jouer dans la cour des grands Véritables « festivals de la souffrance » pour certains, les courses à obstacles motivent des millions d’adeptes à travers le monde à se mettre en forme.

28 | ENTREVUE Andrei Markov

5 choses à savoir Le défenseur de 37 ans des Canadiens de Montréal s’est livré au magazine Homme.

32 | TENDANCE MODE Il était une fois…

Photographe Patrice Massé Réalisation Martin Boucher

40 | MIXOLOGIE La Havane dans un verre

Mojito maison à la téquila et aloès

42 | POLITIQUE

Quand les républicains tournent le dos à Trump Les détracteurs de Trump exhortent le président du parti à cesser de financer le controversé milliardaire. Coup d’œil sur la dissension qui règne au sein des troupes républicaines.

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44 | VOYAGE Gaspésie

Fugue dans la péninsule de beauté Avec ses paysages grandioses et ses étendues solitaires, la péninsule est une destination toute désignée pour une escapade entre chums. Récit d’une virée sur la mythique route 132.

50 | ÉCONOMIE L’économie du partage, un « phénomène irréversible »

Ces entreprises qui connaissent une popularité fulgurante, mais surtout, qui misent sur l’économie du partage. Portrait de cette tendance qui n’est pas près de disparaître

52 | ACCESSOIRES TENDANCE Un automne naturel tout en textures

Photographe: Yan Bleney Réalisation : Martin Boucher

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62 | ENTRE NOUS Ça déborde !

64 | ANECDOTE C’était avant l'Internet 65 | SUR LE RADAR Le curieux monde de l'automobile

68 | OBJECTIF L'auto, une passion Par Jeremy Allan Glover

70 | CONTACT Cadillac XT6

La Cadillac des Cadillac

74 | CONTACT Fiat 124

Héritage italien, fabrication japonaise

78 | CONTACT Mazda CX–9

Réussir à faire plus avec moins

82 | DÉVOILEMENT Volvo S90

Un autre pas en avant

84 | SUPERVOITURE Lamborghini Centenario Ferrucio Lamborghini serait centenaire

88 | ENVOYÉ SPÉCIAL Porsche

Porsche fait la promotion de l'hybride

90 | COURSE AUTOMOBILE 24 Heures du Mans Ford victorieux 50 ans plus tard

94 | TECHNO GVC de Mazda

Imperceptible, mais drôlement efficace

96 | TECHNO Braelin

Des jantes de luxe sur mesure

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SECTION

#SECTION

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HOMME MAGAZINE

SUIVEZ-NOUS DÈS AUJOURD'HUI !

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Éditeur Frédéric Couture 514 394-7156 poste 201 fredc@lexismedia.ca

Ventes Nationales Frédéric Couture 514 394-7156 poste 201 fredc@lexismedia.ca

V.-P. développement des affaires Mélanie Lebeault 514 394-7156 poste 211 melanie@lexismedia.ca

Amy Knowles 416 560-5700 amy@jkmedia.ca

Collaborateurs rédactionnels Denis Duquet, Alain McKenna, Judith Plamondon, Patrice Plante, Cassandra Poirier, David Riendeau et Valérie Thérien Photographes Yan Bleney, Geneviève Charbonneau et Patrice Massé Directeur mode Martin Boucher Collaborateurs artistiques Nicolas Blanchet (Folio), Jérémy Bobrow, Adam Butcher (Elmer Olsen), Amélie Ducharme,v Sabrina Jolicoeur, Alexandra Gendreau-Loranger, Maï Lan Le et Emmanuelle Rochon

Service aux abonnés Lexis Media Inc 1428 rue Montarville, suite 202 St-Bruno-de-Montarville (Qc) J3V 3T5 www.lexismedia.ca/abonnement Courriel : abonnement@lexismedia.ca Téléphone : 514-394-7156 Télécopieur : 514-394-7157 Coûts abonnements Le prix de l’abonnement est de 25 $ (4 numéros) et de 40 $ (8 numéros) taxes incluses, au Canada seulement. Distribution Messageries Dynamiques Imprimé au Canada Homme magazine est publié 4 fois par année par Lexis Média Inc.

Direction artistique Vanessa Geoffroy Réviseure/Correctrice Cassandra Poirier

Contributions : Homme Magazine s’engage à considérer avec la plus grande attention tous les manuscrits et photos qui lui seront adressés. Les contributions non acceptées ne seront retournées à l’auteur que si ce dernier en fait la demande formelle. Homme Magazine n’est pas responsable des contributions qui lui sont envoyées. Exclusivité : toute reproduction intégrale ou partielle du contenu éditorial de Homme Magazine est formellement interdite sans l’autorisation de l’éditeur. Le contenu du magazine ne peut être reproduit sans autorisation écrite. Homme Magazine se dégage de toute responsabilité concernant le contenu des publicités publiées dans ses pages. Les opinions exprimées dans les articles ne sont pas nécessairement partagées par l’éditeur.

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EN COUVERTURE

Photo : Geneviève Charbonneau Retouches : Clandestine Chandail Top Man Pantalons Levi's Montre personnelle d’Andrei Markov

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COLLABORATEURS #NOS EXPERTS

MARTIN BOUCHER

Styliste pour HOMME depuis les débuts, il a aussi le mandat de la direction artistique et de la coordination des séances photo mode du magazine. Dans le domaine du vêtement pour hommes, Martin peaufine sa vision du style depuis plus de 10 ans. Ayant collaboré sur différents projets (musique, mode, télé, etc.), il aime être en constante évolution tout en partageant sa grande passion pour la mode masculine.

YAN BLENEY

Ce que Yan Bleney aime le plus faire est de se réinventer. Son parcours commence à 16 ans, avec un désir de devenir photoreporter. Il est toujours aux aguets d’apprendre de nouvelles techniques et de nouvelles lumières. Il trouve son inspiration sous plusieurs aspects; entre les livres d’architectures, l’art des rues new-yorkaises ou encore à travers les défilés de la Haute Couture parisienne. De la peinture à la cinématographie, un rien lui permet de peaufiner sa propre vision qu’il a de la photographie. Avec plus de 15 ans d’expérience dans l’industrie, il a su accumuler les publications de tout genre, que ce soit de la mode masculine à la photographie d’objets. L’émotion est son motif de créer, il espère simplement transcender cette passion qu’il a pour les gens, la beauté et la vie. 16

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PATRICE MASSÉ

Avec les années, la réputation de Patrice Massé n’est plus à faire. Champion de la pétanque, motard invétéré et cuisinier d’exception, il est surtout reconnu pour son style dynamique derrière l’objectif en tant que photographe de mode. Véritable globetrotteur, il a traversé l’Asie pour y produire une remarquable série de photos pour Louis Vuitton, mettant en scène l’acteur Chang Chen (Tigre et Dragon), avec qui Patrice engagea un combat de haute voltige. Plus près d’ici, il a contribué à l’identité de la marque Simons, en plus de travailler sur plusieurs campagnes pour Yellow, Reitmans et Jacob.

NICOLAS BLANCHET

Autodidacte, passionné et créatif, il s’implique totalement dans son processus créatif. Formé en photographie, son style classique et moderne lui vaut d’être un des maquilleurs les plus respectés de sa cohorte. Collaborateur notamment du Elle Québec et du Elle Canada, il a eu le plaisir de magnifier des icônes comme Coco Rocha, Jessica Stam, Lisa Cant et Tony Ward. Fort de 10 ans de carrière, il a su apporter sa vision cinématographique et son talent de cohésion sur des campagnes marquantes comme Simons, Marcelle, Bedo, Aldo et Adidas. Son efficacité et sa minutie lui permettent d’ailleurs de travailler avec des photographes comme Max Abadian, Richard Bernardin, Nelson Simoneau, Leda St-Jacques, Malina Corpadean, et Geoffrey Barrenger. Chimiste des couleurs et joueur de lumière, il utilise le maquillage comme une partie intégrante de la composition visuelle de l’œuvre.

GENEVIÈVE CHARBONNEAU

Il n’y a aucun doute, Genevieve Charbonneau est une photographe pleine d’énergie qui travaille depuis 10 ans et qui est passionnée par son métier. Depuis l’âge de 14 ans, elle voulait être photographe de mode en collant des feuilles de magazines sur ses murs de préfini en zigzag des années 70, sur la rue d’Argenteuil à Laval, et elle a réussi à percer dans ce milieu qu’elle adore. Elle se dit souvent qu’elle a de la chance de faire ce qu’elle aime. Lorsqu’un membre de l’équipe trouve sa journée difficile, elle ajoute : « On pourrait tous travailler dans un Perrette de 15 h à 11 h, donc on n’a pas à se plaindre. »


PATRICE PLANTE

Patrice est chef mixologue au bistro L’Atelier Tartares et Cocktails à Québec et chroniqueur cocktails à Salut, Bonjour! Il possède aussi sa chronique sur l’histoire des spiritueux à ÉNERGIE 98.9 et à Signé M. À l’automne 2015, il fonde l’École de mixologie Patrice Plante qui possède des succursales à Québec, Montréal et Sherbrooke, ainsi que Monsieur Cocktail, une entreprise dédiée à l’art du cocktail et au bonheur de partager des créations liquides. On peut le suivre sur patriceplante.com et monsieur-cocktail.com.

© Jean Larouche

VALÉRIE THÉRIEN

Depuis l’obtention d’un baccalauréat en Études cinématographiques de l’Université Concordia en 2007, Valérie a été journaliste culturelle et éditrice pour différents médias. Animée par les arts au quotidien, elle aime aussi beaucoup les roadtrips et les frittatas. L'album qui a changé sa vie? When the Pawn... de Fiona Apple. Le meilleur souvenir de sa carrière? Recevoir un câlin de Daniel Lanois.

DAVID RIENDEAU

Un brin casse-cou, David Riendeau pratique le métier de journaliste avant tout pour raconter l’histoire de gens passionnants et voir du pays. Plume versatile, il collabore notamment à La Presse et L’Actualité. Lorsqu’il n’est pas perdu dans la jungle, on le retrouve à pédaler sur les routes du Québec. Actuellement, il termine son premier roman. Il écrit dans les pages Adrénaline et Voyage de la revue Homme.

DENIS DUQUET

Chroniqueur automobile à temps plein depuis plus de trente ans, Denis Duquet a été rédacteur en chef de plusieurs publications, notamment de Touring, le magazine du CAA. Pendant 16 ans, il a été chroniqueur automobile attitré du journal La Presse et en 2000, il a pris la tête de la revue Le Monde de l’auto qui est toujours publiée. Coauteur du Guide de l’auto depuis trois décennies, il participe depuis 1999, en tant que chroniqueur, à l’émission télévisée du même nom présentée au canal MAtv. Il fait également partie de l’équipe de rédaction du site www.guideautoweb.com. Il agit à l’occasion à titre de consultant.

JUDITH PLAMONDON

Judith Plamondon est une journaliste et réalisatrice indépendante. Passionnée d’actualité, elle aime les histoires bien racontées, qu’elles soient en mots ou en images. La politique, la culture et l’économie font partie de ses sujets de prédilection.

© Thibault Buslot

ALAIN MCKENNA

Alain McKenna est journaliste et chroniqueur depuis la fin des années 90, couvrant les domaines de l’électronique, des nouvelles technologies, de l’automobile, des médias et de la finance. Il a écrit pour les plus grands quotidiens québécois, est auteur de quatre livres et est un intervenant régulier sur les ondes des télés et radios québécoises sur divers sujets d’actualité. Ça ne l’empêche pas d’aimer relaxer de temps en temps afin de se déboucher une petite bière, brassée localement, une excellente façon de voyager et de découvrir de nouveaux coins de pays. On chuchote entre les branches qu’il est aussi redoutable aux commandes de son barbecue… 17


TECHNO

#APPLICATIONS

Ces applications pourraient faire de vous

UN MILLIONNAIRE

*

*ou pas. Mais la tendance est lourde dans le secteur financier pour offrir au grand public des outils automatisés de gestion de portefeuille, des conseils financiers robotisés, et quoi encore, promettant un rendement au moins comparable à celui d’un courtier traditionnel, à prix moindre. Voici quelques exemples. PAR ALAIN MCKENNA

WEALTHSIMPLE

On les appelle technologies financières ou pour être plus dans l’air du temps, « fintech ». Dans la plupart des cas, il s’agit d’applications web, mobiles ou autres, qu’on télécharge et qu’on configure, puis tout se fait tout seul. Comme il est question de finances personnelles, un secteur où les lois ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre, il ne faut pas seulement se fier à une recherche sur Google, il faut dénicher celles qui sont adaptées au marché canadien. WealthSimple en est une. 18

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WealthSimple est, en un mot, un « robocourtier », c’est-à-dire que ses concepteurs ont développé des algorithmes qui analysent et comparent plusieurs fonds négociés en Bourse (les fameux FNB), puis répartissent votre argent selon un taux de tolérance au risque que vous établissez au préalable. Il faut aussi accepter un coup de fil d’un gestionnaire en chair et en os, car la loi l’oblige, avant de se lancer dans l’aventure. Là où WealthSimple est intéressante : l’application n’impose aucuns frais sous les 5 000 dollars en placement. Au-delà de cette somme, ce sont des frais mensuels, minimaux, si on présume que l’argent ainsi placé va fructifier plus rapidement qu’à un rythme

de 0,2 pour cent par mois. À même l’écran d’accueil de l’appli, on peut voir comment est répartie la somme placée, et quel est son rendement. On peut y créer un compte REÉR, un CELI, ou un compte non enregistré. L’entreprise, située à Toronto, affirme que son rendement moyen est supérieur, à long terme, à celui des principaux indices boursiers. Ce n’est pas apparent au premier coup d’œil, alors il faut être patient. Comme elle cible les jeunes adultes, ceux qui n’ont pas nécessairement les moyens de placer de grosses sommes, mais qui ont tout le temps du monde pour les voir fructifier, c’est une approche qui n’est pas dénuée d’intérêt…


MOGO

Personne, ou presque, n’aime aller à la banque. C’est encore pire chez les jeunes du millénaire, ces jeunes adultes qui, dit-on, veulent tout faire à partir de leur téléphone intelligent. C’est la logique derrière Mogo, une application bancaire complète, ciblant justement les fameux millenials, en offrant tous les services d’une grande banque à même l’écran d’un mobile.

L’application propose des fonctions de base assez simples, permettant notamment de découvrir votre cote de crédit en quelques minutes à peine, ou d’obtenir une carte de crédit Visa aux couleurs de Mogo, sans frais mensuels. À condition d’en rembourser le solde, évidemment… On peut aussi utiliser l’application Mogo pour obtenir un prêt pouvant atteindre

35 000 dollars, sur-le-champ, ce qui en dépannera plus d’un. Les taux d’intérêt de Mogo ne sont pas particulièrement alléchants, mais ils sont définitivement moins élevés que ceux d’une carte de crédit ou une marge bancaire qu’on peine à rembourser… Et bien entendu, Mogo aidera les moins organisés d’entre nous à gérer les paiements, les dépenses, et les remboursements afin d’optimiser un budget, aussi serré soit-il.

MYLO

Mylo est une application qui a été en développement pendant plusieurs mois sous le nom de bankMe. Conçue à Montréal, elle promet de transformer vos dépenses courantes en revenus potentiels que vous pourrez ensuite utiliser pour acheter encore plus de choses. La logique est simple, et bien expliquée sur le site de l’application : supposons que vous êtes un inconditionnel de cafés lattés, et que vous rêvez de vous acheter le plus récent modèle d’iPhone. Chaque fois que vous achèterez un de ces coûteux cafés, Mylo arrondira vers le haut la somme payée, la faisant passer, par exemple, de 4,20 $ à 5 $ tout rond, et utilisera la différence (soit 80 cents)

afin d’investir dans des fonds boursiers. L’application estime ensuite le temps qu’il vous faudra pour accumuler la somme nécessaire à l’achat du téléphone de vos rêves, ce qui vous permet de mieux gérer vos dépenses. Et, si la Bourse vous est profitable, vous aurez généré un petit revenu qui réduira d’autant le prix d’achat du fameux iPhone, d’un voyage dans le sud, ou de quoi encore… 19


TECHNO

#TABLETTES

Comment faire tenir un PC

SUR UNE TABLETTE ? Ils sont fous, ces fabricants d’ordinateurs personnels! Après s’être fait dire par nul autre que Steve Jobs que l’ère du PC était révolue, plutôt que de redoubler d’efforts, ils lui ont emboîté le pas. Résultat : aujourd’hui, on peut acheter une tablette numérique, quelques accessoires, et pouf ! Nous voilà équipés d’un ordinateur personnel ultramince. La preuve ? PAR ALAIN MCKENNA

« LES APPLICATIONS FOISONNENT, LA CONNECTIQUE EST À L’AVENANT, ET DANS L’ENSEMBLE, CE SONT LES TABLETTES LES PLUS POLYVALENTES SUR LE MARCHÉ. »

APPLE IPAD PRO C’est nouveau, mais déjà, Apple semble avoir pris les devants dans le marché des tablettes hybrides avec deux modèles d’iPad Pro, tous deux compatibles avec des accessoires dits « de productivité » (sic) comme un étui-clavier et un stylet. Les deux modèles font 9,7 et 12,9 pouces de diagonale, respectivement, et offrent la même expérience d’utilisation qu’un iPad classique : les applications foisonnent, la connectique est à l’avenant, et dans l’ensemble, ce sont les tablettes les plus polyvalentes sur le marché.

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Le stockage interne varie de 32 à 256 go, et il suffit d’une connexion WiFi (ou cellulaire) pour connecter l’appareil au service infonuagique de son choix (le meilleur étant probablement, et ironiquement, OneDrive, de Microsoft). Et même si le logiciel iOS se limite aux applications mobiles (contrairement à Windows 10), on retrouve pas mal tout ce qu’on cherche aisément, de la suite Office de Microsoft aux applications Adobe. Côté performance, les deux iPad Pro proposent une autonomie doublant celle de leurs rivales à système Windows, et le stylet, vendu à part, est un des plus agréables à utiliser sur le marché. La précision de son trait à l’écran est épatante. Encore là, par contre, le prix fait sourciller. Ça démarre à 800 $ et 1 050 $, selon la taille d’écran, sommes pour lesquelles on peut acheter un portable très performant. Mais c’est le prix à payer, si on croit réellement que l’ère du PC est révolue…


« SAMSUNG A CONÇU LA TABPRO S AVEC, EN TÊTE, L’OBJECTIF D’OFFRIR LA MEILLEURE COMBINAISON ENTRE PC ET TABLETTE WINDOWS. ET POUR LE MOMENT, ÇA SEMBLE RÉUSSI. »

SAMSUNG GALAXY TABPRO S

HUAWEI MATEBOOK La marque chinoise Huawei n’est pas très connue chez nous. Le MateBook tente donc de faire une bonne première impression, chose réussie quand on équipe cette élégante tablette Windows 10 de tous ses accessoires : un étui-clavier, un stylet et un bloc-adaptateur un peu costaud qui transforme son unique port USB-C en deux ports USB 3.0, un port Ethernet et un port d’alimentation. Tout ça mis ensemble, on hérite d’un appareil deux en un capable de divertir et d’amuser, sans négliger le boulot. À condition que ce boulot demeure léger. Le clavier intégré à l’étui du MateBook n’est pas des plus ergonomiques. La mécanique de l’appareil, animée par un processeur Core M d’Intel, n’est pas exactement puissante. L’absence d’une fente pour carte

Micro SD est un autre défaut notoire. Bilan : au-delà des applications de bureautique, du web et de lecture multimédia, le MateBook s’essouffle vite. Surtout pour le prix (qui démarre à 900 $ et qui grimpe au-delà des 2 000 $, selon la combinaison de processeur, mémoire vive et de stockage désirée), on trouve facilement mieux ailleurs. Sous forme de tablette ou de PC. Dommage, car l’écran tactile de 12 pouces (2 160 x 1 440) est lumineux et coloré, le système Windows 10 semble bien adapté à cette double fonction de tablette et de PC, et le lecteur d’empreinte, logé sur la tranche latérale droite, remplace très efficacement le bon vieux mot de passe. Ne reste plus qu’à attendre les spéciaux de la rentrée pour voir si on peut l’obtenir à un prix raisonnable…

« TOUT ÇA MIS ENSEMBLE, ON HÉRITE D’UN APPAREIL DEUX EN UN CAPABLE DE DIVERTIR ET D’AMUSER, SANS NÉGLIGER LE BOULOT. »

La gamme de tablettes Galaxy a un nouveau membre: le TabPro S troque Android pour Windows 10, ce qui lui fait bien, et hérite d’un processeur Core M d’Intel juste assez puissant pour animer la bête. Idée géniale, Samsung inclut un étui-clavier avec la tablette, plutôt que de le vendre à part. Celui-ci prend soin de ne pas cacher la caméra à l’arrière du TabPro S, et fait tenir l’écran en deux angles, pour l’utiliser comme un bon vieux PC. Dans un marché où les tablettes Windows sont toutes plutôt similaires, le seul fait de ne pas avoir à acheter l’étui à part risque d’attirer plus d’un acheteur. Le stylet, par contre, est vendu séparément. On ne peut pas tout avoir… Côté configuration, c’est assez simple: superbe écran AMOLED de 12 pouces, stockage interne de 128 go, WiFi AC, Bluetooth 4.0, et une autonomie au-dessus de la moyenne. Les travailleurs qui voyagent beaucoup apprécieront cette combinaison… à condition de pouvoir y mettre le prix. Car le TabPro S se vend 1300$, en une seule et unique configuration, ce qui s’avère un poil au-dessus du prix de détail d’un iPad Pro, la référence côté tablette convertible. Naturellement, à mesure que les concepteurs de logiciels adaptent leurs créations au mode « universel » (pour PC, mobile et tablette en même temps) de Windows 10, cette comparaison avec Apple est de moins en moins à l’avantage de cette dernière. Cela dit, Samsung a conçu la TabPro S avec, en tête, l’objectif d’offrir la meilleure combinaison entre PC et tablette Windows. Et pour le moment, ça semble réussi. 21


MUSIQUE

#À DÉCOUVRIR

PAR VALÉRIE THÉRIEN

BUSTY AND THE BASS bustyandthebass.com

C’est un été important qui se termine pour Busty and the Bass, un été où le jeune collectif a multiplié les festivals au Québec, au Canada et en Europe. La nature plutôt funk du groupe, alliant aussi des touches de jazz, d’électro et de hip-hop, fait en sorte que sa musique parle aux grandes foules. Sur scène, ils sont neuf musiciens assoiffés d’énergie alors impossible de s’ennuyer ! Et la contagion se poursuit cet automne alors que le groupe présentera sur scène le minialbum Lift, sorti en juillet.

FABRIKATE

wearefabrikate.com

L’été, c’est fait pour danser. La musique de ce duo montréalais est vouée aux terrasses et aux dancefloors. S’inspirant pas mal des années 1980, période phare de la musique où l’on préconisait les synthétiseurs, Fabrikate ne cache pas aussi son amour pour la chaleur électro du tout aussi mystérieux duo français Daft Punk (Fabrikate se cache également derrière des masques). Tout compte fait, Fabrikate garde ses pieds bien ancrés en 2016 en plus d’avoir une signature visuelle alléchante. Le premier album du groupe, Bodies, est sorti récemment. À découvrir !

EN CONCERT à Montréal le 11 octobre !

PREOCCUPATIONS preoccupations. bandcamp.com

JEAN-MICHEL BLAIS

jeanmichelblais.com Pianiste classique issu du Conservatoire de musique de TroisRivières, Jean-Michel Blais a sorti bien humblement en 2014 son album Il sur la plateforme Bandcamp sans avoir d’attentes précises. Puis, quelques mois plus tard, il était repéré par le label canadien Arts & Crafts, qui lui offrait un contrat de disques et la 22

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chance de se lancer plus officiellement en musique. Depuis, ses magnifiques compositions dépouillées et imagées ensorcellent les publics bien au-delà de son Québec natal. Et signe que son jeu de piano est contagieux : Il est nommé sur la longue liste du Prix Polaris, qui récompense annuellement le meilleur album canadien.

Après un premier album fort apprécié par la critique et les mélomanes et des concerts énergiques, Viet Cong a dû changer de nom à la demande des gens de la communauté vietnamienne puisqu’il évoquait une armée violente issue de la guerre du Vietnam. En avril, après des mois de délibérations, le groupe canadien de post-punk annonçait enfin son nouveau nom : Preoccupations. Puis, en juin, c’était l’heure de la réintroduction : un deuxième album sortira en septembre et Anxiety, le premier extrait, annonce un retour parfaitement ravageur et sombre. Preoccupations sera en concert à Montréal au Théâtre Corona le 11 octobre.


LITTÉRATURE #SUGGESTIONS

PAR VALÉRIE THÉRIEN

LE LANGAGE DE LA MEUTE André Alexis

Québec Amérique

L’auteur ontarien s’est vu décerner le plus prestigieux prix littéraire au Canada, le Giller, en 2015 pour ce neuvième roman. Dans son récit, les dieux Apollon et Hermès donnent une conscience humaine à une meute de chiens en se questionnant si elle est une bénédiction ou un fléau. Les chiens vivront-ils une existence heureuse ? On suit les destins du caniche Majnun ou encore du beagle Benjy, et alors que la meute apprivoise de nouveaux réflexes, de nouvelles façons de voir son existence, l’auteur soulève brillamment des pensées à propos de la nature humaine.

LA NATURE DE LA BÊTE

Louise Penny

Flammarion

PORCELAIN Moby Seuil

Porcelain est la pièce qui a révélé Moby au grand public en 2000 et c’est aussi le titre des mémoires du compositeur et DJ américain. Né Richard Melville Hall à New York en 1965, Moby relate dans ce livre ses dix premières années de carrière solo, de son premier simple (un flop) jusqu’à la sortie de l’album Play, qui l’a propulsé dans les palmarès. Moby a évolué dans une scène électronique particulièrement florissante alors qu’il était à l’encontre des clichés de la vie de DJ : un Chrétien fervent et un végétarien.

Après une longue et prolifique carrière en tant qu’animatrice et journaliste pour la CBC, Louise Penny s’est lancée dans une deuxième carrière, celle d’écrivaine, et ses œuvres ont reçu un accueil plus que chaleureux. La nouvelle reine québécoise de romans policiers suit les traces de Kathy Reichs ou encore Agatha Christie. Son personnage fétiche, l’inspecteur-chef Armand Gamache, est de retour dans ce nouveau récit, celui de l’enquête suivant la disparition du jeune Laurent Lepage, 9 ans, qui a l’imagination plus que fertile.

SNJÓR

Ragnar Jónasson Éditions La Martinière

L’Islande et ses paysages magnifiques sont l’un des endroits les plus appréciés des grands voyageurs de ce monde. La nouvelle révélation du polar islandais Ragnar Jónasson nous transporte dans son pays, plus précisément dans un village de pêcheurs difficile d’accès. Les personnages de cette ville d’apparence sans histoire dévoileront leurs couleurs (et leurs nombreux secrets) alors qu’Ari Thór, fraîchement sorti de l’école de police de la capitale de l’Islande, Reykjavik, est pris dans une tempête suite à deux morts suspectes. Un huis clos captivant s’ensuit. 23


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ADRÉNALINE

#COURSES À OBSTACLES

COURSE EXTRÊME

JOUER DANS LA COUR DES GRANDS

Mares de boue à traverser, billots de bois à transporter, fils barbelés à éviter. Véritables « festivals de la souffrance » pour certains, les courses à obstacles motivent des millions d’adeptes à travers le monde à se mettre en forme. TEXTE ET PHOTOS DAVID RIENDEAU

B

ranle-bas de combat à la station de ski des monts Sutton, des hommes et des femmes plongent, tête première, dans une étroite tranchée de boue recouverte de fils barbelés. Ils rampent en toute vitesse sous les encouragements de bénévoles. Essoufflés et mouillés comme des canards, ils s’élancent quand même vers un mur de bois qu’ils devront escalader. « Il vous reste encore une heure à faire », leur crie un spectateur. Bienvenu dans l’univers des courses à obstacles.

« J’ai un plaisir fou à faire un parcours. Avant chaque épreuve, je suis énervé comme un petit garçon ! », lance Paul Bélanger, un fanatique de courses à obstacles. « De façon générale, je n’aime pas courir. La motivation n’y est pas », concède ce grand sportif de 46 ans. Le coup de foudre est survenu en 2013, durant l’épreuve Spartan Race au MontTremblant. « Par curiosité, j’y suis allé avec les gars du gym. Nous avons fait la course ensemble, question de solidarité. J’ai adoré l’expérience. L’épreuve a un objectif clair et le participant demeure dans l’appréhension du prochain obstacle. »

« QUESTION DE RAJOUTER DU PIQUANT À LA COURSE, PLUSIEURS ORGANISATEURS MODIFIENT LEURS PARCOURS D’ANNÉE EN ANNÉE. IGNORER LE DEGRÉ DE DIFFICULTÉ DE L’ÉPREUVE FAIT PARTIE DE LA BEAUTÉ DE L’EXPÉRIENCE. »

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#COURSES À OBSTACLES

« Une visite pendant le X-Man de Sutton a permis de constater que la course à obstacles ne s’adresse pas seulement aux sportifs. Jeunes et moins jeunes participaient avec le même entrain. »

« PRÉSENT DANS 44 PAYS, LA COURSE À OBSTACLES – OBSTACLE RACING, EN ANGLAIS – A CONNU UNE CROISSANCE EXPONENTIELLE CES DERNIÈRES ANNÉES. » UN SPORT QUI FAIT COURIR LES FOULES Présent dans 44 pays, la course à obstacles – obstacle racing, en anglais – a connu une croissance exponentielle ces dernières années. En 2015, 3 millions d’adeptes participaient à un parcours « extrême » quelque part dans le monde, contre seulement 50 000 en 2010. Le Québec ne fait pas exception avec plus de 40 événements de juin à octobre, la plupart en terrain montagneux. La popularité de ces courses ne se dément pas, constate Nicolas Taillefer, organisateur des X-Man Race. « La croissance a été très forte au début. Maintenant, cela se stabilise.

N’empêche, nous affichons souvent complet avec 4 000 ou 5 000 participants pour les épreuves sur deux jours. » L’idée de surmonter des obstacles pendant une compétition n’est pas nouvelle. La discipline du 400 mètres haie figure au programme des Jeux olympiques depuis 1900. Toutefois, c’est en 1987 aux États-Unis qu’a eu lieu l’événement Tough Guy, une course d’endurance jalonnée d’épreuves inspirée des entraînements militaires : le participant doit par exemple grimper une corde, transporter une charge importante ou ramper dans une flaque de boue. En cas d’échec, une conséquence lui est imposée.

QUAND LE CORPS LUTTE CONTRE LE CERVEAU Question de rajouter du piquant à la course, plusieurs organisateurs modifient leurs parcours d’année en année. Ignorer le degré de difficulté de l’épreuve fait partie de la beauté de l’expérience, estime Jonathan Beaulieu, 19 ans. « On ne sait pas quel sera le prochain obstacle ni où se trouve la ligne d’arrivée. On a l’impression que le parcours est fini, mais il en reste encore un bout, explique celui qui compte dix courses à son calendrier cette année. L’aura de mystère autour du parcours donne une difficulté psychologique intéressante. » Les participants ne sont pas les seuls à relever des défis. Créer un nouveau parcours chaque année représente un beau cassetête pour les organisateurs, assure Nicolas Taillefer. « Le plus difficile est de savoir où placer les obstacles, car souvent ils sont gros et lourds à transporter en montagne. Cela représente des coûts supplémentaires en temps et en machinerie, mais il faut innover et créer des obstacles époustouflants. »

« LES PARTICIPANTS NE SONT PAS LES SEULS À RELEVER DES DÉFIS. CRÉER UN NOUVEAU PARCOURS CHAQUE ANNÉE REPRÉSENTE UN BEAU CASSE-TÊTE POUR LES ORGANISATEURS. »

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« Le participant doit par exemple grimper une corde, transporter une charge importante ou ramper dans une flaque de boue. En cas d’échec, une conséquence lui est imposée. »

UN SPORT POUR TOUS Une visite pendant le X-Man de Sutton a permis de constater que la course à obstacles ne s’adresse pas seulement aux sportifs. Jeunes et moins jeunes participaient avec le même entrain. « Lorsque j’ai fait ma première course l’an dernier, j’étais

en perte de poids, raconte Mathieu, un gaillard de 25 ans. Je n’ai pas terminé dans les premiers, mais ça n’avait pas d’importance. Je m’étais rendu là. Venir faire une course à obstacles me donne une motivation supplémentaire pour me lever tous les matins et aller au gym. »

L’ENTRAÎNEMENT, PAR OÙ COMMENCER ? Vous en êtes à votre première participation ? Songez à élaborer un programme d’entraînement qui combinera aérobie et développement de la force musculaire, recommande la kinésiologue Évelyne Blouin. « Les participants devraient s’habituer à courir minimalement la distance prévue dans l’épreuve. Ensuite, ils peuvent compléter avec des séries d’exercices qui requièrent peu d’équipement et qui utilisent le poids du corps comme des push-up, des squats et des chin-up. » Enfin, elle suggère de regarder les photos des épreuves des années antérieures, ce qui permet d’avoir une bonne idée du type d’obstacles que les participants devront surmonter. 27


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Chandail Top Man Pantalon Levis Montre personnelle d’Andrei Markov


ENTREVUE

#ANDREI MARKOV

5 CHOSES À SAVOIR SUR

ANDREI MARKOV Il porte le numéro 79 sur son chandail, fait 6 pieds de muscles (et de talent), et évolue avec les Canadiens de Montréal depuis la saison 2000-2001. On peut se le dire, Andrei Markov fait partie de la famille depuis belle lurette, mais le connaissez-vous vraiment ? Mis à part son nombre de passes, d’aides, de buts ou de points en saison (qui fait évidemment de lui un très grand joueur) ? Le défenseur de 37 ans des Canadiens de Montréal s’est livré au magazine Homme et voici 5 choses à savoir sur Andrei Markov. PAR CASSANDRA POIRIER

« Même si le défenseur retourne régulièrement en Russie, il est évident que son pays natal lui manque. Malgré tout, Andrei admet que le Canada est désormais sa maison. »

LE HOCKEY ÉTAIT SA DESTINÉE Si l’on croyait qu’Andrei Markov a toujours eu comme rêve ultime de jouer au hockey dans la grande ligne, la réalité n’en est pas tout à fait celle imaginée. Andrei Markov grandit dans une petite ville pas très loin de Moscou, mais possédant son équipe de hockey. Jeune, il suit avec intérêt les exploits des joueurs et commence lui-même à s’intéresser au sport. « Pour être franc, les jeunes Canadiens se passionnent complètement pour le hockey, ils en sont fous. En Russie, c’est un peu différent, malgré qu’on

adore aussi ce sport. J’ai commencé à jouer et j’ai fait ce que j’avais à faire pour me démarquer, avoir mon style. Un jour, le coach d’une grande équipe est venu assister à l’entrainement. Quelques semaines plus tard, je jouais mon premier match au sein de son équipe », se remémore le défenseur. Quand on lui demande s’il avait un jour imaginé jouer au sein de la LNH pour les Canadiens de Montréal, la réponse est sans équivoque : « Oh non, mais j’y suis allé une étape et à la fois, et voici où je suis rendu ! »

PHOTOS GENEVIÈVE CHARBONNEAU | RETOUCHES CLANDESTINE 29


ENTREVUE

#ANDREI MARKOV

« C’EST UNE ÉVIDENCE, MA VIE À MONTRÉAL TOURNE AUTOUR DU HOCKEY, ALORS JE ME DOIS DE MENTIONNER LA PASSION QUI ANIME LES FANS, C’EST INCROYABLE ! LORSQUE TU METS UN PATIN SUR LA GLACE, IL Y A UNE ÉNERGIE PALPABLE QUI SE DÉGAGE DE LA FOULE QUI EST LÀ POUR TE SUPPORTER, MATCH APRÈS MATCH. »

SA FAMILLE EST UNE PRIORITÉ En fouinant sur le compte Instagram du joueur, entre deux ou trois photos où il prend la pose avec son bâton de hockey, on remarque toutes celles de sa famille, de sa femme, de sa petite Vasilisa née en avril dernier, de son fils… Pour Andrei, la famille est définitivement une priorité : « Quand tu as une famille, c’est important de passer le plus de temps possible ensemble et des moments de qualité. » C’est principalement ce qu’a fait Andrei durant tout l’été, en profitant d’une pause de hockey bien méritée. « J’ai passé beaucoup de temps en famille, surtout avec la naissance de Vasilisa. Il faut admettre que cela ne laisse pas beaucoup de temps pour le reste, mais j’adore ça ! » D’ailleurs, il y a quelques semaines, la famille s’est envolée pour les Bahamas où Andrei avoue avoir vécu les meilleures vacances de sa vie. « Nous étions que tous les trois, avec ma femme et ma fille, l’endroit était magnifique, la météo parfaite et nous nous sommes bien amusés. Cela dit, le plus important en vacances, c’est d’être bien entouré », raconte Andrei qui s’est également rendu dans sa Russie natale tout de suite après la saison pour rendre visite à sa famille et ses amis. Et il a enfilé ses patins et s’est entrainé en compagnie de son fils de 15 ans qui joue aussi au hockey pour l’équipe du Dinamo de Moscou. Suivra-t-il les traces de son père ? « J’espère qu’il deviendra meilleur que moi », lance Andrei. CE QUI LUI MANQUE DE LA RUSSIE… Même si le défenseur retourne régulièrement en Russie, il est évident que son pays natal lui manque. Malgré tout, Andrei admet que le Canada est désormais sa maison. « Je me souviens, au début de ma carrière avec les Canadiens, les trois ou quatre premières années, dès que la saison était terminée, je faisais mes bagages pour rentrer. Aujourd’hui, je me sens très bien ici, avec beaucoup d’amis et ma famille. » Il faut dire que pour éviter le mal du pays, sa femme aime aussi lui mitonner de bons petits plats russes qui sentent bon la maison !

CE QU’IL ADORE DE MONTRÉAL… Les fans ! « C’est une évidence, ma vie à Montréal tourne autour du hockey, alors je me dois de mentionner la passion qui anime les fans, c’est incroyable ! Lorsque tu mets un patin sur la glace, il y a une énergie palpable qui se dégage de la foule qui est là pour te supporter, match après match. C’est un sentiment incroyable qui ne se décrit même pas tellement il est intense ! Et bien sûr, Montréal est une très belle ville », raconte le hockeyeur avant d’ajouter… « Je peux aussi vous dire ce que je déteste le plus de Montréal ; le trafic et les constructions! Je suis à peu près certain de ne pas être le seul à le penser… » Andrei, on te le confirme ! IL EST FOU DE CHAUSSURES Saviez-vous qu’Andrei Markov possède au moins 35 paires de chaussures différentes, pour toute occasion ? Il en est fou ! « Mes chaussures, elles doivent être propres, confortables et stylées… très stylées ! À mon avis, c’est important et j’en prends bien soin. » Ses favorites ? Celles de la marque Hogan qu’il commande par Internet. S’il est un aficionado des chaussures, Andrei Markov aime aussi s’habiller. Et lorsqu’on lui demande de décrire son style vestimentaire, deux mots viennent à son esprit : simple et sophistiqué, tout dépendant de son mode. « Il y a quelques années, j’aimais beaucoup faire les magasins, mais aujourd’hui, j’ai moins de temps. Mais j’essaie évidemment de rester au fut de ce qui est tendance. Nous sommes dans un “nouveau monde”. Il suffit de prendre son téléphone et tu peux voir de tout sur tout le monde. C’est une bonne façon de s’inspirer. » Quant aux marques qu’il affectionne, il cite Brunello Cucinelli et Diesel pour des jeans qui sont confortables et stretch. Mais surtout, ne lui dictez pas quoi mettre. « Quand je m’habille, je le fais pour moi et pour personne d’autre. J’aime être confortable dans ce que je porte… et particulièrement pour les chaussures ! »

STYLISME EMMANUELLE ROCHON | CHEVEUX ET MAQUILLAGE AMÉLIE DUCHARME

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EN RAFALE

Ton endroit préféré pour manger ? À Montréal, le restaurant Vago, à Miami le Zuma, à New York, Mr Chow et à Moscou, le restaurant Christian. Où prendre un verre ? Je n’ai pas d’endroit spécifique, le plus important, c’est d’être en bonne compagnie ! Ton endroit préféré pour magasiner ? Définitivement à New York. Où aimes-tu relaxer ? À la maison, avec ma famille. Ton parfum préféré ? Amouage. As-tu des plans pour « l’aprèshockey » ? Bien sûr ! Mais je les garde pour moi encore un peu.

« Quand on lui demande s’il avait un jour imaginé jouer au sein de la LNH pour les Canadiens de Montréal, la réponse est sans équivoque : « Oh non, mais j’y suis allé une étape et à la fois, et voici où je suis rendu ! » »


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Chandail Top Man Pantalon Levis Tuxedo Simons Chaussures Stan Smith Little Burgundy Montre personnelle d’Andrei Markov 31


Photographe Patrice Massé Réalisation Martin Boucher

Manteau Le 31 (795 $, chez Simons) Chemise G-Star (165 $) Jeans Diesel (255 $) Camisole Calvin Klein (15 $, chez La Baie) Ceinture Fossil (39 $) Chapeau Brixton (110 $, chez Simons) Bracelets et pendentif Bloodstone (99 $, 265 $ et 229 $, chez Tozzy) Bottillons All Saints (315 $, chez All Saints)


Chemise Givenchy (670 $, chez Holt Renfrew) | Veste Le 31 (125 $, Simons) | Jeans et ceinture Diesel (255 $ et 155 $) | Chapeau Brixton (90 $, chez Simons) | Foulard John Varvatos (248 $ chez Harry Rosen) Bracelets Bloodstone (99 $ et 249 $) | Gourmette Freitag (550 $, chez Freitag)


Tricot et chemise All Saints (182 $ et 218 $) | Foulard Le 31 (39 $, chez Simons) | Jeans Diesel (255 $) | Chapeau Larose Paris (475 $, chez Simons) | Ceinture Fossil (39 $, chez Simons) Bracelet cuir brun Diesel (40 $) | Bracelet noir Diesel (415 $, chez Tateossian) | Bagues Bloodstone (325 $ et 495 $, chez Tozzi) | Bottillons Frye (398 $, chez La Baie)


Chemise All Saints (198 $, chez All Saints) | Collier Freitag (175 $, chez Freitag) | Foulard Le 31 (chez Simons) | Chapeau Larose Paris (475 $ chez Simons) Bracelet Tateossian (385 $, chez Harry Rosen) | Bracelet Bloodstone (99 $ chez Tozzi) | Bague chevalière Bloodstone (495 $, chez Tozzi) | Jonc Freitag (110 $)


Cape Le 31 (99 $, chez Simons) | Blouson Levi's (159 $, chez Simons) | Cuir Mackage (1 090 $) | Chemise Paul Smith (350 $, chez Holt Renfrew) | Jeans Dolce & Gabbana (1 175 $, chez Harry Rosen) Ceinture Fossil (39 $, chez Simons) | Pendentif et bracelet de cuir Diesel (50 $ et 40 $) | Bracelets Bloodstone (99 $, chez Tozzi)


Veste Levi's (59 $) | Tricot Ami (430 $, chez Holt Renfrew) | T-shirt Le 31 (39 $, chez Simons) | Jeans Dolce & Gabbana (1 875 $, chez Harry Rosen) Foulard Le 31 (5 $, chez Simons) | Bracelet brun Diesel (40 $) | Montre Tsovet (589 $, chez Tozzi)


Manteau Simons (225 $) | Veste de cuir All Saint (715 $) | Tricot A.P.C (325 $, chez Simons) | Jeans Diesel (275 $) Chapeau Brixton (110 $, chez Simons) | Gants et foulard Le 31 (69 $ et 50 $, chez Simons) | Ceinture Fossil (39 $, chez Simons)

Modèle Adam Butcher (Elmer Olsen) Mise en beauté Nicolas Blanchet (Folio) utilisant les produits Mac cosmétics et Bumble&Bumble Assistant photo Jérémy Bobrow Assistantes stylistes Sabrina Jolicoeur et Alexandra Gendreau-Loranger


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PHOTO ANNIE FERLAND


MIXOLOGIE

#MOJITO À LA TÉQUILA ET ALOÈS

LA dansHAVANE un verre Voyager dans un tout-inclus à Cuba pour moins de 10 $, ça vous tente? Suffit de vous concocter un bon Mojito maison! PAR PATRICE PLANTE A.K.A MONSIEUR COCKTAIL

MOJITO À LA TÉQUILA ET ALOÈS Ingrédients - 1 oz (30 ml) de téquila - 0,5 oz (15 ml) de Cointreau - 0,75 oz (22 ml) de jus de lime - 0,5 oz (15 ml) de sirop d’agave (ou sirop simple) - 1 oz (30 ml) de jus d’aloès - Tonic - Bouquet de menthe (pour décorer) - Coriandre (pour décorer) Méthode - Taper la menthe et la coriandre au creux de la main et l’ajouter au verre avec le reste des ingrédients, sauf le tonic. - Remplir de glace et mélanger à la cuillère de bar (10 révolutions). - Compléter avec le tonic. - Décorer d’un bouquet de menthe et de coriandre.

J

e triche un peu : bien sûr, il n’y a pas de plage, pas de vieux char des années 50 et pas de cigare avec mon Mojito. Mais, promesse de Pat, ça fait sortir le soleil, sans danger pour la peau ! C’est que ce cocktail emblématique de la capitale cubaine représente l’équilibre parfait entre l’alcool, le sucre et l’acidité, ce qui en fait un bon chum de terrasse.

Si le Mojito pouvait parler et nous raconter d’où il vient, ça mettrait les choses au clair. Une rumeur veut que le capitaine anglais Sir Francis Drake, venu piller La Havane à la fin du 16e siècle, ait eu à affronter une épidémie de scorbut à bord de sa flotte. La lime, riche en vitamine C, aurait été mélangée à de l’aguardiente (l’ancêtre peu raffiné du rhum blanc), du sucre et de la menthe pour créer un cocktail médicinal. Ce cocktail aurait été nommé El Draque, en l’honneur du Corsaire. Une autre rumeur expliquerait son nom, mojito étant peut-être un dérivé de mojo, « petit sortilège » et le surnom donné à la boisson consommée par les esclaves africains pour se désaltérer dans les champs de canne à sucre. La lime, la canne à sucre et la menthe auraient alors été ajoutées à l’aguardiente pour masquer son goût âpre. Enfin, la légende urbaine la plus persistante est probablement celle de l’écrivain Ernest Hemingway qui, connu pour son amour de la bouteille, s’enfilait des Mojitos toujours au même bar de La Havane, la Bodeguita Del Medio. La note qui l’affirme, signée de la main de « Papa », aurait été contrefaite !

Comme quoi il ne faut pas croire tout ce qui est écrit sur une napkin de bar… Ce que j’aime dans le Mojito, en plus de son histoire nébuleuse, c’est sa polyvalence. Une fois qu’on maîtrise la recette de base, on peut se mettre à improviser autour. L’important, c’est de bien faire attention à ne pas broyer la menthe ou les fines herbes. Il faut les applaudir ! En frottant délicatement les feuilles, on extrait l’huile essentielle sans amertume. Après, on peut faire à peu près tout ce qu’on veut sur la base d’un Mojito. On peut, par exemple, jouer sur les agrumes, en remplaçant le jus de lime par du jus de pamplemousse et en décorant avec des suprêmes de pamplemousse. Extra rafraîchissant! J’aime aussi transposer le principe du Mojito sur un thème russe : vodka, citron et basilic. Ou alors à la mexicaine, avec tequila et aloès. Ou encore à la québécoise, avec calvados et sirop d’érable. Tannés de mettre du soda ? Remplacez-le par le piquant de la bière de gingembre comme la marque The Great Jamaican, ça met du punch ! Si y’a un bar à Paris qui s’appelle Mojito Lab, c’est probablement parce que le cocktail se prête facilement à l’improvisation. Avec ou sans alcool, cette exportation cubaine deviendra vite la vedette de vos soirées. De quoi vous transformer en James Bond dans Die Another Day, alors qu’il propose à une Halle Berry sortant de l’eau en bikini : « Mojito ? You should try it ! » Retrouvez d’autres variations originales du Mojito sur notre blogue : monsieur-cocktail.com 41


QUAND LES RÉPUBLICAINS TOURNENT LE DOS

À TRUMP 42

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POLITIQUE

#TROUPES RÉPUBLICAINES

Depuis que Donald Trump est devenu le représentant du Parti républicain à la Maison-Blanche, le « Grand Old Party » (GOP) est plus divisé que jamais. Les détracteurs de Trump exhortent le président du parti à cesser de financer le controversé milliardaire. Coup d’œil sur la dissension qui règne au sein des troupes républicaines.

À

PAR JUDITH PLAMONDON

la seconde où Trump a été consacré comme représentant républicain à la présidentielle américaine, en juillet dernier, de nombreux républicains ont exprimé leur mécontentement. Pas surprenant puisque durant toute la durée des primaires, la candidature du magnat de l’immobilier avait fait des vagues au sein du parti. La désunion des républicains laisse craindre le pire pour le GOP, insistent des ténors du parti, qui redoutent un raz-demarée démocrate à l’élection du 8 novembre prochain. État de la situation. « CESSONS DE FINANCER TRUMP » Dans les jours suivant la convention républicaine, plus de 100 représentants républicains ont enjoint le président du parti, Reince Priebus, à cesser d’investir dans la campagne présidentielle de Donald Trump pour se concentrer exclusivement sur les courses au Congrès.

Les auteurs de cette tribune, tous experts en matière de sécurité nationale, estiment que le candidat n’a pas les qualifications nécessaires pour diriger le pays. « Il affaiblit l’autorité morale des États-Unis en tant que chef de file du monde libre », écrivent-ils. Ils reprochent à Trump son manque de connaissances des lois et institutions américaines, « dont la tolérance religieuse, la liberté de la presse et une justice indépendante ». Leur lettre se termine par une mise en garde : « Ces particularités sont dangereuses chez un individu qui voudrait devenir président et commandant en chef, ayant la responsabilité de l’arsenal nucléaire américain », s’inquiètent-ils. LE SCHISME RÉPUBLICAIN Signe de l’ampleur du schisme républicain, plusieurs ténors du parti osent dire publiquement qu’ils voteront plutôt pour la rivale démocrate Hillary Clinton. C’est le cas de Brent Scowcroft, ancien conseiller à la sécurité natio-

« ILS CONCLUENT LEUR LETTRE EN QUALIFIANT TRUMP DE "DIVISEUR, IMPRUDENT ET INCOMPÉTENT" DONT "L’IMPOPULARITÉ RECORD" RISQUE DE COÛTER À NOUVEAU LA MAISON-BLANCHE AUX RÉPUBLICAINS. » « Seul le transfert immédiat de toutes les ressources disponibles au Parti républicain empêchera le Grand Old Party de couler avec une ancre arborant les armoiries de Trump autour de son cou », peut-on lire dans une lettre qui a été citée dans plusieurs médias américains, à la mi-août. Les auteurs de la missive, parmi lesquels figurent plusieurs anciens élus au Sénat et à la Chambre des représentants, dénoncent les agissements du milliardaire, « qui s’est moqué et a offensé des millions d’électeurs, dont des handicapés, des femmes, des musulmans, des immigrants et des minorités ». Ils concluent leur lettre en qualifiant Trump de « diviseur, imprudent et incompétent » dont « l’impopularité record » risque de coûter à nouveau la Maison-Blanche aux républicains. JUGÉ « DANGEREUX » PAR DES EXPERTS RÉPUBLICAINS Dans une autre lettre ouverte parue dans le New York Times, le 8 août, une cinquantaine de signataires associés au Parti républicain ont tenté de convaincre les électeurs américains à ne pas voter pour Trump.

nale du président George H. W. Bush, de Richard Armitage, ancien secrétaire d’État adjoint du président Bush fils, ainsi que de Hank Paulson, ancien secrétaire au Trésor du même président. George W. Bush et son père George H. W. Bush ont eux aussi refusé de se rallier derrière Trump. Pourtant, lors des cinq dernières présidentielles, les deux anciens présidents ont toujours soutenu le candidat républicain dans la course à la Maison-Blanche. Il faut dire que le père et le fils n’ont pas apprécié les attaques incessantes lancées par Trump contre leur fils et frère Jeb Bush, dont la candidature à l’investiture républicaine aura été de courte durée. Reste que la dissension au sein des troupes républicaines est telle que certains médias se demandent même si l’homme d’affaires ne sera pas remplacé par un candidat moins controversé d’ici l’élection présidentielle. Un revirement de situation peu probable, mais avec Trump, nous ne sommes jamais à l’abri des surprises.

« Les auteurs de cette tribune, tous experts en matière de sécurité nationale, estiment que le candidat n’a pas les qualifications nécessaires pour diriger le pays. » 43


VOYAGE

FUGUE

#GASPÉSIE

dans la péninsule de beauté

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VOYAGE

#GASPÉSIE

Des falaises du parc Forillon au coucher de soleil de la baie des Chaleurs, la Gaspésie n’a pas fini d’émerveiller les visiteurs. Avec ses paysages grandioses et ses étendues solitaires, la péninsule est une destination toute désignée pour une escapade entre chums. Récit d’une virée sur la mythique route 132. TEXTE ET PHOTOS DAVID RIENDEAU

À la hauteur de Mont-Joli, l’autoroute 20 se bute à un embranchement. À l’Est, la route 132 longe l’estuaire du Saint-Laurent en direction de Matane. À l’Ouest, le chemin s’enfonce dans les Appalaches vers Amqui. C’est ici que commence et se termine une boucle de 844 kilomètres qui mène le visiteur à travers l’une des plus belles régions du monde, façonnée par les marées et les vents. À ma grande honte, je n’avais jamais dépassé Rimouski jusqu’auparavant. J’ai usé mes souliers sur les routes de France, sur de gros cailloux dans les Andes et sur les plages du Brésil, mais ma connaissance du sol québécois restait embryonnaire. Pour ce premier road trip en Gaspésie, je compte faire le tour de la péninsule, rien de moins. La fenêtre de ma voiture glisse alors que je file entre Métis-sur-Mer et Saint-Ulric. Une odeur de sel et de varech vient aussitôt chatouiller mes narines. À cette hauteur de l’estuaire, le regard porte sur un horizon infini de vaguelettes vert-de-gris. Dans l’histoire de la Gaspésie, la mer occupe une place prédominante. 46

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« Ancien bâtiment de la compagnie de pêche Lebouthillier Brother sur l'île Bonaventure. À son apogée, l'île comptait 172 habitants permanents. »

Dès le 15e siècle, Basques, Portugais, Espagnols et Français venaient pêcher la morue qui abondait dans les eaux du golfe. Les côtes offraient des havres permettant de se protéger des caprices de la mer et des plages de galets où faire sécher le poisson. Ces marins arrivaient au printemps et repartaient à l’automne, tout en entretenant des relations privilégiées avec les autochtones micmacs. PREMIER ARRÊT : LA HAUTE-GASPÉSIE Sur ces entrefaites, le phare de Matane se détache au loin. Impossible de ne pas marquer une pause pour admirer cette sentinelle de la mer. Dès la deuxième moitié du 18e siècle, une série de phares jalonnera le littoral gaspésien. Les autorités coloniales souhaitent éviter d’autres tragédies comme celle du voilier Carrick qui a coûté la vie à une centaine de migrants irlandais en 1847. La délicate tâche de guider les navires revient alors au gardien du phare. Vivant souvent seul, celui-ci avait la responsabilité d’entretenir la lanterne, qui fonctionnait à l’huile de baleine ou de marsouin. Si aujourd’hui, les quelques phares toujours fonctionnels ont été automatisés, ces élégants édifices blancs et rouges font la fierté des locaux. Après tout, leur emplacement ne marque-t-il pas le commencement de quelque chose ?


En milieu d’après-midi, j’arrive à Sainte-Anne-des-Monts où m’attendent Yvon et Michèle, un couple d’amis rencontrés en voyage. Sublime privilège, j’ai droit à un tour de voilier, question de humer un peu l’air du large. La petite croisière ouvre l’appétit. Autour d’un souper copieux – gravlax de saumon et crêpes aux fruits de mer –, mes amis me racontent volontiers l’histoire de la région et de ses habitants. À l’instant même, dans cette coquette maison de bois à un jet de pierre de l’eau, je savoure la pleine mesure de l’hospitalité gaspésienne. DEUXIÈME ARRÊT : PARC FORILLON Par une matinée de grisaille, je descends la côte gaspésienne. À cheval entre l’estuaire et les montagnes, la route se perd dans une succession de collines tapissées de conifère. S’égrène un chapelet de villages au nom poétique : L’Anse-Pleureuse, Gros-Morne, Manched’Épée, Pointe-à-la-Frégate, Rivière-au-Renard, etc. Vers midi, alors que j’atteins le parc national Forillon, un soleil radieux vient chasser les gros nuages. «  L'effondrement des stocks de morue a contraint le gouvernement fédéral à imposer de lourdes restrictions sur la pêche en 1992. L'économie de la région en a beaucoup souffert. »

« ALORS QUE LA BRUME MATINALE SE LÈVE, LE ROCHER DE PERCÉ SE DÉCOUVRE COMME PAR MAGIE. LA GÉOGRAPHIE DU SITE, MILLE FOIS PHOTOGRAPHIÉ, N’EN EST PAS POUR LE MOINS SAISISSANTE SON MONOLITHE PERCÉ, HAUT DE 475 MÈTRES, RESSEMBLE À UN GIGANTESQUE PAQUEBOT DE PIERRE ÉCHOUÉ SUR LE RIVAGE. »

Une randonnée à pied suffit pour tomber sous le charme dans cette aire protégée de 245 km² recouverte de forêt boréale, territoire de l’ours noir, de l’orignal et du porc-épic. Sans cesse assaillies par les vagues, les hautes falaises qui délimitent le parc servent de sanctuaire à d’importantes colonies d’oiseaux marins. Depuis le Cap Bon-Ami, je repère le cormoran à aigrettes, le guillemot à miroir et la mouette tridactyle. Ces falaises à l’aspect grandiose abritent aussi des plantes qui poussent habituellement dans le Grand Nord québécois ou sur le sommet des hautes montagnes, legs de la dernière glaciation, voilà 10 000 ans. Enfin, ses eaux riches en phytoplanctons attirent six espèces de mammifères marins, dont le dauphin à flancs blancs et le rorqual à bosses, qui peuvent être observés jusqu’au début du mois d’octobre. TROISIÈME ARRÊT : PERCÉ ET L’ÎLE BONAVENTURE Alors que la brume matinale se lève, le rocher de Percé se découvre comme par magie. La géographie du site, mille fois photographié, n’en est pas pour le moins saisissante. Son monolithe percé, haut de 475 mètres, ressemble à un gigantesque paquebot de pierre échoué sur le rivage. Je me trouve sur le quai de Percé prêt à m’embarquer pour une excursion vers l’île Bonaventure. L’idée de découvrir ce petit paradis me rend fébrile. À mesure

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VOYAGE

#GASPÉSIE

« Aujourd'hui, les bateaux de pêche apportent sur les quais crabes des neiges, homards et crevettes. »

que le bateau s’approche de ses falaises, je distingue une nuée de centaines d’oiseaux marins dans le ciel. L’île constitue le plus important refuge d’oiseaux migrateurs au Québec. Un sentier pédestre permet d’ailleurs d’accéder à la plus grande colonie de fous de Bassan au monde. Bientôt, un joyeux boucan couvre la quiétude de la forêt. Au bout du chemin, la corniche est recouverte d’un tapis blanc sans cesse mouvant ! Tous les ans, de mai à octobre, les fous de Bassan viennent nicher sur cette île, suivant leur principale source de nourriture. Les quelque 60 000 couples qui forment la colonie offrent un spectacle ahurissant et difficile à oublier. D’apparence chaotique, la colonie possède une organisation complexe. Par exemple, les adultes reproducteurs occupent le centre de la colonie. Les jeunes adultes postés en périphérie peuvent donc apprendre par imitation leur futur rôle, tout en cherchant un futur partenaire.

l’émerveillement, peut-être. Ou son esprit mercantile était-il déjà complètement tourné vers le futur empire qu’il souhaitait bâtir ? C’est en quelque sorte grâce à ce marchand anglo-normand si plusieurs familles de pêcheurs s’établissent de façon permanente dans la région, notamment avec la construction de magasins généraux. En revanche, l’homme instaure un système de crédit qui va asservir peu à peu les villageois et les maintenir endettés toute leur vie. Grâce à ses appuis politiques, sa compagnie occupera une situation de quasi-monopole en Gaspésie pendant de nombreuses années. Aujourd’hui, il est toujours possible de visiter à Paspébiac les bâtiments qui ont autrefois appartenu à sa compagnie En fin de journée, la silhouette convexe de Carletonsur-Mer et du mont Saint-Joseph me tire de mes rêveries. Alors que le soleil se couche sur la baie des Chaleurs dans toute sa splendeur, je stationne ma voiture au pied du phare situé au bout du barachois. Devant tant de beauté, je me promets que je n’attendrai pas 30 ans avant de revenir dans la péninsule.

QUATRIÈME ARRÊT : LA BAIE DES CHALEURS La tête encore remplie des merveilles naturelles de Percé, je file doucement vers la baie des Chaleurs. La route ondule le long de rivages couleur rouille. Je me demande ce que Charles Robin a ressenti lorsqu’il est venu pour la première fois dans la baie en 1766. De

ADRESSES GOURMANDES Plusieurs restaurateurs et entrepreneurs gaspésiens sont à l’origine d’une nouvelle gastronomie régionale qui met en avantplan les produits du terroir. Aux classiques comme les crevettes de Matane et le homard s’ajoutent désormais l’oursin, les algues et les bières de microbrasserie.

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AUTOMNE 2016

- Restaurant des Jardins de Métis : 200, route 132 (Grand-Métis) - La Maison du Pêcheur : 155, place du Quai (Percé) - La Broue dans l’Toupet : 90, boulevard Sainte-Anne Ouest (Sainte-Anne-des-Monts) - Microbrasserie Le Naufrageur : 586, boulevard Perron (Carleton-sur-Mer) - Pub Pit Caribou : 182, route 132 Ouest (Percé)


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L’ÉCONOMIE DU PARTAGE

UN « PHÉNOMÈNE IRRÉVERSIBLE » 50

AUTOMNE 2016


ÉCONOMIE #PARTAGE

Qu’ont en commun Uber, Airbnb et Car2Go ? Ces entreprises connaissent une popularité fulgurante, mais surtout, elles misent toutes sur l’économie du partage. Portrait de cette tendance qui n’est pas près de disparaître. PAR JUDITH PLAMONDON

Au Québec, l’économie du partage a fait couler beaucoup d’encre ces derniers mois. Les chauffeurs de taxi ont vivement dénoncé les pratiques de l’entreprise Uber, tandis que l’industrie du tourisme a montré du doigt Airbnb. L’engouement pour ces deux plateformes est tel que le gouvernement de Philippe Couillard a annoncé, au printemps dernier, qu’il lancera un chantier pour mieux définir et encadrer l’économie du partage, qui est loin de se limiter à ces deux géants. Voici ce qu’il faut savoir sur la consommation collaborative, décrite par de nombreux experts comme l’économie de demain.

1- L’ère du partage Concrètement, l’économie du partage est un système dans lequel des individus (ou groupes d’individus) gagnent de l’argent en mettant à profit des actifs (un appartement, une auto, un espace de travail ou même des vêtements) qu’ils utilisent peu ou pas du tout. Le principe de base de l’économie collaborative, c’est qu’on n’a plus besoin d’acheter un produit matériel pour l’utiliser. Par exemple, plutôt que de dépenser pour une voiture, on peut avoir recours au système de véhicules en libre-service de Communauto ou Car2Go. À Montréal, la bibliothèque d’outils La Remise permet aux usagers de partager leur perceuse avec les voisins et/ou d’emprunter la scie qui leur manque. Le site Chic Marie permet quant à lui à ses abonnées de louer chaque mois une garde-robe de vêtements de luxe. 2- Un marché en croissance Selon une étude menée aux États-Unis par le cabinet Price Waterhouse Coopers (PWC), l’économie du partage représente 15 milliards $ annuellement. D’ici 2025, ce chiffre frôlera les 335 milliards $, avance PWC. Au Québec, il y aurait pas moins de 180 initiatives d’économie collaborative, selon un recensement effectué conjointement par l’organisme OuiShare Québec et l’Observatoire de la consommation responsable (OCR). « Les Québécois sont séduits par l’économie du partage ou collaborative et utilisent de plus en plus ces nouveaux services », a souligné Fabien Durif, directeur de l’OCR, au terme d’une étude annuelle sur la consommation responsable dans la province. Les sites comme Kijiji ou LesPAC ont particulièrement la cote dans la province, indique un sondage de l’OCR. L’an dernier, près d’un Québécois sur deux (44,9 %) a eu recours à une plateforme web pour acheter, vendre, recevoir ou donner des objets de seconde main. 3- Des entreprises innovantes La croissance de l’économie du partage s’explique en partie par le développement

de nouvelles technologies. Les entreprises collaboratives prennent en effet très souvent la forme de sites internet ou d’applications mobiles permettant de mettre en relation les offreurs et les demandeurs. De passage à C2 Montréal, en mai dernier, le président et directeur général de Car2Go en Amérique du Nord, Paul DeLong, a vanté les vertus de l’économie du partage en insistant sur la notion d’innovation, au cœur de cette industrie. « Avec Car2Go, on peut trouver, débarrer et démarrer une auto avec son téléphone. Cela aurait été impossible il y a quelques années, a-t-il expliqué. Il faut profiter des possibilités que la technologie nous offre. » 4- Source d’innovation ou manière d’enfreindre les lois ? Reste que l’économie du partage est loin de faire l’unanimité. Certaines entreprises sont montrées du doigt pour leur refus de se conformer aux lois des pays où leur service est disponible. Au Québec, Uber fait concurrence à l’industrie des taxis, mais l’entreprise plaide qu’elle offre une nouvelle catégorie de service (le covoiturage commercial) pour ne pas se plier à la réglementation. Un projet de loi déposé au printemps par le gouvernement Couillard propose d’obliger tous les chauffeurs d’Uber à avoir un permis de conduire de classe 4C, spécifiquement réservé au taxi. Québec s’est aussi doté d’une loi « antiAirbnb » en réaction à la grogne des hôteliers. Celle-ci oblige les propriétaires qui louent fréquemment leur résidence à se doter d’une certification et à percevoir auprès de leurs visiteurs une taxe d’hébergement allant jusqu’à 3,5 %. Les contrevenants s’exposent à des amendes de 2 500 $ à 50 000 $. Reste que l’économie collaborative est un « phénomène irréversible », selon les jeunes libéraux, qui ont réclamé la création d’un chantier sur le sujet. Même si elle bouleverse les entreprises traditionnelles et les institutions, tout porte à croire que l’économie du partage est là pour rester.

« Même si elle bouleverse les entreprises traditionnelles et les institutions, tout porte à croire que l’économie du partage est là pour rester. » 51


UN AUTOMNE NATUREL TOUT EN TEXTURES À base de cuir, de laine ou de soie, embossés, feutrés ou tressés, HOMME propose une variété d'accessoires pour donner un peu de relief à votre style.

PHOTOGRAPHE YAN BLENEY | RÉALISATION MARTIN BOUCHER Assistante styliste Maï Lan Le


Souliers Hugo Boss 435 $ et 445$ (Harry Rosen) Foulard Eton, 60 $ (Harry Rosen) Mallette de cuir 345 $ (Rudsak) Bracelet Miamsai 55 $ (Simons) Montre Tateossian 495 $ (Simons) Parfum Gucci 100 $ (Tozzi) Sac bandoulière Hugo Boss 295 $ (Simons) Cravate Tiger 110 $ (Simons) Clip à cravate JF Tilford 140 $ (Harry Rosen) Boutons de manchettes Paul Smith 78 $ (Simons) Crayon Tateossian 315 $ (Harry Rosen) Portefeuille Ferragamo 270 $ (Harry Rosen) Chemise Hugo Boss 175 $ (Simons) Mallette de cuir Zegna 1 550 $ (Harry Rosen)


Souliers Lanvin 655 $ (Harry Rosen) Sac bandoulière Trumi 295 $ (Harry Rosen) Cravate Simons 69 $) Lunettes Tom Ford 449 $ (Tozzi) Bas HS 15 $ (Tozzi) Parapluie Rudsac 80 $ Bague Blood Stone 375 $ (Tozzi) Gants J.Linderberg 189 $ (Tozzi) Mallette Zegna 1550 $ (Harry Rosen) Montre Briston 399 $ (Tozzi) Bracelet de cuir Tateossian 259 $ (Harry Rosen)


Souliers loafer Harry Rosen 350 $ (Harry Rosen) Porte-document Ferragamo 840 $ (Harry Rosen) Portefeuille 400 $ (Harry Rosen) Porte-clefs Rudsak 19,99 $ (Rudsak) Pantalons Hugo Boss 275 $ (Simons) Montre Nixon 180 $ (Simons) Ceinture Anderson 175 $ (Tiger) Foulard Luciano Barbera 258 $ (Harry Rosen) Agenda Rudsak 275 $ (Rudsak) Bracelet Simons 195 $ Veston Le 31 125 $ (Simons)


Souliers To Boot NY 475 $ (Harry Rosen) Mallette Rudsak 275 $ (Rudsak) Casquette Le 31 99 $ (Simons) Ceinture Tiger of Sweden 149$ Gants et foulard Le 31 69 $ et 195 $ (Simons) Montre Tsovet 589 $ (Tozzi) Portefeuille Bellroy Hide & Seek 95 $ (Tozzi) Sac bandoulière Rudsak 195 $ (Rudsak) Bracelet Bloodstone 169 $ (Tozzi)


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Homme #30 | Volume 7 No.3 Automne 2016

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