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MASCULIN | SINGULIER

GEORGES « RUSH »

ST-PIERRE

MOEURS LES FEMMES NE SONT PAS FAITES POUR LE CUL

LA VOIE DU CHAMPION DE L’UFC L’ARMÉE ET LES JEUX VIDÉOS LA GUERRE D’OTTO DIX EN ATTENDANT LA COKE ÉQUITABLE PERDUS À SANTORINI

HOMMES/FEMMES MODE/GADGETS

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Il y a des milliers de raisons pour conduire un Edge. La route est mouillée mouillée, glissante glissante, enneigée enneigée, ensablée ensablée, poussiéreus poussiéreuse, sale, mais c’est aussi le meilleur moyen de s’évader. Le tout nouveau moteur V6 de 3,7 L développant une puissance de 305 ch, la meilleure de sa catégorie*, et la traction intégrale intelligente avec AdvanceTrac® et contrôle de stabilité antiretournement† vous procurent toutes les capacités et l’adhérence voulues quand vous en avez besoin. À tout cela, ajoutez la technologie de connectivité révolutionnaire MyFord TouchMC‡ pour être prêt à tout affronter, le sourire aux lèvres, les yeux sur la route et les mains sur le volant. Le nouveau Ford Edge SPORT 2011. Des milliers de raisons de l’aimer, encore plus de le désirer.

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Hiver 11 www.hommemagazine.ca

sommaire Georges St-Pierre La voie du guerrier

© photo : Eric Williams/DR Photo Management

Rencontre avec le Québécois le plus connu aux Etats-Unis qui se prépare en vue de son combat le 11 décembre

INDEX

H-Édito 14 C’est la guerre !

H-Gadgets 16 Quelques bébelles assez cool, de 50 à 7 000 $

H-Techno 20 La fin des forfaits avec temps limité est proche

H-Caricature 31 Le combat extrême, vu par Tom Tassel

H-Automobile 32 Quelques prototypes à vous faire saliver le bras de vitesses

H-Missy1980 60 Les femmes ne sont biologiquement pas faites pour le cul

H-Cadeaux 62 L’égalité des sexes : une page hommes, une page femmes !

H-Beauté 64 Pour des belles faces douces qui sentent bon

H-Mode 65 Des petits cadeaux bien tendance

H-Digère 66 Les émissions de bouffe de demain

En vedette

WEB | Search Engine Marketing (SEM) 18 Christian Thibault décortique les tenants et aboutissants du Search Engine Marketing, un moyen simple et efficace d’attirer du trafic sur votre site, s’il est bien utilisé.

Drogues dures | À quand la coke équitable ? 24 Le portrait du parcours de la coke, de sa culture jusqu’à la narine. Pas nécessairement un achat responsable…

DOSSIER | L’armée et les jeux vidéos L’outil de recrutement de l’avenir ? 36 H vous propose une incursion dans le monde des jeux vidéos de guerre, qui ressemblent souvent à s’y méprendre à des simulateurs utilisés pas l’armée, et qui sont de plus en plus utilisés comme outils de recrutement.

8 | hommemagazine.ca | Hiver 2011

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OTTO DIX | De l’art pour hommes 44 H a visité une exposition parfaite pour vous faire sortir du confort de votre foyer. Otto Dix, peintre de la guerre qu’on ne peut pas voir.

VOYAGE | La Grèce, perdu sur mon île 48 Notre éditeur Frédéric Couture relate une semaine de rêve avec une copine, dans l’île enchanteresse de Santorini. Une plage, un VTT, un paradis…

DESSIN : TOM TASSEL

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^

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assez de puissance et de polyvalence

pour sortir des sentiers battus,

et un habitacle assez luxueux pour

ne pas s’en rendre compte.

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www.hommemagazine.ca

Stardom

Un look à faire rêver

10 | hommemagazine.ca | hiver 2011

sommaire

© photo : Yann Ostiguy

Hiver 11

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Masculin | Singulier

Hiver 2011

Rédacteur en chef Jean François Boily | jfb@lexismedia.ca Collaborateurs David Le Boucher, Catherine Léger, Geneviève Désilets, Frédéric Savard, Christian Thibault Réviseur/Correcteur Jean Bernard Roquebrun Photographe section mode Yann Ostiguy | yannostiguy.com Styliste Martin Boucher | martinboucher.ca Collaborateurs section mode Amélie Bruneau Longpré (glossartistes.com) Frédéric Perron Gabrielle Gagné Mannequin Ben (foliomontreal.com) Sandra (nextmodels.ca) Directrice artistique Martine Bélanger Production François Dubois, Vanessa Primeau Geoffroy Photo page couverture Eric Williams | DR Photo Management Administration

Ventes nationales Frédéric Couture | 514 394-7156 poste 201 | fredc@lexismedia.ca Ventes directes Brigitte Roy | 514 394-7156 poste 206 | brigitteroy@lexismedia.ca Coordonatrice aux ventes Geneviève Désilets | 514 394-7156 poste 202 | genevieved@lexismedia.ca Éditeur Frédéric Couture | fredc@lexismedia.ca Service aux abonnés Lexis Media Inc 831 Gilford, Montréal, Qc, H2J 1P1 www.hommemagazine.ca/abonnement Courriel : abonnement@hmagazine.ca Téléphone : 514-394-7156 poste 0 Télécopie : 514-394-7157 Coûts abonnements Le prix de l’abonnement est de 15,00 $ (4 numéros) taxes incluses et de 20,00 $ (8 numéros) taxes incluses. Distribution Messageries de presse Benjamin Inc Imprimé au Canada Homme magazine est publié 4 fois par année par Lexis Média Inc

Contributions : H Magazine s’engage à considérer avec la plus grande attention tous les manuscrits et photos qui lui seront adressés. Les contributions non acceptées ne seront retournées à l’auteur que si ce dernier en fait la demande formelle. Homme Magazine n’est pas responsable des contributions qui lui sont envoyées. Exclusivité : toute reproduction intégrale ou partielle du contenu é­ ditorial de Homme Magazine est formellement interdite sans l­ ’autorisation de l’éditeur. Homme Magazine reçoit, de temps à autre, des commentaires et des documents non sollicités. Homme Magazine peut utiliser, reproduire, publier, rééditer, distribuer, garder et archiver les textes ou les documents soumis, en tout ou en partie, sous quelque forme ou sur quelque support que ce soit, sans aucune rémunération que ce soit. Cet énoncé de s’applique pas aux textes et aux documents soumis par les collaborateurs et les pigistes dans le cadre des pratiques courantes de l’industrie. Photographies intérieures (sauf indications contraire) © Shutterstock. Tous droits réservés. Dépôt Légal - Bibliothèque du Québec Dépôt Légal - Bibliothèque du Canada ISSN 1918-6630 H No client : 7288490 Convention de poste publication no.41771514

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Verser les trois premiers ingrédients dans un verre à Collins, sur des glaçons; bien mélanger. Ajouter des

H | éditorial

C’EST LA GUERRE ! Ce sera sans doute le texte éditorial le plus simpliste de l’histoire de la chose imprimée, mais j’ai pris conscience de quelque chose pendant la production de cette édition du magazine : nous sommes un pays en guerre. Je dis bien « j’ai pris conscience », parce que je le « savais » déjà. Comme tout le monde, à l’occasion, je vois arriver dans les nouvelles un cercueil recouvert d’un drapeau canadien. On me parle alors d’un soldat tombé en Afghanistan et on passe à autre chose. Ma guerre existe quelques secondes à la fois, comme l’écho d’une salve d’honneur tirée par la parade militaire. Mais voilà que, depuis quelque temps, je fréquente assidûment une jolie soldate brunette, musclée, sexy et vigoureuse – un canon – qui, dans ses grandes bottes vernies, me donne du chien dans le fusil. Je blague, voyons. Je sais que vous êtes déjà en train de fantasmer sous l’uniforme, mais la vérité est beaucoup plus ennuyante.

glaçons, et allonger de soda. garnir

Bombardé de guerre

d’un quartier de citron.

En fait, ce doit être une question de timing, mais, depuis la rédaction du dossier Fun Wars (en page 36), un truc touffu qui porte principalement sur les liens entre l’armée américaine (notre alliée) et les grands fabricants de jeux vidéos (dont plusieurs sont très bien installés au Québec), j’ai l’impression que la guerre m’interpénètre de partout. En même temps que je prenais conscience de l’ampleur de l’économie de guerre dans laquelle nous vivons, j’avais l’impression que les médias s’emballaient sur le sujet. C’est peut-être parce que j’étais plus attentif. Mi-septembre : Le gouvernement annonce qu’il desire accorder un contrat de 9 milliards – le plus important de l’histoire militaire canadienne – à Lockheed Martin, sans garantir un minimum de retombées économiques au Canada. Gros contrat pour une très très grosse compagnie. Début octobre. On s’agite l’éthique médiatique en se demandant si la Fédération des femmes du Québec a utilisé l’expression « chair à canon » à tort ou à raison, pour décrire les soldats morts au combat. Les mamans éplorées ont beaucoup de peine, mais leurs hauts cris font oublier le propos derrière la controverse : combien de milliards sont gaspillés en dépenses militaires et pourquoi tolère-t-on l’intenable recrutement dans les écoles dénoncé par la FFQ ? 22 octobre. Le site WikiLeaks publie près de 400 000 rapports tenus secrets jusqu’ici par l’armée américaine, où l’on apprend, entre autres, que le conflit aurait fait 109 032 morts en Irak, et que 63 % d’entre eux sont des civils, pour un total de 66 081. Les chiffres officiels de juillet faisaient d’un total de 77 000 morts. Prise en flagrant délit de mensonge, l’armée se contente de tirer sur le messager. 26 octobre. Dans La Presse, l’éditorialiste Mario Roy écrit : « Il est vrai que les Canadiens s’intéressent fort modestement à la chose militaire. […] Pourtant, Ottawa entend investir dans son bras armé 490 milliards CAN au cours des 20 prochaines années, ce qui devrait commander un minimum d’attention. » 490 milliards, ça commence à en faire des orthopédagogues pour boucher les nids-depoule dans les écoles. 26 octobre. La vérificatrice générale du Canada qualifie le processus d’acquisition d’hélicoptères de « très préoccupant ». En 2000, le coût des Cyclone était évalué à 2,8 milliards et ils devaient être livrés en 2005 : on les recevra en 2012 après avoir payé 5,7 milliards. Les Chinook, quant à eux, devaient coûter 2 milliards, mais nous paierons finalement 4,9 milliards et les recevrons avec cinq ans de retard. Préoccupant ? Si on peut parler ainsi du sentiment qu’on éprouve à se faire passer un sapin centenaire en commençant par le tronc, ça me va.

Le grognement du guerrier

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Et, comme si toute cette omniprésence belliqueuse ne suffisait pas, voilà qu’en préparant l’entrevue de la une, je tombe sur cette anecdote hautement significative : Georges St-Pierre mange tranquillement au restaurant, raconte le New York Times, lorsqu’une jeune femme l’aborde pour lui confier qu’elle adore quand son mari porte un t-shirt à son l’effigie et qu’il lui grogne à l’oreille avec un accent québécois lorsqu’ils sont au lit ! Quand je lui ai parlé de ça, le champion de l’UFC m’a avoué que « ça arrive assez souvent, surtout aux États-Unis… le monde est complètement cinglé, tu sais ! » Georges a mis le doigt dessus. Il faut saluer la sagesse du fighter. C’est probablement là, d’ailleurs, que se trouve la clef du problème de la guerre. En attendant, elle reste principalement une affaires d’hommes et il faut renoncer à être aussi confortables et indifférents. Mais on a tous du chemin à faire. Elle attend quoi, la fédération des femmes, pour dire aux dames d’arrêter de se pâmer sur les guerriers ? Le désir est le vrai nerf de la guerre. On est pas sortis du bois. Jean François Boily | rédacteur en chef

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H | gadgets

Pour une fille, un cadeau représente une petite marque d’attention particulière qui lui rappelle qu’on pense à elle dans les meilleurs et les pires moments. Pour un gars, c’est quelque chose d’utile, de rentable

No 2 le cadeau très pratique à 3 chiffres Bluetooth pour moto F4 : 225 $

ou, simplement, de cool. Voici donc trois idéescadeaux technos et bien branchées qui suintent la testostérone, à choisir selon votre budget.... Par Félix Amyot

No 1 le cadeau sympathique à 2 chiffres MagicJack : 50 $ Son nom est d’un kitsch hallucinant, mais son fonctionnement est pourtant fidèle au fonctionnement de votre bon vieux téléphone de maison. Branchez ce cossin au port USB d’un ordinateur connecté à internet, « ploguez » le jack de votre ligne téléphonique dans le seul orifice dudit bidule et vous aurez instantanément un numéro de téléphone (514, 450, 418, ou 819, au choix) ainsi que 365 jours d’appels illimités au Canada et aux États-Unis. La première année coûte 50 $, incluant le machin. Chaque année suivante coûte ensuite 30 $ (20 $ aux É.-U.). Comme c’est branché dans un ordinateur, vous pouvez l’apporter en voyage et donner ou recevoir des nouvelles de n’importe où au monde, en tout temps. Plus simple que Skype, moins cher que Bell !

(www.themagicjack.ca)

Motards, vous voyez ces prétentieux conducteurs aux oreillettes bleues scintillantes et vous vous dites : « Pourquoi pas moi ? », avant de les dépasser à 140 en 3e ? Vous pourrez désormais dire : « Moi aussi ! », grâce au système Bluetooth F4 de BlueAnt. Un récepteur externe judicieusement placé du côté gauche du casque est branché à deux écouteurs minces et un microphone (incluant son filtre de vent) que vous placez dans votre casque full face. Les commandes vocales sont claires et les boutons de contrôle sur le boitier externe étanche vous permettent d’ajuster le volume, et même de passer à la prochaine chanson si vous utilisez votre téléphone comme lecteur de musique ! Et le mieux, dans tout ça ? Achetez-en deux et vous recevrez en prime un système d’interphone, pour votre passager ou votre compagnon de route, dont la portée est de 500 mètres. Casque, téléphone et Harley en sus. (www.blueant.com)

No 3 Le cadeau Full HD à 4 chiffres TV Samsung LED série 9000 : 7 000 $ Votre bonne vieille télévision cathodique cubique est morte et vous voulez la remplacer ? Vous opterez certainement pour un écran plat, mais ne tenez pas la troisième dimension battue pour autant, car si elle quitte le boîtier, c’est pour revenir dans l’image ! En effet, la sympathique Samsung UN55C9000 est prête pour tous les films 3D. Elle possède un écran de 55 pouces de diagonale, un éclairage DEL plus précis et moins énergivore, un taux de rafraichissement de 240Hz, une télécommande avec écran tactile et, surtout, un magnifique contour en titane brossé. Elle offre également la possibilité de se connecter à internet ou à votre réseau sans fil (pour partager les photos et les vidéos de votre ordinateur). En fait, elle n’a d’épais que le gars du marketing qui lui a trouvé son nom, car son écran mesure trois ridicules dixièmes de pouce de profondeur (8 mm). Tant pour savourer les derniers films que pour épater la galerie, ce petit bijou de 58 lb vous en mettra plein la rétine. Aussi offerte en format 46 pouces. (www.samsung.ca)

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FRAÎCHEMENT COUPÉ.

Véritable merveille des temps modernes, voici le tout nouveau coupé CTS 2011. Taillé comme un diamant, son élégance n’a d’égale que sa performance. Avec son moteur V6 à injection directe générant 304 HP, son système électronique de contrôle de la stabilité StabiliTrakMD et son aérodynamisme, le coupé CTS a tout pour vous faire vivre l’expérience de conduite la plus électrisante qui soit. PDSF à partir de 49 100 $*.

COUPÉ CTS 2011 L’Association des concessionnaires Cadillac suggère aux consommateurs de lire ce qui suit. *Prix de détail suggéré par le fabricant pour le Coupé CTS 2011 de Cadillac. Transport (1 550 $), taxe de climatisation (100 $) inclus. Immatriculation, assurance, frais liés à l’inscription au RDPRM, droits et toute taxe en sus. Le modèle illustré comprend certaines caractéristiques offertes en option à un coût additionnel. Le concessionnaire peut vendre à prix moindre. Une commande ou un échange entre concessionnaires peut être requis. Offre d’une durée limitée, modifiable sans préavis. Détails chez votre concessionnaire GM.

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H | ttp S-Titre

Search Engine Marketing (SEM)

Les résultats du référencement commandité apparaissent en haut ou à droite de la page du moteur de recherche.

pour que ceux qui cherchent vous trouvent

Dans l’univers en constante évolution des communications numériques, chaque percée technologique permet de mettre en place de nouvelles stratégies de mise en marché. Certaines d’entre elles disparaissent aussi vite qu’elles ne sont apparues. D’autres se taillent une place dans la boîte à outils des professionnels et de ceux qui veulent se faire connaître par l’entremise d’internet. C’est le cas du SEM. Par : Christian Thibault

| christianthibault.com

La campagne publicitaire traditionnelle Avant la venue de l’internet, et c’est encore le cas pour les gros joueurs de l’industrie du marketing, pour faire connaître vos produits ou vos services, vous deviez dépenser des dizaines, voire centaines de milliers de dollars pour rejoindre votre auditoire. Il fallait concevoir le message, le produire et enfin acheter du placement média pour le diffuser. Une fois la campagne publicitaire lancée, le principal indicateur de son succès se trouvait dans l’évolution des ventes du produit annoncé. Combien de personnes avaient vu le message ? Auprès de combien de gens aviez-vous suscité de l’intérêt ? Mystère. Vous pouviez vous commander un sondage, ce qui entraînait une autre ronde de dépenses, une façon de faire hors de la portée de la petite et moyenne entreprise.

La bannière C’est tout simplement la campagne traditionnelle transposée à l’internet. Quand le web a commencé à attirer un nombre significatif de paires d’yeux, la stratégie la plus simple fut de leur proposer la version miniature d’une affiche. Cette approche, bien qu’intrusive, possède certains avantages technologiques que les campagnes traditionnelles n’ont pas. On peut savoir combien de fois elles ont été affichées et combien de fois les internautes leur ont cliqué dessus. Mais, entre vous et moi, cliquez-vous souvent sur des bannières ? Personnellement, je trouve que c’est du bruit visuel. Un mal nécessaire pour avoir accès à du contenu gratuit. Les bannières représentent néanmoins le pain et le beurre de bien des sites. Avec un budget substantiel, il est encore possible de faire connaître une marque par ce moyen. En favorisant le CPM (coût par millier d’impressions), plutôt que le CPC (coût par clic), un annonceur peut faire voir son message à un large auditoire. Par contre, si l’objectif de la campagne est d’attirer du trafic vers un site, je questionne sa pertinence à court terme, car on considère

qu’une pareille campagne est réussie avec un taux de clics de moins de 1 %, de même que sa viabilité à long terme. En fait, je crois que l’avenir appartiendra aux créateurs de contenu, mais ça, c’est une chose que nous aborderons dans un autre contexte.

Que ceux qui cherchent vous trouvent Supposons que vous avez un produit ou un service à vendre. Ou que vous avez un passe-temps, ou quelque chose qui vous passionne et qui pourrait même devenir votre gagne-pain, si ça décollait. Vous auriez définitivement intérêt à le faire connaître. Un des sites les plus fréquentés, à l’heure actuelle, c’est Google. C’est le point de départ de l’internaute curieux. Vous seriez surpris de voir à quel point ce moteur de recherche génère du trafic. Les sites dont j’ai pu consulter les statistiques de fréquentation reçoivent entre 20 % et 50 % de leurs visiteurs via Google. Pour profiter de cette manne, deux options s’offrent à vous : le référencement organique et le référencement commandité. Dans un milieu où la compétition n’est pas trop forte, si votre site est bien programmé et qu’il est mis à jour fréquemment, la page de résultats de Google affichera un lien vers votre site lorsqu’un internaute effectuera une recherche comportant des mots-clés qui sont publiés sur votre site. Ça se fait « naturellement », en quelque sorte. C’est ce qu’on appelle le référencement organique. On l’appelle organique, parce que, tout comme les plantes, on sème et on arrose le contenu du site, mais le résultat final sur le moteur de recherche dépend de plusieurs variables incontrôlables. Le référencement commandité, ou SEM (search engine marketing), est quant à lui un service qui, moyennant certains frais, évidemment, permet d’afficher des annonces qui sont directement reliées aux mots-clés utilisés dans un moteur de recherche. Dans le cas de Google, ce service s’appelle AdWords. Quand vous faites une recherche à l’aide de Google, remarquez les annonces qui se trouvent dans la colonne de droite de la page de résultats. Elles peuvent aussi être placées au dessus des résultats organiques, sur un fond de couleur gris pâle, pour les différencier des résultats organiques. Peu importe leur emplacement, elles sont toujours accompagnées d’une mention sponsored links. La raison pour laquelle ces annonces donnent de meilleurs résultats que les bannières, c’est qu’elles sont directement liées aux mots que l’internaute a saisis lors de sa recherche. Le principe est simple : vous montrez à quelqu’un qui cherche des liens directs avec le sujet de sa recherche.

Comment faire apparaître votre annonce ? Pour rédiger une annonce AdWords efficace, Il faut tout d’abord vous placer

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6 $ bien investis Supposons que vous avez un produit ou un service à vendre. Ou que vous avez un passetemps, ou quelque chose qui vous passionne et qui pourrait même devenir votre gagnepain, si ça décollait. Vous auriez définitivement intérêt à le faire connaître. Le SEM pourrait certainement vous aider, et ce n’est pas aussi compliqué que ça en a l’air.

dans les souliers de votre client potentiel et vous demander quels mots-clés il utilisera lors de ses recherches. Le truc, c’est de vous concentrer sur un seul produit ou service. Si vous en avez plus d’un, il est préférable de créer des campagnes distinctes. Ensuite, vous devez rédiger un titre accrocheur, un call to action, comme on dit dans le jargon, pour inciter l’internaute à cliquer sur votre annonce. La longueur maximale du titre est de 25 lettres, incluant les espaces. Pour la description affichée sous le titre, décrivez ce qui vous différencie de la compétition, en deux lignes de 35 lettres chacune. En intégrant les mots-clés de votre campagne à votre annonce, ces mots seront affichés en caractères gras. Ça aide toujours à attirer l’attention. La dernière ligne de votre annonce sera un hyperlien vers une page de votre site que vous aurez soigneusement choisie. Dans le jargon du métier, toujours, on parle d’une page d’atterrissage, ou landing page. À ce point, votre client potentiel est chaud et il faut en profiter. Vous ne voulez surtout pas l’envoyer sur votre page d’accueil, car il risquerait d’oublier pourquoi il a cliqué sur votre annonce. Peu importe votre objectif, que l’internaute s’abonne à votre liste d’envoi, qu’il achète votre produit ou qu’il vous écrive pour obtenir un devis, il vous faut une page d’atterrissage dont le contenu est directement relié à votre annonce.

Où et quand ? Quand vous utilisez Google, les résultats de recherche sont ciblés en fonction de votre emplacement géographique. Vous pouvez donc spécifier où se situeront les internautes qui verront votre annonce. Ça peut être une région, une ville, un code postal en particulier ou un rayon défini en kilomètres. Selon votre secteur d’activités, vous pouvez aussi définir les jours de la semaine, de même que les heures où votre annonce passera. L’idée ici est de montrer votre annonce aux internautes qui sont le plus susceptibles de cliquer vers votre site. Plus la proportion entre le nombre d’affichages de l’annonce et le nombre de clics sera élevée, plus votre annonce sera affichée souvent. Google a bâti sa réputation sur la pertinence de ses résultats de recherche. Leur service AdWords fonctionne de la même façon.

Combien ça coûte ? Un des avantages du SEM, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’investir de grandes sommes pour obtenir des résultats intéressants. Avec un budget limité, il est préférable de choisir l’option PPC (pay per click). Ainsi, peu importe le nombre de fois où votre annonce sera affichée, vous ne paierez que pour le nombre de clics qu’elle générera.

Voici un exemple fascinant qui montre comment le service SEM peut être utilisé de façon créative. Un designer graphique cherchait du boulot à New York. Il a donc créé une campagne en utilisant les noms des plus célèbres directeurs artistiques de la ville. Quand ceux-ci googlaient leur nom pour savoir ce qu’on disait d’eux sur la toile, ils tombaient sur un lien commandité par l’aspirant-designer qui les invitait à cliquer vers son portfolio. Ce petit vite a ainsi pu décrocher l’emploi qu’il convoitait et ça ne lui a coûté qu’un gros 6 $ en achat de mots-clés ! http://www.youtube.com/watch?v=7FRwCs99DWg

Surfer la vague des portables

Google AdWords vous permet maintenant de cibler les internautes surfant à partir de leur téléphone portable (que je préfère d’ailleurs appeler des ordinateurs très portables). À cause de la taille de l’écran, le message doit être encore plus court que s’il était affiché sur un ordinateur, mais le plus gros avantage de ce service, c’est que la personne intéressée peut vous téléphoner en un clic. Cela dit, il vous faudra bien définir les heures d’affichage de vos annonces si vous voulez dormir sans laisser filer des occasions de vente.

Le prix des mots-clés est fixé au moyen d’un système d’encan à l’aveugle. Vous choisissez le montant maximum que vous êtes prêt à payer par clic, ainsi que le maximum que vous pouvez dépenser par jour. Le prix d’un clic varie de quelques sous à quelques dollars, en fonction de la demande et selon ce que vos concurrents sont prêts à payer pour les mêmes mots-clés. Si vous visez le marché québécois francophone, vous aurez moins de concurrence que dans le marché nord-américain anglophone.

Évaluez le rendement de votre investissement Comme il n’y a pas de prix minimum pour une campagne, libre à vous d’essayer une campagne et d’évaluer si elle vaut la peine. Si votre investissement initial s’avère fructueux, poussez un peu plus. Si vos clics ne génèrent pas les résultats espérés, vous pouvez ajuster les paramètres de votre campagne à n’importe quel moment. Vous pouvez également suspendre temporairement votre campagne, le temps d’y penser, ou d’obtenir les conseils d’un spécialiste.

Vous êtes prêt ? Je crois que le SEM est un puissant outil de mise en marché. De plus, le risque financier est limité et les outils d’analyse de fréquentation des sites permettent d’optimiser vos campagnes en temps réel. Si vous avez une entreprise en devenir ou que vous êtes du type curieux et débrouillard, je vous encourage fortement à visiter adwords.google.com. Soyez créatif et expérimentez. Si votre entreprise est déjà lancée et que vous préférez confier ce mandat à l’externe, communiquez avec une agence titulaire de la certification Google AdWords. Hiver 2011

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H | techno

DEMEURER

SANS VOIX Pour parler à quelqu’un, c’est bien simple, il faut transmettre un message via un canal. Le message, ici, c’est la voix, une onde, une vibration de l’air. Ce qui a changé depuis 10 ans, c’est la façon d’envoyer ce signal. Auparavant, il s’agissait de l’empreinte continue (analogique) du son de votre voix qui était envoyée par courant électrique sur une ligne filaire. Aujourd’hui, on découpe (numérise) votre conversation plusieurs milliers de fois par seconde pour transmettre chacun de ces petits blocs, via les ondes de téléphonie cellulaire, sur le portable de votre interlocuteur, qui remet tout ce bordel ensemble pour recréer quasi exactement vos vocalises. Pour être bien sûr que le tout s’exécute entre les bonnes personnes, vos deux appareils sont dotés d’une puce interne ou externe qui identifie votre appareil de façon unique au monde. Ainsi, en composant votre numéro de téléphone, votre interlocuteur s’adresse en fait à votre puce par l’entremise du serveur central de votre fournisseur, qui sait très bien comment se démêler avec les puces et leurs numéros respectifs. Comme votre puce signale sa présence aux antennes cellulaires quelques fois par minute, le réseau est capable, la plupart du temps, de savoir quelle antenne utiliser pour une communication optimale. Donc, si vous sortez de l’avion en Inde après avoir éteint votre appareil, il communiquera dès que vous le rallumerez avec le fournisseur indien le plus près qui, lui, dira à Rogers, Bell ou Telus que vous êtes maintenant à New Delhi et qu’ils peuvent vous charger 2 $ la minute... Alors, qu’est-ce qui change maintenant que les téléphones vont aussi sur internet ? Comme vos ordinateurs, ils ont maintenant une adresse IP (Internet Protocol) qui les identifie de façon unique sur le réseau. Vous possédez donc une puce unique pour la voix et une adresse IP unique pour les données. Mais comme la voix se transmet

Votre contrat de téléphonie mobile vous horripile avec ses deux sections : voix et données. Vous utilisez la voix parce que c’est un téléphone, mais les données sont superbement pratiques pour rester en contact par Facebook, prendre vos courriels, savoir en temps réel comment se débrouillent les Habs et même servir de modem à votre ordinateur quand vous êtes sur la route. Mes amis, gardez la foi ! Bientôt, je vous le dis, la portion minutée de votre contrat expirera, sans vous empêcher de parler à qui de droit ! Texte et photo : Félix Amyot

maintenant comme une donnée, pourquoi ne pas en profiter pour tout transmettre sur cette même connexion internet et ne plus utiliser votre puce ? Au début, la réponse avait à voir avec la vitesse. Les premiers réseaux cellulaires n’étaient ni assez rapides ni suffisamment constants pour permettre une transmission vocale par internet. Si vous avez déjà utilisé Skype avec une connexion internet de mauvaise qualité, vous savez de quoi je parle. Aujourd’hui, les publicités vantent les prouesses du réseau 3G, 3G+, HSPA, etc., qui sont beaucoup plus rapides et fiables. Pour être continue, une conversation téléphonique par Skype requiert environ 10 kb/s (kilo-octets par seconde) dans les deux directions. Les réseaux cellulaires modernes sont capables d’en fournir au moins 3 fois plus en amont (envoi), et facilement 10 à 15 fois plus en aval

(réception). Il n’y a donc aucune restriction technologique pour vous empêcher d’utiliser, par exemple, la version mobile de Skype pour faire vos appels. Là où Bell ou Rogers vous demandent 30 $ par mois pour 200 minutes, Skype ne vous en demandera que trois et ne comptera pas vos appels au Canada et aux États-Unis. Difficile à battre, non ? Vous pouvez donc dès maintenant appeler n’importe qui à très peu de frais, mais peut-on vous rejoindre de la même façon ? Au Canada, pas encore, mais l’immense Google chapeaute un projet pilote chez nos voisins du sud, où vous pouvez vous inscrire gratuitement à un service vocal (Google Voice) et recevoir un numéro de téléphone ordinaire associé à votre compte. À ce point, la boucle est bouclée : les communications téléphoniques sont gratuites à la grandeur du pays. Pour le moment, ce service est disponible uniquement sur un ordinateur, mais ce n’est qu’une question de temps avant qu’une version mobile soit distribuée. Le réseau canadien étant très similaire à celui des États-Unis, le CRTC ne pourra pas fermer les yeux bien longtemps là-dessus. Nous aurons donc bientôt accès à la communication gratuite illimitée. Ne vous étonnez donc pas si, au Québec, Vidéotron fait actuellement une si grande promotion de son plan illimité. Les autres fournisseurs suivront aussi, car ils savent que la fin est proche et ne veulent que vous faire signer un contrat de trois ans avant que la gratuité ne devienne réalité. Par contre, à votre prochain renouvellement, vous pourrez continuer de parler, tout en demeurant sans voix.

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H | opinion

PLEIN GAZ SUR LE CYNISME Par : Frédéric Savard

Ainsi donc, le cynisme serait le grand mal qui ronge nos démocraties, selon les bonzes pontifiants qui animent nos tribunes. C’est ce qu’on entend depuis plusieurs années dans les médias, à gauche comme à droite.

Même La Presse a consacré un grand dossier sur le sujet plutôt cet été. Que ce soit aux États-Unis, en France ou au Québec, le constat est le même : les électeurs désertent les isoloirs et se désinvestissent de la chose politique. Les citoyens souffrent du grand mal du cynisme et ce serait un grave problème, selon ces mêmes observateurs. Évidemment, quand on voit les taux de participation aux élections qui périclitent d’un scrutin à l’autre, il y a de quoi être inquiet pour les politiciens, qui voient ainsi leur légitimité sapée par cette désaffection. Au dernier scrutin québécois de 2006, 29 % des électeurs ne se sont pas prévalus de leur droit de vote. Aux É.-U., c’est pratiquement la moitié des électeurs qui ne votent pas. Il y a effectivement de quoi s’inquiéter. Malheureusement, on ne vise pas les bons coupables. Il est facile de pointer du doigt les citoyens, mais je pense qu’on se trompe de cible. Si la tendance se maintient, d’ici 20 ans, il n’y aura à peu près personne pour élire nos hommes et femmes politiques. Mais doit-on vraiment accuser les gens de ne pas s’intéresser à la chose politique ? C’est plutôt les politiciens qui agissent avec cynisme envers les électeurs.

(et retient) l’information sur la ressource, au grand dam des citoyens, qui voient arriver dans leur arrière-cour les prospecteurs et leurs machines sans avoir un maudit mot à dire, puisque le gouvernement leur a donné le champ libre. Le plus étonnant, c’est que plusieurs administrateurs de ces entreprises de prospection étaient employés du gouvernement, pas plus tard qu’il y a quelques mois. Auraient-ils profité d’informations juteuses et privilégiées alors qu’ils étaient en poste ? Auraient-ils manœuvré afin que la réglementation leur permette de s’enrichir sur le dos de la ressource collective ? Difficile de prétendre le contraire, quand on sait que les compagnies minières bénéficieront d’un congé de redevance de 5 ans ! La collectivité ne touchera pas un sou de l’exploitation de cette ressource avant bien longtemps. Tout ce qu’elle touchera, ce seront les retombées de cette exploitation, c’est-à-dire quelques emplois, un environnement souillé, des nappes phréatiques fragilisées et des risques pour la santé (qui sont encore difficiles à cerner, mais bien réels, si on en croit le documentaire Gasland diffusé sur PBS et qui a fait le tour du web). Quand on sait que le cocktail de produits chimiques utilisé pour fractionner le sous-sol contient pas moins de

Le cynisme des années 2000, celui où on regarde de haut la chose politique et où l’on hausse les épaules, c’est au sein même de la classe politique qu’on le retrouve. On l’a vu avec la commission Bastarache, où une chicane entre deux hommes qui se détestent s’est transformée en une parade de coqs, une parade financée à grands frais par les fonds publics. Comment voulez-vous que les citoyens perçoivent le monde politique comme crédible quand ils voient leur premier ministre comparaître dans une commission qu’il a lui-même mise sur pied, devant un « juge » qu’il a lui-même choisi ? On parle ici de théâtre et non de démocratie. Comment voulez-vous que les gens ne soient pas cyniques quand ils savent très bien que le Québec a surtout besoin d’une commission sur l’industrie de la construction, que le gouvernement refuse de tenir malgré les pétitions, les protestations et les évidences mises en lumière, entre autres, par la journaliste Marie-Maude Denis de Radio-Canada. Et que dire du dossier du gaz de schiste, un dossier qui injecte une dose de stéroïdes sans pareil au cynisme ambiant ? Quand on voit l’urgence avec laquelle le gouvernement ouvre la voie à l’exploitation de cette ressource fossile qui abonderait au Québec, on reste pantois. Mais quand on gratte plus loin que la surface des belles paroles du gouvernement, on se rend compte que la manne risque de profiter uniquement à une certaine « élite » qui détient

596 produits toxiques, dont plus de 30 % sont cancérigènes, il y a de quoi s’inquiéter. Mais, évidemment, les bonzes de la chose médiatique et nos grands éditorialistes n’ont cessé, depuis le début des consultations publiques, de dire aux gens de se calmer, car il fallait que le Québec aille de l’avant. Un moratoire serait fatal pour notre industrie gazière balbutiante et nous priverait de milliards en retombées économiques, nous dit-on. Pour l’instant, ces milliards semblent s’en aller directement dans les poches d’une « élite » qui donne l’impression d’avoir manœuvré au mépris du bien collectif. Bien sûr, c’est dans la cour du citoyen que se fera l’exploitation. On a bien vu, lors des consultations tenues par l’industrie du gaz, que le cynisme des citoyens ne se portait pas si bien que ça au Québec. Les gens se sont déplacés en grand nombre et étaient avides d’informations. La colère grondait à Bécancour et à Saint-Hyacinthe, pour la simple et bonne raison que les gens ne sont ni stupides, ni désintéressés par la chose politique, et encore moins cyniques. Le cynisme des années 2000, celui où on regarde de haut la chose politique et où l’on hausse les épaules, c’est au sein même de la classe politique qu’on le retrouve. Ce sont les politiciens, les grands responsables du cynisme, et non les citoyens.

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H | LE BOUCHER

EN ATTENDANT LA COKE ÉQUITABLE PAR DAVID LE BOUCHER

Samedi soir dans un restaurant branché de Montréal. Deux jeunes femmes vont faire un tour dans la toilette, dont la porte est bien visible. Sous l’oeil des nombreux clients et employés, elles ressortent un instant plus tard avec un grand sourire, un air glamour – et les pupilles dilatées. Elles sont allées faire une ligne. Tout le monde le comprend,

professionnels de toutes sortes. Ils sont éduqués, recyclent, se déplacent à vélo, évitent les Wal-Mart et boivent du café équitable (souvent colombien, de surcroît). Mais en remontant la ligne de coke jusqu’à sa source, on voit que ce geste de consommation finance différents réseaux, tous plus sinistres les uns que les autres.

Il ne faut pas se leurrer. Tendre un billet aux revendeurs de cocaïne, c’est financer directement cette industrie violente. Ça suffit pour annuler beaucoup de bons points de consommation responsable. mais personne ne fronce les sourcils. Ceux qui l’ont remarqué esquissent un regard complice ou restent complètement indifférents. Pendant ce temps, les livreurs de cocaïne se garent en double dans les rues de la ville et distribuent rapidement des doses. Les dollars s’échangent et les partys se préparent. La stigmatisation négative de la cocaïne a grandement diminué ces dernières années. Dans plusieurs milieux, il est aujourd’hui banal de faire de la coke. Souvent, c’est même plutôt cool. Il s’agit d’un triste phénomène pour différentes raisons. On nous répète toujours que cette drogue est hautement nocive pour la santé. On nous dit aussi que sa popularité témoigne du vide d’une société en quête de sensations fortes ou de fuite. Mais on constate d’emblée que ces faits possèdent malheureusement un faible pouvoir dissuasif. À l’ère de la consommation responsable, peut-être devrait-on ajouter une perspective au débat entourant ce problème de société. En effet, un des aspects négatifs de cette consommation est trop souvent passé sous silence : acheter de la cocaïne, c’est soutenir directement une industrie qui sème la souffrance partout sur son passage. Bon nombre de ceux qui consomment cette drogue sont des artistes, des étudiants ou des

Dans un pays producteur comme la Colombie, par exemple, les cartels de la drogue jouent un rôle primordial dans la guerre qui déchire le pays depuis des décennies. Dans les pays où les drogues transitent, comme Haïti ou la République dominicaine, on note une hausse marquée de la criminalité. Ces derniers temps, on parle d’ailleurs beaucoup du Mexique, notre chère destination soleil, qui est maintenant en guerre civile à cause du trafic de drogue. On parle d’une danse macabre qui a fait plus de 23 000 victimes au cours les trois dernières années. Les gangs rivaux s’envoient des têtes décapitées par la poste et on transmet les exécutions sur YouTube. Ces « narcomessages », pour utiliser le jargon local, font partie du

quotidien. Le gouvernement mexicain a déployé ses « forces de l’ordre » pour faire le ménage, mais l’ennui, c’est qu’elles ne combattent pas toujours pour le gouvernement, mais plutôt pour servir le baron le plus puissant. Et la population est prise entre les deux. Une petite Corona avec ça ? Et le cycle de la violence se poursuit quand la drogue arrive à destination. Les mafias, les motards, les gangs de rues et les petits revendeurs se disputent brutalement le marché en semant l’effroi. D’autres réseaux gravitent aussi autour de cette manne criminelle, comme ceux de la prostitution ou du blanchiment d’argent, pour ne nommer que ceux-là. Il ne faut pas se leurrer. Tendre un billet aux revendeurs de cocaïne, c’est financer directement cette industrie violente. Ça suffit pour annuler beaucoup de bons points de consommation responsable. Et ce n’est pas rien que le cas de la coke. Chaque drogue a son « buzz » et son bassin de victimes spécifiques. Que faire ? La légalisation et l’encadrement du commerce de la drogue seraient peut-être une solution. Et ce n’est pas seulement l’opinion des équipes éditoriales des revues de poteux comme High Times. D’autres publications plus conservatrices comme l’influent journal britannique The Economist partagent cet avis. D’un autre côté, Antonio Maria Costa, l’ancien directeur de l’office des Nations unies contre la drogue et le crime rétorque que si la légalisation affaiblissait les réseaux criminels, cela se ferait au détriment de la santé publique, car il est d’avis que la facilité d’accès entrainerait plus de consommation. C’est un débat compliqué, très politisé, qui n’aboutira pas demain la veille. Une chose est certaine, c’est que les drogues équitables et légitimes sont encore loin. Si un état d’esprit normal vous est intolérable, optez plutôt pour les stimulants légaux, allez en cure, ou faites, je ne sais pas, du yoga aquatique. En plus de donner un beau cul, il paraît que ça rend high. À l’ère de la consommation responsable, il nous faut, dit-on, réaliser la portée de nos actes. Les programmes de sensibilisation aux méfaits de la drogue devraient soulever ces aspects sans tarder. On pourrait même penser à une campagne publicitaire choc, financée par l’État, comme celles de la SAAQ visant à lutter contre l’alcool et la vitesse au volant. Imaginez les images évoquées par une ligne de poudre, quand on suit le chemin qu’elle a parcouru, du plan de coca jusqu’à notre nez… Pas si cool.

Je ne sais pas si les « tripeux » d’ecstasy qui embrassent l’univers et tous ses amis connaissent bien le processus qui mène à leur récréation : un des ingrédients actifs de l’ecstasy, l’huile de sassafras, provient d’un arbre rare, le mreah prew phnom, dont les meilleurs spécimens poussent dans la forêt tropicale cambodgienne. Cette huile est recueillie clandestinement par des personnes vulnérables et des enfants exploités par les grandes mafias asiatiques, fragilisant du même coup l’écosystème de la dernière forêt tropicale intacte de l’Asie du Sud-est. Dur lendemain de veille pour la conscience, une fois qu’on sait ça…

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GEORGES ST-PIERRE LA VOIE DU GUERRIER On dit de Georges St-Pierre qu’il est l’athlète québécois le plus célèbre sur la planète, reconnu partout, sauf au Québec ! C’était peut-être vrai autrefois, mais ses succès persistants font lentement changer les choses. Une chose est sûre, c’est que l’on entendra beaucoup parler de lui d’ici le 11 décembre prochain, date prévue du combat au Centre Bell pour la défense de son titre de champion mondial des mi-moyens de l’Ultimate Fighting Championship (UFC). Nous avons réussi à attraper Georges St-Pierre entre deux entraînements et nous lui savons gré de sa générosité, car son horaire est réglé au quart de tour. Sa priorité : arriver au combat au sommet de sa forme. Son but : continuer à dominer son sport pour éventuellement être considéré comme le meilleur combattant livre pour livre de la planète. PAR JEAN FRANÇOIS BOILY | PHOTOS : ERIC WILLIAMS

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H | à la une

À quelques semaines d’un combat, la discipline du champion d’arts martiaux mixtes est rigoureuse et son curriculum assez vaste. Normalement, le programme d’entraînement consiste en deux séances de deux heures par jour, où St-Pierre mélange l’étude de la boxe, du muay thaï de la lutte olympique, du ju-jiutsu brésilien et du sambo, en plus de faire de l’haltérophilie, de la gymnastique et des sprints. Chaque discipline fait appel à un entraîneur différent. Le dimanche est une petite journée consacrée uniquement à un entraînement technique de 45 minutes. « Il n’y a aucune de ces disciplines-là qui peut-être considérée plus importante que les autres, explique St-Pierre. Le but, en arts martiaux mixtes, c’est d’être complet. Le combattant qui a le plus de connaissances et le plus grand bagage d’expérience est normalement celui qui gagne. Il y a aussi le côté tactique qu’il ne faut surtout pas oublier. » Au-delà de la condition physique, c’est peut-être cet aspect de la préparation de St-Pierre qui le place une coche au-dessus de la plupart de ses adversaires. Sur son site web personnel, il explique d’ailleurs qu’il « a grandi en jouant aux échecs et (que) cela a inspiré la façon dont il développe son approche stratégique pour les combats ». L’anecdote suivante est explicite. En entrevue à ESPN, après sa victoire de janvier 2009 contre BJ Penn (lors d’un combat controversé passé dans les annales de l’UFC), Georges St-Pierre expliquait qu’un athlète aussi flexible que Penn risquait d’avoir les côtes plus sensibles que la moyenne et qu’il avait vu là un point faible potentiel. Il expliquait aussi aux analystes (médusés) que, dès le début du combat, il avait tenté une série de techniques visant à couper la circulation sanguine dans les épaules de Penn, pour ralentir la vitesse de ses coups. Cette analyse « biomécanique » de l’adversaire révèle que le champion ne laisse rien au hasard.

La voie du respect Georges St-Pierre détient des ceintures noires en karaté kyokushin et en jiu-jitsu brésilien. Développé à partir des techniques du karaté japonais traditionnel, le style « kyokushinkai » (qui signifie « école de la vérité ultime ») préconise le plein contact, souvent à distance très serrée, et met l’accent sur l’efficacité en combat réel. Sa devise est éloquente : « un coup, une victoire ». C’est un style d’impact et de puissance. Le jiu-jitsu brésilien, pour sa part, est un art martial dérivé du judo et du jujitsu, dont les techniques se pratiquent au sol et se terminent par un étranglement ou une clef articulaire. Il est intéressant de noter qu’en japonais, « ju-jitsu » signifie littéralement « technique de la souplesse » (même si ses résultats concrets sont extrêmement douloureux !) On pourrait voir ces deux spécialités complémentaires un peu comme le yin et le yang de Georges St-Pierre, qui se plaît à rappeler qu’il est très attaché aux arts martiaux traditionnels, sans doute parce qu’il a été initié au karaté par son père, lui-même ceinture noire dans la discipline. À l’époque, il n’avait que 7 ans et son père voulait l’outiller pour mieux faire face à l’intimidation à l’école. On se demande qui aurait envie d’intimider St-Pierre aujourd’hui, dont la fiche depuis qu’il a grossi les rangs de l’UFC est de 20 victoires (dont 9 par KO et 5 par soumission) et de 2 défaites.

« J’ai toujours un petit velours pour le karaté, parce que c’est quelque chose qui m’a beaucoup servi, précise St-Pierre. J’aime aussi beaucoup la mentalité des arts martiaux traditionnels, qui parlent énormément de respect. Je pense que c’est quelque chose de très important. C’est pour ça que je ne parle jamais contre de mes adversaires. Bon… c’est sûr que c’est pas tout le monde qui est comme ça dans notre sport. Ça en prend aussi qui parlent mal, parce que ce serait assez ennuyant si tout le monde était gentil ! Il faut des gens pour divertir les téléspectateurs et faire un bon spectacle, mais, pour moi, l’important c’est de me concentrer seulement sur le combat. Comme on dit en anglais, le trash talk, c’est pas mon fort. » Le prochain adversaire de St-Pierre, Josh Koscheck ne semble toutefois pas s’astreindre aux mêmes règles de conduite. Cet américain de 32 ans ne se gêne effectivement pas pour passer des messages provocateurs, par l’entremise de son compte Twitter, entre autres. Par exemple, il s’est moqué à quelques reprises du surnom « GSP » de Georges St-Pierre en affirmant : « GSP, je crois que c’est un acronyme pour Go Slow Please prononcé avec une voix de petit Québécois nerveux »; ou « GSP, je ne suis pas sûr, mais ça semble sonner comme un nom de jouet sexuel ». Très édifiant. Quand on lui demande de commenter ces paroles de Koscheck, qu’il a déjà vaincu par décision unanime en août 2007, St-Pierre n’embarque tout simplement pas dans le jeu. Il se contente de préciser que « c’est l‘aspirant numéro 1 et je suis très content de l’affronter une deuxième fois, surtout que cette fois-ci, ce sera devant mes partisans, au Centre Bell. » Il est courtois, le champion. Nul doute que la foule sera derrière son poulain et Koshcheck le sait très bien, car il a même écrit, toujours sur son fil Twitter : « Est-ce que je devrais amener un couteau à Montréal ? J’ai entendu dire que les Québécois ne m’aimaient pas… » On souhaite sincèrement que ce désagréable arrogant, dont les commentaires frisent souvent le racisme, mange une volée mémorable le 11 décembre prochain. Go, GSP, go !

La voie de l’ambassadeur Natif de Saint-Isidore, en Montérégie, George « Rush » St-Pierre est une vedette de l’autre côté de la frontière, encore bien davantage qu’il ne l’est chez nous. Il faut dire qu’il a fait bien du chemin depuis 1993, l’année où, inspiré par Royce Gracie, le gagnant du tout premier combat UFC, il a décidé d’adopter la discipline d’entraînement des arts martiaux mixtes. Après avoir mené son combat inaugural à 16 ans, chez les amateurs, il a poursuivi son ascension pendant une dizaine d’années pour devenir champion des mimoyens de l’UFC en 2006. Il a ensuite perdu son titre en 2007, aux mains de l’Américain Matt Hugues, pour le reconquérir un an plus tard. Il est invaincu en quatre combats depuis. « Quand j’arrive aux États-Unis, c’est très gros et je suis souvent reconnu, mais je pense que c’est encore pire en Asie, explique St-Pierre. C’est pour ça que, quand je suis au Québec et que je suis capable d’avoir ma vie privée, je ne me plains pas. C’est parfait comme ça. » En septembre dernier, le New York Times consacrait un long article au champion québécois, dans lequel on apprend qu’il apparaît de plus en plus souvent dans les événements hautement

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« C’est sûr que c’est une forme de divertissement qui ne fera jamais l’unanimité, mais la raison pourquoi c’est aussi populaire, c’est que le combat, c’est quelque chose d’inné, qui fait partie de nos instincts humains. On a tous ça en nous… mais il y en a qui l’ont plus que d’autres ! »

glamour rassemblant, entre autres, des célébrités du monde de la mode et du cinéma. Le quotidien décrivait St-Pierre comme un « Canadien poli » qui a « beaucoup plus de chances de vendre son sport aux soccer moms que plusieurs de ses confrères à la langue sale ». En fait, St-Pierre est en train de devenir l’ambassadeur d’un sport qui cherche à se défaire de l’image violente et controversée qu’il projette depuis ses débuts. Au fil des ans, à mesure que l’appellation « arts martiaux mixtes » remplaçait le terme « combat extrême », on modifiait les règlements pour améliorer la sécurité des combattants : nous sommes désormais à des années-lumière d’une époque où il était possible de frapper son adversaire dans les parties ou de lui arracher les cheveux. En fait, les grands promoteurs d’arts martiaux mixtes, l’UFC en tête, visent maintenant un public aussi large que celui de la boxe, et la popularité des combats à la carte sur les chaînes de sport spécialisées est en voie de leur donner raison. « Je veux être l’athlète qui va faire connaître notre sport au grand public, affirme Georges Saint-Pierre. Pour vous donner un exemple, une de mes idoles dans le sport pendant toute mon enfance, c’était Wayne Gretzky. J’ai trouvé ça vraiment sensationnel la manière dont il a réussi à promouvoir son sport dans le sud-ouest des États-Unis, une région où le monde s’en foutait du hockey. Quand il est arrivé à Los Angeles, il a changé la donne, pas seulement parce que c’était le meilleur joueur au monde, mais aussi à cause de la manière dont il agissait en tant qu’individu. J’aimerais faire la même chose pour les arts martiaux mixtes, dans les endroits où c’est peu connu, comme au Québec, entre autres. »

LA VOIE DE L’INSTINCT Georges Saint-Pierre n’est toutefois pas naïf. Il sait que le combat extrême n’est pas une activité particulièrement attendrissante. Il n’y a pas de fumée sans feu : plusieurs n’aiment pas son sport parce qu’il peut occasionnellement être difficile à regarder. Il sait aussi qu’il y aura toujours des détracteurs et une mauvaise presse occasionnelle. Par contre, il s’élève contre ceux qui parlent en mal contre les arts martiaux mixtes sans adopter une ligne de pensée cohérente. Il s’indigne notamment contre ceux qui affirment qu’il s’agit d’un sport barbare et qui, en même temps, ne jurent que par la boxe, supposément plus civilisée. « Ces gens-là, je les arrête, parce que c’est prouvé scientifiquement que la boxe est plus dangereuse que notre sport, à cause des séquelles à la tête. Il y même davantage de morts en cheerleading qu’en arts martiaux mixtes, ajoute St-Pierre. C’est sûr que c’est une forme de divertissement qui ne fera jamais © Photo : Eric Williams/DR Photo Management

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H | À LA UNE

l’unanimité, mais la raison pourquoi c’est aussi populaire, c’est que le combat, c’est quelque chose d’inné, qui fait partie de nos instincts humains. On a tous ça en nous… mais il y en a qui l’ont plus que d’autres ! » Avec une grande intelligence, St-Pierre fait ensuite un parallèle entre les règles qui régissent un combat – « l’art de la guerre », comme il se plaît à l’appeler – et les principes qui nous aident à résoudre toutes les confrontations du quotidien, que ce soit la négociation d’un contrat, une chicane de couple ou une simple partie d’échecs. « Je ne demande pas à tout le monde

d’aimer ce que je fais ou même, à la limite, de le respecter, mais si vous dénigrez mon sport, faites-le avec les bons arguments », plaide-t-il avec aplomb.

LA VOIE DU SOMMET Dans le gymnase, à l’abri des controverses, Georges Saint-Pierre poursuit son chemin vers son objectif ultime, celui d’obtenir un jour le titre de meilleur combattant livre pour livre au monde. En se promenant un peu sur les sites dédiés aux arts martiaux mixtes, on se rend vite compte que les mordus du sport et les analystes qui les nourrissent essaient d’influencer l’avenir autant qu’ils le peuvent, pour qu’advienne un jour le combat de leurs rêves : un affrontement entre GSP (champion des mi-moyens; 156 à 170 lb) et Anderson Silva (champion des moyens; 171 à 185 lb). Pour les faire patienter, voici ce que répond St-Pierre à ceux qui veulent précipiter les choses (citation tirée du site ultimefanatic.com) : « Dans ma carrière, j’ai toujours fixé mes buts très hauts. Et chaque fois que j’atteins un de ces buts, je m’en fixe un autre. […] Si je prends du poids, ce sera difficile de revenir en arrière. Ce n’est pas comme si je pouvais monter et redescendre comme je veux. Je dois être très prudent quant à ce que je fais. Si un jour je me bats à 185 livres pour un superfight, afin de déterminer qui est le meilleur combattant livre pour livre, et que j’atteins mon but, je n’aurai plus de raison de continuer parce que je n’aurai plus aucun but à atteindre. […] Ce sera le temps pour moi de me retirer. Je ne sais pas vraiment si, maintenant, à 29 ans, j’ai le désir me retirer. C’est donc mieux pour moi de rester où je suis en ce moment, à 170 livres. » Que ceux qui veulent garder leur champion dans l’octogone encore longtemps se le tiennent pour dit. En attendant, St-Pierre a d’autres chats à fouetter et se prépare en vue de son combat du 11 décembre, qu’il attend avec impatience. « Ce qui s’en vient, c’est le combat le plus important de ma vie, pas seulement parce que je me bats une deuxième fois contre Josh Koscheck, mais parce que je me bats chez moi, à Montréal. Je m’en vais dans l’octogone comme si c’était pour être le dernier jour de ma vie. Je vais tout donner ce que j’ai et ça va passer ou ça va casser… À la fin de la soirée, c’est moi qui vais avoir le bras levé, ajoute-t-il après un temps de réflexion. » Quoi qu’il arrive, on sait qu’une machine est en marche.

« Ça fait aussi partie du travail d’être habillé comme une carte de mode. Des fois, je suis dans l’octogone en train de me battre et, d’autres fois, il faut que j’aie l’air d’un gentleman, ce qui correspond plus à ce que je suis réellement dans la vie, quelqu’un de gentil et de sympathique. Tu ne peux pas savoir que je suis un combattant quand tu me rencontres pour la première fois. Je pense que c’est important que ce soit comme ça. »

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© Photo : Eric Williams/DR Photo Management

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Illustration de Tom Tassel

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CONCEPTS TEXTES ET PHOTOS : ÉQUIPE DU GUIDE DE L’AUTO 2011

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E-TRON CONCEPT (FRANCFORT 2009)

AUDI L’indicatif « e-Tron » utilisé par Audi signifie que nous aurons affaire à un véhicule à motorisation entièrement électrique. L’Audi e-Tron Concept conçue sur la base de la très séduisante R8 deviendra dès 2012 un modèle de série. Elle sera à la fois plus légère et de dimensions réduites par rapport à la R8. Elle utilise quatre moteurs électriques placés derrière les roues. Au total, la puissance est de 313 chevaux et son couple de 3272 lb-pi est hallucinant. Elle abat le 0 à 100 km/h en seulement 4,8 secondes. Sa vitesse de pointe est de 200 km/h et son autonomie annoncée est de 250 km.

Les voitures hybrides de BMW sont identifiées par l’indicatif « Efficient Dynamics » et ce nouveau concept ne fait nullement exception à cette règle, bien au contraire. Ainsi, son moteur trois cylindres turbo diesel de 1,5 litre développe 163 chevaux et est accouplé à deux moteurs électriques. Pour celui qui est placé à l’avant, ajoutez 141 chevaux tandis que le moteur placé sur l’essieu arrière en annonce 52 supplémentaires. Le véhicule abat le 0 à 100 km/h en seulement 4,8 secondes. À la fois économe et écolo, sa consommation d’essence est limitée à 3,76 L/100 km et ses émanations de CO2 ne dépassent pas 99 g/km.

BMW

VISION EFFICIENT DYNAMICS CONCEPT

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F800 STYLE CONCEPT (GENÈVE 2010)

MERCEDES-BENZ C’est un imposant laboratoire tout plein de technologies de pointe qui se retrouve sous cette carrosserie. À titre d’exemple, son système Distronic Plus, qui peut carrément prendre le contrôle de la voiture sous les 40 km/h, le tout avec corrections du volant, accélérations et freinages contrôlés. Une approche qui pourrait s’avérer des plus intéressantes, notamment lorsque nous sommes coincés dans un embouteillage. Côté hybridation, il regroupe un moteur V6 atmosphérique à injection directe qui développe 300 chevaux, associé à un moteur électrique qui vient ajouter 109 chevaux à cette cavalerie, déjà bien armée.

La vedette incontestée de la 80e édition du Salon international de l’automobile de Genève serait actuellement convoitée par au moins 900 personnes prêtes à ouvrir leur chéquier pour l’acquérir. Outre son style des plus séduisants, ce bolide a surtout la particularité de bénéficier d’une motorisation hybride impressionnante laquelle regroupe un moteur atmosphérique de 3,4 litres de 493 chevaux associé à un moteur électrique qui vient y ajouter 215 chevaux. Elle rejoint les 100 km/h en seulement 3,2 secondes. Malgré cette puissante cavalerie, sa consommation d’essence ne serait que de 3,0 L/100 km tandis que ses émanations de CO2 ne dépasseraient pas les 70 g/km.

PORSCHE 918 SPYDER CONCEPT

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Comme tous les camions Honda, le CR-V est tout aussi robuste que raffiné. Que ce soit pour une soirée en ville ou pour une escapade de plusieurs jours, le CR-V s’adapte. Son espace de rangement peut être configuré pour recevoir beaucoup de bagages, tout en laissant un peu de place pour tous les prix qu’il a reçus, comme le Meilleur choix sécuritaire de l’IIHS 2009 ou le prix canadien de la valeur résiduelle ALG 2010, catégorie véhicule utilitaire, et on pourrait continuer. Pour découvrir ce que les journalistes pensent du CR-V, et de la gamme complète des polyvalents camions Honda, visitez honda.ca CAMIONS HONDA

CR-V • RIDGELINE • PILOT

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http://www.dailymotion.com/video/xcufdj_collateral-murder-wikileaks_news

David Le Boucher et Jean François Boily | DESSINS : TOM TASSEL

En avril dernier, le site WikiLeaks publiait sur internet une vidéo filmée en Irak à partir d’un hélicoptère Apache, dont le pilote attend impatiemment la permission de tirer sur un groupe de suspects « armés », qui sont en fait des civils innocents (www. collateralmurder.com). Cette vidéo montrant huit personnes se faire tuer en direct est troublante à plusieurs égards, notamment parce qu’elle nous fait réaliser que, pour les soldats, la guerre moderne ressemble à s’y méprendre à ce qu’on peut voir dans les jeux vidéos. En fait, les soldats sont exposés aux mêmes images que celles auxquelles sont habitués les mordus de jeux de guerre qui, joystick à la main, luttent contre un ennemi (barbu) cherchant à plonger le « monde civilisé » dans le chaos. Cette ressemblance entre la réalité et la fiction n’est pas un hasard. Elle est le fruit d’un cercle vicieux technologique où le réel se nourrit du virtuel, et vice-versa. Ainsi, chacun à leur manière, le soldat dans son hélicoptère et le jeune joueur rivé à sa télécommande gravitent autour d’un complexe militaro-industriel du divertissement , qui semble à même de créer des armes pour la guerre du 21e siècle et des outils pour en faire la propagande. H vous propose ici une incursion dans le monde des jeux de guerres, où la frontière entre le civil et le militaire devient sans cesse plus floue.

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H | Dossier C’est à partir des opérations américaines en Irak, en 1991, que la guerre a réellement pris des allures de jeu. Depuis ce temps, il n’est pas rare que les vétérans de l’Afghanistan et de la deuxième guerre d’Irak s’en remettent à la métaphore du jeu vidéo pour décrire leur expérience de combat. D’un autre côté, par l’entremise de jeux, les joueurs peuvent s’enrôler dans la représentation virtuelle de vraies guerres, tout en demeurant dans le confort de leur foyer. L’auteur de l’essai Militainment Inc., Roger Stahl, a d’ailleurs créé le terme « citoyens-soldats virtuels » pour définir les adeptes de ce type de jeux, dont l’esprit est mobi-

dans les années 1940, pour améliorer sa capacité à déchiffrer les messages codés de l’ennemi. Pendant la Guerre Froide, la modélisation par ordinateur a ensuite aidé les stratèges militaires à déployer leur arsenal nucléaire autour du globe. C’est vers cette époque aussi que les premiers simulateurs ont vu le jour : ils demeuraient toutefois peu nombreux parce qu’ils étaient extrêmement coûteux. Depuis quelques décennies, la révolution numérique a complètement changé la donne, et les simulateurs de toutes sortes en sont venus à occuper une place de choix dans toutes les facettes de l’entraînement militaire.

DES JEUX PROCHES DE L’ARMÉE America’s Army (AA). Jeu officiel de l’armée américaine offert gratuitement en ligne depuis 2002. L’an dernier, il comptait près de 10 millions de joueurs inscrits. Le jeu est mis à jour régulièrement, comme en fait foi le lancement en 2009 d’AA3, qui constitue la 26e version du jeu. America’s Army: Rise of a Soldier (2005) et America’s Army: True Soldiers (2007) sont des adaptations du jeu commercialisées par Ubisoft pour la console Xbox. En 2008, le jeu est entré au livre des records Guinness pour le plus grand nombre de téléchargements d’un jeu de guerre sur internet. Full Spectrum Warrior. Lancé en 2004, ce jeu permet de contrôler une escouade devant protéger les intérêts américains et britanniques (principalement), contre une vague d’attentats terroristes menés par des talibans et des membres d’Al-Quaeda réfugiés au « Zekistan ». Depuis 2008, le jeu est offert par l’armée américaine gratuitement sur le site bigdownload.com. En parallèle, une version du jeu intitulée Full Spectrum Command a été développée par l’ICT pour la formation des capitaines d’infanterie. Il est intéressant de noter que le titre de ce jeu fait explicitement référence à la politique de « full spectrum dominance » du Pentagone, énoncée sous l’ère Bush, qui, d’ici 2020, doit faire en sorte que l’armée américaine, seule ou avec ses alliés, soit en mesure de défaire tous ses ennemis et de contrôler toutes les situations où les opérations militaires sont possibles. C’est un gros projet, il va sans dire.

lisé et, de facto, familiarisé avec la violence inhérente à la guerre. Le réalisme est d’ailleurs un argument de vente souvent invoqué par les concepteurs des jeux.

Un simulateur dans le salon ? L’armée américaine, pionnière de la recherche informatique à des fins militaires, a commencé à investir dans le développement des ordinateurs

Dans les années 1990, l’armée se rend compte des avantages de collaborer avec l’industrie du jeu vidéo, dans le but de partager les coûts de développement des simulateurs. On aurait tendance à croire que la plupart des jeux sont des adaptations commerciales des simulateurs créés par l’armée, mais, en fait, les échanges sont plutôt bidirectionnels, et la collusion entre les institutions civiles et militaires est telle qu’il est difficile

« À l’ICT, les fabricants de jouets lancent des idées pour créer des armes futuristes. Les scénaristes d’Hollywood imaginent des complots terroristes potentiels. Les universitaires suggèrent des stratégies de guerre en milieu urbain et en évaluent les composantes psychologiques. Les concepteurs de jeu élaborent de nouvelles méthodes d’entraînement et les designers recréent virtuellement l’environnement de la guerre. » - Roger Stahl

de discerner qui initie quoi. Une chose est certaine, c’est qu’on assiste à une migration de personnel entre les militaires et les cadres des entreprises œuvrant dans le domaine du jeu. Cette étroite collaboration est très fructueuse. En 1997, par exemple, le sous-traitant à la défense OC Inc. crée un simulateur pour former l’état major américain à la doctrine militaire : il sera commercialisé en 2001 sous le nom Real War: Rogue State. Dans le même esprit, le jeu Close Combat: First to Fight, lancé en 2005, avait initialement été créé pour l’entraînement terrestre des Marines. Empruntant aussi le trajet inverse, l’armée investit pour transformer en simulateurs de « vrais » jeux destinés au public : c’est le cas des titres Fleet Command, Marine Doom et Rogue Spear. La frontière est poreuse entre l’univers virtuel du jeu et celui, bien réel, de la formation des militaires.

De l’ICT à America’s Army En 1999, la collaboration entre l’armée et l’industrie du divertissement prend une toute autre dimension, lorsque le Pentagone décide de créer l’Institute for Creative Technologies (ICT), un centre de recherche affilié à l’université Southern California, qui regroupe les meilleurs experts en intelligence artificielle et en modélisation 3D, ainsi que les talents créatifs d’Hollywood et du jeu vidéo. À l’ICT, toutes les forces nécessaires à la simulation à grande échelle de la guerre semblent bel et bien réunies. Dans un article paru en 2006 intitulé Have you Played War on Terror, Roger Stahl décrit le rôle des différents experts réunis sous la férule de l’ICT : « Les fabricants de jouets lancent des idées pour créer des armes futuristes. Les scénaristes d’Hollywood imaginent des complots terroristes potentiels. Les universitaires suggèrent des stratégies de guerre en milieu urbain et en évaluent les composantes psychologiques. Les concepteurs de jeu élaborent de nouvelles méthodes d’entraînement et les designers recréent virtuellement l’environnement de la guerre. » Du joli. L’année 2002 marque un tournant pour l’armée américaine, qui lance son jeu officiel : America’s Army. Depuis, le jeu peut être téléchargé gratuitement sur le web, mais une version commerciale a aussi été développée par le géant Ubisoft (en partie ici même, dans les studios de Montréal). Le jeu connaît un tel succès qu’en 2004, les studios America’s Army Government Applications voient le jour, pour limiter les coûts inhérents à la recherche et au développement. Aujourd’hui, America’s Army a été téléchargé plus de 10 millions de fois et les avantages qu’il procure à l’armée semblent être nombreux.

Pourquoi tant d’enthousiasme ? Une formation militaire à domicile. America’s Army est un outil exceptionnel pour enseigner aux joueurs les rudiments de la culture militaire :

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matériel utilisé, théâtre des opérations, chaîne de commandement, tactiques de combat, manipulation des armes, hiérarchie, etc. Au fil du jeu, les participants se familiarisent aussi avec les valeurs militaires que sont la loyauté ou le courage. On tient notamment compte d’un système de points basé sur l’honneur, calculé à partir des décisions des joueurs, qui influence beaucoup leur prestige dans l’univers virtuel. Un des buts avoués du jeu, selon l’instigateur du projet America’s Army, le lieutenant-colonel Casey Wardynsky, était de pallier au manque d’information des jeunes qui s’enrôlent dans l’armée, pour diminuer le taux de désistement des recrues. « Nous voulons que les jeunes qui s’enrôlent dans l’armée se sentent comme s’ils en avaient déjà fait partie », a-t-il affirmé. L’outil de recrutement rêvé. Dans un article paru en 2002 dans le New York Times, le journaliste Brian Kennedy estimait que, dans ses campagnes de recrutement, l’armée déboursait en moyenne 15 000 $ pour arriver à recruter un seul soldat, une dépense considérable. Il situait également les coûts de développement du jeu à 7,6 millions et ses frais annuels d’exploitation à 4 millions. De là, on peut calculer que le jeu n’a eu qu’à attirer 566 recrues pour couvrir ses frais de développement et à en attirer 266 de plus chaque année pour demeurer un investissement rentable. L’armée ne divulgue pas les chiffres relatifs à l’influence du jeu sur le recrutement, mais, puisque le jeu en est maintenant à sa huitième année d’existence, on peut en déduire que l’investissement est rentable, surtout si l’on considère que les inscrits se comptent par millions. Les tournois régionaux organisés par l’armée sont aussi très populaires. Offrant de la pizza et des boissons, les agents-recruteurs sont sur place et distribuent aux meilleurs joueurs du matériel informatique comme des Xbox et des iPod, ainsi que des prix en argent. Les agents sont présents également pour procurer de l’information et, au besoin, faire signer les documents nécessaires à ceux qui choisissent de s’enrôler. De plus, une base de données appelée Andromeda enregistre tous les faits et gestes des joueurs inscrits à ces tournois. À partir des données enregistrées chez ceux qui participent à un nombre suffisant de tournois, il est possible de déterminer leurs aptitudes militaires et d’évaluer la carrière militaire qui leur conviendrait le mieux. « Les meilleurs joueurs pourraient bien recevoir un courriel leur proposant d’en savoir plus sur l’armée », a déjà affirmé sans hésiter le lieutenantcolonel Wardynski… Qu’ils jouent dans les tournois ou dans le confort de leur foyer, les joueurs d’America’s Army ne sont toujours qu’à un clic de souris du site de recrutement officiel de l’armée américaine, GoArmy.com. Quand les internautes arrivent sur ce site, ils sont accueillis par Sergeant Star, un soldat virtuel qui descend d’un véhicule

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H | dossier d’assaut pour répondre à toutes leurs questions. Pour en avoir le cœur net, nous avons décidé de tester le système en posant une question (un peu difficile, avouons-le) à Sergeant Star. Nous lui avons demandé : « Est-ce que la guerre est comme un jeu vidéo ? » Malgré les limites évidentes de son intelligence artificielle, le Sergeant Star est demeuré pragmatique en nous répondant : « Téléchargez ici tous les jeux créés par l’armée. » Notre expérience ne nous a pas appris grand-chose, si ce n’est qu’il n’y a aucune différence notable entre l’univers du jeu America’s Army et le site de recrutement officiel qui lui est affilié : tous deux proposent un univers virtuel où les possibilités de s’amuser semblent illimitées. Définir l’ennemi. Il est par ailleurs très facile d’identifier l’ennemi dans le jeu America’s Army (et dans les autres jeux dont il a été question plus haut) : il s’agit immanquablement du fanatique islamiste qui menace de plonger le monde dans le chaos. Où sont, dans ces jeux, les entrepreneurs, les créateurs, les modérés et les autres « average Muslim-Joes » ? Ils sont inexistants. Outre les extrémistes, il n’y a qu’un type de musulmans représentés, ce sont les pauvres victimes de régimes tyranniques qui accueillent en libérateurs les soldats américains (et leurs alliés). Cela dit, pour éliminer le fanatique ou libérer la victime, la solution reste toujours la même : manette en main, il faut déployer tout un arsenal d’armes à la fine pointe de la technologie. Les musulmans deviennent ainsi une sorte de « punching bag » numérique sur lequel les amateurs de jeu peuvent frapper encore et encore. Comme l’a si justement exprimé le porte-parole du jeu Real War, en commentant son succès dans les mois qui ont suivi les attaques du 11 septembre 2001 : « On peut y faire exploser des terroristes et, pour beaucoup, ça fait du bien. » Aseptiser la guerre. Une des critiques les plus communément formulées à l’encontre de la guerre moderne a trait à sa représentation. Les médias parlent d’opérations propres menées avec des armes intelligentes, à la précision quasi chirurgicale. Ces armes ne font bien sûr pas de « morts », mais bien des « victimes collatérales ». En parallèle, les images de bombardement qu’on nous montre sont filtrées par les écrans radars des pilotes de chasse, comme dans les jeux vidéos.

DRONES DE GUERRE, DRÔLE DE GUERRE Qu’on appelle ça du progrès ou de la folie, les drones sont aujourd’hui des gadgets indispensables de la « guerre globale ». Plus d’une quarantaine de pays, dont le Canada, en possèdent et la quasitotalité d’entre eux les utilisent à des fins de surveillance. Jusqu’ici, seuls quelques pays ont osé les utiliser comme arme offensive : la Grande-Bretagne, Israël, et, surtout, les États-Unis. Ces robots téléguidés jouent désormais un rôle prépondérant dans les opérations militaires en Irak et en Afghanistan. La CIA les utilise aussi, notamment dans les missions d’assassinats ciblés qui ont débuté au Yémen en 2002 et qui sont maintenant pratiques courantes dans les vallées tribales du Pakistan. Un membre du gouvernement américain a confié au New York Times que la CIA n’était pas, de prime abord, très enthousiaste à l’idée de « tuer des terroristes à l’autre bout du monde à l’aide de manettes de jeux vidéos ». On s’y est vite fait. L’an dernier, le journaliste du New York Times Christopher Drew nous informait que le nombre d’avions sans pilotes était passé de 167 en 2004, au début de la guerre d’Irak, à plus de 5 500 en 2009. En mai 2010, le président Obama donnait secrètement son accord pour que la CIA augmente le nombre de bombardements à l’aide de drones au-dessus du Pakistan, malgré les plaintes toujours plus nombreuses en regard des victimes civiles tuées par ce type de frappes aériennes. Chez les Américains, l’engouement pour ce nouveau genre d’attaques est tel qu’un même soldat peut se retrouver à bombarder l’Irak le matin et l’Afghanistan l’après-midi. Il semble même que ces soldats spécialisés – ces « pilotes » – ont parfois de la difficulté à retrouver leur vie normale quand ils reviennent sur terre. Ce doit être particulier, en effet, d’aller chercher son enfant à l’école quand on vient de bombarder une madrasa en Asie centrale. « Comment s’est passée ta journée, papa ? » Tout indique que l’usage des drones va décupler, vu les avantages qu’on leur confère. D’abord, ils coûtent une fraction du prix des avions de chasse, et sont plus utiles dans plusieurs types d’opérations, notamment en zones urbaines. Ces appareils sont aussi des espions agiles et discrets, divulguant en temps réel des renseignements aux postes de commandement et aux troupes sur le terrain. De plus, les drones précèdent maintenant tous les convois militaires d’importance, pour

Or, la violence n’est pas absente des jeux, loin de là. Plusieurs sont même extrêmement « gore » et les têtes y explosent à qui mieux mieux. Il est toutefois intéressant de noter que le seul grand jeu ouvertement conçu comme un outil de recrutement – America’s Army – présente un univers particulièrement propre, où l’on a choisi de ne pas faire gicler de sang lorsqu’un soldat est touché par un projectile. Interrogé à ce sujet, le créateur du jeu, le lieutenant-colonel Casey Wardynski, a expliqué ainsi ce choix éditorial : « Nous ne voulions pas que la violence serve le divertissement ». Que faut-il comprendre d’une telle affirmation ? Que la seule violence réelle est celle que l’on voit ? Que la guerre n’est pas violente en soi ? Mystère. Une chose est certaine, cependant, c’est qu’en oblitérant le sang du jeu, ce dernier se conformait aux lois lui permettant de s’adresser aux joueurs à partir de 13 ans plutôt qu’à ceux de 17 ans et plus.

Il est très facile d’identifier l’ennemi dans les jeux de guerre : il s’agit immanquablement du fanatique islamiste qui menace de plonger le monde dans le chaos.

Des voix discordantes En mai 2008, l’American Civil Liberties Union (ACLU) publie un rapport intitulé Soldiers of Misfortune portant sur « les tactiques de recrutement de l’armée américaine qui s’adressent à des enfants aussi jeunes que 11 ans et qui ciblent de manière disproportionnée les jeunes de couleurs et ceux provenant de milieux défavorisés ». L’ACLU accuse aussi formellement l’armée de se servir de son jeu America’s Army pour recruter des jeunes de moins de 17 ans, ce qui est contraire à la loi américaine. À la suite de ce rapport, le comité des Nations unies sur les droits des enfants souligne que les pratiques de l’armée enfreignent le droit international relativement à l’implication des enfants dans les conflits armés. En août 2008, à la suite de ce rapport, l’organisme Iraq Veterans against War organise une manifestation devant les bureaux californiens d’Ubisoft pour dénoncer la commercialisation du jeu America’s Army, qui permet à l’entreprise d’engranger des profits à partir d’un outil de recrutement (moralement et légalement discutable) financé par les contribuables. Les entreprises qui conçoivent et distribuent ces jeux ne semblent pas se considérer comme des maillons importants, voire essentiels, d’une vaste économie de guerre. Dans son communiqué de presse officiel, Ubisoft s’est contentée d’invoquer la liberté d’expression. Questionné à ce sujet, un attaché de presse des

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vers la guerre du futur ? transmettre des images vidéos aux chauffeurs tout en émettant des signaux de brouillage électromagnétiques capables de bloquer les mécanismes de déclenchement des bombes se trouvant sur le chemin. Et la technologie n’en est qu’à ses débuts. Un des modèles dernier cri, le Global Hawk Aircraft, serait capable de distinguer un objet de la taille d’une boîte à chaussures depuis une altitude de 18 000 mètres. Pour l’instant, ces appareils demeurent toutefois difficiles à diriger et nécessitent la collaboration de plusieurs personnes au sol. On tente de simplifier le tout pour qu’éventuellement une seule personne soit capable de les manier facilement à l’aide d’un objet aussi courant qu’un iPhone, ou son équivalent. Ces drones ont beau être des robots, la décision de faire feu ou non revient toujours à un humain. Pour le moment. Mais cela aussi pourrait être appelé à changer. Le journaliste Tom Engelheart révélait tout récemment que, selon un rapport du Georgia Institute of Technology, le département de la défense américain est en train de développer des robots capables de prendre la décision de tirer de manière autonome. Ce sont les soldats qui manient les joysticks qui vont être contents d’être libérés de ce fardeau de vie ou de mort. Un des principaux avantages à court terme des drones est politique. Les décideurs risquent moins d’essuyer la critique en faisant courir des risques à des machines plutôt qu’à des humains. Mais les conséquences de ce changement de paradigme peuvent entrainer des conséquences tragiques. Selon l’expert en guerre robotique, P.W. Singer, à mesure que croîtra l’usage des drones et autres machins sans pilotes, les guerres à distance seront plus faciles à entreprendre, les inhibitions envers l’acte de tuer diminueront et l’éthique de la guerre continuera à s’éroder.  Pour plusieurs observateurs, l’ennui principal avec les drones, c’est que les victimes civiles augmentent à mesure que l’armée diminue ses propres pertes. Les chiffres des divers organismes varient grandement, mais, en ce qui concerne les opérations impliquant les drones, les plus optimistes estiment qu’il y a maintenant neuf morts militaires pour chaque décès civil, tandis que les plus pessimistes estiment ce ratio à un pour deux. Peu importe le scénario, il ne se rapproche jamais de celui présenté dans les jeux vidéos, où ceux qui explosent sont toujours ceux qui le méritent.

studios d’Ubisoft à Montréal, Christophe Grandjean, nous a répondu qu’il s’agissait, selon lui, « d’un publishing deal comme les autres ». On est d’accord ou non. « Ce n’est que du divertissement », diront certains. « Les jeux de guerre existent depuis toujours », diront d’autres. « Risk n’a jamais tué personne », diront les plus rigolos. Tous ces arguments se défendent effectivement. Une chose qu’on constate, cependant, c’est que le rapprochement de l’homme et de la machine semble irréversible et que chaque guerre permet d’expérimenter les nouvelles façons d’y parvenir.

Le problème des drones Au cours de la dernière décennie, l’armée américaine a opté pour une stratégie de « guerre en réseau » (network centric warfare), en adoptant un plan nommé Revolution in Military Affairs (RMA). Selon le chercheur James Der Derian, du Watson Institute, l’idée de base derrière cette révolution consiste « à diminuer la participation humaine à la guerre pour se fier davantage à la technologie ». Or, quand les soldats américains se sont embourbés dans les guérillas urbaines en Irak, les stratèges de la RMA se sont rendu compte que la « guerre asymétrique », combattue dans les villes populeuses où l’ennemi se fond à la population civile, neutralisait pratiquement la supériorité militaire américaine et augmentait les risques pour

les soldats sur le terrain. Ce désir de réduire les pertes parmi les troupes et, en parallèle, cet engouement pour la RMA a poussé l’armée à se tourner tout naturellement vers les drones sans pilotes comme nouvelles armes de prédilection. Imaginons une rangée de soldats bien concentrés, dans la pénombre, assis devant des écrans d’ordinateur, dans un hangar d’Arizona. Ils pourraient très bien être en train de jouer, mais, en fait, ils sont pilotes de drones et bombardent l’ennemi, à 9 000 km de distance. C’est un peu surréel, mais c’est la vie. L’utilisation extensive de ces avions sans pilotes est le premier exemple concret de la convergence entre la guerre réelle et la guerre virtuelle.

Si nous en sommes là, aujourd’hui, quelle est la prochaine étape ? Les stratèges de la RMA n’ont pas l’intention, semble-t-il, de s’arrêter en si bon chemin. Dans un futur pas si lointain, ils entrevoient que les opérations de l’armée seront gérées par un réseau informatique géant et intégré qui permettra une domination « full spectrum » à l’échelle planétaire. Pour ce faire, l’armée devra installer dans les villes occupées des réseaux dissimulés de nanosenseurs, de scanneurs du cerveau et d’appareils de mesure des biorythmes capables de discerner, en temps réel, les comportements « normaux » et « anormaux » parmi les membres d’une population. On serait tenté de repousser ces fabulations du revers de la main, en se disant qu’il s’agit de délire pur, mais ces technologies existent déjà, sans être fonctionnelles à grande échelle. Pour le professeur Stephen Graham, de l’université Durham, le but de l’armée « est d’atteindre un niveau de connaissances des situations qui se rapproche de l’omniscience de Dieu. » On constate que l’imaginaire militaire est bien fertile, sinon un brin mégalomaniaque. Reste à voir si ces stratèges auront les moyens de leurs ambitions… En attendant, l’armée américaine continue de jouer dans des simulateurs toujours plus élaborés, pour préparer les soldats américains aux guerres de demain dans les grandes villes musulmanes. Le simulateur Urban Resolve 2015, créé par l’ICT, vient ici marquer l’intellect : à partir de données recueillies par satellite, on a recréé en trois dimensions une section de 13 km2 de la ville de Jakarta comprenant 1,6 million d’édifices et où 109 000 véhicules et civils en mouvement constant sont programmés pour réagir « intelligemment » à tous les types de situations en temps d’occupation, comme de vrais insurgés. Plus près du public, les créateurs de jeux restent à l’affût des recherches militaires. Ghost Recon: Future Soldier, par exemple, qui doit paraître en 2011, est un jeu de la série Tom Clancy, qui

Pour ce faire, l’armée devra installer dans les villes occupées des réseaux dissimulés de nanosenseurs, de scanneurs du cerveau et d’appareils de mesure des biorythmes capables de discerner, en temps réel, les comportements « normaux » et « anormaux » parmi les membres d’une population.

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H | dossier Et au Canada ?

« L’AUTRE » JOUE AUSSI

Ce qui est bon pour les uns est aussi bon pour les autres. Pour recruter des militants parmi les jeunes musulmans, des spécialistes en informatique ont piraté des jeux américains – comme Battle Field II, par exemple – pour y inverser les rôles et permettre aux héros radicaux de s’en donner à cœur joie en décimant les troupes américaines. Pour sa part, le jeu Special Force, lancé en 2003 par l’Hezbollah libanais, met en scène des musulmans combattant les méchants Israéliens dans la deuxième intifada. À la suite de sa sortie, les autorités de l’Hezbollah ont admis que leur but (même si le jeu était plus ou moins satisfaisant) était de recruter des jeunes et d’attirer l’attention sur les jeux américains qui présentent les Arabes et les musulmans comme des terroristes.

intégrera une foule d’armes sur lesquelles planchent actuellement les chercheurs de l’armée, sous l’égide, notamment, du Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA). Très attendu, ce jeu créé par la société Ubisoft permettra aux mordus de vivre de vraies sensations fortes en mettant à l’essai, entre autres, les exosquelettes mécaniques, les robots miniatures, les capes d’invisibilité et les munitions intelligentes de demain.

« Tous les scénaristes de jeux vidéos se documentent pour que les jeux soient aussi réalistes que possible, explique Christophe Grandjean, attaché de presse d’Ubisoft. On demeure néanmoins dans le domaine du divertissement. On met souvent les jeux vidéos dans une catégorie à part, lorsqu’on parle de leur côté immersif et des effets potentiels qu’ils peuvent avoir sur le comportement, mais, pour moi, ils sont similaires aux films qu’on nous présente au cinéma. »

Jusqu’ici, il a surtout été question des pratiques de l’armée américaine, mais plusieurs des questions qui y sont soulevées sont pertinentes chez nous, dans la mesure où tous les jeux dont il a été question sont disponibles ici. Plusieurs sociétés implantées au Québec – comme Ubisoft et Electronic Arts – demeurent également très liées aux projets de création de l’armée. Elles bénéficient chez nous de généreux avantages fiscaux et on les compte parmi les fleurons de notre nouvelle économie. D’un point de vue strictement militaire, il faut voir que l’armée canadienne est engagée en Afghanistan et que nos ennemis sont les mêmes que ceux de nos voisins du sud. Pour le recrutement, à part quelques modules interactifs sur son site, notre armée est loin d’avoir une stratégie aussi intégrée que celle des Américains, mais, selon le lieutenant-colonel Russel Bassarab, chef de la direction des environnements synthétiques

L’utilisation extensive des avions sans pilotes est le premier exemple concret de la convergence entre la guerre réelle et la guerre virtuelle.

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de l’armée de terre, l’académie canadienne de la défense tente présentement une expérience de recrutement sur les sites de réalité virtuelle comme Second Life, où il est possible de visiter des sites appartenant aux Forces canadiennes. «Les jeux et les simulateurs, comme tous les outils, ont du bon et peuvent avoir du mauvais s’ils ne sont pas utilisés correctement, explique-t-il C’est pourquoi il faut toujours revenir à l’entraînement réel et aux règles d’engagement, qui sont à la base de nos opérations. » On peut noter qu’en 2007, les Forces canadiennes se sont aussi lancées dans l’aventure du jeu vidéo, en adaptant pour l’entraînement des instructeurs d’opérations en milieu urbain un jeu intitulé Swat 4, qui est devenu Canadian Forces: Direct Action. Il a été possible de télécharger le jeu gratuitement pendant un certain temps, mais il semble avoir été abandonné, car il ne permet pas de simulations d’assez grande envergure.

CONCURRENCER LES NOUVELLES ?

Auparavant, le développement des jeux était un processus lent, ce qui forçait les scénaristes à s’appuyer sur les guerres du passé. Au contraire, le site de jeu Kuma War, dont certains collaborateurs sont des généraux américains à la retraite, s’est donné une mission plus ambitieuse, celle de concurrencer l’actualité et même d’anticiper les déploiements militaires à venir. À ce chapitre, le slogan du site est révélateur : « Real war news. Real war games. » En s’inscrivant, les joueurs reçoivent donc un briefing qui les prépare à des « épisodes » du jeu, qui sont des missions virtuelles inspirées d’événements réels de la « War on Terror ». Depuis 2005, par exemple, l’épisode  58, intitulé Assault on Iran, permet aux joueurs de participer à une invasion préventive de l’Iran. Kumawar.com propose un nouvel épisode chaque mois. Au moment d’écrire ces lignes, on trouvait sur la page d’accueil du site l’épisode  106, Operation Kokaran : Kandahar, une aventure trépidante décrite ainsi : « La guerre en Afghanistan fait la manchette et Kuma vous emmène au front ! Lancez des roquettes, faites exploser des grenades, pilotez des drones-espions et conduisez des Humvees à Kandahar, dans une série de combats qui vont brasser la région. » Du gros fun en perspective.

Jouer du bon bord De là, on perçoit une contradiction dans les propos du ministre de la Défense nationale, Peter Mackay, qui, le 23 août dernier, prenait position contre la sortie d’un jeu de la série populaire série Medal of Honor, créée par Steven Spielberg et produite par Electronic Arts. « Je trouve anormal que quiconque, spécialement les enfants, puisse jouer le rôle d’un taliban dans un jeu vidéo, affirmait alors le ministre, indigné. Je suis certain que la plupart des Canadiens sont mal à l’aise et en colère. » On comprend donc qu’il n’y a aucun problème à jouer à la guerre, tant qu’on joue du bon bord. Dans un élan d’idéalisme, on ne peut s’empêcher d’imaginer ce qui adviendrait si toute l’énergie créative et les dépenses du complexe du divertissement militaire étaient consacrées à des fins pacifiques. Il va de soi que de faire exploser une tête est plus amusant que de regarder pousser une fleur, mais bon. Si seulement la paix était divertissante.

QUELQUES EXEMPLES CONCRETS • Au milieu des années 90, la compagnie de jeux vidéos Sega développe des simulateurs pour Lockheed Martin. En retour, la société d’armement fabrique des puces électroniques pour les jeux Sega. De plus, au cours de la même période, Sega adapte et commercialise le simulateur Desert Tank, créé par Lockheed Martin. Dans la Silicon Valley, les studios de Sega et les bureaux californiens de Lockheed Martin sont situés l’un en face de l’autre. • À la même époque, le DARPA développe le Dragon Runner, un véhicule militaire téléguidé par une télécommande modelée sur celle de la console PlayStation2. • En 2000, le gouvernement du Japon classifie la console PlayStation 2 « d’appareil à usage général apparenté aux armes conventionnelles», considérant que cet appareil créé par Sony était assez puissant pour servir à guider des missiles à distance. • Le 21 mars 2003, lors du déclenchement par l’armée américaine de l’opération « Shock and Awe », en Irak, Sony achète pour PlayStation 2 les droits sur ce nom. C’est la plus grande des trente entreprises qui ont tenté de le faire ce jour-là. Un mois plus tard, Sony abandonne les droits sur l’expression pour éviter la critique qu’elle aborde l’horreur de la guerre comme un jeu.

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Otto Dix (1891-1969) Mort dans la sape Du portfolio « La Guerre » 1924 © Succession Otto Dix / SODRAC (2010)

Otto Dix , La guerre qu on ne veut pas voir On ne me sort pas facilement au musée. Souvent, les objets rares qu’on y trouve m’indiffèrent, comme des pierres tombales de gens inconnus. Or, quand j’ai vu l’affiche annonçant l’exposition Rouge Cabaret, le monde effroyable et beau d’Otto Dix, j’ai immédiatement été interpellé par le tableau de cette Femme allongée sur une peau de léopard, dont les yeux de chat diaboliques semblaient me transpercer du regard. Je me suis donc rendu au Musée des beaux-arts de Montréal pour y faire la rencontre d’Otto Dix, un peintre qui a su témoigner, entre autres, des horreurs de la guerre et de ses contrecoups sur le tissu social. Une œuvre coup de poing, diraiton dans les publications sérieuses. Je dirai plutôt qu’elle « fesse dans le dash ». C’est plus senti. Je n’ai vraiment pas regretté ma sortie au musée. Jean François Boily | Photo : Félix Amyot

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Otto Dix (1891-1969) Matelot et fille (avec cigarette) 1926 (ou vers 1923) Aquarelle Otto Dix Stiftung, Vaduz © Succession Otto Dix / SODRAC (2010)

L’œuvre est immense. Impossible à résumer en quelques pages. Au mieux, je ne peux que partager quelques-unes des impressions qui me sont restées. J’ai été particulièrement accroché par la première partie de l’exposition, où les œuvres sont regroupées respectivement sous les thèmes de La tranchée, La rue et Le bordel, qui influencent fortement l’œuvre d’Otto Dix jusqu’aux années 30. Cela dit, tout le parcours de l’artiste fascine, surtout lorsqu’on considère qu’il a dû transformer complètement son style à partir de 1933, lors de l’accession au pouvoir d’Hitler, car le 3e Reich considérait que ses tableaux violaient les principes de la morale et risquaient de nuire à la volonté de peuple allemand de se défendre. Rien de moins. « On pense qu’il a pu continuer à peindre parce qu’il avait été décoré de la croix de fer à la Première Guerre mondiale. Mais ses propos pacifistes et son style très scabreux et provocateur ne cadraient pas du tout avec l’esthétique prônée par le national-socialisme. Plusieurs de ses œuvres ont d’ailleurs été détruites publiquement, explique Nathalie Bondil, conservatrice en chef du Musée des beaux-arts. »

Avec une grande intelligence, Dix s’est alors campé dans une sorte d’exil artistique. En s’inspirant des peintres primitifs et romantiques allemands, il s’est mis à peindre des paysages et des œuvres allégoriques subtilement subversives qui, à cause de leur esthétisme convenu, semblaient innofensives pour le régime. « J’étais condamné à l’art du paysage, dira Dix. Je le contemplais comme le ferait une vache dans un pâturage. » À vrai dire, je suis trop ignorant en histoire de l’art pour avoir su saisir toute la subtilité de cette partie de l’œuvre. Cependant, nul besoin d’être un connaisseur pour être interpellé par ce que nous montre Otto Dix entre les deux grandes guerres : la vérité sanglante et nue sur la misère et la déchéance morale des nations dévastées par la guerre.

La tranchée Les œuvres de la première salle consacrée à l’exposition sont lourdement marquées par la participation volontaire d’Otto Dix à la guerre, où, dès l’âge de 22 ans, il a combattu du côté allemand comme soldat mitrailleur dans les tranchées. De

1914 à 1918, Dix n’a cessé de dessiner : les carnages de guerre qu’il reproduit avec une subjectivité exacerbée sont saisissants, tout comme ses portraits de morts ou de mourants éventrés et criblés de balles, qui dépeignent crûment la réalité charnelle des tranchées en putréfaction. On peut voir l’ensemble des 50 gravures qui composent la série intitulée La Guerre, publiée en 1924. « J’ai bien étudié la guerre, dira Otto Dix. Il faut la représenter d’une manière réaliste, pour qu’elle soit comprise. » Qu’on le veuille ou non, pour la compréhension, c’est comme si on y était. Pour donner une idée du style de ces œuvres, on peut évoquer l’esthétique reprise plus tard par le mouvement punk et par les groupes rock heavy metal : les têtes de morts abondent et la violence est protéiforme. Chez Otto Dix, toutefois, la souffrance et l’empathie transparaissent, et on est loin des mascarades à la Marylin Manson et autres émules d’Alice Cooper. Cela dit, l’humour caustique n’est pas complètement de l’œuvre, comme en fait foi l’expression bizarrement souriante de certains squelettes peints par l’artiste. Hiver 2011

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Otto Dix (1891-1969) La famille de l’artiste 1927 Huile sur bois Städel Museum, Francfort-sur-le-Main, propriété des Städelscher Museums-Verein e.V. © Succession Otto Dix / SODRAC (2010)

(Et que dire du tableau, La Famille de l’artiste, représenté ci-dessus, où Dix se représente lui-même avec un air d’étrange consanguin ? Je suis forcé d’accorder un dix sur Dix à son clown intérieur.)

La rue et le bordel Dans cette deuxième salle de l’exposition, on constate que l’expérience de guerre d’Otto Dix a continué à le hanter des années durant. Peintes principalement dans les années 20, plusieurs toiles représentent des prostituées (souvent accompagnées de marins), ainsi que des scènes de crimes sexuels sauvages. Ces œuvres sont dures. Dures à regarder et dures à accepter, parce qu’elles sont pleines d’hommerie. Que ceux qui croient aller voir du beau pour du beau se le tiennent pour dit.

« Dans la société d’excès et d’outrance des Années folles, on peut imaginer qu’Otto Dix a vu la rue comme une guerre de tranchées, analyse Nathalie Bondil. Il percevait toute la souffrance des passants autour de lui, notamment celle des milliers de veuves de guerre obligées de se livrer à la prostitution pour survivre. Un critique a déjà dit que Dix était en guerre “contre cette usine à nausée qu’est la société”. C’est une très jolie phrase qui me semble faire le pont entre les œuvres de la rue et celles de la tranchée. » Pour rendre le propos ambivalent et encore plus troublant, tous ces tableaux de sexualité débridée et de violence presque insupportable côtoient des portraits de femmes éplorées, montrées comme des victimes de leur époque. Parmi ces pièces à la fois

envoûtantes et angoissantes, notons l’exceptionnelle Petite fille devant un rideau (non reproduite ici), ou encore ce Nu à mi-corps (ci-contre), qui transpirent l’humanité et la compassion et qui capturent la fragilité humaine dans son essence. Bref, à ce point de l’exposition, on se gratte la tête en se demandant ce qui pouvait bien se passer dans celle de l’artiste. Et on en redemande. « Dix n’est pas un moralisateur qui veut montrer la vie de manière manichéenne. Au contraire, il veut montrer un monde “effroyable et beau”, une tournure qui vient de lui, précise Nathalie Bondil. Il fait ressortir cette part d’animalité et de bestialité qui est en tout homme, et qui fait qu’on peut à la fois être barbare et faire preuve d’humanité. C’est très émouvant. C’est humain. Trop humain. »

Actuel, trop actuel À la guerre, Otto Dix a participé à de nombreux corps à corps meurtriers. Il aurait même avoué un jour à un de ses proches que « d’enfoncer une baïonnette dans le corps de l’ennemi procure une sensation indescriptible. » Son art bizarre, dur et tendre à la fois est d’ailleurs d’une intense indescriptibilité. La peinture était sans doute pour Dix un moyen de se soigner l’âme. Peut-être même le soignerait-on, aujourd’hui, pour le « guérir » de son syndrome de choc post-traumatique ?

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« Rouge Cabaret, c’est un monde de fard, un monde de masques, un monde de tromperie et de supercherie… c’est le grand théâtre de la vie que nous montre Otto Dix en témoignant de son époque », explique la fabuleuse Nathalie Bondil, photographiée ici devant son Musée des beaux-arts de Montéal.

D’ailleurs, pour peu qu’on prenne la peine de mettre l’œuvre d’Otto Dix en parallèle avec les histoires sombres qui surgissent de temps à autre au fil de l’actualité, avec les échos de nos guerres menées contre le terrorisme, on se rend compte qu’elle est criante d’actualité. Des gouttes de vérité scabreuse suintent parfois à travers les parois bien lisses des images de la guerre qu’on choisit de nous montrer – qu’on pense aux scandales sexuels de prison d’Abou Ghraib, par exemple –, mais c’est loin d’être la norme. À l’ère de la guerre chirurgicale et aseptisée, menée à distance par des avions sans pilotes, on oublie trop souvent qu’il y a effectivement des tripes et des boyaux qui gisent dans les rues poussiéreuses des villes occupées par nos coalitions militaires occidentales. « Otto Dix peint vraiment la guerre qu’on ne veut pas voir, résume Nathalie Bondil. Il montre tout. Il n’y a pas de gratuité ni de volonté de choquer dans son œuvre. Il n’y a que le désir de montrer la vérité et d’exorciser ce qu’il a vu. Il nous dit : “Que celui qui a des yeux pour voir voie. Tout ce que j’ai à dire est dans mon tableau et vous comprendrez ce que vous voudrez. » Il nous laisse libres devant ses œuvres. » Un reality check percutant, voire essentiel. Il ne reste qu’à prendre le musée d’assaut avant le 2 janvier.

Otto Dix (1891-1969) Nu à mi-corps 1926 Huile et détrempe sur bois Collection particulière, New York© Succession Otto Dix / SODRAC (2010) Hiver 2011

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LE OU

PARADIS,

PRESQUE ! La Grèce n’était pas sur ma liste « top 10 ». Elle était plutôt lointaine et peu inspirante à mes yeux. Je la voyais polluée, trop humide, embouteillée, noire de monde et trop chère. Heureusement, ma perception de ce coin de paradis était complètement à côté de la « track » et mes préjugés étaient disproportionnés par rapport à la réalité. Par : Frédéric Couture

| Photos : Nadine Pépin

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H | grèce Un voyage de cette nature est généralement planifié longtemps à l’avance. Par contre, de nos jours, avec la magie du web, il est possible de se planifier en quelques secondes une escapade de dernière minute à l’autre bout de monde, car, pour moi, 10 heures de vol, c’est loin ! Les billets d’avion n’étant pas trop chers et à la portée de la main (ou plutôt de la souris), je n’ai pas hésité une seconde pour sortir ma carte VISA et pour vivre intensément, sans argent, tout en effectuant quelques recherches pour les dodos à venir. Comme la Grèce vit présentement des moments difficiles sur le plan économique, l’occasion était vraiment bonne pour réussir à dénicher quelques aubaines. De mon point de vue de néophyte, il y a deux choses essentielles à faire en Grèce. Visiter d’abord Athènes et, ensuite, fréquenter l’oubli dans l’une des 227 îles qui composent l’archipel. Nous avons choisi Santorini. Pourquoi ? Je ne le savais pas au moment de le faire.

Athènes Comme nous avions seulement huit jours prévus à notre horaire et que nous étions à la dernière minute pour la planification de notre voyage, il nous paraissait évident qu’il fallait au moins visiter Athènes et en profiter au maximum. Lieu mythique de notre culture occidentale, la ville est un passage obligé, mais, par contre, quelque peu décevante à certains égards. Actuellement, les grues gigantesques sont partout, les ruines sont en cours de restauration majeure et le paysage en souffre. Par contre, c’est un endroit très impressionnant. Pour un trajet qui en vaut la peine, je recommande fortement les bus à deux étages (pour 18 euros). Ils permettent de bien apprécier toute la symbolique de l’histoire qui vous entoure, et ce, dans un délai assez rapide. Côté soleil, Athènes ne s’en laisse pas imposer. Plusieurs plages publiques et privées sont à votre disposition et sont très facilement accessibles par les moyens publics de transport. La ville dispose d’ailleurs de quatre services très efficaces : le tram, le bus, le métro et le « suburban railway ». Côté bouffe, il y a aussi moyen de s’arrêter à plusieurs excellents restaurants typiquement grecs. Il suffit de faire un arrêt à Syntagma Square et d’emprunter la rue piétonnière, là où les boutiques et les restos vous attendent. Bref, après coup, je suis d’avis qu’Athènes est une ville qu’il faut absolument visiter, mais je vous recommande une escapade de 48 heures, tout au plus.

Santorini Astérix et Obélix en rêvaient. Je comprends maintenant pourquoi. Je n’avais jamais pensé qu’il était possible de vivre de pareils moments dans une vie. C’était le paradis, ni plus ni moins. S’il y a une seule île grecque à voir dans une vie, c’est Santorini. Je suis tellement satisfait de mon séjour dans cette île que je n’ai même pas besoin de voir les autres îles pour vous la recommander par-dessus tout !

Avec ses vues imprenables sur la Caldera, cette île est un endroit rêvé pour une escapade romantique en excellente compagnie. Que ce soit dans la ville de Fira, d’Oia ou d’Imerovigli, chaque lieu renferme ce petit quelque chose de magique qui fait qu’on en redemande. Les plages de sable volcanique, rouge ou noir, nous donnent l’impression que, dans cette île, le temps s’est arrêté. Afin de profiter de l’île au maximum, nous avons loué un VTT pour une durée de deux jours. Pour un homme, c’est probablement un des plus beaux « trips » à faire dans une vie. Il est aussi possible de faire le tour de l’île en scooter, en moto ou en auto. Le terme que j’utiliserais pour décrire mon expérience, c’est liberté. Une liberté sans casque, en plus. Ce n’est pas absolument conseillé, mais bon ! Je me sentais comme un petit gars. Avec ma délicieuse copine, nous avons été en mesure de

ratisser Santorini dans les moindres recoins. Que ce soit à la plage, en ville ou sur une terrasse à siroter une bière grecque, la Mythos, tout était parfait. Partout, des paysages à couper le souffle. Imaginez ces routes pratiquement désertes… Une sensation incroyable de liberté. Il y a deux moyens de se rendre à Santorini : l’avion, car il existe maintenant des vols directs pour l’île, et le ferry, qui représente une excursion de plus ou moins cinq heures. Nous avons choisi le bateau. C’était bien, mais je crois qu’il est préférable de prendre l’avion, pour gagner du temps. Par contre, je vous dirais que l’arrivée au port vaut le détour. C’est comme la fin du monde : on ouvre les portes du ferry et, voilà, une marée humaine se déchaîne et le chaos s’installe pendant un bon moment. Le temps pour tout un chacun de trouver son moyen de transport.

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Du blanc, du bleu et des courbes Sur l’île de Santorini, le blanc et le bleu font partie intégrante du paysage grec. C’est typique de l’endroit. Le coucher de soleil est aussi incroyable. C’est un spectacle à ne pas manquer. On s’installe sur notre balcon surplombant le volcan et on regarde ce que les mots ne peuvent décrire. Les restos sont très sympathiques, surtout La Maison, que nous avons adorée. Par ailleurs, le coût de la vie y est généralement assez élevé, mais avec un peu de chance et un esprit de négociation, vous êtes en mesure d’apprécier votre voyage sans y casser votre cochon. Ah, j’oubliais les femmes ! J’ai eu droit pendant mon séjour à démonstration de ce que je qualifierais de défilé de mode assez exceptionnel. Très tendance, la femme grecque de Santorini aime être regardée. Lunettes chromées, tans incroyables, mini-jupes qui raccourcissent à perte de vue… Il n’y pas une journée ou même une heure où les splendeurs de la femme grecque n’étaient pas au rendez-vous. Pour l’œil, ça en valait le coup.

Un arrêt au dépanneur Départ obligé, avec en prime un petit pincement au cœur. Le retour s’annonçait long et pénible. Pourquoi ? Parce nous devions nous arrêter au « dépanneur » de Goose Bay, au Labrador, sur le chemin du retour. Vous avez bien compris, une escale stimulante ! Je peux vous dire que lorsque le pilote vous annonce, au départ, qu’il est possible que nous ayons une panne d’essence en plein vol, du déjà vu pour certain, il fait passer parmi les passagers un petit frisson d’inquiétude. Donc, après une heure de vol, le pilote nous annonce qu’à cause des vents, nous allions devoir faire un « pit stop » de 20 minutes pour faire le plein. L’arrêt fut très rapide et efficace. Comme dans une course de Nascar, nous sommes retournés en piste pour le décollage après un arrêt à côté d’une pompe à essence, près d’un dépanneur, littéralement. Un lieu presque aussi désert que les escarpements de Santorini, les femmes, les plages et le soleil en moins ! Au final, la Grèce aura été pour moi un moment clef dans ma vie. J’ai eu la chance d’y refaire le plein d’énergie et d’idées. Le calme et la tranquillité de Santorini en font une destination fascinante. J’y retournerai un jour, c’est évident. Et je tenterai peut-être même d’y rester pour un long séjour. Hiver 2011

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STARDOM PHOTOS : YANN OSTIGUY

| RÉALISATION : MARTIN BOUCHER

« La vie rêvée. Nous voyons leurs plus beaux moments, mais les célébrités vivent en secret les pires difficultés. Elles nous divertissent et nous transportent dans leur univers. Elles se retirent ensuite, nous laissant seuls avec notre imaginaire. Le jour se termine et, déjà, le lendemain, elles doivent se lever. Car il est venu le temps de faire rêver. Veston d’allure rétro, à la coupe ajustée. Chemise noire ou blanche agencée à une cravate riche de couleur vive, pour un effet très glam et masculin. Les accessoires, dont une montre cool et un bracelet d’argent Mont Blanc, sont tout en simplicité. Soulier sport chic et chaussette à motif, pour une touche décontractée. Avec le nœud papillon et le mouchoir en poche, il ne faut surtout pas oublier la guitare, car il faut toujours être prêt quand vient le temps de se donner en prestation ! » – Martin Boucher, styliste

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Chemise Suit chez Mens Jeans Tiger Soulier et ceinture Zara Cravate Blick et chaussettes chez Simons

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Page de gauche : n Chemise Tiger n Jeans Hugo chez Mens n Bretelle Zara n Montre Diesel chez Simons Page de droite : Lui : n Chemise Boss chez Mens n Pantalon Tiger n Nœud le 31 n Bracelet MontBlanc chez Duo Elle : Sous-Vêtement Esprit chez La Baie

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Page de gauche : n Veston Mario Matteo, Chemise le 31 et Montre Diesel le tout chez Simons n Cravate Tiger n Soulier Zara Page de droite : Lui : n Veston Tristan n Chemise et cravate Hugo chez Mens Elle : n Robe Rachel Roy Chez La Baie n Ceinture Bedo

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Elle : n Robe Rachel Roy Chez LaBaie n Ceinture Bedo n Pantalon Tristan n lunette columbia

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Mise en beauté Amélie Burneau Longpré (Gloss Artistes) avec les produits Lancôme et Tresemme

Lui : n Veston Boss Chez Mens n Chemise Bedo n Nœud Klick chez Simons n Jeans J.Lindeberg chez Simons n Lunette Columbia Chez deVisu

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Ben+D

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Modeles Ben (Agence Folio), Sandra (Agence Next)

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Assistants à la réalisation Frédéric Perron et Gabrielle Gagné

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Remerciement à l’Hôtel des Gouverneurs pour leur collaboration. www.gouverneurs.com


DESIGNERS QUÉBÉCOIS 1215, Bernard O. Montréal (Québec) H2V 1V7 T.514.564.6575 F.514.564.6577 info@benetdiction.com www.benetdiction.com

BIJOUX

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VÊTEMENTS

SACS

MAILLOTS DE BAIN

MANTEAUX

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H | missy1980

UNE Par : Missy1980

SALOPE C’est pas pour me vanter, mais ça fait seize ans que je suis active sexuellement. Je sais comment atteindre un orgasme. Je suis pas

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ne salope, c , est pas biologique. Je veux dire, c’est

pas supposé être dans notre biologie. Je l’ai appris dernièrement. En fait, c’est un gars avec qui j’ai couché qui me l’a expliqué. Selon la psychologie évolutionniste, si j’ai bien compris, c’est normal que les gars aient envie de coucher avec le plus de filles possible. Parce que notre but, en tant qu’humain, c’est de répandre nos gènes. Paraîtrait qu’inconsciemment ou biologiquement ou humainement, je sais plus, c’est très important que le code génétique survive. Donc pour un gars, la logique veut que plus il fourre de filles différentes, plus il a de chances d’avoir des petits un peu partout. Plus il a des petits, plus son code génétique survit. C’est logique. La fille, elle, c’est le contraire. Si elle veut répandre son code génétique, il faut qu’elle soit hypersélective. Il faut qu’elle choisisse un gars qui va l’aider à élever les enfants et qui va la protéger parce que, sinon, il y a peu de chance que sa progéniture/son code génétique survivent. Dans la même logique, le gars m’a aussi expliqué que les one night stand, ça avait des conséquences positives pour les gars et des conséquences négatives pour les filles. Avec un one night, le gars a un bon deal : peu d’effort, beaucoup de chances d’avoir un bébé. Il se lève le lendemain, ben fier, ben content de lui et crisse son camp. La fille, elle, est un peu dans marde : gros risques d’avoir un bébé, très peu de chances d’avoir un père pour l’élever. Elle se lève le lendemain, déprimée, inquiète, dégoûtée d’elle-même et rejetée. Parfois, même, elle pleure. k C’est pour ça qu’une salope, c’est pas biologique. J’étais contente de l’apprendre. En même temps, je m’en doutais. Tout le monde s’en doute. Instinctivement, les salopes, personne aime ça. Les religions aiment pas ça. Les profs d’éducation sexuelle aiment pas ça. Les mères de famille aiment pas ça. Et c’est pas pour rien. C’est parce qu’en fin de compte, en plus de pas être bio, c’est pas utile, une salope. Ça n’a aucune fonction sociale, ça aide pas à faire progresser l’espèce et c’est risqué pour la santé publique. J’étais d’autant plus contente d’apprendre tout ça parce qu’avant, j’étais une salope, moi. Une chance que j’ai couché avec ce gars-là, parce que, sinon, j’aurais jamais su qu’il fallait que j’arrête d’être une salope. Mais, grâce à lui, j’ai arrêté. Je veux dire oui, okay, j’aime beaucoup les hommes, c’est bien connu. Mais là, quand même, qui voudrait par choix pas être « biologique ». Personne. En tout cas, pas moi. Je veux pas que ma libido nuise à l’espèce humaine. Je suis pas égoïste à ce point-là.

là en train d’attendre que le gars fasse la job tout seul. Je suis pas là en train de faire des faces de porno juste pour me rendre intéressante. Je sais comment ça marche.

Ce que je comprends pas par contre, c’est que, quand j’étais une salope, le buzz d’avoir pogné un nouveau gars, de l’avoir ramené chez nous et de l’avoir essayé, c’était un très bon buzz. Pas juste pour moi. C’est pas pour me vanter, mais ça fait seize ans que je suis active sexuellement. Je sais comment atteindre un orgasme. Je suis pas là en train d’attendre que le gars fasse la job tout seul. Je suis pas là en train de faire des faces de porno juste pour me rendre intéressante. Je sais comment ça marche pour vrai une rencontre sexuelle entre deux êtres humains. C’est peut-être pas utile socialement, une salope, mais, pareil, quand le gars partait le lendemain matin, il avait un gros smile dans face pis moi j’étais contente. J’étais fière. La déprime, le sentiment de rejet… Non, pantoute. Je devais être en déni. Je devais être en train de négliger ma sensibilité féminine, de pas écouter ma fragilité, mon besoin de sécurité, mon horloge biologique, ma quête d’approbation… J’étais fuckée. Tellement fuckée que je me faisais accroire que j’étais libre, que j’avais du fun, que j’étais émancipée… Mais non. J’étais en gros gros déni. Ça m’arrivait même de penser qu’il y avait un complot contre la libido féminine. À cause des rapports trop alarmistes et sensationnalistes sur la sexualité des adolescentes. À cause des religions qui font porter le fardeau de la chasteté aux femmes. À cause de la façon dont on me regarde quand je dis avec combien de gars j’ai couché. J’avais pas raison de penser ça. Je comprends, maintenant. Si les musulmans, les catholiques, les scientifiques, la santé publique et la psychologie évolutionniste pensent tous en chœur qu’une femme devrait réprimer sa libido, ben, je vois pas qui je serais, moi, pour lever la main pis dire : « Euh… Excusez… Je m’appelle Missy1980, je suis une salope pis je trouve ça le fun. » Non. À la place, je vais faire de l’introspection, je vais me sentir coupable pis je vais me rallier. Bio. Full bio.

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Masculin | Singulier

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H | PRATIQUE

IDÉES-CADEAUX (PARCE QUE C’EST LE TEMPS DE L’ANNÉE !) Un petit pot-pourri de cadeaux hétéroclites, pour elle et lui, qui sauront peut-être vous inspirer et vous aider à aller droit au but dans vos prochaines sorties de magasinage. PAR GENEVIÈVE DÉSILETS

POUR ELLE 1 Votre douce moitié passe trop de temps penchée sur son fer à repasser ? Offrez-lui le Défroisseur de vêtements Precision Valet de calibre commercial. Elle en sera humide de bonheur ! Pratique et fiable, il offre un pressage à la vapeur pénétrant en profondeur les tissus pour éliminer les germes et les odeurs sans aucun produit chimique. Il comprend également un compartiment pratique pour ranger les accessoires ainsi qu’un support à vêtements intégré. 189,99 $ 2 LAMPE BERGER Paris a créé EasyScent™ Home, un système révolutionnaire de diffusion à froid qui préserve les propriétés aromachologiques (où les odeurs affectent l’humeur) des huiles. Le diffuseur plutôt décoratif (ça dépend des goûts) disperse le parfum choisi dans la pièce. Selon le but recherché, on opte pour une cartouche diffusant un parfum relaxant (Souvenir gourmand, Rester zen, Doux rêves, Ensoleillemoi) ou stimulant (Jour de fête, Réveil tonique, Au boulot, Passionnément). Coffret de départ : 54,99 $, avec une cartouche aromatique de 20 heures. Les recharges de 150 heures sont offertes au prix de 19,99 $. Ça sent bon longtemps. www.lampeberger.ca

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3 Pour le temps des fêtes, les boutiques La Vie en Rose offrent de la lingerie aux couleurs et motifs chatoyants, allant de la nuisette en satin au porte-jarretelles en dentelle. Nul doute que vous pourrez y trouver quelque chose qui fera plaisir à votre douce, qui sera encore plus douce ! 4 Pour un moment de détente bien mérité, pourquoi ne pas offrir un forfait-cadeau chez BALNEA spa + réserve thermale ? Choisissez entre l’Expérience thermale, le Forfait Complètement raisin, le Forfait Bootcamp, le Coffret Sundari pour le visage et le Forfait Euphoria. Un cadeau que toutes les femmes apprécieront (sinon, trouvez-en une autre !) www.balnea.ca 5 La Cafetière Stay or Go Custom Pair d’Hamilton Beach vous permettra d’éviter les chicanes pour le café du matin. Son panier filtre à deux sections permet de préparer en même temps deux types de café. Plus besoin de choisir entre un café régulier et un café vanillé à la française. De 89,99 $ à 99,99 $ (cognac en sus).

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Courtoisie : Decantus

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POUR LUI

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6 Le bac à peinture Styletto évitera quelques courbatures au peintre qui sommeille en vous. L’entreprise québécoise Styletto Design vient de lancer un bac à peinture novateur qui facilite les déplacements et rend l’environnement de travail plus sécuritaire, tout en prévenant les maux de dos. Vous ne reviendrez jamais au vieux bac et vous serez (presque) content de repeindre le sous-sol. 24,99 $.

9 Si vous avez plusieurs gadgets électroniques portables et que vous cherchez une solution pour d’éliminer les amas de fils des chargeurs, procurez-vous la plaque de recharge myGrid de Duracell. Elle peut recharger simultanément jusqu’à quatre appareils comme les cellulaires, les appareils photos numériques, les iPhone et les iPod. 89,99 $.

7 Les moulins, huiliers et vinaigriers Trudeau sont des classiques incontournables. Fabriqués à partir de matériaux de première qualité, les nouveaux moulins allient robustesse et élégance, tandis les nouveaux huiliers et vinaigriers permettent d’aromatiser l’huile ou encore de verser d’un seul trait la parfaite mesure d’huile et de vinaigre. Ça vous laissera plus de temps pour manger. De 29,99 $ à 44,99 $.

10 Pour les sportifs de plein air, Mountain Equipment Coop propose l’outil multifunction Octane de Gerber, un gadget permettant aussi bien d’ajuster les fixations de ski que d’ouvrir une bière ! Compact et s’ouvrant d’une seule main, il est muni de pinces, d’un coupe-fil, d’une attache pour poche, d’un décapsuleur, d’une lame semi-dentelée et d’une plate, d’un tournevis cruciforme, d’un tournevis à pointe carrée, d’un grand tournevis à lame plate et d’un couteau pour ouvrir les emballages. Pour le gars équipé. 55 $

8 Messieurs qui savez et surtout aimez boire, l’aérateur Decantus, créé par Vinaerius, permet de révéler le bouquet, le goût et les arômes du vin en quelques secondes seulement, contrairement aux carafes, qui peuvent prendre quelques heures pour arriver au même résultat. Son apparence n’est pas sans rappeler les amphores utilisées dans l’Antiquité et son plus grand avantage est de permettre, grâce à une aération maximale, une diminution rapide du taux de sulfites dans le vin, qui peuvent causer de l’inconfort et des problèmes de digestion chez certaines personnes. La gamme va de 80 $ à 110 $. Ami, lève ton verre !

11 Les rasoirs Series 7 de Braun offrent un rasage en douceur qui dure plus longtemps. Trois modes permettent d’adapter l’intensité du rasage aux différentes zones du visage, tandis qu’une lame centrale active, positionnée entre les grilles jumelles, soulève et coupe les poils couchés sur la peau, même dans les zones difficiles d’accès. Enfin, le système Clean&Renew nettoie, lubrifie, sèche et recharge automatiquement le rasoir, pour une efficacité optimale, jour après jour. De 279,99 $ à 339,99 $ HIVER 2011

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H | BEAUX BONHOMMES

BEAUX BONHOMMES (QUI SENTENT BON) Pour être sur votre 36 dans le temps des Fêtes et faire tourner les têtes, on vous suggère quelques produits intéressants. À vous de les tester auprès de la gent féminine ! PAR GENEVIÈVE DÉSILETS

RASAGE NON RUGUEUX

MAINS DOUCES COMME UNE FESSE

PORTER DU NOIR

CHIC

Eau thermale Avène prend soin de votre beau minois avec une gamme juste pour vous. La Mousse à raser protège la peau des agressions du rasage : en faisant glisser plus facilement le rasoir, les sensations d’inconfort disparaissent. On fait suivre du Baume aprèsrasage, un véritable antidote au feu du rasoir qui apaise immédiatement les irritations. Et si vous avez tendance à faire des poils incarnés, Dermo-K fera des merveilles. Il s’applique le soir sur une peau propre, pour préparer le poil au rasage du lendemain matin. Vous n’avez plus de raison de ressembler à Tom Selleck par peur du feu du rasoir ! Produits disponibles en pharmacie.

Pour dire adieu aux pellicules disgracieuses, le nouveau Shampooing Antipelliculaire de Garnier Fructis, pour hommes seulement, est tout indiqué. Il vient à bout des pellicules rapidement, purifie votre cuir chevelu et laisse votre crinière fortifiée et saine. Il est offert en quatre versions : Intense Clean, Dry Scalp, Clean & Fresh et Clean & Fresh 2-en-1. (Intense Clean renferme des microbilles qui éliminent efficacement les pellicules en exfoliant le cuir chevelu.) Idéal pour les cas plus sévères.

UNE PEAU DE COURSE

IDC a développé une nouvelle ligne de soins dermocosmétiques spécialement conçue pour la peau masculine. Le Sérum antirides et fermeté Men s’attaque aux principales causes du vieillissement cutané et prolonge la fermeté et la souplesse de la peau masculine. Il contrôle aussi l’irritation et le dessèchement de la peau, atténue l’aspect des rides et ridules et améliore la vitalité du teint. MC

Les mains sèches ne sont pas l’apanage des femmes. Mais on ne se cachera pas non plus que la majorité des crèmes pour les mains sentent la matante. Le beurre pour les mains Nu NATURE Bambou et Gingko Biloba fait exception, puisqu’il est formulé spécifiquement pour les hommes, avec des notes végétales corsées et vivifiantes. Il nourrit, protège, aide à la cicatrisation et prévient les irritations cutanées et le dessèchement des mains. Cette gamme comprend également une crème douche, une crème corporelle, un beurre corporel, une eau de toilette, un pain de savon et un bain moussant. Offert exclusivement dans les succursales PROXIM participantes.

Cet automne, GAP présente une collection de pantalons haut de gamme pour hommes. Pour être élégant, sophistiqué et moderne dans vos partys des fêtes, optez pour le Kaki raffiné, un pantalon avec une coupe étroite et décontractée. Infroissable, il sera votre allié pour une allure totalement tendance. Offert en noir, gris ou kaki.

FIÈRE ALLURE, BIEN SERRÉE

EqumenMC est une collection qui révolutionne le monde des sous-vêtements. Les maillots de corps, camisoles et caleçons Core Precision améliorent la posture, la circulation et la récupération musculaire, diminue les maux de dos, contrôle la température du corps et stabilise le centre de gravité, pour une allure digne des mannequins et une confiance accrue. Du beau corsage, comme on dit. En vente chez Holt Renfrew, entre 52 $ et 129 $.

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H | MODE Voici quelques nouvelles destinations où vous pourriez avoir envie de vous perdre pour trouver la perle rare du temps des Fêtes, ou tout simplement pour vous gâter pour l’hiver qui s’en vient ! PAR MARTIN BOUCHER

BEN&DICTION

CARNET D’ADRESSES Style | Stardom Aldo aldoshoes.com Bedo bedo.ca

L’hiver est à nos portes et il est temps de penser à se couvrir. Pour ceux et celles qui recherchent un manteau qui les sortira de leurs habitudes d’achat, il y a les créations Ben&Diction. Depuis 2009, le passionné Benoit Therrien met à profit ses 15 années d’expérience dans le milieu des vêtements sportifs d’hiver pour une clientèle distinguée qui recherche le confort et un style différent. Novateur et avant-gardiste dans le choix de ses matériaux, Benoit propose une gamme de produits de qualité caractérisés par un heureux mélange entre le très mode et le très sportif. Un vent frais qui nous sort des sentiers battus. 1215, rue Bernard Ouest, Montréal. www.benetdiction.com

Blick Chez Simons simons.ca Boss Chez Mens 514.843.8877 menscollection.ca Columbia Chez deVisu devisu.ca 514.598.8478 Diesel Chez Simons simon.ca

Esprit Chez La Baie thebay.com Hugo Chez Mens 514.843.8877 menscollection.ca J.Lindeberg Chez Simons simons.ca Le 31 Chez Simons simons.ca Mario Matteo Chez Simons simons.ca

Montblanc Chez Duo 514.848.0880 boutiqueduo.com Rachel Roy Chez La Baie thebay.com Suit Chez Duo 514.848.0880 boutiqueduo.com Tiger of sweden 514.798.8821 tigerofsweden.com Tristan tristanstyle.com Zara zara.com

LOCALE

Encore une fois, le groupe Aldo fait un grand pas. Ouvertes depuis quelques semaines, les premières boutiques Locale sont inspirées d’un concept qui donne la cadence à un marché qui ne demande qu’à avancer et à évoluer. Offrant des chaussures de grandes marques au design innovateur, ces boutiques présentent plusieurs styles internationaux dans un environnement unique, influencé par les arts locaux. Ces espaces visent une clientèle de jeunes professionnels à la recherche de chaussures de marque confortables, présentées dans un décor inspirant. www.localeshoes.com

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H | digère

Collage : Tom Tassel

UN PETIT GOÛT D’EXTINCTION Par Jean François Boily Dépité par ce grand banquet télévisuel qui sature nos ondes, je me redresse Je zappais, récemment, langoureusement affalé dans mon divan. Mon épouse étant partie, je cherchais une émission affriolante où admirer la jeunesse fémi- alors dans mon sofa, en me décoinçant judicieusement la bobette. La raie, délinine peu vêtue pour profiter agréablement de ma solitude au foyer. On n’est pas cieuse au beurre noir, respire mieux ainsi. Ce geste salvateur m’illumine d’un en congé tous les soirs, quand même. Or, j’ai vécu une grave débandaison télévi- coup l’intérieur. J’ai soudainement ma révélation. Je veux moi aussi conceptualisuelle quand j’ai constaté que, sur toutes les chaînes, j’étais condamné à regarder ser des émissions de cuisine. L’avenir est là. La première idée qui me vient à l’esprit est un show exotique à petit budget : des émissions de cuisine. J’adore les poitrines et les cuisses, mais j’ai encore une La Cuisine qui fait mouche. Tourné au Niger, ce bijou de la télé mettra en vedette petite réserve sur le poulet. Je dois être vieux jeu. C’est quoi l’affaire ? Il s’est passé quoi depuis La Fourchette d’or de Sœur les mères du pays, qui récolteront les mouches au visage des petits avant de les Angèle ? La multiplication des pains ? Y faut pas virer fous. On est rendus qu’on cuisiner joyeusement de mille et une façons. C’est fort. On marque toujours des s’énerve sur la bouffe-réalité, à regarder le succulent pâté au salmonidé de points avec l’agriculture locale. La formule devrait triompher et s’exporter facileMadame Chose se battre contre l’exquise quiche au speck de Monsieur Machin, ment dans plusieurs autres pays d’Afrique. Je pense à Canal Évasion, peut-être… Comme le succès engendre le succès, je produirai ensuite un show local intisous l’œil sévère des juges et les yeux anxieux du public. La compétitivité dans la cuisine familiale, c’est une bonne idée d’encourager ça. « Envoye, Simone, prouve- tulé Pout-pout sur mon Skidoo, dans lequel je parcourrai le Québec à la recherche nous que tes pets de sœur sont ben meilleurs que le chômeur de la belle-sœur ! » des fameux trésors de notre terroir hivernal. Débrouillard, je transformerai la Bouffe par ci. Bouffe par là. Bouffe de mes ancêtres morts. Bouffe de mes amis chenille du skidoo en mélangeur à vitesse variable, tandis que le moteur servira pour les cuissons. Le muffler deviendra évicomédiens. Bouffe et mon appétit contre le demment un chauffe-pieds pour les invités, cancer. Bouffe des ovolactovégétariens. Pourquoi mouille-t-on d’extase qui, petit vin de glace à la main, seront si heuBouffe des LGB et transgenres. Bouffe des chaque fois qu’un champignon reux de se geler le cul en ma compagnie. immigrés et des convalescents. Bouffe et gasBombardier financera très certainement troplastie pour obèses repentis. Bouffe metal se fait sauter dans le beurre ? cette aventure gastronomique ô combien orides gens tatoués et heureux. Name it, on l’a ! Soit on ne cuisine plus assez. ginale. À moi la gloire. Est-ce qu’on est blasés au point de se À ce point, je pourrais m’asseoir sur mes contenter de regarder du monde manger pis Soit on est sur le cruise control lauriers, mais c’est mal me connaître. Le sucboire ? Ou c’est qu’on est tellement éloignés mental. Soit on est vraiment morons. cès phénoménal de Pout-pout sur mon Skidoo de la nature qu’on a besoin de vivre l’expé(particulièrement en France) me permettra rience agricole dans les petites chèvres du fromage ? Fait-on de la boulimie collective devant la télé pour se déglacer l’an- d’aller chercher le budget nécessaire à ma grande œuvre, qui ne fera pas dans la goisse existentielle ? Et pourquoi mouille-t-on d’extase chaque fois qu’un champi- demi-mesure. Oh non ! Découvreur de l’ultime, je défricherai là où tout a été dégnon se fait sauter dans le beurre ? Soit on ne cuisine plus assez. Soit on est sur le friché. Un Petit goût d’extinction sera mon passeport pour l’histoire. Dans ce mégashow international, je sillonnerai la planète avec une seule idée cruise control mental. Soit on est vraiment morons. Certains affirment qu’on consomme les émissions et les livres de cuisine en tête : celle de capturer, cuisiner et, surtout, manger tous les animaux les plus comme de l’architecture et du design, pas seulement pour apprendre à cuisiner, menacés. Miam ! Un Petit goût d’extinction deviendra ainsi le premier show de mais parce qu’on trouve ça beau. C’est vrai que c’est beau. C’est ben beau, même. bouffe vraiment cohérent, où l’on ne pourra pas goûter à ce qu’on voit, mais pour Mais on devrait peut-être s’intéresser davantage à l’architecture et au design : les bonnes raisons. J’imagine déjà les beaux moments de télé : « Oubliez ça, à la c’est moins éphémère qu’un soufflé aux topinambours, et, vu la qualité générale maison, le panda géant, c’est ben bon, mais c’était le dernier ! » Ou : « L’ours polaire, on s’ennuiera pas, parce que c’est pas si délicieux que ça ! » Un excellent de nos constructions et de notre urbanisme, beaucoup plus utile. Et si je me trompais ? Étant donné que la bouffe est au cœur des civilisations concept. Il faut se démarquer dans la vie. Le goût de la fin, il y a très certainement et que la table rassemble, nous sommes peut-être dans un âge d’or où l’Homme un public pour ça. Ainsi rasséréné par le rose avenir qui m’attend, je retombe en apathie devant occidental en surplus de production (et de poids) se définit par sa culture de la table, la bouche pleine, avec un petit verre de vino ! Nobles plaisirs… Hmmm ! ma télé. C’est pas si pire les émissions de cuisine, finalement. Ça pogne. Et il y a Des millions d’années d’évolution pour finir devant Des Kiwis et des Hommes. Ça encore de la place pour l’innovation. On devrait continuer à en produire plus. Plusplusplus. Toujours plus. Parce qu’on n’est pas nés pour des petits pains. rassure pour la suite.

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* Image simulée. La réaction ne l’est pas.

LE NOUVEL AQUOS DE SHARP AVEC TECHNOLOGIE QUATTRON . IL EMMAGASINE PLUS D’UN MILLIARD DE COULEURS. MC

Voici la nouvelle série AQUOS à DEL avec technologie QuattronMC quad pixel. L’ajout d’une quatrième couleur – le jaune – au modèle standard RGB TV crée des couleurs jamais vues auparavant sur les téléviseurs à technologie 3 couleurs. Vivez l’expérience de plus d’un milliard de couleurs intenses chez un détaillant Sharp près de chez vous. Voir, c’est croire. Sharp.ca © 2010 Sharp Corporation. Sharp, AQUOS, et Quattron ainsi que toutes les marques liées sont des marques de commerce ou des marques déposées de Sharp Corporation ou de ses sociétés affiliées.

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TOUJOURS MINI.

MINI Connected est arrivé et fait partie de notre nouvel ensemble technologique exclusif qui vous permet, à vous et à votre MINI, d’être branchés en tout temps pour décupler le plaisir de conduire. Branchez votre téléphone intelligent et naviguez sur le Net, écoutez la radio Web et accédez à vos réseaux sociaux favoris à même les contrôles de la voiture. C’est comme Internet haute vitesse, mais en plus rapide. Vraiment plus rapide. Voyez par vous-même à MINI.ca

Téléphone non compris. Accès Internet sans fil à haute vitesse requis. Les coûts éventuels (p. ex. le transfert de données en itinérance) seront payables conformément aux modalités de votre contrat avec votre fournisseur de services Internet. Pour connaître tous les détails sur la compatibilité de l’équipement et obtenir de plus amples renseignements, rendez-vous chez un concessionnaire de votre région. © 2010 « MINI », le logo MINI, les désignations de modèles MINI et tous les autres symboles, marques et images afférents à MINI sont la propriété exclusive ou des marques déposées de BMW AG utilisées sous licence.

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Homme Magazine | Hiver 2011  

Le seul magazine ''Life Style'' pour Homme au Québec vendu en kiosque.

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