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, L’hebdomadaire des étudiants en journalisme de l’Université Laval Volume XXI Numéro 8

le mercredi 21 novembre 2012

Cette semaine

UNIVERSITÉ Financement universitaire

Gestion critiquée

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Photo Laurence Roy-Tétreault

L’affichage en français contesté

QUÉBEC Libre-échange Canada-Europe

Un accord contesté

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CULTURE Mode

Défilé responsable Page 7

SPORTS Football

Le R & O en grande finale

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(@lexemplaire)

Rachel Lapointe rachel.lapointe.1@ulaval.ca

Québec – Six multinationales et le Conseil canadien du commerce de détail (CCCD) présenteront ce jeudi une requête à la Cour supérieure du Québec pour réclamer une précision sur les normes d’affichage en français au Québec. Ils soutiennent que l’Office québécois de la langue française (OQLF) interprète la loi de façon erronée.

L

’affaire, qui oppose les détaillants Best Buy, Costco, Old Navy, Wal-Mart, Guess et Gap à l’OQLF, devait être entendue le 22 octobre dernier, mais a été reportée au 22 novembre. Entre temps, le CCCD a décidé de donner son appui au groupe d’entreprises le 1er novembre dernier en amendant la requête. «La législation concernant la Charte de la langue française n’a pas changé depuis 35 ans. Ce qui pose problème, c’est la nouvelle interprétation qu’en fait tout d’un coup l’OQLF en associant la

marque de commerce à un nom d’entreprise, qui, en droit, sont deux choses distinctes», a expliqué Nathalie St-Pierre, vice-présidente-Québec du CCCD
. Selon elle, un franchisé peut afficher la marque de commerce Best Buy, par exemple, sur le devant de sa bâtisse sans enfreindre la loi, si le nom enregistré de l’entreprise au gouvernement est en français. La loi 101 s’applique à plusieurs facettes de la marchandisation d’une entreprise. «L’en-

semble des entreprises membres du CCCD respectent les lois québécoises, embauchent des Québécois et offrent à leur clientèle des services en français», a exposé Mme St-Pierre. «Nous, on veut collaborer avec les entreprises pour donner un visage français, mais l’application qu’en fait l’OQLF passe par des menaces et des poursuites pénales. À cause de ces gestes là, les commerçants se sont résolus à faire clarifier le droit», a-t-elle résumé.

L’OQLF à l’offensive

L’OQLF a mis en œuvre une campagne publicitaire en novembre 2011 qui visait l’affichage des marques de commerce utilisées comme un nom d’entreprise. Pour solliciter les commerçants, l’OQLF offrait un soutien financier aux petites entreprises qui désiraient franciser leurs enseignes, en déboursant 75 % des dépenses admissibles jusqu’à

Spectacle de Jeunes musiciens du monde

Yann Perreau chante pour la cause p.7

Courtoisie Valérie Jodoin-Keaton

concurrence de 50 000$. Louise Marchand, présidente-directrice générale de l’OQLF avait, à l’époque, publié un article dans Le Devoir, expliquant les fondements de la campagne. «Les dispositions de la Charte en ce qui a trait à l’affichage des marques de commerce comme nom d’entreprise sont claires. La Charte n’oblige pas à traduire la marque elle-même; elle exige toutefois que cette marque soit accompagnée d’un descriptif [générique] en français».

Me Daniel Dumais, avocat à la firme Norton & Rose qui représente les six multinationales, s’opposera justement à cette interprétation. «Conformément à l’article 25 du règlement sur la langue de commerce et des affaires, l’affichage d’une marque de commerce uniquement dans une autre langue est autorisée lorsqu’il n’existe aucune version française déposée de la marque de commerce», a-t-il fait savoir à L’Exemplaire. Il demande ainsi à la Cour supérieure de déclarer que l’OQLF ne peut suspendre, révoquer ou refuser de renouveler les certificats de francisation des demanderesses, ni leur imposer d’autres sanctions sur le seul fondement qu’elles utilisent des marques de commerce au sens de la Loi. Martin Bergeron, chargé des relations publiques pour l’OQLF, n’a pas voulu commenter l’ensemble de la situation.


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U

n i ve rsité Faculté de médecine

En b r e f

Discrimination envers les étudiants étrangers

McGillileaked frappe un mur Documents non diffusés

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a semaine dernière, l’instigateur de McGillileaked, Christopher Bangs, avait annoncé, en entrevue à L’Exemplaire, qu’il recevrait des documents concernant les liens qu’entretient McGill avec différentes entreprises minières et des entreprises d’armement militaire. Selon la loi de l’accès à l’information, l’université montréalaise devait répondre dans les 20 jours suivant la demande. Elle a toutefois refusé. Plusieurs étudiants ont donc porté plainte à la Commission d’accès à l’information et la demande sera étudiée. (G.S.)

Formation continue à L’UL Expansion de l’offre

L

a Direction générale de la formation continue de l’Université Laval inaugurera trois nouveaux programmes à l’hiver 2013. En plus des deux certificats en gestion des organisations et en gestion de projet, la direction ajoutera un microprogramme de 18 crédits en développement des organisations. L’offre de formation continue s’élargit aussi au deuxième cycle avec un diplôme d’études supérieures spécialisées et une maîtrise en développement des organisations. (J.S.)

Biochimie Diplômé à 81 ans

A

ndré Fournier, un retraité de 81 ans, a obtenu son diplôme en biochimie à l’Université Laval après 15 ans sur les bancs d’école. Il a suivi un cours par session pour compléter son baccalauréat. Malgré son diplôme, M. Fournier n’envisage pas de travailler dans le domaine, lui qui veut continuer à profiter de la retraite. (S.D.)

Diplomation universitaire Le Québec dans les derniers

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n document du HEC Montréal affirme que le Québec est à la traîne comparé aux autres provinces canadiennes quant à la diplomation universitaire. Selon le rapport Productivité et prospérité au Québec - Bilan 2012, seulement 16,5 % des personnes âgées de 15 ans et plus vivant au Québec ont été diplômées d’une université, alors que la moyenne canadienne se situe à 18,2 %. (C.F.)

L’Exemplaire, le mercredi 21 novembre 2012

échoues un seul stage, tu vas échouer tous les autres», a-t-elle déploré. Après plusieurs démarches, elle a été transférée dans une unité de la Ville de Québec. «Comme la directrice du programme, [Dre Castel, directrice du programme de médecine familiale], travaillait dans cette unité, tous les patrons étaient au courant de mon histoire», a-t-elle lancé. Photo Laurence Roy-Tétreault

Nancy Castillo et quelques autres étudiants étrangers auraient été victimes de discrimination dans leur programme de médecine à l’Université Laval. Vanessa Picotte Vanessa.picotte.2@ulaval.ca

Université – Trois étudiants de l’Université Laval, résidents en médecine, dénoncent la discrimination dont feraient objet les étudiants étrangers dans leur programme. Deux d’entre eux en auraient même été victimes, en étant exclus pour des raisons obscures.

L

’étudiante Nancy Castillo a été exclue de son programme de médecine le 1er juin dernier. Mme Castillo est présentement en appel de son exclusion avec la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ). «On m’a dit que j’ai seulement 10 % des chances [de gagner sa cause], alors je n’ai pas espoir que ça fonctionne», a-t-elle soutenu. La résidente en médecine a entrepris ses stages à Rivière-du-

Loup, en juin 2009, où tout a bien fonctionné pendant les sept premiers mois. Par la suite, les patrons ont commencé à lui faire des remarques. «On m’a dit que je devrais rester avec mes enfants, qu’on avait baissé les standards et qu’on laissait entrer des gens qui n’ont pas les qualités pour entrer», a-t-elle lancé. Ensuite, elle a eu une mauvaise évaluation et elle a échoué un stage. «J’ai demandé à changer d’unité, puisque c’est l’effet domino, si tu

Même après une discussion avec Dre Castel, et des conseillers, rien ne s’est réglé. Elle a finalement décidé de porter plainte à la CDPDJ. «Les choses ont empiré, car je n’ai caché à personne que j’avais porté plainte», a-t-elle expliqué. Par la suite, les problèmes se sont enchaînés tout comme les échecs. «J’ai été mise en probation et ensuite j’ai bien sûr échoué la probation », a-telle ajouté.

D’autres étudiants mécontents

Pour Edwing Diaz, exclu de la résidence en médecine, la discrimination n’est pas directe, mais toujours présente. «Ils sont toujours en train de dire que tu as étudié à l’extérieur, que tes connaissances ne sont pas les mêmes qu’ici et que tes capacités sont plus faibles», a-t-il déploré. Les deux étudiants exclus sont clairs sur le fait que la directrice du programme de médecine familiale a sa part de respon-

sabilité. «J’avais des problèmes avec un des professeurs, mais dans le passé, il était vice-doyen de l’Université, alors comment la directrice pouvait-elle être neutre?», s’est questionné M. Diaz. Un étudiant ayant le statut de diplômé hors du Canada et des États-Unis (DHCEU) a expliqué avoir eu un parcours sans embûche durant sa résidence. «Des collègues passés par là avant moi m’avaient conseillé de ne pas faire de vague et d’être discret», a-t-il expliqué. Selon lui, il vaut mieux passer inaperçu et réussir à obtenir son droit de pratiquer au Québec. «Nous sommes ici pour apprendre et c’est ce que j’ai fait», a-t-il ajouté. Selon Marie-Jeanne Blain, candidate au doctorat en anthropologie de l’Université de Montréal, c’est un sujet qui devrait être beaucoup plus abordé. «La discrimination envers les étudiants étrangers est un sujet tabou. Le premier problème c’est qu’on en parle pas assez», a-t-elle expliqué. Pour elle, il n’y a pas de gens malintentionnés, mais plutôt un problème de communication. Dre Josette Castel, la directrice du programme de médecine familiale de l’Université Laval, n’a pas voulu émettre de commentaires à ce sujet.

La Fondation 1625 reprend du service

Opposition au boycottage des cours Jean-Michel Poirier jean-michel.poirier.1@ulaval.ca Université - La Fondation 1625 compte s’opposer systématiquement aux initiatives étudiantes qui comportent un boycottage des cours, et ce même si elles sont votées en assemblée générale.

L

a Fondation 1625 a été mise sur pied pour répondre juridiquement aux levées de cours votées lors des assemblées générales pendant le conflit étudiant. Laurent Proulx, coordonnateur aux affaires juridiques de l’organisme, affirme qu’il est «illégal de bloquer l’accès au cours». En entrevue à L’Exemplaire, l’étudiant en droit prétend que les assemblées générales n’ont pas la légitimité pour bloquer les cours. «Il y a un contrat entre l’établissement d’enseignement et l’étudiant qui a dûment payé ses cours. L’établissement d’enseignement, ni quiconque, ne

peut lui refuser l’accès aux salles de classe», a-t-il mentionné. Des boycottages se sont déroulés dernièrement dans le cadre de la semaine de mobilisation internationale, mise en place par l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) au Québec, qui se termine le 22 novembre.

Associations en grève à l’UL

Deux associations étudiantes de l’Université Laval ont voté pour la semaine complète de grève. C’est le cas de l’Association générale des étudiants et étudiantes prégradué(e)s en

philosophie (AGEEPP). Sébastien Lacroix, coordonnateur aux communications de l’association, se dit surpris de la volonté de la Fondation 1625 de s’opposer à un mouvement de mobilisation internationale. «Franchement, on ne s’attendait pas à voir autant de résistance, d’autant plus que nos membres ont voté démocratiquement pour la semaine de grève», a-t-il déploré. L’ASSÉ affirme de son côté que la Fondation 1625 n’a aucun réel intérêt à s’opposer aux levées de cours votées par les assemblées étudiantes. Jérémie Bédard-Wien, porte-parole de l’ASSÉ, accueille bien mal les nouvelles tentatives de la fondation voulant réprimer les votes de grève. «Ils prennent les moyens légaux pour intimider les étudiants qui n’ont pas les moyens de se défendre en cour ou de payer des amendes», soutient-il.

Un droit fondamental

Laurent Proulx se défend de prendre position dans le débat sur les droits de scolarité qui a cours, encore aujourd’hui, malgré les actions du gouvernement Marois en la matière. «On n’a aucun intérêt dans le débat sur les droits de scolarité. C’est un débat légitime. Nous, on veut faire respecter les droits fondamentaux des étudiants d’avoir pleinement accès aux salles de cours», a-t-il soutenu. La Fondation 1625 prétend jouir de nombreux appuis dans la société civile à travers tout le Québec, y compris de la part d’avocats prêts à travailler gratuitement ainsi que de nombreux contribuables «qui en ont assez de payer pour les droits de scolarité alors que plusieurs d’entre eux n’ont jamais fréquenté le cégep ou l’université», a conclu Laurent Proulx.


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niv ersité

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Déficit des universités

Manque d’argent ou mauvaise gestion? Camille Bélanger-Vincent camille.belanger-vincent.1@ulaval.ca

Photo Laurence Roy-Tétreault

La cafétéria ouest du pavillon Desjardins accueille la LIMUL. Cependant, dès janvier, le coût de location triplera pour passer de 40 $ à 121 $ par soirée.

Locaux coûteux

Associations étudiantes pénalisées

Vanessa Picotte vanessa.picotte.2@ulaval.ca

Québec - Le prix pour la location de locaux dans le pavillon Desjardins-Pollack vient d’augmenter à nouveau. Cette augmentation nuit ainsi au fonctionnement de quelques associations étudiantes, dont la Ligue d’improvisation dangereuse de l’Université Laval (LIDUL) et la Ligue d’improvisation marginale de l’Université Laval (LIMUL).

«L

e problème, c’est qu’il y a eu un remaniement et que certains locaux qui étaient gratuits ont maintenant un tarif», a expliqué la présidente de la LIDUL, Claudy Rivard. C’est le même problème pour la LIMUL. «En plus de devoir nous déplacer dans une salle qui n’est pas adaptée à nos besoins, on nous demande de payer le triple du prix», a déploré Mélanie Bouchard, présidente de la LIMUL. «Cette année, on a failli ne pas exister», a lancé Claudy Rivard. La LIDUL a bénéficié d’une subvention du Bureau de la vie étudiante (BVE), ce qui leur a permis de payer une partie des frais de location de la salle. «Le BVE a essayé de nous aider et ils ont vraiment été là, mais ils sont un peu impuissants face à de plus hautes instances», a expliqué Mme Rivard. La présidente de la LIDUL a insisté sur le fait qu’il n’y a pas d’ouverture envers les étudiants de la part de l’administration de l’Université Laval. «Nous, on s’obstine, on est accrédités comme étant une association étudiante, on respecte les normes et on a même refusé des gens puisqu’ils n’étaient pas étudiants», a-t-elle lancé. Pour la LI-

DUL, la possibilité de déménager à l’extérieur de l’université est impensable. «La ligue a été créée pour les étudiants avant tout, on ne veut pas aller jouer ailleurs», a-t-elle ajouté. Quant à elle, la présidente de la LIMUL se demande s’il ne serait pas plus facile de simplement sortir de l’université. «On pensait que c’était un avantage de devenir une association, alors on a fait les démarches nécessaires, mais finalement on n’est pas du tout aidés», a-t-elle déploré. Pour l’instant la LIMUL n’est toujours pas dans un local fixe puisqu’il n’y a pas beaucoup de locaux disponibles et que le prix de leur nouveau local, la cafétéria ouest du pavillon Desjardins, passera de 40 $ à 121 $ dès janvier. «Il nous est impossible d’obtenir un permis d’alcool, puisque le local n’est pas établi et c’est notre seule source de revenus, ou presque», a expliqué la présidente de la LIMUL. «J’ai l’impression qu’on me met plus de bâtons dans les roues, qu’on ne m’offre d’aide», a déploré Mélanie Bouchard. L’an dernier, la ligue s’est déplacée à plusieurs endroits, puisque leur ancien local, Le Boudoir, est passé aux mains de l’Association des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AELIÉS). «On veut fidéliser le

public de la LIMUL et ce n’est pas en changeant de locaux aussi souvent qu’on va y arriver», a expliqué Mme Bouchard.

Cité universitaire – Seuls les recteurs des universités québécoises sont à blâmer pour la situation déficitaire dans laquelle se retrouvent leurs établissements, selon Puma Freytag, président du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’Université Laval (SCCCUL) actuellement en négociations pour le renouvellement de leur convention collective..

A

ux yeux du SCCCUL, la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) a agi de manière irresponsable dès le printemps dernier en exigeant une hausse non justifiée des droits de scolarité aux étudiants des universités québécoises. En parlant des recteurs, Puma Freytag a expliqué qu’«en fait, il n’y a qu’eux qui croient à leur fiction! Ils ont fait de mauvais choix. Qu’ils en payent les conséquences».

Solution proposée

Tout comme l’édition de mars 2011 du Bulletin statistique de l’éducation, le SCCCUL met en doute le sous-financement des universités québécoises, particulièrement de l’Université Laval. En effet, «cette université est réputée pour son manque de transparence au niveau de ses comptes», a affirmé M. Freytag.

L’agent de recherche en planification du vice-rectorat à l’administration et aux finances, François Noiseux, insiste sur le fait que le Centre de services Desjardins-Pollack (CSDP) doit s’autofinancer et rentabiliser ses emplacements. Par souci d’équité envers les étudiants de l’université, il y a deux tarifications : une tarification interne et une tarification externe. «Pour la tarification interne, l’université ne fait pas ses frais et on y va en deça du prix coûtant», a expliqué M. Noiseux.

Pour Éric-Jan Zubrzycki, conseiller au Syndicat des employés et employées de l’Université Laval (SEUL), la CREPUQ aurait dû faire la preuve que les budgets des universités québécoises étaient bien gérés avant d’exiger une hausse des droits de scolarité aux étudiants. À ses yeux, cette démonstration était impossible, car à l’Université Laval, «l’argent n’est pas utilisé de façon optimale, pour utiliser des termes civils!». Sylvain Gagné, conseiller en communication à l’Université Laval, a refusé de commenter à ce propos.

Pour Claudy Rivard, la solution serait que le BVE possède sa propre salle multifonctionnelle. «Cette salle pourrait être adaptée pour les spectacles, en plus de pouvoir être une salle idéale pour les assemblées générales de certaines associations et elle serait gérée par le BVE», a-t-elle expliqué.

M. Noiseux souligne qu’un comité se penchant sur la location de locaux et la tenue d’activités étudiantes sera mis en place dès la session d’hiver 2013. «On sait qu’il y a beaucoup de besoins de la part des associations étudiantes et c’est de trouver une mesure qui va faire le bonheur de tout le monde. On ne veut pas empêcher le développement des associations étudiantes, ni du Centre de services Desjardins-Pollack», a-t-il lancé. Il tient à préciser que le pavillon Desjardins-Pollack est fortement utilisé et que les espaces se font rares.

Par ailleurs, M. Zubrzycki a commenté l’augmentation de salaire de plus de 43 % du recteur Denis Brière depuis 2009, menant à un montant reçu de 355 244$ par année. «C’est un peu délicat de demander aux étudiants de cotiser un peu plus, quand le salaire du recteur double», a-t-il tenu à souligner.

Les négociations s’intensifient

Les négociations pour le

renouvellement de la convention collective inquiètent Puma Freytag, qui craint que l’université refuse au syndicat certaines demandes en raison de la situation actuelle. «L’Université Laval ne peut pas faire porter la charge de la modification de son budget aux chargés de cours uniquement», a-t-il laissé entendre. Toutefois, il précise que jusqu’à maintenant, ces inquiétudes ne sont que spéculations. Martin Bonneau, président de la Confédération des associations d’étudiants et étudiantes de l’Université Laval (CADEUL) se veut optimiste : «L’université ne coupera pas dans les services. Selon moi, elle va plutôt couper dans les augmentations de versements annoncées pour les années à venir». Quant à lui, le Syndicat des professeurs et professeures de l’Université Laval a refusé d’accorder une entrevue à L’Exemplaire, en raison des pourparlers en cours avec l’Université Laval.

Vers un Sommet

Jusqu’à maintenant, toutes les parties semblent s’entendre sur l’importance de la qualité de l’enseignement postsecondaire. «Il y a une grande marge de manœuvre dans le budget universitaire pour ne pas toucher à la priorité qu’est l’enseignement. […] C’est du ressort de l’administration de faire ces choix et d’orienter son budget vers l’enseignement, puisque c’est la première mission de l’université», a insisté Puma Freytag. Le gouvernement Marois semble en accord avec les propos des deux représentants syndicaux qui portent sur la qualité de l’enseignement. En effet, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie (MESRST) a annoncé que quatre rencontres de travail auraient lieu à compter de la fin novembre en préparation du Sommet sur l’éducation postsecondaire.


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p i n ion

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Commentaire Feuilleton américain

«Je conduis, LOL»

A

u début, il y avait peu de sensibilisation. Les gens pouvaient faire ce qu’ils voulaient et aucune conséquence ne suivait leurs gestes irréfléchis. Ne pas attacher sa ceinture de sécurité et avoir une bière entre les deux jambes font partie des comportements qui étaient jugés normaux, il n’y a de cela pas si longtemps. Avec l’arrivée des nouvelles technologies portatives, lire ici les cellulaires, et plus encore, les cellulaires intelligents, aucune réglementation n’était en vigueur pour pallier à cette avancée. Alors parler tout en conduisant est devenu une coutume. Pas bien dangereux selon certains. Moi, je suis partagée. Cependant, le réel problème ce n’est pas de parler et de conduire en même temps, même si c’est maintenant illégal. Non, c’est plutôt de texter et de conduire en même temps. Voyez-vous, parler et conduire peut se faire. On peut dire ce qu’on veut, tout en étant concentré sur la route. Bien sûr, en cas de dérapage ou autres, où les réflexes rapides et aiguisés sont nécessaires, ça peut poser problème. Pensez-y une seconde, texter, c’est encore plus dangereux! Selon la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ), texter au volant multiplie par 23 les possibilités de faire un accident. C’est énorme! Sur le site de la SAAQ, il est dit que «texter au volant est tout aussi dangereux que de parler au cellulaire. Ces deux comportements affectent négativement des tâches impliquant la vision, l’activité mentale et la coordination». Il est aussi indiqué que le conducteur quitte en moyenne de quatre à six secondes la route des yeux et qu’à 90 km/h, ça équivaut à traverser, les yeux fermés, un terrain de football! Les personnes qui textent ne sont pas stupides, du moins j’aimerais le croire. Elles sont conscientes des risques. Je sais qu’il faut conduire pour les autres. Mais est-ce normal? Quelqu’un ayant un comportement des plus sécuritaire pourrait payer parce qu’un conducteur conduit en innocent? Malheureusement, c’est souvent ce qui arrive, et c’est ce que je déplore. Il y a tellement d’impondérables, de dangers, sans avoir à se demander si la personne qui conduit de façon erratique est en train de texter. La SAAQ a diffusé une nouvelle publicité récemment qui a comme slogan : «Avant, on n’écrivait pas de messages en conduisant. Il y avait sûrement une bonne raison.» Le message ne semble toutefois pas rentrer. Depuis 2008, soit en seulement quatre ans, environ 174 000 constats d’infraction concernant l’utilisation du cellulaire au volant ont été donnés. Ayoye! Pourtant ce n’est pas faute d’essayer de sensibiliser! Il y aura même sous peu une nouvelle application mobile, «Mode conduite», qui bloquera les appels et les textos, en plus d’envoyer un message pour informer ceux qui appellent qu’on est sur la route. Encore faudra-t-il l’utiliser... Gabrielle Simard

gabrielle.simard.1@ulaval.ca

C

paraît.

e n’est que quelques jours à peine après avoir été réélu à la tête de la Maison-Blanche que le président américain Barack Obama a dû affronter le premier scandale sexuel de son administration. C’est un manque flagrant de communication, preuve que nul n’est à l’abri d’un faux-pas plus grave qu’il n’y

Rappelons les faits : le vendredi 9 novembre, le directeur de la CIA David Petraeus s’est vu contraint de démissionner après avoir admis sa relation extra-conjugale avec sa biographe, Paula Broadwell. Celle-ci avait d’abord envoyé des courriels de menaces à une certaine Jill Kelley au début de l’été, amie du couple Petraeus. C’est en consultant la messagerie web de Broadwell que les agents du FBI ont trouvé des traces d’une correspondance entre cette dernière et David Petraeus. Celui qui a été nommé directeur de la CIA l’an dernier par Obama lui-même passait de longues heures en compagnie de Paula Broadwell dans le cadre de l’écriture de sa biographie. À l’époque, le FBI a bien interrogé les deux personnes, mais le célèbre service fédéral de police judiciaire et de renseignements intérieurs a jugé qu’aucun délit n’avait été commis. Il faudra attendre le jour de l’élection pour que le supérieur de David Petraeus, le Directeur du renseignement national (DNI) James Clapper, soit mis au courant. Et un autre jour encore, pour que l’information « monte » jusqu’à la Maison-Blanche. Et le scandale a ensuite éclaté. Barack Obama pourra toujours prétendre n’avoir rien su de toute cette histoire. Certes, il n’est pas le premier à blâmer dans l’affaire. Les deux personnes principales impliquées, d’un côté le directeur de la CIA, et de l’autre une mère de famille, ancienne major de l’armée américaine, diplômée de Harvard et de l’académie militaire de West Point, sont évidemment les premiers fautifs – leur manque de jugement n’a d’égal que leur absence de résistance à leurs pulsions. Certaines têtes du FBI mériteraient aussi de tomber : n’avoir vu aucun délit dans cette relation extra-conjugale, alors que certaines données confidentielles auraient pu tomber entre de mauvaises mains et ainsi compromettre la sécurité nationale du pays, relève d’un certain aveuglement. Mais Obama lui-même est-il, sans mauvais jeu de mots, blanc comme neige ? Le manque flagrant de communication entre le FBI, le DNI et la Maison-Blanche peut faire peur. Il ne s’agit pas de remettre en cause la capacité d’Obama à gouverner son pays, ni encore moins sa légitimité. Mais prendre part à la résolution de conflits mondiaux, alors qu’à l’interne, dans sa propre cour, une des personnes les plus importantes du pays ose batifoler avec sa biographe, peut s’avérer être très douteux. Histoire de sauver un peu la face, Barack Obama a suspendu la nomination du général John Allen, commandant des forces alliées en Afghanistan, à la tête de l’OTAN. Celui-ci aurait entretenu une correspondance «inappropriée» avec Jill Kelley, la même qui avait reçu des courriels de menaces de Paula Broadwell. On ne sait cependant pas si M. Allen a révélé des informations confidentielles à Mme Kelley. Faut-il s’attendre à un autre coup de théâtre dans cette saga ? Nul n’est à l’abri. Quoiqu’il en soit, le public a le droit de s’inquiéter, et de se révolter face au comportement parfois douteux de certains membres de ses hautes instances. La biographie de David Petraeus signée Paula Broadwell, la «Monica Lewinsky du Pentagone», se vend évidemment comme des petits pains chauds. Comme quoi les scandales sexuels, aux États-Unis, n’épargnent même pas les administrations en apparence irréprochables. Nul n’est parfait, certes, mais un peu de décence ne ferait pas de mal… Cyril Schreiber

cyril.schreiber.1@ulaval.ca

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ué bec

Journées québécoises de la solidarité internationale

En b r e f

Subventions à la baisse

Montréal Mayor Applebaum

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Sarah-Christine Bourihane sarah-christine.bourihane.1@ulaval.ca Cité universitaire - Les participants à la table ronde Le virage de l’aide publique canadienne dénoncent la politisation du financement attribué en coopération internationale sous le gouvernement conservateur. C’est un des consensus qui s’est dégagé de l’activité tenue à l’Université Laval, la semaine dernière, dans le cadre des 16es Journées québécoises de la solidarité internationale (JQSI).

S

elon les participants, les nouvelles orientations et mécanismes de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) poussent les organismes non-gouvernementaux (ONG) canadiens vers un ultimatum : adopter les orientations politiques du gouvernement canadien ou subir une diminution majeure de leur aide financière, voire une coupure totale.

des conservateurs, plusieurs ONG bien implantées ont vu leurs demandes de financement refusées par l’ACDI : «Espoir sans frontière, le Comité de Solidarité de Trois-Rivières, le CISO [Centre international de solidarité ouvrière] [...] Ces organisations qui existaient depuis 30, 40 ou 50 ans étaient des partenaires crédibles qui avaient été évalués de façon systématique», a affirmé Gervais L’Heureux.

Ce virage majeur a fait en sorte que «tous les programmes de l’ACDI doivent [maintenant] servir à réaliser les politiques et les programmes du gouvernement fédéral», a déploré le conférencier Gervais L’Heureux, directeur général de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI). Stephen Brown, professeur agrégé de science politique à l’Université d’Ottawa, confirme que cette pratique s’étend à tous les ministères du gouvernement, ce qui ne devrait pas être le cas pour l’aide internationale. «L’aide au développement a pour but de réduire la pauvreté, non pas de faire la promotion du gouvernement canadien», a-t-il affirmé.

D’autres organisations ont carrément vu leur aide financière annulée en raison de leurs prises de positions politiques. Selon Jérémie Lebel, le délégué général de cette organisation à l’UL, l’organisme Droits et Démocratie en est un exemple. «C’est clairement Israël qui a provoqué la crise au sein de Droits et Démocratie à partir de 2008», a soutenu M. Lebel. L’organisation parapublique, sur pied depuis 1988 et réputée pour la défense des droits de la personne, a dû fermer ses portes en avril 2012 suite à un projet de loi conservateur.

M. Brown propose une application plus rigoureuse de la loi sur la responsabilité en matière d’aide au développement, adoptée en 2008. La loi exige que les projets d’aide officielle du gouvernement respectent certains critères, dont la contribution à la réduction de la pauvreté. Or, «cette loi n’a jamais été appliquée, il resterait aux juges de l’interpréter», a affirmé M. Brown.

Orientations stratégiques

Le budget du ministre des Finances Jim Flaherty, déposé en mars dernier, prévoyait des compressions de 378 M$ à l’aide au développement international, sur une période de trois ans. Depuis l’arrivée au pouvoir

Chiffres à l’appui

Par ailleurs, François Audet, directeur de l’Observatoire canadien sur les crises et l’action humanitaire (OCCAH), a fait état d’une étude comparative des partenaires de l’ACDI entre la période des libéraux de 2000 à 2005 et celle des conservateurs de 2005 à 2010. Durant cette dernière période, les organismes religieux ont vu leur financement augmenter de 42 %, dont 72 % pour des organismes qui incluent la conversion dans leurs projets de développement. De plus, l’étude a démontré une nette transformation du type d’intervention : les enjeux humanitaires d’urgence ont pris le pas sur l’aide au développement à long terme. «L’aide humanitaire est un pan où l’on peut se faire du capital politique. Là où ça s’est gâté, c’est dans les aspects développementaux de l’aide», a conclu M. Audet.

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Photo Vicky Fragasso-Marquis

L’accord qui devrait être conclu d’ici décembre pourrait faire grimper le produit intérieur brut (PIB) du Canada de 20 milliards de dollars d’ici 2014.

Libre-échange avec l’Europe

Les négociations inquiètent Vicky Fragasso-Marquis Vicky.fragasso-marquis.1@ulaval.ca Québec — Certains groupes commencent à manifester de l’appréhension face à la libéralisation des marchés, alors que le ministre du Commerce international, Ed Fast, s’est rendu à Bruxelles cette semaine pour se joindre aux négociations sur l’Accord économique commercial global (AECG).

C

’est pour demander au gouvernement fédéral d’adopter une position ferme dans ses négociations avec l’Europe sur la question de l’agriculture que l’Union des producteurs agricoles (UPA), la Coop fédérée et la Coalition GO5 se sont réunies à Montréal le 11 novembre dernier. Selon l’UPA, le marché québécois n’a pas à s’adapter à toutes les exigences des dirigeants européens.

nadiens de médicaments génériques. Jusqu’ici, le gouvernement avait refusé de céder sur ce point.

Le cœur des revendications de l’UPA se situe au niveau de la gestion de l’offre. Il faut rappeler que le gouvernement du Canada réglemente actuellement l’offre de produits comme le lait et le fromage. L’inquiétude de l’UPA provient du fait que l’Europe demande une plus grande place dans le marché canadien. «Le gouvernement canadien a assez fait de concessions», a affirmé Patrice Juneau, conseiller aux affaires publiques de l’UPA, concédant toutefois que «le gouvernement a défendu de manière exemplaire la gestion de l’offre».

«C’est important pour le gouvernement de limiter les barrières aux commerces pour créer de la richesse et des emplois au Québec», a expliqué Christine Fréchette, attachée de presse du ministre du commerce extérieur, Jean-François Lisée. Elle a assuré qu’il était important pour le ministre de dissiper toutes les inquiétudes des acteurs de la société civile. «Dès son arrivée au pouvoir, il y a eu une séance de consultation avec divers groupes», a-t-elle affirmé.

Il s’inquiète néanmoins de ce qui pourrait arriver en fin de négociation. «Plus on avance vers la fin, plus il y a de risques qu’on laisse aller des choses importantes [...]On a entendu dire que le gouvernement canadien semble prêt à concéder des choses dans le domaine du droit d’auteur, entre autres», a-t-il ajouté. Bien que ce point ne relève pas de l’alimentation, la tendance qui s’amorce dans la souplesse des négociations l’inquiète. La Presse canadienne a dévoilé en outre que le gouvernement du Canada allait prolonger les brevets pharmaceutiques des compagnies européennes malgré les pressions des fabricants ca-

Conséquences positives sur le Québec

Après l’Ontario, le Québec est la province qui exporte le plus vers l’Europe. En fait, selon l’Institut de la statistique du Québec, il fournit plus de 20 % des exportations canadiennes vers l’Europe.

Des opportunités à saisir

Christian Deblock, directeur de recherche du Centre d’étude sur l’intégration et la mondialisation de l’UQAM, est plutôt optimiste quant aux impacts potentiels de l’AECG. L’expert prédit à long terme des retombées positives au Québec. «Il s’agit d’un bon accord», a-t-il dit. Le Québec pourrait créer des liens avec les pays d’Europe et cela pourrait attirer des investissements étrangers. «Cet accord ouvre des opportunités, mais encore faut-il les saisir», a ajouté M. Deblock. «De toute façon, il faut rester réaliste: le partenaire commercial principal du Québec reste les ÉtatsUnis», a-t-il conclu.

ichael Applebaum a été assermenté à l’hôtel de ville de Montréal, lundi dernier, devenant ainsi le premier maire anglophone de la métropole depuis 100 ans. Il siégera comme maire indépendant jusqu’aux élections de novembre 2013 et annoncera la composition du comité exécutif demain. Ce comité devrait être formé de membres des différents partis municipaux. Lors de son assermentation, Applebaum a promis de récupérer «l’argent volé» dans l’octroi des contrats à Montréal. (J.S-P.)

Catalogne Vers l’indépendance

L

e président de la région espagnole de Catalogne, Artur Mas, a déclaré en entrevue lundi que les premiers pas vers l’indépendance seront entamés dès janvier 2013. Selon Mas, les résultats des élections régionales qui auront lieu dimanche prochain n’affecteront pas le processus, même si les sondages ne lui concèdent qu’une majorité simple. Il a aussi averti que si Madrid empêchait la tenue du référendum, la Catalogne se tournerait vers les instances juridiques internationales. (J.S-P.)

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Obama en Birmanie Première historique

e président américain Barack Obama a poursuivi sa tournée dans l’Asie-Pacifique lundi en se rendant à Rangoun pour rencontrer le président birman Thein Sein, ainsi que l’opposante Aung San Suu Kyi. La secrétaire d’État Hillary Clinton était aussi sur place pour symboliser la restauration des relations diplomatiques entre les deux pays. Obama est le premier président américain à visiter le pays durant un mandat. (J.S-P.)

Colombie Cessez-le-feu des FARC

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es Forces armées révolutionnaires colombiennes (FARC) ont annoncé un cessez-le-feu unilatéral de deux mois entre la guérilla marxiste et le gouvernement colombien dans le cadre du processus de paix qui se poursuivait lundi à La Havane. La fin des opérations militaires offensives contre la force publique, du 20 novembre au 20 janvier, marque une première en 10 ans. Le processus de paix actuel a été entamé le 18 octobre dernier en Norvège. (J.S-P.)


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L’improvisation à Québec

En b r e f

Zoom sur de nouveaux spectacles improvisés

19-2 Retour en janvier

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e populaire téléroman 19-2 reviendra pour une deuxième saison dès janvier prochain, sur les ondes de Radio-Canada. Deux ans après la première saison, 19-2 verra le retour de Podz derrière la caméra, et du duo Claude LegaultRéal Bossé dans les rôles des policiers Ben Chartier et Nick Berrof. Le premier épisode de cette deuxième saison, qui en comptera dix, est en cours de montage, selon la page Facebook de la série. (C.S.)

Fondation Dédé Fortin Match amical

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a Fondation Dédé Fortin, qui vient en aide à différents organismes québécois de prévention du suicide, a tenu dimanche dernier sa traditionnelle journée de sensibilisation. Cette année, l’évènement Passe moé la puck, une partie de hockey amicale, s’est déroulé à l’aréna St-Michel et mettait en vedette plusieurs chanteurs, humoristes et comédiens dont Yann Perreau et Joey Scarpellino. Jacques Demers et Michel Bergeron officiaient comme entraîneurs. L’année dernière, plus de 15 000 $ ont été amassés. (C.S.)

André Sauvé Nouveau spectacle

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ndré Sauvé présentera dès le printemps prochain son nouveau spectacle Être, faisant suite à son premier spectacle qu’il avait tourné pendant trois ans, donnant 341 représentations devant 240 000 personnes. André Sauvé, sous la supervision de Pierre Bernard à la mise en scène, continuera de se pencher sur les petites déviances de l’être humain. André Sauvé passera par la salle Albert-Rousseau début octobre 2013. (C.S.)

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L’Exemplaire, le mercredi 21 noVembre 2012

Karyan Fortin-Therrien karyan.fortin-therrien.1@ulaval.com

Québec – Plus d’une dizaine de ligues d’improvisation existent déjà dans la Vieille Capitale et leur popularité ne cesse de croître. De nouveaux spectacles avec des concepts bien à eux, ont fait leur apparition cette année dans les bars de Québec.

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e Punch Club, Le Club d’Impro et la Ligue québécoise d’improvisation BD (LiQIBD) sont nés en 2012 à l’initiative d’improvisateurs cherchant à présenter des concepts différents.

Street impro

En activité à Québec depuis avril dernier, le Punch Club se distingue par sa formule plus compétitive. «Il n’y a aucune règle et il y a de l’argent sur la table. Les gagnants remportent plus d’argent que les perdants», a expliqué d’entrée de jeu Ogden Ridjanovic, animateur du Punch Club et l’un des concepteurs du projet. D’après Dominic Lapointe, co-concepteur du projet, la soirée se déroule à la manière d’un match de boxe où trois rounds attendent les deux équipes de trois joueurs. «Le fait qu’il n’y ait pas de règles permet aux joueurs d’exprimer leur folie et de faire ce qui leur plaît», at-il renchéri. «On veut toujours atteindre

l’objectif du plus haut taux de divertissement à tous les coups, a avancé M. Ridjanovic. C’est un club de street impro de calibre professionnel, on fait venir les meilleurs joueurs du Québec», a soutenu M. Ridjanovic. D’ailleurs, la dernière édition, qui s’est déroulée pour la première fois à Montréal, a entre autres accueilli la participation de la comédienne Édith Cochrane et celle d’Anaïs Favron, «deux gros noms de la LNI [Ligue nationale d’improvisation]», a appuyé Ogden Ridjanovic. Même si la ligue souhaite s’implanter mensuellement à Montréal comme elle l’est déjà dans la capitale au bar-coop L’AgitéE, l’animateur assure que le spectacle ne quittera pas la ville.

Marier impro et BD

La LiQIBD est un concept unique au Québec, selon l’un des instigateurs et maître de cérémonie, Raymond Poirier. Le match inaugural de la toute nouvelle ligue qui allie dessin et improvisation théâtrale

International Guitar Night

s’est déroulé le 28 octobre dernier.

D’après M. Poirier, l’idée est née de l’équipe du Festival de la bande dessinée francophone de Québec (FBDFQ). Le directeur général, Thomas-Louis Côté, s’est inspiré des parties d’improvisation BD qu’il avait vues en Europe. Pour augmenter le défi, il a adapté le concept à Québec en y ajoutant la contrainte du dessin en direct. Lors d’un test devant le public, les gens «ont vraiment apprécié et, de ce succès-là et de la volonté du Festival d’animer en BD la Ville de Québec en dehors du Festival», la LiQIBD a alors été formée, selon M. Poirier. «Le dessin devient autant un allié qu’une contrainte à l’impro théâtrale», a résumé le maître de cérémonie, ajoutant que «le dessin n’est pas seulement une ambiance, [qu’]il peut intervenir sur le développement de l’histoire en direct». Sur scène, on retrouve deux musiciens et deux tables à dessin surmontées. Chacune des trois équipes est composée de quatre comédiens et de deux dessinateurs qui allient leurs talents pour créer des improvisations imagées. Le spectateur conserve cependant les repères de l’improvisation traditionnelle. «Il y a des mixtes, des comparées et le vote du public», a expliqué M. Poirier.

À cela s’ajoute l’aspect visuel du dessin qui corse le tout.

Explorer sans règles

Depuis le 26 juin dernier, le bar Le Cercle accueille Le Club d’Impro fondé par Louis-Olivier Pelletier et Alexandre Racine. Selon M. Pelletier, c’est pour sortir du traditionnel match d’improvisation que cette ligue a vu le jour. «J’avais envie de me faire une espèce de laboratoire pour explorer des trucs», a-t-il expliqué en ajoutant que le cadre restrictif des autres ligues et leur conseil d’administration empêchaient cette exploration. Aucune règle, aucune pénalité et pas de vote du public, il est difficile de catégoriser le type d’improvisation proposé par Le Club d’Impro. «C’est du théâtre sportif à la Whose Line Is It Anyway? [émission de télévision américaine d’improvisation théâtrale]», a précisé M. Pelletier. Le public est appelé à intervenir en donnant aux improvisateurs le thème alors que l’animateur contraint les joueurs rémumérés à une catégorie précise. «J’essaie des catégories, donc même moi, je ne sais pas à quoi ça peut ressembler», a rigolé l’instigateur en ajoutant qu’il n’y avait «pas de réelle compétition» pour les joueurs de la Ligue d’improvisation de Québec (LIQ).

Mary Poppins à Montréal

Quentin Tarantino Retraite imminente ?

lors qu’il est en pleine campagne promotionnelle pour son nouveau film, Django Unchained, qui sortira en janvier prochain, Quentin Tarantino a laissé entendre qu’il réaliserait encore deux longs-métrages avant de prendre sa retraite. Le réalisateur de Kill Bill et Inglourious Basterds dit ne pas vouloir faire le film de trop qui noircirait sa filmographie. (C.S.)

Photo Marie-Catherine Bergeron

Courtoisie Jeremy Daniel

Le International Guitar Night (IGN) est le premier festival de guitare au monde à partir en tournée. Il permet une ouverture sur le travail de guitariste et engendre une solidarité artistique internationale. Le IGN, une création originale de l’américain Brian Gore datant de 1995, a présenté cette année sa 12e édition nord-américaine en s’arrêtant à Québec, samedi dernier. Le spectacle présenté au Palais Montcalm a mis en vedette trois guitaristes de renommée mondiale, soit Brian Gore, Martin Taylor et Solorazaf. (M-C B.)

C’est du 21 au 28 novembre que la comédie musicale de Broadway Mary Poppins viendra illuminer la scène de la salle Wilfrid-Pelletier située à la Place des Arts de Montréal. Ce spectacle a été créé à Londres en 2004 et a commencé sa production à New York en 2006. Quatre productions de Mary Poppins sont actuellement présentées autour du globe, sur trois continents différents. Cette grande production a déjà remporté 44 prix théâtraux à travers le monde. Plus de neuf millions de personnes ont déjà assisté à ce spectacle monstre qui a généré plus de 644 millions de dollars. (G.M.)


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L’Exemplaire, le mercredi 21 novembre 2012

Défilé de mode responsable

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Sensibiliser la jeunesse Chloé Patry-Robitaille chloe.patry-robitaille.1@ulaval.ca Québec – Un défilé de mode responsable présentant des vêtements équitables, biologiques et recyclés a eu lieu mercredi dernier au bar Le Cercle. C’est dans le cadre des 16es Journées québécoises de la solidarité internationale (JQSI), que plusieurs boutiques et designers ont présenté leurs créations.

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ne quarantaine de personnes étaient présentes pour assister à ce premier défilé gratuit organisé par le Carrefour Tiers-Monde et Navti Fondation Canada. Plusieurs entreprises de vêtements responsables telles que La corde à linge, Point d’exclamation! et Séraphin ont présenté quelques morceaux de leurs collections. Selon Magalie Lefebvre, coordonnatrice des JQSI et Mathieu Papillon, directeur général de Navti Fondation Canada, l’idée d’un défilé de mode, activité plus ludique que les traditionnels conférences et documentaires, s’inscrit dans une recherche de nouveauté afin d’attirer une clientèle plus jeune et plus dynamique.

Des tabous à briser

Mme Lefebvre croit que les gens ne connaissent pas bien l’offre du marché responsable. En créant un défilé de mode, le Carrefour Tiers-Monde a voulu donner une visibilité aux designers et aux boutiques équitables afin de briser l’idée préconçue que «le bio et l’équitable, c’est hippie. C’est ça que l’on veut montrer, ce n’est pas d’être habillé en chanvre, il y a vraiment des belles choses qui sont responsables et éthiques», a justifié Mme Lefebvre. Selon elle, il faut mettre de l’avant la solidarité et la coopération internationale. De son côté, Mathieu Papillon croit qu’«il y a encore le tabou que le commerce équitable est cher, mais le message qu’il va falloir travailler dans les prochaines années, c’est qu’on n’achète pas juste parce que c’est cher, on achète parce qu’il y a une cause au bout de la ligne». Mme Lefebvre estime que les gens sont de plus en plus sensibles à l’engagement citoyen en ce qui concerne l’achat de produits locaux. «Par contre, pour ce qui est équitable, biologique et où il faut payer le

juste prix, c’est vraiment plus difficile quand on ne voit pas la réalité d’ailleurs. On ne veut pas faire travailler des enfants, mais quand les chandails sont trois pour dix dollars, c’est vraiment facile de prendre ce côté», a-t-elle expliqué.

Équitable et local

Le défilé de mode avait un volet équitable et un volet local. Selon Magalie Lefebvre, ce n’est pas n’importe quel produit qui peut être qualifié d’équitable. «Les boutiques qui sont équitables, c’est qu’elles sont normées [sic]. Les vêtements vont êtres faits dans des pays de l’Occident où les gens sont payés le juste prix, ou bien, il va y avoir des normes comme celle de ne pas faire travailler les enfants et de payer les hommes et les femmes le même salaire», a-t-elle expliqué.

Des designers solidaires

Caroline Chicoine, propriétaire de La Corde à Linge, vend seulement des produits québécois. Sa boutique est divisée en deux sections, soit un côté designers et un côté friperie. «Je trouvais qu’il y avait beaucoup d’abus dans les vêtements, beaucoup de gens qui achètent sans cesse... Je voulais que les gens puissent acheter, mais, au moins, que ça soit valorisant, que ça soit des vêtements québécois faits de matières recyclées», s’est-elle exprimée. Diane Bergeron, quant à elle, propriétaire de la boutique Point d’exclamation!, a ouvert ses portes il y a huit ans et demi. «Le but c’est de donner une vitrine aux designers québécois, c’est la mission première de la boutique», a statué Mme Bergeron. Ce qui l’a poussé à s’investir dans le marché responsable, c’est qu’«il n’y avait pas d’endroit qui était 100 % québécois, tu ne peux pas concurrencer, dans une boutique, un produit québécois et une importation, ce n’est pas le même prix», a-telle justifié.

Courtoisie Jeunes musiciens du monde

La participation des jeunes au spectacle du jeudi est une réconnaissance pour le travail accompli pour les plus persévérants, selon le cofondateur Mathieu Fortier.

Spectacle-bénéfice de Jeunes musiciens du monde

Artistes de divers horizons Guillaume Piedboeuf guillaume.piedboeuf.1@ulaval.ca Québec - Marc Déry, Marco Calliari et Bran Van 3000 seront parmi les artistes invités au troisième et dernier spectaclebénéfice de l’année de Jeunes musiciens du monde (JMM). La soirée, qui se tiendra jeudi soir à l’Impérial, mettra aussi en vedette les élèves des écoles de l’organisme.

A

près avoir performé à Montréal et Sherbrooke dans les dernières semaines, le porte-parole de l’organisme Yann Perreau s’amène dans la Vieille Capitale avec une brochette d’artistes des plus hétéroclites. Aux dires de M. Perreau, il y en aura pour tous les goûts, allant de la musique folklorique des Tireux d’Roches au funk éclaté de Papagroove. Marie-Hélène Hébert, assistante à la coordination des évènements-bénéfices pour JMM a expliqué que «la diversité des artistes est représentative de la diversité de nos écoles et enfants. On aime avoir une saveur.» L’organisme offre, depuis une dizaine d’années,

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monde donne, c’est concret». Outre participer aux spectaclesbénéfice, l’auteur-compositeurinterprète s’affaire durant l’année à faire connaître la cause et lance des invitations à des amis musiciens pour venir fouler les planches avec lui.

des cours de musique gratuits à des jeunes de milieux défavorisés par le biais de ses cinq écoles situées à Québec, Montréal, Sherbrooke, dans la communauté autochtone de Kitcisakik et en Inde. «Des spectacles comme celui de jeudi donnent la chance aux élèves de fouler les planches avec des artistes connus», a expliqué Yann Perreau, en plus de représenter la plus grande entrée d’argent annuelle.

L’appréciation que semble soutirer Yann Perreau de son travail de porte-parole trouve écho dans les dires de Marie-Hélène Hébert. «Il s’investit beaucoup et il est à l’écoute des jeunes. Il prend la cause et son rôle à cœur», a-t-elle exprimé. Cette dernière souligne aussi la sensibilité que requiert le rôle de porte-parole dans un organisme comme JMM.

Association qui dure

Selon Mme Hébert, ce n’est pas la volonté qui manque chez les artistes québécois lorsque vient le temps de trouver des têtes d’affiche pour les spectacles-bénéfice. À l’image de Yann Perreau, la cause de l’organisme touche une corde sensible chez plusieurs d’entre eux. La difficulté, selon elle, réside davantage dans la disponibilité; la majorité des artistes étant en tournée à l’automne. M. Perreau est néanmoins très satisfait des artistes retenus par l’organisation cette année. Selon lui, ce sont tous des artistes qui chantent avec leur cœur. «La musique qui vient du cœur, que ce soit un style ou un autre, j’aime ça», a-t-il illustré.

Le chanteur en est à sa troisième année comme porte-parole de l’organisme. «Moi, la musique, ça changé ma vie», a-t-il confié à quelques jours de l’évènement. «Ce que Jeunes musiciens du

Historique

’est en Inde que la première école de Jeunes musiciens du monde (JMM) a ouvert ses portes en 2002. Ce n’est pas un hasard, puisque le cofondateur Mathieu Fortier y vivait depuis une dizaine d’années. Le choix d’enseigner la musique, et non une autre forme d’art, n’est lui aussi pas anodin. «On a choisi la musique parce qu’on est mélomane, parce qu’on aurait aimé l’apprendre quand on était jeune. Ça adonne bien parce que la musique c’est magique, et ça a un impact sur la vie des enfants», a-t-il expliqué. Après Québec, Montréal et Sherbrooke, JMM a aussi ouvert une école dans la communauté algonquine de Kitcisakik : «Notre implication est sincère, et se fait dans le respect de la communauté. On a eu un appui fantastique de leur part, et on a reçu des demandes de plusieurs autres communautés». L’organisme offre maintenant des cours de musique à plus de 650 jeunes à travers les cinq écoles. Parmi les moments marquants des dernières années, il y a eu la participation de certains jeunes élèves au spectacle The Wall de Roger Waters sur les Plaines d’Abraham cet été. «Notre but était d’avoir du plaisir, et on a dit aux jeunes que pour y arriver, ils devaient être préparés. Le lendemain dans les journaux, on voyait la photo de Waters avec les jeunes, et on applaudissait leur performance. Ça a été une grande opportunité », a conclu le cofondateur. (C.S.)

Plusieurs noms connus

Le spectacle de jeudi sera le dernier évènement-bénéfice pour JMM avant leur tournoi de golf annuel au mois de juin. Questionnée à savoir si les profits amassés pourraient éventuellement servir à ouvrir de nouvelles écoles, Marie-Hélène Hébert souligne qu’il faut d’abord consolider les cinq écoles déjà en place. Cela n’empêche toutefois pas son organisme d’avoir des projets d’expansion sur la table pour les années à venir.


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p ort s

En b r e f Volleyball Rouge et Or Performance en demi-teinte

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es équipes de volleyball du Rouge et Or ont connu un sort différent contre le Vert & Or de Sherbrooke samedi soir au Peps de l’Université Laval. L’équipe féminine a perdu 3-1 en laissant filer la troisième manche et le match à leur adversaire. L’équipe masculine a gagné 3-0, mais l’entraîneur Pascal Clément a dénoncé le manque d’intensité de son équipe. (S.D.)

Patin de vitesse Coupe du monde

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’équipe canadienne de longue piste a connu une bonne première fin de semaine à la Coupe du monde de Heerenveen aux Pays-Bas. Denny Morrison a gagné le 1000 m pour offrir la première médaille de la saison à l’équipe. Christine Nesbitt a imité son compatriote quelques minutes plus tard avec une victoire au 1500 m. Dimanche, l’équipe de poursuite féminine, composée d’Ivanie Blondin, de Christine Nesbitt et de Brittany Schussler, a gagné la médaille de bronze à seulement 0,006 seconde de la deuxième place. (S.D.)

Athlétisme Gala ATHLÉTAS

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amedi soir, lors du 20e GALA ATHLÉTAS de la Fédération québécoise d’athlétisme, l’olympienne Mélanie Blouin, membre du club d’athlétisme du Rouge et Or, a été honorée à titre d’athlète espoir par excellence de l’année 2012. L’athlète de 22 ans a terminé 17e à l’épreuve de saut à la perche aux Jeux olympiques de Londres. (S.D.)

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Tennis Coupe Davis

es Tchèques ont eu le meilleur sur les Espagnols au tennis en mettant la main sur leur première Coupe Davis. Radek Stepanek a eu le dessus sur Nicolas Almagro dans le duel ultime dimanche à Prague avec des résultats de 6-4, 7-6, 3-6 et 6-3. La République Tchèque complète un rare doublé deux semaines après la victoire des dames du pays en finale de la Fed Cup, une première pour un pays depuis 1990. (S.D.)

L’Exemplaire, le mercredi 21 novembre 2012

Football Rouge et Or

À la conquête d’une 7e Coupe Vanier

Sébastien Desrosiers sebastien.desrosiers.1@ulaval.ca

Québec – Le Rouge et Or de l’Université Laval pourrait devenir l’équipe la plus titrée de l’histoire du football canadien, vendredi soir à Toronto, alors qu’il y affrontera les Marauders de l’Université McMaster d’Hamilton en finale de la Coupe Vanier.

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’est sans surprise que les hommes de Glen Constantin ont disposé des Axemen de l’Université Acadia, dimanche dernier, au stade TELUS en finale de la Coupe Uteck. Le Rouge et Or, largement favori, l’a emporté par la marque de 42 à 7. La formation lavalloise se tourne maintenant vers Toronto, où les Marauders de l’Université McMaster les attendent pour une reprise de la finale de l’an dernier. Ces derniers l’avaient emporté dans un match qui, selon plusieurs connaisseurs, fut le plus enlevant de l’histoire de la Coupe Vanier. Il s’agissait d’une première défaite pour l’équipe de l’Université Laval en finale canadienne, invaincue lors de ses six présences précédentes. C’est donc dire que la troupe de Glen Constantin aura

la chance de prendre sa revanche cette année, elle qui en est à une troisième participation consécutive à la finale de la Coupe Vanier, une huitième en 14 ans. S’il devait l’emporter, le Rouge et Or deviendrait la première équipe à compter sept titres canadiens. À noter que leur dernière conquête remonte à il y a deux ans, sur leur propre terrain à Québec.

Prédictions

Anthony Côté Leduc, rédacteur en chef du webmagazine Versus Football, est d’avis qu’une tâche ardue attend le Rouge et Or. «McMaster roule à plein régime après sa victoire contre Calgary [en finale de la Coupe Mitchell], et c’est définitivement une équipe dont Laval devra se méfier », a-t-il expliqué. Selon lui, le danger provient

plus particulièrement du quart-arrière des Marauders, Kyle Quinlan, qui se veut un joueur très expérimenté et très mobile. M. Côté Leduc évoque également les blessures du côté du Rouge et Or qui pourraient changer la donne contre une équipe comme McMaster. «Ils ont pu s’en sortir contre Acadia sans les Guillaume Rioux et Pascal Lochard, mais c’est une autre histoire dans le cas des Marauders », a-t-il affirmé. À noter que leur statut, tout comme celui de Guillaume Bourassa, reste incertain en vue de la rencontre au moment d’écrire ces lignes.

Importance pour le programme

Outre le droit de se considérer comme l’un des meilleurs programmes de football au pays, le Rouge et Or obtient quelques dividendes de ses nombreuses participations à la finale de la Coupe Vanier. Gilles Lépine, directeur du programme d’excellence du Rouge et Or, estime d’abord que le succès que connait l’équipe lui permet d’effectuer un meilleur recrutement.

«Ça attire évidemment l’attention et l’intérêt de plusieurs étudiants-athlètes qui veulent gagner», a-t-il déclaré. En d’autres mots, lorsque vient le temps de choisir le programme avec lequel ils poursuivront leur carrière, les joueurs de football choisissent souvent un programme gagnant, même si cela veut dire moins de temps de jeu au départ. Comme l’indiquait Glen Constantin la semaine dernière, c’est ce qui explique que le Rouge et Or présente une telle profondeur, et une telle constance dans ses succès. Il a en effet affirmé que «les joueurs savent qu’il y a un gars dans la rotation prêt à les remplacer à tout moment». Finalement, Gilles Lépine parle de la visibilité qu’offre l’équipe de football à tout le programme Rouge et Or. «Le football, beaucoup plus médiatisé, est comme les premiers wagons du long train qu’est le Rouge et Or» a-t-il expliqué. Selon lui, s’afficher sur la scène nationale constitue une belle occasion de faire connaitre l’Université Laval et d’illustrer les valeurs qu’elle incarne.

Ligue de hockey junior majeur du Québec

Les Remparts l’emportent en fusillade Marie-Michèle Genest marie-michele.genest.2@ulaval.ca Québec - Les Remparts de Québec ont vaincu, dimanche dernier, les Tigres de Victoriaville de justesse, par la marque de 3-2 en fusillade. C’est au Colisée que les protégés de Patrick Roy ont signé leur 17ème victoire de la saison et demeurent bien en selle au quatrième rang du circuit Courteau.

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roisième joueur à affronter le gardien, c’est l’ailier droit Logan Shaw qui a marqué le but décisif lors des tirs de barrage. Quant au gardien François Brassard, il a su garder sa concentration et son calme tout au long de la partie, ne laissant passer aucune rondelle durant la fusillade. «C’est certain qu’un match en fusillade comme ça, c’est beaucoup de pression sur les gardiens des deux côtés, mais il faut faire le vide dans ta tête et se concentrer sur le joueur qui s’en vient en avant de toi», a énoncé en toute humilité le gardien qui a récolté la première étoile du match. Pour sa part, l’entraîneur-chef des Remparts, Patrick Roy, était satisfait de l’issue du match. «Je suis très content de la performance de l’équipe. On a donné à peu près dix chances de marquer à nos adversaires, on voulait mieux jouer dé-

fensivement et nos défenseurs ont été excellents», a résumé le pilote des Remparts ayant eu des mots très durs envers sa défensive dans les dernières semaines. De son côté, l’entraîneur des Tigres de Victoriaville, Yanick Jean, s’est aussi dit satisfait de l’effort des siens. «On s’est donné une chance de gagner, c’est ce qu’on veut faire à tous les matchs. On est resté dans ce match-là tout le long, on a travaillé 60 minutes alors je n’ai rien à redire de la performance de mes joueurs», a affirmé l’entraîneur victoriavillois.

Fil du match

Malgré une finale enlevante, le jeu a commencé de manière plutôt tranquille, les deux équipes étant incapables de créer de véritables chances de marquer. C’est le Russe Mikhail Grigo-

Photo Marie-Michèle Genest

François Brassard a été solide tout au long du match, n’accordant que deux buts.

renko, espoir des Sabres de Buffalo, qui a réveillé la foule en marquant le premier but des Remparts après 16 minutes de jeu. Malgré leurs efforts, l’équipe de Victoriaville n’a pas réussi à s’inscrire au pointage durant le premier tiers.

période, la fatigue des joueurs des deux camps était palpable. À la suite de la punition de Félix Boucher pour bâton élevé, les Remparts n’ont pas réussi à prendre avantage de leur supériorité numérique, laissant la marque à égalité.

Les visiteurs sont néanmoins revenus plus fort en deuxième période, ajoutant deux buts en leur faveur au tableau indicateur. Les Remparts n’ont toutefois pas laissé l’équipe adverse mener la partie très longtemps : le Suédois Nick Sorensen, a déjoué le gardien des Tigres à la quatorzième minute, marquant son sixième but de la saison. Au terme de la deuxième

Cependant, l’équipe locale a doublé d’ardeur lors d’une troisième période plus robuste. Leur jeu offensif s’est avéré plus agressif, laissant peu de temps mort au gardien des Tigres, Brandon Whitney. Malgré plusieurs tirs au but, les joueurs ont dû se résoudre à poursuivre la partie en prolongation. La fusillade a été nécessaire pour trancher le débat.

L'exemplaire vol XXI - numéro 8  

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