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L’EXEMPLAIRE, LE MERCREDI 4 AVRIL 2012

ORUM JEUNESSE

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CAHIER SPÉCIAL

3e édition du Rendez-vous des jeunes leaders

Mission accomplie ! Photo Raphaël Lavoie

Photo Vincent Deslauriers

Photo Valérie Péré

Photo François Pagé

De haut en bas et de gauche à droite — Parmi les ateliers de la journée: «L’art de s’exprimer dans les médias», «La puissance de l’art», la découverte d’un nouveau sport, le Pur Instinct, ou encore des échanges avec des élus de la scène provinciale et fédérale. Sophie Côté sophie.cote.9@ulaval.ca Cité universitaire — La 3e édition du Rendez-vous des jeunes leaders, organisée par le Forum Jeunesse de la région de la Capitale-Nationale, a attiré pas moins de 75 jeunes allumés le jeudi 22 mars dernier à l’Université Laval. Leur participation active et leur vif intérêt pour les activités proposées ont couronné cette journée de succès.

«L

e bilan est très positif selon les commentaires qu’on a reçus, on a eu une belle participation des jeunes», a indiqué, satisfait, le président du Forum Jeunesse de la région de la Capitale-Nationale, Félix Joyal-Lacerte. «La plupart des écoles veulent renouveler leur participation» a-t-il ajouté, précisant que les jeunes sont actuellement

sondés pour dresser un bilan officiel de cette 3e édition. Ce rendez-vous annuel permet de réunir des jeunes qui s’impliquent ou souhaitent s’impliquer dans leur communauté. Il vise à les sensibiliser aux enjeux tant mondiaux que locaux et aux défis que ceux-ci représentent pour leur génération.

Parmi les activités proposées aux jeunes cette année, «L’art de s’exprimer dans les médias», un atelier d’initiation au journalisme écrit avec l’équipe de L’EXEMPLAIRE, «Eau secours!», où les jeunes étaient appelés à échanger sur les enjeux socio-économiques liés à l’eau, «Entreprendre: faire différent, créer, changer et décider», un jeu permettant aux jeunes de lancer une entreprise et «La puissance de l’art», un atelier permettant aux jeunes d’user de leur créativité.

Défi de taille

Pour le Forum Jeunesse, qui organisait l’événement seul pour la première année à la suite du retrait de Plan Nagua du projet pour

des raisons financières, le défi résidait surtout dans le recrutement des jeunes. «Le Plan Nagua était très impliqué dans le recrutement des jeunes dans les éditions précédentes. Notre défi était de taille pour développer des contacts dans les écoles et attirer le plus de jeunes possible», a précisé Félix Joyal-Lacerte. Ayant battu un record de participation cette année, le président peut dire mission accomplie.

Une 4e édition?

«Avec 75 participants cette année, pourrait-on augmenter le nombre d’inscriptions pour une prochain édition? Je ne suis pas vraiment de cet avis, parce qu’on souhaite d’abord que les jeunes passent du temps de qualité dans les différentes activités», a-t-il fait valoir.

L’organisation de la 3e édition a été réalisée avec un budget de 3000$. Le Forum Jeunesse, dont la mission est de soutenir financièrement et d’aider le développement de projets faits par les jeunes en région, est financé par le gouvernement provincial.

Bien que le président ne puisse se prononcer définitivement sur la question, une 4e édition du Rendezvous des jeunes leaders devrait avoir lieu en 2013. Pour l’an prochain, le Forum Jeunesse souhaite élargir le réseau de participants. «Il faut aller chercher davantage de jeunes qui ne s’impliquent pas dans leur milieu, qui sont plus retirés, mais qui aimeraient le faire», a-t-il insisté.


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Atelier «L’art de s’exprimer dans les médias»

Apprentis journalistes Pendant une matinée, une vingtaine de jeunes leaders sont entrés dans la peau de journalistes de presse écrite, accompagnés par la rédaction de L’EXEMPLAIRE. Au programme: conférences, recherche d’information, rédaction (voir textes en page 9), correction, photographie et réseaux sociaux.

Photo Raphaël Lavoie

Photo Raphaël Lavoie

Photo Raphaël Lavoie

Photo Raphaël Lavoie

Début de l’activité avec une série de quatre conférences d’une dizaine de minutes chacune.

Photo Miguël Bernard Les conférenciers sont disponibles pour préciser leurs propos.

Photo Raphaël Lavoie

Photo Raphaël Lavoie

Les jeunes recherchistes cherchent des sources d’information supplémentaires, aidés par les chefs de nouvelles de L’EXEMPLAIRE.

Photo Raphaël Lavoie

Photo Élizabeth Tremblay-Ga-

Avant de recevoir les textes, les jeunes correcteurs échangent avec les chefs de pupitre de L’EXEMPLAIRE.

Photo Raphaël Lavoie

Les jeunes rédacteurs étaient aidés par les secrétaires de rédaction pour écrire leurs textes.

Photo Raphaël Lavoie

Photo Élizabeth Tremblay-Gagnon L’équipe des réseaux sociaux était composée de Simon Dufresne, Jeanne Laforest et Alixanne Moore.


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L’auto et la croissance territoriale à Québec

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À la décharge! O’Nell Agossa, Pierre Tardif, Gabrielle Genois, Justine Duquet Cité universitaire — L’organisme Accès transports viables émet un constat dur envers la structure urbaine de la Ville de Québec. Son étalement inciterait les déplacements en automobile et nuirait à la qualité de vie des citoyens.

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a présidente d’Accès transports viables, Catherine Boiclair, a donné à l’Université Laval une conférence portant sur les transports collectifs et alternatifs. Elle constate que les citoyens de Québec dépendent de l’automobile pour leurs déplacements. «Les trois-quarts des gens, en 2008, n’utilisaient que la voiture pour se déplacer», a-t-elle indiqué. «À Québec, le nombre de kilomètres par autoroute est le plus élevé en Amérique du Nord», a encore souligné Mme Boiclair. La capitale abrite 100 000 habitants en moyenne, disséminés sur 22 kilomètres carrés. Par rapport aux villes de Toronto et Montréal, c’est trois fois plus. Selon elle, l’usage excessif de l’automobile est dû à l’étalement urbain. De plus, la population de la

ville croît moins rapidement que son territoire, ce qui renforce l’utilisation de l’automobile. Catherine Boisclair a expliqué qu’il existe diverses solutions pour contrer l’étalement. Notamment, en favorisant le transport en commun sur les axes principaux de circulation, en aménageant autrement la ville et en favorisant la mixité et la compacité urbaine. Les constats de la conférencière sont en lien avec les plans de la Ville à long terme, notamment le plan de mobilité durable. Ce plan inclut l’aménagement d’un tramway pour la Ville de Québec. Prévu pour 2021, le circuit reliera Limoilou à la Rive-Sud, en passant par l’Université Laval. «Tous ces projets s’avèrent être tout à fait réalisables et ce, sans contraintes économiques majeures», a conclu Mme Boiclair.

Lutte contre les boissons énergisantes

Le RSEQ réclame un âge minimal Jérémy Lévesque-Perreault, Jean-François Tardif, Oscar Truong et Sandrine Deschênes Cité universitaire — Le directeur général du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) Québec-Chaudière-Appalaches, Daniel Veilleux, a comme objectif d’instaurer un âge légal pour l’achat de boissons énergisantes.

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aniel Veilleux laisse par ailleurs aller le débat sur l’âge précis qui devrait être fixé. «Quel âge? Je ne sais pas, mais ça pourrait être un autre âge que celui de la majorité [18 ans]», a-t-il soutenu.

boissons énergisantes. Les jeunes étaient appelés à user de leur créativité pour concocter un design frappant de bouteille d’eau. Les projets gagnants ont été distribués dans les écoles secondaires de la région de la Capitale-Nationale.

Le RSEQ, déjà promoteur du projet De Facto qui sensibilise les jeunes sur les dangers du tabac, souhaite maintenant mettre sur pied une campagne de publicité à grande échelle visant à sensibiliser les jeunes aux effets néfastes des boissons énergisantes sur la santé. Le RSEQ est en attente d’une réponse de financement du gouvernement pour mettre le projet en branle.

Les boissons énergisantes contiennent entre autres de la taurine, un dérivé d’acide isolé dans le sang de taureau. Cette substance augmente la force, mais sera libérée par les muscles lors de travail prolongé. Malgré plusieurs études, les effets secondaires qu’elle entraîne sont encore nébuleux.

Le RSEQ a déjà fait un projet sous la forme de concours sur le site web moncarburant.ca, dans le but d’amener son public cible à réfléchir sur les méthodes de marketing employées par les compagnies de

Toutefois, pour certains autres ingrédients contenus dans les boissons énergisantes, comme la caféine, les risques d’une consommation abusive sont prouvés, dont celui de développer des dépendances. Les risques seraient plus élevés pour les enfants et les adolescents.

Photo Rim Charaf «Trois insectes sont plus nourrissants qu’un steak de 150 grammes, a assuré M. Drolet. Le grillon est bon pour la santé, on peut entièrement le manger!»

Se nourrir d’insectes

Une alternative à la viande Noémie Thériault Justin Bilodeau Cassandra Bisson Amélie Racette Cité universitaire — L’entomophagie, cette pratique qui consiste à se nourrir d’insectes, prendra une place importante dans notre alimentation au cours des prochaines années. C’est ce qu’a affirmé le conférencier Francis Drolet, lors du Rendez-vous des jeunes leaders à l’UL.

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’entomophagie serait une solution de rechange intéressante à la viande puisque les insectes sont une source concentrée de nutriments essentiels, notamment de protéines. «Trois insectes sont plus nourrissants qu’un steak de 150 grammes, a assuré M. Drolet. Le grillon est bon pour la santé, on peut entièrement le manger!» De plus, les ressources nécessaires à la production mas-

sive d’insectes sont peu élevées, comparativement à celles que demande la production des viandes comme le bœuf. Les scientifiques croient donc que l’élevage d’insectes pourrait avoir une incidence sur les famines qui sévissent dans le monde. Selon un article de Jacques Mignon publié en 2002 dans la revue Tropicultura, des pays comme la Corée du Sud utilisent aussi les insectes «pour leurs vertus théra-

peutiques […] en médecine traditionnelle, pour lutter contre les problèmes de pieds, de jambes et d’articulation». Toutefois, selon ce même article, il faut rester vigilant: toutes les petites bêtes ne sont pas comestibles pour autant. Certains insectes sont très nocifs pour la santé, au même titre que plusieurs variétés de champignons. C’est pourquoi il est conseillé d’avoir recours à un spécialiste en entomophagie. M. Drolet a aussi émis quelques mises en garde sur la consommation d’insectes. En effet, certaines conséquences néfastes peuvent être liées aux pesticides et aux déchets dont les insectes se sont nourris, ce qui pourrait rendre les gens malades.

L’engagement chez les jeunes

Du bénévolat obligatoire? Julien Raymond Chloé Guilbert-Savary Claudie Michaud-Couture Cité universitaire — Les écoles du Québec devraient rendre obligatoire le bénévolat dans leurs établissements, a proposé Joëlle Mathieu-Lessard, présidente de la Maison des jeunes de Duberger.

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de 48% des jeunes âgés de 15 à 24 ans participent à des activités bénévoles pour une moyenne de 116 heures par année au Québec.

Selon une étude réalisée par Statistique Canada en 2007, près

Au-delà d’apporter du bienêtre aux autres, le bénévolat permet aux personnes qui s’impliquent de se faire des contacts, de parfaire leurs habiletés, d’acquérir de l’expérience et de faire de nouvelles connaissances, a souligné Mme Mathieu-Lessard. Des sites comme Workopolis et Jobboom.

objectif recherché par cette mesure est de créer une relève pour l’engagement communautaire dans la province. Selon elle, les écoles secondaires pourraient se baser sur le Programme d’éducation internationale (PEI) dans lequel les jeunes sont amenés à s’impliquer dans leur milieu un certain nombre d’heures.

com mettent l’accent sur la participation bénévole et incitent notamment la plupart des participants à s’engager afin de nourrir leur CV, liant ainsi engagement communautaire et emploi. C’est ce que vient confirmer l’expérience de Jean-Philippe Bolduc, qui a complété un stage en environnement. Dans un témoignage livré au Forum jeunesse du Centre du Québec, il a expliqué que son expérience bénévole lui a permis de participer à des situations pratiques et enrichissantes. «Pendant mon expérience bénévole, j’ai acquis des compétences qu’on ne pratique pas sur les bancs d’école. De plus, mon réseau de contacts s’est grandement élargi et m’a permis de me trouver un très bon emploi.»


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Naissance d’un sport

Du Pur Instinct Valérie Péré valerie.pere.1@ulaval.ca Cité universitaire — La rencontre des jeunes leaders a permis à une vingtaine d’entre eux d’essayer le Pur Instinct, un nouveau sport collectif, sous l’œil avisé de son créateur, Dominique Soucy, ancien joueur de basketball du Rouge et Or et des Kebs de Québec.

«C

e sport porte bien son nom, ça se joue à l’instinct», s’est exclamée Marie Beaupré, une adolescente participant à l’activité. Tu ne choisis pas avec qui tu y vas; tu y vas juste avec la personne qui est là». En projet depuis près d’un an, Pur Instinct est un sport qui se veut rassembleur. Le principe: deux équipes de sept joueurs s’affrontent pour apporter le ballon à l’autre bout du terrain sans se faire intercepter par ses adversaires et sans que le ballon ne touche le sol. C’est un mélange de temps et de périodes pour que chaque équipe ait, au final, le même temps de possession du ballon. Les arrêts de jeu sont donc rares, et il est interdit de faire des passes en arrière. Cette nouvelle discipline demande de la rapidité d’esprit et beaucoup d’intuition. «On n’a pas le temps de penser, il faut se concentrer sur l’action et prendre des décisions rapides», a indiqué Dominique Soucy, le créateur de ce sport. Pur Instinct est ouvert à des athlètes provenant de différents sports. «Même si on n’est pas le plus rapide, on peut se démarquer en étant le plus instinctif», a expliqué Sandy Ferland, une jeune leader présente. Les moins sportifs y trouvent alors leur compte. Très collectif et malgré les actions explosives, «il est difficile pour les joueurs de voler le show, car si tu veux gagner, tu dois t’impliquer avec tes coéquipiers», a résumé Dominique Soucy.

Origines

L’idée de créer ce sport est venue à M. Soucy après de nombreuses lectures relatives aux origines du

sport, à l’époque des Grecs. Il s’est alors rendu compte que les sports actuels ne respectaient pas certaines vertus ancestrales. «J’ai alors décidé de créer un sport englobant, qui va chercher le meilleur de tout le monde. Ceci me paraît essentiel dans le sport», a-t-il fait valoir. Cette discipline se veut complémentaire à d’autres disciplines comme le basketball ou le football. Il tire ses origines de différents sports pratiqués partout dans le monde. «J’ai emprunté certains mouvements à des sports australiens, mais aussi américains», a souligné le créateur.

«Beau groupe test»

Les jeunes, pas nécessairement des sportifs de haut niveau, ont rapidement intégré le principe et l’esprit du jeu. «Ils ont vite embarqué dans ce sport et leur capacité d’adaptation est impressionnante!», s’est exclamée Amélie, intervenante sociale et accompagnatrice des jeunes leaders. «J’ai adoré! C’est vraiment un autre style de jeu très innovateur», a lancé William Perreault, un participant. Pur Instinct a réussi à conquérir le cœur des jeunes leaders qui souhaiteraient continuer à pratiquer ce sport. «S’il pouvait y avoir une ligue, ce serait le fun!», a confié un autre jeune, Samuel Petitclerc. Cet été, Dominique Soucy et son équipe commenceront à faire la promotion de leur nouveau sport. «Si les étoiles sont alignées, on aimerait le faire découvrir au grand public et surtout à des athlètes élites de la région, en espérant que ça ait le même impact que sur les jeunes leaders», a-t-il conclu.

Photo Valérie Péré

Les jeunes leaders ont rapidement intégré le principe et l’esprit du Pur Instinct.

Photo François Pagé

Le député du NPD, Denis Blanchette, discute avec les jeunes des enjeux de société actuels. Les élèves ne semblaient pas intimidés pour confronter les élus présents au dîner.

Dîner avec des élus

Des jeunes politisés et engagés Selon le Directeur général des élections du Québec, avec un taux de participation d’à peine plus de Cité universitaire — Dans le cadre du Rendez-vous des 40%, les 18-25 ans sont la catéjeunes leaders, les 75 adolescents participants ont pu gorie d’âge exerçant le moins leur partager un repas et échanger avec des élus de la scène droit de vote. François Pagé francois.duval-page.1@ulaval.ca

fédérale et provinciale. La rencontre a été appréciée des jeunes comme des députés et a donné lieu à des discussions animées.

«C’

était super intéressant et très enrichissant», s’est enthousiasmée Joëlle LavoieCharlant, l’une des élèves prenant part à l’activité. À son avis, pouvoir discuter ainsi avec des politiciens permet de changer les perceptions. «On voit leur implication. Ça va plus loin que les préjugés. À travers les médias, ils n’ont pas souvent une bonne image.» Loin d’être intimidée, elle était heureuse de pouvoir questionner les élus sur tous les sujets sans qu’ils ne se défilent. Un constat partagé par Jeanne Laforest, de l’école secondaire Cardinal-Roy, qui s’est entretenue longuement avec le député caquiste de La Peltrie, Éric Caire. «Il répondait parfois trop en politicien à mon goût, mais il n’a esquivé aucune question. Il semblait vraiment intéressé à débattre.» Ainsi, ils ont parlé de droits de scolarité, mais aussi du financement public de Radio-Canada, de la privatisa-

tion des soins de santé et même de la Caisse de dépôt et placement du Québec. «On avait nos divergences, mais la confrontation s’est faite dans le respect», a affirmé la jeune femme, qui est néanmoins repartie campée sur ses positions.

Des élus enchantés

Quant à M. Caire, les élèves lui ont fait une forte impression. «C’est un exercice extraordinaire! Après ça, je serais presqu’en faveur du vote à 16 ans. Ils ont l’esprit critique, s’indignent de bonnes choses et cherchent des solutions concrètes. Ils m’ont amené dans mes derniers retranchements», a-til candidement admis. Alors que le faible taux de participation des jeunes aux élections suscite de nombreuses inquiétudes, le député a trouvé rafraîchissant de voir des adolescents s’intéresser à la politique et se questionner sur de nombreux enjeux sociaux.

De l’avis de M. Caire, le dîner a permis de montrer aux élèves le vrai visage de la politique. «Il faut dépasser la partisannerie et la mesquinerie. Je crois que ça a élargi leur perception des enjeux sociaux. Ils ont compris le nombre de paramètres à prendre en compte lors d’une décision, a-t-il expliqué. La solution simple à un problème complexe est rarement la meilleure.» Raymond Bernier, élu de Montmorency pour le Parti libéral du Québec, a trouvé l’occasion propice à démystifier le métier de député. «Ce n’est pas clair pour tout le monde ce qu’on fait comme travail, et c’est source de plusieurs mauvaises perceptions. Là, on avait la chance d’expliquer en quoi consistent nos journées.» «J’aimerais que les gens comprennent à quel point c’est un privilège de pouvoir faire de la politique», a-t-il ajouté. Annick Papillon, Raymond Côté, Élaine Michaud et Denis Blanchette, tous députés du NPD, étaient également présents.


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OSSIER

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Textes par Marie-Claude Savoie | marie-claude.savoie.3@ulaval.ca

Collaboration des vedettes dans la publicité sociale

Plus profitable

Québec ­— Tel-Jeunes, la CSST et la Fondation du cancer du sein du Québec sont tous des organismes qui ont choisi d’utiliser l’image de célébrités québécoises dans leurs publicités. Que ce soit pour sensibiliser la population à certaines causes ou pour l’inciter à faire des dons, les organismes à but non lucratif doivent les approcher pour se démarquer.

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n septembre dernier, Centraide du Grand Montréal, une organisation philanthropique visant à aider les familles en situation de pauvreté, lançait pour la première fois depuis sa création en 1975, une campagne publicitaire impliquant des personnalités connues. «Nous voulions mettre Centraide et la pauvreté au cœur des discussions. Nous aidons environ 360 organismes et c’est de plus en plus difficile de parler de pauvreté», a expliqué Anick Gagnon, coordonnatrice des relations publiques chez Centraide du Grand Montréal. «En dessous, on est tous pareils», la série publicitaire créée par Publicis Montréal, regroupait 17 personnalités et artistes qui ont osé poser nus pour la cause de la pauvreté. Dès les premiers jours, l’organisme a senti l’impact de ses nouvelles publicités. «On a remarqué une augmentation des mentions de Centraide sur les médias sociaux auprès des jeunes. La campagne est rapidement devenue virale. Cela a eu un gros impact sur la reconnaissance de la marque», a expliqué Mme Gagnon. Selon Raymond Gagnon, président de l’Union des artistes (UDA), il y a deux tendances dans les publicités des organismes: utiliser des gens inconnus ou très connus. «Pour obtenir de meilleurs tirages, ou de meilleures cotes d’écoute, on a plus de chances avec une personnalité populaire qu’avec l’homme de la rue, a-t-il expliqué en entrevue télé-

phonique à L’EXEMPLAIRE. Tous les organismes veulent que leur porteparole aille à «Tout le monde en parle» pour parler de leur collecte de fonds! Ils cherchent de l’argent et tous les moyens sont bons.»

Une tribune pour les artistes

Spécialiste en éducation pour Réseau éducation-médias, Jeff Gagnon explique qu’il y a également des avantages pour les artistes qui participent à des campagnes de publicité sociale. «Paraître plus actif dans une cause sociale peut influencer positivement la perception que le public a d’eux. On voit, surtout aux États-Unis, que certaines vedettes s’associent à des causes pour corriger des actions fautives qu’elles ont faites.» Toutefois, le président de l’UDA n’y voit aucun avantage tangible pour ces personnalités. D’après lui, ces vedettes «le font pour des raisons de cœur». Il avoue néanmoins que dans certains cas, participer à des téléthons peut être une manière de faire parler d’elles, mais qu’en général elles n’ont pas besoin de cette attention. Même constat pour Mitsou Gélinas qui, en plus d’être porte-parole pour la Fondation du cancer du sein du Québec depuis six ans, s’est prêté au jeu pour la campagne publicitaire de Centraide. «Les artistes sont là pour parler avec le cœur, pour raviver les foules, rassembler les gens», a-t-elle soutenu. Pour le comédien Mario SaintAmand, qui a participé à la dernière

campagne publicitaire de Tel-Jeunes sur l’intimidation, il est important que les artistes s’impliquent dans les causes sociales. «À partir d’un certain moment, les gens s’identifient à nous. On devient donc de bons porte-parole», a-t-il indiqué en précisant que cette démarche doit se faire avec une vigoureuse honnêteté et beaucoup de volonté. Bien que ce type de publicité soit populaire, Mitsou Gélinas ne considère pas cela comme une mode, mais plutôt comme une tendance. «Dans les années 70, les artistes revendiquaient beaucoup au niveau de la politique, des droits de la personne. Maintenant, c’est au niveau du droit à la santé et à la science», a-t-elle illustré en ajoutant croire que les artistes pouvaient y faire une différence.

Impact sur les jeunes

«Les paroles des vedettes ont de l’influence sur les jeunes», a expliqué Jeff Gagnon. C’est pourquoi, selon lui, ils constituent le public le plus sensible à ce genre de publicité. Le spécialiste précise que les jeunes ne seront pas toujours prêts à réagir concrètement après avoir été exposés à un de ces messages publicitaires, mais qu’ils accordent beaucoup d’importance aux discours que les vedettes transmettent. Cependant, il spécifie qu’il n’est pas nécessaire de faire appel à des célébrités pour attirer l’attention. Il est possible de faire beaucoup de vagues avec de simples inconnus, comme ce fut le cas avec KONY 2012. Mais la présence de personnalités connues ajoute, selon Jeff Gagnon, un cachet et une certaine crédibilité, et ce, autant pour un public adulte qu’un public jeune. La campagne publicitaire «En dessous, on est tous pareils», créée par Publicis Montréal pour Centraide, a contribué à amasser 58,7 M $ en dons. Nicolas Massey, directeur de la création chez Publicis Montréal, avoue qu’il a été difficile de convaincre les artistes. Sur les 60 contactés, 17 ont accepté de se mettre à nu. «Dans ma carrière, j’ai toujours trouvé important de provoquer. L’important, c’est qu’il y ait un but, du bon goût et du respect», a-t-il expliqué.

Courtoisie Publicis Montréal / John Londono

La prochaine série publicitaire pour Centraide aura comme thème les anges.

Courtoisie Fondation du cancer du sein du Québec

La nouvelle campagne publicitaire de la Fondation du cancer du sein du Québec, lancée en février, sensibilise les femmes sur la santé de leurs seins et sur l’importance du rappel des examens médicaux et des mammographies.

Être porte-parole

Une histoire de cœur

Québec — Femme d’affaires, chanteuse, comédienne et animatrice, Mitsou Gélinas est une femme aux multiples facettes. Figure populaire de l’univers médiatique québécois depuis les années 80, elle profite de sa notoriété depuis quelques années pour faire rayonner différents organismes à but non lucratif.

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epuis les six dernières années, Mitsou Gélinas est la porte-parole officielle de la Fondation du cancer du sein du Québec. Son engagement avec l’organisme coïncidait à l’époque avec le décès d’une amie proche qui en était atteinte. Pour elle, l’expérience allait lui permettre de mieux accepter cette perte. «On ne sait jamais comment réagir! C’était un bon moyen de savoir quoi faire quand [le cancer] arrive dans ton entourage.»

Femme de cœur

Lorsqu’elle accepte d’associer son image à un organisme, Mitsou Gélinas avoue que la cause qui y est rattachée doit la toucher. «Il faut qu’il y ait un lien personnel, une empathie», a-t-elle expliqué. Comparant son expérience à celle de Marina Orsini, porte-parole de Tel-Jeunes depuis plus de dix ans, elle précise que, dans son cas, on ne devient pas porte-parole pour une ou deux années. «Pour moi, ça allait être quelque chose qui allait faire partie de ma vie», a-t-elle indiqué.

L’automne dernier, elle a participé à la dernière campagne publicitaire de Centraide: «En dessous, on est tous pareil». «Je crois beaucoup en Centraide. Il y avait aussi beaucoup d’amis dans mon entourage qui m’ont demandé de le faire. C’était difficile pour moi de refuser.»

Un choix important

L’animatrice de «C’t’encore drôle» à NRJ explique que le choix d’un porte-parole est très important. «Il faut quelqu’un de connu, mais qui peut connecter avec les gens concernés par la cause», a-t-elle décrit. Pour ce qui est des artistes qui décident de s’associer à un organisme, tout est une question de goût. «En tant qu’artiste, on va toujours te demander de participer à plein de causes. Chaque jour on a des demandes. Il faut choisir ce en quoi tu crois et qui, selon toi, va faire une différence, a-t-elle détaillé. «Des fois, il y a des mariages parfaits. Je considère que le mien avec la Fondation du cancer du sein du Québec en est un.»

Cahier spécial "Rendez-vous des jeunes leaders"  
Cahier spécial "Rendez-vous des jeunes leaders"  

Quatre pages réalisées dans le cadre du Forum Jeunesse de la région de la Capitale-Nationale, en collaboration avec des élèves du secondaire...

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