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, L’hebdomadaire des étudiants en journalisme de l’Université Laval VOLUME XX NUMÉRO 18

UNIVERSITÉ anthropologie

Gréviste malgré lui

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QUÉBEC

LE MERCREDI 21 MARS 2012

Alpinisme aux Hautes-Gorges

Aucune nouvelle mesure de sécurité p.12

LinkedIn

Outil privilégié Page 5

ENTREVUE patrice bernier

La MLS au Québec

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Photo Gabriel Deschênes

11 000 étudiants des cycles supérieurs

CULTURE

EN GRÈVE

théâtre

À vous de jouer! Page 11

SPORTS red bull crashed ice

100 000 visiteurs

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Gabrielle Thibault-Delorme gabrielle.thibault-delorme.1@ulaval.ca

Québec — Les 11 000 membres de l’Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AÉLIÉS) se sont ajoutés lundi aux 208 000 étudiants grévistes du Québec. 55,5% des 1 200 personnes présentes ont voté en faveur d’une grève qui débutera le 21 mars.

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es étudiants des cycles supérieurs ont voté pour une grève générale illimitée, reconductible par vote électronique chaque mercredi.

décision. Aurélie Jobin, étudiante en enseignement collégial, a considéré que «le résultat est très satisfaisant et qu’il constitue un bel exercice de démocratie».

Les réactions au vote ont été variées, mais la plupart des étudiants rencontrés après l’assemblée se sont avoués satisfaits de la

Certains auraient toutefois espéré que l’opposition des étudiants à la hausse des droits de scolarité ne se solde pas par une grève. Un

étudiant désirant conserver l’anonymat s’est dit déçu du résultat «étant donné que la session est presque terminée».

Le mode de reconduction a également fait débat. «Une assemblée comme celle d’aujourd’hui a coûté 6 000$, tandis que le vote électronique en coûtera environ 250$», a spécifié Aurélie Jobin, reprenant les informations transmises par la présidence de l’AÉLIÉS sur les coûts d’organisation. Or, plusieurs étudiants se sont montrés insatisfaits du vote électronique, jugeant que l’exercice de la démocratie nécessite le dialogue en assemblée. L’accessibilité

Photo Raphaël Lavoie

à l’information sur le déroulement des activités reliées à la grève ne fait pas non plus consensus. David Galarneau, étudiant en relations industrielles, estime toutefois que l’information est suffisante. «Les médias en parlent et l’AÉLIÉS fournit beaucoup d’information.» Selon Barbara Poirier, présidente d’assemblée, le débat a été pacifique, compte tenu du nombre d’étudiants présents. Certains ont quitté avant la fin, impatientés par les longs débats, alors que l’assemblée a duré près de quatre heures. À la sortie, l’AÉLIÉS recueillait des signatures des étudiants intéressés à participer aux activités de grève.


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N I V E RSITÉ

EN BREF droits de scolarité Manifestation monstre

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ne manifestation nationale contre la hausse des droits de scolarité se tiendra à Montréal le jeudi 22 mars. L’initiative de cette manifestation revient à la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ainsi qu’à la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), qui a invité l’ensemble des associations grévistes et des opposants à la hausse à défiler dans les rues de Montréal pour faire pression sur le gouvernement. (J.-B.D.)

grève générale Sept de plus

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ept associations de plus à l’UL disposent désormais d’un mandat de grève générale illimitée depuis le dernier numéro de L’EXEMPLAIRE le 8 mars dernier. Il s’agit des politologues, des étudiants en ethnologie, en aménagement du territoire et développement régional, en génie des eaux, en études internationales et langues modernes et en géographie, tous cycles confondus. Le nombre de grévistes à l’UL est ainsi porté à 4 167. (J.-B.D.)

24 heures de la chimie La discipline

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e Département de chimie tiendra la 3e édition des «24 heures de la chimie» au pavillon Alexandre-Vachon le jeudi 29 mars prochain. L’événement, trisannuel, vise à promouvoir la discipline. Les étudiants et le personnel du département présenteront des conférences de vulgarisation scientifique, un festival du film chimique et offriront à des élèves du primaire et du secondaire de s’initier à la discipline. (J.-B.D.)

consommation Laval distinguée

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’Office de la protection du consommateur (OPC) de Québec a remis son prix de l’Office 2012 à l’UL pour ses programmes en sciences de la consommation. En primant une institution d’enseignement pour la première fois depuis la création du prix en 2003, l’OPC a tenu à souligner les «retombées concrètes» de ces programmes, et les recherches menées, qui profitent tant au secteur privé qu’au secteur public et aux consommateurs. (J.-B.D.)

L’EXEMPLAIRE, LE MERCREDI 21 MARS 2012

Marc-André Carle dans la course au rectorat

Candidat à 30 ans

Daniel Frégeau daniel.fregeau.1@ulaval.ca

Cité universitaire — Âgé de 30 ans, Marc-André Carle, doctorant en administration et président de l’AÉLIÉS, a annoncé sa candidature le 12 mars dernier dans la course au rectorat de l’Université Laval.

«C’

est certain que je n’ai pas le même bagage que M. Brière, mais pour moi les élections c’est une question de programme», a mentionné M. Carle. Selon lui, son jeune âge ne sera pas un enjeu lors du vote. «Je veux intéresser les membres, mais il est certain que je ne peux pas montrer ma crédibilité avec mon passé», at-il fait remarquer. «Mon programme, ce n’est pas seulement des questions, mais plutôt des solutions», a-til souligné. Il indique aussi que son programme sera concret, surtout sur le plan de la qualité de l’enseignement qu’il souhaite hausser à l’Université Laval. Pour M. Carle, il est important que ce programme méconnu devienne la voie normale à prendre pour les jeunes professeurs. L’Université Laval a deux volets: l’un pour l’enseignement et l’autre pour la recherche. Selon le candidat, il doit y avoir des actions plus concrètes en ce qui concerne la recherche. «Certaines habiletés liées à la recherche ne sont pas apprises à l’école, et les jeunes professeurs devraient recevoir une formation pour les acquérir», a-t-il indiqué. M. Carle ne croit pas que la grève aura un très gros impact sur l’élection. Cependant, il émet une hypothèse. «La campagne sera un peu moins médiatisée et les déclarations seront reléguées un peu plus loin dans les nouvelles», a-t-il prédit. Il y a 146 personnes qui prennent l’élection très au sérieux et qui voteront, donc la grève n’aura pas d’impact sur la course, qui se conclura le 1er mai. Le fait qu’il y ait deux femmes pour l’instant dans la course ne change rien non plus, selon le jeune candidat. «Que ce soit des hommes ou des femmes, si le débat est sur

les idées, il n’y a aucune différence», a-t-il soutenu. Marc-André Carle indique qu’il n’est pas là pour faire le procès de l’administration en place présentement. Il espère que le débat sera fait d’une façon mature et qu’il n’y «aura pas une game pour démolir l’adversaire. Je ne vais pas embarquer là-dedans, et j’aimerais que ce soit un débat sur le programme et non sur la personne», a-t-il conclu. L’âge du candidat a été l’objet de discussions entre les étudiants de l’Université Laval. Certains soutiennent M. Carle, arguant que le leadership n’est pas l’apanage des aînés. Selon Abdulrahman Rukundo, étudiant en science politique, rien ne peut empêcher M. Carle d’accomplir les tâches de recteur. «Il est plus à jour par rapport aux nouvelles réalités que les candidats plus âgés», a-t-il dit. D’autres trouvent que la candidature de M. Carle est trop audacieuse et qu’il nuira seulement aux autres candidats susceptibles de détrôner l’actuel recteur Denis Brière, qui veut renouveler son mandat. «Plus les candidatures se multiplient, plus M. Brière a des chances de rester», a indiqué Martin Kabeye, également étudiant en science politique. La CADEUL ne voit aucun inconvénient à ce qu’un jeune étudiant se présente dans la course au rectorat. Le vice-président aux affaires externes, Jean-François Normand, a précisé que ce qui intéresse avant tout la CADEUL est qu’un candidat mette en avant les préoccupations étudiantes. «C’est en fonction de leurs intérêts pour les enjeux étudiants que l’on pourra vraiment les évaluer», a-t-il appuyé.

Photo Raphaël Lavoie

C’est le 30 mars prochain qu’aura lieu le scrutin en vue de la nomination du Conseil exécutif pour l’année 2012-2013.

Élections à la CADEUL

Nouvel exécutif

Sébastien Labelle sebastien.labelle.1@ulaval.ca

Cité universitaire — Le temps des élections annuelles est arrivé pour la CADEUL. Après le conseil d’administration la semaine dernière, c’est maintenant au tour du Conseil exécutif (CE) de faire peau neuve.

«C’

est une très grosse période, il y a plusieurs dossiers qui occupent l’association étudiante», a confirmé Paul-Antoine Cardin, président de l’élection générale de la CADEUL. En effet, c’est le 30 mars prochain qu’aura lieu le scrutin en vue de la nomination du CE pour l’année 2012-2013. Cinq postes ont trouvé preneur avec au moins une candidature alors qu’une lutte à deux se profile pour l’obtention de la vice-présidence aux finances. Un seul membre actuel du CE a annoncé son intention de briguer un nouveau mandat, soit l’actuel vice-président à l’enseignement et à la recherche, Martin Bonneau. Cette fois, il brigue le titre de président. Les autres candidats sont nouveaux et possèdent de l’expérience associative, que ce soit au sein même de la CADEUL, avec le CAUCUS, le conseil administratif ou dans leur association étudiante respective. Selon M. Cardin, il n’est pas rare de voir si peu de candidats se présenter aux élections du CE. «Il y a, tout dépendant des années, une ou deux véritables élections à certains postes. Mais les gens du collège électoral ont toujours la possibilité de voter pour la chaise et ainsi témoigner de leur inconfort avec tel ou tel candidat qui est seul en lice pour un poste.»

Concertation et retour aux affaires locales

Pour Sophie Blais-Michaud, candidate au poste de vice-présidente aux affaires externes et seule

candidate féminine en lice, l’attention du prochain CE devra se porter sur la concertation auprès des associations membres. «Il y a de gros défis là. La question de la hausse des droits de scolarité va continuer. Il faudra consulter nos associations membres, autant celles en faveur qu’en défaveur de la grève pour instaurer un climat de dialogue», a-t-elle insisté. Pour Étienne Garant, candidat au poste de vice-président à l’enseignement et à la recherche, l’enjeu du retour aux dossiers locaux est également une priorité. «Il faut se concentrer sur des choses qui touchent directement les étudiants à Laval et pour moi, la question de la qualité de l’enseignement et de la recherche, c’est central», a déclaré M. Garant. Geoffroy Boucher, l’un des deux candidats au poste de viceprésident aux finances, est du même avis. «C’est une grosse année sur le plan national et il fallait que la CADEUL s’implique, mais il faudra revenir aux dossiers qui touchent directement les étudiants de l’Université Laval », a dit M. Boucher, nommant des dossiers comme la préparation de la renégociation des services alimentaires sur le campus en 2015, le projet de halte-garderie et le dossier des deux nouveaux cafés étudiants. Les autres candidats sont Guillaume Descôteaux à la viceprésidence aux affaires institutionnelles, Guillaume Arsenault à la vice-présidence aux affaires internes ainsi que Thierry LordTurgeon à la vice-présidence aux finances.


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Laval victorieuse aux Jeux de la communication

NIVERSITÉ

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Implication des enseignants Mélissa Côté melissa.cote.7@ulaval.ca Cité universitaire — L’équipe lavalloise a gagné les 16e Jeux de la communication. Cette année, des enseignants se sont dévoués et prêtés au jeu en donnant de leur temps pour la réussite des jeunes.

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es étudiants ont entre autres demandé l’aide à trois enseignants au sein du Département d’information et de communication : Christian Désîlets, Thierry Watine et Pierre Duchesne. Chacun d’eux a rencontré les étudiants une ou deux fois pour leur donner des conseils. Ces quelques heures passées en compagnie des différents membres de la délégation de l’université ont permis aux professeurs de corriger certains points avant les épreuves. Christian Désîlets, professeur en publicité, a prodigué des conseils à Maxime Fouquette, Mathieu Bourque et Pascal Petit afin de préparer leur épreuve en publicité. Il a d’ailleurs fourni de l’information sur le pitch, sur le fond, mais surtout sur la forme. «J’ai expliqué aux étudiants la façon dont on présente un pitch dans le domaine professionnel, c’est très différent du milieu universitaire, a expliqué le professeur en publicité. J’ai aussi fourni de la documentation sur le client et ses cibles.» Raphaël Bergeron, Martin Busuttil, Karyan Fortin-Therrien et Romain Thibaud ont quant à eux été aidés par Pierre Duchesne, chargé de cours en journalisme audiovisuel, pour leur épreuve de téléjournal. «J’ai donné des conseils pratiques, entre autres sur la présence devant la caméra, le résumé des propos lors d’un direct ainsi que sur la façon de faire un reportage, a souligné l’analyste politique. À refaire l’expérience, je rencontrerais les étudiants plus tôt dans le processus et j’adapterais les pratiques pour que les étudiants aient une amélioration plus rapide.» M. Duchesne modifiera d’ailleurs son approche dans ses

cours grâce à ce qu’il a observé des Jeux de la communication. «Un étudiant a gelé devant la caméra. Il entendait le décompte dans son oreille et il s’est figé. C’est une situation que je vais aborder dans mes cours pour préparer les étudiants», a expliqué M. Duchesne. Thierry Watine, professeur en journalisme, a quant à lui aidé Raphaël Brouillette pour son épreuve d’entrevue journalistique. «J’ai donné des conseils généraux sur la présentation, la prestation, la qualité du français, la précision des questions ainsi que sur l’écoute lors des entrevues», a-t-il précisé. Une expérience que l’enseignant a qualifiée d’agréable et de gratifiante.

Soutien du département

En plus des judicieux conseils offerts par les professionnels du milieu, les étudiants ont aussi profité d’une commandite du Département d’information et de communication. Véronique Nguyên-Duy, directrice du département, affirme qu’en plus d’un soutien financier de la part du département, elle a aussi aidé à la correction des communiqués de presse et incité les professeurs à épauler les étudiants.

Photo Raphaël Lavoie

Alors que les grévistes se multiplient sur le campus, «Laurent» intente un recours juridique afin de faire valoir ses droits en s’appuyant sur le Code du travail.

Étudiants opposés aux piquetages

Recours juridique contre les grévistes Valérie Laflamme-Caron valerie.laflamme-caron.1@ulaval.ca Cité universitaire — Un étudiant en anthropologie s’oppose aux grévistes au nom du respect de ses droits en lien avec les perturbations liées à la grève.

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aurent, qui refuse de s’identifier autrement, est inscrit aux études libres et il mise sur le Code du travail pour faire valoir ses droits auprès du mouvement étudiant. Il exige de l’Association des étudiants et étudiantes en anthropologie (AÉÉA) la somme de 200 dollars pour chaque cours manqué, pour un total de 600$ à ce jour. Ce dernier conçoit en effet le cours «Anthropologie des conflits et de la violence» comme un service auquel il a droit et dont on lui a privé l’accès.

gens de manifester. Mon but est très simple: je veux obtenir le service pour lequel j’ai payé», a-t-il affirmé. Laurent rappelle que son action est le fruit d’une initiative individuelle. Il veut tout simplement faire valoir ses droits tels qu’ils sont inscrits dans la Déclaration des droits des étudiants et des étudiantes de l’Université Laval, qui tient lieu de contrat entre l’institution et sa clientèle.

«La Faculté des lettres a assuré un soutien au niveau du prêt de locaux et du soutien technique», a expliqué Mme Nguyên-Duy. La directrice souhaite que la victoire de cette année accroisse la participation du corps professoral l’an prochain.

«Je ne me cache pas d’appuyer le tout sur une logique capitaliste. J’ai été facturé pour recevoir un service et une tierce partie s’est interposée. Peu importe l’issue de la grève, ces opportunités d’apprentissage sont perdues», a-til soutenu.

M. Désîlets, M. Duchesne et M. Watine seraient heureux d’y participer à nouveau. «Il est enrichissant de travailler avec les étudiants en dehors des cours. Ils sont très différents qu’en classe», a conclu Pierre Duchesne.

L’étudiant en anthropologie s’est défendu d’entamer une poursuite bâillon, procédure interdite par une loi adoptée en 2009.

Interrogée par L’EXEMPLAIRE, Pascale Boudreault, coordinatrice de l’AÉÉA, a fait part de l’embarras de son association face aux poursuites déclenchées par l’étudiant. Elle a jugé tout commentaire prématuré avant le déclenchement de la procédure. «On évalue présentement les possibilités de réponses. On attend la suite des évènements, on cherche de l’information auprès des étudiants en droit», a-t-elle déclaré. «Personnellement, je ne crois pas qu’il y ait de quoi soutenir sa plainte», a-t-elle ajouté.

Pour lui, il s’agit simplement de faire valoir ses droits. «Mon objectif n’est pas d’empêcher les

Si l’association a déjà reçu le soutien dans cette affaire de la Coalition Large de l’Association

pour une Solidarité Syndicale Étudiante (CLASSE), Mme Boudreault a cependant concédé que l’attitude de l’AÉÉA vis-à-vis de la plainte était partagée entre le «scepticisme et l’inquiétude».

Lignes de piquetage tendues

Sans passer par le terrain de l’affrontement juridique, les relations entre les étudiants hostiles à la grève et les piqueteurs peuvent être très tendues. Ainsi, le jeudi 23 février dernier, des altercations se sont produites lors d’un piquet de grève orchestré par les étudiants en philosophie. Ces derniers ont bloqué l’accès d’un cours offert par leur département aux étudiants en administration. Un des grévistes présents avait alors fait part de l’inquiétude des piqueteurs sur la page Facebook du journal LE FIL DES ÉVÉNEMENTS. «C’est très menaçant. Les agents parlent d’avis juridiques, ils ne font rien quand les piqueteurs se font agresser. Deux d’entre eux se sont fait bousculer.» Après plusieurs minutes d’échauffourées, un adjoint au département d’administration était venu rétablir le calme en réaffirmant la légalité des actions de débrayage et de piquetage des cours. Il a rappelé que les professeurs ont la responsabilité d’annuler leurs cours lorsqu’il y a une ligne de piquetage.


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EN BREF Élection partielle Victoire du NPD

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e néodémocrate Craig Scott a remporté par une écrasante majorité l’élection partielle dans la circonscription de Toronto-Danforth en Ontario lundi dernier. Il a récolté 59,6% des suffrages, soit près du double de son plus proche rival, le libéral Grant Gordon. Le taux de participation a été de 38%. M. Scott succède ainsi comme député à l’ex-chef du NPD, Jack Layton, décédé en août dernier. (F.P.)

médicaments Réduction de services

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elon Gaétan Barrette, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, la pénurie de médicaments entraînera des réductions de services dans les hôpitaux d’ici deux semaines. L’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec appréhende également des conséquences similaires. La compagnie pharmaceutique Sandoz a récemment relancé sa production. La situation devrait revenir à la normale d’ici 12 à 18 mois, selon les médicaments. (F.P.)

commission charbonneau La GRC refuse de collaborer

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a Gendarmerie royale du Canada (GRC) n’entend pas apporter son aide à la commission Charbonneau sur l’attribution de contrats dans l’industrie de la construction. La GRC refuse de partager ses informations sur les liens entre la construction et le crime organisé. L’organisme fédéral tente de faire annuler la citation à comparaître que lui a fait parvenir la commission devant la Cour supérieure. (F.P.)

fraude Un attaché du PLQ accusé

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e Directeur général des élections du Québec a accusé Yvon Girard, attaché politique du député libéral de Montmorency, Raymond Bernier, de fraude électorale. En 2008, M. Girard a fait passer des contributions illégales de sociétés pour des dons individuels. Il était alors bénévole pour le PLQ. (F.P.)

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L’EXEMPLAIRE, LE MERCREDI 21 MARS 2012

Voyages tout inclus

Loin d’être écoresponsables Julia Stewart-Page julia.stewart-page.1@ulaval.ca Québec — Les voyages tout inclus sont néfastes pour l’environnement selon l’UNESCO et certains spécialistes des milieux touristiques.

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a ville de Cancún, au Mexique, se retrouve parmi les destinations les plus abordables. Or, avec plus de 20 000 chambres d’hôtels confinées à une étroite bande de terre sur 17 km, cette ville subit une érosion importante de sa côte et la destruction des mangroves qui la protègent des ouragans, selon un rapport de Développement Durable dans les Régions Côtières et les Petites Iles (CSI), une section de recherche de l’UNESCO. Plus de 3 millions de touristes canadiens débarquent sur

les plages de Cuba, du Mexique et de la République Dominicaine chaque année. Or, les complexes récréo-touristiques, fort populaires pour ces destinations, auraient un impact majeur et négatif sur la faune et la flore locales avec leurs imposantes structures bétonnées. La présence de nombreux touristes dans une aire restreinte serait également une source de pollution. «Il est impossible qu’un complexe hôtelier de 350 chambres ne nuise pas à son environnement!», a affirmé Richard Rémy, propriétaire des expéditions Karavaniers,

compagnie spécialisée en tourisme d’aventure, un mode de voyage alternatif. Selon lui, l’industrie du voyage dans son état actuel est appelée à disparaître si les fournisseurs ne se préoccupent pas davantage des lieux qu’ils utilisent. «Le tourisme de masse peut fonctionner dans les grandes villes, mais l’impact d’un bateau de croisière sur une petite île est catastrophique! C’est quatre à cinq milles personnes qui débarquent d’un seul coup», a-t-il déclaré. Bien qu’il note une progression de la demande pour son produit, M. Rémy se dit conscient qu’il restera toujours un joueur marginal. Il entend néanmoins faire progresser la cause du voyage écologique. «Le tourisme d’aventure est responsable de montrer la direction à l’industrie. Si on ne se met pas à faire du tourisme responsable bientôt, l’offre disparaîtra tout simplement», a-t-il soutenu.

Photo Sébastien Blouin

Plus de 3 millions de touristes canadiens débarquent sur les plages du Sud chaque année.

«Les grosses compagnies peuvent faire une grande différence si elles adoptent quelques comportements positifs, chose que je ne pourvrai jamais accomplir même avec l’ensemble de mes tours», at-il ajouté.

Sports extrêmes mal perçus

Depuis 2008, Voyages Transat a adopté dix grands objectifs qui embrassent toutes les facettes du développement durable dans l’industrie du tourisme, s’est défendue Valérie Martin, chef du marketing de la division Canada. Les séjours offerts en promotion sur le site de Transat demeurent des complexes touristiques tout inclus. Cette incohérence ne surprend pas Jean Michaud, professeur d’anthropologie à l’Université Laval spécialisé dans les impacts locaux du tourisme. Il attribue le problème à la méconnaissance des touristes quant aux conséquences de leurs actes, mais aussi à l’hypocrisie des entreprises. «C’est l’industrie qui maintient les consommateurs dans l’ignorance. Ils font du windowdressing pour donner l’apparence du soucis, mais ne mettent pas en place de mesures efficaces», a-t-il dénoncé. Même si la politique d’une entreprise atteste respecter la législation en vigueur dans les pays où elle intervient, cela peut signifier peu. Les lois concernant l’environnement ou les conditions de travail peuvent être négligeables, surtout dans les pays pauvres dont l’économie dépend beaucoup du tourisme.

Hausse d’accidents inquiétante Sébastien Labelle sebastien.labelle.1@ulaval.ca Québec — L’augmentation des accidents lors de la pratique de sports extrêmes comme le parachutisme et l’alpinisme inquiète toujours le Bureau du coroner du Québec.

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construction du matériel se sont mis en place», a-t-il déclaré, rappelant que les années 70-80 représentaient une époque encore pionnière où «beaucoup d’éléments étaient encore inconnus».

l y a plus de 60 000 sauts de parachute par année dans la province. À la suite d’un décès survenu l’été dernier, le Bureau du coroner s’inquiétait de la situation du parachutisme au Québec dans un article du JOURNAL DE QUÉBEC. Contactée par L’EXEMPLAIRE, la responsable des communications et médias du Bureau, Geneviève Guilbault, a réitéré qu’il y avait eu une certaine augmentation des chiffres concernant des accidents de parachute. Aucun événement mortel n’a été recensé au Québec entre 2000 et 2008, alors que cinq accidents ont eu lieu depuis.

de la province, nuance ces chiffres. «Les statistiques nous montrent que notre sport se compare à la plongée sous-marine en termes de blessures, et qu’il n’est pas plus risqué», a relaté le président, Domagoj Juretic.

Pour M. Juretic, le problème n’est pas le sport lui-même, mais «la manière de le pratiquer. Il y a des gens qui font du speed riding avec des appareils modifiés, mais ça demeure marginal».

Selon le plus récent rapport de l’ACVL, 354 accidents et incidents de deltaplane et de parapente, toutes catégories confondues, ont eu lieu entre 1972 et 2003 au Québec. «Le rapport ne démontre toutefois pas qu’il y a une constante baisse de l’accidentologie, en particulier à partir de la fin des années 90», a évoqué M. Juretic.

Il note aussi une progression de la pratique de ces activités. «On parle de sports qui, il y a quelques années, n’étaient pratiqués que par quelques dizaines de personnes», a-t-il affirmé, ajoutant qu’il y a aujourd’hui au Québec trois écoles qui dispensent des formations pour quelque 400 participants.

L’Association Canadienne de Vol Libre (ACVL), qui chapeaute les clubs de deltaplane et de parapente

«C’est dans cette décennie que la standardisation de l’enseignement, de la conception et de la

Même son de cloche au centre d’escalade Roc Gyms de Québec. «Des sports comme le football ou le hockey font annuellement beaucoup

plus de blessés que l’alpinisme», a souligné le coordonnateur, Cyrille Leforestier. Selon lui, bien que plusieurs de ces sports créent des sensations fortes, ils n’en sont pas plus dangereux pour autant. «Ici, sur cinq ans, on compte quelques entorses et foulures sur plus de 100 000 personnes. Je ne crois pas que la voile ou le ski aient un tel ratio», a-t-il précisé, ajoutant que seulement 2% des grimpeurs pratiquent de manière extrême, en haute falaise. Selon ses dires, plus de 20 000 personnes pratiquent l’escalade annuellement dans le club et on n’y dénombre aucune chute ni blessure grave depuis des années. Les jeunes sont attirés par ces activités où ils peuvent se lancer des défis de taille. Selon messieurs Juretic et Leforestier, il faut toutefois éviter de faire le mariage entre jeunesse et sports extrêmes.


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Réseau social LinkedIn

Un incontournable de l’emploi Photo Geneviève Messier

Les détaillants utilisent plusieurs stratégies pour contrer les voleurs.

Vols d’essence

Impact mitigé sur le prix Geneviève Messier genevieve.messier.1@ulaval.ca Marjolaine Faucher marjolaine.faucher.2@ulaval.ca Québec — Les vols d’essence dans les stations-service influencent de façon minimale l’augmentation des prix de l’essence qui ont grimpé de 9,1% entre 2009 et 2010

«C’

est difficile à commenter, car nous n’avons pas de statistiques sur le sujet. Il est fort probable que ça ait une influence, car c’est un coût supplémentaire pour le détaillant, a soutenue la PDG de l’Association Québécoise des Indépendants du Pétrole (AQUIP), Sonia Marcotte. Plus il y a de vols, plus le détaillant paie de sa poche.» Elle a affirmé que la différence entre le prix d’achat et le prix de vente de l’essence [marge de détail] varie peu d’une année à l’autre. «Donc, plus l’essence coûte cher, plus un vol coûtera cher au détaillant.» Selon Mme Marcotte, les vols d’essence ne pourraient avoir qu’une faible influence sur le prix du carburant, étant donné leur impact limité sur la marge de détail. Il reste que ce type de vols demeure très peu documenté. «Les gens sont frileux à en parler, entre autres pour ne pas inciter les gens à voler», a-t-elle expliqué. Pourtant, certains propriétaires de stations d’essence croient que le vol de carburant entre en lien direct avec l’augmentation des prix. «Ce sont toujours les clients qui sont les grands perdants. Quand quelqu’un vole, il vole les clients», a partagé Louis Rondin, propriétaire de la station-service Eko sur le chemin Sainte-Foy. «Une partie de la hausse du prix de l’essence est due

aux pertes du vol. Elle augmente en fonction de ça aussi», a-t-il ajouté. Les clients essuieraient ainsi une partie du manque à gagner lié aux vols, car ces derniers influencent directement la marge de détail, l’un des facteurs de la variation du prix de l’essence (voir encadré).

Limiter les vols

Les détaillants utilisent de nombreuses stratégies pour minimiser le nombre de vols et retracer les voleurs. «Il y a le paiement préautorisé par carte de crédit ou à la caisse avant de mettre l’essence. Il y a aussi les caméras, parfois camouflées. Ces trucs sont gardés secrets pour qu’ils ne soient pas contournés», a déclaré Mme Marcotte. La caméra reste le système le plus utilisé et accessible pour assurer la sécurité et retrouver les voleurs. Presque toutes les stations en possèdent aujourd’hui. «Nous avons un système de caméras de surveillance. Il y en a neuf réparties à l’intérieur et l’extérieur du commerce. On a aussi une enseigne pour informer les gens qu’ils sont filmés», a étayé Chantale Lemay, propriétaire de la station-service Lemay, sur le chemin Sainte-Foy. Par ailleurs, les employés des stations-service sont formés sur les règles de sécurité et la façon de réagir lors d’un vol.

Photo Raphaël Lavoie

François-Olivier Roberge françois-olivier.roberge.1@ulaval.ca Québec — Les experts en placement jugent que le réseau social pour professionnels LinkedIn est devenu un outil incontournable pour les étudiants qui veulent se lancer sur le marché du travail.

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ené Beaulieu, conseiller en emploi au Service de placement de l’Université Laval (SPUL) et spécialiste des réseaux sociaux, soutient qu’environ 80% des entreprises ont consulté LinkedIn pour valider les informations de curriculum vitae au cours de la dernière année. «Tous les services de ressources humaines sont présentement en formation pour en apprendre plus sur ce que les réseaux sociaux et LinkedIn peuvent leur apporter», a-t-il ajouté. «Il ne

des courriels ciblés et faire parvenir leurs offres d’emploi. «Pour certaines entreprises, ça devient l’unique lieu où ils affichent de nouveaux postes», a-t-il précisé. Amélie Deschênes, chasseuse de talent chez La Tête Chercheuse, passe ses journées à consulter des CV et à mettre les gens en relation. Elle soutient qu’elle ne pourrait plus se passer de LinkedIn. «Ça fait partie de ma routine. Si je veux de l’information sur quelqu’un, je vais à tous coups sur ce réseau social.» faut pas

penser que

LinkedIn est le «À l’agence, notre simple site de réseautage on a 13 000 canprésence sur pour professiondidats, 13 000 CV. nels le plus utilisé. Avec LinkedIn, je LinkedIn nous Il compte près de peux vérifier en apportera un 3 millions de Caquelques secondes travail» nadiens parmi son si notre informaréseau de plus de tion sur une per150 millions de sonne est à jour», professionnels partout à travers a-t-elle spécifié. le monde. Toutefois, peu de gens M. Beaulieu souligne utilisent le réseau à son plein qu’en plus de faire du recrutepotentiel, selon Vicky Bellehument, les entreprises peuvent meur, conseillère en emploi au utiliser le réseau pour envoyer SPUL. «Il ne suffit pas d’être

présent et d’avoir un profil soigné. On peut utiliser la recherche avancée pour se développer un réseau et surtout pour voir les possibilités qui s’offrent à nous», a-t-elle expliqué. Quoique très enthousiasmée par LinkedIn, Mme Bellehumeur a cependant certaines réserves. «Il ne faut pas l’utiliser comme une béquille et penser que notre simple présence sur LinkedIn nous apportera un travail. Il faut être actif», a-telle prévenu. Néanmoins, Julien Périchon, analyste chez Astral Media, croit qu’il s’agit d’un outil de première importance. Il fait l’analogie avec Facebook. «Socialement, Facebook fait désormais partie de nos vies et de nos moyens de se retrouver. LinkedIn va bientôt provoquer le même phénomène pour le milieu professionnel. Évidemment, ça dépend des domaines, mais en communication marketing, c’est déjà amorcé», a-t-il soutenu. «Je suis convaincu que les employeurs vérifient sur Google le parcours des candidats qui postulent pour un emploi. Avec LinkedIn, je m’assure que ce qui apparaît en premier sous mon nom est une information professionnelle, que je contrôle parfaitement», a-t-il souligné.

Prix de l’essence : trois facteurs d’influence

L

e premier facteur d’influence, le plus important, est le coût du brut, déterminé dans le marché international. Il représente actuellement près de 60% du prix de l’essence. Le deuxième facteur est la marge de raffinage, qui est tributaire des marchés continentaux. Les raffineries du Québec basent leurs prix en fonction de la bourse de Wall Street à New

York. La marge est la différence entre le prix du brut et le prix à la sortie de la raffinerie. Le dernier facteur est la marge de détail. C’est la différence entre le prix de la raffinerie et le prix du détail – le prix acheté et le prix vendu. La marge de détail n’est pas la marge de profit. Il y a marge de profit une fois que tous les frais d’exploitation sont assumés. Mme Marcotte a souli-

gné l’importance de couvrir tous ces coûts afin de conserver la concurrence dans le marché. Non assumés, ils peuvent mener à la faillite des détaillants. Les autres éléments du prix de l’essence, qui n’influencent pas sa variation, sont les coûts de transport et les différentes taxes (fédérale, provinciale, taxe d’assise canadienne et taxe côtière québécoise). (M.F.).


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P I N ION

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La loi, les droits et le verrou

dieu la diversité culturelle… Dans le silence et l’indifférence, le gouvernement Harper tue à petit feu la protection intellectuelle canadienne au profit de l’ère numérique. Et cela depuis quelques mois déjà, sans que personne ne se sente concerné. Le Parti conservateur parle de remise à niveau ou encore de modernisation du projet de loi C-32, renommé C-11, sur le droit d’auteur. Une évolution qui pourrait s’avérer problématique pour la diversité culturelle, sans parler de la rémunération méritée par les créateurs.

Il est indéniable que la loi sur les droits d’auteur évolue et s’adapte aux nouvelles technologies numériques, mais est-il normal que cela se fasse au détriment de la propriété intellectuelle? « Le projet de loi C-11 renforce légalement les verrous électroniques protégeant les œuvres», se défend le gouvernement Harper en ajoutant que les pirates seront davantage punis.

Mais là aussi quelques problèmes surviennent. Selon ce projet de loi, transférer sa musique d’un CD à un baladeur numérique ou faire des copies du DVD est légal sauf si le produit est bloqué au moyen d’une serrure numérique. Dans ce cas, l’action serait L’adoption accélérée de ce projet de considérée comme une violation des loi vise notamment à rendre accessible et droits d’auteur et pourrait entraîner des gratuite la reproduction de contenus à des poursuites par les sociétés qui détienL’avenir des fins privées ou éducatives sans payer de nent ces droits. Paradoxal, non? On peut droits d’auteur. Les œuvres devront être acheter un DVD (alors qu’il est si facile artistes s’afutilisées «équitablement à des fins édude le copier illégalement), mais une fois faiblira peu catives». Mais que veut dire exactement propriétaire du produit, il est interdit de à peu dans le terme «équitable»? La loi ne le précise le déverrouiller pour pouvoir le regarder le silence et pas. Or, ce sont des dizaines de millions sur l’appareil de son choix. Pourquoi de dollars qui sont en jeu. l’indifférence criminaliser cette pratique, alors que la personne s’est montrée honnête? La Les conservateurs vont encore plus notion de piratage et l’utilisation normale loin en émettant une clause dite «Youque le consommateur peut faire d’un bien Tube» permettant par exemple de créer son propre qu’il a acquis semblent confuses. contenu à partir d’œuvres protégées. On pourra désormais utiliser une chanson pour la joindre à une Le Parti majoritaire omet également un autre vidéo personnelle diffusée en ligne en toute légalité. point important. Comment compte-t-il mettre des L’intention est louable, mais que fait-on des artistes? verrous sur les livres ou encore les captures d’écran? Ce dispositif ne leur offre aucune garantie de rétriCet aspect-là semble lui aussi mis de côté et pourtant, bution appropriée. Or, tout travail mérite son salaire, sans serrure, c’est la porte ouverte à toutes les dérives non? du genre. Les artistes de tous acabits ont le droit de pouvoir vivre du fruit de leur travail. Les personnes réclamant le droit de télécharger gratuitement de la musique pour «leur usage personnel» n’accepteraient jamais de travailler gratuitement. La «culture du partage» ne fera pas vivre les artistes. On court alors le risque de voir des auteurs copiés et utilisés au détriment de la vente de leurs créations sans que ce soit considéré comme inéquitable. Sans compter que si leurs ventes diminuent, la production diminuera de même et emportera, avec elle, la diversité culturelle.

Autoriser les consommateurs sans permission et sans compensation à utiliser une œuvre comme bon leur semble dévaluerait les productions culturelles. L’intégrité intellectuelle, l’originalité et l’innovation seront alors bafouées au nom de l’éducation et du partage. Au rythme où vont les conservateurs, l’avenir des artistes s’affaiblira peu à peu dans le silence et l’indifférence. Valérie Péré valerie.pere.1@ulaval.ca

Commentaire À bon chat, bon rat!

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ercredi dernier, dans l’autobus en direction de l’université pour l’assemblée générale de mon association étudiante, je me suis souvenue avoir mis dans une des poches de mon manteau un petit carré rouge en feutre. C’est une de mes amies qui me l’avait donné le 1er mars, la journée de la manifestation à Québec. Je ne l’ai jamais porté. Je suis contre la hausse. Pourtant, une partie de moi ne veut pas l’afficher. Pourquoi? Je ne suis pas quelqu’un qui a peur de ses opinions. Je m’assume. Toutefois, je me rends compte de ma difficulté à supporter le mouvement étudiant, qu’il soit «rouge» ou «vert».Nous nous éparpillons dans tous les sens. Les arguments ne volent pas haut et nous nous noyons dans le jugement de valeurs! Les «rouges» sont communistes et les «verts» ne sont que de riches libéraux capitalistes. Toujours le même refrain. Mais parfois, j’ai le goût de croire en certains de ces jugements. On reproche beaucoup à notre génération d’être individualiste et de ne pas s’impliquer politiquement. Lors de l’assemblée générale, où l’AÉCPUL a finalement voté pour une levée de cours pour les 20, 21 et 22 mars, mes collègues étudiants m’ont déçue. En plein débat, un membre de mon association a clairement démontré son désir d’arrêter la discussion afin de passer au vote. Sa raison: il avait un examen. Dès lors, nos jeunes esprits s’agitent! On ne peut plus continuer de discuter d’alternatives à la grève, on ne peut plus rien faire. Faut voter, faut le faire maintenant! Un peu déboussolé, le président d’assemblée nous demande de nous prononcer pour ou contre la proposition de trois jours de levée de cours. Au moment où je dépose mon vote dans la tuque noire faisant office d’urne de mon vice-président aux affaires socioculturelles et sportives, je ne peux m’empêcher d’être déçue de l’attitude de mes collègues. «C’est clair, il est contre la grève!», c’est ce que j’ai entendu concernant l’étudiant inquiet de son examen. Mais là n’est pas la question. Selon moi, il y a un manque flagrant de communication et ce, tant du côté des «rouges» que des «verts». Plusieurs étudiants sont mal informés et ont clairement besoin d’être rassurés. Les étudiants en grève sont nombreux à ne pas savoir quoi faire de leur temps. Chez les «verts», Jean-François Trudelle, porte-parole du Mouvement des étudiants socialement responsables du Québec (MÉSRQ), quitte ses fonctions au sein du groupe représentant les étudiants pour la hausse des frais. Affirmant trouver que le mouvement déborde de ses fonctions, il le qualifie dans une lettre sur le blogue «Non à la grève» de «rassemblement de jeunes désabusés par le modèle québécois, la gauche québécoise et les artistes québécois.» Nous les étudiants, nous voulons que le gouvernement nous prenne au sérieux, qu’il nous écoute. Les divers partis ne cessent de demander à la ministre de l’Éducation, Mme Beauchamp, de nous rencontrer pour dialoguer et, qui sait, trouver un terrain d’entente comme en 2005. Mais nous ne sommes même pas capables de nous réunir pour penser collectivement, entre nous, dans le respect. En ce moment, j’ai peur que le mouvement s’étouffe lui-même.

Marie-Claude Savoie marie-claude.savoie.3@ulaval.ca

L’équipe de L’Exemplaire Journal école des étudiants en journalisme. Son contenu n’engage en rien la responsabilité du Département d’information et de communication. Fondateur: Jacques Guay; Éditeur: Jean-Claude Picard (656-2131 poste 4683); Directeur de la production: Baptiste Barbe (8942); Adjoint à l’éditeur: Matthieu Dessureault (8942); Rédactrice en chef: Sophie Côté (4513); Secrétaire de rédaction: Nicolas Lachance (4513); AdjointeSecrétaire de rédactiion: Héloïse Kermarrec (4513); Éditorialiste en chef: Gabrielle Thibault-Delorme (8954); Maquettiste: Maxime Fouquette-L’Anglais (8959); Directeur de la photographie: Raphaël Lavoie (8954); Caricaturiste: Gabrielle Thibault-Delorme; Université: Mathieu Massé, Ismail Mbonigaba et Jean-Baptiste Delhomme (5224); Municipal, régional et gouvernemental: Lydia Desjardins, François Pagé et Marjolaine Faucher (8956); Dossiers: Valérie Péré (8954); Entrevue: Xavier Savard-Fournier (8956); Monde: Pierre-Louis Curabet (8954); Culture: Marie-Claude Savoie, Aude Garachon et Catherine Desroches-Lapointe (8957); Sports: Catherine Lille et Marc-Antoine Paquin (8957). Conception de la maquette typographique: Marco Dubé et François Baron du Studio Graphiskor; Julie Verville et Mario Fraser; Dépôt légal: Bibliothèque Nationale du Québec, 1994; Imprimeur: Les Presses du Fleuve, 100, avenue de la Cour, Montmagny (Québec) G5V 2V9; Tirage: 1000 copies. Adresse: Département d’information et de communication, C.P. 4120, pavillon Louis-Jacques-Casault, local 3832, Cité universitaire (Québec) G1V 0A6; Télécopieur: (418) 656-3865; Courriel: exemplaire@com.ulaval.ca; Site Web : http://www.exemplaire.com.ulaval.ca; Facebook: L’Exemplaire (Page officielle); Fil Twitter: lexemplaire Points de distribution du journal: Cité universitaire: pavillon Bonenfant, pavillon Casault, pavillon De Koninck, pavillon Desjardins, pavillon des Sciences de l’éducation, pavillon Pouliot, pavillon Vachon, pavillon Lemieux, pavillon Vandry, pavillon Palasis-Prince, Peps; Ville de Québec: Bibliothèque Gabrielle-Roy, Tribune de presse du parlement.


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L’EXEMPLAIRE, LE MERCREDI 21 MARS 2012

Textes par Lydia Desjardins | lydia.desjardins.1@ulaval.ca

OSSIER

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Traitement des animaux domestiques au Québec

Bien de consommation

Québec ­— Le nombre d’animaux errants ou abandonnés par leurs propriétaires se compte en dizaines de milliers au Québec. Plus de 10 000 pensionnaires sont accueillis chaque année dans les locaux de la Société protectrice des animaux (SPA) de la ville de Québec.

«C

’est trop facile présentement d’abandonner un animal», a lancé M. Philippe Labonté, Directeur général de la Société protectrice des Animaux de Drummondville. «Un animal, tu abandonnes ça n’importe quand, n’importe comment. C’est toujours la première chose qui part quand tu as des séparations, des difficultés», a-t-il déploré lors d’une entrevue accordée à L’EXEMPLAIRE. Le rapport annuel de la SPA de Québec de 2010 stipule que les taux d’abandon d’animaux des villes québécoises sont plus élevés que ceux des villes du reste du Canada. À titre de comparaison, dans la ville d’Ottawa, le ratio est de 1,18 animal par 1000 habitants, Winnipeg, 1,35 animal et Edmonton, 1,40 animal. À Québec, le ratio est de 2,06 animaux, Gatineau, 3,20 animaux et Mauricie, 4,69 animaux.

L’inconscience humaine

Selon Denys Pelletier, directeur général de la SPA de Québec, le phénomène de l’abandon des animaux serait moins banalisé qu’avant. Les gens feraient toutefois davantage preuve d’inconscience. «Par exemple, les parents

voulant enseigner le miracle de la vie à leurs enfants. Ils leur montrent l’accouchement de leur chatte et par après, viennent à la SPA, satisfaits de nous donner plusieurs petits chatons en santé», a expliqué M. Pelletier. «Ce qu’ils ignorent, c’est qu’il y a en a dix autres qui viennent de nous amener des chatons la même journée», a-t-il poursuivi. M. Pelletier a tenu à mentionner qu’il y a une différence lorsque le propriétaire se départit de l’animal pour un motif louable, c’està-dire lors d’un problème de santé ou de comportement. Il déplore toutefois le fait que bien des gens ont tendance à considérer un animal comme un bien de consommation: « Ils l’essayent et s’ils sont tannés, ils l’abandonnent», s’est-il désolé. Bien des animaux trouvés sont réclamés par leurs propriétaires, mais cette situation est plus fréquente chez les chiens. Un chien est réclamé dans plus de 50% des cas, tandis qu’un chat l’est dans moins de 3% des cas.

2011: l’année des chats

L’année 2011 a été sacrée année des chats, étant donné le nombre important recueilli par les

travailleurs dans le domaine animalier. «Les gens qui ne stérilisent pas leurs animaux font preuve d’ignorance, a soutenu M. Pelletier. Un couple fertile de chats engendrera au bout de 8 ans, un demi-million de chatons, ça devient problématique.» Les chats représentent plus de 70% des animaux recueillis dans les locaux de la SPA. Selon M. Pelletier, il y a une surpopulation importante de chats au Québec. C’est un problème important, car la SPA ne peut accueillir qu’un nombre limité d’animaux entre ses murs. «Souvent l’été, on manque de place pour les chats. Même s’ils sont en santé et ont un bon comportement il faut faire un choix», a-t-il affirmé. Les chats ne peuvent être remis en liberté et les places sont limitées. Ce faisant, l’euthanasie est la dernière possibilité envisageable. Selon le DG de la SPA Drummondville, l’éducation de la population sur les bienfaits de la stérilisation de leurs animaux entraînerait une baisse de la pratique de l’euthanasie. «Il faut continuer de travailler comme on fait là. On travaille tous ensemble pour essayer d’améliorer les lois, de mettre des choses plus restrictives, de s’assurer que les animaux sont stérilisés. Il faut miser sur des nouvelles campagnes de sensibilisation», conclut M. Labonté.

Rapport des opérations de la SPA de Québec en 2010

Photo Héloïse Kermarrec

Plus de 10 000 animaux sont accueillis à la SPA de Québec chaque année.

La cruauté animale

Les lois se font attendre Québec ­— Le projet de loi sur la cruauté envers les animaux déposé par le ministre Pierre Corbeil en décembre dernier a soulagé plusieurs travailleurs du domaine animalier faisant face à des cas de cruauté animale.

D

enys Pelletier, directeur général de la Société protectrice des animaux de Québec, affirme être fréquemment confronté à des cas de cruauté animale. «Ramasser un chien ou un chat dans une maison, car son propriétaire refusait de lui donner à boire, c’est déjà arrivé», confie-t-il. «Le propriétaire ne le faisait pas boire, car quand l’animal buvait, il urinait», s’est-il indigné.

sement désire garder plus de 20 animaux domestiques. La loi proposée sera aussi plus restrictive sur les pratiques de l’euthanasie.

Afin d’améliorer la condition des animaux, un projet de loi déposé le 6 décembre dernier par le ministre de l’Agriculture, des pêcheries et de l’alimentation du Québec, modifiera la Loi P-42 sur la protection sanitaire des animaux présentement en vigueur.

M. Pelletier précise également qu’il faudrait aussi s’attaquer au problème du statut de l’animal. «Les lois sont en train de changer, mais il y a encore un travail à faire au niveau du fédéral. L’animal n’est pas considéré comme un être vivant au sens de la loi, mais comme un objet, un meuble de la maison», souligne-t-il.

La nouvelle loi prévoit d’augmenter le montant des amendes de plusieurs milliers de dollars. Elles se situent actuellement entre 200$ et 5 000$ et pourront augmenter jusqu’à 75 000$ en cas de violation importante.

Source: SPA de Québec

De plus, l’obtention d’un permis deviendra obligatoire si une personne ou un établis-

Elle permettra dorénavant au ministre de déterminer le nombre de chats ou de chiens pouvant être gardés par un même propriétaire et lui octroiera également le pouvoir de fermer un chenil si ce dernier n’est pas réglementaire.

Le 14 juin prochain, un autre pas sera franchi. Un nouveau règlement sur la sécurité et le bien-être des chats et des chiens entrera en vigueur. Grâce à celui-ci et aux nouvelles normes de garde des animaux, le travail des inspecteurs sera facilité lorsque ceux-ci procèderont à des inspections.


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N T R E VUE

L’EXEMPLAIRE, LE MERCREDI 21 MARS 2012

Propos recueillis par Xavier Savard-Fournier | xavier.savard-fournier.1@ulaval.ca

Entrevue avec le joueur de soccer Patrice Bernier

L’Impact : plus qu’une équipe sportive

Courtoisie Impact de Montréal Québec — Après presque dix ans, le milieu de terrain Patrice Bernier renoue avec l’Impact de Montréal. Fort de son expérience en Europe, le Québécois de 32 ans est considéré comme l’un des piliers de cette nouvelle aventure dans la Major League Soccer (MLS). À l’occasion du début de saison de l’Impact, L’EXEMPLAIRE s’est entretenu avec Patrice Bernier, qui voit l’arrivée d’un club de haut calibre à Montréal comme un tremplin pour l’ensemble des jeunes joueurs de la province.

L’EXEMPLAIRE: Quel ef-

fet aura cette nouvelle équipe sur le soccer au Québec? Patrice Bernier: C’est sûr que l’Impact était déjà implanté à Montréal et les partisans le connaissent bien. L’histoire du club va toujours rester, mais là c’est un nouveau départ, dans une nouvelle ligue. Et pour le soccer au Québec, c’est bien. Ça permet aux partisans de voir du soccer de haut calibre au Canada. Ça va permettre de voir toutes les équipes et les joueurs qui évoluent en Amérique du Nord.

L’EXEMPLAIRE: Avezvous l’impression que le développement des équipes professionnelles de soccer au Canada aidera le soccer national? P.B.: À court terme, je dirais non, car il n’y a pas beaucoup de joueurs canadiens dans chaque équipe. Mais, à long terme, c’est possible. Chaque équipe, tout comme Montréal, va faire une académie pour préparer les jeunes. C’est quelque chose que plusieurs autres joueurs et moi n’avons pas eu la chance de participer à nos débuts, de s’entraîner tous les jours comme les professionnels, un peu

de l’équipe. Dans la MLS, ce sont de très bons athlètes, mais techniquement, ce n’est pas la même chose.

L’EXEMPLAIRE: Croyezvous que la MLS deviendra la ligue de choix face à l’Europe?

P.B.: Je pense qu’avec une formation, les jeunes joueurs pourront faire leurs débuts dans la MLS. La ligue va continuer son développeAlors, permettre à ces joueurs ment et grandira. Elle va peut-être de voir ce que c’est d’être profes- attirer encore plus de joueurs de sionnel et l’entraînement en tant l’extérieur. C’est sûr qu’avec les enque tel, ça va pertentes de partenariats, ce mettre d’aider le n’est pas toujours évident. soccer national et Mais au final, l’Europe, «On joue l’équipe nationale à c’est l’Eldorado. éventuellement avoir pour gagner, de meilleures perC’est comme pour mais il faut formances, avec des le hockey, il y a plusieurs être réajoueurs qui sont plus autres ligues dans le liste» aguerris plus tôt et monde, mais la Ligue naqui auront plus d’extionale va toujours rester périence. la Ligue nationale. comme le fait le junior majeur au hockey au Québec.

Tout ça dépendra aussi d’où les jeunes joueront. Sur le long terme, c’est quelque chose qui devrait bien aider. Sur le court terme, ce n’est pas encore assez important.

L’EXEMPLAIRE: Quelle est la différence entre la MLS et les ligues européennes? P.B.: Ici, c’est une ligue qui est plutôt axée sur les capacités physiques et athlétiques. C’est le côté qui ressort le plus. Il y a beaucoup de bons joueurs individuellement. En Europe, c’est plutôt basé sur la tactique et le placement des joueurs,

Pour le soccer, l’Europe va toujours garder son titre. Au moins, maintenant, il y a une porte professionnelle ouverte près de la maison et peut-être que ça permettra à certains joueurs de percer beaucoup plus loin qu’ils ne l’auraient fait auparavant.

L’EXEMPLAIRE: Pensezvous que les partisans vont se rallier derrière l’Impact? P.B.: Je pense que les amateurs de sports à Montréal cherchent quelque chose d’autre. Le Canadien ne va pas très bien. Le soccer, ça attire plus que je ne le pensais!

Il y a beaucoup de personnes qui souhaitaient cette ascension à la MLS. C’est sûr qu’au début, il va y avoir un buzz qui va se faire. Les gens vont être derrière, mais ce que moi je voudrais dire et ce que l’équipe devrait dire, c’est que les gens doivent savoir qu’on est une équipe d’expansion. On joue pour gagner, mais il faut être réaliste. On n’est pas une équipe qui a été formée pendant trois ou quatre ans, même si le club existe depuis longtemps. Cependant, ça peut permettre de créer plus d’espoir de devenir professionnels pour les plus jeunes ou même entrevoir une autre avenue que le hockey.

L’EXEMPLAIRE: Quels sont vos objectifs pour cette première saison? P.B.: Disons que je suis réaliste. Nous sommes une nouvelle équipe d’expansion. Il va falloir attendre le début de la saison et voir notre progression. Nous ne sommes pas une équipe qui est déjà instaurée depuis 10-15 ans dans la ligue.

On ne peut pas nécessairement se dire qu’on joue pour le titre tout de suite cette année. On va voir comment se développe la saison. Plus personnellement, j’arrive avec de l’expérience, je fais partie des joueurs sur qui on compte. C’est maintenant à moi d’exécuter ça sur le terrain et d’être un des leaders avec les autres joueurs qui ont beaucoup d’expérience en MLS. Tout ça afin d’instaurer un bon standard pour l’équipe, dès les premiers jours.

L’EXEMPLAIRE: Jusqu’à présent, avez vous été impressionné des joueurs qui vous entourent? P.B.: Oui, individuellement ce sont des joueurs très athlétiques et qui ont beaucoup de qualités. C’est sûr que ça, c’est sur papier, et il faudra voir collectivement ce que ces éléments-là vont nous apporter sur le terrain, match après match. L’important, c’est que l’on sorte au moment venu et que l’on puisse aller chercher des victoires sur le terrain.

Patrice Bernier en chiffres (en date du 18 mars 2012)

Match en MLS: 2 Temps de jeu en MLS: 163 minutes Match internationaux (Canada): 47 Clubs précédents: 2011/2012 Première division danoise | Lyngby BK 2008/2011 Première division danoise | FC Nordsjaelland 2007/2008 Deuxième division allemande | FC Kaiserslautern 2004/2007 Première division norvégienne | Tromso IL 2003/2004 Deuxième division norvégienne | Moss F.K 2000/2003 Deuxième division nord-américaine | Impact de Montréal 1999/2000 Université de Syracuse 1996/1998 Ligue de Hockey Junior Majeur du Québec | Val-D’or et Sherbrooke Source: Impact de Montréal


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L’EXEMPLAIRE, LE MERCREDI 21 MARS 2012

ONDE

Un an après, la communauté internationale reste sans solution

Syrie, Nations Unies et vetos Pierre-Louis Curabet pierre-louis.curabet.1@ulaval.ca Québec — La visite en Syrie de l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan, les 10 et 11 mars derniers s’est soldée par un nouvel échec.

A

lors que l’Observatoire syrien des droits de l’homme décompte plus de 9 000 morts un an après le début de la révolte, la communauté internationale n’arrive pas à s’entendre sur les sanctions à mettre en place contre le régime de Damas. En visite de deux jours, l’ancien Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a rencontré le président syrien Bachar al-Assad pour trouver une issue pacifique aux violences et permettre l’envoi d’une aide humanitaire. La Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos, a appuyé sur ce dernier point, jeudi dernier, lors d’une déclaration à la presse. «Il est de plus en plus crucial que

les organisations humanitaires aient un accès sans entrave pour identifier les besoins urgents et fournir des soins et des fournitures de base, a avancé Valerie Amos. Il n’y a pas de temps à perdre.» À la suite de la venue de Kofi Annan, Damas a annoncé la tenue d’élections législatives le 7 mai prochain. Cette initiative jugée «ridicule» par les États-Unis ne laisse en rien présager un fléchissement du régime, alors qu’on dénombre des dizaines de morts chaque jour.

Sanctions internationales bloquées

La Russie et la Chine posent leur veto au Conseil de sécurité de l’ONU contre la condamnation du régime syiren et l’intervention militaire pratiquée en Libye. «Les

liens entre la Russie et la Syrie ont été renforcés sous le deuxième mandat de Vladimir Poutine, a remarqué Aurélie Campana, professeure agrégée au département de science politique de l’Université Laval. Ce dernier a consenti à effacer en grande partie la dette syrienne et a signé de gros contrats pour la livraison d’armements. Des entreprises énergétiques russes ont également beaucoup investi en Syrie, dans l’exploitation du gaz naturel surtout.» La Chine suit la Russie dans cette affaire, mais elle a aussi ses motivations propres. «Les Chinois ont une dent contre Obama après la création de la zone de libreéchange pacifique qui les exclut, a soutenu Fabrice Balanche, directeur du Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (GREMMO). Par ailleurs, d’un point de vue intérieur, les Chinois ont régulièrement des soucis avec les Tibétains et les Ouïgours, et ils ne veulent donc

pas être condamnés à leur tour par l’ONU en fonction de la jurisprudence syrienne. C’est pour ça qu’ils sont réticents à toute intervention ou ingérence étrangère.»

Calmer le jeu

Les vetos russe et chinois laissent peu de chance au scénario d’une intervention militaire internationale. De son côté, le régime syrien en profite pour reprendre le dessus en intensifiant son offensive contre les bastions rebelles, dont fait partie la ville de Homs. «On sait très bien que Bachar al-Assad ne quittera pas le pouvoir et que si l’opposition syrienne se militarise, elle va se radicaliser, a noté Fabrice Balanche. Il y aura tous les djihadistes, présents en Irak, qui vont revenir en Syrie, et ça va déboucher sur une guerre civile. La communauté internationale a donc pour stratégie de calmer le jeu, car une instabilité dans la région entraînerait une hausse du baril de pétrole.»

«Penser la guerre au futur»

Nanotechnologie et infosphère Pierre-Louis Curabet pierre-louis.curabet.1@ulaval.ca Québec — La nature de la guerre se transformerait sous l’impulsion des avancées technologiques, voilà ce qui est ressorti d’un colloque organisé le 12 mars dernier par le Centre de recherche Paix et sécurité internationales de l’Université Laval dont le thème était «Penser la guerre au futur: De la doctrine à la technologie».

L

es drones sont partout. Avec les opérations en Irak et en Afghanistan, ce système d’aéronefs pilotés à distance fait de plus en plus parler de lui. Aussi appelés Unmanned Aerial System (UAS), les drones ont une place centrale dans la guerre contre le terrorisme. Jeremiah Gerler, spécialiste en aviation militaire au Congresional research service (CRS), affirme dans un rapport intitulé U.S. Unmanned Aerial Systems, publié le 3 janvier dernier, que les dépenses du département de la Défense américaine dans le domaine des UAS sont passées de 284 M$ en 2000 à 3 300 M$ en 2010. Pour comprendre l’influence des technologies sur les guerres actuelles et futures, il faut faire une distinction entre l’essence et la conduite de la guerre. «Peu importe l’époque, la technologie ou la méthode de combat, l’essence guerrière ne change pas, a remarqué Richard Garon, auxiliaire de

recherche et d’enseignement au département de science politique de l’UL. C’est un acte de violence dont l’objet est de contraindre l’adversaire à notre volonté. Ici, ce qui nous intéresse, c’est la conduite de la guerre. Comment la technologie, la doctrine et la dimension humaine influencent cette conduite-là?»

«Le fantassin est un défi pour l’armée, car dans toutes les autres branches militaires, on met des hommes dans des machines, note le sergent Benoît Themens des Forces canadiennes. Le fantassin, c’est l’inverse. On met du stock sur le soldat. Il faut donc trouver une façon de faciliter les choses. L’objectif américain est que le fantassin ne dorme pas, ne mange pas et ne boit pas pendant 72 heures.» On comprend alors que, si ces recherches aboutissent, cela aurait un impact sur la conduite d’une guerre.

L’ère de l’infosphère

Les nanotechnologies ne sont pas la seule nouveauté guerrière. La

guerre du futur ne sera pas physique, mais se déroulera dans l’infosphère, le cyberespace. «L’ère industrielle est arrivée à son maximum avec l’arme nucléaire et la conquête de l’espace, a assuré Richard Garon. Dans la nouvelle période, c’est l’infosphère qui est la nouvelle dimension des guerres futures.» La dimension physique n’est donc plus le seul endroit où un belligérant peut imposer sa volonté. Richard Garon ajoute que «l’infosphère inclut tous les médias et Internet. C’est là que les combats devraient avoir lieu à l’avenir. Ça ne veut pas dire que les combats physiques sont exclus. Les batailles physique et numérique sont combinées».

Vers les nanotechnologies

Les drones font en fait partie d’un mouvement plus important: la course à la recherche en nanotechnologie. Les recherches dans ce domaine permettent une miniaturisation de tous les équipements militaires. Le défi se pose particulièrement dans le développement des nano agents qui viennent améliorer les performances des soldats sans l’usage de drogue. Avec un budget de défense de 722,1 G$ en 2011, les États-Unis sont à l’avant-garde dans le domaine de la nanotechnologie. En comparaison, la Chine, deuxième budget militaire mondiale, dépense 76,4 G$.

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EN BREF allemagne Nouveau président nommé

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oachim Gauck est devenu le onzième président de la République allemande, le 18 mars dernier. Ce pasteur de 72 ans succède à Christian Wulff qui avait démissionné alors qu’il était accusé de favoritisme dans le cadre de ses fonctions antérieures. Joachim Gauck est le premier Allemand originaire de l’ex-RDA à occuper ce poste honorifique. Le président allemand est élu par un collège composé de députés et de délégués envoyés par les États-régions. (P-L.C.)

timor-Oriental Président sortant écarté

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osé Ramos-Horta, le président sortant du Timor-Oriental, a été éliminé à l’issue du premier tour des élections présidentielles qui se sont déroulées le 18 mars dernier. José RamosHorta avait obtenu le prix Nobel de la paix en 1996. Le second tour opposera Francisco «Lu Olo» Guterres, leader du parti d’opposition Fretilin, au général Taur Matan Ruak, soutenu par le parti au pouvoir, le CNRT. (P-L.C.)

mouvement des Indignés Occupy Wall Street

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es incidents sont survenus entre la police new-yorkaise et des sympathisants et membres du mouvement Occupy Wall Street (OWS). Ces derniers tentaient d’occuper de nouveau le Zuccotti Park, pour fêter les six mois d’existence du mouvement. Une dizaine de personnes ont été interpellées et trois femmes ont été blessées. Le réalisateur Michael Moore s’était joint aux 600 manifestants. (P-L.C.)

primaires républicaines Encore Romney

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Courtoisie Wikimedia commons Calips

Le Harlang français est un drone de la catégorie MALE (moyenne altitude, longue endurance) qui peut voler entre 3 000 et plus de 15 000 mètres d’altitude.

itt Romney a remporté les primaires de l’État associé à l’île de Porto Rico, le 18 mars dernier. Le favori à l’investiture républicaine a obtenu 88% des voix du scrutin et il a ainsi remporté la totalité des vingt délégués en jeu. Mitt Romney compte maintenant 521 délégués contre 253 pour son adversaire le plus dangereux, Rick Santorum. (P-L.C.)


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Lancement du magazine Nouveau Projet

EN BREF

Un slow mag à l’ère de l’instantané

musée national des beaux-arts L’art en plein air

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e paysage est à l’honneur au Musée national des beauxarts du Québec ce printemps. La commissaire invitée, Kitty Scott, souhaite montrer comment l’art contemporain peut actualiser la pratique du «pleinairisme». Une quinzaine d’artistes, du Canada, d’Europe et d’Amérique du Sud y participent. À ciel ouvert. Le nouveau pleinairisme, du 15 mars au 25 juin. (A.G.)

festival d’été de québec LMFAO sur les Plaines

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e groupe LMFAO sera en spectacle sur les Plaines d’Abraham le 6 juillet prochain. Jusqu’à présent, les artistes Johnny Halliday (10 juillet), Jean Leloup (8 juillet), Beirut (13 juillet) et Inna Modja (10 juillet) ont aussi été confirmés. La programmation du festival, qui aura lieu du 5 au 15 juillet sera officiellement dévoilée le 23 avril prochain. Selon le site Canoë, le groupe Aerosmith et la chanteuse Rihanna seraient aussi convoités. (A.G.)

fiction réaliste La génération Y en vedette

Kevin B. Fleury kevin.b-fleury.1@ulaval.ca Québec — Faire une différence dans le paysage médiatique québécois, voilà ce que souhaitent les fondateurs, Jocelyn Maclure et Nicolas Langelier, du nouveau magazine de culture et société Nouveau Projet, dont le lancement a eu lieu au Cercle jeudi dernier.

«I

l s’agit d’un magazine culture et société qui permet d’aborder plus en profondeur tous les thèmes susceptibles d’intéresser les lecteurs.» Pour Jocelyn Maclure, le cofondateur et coéditeur, également professeur agrégé au département de philosophie de l’Université Laval, Nouveau Projet est novateur dans sa forme et son contenu. Publié deux fois par an, ce nouveau magazine rappelle certaines publications savantes, comme la revue française XXI, ou encore le New Yorker: de longs textes, peu de publicités et un graphisme élaboré. Il y a dix mois, M. Langelier, exrédacteur en chef du magazine P45, avait lancé un appel au financement sur Twitter. À la soirée de lancement, celui-ci a expliqué que l’engouement a été quasi immédiat. En un mois, près de 26 000$ ont été récoltés, en provenance de 500 donateurs.

les treize «Ophélie, j’écris… je crie»

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a troupe de théâtre Les Treize présente la production «Ophélie, j’écris… je crie» au Théâtre de Poche du pavillon Maurice-Pollack. La pièce est écrite et mise en scène par Arielle Cloutier, étudiante en théâtre. L’intrigue narre l’histoire d’Ophélie, jeune femme de 26 ans qui se questionne à la suite du suicide de son meilleur ami. Sur scène jusqu’au 25 mars prochain. (A.G.)

Ce premier numéro de 163 pages propose un dossier principal, intitulé «(Sur)vivre au 21e siècle». Des textes à saveur sociopolitique se mêlent à des sujets culture, mis en forme en B.D. Comme l’explique Jocelyn Maclure, le choix des sujets se fait en fonction de l’ère du temps. «On ne peut pas écrire sur des sujets qui sont trop collés sur l’actualité, mais plutôt sur des thèmes qui seront toujours pertinents dans six mois. On désire penser le temps présent de façon sérieuse.» Le professeur considère que certains sujets qui sont chers aux yeux de l’équipe éditoriale ne sont pas assez abordés dans les médias disponibles actuellement, et que son magazine permettra de combler ce vide.

Journalisme, littérature et philosophie

Pour ce numéro, Nicolas Langelier et Jocelyn Maclure ont fait

appel à des collaborateurs variés. Parmi eux, on retrouve notamment François Létourneau, Caroline Allard, Mathieu Arsenault ou encore Jimmy Beaulieu.

Bien qu’ils ne puissent pas nécessairement écrire sur le sujet de leur choix, M. Maclure concède que le comité éditorial sélectionne les auteurs en fonction des thématiques. Dans ce magazine, plusieurs genres d’écriture sont utilisés, de l’opinion à l’essai, en passant par la fiction. Pas de tribune à la Foglia ou Lagacé pour autant, comme insiste M. Maclure. «Il ne s’agira pas de simples chroniques d’opinion habituelles. Les auteurs vont avoir la liberté d’écrire des essais plus poussés.»

Le cofondateur qualifie son magazine de «slow mag». «Ce n’est pas un magazine que l’on jette après une semaine. De plus, comme il n’est publié que deux fois par an, on veut que les lecteurs se donnent le temps de le lire», a-t-il précisé. Le magazine Nouveau Projet est disponible dans plusieurs villes du Québec, principalement dans les Maisons de la Presse et les librairies, mais aussi dans certaines épiceries et pharmacies. Interrogé sur la possibilité d’avoir créé un journal d’élite, le coéditeur a estimé que ce n’était pas leur objectif. Pour M. Maclure, Nouveau Projet se veut avant tout un magazine grand public, de qualité.

Photo Aude Garachon

Jocelyn Maclure qualifie son magazine de «slow mag». «Ce n’est pas un magazine que l’on jette après une semaine.

Encan de l’Objet au Musée de la Civilisation

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e collectif Nous sommes ici présente une nouvelle création, avec la pièce de théâtre La Date, est mise en scène par Alexandre Fecteau. Cette pièce parle de la génération Y: les 2535 ans. Pour l’occasion, le collectif a décidé de s’adjoindre le point de vue du spectateur. La scène est transformée en loft dans lequel le public peut circuler. La Date sera présentée du 20 mars au 7 avril prochain à Premier Acte. (A.G.)

L’EXEMPLAIRE, LE MERCREDI 21 MARS 2012

Une année record

Marjolaine Faucher marjolaine.faucher.2@ulaval.ca Québec — La vente aux enchères de l’Objet, événement annuel rassemblant les futurs architectes et les professionnels du milieu, a attiré un nombre record de visiteurs au Musée de la civilisation de Québec (MCQ) vendredi dernier.

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e Musée accueillait pour la huitième année consécutive l’exposition et l’encan d’objets conçus et réalisés par les étudiants en architecture de l’Université Laval. L’encan a attiré plus de 750 personnes. Créateurs, familles, acheteurs et professionnels confondus étaient au rendezvous. Une année record selon la direction du musée. Face à cette réussite, le comité organisationnel s’est montré très enthousiaste. «Je pense que nos efforts ont porté leurs fruits. Notamment, la campagne de promotion, qui s’est

démarquée cette année», a partagé la responsable des médias du comité organisateur de l’Objet, Laurène Bachand. L’objectif premier de l’événement est de financer les activités des 54 finissants à la maîtrise en architecture de l’UL, du bal au vernissage des projets finaux. Cette année, l’Objet a rapporté près de 10 000$ de profits. «C’est un bel événement pour promouvoir l’architecture et c’est une excellente vitrine pour les créateurs de demain», a souligné Mme Bachand, également finissante à la maîtrise. Les objets regroupent des lampes, du mobilier et des accessoires de toutes sortes.

Une créativité sans limites

L’Objet, outre son statut de campagne de financement, est aussi une incitation à la créativité, où le talent des architectes de demain est mis à profit. «Ça nous permet de travailler à une échelle à laquelle nous touchons rarement. C’est un contact direct avec les matériaux», a exposé Mme Bachand. Cette année, le matériau le plus utilisé est le contreplaqué de merisier russe. «Il a une belle finition. C’est un matériau qui se travaille bien et qui ne déforme pas, comparativement au bois», a expliqué Mme Bachand. La popularité du matériau est aussi due à la présence récente d’une découpeuse numérique à l’École d’architecture de l’Université Laval, qui facilite grandement le travail des concepteurs.

L’un des objets conçus à partir de ce matériau a battu le record de vente, détenu auparavant par une lampe, vendue 1500$ l’an dernier. La chaise démontable et transportable Prêt-à-Porter, conçue par le finissant à la maîtrise Robert Lavoie, s’est vendue au prix évocateur de 1 625$. La vente aux enchères rayonne entre Québec et Montréal, et compte des fidèles qui reviennent chaque année. Elle représente le point culminant de six mois de préparation par le comité organisationnel. Dès la mi-février, les objets sont exposés dans les vitrines des magasins Simons du Vieux-Québec et de Place Ste-Foy. Le Musée accueille ensuite les objets pendant toute la semaine qui précède l’encan, l’exposition regroupant chaque année près de 750 participants.


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ULTURE

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Quand improvisation rime avec création

Théâtre dont vous êtes le héros Karyan Fortin-Therrien karyan.fortin-therrien.1@ulaval.ca Cité universitaire — L’improvisation fait partie des avenues de création dans le monde artistique. C’est cette voie qu’ont choisi les finissants du baccalauréat en théâtre de l’Université Laval avec leur pièce Cocktail Müller, inspirée de douze textes du dramaturge allemand, Heiner Müller.

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’est à un mois des premières présentations devant public que l’on entre dans l’univers de création de l’équipe des 12 metteurs en scène qui s’occupent de la production de Cocktail Müller. Émilie Rioux, finissante du baccalauréat en théâtre, est également metteure en scène d’une partie de la pièce. Elle explique que, pour elle, le processus de création est parti d’un concept inspiré du texte: la performance. À partir de cela, des balises ont été données aux comédiens afin de leur fournir un cadre à l’intérieur duquel on leur a demandé de créer. «C’est à ce moment que l’improvisation entre en contexte», a-t-elle soutenu. En plus des bases créées avant les représentations, le public pren-

dra également une grande part de responsabilité dans ce qui se produira sur scène. «On met tout notre jeu dans les mains du public! On donne des paramètres avec lesquels il peut jouer et c’est à lui de décider ce qu’il veut voir», explique Émilie Rioux. Selon la jeune metteure en scène, «l’improvisation devient vraiment le cœur de la scène».

Photo Maxime Dumas

Dans la pièce Cocktail Müller, «l’improvisation devient vraiment le coeur de la scène», d’après l’étudiante Émilie Rioux

dans le passé et a notamment beaucoup travaillé avec la méthode des cycles Repères. Il s’agit d’un processus collectif qui permet, à partir d’une ressource, un objet ou un texte, d’improviser des situations qui peuvent inspirer un spectacle.

Irène Roy, professeure titulaire et directrice des programmes de premier cycle en théâtre à l’UL, avance toute l’importance de cette procédure de création. «Improviser est un processus, et il importe plus que le résultat. On choisit l’improvisation parce que ça va nous mener à découvrir ce qu’on a envie de dire et comment le dire.»

Selon Mme Roy, cette démarche «est un work in progress, comme presque tout ce qu’a créé Robert Lepage».

Mme Roy a collaboré avec Robert Lepage et Jacques Lessard

Autres disciplines

La méthode des cycles Repères amène un moyen de création qui déroge du linéaire. On peut toujours passer d’un cycle à l’autre et revenir en arrière. L’improvisation comme mé-

thode de création diffère totalement de l’improvisation traditionnelle. Cette dernière est beaucoup plus grand public et encadrée. Son but est de charmer un public qui évalue la performance des improvisateurs. Selon Alexandre Cadieux, critique théâtre pour LE DEVOIR, auteur d’un mémoire de maîtrise sur l’improvisation et qui a été arbitre pendant six ans à la Ligue nationale d’improvisation (LNI), «à la LNI, l’acteur est en performance, alors que dans la salle de répétition, il serait plutôt en recherche».

visation quand on crée, car improviser, c’est inventer dans l’instant présent en s’appuyant sur nos ressources personnelles.»

L’improvisation ne se limite pas au théâtre. M. Cadieux avance que la musique, la danse et les arts visuels sont aussi garants de ce processus. «Il y a toujours de l’impro-

Le poète ne répète jamais ses mouvements au préalable, tout se passe sur place! Il y a une grosse part d’improvisation, selon l’émotion et l’intensité».

La musique métal au Québec

Sébastien Dulude pratique la poésie performance depuis 2002. Cela diffère du théâtre selon lui, car il s’agit d’une présentation devant public de textes poétiques. M. Dulude explique que son travail, «ce n’est pas un personnage ou une action, il s’agit de mouvements symboliques qui se rattachent au texte».

Jouer pour un bout de pain Malory Lepage malory.tremblay-lepage.1@ulaval.ca Québec — Malgré sa marginalité, le métal occupe une place importante sur la scène musicale québécoise. Ce genre dérivé du rock est en constante évolution, mais peu de formations peuvent affirmer vivre de leur art.

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téphane Hovington, guitariste du groupe Northorde et ancien membre de Strigampire, explique qu’il est difficile de percer dans ce milieu au Québec. «Très peu de radios diffusent les chansons de ces artistes, a-t-il rapporté. Alors, le seul moyen de se faire entendre est de se déplacer auprès des admirateurs pour faire connaître sa musique.» Au-delà du talent, il souligne que l’originalité est primordiale. «De nos jours, pour percer dans le métal, il faut apporter quelque chose de différent», a-t-il souligné. Patrick Pelletier, vendeur chez Pentagram, supporte la même idée. «Le truc pour se démarquer est de trouver une recette originale, a-t-il expliqué. Cependant, avec tout ce qui a été fait de nos jours, cela représente un défi énorme.»

Sur ce point, Félix Ouellet Théberge, propriétaire de l’agence Solaris Booking, soutient que c’est une mission possible. «Despised Icon a réussi. Il faut choisir la vie qui vient avec et faire les sacrifices nécessaires, a-t-il soutenu. C’est certain que les salaires ne sont pas impressionnants.» Il ajoute que les groupes doivent se mobiliser pour acquérir une visibilité. «Il faut qu’ils sortent de leur local de pratique pour faire le plus de spectacles possible, a-t-il indiqué. Ils doivent se faire connaître des promoteurs, qui sont la porte d’entrée pour les contrats.» Daniel Dumais, vendeur au magasin HMV Place Fleur De Lys, croit que la langue peut jouer un rôle important. «Le français n’occupe pas une grande place dans ce style», a-t-il relaté.

À l’opposé, Félix Ouellet Théberge est convaincu que l’ouverture d’esprit qui caractérise le métal de nos jours donne l’opportunité aux Québécois de chanter dans leur langue. «Maintenant, le français est vraiment bienvenu dans le métal. Les autres pays sont ouverts à écouter d’autres langues que la leur», at-il mentionné. Patrick Pelletier, de chez Pentagram, est du même avis. «C’est une force, dans le sens où ça apporte tout un côté exotique à ceux qui ne sont pas familiers avec le français», a-t-il fait valoir.

violente», a-t-il affirmé. Il avance que ce n’est qu’une minorité de sous-cultures qui veut entretenir ce tabou. «En général, les groupes ne désirent pas rester underground, ils font leur possible pour faire connaître leur musique au plus grand nombre.» Selon l’Institut de la statistique du Québec, le rock représente le second style musical le plus populaire au Québec, derrière la pop. Il constitue près de 20% des ventes d’album par genre.

Daniel Dumais estime que le métal se vend autant que le rap et davantage que le classique. «Le métal regroupe beaucoup d’adeptes, les styles ont tellement évolué que cela permet d’aller chercher un public plus vaste.» Félix Ouellet Théberge compare le métal aux fromages. «Tout le monde aime le P’tit Québec, tout le monde aime Iron Maiden. T’as plein d’autres fromages plus corsés, comme le métal a plein de sousgenres.»

Métal et préjugés

Quoique populaire, le métal reste difficile d’accès. Stéphane Hovington explique que plusieurs personnes gardent une mauvaise opinion de ce style musical. «Des formations black metal de la Norvège ont laissé une trace très négative du style», a-t-il noté. Patrick Pelletier soutient que ce sous-genre a grandement contribué à cette réputation obscure. «C’est un style plus extrême, qui a un lourd passé et qui projette une image plus

Photo Malory Lepage

Maintenant, le français est vraiment bienvenu dans le métal, comme le propose le groupe de death metal de Québec SICK.


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P ORT S

L’EXEMPLAIRE, LE MERCREDI 21MARS 2012

Sécurité des alpinistes

EN BREF

Toujours le statu quo

soccer masculin Le R&O en finale

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’équipe masculine du Rouge et Or a battu les Citadins de l’UQAM par la marque de 2 à 1 lors de la demi-finale RSEQ qui a eu lieu dimanche à Trois-Rivières. Les Lavallois ont brisé l’égalité dans les arrêts de jeu, à la 91e minute, et se sont ainsi sauvés avec la victoire. Le Rouge et Or affrontera les Patriotes de l’UQTR en finale dimanche prochain. (C.L.)

basketball collégial Les Dynamiques championnes

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algré sa défaite sur la scène provinciale, l’équipe féminine de basketball des Dynamiques du Cégep de Ste-Foy a remporté la finale du Championnat canadien de basketball collégial, samedi dernier, à Lethbridge en Alberta. La formation de Patrick Dagenais a vaincu les Blues du Collège Dawson de Montréal 86 à 56. L’athlète Sarah-Jane Marois s’est d’ailleurs démarquée pour Ste-Foy, totalisant 74 points dans les trois parties du tournoi. (M-A.P.)

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ski de fond Canadiens à l’honneur

e fondeur et étudiant en droit à l’Université Laval, Alex Harvey, a terminé au sixième rang de la Coupe du monde de ski de fond, en Suède, montant ainsi sur la dernière marche du podium. L’Ontarien Devon Kershaw est quant à lui monté sur la deuxième marche, s’offrant ainsi la meilleure performance de l’histoire canadienne. Ces résultats, combinés à ceux de Lenny Valjas et Chandra Crawford, confirment la saison extraordinaire du Canada en ski de fond. (M-A.P.)

snowboard Maltais récompensée

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ominique Maltais remporte pour une deuxième année de suite le globe de cristal, remis au champion de la Coupe du monde de snowboardcross. C’est la troisième fois que la planchiste remporte cet honneur, soit en 2006, 2011 et 2012. Elle est la deuxième athlète au monde à réaliser un tel exploit. (C.L.)

Courtoisie Red Bull Crashed Ice

En descendant la piste à une vitesse pouvant atteindre 70 km/h, les athlètes peuvent facilement se blesser.

Red Bull Crashed Ice

Michaëlle Ouellet michaelle.ouellet.1@ulaval.ca Québec — Aucune nouvelle mesure de sécurité ne sera instaurée pour les alpinistes au Parc national des HautesGorges-de-la-Rivière-Malbaie, malgré l’accident mortel qu’a subi le grimpeur Philippe Eynaudi la semaine dernière.

Expérience «L singulière Chloé Noël chloe-stephanie.noel.1@ulaval.ca Québec — Les rues du Vieux-Québec étaient bondées, cette fin de semaine, afin d’accueillir la grande finale du Championnat du monde de Red Bull Crashed Ice. Les quelque 100 000 spectateurs ont pu admirer une fois de plus ce sport dangereux, demandant une préparation physique et mentale particulière.

L

a course disputée dans le Vieux-Québec était la dernière de la saison 2012 du Red Bull Crashed Ice. Après avoir participé aux courses de Saint-Paul (É-U.), Valkenburg (Pays-Bas) et Aare (Suède), les athlètes ont dû dévaler la piste la plus difficile du championnat. Cette piste, longue de 550 mètres, large de 4,5 mètres, avec des virages à 180o, des pentes de 50o et plusieurs sauts et obstacles, a permis aux coureurs de montrer leurs habiletés. En descendant la piste à une vitesse pouvant atteindre 70 km/h, les athlètes peuvent facilement se blesser. Philippe Poirier, coureur québécois ayant obtenu le meilleur classement, pense souvent aux risques reliés à son sport. «Peut-être que les plus jeunes y pensent moins, mais personnellement, c’est toujours présent dans ma tête», a expliqué l’athlète de 34 ans. Pour sa part, le Canadien Kyle Croxall, 23 ans, admet ne pas penser aux risques physiques. Il préfère descendre les pistes de Red Bull Crashed Ice en se concentrant sur sa performance.

Une préparation particulière

Terminant deuxième à Québec, mais remportant ainsi le titre de Champion du monde, Croxall ne cache pas tous les efforts que les athlètes du Red

Bull Crashed Ice doivent faire pour se préparer adéquatement aux épreuves. «Comme la saison sportive est courte, nous avons beaucoup de temps pour nous préparer. En été, il faut surtout continuer à entraîner nos jambes. L’hiver, il faut aller au gymnase et jouer au hockey. Nous devons aussi patiner pour pratiquer les mouvements à faire lors des courses, a expliqué Croxall. La préparation se fait mentalement. Si nous sommes trop nerveux, nous n’aurons pas une bonne course et si nous ne sommes pas assez nerveux, nous allons manquer d’énergie. Il faut se concentrer afin de maintenir un bon état mental», a-t-il ajouté.

Québec se démarque

Une des différences entre la course de Québec et celles des autres villes est qu’elle accueille des athlètes féminines. «Depuis les dernières années, les femmes sont plus informées, donc les meilleures peuvent se présenter au Red Bull Crashed Ice», a expliqué Marquise Brisebois, gagnante de la troisième place chez les femmes. «Une course comme celle-ci, ça prouve que les femmes sont capables de beaucoup de choses. J’espère que l’événement va prendre plus d’ampleur dans les prochaines années. S’ils veulent en faire un vrai sport, il va falloir qu’ils intègrent les femmes davantage ici et en Europe», at-elle conclu.

es gens doivent être responsables de leur propre personne. L’escalade de glace n’est pas un sport offert par le Parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie. C’est donc aux alpinistes de prendre les mesures de sécurité nécessaires», a affirmé la directrice du parc des Hautes-Gorges Nancy Bolduc, en entrevue à L’EXEMPLAIRE. Pourtant, le jeune homme de 28 ans, mort le 10 mars dernier lors de la montée de la paroi glacée la Pomme d’or, était expérimenté. Cependant, le téléphone d’urgence le plus près se trouve à 31 km de la montagne où s’est déroulé le drame. Plus de 12 heures ont séparé l’accident de l’appel d’urgence.

rations de la Fédération québécoise de la montagne et de l’escalade (FQME), dont la mission est de développer la pratique autonome et sécuritaire de tous les sports de montagne tels que l’escalade de roche et de glace. Des guides et des experts déterminent ainsi les parois sécuritaires pour les grimpeurs, mais ils n’ont aucun pouvoir sur les lois des parcs.

«Les accidents dangereux comme celui qui s’est produit «Les gens dernièrement se dédoivent être roulent souvent dans respondes endroits éloignés, sables de a-t-il expliqué. Une des choses qui est en notre leur propre pouvoir est de propersonne» mouvoir l’utilisation du téléphone satellite, l’enregistrement avant le départ, et la nécessité d’être au moins trois personnes lors de l’expédition», a-t-il ajouté. Au Parc national des HautesGorges-de-la-Rivière-Malbaie, il Manque de surveillance n’y a ni Internet, ni électricité. Marie-Ève Genest, conseillère chez Mountain Equipment Coop Selon Mme Bolduc, il est im- et alpiniste d’expérience, explique portant que les alpinistes signalent qu’il manque de surveillance et de leur présence sur le site en commu- patrouille dans les parcs de la SÉniquant avec le siège social de la PAQ, je n’ai qu’à stationner mon Société des établissements de plein véhicule et partir à la paroi.» air du Québec (SÉPAQ) ou avec le bureau administratif du parc, situé à Selon elle, il n’est pas rare Clermont. qu’une personne qui ne possède aucune expérience puisse se présenter Aucun service d’urgence dans un parc et commencer à escaLes services de sécurité of- lader n’importe quel mur. «Tout ce ferts dans le parc de la région de qu’on fait est à nos risques et péCharlevoix sont saisonniers. L’été, rils», a-t-elle souligné. l’électricité de l’accueil est fournie par une génératrice et par l’énergie Comme plusieurs, elle affirme solaire, tandis que l’hiver, aucun de l’importance du téléphone satelces services n’est disponible. lite. «Dans les magasins de sport, on essaie de faire comprendre aux Mme Bolduc explique que le grimpeurs qu’il est important de se téléphone est connecté avec un sa- procurer un téléphone satellite qui tellite pendant l’été. Un service de permet de faire des appels d’urcommunication d’urgence ne peut gence là où les cellulaires ne foncdonc pas être mis à disposition du- tionnent pas», a témoigné Mme rant l’hiver. «Pendant la saison hi- Genest. vernale, c’est aux grimpeurs de se munir d’un téléphone satellite», a-tLes conseillers en escalade elle déclaré. essaient aussi de convaincre les alpinistes de suivre des cours de Cette situation préoccupe An- sauvetage pour savoir quoi faire en dré St-Jacques, directeur des opé- situation dangereuse.

L'Exemplaire-Vol.XX No.18  

En Une, les 11 000 membres de l’Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AÉLIÉS) se sont ajouté...

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