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Établissement Georges Leven

L’INTERCLASSE Journal des élèves de l’Établissement Georges Leven Numéro 3

Juin 2008

Un essai à transformer ! N’hésitez pas à nous envoyer vos articles sur: cdi.leven@orange.fr

Dans ce numéro : Edito

p1

J’ai un problème

p2

Les indices boursiers

p3

Warren Buffett

p4-5

Histoire d’une vie

p6-7

Mai 68 et la jeunesse

p8-9

Tokyo

p10

Carla Bruni-Sarkozy

p11

15 ans et demi

p12

Sudoku

p12

Voici

enfin le troisième numéro de l’Interclasse et malheureusement le dernier de cette année 2007 - 2008. Au début de cette année un petit groupe de rêveurs s’est lancé dans ce projet sans vraiment savoir ce que cela donnerait. Est-ce que vous lecteur répondriez présents à ce rendez vous ? Et ce fut une belle surprise car non seulement, vous étiez là au rendez vous, mais de plus en plus de «Georges Levenien» sont venus proposer des articles et se sont révélés être d’excellents

j ou r na l i st e s herbe.

en

Les élèves se sont investis, ainsi que certains professeurs pour écrire, M. Sebbah pour encadrer ce journal et le mettre en page et Mme Sarrabia pour en permettre les investissement dus à la publication, donc merci à tous p o u r l’investissement dans ce projet. Mais attention ! Croire que c’est terminé et on oublie tout serait une grave erreur car nous vous attendons l’année prochaine, septembre 2008 à "8h tapante", bronzés et la plume à la main pour une

nouvelle année. En attendant, ce troisième numéro vous propose des articles toujours plus divers qui vont de Carla BruniSarkozy à Mai 68, de Warren Buffet au Japon, et plein d’autres articles à découvrir... L’équipe du journal souhaite une belle réussite aux Terminales, Premières et Troisièmes pour leurs bacs et brevets ainsi qu’un bon anniversaire à l’État d’Israël pour ses 60 ans. Alors bonne lecture, merci à vous, et à l’année prochaine…


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J’ai un problème ! J’imagine

déjà les visages grimacants des professeurs de Mathématiques.

Après l’avoir tant redouté, il apparaît. Un article sur leur science préférée ! Presque cynique, juste un mois avant la fin d’année.

Cette idée m’est apparue, tout Il y un a donc simplement jour que j’étais affalé sur la table du CDI. J’enurgence vois déjà: ilcertains faut se demander s’il s’agit d’un complot. Hé bien non! intervenir ! L’idée m’est simplement venue en pensant, face à une combinaison de ces chiffres et de ces lettres censées avoir un sens ou pire une suite « l o g i q u e m e n t compréhensible » , enfin toujours suivie de quelques adjectifs désignant son évidence. Enfin, certains « autres » dont je fais partie, ne perçoivent absolument pas les choses de la même manière. Cette différence de point de vue, je l’ai perçut au moment précis où une tête de mule m’a susurré ces douces paroles à l’oreille : « Mais enfin, comment ne peux tu pas comprendre ? Ce charmant théorème est d’une clarté sans bornes ! ».

C’est alors que j’ai compris. Un profond gouffre existe entre moi (et ces « autres »!) , et ce monde de science exacte, rendant toute connexion impossible, toute communication inopérante. Puis, après cette observation, je me suis demandée à quel moment exactement ce

Je vous décris la scène : moi courant en pleine nuit. Essoufflée, effrayée, poursuivie par des effroyables chiffres, de toutes les couleurs, de toutes les sortes, tous plus fous les uns que les autres, jusqu’au moment où je me suis réveillée ! Quel réveil ! Ces effroyables chiffres m’attendraient peu de

gouffre avait commencé à se creuser.

temps après sur une copie, me narguant presque.

Probablement à ma naissance ! Ma mère a-t-elle Légende accompagnant l'illustration. omis le traditionnel recensement d’orteils? Ou bien un code barre a-t-il été oublié dans mon berceau ? quoi qu’il en soit, ce traumatisme remonte à quelques décennies.

Enfin,après réflexion, il est tout de même nécessaire de faire une sorte de trêve, non pas qu’ils aient fini par me plaire, mais cette chose me poursuit dans mes rêves, et par dessus tout dans mes résultats scolaires.

Le traumatisme « de-lamatière-dont-on-ne-doit-pas prononcer-le-nom » comme je l’appelle, possède je l’imagine, toute une histoire. J’ai pensé à une théorie confidentielle certainement inventée par Freud lui-même, au début du XXème siècle, cachée quelque part par une secte secrète de mathématiciens au crânes rasés. Enfin qui sait ? Peut être même Freud aurait il fait une théorie sur les rêves, à partir d’un monstrueux cauchemar comme celui que j’ai fait la veille d’un examen de maths.

Tout ça pour passer ce message d’espoir : Vous « autres », mes amis, ne perdons pas espoir, un jour nous en viendrons tous à bout. Pour ceux qui ne comprendront pas ce message sachez que toute évidence est relative.


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La Bourse : comment ça marche ? (2) Dans

l’article précèdent, nous avions vu à quoi servait la bourse ainsi que son mode de fonctionnement. Nous allons maintenant nous intéres s er aux indices boursiers.

M. Pomme a placé l’action de sa société en bourse. Actionnaire majoritaire de cette société avec 51% des parts, il regarde chaque jour les cours de la bourse afin de connaître les revenus que pourraient lui rapporter la vente de ses actions. Chaque jour avant d’arriver à trouver le cours de l’action Frutti sur Internet, il voit l’évolution d’un certain CAC 40. CAC 40 ? Que signifient donc ces lettres et ces chiffres ? M. Pomme n’est pas le seul à avoir coté sa société en bourse. Il y côtoie d’autres groupes tels EDF, GDF, Yahoo, CocaCola.

Nom CAC 40 Dow Jones Nasdaq composite Nikkei Dax FTSE 100

Nationalité Nombre de valeurs France (Paris) 40 USA (New York) 30 USA, valeurs technologiques plusieurs milliers Japon (Tokyo) 225 Allemagne (Francfort) 30 Angleterre (Londres) 100 Tableau d’indices boursiers

capitalisation, c’est-à-dire en fonction

du nombre et du cours de leurs actions , y s ont regroupées. Pour parler de l’évolution du cours de la bourse en général, on va se référer au CAC 40. Ainsi, si on dit que le CAC 40 est monté de 1% à 5096 points, cela signifie qu’en moyenne les 40 entreprises intégrées dans le CAC 40 ont vu leurs cours augmenter de 1%. Quant au nombre de points, il s’agit de l’addition

En général, le CAC 40 reflète bien l’évolution de toutes les entreprise cotées en bourse (en France bien sur puisqu’il

s’agit d’un indice boursier regroupant des entreprises françaises). On peut le voir sur ce graphique : en bleu, l’évolution du cours du CAC 40 et en rouge, celle du SBF 250. Il existe une multitude d’indices boursiers. Ceux ci peuvent regrouper les actions par secteur (automobiles, pharmacies…), taille, nationalité... Les indices SBF 120 et 250 par exemple sont comme le CAC 40 sauf qu’ils regroupent 120 et 250 entreprises. Voici un petit tableau avec les quelques indices les plus célèbres. Il existe beaucoup d’autres indices dans le monde mais ceux-ci sont les plus connus

Évolution des courbes du CAC 40 et du SBF 250

Le CAC 40 est un indice boursier. Les 40 plus grosses entreprises, en terme de

des différents cours des actions des sociétés cotées.


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Warren Buffett, l’homme aux 62 milliards de dollars de nombreux traders ruinés par la grande crise financière de 1929. Le livre de chevet du jeune garçon ? Mille façons de gagner 1000 dollars. A quinze ans, Warren Buffett investit ses premières économies dans l’achat de 20 hectares de terres agricoles qu’il revend plus chères par la suite. Ses études

Si

je vous pose la question suivante : quel est l’homme le plus riche du monde ? Vous me répondriez Bill Gates. Et comment en est-il arrivé là ? Vous me diriez il a créé Microsoft. Cela était vrai ! Une première depuis 12 ans : Bill G ates s e trouve aujoud’hui sur la 3ème marche du podium et laisse sa place de numéro 1 à Warren Buffett, un homme d’affaire et investisseur américain dont la fortune est évaluée à 62 milliards de dollars selon le magazine Forbes. Comment en est-il arrivé là ? Son enfance Warren Buffett est né le 30 août 1930 à Omaha dans le Nebraska. Enfant, il avait déjà le sens des affaires : alors que ses amis jouaient aux billes, il vendait à la pièce des chewing gums qu’il achetait par paquets à l’épicerie de son grand-père. A dix ans, son père, courtier en Bourse, l’emmène à New York visiter Wall Street où il discute avec

Buffett étudie à l’université de Columbia où il commence à s’intéresser aux investissements financiers en découvrant « The Intelligent Investor », le livre d’un de ses futurs professeurs, Benjamin Graham. Il obtient en 1951 un master en économie. Après avoir reçu le seul A+ jamais décerné par Graham lors d’un de ses cours, Warren Buf fett travaille dans la société de ce dernier puis à partir de 1956 comme courtier dans l’entreprise de son père. Ses entreprises Il crée sa première société d’investissement en 1956 en investissant 100 dollars de sa propre poche et 105 000 dollars collectés auprès de sa famille et ses amis. Il créera d’autres sociétés d’investissement en parallèle qui seront toutes rassemblées au sein de Buffett Partnership Limited. Entre 1956 et 1969, ses gains sont d’approximativement de 30 % par an alors que la marché gagne 7 à 11 %. En 1962, il

achète Berkshire Hataway, une entreprise de textile en déclin, puis il dissout ses précédentes sociétés d’investissement pour se concentrer sur Berkshire Hathaway. C’est à travers celle-ci qu’il effectuera tous ses investissements. Berkshire Hathaway compte 217 000 employés. Aujourd’hui, le cours de cette entreprise varie autour de… 135 000 $.

Où investit Hathaway ?

Berkshire

Les principes guidant les choix de Warren Buffett sont très simples : 1) Il investit dans les entreprises dont les bénéfices sont supérieurs à 75 millions de dollars. 2) Elles ont une activité simple à comprendre. 3) Les dirigeants ont fait leurs preuves et restent en place. Les choix d’investissement de Berkshire Hathaway sont assez originaux : ce sont généralement des firmes familiales, dans des activités on ne peut plus traditionnelles comme Justin industries, fabricant de bottes de cowboys au Texas, Shaw Industries, premier producteur mondial de moquette en Georgie, Johns Manville, producteur de matériaux de construction à Denver, Fruit of the Loom, fabricant de T-shirts dans le K entuck y, Ben Bridge jeweler, chaîne de bijouteries


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Warren Buffett, l’homme aux 62 milliards de dollars Buffett est aussi le plus gros actionnaire de Coca-cola, d’American Express… et a également investit chez le géant de la distribution WalMart ou le groupe pharmaceutique francoallemand Sanofi-Aventis.

donné 1,6 milliards de dollars à la fondation Bill & Melinda, créée par le fondateur de Microsoft et son épouse, très active dans la lutte contre les maladies et pour l’éducation dans les pays pauvres.

Buffett déteste les technologies compliquées et juge suspectes les entreprises qui grandissent trop vite. Ce prudent n’a jamais mis un centime dans l’informatique, l’Internet ou les télécoms. Ce qui ne l’empêche pas d’être très ami avec Bill Gates, son partenaire de bridge préféré.

« Si vous ne connaissez pas les bijoux, connaissez le bijoutier. » Warren Buffett, 77 ans, peut désormais mourir tranquille, il a atteint le but auquel il a consacré sa vie : partir de rien et amasser des dollars.

L’héritage et les dons

« Une personne très riche doit laisser suffisamment à ses enfants pour qu'ils fassent ce qu'ils veulent mais pas assez pour qu'ils ne fassent rien. » Sacrée différence avec Paris Hilton ! En 2006, Warren Buffett a annoncé qu’il ferait don de 85% de sa fortune à des œuvres charitables. Il a déjà

Toujours gagner : « À la Bourse, il y a deux règles fondamentales à respecter. La première est de ne pas perdre, la seconde est de ne jamais oublier la première. »

Bien connaître ce qu'on achète :

Warren Buffett est un investisseur sur le long terme qui ne place de l’argent que dans les secteurs qu’il connaît et dans les valeurs sures.

Plus surprenant : l’homme le plus riche du monde est contre l’héritage. Ses enfants sont tout sauf des fils à papa : l’un est agriculteur dans le Nebraska, l’autre compositeur de musique. Il a d’ailleurs déclaré :

est de découvrir des entreprises extraordinaires à des prix ordinaires et non des entreprises ordinaires à des prix extraordinaires. »

Chaque année, il se livre à un petit jeu sur Ebay, destiné à récolter de l’argent pour une fondation caritative de San Francisco : le meilleur enchérisseur gagne un déjeuner avec lui dans un restaurant de New-York. En juillet 2007, un financier californien, a versé 650 100 dollars pour déguster un steak en compagnie de l’homme le plus riche du monde.

Quelques conseils signés Buffett Les objectifs : « Notre but


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HISTOIRE D'UNE VIE Quand on aborde ce livre, on s’attend à trouver des traces de réponses que toute autobiographie est censée fournir à ces deux questions fondamentales de l’écriture : le quoi dire et le comment écrire. Mais comment cerner le moi d’un être dont la vie vole en éclats à l’âge de sept ans ? Comment restituer des souvenirs d'enfance à un moment où les mécanismes de la mémoire n’ont pas eu le temps de se former ? « - Que t'est-il arrivé? - Rien. -Où étais-tu pendant la guerre? -Dans beaucoup d’endroits. » Quand tout a été si longtemps privé de sens et de raison, les questions des adultes, à la fin de la guerre, ne peuvent susciter que ces réponses laconiques, presque teintées d'humour noir. Comment écrire sur cette période dont on se dit « Je ne me souviens pas »? Comment livrer au lecteur ces « fragments de mémoire qui convulsent encore » ? Aharon Appelfeld sollicite les cellules de son corps : dans cette autobiographie qui n'en est pas une, ce sont les genoux, le dos, les paumes des mains qui se souviennent. C'est l’odeur de la paille pourrie, la sensation produite par les chaussures humides qui ressuscitent le long tunnel de ces six années de guerre. On perçoit nettement que cette Histoire d’une vie n’est pas un tissu solide et continu, mais une histoire en lambeaux, pantelante, pleine de violentes

« taches de mémoire ». Et de fait, si l’on ferme les yeux après avoir fermé le livre, ce sont des taches de couleur, extraordinairement vives, qui surnagent. Le rouge des fraises achetées à une paysanne ruthène, avant la guerre, qui brillent du bonheur de l’enfance choyée ; le rouge des fruits du pommier dans la forêt, miraculeux arbre de survie pour l’enfant affamé qui vient de s’évader du camp…Et ces deux taches se répondent par delà ce trou noir, sans mémoire et sans mots. Peut-être est-ce cette béance, cette ellipse qui fait dire à certains qu’Aharon Appelfeld n’est pas un écrivain de la shoah. Et pourtant, il me semble que c’est lui qui a su donner une existence aux enfants de la shoah ; c’est lui qui a su me rendre visibles ces infimes brins de paille que tout le monde alors piétinait. Qu’est-ce qu’un enfant en ce temps-là ? On pourrait dire, d’abord, que ça ressemble bien peu à un être humain. C’est plutôt un animal, petit, si petit qu’il lui est très possible de se noyer dans la boue des chemins, si une main d’adulte ne le retient pas. C'est un animal plutôt, aux pensées et aux sentiments larvaires, qui va de terrier en terrier, et qui s’enveloppe dans la fourrure d’une bienheureuse inconscience. Un "enfant sauvage" au mieux, plus sensible au bruit d’une noix qui tombe qu’à celui d’une voix humaine, prenant modèle sur les animaux de la forêt pour se

cacher, courir sans bruit, se mettre aux aguets. Parfois, cette Histoire d’une vie bascule dans le conte de fée ou le mythe, et les enfants se muent en personnages de ces récits anciens et primitifs que nous connaissons depuis toujours. Le petit Aharon qui s’enfuit du camp trouve refuge dans une hutte de la forêt, habitée par la putain du village. Mais n’est-elle pas plutôt une sorcière, une ogresse qui poursuit, un pieu à la main, un petit poucet éperdu dans les ruines de la cabane brusquement effondrée ? Les enfants de ce temps-là, de ce livre-là, sont dévorés par les bêtes, comme dans les contes de fées, sont exploités par des "impresarios sans scrupules, comme les gamins de Dickens. On abuse d’eux de toutes les manières. En ce temps-là tout se brouille : le monde réel est infiltré par le pays des monstres et des anges. Comment faire émerger un tel univers ? Appelfeld laisse agir le silence. Il lui suffit d’écouter, de s’asseoir et de contempler : insensiblement, les souvenirs sédimentent, s’agrègent, forment sens : comme cette neige que l'enfant contemplait de sa fenêtre, des heures durant, si longtemps qu’il finit par percevoir le bruit des flocons.


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Tout

écrivain est un observateur, chacun sait cela ; Aharon Appelfeld est un contemplateur, et c'est bien autre chose. Certes, c'est d'abord une question de tempérament : le petit Aharon aime bien regarder tomber la neige; mais très vite, cela devient une mission qu'il s'assigne: contempler grandpère sur son balcon, ou un livre en mains, c'est assurer la survie de ce vieux juif des Carpates. Plus tard, au milieu des dangers que traverse l'enfant, la contemplation n'est plus seulement ce plaisir de fusionner avec les êtres et les choses, elle devient nécessité vitale : il faut apprendre à écouter, intensément, les oiseaux de la forêt - non pour jouir de la beauté de leur chant, mais pour saisir les avertissements qu'ils adressent aux enfants traqués. Se protéger du monde, s'approprier le monde La contemplation est peut-être pour le narrateur une autre façon d'obéir à la devise de son père: « Nous n'avons rien d'autre que ce que nos yeux voient ». Du matérialisme au mysticisme ? Dans un autre ouvrage d'Appelfeld, L'Amour, soudain, on trouve cet échange de répliques: Lorsque Ernest dit que le silence est préférable à la parole, le médecin s'étonne : « -Qu'apporte le silence, et pourquoi est-il préférable à la parole, qui fait le lien entre les hommes? -Le silence est l'expression absolue, dit Ernest. -Mais il reste muet, dit le

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médecin, heureux d'avoir trouvé les mots justes. » Désir de faire entendre la langue du silence et de la contemplation, hantise de rester muet, privé de langue : voilà une peur qui affleure de façon récurrente dans Histoire d'une vie : elle est déjà présente dans sa prime enfance, alors qu'il baigne dans un environnement linguistique d'une richesse inouïe, où quatre langues concourent à rendre toutes les nuances des sentiments, des sensations et des souvenirs. Mais, dès cette époque, la parole est limitée, l'expression entravée : l'enfant ne comprend pas la langue de ses grands parents, ce Yiddish proscrit, refoulé par son père et sa mère, juifs assimilés. Pour la même raison, il n'apprend pas l'hébreu et se vit comme paria dans la synagogue du grandpère : "Désormais, c'est clair: je suis muet. Tous murmurent, font des efforts, et moi je sis dénué de mots […] je ne pourrai jamais rien demander à Dieu, puisque je ne sais pas parler sa langue." Pendant La guerre, c'est l'allemand, sa langue maternelle qui passe à la trappe et devient langue interdite: parler allemand, c'est prendre le risque mortel de se découvrir, de s'avouer youpin. L'usage de la langue maternelle se pervertit alors : elle n'est plus bonne qu'à parler aux chiens, aux petits chiens que l'enfant a adoptés et à qui il parle en cachette. En 46, arrivé en Israël, il n'a plus de langue, et plus guère de parole non plus. A l'issue de la guerre, il est bègue, presque aphasique. Il a perdu ses langues et ne peut renouer avec

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une parole si longtemps bâillonnée. Et pour dire quoi, d'ailleurs ? Tant de rescapés proclament qu'on ne les croira pas… Dans ce désert de la parole, seuls subsistent des mots isolés, vestiges des mondes perdus, maigres archipels égrenés dans son journal et qu'il nomme "instantanés d'âme". On lui apprend à empiler mécaniquement des mots d'hébreu utiles, un vocabulaire de base, qui sonnent comme des ordres dans cet univers de pionniers qui s'efforcent de faire table rase du passé. En fait, on lui impose l'hébreu de force. Comment Appelfeld pourrait-il parler hébreu, quand il se souvient confusément du yiddish, la langue moelleuse et sucrée de l'enfance, aussi douce et nourrissante que la compote de pruneaux de sa grand-mère? Commence alors une lente reconquête, presque un chemin de croix, pour quitter le règne minéral "-Sans la langue, je suis semblable à une pierre."pour se dépouiller ensuite de tout ce qui n’est pas soi : son identité véritable n'est ni celle d'un kibboutznik de Judée, ni celle d'un combattant du palmach, mais celle d'un petit réfugié, longtemps errant dans les profondes forêts d'Europe centrale. Il va falloir comprendre que la langue maternelle, la langue orpheline, est la sœur de l'hébreu de la bible. Il va lui falloir, par delà la grande fracture de ce milieu du XXeme siècle, ramasser patiemment les éclats des vases brisés et progressivement recréer son moi, son peuple et son écriture,


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Et Mai 68 créa la jeunesse Lorsque

l’on parle de la jeunesse de mai 68, on parle des étudiants et lycéens français. En 68, les étudiants n’ont que peu de droit, hormis celui de se taire. Les relations humaines et les moeurs sont soumises à des règles rigides, étouffantes et exemptes de toute fantaisie.

Rien n’est à la mesure de la jeunesse de cette époque. Considérée comme la future élite de France, cette jeunesse est éduquée pour le futur mais pas écoutée. C’est une jeunesse dégoûtée par la routine, les conventions des générations précédentes, la hiérarchie, l’autorité. Nous parlons de jeunesse aujourd’hui, mais en 68, la jeunesse n’existait pas. Son statut n’en est pas un véritable, c’est un entre-deux, entre le monde de l’enfance et celui des adultes, car rien de ce qui caractérise la jeunesse n’est permis. Le manque de considération

envers cette génération se ressent par exemple dans l’ état des univers ités . Certaines sont délabrées, ce sont des assortiments de cubes de béton comme la fac de Nanterre, elles sont devenues beaucoup trop petites pour ces enfants du baby boom et, pour couronner le tout, elles sont peuplées de vieux professeurs pour les quels les étudiants constituent un public captif dont ils attendent déférence et passivité. Les relations homme-femme sont régies par des lois très strictes. Les étudiants ont « officiellement » l’interdiction de monter dans les chambres des étudiantes, elles, en revanche, en ont le droit et sont ainsi dédaigneusement appelées « celles qui montent ». De part et d’autre, on entend les étudiantes parlaient d’avortement clandestin ou de pilules autorisées mais peu répandues. L’étudiant boue. Il est également à cette époque le principal fidèle des théâtres et des cinéclubs. En 1966 une brochure est publiée par les «situationnistes » (mouvement étudiant militant) à Strasbourg et est appelée De la misère en milieu étudiant. Elle est une satire de la vie étudiante et a un grand succès à sa sortie. Au sujet de la jeunesse et de la culture, elle dit : «Dans une époque où l’art est mort, elle reste le principal fidèle des théâtres et

des ciné-clubs, et le plus avide consommateur de son cadavre congelé et diffusé sous cellophane dans les supermarchés pour les ménagères de l’abondance (...).

Si les maisons de la culture n’existaient pas, l’étudiant les auraient inventées ». Voici en quelques mots le contexte de la vie d’étudiant en mai 1968. Et si l’on prend en compte un malaise existentiel et l’aspiration à une autre vie de toute cette partie de la population, on comprend pourquoi des dizaines de milliers d’étudiants sont descendus dans la rue en quelques jours. Ils sont descendus faire entendre leur voix et leur ras le bol comme l’exprime si gracieusement ce slogan : « La société m’emmerde, j'emmerde la société ». Ils descendirent pour exister, pour être reconnus auprès de toute cette génération de la


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Et Mai 68 créa la jeunesse sur la révolte de mai 68. L’onde de choc de 68 a eu de grandes répercussions. On parle de l’esprit canal (Canal+) animé par des soixante-huitards. La jeunesse a installé un nouveau rapport entre elle et la culture, la politique et l’autorité. Des soixantehuitards sont aujourd’hui sur la scène politique tel que Bernard Kouchner qui a travaillé activement en 70 au journal Actuel, journal fondé dans les années 68. A partir de cette révolte, la jeunesse existe. Elle vit, rit et rêve non pas de reprendre le cabinet de papa, mais de voyage, d’amour, et quand même un peu de hashich. La jeunesse de 68 est par excellence celle qui a exalté la jeunesse comme une fin en soi et qui a célébré l’abolition du principe d’autorité. La jeunesse est cette période qui coalise en elle la beauté, l’énergie, l’authenticité et l’esprit de rébellion. Et cet esprit propre à la jeunesse se retrouve dans le manifs. On chante, on rit, il y’a un air de fraternité, de joie et de fête qui règne, bien loin des manifestations classiques de la gauche. Les actions des étudiants de Mai 68 leur ont permises d’exister et de nous préparer une place à part entière dans la société, ainsi que de gagner de libertés dont nous jouissons à présent. De la révolte étudiante, s’est propagée la jeunesse qui a irradié sa liberté sur le monde entier.

Les étudiants vont dans cette révolte porter des revendications d’ordre politique, culturel et qui vont aussi porter sur le monde du travail. Tous les mouvements étudiants n’ont plus qu’existé par rapport à Mai 68, du moins ils en ont pris l’exemple car elle a été une des plus fortes en France par rapport à celle qui se sont déroulées dans le reste du monde.

La jeunesse de 68 est par excellence celle qui a exalté la jeunesse comme une fin en soi et qui a célébré l’abolition du principe

Il y’a eu des révoltes ou manifestations étudiantes en 1986, 1990, 1995 jusqu’à celle de 2005 contre le CPE qui ont toujours pris comme exemple celle de mai 1968. Ainsi que d’autres mouvements tel que le mouvement féministe des années 70 qui s’est appuyé

La jeunesse a donc fait de grande conquête. Il paraît qu’aujourd’hui on veut liquider ces héritages, revenir en arrière, que mai 68 a détruit la hiérarchie etc. Ce n’est pas grave, on sait comment faire si l’on n’est pas d’accord. Attention toutefois à ne pas trop user de manifs qui nous discréditeraient. La parole, écrire dans un journal comme l’Interclasse c’est une façon de se faire entendre. Un dernier mot sur mai 68, juste pour exprimer cette petite pointe de fierté quand nous lycéens repensons à ces évènements assez romantiques.


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TOKYO : ville de surprises et d’extrêmes

Le

contemporain… Les temples sont à voir, bien que les plus beaux soient en dehors de Tokyo.

Japon, par sa richesse, sa diversité culturelle et son progrès dans la technologie, mélange tradition et modernité. Tokyo est une ville fascinante, ultra moderne, toujours en mouvement : difficile de s’y ennuyer ! Les immenses buildings, les grands carrefours, les millions de personnes dans la rue, on ne sait plus où regarder ! Il y en a pour plaire à tout le monde.

Vue de Tokyo du 45eme étage de la mairie

Shibuya

Pour les folles de la mode, dans Tokyo, tout est permis ! Les filles les plus branchées de Shibuya ou d’Haradjuku osent tous les mélanges et il nous en reste à apprendre. A Haradjuku, le dimanche matin, beaucoup de jeunes sont déguisés. Des punks, des shibuya girls, des gothics avec parfois une touche de romantisme : un défilé où l’imagination n’a pas de limites !

Et pour les amoureux du

Haradjuku

Pour les fous de technologie, êtes vous seulement déjà rentré dans Sony Building, où vous êtes vous déjà promené dans Aquiabara, le quartier du matériel électronique ?

shopping, à Tokyo c’est un art : les magasins sont partout, la diversité, le choix, et la superbe architecture des magasins donnent envie de tout acheter ! Si vous préférez visiter, les musées ne manquent pas, le musée Edo sur l’histoire de Tokyo, le musée de l’épée, plusieurs musées d’art

La culture japonaise est très intéressante, il y a beaucoup de choses fascinantes à découvrir : les temples, les arts martiaux et les sumos, les maisons traditionnelles, les tenues traditionnelles, le bouddhisme… Et détrompez vous, la gastronomie à Tokyo ce ne sont pas seulement les sushi ! Tokyo est la ville où il y a le plus de restaurants au monde . N’ayez pas peur de vous déplacer, le métro de Tokyo est un phénomène : la minute exacte de l’arrivée du train est précisée et pas question de se tromper ! Sur chaque quai plusieurs plans indiquent l’endroit exact où vous devez monter dans le train pour qu’à votre station d’arrivée, les toilettes, la sortie (à choisir parmi une vingtaine !), l’escalator, la correspondance ou le point d’eau soit le plus proche ! Et les stations, ne sont pas de simples stations, ce sont des villes ! On y trouve un choix de 4 ou 5 restaurants, cafés, des magasins d’art, de


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Le Phénomène Carla Bruni-Sarkozy En

ce mois de mai 2008, Carla Bruni étonne ! Avec sa silhouette longiligne, sa voix douce et cassée, son esprit et sa répartie, l’ancien top model de 39 ans a séduit le Président de la République. Retour sur une personnalité loin d’être conventionnelle. « Quatre consonnes et trois voyelles, je le murmure à mon oreille et chaque lettre m’émerveille », chantait en 2002 Carla Bruni en hommage à son compagnon, le philosophe Raphaël Enthoven. Cinq ans plus tard, elle serait, nous disent les photos prises le 15 décembre à Disneyland, avec Nicolas Sarkozy, où elle s’affichait en public ; un autre prénom avec quatre consonnes et trois voyelles. Une liaison surprenante pour celle qui est une égérie du courant bobo. Shootée dans les années 90 par les plus grands photographes de mode, défilant pour Yves Saint Laurent, Versace, ou Dior, Carla Bruni opère, après dix ans de mannequinât, sa reconversion en chanson. Le 25 décembre, le Président et sa chanteuse italienne préférée se sont envolés vers Louxor en Égypte pour une escapade à deux. C’est officiel : ils s’aiment au grand jour. Début janvier, en voyage à Petra en Jordanie, Nicolas Sarkozy aurait offert au top model une b a g ue de fiançailles et elle aurait répondu à ce présent par une montre en acier gris .

Lors d’une conférence de presse, le Président de la République a avoué à mi-mots

les filme, on les shoote, on les scrute. Bref, ils s’aiment et ils le montrent. A l’occasion de la visite d'État de Nicolas Sarkozy au Royaume-Uni, en mars, la « Carlamania » a déferlé sur le royaume des tabloïds, qui ont consacré un nombre impressionnant de pages à son épouse. Les neuf grands quotidiens nationaux du royaume ne se sont d’ailleurs pas trompés d'évènement, tous propulsant Carla Bruni à la Une, photographiée sous toutes ses coutures avec des titres comme « Enchanté », « Elle est belle comme Jackie » ou encore « Ooh La La, Madame Sarkozy ».

l’imminence de son mariage : « avec Carla, c’est du sérieux ». Puis tout s’est s’accéléré lorsque Carla dit oui à Nicolas. La cérémonie s’est déroulée samedi 2 février, à l’Élysée. Début février, la compagnie aérienne Ryanair avait utilisé sans son autorisation des images du nouveau couple présidentiel pour une campagne de publicité. Les dommages et intérêts payés par la compagnie aérienne, à hauteur de 60.000 € ont été offert par Carla Bruni aux Restos du cœur. Lors de leur visite au Tchad, Nicolas Sarkozy est fier, le dit et le répète : « This is my wife ». C’est elle, sa femme, « Carlita ». C’est elle qui l’accompagne, lui passe la main dans les cheveux et s’accroche à son biceps comme pour conjurer une disgrâce. On

The Times vante de son côté le « style si français » de l’ensemble porté par la nouvelle égérie des britanniques, à la fois « un peu Grace Kelly, un peu Jackie Kennedy, un peu Audrey Hepburn et un peu princesse Diana ». Pour The Daily Mirror « Le Président Sarkozy peut revenir... s’il est accompagné de Carla ». Avec son beau tailleur à la mode hôtesse de l’air des années 60, coiffée d’un petit bibi assorti, elle volait même la vedette à la reine Elizabeth II et à son mari. Entre baisemains, échanges de sourires et balade en carrosse, la première dame de France n’aura pas mis longtemps à séduire les Anglais. Début avril, une photo dénudée en noir et blanc de Carla Bruni-Sarkozy prise il y


15 ans et demi… Après

plus de 15 ans d’absence, un célèbre scientifique revient s’occuper de sa fille Églantine avec qui il espère renouer des liens et rattraper le temps passé. Malheureusement pour lui, quand on a 15 ans et demi et qu’on est tombé sous le charme du « + bo mek du bahu », on a d’autres occupations que de passer du temps avec son papounet d’amour... Complètement dépassé par les événements, il accepte l’aide de son beau frère qui organise un stage pour les papas d’ados désespérés ! Et c’est parti pour une suite de gags délirants et d’histoires romanesques pour le plus grand plaisir

J’ai beaucoup aimé ce film qui m’a rappelé les problèmes qui se posent parfois entre mon père et moi (goûts vestimentaires, garçons…). Je pense que le public féminin se sentira plus visé par ce film même si les garçons passeront aussi un agréable moment. Pour finir, je vous conseil d’aller le voir entre amis, le film sera plus sympa!!

de toutes les jeunes filles présentes dans la salle qui hurlaient de joie à chaque fois que (le magnifique) Benjamin Siksou apparaissait à l’écran (bon, j‘avoue faire partie de ces filles !!!).

SUDOKU Responsable de la rédaction :

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Rédacteurs Alexis Dana, Julia Boccara, Halioua Noémie, Dan Lasry, Nicole Sultan, Isadora Scemama, Eytan Saal.

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Diffusion : Établissement Georges Leven

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Interclasse n°3