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N° 11

ÉCRIVEZ NOUS ENVOYEZ VOS INFOS Pour le mois de novembre par e-mail : levantard2@gmail.com ATTENTION :

Décembre 2010

Prochain bouclage autour du 22 décembre

Édition Mouffetardienne du « Vantard du Faubourg » Tiré à 1000 exemplaires

Mouffe Maube Montagne Mensuel satirique, alterlocaliste, libre, indépendant, gratuit et sans pube.

Numéro financé par la générosité et le charme de Soisic Françoise L'Argenton, native de Binic, dite la reine mère de la Mouffe, qui chante Barbara comme personne et vous rappelle les règles essentielles et fondamentales du français lors de chaque disputation bistrotière.

spectacles et concerts

René Olivares Au Piano Vache, 8 rue Laplace, Richard et ses complices vous attendent de pied ferme, bienvenue chez les tontons flingueurs new look. Tous les lundis de décembre 6,13,20,27, Rodolphe Raffalli après son fabuleux passage à Champs Elysées pour accompagner Bruel, reviendra à un Jazz Manouche qui séduit les jeunes générations, quand elles arrivent à se taire, pas vrai Nikus ? Tous les Mercredis soirée Gothique avec DJ Lionel aux manettes. Inspirés par le cinéma expressionniste allemand, le fantastique et le roman gothique, de sombres jeunes gens, amoureux du théâtre de la nuit jouent à se faire peur, avant de sombrer dans les bras les uns des autres. Soirée Manic Depression Tous les jeudis soirs New Wave Dj Nash nous offre l’autre côté de la New Wave (musique des années 80, les Lexomil ne sont pas fournis). Aux Pipos 2 rue Polytechnique 75005, chez Alain Gangneux pour les amoureux du vin authentique. Tous les Vendredis soirs José interprète des chansons françaises et sud américaines avec humour et humeur, ce Latin Lover emballera la foule par son charme inépuisable. Soyez aimables avec lui. Danny Bonny, tous les Samedis soirs, rend hommage à la chanson française et nous fait voyager dans le temps, celui où les paroles des chansons avaient encore du sens et flirtaient avec la poésie. Jacques Sammy, rue Descartes, tous les vendredis et les samedis soirs, refait vivre le temps des cabarets, celui d'Arlette Reinerg, celui de Félix, de petits endroits où ont chanté, avec lui, Ferrat, Nino Ferrer, Yves Duteil, colette Magny. Jacques Sammy passe au "Doux Raisin", à la "Brouette chandelle", au "Cracovie", le repaire des polonais amoureux de la chanson française.

Jicé Ditroy,

le génial inventeur du Vantard Joyeux Noël et Bonne Année à toi

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Vive le mécénat, vive la dinde, Et Vive le Rap-à- noel L'aventure du Vantard se poursuit : "Bonne année à tous" Chers lecteurs, le Vantard est heureux de vous apprendre qu'il bénéficie d'un financement pour quelques mois grâce à de généreux donateurs qui se sont lancés dans l'achat du numéro de l'année. Ce racket honteux n'est pas terminé. Vous pouvez vous aussi cracher au bassinet grâce aux boîtes déposées dans les bistros et commerces partenaires du Vantard. Introduisez le bon de commande qui se trouve au verso, en en bas à droite, avec vos coordonnées et une commande du numéro de l'année à 15 euros. Nous recherchons toujours un commercial de génie qui nous aidera à promouvoir le journal dans le quartier, peut-être que Jean Michel va s'y coller, peut-être pas. Nous "recroutons" également une journaliste pour la rubrique des spectacles du cinquième, proposez nous vos articles, partagez vos idées avec nous en écrivant au Vantard : levantard2@gmail.com, ou en allant sur sa page facebook "Vantard

Mouffe", bref dites nous si il y a quelqu'un au bout du fil . Le mois de décembre, le 8, faites un tour à Lyon, les illuminations vous y attendent, c'est un peu plus spectaculaires que les guirlandes de notre quartier. Après, tout tourne autour de Noël et du jour de l'An, la fête de la consommation à tous les étages. Surtout le 24 au soir, pour Géraaaard ! Envoie le Rap-à-Noël. À minuit fin de la dèche, L'heure de mettre le gros jésus (saucisson de lyon) dans la crèche. Dépêche toi d'avoir la pêche, Toi qui viens de Saint Nom la Bretèche, Elle s'appelait Pimbêche, C'était pas une flèche, On la trouvait revêche, Elle faisait sa gueule de seiche, Quand elle s'promenait sur ma brêche, On faisait des choses tête-bêche. Un jour à Marrakech, Après un tour de calèche, Elle m'a dit : j'me sens toute fraîche, Elle voulait que j'allume sa mèche, Avec ma petite flammèche. J'ai pris mes antisèches, Du kamasoutrèche, Et là j'ai senti sa flesh sur ma flesh, Elle m'a dit Suresh, Je n'aurai plus jamais la peau sèche. Je lui ai dit : T'es ma diablèche, chasse-rêche...

Mimi Schmitz , « l'âme de la Mouffe» par Prince Roro S'il en est une qui mérite son portrait dans ce journal, c'est bien elle. Elle a adopté ce quartier et tous ses habitants, outre ses enfants, Mère Courage possède des "fils", ce sont ses protégés. mimi et ses fils Mimi a plusieurs fils, des vrais, des faux, des virtuels, des d'occase, des "de passage", une armée de fistons qu'elle couve et materne de sa générosité sans limite. Si vous avez une tête d'oiseau tombé du nid, vous pouvez compter sur elle, elle vous recueillera, vous nourrira et vous aidera à réapprendre à voler de vos propres ailes. Ses fils d'occase sont tous très originaux, écrivain, psy, pizzaiolo de charme dit Calzonova, tellement originaux que l'on compte même une fille au rang de ses fils, Clara, la merveilleuse chanteuse des rues de Paris, la voix des pavés et des sans-voix du métro. Mimi est une maman terrible, version cocktail Molotov verbal. Elle hantait les bistros de la Mouffe avec Bézu  ; elle a mis du temps à se remettre de sa disparition, il est toujours présent dans son cœur, mais par chance, elle a trouvé de nouveaux compagnons de jeux. mimi rêve, medite, lit et depense son energie Mimi rêve d'un monde plus humain, d'un monde où les gens se parleraient un peu plus, laisseraient leur carapace au vestiaire pour mieux s'accoster, elle rêve d'un monde sans "connards", ces éternels empêcheurs de jouir en rond qui viennent mettre des barrières partout, ces rationalistes surgelés qui ont un avis sur tout, qui s'abritent derrière leur statut, parce qu'ils ont tout lu sur la question. Et merde ! Alors, parce qu'elle aime le savoir et les échanges, qu'elle adore les philosophes de comptoir, elle a tenu à organiser des soirées café philo au Verre à Pied. Ça n'a l'air de rien, mais cela demande une sacrée énergie. Et de l'énergie, elle en a, forcément, elle est infirmière ! Les infirmières se donnent corps et âme à leur métier,

Mimi avec Renaud, l'un de ses fils d'occase de vraies éponges à souffrance, elles la ressentent, quasi animal, elles veulent le bien des gens, parfois malgré eux. Cela détonne dans un monde d'indifférence où le sourire est déjà vécu comme une agression. Mimi nous enchante par ses récits de voyage ; elle promène souvent son turban en Inde du côté de Pondichéry. Là, elle revient du Népal avec des rêves encore plein les yeux. Incidemment, elle est la maman d'Arnaud Magimel, décorateur de cinéma, de Benoit Magimel véritable acteur (Mouffe Inside et Petits Mouchoirs), oui oui, et de Bénédicte Schmitz sociologue du féminin sous toutes ses formes. Vous l'avez compris Mimi aime les hommes.

Rouscaillons bigorne Joseph Stokober Folie, le Vice, la Tromperie, la Passion, ainsi Leçon N°3 : LE PANDORE

Du « condé » au « poulaga », l’arguemuche que l'Espérance. Un excellent programme pour de la Capitale fourmille de sémillantes al- les universités d'été de la police. Un lacanien légories à l’endroit des forces du désordre. décréterait sans doute que dans « Pandore », il y a « Pan ! » et « dors ». En somme, le Le premier sobriquet tire ses origines du prince «  Pandore » serait celui qui, d’un coup de en charge de la sécurité du royaume, tandis que flingot, condamnerait ses victimes au sommeil le second accompagne l’invention combinée éternel. ‘Sont vraiment cons, ces lacaniens. du nuggets et de la camionnette de police. Quant à nous, nous demeurons désespérément Les poulets tirent leur nom du fait que le ba- inaptes à déterminer l’origine de cette occurtiment du Quai des Orfèvres a été érigé sur rence argotique, car si le pandore est sans doute l'emplacement de la Halle aux volailles. la manifestation de bien des maux de ce monde, Mais si l’on ne devait garder qu’un « gen- il n’en est pas la source ni la racine. On pourrait darme » argotique, ce serait sans doute le pan- nous rappeler la célèbre chanson de Nadaud dore. Dans l’un de ses articles du Cri du Peuple, évoquant le fameux pandore, on pourrait arguer Henri Verlet dresse les portraits de Mac Mahon, que l'auteur connaissait le nom hollandais du Dupanloup et Thiers sous les traits respectifs de gendarme: pandoer, issu du hongrois pandur « Pandore, Basile, et Mercadet ». Pourquoi Pan- à la faveur de la domination autrichienne en dore ? Quelle étrange relation pourrait-on entre- Belgique, nous en foutons royatalement. Nous voir entre le gendarme de 1871 et la mythologie nous contenterons donc de cracher sur l’âme grecque ? S’agit-il de cette étrange boîte de damnée de Mac Mahon en chantant avec CléPandore, dont chacun redoute l’ouverture ? ment, une larme à l'oeil : « Demain les manons, Entre l’hellène récipient et l’inquiétant panier à les lorettes / Et les dames des beaux faubourgs / salade, l’analogie est tentante. D'autant plus ten- Porteront sur leurs collerettes / Des chassepots tante que comme le panier à salade, elle contient et des tambours. / On mettra tout au tricolore tous les maux de la société : la Vieillesse, la / Les plats du jour et les rubans / Pendant que Maladie, la Guerre, la Famine, la Misère, la le héros pandore / Fera fusiller nos enfants ! »

spectacles et concerts (suite...) Café Le Verre à Pied, 118 bis rue Mouffetard 75005 01 43 31 15 72 Exposition jusqu'au 12 décembre MIOKO PHOTOS traces et ombres, le journal intime d'une japonaise. Exposition Jean Marie VIDAL du mardi 14 décembre au 2 janvierPeintures de son monde rêvé. MUSIQUE le mercredi 8 décembre de 19h. à 21h. et le 22 décembre pour des chant de Noel revus et corrigés par le légendaire groupe 20 CENTS & THE GUG'S ORCHESTRA avec Vincent, Grégoire, antoine et d'autre amis et toujours, notre déliceuse Mariefloue et qui vient de nous écrire la suite des aventures du zinc derrière lequel elle assure une présence délicate et passionée.

Debout contre le zinc Si pour certains les lundis c’est raviolis, pour moi les mercredis soirs c’est mélodie. Aussi, je m’emplis de passants, d’habitués, de musiciens. La bière coule, les verres ne désemplissent plus. L’atmosphère devient empressée, l’air tiède, des gouttes perlent le long de mes vitres embuées. Toutes les tables sont assaillies. Le passage est obstrué par des corps qui se rassemblent. Les voix s’amplifient tentant de passer par-dessus la musique. Les commandes affluent, les additions tombent. La promiscuité force leurs bustes à s’affaisser sur moi pour saisir leurs verres ou prendre leur monnaie. Au cœur de la mêlée je suis maculé de vin, la mousse émerge hors des pintes avant de sombrer et d’échouer sur le zinc. Le bol de cacahuètes voyage entre des dizaines de mains qui me parcourent. Inhabile à l’observation de cette foule frémissante, je ne peux presque pas observer mes occupants. J’ai à peine le temps de sentir leurs vêtements ou d’entendre leur voix badines. Impossible de discerner leurs odeurs dans cette ébullition. Malgré tout, parmi les formes évanescentes qui se meuvent je distingue quelques doigts qui pianotent au son de la musique, rapidement, en rythme. Je devine un couple qui se forme, leurs visages se sont rapprochés tandis que leurs doigts se touchent entre leurs coupes de mousseux. Par-delà les cris, les rires et les applaudissements ; je m’abandonne. Docile à la musique, je ressens un léger trouble, comme vaincu par cette éruption de sons, de couleurs et d’odeurs. Je me laisse bercer par un tourbillon d’âmes en effervescence et de spiritueux qui pénètrent dans mon bois. Je m’imprègne de cette vie trépidante, avant de m’abîmer dans la profondeur calme du café fermé, une fois les douze coups de minuit sonnés. Marifloue Lecompte

Alix la maquettixte joue de la grosse caisse...

...dans la fantastique fanfare des Fines Pôlettes. En 2011, elle a promis de s'occuper de la rubrique fanfare du Vantard..Faut voir...

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spectacles et concerts Mlle FD parie sur les élections présidentielles de 2012. Mlle FD a contacté B ê t e c l i c- à - c l a q u e s pour organiser le plus grand pari grandeur nature sur les élections présidentielles. Un premier pari sur les primaires au PS, sur le nom et le nombre de candidats confirmés. Un deuxième pari va être organisé sur l'election elle-même avec les résultats du premier tour : qui se présente et quel pourcentage au centième près ? Et enfin, quel l'écart entre les deux candidats du deuxième tour ? C'est ça aussi Internet : un lieu de rigolade pour Mlle FD. Certains ont affirmé, sans rire, que le nombre de vieux qui commettaient des crimes graves était en augmentation, mais personne ne veut encore faire de lien entre criminalité et pauvreté au grand soulagement de Mlle FD, alors qu'au 19ème siècle : "salauds de pauvres, criminels" était une insulte normale. Mlle FD se pose la question avec les gens pour qui elle travaille : les nouvelles technologies sont-elles porteuses de nouvelles formes de criminalité, est-ce que facebook est un lieu public alors qu'il est qualifié de "réseau social", c'est à dire en principe fermé ou semi-ouvert. Le buzz est-il un acte criminel comme un colis piégé grec ? Nous avons noté que certaines collocations, expressions figées, telles que  : “casse toi pauv’con”, “Sarkozy je te vois”, “une petite inflation” sont suffisants pour vous faire traîner devant les tribunaux, et cela, que ce soit, sur pancarte, par email ou verbalement. Le vocabulaire a enfin été pénalisé et c'est une bonne chose. Le mot chien a fini par mordre pour faire chier Aristote. Et comme dit Mlle FD, on ne peut pas dire n'importe quoi à n'importe qui, il ne manquerait plus que ça, ce serait la chienlit et d'ailleurs c'est ce qui est à l'origine de tous les faits divers, un écart de langage, un geste déplacé, une broutille et vlan... Ça dérape, on sort du cadre, on est accusé de conneries graves et on se retrouve en prison. Pendant ce temps, une vieille dame s'est enfermée dans sa salle de bains pendant 20 jours, comme quoi la propreté à tout prix... N'oubliez pas que chaque mois Mlle FD est en charge de l’imaginaire collectif, à travers la gestion des Faits Divers, et elle ne fait que réaliser les rêves de ses voisins.

Mon quartier, les evadés de la vie par le Professeur Larue, 1. Théâtre

Mon quartier n'est pas comme les autres, il y a ce qu'il est convenu d'appeler des figures, des personnages, des caractères, des humeurs. Des gens assez aimables pour accepter de se caricaturer et s'offrir en spectacle aux timides, aux figurants qui n'ont pas encore osé franchir le pas. Mon quartier est un grand théâtre où l'on peut traverser la rue, changer de bistro et se rendre compte que c'est partout la même pièce qui se joue. Chaque bistro est une commune libre. Ici, Paris n'est pas un enjeu, nous y sommes et nous savons pourquoi. Reproduire, perpétuer, commémorer, c'est bon pour les autres, de ce côté-ci, on a toujours voulu créer pour changer la vie.

2. GÉÉÉRAAAAAARD !!! Mon quartier est une comédie musicale sans chef ni orchestre avec des gens connus et inconnus, des écrivains et des hommes de parole, des philosophes de comptoir et des baratineurs de banlieue, des verbeux et des cruciverbistes. Il y en a même un, qui un jour, a organisé un concours de dictée, c'est vous dire l'audace. L'Arabe du coin s'appelle James Bond, les moineaux sont facétieux et entrent dans les bistros, on prétend que tous les pigeons répondent au doux nom de Gérard et reviennent juste de voyage. Gérard, GÉERAARD ! Non, ne saute pas, fais pas l'con, c'est pas parce que ta femme t'a quitté que tu vas te jeter dans le vide...Et notre Gérard s'envole sous l'air médusé des badauds, cherchant la future victime du regard, pris à leur propre jeu.

Claude Bureaux le maitre jardinier

L'amour du vin par Marc Delacourcelle

limacieusement vu par Prince Roro

Claude et un cultivateur urbain au service du plus beau des jardins botaniques : le nôtre, le jardin des Plantes. Sous son grand tablier bleu, se cache un puits de culture et un gros sécateur. Ce n’est malheureusement pas le vent qui ramasse les feuilles mortes et entretient toute cette superficie, il faut savoir manier la bêche comme dit François-Marie le jardinier des deniers de Liliane. Loin des litanies jardinières, Monsieur Bureaux aime à parler de tout, sa curiosité du monde en fait un compagnon charmant, un jardinier des âmes dont il dessine les contours par son art de la conversation. Bourru comme sa pipe quand il s’emporte, mais c’est pour la bonne cause, celle du peuple naturellement. Aérien, dans le long poème architectural de son jardin imaginaire, rempli de nymphettes ; c’est qu’il a la santé notre Claude. Cependant, il ne nous a pas encore dit que Charles Trenet le chanteur du jardin extraordinaire avait écrit : "Un petit oiseau et un petit poisson s'aimaient d'amour tendre", à partir d’une observation des visiteurs des années 30. En effet, une mésange, sans doute à la suite de la perte de sa nichée, s’était mise à nourrir les poissons rouges du bassin aux nymphéas (tiens les revoilà).

Connolly's corner 12 rue Mirbel Dimanche 6 décembre John G. Matthews 19h. Guitare violon chant, Blues, Folk, Blue Grass, country. Dimanche 13 décembre : Up ya Boya devenu Faolan. Une musique envoûtante, des arrangements à couper le souffle, une voix venue du ciel, des petits français qui décidément possèdent beaucoup d'atouts pour faire chier les ayatollahs du Folk Traditonnel, façon gardiens du temple embaumés. Bénédicte Lecroart au chant. Céline Rivaud au violon. Philippe Hunsinger bouzoukiste de génie. Baptiste Rivaud à la flûte Que du bonheur sur ta Guiness. Dimanche 20 décembre, Old Time Bluegrass avec Vincent Blain Guitare violon chant, Blues, Folk, Blue Grass, country. Dimanche 27 décembre 19h. Emma n u e l d e l a h a y e ( i r i s h bouzouki et mandoline), et michel skiotakis (flute et Uillean pipes) le duo élastique auquel se joignent régulièrement un bodhran (tambour sur cadre joué avec un stick) et un violon.

Ģa c’est Le Cinquième

Madame Satanas Le coin du poète Chuttt Ici tout est silence. Tout fait à peu près rien. Même la neige a cessé de tomber. Les plantes dorment, les voisins aussi. Le cheval mange son foin, le nez dedans, sans bruit. Un long bout de son sexe pend, dans l’air glacial, on dirait, insensible go gnome Je me sens étonnement léger aujourd’hui, bien assis dans ma chaise au soleil. Je sens les photons qui cognent sur ma peau. Des milliards et des milliards de petites particules qui rebondissent en y laissant des éclats minuscules de lumière chaude. Je me transforme lentement en gnome. Le sourire et le regard pétrifiés. Et derrière ce regard énigmatique, un préjugé, un parti pris pour la beauté…

Ģa c’est Le Cinquième vantard_décembre10.V3.indd 2

Daniel Lavoie Citoyen d'honneur du cinquième arrondissement de Paris et chanteur Québecquois par distraction

Camarades, il est venu le temps d'aider ces pauvres vignerons. Répéter sans cesse ce fameux geste qui sauve. Et hop, encore un derrière la cravate ... Camarades, réunissons nous autour d'une bouteille de la grange aux belles. Belles, fraiches, les angevines. Elles ont de la cuisse, les angevines engrangées. Que le vin coule à flots, camarades, et que la chaussée en soit rouge, un beau rouge vineux mais gouleyant. Du plaisir, je vous le dis. Mais, attention à la maréchaussée ( rouge) qui, elle aussi, pourrait voir rouge. Camarades, je vous l'assure, je lève mon verre à Marc et Julien, les heureux producteurs de ce divin flacon. À la vôtre . TRINCH. La grange aux belles Cuvée la chaussée rouge Lecotiere 49610 soulaines sur aubance Tel : 0241800572

Bistrologie par Barbara Pascarel Devant une méchante petite côte ou un médiocre sauvignon, au zinc de l’un de ces petits rades qui font la fierté de notre civilisation, qui ne s’est pris à imaginer que dans le bistrot d’en face le vin serait meilleur ? Il suffit de traverser la rue et d’essayer. Parfois, c’est vrai, parfois non. Pour saisir pleinement le sens de ce genre de situation, j’ai souvent eu recours à la philosophie des Peanuts, divulguée naguère par Charlie mensuel : je me souviens de ce strip où Charlie Brown, éternel déprimé, fixe l’horizon de ses petits yeux anxieux en se demandant si de l’autre côté de la ligne ce ne serait pas mieux que par ici… Comme lui, et bien loin d’atteindre l’admirable ataraxie de Snoopy étendu sur le toit de sa niche, nombreux sont ceux qui rêvent de se barrer d’un pays où il ne fait pas si bon vivre que ça. Le hasard d’un séjour familial, loin de notre chère capitale, m’a fait lire deux bouquins qui tournent chacun à sa manière, autour de ces questions. « La France, on l’aime ou on la quitte », proféra un jour notre nanoprésident. L’intrépide Corinne Maier le prend au mot et réplique : une seule solution, l’émigration. Tchao ! Et elle donne sans fioriture quarante raisons de larguer les amarres, en écrabouillant les ressorts de notre francitude. Après le Travail (démoli dans Bonjour Paresse) et la Famille (démystifiée avec No Kid), elle s’attaque à la Patrie, préférant son verre de rouge à leur eau de Vichy. Elle revendique le droit de cracher dans la soupe si elle est mauvaise. Aucun mythe ne lui résiste  : la folle vie nocturne du gai Paris anéantie sous les coups d’éteignoir des législations anti-tout, l’apologie du libertinage pour magazines féminins qui cache un conformisme entretenu par la suspicion officielle envers le sexe, strictement réglementé — la liberté sexuelle, ce vieux truc de soixante-huitard arriéré ! Elle déglingue sans état d’âme les logements pour nains, les leçons de morale tous azimuths, les portes fermées d’une société dont il faut maîtriser les codes et les clés sous peine de misère, la répression contre les mal-pensants, le travail qui tue et sa sous-culture managériale. Elle s’attaque à l’endoctrinement scolaire et au formatage « républicain », aux discriminations persistantes sous le politiquement correct… Son arsenal destructeur combine anecdotes personnelles et données chiffrées, sans se priver d’une révoltante mauvaise foi (je vous laisse trouver où). Si ces pages laissent parfois un goût amer, c’est comme le FernetBranca, ça remet d’aplomb, et donne des arguments pour rembarrer les tenants d’une prétendue identité nationale. Et si au lieu de se tirer on essayait de changer les choses? C’est le projet moins sot que grenu du bien-nommé mouvement Utopia, de tendance écolo et altermondialiste. Après avoir fait paraître leur Manifeste chez Parangon, ils ont créé cette année leur maison d’édition sise dans notre bel onzième arrondissement de Paris, et ont déjà publié trois titres, dont l’un traite de la question des sanspapiers, ces étrangers venus chez nous voir si la vie était

Humeurs

En Attendant qu'ecl ate l a bulle En attendant qu’éclate la bulle, j’entends ma ville qui se meurt. J’entends les sanglots de ce peuple qui jamais ne renaîtra. J’entends le râle de fusillés attendant la mort au bas des charniers. J’entends la lente complainte de baladins chevrotants, étreints par la crainte au pied de la potence. J’entends le gibet qui craque. J’entends la Machine qui marche sur l’homme. J’entends ses os se briser, tandis que le sang gicle sans rien éclabousser : il n’y a plus de murs à repeindre. Des ruines, des friches, et bientôt le verre immonde. Le vieil Etienne Marcel gémit dans sa tombe. Au Père Lachaise saigne la 97ème ; même le mortier laisse fondre sa sève. Bientôt ils l’auront aussi. Un cimetière ! fort ravissante opération (perspective ?) foncière quand, pour le défendre, il n’y aura plus d’âmes humaines qu’une nuée de fantômes… Le spectre de Bernanos chuchote à nos oreilles. L’espoir des désespérés, tel est notre sublime fardeau. Alors les tripes en miettes, l’espoir en bandoulière, il nous faudra patienter encore. En attendant que la bulle éclate. Et quand éclatera la bulle, quand se réveillera l’ulcère de l’infâme, quand les «  artistes » contemporains n’auront plus de pigeons à berner, quand le « bohème  » friqué aux abois criera grâce sous notre talon, souvenons-nous des paroles de Vermersch : « Bourgeois, tu mourras tout entier ! / La conciliation, lâche, tu l'as tuée ! / Tes cris ne te sauveront pas  ! / Tu vomiras ton âme au crime habituée / En invoquant Thiers et Judas ! » Il faudra de la haine, mes amis. Oui messieurs – de la haine ! Et adoubés par notre auguste pétroleuse, nous clamerons encore avec elle : « La haine est pure comme l'acier, forte comme la hache ; et si l'amour est stérile, vive la haine ! » Joseph Stokober Le PAPavero : coRrectif La bonne adresse du restaurant façon bout d'Italie c'est : 3 rue des Patriarches, 75005 Paris. Et là t'es content Fabrizio, va donc hé, Cal-zo-nova (à déclamer avec une gestuelle prononcée).

(Suite de la bistrologie) ... plus supportable. De l’aveu de l’un des auteurs, cette plaquette a été conçue en cherchant des réponses aux lieux communs balancés sur ce sujet dans les conversations de comptoir, où l’on n’entend pas que des traits d’esprit, il est vrai. Du sempiternel « On accueille toute la misère du monde » à « Ils sont beaucoup trop nombreux pour être régularisés », en passant par « On aide depuis toujours les pays pauvres » pour finir par « Mais on n’y est pour rien ! », on se rend compte que tout ce qui se dit sur le danger économique, social ou humain que représentent les sans-papiers est faux. Illustré de vignettes de F’murrr, il égrène ainsi quinze idées reçues dont nous ne savions pas toujours juger, et qui sont réfutées de façon imparable. Nous autres alterlocalistes, nous voilà armés ! Alors, qu’est-ce qu’on fait en 2011 ? On part ou on reste ?

Utopia, Sans papiers ? Pour lutter contre les idées reçues. Éditions Utopia, 2010. 3 € Corinne Maier, Tchao la France, 4 0 r a i s o n s d e q u i t t e r v o t re pays, Flammarion, 2010. 16€ BON DE COMMANDE pour L'ANNÉE DU VANTARD : 15€ A découper et à déposer dans les boîtes à cet effet. Nom : Prénom : email : Bon de commande pour...exemplaire(s) Merci pour votre soutien OURS : LE VANTARD™ Édité par LES AMIS DU FAUBOURG, Association loi 1901 37 rue Faidherbe 75011 Paris ISSN 1953-5104 Directeur de la publication : Frederick Rimbert Comité de rédaction : Obscur et protéiforme, parfois invisible Rédac’chef : Prince Roro Rédac' chef adjoint : JiCé Ditroy l'indétrônable fondateur du Vantard Rédacteurs : Barbara Pascarel notre rempart contre l'alcoolisme, Joseph Stokober, Marie Lecompte, Marc Delacourcelle, Daniel Lavoie, Proflarue.Mlle FD. Relecture : Eric Walbecq n'a pas réussi à "imprimer" Dessins : René Olivares (l'ami chilien) et Bridenne (l'ami subtil) Photos : Prince Roro Corrections : absence remarquée Programme : Bientôt y en aura plus du tout... Ça c'est sûr. Grizzly : Fabruto notre Calzonova national ombrageux depuis novembre, mois de merde qu'on ferait bien de sauter l'année prochaine. Maquette, mise en pages et reprisage du ti tout cuenti: Alix Nissen Imprimé chez G.P.S. 16 rue Faidherbe 11ème Toutes les contributions sont bénévoles, et généralement tardives, trop tardives...

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Le Vantard Mouffe Maubert Montagne Décembre 2010  

Mensuel alterlocaliste

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