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disques T.I.T.S.

KELIS

T.I.T.S. (Teenage Menopause Records/ Differ-Ant)

Food (Ninja Tune/PIAS)

Dopé à la vitesse pure, T.I.T.S. (acronyme de Thugs In Trendy Style) remet les compteurs à zéro : zéro fioriture, zéro son clair, zéro accalmie. Une bonne dose de sauvagerie située quelque part entre Sham 69 et Ty Segall. En un mot : punk-rock. Deux ou trois précisions, puisque cette chronique aurait pu s'arrêter là : T.I.T.S. est un groupe parisien signé sur un label franco-belge, le chant est (majoritairement) anglophone et le matériel, sans doute américain. Au final, on obtient donc une assez bonne idée de l'état de l’Occident en ce printemps 2014 : cramé, mais relativement confiant dans l’avenir et capable d’une certaine élégance dans la destruction. Merci messieurs, vivement la suite. Sylvain Coatleven

Qu'elle semble loin, l'époque du Wu-Tang, de Trick Me, de Nas... Quatre ans après un Flesh Tone repoussant, voici Food, intégralement produit par Dave Sitek (TV On The Radio, Maximum Balloon). On tient là une œuvre chorale, plus orchestrale, et parfois acoustique (Bless The Telephone, reprise de Labi Siffre). L'entêtante voix soul et rocailleuse s'envole désormais plus volontiers (Dreamer). Soutenue par les cuivres (Fish Fry), elle entame alors sa descente pour mieux atterrir dans l'agréable moiteur de sa contrée soul natale (Rumble). L'influence de Sitek (synthé/ cuivres/hautbois) se ressent dans ces refrains aux saccades groovy (Forever Be, Cobbler). Food sonne comme une évidence, on regrette même d'en avoir douté. Bien fait pour nous. (Sortie le 21.04) Alexis Floret

ALB Come Out! It's Beautiful (Arista/Sony Music) Pionnier de la scène rémoise aux côtés de Yuksek (avec lequel il partage son studio d'enregistrement) et The Bewitched Hands, le prolifique et discret ALB confirme son habileté à s'inspirer du passé pour mieux façonner le futur. Mixé par Stéphane « Alf » Briat (Air, Phoenix, Mustang), le second album de Clément Daquin est un bijou d'électro-pop référencé - on y décèle les échos d'Electric Light Orchestra ou Sébastien Tellier. à l'image d'une bande originale de comédie romantique, on passe de la liesse (She Said) à la nostalgie (Ashes ou Back To The Sun). Bidouilleur génial, le trentenaire explore la Nature Synthétique, les souvenirs d'enfance (la flûte à bec d'Hypoballad), le 8-bit avec l'entêtant Golden Chains. Et nous touche, en plein cœur. Elsa Fortant

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Magazine lm 95 avril2014 fr be  

Magazine Cultures & tendances urbaines France & Belgique, Lille, Bruxelles

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