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72 disques

Mansfield.Tya

Torb

Corpo Inferno

Night Session

(Vicious Circle/L’Autre Distribution)

On savait qu’on pouvait attendre beaucoup du duo de Nantaises Mansfield. TYA, sur la foi d’albums singuliers et des chansons sublimes, comme Wasting My Time dont, six ans plus tard, nous ne sommes pas encore revenus. à l’évidence, Corpo Inferno est le terrain où s’épanouissent les promesses, éclosent les ambitions les plus folles en bouquet ardent. On s’en inquièterait presque : du panache à la prétention il n’y a qu’un pas, avec lequel Julia et Carla jouent dangereusement. Et gagnent la plupart du temps, se nourrissant aux racines les plus profondes de la chanson (Gilbert de Clerc et autres miniatures au parfum médiéval ou baroque) comme aux procédés de production dancefloor (le tubesque BB). Le résultat est agaçant de brillance, et terriblement addictif. Rémi Boiteux

(Torb Trax)

Employés dans l'antre de Philippe Zdar, le Motorbass Studio, deux ingénieurs du son se découvrent une passion commune pour la techno : Underground Resistance, Francesco Farfa, Carl Craig, DJ Rolando… Agiles de leurs dix doigts, Julien Naudin et Fabien Courtois construisent également leurs machines – des modèles uniques situés dans la lignée d'autres canons bien connus : TB-303, TR-808, etc. Fruit d'une session nocturne (Night Session, donc), ce premier LP balaie le savoir-faire et l'inspiration de ces enfants des premières free parties : ravageur et hypnotique, ce voyage sonique mêle sons acid, basses rondes et synthés olympiens sans jamais sacrifier la puissance sur l'autel des BPM, instaurant une ambiance de rave éveillée. Indispensable. T. Allemand

De Lux Generation (Because/Warner Music)

Mis en orbite grâce à un EP mêlant les influences de LCD Soundsystem, Daft Punk et !!! (Scion AV Presents, 2013), De Lux confirmait tout le bien que l'on pensait de ce tandem avec Voyage (2014). Un an plus tard, le deuxième LP des Angelenos paie son tribut à Talking Heads : funk anguleux, disco dévoyé, voix haut-perchées, tout ici rappelle le travail de David Byrne – c'est flagrant sur Simba Simba Simba, un travail de moine copiste et défroqué. Or, une oreille attentive détecte, derrière la forme légère et hédoniste, un mal-être diffus, une psychose tranquille et quelques questions existentielles. Cette mélancolie rend la machine à danser plus humaine, pleine de fêlures. Bref, des mots bleus pour nos nuits blanches. Thibaut Allemand

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Lm magazine 110 septembre 2015  

Let'smotiv - LM magazine, Nord de France et Belgique, Cultures et tendances urbaines, Sorties Lille et Bruxelles

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