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cette mer bariolée de vêtements. Un tel décor crée d’infinies possibilités pour les danseurs, ils l’adorent et moi aussi. Il nous surprend en permanence. Quand ils s’allongent au sol ils disparaissent complètement. Vous semblez particulièrement attaché aux personnages qui se trouvent à la marge, pourquoi ? Je m’intéresse surtout aux êtres qui essaient de vivre et de survivre. à travers eux, je sonde nos sentiments les plus profonds, les émotions qu’on partage tous. La danse permet d’exprimer cela avec une grande richesse.

[ Coup Fatal ] Alain Platel est « tombé amoureux » d’un projet musical en provenance du Congo au point d’en proposer une mise en scène. 13 musiciens et un contreténor mêlent avec fougue partitions baroques, influences jazz, rock et musique traditionnelle. Les chanteursinstrumentistes de Kinshasa se livrent à des danses pleines d’humour narguant le comportement plutôt macho de ces dingues de fringues, aussi appelés sapeurs. Cette démonstration frénétique est chaudement recommandée à « tous les Européens déprimés, qui en retireront beaucoup de joie ! ». — 04>15.11, Bruxelles, KVS, 20h, 25/22/18/13€, http://www.kvs.be / 12&13.12, Lille, L’Opéra, 20h, 23/18/14/9/5€, www.opera-lille.fr / 21.11, Bruges, Concertgebouw, 20h, 32/27/21/16€, www.concertgebouw.be / 18>20.12, Anvers, De Singel, 20h, 26/22/8€, www.desingel.be

Qu’est-ce qui caractérise votre travail ? La recherche d’une certaine «physicalité». C’est un langage que je continue à développer. Au début de ma carrière, il y a 25 ans, j’étais surtout inspiré par l’histoire personnelle des danseurs, d’où ils venaient socialement et culturellement. à partir de VSPRS (2006) je me suis surtout demandé ce qui les habitait. Ce qui m’intéresse c’est ce que l’on a tous en commun. à propos de votre écriture, vous parlez de « danse bâtarde ». Qu’est-ce que cela signifie ? C’est lié à ma façon de travailler avec les danseurs. Une sorte d’exploration collective de la gestuelle, où chacun propose des mouvements, les partage avant de les transformer. Au final, ce que nous obtenons n’a plus rien à voir avec la proposition originale. Cette « danse Tauberbach 19>22.11, Lille, L’Opéra, 20h, 23/18/14/9/5€, bâtarde » renvoie à la notion www.opera-lille.fr (+ 21.11, navette depuis de métissage. Le salut de notre Valenciennes, 18h30, Place Poterne) 25.11, Arras, Théâtre, 20h30, 20>9€, monde passera par le métissage. www.tandem-arrasdouai.eu

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LM magazine 101 novembre 2014 france belgique issuu  

LM magazine, Cultures et tendances urbaines, France, Belgique, Lille, Bruxelles

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