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PREMIER ROMAN - JANVIER 2019

la fiction OUEST Thierry decottignies

PREMIER ROMAN JANVIER 2019 parution 4 janvier 2019

ILS TRICOTENT OUEST AVEC LEURS RÊVES, OUEST EST LE RÊVE DE CES ENDORMIS.


À une époque indéterminée, un homme est envoyé à Ouest : un parc d’attractions d’un genre nouveau censé lui procurer du travail après une période de formation in situ. Mais il ne se doute pas du destin qui sera le sien dans ce territoire crayeux perdu au milieu de nulle part...

LA FICTION OUEST THIERRY DECOTTIGNIES 3 JAN VIER 2019 9782370551863 17,00 €

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THIERRY DECOTTIGNIES EST UN ÉCRIVAIN ET TR ADUCTEUR N É EN 1980.

Contact presse Geoffrey Durand geoffrey@le-tripode.net Contact libraires et festivals  Charlotte Bréhat info@le-tripode.net


LES MOTS DE L’AUTEUR Ce qui m’intéressait au départ c’était de montrer le déclin moral et physique des personnages, que le lecteur souffre un peu en eux. Faire le récit d’une descente, avec des images, pour faire sortir l’inconscient de son trou. Ensuite, je travaille par couches, par symboliques superposées et par correspondances. Il faut que ça circule et que ça se court-circuite. Ouest est tout autant un camp d’instruction qu’un parc à thème, un abattoir, un bagne, une secte, le lieu d’un rituel continu d’anéantissement. Les recrues du parc, que sont mon narrateur et ses camarades, s’y font malmener jusqu’à l’épuisement définitif en préparation de spectacles reconstituant les cruautés de la guerre civile. D’un début assez réaliste, on part très vite dans autre chose à mesure que les corps fatiguent, que les esprits sont pollués et on arrive dans une sorte de purgatoire où finalement l’anéantissement psychique fait office de vision béatifique. Contrairement OUEST EST TOUT à la montagne du Purgatoire dont AUTANT UN CAMP le sommet et l’aboutissement sont le Paradis Terrestre que les âmes D’INSTRUCTION QU’UN gagnent en devenant de plus en PARC À THÈME, UN plus légères, à Ouest les perABATTOIR, UN BAGNE, sonnages s’alourdissent, ne se UNE SECTE, LE LIEU rapprochent pas de la lumière mais de l’obscurité. C’est une fabrique D’UN RITUEL CONTINU de déchets cosmiques. D’ANÉANTISSEMENT.


J’ai placé l’action dans un parc d’attraction tout d’abord parce que je voulais un lieu fermé, un lieu qui puisse pourrir de l’intérieur, être autonome, quelque chose de marginal, une excroissance un peu bizarre et maladive des villes où l’on habite. C’est une espèce de solipsisme à l’échelle d’une petite société. Un dérèglement. Comme une secte, comme les sociétés quand elles s’enferment dans leur idéologie, dans la croyance en leur récit, quand cesse d’y filtrer le dehors. Mais je lisais aussi à l’époque un livre de l’anthropologue américain Ernest Becker, The Denial of Death, qui considère la civilisation comme un mécanisme symbolique complexe érigé contre le savoir de notre mortalité. Et j’ai voulu placer cette mortalité au centre du roman, au centre du parc. Ouest fabrique de la mort. Ensuite, c’est peut-être aussi une image du texte lui-même. C’est écrit à la première personne et le narrateur forcément se met en scène. Jusqu’à la toute fin, où il finit par incarner totalement le spectacle. Le spectacle, c’est d’abord lui qui le donne par son récit. Il n’en sort jamais, au contraire, il s’y enfonce.

Dans un sens, La Fiction Ouest est une réécriture, mais pas d’un seul texte : j’avais par exemple relu La Colonie Pénitentiaire de Kafka, d’où j’ai notamment extrait le condamné et son garde avec leur bouillie de riz. Il y avait le souvenir du W de Perec, pour le microcosme totalitaire. Mais aussi : Pedro Paramo de Juan Rulfo, Le Dépeupleur de Beckett, un peu du Conte du


Graal pour les personnages : ils espèrent devenir des sortes de chevaliers modernes, des personnages épiques, ils deviennent des chevaux qu’on abat. Le passage où le narrateur perd les pédales dans le bois aux cadavres, c’est une réminiscence du Lenz de Büchner. Un assemblage donc, mais indirect et très libre. Un creuset. Il y a du biographique aussi, des lieux, des personnes, des choses vues et entendues pendant l’éveil ou le sommeil. J’ai écrit La Fiction Ouest tout d’abord comme un rêve ou un cauchemar, pour laisser affleurer le symbolique à la surface du récit, mais en cours d’écriture, j’ai décidé d’y ajouter une espèce de lest en y injectant des éléments plus réalistes que j’ai puisés directement dans mon vécu. Ça stabilise le texte dans le vraisemblable et ça lui permet peut-être d’atteindre plus directement la psyché du lecteur. J’écrivais DANS UN SENS, « LA tous les jours un morceau dans la FICTION OUEST » EST langue la plus directe que j’ai pu trouver. Mais je n’arrivais pas à tenir cette UNE RÉÉCRITURE, langue, si on regarde un peu de près on MAIS PAS D’UN SEUL s’aperçoit que c’est assez irrégulier. Au TEXTE. bout d’un temps j’ai compris que c’était ce qu’il fallait, que cette langue qui ne tient pas, qui tour à tour ralentit et accélère, correspond en fait à la musique décrite dans le roman, la bande sonore du parc, qui finit par ne faire plus qu’une avec l’intériorité du narrateur. C’est seulement à la fin, au dernier chapitre, qu’elle se cale, qu’elle


devient régulière, avec des rythmes répétitifs, par l’usage notamment de vers blancs : elle se calcifie. Symboliquement, c’est ce qui devait lui arriver. La poudre de craie, qui est l’élément principal, matériellement et symboliquement, une matière allant vers l’immatériel, rejoint, en un sens, les ondes de la bande, de la musique incessante, de la récitation de l’instructeur, des voix et des bruits qui finissent par engloutir les personnages devenus flous, ombres. Le grain, le bruit qui disent la perte de netteté, le parasitage de la perception et de la conscience. Parole-chaux-amphétamine : parole qui recouvre les mourants et les morts, que les personnages ingèrent pour mourir plus vite et qui charrie, pulvérisée, l’histoire. Propos recueillis en septembre 2018

LES COUVERTURES DE « LA FICTION OUEST » ONT ÉTÉ CRÉÉES PAR GUILLAUME GUILPART.

LA FICTION OUEST - Interview de Thierry Decottignies  

Parution le 3 janvier 2019 aux éditions Le Tripode Avec son premier roman, Thierry Decottignies nous fait partager les sensations d’un homm...

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