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Vingt ans de

MALAKI MA KONGO 1991-2011

“Dire aux petits fils de nos petits fils, ce que les parents de nos parents ont vécu”

Tome I 1991-2001 Makitec/ Éditions de la PAn-Africaine Revue de l’Innovation [Paari®] 83, rue de Reuilly 75012 Paris Mail: edpaari@yahoo.fr


Collection Ta e nguala

Droits de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays

© Makitec / Éditions Paari Brazzaville, Nsanga-Mvimba, Paris. ISBN: 2-84220-047-3 Octobre 2010


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HYMNE DE MALAKI MA KONGO Et pour Malaki Ma Kongo Et pour tout le monde Recommence Recommence Même si tu sens la fatigue Même si une erreur te fait mal Même si une trahison te blesse Même si une illusion s’éteint Recommence Recommence Même si la douleur te brûle les yeux Même si l’on ignore tes efforts Même si les larmes de l’échec coulent dans tes yeux Même si tu te sens incompris Recommence Recommence Recommence Même si l’injustice semble avoir toujours le dessus

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Même si tu sens la peur au plus profond de toi Même si les autres abandonnent Même s’il faut en payer le prix Recommence Recommence Recommence chaque jour avec patience et amour Recommence au jour de soleil comme au jour de tempête Recommence avec amour et sans jamais te décourager Pour Dieu avec Dieu comme Dieu Pour ton peuple avec ton peuple comme ton peuple Ceux qui sèment dans la douleur Moissonnent en chantant O. Sangui Lutondo (Malaki ma Kongo 1996)

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Masengo ma Mbongolo

la gestion du Royaume Kongo et les drames qui en suivent obligent le Roi du Kongo de vouloir se soustraire de la main mise du Portugal. En 1604, il envoya un ambassadeur Don Manuel Antonio Ne Vunda, auprès du Pape au Vatican pour solliciter la protection du Saint Père. Après analyse le roi Kongo a constaté que le roi du Portugal, au lieu d’envoyer des spécialistes qui viennent pour l’évangélisation et les échanges techniques comme prévu dans le protocole d’accord signé entre les deux royaumes, celui-ci envoya des espions qui fourraient leurs nez dans tous les domaines secrets de la base structurelle du royaume dans le but d’en démanteler le système. A cette époque, l’esclavage battant son plein, tous les coups étaient permis pour gagner la cause, surtout pour ceux à qui la divinité n’a rien de sacré. C’est simplement parce que d’une part on peut pécher et de l’autre le prêtre purifie l’âme. Depuis des siècles, le roi du Kongo et l’Afrique en général, cherchent à parler au monde avec leur propre voix pour affirmer leurs convictions et leurs interprétations des valeurs universelles et bibliques sur la base du KIMUNTU, l’humanisme: amour, solidarité, fraternité. C’est en 1608 qu’il le fit pour la première fois par l’envoi du premier ambassadeur Noir au Vatican Ntsaku Ne Vunda Manuel Antonio. Le geste du souverain, Roi du Kongo, Royaume Chrétien d’Afrique, en envoyant son neveu comme ambassadeur auprès du Pape de Rome, qui règne sur toute la chrétienté, était une interpellation faite au monde dit «civilisé», quant à la gestion des rapports entre les peuples. Conformément au circuit triangulaire des voyages de l’époque, il a fallu quatre bonnes années pour partir de Mbanza Kongo jusqu’à Rome via le Brésil, le Portugal, l’Espagne et encore le Portugal, avant d’arriver en Italie. Don Manuel Antonio Ne Vunda a traversé des océans et des continents. Il a du affronter des tribunaux dirigés par des pirates et a perdu presque tous ses biens et son entourage, pour n’amener à Rome que la fameuse lettre du Roi du Kongo. Il a fallu quatre ans de voyage pour atteindre sa destination. Enfin, c’est un homme complètement amorti, malade et appauvrit, avec seulement quatre des vingt-six compagnons d’aventure, qui arrive à Rome. L’arrivé d’un messager venu de si loin honore et étonne Rome qui l’attend avec grande pompe. Le Pape Paul V avait pris toutes les dispositions, comme le décrit si bien Veronese Pietro dans . Un cortège de gardes et les diacres, les prêtres et prélats, devrait accompagner le noble “Nigra” jusqu’à sa rencontre avec le Saint Père. Mais le voyageur fatigué, était incapable de tenir debout avec ses propres forces. Le Pape l’accueillit dans un des meilleurs immeubles à sa disposition, il mit à sa disposition ses médecins personnels dans les pièces les plus belles, lui cédant le lit qui avait été celui de Roberto Bellarmino dans les appartements

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Malaki en honneur de Ne Manuel Antonio Vunda

splendides que l’on appelait “le Paradis.” Le Pape, fit preuve d’une préoccupation démontrée aux empereurs, il vint en pleine nuit à son chevet pour le réconforter et le bénir. Il lui tint la main au front, priant ensemble pour un moment. La rencontre tant attendue, entre Ntsaku Ne Vunda et le Pape, était brève mais forte et pleine d’intensité. L’un était à l’article de la mort et l’autre savait que de leur poignet de main dépendait la transmission du témoignage du drame que vivent les Kongo pour avoir accepter de suivre le chemin du Christ. A un certain degré d’élevation spirituelle de l’Homme, les paroles ne suffisent plus. Quand les GRANDS INITIES se rencontrent, le langage est si codé, qu’en l’espace d’une seconde, ils peuvent retrouver . 400 ans après cette rencontre, les résultats continuent à défrayer la chronique. Le Pape Paul V avait tout compris et a pris toutes les dispositions pour que le message de Mani Kongo soit toujours actuel après des siècles. Il y avait à l’embouchure du fleuve Congo - ce fleuve majestueux, où est arrivé Diego Cao, le premier navigateur portugais, en 1482, un royaume grand et bien organisé. Malgré sa forte culture et ses origines lointaines, son roi accepta de se baptiser à l’église catholique et deux ans plutard le scandale de la dépersonnalisation commença. Très vite le Kongo devient «Kongo dia Ngunga» ou Kongo des Cloches que l’on pouvait entendre de chaque côté du grand fleuve Kongo. C’est le commencement de l’ère chrétienne au Kongo. Les monarques se font baptiser au nom portugais: John Alfonso, Pedro Diogo, Bernard Henry, je Alvaro, Alvaro II. Même la Capitale Mbanza Kongo (cité de paix) a été rebaptisée San Salvador et de loin, le long du grand fleuve les sons des cloches continuaient à déranger le sommeil des paisibles citoyens. Est-ce de la naïveté des Mani Kongo (roi Kongo) où plutôt de la real politics. Ils ont osé faire la politique avec leur cœur. Dans cet espace culturel l’Homme d’Etat est celui qui a été choisi par le monde visible et l’invisible pour gérer le monde des vivants et celui des morts. Le Dieu Kongo ne permet pas la tricherie, la manipulation, la mafia… Il n’existe aucune intermédiation qui pouvait effacer ce péché. Or le Dieu de Diego Cao, admet tous les abus, les fourberies, l’esclavage, les assassinats, même les plus odieux, il suffit d’être convaincu que vous le faites au nom de Dieu et la «confession» efface tout. Or dans l’espace Kongo le lien divin est assurer par un pacte signé avec les forces de la nature. Si ton totem est le léopard ou le boa, aucun compromis n’est possible. (les lois d’une Nation ne se taillent pas à la mesure de l’executif).De la bouche d’un Mani Kongo (roi Kongo) ne peut sortir que la vérité, si non comment peut-il cacher quoi que ce soit au monde invisible? Ils ont cru bon d’être en mesure d’établir une relation d’égalité avec les nouveaux amis venant des océans lointains. Le roi Nzinga Mvemba

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«Alphonse Ier» avait même établi un taux de change entre ses coquillages et des pièces portugaises, dix une rei. Une kofo (Soit trente livres de «coquillages») pour cinquante . Au début du XVIe siècle, les choses prirent, très vite, une autre tournure. Dans le sud le long de la côte, les Portugais avaient poussé le bouchon plus loin. Pour le bien de la « ils ravageaient les villages, pillais, violaient. Avant de se marier une fille doit faire son premier gosse avec un portugais. Ils créaient des contradictions entre les villages pour mettre la main sur un plus grand nombre d’esclaves, et encore plus d’esclaves, pour les besoins de la marine, les terres de plantation, les aristocrates riches et dans la région métropolitaine et le port fortifié de Luanda. La logique sacrosainte de avait pris pied et dans le Sud du royaume Luanda etait préparé à se rebeller à l’autorité de Alfonso. Les intérêts de l’Occident étaient l’enjeu principal des dissensions. Même l’analyse des correspondances entre le roi du Portugal et le roi du Kongo, décèle de multitudes pièges poussant Mani Kongo à renier ses bases culturelles pour lui faire accepter celles du Portugal. Par exemple le roi portugais insistait à l’installation au trône d’un fils héritier comme dans tous royaumes chrétiens or dans la logique matriarcale Kongo, la transmission du pouvoir se fait non de père au fils mais d’oncle au neveu. Et le Portugal encourageait les bandits de grand chemin portugais de pratiquer l’esclavage. Une bateau plein de jeunes appartenant à la monarchie mais aussi aux communautés de base, lauréats de bourses d’études accordées par le roi du Portugal avait été tranquillement détourné par des négriers sans être inquiétés par les roi Occidentaux. Les rois du Kongo ont résisté à des demandes de divulgation de l’emplacement de leurs mines, de renoncer au contrôle de l’île d’où l’Etat se procurait la principale source de . Tous les rois qui ne se pliaient pas aux normes pré établit par le Portugal finiraient en terre d’esclavage. L’esclave était l’arme sur laquelle s’appuyaient les portugais. Pour se défendre contre l’esclavage, ils avaient réglementé les rôles des uns et des autres, le sens des hiérarchies. Il était interdit par exemple de mettre la main sur un chrétien Kongo. Mais pour les négriers européens, un homme Noir était ni plus ni moins qu’un nigger, tant pis s’il était noble ou paysan, esclave ou libre déjà. L’intensification du trafic des esclaves a immédiatement eu des effets dévastateurs sur la société et les relations entre les personnes, groupes ethniques et les villages. Les Portugais n’étaient donc pas les seuls dangers des royaumes africains fragilisés. Il y a beaucoup de complots contre le roi, les seigneurs féodaux que l’on contraint à se rebeller au risque de finir en terre d’esclavage, la manipulation favorisant les incursions des peuples voisins ou même les navires ennemis aux aguets aux portes de San Salvador, porteurs d’armes et vins et de stratèges pour semer

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1994 «Spécial Retour aux Sources» avec Nkelo Wa Kongo de Guadeloupe Quatrième édition du festival Malaki ma Kongo La quatrième édition a été inaugurée à Ntsila Mamba, vers Nganga-lingolo une banlieue de Brazzaville. Le Choix de ce site n’a pas été fortuit: ici passait la route caravanière qui reliait le Nzadi’a Mungwa (la mer) et le Nzadi’a Kongo (le fleuve Kongo). Cette édition a connu la participation des artistes, hommes et femmes de culture, venus de Guadeloupe et de l’ex- Zaïre (RDCongo). Au cour de cette grande cérémonie trois intrépides jeunes gens, Louya Mpene Malela, Massengo Ma Mbongolo et Tshivili Tshibulu qui n’ont eu pour seul ressource que leur art et leur volonté granitique, dans une dynamique plutôt désinvolte, de regrouper les hommes de culture de tous les horizons autour d’un souvenir: celui des ancêtres et du terroir. Cela avait suffit pour que leurs cris de gaieté soient entendus jusqu’au delà de l’Atlantique. En somme, cette édition avait connu la participation des artistes guadeloupéens: Jocelyn Gabali, Bébé Romspart, Mpemba «Benzo», et Marie France Massembo. Au menu des festivités étaient le théâtre, les expositions des œuvres plastiques, la poésie, le conte, le chant, les débats théoriques et scientifiques et surtout…la danse traditionnelle. On y avait entendu divers sons de tam-tams: celui de kongo mais aussi et surtout le son lointain du tambour et des chants Kongo de la Guadeloupe, enrichis par le choc de cultures de la diaspora. C’était une kermesse parfaite, comme pour faire abstraction à la guerre civile et la dureté des temps de la dévaluation du franc Cfa. Le public, surtout les enfants avaient afflué pour venir à ce sanctuaire ancestral, puiser la nécessaire énergie qui, demain, fera d’eux les chantres du Bukongo la culture Kongo. Une culture aujourd’hui plurielle parce qu’enrichie par les émotions et humours des compa-

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triotes de toutes les régions de notre pays et de l’expérience lointaine de tous ceux qui revendiquent leurs racines Kongo. L’un des moments important était la descente du festival à la gare ferroviaire Massembo Loubaki sur le chemin de fer Congo océan pour satisfaire et faire honneur à la Guadeloupéenne Marie France Massembo. Elle, qui tenait tant à voir le village de ses aïeux, vécut fortement cet instant d’heureuses retrouvailles sur fonds de larmes. Un grondement de tonnerre de tambours avait accueilli la «fille prodigue» venue de la lointaine Guadeloupe pour rencontrer ses «parents» restés en Afrique. De son coté Gabali a retrouvé le village et la rivière Ngabari tout comme Benzo Mpemba a retrouvé son Luango. Le pauvre, il a trouvé les Mpemba partout au Congo,mais affirmait-il: Quand j’ai touché le sol du Loango, j’ai senti une forte décharge électrique courir dans toutes mes veines, comme pour me dire: ça y’est tu es chez toi maintenant. La quatrième édition se révélait déjà comme «le fidèle traducteur de la pensée de nos ancêtres auprès de la diaspora qui se met déjà en mouvement.» Depuis, le lien était renoué entre l’Afrique et ses enfants prodigues. Des rendez-vous étaient pris en Afrique comme aux Antilles pour la retrouvaille des puzzles Kongo. Et, une porte de retour aux sources, une vraie, sans pesanteur coloniale ou toute forme d’extraversion, venait de s’ouvrir. Mais cela n’a pas été immédiat, il y a des questions qui n’ont pas encore été résolues: LES MOYEN DE NOTRE POLITIQUE. Le film tourné en terre Kongo qui a reçu un grand prix au Canada, a connu des écorchures. On pouvait y voir tout le monde sauf la face de Masengo ma Mbongolo, celui là même qui a signé les invitations et a facilité le rapprochement des Kongo des Antilles et ceux du Congo. Le film nous a été remis six ans plutard en quand la représentante de Malaki ma Kongo de France mama Bilolo, est allée participer Grap a Congo. Qu’ils organisent tous les 1er novembre à Capesterre Belle Eau en Guadeloupe. De cette mésaventure, nous avons tiré une Grande leçon: nous devons apprendre à avoir les moyens de notre politique, rien provenant des descendants des anciens esclaves ne Benjamin Moises Benzo, nous aideraient à faciliter les échanges des Kongo de Guadeloupe Kongo de l’Est et de l’Ouest de l’Atlantique.

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de l’Afrique; une vaste synthèse de propositions avait été faite pour concrétiser la renaissance culturelle, scientifique et politique des sociétés africaines. Cette vérité fut soutenue au file des conférences par le poète du Congo-Kinshasa Sangui Lutondo et par le congolais rénovateur de la Boxe des Pharaons Sa-ra Samba. Aux questions: -Afrique, quel avenir? -Quelle place pour la race noire dans le monde à venir? Bundu dia KONGO et GOMA Thethet avaient introduit le publique dans les profondeurs de l’anthropologie et de la religion solaire, afin de permettre à tous de saisir les fondements de la science et de la culture africaines, face aux enjeux à venir d’un monde qui se fait sans les Noirs et contre les noirs, à Berlin comme à Yalta, les menaces étaient claires. Dans ce sens qu’en Afrique où le mot démocratisations ne rime qu’avec les guerres civiles, le sida, Ebola et les crises diverses. L’un des conférenciers, GOMA Théthét prônait le retour à l’ancienne éthique Kemito-africaine qui se caractérise par la maîtrise de la bouche et du cœur, chères à Cheick Anta Diop. Ces propos étaient aussi soutenus par les dames Noelle BAZUMA de France, H. MBENDA Ngo Yinda de l’ARCA du Cameroun ainsi que par le Bundu dia KONGO; en apportant à ce processus un cadre humain et démographique fondé en théorie, à travers une étude du Congo... La renaissance de l’Afrique étant notre idéal, l’occasion fut également opportune pour prendre la mesure du piège sans fin qui bloque la réconciliation de l’Afrique avec son histoire et des africains avec eux mêmes, leur culture et leurs ancêtres. Autrement dit des religions, des systèmes culturels antinomiques d’importation persistaient à diviser, à opposer, à dénouer et masquer des liens séculaires. Enfin, la conférence sur l’islam et les cultures africaines avait permis à tout l’auditoire de se rendre à l’évidence que d’aucuns considéraient l’Afrique comme une terre sans propriétaire, à conquérir ou à reconquérir aussi sur le plan matériel que culturel et spirituel. Discours de Gabriel Matsiona (Ministre de la Culture et du Tourisme) à la VIème Edition de Malaki ma Kongo 1996 Mes dames et messieurs, je voudrais… D’abord qu’il me soit permis de remercier les organisateur de cette sixième édition de Malaki ma Kongo et de les encourager en même temps. Mais au travers d’eux j’aimerai remercier tous ceux qui collaborent, participent à l’animation de ce Malaki. Je voudrais spécialement adresser quelques mot à

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Challenge Cheikh Anta Diop

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tous les représentant qui sont venus d’ailleurs de partout pour apporter une contribution à l’animation d’une tribune culturelle fondamentalement intéressante et import pour le progrès, pour la promotion et le développement, la sauvegarde des traditions et culture, les valeurs positives pour permettre justement que dans un monde qui va vite, dans un monde ou notre continent comme cela vient d’être décri est certainement pris entre le marteau et l’enclume, ne sachant plus très bien où trouver sa voix et comment la trouver. Dans une Afrique qui se déchire, pas nécessairement par elle-même, mais par la volonté parfois des gens de l’extérieur, trouvant à l’intérieur des complices, pour détruire, pour simplement pour détruire sans jamais aider à la construction, il est utile dans un moment comme cela, que les valeurs positives, que les traditions positives au travers les proverbes, au travers des se de tout ce qui fait nos traites, de ce qui aurait été nos rêves, qu’il nous faut nécessairement faire renaître. Que nous mettons en place toutes les intelligences nécessaires pour laisser à nos progénitures, à ceux qui vont nous succéder. Parce que la vie est ainsi faite que ceux qui nous succèdent sachent comment se comporter en ce qui concerne la personnalité africaine dans un monde où nous n’avons pas beaucoup de chance. Il faut le savoir et je suis heureux qu’au travers des témoignages que l’on vient de faire, tout le monde prenne conscience de ce que nous n’avons pas du retard, nous n’avons pas de la pauvreté au sens réel du terme; mais que si nous avons une vraie pauvreté cellelà, elle est culturelle. Sans culture, sans patriotisme, sans nationalisme, sans unité mais surtout sans dignité et intégrité comme cela a été écrit nous ne pouvons pas sortir du cycle de misère… Bonne chance à Malaki ma Kongo et je déclare ouverte la sixième Edition de Malaki ma Kongo et je vous remercie. Lors de la Cérémonie de clôture Ne Toko Difukidi Kanda qui est venu de Kinshasa à la tête d’une délégation de 250 personnes a dit: Bundu Dia Kongo remercie vivement le Malaki ma Kongo qui a voulu songer et penser à adresser une invitation à Bundu Dia Kongo de participer à ce forum d’une grande importance historique. Nlongi’a Kongo a dit: qu’un peuple qui a perdu sa langue et oublie sa culture ressemble à un arbre déraciné qui tôt ou tard fanera. Son groupe nous a proposé de réécouter la chanson qui suit pour les besoins de la mémoire. Cette chanson a accompagne le mouvement de migration du peuple Kongo de l’Egypte Antique jusqu’en Amérique. Ngiele ngiele mu nzila’ Kongo

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Challenge Cheikh Anta Diop

Ngiele ngiele mu nzila’ Kongo! Ngiele ngiele mu nzila’ Kongo! Mu nzila’ Kongo mbongele lumvuyi lwame! Lumvuyi lwame ntungilanga’e mbangu zame! E mbangu zame ngyangilanga’e ngola zame! E ngola zame zizele vana yanga! E vana yanga monekene nyoka’a moyo! E nyoka moyo itele mwana ndumba! E mwana ndumba bokele vo: Waï Tat’e muna Kongo! Aï Tat’e muna Kongo! E muna Kongo monekene ngoma tanu! E ngoma tanu zisange pakundundu! E pakundundu pelekete pakundundu! Ndu! ndu! pakundundu! Ndu! ndu! pakundundu! (Je vais sur la route Kongo Je fais attention à tout ce que je vois Puisque mon bonheur et mon malheur en dépendent)

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2000 - Italie Journée Porte Ouverte du Festival Malaki Ma Kongo en Italie ou l’Atterrissage force de Malaki Ma Kongo à Milan – 30 septembre 2000 Xème édition du festival Malaki ma Kongo “Le samedi 30 septembre 2000 au Multispazio Internazionale CARGO s’est déroulée La Journée Porte-Ouverte du Festival MALAKI MA KONGO. Pour une fois l’Afrique a manifesté par le nombre de présences son souci d’une vie interculturelle en Italie. Et cela grâce au fil d’Ariane tissé par le fleuve MARAHOUET, de la Côte d’Ivoire à Mombassa en passant par le Congo et le Rwanda.” Pour un premier coup, c’était un coup de maître a-t-on dit dans les coulisses; car toutes les conditions (extra organisation) étaient réunies pour faciliter une fausse couche du Festival Malaki Ma Kongo en Italie. A commencer par la pluie diluvienne qui s’est abattue sur Milan toute la journée du 30 septembre, empêchant ainsi les forçats de Noirs qui pourtant travaillent durement mais sans pouvoir se donner la possibilité de se faire offrir une case décente et surtout pas une voiture leur permettant en cas d’intempérie de venir communier d’avec leurs ancêtres une fois l’an comme l’exige le Malaki en 9 éditions et pendant neuf ans. 20h30, début de la manifestation, la salle est, comme à l’accoutumée, pleine ’italiens, et plane donc l’inquiétude de voir se répéter le scénario des fêtes africaines en Italie où les salles sont quasiment pleines des ressortissants de tous les coins de la planète sauf de l’Afrique, alors qu’ils sont à l’honneur. Comme raison disent-ils: “Mon frère… il y avait trop de boulot à l’usine et quand nous sommes revenus à la surface, le corps était aussi douloureux que celui des esclaves des champs de canne à sucre des Amériques, que seules les caresses de nos chères épouses pouvaient adoucir”. Comme en un sursaut d’orgueil, une heure plus tard sortant des usines de

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Torino, Brescia, Bassano, Napoli, Roma, Paris, London, Munich …, ils sont arrivés et le public s’est vite transformé en un bon “cappuccino interculturel”. Le repas made in Congo était distribué gratuitement et autant de fois que vous le réclamiez. Le manioc était la grande surprise de la soirée; préparé depuis Mfoa-Brazzaville et protégé dans de bons “matetete” (sorte de feuilles); sans oublier le Mfumbu dans une bonne sauce de muamba nguba (pâte d’arachides), le ntoba (feuille de manioc) repas traditionnel congolais. Et, quand la danse ndombolo, une musique afro congolaise est entrée en jeu, nous avons remarqué se briser le masque de nos hôtes, comme soudain s’éclaircit le visage du capitaine d’un “CARGO incertain” qui enfin aperçoit au loin la berge. L’apothéose fut dans la qualité du message transmis par le Directeur Artistique du dit festival, Ne Masengo Ma MBongolo quand s’excusant devant l’aréopage d’hommes de culture et d’Affaires, pour les quelques imperfections, il compara les conditions difficiles de la naissance de Malaki Ma Kongo en Europe à celle d’un célèbre Homme qui pourtant naquit au milieu des animaux”…, mais cela n’empêche pas qu’il soit aujourd’hui l’un des hommes les plus cités au monde. Enfin que pouvons-nous retenir de la journée du 30 septembre? Malaki Ma Kongo qui après avoir réalisé neuf éditions en Afrique voudrait sans trop se plier aux pesanteurs historiques et économiques, se présenter au monde de manière crue, pour ne pas parler de pleine nudité, si ce n’est de la pureté. La décision était prise le 24 avril 1999 à Mbanza Ndunga lors de la clôture de la 9ème édition Malaki Ma Kongo qui s’est déroulée en pleine forêt sous un climat de troubles sociopolitiques et qui avait pour thème: “Pourquoi tant de guerres en terre Kongo à l’orée du 3éme millénaire?» Les conclusions de ladite édition se voulaient de positiver la vie sur terre, en développant le dialogue interculturel afin de dire aux peuples du monde que l’ “Afrique ne regorge pas seulement que de l’or, du diamant, de l’ivoire, du pétrole, du bois, mais aussi qu’il s’y trouve des ressources humaines qui n’aspirent qu’à une chose: l’amour du prochain”. Cette expression concentrée des pays du Sud interpelle la conscience des pays du Nord pour diluer nos égoïsmes dans l’inter culturalité. Aussi recherchons-nous dans les pays du Nord, des partenaires capables de co-produire avec nous, dans leur pays, une édition Malaki Ma Kongo spécial inter culturalité Africa-Mondo pour redonner de l’espoir à la vie sur terre, et faire de votre ville ou village une cité interculturelle. Ce feu du foyer “Mbongui interculturel” qui s’est allumé ce 30 septembre en Europe va continuer ce 1er novembre 2000 à Capesterre Belle Eau en Guadeloupe. Et pendant une dizaine d’années ce feu visitera beaucoup de pays d’Europe, des Antilles, d’Amérique Latine avant de

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Ving ans de Malaki ma Kongo  

Dire aux petits fils de nos petits fils, ce que les parents de nos parents ont vécu - Tome 1

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