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Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Le Suricate N° 2

Bi-mensuel

18 septembre 2012

Magazine À la une

Les Seigneurs Le cinéma et le football, une longue histoire

Panique au Plaza La première pièce de la saison du théâtre des Galeries

Mais aussi...

La rentrée littéraire vue dans sa globalité de manière objective et sélective

Spécial théâtre saison 2012-2013

(2ème partie)


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Sommaire

Edito - Ainsi va la vie Réconciliation avec Manu Payet

p. 5

Cinéma Little Black Spiders Une Affaire Royale Les Femmes du bus 678 Camille Redouble Les Seigneurs Dossier : Les films de foot Sorties du 19 septembre Sorties du 26 septembre Actualités cinéma

Littérature p. 6 p. 8 p. 9 p. 10 p. 12 p. 14 p. 22 p. 23 p. 25

Musique festivals de l’été (2ème partie) Tempo Tournai festival Couleur Café Brussels Summer Festival Les Francofolies de Spa BetiZfest Interview Jali et Charlie Winston Sorties cds Actualités musicales

La rentrée littéraire 2012 Black Rain S01//E1-2 Interview de Chris Debien Septième Sens Un royaume assiégé À l’ombre des pleurs Les aventures de Miss Alethea Darcy / Le dernier des Francs

p. 58 p. 60 p. 61

Agenda

p. 66

p. 62 p. 63 p. 64 p. 65

p. 26 p. 27 p. 28 p. 30 p. 32 p. 34 p. 38 p. 40 p. 43

Scènes Théâtre Varia Théâtre Marni Théâtre de la Vie Magic Land théâtre Théâtre National Théâtre Océan Nord Panique au Plazza La Robe de Gulnara / Boeing Boeing

p. 44 p. 46 p. 48 p. 50 p. 52 p. 54 p. 56

Le lire ne tue pas

p. 57

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18 septembre 2012


une pièce de ben jonson mise en scène par nicolas briançon

ou le renard

roland bertin

DESIGN GRAPHIQUE : EFIL / WWW.EFIL.FR

- THÉÂTRE DE LA MADELEINE : LICENCES N° 1 105 2731 / 2 104 6360 / 3 104 6361

nicolas briançon anne charrier philippe laudenbach grégoire bonnet pascal elso barbara probst matthias van khache et yves gasc

LOCATION 01 42 65 07 09 theatremadeleine.com MAGASINS FNAC, CARREFOUR, VIRGIN, AGENCES, AUCHAN, FNAC.COM

adaptation nicolas briançon et pierre-alain leleu décors pierre-yves leprince lumières gaëlle de malglaive costumes michel dussarrat


Le terrier du Suricate Comment je me suis réconcilié avec Manu Payet...

Edito

royalement. J’en avais marre de voir sa gueule de nouveau petit trublion à la mode. Ses films ne me donnaient pas non plus envie de suivre sa «carrière».

© Marie-Lan Nguyen Si tu ne connais pas Manu Payet, sache qu’il est né en 1975. Après avoir été repéré sur NRJ Réunion, il rejoint la métropole où il anime à peu près toutes les tranches horaires disponibles. Mais le monsieur a des envies différentes et tente sa chance à la télévision. Après un premier échec, il rencontre Laurent Ruquier qui lui permet une nouvelle tentative. Il enchaîne en même temps des one man show produits par l’omniprésent Dominique Farrugia. Vient par la suite le cinéma et sa dure réalité. Après quelques ratés, il tourne sans s’arrêter dans des comédies françaises en vue et n’hésite pas à faire un détour par les films d’animation. Mais voilà, quand il était à la radio, sur scène ou en train de faire le pitre à la télé, il m’insupportait

Et puis arriva Philibert, film très sous-estimé, mais où il incarne avec drôlerie et justesse le compagnon de Jérémie Régnier. Les semaines passent et je laisse cela sur le coup de la chance. Mais l’avenir me donne tort. Je retrouve l’ami Payet quelques temps après, dans le nouveau film de potes français : Radiostars. Son rôle n’est pas vraiment de composition, lui, l’ancien de la radio. Au milieu de la bande, il ne fait pas tâche et tire tellement bien son épingle du jeu qu’il devient «l’homme qui fait rire» du film. Je vous laisse découvrir les scènes de sexe par procuration, pour vous en rendre compte. Certains font des billets durs, des humeurs, des lettres d’insultes ou des portraits incisifs. Moi, pour une fois, je veux montrer que l’erreur est humaine et que l’on doit accepter qu’un artiste que l’on n’aime pas au départ, montre qu’il a du talent. Tiens, ça me rappelle Léonardo Di Caprio, après Titanic...

L.S.

Une publication du magazine

Le Suricate © (http://www.lesuricate.org)

Ainsi va la vie Dans certains métiers, l’excitation que procure le plaisir de créer laisse parfois la place, après quelques temps, à la monotonie et la lassitude d’un travail répétitif. En rédigeant de nombreux articles culturels, le critique ressent aussi cette redondance mais il arrive que quelques fois, des évènements nous interpellent de manière inattendue. Dernièrement, au lendemain de la vision de presse de Dead Man Talking, nous apprenions le décès de Christian Marin, acteur qui incarnait un aumônier dans le film précité. Cette coïncidence temporelle a modifié notre perception d’un film qui, si bon soit-il, serait passé dans le recueil de critiques que nous écrivons chaque semaine. De fait, ce film s’instaurait dès lors comme le dernier d’une longue liste pour Christian Marin. Même s’il n’en était pas le meilleur empereur, il sonnait la fin d’une dynastie composée d’une cinquantaine de films. Dead Man Talking devenait alors l’ultime étape d’un dramaturge que l’on avait plus aperçu à l’écran depuis bien longtemps. Christian Marin emporte avec lui une époque dorée du cinéma français et rejoint ses compères Louis de Funès, Jean Lefebvre, Guy Grosso et Michel Modo pour une ultime ronde sur les quais de Saint-Tropez.

M.M.

Crédits Ont collaboré à ce numéro :

Directeur de la rédaction : Matthieu Matthys Rédacteur en chef : Loic Smars Directeur section littéraire : Marc Bailly Directeur section musicale : Christophe Pauly

Webmaster : Benjamin Mourlon Secrétaires de rédaction : Pauline Vendola, Adeline Delabre

Relation clientèle : redaction@lesuricate.org

Régie publicitaire : pub@lesuricate.org

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Thibaud Saussez, Elodie Kempenaer, Jérémie Piasecki, Evelyne Vandooren, Véronique De Laet, Xavier Verstegen, Frédéric Livyns, Marylise Dufour, Georges Bormand, Adeline Delabre, PDMJ

18 septembre 2012


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Cinéma

Little Black Spiders, émotion et sensibilité Il est très rare qu’un film belge fasse l’unanimité mais Little Black Spiders pourrait bien la faire. Inspiré d’une histoire vraie, ce film nous heurte par l’excellence de sa réalisation.

©Cinéart

La critique Voici venir à l’horizon la sortie du film « Little Black Spiders » narrant l’histoire véridique de plusieurs jeunes filles enceintes envoyées en pension afin d’accoucher dans la sérénité mais surtout dans l’anonymat. Ne tournons pas autour du pot, ce film flamand est un pur bijou du septième art et mérite certainement de nombreux prix pour la mise en scène époustouflante de Patrice Toye mais aussi pour les interprétations bluffantes de jeunes actrices belges jusqu’ici méconnues. Ce récit dramatique est inspiré d’une histoire vraie s’étant déroulée en Belgique et dont nous ignorions l’existence. Le fossé linguistique Dans notre petit royaume, les âmes sont nombreuses mais le territoire ne s’étend que sur une surface aussi plane que dérisoire. Pourtant, et ce n’est pas un scoop, le fossé culturel qui sépare les deux communautés principales du pays est immense. C’est pour cette raison que le cinéma néerlandophone ne perce pas vraiment en Wallonie et vice-versa. Un manque d’ouverture dommageable pour les cinéphiles car la Flandre a une belle carte à jouer sur le plan international en produisant des films de qualité. Une qualité incontestable qui nous amène même au constat d’avouer que les deux derniers coups de cœur qui nous ont été amené de voir étaient flamands,

Hasta la Vista et Little Black Spiders. Malgré cela, le cinéma flamand s’inscrit totalement dans la lignée du film belge qui tient en estime l’individu et sa situation sociale plutôt que le groupe et la cocasserie dont les studios hexagonaux sont beaucoup plus friands.

«Un pamphlet de la religion? Pas vraiment»

Quand l’Eglise fustige la création La petite araignée noire, c’est celle qui tisse sa toile dans le coin d’une pièce à l’abris des regards. Discrète et inoffensive, elle n’en reste pas moins nuisible aux yeux des gens. Ces jeunes filles cachées dans le grenier d’un hôpital de province sont les prédateurs vertébrés de la toute puissante église catholique qui ne tolère dans ses rangs que le standard, l’uniformité mais surtout, la propreté physique et morale. Traitées telles des impures, ces jeunes jouvencelles sont placées sous l’égide de bonnes soeurs qui feront tout ce qui est en leur pouvoir pour cacher aux yeux des gens la honte de donner naissance à un âge précoce. Et pour cause, faisons fi de toute fracture émotionnelle engendrée chez ces jeunes femmes à la grossesse souvent non désirée. Voilons la réalité de la vie et méprisons les désirs de l’individu au

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profit d’une pseudo-moralité sociétaire moyenâgeuse. Ce film impose évidement au spectateur de casser ses codes et de poser un regard critique sur la société belge de la fin des années 80, c’est-àdire hier. Le spectateur, mal à l’aise dans ce jugement, voit une dure réalité qui frappe encore aujourd’hui de nombreux pays à travers le monde : les grossesses honteuses. Alors, ce long métrage s’érige-t-il en pamphlet de la religion ? Pas tout à fait, il ne fait que relater une tranche de vie et la contradiction d’une institution millénaire, symbole de la création mais portedrapeau de la stabilité et du conservatisme. L’isolement contre-libertaire Katja, incarnée par la sublime Line Pillet, est l'emblème du contre-pouvoir. Seule, orpheline et éperdue par une relation ambiguë qu’elle pense idyllique, elle est l’une des seules à voir l’envers du décor. Bien plus futée et mature que ses congénères, elle est bien décidée à changer la donne. Son personnage est à la fois simple et complexe. Ses allures de jeune fille de bonne famille à la mèche bien mise contredisent ses blessures internes qui l’ont certainement amenée à cet endroit. Fragile comme du verre blanc mais déterminée comme le dernier homme, Katja est une icône, le genre de personnage qui ne laisse personne indifférent.


©Cinéart

Patrice Toye a choisi la meilleure actrice qu’on pouvait y apercevoir, Line Pillet. Par son visage poupon et la profondeur de son regard, on suit pas à pas l’évolution lente de cette jeune fille vers la mère qu’elle voudra être. Cette maternité tant attendue est d’autant plus forte pour elle, orpheline, qui n’a pas de mère sur qui s’appuyer pour noyer son chagrin et ses angoisses. Katja est bluffante, envoûtante et admirable. Elle tient en son ventre la vie de son enfant mais également sa vie, celle qu’elle aurait voulu. Dès lors, on se sent enfermé à l’instar de la protagoniste principale du récit. On vit sa vie, on pleure et on rit en même temps qu’elle.

«Vivez cet instant de bon cinéma, vivez la vie de Katja» Une qualité pluridisciplinaire Patrice Toye a su bien s’entourer pour faire de ce film un chef d’oeuvre. Premièrement, l’histoire est très bien écrite et les situations que vivent ces jeunes filles nous rappellent des grandes scènes du cinéma comme le cercle des poètes disparus, ode à la liberté et à la créativité. Deuxièmement, la qualité visuelle rendue par le directeur de la photo nous embarque dans un conte magique où la réalité laisse transparaitre une certaine irrationalité, métaphore parfaite de l’esprit des adolescentes présentées. En outre, le coeur se noue à plusieurs instants, dû en grande partie au jeu de lumière choisi. Enfin, il faut souligner le travail effectué sur le plan musical qui nous propose une bande originale mirifique.

Des actrices, des interprètes Pour terminer cette analyse, nous nous devons de parler de la kyrielle de jeunes actrices présentes au casting. Professionnalisme, émotivité scénique, précision de la gestuelle, tout est impeccable, en particulier chez Line Pillet et Charlotte De Bruyne. Être actrice, c’est jouer un rôle, le rendre vivant et le transposer à l’écran ou sur une scène. Être interprète d’un rôle, c’est lui donner un sens, le magnifier et traduire les émotions du personnage. C’est ce dernier qualificatif que nous retiendrons pour ces deux dramaturges à primer au plus vite.

Little Black Spiders

Un film à vivre

Nationalité : Belgique

En résumé, Little Black Spiders est un film à ne manquer sous aucun prétexte. Ce long métrage belge prend littéralement aux tripes. Il nous révolte, il nous chagrine, il fait ressortir de nous la compassion que l’on y avait enfoui. Vivez cet instant de bon cinéma, vivez la vie de Katja, allez le voir.

Sortie le 19 septembre 2012

de Patrice Toye Genre : Drame Durée : 94 min

Avec Line Pillet Charlotte De Bruyne Dolores Bouckaert

Matthieu Matthys

Ineke Nijssen Sam Louwyck

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18 septembre 2012


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Une affaire royale pour un film royal Quand l’histoire surpasse la fiction. Un film didactique mais loin d’être ennuyeux.

©ABC Distribution

La critique Au 18ème siècle, Struensee, médecin de bonne famille bourgeoise est recruté par la Cour pour accompagner le Roi Christian VII dans ses voyages. Au même moment, la reine Caroline-Mathilde, sœur du Roi George III d’Angleterre, est envoyée au Danemark pour épouser Christian, sans même l’avoir vu. Les apparences sont trompeuses. Christian est roi mais malade mentalement et n’exerce quasi aucun pouvoir, Caroline-Mathilde est extrêmement malheureuse malgré la dignité dont elle fait preuve et sa force à accepter son rang, tandis que Struensee, fils de pasteur est plutôt inspiré de la philosophie des lumières. Struensee, devient au fur et à mesure le médecin personnel et ami du roi danois. Plus l’intimité grandit entre les deux hommes, plus l’influence du médecin sur son roi grandit lui aussi. Struensee en profite alors pour faire passer ses idées progressistes et libérales dans la politique danoise. Il tombe amoureux de la reine et comme Icare, à force de voler trop près du soleil, il finira par se brûler … Inspiré de la véritable histoire du Danemark et de ses personnages historiques, A Royal Affair, est un film qui est mûri depuis longtemps. Il faudra attendre Nikolaj Arcel, pour que l’histoire soit enfin exploitée. Connu surtout pour avoir signé les scénarios du premier film Millenium ou la série télé qui en découla, il se permet de voir les choses en grand : film en costumes, exploitation internationale et surtout acteurs

cotés en haut de l’affiche. Pour aider à développer l’histoire, il décide avec son co-scénariste (Rasmus Heisterberg) de s’inspirer dans un premier temps du roman de Per Olov Enquist : « La visite du médecin royal » avant de finalement s’arrêter sur une nouvelle plus ou moins érotique de Bodil SteensenLeth : « Princess af Blodet » qui avait le grand avantage de voir l’histoire au travers des yeux de la reine. Bien lui en a pris, son scénario gagnant dernièrement un prix au Festival de Berlin.

«Le film éblouit par son minimalisme tout en scotchant le spectateur au fauteuil» Teinté d’une histoire passionnante et vraie, le film éblouit par son minimalisme (pas de scènes de batailles, etc.) tout en scotchant le spectateur au fauteuil par son suspense axé sur des manipulations politiques, l’histoire d’amour physique et intellectuelle ainsi que par l’effervescence autour de la mini-révolution inaugurée par Struensee. La chute, fatale, n’en sera que plus dure. L’intérêt du film est aussi dû à une interprétation générale assez remarquable. Dans le rôle principal, nous retrouvons Mads Mikkelsen qui quitte Hollywood (Le Chiffre dans James Bond) pour son Danemark natal et livre une interprétation tout en justesse et en retenue. Alicia Vikander, célèbre en Suède est choisie pour incarner la reine

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tourmentée entre son rang et son bonheur. Mais le plus magistral est sûrement Mikkel Boe Folsgaard, pour sa composition du roi fou et dérangé. La profession ne l’a pas loupé et lui a décerné le prix d’interprétation au dernier Festival de Berlin. Bien sûr, l’histoire est fort classique dans sa forme et ne tente pas d’innover, mais Arcel a confiance en la portée du message de l’histoire qu’il veut raconter. Aidé par une interprétation de haut vol, A Royal Affair est une réussite et n’usurpe pas sa bonne réputation grandissante. A découvrir dès le 19 septembre !

Loic Smars

A Royal Affair Drame historique de Nikolaj Arcel Avec Mads Mikkelsen, Alicia Vikander Une affaire royale est l’histoire vraie d’un homme ordinaire qui gagne le coeur de la reine et qui est à la base d'une révolution. L'histoire d'amour vécue par le médecin allemand Johann Friedrich Struensee, généraliste attitré du schizophrène monarque danois Christian VII, et par la reine Caroline Mathilde, princesse anglaise mariée à l’âge de 15 ans au roi fou.


Les femmes du bus 678 Ni pute, ni soumise ! La femme égyptienne ne veut plus être un bout de viande …

©Pyramide Distribution

La critique Faysa est une femme traditionaliste aux faibles moyens. Elle travaille dans l’administration et son mari enchaîne plusieurs boulots pour nouer les deux bouts. Mais, n’osant plus prendre le bus, elle arrive constamment en retard à son travail et, de cause à effet, voit son salaire diminuer. Pourquoi ne plus prendre le bus? Car elle est perpétuellement la proie d’attouchements de la part des hommes qui profitent de la promiscuité du bus. Dès lors, elle décide de se défendre par la même violence en poignardant, au moyen d’un pinçon, le sexe de ces hommes. Nelly, est la femme égyptienne moderne par excellence : tête brulée, artiste et femme de caractère. Avec son fiancé, aux vues tout aussi modernes qu’elle, ils font la paire et rêvent d’un avenir heureux. En attendant, son fiancé travaille dans une banque plutôt que d’essayer de percer dans le stand-up afin d’avoir assez d’argent pour se marier. Tout est réuni pour être heureux, jusqu’au jour où un conducteur libidineux veut la toucher et essaye de lui arracher son haut. Refusant d’écouter sa famille qui a peur du déshonneur, elle va porter l’affaire en justice et essayer de devenir la première femme gagnant un procès pour ce genre d’actes. Seba, femme moderne, bourgeoise, vivant dans le luxe et mariée à un médecin, suit son compagnon au stade de foot lors d’un match de l’équipe nationale. Prise dans l’effervescence et dans la fête, elle échappe de peu à un viol collectif. Choquée et abandonnée par son mari qui ne voit que la honte qui peut l’envahir, elle donne des cours de défense aux femmes attaquées sexuellement.

C’est au moyen d’un chassé-croisé entre ces trois histoires, inspirées de la méthode cinématographique d’Iñárritu (Amours Chiennes, Biutiful), que Mohammed Diab fait passer son message. Inspiré de faits réels et du premier procès pour harcèlement où la plaignante (Noha Rushdi) s’est faite railler par la défense, Diab veut, au moyen d’une fiction, dénoncer un fléau national : les attouchements ou viols permanents dans la grande ville du Caire.

«Loin du film moralisateur, Diab nous livre un véritable film de cinéma» Loin du film didactique et consensuel, Diab nous livre un véritable film de cinéma, bien ficelé, totalement imprégné de la masse humaine et de la poussière de la ville. Il ne se fait pas non plus l’avocat du diable et tente aussi de comprendre certains de ces hommes, poussés par une coutume frustrante qui consiste à se marier que lorsque l’on a assez d’argent pour acheter un appartement. Malgré, bien évidemment, une prise de position tout à fait normale pour ces femmes. Le tournage du film a été en grande partie possible grâce au soutien de Bushra Rozza, actrice principale (aux traits méconnaissables) et aussi chanteuse très populaire dans ce pays, qui a vraiment poussé le réalisateur à continuer malgré les polémiques. C’est également elle qui a produit le film. Depuis, le film est devenu un phénomène de société, provoquant débats et procès, tous gagnés par le réalisateur.

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De plus, le film tient sa force par les interprétations engagées des trois femmes et celles des rôles secondaires, la palme revenant à Essam, le policier chargé d’enquêter sur les attentats de Faysa et la peur que cela engendra dans la population. Les femmes du bus 678, c’est l’étape nécessaire pour amener le débat. Il a d’ailleurs été un succès dans son propre pays. Loin du film moralisateur, Diab réalise un véritable film de cinéma tout en restant porteur d’un message fort et utile.

Loïc Smars

Les femmes du bus 678 Drame de Mohamed Diab Avec Nahed El Sebaï, Bushra Rozza

Fayza, Seba et Nelly, trois femmes d’aujourd’hui, aux vies totalement d i ff é r e n t e s , s ’ u n i s s e n t p o u r combattre le machisme impuni qui sévit au Caire dans les rues, dans les bus et dans leurs maisons. Déterminées, elles vont dorénavant humilier ceux qui les humiliaient.

18 septembre 2012


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Camille Redouble de Noémie Lvovsky sortie le 19 septembre 2012 Comédie dramatique (115’)

Avec Noémie Lvovsky, Samir Guesmi, Judith Chemla, Denis Podalydès

Sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs lors du dernier festival de Cannes, Camille Redouble est sans conteste un excellent film. Noémie Lvovsky, actrice talentueuse, scénariste affutée et réalisatrice intelligente, signe ici une comédie à la fois romantique et dramatique. Passée devant et derrière la caméra pour ce film, Noémie a également co-paraphé le scénario de cette histoire romanesque à l’accent divinement réaliste. Ce récit, un peu fantastique, nous livre un regard parallèle à notre propre existence et nous fait perdre, le temps d’une bobine, le sens des réalités pour nous obliger à revivre et ressasser des évènements que l’on croyait avoir perdu derrière nous. Qui n’a jamais rêvé l’espace d’un instant de revivre sa vie passée ou de pouvoir changer celle-ci? Ce chemin rétrospectif négligeant l’avancée inexorable d’une vie, Noémie Lvovsky voulait le réaliser. Si la machine à remonter dans le temps n’existe que dans l’imaginaire, le cinéma pouvait lui procurer un terrain de jeu idéal pour mettre en scène une époque révolue. Pourtant, certains spectateurs pourraient décrocher par l’absurdité voulue des choix contextuels qu’a donné la réalisatrice à son œuvre. En effet, l’histoire nous conte la vie d’une femme perdue dans une existence

Editions

qu’elle pense gâchée. Suite à une magie indéfinie, elle se voit replongée dans son adolescence mais en ayant gardé le corps et l’esprit de la femme mature qu’elle était auparavant. Le seul hic, c’est que les personnages faisant partie de son passé la prennent pour une ado qu’elle n’est plus. Cet imbroglio pourrait paraitre loufoque et il l’est. Seulement, l’histoire est très bien construite et on arrive à accepter cet écart fantaisiste comme partie intégrante du récit. En outre, le film crée chez le spectateur de l’empathie pour Camille. De fait, la réalisation n’a éludé aucun aspect de ce qu’aurait pu vivre celle-ci en revenant dans son passé. Que ce soit la relation naissante qu’elle entretiendra avec son futur ex-mari ou l’acceptation de la mort imminente de sa mère, le film n’épargne rien. Bref, il est difficile de parler d’un film de ce genre sans en dévoiler tout l’intérêt. Néanmoins, nous vous conseillons de vous rendre par vous-même compte de la qualité de celui-ci et de répondre à la question : Devons-nous revivre notre passé ?

Matthieu Matthys

Montparnasse

Two O’Clock Courage d’Anthony Mann, avec Tom Conway, Jane Greer, ... Le Massacre de Fort Apache de John Ford, avec John Wayne, Henry Fonda, Shirley Temple, ... Quels seront les cinq ? de John Farrow, avec Chester Morris, Lucille Ball, ... The Half Naked Truth de Gregory La Cava, avec Lupe Velez, Lee Tracy, ... What price Hollywood ? de George Cukor, avec Constance Bennett, Lowell Sherman, ... Mystère à Mexico de Robert Wise, avec William Lundigan, Jacqueline White, ...

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ExĂŠcution prĂŠvue dans les salles le

3 octobre 2012

En attendant visitez le site du film sur

http://www.deadmantalking-lefilm.com


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Après La Môme, Les Mômes jouent au foot ! Le Capitaine

Les joueurs

Il a stoppé une brillante carrière à cause de problèmes cardiaques. N’Dogo est le capitaine et la force tranquille sur le terrain. Un mélange entre Khaliou Fadiga et Lilian Thuram.

Le Coach Alcoolique et divorcé, le seul moyen de retrouver sa fille est d’avoir un véritable contrat. Orbera, ancienne gloire du foot, est de retour ! « Orbera avait quelque chose de cassé que j’aimais bien et je n’avais jamais joué un alcoolique.»

«J’ai demandé à Olivier, de par sa capacité à calmer le jeu, si N’Dogo était le capitaine. Il n’avait pas envisagé ça sous cet angle mais a finit par lui confier le brassard car ça s’inscrit dans la logique du personnage.»

Le Buteur Buteur brillant rangé des crampons, David Léandri se préoccupe plus de ses cheveux et de sa carrière d’acteur que de remonter sur un terrain ... «Je redoutais la scène où mon personnage interprète Cyrano, mal. Jouer un acteur qui joue mal est assez risqué. Le public peut se demander si on le joue mal parce qu’on ne sait pas le jouer, ou si on le joue mal parce qu’on sait bien jouer quelqu’un qui joue mal... Et tout le monde vous dit qu’on doit bien jouer mal !»

Le Gardien Gardien de but le plus doué de sa génération, Marandella est rentré en révolution contre le monde entier, se tape des putes et de la coke par paquet et, comble du comble, veut jouer avantcentre !

Le Milieu défensif Il passe plus de temps en prison que sur le terrain. Shaheef Berda veut être anglais et nie toute origine française. Violent et solitaire, il est le type même du défensif violent.

«Il a pris chacun de nous en respectant notre nature mais à chaque fois, il a exacerbé une facette. Chez moi, c’est la violence, et c’est un aspect que je ne connaissais pas trop ! Il est allé chercher cette violence que j’avais dans la tête. Ce film m’a permis de jouer un autre personnage, que je ne connaissais pas et dont j’avais un peu peur. Je ne me voyais pas le sortir, sauf peut-être pour un personnage de bandit, en tout cas un personnage négatif. Olivier Dahan m’a permis d’exprimer cette violence dans la comédie. Je sais maintenant que je peux être violent et sympa !»

«J’aime le genre et pour une première vraie comédie, j’étais bien servi. Si, en tant que nouvel arrivant, tu ne profites pas de ces occasions pour apprendre, si ça ne te sert pas, si tu ne sais pas regarder ce qui se passe et essayer d’avoir le plus de lecture possible de tout ça, rentre chez toi ! Moi, je prends, je m’abreuve de tout.»

Le Meneur de Jeu Paralysé depuis une panenka ratée sur penalty quand il jouait à l’Atletico Madrid, Rayane Ziani a mis un brusque terme à sa carrière. Paranoïaque, fragile, à la sensibilité exacerbée, il n’en reste pas moins un magicien sur le terrain. «Mon personnage est un ancien joueur qui a une sensibilité, une fragilité exacerbée. C’est quelque chose qui peut s’apparenter à de la folie mais pour moi, c’est plus une cassure, une fragilité émotive. J’aime bien ce type fragile, qui fait rire malgré lui.»

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Le Résumé Orbera a tout connu, la gloire comme joueur, la gloire comme entraîneur avant la descente aux enfers et l’alcoolisme. Quand il risque de perdre la garde de sa fille, il décide de se reprendre en main et obtenir un véritable contrat de travail. Seul employeur à vouloir de lui : Leguennec, maire de Mélen, île bretonne reculée du monde qui pour sauver l’industrie locale, décide d’être le petit poucet de la coupe de France. Les joueurs autochtones n’étant pas assez bons, Orbera part à la recherche d’anciens coéquipiers qui, comme lui, ont besoin d’une revanche sur leur destin.

Les Seigneurs d’ Olivier Dahan Genre : Comédie

La Critique

Durée : 97 min Personne n’attendait Oliver Dahan à la comédie, encore moins à la comédie populaire française avec les humoristes et acteurs comiques à la mode, mais sûrement pas à la barre de l’extrêmement difficile film de football. Mais c’est mal connaître la volonté d’éclectisme du personnage et sa volonté de se mettre en danger après le succès mondial de La Môme. Autant le dire tout de suite pour les détracteurs, chacun est fidèle à son humour, l’histoire est convenue, et dès la vue de l’affiche on sait déjà comment finira tout cela. Mais réduire ce film à ses stéréotypes est inintéressant si on le regarde avec un oeil amusé et rêveur.

«Réduire ce film à ses stéréotypes est inintéressant si on le regarde avec un oeil amusé et rêveur» Tout à coup, le film prend une autre dimension. On s’attache aux personnages, à cette île éloignée de tout, ses habitants, le côté sympathique de la Bretagne et surtout, on savoure le thème footballistique, très rare à l’écran. Certains des protagonistes frôlent parfois la caricature (Gad Elmaleh qui fait tourner le ballon sur la pointe de son pied comme un basketteur) mais on sent l’amusement d’une bande de potes qui se lâchent dans un film auquel ils croient.

Nationalité : France Sortie le 26 septembre 2012 (pré-sortie en Bretagne le 19 septembre)

Avec José Garcia Jean-Pierre Marielle Gad Elmaleh Ramzy Bedia Joey Starr Franck Dubosc Omar Sy Le Comte de Bouderbala Clémentine Baert Frédérique Bel

C’est là tout la force de ce film. Le plaisir de participer à cette belle pochade réunissant plusieurs talents divers et pour une fois, accepter qu’une bonne comédie française populaire, ça peut faire du bien !

Loïc Smars

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18 septembre 2012


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Les films sur le football, à quand le chef-d’oeuvre ? Petite analyse et rétrospective sur le paradoxe amour/haine entre le cinéma et le football.

© 2010 World Cup - Shine 2010

Le Film de Foot Le cinéma et le sport, deux passions populaires et dévorantes qui étaient faites pour se rencontrer. Depuis la création du cinéma, le sport est une inspiration pour le grand écran. Mais il y a une chose qui reste très étrange quand on regarde tout cela d’un peu plus près, c’est le manque de films attractifs ou particulièrement réussis autour du sport le plus populaire au monde : le football. Est-ce que le football a son chef-d’oeuvre au cinéma ? Profitons de la sortie d’un nouveau film sur le football : Les Seigneurs d’Olivier Dahan, pour retracer un parcours du film de football et de poser un bref regard sur les différents genres et essayer de ressortir de ce listing, la perle qui mettra tout le monde d’accord. Ou de se dire que le mieux reste encore à arriver. Cinéma et Sport Pour commencer, avant de parler de football, pensons aux autres sports traités dans les films, histoire de voir si d’autres disciplines galèrent depuis l’invention du cinématographe. Si l’on prend la boxe, on a déjà perdu. Les classiques sont déjà légion : Charlot boxeur, Gentleman Jim, Raging Bull, Rocky (mais peutêtre pas toutes les suites), le biopic sur Mohammed Ali avec un Will Smith impérial, Million dollar Baby ou encore De l’ombre à la lumière ... Ou alors prenons les trois concurrents américains, le football américain, le baseball ou le basketball. Le plus

faible étant sûrement le baseball et la difficulté de filmer un sport parfois fort inaccessible. Mais l’ambiance est à son comble dans Hook et son match épique ou encore un magnifique thriller avec The Fan. Le basket possède aussi quelques joyaux : Les Blancs ne savent pas sauter, le comique Space Jam ou Semi-Pro avec Will Ferrell , le difficile He Hot Game de Spike Lee ou encore l’émouvant Glory Road.

« Il faut avouer que chaque autre sport très populaire a son ou ses chef-d’oeuvres ou films de qualités ! » Mais, les USA gagnent le match par K.O. avec leurs films sur leur équivalent, le football américain et leurs grosses vedettes toutes dévouées. Burt Reynolds a cartonné avec Plein la gueule, Tom Cruise et Jerry Maguire, Al Pacino et L’enfer du dimanche, Adam Sandler avec Waterboy ou Mi-temps au mitard, Denzel Washington et Le plus beau des combats, le sous-estimé Jeux de dupes de Georges Clooney ou même Dwayne «The Rock» Johnson réussit son passage à l’écran avec le sympathique Maxi-Papa. Aïe. Et pour les sports moins populaires ou infilmables ? Le golf possède Tin Cup ou La Légende de Bagger Vance, l’athlétisme a le sublime Les

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Chariots de Feu, le catch a fait sensation dernièrement avec The Wrestler et le retour du cabossé Mickey Rourke, les arts martiaux ne sont plus à présenter au cinéma, le rugby est venu dans la course avec Invictus. Même le billard et L’Arnaqueur ou le bobsleigh avec le réjouissant Rasta Rockett n’ont pas à rougir de leur adaptation filmée. Le football est en danger. Certains sports ne sont pas très très représentés. Mais il faut avouer que chaque sport très populaire a son ou ses chef-d’oeuvres, ou du moins ses films de qualité ! Cinéma et football Un combat que le film de football gagne déjà haut la main, c’est la quantité de longs métrages sur une seule discipline. Wikipédia référence une grosse centaine de films sur le football contre a peu près 70-80 pour le football américain. C’est déjà ça, la quantité prône peut-être sur la qualité. Mais qu’est-ce qui est problématique avec le football au cinéma ? La première raison est sûrement une des plus importantes : filmer du football. Avec un terrain beaucoup plus grand que d’autres sports ou le manque de pauses dans le jeu à contrario du football américain est une piste à envisager. Suite à la page suivante


Mais les américains arrivent souvent à filmer avec talent et/ou émotion n’importe quoi. Alors est-ce une bonne excuse ? Une autre raison pourrait être le manque d’intérêt de nos grands réalisateurs qui ne puisent pas l’inspiration nécessaire de ce sport. En tout cas, aucun «grand» n’est passé par la case «je filme un match de football». Une importante raison est peut-être qu’un public si accro à ce sport, attend trop d’un film sur SON sport. L’on peut aussi cibler la difficulté des trucages dans un tel film. Beaucoup de films sur ce sport ont un gros problème : le manque de réalisme des acteurs jouant avec le ballon. Ou alors, on va vers des plans assez spéciaux où l’on ne voit pas vraiment le match en lui-même, mais une action en particulier ou alors, c’est l’espace qui n’est plus réaliste, faisant des scènes du film, une parodie de Olive et Tom et son terrain kilométrique.

Regardons maintenant de plus près les différents films assez connus sur le football : les films pour la gloire, les films ridicules, les comédies, les films sur les hooligans ou la violence footballistique, le film social, le film familial ou romantique, un détour par un petit historique et les documentaires.

«The Rival Captains, premier film du cinéma et du cinéma de football réalisé par une femme ! »

Historique du film sur le football Histoire de faire vite, ciblons deux ou trois points intéressants. Pour le premier film sur le football, on cible généralement Harry the footballer, une fiction britannique de 1911 réalisée

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par Lewin Fitzhamon. Court-métrage (normal à l’époque) de 11 minutes où Harry, star du foot est kidnappé par l’équipe adverse, mais heureusement il se sauve grâce à sa petite amie et marque le but décisif du match. Pointons aussi un film qui marqua le cinéma sur le football mais aussi le cinéma : The Rival Captains, réalisé par Ethyle Batley en 1916. Il est remarquable car c’est la première fois qu’une femme réalise un film au cinéma mais aussi un film sur le football ! La plupart de ces films étaient principalement britanniques jusque dans les années 60. Mais citons tout de même Les Rois du Sport avec Fernandel ou Les Dieux du Dimanche, productions françaises. Suite à la page suivante

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Les films pour la gloire Une ritournelle dans les films sur le sport, c’est commémorer un évènement marquant (la première équipe noire officielle de basketball dans Glory Road par exemple) ou célébrer la gloire d’une équipe en difficulté (voir le nombre incalculable de films américains où l’on a d’abord une équipe de mauvais qui vont finalement gagner la coupe ou le match). C’est généralement dans cette catégorie que l’on penserait pouvoir trouver matière à glorifier le film de foot. Le plus connu de tous les films de football a sa place ici : A nous la victoire. Film attachant où se croisent les vedettes de l’époque entraînée par Michael Caine dans un camp de prisonniers dans l’Allemagne nazie. Un officier allemand, ancienne gloire locale, veut un match amical entre l’Allemagne et les Alliés. L’intelligentsia alliée prépare à l’insu de tous, l’évasion de l’équipe alliée. Il faut être honnête avec soi-même, beaucoup, comme l’auteur de cette analyse, estime ce film, vu généralement jeune. Mais malgré toutes les stars du cinéma ou du ballon rond et Sylvester Stallone en gardien des cages alliées, cinématographiquement, c’est pas terrible et le rendu du foot filmé est très moyen. C’est le moment aussi de parler du plus gros buzz footballistique au cinéma : la saga Goal. Avec l’appui de dizaines de footballeurs mondialement

connus et des moyens conséquents, en 2005 sort l’ascension du futur grand joueur Santiago Munez et de sa difficulté à s’imposer ou à assumer le rythme de vie d’un footballeur professionnel.

« Sylvester Stallone en gardien des cages alliées Mais après un premier épisode convenable (4 000 000$ aux USA et tout de même 27 000 000$ dans le monde), le deuxième a périclité (seulement 7 000 000$ de recettes et 225 000$ aux USA) avant que le troisième ne finisse carrément en «direct to video» sans passer par la case salle. Comment, malgré des acteurs crédibles, des moyens et la pléiade de stars du ballon rond pour rendre le tout crédible, le film a tellement foiré ? Il doit y avoir une faute dans les choix des réalisateurs : le premier opus est réalisé par Danny Cannon qui n’a signé que Judge Dredd ou Souviens-toi l’été dernier 2, le deuxième par Jaume Collet-Serra qui a marqué les esprits en prenant Paris Hilton dans sa Maison de cire ou finalement pour le dernier, Andrew Morahan, surtout connu pour son travail (incompris, je suis sûr) sur Highlander 3. Mais cela ne fait pas tout, la pression et l’énorme attente en Europe était dures à gérer et, au contraire, le faible intérêt marqué par le public américain n’a pas permis de

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développer sereinement les suites. Un coup dans l’eau pour ce qui aurait pu être notre fameux chef-d’oeuvre. Du côté de l'Angleterre, on retrouve Un but pour la gloire, film sympathique mais loin d’être immortel avec Robert Duvall et Michael Keaton où un modeste club écossais de D2, va tenter de gagner le premier titre de son existence, la coupe d‘Ecosse. Heureusement, le buteur star originaire du coin revient ! Sympathique mais oubliable. Pour rester dans la région, on a eu aussi l’intéressant The Damned United de Tom Hooper avant son succès mondial Le Discours d’un roi. On tient quelque chose, un film bien foutu, un réalisateur talentueux mais pas folle la guêpe, Hooper ne montre presque pas de football et s’intéresse surtout à l’histoire d’un homme qui va tenter de garder sa place envers et contre tout. Une belle réussite, mais loin d’être un véritable film sur le football. On peut encore citer le cas de Carton Rouge (Mean Machine) de Barry Skolnick avec Vinnie Jones, lui-même ancien joueur de foot professionnel. Un ancien capitaine de l’équipe nationale se retrouve en prison, où il entraîne une équipe de prisonniers pour le match contre les gardiens. Film pas trop désagréable, il ne reste que le remake d’un remake. (Remake de Mi-Temps au mitard, lui même issu de Plein la Gueule, voir la partie sur le sport au cinéma)


Le football dans le cinéma comique On parlera de deux axes : la comédie où le foot est présenté de manière assez ridicule, un peu comme dans Olive et Tom, et la comédie qui se veut réaliste sur le terrain. 1. Le Ridicule Le film où le gardien de but est un extra-terrestre (cette fois c’est pas Tom et son tir de l’aigle mais le gardien qui fait des bonds de trois mètres) est remarquable dans au moins deux films français. Tout d’abord, Le Triporteur, où Darry Cowl traverse une partie de la France pour assister à la finale de la coupe et supporter son équipe avant de prendre la place du gardien de but malheureux à cause d’une rupture. Le film est un petit bijou de l’humour de Cowl dans sa partie road movie et devient totalement n’importe quoi dans la partie du match de football. Ensuite, on retrouve Les collègues, pochade familiale et marseillaise avec la famille Cantona, déjà pas réaliste pour un sou dans le jeu mais qui devient n’importe quoi quand le gardien, homme nain de l’est qui fait des bonds énormes et arrête tout quand il boit une certaine dose de pastis. Le film a seulement dû faire rire les spectateurs de la région et les fous comme votre serviteur.

2. La comédie Pour commencer, un film que j’ai hésité à changer de place et à le mettre au-dessus : Didier, la comédie d’Alain Chabat. Un petit bijou de la comédie certes, mais sur le terrain, c’est légèrement ridicule et on atteint la limite quand Didier se retransforme en chien avant de marquer le goal. On préfèrera retenir la comédie et oublier que cela parle de football, non ?

« Deux axes : la comédie réaliste et la comédie ridicule à la Olive et Tom. » Si on fouille plus loin, on retrouve des scènes de foot dans Le petit monde de Don Camillo ou dans Le Trou Nomand avec Bourvil qui joue dans les deux camps et fait l’arbitre. Mais c’est trop anecdotique pour aider au film de football. On finit avec deux films français (à croire qu’il n’y a qu’eux pour se foutre de la gueule du foot ?) : 3 zéros et Les Seigneurs. 3 zéros est un gros nanar, que ce soit d’un point de vue comique ou d’un point de vue football malgré la présence d’acteurs pourtant corrects (Lanvin, Darmon, Deutsch, Le Bihan, etc.). Et pour Les Seigneurs ? Ma

critique est positive mais célèbre aussi le côté populaire assumé. Malgré plusieurs parties réalistes, c’est parfois surjoué ou irréaliste et je ne pense pas que le film sera un phénomène de société. Il ne faut pas non plus aller plus loin : ce film veut être, un divertissement populaire mais discret, une aventure honnête mais qui ne prétendra jamais à la dure responsabilité de chefd’oeuvre du film de foot. Le football familial ou romantique Deux films américains : She’s the man et Her Best Move, deux comédies romantiques où une femme veut se battre contre les préjugés et réussir dans le «soccer» avant de finir par tomber amoureux d’un beau gosse. She’s the man étant plus intéressant pour son côté impertinent : l’héroïne prend la place de son frère dans l’équipe masculine de soccer. Mais c’est américain, tendance film disney pour ados. Deux films que je n’ai pas vu mais qui n’ont pas marqué leur empreinte dans le souvenir des cinéphiles : Carton Jaune avec Colin Firth (c’est à peu près tout) et Gracie, qui fait le parallèle avec le combat des femmes pour être l’égale de l’homme. Un ballon d’or, chronique africaine, basée sur la star de Saint-Etienne des années 70 Salif Keita, est intéressante mais reste un petit film familial fort sympathique. Suite à la page 20

Ridicule

Mais le comble du ridicule est sûrement atteint par le très célèbre Shoalin Soccer. Film chinois du fameux Stephen Chow. Drôle et très typique du cinéma du coin avec ses

chorégraphies surréalistes, ce long métrage n’a finalement que peu avoir avec du football. Mais c’est tellement assumé, que c’est ce qui fait sa force.

Réaliste

Shoalin Soccer

3 zéros

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Le Top Dix Joue-la comme Beckam

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C’est sûrement un des meilleurs films sur le football, qui plus est réalisé par une femme. Il a révélé Keira Knightley au grand public et est devenu pour beaucoup un vrai film culte.

À nous la victoire

2

On est loin du grand film mais il ne faut pas bouder son plaisir, un film de guerre avec du foot, c’est trop cool. Surtout quand il y a Stallone en gardien de but !

Les Seigneurs

3

Olivier Dahan est talentueux même quand il fait une comédie (rare) et qu’il parle de football alors qu’il n’est pas un amateur. Une histoire attachante et populo. Drôle.

Jimmy Grimble

4

Je n’en ai pas dit beaucoup de bien dans mon analyse mais je l’aime bien finalement. J’ai même failli croire à son histoire, c’est dire ... Et puis, il y a Robert Carlyle.

Carton Rouge (Mean Machine)

5

C’est bourrin, ça pète des rotules mais ça casse pas des briques. Peut-être mais moi j’adore. Sûrement à cause/grâce à Vinnie Jones. Puis, j’ai trop peur qu’il vienne me casser la gueule.

6. Didier, parce que ça reste une putain de bonne comédie. 7. Un but pour la gloire, car Robert Duvall et Michael Keaton tout de même. 8. Goal, car on va quand même prendre le un, ça aurait pu mais ça a pas pu. 9. Shoalin Soccer, car c’est du grand n’importe quoi mais on aime ça. Non ? 10. Les collègues, car c’est con mais j’ai ri. Merde. Bonus : A mort l’arbitre, car Jean-Pierre Mocky !

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On améliore la qualité avec Jimmy Grimble, petit conte anglais sur un jeune souffre-douleur qui devient un excellent footballeur grâce à des chaussures magiques offertes par une vieille dame rencontrée par hasard. C’est mignon mais un peu trop rose pour enthousiasmer critiques et spectateurs. On retrouve par contre ici, un petit bijou, culte pour certains : Joue-la comme Beckham qui révéla Keira Knightley. Filmé par une réalisatrice indo-anglaise, le film suit le parcours d’une jeune hindoue qui veut changer les mentalités de sa famille, jouer au foot et vivre comme elle l’entend. C’est sûrement un des meilleurs films sur le football mais qui s’occupe plus de la mentalité indienne, d’intégration et d’émancipation que vraiment de football. Sans être un chef-d’oeuvre, ce film est très réussi mais ne casse rien

d’un point de vue footballistique. Dommage, on y était presque. Le film social

« Le film social : les plus grands films sont sûrement dans cette catégorie ... » Les plus grands films sont sûrement dans cette catégorie. Alors autant en parler, mais attention, le gros hic de ce genre de film est que le football passe au second plan et on aperçoit parfois même, pas un seul match comme les films sur la misère anglaise de Ken Loach (My Name is Joe ou Looking for Eric) ou Le Miracle de Berne. Ou alors, on se concentre plus sur le supporter (Offside venu d’Iran où deux

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femmes veulent assister au match) ou, plus particulièrement, sur le supporter hooligan. On a les connus Hooligans avec Elijah Wood, trop mou (et sa suite malheureuse) ou d’un A mort l’arbitre de Mocky qui dévie totalement du football pour signer un thriller à l’humour noir comme seul Mocky sait le faire. Mais signalons tout de même une petite pépite très méconnue : Hooligans (I.D.) de Philip Davis et la difficulté d’une équipe de police infiltrée dans un gang d’hooligan de ne pas succomber à son tour dans l’hooliganisme. On retrouve quand même deux films sur le football amateur. Coup de tête de Jean-Jacques Annaud mais qui continue à être légèrement une tâche dans sa filmographie ou encore Un dérangement considérable, bien côté à l’époque mais aussi vite oublié.


Le documentaire On est loin du cinéma d’exploitation en salles mais on ne pouvait pas oublier de parler des documentaires. Mais surtout de trois d’entre eux qui auraient pu marquer le football au cinéma. Zidane, un portrait du XXIème siècle est pour certains très réussis, mais est-ce pour le film ou parce qu’il y a Zidane ? Et puis, c’est surtout une oeuvre d’art expérimentale que savoureront les demandeurs de l’art conceptuel mais qui, pour le grand public, sera d’un ennui profond. Maradonna, filmé par Emir Kusturica, énorme fan du héros argentin, n’a pas marqué les esprits malgré la présence du réalisateur génial aux commandes. Sa défaite est due, peut-être, au manque de recul de Kusturica ou simplement que le format documentaire n’a jamais eu une popularité énorme.

Le plus intéressant reste sûrement Substitue, où le journal intime de Vikash Dhorasoo, sur un remplaçant à la coupe du monde qui n’aura joué qu’au final 16 minutes lors de cette compétition. C’est original et passionnant mais peu de foot derrière tout ça pour la raison simple que ne jouant pas, il préfère montrer autre chose que le terrain.

« Malgré la quantité, personne n’a jamais osé ou réussi le chef-d’oeuvre ... » Conclusion Au regard des différents films présentés pendant cette démonstration, on remarque que le football a inspiré pas mal de cinéastes. Mais malgré la quantité, personne n’a jamais osé ou réussi à accoucher du chef-d’oeuvre qui mettrait tout le monde d’accord.

Les plus grands films de foot sont généralement ceux qui finalement ne parlent que très peu de foot mais plutôt d’hooliganisme ou de problèmes sociaux. Mais on est loin des films qui marqueront l’histoire du cinéma grâce à d’autres sports comme Raging Bull, Million Dollar Baby, L’enfer du Dimanche ou encore L’Arnaqueur. Cela vient d’une part de la difficulté de filmer un match de foot ou d’incorporer totalement le football dans un film, mais aussi par le manque d’audace des réalisateurs pour un genre qui semble maudit. Ou tout simplement, on manque le talent qu’ont les américains pour glorifier les choses dans un film. La place est libre et n’attend que le réalisateur qui aura assez de talent, de couilles et la solution cinématographique pour réussir ce défi. En attendant, je retourne à mon péché mignon : les teen movies, un autre genre de cinéma qui cherche peut-être aussi son chef-d’oeuvre ... Loïc Smars

On n’a malheureusement pas trouvé ...

La Coupe

Mike Bassett

Le match de leur vie

Match en famille

Rudo y Cursi

The Van

Cup Final

Régi Idok Focija

Charlie Bubbles

The Card

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Films à l’horizon (sorties du 19/9) Take this Waltz Comédie dramatique de Sarah Polley Avec Michelle Williams, Seth Rogen, Luke Kirby

JC comme Jésus Christ

Pas

vus

! Quelques heures de printemps

Comédie de Jonathan Zaccaï

Drame de Stéphane Brizé

Avec Vincent Lacoste

Avec Vincent Lindon, Hélène Vincent

Quand Margot, 28 ans, rencontre Daniel, l'alchimie est immédiate. Épouse heureuse de Lou, elle réprime cette attirance aussi soudaine qu'inattendue. Lorsqu'elle découvre que Daniel habite depuis peu dans sa rue, Margot voit ses certitudes vaciller.

Une Palme dʼOr à 15 ans, un César à 16, cette année JC passe le bac… Jean-Christophe Kern, dit JC, nʼest pas un adolescent comme les autres. Un mélange de Jean-Luc Godard et Justin Bieber.

A 48 ans, Alain Evrard est obligé de retourner habiter chez sa mère. Cohabitation forcée qui fait ressurgir toute la violence de leur relation passée. Il découvre alors que sa mère est condamnée par la maladie.

Cʼest ce que lʼon appelle dans le jargon : un film pour filles fait par des filles. Ce nouveau film mettant en scène un duo dʼamoureux nʼest pas novateur mais a pourtant conquis le coeur des spectateurs outre-atlantique. Pour les fans du Canada, cʼest lʼoccasion de voir Toronto et de revoir Sarah Polley derrière la caméra.

Déjà sorti en France où ce film a déçu, on aurait pourtant apprécié la prestation du nouveau golden boy du cinéma français Vincent Lacoste. Ce qui ressort de manière unanime, cʼest que le film est trop gentil et se terre très vite dans lʼaccumulation de gags plutôt que dans la critique du système show-bizz.

Trois ans après Mademoiselle Chambon, le breton Stéphane Brizé remet en scène Vincent Lindon dans un drame familial à la française. Que doit-on faire face à un proche atteint par la maladie et à qui on a jamais parlé ? Le film y répond certainement comme beaucoup dʼautres avant lui.

Hit & run Action de Dax Shepard Avec Dax Shepard, Kristen Bell, Tom Arnold

Des hommes sans loi Drame, Action de John Hillcoat Avec Shia LaBeouf

The Secret Thriller de Pascal Laugier Avec Jessica Biel, Jodelle Ferland, Jakob Davies

En apparence, Charlie Bronson mène une existence paisible avec sa petite amie Annie dans une petite ville tranquille. Mais Charlie est lʼexchauffeur dʼun gang de braqueurs qui ont plongé à la suite de son témoignage.

1931. En pleine Prohibition, les trois frères Bondurant sont des trafiquants notoires : Jack, le plus jeune, ambitieux et impulsif, veut transformer la petite affaire familiale en trafic dʼenvergure.

À Cold Rock, petite ville minière isolée des Etats-Unis, de nombreux enfants ont disparu sans laisser de traces au fil des années, et nʼont jamais été retrouvés.

Film réalisé avec des moyens modestes, ce road-movie nʼest pas un exemple du genre et nʼa pas vraiment séduit la critique. Il faut dire que Dax Shepard sʼest un peu éclaté à réaliser, écrire et jouer son bébé. Au bilan, ce road trip ne parle ni de voiture, ni de route. Une perte de temps selon de nombreux quotidiens hexagonaux, pays dans lequel le film est sorti fin août.

Cʼest LA sortie de la semaine pour les nostalgiques des films de gangsters. John Hillcoat restait sur le film «The Road» que nous nʼavions pas apprécié en son temps par son côté trop incomplet. Néanmoins, le réalisateur continue de bien sʼentourer en allant chercher lʼexcellent Shia LaBeouf qui peut réellement montrer ce quʼil a dans le ventre.

Le réalisateur français a mis près de sept années pour écrire le scénario de ce film qui sent un peu le réchauffé. Malgré cela, on appréciera certainement la prestation de Jessica Biel qui renoue avec lʼhorreur depuis Massacre à la tronçonneuse en 2003. Pascal Laugier nous a promis un hommage à David Fincher, on attend de voir cela.

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Films à l’horizon (sorties du 26/9) Killer Joe

The Expatriate

Thriller, Drame de William Friedkin

Drame, Thriller de Philipp Stölzl

Avec Matthew McConaughey, Emile Hirsch, Juno Temple

Avec Aaron Eckhart, Olga Kurylenko, Liana Liberato

Pas

vus

! Vous nʼavez encore rien vu Drame de Alain Resnais Avec Sabine Azéma

Chris, 22 ans, minable dealer de son état, doit trouver 6 000 dollars ou on ne donnera pas cher de sa peau. Une lueur dʼespoir germe dans son esprit lorsque se présente à lui une arnaque à lʼassurance vie. Celle que sa crapule de mère a contractée pour 50 000 dollars.

Veuf depuis peu, Ben Logan a remis sa démission en tant qu'agent de la CIA et a déménagé à Bruxelles pour y élever sa fille adolescente, qu'il n'a vue que rarement les quatorze dernières années.

Antoine dʼAnthac, célèbre auteur dramatique, convoque par-delà sa mort, tous les amis qui ont interprété sa pièce "Eurydice". Ces comédiens ont pour mission de visionner une captation de cette œuvre par une jeune troupe, la compagnie de la Colombe.

Voilà bien longtemps que lʼon avait plus aperçu William Friedkin derrière la caméra. Du haut de 77 ans, le réalisateur revient avec un film balayant tous les clichés que lʼon peut avoir sur la famille américaine modèle. Cette adaptation dʼune pièce de théâtre ne devrait pas vous décevoir.

Cʼest une grande tristesse de nʼavoir pu voir The Expatriate qui nous offre un cadeau inestimable : un thriller plein dʼaction tourné à Bruxelles. Après avoir vu Colin Farrell à Bruges, voici Aaron Eckhart dans la capitale de lʼEurope. Une bobine qui nous montre que la ville a du potentiel.

Faute de temps de notre part, nous nʼavons pas pu aller visionner pour vous ce film qui avait pourtant certains atouts. Cela aurait notamment permis de faire le parallèle parfois délicat entre lʼart vivant et le septième art.

Resident Evil 5 Retribution Thriller, Fantastique de Paul Anderson Avec Milla Jovovich Le terrifiant virus mis au point par Umbrella Corporation continue à faire des ravages partout sur terre, transformant les populations en légions de morts-vivants affamés de chair humaine.

Il faut vraiment être fan de la franchise pour encore se rendre dans les salles obscures pour admirer les prouesses olympiques de notre chère Milla Jovovich. En effet, cela fait dix années que lʼactrice incarne Alice et ne semble pas vieillir malgré lʼévolution de son personnage. Un film de gamer.

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©Les films 13

©Mostra Venise

l’actu cinéma

Le lion d’or est sudcoréen cette année

Claude Lelouch revient avec trois films Il y a plus de cinquante ans, Claude Lelouch démarrait une carrière avec Le propre de l’homme, un film ignoré par les médias et boudé par le public. Cet échec aurait même provoqué la destruction des copies par Claude Lelouch lui-même. Ce mauvais départ en aurait découragé plus d’un, c’est sans compter sur l'opiniâtreté du réalisateur français qui continuera à travailler pour sortir de meilleures productions. L’Aventure c’est l’aventure, Edith et Marcel, Itinéraire d’un enfant gâté seront des succès retentissants. De 1960 à 2010, Claude Lelouch restera dans la cour des grands cinéastes. Pourtant, depuis Ces amours-là en 2010, l’homme était devenu plus discret. Mais malgré ses 74 ans, il vient d’annoncer la réalisation de trois nouveaux films mettant en scène, entre autres, Johnny Hallyday, Sandrine Bonnaire ou encore Jean-Paul Belmondo. Le premier cité tournera d’abord en incarnant un salaud qui privilégiera son travail de photographe de guerre au dépend de ses enfants.

Pieta du réalisateur sud-coréen Kim Ki-Duk a remporté le prestigieux lion d’or le 8 septembre dernier à l’occasion de la 69ème édition de la Mostra de Venise. Le film, qui fait référence à la statue de Michel-Ange représentant la Vierge Marie tenant le Christ sur ses genoux, a été choisi par un jury éclectique présent dans la cité italienne. Celui-ci était notamment composé de Laeticia Casta, Matteo Garrone et Michael Mann.

M.M.

Michael Clarke Duncan s’est éteint

Box office US

2. Lawless 3. The Expendables 2 4. The Bourne Legacy 5. Paranorman 6. 2016 Obama’s 7. Timothy Green 8. The Dark Knight R.

©Blackurbanite

Du 31 août au 6 septembre 2012

1. The Possession

M.M.

À l’heure où nous clôturions la mise en page du premier numéro, une nouvelle un peu inattendue nous est parvenue d’OutreAtlantique, Michael Clarke Duncan venait de s’éteindre à l’âge de 54 ans seulement. Son faciès mais surtout son physique était connu de tous, que l’on soit amateur du septième art ou bien simple spectateur car c’est ce monstre de muscles qui incarnait John Coffey dans La Ligne verte de Frank Darabont.

À l’instar de son physique, Michael Duncan avait un parcours atypique. Ayant grandi dans une famille pauvre du sud de Chicago, il entama des études de communication qu’il ne termina pas. Enchainant les petits boulots de videur dans les boites de nuit du South Side, il déniche enfin un job comme agent de sécurité pour une compagnie itinérante. En 1995, il s’installe à L.A. où il devient garde du corps de célébrités telles que Will Smith ou Martin Lawrence. Encouragé par sa mère, il fait plusieurs castings et devient l'icône d’une publicité pour une marque de bière. Passant dans diverses séries télévisées, c’est finalement son rôle de «l’Ours» dans Armageddon qui lancera sa carrière internationale.

9. The Campaign Victime d’un infarctus, ce géant d‘1m96 et de 130 kg s’en est allé le 3 septembre dernier. 10. Hope Springs

M.M.

Source : Box Office Mojo

DVD - Blu ray

Cloclo de Florent Emilio Siri

Cloclo, c’est le destin tragique d’une icône de la chanson française décédée à l’âge de 39 ans, qui plus de trente ans après sa disparition continue de fasciner. Star adulée et business man, bête de scène et pro du marketing avant l’heure, machine à

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tubes et patron de presse, mais aussi père de famille et homme à femmes… Cloclo ou le portrait d’un homme complexe, multiple ; toujours pressé, profondément moderne et prêt à tout pour se faire aimer.

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Musique

Les Festivals de l’été! (suite) C hers lecteurs du Suricate, comme promis, voici la suite de nos compte-rendus des divers festivals de cet été. Dans notre premier numéro, nous avions essentiellement parlé du Hellfest en France et du Suikerrock. Cette fois, nous parlerons brièvement des festivals majeurs de cette saison comme leTournai Tempo festival, les Francofolies de Spa, Couleur Café, le Brussel Summer Festival et enfin le BetizFest. Bien entendu, pour des raisons évidentes de contenu, nous avons fais une sélection afin de ne garder que le meilleur de chaque festival où notre équipe s’était rendue. De plus,si vous avez assisté à l’un de ces évènements, il se peut que certains bons moments vous reviennent. Bonne Lecture!

Christophe Pauly

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Festivals de l’ete Pour la sixième année consécutive, la ville de tournai réitère le tempo festival et c’est une affiche attrayante qui invitera un public averti. De Jean-Louis Aubert à Thomas Dutronc en passant par la Grande Sophie et Gérald De Palmas… Les grands artistes sont au rendezvous! La jeune chanteuse Cleo a ouvert le festival avec un public timide et peu nombreux. Néanmoins elle a su s imposer et attirer l’attention des premiers festivaliers. Dotée d’un timbre chaud et sensuel et d’un grand dynamisme, cette artiste a séduit son public. Alexandre Deschamps a ensuite enchaîné avec ses cinq musiciens dans un tout autre registre. Cet homme,coiffeur de formation n’ a pas hésité à troquer ses ciseaux contre un micro pour nous faire découvrir son univers musical. Pour lui: « la chanson est une psychanalyse, il ne parle pas, il chante ». Ses chansons sont plutôt à textes, rappelant les rythmiques de Bénabar. On retiendra d’Alexandre Deschamps sa sensibilité et son originalité. Peu après, « les Anges Gardiens » sont montés sur scène pour présenter leur premier album intitulé « Grand Public » prochainement dans les bacs. Leurs sonorités pop/ electro ont déchaîné le public. Durant leur prestation, ils ont électrisé la foule avec la reprise de Felix Da Housecat : Music is my life. Tandis que le public s’ étoffe, La Grande Sophie fait son apparition sur scène. Pendant plus d’une heure, elle su envoûter son public avec sa voix fraîche et sensuelle. C’est une journée manouche qui règne aujourd’hui sur le site du Tempo Festival. MatHéO a ouvert le festival avec ses musiciens pour nous faire découvrir bon nombre de ses chansons mélancoliques. Ce jeune talent a été porté par un public plus nombreux que la veille et qui l’a écouté avec beaucoup d’attention. La température est très vite montée avec la joyeuse bande de Camping Sauvach’. Six artistes réunis pour faire valser le public sur des notes

a u rythme manouche. En l’espace de quelques minutes, la foule s’est sentie transportée par l’originalité du mélange musical. Le groupe, très charismatique, s’est imposé sur scène avec une énergie et une complicité transcendante. En écoutant leur répertoire, impossible de ne pas plonger dans leur univers festif et coloré. Camping Sauvach’ semble avoir fait l’unanimité auprèsdu public. Pour clôturer cette sixième édition, c’est Thomas Dutronc, un virtuose de la guitare, et ses musiciens talentueux qui ont envoyé un cocktail de morceaux swings. Cet artiste manouche a brillé par sa prestation musicale. Il a agité la foule avec ses compositions les plus connues, alternant des titres de son ancien album « Comme un manouche sans guitare » et de son dernier « Silence on tourne, on tourne en rond ». Ses textes sont conviviales et ses arrangements soignés avec un orchestre de haute qualité. Devant la scène, les jeunes femmes étaient en admiration devant l’allure plaisante de l’artiste. Thomas Dutronc, qui représente la nouvelle génération de chanteur français, a plu aux Tournaisiens.

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Lui et sa bande de saltimbanques ont clôturé avec brio le Tempo Festival avant l’explosion de feux d’artifice. Rendez-vous l’année prochaine pour d’autres découvertes musicales !

Textes et photos:

Nele De Smedt et Stellina Huvenne

18 septembre 2012


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

En même temps, entre la tresse en macramé et en perles de bois, entre le pull tissé main avec de la laine d’alpaga élevé en haute montagne au sommet du Machu Picchu et entre les bijoux faits en tranches de bananes et en fèves de cacao, il y a de quoi faire. Sa jolie tresse se termine à temps pour notre dernier concert, celui de Stephen Marley.

Sans conteste, ce dimanche est la meilleure des journées. Mon moral qui se retape sûrement. Et sans conteste, c’est les toulousains du groupe Zebda (Zibdah en arabe, beurre en français) qui récoltent mes h o n n e u r s , m e s fl e u r s e t m e s clameurs. Ce ‘vieux ‘ groupe met d’emblée l’ambiance et ouvre magnifiquement ce troisième jour de festival. Qu’on connaisse ou non les paroles, peu importe, la complicité et la force sur scène sont communicatives et le public suit la bonne humeur des beurs toulousains avec plaisir. Et il fait chaud, si chaud qu’on en viendrait à tomber la chemise d’ailleurs. La journée est excellente. Si excellente que mon amie et moi abandonnons nos Hoegaarden Rosée pour quelques cocktails. Niveau scène, on se contentera de Titan et d’Univers. Aller et retour. Avant Zebda, j’entraîne mon amie vers Univers pour écouter un peu du célèbre Buena Vista Social Club. Un incontournable, ne serait-ce que pour dire « je les ai vu, je les ai entendu ». Ca vaut largement le coup de se plonger quelques instants dans l’univers chaleureux de ce groupe mythique. Buena, Zebda, Brigitte à Univers maintenant. Brigitte, ça ne vaut pas une place de concert. Trop lisses, trop parfaites. Les ayant déjà vues à l’AB, je suis déçue d’assister exactement au même spectacle. Les mêmes robes, les mêmes danses, les mêmes remarques, bien rôdé tout cela. Brigitte, ça cartonne sur

CD mais en concert, moi ca me laisse de glace. Pas une petite bévue pour rendre le concert unique. Mais bon…en contre partie, on fait connaissance avec deux chouettes bonhommes. Hélas, nous abandonnons les Brigitte et nos bonhommes pour nous diriger vers Titan pour Gogol Bordello. Gogol, on peut comprendre. Bordello aussi. 10 musiciens menés par un moustachu nommé Eugène Hütz qui envoie du gros son. C’est un grand n’importe quoi qui fait plaisir à voir et à entendre. Gogol passe Ayo arrive. Elle, c’est de la fraîcheur à l’état pur. Rayonnante dans sa robe blanche. On se balance un peu et on profite de sa superbe voix. Ayo jongle avec la simplicité de ses airs et la profondeur de ses paroles. Mélange agréable. Le public se balance et déguste. Dimanche sous le sceau des « concerts inachevés ». On ne voit pas la fin d'Ayo pour arriver pile poil au concert de Ben l’Oncle Soul. Déjà vu, mais mon amie et moi, on ne s’en lasse pas. De la soul des années soixante, à la française, trois beaux jeunes hommes habillés façon « petit écolier de Lu». Ca groove, ça swingue, ça fait plaisir. Un peu comme Jali, Ben à une banane Chiquita de part en part du visage. Pas le temps de le terminer encore une fois. Je pars à la recherche de mon amie qui a succombé à l’appel des sirènes ethnico-éco-babacool.

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Ne connaissant que très peu la musique de Bob Marley, j’ai bien du mal à me rendre compte que notre fort sympathique et rondouillard Stephen reprend beaucoup de titres de papa. Rien de fort dérangeant pour moi. Pour mon amie un peu plus connaisseuse, cet hommage est trop envahissant. A trop chanter papa, on ne se chante pas assez. Le concert reste chouette pour celui qui se contente de reggaetiser son corps et de se laisser couler dans l’ambiance. Dernier concert, je suis au bout du rouleau. Le festival et les à cotés qui m’ont épuisé. Pour cette cuvée 2012, je trouve que Couleur Café tient pas mal de promesses. La ligne de conduite générale est suivie. Niveau organisation, rien de particulier. Je n’ai pas eu à me plaindre. Si vraiment je devais chercher la petite bête, ce qui a manqué à ce festival c’est bien le bracelet que l’on peut récupérer pour le côté souvenir. Même si la feuille avec code barre à scanner reste une excellente idée. Ne serait-ce que pour ceux qui perdent leurs places. Facilement ré imprimable. Avec plaisir j’ai couvert ces trois jours et suis satisfaite de chaque concert. Celui qui te donne des frissons, celui qui te plait et que tu découvres, celui que tu attendais, et enfin, celui ‘à l’arrache’. Belle édition pour ma part.

Elodie Kempenaer


U O C N CO

S R

é c a c i d é d m u e b s l a u ’ l e e h t n Gag e Skip d

Pour participer, envoie ton nom et ton prénom à concours@lesuricate.org et réponds à la question suivante : Quelle est la ville d’origine du groupe ?


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Brussels Summer Festival Nos confrères Elodie Kempenaer et Céline Poissonnier se sont rendues au Brussels Summer Festival qui se déroulait du 10 au 19 août. Voici quelques’uns des meilleurs moments relatés par chacune d’entre elles.

Q

uatrième jour au Magic Mirror

Leonard Cohen. Rien que le nom chante déjà le blues. Alors de son fils, Adam Cohen, on ne peut qu’attendre autant de talent. Adam Cohen, du blues intimiste, romantique, sensuel. Moi, même si j’ai trop chaud et que la position debout me donne mal au dos, je suis charmée par la voix du digne héritier Cohen. Dans un français parfait, de sa voix grave et douce, Adam nous parle, nous fait rire et nous jette en plein cœur des chansons touchantes. Une foule attentive et captivée, respectueuse devant tant de talent et de générosité. Voilà, j’ai tout dit de ce concert. Le reste, ca tient du ressenti, du viscéral, du poil qui se hérisse, de la peau qui frisonne. Une perle, un sublime moment. Et une belle surprise lorsque le père, Léonard Cohen en personne, vient accompagner son fils. D’une pierre deux coups. Le père et le fils, la légende et la relève déjà bien relevée. Un duo qui ravit tout le monde. Fan ou pas, connaisseuse ou pas, je sais lorsque j’assiste à un moment unique. Une fois le père parti, Adam reprend ses titres entre deux trois blagues bien placées et ma foi, bien drôles. Un concert magique qui chose rare me donne envie de revoir l’artiste. Je quitte le chapiteau sur un petit nuage de blues. Adam a une classe folle sur scène. Classe, charme et talent. Quelques minutes après Adam vient Maria D qui reprend le répertoire de Piaf. Je pressens que la salle sera

remplie. Pour preuve, les chaises ont été enlevées. Je me trompe la salle n’est pas surchargée, elle est comme il faut et tout le monde est assis. Piaf s’écoute assis ? Tant mieux, cela me convient. Le public ainsi installé, cela présente de nombreux avantages. Une vue imprenable sur la scène et possibilité de s’installer comme chez soi. Cela me permet aussi d’enregistrer sur mon dictaphone quelques chansons pour une amie. Cette amie est une

m’arrachent des larmes. Je me retourne pour voir si je suis la seule nouille à faire ma madeleine Wallace. On dirait que oui. Pendant une bonne heure trente, Maria D ne fait pas des économies sur la bonne humeur et le partage. On sent qu’elle est une grande admiratrice de Piaf, elle met beaucoup de cœur et d’émotions dans chaque chanson. Je vais être honnête, parfois, elle se répète dans ses transitons et vers la fin, cela devenait très très long mais bon…c’est la fin qui était la plus émouvante. La fin du spectacle et la fin de l’histoire d’amour entre Marcel Cerdan et la Môme. Un « Je ne regrette rien » parfait. A voir une fois mais pas deux. Mais ce n’est que mon avis. Belles découvertes et beaux moments. Je suis bon public, mes critiques sont

Sixième

jour sous le chapiteau grande fan de Piaf. Elle a tendance à piaffer et râler quand un artiste reprend et massacre la Môme. A mon humble avis je crois que pour le coup, elle n’aura pas l’occasion de le faire avec Maria D. Que du Piaf rien que du Piaf. Si on n’aime pas Piaf, on sera au minimum emporté par ce petit bout de femme énergique qui s’approprie les chansons pour nous les ressortir ‘comme avant mais avec un petit truc en plus’. Un spectacle avec un début et une fin, comme une histoire, comme l’histoire de Piaf. Je redécouvre des classiques tels que l’Hymne à l’amour, Mon Dieu, L’Accordéoniste, Milord. L’Accordéoniste et Mon Dieu

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rares. Ici, encore une fois, il n’y en aura pas. Le talent et l’intensité des concerts ne feront qu’aller crescendo. Mise en bouche avec le duo Coffee or not et leur rock doux. Couleur Coffee pour la belle Soho et or not pour Renaud. Ils déballent un rock doux, très doux. Un petit café serré plein de sons à suivre. Efficace. On passe du café à une saveur plus acidulée, plus folle avec Kiss and Drive. Kiss and Drive c’est un bout de femme du nom d’Elisabetta Spada, une italienne pimpante, pleine de fraîcheur, d’humour.


Accompagnée par deux excellents musiciens et de son loopstation, elle crée sous nos yeux l’air de ses chansons, nous faisant partager ses délires de créations. Ca sent une journée de printemps dans les prés, ça sent le rosé siroté sur une terrasse, ça sent la bonne humeur. Le chapiteau est bondé et rare sont les personnes qui osent le quitter. Personne ne veut prendre le risque de rater un seul instant de cette superbe prestation. Elle est tout à fait ravissante, sympathique. Avec son petit accent italien elle fait décoller le Magic Mirror. Chacun a le sourire aux lèvres car personne ne reste insensible au charme de Kiss and Drive. Chanson pop, folk, folle, c’est tout ca qu’elle nous jette à la figure pour notre plus grand plaisir. Ah j’oublie, pour ceux qui ne le sauraient pas, un loopstation c’est comme un studio d’enregistrement portable. Il est utilisé par nombreux chanteurs et chanteuses, dont Anaïs par exemple. Il ‘suffit’ d’enregistrer son bruit, sa voix, son cri et ainsi de suite jusqu’à ce que la mélodie prenne forme. Cet instrument rend du coup un concert plus vivant que d’habitude. Avec cette impression de participer un peu aux coulisses du disque, de voir comment l’artiste travaille. Et un travail, cela l’est. J’ai admiré la manière décalée dont Elisabetta s’est servi de son loopstation. Je suis une fan absolue de ce petit instrument qui me fascine. A regret, le concert se termine. Sur la scène du mont des arts, Thomas Fersen se préparera. Que choisir, lui ou la suissesse inconnue ? J’aime l’inconnu et l’aventure, je reste. Ah mais que voilà la plus qu’excellente décision que j’ai prise. Une des meilleures de ma vie. Anna Aaron, voici le nom de cette, comment dire, envoutante jeune femme. Après Kiss and Drive et son pop acidulé près du ciel et des nuages, avec Anna, on redescend pour plonger sous les montagnes et dans nos sensations vives. C’est une claque musicale et scénique. Un rock puissant, un son puissant, une voix puissante. Elle est belle et totalement envoutante, du moins, moi, je n’arrive pas à détacher mes yeux d’elle. Sa voix est puissante et maitrisée. Elle peut la brider tout comme lâcher les chevaux et faire vibrer les tissus de velours rouge du chapiteau. Un

spectacle où rien n’est à jeter. Peu causante, elle enchaîne les chansons avec perfection. Pas une minute de repos pour mes oreilles et j’en suis ravie. 26 ans et deux albums. 26 ans et du talent jusqu’au bout des ongles. Notez que c’est sa première prestation en Belgique. Elle, son batteur, son guitariste et sa « femme à tout faire » à la voix, au sample et à la guitare récolte une ovation. Le trio gagnant pour une soirée exceptionnelle!

Elodie Kempenaer

D

ernier jour très toride! Par ce samedi particulièrement caniculaire et sous un soleil de plomb, le chanteur Rover et ses musiciens ont fait patienter le public une bonne demiheure avant de monter sur scène. Vêtu d'une simple chemise et d'une veste de costume (par cette chaleur, courageux le Rover!) et caché derrière une paire de lunettes noires, Rover a salué comme il se doit Bruxelles. Après un petit «Aqualast» (il fallait bien ça pour nous rafraîchir), Rover a enchaîné quelques-uns des meilleurs morceaux de son premier album comme «Goodnight». Rover a déclaré «J'aime Bruxelles. Je venais souvent et je viens encore souvent à Bruxelles. Bruxelles, c'est bien mieux que Paris!» sous l'acclamation d'un public surchauffé sous ce soleil. Une heure de bon rock, ça passe vite, mais sous le soleil par 35 degrés, c'est plus éprouvant... Une Madame Fontaine fort sympathique distribuera aux plus assoiffés des gobelets d'eau et ce, gracieusement offerts par la ville de Bruxelles que l'on peut remercier. Juste le temps de se réhydrater, que le prochain groupe fort attendu de la soirée se prépare. Il faut dire qu'avec leur annulation au Ronquières Festival, les Skip The Use étaient fort attendus.

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Particulièrement par certaines fans ou devrais-je dire, par certaines groupies! Dès les premiers accords de «Ghost» (leur dernier tube), c'est un public connaisseur et venu en masse qui a commencé à hurler. La nuit commence à tomber sur Bruxelles tandis que le chanteur Matt, lui, a de l'énergie à revendre. Vu la chaleur ambiante cumulée à celle des projecteurs, Matt a vite retiré son t-shirt orné d'un canard jaune pour le plus grand plaisir de ses fans féminines. Skip a enchaîné un «People in the Shadow» (on aurait bien voulu l'être!) explosif, un «Give Me Your Life». Matt nous a encore fait la démonstration de sa souplesse en sautant en grand écart. Bref, du Skip The Use comme on l'adore! Je dois vite me rendre sur l'autre site du festival, un chapiteau orné de miroirs, où la jeune chanteuse se présente sur une scène à la lumière tamisée et la guitare à la main à quelques mètres seulement de son public confortablement assis. De sa voix particulièrement suave (qui me fait penser à une certaine Sade) a transporté son public avec ses jolies ballades rythmées aux sons des accords des guitares. Les morceaux de la belle demoiselle toujours souriante se succéderont, avec des mélodies toutes agréablement douces et entraînantes. Même si je ne connaissais pas son répertoire, j'ai eu envie de fredonner et de danser. Une belle découverte en ce qui me concerne. Il est plus de 1h00 du matin, la nuit est cette fois bien tombée et l'air commence seulement à se rafraîchir un peu. Tandis que les rues se vident, les bars ne désemplissent pas mais ne servent plus. Les échoppes s'apprêtent tout doucement à baisser leurs persiennes. Le BSF, et plus particulièrement la dernière soirée, fut un succès incontestable.

Céline Poissonnier

18 septembre 2012


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Francofolies de Spa : Premier jour

Ouverture en fanfare! C’est avec grand plaisir que je reviens à Spa pour ce festival. Le soleil est là et nous suivra tout le long. Avant de m’embarquer dans la critique des concerts en eux-mêmes, petite description du site: Spa, ville thermale, dans le creux d’une vallée ,ce qui offre un paysage verdoyant et apaisant. Sympathique ville. Lorsque le festival s’installe, on a l’impression que toute la ville vit au rythme des Francos. Chaque coin de rue est pris d’assaut par les roulottes à Hamburger-Hotdog-Superhotdogsaucisse de campagne, par les crêpes, pas les bars en folies,…bref, par l’esprit Francos. Il n’est pas nécessaire de rentrer dans le village ou de prendre son

ticket pour les grandes scènes pour profiter de l’ambiance et s’amuser jusque tard dans la soirée. De plus, tout est bien indiqué, les points d’échanges bien visibles, moult points de renseignements. L’organisation sur place ne laisse pas à désirer. Il est 13h quand j’arrive à Spa. Le temps d’aller chercher mon badge, d’acheter mes jetons, de retirer de l’argent. Mon amie me rejoint pour inaugurer ces 19ème Francofolies avec le groupe Camping Sauvach’. Ce nom me dit bien quelque chose mais je n’ai jamais écouté une seule de leurs chansons. Je me suis fait une idée d’eux proche de celle que j’ai des Gauff’ au suc’. Pas vraiment mon style de musique. Comme je me suis trompée. Finalement, assez proche de ce que j’aime. Style manouche, sonorité des Balkans, chansons à texte, petit côté guinguette. L’accordéoniste et le chanteur en béret et petit gilet gris sur chemise rouge terminent d’asseoir ce que je pense d’eux. C’est le premier

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concert dans le village. Le public est encore peu nombreux et un peu froid. C’est donc un challenge pour le groupe. Il se doit de nous réchauffer pour nous mettre dans de bonnes conditions pour la suite. (Paris assez bien réussi en ce qui me concerne.) Aux Francos, pour celui qui aime élargir son horizon musical, pour les binômes qui combinent leurs connaissances, le timing est serré. A peine le temps de faire un tour qu’on vient se réinstaller face à la scène pour Anaïs. Elle, elle reste fidèle à elle-même. S’amusant sur scène avec ces reprises de vieilles chansons, elle nous amuse aussi. Reprise n’ayant pas pris une ride et se confondant assez bien avec les styles musicales d’aujourd’hui. Un peu à la Music Hall, Anaïs se plaît sur scène et nous le fait partager. Un concert simple, mais plein de chaleur. Les mimiques et la gestuelle atypique et assumée de la chanteuse attirent les photographes qui s’agglutinent en frontstage pour la mitrailler. Une fois Anaïs partie, C’est vers la scène Ice Watch ,pour voir Skip the Use ,que nous nous dirigeons. Alors , là, internet sera mon ami pour vous parler un peu de ce groupe. Je ne le connais ni d’Ève ni d’Adam, mon amie oui alors je la suis, curieuse. Skip the Use est un groupe de rock lillois, crée en 2008 avec les 5 anciens membres du groupe Carving. Le groupe grandit et marche fort bien. Musique rock énergique, très énergique. Ça sautille beaucoup sur scène, surtout le chanteur Mat Bastard (qui profère à mon goût un peu trop d’insultes à la minute mais bon.. je lui pardonne car la musique me fait bouger.) Ce n’est pas ce que j’écouterais de moi-même mais l’énergie dégagée sur scène remplace une attirance de base et me suffit pour apprécier le concert. Seulement pour une heure. C’est là que j’apprécie le côté frustrant d’un festival où les groupes n’ont pas toujours le loisir de s’étaler dans l,e temps. Moralité, Skip the Use est une bonne découverte que je n’irai pas redécouvrir, plaisir éphémère. Rien ne vaut un bon rock bruyant avant de s’installer sous le Dôme Fortis pour le concert d’Ours.


Ah Ours! Mon coup de cœur, ma friandise. Troisième fois que je le revois et je ne m’en lasse pas. Bémol. Le Dôme Fortis. On sent bien que cette scène places assises, c’est le salon de thé des plus de 25 ans qui viennent reposer leurs jambes. Je l’aime bien moi ce Dôme pourtant. Du coup, pour Ours, je ne suis pas sûre que la moitié des personnes assises soient là pour lui. Autant dire que le début est une vraie torture. Pour moi qui adore ce chanteur et qui chante volontiers avec lui, pour lui surtout qui tente vaille que vaille de faire bouger cette foule amorphe. Mon côté hypra sensible vient au galop. J’espère un miracle, j’espère un soulèvement de foule. Mais rien. Il invite sur scène un de ses amis parisiens, un noir avec de l’énergie à revendre. La chanson s’appelle « Danse » ou quelque chose de ce genre. Le public est invité à venir danser. Ah bah ça tombe dans l’oreille d’un sourd. Il n’y a que le couple à côté qui se décide. Mon amie suit le mouvement et m’embarque. J’hésite un peu mais ne regrette pas. Ou là, on sent que ce concert me tenait à cœur. Reprenons les choses dès le début. Ours est un des fils d’Alain Souchon. Il s’est fait un nom avec un premier album Mi et son titre « Le cafard des fanfares » . Proche de son père pour ce qui concerne les chansons à texte, l’univers d’Ours est un univers très doux, poétique, un peu rêveur. Il joue avec les mots pour en faire des textes simples mais jamais simplistes. Après Mi, il sort l’album El avec la chanson phare « Balancer ». Et sur scène, il balance. On dirait un funambule désarticulé, décalé. Il bouge bizarrement, il parle avec une voix toute calme et vit ses chansons. Il mérite que le public se réveille un peu. Nous voilà donc cinq tondus et deux pelés devant la scène à danser. Une fois la chanson finie se pose la question de « revenir sur sa chaise où rester devant et monopoliser la vue ? ». Je fais un effort sur-humain et opte pour la solution « restons fièrement debout et dégustons ce concert ». Résultat, petit plaisir personnel de montrer qu’il n’y a pas que des apathiques, des timides chroniques, des « je suis là part hasard » qui assistent à son concert. Avis non objectif, j’étais déjà conquise avant d’arriver au concert. D’accord, ce n’est pas de l’électro, du rock mais ses mélodies sont assez rythmées pour appeler la position debout et quelques pas de danses. Puis, on ne peut lui reprocher de la jouer perso, il cherche toujours à prendre le public, à l’emmener avec lui dans sa musique et dans son monde. Moi, je n’ai pas refusé le voyage, je suis satisfaite, conquise, toute chose. Et pour terminer le tout, un merci particulier de la part d’Ours à chaque valeureux danseurs du jour qui sont venus animer le devant de la scène. Vu la tartine pondue, vous comprenez aisément qu’Ours, c’est mon bijou du jour. Moi, je suis ravie, je peux partir en paix. Mon amie ,elle,attend Shaka Ponk. Le « papa » de Skip the Use. Shaka Ponk, cela ne me dit rien. Rien de rien. 21H30…toujours pas de signe du groupe. 21h45, ils arrivent enfin. La moyenne d’âge doit être de 18 ans. Avant que je ne vienne avec mes souliers de critique, petite présentation. Ce groupe originaire du Nord de la France ce serait fait remarquer en Allemagne avant de lancer définitivement leur carrière à leur retour. D’influence électro, punk et rock, à la base le groupe voulait créer un groupe « zen » mélangé à des sons métal. Le nom même du groupe rappelle cela, Shaka pour le nom du premier bouddha et Ponk en référence au punk qui traverse leurs chansons.

Comme Skip the Use, ce n’est pas ma tasse de thé mais cela me plaît. Enfin, a commencé à me plaire une fois que j’ai protégé mes tympans du boumboum incessant grâce à des boules Quies. Une fois le son filtré, le reste est bien passé. Shaka Ponk combine musique et performance vidéo en mettant en scène ,dans des clips délirants, le singe devenu symbole du groupe. La chanteuse se donne corps et âme, surtout corps en n’hésitant pas à tomber la chemise. Pour le plus grand plaisir du monsieur devant moi qui ne cesse de la mitrailler avec son gros appareil photo. Dans ma bulle, Shaka Ponk passe finalement plutôt bien. Découverte sympathique. Bon, mon amie et moi délaissons la fin du concert, le chanteur s’étant mis en tête de nous faire un discours long comme mon bras. Fatiguée. Nous terminerons le festival sur cette note mi-figue miraisin. Et moi, je rentrerai toute contente de mes photos et en amour pour Ours.

Elodie Kempenaer

Dans notre prochain numéro Nous terminerons cette saison bien remplie par: - le Leffe Jazz Nights, - le Ronquières Festival - et enfin Un Soir Autour du Monde

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18 septembre 2012


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Le plein de bêtises au BétiZfest! C’est au Palais des Grottes de Cambrai que nous nous rendons ces 2, 3 et 4 Mars 2012 pour la 10ème édition du BétiZfestival. Cette année nous avons droit à deux scènes, ce qui permet de ne ménager aucun moment creux au public. Ce festival n’en est plus à son coup d’essai et a déjà accueilli quelques grands noms lors de ses éditions précédentes. Pour cet anniversaire, nous ne serons pas lésés! Nous avons suivis pour vous ces 3 jours intenses...

Le nombre impressionnant de groupes présents nous a empêché d’interviewer tout le monde. N’y voyez aucune discrimination, il a fallu faire un choix et il ne fut pas facile. L’ouverture des portes se fait en fin de journée le vendredi 2 mars, le monde arrive calmement, découvre les échoppes, et achète la monnaie officielle du weekend : L’EuroBetiZ. Les premiers arrangements se font entendre et c’est LE DUC FACTORY qui ouvre le bal. Ce groupe issu de Lille nous fait découvrir sa musique Rock Psychédélique et attire le public devant la grande scène. Pour la suite, c’est un autre groupe Lillois qui fait son apparition. LA DIVISION NADA nous emmène au son de l’accordéon, au fil de ses balades. Parmi elles, nous vous conseillons «La Traversée», et «L’Afficheur». Le public commence à bouger, d’autres sont arrivés, La Division Nada fait l’unanimité. Nous avons recueilli leurs impressions à leur sortie de scène. - Salut, comment vous êtes-vous rencontrés? - Gros Nico a commencé à écrire des textes dans la cave de Mamy, puis les autres sont arrivés, on a commencé à répéter dans une caravane. On vient d'univers différents. Puis on s'est dit qu'il manquait un accordéon alors le chanteur s'est mît à en jouer. Le groupe tourne depuis 2 ans et 3 mois et il joue de l'accordéon depuis ce temps-là. On est devenus potes et maintenant on est toujours ensemble. Comme une famille. - Un album, un EP en préparation? - On devrait sortir un album dans 2 mois, et le distribuer lors de nos concerts. - Quelles sont vos influences musicales? - On essaye de garder un fond de vieux punk avec nos influences flamenco, musiques du monde. On se veut être un groupe inter-générations et convivial.

La Division Nada

- Où vous voyez-vous dans 5 ans? - Meilleurs que maintenant! Avec seulement 2 ans d'accordéon, le chanteur veut s'améliorer. On veut toujours être ensemble, sur scène. Avec plus de confiance, plus de public. - Quelle serait la scène que vous voudriez faire? - On a pas d'idéal, si on joue ça fait plaisir! Jouer ensemble pour rassembler les gens pour pas cher! Mais pour répondre, le Stade de France ou le Super Bowl. -Merci et bonne chance pour la suite! -Merci à vous.

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C’est au tour d’un grand nom de la scène française qui monte sur les planches. LES FATALS PICARDS allient à merveille Punk, Reggae, Rock, et chants engagés. Débordants d’humour et d’auto-dérision, Les Fatals Picards ont menés l’ambiance à son paroxysme. La fin de soirée est assurée de main de maitre par MON COTE PUNK, un groupe indépendant fondé par Mourad Musset de La Rue Kétanou. D’agréables sonorités nous enflamment une fois encore pour ensuite nous bercer et nous préparer aux évènements du lendemain. Ce samedi 3 mars commence en fanfare par des ateliers cirque et arts de la rue. Le public arrive plus en masse que la veille et se prête aux jeux qui lui sont proposés ne remarquant pas tout de suite les arrangements du premier nom de la journée. RADICAL SUCKERS est un groupe de Valenciennes aux sonorités Rock qui a semble t il un bel avenir devant lui! Rendez vous vite lors d’un de leurs concerts pour découvrir «Bomber», «Fight to Fire» et bien d’autres. Les Fatals Picards

Retour aux ateliers cirque et arts de la rue le temps que le prochain groupe se prépare. Et c’est devant un public de plus en plus nombreux que nous revenons devant la grande scène pour applaudir BRASSENS’S NOT DEAD. Ce groupe Punk, Rock, Alternatif originaire de Toulouse nous propose de découvrir ou de redécouvrir le grand Georges Brassens. Le spectacle est non seulement assuré par le groupe mais aussi par un animateur. De «Gare au Gorille» à «La Mauvaise Réputation» en passant par «Mourir pour des idées», le public acclame le jeu de scène étonnant de Brassens’s Not Dead Les groupes se succèdent et ne se ressemblent pas en ce samedi, ce sont tour à tour ZOE, CHARGE 69, FLATCAT un groupe bien de chez nous, NO ONE IS INNOCENT, TOXIC WASTE, SIDILARSEN qui se produisent devant les projecteurs pour le plus grand bonheur du public venu en nombre. La fin de soirée est, quant à elle, gérée par KOSMOS4000 VJ et DJ NETIK. Ce n’est que tard dans la nuit que le BetiZfest clôture sa seconde journée. Et tous repartent les oreilles engourdies vers le camping. Se réservant ainsi quelques précieuses heures de sommeil avant l’apothéose du lendemain. C’est en milieu d’après midi que nous nous retrouvons pour la dernière journée de festival, ce 4 mars annonce du lourd, du très lourd. Le public fait la file devant le Palais des Grottes avant même l’ouverture des portes.

«C’est la troisième fois que l’on joue ici, et ça nous plait toujours autant de venir au BetiZfest!» (L’Esprit du Clan). Nous avons rencontrés François l’un des membres de l’organisation pour qu’il nous en dise plus à propos du BetiZfest. - Bonjour et merci de nous avoir invités pour ce BetiZfest 2012. On va commencer cette interview sur une note dramatique. Nous avons appris ce matin le décès de l’un des photographes, peux-tu nous en dire plus? - Bonjour. Fred Loridant était un photographe de talent et quelqu’un de très apprécié au sein du BetiZfest. Il nous a toujours fait confiance depuis le tout début. Ca nous fait mal au coeur. On ne l’oubliera jamais, ça c’est sûr! - Comment est venue cette idée d’organiser un festival ici à Cambrai? - Je jouais dans un groupe et on voulait créer quelque chose pour promouvoir notre groupe et tous les groupes de la région. On s’est inspirés, on est allés voir quelques festivals comme Dour. Et nous voilà! Au fur et à mesure des années, nous nous sommes diversifiés pour en arriver cette année à deux scènes pour 3 jours de festival et un panel de groupes très éclectique. - Quel est le plus gros challenge que le BétiZfest vit au quotidien? - Le plus dur est d’arriver à rentabiliser le festival! Nous n’avons presque pas d’aides. J’en profite d’ailleurs pour remercier la Mairie qui chaque année nous prête la salle. - Que souhaiteriez-vous améliorer pour l’édition 2013 du BetiZfest? - On va essayer de garder les 3 jours de festival, et grossir progressivement. Le problème c’est de suivre au point de vue de la logistique. On va tout faire pour rester dans la continuité, pour survivre parce qu’en ce moment pas mal de fests se cassent la gueule. On aimerait également rester un festival indépendant avec la même lignée de programmation. - Quel groupe aimerais-tu absolument voir monter sur la scène du BétiZfest? - Déjà pas mal de groupes que j’adore sont venus ici, Lofo notamment. Le rêve... NoFx mais on parle d’un cachet de plus de 50.000 euros. - Qu’aimerais tu dire aux gens pour leur donner envie de venir au BetiZfest? - On est une grande famille de bénévoles, et on se casse le cul pour afficher un prix attractif, pour la musique! Donc venez nous soutenir et assister à cette belle aventure! - Merci et bonne continuation à vous tous.

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18 septembre 2012


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Dejà le premier groupe monte sur scène, il s’agit de GENERAL LEE un groupe Rock, Hardcore de Béthune. General Lee sait mettre une atmosphère et une ambiance tant sonore que lumineuse dans ses morceaux et nous avons pris grand plaisir à les réécouter. Nous avons juste le temps de changer de scène que déjà SIX DAYS AFTER monte sur les planches. Ce groupe de Lille aux influences Post Punk, et Rock nous fait découvrir son univers alliant deux timbres de voix très différents. Nous vous invitons à les découvrir par vous -même en écoutant «Right Corner» ou «Blackout» Se présentent ensuite sur les scènes DANFORTH et ORUGA deux groupe aux influences Hardcore, Expérimentale qui font encore monter l’ambiance d’un cran. Accueillis par un public toujours plus nombreux, L’ESPRIT DU CLAN et leur hardcore engagé démonte littéralement le peu de calme qu’il restait, les pogos et autres slams vont bon train. Un rapide changement de scène nous amène devant SKOR qui nous étonne notamment par ses reprises de groupes bien connus.

Black Bomb A intenses.

Skor nous laisse devant un autre nom bien connu qu’il n’est plus nécessaire de présenter BLACK BOMB A. Au programme, un bon live comme à leur habitude. Malgré la jambe plâtrée de Shauny le chanteur, Black Bomb A ne perd rien de sa motivation et nous emmène de «Mary» à «Pedal to the Metal» en passant par «Police Stop da Way» et son incontournable braveheart. C’est devant un large public que KILL FOR PEACE lance ses premières notes. Ce groupe Hardcore, Punk nous vient de Valenciennes et nous offre une succession de morceaux des plus

«Ca fait plaisir de voir une si bonne affiche! Vraiment, respect à l’organisation! On espère voir le BetiZfest grossir encore.» (Black Bomb A). La soirée touche presque à sa fin et c’est devant ETHS qui nous présente son tout nouvel album que nous la finirons. Ce groupe de Métalcore marseillais formé en 1996 n’en est plus à son coup d’essai et nous offre un show à la hauteur de sa réputation. Durant plus d’une heure, le public a repris en coeur les refrains de Candice et acclamé leur rappel. Pour notre part nous finirons cette soirée dans la loge, en compagnie du groupe, où Candice répondra à nos questions. - Bonsoir. Pourquoi tant de temps écoulé avant de nous offrir ce nouvel opus? - On a eu une longue tournée derrière nous, on a donc fait un break. - Puis je suis devenue maman et j’ai passé du temps avec ma famille avant de revenir en studio.

Eths

- Félicitations. Quelles sont vos influences dans l’écrit de vos morceaux? - Ce sont les expériences de la vie. Il faut se poser et vivre pour trouver l’inspiration. - Que répondez-vous aux critiques disant que le morceau «A la droite de Dieu» est extrémiste? - Ah, on dit cela? Ces gens n’ont pas compris, c’est dommage. - L’album «Samantha» était très personnel, en est-il de même pour «III»? - Ce nouvel album est beaucoup plus direct que les autres, au contraire de «Terratologie» qui va plus en zig-zag. Dans cet album, on trouve beaucoup plus de lignes directrices, il est plus abordable. - Quelle a été la scène ultime pour vous? - La première partie de Metallica. Et notre rêve serait de jouer avant Nine Inch Nails. - Merci et bonne fin de festival. En bref, le BétiZfest fait l’unanimité tant du point de vue des groupes que du point de vue du public. Ce qui n’était à l’origine qu’un petit festival d’une journée a bien évolué en 10 ans et évoluera encore. Nous retiendrons la gentillesse et la disponibilité de l’organisation et des bénévoles, l'acoustique et les lumières parfaites. Si vous hésitez encore, faites nous confiance. Le BétiZfest est, et restera, un festival incontournable pour tous les amateurs de bonne musique! Nous espèrons y être en 2013 et vous y retrouver!

Jérémie Piasecki et Vincent Pardoen

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Interviews

Jali Elodie a également eu la chance de rencontrer Jali juste après sa prestation aux Francos. Toujours généreux et souriant, celui-ci a bien entendu accepté de répondre à quelques questions Bonjour, Jali. Merci d’accepter cette interview. D’abord, comment s’est passé le concert ? Très bien merci, j’étais ravi et très bien sur scène. Vous êtes quelqu’un de très souriant et cela se ressent dans vos chansons, est-ce une question d’origine ou de caractère ?

Voilà, j’aime le langage directe, je n’emploie pas de mots compliqués, je n’emploie pas des mots que je ne dirais pas moi-même. Ma poésie se retrouve plus à travers les images, les métaphores que j’utilise. Ce n’est pas nécessaire d’utiliser des tournures de phrases alambiquées.

Pourquoi pas… L’idée ne vous dérange pas ?

Ce qui me fascine dans votre carrière, c’est que dans le fond vous avez seulement un an de plus que moi et vous êtes déjà sur scène. Comment vit-on cela à cet âge ?

Avez-vous des artistes qui vous inspirent réellement pour vos airs ? Pour vos paroles ?

On peut dire que dans vos textes et dans vos mélodies, vous visez la simplicité, vous cherchez à toucher rapidement le public ?

Dans cet album pensez-vous faire des collaborations ? Des duos ?

Non, l’idée me plait. J’aimerais par contre que cela se fasse naturellement, que je n’ai pas à aller chercher la collaboration. Depuis que je fais de la musique, j’ai rencontré énormément d’artistes que j’apprécie. Si un duo doit se faire cela se fera.

Non, nous sommes tous ainsi dans la famille. Ma mère sourit énormément aussi. Je suis quelqu’un d’optimiste. Cela se traduit dans l’air de mes chansons malgré le fait que parfois mes textes soient plus tristes, mélancoliques.

C’est difficile à dire. Toutes sortes de choses m’inspirent. Et encore, ce n’est pas une inspiration directe, c’est plus de manière inconsciente. La musique que j’écoutais quand j’étais ado, les premiers accords appris à jouer sur une guitare, du Bob Marley, du Ben Harper, Tracy Chapman. Du coup, dans mes compos et dans la manière dont je joue de la guitare cela se ressent aussi. C’est ce qui donne parfois des côtés un peu plus reggae, plus folk… Au niveau des textes, je ne me suis pas posé de questions. J’ai écrit les choses comme elles venaient, comme j’avais envie de les raconter. Maintenant il y a des artistes que j’admire, d’autres qui m’impressionnent. Cela fait partie d’un tout, c’est ce qui fait ma musique aujourd’hui.

commençons déjà par la base écrire et composer des morceaux.

Concernant votre titre phare, d’où vient le nom «Espanola» ? C’est une île aux oiseaux, près des îles Galápagos. J’ai découvert cela un soir, alors que je n’arrivais pas à dormir, dans un documentaire animalier. Cette île que les oiseaux rejoignent quand il fait plus froid où ils se trouvent. Cela m’a inspiré la chanson l’Espanola qui parle d’évasion, de se réinventer, de prendre le large quand le besoin se fait sentir. Après ce premier album qui est une belle réussite, où en êtesvous ? On est en plein dans la réédition du premier album, qui sortira fin aout début septembre normalement, avec des titres inédits et des nouvelles versions de titres de « Des jours et des lunes ». Et doucement, à côté de ça, nous penserons au deuxième album. Il y a déjà quelques chansons écrites. On ne sait pas vraiment où tout cela va nous mener mais bon,

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Ce n’est pas donné à tout le monde, oui. D’abord, j’essaye de garder la mesure de toutes choses, de garder les pieds sur terre. Pour avancer de manière sereine dans ce monde, il ne faut pas se laisser dépasser par tout ce qui se trouve autour. Autorité qui grandit, planning super chargé, etc. Le tout est de trouver du temps pour la famille, de trouver un équilibre. Jali, merci d’avoir accepté cette interview. Je vous souhaite une bonne continuation pour la suite. Et si j’ai l’occasion, je reviendrai vous voir.

Elodie Kempenaer


Charlie Winston Lors des Francofolies de Spa, Elodie a assisté à la conférence de presse de Charlie Winston. Voici les propos qu’elle y a recueillis. Comment pourriez-vous définir votre carrière aujourd’hui ? Comment pourriez-vous qualifier votre identité actuelle ? Le problème avec les identités c’est qu’elles forment un piège. C’est important pour moi de dire que je n’ai pas de carrière. Par exemple, je ne porte pas de chapeau aujourd'hui. Parfois j’en porte. Mais j’ai dû arrêter pendant un moment parce que ça devenait une cage. Donc, ma « carrière » a commencé depuis ma naissance. Mes parents se sont rencontrés dans un bar et ils avaient déjà une âme musicale. Quand j’ai eu 2 ans ils ont acheté un hôtel et leur souhait était d’en faire un lieu de divertissements. Il y avait des groupes qui jouaient, des pièces de théâtres, … Donc depuis tout jeune j ’ a i v u d i ff é r e n t e s f o r m e s d e divertissement. Puis mon père m’a mis la pression aussi. Mon père nous a donné à mes frères et moi des deuxièmes prénoms qu’on pourrait utiliser comme nom de scène. Je vous ai vu vous promener seul dans Spa pendant l’après-midi, sans vous cacher et sans escorte. D’autres artistes aussi connus ne font jamais ce genre de chose. Pourquoi êtes-vous comme ça ? Je ne me considère pas supérieur aux autres, je suis un être humain imparfait, comme les autres. Mais je comprends que certaines célébrités doivent porter des lunettes de soleil et parfois ça m’arrive aussi. C’est pour éviter les regards (eye contact). Je déteste ça, éviter les regards. Pourtant, de temps en temps, c’est nécessaire, en tant que célébrité. Le contact du regard peut être pris

comme une invitation à bavarder. Mais parfois, je n’ai envie de parler à personne. Donc je peux comprendre mais je suis aussi un adulte et je peux dire non aussi. Tout le monde n’a pas l’assurance ou la confiance en soi pour faire ça. Je crois que les gens te respectent quand toi-même tu les respectes.

culture dans laquelle j’ai été éduqué. Quand j’ai eu 21 j’y suis allé pour faire quelque chose de tout à faire différent. Je voulais aussi apprendre à jouer du tabla. Ca a eu un énorme impact sur moi car je me suis senti plus relax qu’en Europe car il y a plus de confrontations entre la vie et la mort, pas d’une laide façon mais d’une façon positive. Ca m’a beaucoup inspiré. Pourquoi le titre de l’album ‘running still’ est barré?

Qu’est-ce que vous pensez du public belge ? Je ne fais pas de différence entre les publics mais je peux vous dire que mon public est toujours super et j’en suis très heureux. Ce que je peux dire c’est que la mentalité est similaire à celle des Anglais en comparaison avec la France. C’est intéressant car plus on va dans le nord de l’Europe, plus il y a de communication de l’esprit plutôt que du cœur. En Belgique, c’est un mélange des deux : l’esprit et le cœur. Vo u s a v e z v o y a g é e n I n d e , comment cela a-t-il influencé votre musique ? J’ai longtemps voulu y aller, je voulais changer la conception de la

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Il y a beaucoup de raison pour ce titre mais c’est surtout parce que les choses sont plus belles quand elles ne sont pas parfaites. Le titre est barré car je voulais dire que c’est un processus continu et même si l’album est terminé, sur la scène il continue à être travaillé. Aussi, en anglais, still veut dire ‘calme’, stay still veut dire rester calme, et still peut aussi vouloir dire ‘encore’. Je trouve que cela reflète l’esprit de l’album, où je me trouve. Beaucoup d’artistes belges francophones chantent en anglais, qu’est-ce que vous en pensez ? Ça peut marcher mais ce n’est pas souvent le cas. Je ne suis pas contre, et je peux comprendre pourquoi ils le font. Car si tu peux toucher plus de gens c’est super. J’ai des amis qui le font et je les aide mais je pense que c’est important de ne pas oublier qui ils sont. Tu peux rester toi-même et chanter dans ta propre langue. Dans toute interprétation c’est important de transmettre de ta personne, c’est en fait une question de communication.

Elodie Kempenaer 18 septembre 2012


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Nouveaux albums et singles The Vaccines «Come of Age»

Sony Music

The Vaccines, c’est le groupe londonien à la mode. Après avoir explosé avec leur premier album What did you expect from the Vaccines, les quatre amis nous reviennent avec Come of Age. Cet album était fortement attendu par les critiques britanniques voyant le groupe comme une étincelle éphémère surfant sur la vague très populaire de l’indie rock. Après trois morceaux écoutés, on peut dire que les anglais ne déçoivent pas et confortent même leur place d’incontournables de la scène contemporaine. No Hope et Teenage Icon sont certainement les meilleurs plages du disque et reflètent à eux seuls l’esprit «young» du groupe. Bien inspirés par leurs prédécesseurs comme The Strokes ou, dans une moindre mesure, les Ramones, ils nous offrent un LP 11 titres loin d’être désagréable même si on notera l’égarement Weirdo qui sonne comme un essai raté de rock alternatif et coupe littéralement la motivation engrangée à l’écoute des morceaux précédents. The Vaccines, c’est certain, continue son ascension vers une consécration européenne. Fonctionnant plus en Flandre qu’en Wallonie ou en France, le groupe doit cependant trouver sa marque de fabrique qui lui permettra une marginalité plus marquée. De fait, cet album nous fait irrémédiablement penser aux groupes desquels ils s’inspirent et flirte fortement avec la tonalité lyrique de Franz Ferdinand. Au bilan, ce second album a été bien construit et transpire un professionnalisme indéniable. Un disque destiné à un public jeune avide de rock léger.

Matthieu Matthys

Art Garfunkel «The Singer»

Sony Music

On se souvient de la réédition de «Graceland», l'excellent album de Paul Simon qui avait révolutionné la musique lors de sa sortie il y a 25 ans. Voici à présent le nouveau disque de son acolyte Art Garfunkel qui nous offre un double album reprenant l’ensemble de sa carrière. A l’écoute de cette rétrospective, on est surpris par la diversité des mélodies. Bien entendu on retrouvera les classiques du duo Simon & Garfunkel tels que «Bridge Over Troubled Water» ou «The Sound of Silence», mais au delà de ces titres connus de tous, on découvre véritablement une discographie trop méconnue du grand public. Il est vrai que aussi bien du coté de Simon que de Garfunkel, le succès de leur duo a joué parfois un peu défavorablement à leur carrière lorsque leurs routes se sont séparées. Ce double album permet donc à ceux qui le connaissent mal de découvrir ce chanteur à la voix douce et remplie de tendresse. On se rend compte qu’au fur et à mesure, Garfunkel s’est éloigné du folk traditionnel pour s’essayer sur divers styles plus jazz comme dans «Two Sleepy People» et aussi de très belles balades au piano comme «Skywriter». Il y a aussi quelques titres plus pop comme «Break Away» ou bossa nova comme «So Long, Frank Lloyd Wright». Bref tout le monde y trouvera son compte dans cette superbe compilation de 34 morceaux! Le livret qui accompagne cette anthologie est très bien fait aussi. On peut y retrouver des notes du chanteur sur ses inspirations ou les circonstances qui l’ont amené à composé telle ou telle chanson. A écouter donc pour tous ceux qui veulent découvrir ce chanteur talentueux.

Christophe Pauly

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Fozzy est un groupe de heavy metal assez particulier. En effet, celui-ci est composé d’anciens membres de Stuck Mojo comme Paul Di Leo (qui a Fozzy contribué à l’album «Ometrà» de Adrenaline Mob avec Mike Portnoy à la «Sin and Bones» batterie) et (plus étonnant) de Chris Jericho au chant! Cela peut surprendre à première vue, mais oui, le champion de catch est aussi chanteur à ses heures. Beaucoup de critiques étaient faites d’ailleurs au sujet de ses performances vocales. On peut dire qu’en tout cas il semble s’être amélioré sur ce disque qui semble plutôt réussi et sonne très bien. Le premier titre («Spider in my mouth») est déjà intéressant à écouter car il commence par donner une ambiance (comme avant un match de catch dirait-on) une mélodie jouée par une boîte à musique et on peut entendre une voix d’enfant discordante en fond ce qui donne une sensation assez réussie. Un premier titre très chouette avec de bons riffs, un groove staccato très typique dans le metal d’aujourd’hui et qui plait beaucoup et un refrain facile à chanter. Il y a aussi des invités sur cet album comme M. Shadows (Avenged Sevenfold) dans «Sandpaper» qui sonne beaucoup plus «radio» et est évidemment le premier single. «Blood Happen» par contre est beaucoup plus heavy et montre la flexibilité de ce groupe qui peut produire Century Media parfois des riffs très puissants «Inside my head» est une balade très bien composée qui fait un peu penser à du Def Leppard. «Sin and Bones» marque un retour au heavy et plaira certainement en live (un des meilleurs titres de l’album selon moi) «Shine Forever» sonne plutôt comme une chanson récente de Ozzy Osbourne avec des riffs à la BLS. «Dark Passenger» sonne plus progressif mais n’est pas le morceau le plus réussi.. et enfin «Storm the Beaches» qui clôture ce disque est une chanson parlant des soldats en Normandie et est très heavy et bien arrangée. Un excellent disque, donc, diversifié et de qualité. A écouter sans tarder!

Christophe Pauly

Quatre ans après son dernier album, Noa est de retour avec un triplé. Trois albums en un qu’elle présentera en concert au Théâtre du Châtelet le 28 février 2013.

Noa «The Israeli Songbook»

« The Israeli Songbook » explore les limites de la chanson israélienne contemporaine, depuis son origine, ancrée dans une tradition folklorique, en passant par des compositeurs classiques. « Noapolis » est une collection de chansons napolitaines créées avec le « Solis String Quartet » de Naples. Ce projet est né d’un grand amour pour l’Italie et d’une résonnance profonde avec l’héritage musical napolitain. Le tout dans une grande sensibilité et une grande beauté. « Live avec le Solis String Quartet » on retrouve les chansons du répertoire hébraïque classique, de l’anglais et du yéménite, incluant les tubes « I don’t know », « Beautiful that way, « Ave Maria ».

Pinorekk

On retrouve dans ces trois albums tout le talent de Noa, sa voix enchanteresse, son interprétation pleine de sensibilité. Une très belle réussite qui sortira le 22 octobre. Bref tout le monde y trouvera son compte dans cette superbe compilation de 34 morceaux! Le livret qui accompagne cette anthologie est très bien fait aussi. On peut y retrouver des notes du chanteur sur ses inspirations ou les circonstances qui l’ont amené à composé telle ou telle chanson. A écouter donc pour tous ceux qui veulent découvrir ce chanteur talentueux.

Marc Bailly

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18 septembre 2012


actu musicale ... et pour Françoise

Smoke & Jackal Smoke & Jackal est un groupe de rock composé de Jared Followill, le bassiste de Kings Of Leon, et de Nick Brown, le chanteur et guitariste de Mona. Voici leur premier single "No Tell".

Du nouveau pour Joe...

http://www.youtube.com/ watch?v=GOyX0_vzxF0

Après deux ans d’absence et l’énorme succès de son album « Hard Knocks », certifié disque de platine, le légendaire Joe Cocker est retourné dans les studios californiens de Matt Serletic (Matchbox Twenty, Rob Thomas, Collective Soul, Carlos Santana).

Le 16 octobre, leur EP, "EP1", sortira dans les magasins.

« Fire It Up », le 23ème album studio du chanteur britannique, sortira le 05 novembre 2012.

Deux ans après son dernier album (La pluie sans parapluie), Françoise Hardy entourée de Calogéro, Julien Doré et bien d’autres nous propose un nouveau disque: «L’Amour Fou» (le 5 novembre)

http://www.youtube.com/watch?v=BNy69vKqdTs

Tori Amos: The Gold Dust Orchestral Tour

Tori Amos est de retour ! Pour son treizième album studio « Gold Dust », la chanteuse a personnellement sélectionné une série de titres de son répertoire, qu’elle réinterprète sur des arrangements de son fidèle collaborateur John Philip Shenale, accompagnée en studio par le Metropole Orkest, sous la direction de Jules Buckley. «Ma relation avec ces chansons a changé au fil des années et ces chansons ont aussi changé ma vie» explique l’artiste. «Ma démarche n’est pas d’attirer l’attention sur le passé, mais de comprendre que ces titres vivent une nouvelle histoire 10 ou 20 après les enregistrements originaux.» Pour l’occasion, cette artiste d’exception annonce une série de concerts très exclusifs dont une date unique en Belgique, accompagnée par le Metropole Orkest dirigé par Jules Buckley. Avec plus de 12 millions d’albums vendus et plusieurs nominations aux Grammy Awards, Tori Amos est l’une des artistes les plus accomplies de sa génération. Pionnière, passionnée et engagée, elle fait depuis ses débuts l’unanimité auprès de la critique et du public, que ce soit pour sa discographie irréprochable ou pour ses concerts où elle brille par son audace et son inventivité. Ne manquez pas ces retrouvailles dans une formule inédite. Venez donc la voir ce 2 octobre à la salle Henry Le Boeuf (Info & Tickets : +32 (0)2 507 82 00)

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18 septembre


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Scène

Un programme varié au Varia ... On pourrait qualifier le théâtre Varia d’hyperactif. De nombreuses créations, reprises mais aussi accueil de plusieurs compagnies, spectacles musicaux, festivals, collaboration pédagogique, etc.

La saison Située rue du Sceptre à Ixelles, le Théâtre Varia a ouvert ses portes une première fois en 1905. Le temps d’une saison et sous le nom de Théâtre Verdi, il accueille l’opéra italien. Dans les années 20, l’exploitant du cinéma La Cigale y organise des projections cinématographiques. Dans les années 50, y est installé un garage avec l’atelier de réparation dans la grande salle et finit ensuite comme entrepôt. Mais c’était sans compter sur trois jeunes metteurs en scène : Marcel Delval, Michel Dezoteux et Philippe Sireuil qui exhume ce théâtre. Racheté par le Ministère de la Communauté Française et aménagé par l’architecte Alberto Zaccai, le 78, rue du Sceptre redevient enfin un théâtre ! Pour cette saison 2012-2013, le Théâtre Varia vous propose une succession de spectacles, pour la plupart des créations. Des souffles de beauté et des vents de folie parsèmeront cette nouvelle saison. La folie se déclinera sous toutes ces formes tout au long de cette programmation : folie humaine, folie des mots, folie de la religion, folie contemporaine, folie du monde du travail, folie des mouvements, folie meurtrière, folie sexuelle, folie passagère, folie de l’art... Et qu’en est-il de la beauté dans tout cela ? Ne dit-on pas que la folie et la beauté vont de compagnie ? L’une

et l’autre sont autour de nous et en nous, sans être perçues distinctement par nous. Comme disait Arthur Rimbaud, la beauté est assise sur nos genoux, mais ne la trouvons-nous pas parfois amère ?

« Avec autant de projets, vous ne pouvez pas faire autrement que de passer par le Varia ... » Tr e i z e s p e c t a c l e s , d o n t s i x créations, vous seront présentés. Mais ce n’est pas tout ! Novembre sera le mois des enfants avec la collaboration au Festival « Météores », organisé par le Centre Dramatique Jeunes Publics à Bruxelles, Pierre de Lune. À tout cela, s’ajouteront différentes journées particulières qui questionneront des thématiques présentes dans cette programmation. Nous renouerons encore une fois avec le Kunstenfestivaldesarts, au mois de mai. Nous vous proposerons également des expositions, des ateliers, des formations, la fête de clôture des 50 ans de l’INSAS... Une saison riche en projets et initiatives en tout genre. En collaboration avec les 4 Centres Dramatiques de la Fédération Wallonie-Bruxelles (Théâtre Varia/ Bruxelles, Théâtre de La Place/ Liège, Théâtre de Namur et manège.mons), nous organisons

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des formations destinées aux enseignants, sur différentes thématiques développées tout au long de nos saisons dans nos différentes programmations. Pour cette 3ème édition, une formation sur « Le Théâtre pluridisciplinaire » sera organisée le 29 septembre 2012 au Théâtre Varia. Trois autres formations seront organisées dans les trois autres Centres Dramatiques : « L’art pour rêver un monde différent » au Théâtre de La Place, « Le théâtre comme reflet d’un système social » au manège.mons et « Parcours personnel & témoignage » au Théâtre de Namur (les intitulés des formations sont susceptibles d’être modifiés). Le programme et les intervenants de ces différentes formations sont en cours de programmation, de même que les spectacles s’y référant. Si avec autant de projets, vous ne pouvez pas faire autrement que de passer un moment ou un autre par le Théâtre Varia ...

Loïc Smars


La saison Grand Varia Alaska Du 27/09/12 au 13/10/12

Au café du port Du 23/10/12 au 27/10/12

Kwaheri

De Patrick Masset Mise en scène de Patrick Masset

Bruxelles Aires Tango Orchestra Mise en scène de Eve Bonfanti D’Estelle Marion Mise en scène d’Estelle Marion

15/01/13 au 26/01/13

Savoir-Vivre

De Pierre Desproges Mise en scène de Michel Didym

De William Shakespeare Mise en scène de Michel Dezoteux

Du 12/03/13 au 30/03/13

Adultères Du 16/04/13 au 27/04/13

De Woody Allen Mise en scène de Marcel Delval

Petit Varia Pré (Blé-Fusée) (Clinic Orgasm Society)

Du 12/10/12 au 27/10/12

Grand Varia 78, Rue du Sceptre 1050 Ixelles

Petit Varia

Du 23/02/13 au 03/03/13

Hamlet

Le Théâtre Varia

Le cadavre du blanc Du 17/01/13 a u 26/01/13

154, Rue Gray 1050 Ixelles http://www.varia.be/ Tél. : 02/640.35.50 E-Mail : administration@varia.be Réservations : 02/640.82.58 E-mail : reservation@varia.be

. Pour le Petit Varia, les tickets sont vendus au Théâtre Varia . Parking Public en bas de la rue du Sceptre à 2€/h . Café Varia : cuisine ouverte à partir de 18h30 et 1h après la représentation . A partir de trois spectacle réservés, vous bénéficiez du service baby-sitting en collaboration avec La Ligue des Familles. 5€/4h

Prix des places : Prix plein : 20€ / Pré-vente : 17€ Senior : 15€ / Pré-vente : 12€ Etudiant : 12€ / Pré-vente : 10€ Détaxe et demandeur d’emploi : 8€ Chèques cultures Article 27

L’Etranger

Antifreeze Solution

Du 04/02/13 au 08/02/13

Du 19/02/13 au 09/03/13

En toute inquiétude

Sous la ceinture

Abonnements :

Du 14/03/13 au 30/03/13

Du 16/04/13 au 27/04/13

http://www.varia.be/fr/abonnements/

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18 septembre 2012


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Le Marni axe sa saison autour de l’humain. Une offre culturelle énormes : théâtre, danse, musique et festivals ...

La saison Situé à Ixelles, rue de Vergnies, à proximité de la Place Flagey, un des poumons culturel et festif de Bruxelles, le théâtre du Marni est excellement situé pour accueillir une vie multi-culturelle. Ouvert comme cinéma en 1948 sur la place Eugène Flagey sous la direction de Joseph Weckx qui possédait plusieurs salles dans les quartiers d’Etterbeek et SaintGilles, cette grande salle de 1 700 places avait une programmation populaire : Les Dix Commandements, Le Troisième Homme, Le Jour le plus long, La Grande Vadrouille, etc. Il pouvait déjà être considéré comme un cinéma de deuxième vision. À la fin des années 1960 plusieurs grands films sont même sortis en première vision. Lors du déclin des salles de quartier au début des années 1970, on tenta d’en faire une salle de spectacle : plusieurs concerts importants de Johnny Hallyday, Joe Dassin, Duke Ellington, peu de temps avant son décès, y prirent place. Après sa fermeture en 1974, le lieu a servi de salle de répétition pour l’Orchestre symphonique et les chœurs de la RTBF jusqu’en 1982, de studios pour Living Films, de salle de bowling et de snooker. Il est ensuite transformé en théâtre par l’Ensemble Théâtral Mobile qui

l’inaugure le 2 octobre 1997 avec Une paix royale de Pierre Mertens dans une adaptation de Michèle Fabien. Dès l’année suivante, l’Ensemble théâtral Mobile en est expulsé et le lieu est repris en location par la Communauté française de Belgique qui en fait un lieu culturel polyvalent.

« L’humain est au centre de 5 créations de la nouvelle saison au Marni. » La saison est ouvertement axés sur l’humain : L’humain est au centre des 5 créations de cette nouvelle saison du Marni. Humain comme un jeune Sénégalais de 25 ans en quête de sa propre indépendance ou comme cette toute jeune fille dans sa chambre, qui, une fois les lumières éteintes, s'adresse à son idole rock. Humain encore comme cette mère qui doit appréhender son passé pour affronter son futur, ou comme ce groupe de femmes qui dressent le bilan et donnent forme à leurs désirs dans une énergie rock’n roll. Humain enfin, comme ces petites gens résignéeset lucides, quelque part à notre époque, dramatiquement maladroits. L’indépendance, l’adolescence, le rapport mère/fille, l’adultisme, la

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résilience, être femme, la solitude, l’exploration de l’âme sont les thèmes développés par les cinq «jeunes compagnies» qui se basent pour la plupart sur des textes originaux. Tour d’horizon ! Le portrait de Yesso, un jeune sénégalais d’aujourd’hui qui rêve d’indépendance pour démarrer la saison. Malheureusement, suite à des problèmes de santé d’un artiste, Ma nuit Bowie est compromise. Mais dès 2013, retrouvez Collapse ... or Notes sur les ambitions à 15 ans, Terrain Vague et la relation mère/fille et Territoire gardé par un chien crevé ou les monologues de gens simples mais résignés, terminera la saison. Retrouvez aussi le Winter Jazz, le Checkpoint Festival ou le désormais incontournable Marni Jazz Festival. A bientôt, au Marni !

Loïc Smars


La saison Théâtre La ligue d’impro Du 27/09/12 au 29/09/12

Yesso

Pour 3 soirs Début de la saison en janvier

De et mis en scène par Michel Bernard

Le Théâtre Marni

Du 23/10/12 au 27/10/12

Ma nuit Bowie

De Isabelle Wéry et Pierre Jacqmin

Annulé en octobre

Collapse ... or notes

http://www.theatremarni.com Mise en scène de Carmen Blanco Principal

De Thibaut Nève Mise en scène de Jessica Gazon

Du 12/03/13 au 30/03/13 Territoire gardé par un chien crevé

Du 25/04/13 au 04/05/13

Tél. : 02/639.09.82 E-Mail : info@theatremarni.com

. Parking Flagey à proximité

Du 08/01/13 au 09/01/13

Terrain Vague

Rue de Vergnies 25 1050 Ixelles (Quartier Flagey)

De Szilard Podmaniczky Mise en scène d’Andréa Bardos

ABOnnement 3 spectacles THEATRE Tarif Plein 30€ Tarif Réduit ( + 60, groupes à partir de 10 personnes) 25€ Tarif Mini ( -30, pros du spectacle, demandeurs d’emploi) 20€ ABOnnements JAZZ Saison 1 concert Marni JAZZ Festival ( au choix) +1 concert Winterjazz Festival ( au choix) +1 concert Marni Club ( au choix) Tarif Plein 30€ Tarif Réduit ( + 60, groupes à partir de 10 personnes) 24€ Tarif Mini ( -30, pros du spectacle, demandeurs d’emploi) 20€

Festivals Festival Winter Jazz

ABOnnement Marni Club 25€ à l’année pour tous les concerts Marni Club de la saison.

Du 15/01/13 au 26/01/13

Checkpoint Festival

ABOnnement mis à disposition uniquement en prévente. Présentez votre ABOnnement à chacune de vos venues afin de recevoir votre ticket d’entrée au spectacle. N’oubliez pas de réserver vos places en envoyant un mail à contact@theatremarni.com ou sur theatremarni.com

Le 21 septembre 2012

Marni Jazz Festival

Lien pour les ABOnnements :

Du 13/09/12 au 15/09/12

http://www.mijnevent.be/fr/event/33300/ abonnement-3-spectacles-theatre

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18 septembre 2012


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

De la compagnie à l’atelier de création ... « Le monde d’aujourd’hui ne peut être décrit aux gens d’aujourd’hui que comme un monde modifiable. » Bertol Brecht

La saison «Le Théâtre de la Vie, fondé en 1971 par Herbert Rolland et Nicole Dumez, ainsi que Léon Kupper, a été, à l’origine, une compagnie théâtrale itinérrante. Son but premier était la création de ses propres projets, qui allaient voir le jour sous la direction artistique de Herbert Rolland. En 1988, le Théâtre de la Vie s’installe dans un ancien bâtiment industriel, rue Traversière 45, dans la commune de St. Josse-tenNoode. La nouvelle infrastructure élargit le champ d’action de la compagnie : il s’agit de donner vie, sur un plan artistique, à un endroit déterminé de Bruxelles et de le faire croître. Le changement de nom en 2001 en Atelier Théâtre de la Vie tient compte de cette évolution : la compagnie devient un lieu de création théâtrale poursuivant une politique d’accueil, de résidence, de soutien, de production et de coproduction. En 2010, une deuxième génération prend le relais à l’Atelier Théâtre de la Vie. Sa mission : l’expérimentation. Tirer le meilleur parti de la situation, promouvoir des coopérations et développer des formes innovantes de présentation artistique au sein d’un théâtre. Pour cette génération, l’Atelier Théâtre de la Vie n’est pas qu’une famille mais la réunion de groupes artistiques d’horizons divers. L’idée de compagnie joue un

rôle majeur dans l’accompagnement de ces rencontres. Les membres de l’équipe en place sont impliqués aussi bien dans le travail administratif que dans les projets artistiques. Cette façon d’œuvrer est semblable à celle des compagnies. Le travail collectif est, à nos yeux, le préalable fondamental au déploiement et à l’animation de structures plus ouvertes.

«Lieu de réunion que nous aimerions élargir, nous cherchons à initier un contact entre les artistes et le public.»

En tant que théâtre, nous ne proposons pas uniquement des représentations isolées, nous souhaitons créer un environnement propice à la culture. Nous recherchons les modèles grâce auxquels l’art peut se déployer tout en restant attrayants pour notre public. C’est pourquoi l’essor des concepts innovants, des cycles, des rencontres, des workshops, des séries et des festivals revêt une grande importance à nos yeux. Les festivals, cadres idéaux pour tisser des liens interdisciplinaires, devant un public, vivent des échanges. Au centre de la saison 2012 /2013, nous plaçons l’extension des

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minifestivals " Multivers " et notre dernier-né "Re-Création" L’Atelier offre à son public des possibilités d’agir sur un plan artistique : les sessions de slam mensuelles se poursuivent ainsi que le Jeu du dessin, initié avec grand succès durant la saison passée. En outre, toujours au cours de la saison 2012 / 2013, nous lancerons divers workshops à l’Atelier Théâtre de la Vie. Nous désirons accroître ces propositions dans le futur. Lieu de réunion que nous aimerions élargir, nous cherchons à initier un contact intensif entre les artistes et le public. En associant des artistes de genres différents, le souhait du futur Atelier Théâtre de la Vie est d’encourager des impulsions artistiques originales et de donner naissance à de nouveaux concepts. Théâtre, performances, musique, arts visuels et formes hybrides complètent le programme et entrent ainsi dans un dialogue productif. Notre vœu est de tisser des liens entre des activités artistiques et des discours nonartistiques. Nous invitons les artistes à ne pas considérer le futur Atelier Théâtre de la Vie comme un simple lieu de représentation mais de lui donner forme et de le développer.» Claudia GÄbler, au nom du Théâtre de la Vie


La saison Fall into the show

De et par Gwen Berrou

Du 16/10/12 au 26/10/12

Vy

De et par Michèle Nguyen

Le Théâtre de la Vie

Du 06/12/12 au 08/12/12 Le vent n’est pas tout seul dans l’air

45, Rue Traversière 1210 Saint-Josse Ten Noode De et par Michèle Nguyen

http://www.theatredelavie.be

Du 13/12/12 au 14/12/12 Tél. : 02/219.11.86 E-mail : info@theatredelavie.be

Sur la dune De et par le Tof Théâtre

Du 26/12/12 au 29/12/12

La mort du cochon

http://www.theatredelavie.be/ reservation De et par Isabelle Wéry

Du 10/01/13 au 12/01/13

Je voudrais pas crever Du 31/01/13 au 02/02/13

Tarifs

Réservations De Boris Vian Mis en scène par Olivier Lenel

Tél. : 02/219.60.06 E-mail : reservations@theatredelavie.be

Ten-Hood, mon Royaume De et par Romain David

Du 19/02/13 au 23/02/13

Les nuits blanches Du 19/03/13 au 30/03/13

De Dostoïevski Mis en scène par Olivier Lenel

[weltanschauung] Du 23/04/13 au 27/04/13

De Gwen Berrou et Clément Thirion

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Rien que son nom donne envie de voyager ! Plongeons la tête la première dans l’univers singulier du Magic Land Théâtre.

La saison Le Magic Land Théâtre, c'est d'abord, et ce depuis 1975, une troupe de comédiens que l'on retrouve avec plaisir à chacun des spectacles organisés dans les murs du théâtre. C'est également Les Brigades du Gag, dont la mission primordiale est de faire rire quelles que soient les demandes. Les différentes troupes sont autant à l'aise sur des échasses lors de spectacles de rue que dans des déguisements sur le passage des files d'attente du BIFFF, ou pour une expo-action didactique, sur le thème du surendettement, organisée en collaboration avec le CPAS de Saint-Gilles. Entre deux animations, Le Magic Land Théâtre participe à la coordination, à la scénographie et au défilé de la Zinneke Parade.

rondes, disposées sur des estrades de hauteurs différentes. Le bar est au fond de la salle et les comédiens jouent très près des spectateurs, circulant parfois même entre les tables. Au fil du temps et pour le besoin des pièces, l'équipe décoration du Magic Land Théâtre a créé mille et un décors et accessoires, recréant l'ambiance adéquate pour chacun des thèmes et époques abordés.

« Incomparable ! Il y a un style Magic Land, qu’on ne peut comparer à nul autre théâtre. » C'est, enfin, une atmosphère.

C'est aussi le nom donné au bâtiment accueillant les représentations depuis 1994.

Le Magic Land Théâtre est en ce point tellement unique, que les comédiens, comme Christelle DELBROUCK, ne peuvent donner un autre qualificatif que celui-ci : "incomparable ! Il y a un style Magic Land, qu'on ne peut comparer à nul autre théâtre."

Situé dans une perpendiculaire à la rue de Brabant, il ne faut pas se fier à la bâtisse, mais plutôt se laisser emporter par les comédiens postés dès l'entrée. Et c'est parti pour des séances d'improvisation qui feront passer par les souterrains ou par des dédales de rideau, avant d'arriver à la scène en elle-même. Les spectateurs y sont installés autour de tables

Entre théâtre de rue et cabaret, mise en abîme de l'actualité, questionnements socio-politiques et détente, les acteurs et directeur n'ont pas choisi et emmènent le spectateur, déjà happé par les décors époustouflants et les acteurs-improvisateurs, dans des créations collectives dont seule leur imagination fixe les limites.

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Voilà ce qu'est, pour moi, le Magic Land Théâtre : L'Agence Théâtrale de Voyages. La saison commencera avec Mélopolis, pièce dont le décor se fond avec les événements de la Commune à Paris, en 1871 où Germinal et Les Misérables se vivent chaque jour dans les faubourgs populaires. Comme Melopolis, Badgag Café est de nouveau à l'affiche et les nouveaux spectateurs auront le plaisir de découvrir ce remix des Mille et une nuits dans lequel le « Voleur de Bagdad », dérobe une lampe dans la boutique du père Fourraz pour l’offrir à une princesse captive. Il est loin d’imaginer qu’elle renferme un génie qui s’est absenté pour une urgence. Mais un génie privé de lampe est menacé de mort… Enfin, pour ce qui est de la troisième pièce annoncée, il est seulement révélé que Nuit torride à l'hospice emmènera les spectateurs du côté du théâtre de boulevard. Laissez-vous embarquer par la programmation !

Adeline Delabre


La saison

Mélopolis (du 02/10/12 au 26/10/12)

Le Magic Land Theatre

De et mis en scène par Patrick Chaboud Avec Daniel Cap, Cécile Delberghe, Christelle Delbrouck, Thomas Linckx, David Notebaert, John-John Mossoux, Justine Verschuere-Buch, Xa, Zidani et Muriel Bersy

8-14, rue d’Hoogvorst 1030 Schaerbeek http://www.magicland-theatre.com Administration : Tél. : 02/245.24.53 E-Mail : info@magicland-theatre.com Abonnements : Tél. : 02/245.50.64 E-mail : johanne@magiclandtheatre.com

Badgag Café (du 06/12/12 au 31/12/12) De et mis en scène par :Patrick Chaboud Avec Sara Amari, Christelle Delbrouck, Bruce Elison, Juan Marquez Garcia, John-John Mossoux, David Notebaert et Xa

. Bar ouvert avant et après le spectacle

Tarifs : Prix plein : 18€ Groupe (min. 15 personnes) : 15€ Enfants et étudiants : 15€ Article 27 : 1€ Nuit torride à l’hospice (du 12/02/13 au 09/03/13) De et mis en scène par Patrick Chaboud Distribution à venir

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Réserver pour un spectacle : http://www.magicland-theatre.com/ index.php5?pageId=2&subpageId=24 Abonnements adulte : 40€ Abonnements étudiant/enfant : 30€

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Le National, c’est mieux que facebook ? Une offre culturelle énormes : théâtre, danse, musique et festivals ...

La saison Le Théâtre National de Belgique (ou TNB) est une institution dans le monde des théâtres de Bruxelles. Fondé le 19 septembre 1945 par Jacques Huisman, grâce à un arrêté royal du prince régent Charles, il a pour mission de contribuer à la diffusion de la culture, de répandre le goût du théâtre de qualité, de faire connaître en Belgique et à l’étranger le théâtre de nos contrées et relever la condition sociale et professionnelle des comédiens. En 1958, il devient Fondation d’Utilité Publique. Dès 1961, il s’installe au Centre Rogier près de la Gare du Nord dans un espace spécialement conçu pour le théâtre. Il est dirigé jusque 1985 par son fondateur, Jacques Huisman, qui cède sa place à Jean-Claude Drouot (Thierry La Fronde). Il tient les rênes pendant 5 ans, avant de laisser la place à Philippe van Kessel qui lui-même en 2005 confie le théâtre à Jean-Louis Colinet. En 1999, le TNB est forcé de quitter le Centre Rogier, voué à la destruction. Après un passage temporaire par le cinéma Palace, il s’installe dans un tout nouveau bâtiment Boulevard Émile Jacqmain inauguré en 2004 et devient le Théâtre National de la Communauté française. Il comporte une grande

salle de 750 places, une petite de 250, des salles de répétitions, des entrepôts, deux bars, un vestiaire, etc., le tout sur 4 étages. Il collabore aussi très souvent avec le Vlaams Nationaal Schouwburg (VNS), son équivalent néerlandophone, installé dans le même quartier.

« Festival des libertés et le Festival XS et ses courtescréations »

Un programme varié nous attend cette année : du théâtre, des films et de la danse. 11 nouvelles créations verront le jour, ainsi que du théâtre d’ombres, du théâtre d’objets, des rencontres, du théâtre musical, de nouvelles formules familiales et bien sûr les festivals : Que ce soit le festival des libertés et, bien sûr, le désormais original et incontournable du paysage culturel bruxellois, le Festival XS et ses courtescréations. Et si on les croit, ce sera mieux que facebook...

Loïc Smars

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La saison Ghost Road Du 25/09/12 au 06/10/12

De et par Fabrice Murgia Musique de Dominique Pauwels

Les enfants de Jehovah De et par Fabrice Murgia

Du 20/11/12 au 01/12/12

Le Théâtre National

Cendrillon

111-115, boulevard Emile Jacqmain 1000 Bruxelles De Joël Pommerat

http://www.theatrenational.be

Du 27/11/12 au 31/12/12

La Peur De et par Armel Roussel

Du 19/02/13 au 02/03/13

Jacques Le Fataliste Du 14/03/13 au 23/03/13

Tribunal

De Denis Diderot Mis en scène par Jean Lambert

. Parking à proximité (retirez les chèques parking à l’entrée du théâtre) . Buffet chaud/froid à partir de 18h . Bar ouvert et avant le spectacle

Tarifs Prix plein : 19€ Groupe (+ 10 personnes) : 15€

De Raven Ruëll et Jos Verbist

+60 ans : 15€ Etudiant (-26 ans), enseignant, demandeur d’emploi et groupe seniors (+ 10 personnes) : 10€

Du 21/03/13 au 30/03/13

-12 ans : 8€

Et aussi • • • • • • •

Spectacles Théâtre du Festival des Libertés : 12€ Groupe étudiants (-26 ans et min. 10 personnes) : 8,50€

Les spectacles en famille Le Festival des Libertés Le festival de Liège Toernee General en saison Nouvelles Vagues Villes en Scène/Cities on Stage Danses

Carte -30 ans : 60€ pour 5 places Arsène 50 et Article 27

Billeterie en ligne : https://www.themisweb.fr/ rodwebshop/fListeManifs.aspx? idstructure=0365

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18 septembre 2012


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L’Océan Nord fête toujours ses 30 ans ! Pour terminer l’année 2012, le théâtre Océan Nord fête encore dignement ses 30 ans et prépare pour 2013, beaucoup de nouveaux et jeunes projets. Que sont-ils ?

La saison Situé à Schaerbeek, dans la rue Vandeweyer, le théâtre Océan Nord existe depuis 1996. Mais on peut trouver son origine vers 1982, l’année ou les deux co-fondateurs, Isabelle Pousseur et Michel Boermans, démarrent la compagnie Théâtre du Ciel Noir, en référence à un texte de Bertol Brecht. Leur philosophie de travail, une nouvelle équipe et l’occupation de lieux situés dans le quartier nord de Bruxelles les fait changer de nom. En 1996, ils changent un ancien garage en théâtre et s’ouvre alors le Théâtre Océan Nord. Dès le début ils fondent leur philosophie sur un travail d’ateliers pour enfants et adultes auprès des habitants du quartier pour permettre l’intégration au réseau urbain et offrir l’accès au théâtre à une population défavorisée et immigrée. Les auteurs joués à l’Océan Nord sont généralement issus du Nord de l’Europe. De plus chaque année est l’occasion de découvrir la nouvelle création d’Isabelle Pousseur. Le théâtre se veut être une terre d’accueil pour les jeunes compagnies et offrir un lieu de répétition aux jeunes comédiens sortant de l’école en leur donnant la possibilité de présenter leur travail.

L’endroit en lui-même vaut le détour. Son foyer est accueillant et inspirant et la salle, ancien entrepôt est énorme et modulable à souhait pour laisser libre cours à toutes les imaginations. « Amoureux du théâtre , vous soutenez et voulez découvrir les talents de demain, l’Océan Nord vous attend. » Pour la saison, laissons le théâtre s’exprimer par lui même : « Depuis février 2012, nous convions le public à une manifestation anniversaire multiple et représentative de la diversité de nos activités. Ainsi, vous avez déjà pu assister à trois reprises d’Isabelle Pousseur (Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas, 4.48 Psychose et Biographies d’ombres) et à une mise en scène de Woyzeck par Thibaut Wenger, un projet qui s’est nourri d’un travail d’ateliers avec des associations du quartier. Cet anniversaire se poursuit cette saison avec Les Invisibles, une nouvelle création d’Isabelle Pousseur librement inspirée par Le quai de Ouistreham de Florence Aubenas, interprété par Magali Pinglaut et Catherine Mestoussis. Un numéro spécial d’Alternatives Théâtrales intitulé : Le Théâtre,

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art de l’autre, composé de textes écrits par Isabelle Pousseur sortira de presse bientôt. En préparation depuis déjà plus d’un an, il reviendra sur les moments clés de son parcours tant de metteure en scène que de directrice artistique. Enfin La petite fille, un premier projet écrit et mis en scène par Emilie Maréchal clôturera cette séquence «anniversaire». En janvier 2013, nous entamerons la deuxième partie de notre saison avec Le Mouton et la Baleine d’Ahmed Ghazali mis en scène par Jasmina Douieb en coproduction avec l’Atelier 210. En mars, place au Projet Ibsen proposé par Guillemette Laurent suivi de deux reprises : Mars de Fritz Zorn mis en scène par Denis Laujol et L’Institut Benjamenta de Robert Walser mis en scène par Nicolas Luçon, deux productions d’Ad Hominem asbl.» Amoureux du théâtre, vous aimez soutenir et découvrir les talents de demain, l’Océan Nord, vous attend.

Loïc Smars


La saison

Le Théâtre Océan Nord

Les Invisibles Du 25/09/12 au 13/10/12

La petite fille

De Florence Auvenas Mise en scène d’Isabelle Pousseur

Du Collectif 6414 Mise en scène d’Emilie Maréchal

Du 23/10/12 au 27/10/12 Le mouton et la baleine

D’Ahmed Ghazali Mise en scène de Jasmina Douieb

Du 15/01/13 au 26/01/13

Projet Ibsen

De Henrik Ibsen Mise en scène de Guillmette Laurent

Du 05/03/13 au 16/03/13

Mars

L’institut Benjamenta Du 16/04/13 au 27/04/13

De Ad Hominem ASBL Mise en scène de Denis Laujol

De Ad Hominem ASBL Mise en scène de Nicolas Luçon

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Rue Vandeweyer 63-65 1030 Schaerbeek http://www.oceannord.org Tél. : 02/242.96.89 E-Mail : info@oceannord.org Réservations : 02/216.75.55 E-mail : info@oceannord.org

N’oubliez pas de bien spécifier vos nom, prénom, numéro de téléphone, la date du spectacle pour lequel vous réservez ainsi que le nombre de places que vous désirez. . Billeterie et bar ouverts 3/4h avant le début du spectacle . Petite restauration . Accessible facile aux personnes à mobilité réduite . Toute place non retirée 15 minutes avant la représentation peut être remise en vente

Prix des places : Prix plein : 10€ Prix étudiants, chômeurs et groupe adultes min. 10 personnes : 7,50€ Prix professionnels et groupes scolaires min. 10 personnes : 5€ Chèques cultures SABAM Article 27 Arsène 50

18 septembre 2012


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Panique au Plazza ! "Entre mensonges, sexes et quiproquos, la première pièce de la saison aux Galeries est d'une fraîcheur vaudevillesque. Une occasion de passer un moment de détente et d'assouvir un voyeurisme pudique."

La critique Mercredi dernier, le théâtre des Galeries entamait sa saison par une pièce à la fois drôle et légère, « Panique au Plazza ». Ce vaudeville, créé par le londonien Ray Cooney, est ce que l’on pourrait appeler un stéréotype du genre. Car, le génie de la scène britannique est un as de la phrase assassine et du bouleversement contextuel. Ce n’est pas la première fois que le public peut apercevoir une pièce de Ray Cooney dans l’antre luxueuse du théâtre bruxellois. De fait, cet acteur et metteur en scène contemporain a écrit de nombreuses pièces qui ont fait rire des millions de spectateurs à travers les continents et les décennies. Comme des tableaux inestimables, les créations de cet auteur sont indémodables et ne semblent pas souffrir de leurs âges. Une aubaine pour de nombreux metteurs en scène qui profitent de cette intemporalité pour adapter très légèrement les pièces à l’actualité. Panique au Plazza ne fait pas exception et c’est avec engouement que le public s’était amassé en nombre pour voir évoluer les cadors de la scène belge que sont Pascal Racan et Michel Poncelet. Cette panique dans un grand hôtel de luxe parisien a été mise au goût du jour et à la convenance des francophones en étant retranscrite à l’identique dans la situation géopolitique de la France actuelle. En effet, les discussions ironiques du récit ont été modifiés de telle sorte qu’on y retrouve une similitude avec la politique hexagonale. Ce choix délibéré n’est pas déplaisant et il est

même agréable, pour une fois en Belgique, de s’évader chez nos voisins le temps d’une pièce. Mais ne vous y trompez pas à la lecture de ces quelques lignes ou même du résumé, cette pièce a un faux accent politicard malgré sa trame de fond. Et pour cause, l’histoire nous emmène dans un vaudeville bien ficelé où les quiproquo sont légions mais dont le fil rouge n’est pas vraiment la politique mais bien l’amour, ses excès et ses déboires. « Une occasion de passer un moment de détente et d’assouvir un voyeurisme pudique. »

De foi de critique, cette pièce n’est pas d’une grande originalité et nous rappelle même «Les hommes préfèrent mentir» qui avait ouvert la saison dernière. Panique au Plazza possèdent les mêmes caractéristiques que son prédécesseur et marche sur les mêmes bandes que celui-ci. En évoquant toute la complexité relationnelle que peut engendrer la tromperie masculine et l’ambition horizontale féminine, cette comédie gentillette tourne autour d’un thème central : le triangle amoureux. Alors, certains diront que le fil rouge de cette farce est bel et bien la mort mystérieuse d’un individu écrasé par l’ouverture branlante de la fenêtre de la chambre d’hôtel. Ce n’est pas totalement faux mais c’est mal connaitre l’auteur de cette pièce qui a fait du rebondissement scénaristique une marque de fabrique. Sans en dévoiler le cheminement, on

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peut dire de ce texte qu’il est assurément burlesque, frôlant parfois l’absurdité par son côté irrationnel. L’histoire que l’on voit évoluer devant nous n’est pas poétique, elle est juste drôle par son aspect satirique et ses railleries métaphoriques d’une société vue par l’oeil d’un clown. Maintenant, que demandez de plus au théâtre que de nous offrir un moment de pur divertissement ? Cette pièce, en outre d’être bien écrite, ravi par son casting où on peut apercevoir deux monstres de la scène : Pascal Racan et Michel Poncelet. Les deux hommes sont époustouflants de justesse mais surtout de professionnalisme acquis tout au long d’une carrière qui s’est avérée fructueuse. À leur côté, il faudra souligner la présence agréable de Maria del Rio dont les formes voluptueuses sont aussi enivrantes que sa prestation en elle-même. En résumé, Panique au Plazza est une pièce amusante empreinte de légèreté. Par un coup de baguette magique, Ray Cooney et les acteurs qui transposent cette histoire nous emmènent dans un monde facétieux où s’entremêlent plusieurs histoires. On regrettera seulement la longueur du tout qui oblige la narration à nous resservir, tel un mille-feuilles, quelques couches de trop.

Matthieu Matthys


Boeing Boeing au TTO Voilà le mois de Septembre qui arrive, enfin qui est déjà bien là ! Le mois de Septembre et son lot de mauvaises nouvelles : rentrée scolaire, rentrée professionnelle, fin des vacances, début du retour de la grisaille, bus, tram, métro... Finies les « grâces mat' ». Mais, dans toute cette nuée de déprime, nous pouvons voir pointer à l'horizon, notre rayon de soleil : le Théâtre de la Toison d'Or. Repère secret de brigands du rire : ici pas question de s'ennuyer, pas question de laisser sa cervelle s’empâter dans la déprime. Du rire, du rire, du rire et du plaisir ! Voici une preuve de plus que le TTO ne déçoit pas, avec en ouverture, une pièce rythmée et dynamique, mise en scène par la talentueuse Nathalie Uffner - Nathalie qu'on ne présente plus d'ailleurs. Encore une fois, elle nous a mijoté une mise en scène extraordinaire, avec toutes les qualités qu'on lui connaît. Éclatant, surprenant, entraînant ! Voilà, en quelques mots, ce qui pourrait résumer cette superbe pièce « vaudeville »

que le TTO nous propose pour sa rentrée. Un texte rudement bien composé, un rythme haletant et des acteurs lancés dans un marathon, tant physique qu'oral ! L'ambiance est bonne, je m'installe dans mon fauteuil et découvre sur scène, le décor sobre mais complet. La sonnerie retentit, les lumières s’éteignent, et d’emblée le rythme est lancé : Bernard est dans son fauteuil avec son américaine, et déjà, les dialogues marquent la danse. Tout au long de la pièce, on assiste à une situation rocambolesque qui ne cesse de s'aggraver au fur et à mesure du déroulement de l'action. Bernard a trois maîtresses, toutes trois hôtesses de l'air, et il a une vie très structurée, grâce à l'aide de sa bonne, jusqu'au jour où un ami de collège, Robert, débarque à l'improviste. Après quelques échanges mondains, Bernard en arrive à parler à Robert de la vie qu'il mène. Sûr de lui, et de volonté à convaincre son ami, il invite celui-ci à rester quelques jours chez lui, pour lui montrer les ficelles de son stratagème

amoureux. S'en suit bien évidemment ce qu'il doit arriver... Un jeu d'acteurs hors du commun, avec notamment un Antoine Guillaume, dans une catégorie de rôle qu'on n'a pas l'habitude de lui prêter et qui pourtant lui va très bien, et un Thibault Neves, qui n'est pas en reste dans son rôle de séducteur lui donnant un certain charme, articule la pièce et fait travailler les zygomatiques. Le tout, sans oublier nos trois hôtesses : la spontanée américaine Delphine Ysaie, la surprenante allemande Catherine Decrolier, la séduisante espagnole Myriem Akheddiou. Bien sûr, la distribution serait très incomplète sans notre bonne exceptionnelle, un rôle croustillant au possible, campée par Odile Matthieu. Croyez-moi ! Cette pièce est La pièce idéale pour la rentrée en pleine forme d'un théâtre depuis longtemps prometteur. Boeing, Boeing : une pièce qui fait Boum Boum au TTO !

PDMJ

La Robe de Gulnara aux Riches Claires « Une quête qui mène le spectateur à la rencontre de ce que l’humain a de plus noble et de plus vil en lui. La Robe de Gulnara nous entraîne dans un flot incessant d’émotions fortes. Un spectacle formidable, immanquable. » Entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, des familles de réfugiés se sont installées dans une enfilade de wagons désaffectés. Sur ce lopin de terre oublié du reste du monde, la vie continue avec ses joies et ses turpitudes.Ainsi, puisque Arif veut l’épouser, Gulnara a dépensé toutes ses économies pour s’acheter une robe qui donnera l’illusion que le bonheur peut encore fleurir au milieu des cailloux. Mais sa jeune sœur Mika la tache irrémédiablement la veille de ses noces. Commence alors pour la petite de treize ans un long parcours pour réparer sa maladresse et offrir une robe immaculée à sa grande sœur.

Cette pièce, par son scénario et la limpidité de son texte nous rappelle les vraies valeurs de la vie. Nous ne sommes pas seul sur Terre. Une fois enfermé dans le carcan de la vie quotidienne, nombre d’entre nous ont vite fait d’oublier qu’il existe plus de 60 millions de réfugiés sur cette bonne vielle planète. Plus de la moitié d’entre eux ont moins de 18 ans. Les femmes et les enfants constitueraient plus des trois quarts des populations déplacées. Mika en fait partie et son parcours nous ouvre les yeux sur les petits bonheurs, les grands malheurs et chagrins de ces situations littéralement ignorées « des honnêtes gens ».

à un rythme soutenu, les costumes défilent, les textes sont rapides mais plein de sens.

Si le thème de la pièce nous touche en plein cœur, c’est sans aucune réserve que je vous dirais que les acteurs en ont fait tout autant. A cinq, ils réussissent à remplir l’espace et ce autour d’une simple armoire pour unique décor. Les scènes se succèdent

Thibaud Saussez

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Chapeau bas pour la mise en scène ! Cette armoire aux facettes multiples, véritable pierre angulaire du spectacle vous étonnera jusqu’au bout. Elle constitue le foyer et reflète chaque personnage rencontré par Mika tout au long de sa quête. Face cachée fort mystérieuse d’ailleurs de la mise en scène puisque le décor à l’intérieur de l’armoire change souvent et vite ! Bravo. Un spectacle inoubliable : à voir.

18 septembre 2012


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Littérature

La rentrée li!éraire 2012

L’ avis de la rédaction La rentrée littéraire compte 646 livres cette année. Comme chaque année, il y a à boire et à manger. On l’attend avec impatience comme le beaujolais nouveau… Nous n’allons pas vous parler ici de chaque livre, de chaque auteur, ce ne serait pas vraiment sérieux… Nous n’allons pas non plus vous parler des cadors de la littérature qui sortent leur livre annuel depuis des années, parfois sans grand intérêt. Non non pas de noms… Nous allons simplement essayer de vous présenter des livres qui nous semblent intéressants de par leurs propos, leur histoire, leur thème… Et pourquoi ne pas commencer par un premier roman d’Aurélien Bellanger : « La Théorie de l’information » paru chez Gallimard. « La Théorie de l’information » est une épopée économique française. De l’invention du Minitel à l’arrivée des terminaux mobiles, de l’apparition d’Internet au Web 2.0, du triomphe de France Télécom au démantèlement de son monopole, on assistera à l’irruption d’acteurs nouveaux, souvent incontrôlables. « La Théorie de l’information » est l’histoire de Pascal Ertanger, le plus brillant d’entre eux. Adolescent solitaire épris d’informatique,

il verra son existence basculer au contact de certains artefacts technologiques : éditeur de jeux en BASIC, pornographe amateur, pirate récidiviste et investisseur inspiré, il deviendra l’un des hommes les plus riches du monde. « La Théorie de l’information » raconte aussi comment un article scientifique publié en 1948 a révolutionné l’histoire des télécommunications et fait basculer le monde dans une ère nouvelle, baptisée Âge de l’information. Pascal Ertanger s’en voudra le prophète exclusif. « La Théorie de l’information » évoque enfin le destin d’une planète devenue un jouet entre les mains d’un milliardaire fou. Un premier roman qui fait entendre une voix nouvelle, c’est certain. Sylvie Taussig avec « Dans les plis sinueux des vieilles capitales » nous offre le pavé de la rentrée… Un roman qui fait quand même pas moins de 1776 pages, paru aux Editions Galaade. Magistrale comédie de mœurs à l’échelle d’une ville, ce roman de Sylvie Taussig explore les moindres replis des relations humaines, ses impostures et ses rigidités ; elle y invente une œuvre libre, ironique et singulière.

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Charly Delwart avec « Citoyen Park » au Seuil. Dès les premières pages, on est pris par le style de l’auteur, le thème ensuite nous accroche complètement. Un pays imaginaire qui ressemble à s’y méprendre à la Corée du Nord. Un dictateur qui se débat dans sa folie narcissique et dans un délire hollywoodien. Un roman hallucinant et drôle parfois.

Patrice Delbourg avec « Les Chagrins de l’arsenal » au Cherche Midi nous offre une déclaration d’amour fou à la littérature. En deux mots, il a écrit un livricide, un petit « Fahrenheit » de poche où le héros s’amuse à brûler des livres. Thème intéressant, beau style.


« Bois sauvage » de Jesmyn Ward chez Belfond est un roman parcouru de violence et de tendresse dans une émouvante chronique familiale et sociale. « Bois Sauvage » marque ainsi l’arrivée d’une nouvelle voix de la littérature américaine, à la fois lyrique et naturaliste, délicate et puissante, saluée d’emblée par le prestigieux National Book Award 2011.

« Les Animorphs » de K.A. Applegate chez Gallimard ; un univers où animaux et humains ne font qu’un et luttent pour préserver un idéal de liberté. Déborah Harkness avec « L’école de la nuit » chez Calmann-Lévy vous plongera dans le Londres élisabéthain du XVIe siècle, un monde d’espions et de subterfuges.

Tristan Garcia nous propose « Les Cordelettes de Browser » chez Denoël. Et si le temps s’arrêtait. Tristan Garcia explore un monde étrange, soudain privé de temps. Un roman déconcertant qui réenchante le monde. « Personne ne te sauvera » de Fabrice Colin. A dix-sept ans, Manon doit faire un choix : l'opération qu'on lui propose pourrait lui sauver la vie... ou lui être fatale. Incapable de prendre une décision, elle fugue, sur un coup de tête : direction Las Vegas. Dans la ville du jeu et du rêve éphémère, elle croise le chemin de Dorian. Le vampire peut-il lui offrir la vie éternelle ? Le bonheur réside-t-il dans l'immortalité ? Rien ne sera plus pareil pour la jeune fille après cette rencontre. La Volte édite deux romans de Valerio Evangelisti : « Le Mystère de l’inquisiteur Eymerich » et « Le Corps et le sang d’Eymerich ». Des rééditions, certes, mais quels romans ! La série « Nicolas Eymerich » comprend dix volumes et nous narre les aventures d’un inquisiteur au XIVe siècle. Une merveille… Un petit détour par la littérature pour adolescents.

Et s’il n’en fallait retenir que cinq Parce que c’est son premier et qu’il est bon : Aurélien Bellanger La Théorie de l’information (Gallimard)

Parce que c’est le plus gros et que ça en vaut la peine quand même : Sylvie Taussig Dans les plis sinueux des vieilles capitales (Galaade)

Et pour terminer et sortir un peu de la littérature proprement dite, parlons d’une illustratrice de génie, Sandrine Gestin qui sort son calendrier des fées 2013, un vrai petit bijou… Voici terminé un rapide tour d’horizon de quelques livres sortis parmi les très très nombreuses nouveautés. Il va sans dire que nous reviendrons de manière plus approfondie sur certains titres dans les prochains numéros du Suricate, et que nous vous proposerons d’autres commentaires sur d’autres livres. En espérant vous avoir envie de lire et de découvrir certains titres et auteurs intéressants…

Marc Bailly

« Pure » de Julianna Baggot chez J’ai Lu ; une dystopie postapocalyptique qui se jouera en trois actes.

Parce que c’est pour les ados et qu’ils ont le droit de lire de bonnes choses aussi : Fabrice Colin Personne ne te sauvera (Flammarion)

Parce qu’il sort de l’ordinaire et que ça fait du bien : Tristan Garcia Les cordelettes de Browser (Denoel)

Parce que c’est une réédition, et alors ? Valerio Evangelisti Le corps et le sang d’Eymerich et les Mystères de l’inquisiteur Eymerich (La Volte)

« Le temps des héros » de Michelle Paver chez Hachette ; une écriture simple et agréable pour une histoire qui mêle mythologie et fantastique.

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18 septembre 2012


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Black Rain S01//E1-2 De Chris Debien «Adam vit dans une réalité peuplée de voix et de bruits qui n?existent pas. Comment savoir ce qui est réel ? Les meurtres auxquels il assiste sont-ils le fruit de son imagination ? « Dans la foulée de Matrix et de Ghost in the Shell voici un roman terrifiant pour les 15-25 ans accros de SF, mangas et jeux vidéo. Black Rain va les essorer et projeter leurs peurs sur l?écran noir de leurs mémoires. »

La critique Purée, le choc… J’ai été quasi subjuguée.

« Blade runner » pour le monde du futur sous la pluie.

Bon pour le résumé, je dois faire court et mystérieux sinon la magie ne pourra pas vous atteindre.

C’est palpitant et les dessins sont fascinants, on en arrive même à regretter de ne pas avoir un complet chapitre uniquement en dessins, alterné avec d’autres en textes pleins. Même la bande-son est incluse avec des paroles des groupes pop/rock actuels comme Evanescence ou plus anciens comme The Cure ou Serge Gainsbourg.

Deux ados, Adam et Vince, dans une zone urbaine apocalyptique… Ils sont poursuivi ou ils fuient, sous une pluie aux gouttes noires… ils échappent aux caméras qui truffent la ville, ils cherchent mais quoi ? Ah oui, ils sont schizophrènes et vivent dans une sorte de caserne-hôpital, le lieu qu’ils semblent fuir. Et non, là je m’arrête car le reste est tellement bourré de trouvailles, tellement déstabilisateur des petites certitudes acquises au cours du livre qu’en dire plus, autant tout dire et tuer la surprise. Une écriture directe, visuelle qui devient brouillonne quand elle doit servir le suspense. Non, c’est pas « Matrix », car ce film est pour moi un vrai somnifère (3x vu, 3x endormie !). C’est une série comme pour la télé, entre Millennium (la vieille série, pas la suédoise) et ces monstres et plus

«Un livre qui vous trotte longtemps dans la tête» Scotchée, j’ai suivi les héros dans leur folie, dans leurs peurs et leurs dégoûts, le cœur parfois au bord des lèvres, l’envie de me révolter dans les tripes. Là je le confirme, un livre qui vous trotte longtemps dans la tête, un de ceux qui marquent le cerveau … au fer rouge. Black rain, saison 1 épisode 1-2 (S01//E1-2) par Chris Debien et

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Pascal Quidault (aux illustrations intérieures et de couverture), Flammarion.

Véronique De Laet Editions Flammarion

Chris Debien Né à Marseille en 1968 Fantasy L’ivoire du Magohamoth, 2003 Thanos l’incongru, 2003 Castel Or-Azur, 2004 Les chroniques de Khëradön, 2008-2009 Le Cycle de Lahm, 2010-2011


L’ interview Autant le cycle de Lahm est complexe par ses personnages et leurs implications croisées, autant Black Rain fonctionne principalement sur deux héros, A d a m e t Vi n c e . U n c h o i x d’épurement des lieux et acteurs ? Un choix guidé par l’intention narrative essentiellement. Autant pour le Cycle de Lahm, je voulais rendre compte de la complexité et de l’étendue d’un conflit à l’échelle de plusieurs pays, autant pour Black Rain, je voulais une ambiance intime, presque carcérale. Dans le premier cas, il m’est apparu comme une évidence de mettre en avant plusieurs personnages principaux : cela me permettait de témoigner de la progression de la guerre et d’en présenter des aspects différents. Pour Black Rain, je voulais m’immiscer au plus profond de l’intimité de chaque personnage, faire entrer le lecteur au cœur de ses pensées, de son esprit. C’est pourquoi, il m’a semblé difficile de multipilier les points de vue. Mais le point commun entre ces deux cycles, c’est l’humain. A chaque fois, je me suis efforcé de m’intéresser aux personnages avant de m’intéresser aux décors. On me l’a d’ailleurs repproché pour le Cycle de Lahm. Mais je pense que ce sont avant tout des personnages crédibles, forts qui font une bonne histoire… On parle unanimement du côté « série télé », d’ailleurs revendiqué en postulat. Y a-t-il déjà un projet ? Effectivement Black Rain puise son inspiration dans les excellentes séries télévisées que produisent les chaînes américaines, anglaises et parfois françaises. J’ai donc passé de nombreuses heures à éplucher les codes narratifs développés dans ces séries et me suis efforcé de les restituer au mieux en les adaptant au format du livre. C’est ce postulat

qui est d’ailleurs à l’origine des génériques remarquablement dessinés par Pascal Quidault. Et je constate avec plaisir que d’autres ont repris l’idée (je pense à Henri Loevenbruck par exemple) même si je dois confesser que c’est Phillipe Djian qui m’a inspiré au départ (et que l’on doit rendre hommage à Pierre Pevel qui s’est aussi prété à l’exercice). Pour ce qui est d’une adaptation, eh bien, rien à l’horizon pour l’instant mais je reste près de mon téléphone 24h/24. Ou/et un projet BD, façon manga ? De ce côté, les choses commencent à prendre forme et je m’acharne tous les jours à essayer de convaincre Pascal Quidault de se lancer dans l’aventure peut-être sous forme de comics d’ailleurs (c’est un format que j’affectionne surtout depuis que j’ai découvert Walking Dead ou l’excellente adaptation de Blade Runner par exemple). Du côté des éditeurs, les choses semblent ouvertes mais ils patientent encore un peu pour jauger la faisabilité (en terme de lectorat potentiel) et surtout pour savoir si je vais rendre les épisodes suivants en temps et en heure ! Combien d’épisodes avez-vous pensé écrire ? Peut-être n’est-ce pas encore fixé et alors comment pensez-vous maintenir la cohérence au long du « voyage »? La première saison comportera six épisodes soit trois ouvrages. La seconde n’est pas encore bouclée dans ma tête d’autant que les personnages prennent parfois des directions surprenantes ! Mais il faut savoir qu’à l’origine, le projet comportait deux saisons parallèles : l’une destinée aux « Young Adults » et l’autre aux « Less Young Adults ». Les deux saisons devaient paraître au même rythme, se dérouler dans le Centre à deux époques différentes et se compléter…

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Pourrait-on imaginer une paire d’épisodes exclusivement sous forme de BD ? Ou un épisode sur deux par exemple. Ca c’est une super idée ! Et si vous permettez, je la « pique » et vais la proposer de ce pas à mon éditeur ! Votre parcours pourrait ressembler à celui d’un autre scénariste populaire et reconnu : Michael Crichton. Est-ce que ca « lave la tête » d’écrire une histoire avec des références aux désordres psys quand on est soi-même dans le milieu psychiatrique médical ou est-ce parce que c’est un domaine déjà maitrisé ? Merci pour la comparaison ! Je me souhaite un parcours tout aussi prestigieux ! L’écriture s’est imposée à moi juste avant mes études de médecine… En effet, j’ai commencé à écrire pour séduire ma femme en plagiant des poémes de Charles Baudelaire ! Ensuite, c’est la découverte du jeu de rôle qui m’a poussé à continuer. Initié par Patrick Bauwen, nous avons collaboré longuement au magazine Casus Belli. Et puis le conte de fée est arrivé : contactés par Hachette nous sommes entré de plein pied dans l’écriture. Aujourd’hui, c’est vrai qu’écrire permet de me « laver la tête » comme vous dites, mais Black Rain est surtout né d’un profond désir d’apporter un témoignage sur mon métier. Je voulais rendre hommage à tous ceux dont j’ai croisé la route au cours d’une période de crise et redresser au passage certains clichés véhiculés par les médias. J’espère que Black Rain, au delà du divertissement, poussera les lecteurs à porter un autre regard sur la maladie mentale. Ultime question : S03/S04 est prévu pour ? Septembre-octobre 2012 !

par Véronique De Laet 18 septembre 2012


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Septième sens T1 - Veiller sur le monde D’Eric Corbeyran et Djillali Defali «Les Martyrs ne sont pas morts pour rien. Les Saints n'ont pas souffert en vain. Génétiquement programmés pour ressusciter, ils ont accédé à l'immortalité. Pour chacun d'eux, la souffrance a été le révélateur d'un don, ce qu'il est convenu d'appeler le septième sens. Disséminés aux quatre coins du globe, ils ont la charge de veiller sur le monde. Aujourd'hui, cette harmonie est sur le point d'être rompue...»

La critique « Septième sens » est la nouvelle série du célèbre duo Corbeyran et Defali. Ensemble ils ont déjà quelques succès à leur actif tels que « Asphodèle », « La Loi des 12 tables » ou encore « Le syndrome de Hyde ». Ils signent ici une nouvelle série thriller ésotérique qui se déroulera en 3 tomes. Dans ce premier album nous découvrons l’existence d’un groupe d’immortels, connu sous le nom de Présence, disséminés aux quatre coins du monde et dotés de « dons ». Chaque membre du groupe possède une capacité particulière appelée septième sens qui s’est révélée à eux après qu’ils aient affronté la mort. Souvent prit pour des saints ou des martyrs, ils sont des immortels veillant dans l’ombre sur nous, pauvres mortels. Le fondateur de ce groupe est Luc, né au premier siècle de notre ère. Il comprit très vite que son don de soigner les gens était spécial et que sa longévité était anormale. Imaginant ne pas être le seul dans ce cas, il part à la découverte du monde et surtout à la recherche de ses semblables. Il rencontrera nombre de ses semblables à travers les siècles,

comme Marie-Madeleine, ou Jane (mieux connue sous le nom de Jeanne) schizophrène accusée de sorcellerie et mise au bucher. Le but de cette société secrète est de veiller à l’harmonie de la planète et sur ces habitants. Bien qu’immortels, une menace pèse sur eux, un virus inconnu vient d’être identifiée par des experts scientifiques. Il pourrait être la seule chose face à laquelle les puissants membres du groupe « présence » soient vulnérables.

«L’histoire avance à un rythme soutenu» Très chouette découverte. Bien que le sujet des personnes immortels veillant sur la terre ai déjà été traité de nombreuse fois, cette histoire-ci est fraiche. L’histoire met un peu de temps à se mettre en place, mais avance à un rythme soutenu. La lecture est agréable grâce à des dessins vraiment sympa, soignés, aérés, colorés, qui bordent le récit de manière très agréable et à des textes clairs et simples. Quelques descriptifs de personnages viennent se glisser tout au long de la lecture,

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ce qui les rend plus digestes… cette bd se lit facilement et avec beaucoup de fluidité. Bien sûr, la dernière page tournée, on reste sur sa faim et on veut savoir la suite. Il faudra pour cela patienter un peu.

Xavier Verstegen Editions Delcourt

Corbeyran & Defali Nés en France Bande dessinée Asphodèle, 2003 - 2005 La loi des XII tables, 2006 Le Syndrome de hyde, 2007 Uchronie(s), 2008 Assassin’s Creed, 2009


Un royaume assiégé La guerre du chaos De Raymond Elias Feist «Les rumeurs empoisonnent le royaume des Isles. Au sein de l’empire de Kesh la Grande, les espions isliens disparaissent les uns après les autres. Les informations se font rares et peu dignes de foi. Mais une chose est certaine : des forces obscures sont une fois de plus à l’oeuvre… Alors que les hommes de l’Ouest ont répondu à l’appel aux armes du roi des Isles, Martin conDoin, à qui l’on a confié la protection du château de Crydee, se retrouve brusquement confronté à l’avant-garde d’une armée d’envahisseurs.»

La critique De grands changements sont en cours au royaume des Isles. Les espions isliens disparaissent les uns après les autres. L’empire Keshian est en manœuvre pour conquérir des territoires perdus auparavant. Sur leur route, ils retrouvent Martin ConDoin qui protège le château de Crydee. De plus, des personnages maléfiques pointent leur nez : la dimension démoniaque se réveille à nouveau, menaçant Midkémia… Raymond Elias Feist est né en 1945 aux Etats-Unis. Depuis 1982, il écrit des romans fantasy qui se situent dans le même univers, suivent les mêmes protagonistes et leur descendance. Il a notamment écrit Le magicien (1982), La fille de l’Empire (2000), La Guerre des démons (2011),… Ce roman est le premier d’une trilogie dont le deuxième est sorti aux Etats-Unis en mars 2012 et le troisième n’est pas encore écrit1. L’histoire est assez banale, même si les premières lignes étaient prometteuses en décrivant un enfant démon qui, pour sa survie, mange

sa mère ! L’histoire retombe malheureusement très vite, les événements s’enchainant sans liens particuliers. On retrouve un peu de suspense vers la moitié du roman et, finalement, dans les dernières pages de l’ouvrage avec l’apparition d’un nouveau personnage qui nous emmènera vers le tome suivant.

Aurons-nous des réponses dans la suite de cette trilogie dont la fin reste encore incertaine ?

Evelyne Vandooren Editions Bragelonne

«Les fans de cet écrivain ne seront pas surpris» De nombreux personnages jalonnent le livre dont certains sont pour l’instant très secondaires. Vous y retrouverez des démons, des magiciens, les Faucons de nuit, les Panthatians, … Tout est encore à définir car, à la fin de ce premier opus, le rôle de chacun dans cette guerre n’est pas encore clairement défini. En résumé, les fans de cet écrivain ne seront pas surpris par cette histoire, mais les néophytes comme moi auront de la difficulté à gérer les noms des nombreux personnages et les différents lieux présentés.

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Raymond E. Feist Né à Los Angeles en 1945 Fantasy La Guerre de la faille, 1982-1986 La Trilogie de l’empire, 1987-1992 L’Entre-deux-guerres, 1989-1992 La Guerre des serpents, 1994-1998

18 septembre 2012


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À l’ombre des pleurs De Cécile Guillot «Une poésie cruelle et délicate, des univers dans lesquels le sang et la magie s’entremêlent au cœur de récits troublants… Voici le voyage proposé par la plume de Cécile Guillot avec le recueil à l’ombre des pleurs. Sept histoires au parfum envoûtant, autant d’occasions pour s’évader aux frontières de l’imaginaire : vampire tourmenté en proie à ses instincts, sorcelleries antiques et dangereuses, créatures à la séduction mortelle, âmes écorchées porteuses d’un message aux vivants…»

La critique La première chose attirant le regard du lecteur dans ce recueil de nouvelles fantastiques, c’est bien évidemment la superbe illustration de couverture réalisée par Anna-Marine. Une illustration mystérieuse et mélancolique en parfaite adéquation avec les nouvelles composant le recueil de Cécile Guillot A l’ombre des pleurs. Le titre à lui seul est évocateur de l’univers dans lequel le lecteur va s’aventurer. Avant de rentrer dans le vif du sujet, je ne peux faire autrement que de mentionner la très belle préface de Stéphane Soutoul, auteur bien connu des passionnés de fantastique, qui donne encore plus envie de se plonger dans les histoires. Sept nouvelles très variées nous attendent. Cécile Guillot aborde tous les pans du fantastique avec un égal bonheur. Ce qui frappe de prime abord dans l’écriture de Cécile est sa fluidité. La prose est agréable et le vocabulaire riche. Petit plus non négligeable, les termes parfois techniques – je pense ici à « Cœur de cristal » par exemple – sont à chaque fois expliqués par des annotations judicieuses en bas de page.

Dans ce recueil, vous croiserez le chemin de vampires, de spectres ou encore de lycanthropes. Il me semble déceler un fil conducteur à toutes les nouvelles : l’humanité. En effet, Cécile Guillot s’efforce avec succès à mettre en avant la beauté ou la bonté pouvant résider derrière certains monstres ou créatures effrayantes. Comme dans la vraie vie, tout n’est jamais tout noir ou tout blanc. La façon d’aborder chaque thème est comme l’écriture de l’auteure : toute en nuances. Ici, la poésie se mêle à l’inquiétant comme pour donner au lecteur un instant de répit avant que son univers ne bascule.

Cécile Guillot aux éditions du Chat Noir en juillet 2012. Un rendez-vous à ne pas manquer !

Frédéric Livyns Editions Cauchemars

Cécile Guillot

«L’écriture de Cécile Guiot frappe par sa fluidité»

Née à Saintes en 1982 Fantastique

Mon texte préféré est sans conteste « La fille aux barbelés ». Une métaphore magnifique, touchante et cruelle, de notre société malade. On se dit que les Editions Cauchemars, disparues prématurément pour des raisons que je n’évoquerai pas, avaient déniché en Cécile Guillot une perle rare. Une auteur sensible, délicate et au talent indéniable. A noter la parution prochaine de « Fille d’Hécate », le prochain ouvrage de

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Saisons Païennes, 2012 La voie de la sorcière, 2012


Je commence la lecture sans aucun a priori, ne connaissant ni l'auteur ni cette nouvelle collection "Romance" de Milady. Commençons par l'auteur. La biographie qui nous est donné ne nous apprend que peu de choses. On sait seulement qu'elle a étudié avec le biographe de Jane Austen et qu'elle partage sa vie entre l'Angleterre et l'Italie.

Les Aventures de Miss Alethea Darcy d’Elisabeth Aston

Traduit par Sophie Huitorel 528 p., Editions Milady. Collection Milady Romance

de Michel Pagel

Black Coat Press 2012, 229p. , illustration Sylvain Despretz, 17€, ISBN 978-1-61227-105-7, Rivière Blanche

Conclusion : Un livre dont la lecture m'a été fort agréable. Il a titillé cette part de romantique qu'attend toute femme qui aime les belles histoires de romance teintée d'un soupçon d'aventure.

Marylise Dufour

Le récit commence par la fuite Miss Alethea. Les premiers chapitres servent à nous présenter le contexte de l'histoire et les personnages qui la parsèment. Le style est fluide sans surabondance gratuite. Certaines descriptions peuvent sembler longues et sans intérêt, mais leurs utilités résident dans une meilleure compréhension des personnages et de leurs ctions. L'intrigue s'enrichit d'un huis clos non sans intérêt. Nous arrivons à Venise, terme du voyage nous semble-t-il. Conclusion de l'histoire? Au contraire, elle continue par de riches rebondissements qui étoffent le récit de départ et l'accélèrent mais pas assez vite à l'égard du lecteur impatient que nous sommes.

Il s’agit d’un roman d’aventures situé dans une histoire alternée, un monde où la mort de César assassiné devant Alésia a entraîné le « rétrécissement » de l’Empire Romain : la République a disparu. C’est la famille de Pompée qui a créé un empire, réduit après la perte de la Gaule, cœur de l’empire Celte qui s’est partagé la Germanie avec l’Empire hunnique et des conquêtes d’Asie mineure, devenues le domaine de l’empire Parthe.

Le Dernier des Francs

De Venise, l'auteur nous ramène à Londres et nous reconduit enfin en Italie pour une conclusion tant attendue.

la mission et sauver l’empire menacé par une alliance entre Celtes et Huns. Le modèle du roman dont le titre aussi est inspiré est suivi avec succès, et ce Dernier des Francs est, en tant que délassement et que présentation de caractères exotiques, une réussite.

Georges Bormand

Dans ce monde parallèle, l’idée de Pagel n’est pas d’envisager une uchronie, une histoire possible dont nous suivrions l’évolution, mais seulement de disposer d’un cadre pour les aventures du narrateur, Lucius Antonius Tubero (« le bossu »), neveu d’un sénateur, qui se voit enrôlé comme figurant dans une mission d’espionnage, camouflée en mariage avec une jeune juive, Lirane. Mais, à cause d’une trahison, les plans du sénateur tournent mal. Et Lucius va devoir se transformer en héros pour, avec l’aide d’Alrik, le « dernier des Francs », accomplir

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18 septembre 2012


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Agenda Cinéma Les sorties (Belgique) 19 septembre 2012 Take This Waltz de Sarah Polley (Comédie dramatique) Little Black Spiders de Patrice Toye (Drame) J.C. comme Jésus Christ de Jonathan Zaccaï (Comédie) Quelques heures de printemps de Stéphane Brizé Hit & Run de Dax Shepard (Action) Les femmes du bus 678 de Mohamed Diab (Drame) Des hommes sans loi de John Hillcoat (Drame, Action) Camille Redouble de Noémie Lvovsky (comédie) The Secret de Pascal Laugier (Thriller)

26 septembre 2012 Killer Joe de William Friedkin (Thriller, Drame) Les Seigneurs d’Olivier Dahan (Comédie) The Expatriate de Philipp Stölzl (Drame, Action) Vous n’avez encore rien vu d’Alain Resnais (Drame) Resident Evil 5 : Retribution de Paul Anderson (Fantastique)

Scènes Les pièces Bruxelles et environs Boeing Boeing au théâtre de la Toison d’Or du 13/09/2012 au 27/10/2012 La Robe de Gulnara au théâtre des Riches-Claires du 11/09/2012 au 29/09/2012 En toute quiétude à l’Atelier-théâtre Jean Vilar (Louvain-la-Neuve) du 18/09/2012 au 04/10/2012 Panique au Plazza au théâtre des Galeries du 12/09/2012 au 07/10/2012 Mille Francs de Récompense au théâtre des Martyrs du 13/09/2012 au 27/10/12 Odyssées au théâtre de Poche du 18/09/2012 au 13/10/2012 La comédie des illusions au théâtre des Martyrs (Atelier) du 25/09/2012 au 27/10/2012 Les misérables au théâtre du Parc du 20/09/2012 au 20/10/2012 En toute inquiétude au théâtre Blocry (Louvain-la-Neuve) du 18/09/2012 au 04/10/2012 Le producteur de bonheur sous chapiteau (Parking Baudouin Ier - LLN) du 20/09/2012 au 06/10/2012 L’étranger au théâtre XL Grand Midi du 27/09/2012 au 27/10/2012 Alaska au théâtre Varia du 27/09/2012 au 13/10/2012 Les Invisibles au Théâtre Océan Nord du 25/09/2012 au 13/10/2012 Multivers au théâtre de la Vie du 27/09/2012 au 29/09/2012 Ghost Road au théâtre National du 25/09/2012 au 06/10/2012

Paris Les Menteurs (Chevalier et Laspalès) au théâtre de la Porte Saint-Martin à partir du 07/09/2012 Volpone ou le Renard au théâtre de la Madeleine à partir du 12/09/2012 Doris Darling au théâtre du «petit» Saint-Martin à partir du 14/09/2012

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