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Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Le Suricate N° 20

Bi-mensuel

11 juin 2013

Magazine À la une

Interview de Jan Ole Gerster pour «Oh Boy»

Mais aussi...

The Bling Ring Les sorties CD Leonardo Patrignani

Blackrain, l’interview Le groupe de glam métal savoyard se livre sur ses choix, son actu et son futur.


Sommaire

Music Market Un vent de vacances

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Littérature

p. 6 p. 8 p. 9 p. 10

Rencontre : Leonardo Patrignani Multiversum Inferno de Dan Brown La fille qui lisait des histoires... La piste des Templiers Bag Men Que sont mes amis devenus... La sexualité spectacle Ardalen, vent de mémoires Les mots de ma vie

Cinéma The Bling Ring Sous le figuier/Haunting Georgia Kon-Tiki/Belle du seigneur Love and honor/Safety not... Rencontre avec Jan Ole Gerster Sorties du 12 juin 2013 Sorties du 19 juin 2013 Actualités cinéma

p. 12 p. 14 p. 15

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Arts

Musique Interview de Blackrain Alice in Chains - The Devil put... Amorphis - Circle Daan - Le Franc Belge Kendra Morris - Banshee Zaz - Recto Verso Megadeth - Super Collider Black Dahlia murder - Everblack Airbourne - Black dog barking Skid Row -United world Rebellion Arman Méliès - IV L’été arrive, les festivals aussi

p. 18 p. 22 p. 23 p. 24 p. 25 p. 25 p. 26 p. 27 p. 27 p. 28

Giorgio Morandi au Bozar Expo photo X-Process Happy Birthday Mr Suricate Last Action Hero Harry Potter et l’ordre du Phénix

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Cotations Rien à sauver Mauvais Mitigé Bon Très bon Excellent

Le Suricate ne craint pas La Fouine

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11 juin 2013

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Edito

Le terrier du Suricate

Music-market (partie 1) Au détour d’un long trajet en voiture arrivera fatalement l’instant où votre attention se dirigera vers l’autoradio. Dans ces moments d’ennui intense face à la monotonie d’un bord de route peu passionnant, la musique sert d’occupation mais est surtout l’unique source de divertissement du conducteur. L’occasion pour lui, et son passager, de zapper les radios les unes après les autres et faire un constat bien malheureux : les stations passent la même musique et, plus étonnant encore, les mêmes artistes. De nos jours, les chanteurs, compositeurs, musiciens, troupiers et bouffons de service n’ont jamais été aussi nombreux. Les chansons affluent à une telle vitesse que notre oreille ne peut toutes les intégrer. Un éclectisme remarquable mais pas remarqué. Et pour cause, les stations radiophoniques nous passent sans cesse les mêmes plages provenant à peu près toutes des mêmes artistes. Evidemment, comme pour tout bon marché qui se respecte, l’offre suit la demande. Mais demandons-nous alors, au regard du top 50 belge (ou français, cela fonctionne aussi), ce qui motive réellement les auditeurs. Premièrement, les « featurings ». Dans le top 10, quatre morceaux sont des featurings, c’est-à-dire des travaux de groupes. Un peu comme en primaire (ou en CP), l’un coupe les feuilles et l’autre les colle.

En musique, particulièrement en techno, en R’n’B ou en hip hop, c’est le même principe. L’un reprend la musique d’un vieux DJ décédé ou mixant dans un chalet savoyard, et l’autre signe un refrain composé d’onomatopées verbales robotisées. Plus sérieusement, en marketing, on appelle cela du cobranding. Un système de vente quasiment infaillible où deux marques appartenant à une même société (ici un label) créent un produit. Dès lors, Daft Punk & Pharrell Williams ont cobrandé Get Lucky sous le label Universal (anciennement Virgin) assimilant le morceau à un produit comme les nouveaux Petit Beurre de Lu entourés de chocolat Milka. Robin Thicke feat. T.I. & Pharrell, Macklemore & Ryan Lewis feat. Ray Dalton, David Guetta feat. Ne-Yo & Akon et Véronique et Davina, c’est le même business, pour le plus grand bonheur des majors et d’un public aseptisé et endoctriné à écouter sans cesse les mêmes morceaux.

C’est quand que l’on part en vacances ? En cette fin juin, un vent de vacances souffle un peu partout. Les étudiants attendent désespérément la fin des examens, le soleil revient, les travailleurs pensent aux vacances au Maroc ou en Tunisie avec toute la petite famille, etc. Chez nous aussi, on sent les vacances qui pointent leur nez. Les premières accréditations pour les festivals d’été commencent à arriver dans nos boîtes., nos journalistes sont prêts à y aller et vous, je l’espère, à nous lire. Un autre signe des deux mois (fatidiques ?) qui arrivent, c’est la baisse de contenu de notre cher magazine, faute de théâtre. Ils sont déjà en vacances. Les sorties cinéma et littéraires aussi vont être plus calmes.

Car, outre le côté sympathique de la collaboration artistique, les morceaux se ressemblent à un point tel que Justin Bieber est arrivé à nous faire aimer sa musique grâce à un morceau signé à 98% par Will.I.Am.

Dans cette optique, le magazine paraîtra au ralenti pendant les deux mois qui suivent. Un dernier numéro verra le jour fin juin. Ensuite, un numéro paraîtra fin juillet, avant de reprendre de plus belle en septembre.

Deuxièmement, les remakes. Mais cela, nous vous en parlerons au prochain numéro (cobrandé avec Playboy).

Mais, on me glisse à l’oreille que l’on aura peut-être des numéros spéciaux festivals, qu’ils soient de musique ou théâtre pour Avignon.

M.M.

Finalement, on vous gâte, non ?

L.S.

Une publication du magazine

Le Suricate © http://ww.lesuricate.org Directeur de la rédaction : Matthieu Matthys Rédacteur en chef : Loïc Smars Directeur section littéraire : Marc Bailly Directeur section musicale : Christophe Pauly Directeur section théâtre : Baptiste Rol

Crédits Webmaster : Benjamin Mourlon Secrétaires de rédaction : Pauline Vendola, Maïté Dagnelie, Adeline Delabre Relation clientèle : redaction@lesuricate.org Régie publicitaire : pub@lesuricate.org

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Ont collaboré à ce numéro : Roxane de Quirini, Cécile Marx, Julien Sterckx, Claire Rigaux, Quentin Esser, Véronique De Laet, Christophe Corthouts, Marylise Dufour, Matthias Mellaerts, Emilie Lessire

28 mai 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Cinéma

The Bling Ring, qui ne reçoit pas, prend Présenté au dernier festival de Cannes dans la section «Un certain regard», le nouveau film de Sofia Coppola était très attendu et a, pour dire franchement, déçu une grande partie du public.

©Merrick Morton

La critique

Basé sur un fait divers, The Bling Ring est un film qui dénote complètement de la filmographie de Sofia Coppola de part sa superficialité. Volonté artistique de rester dans la lignée du sujet traité ou erreur totalement involontaire ? Le film est avant tout dédié à la mémoire d’Harris Savides, directeur de la photographie de l’œuvre et décédé peu de temps après le tournage. Ayant déjà collaboré à de nombreux projets de Sofia Coppola, tant sur des publicités que sur des longs métrages (Somewhere par exemple), Harris Savides évolua avec la réalisatrice sur un film tourné en numérique (le premier pour Sofia). Un dernier pari qui, au vu des images, est plutôt réussi. Les clins d’yeux sont nombreux et rythment finalement assez bien le film. Le spectateur sourira devant l’apparition de Kirsten Dunst, actrice qui fut notamment révélée par Virgin Suicide de Sofia Coppola. Il s’émerveillera (ou pas) devant la demeure de Paris Hilton, demeure que la jet-setteuse a ou-

verte uniquement pour les besoins du tournage.

Lindsay Lohan se creuse une place dans la tête du spectateur, impression qui grandit au fur et à mesure qu’Emma Watson apparaît à l’écran.

Les acteurs s’avèrent pour la plupart, très doués. On remarquera d’ailleurs le talent d’Israel Broussard, jeune héros de l’œuvre et seule image masculine durant toute l’intrigue. Interprétant un adolescent complexé qui rencontre et se lie d’amitié avec de mauvaises personnes, Israel Broussard tire très clairement son épingle du jeu. Katie Chang ensuite. Sous les traits de Becca, elle interprète une jeune fille rusée, manipulatrice et obsédée par les peoples. Impressionnante de crédibilité, bluffante en personnage froid et distant, Katie Chang est définitivement l’actrice révélée par The Bling Ring. Enfin, Emma Watson, la déception. La jeune Hermione semble sans cesse vouloir se démarquer de ses camarades. Surjouant à l’excès un rôle qui pourtant avait un énorme potentiel, Emma Watson semble fausse, caricaturale. Bien sur Taissa Farmiga (interprétant la demi sœur d’Emma Watson) et Claire Julien (dans le rôle d’une adolescente superficielle) s’en sortent plutôt bien mais restent malheureusement dans l’ombre des trois acteurs susmentionnés. Il est à déplorer l’atmosphère de comédie adolescente qui ressort de l’œuvre. Une impression de voir le dernier film d’Amanda Bynes ou de

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Accompagné d’une bande originale pop rock, le dernier Coppola est définitivement très superficiel, trop même. Ce film tout public est finalement peut être un peu trop simpliste pour un public habitué à cette réalisatrice.

Roxane de Quirini The Bling Ring 12 juin 2013

Los Angeles, un groupe d’adolescents passionnés par la planète people se lance dans des cambriolages un peu spéciaux. Consultant l’agenda des stars sur internet, ils profitent de leur absence pour visiter le demeure, chapardant en passant chaussures, vêtements et accessoires de marque…

Policier, Drame de Sofia Coppola Avec Emma Watson, Kirsten Dunst, Leslie Mann

À Los Angeles, un groupe d’adolescents fascinés par le people et l’univers des marques traque via Internet l’agenda des célébrités pour cambrioler leurs résidences. Ils subtiliseront pour plus de 3 millions de dollars d’objets de luxe : bijoux, vêtements, chaussures, etc. Parmi leurs victimes, on trouve Paris Hilton, Orlando Bloom et Rachel Bilson. Les médias ont surnommé ce gang, le "Bling Ring".


D’APRÈS UN SCÉNARIO DE DAMIEN CHEMIN. AVEC BRUNO PÊGO, KIKA FARIAS, TUCA ANDRADA, KAREN JUNQUEIRA, PISIT MOTTA, KIKO MONTEIRO, MARIANA SERRÃO, EDMILSON BARROS, LUCI PEREIRA, LION PASSOS & ORLANDO VIEIRA DE BACKER SON DIRECT NICOLAS HALLET ET SIMONE DOURADO CHEF MONTEUR PIERRE HABERER SOUND-DESIGN MARC BASTIEN ET VINCENT HAZARD MIXAGE GARETH LLEWELLYN CHEF DÉCORATRICE EVERLANE MORAES CHEF COSTUMIÈRE DIANA MOREIRA CHEF MAQUILLEUSE JACIRA LIMA MUSIQUE ORIGINALE DUDU PRUDENTE DIALOGUES PORTUGAIS PAULO LOBO FERNANDA BELING DIRECTRICE DE PRODUCTION NAH DONATO PRODUCTION EXÉCUTIVE PAULA GOMES. EN COPRODUCTION AVEC FUNDAP - TV APERIPÊ ET MPOINTPRODUCTION. PRODUCTEURS JOSEPH ROUSCHOP, VALERIE BOURNONVILLE ET WILSON GOES, PRODUCTEURS ASSOCIÉS LUCIANO CORREIA, GUY & WILFRIED VAN BAELEN, MICHEL DE BACKER.

DIRECTEUR DE LA PHOTOGRAPHIE MARC PREMIÈRE ASSISTANTE RÉALISATION

AVEC L’AIDE DU CENTRE DU CINÉMA ET DE L’AUDIOVISUEL DE LA FÉDÉRATION WALLONIE-BRUXELLES ET DE VOO, AVEC L’AIDE DE BANESE - INSTITUTO BANESE, AVEC L’AIDE DE LA PRÉFECTURE MUNICIPALE D’ARACAJU - FUNCAJU DÉVELOPPÉ AVEC LE SOUTIEN DU PROGRAMME MEDIA DE L’UNION EUROPÉENNE, RÉALISÉ AVEC LE SOUTIEN DU TAX SHELTER DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL BELGE, DE MOLLYWOOD ET DE SES PARTENAIRES


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Sous le figuier nous raconte la fin de vie de Selma, une dame âgée condamnée à mourir. Pour vivre ses derniers jours, celle-ci emmène Nathalie, Christophe et Joëlle, trois adultes en phase de crise dans leur couple mais également dans leur vie professionnelle, dans sa maison du Sud de la France. Au milieu de ce chaos social, chacun va tenter de se retrouver.

Sous le Figuier dʼAnne-Marie Etienne sortie le 12 juin 2013 Comédie, Drame (92ʼ) Avec Gisèle Casadesus, Anne Consigny, Jonathan Zaccaï, Marie Kremer

Même si Tôt ou tard n’avait pas eu le succès escompté en salle, Si c’était lui... avait su ramener les français vers les salles obscures. On attendait dès lors Anne-Marie Etienne au tournant. Sous le figuier sent la France à plein nez. De fait, après la première demi-heure de bobine, le décor est planté, nous assistons à une comédie populaire où le drame n’est que prétexte au bonheur. Une particularité du cinéma français que le cinéma belge ne partage pas. Cette joie de vivre et d’avancer, la réalisatrice franco-belge la transmet d’une excellente manière dans ce nouveau film. Toujours objective par rapport aux éléments et aux situations qu’elle fait vivre à ses personnages, elle est arrivée à insuffler à son

Quatre ans après Haunting in Connecticut (Le Dernier rite chez nous), qui avait assez rapporté d’argent au box-office mondial, l’idée de la suite a très vite germé dans la tête des producteurs. Cette fois-ci on retrouve le couple Wyrick et leur petite fille, s’installant en 1988 dans une demeure proche des plantations géorgiennes où il y aurait eu, bien avant, des problèmes d’esclavagisme. La petite fille commence à voir de mystérieuses personnes. Les parents font leur adultes incrédules jusqu’au moment où ils sont aussi témoins des mêmes phénomènes. The Haunting in Georgia de Tom Elkins sortie le 12 juin 2013 Horreur (100ʼ) Avec Chad Michael Murray, Katee Sackhoff, Abigail Spencer

Ce deuxième opus n’est, vous l’avez compris, pas une suite mais l’exploitation d’un concept comprenant l’emménagement dans un vieille demeure hantée et l’estampillage ridicule du « basé sur une histoire vraie ». Cet estampillage est utilisé souvent à tort et à travers. Il suffit d’une ligne dans un journal ou d’hurluberlus ayant crus voir des évènements surnaturels pour pouvoir dire que c’est réel à un public naïf ? C’est en tout cas le parti pris dans ce film et son prédécesseur.

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film une légitimité respectable. Même si le contexte parait absurde, le fond de l’histoire est riche et profond. Cependant, on regrettera le manque de rythme du film. Ce défaut dessert à un récit d’une beauté certaine. Et pour cause, de nombreux moments prenants sont amoindris par un rythme absent et un fond sonore mal choisi. Cela donne au film un aspect plus amateur, endossant l’allure d’un téléfilm plutôt que d’une réalisation cinématographique. Passé cela, on se complait à suivre ce récit gentillet où les acteurs sont eux, à l’inverse de la bande originale, excellents. Gisèle Casadesus, du haut de ses 98 ans, fait honneur au cinéma français par un jeu plein de professionnalisme agrémenté d’une retenue dramaturgique utile à son personnage. À ses côtés, Anne Consigny et Marie Kremer lui emboitent le pas de bien belle façon, comme si ces trois générations d’actrices évoluaient en parfaite osmose.

Matthieu Matthys La grande question est aussi de comprendre comment ce film arrive à sortir au cinéma, alors qu’actuellement tant de films valables passent directement pas la case vidéo ? Le casting n’est pourtant pas vendeur : un réalisateur inconnu (Tom Elkins) mais chef monteur sur le premier film, une actrice (Katee Sackhoff) qui a végété dans deux ou trois séries télés à succès et un acteur principal (Chad Michael Murray) qui doit sa notoriété à la série Les frères Scott ou de grands films comme La Maison de Cire ou Freaky Friday. De plus, le film n’est qu’une succession de Jump Scares (ces bruits ou images brusques qui vous font sursauter), ce qui devient finalement assez lassant. Passez votre chemin.

Loic Smars


Kon-Tiki de Joachim Roenning sortie le 12 juin 2013 Aventure, Action (118ʼ) Avec Pal Sverre Hagen, Anders Baasmo Christiansen, Jakob Oftebro

Thor Heyerdahl est un jeune aventurier qui voyage avec sa femme. Lors d’une période en Polynésie, un habitant lui explique que tout vient de l’est, comme le vent mais aussi Kon-Tiki, leur dieu solaire, le premier homme polynésien. À partir de là, Thor émet l’hypothèse que cet habitant a raison et que la Polynésie avait été colonisée par des peuples venant de l'est, d'Amérique du Sud, et non de l'ouest, d'Asie comme on le pensait alors.

Le film commence donc tel que je l’ai décrit plus haut, du début de sa réflexion à la mise en route du projet, puis tout se passe sur l’eau. La folie de Thor, l’improbabilité d’une rencontre, l’excentrisme des co-équipiers, l’émotion de l’aventure, l’émerveillement face à la nature qui nous dépasse, la peur des fonds marins, des moments de joie, des moments de panique, Kon-Tiki contient tout d’un film qui vous fait voyager et vous fait oublier le temps au travers d’une aventure.

Alors qu’il parcourt la communauté scientifique afin de trouver le moyen de valider son hypothèse, un professeur se moque de lui en disant qu’il n’a qu’à essayer d’aller du Pérou à la Polynésie en radeau si c’est possible. Thor, intrépide, décide alors de prendre cette phrase non comme une blague mais comme un défi.

Kon-Tiki nous embarque comme il faut dans l’aventure insensée de Thor, avec de petits flash-back pour nous aider à cerner un peu le personnage, ainsi que quelques remaniements de l’histoire telle qu’elle s’est déroulée, pour en faire un film qui tient en haleine et nous fait vivre au rythme de l’équipage.

Voilà l’histoire du Kon-Tiki, celle du film, et celle du radeau sur lequel Thor Heyerdahl et ses cinq co-équipiers ont réellement embarqué le 28 avril 1947, alors que personne ne le croyait, qu’il ne savait pas nager, et qu’un seul d’entre eux savait naviguer.

En 1935-1936, en pleine montée du nazisme, le séduisant Solal, qui officie à la SDN à Genève, décide de séduire la belle Ariane, aristocrate protestante et épouse de son subalterne Adrien. Celle-ci ne tarde pas à succomber au charme du jeune homme. Mais leur passion est très vite mise à mal : Solal est hanté par l’amour absolu ; Ariane, elle, est portée par un amour qu’elle cherche à partager au quotidien. Ces désirs contradictoires entraîneront les deux amants vers une destinée tragique.

Belle du Seigneur de Glenio Bonder sortie le 19 juin 2013 Drame, Romance (100ʼ) Avec Jonathan Rhys Meyers, Natalia Vodianova, Ed Stoppard

Avant d’être un film, Belle du seigneur est avant tout le roman éponyme d’Albert Cohen réputé comme l’une des plus belles histoires d’amour de la littérature, et vendu à plus d'un million d'exemplaires, traduit dans 13 langues ayant obtenu le Grand Prix de l'Académie française, en 1968. Le projet a connu de nombreux rebondissements et cela fait 25 ans que le réalisateur Glenio Bonder tentait de le mener à bien. Il décèdera d’ailleurs deux mois avant l’achèvement du film. Réalisateur de courts-métrages, téléfilms et publicités à la fin des années 70, Glenio

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Alors que les beaux jours arrivent enfin, n’ayez pas peur d’aller vous enfermer dans une salle obscure, ce ne sera que pour mieux respirer.

Baptiste Rol

Blonder a ensuite été attaché culturel dans plusieurs pays européens et notamment à Vienne en Autriche, et enfin à Genève, au cœur du Palais des Nations. Il a donc occupé des fonctions le rapprochant des lieux arpentés et racontés par Albert Cohen. Lorsqu’une amie lui fait découvrir le roman, il se met en tête de l’adapter au cinéma.. Il écrit alors le scénario en se focalisant sur la relation passionnelle entre Ariane et Solal. Bien que je ne l’ai pas lu, la force du roman semble être d’entremêler l’histoire d’amour et le contexte politique. Seulement, le fait que le personnage soit juif et ait affaire avec la montée du nazisme ne sont pas omniprésents dans le film et ne sont clairement pas montrés comme primordiaux. Le film se résume en une série de scènes de séduction dans sa première partie, puis en une série de disputes et d’incompréhensions dans la seconde. Le tout est plutôt bien filmé et Jonathan Rhys-Meyers (Velvet Goldmine, Match Point) est plutôt convaincant, mais cela ne suffit pas à rendre le scénario consistant.

Baptiste Rol

11 juin 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Aaaaah l’Amérique, quel beau pays ! Sa statue de La Liberté qui représente tant de choses aux yeux du monde, ses militaires qui sauvent l’univers, ses idées de grandeur. Aaaah l’Amérique !!

Love and honor de Danny Mooney sortie le 19 juin 2013 Romance, Drame (95ʼ) Avec Liam Hemsworth, Teresa Palmer, Aimee Teegarden, Austin Stowell

Dans ce film réalisé par le jeune Danny Mooney, nous suivons deux militaires de la guerre du Vietnam qui rentrent au pays durant une permission. Deux beaux jeunes hommes moulés dans des t-shirts pour une histoire bourrée de clichés que ç’en est plus perturbant que risible… Cela se déroule donc durant la guerre du Vietnam, et nos deux protagonistes, Dalton et Mickey, rentrent au bercail pour rendre visite à la fiancée du premier. Quelle surprise pour notre fiancé quand il découvre sa fiancée milite pour la paix et se fait maintenant appeler Juniper plutôt que Jane. Pour se faire accepter par le groupe, ils se font passer pour déserteurs et deviennent, dès lors, les héros contre cette guerre qui ne fait pas l’unanimité. Evidemment Dalton découvre que Juniper n’est plus amoureuse de lui et Mickey, grand séducteur et célibataire devant l’Eternel, va s’éprendre de

Recette pour un faire un film Sundance : tout d’abord, prenez une adolescente mignonne mal dans sa peau et un peu garçon manqué, un jeune d’origine indienne geek et puceau, et un jeune journaliste cool, parfois pathétique mais touchant, qui prétexte un sujet pour aller retrouver un amour du lycée. Faites-les rencontrer un mec un peu fêlé et paranoïaque. À cela, rajoutez de l’humour, de l’amour, des blagues de geek, plein de bonnes intentions, des agents du gouvernement et des hommages aux films qui ont fait votre enfance. Voilà, vous obtenez le film Sundance par excellence. Safety Not Guaranteed de Colin Trevorrow déjà à lʼaffiche Comédie (94ʼ) Avec Aubrey Plaza, Jake M. Johnson, Karan Soni, Kristen Bell, Jeff Garlin

Au vu de l’histoire, ce n’est pas vraiment surprenant que Safety not guaranteed ait obtenu le prix du scénario au festival du film indépendant de Sundance en 2012. Ce film est vraiment dans la lignée de Little Miss Sunshine (ce sont d’ailleurs les même producteurs) ou Juno, avec la différence qu’il n’aborde pas un sujet de société précis comme le faisait ces films sur les concours de miss d’enfants et sur l’avortement. Non, Safety not guaranteed part d’une idée marrante pour nous donner un film sympathique.

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Candace, une jolie blonde qui dirige le mouvement contre la guerre. Le film se passe durant une période trouble de l’histoire de l’Amérique. Une période de protestations et de révolution sociale. Une semaine en juillet 1969 où le monde entier était focalisé sur les premiers pas de l’homme sur la lune. Une période où la marijuana était partout, où la violence entre les protestants et la police était monnaie courante. Un film surprenant par la thématique abordée alors que l’on croyait voir une histoire d’amour sur fond de guerre. Alors que c’est bien la guerre qui est la thématique principale du film et en donne son ossature. Un long métrage intéressant mais sans grande surprise, avec des acteurs à la limite de la caricature du soldat américain.

Marc Bailly

En clair. Jeff, rédacteur pour un magazine de Seattle, convainc sa patronne de lui confier un article sur un individu qui a fait paraître une petite annonce dans le but de trouver un co-équipier pour voyager dans le temps. Accompagné de deux stagiaires, Darius et Arnau, Jeff retrouve dans la petite ville côtière de son enfance la trace de Kenneth Calloway, l’auteur de l’annonce. La jeune Darius se fait alors passer pour une candidate au voyage dans le temps afin de gagner la confiance de Kenneth, tandis que Jeff recherche un amour de lycée et essaye d’apprendre à Arnau à conclure avec les filles. Alors bien sûr, il y a les questions de la différence, de ne pas se sentir à sa place, de la crise de la trentaine, mais tout cela est traité en second plan. C’est donc juste un bon moment que l’on nous invite à passer, et c’est déjà très bien.

Baptiste Rol


Interview

Rencontre avec Jan Ole Gerster (Oh Boy)

©Jörg Carstensen

La rencontre Pour son premier film, Jan Ole Gerster a montré un talent indéniable au monde du cinéma. Oh Boy a ravi les spectateurs et la critique. Rencontre avec le jeune réalisateur allemand. Y a-t-il une part autobiographique dans l’histoire de Oh Boy ?

abstraite qui fonctionne bien. Je trouve également que c'est l'option la plus évidente pour rendre un film intemporel. Cela m'a beaucoup inspiré. Dès le début, lors de l'écriture du scénario, j'avais des images en noir et blanc qui me traversaient, et ce fût contre toute attente, pas si difficile de convaincre les producteurs de suivre ce choix.

Vous voulez la version drôle ou la version sérieuse ? (rires) La version comique que je donne souvent est : « Oui, absolument, j'ai passé cinq ans à ne rien faire pour créer ce personnage !», mais officiellement, je l'explique plutôt comme une envie de faire un film sur une période que j'ai moimême traversé un peu avant la trentaine, où je doutais sur toutes les décisions que j'avais prises dans le début de ma vingtaine. Je n'allais plus à l'école de cinéma, j'ai failli en être exclu d'ailleurs, je ne faisais pas grand chose de mes journées, j'étais perdu. Jusqu'à ce que je décide de faire de cette problématique l'histoire d'un film. Et ça a fonctionné.

Je trouve cela dommage que l'on n'utilise plus ce traitement de couleur au cinéma. Les gens n'y sont plus habitués. J'ai comme l'impression que maintenant qu'on peut filmer en couleur, on doit le faire, comme si l'alternative du noir et blanc n'était presque pas envisageable, tandis que dans la photo c'est plutôt l'inverse.

Est ce que le fait d'avoir filmé en noir et blanc vous a permis de vous détacher de votre histoire personnelle ? Plus clairement, le noir et blanc fût-il un filtre émotionnel ou un simple choix esthétique ?

Je pense que les hommes dans mon film sont encore plus névrosés que les femmes. Ce n'était en tout cas pas mon intention de les faire passer comme tels. Pour ce qui est de la mère, j'avais à la base écrit plusieurs dialogues entre elle et son fils au téléphone, mais j'ai du finir par couper ces scènes malheureusement. La copine de Niko que l'on voit seulement quelques minutes au début

Je trouve en effet que le noir et blanc met une bonne distance avec ma vie privée, mon quotidien, c'est un moyen de se détacher. Cela amène une tension

Les femmes dans ce film sont ou absentes (comme la mère de Niko), ou encombrantes (la copine de Niko), ou folles et névrosées (comme Julika), était-ce une volonté que le personnage principal n'ait aucun référent féminin auquel se raccrocher ?

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du film est le seul personnage qui paraît à peu près sain et normal, elle avait tout ce qu'il cherchait y compris la fameuse tasse de café, mais il s'exclut lui même de cette relation et de ce confort. Une petite anecdote par rapport au personnage de Julika, lorsqu'une des directrices de casting que j'ai rencontré a lu le scénario, elle m'a confié être terrifiée par les scènes de Julika, elle trouvait son hystérie réductrice. Pour moi c'est l'inverse, c'est un personnage riche avec une palette d'émotions très contrastées, d'ailleurs Friederike Kempter, l'actrice qui l'interprète a pris beaucoup de plaisir à jouer ces scènes, même les plus extrêmes. Elle a été nommée pour le German film Award à la suite de cela. La scène du rendez vous chez le psychologue est terriblement angoissante, elle est le reflet d'une société glaciale et dépendante du pouvoir de l'administration. Niko est entre l'aberration et la soumission face à cet homme, est-ce que c'est cette rencontre qui le conditionnera à se sentir exclu, et incompris par ses proches et les gens qu'il rencontrent ? Ou bien est-il le seul être lucide au milieu de tout ce cirque ? C'est une des premières scène du film, celle où l’on apprend à connaître Niko, le personnage principal. Il essaye de se comporter d'une certaine façon, de « jouer un


rôle » pour qu'on lui rende son permis mais en même temps, on apprend de réelles choses sur lui : il a abandonné les études, il ment à propos de sa relation avec ses parents. Mais la seule question qui reste sans réponse c’est s’il est dans une relation ou pas. C'est aussi la représentation du désemparement que l'on peut ressentir face à une administration allemande, où tout dépend de l'humeur de l'homme que vous avez en face de vous. Que joue pour vous le rôle de la musique dans votre film et pourquoi avoir choisi le jazz pour accompagner les frasques du personnage principal ? Le choix de la musique s'est fait très tard dans le processus de la réalisation du film, c'était lors du montage. Je voulais trouver des compositeurs originaux. Ma grande référence a toujours été Simon and Garfunkel, mais pour Oh boy, c'était trop sentimental, trop premier degré. Puis j'ai pensé au Jazz, j'aime l'ironie qui peut s'en dégager, cette malice. J'ai trouvé quatre jeunes musiciens dans l'école de Jazz de Berlin, c'était 4 semaines avant la première du film, j'étais terriblement angoissé que tout ne soit pas prêt à temps. Cela a fonctionné, le résultat est comme je l'imaginais.

C'est votre premier film, en êtesvous fier ? Avez-vous du vous battre, faire des compromis ou faire face à des situations que vous n'aviez absolument pas envisagé au début du projet ? Je suis très surpris de ce qui s'est passé après le premier visionnage officiel du film, je m'attendais à la plus terrible des réactions. Cela faisait plusieurs semaines que je regardais le film deux fois par jour pour retoucher la lumière, le son, le mixage, cela devenait obsessionnel.

vous parfois à ce que Niko devient ? Continue-t-il à vivre quelque part dans votre imagination ? Oui, je commence à repenser à lui. « Niko et moi » avions fait une petite pause, mais Tom Schelling, l'acteur qui l'interprète, veut garder le personnage en vie et absolument en faire une suite, un peu comme Antoine Doinel dans les Truffaut. Au départ, j'avoue que je n'étais pas pour, mais l'idée commence à me séduire. Ne jamais dire jamais. Un jour peut-être que nous verrons Niko Fisher, marié avec des enfants...

Puis, on sort au grand jour priant pour qu'une personne, une seule, aime votre film. Deux jours avant la première, quand j'ai vu mon film, après deux ans et demi de travail, où je devenais esclave de mon propre projet, j'ai réalisé que ça y est, je l'avais fait... Qu'il soit bon ou mauvais, je l'avais fait. Et ce sont les cinq minutes où je me suis senti vraiment fier. Ce qui a suivi depuis est une grande aventure, et honnêtement, je n'en imaginais pas tant, même dans mes rêves les plus fous.

Que pensez vous de Bruxelles, est-ce la première fois que vous venez ?

Ca va être dur d'en faire un deuxième à présent, je devrais arrêter ma carrière maintenant. (rires)

Propos recueillis par Cécile Marx

J'étais déjà venu quelques années auparavant mais très brièvement. Ce matin, lorsque je me suis réveillé, je suis parti marcher sur la Grand Place, puis le long du canal. Je ne m'attendais pas à autant de beauté. J'aimerais rester plus longtemps. Je reviendrai avec plus de temps devant moi la prochaine fois, je l'espère.

Lorsque vous avez terminé d'écrire, puis de réaliser votre film, pensez-

©Oh Boy / X-Verleih

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11 juin 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Films à l’horizon (sorties du 12/6) After Earth

Joséphine

Science-Fiction de M. Night Shyamalan

Comédie dʼAgnès Obadia

Pas

vus

!

Un pʼtit gars de Ménilmontant Policier dʼAlain Minier

Avec Marilou Berry, Mehdi Nebbou, Berengere Krief

Avec Olivier Marchal

Après un atterrissage forcé, Kitai Raige et son père, Cypher, se retrouvent sur Terre, mille ans après que l’humanité a été obligée d’évacuer la planète, chassée par des événements cataclysmiques. Cypher est grièvement blessé, et Kitai s’engage dans un périple à haut risque pour signaler leur présence et demander de l’aide. Il va explorer des lieux inconnus, affronter les espèces animales qui ont évolué et dominent à présent la planète, et combattre une créature extraterrestre redoutable qui s’est échappée au moment du crash.

Joséphine, 29 ans trois-quart, obnubilée par la taille de ses fesses, source de tous ses problèmes, n’a toujours pas trouvé l’homme de ses rêves non-fumeur-boncuisinier-qui-aime-les-chats-et-qui-veutplein-d’enfants. Sa seule consolation, c’est qu’elle vit avec Brad Pitt… consolation de courte durée puisque c’est son chat. Quand sa soeur lui annonce son mariage, c’est la goutte d’eau qui fait déborder la tasse à café. Elle s’invente alors une histoire d’amour avec un riche chirurgien brésilien.

Un homme sort de prison après avoir passé 15 ans derrière les barreaux et retrouve son quartier complètement changé. Celui-ci va tenter de reprendre sa place dans un monde qui ne répond plus aux mêmes règles. Ayant vécu toute sa jeunesse à Ménilmontant, Alain Minier a réalisé un film à la fois policier et sociologique, qui dépeint la réalité de ce quartier, avec la poésie qui se dégage de chacune de ses ruelles ou de ses points de vue, et l’essor d’une délinquance extrêmement jeune.

Après le très insupportable Le dernier maître de l’air, l’indien Shyamalan réunit le duo Smith dans un film futuriste.

Agnès Obadia n’est pas une référence dans le cinéma français mais ce film pourrait bien amadoué la spectatrice standard.

Olivier Marchal, ancien flic, connait bien les problèmes liés à la réinsertion. Reste à savoir si Alain Minier a su en profiter.

Avec Will Smith, Jaden Smith

La grande boucle Comédie de Laurent Tuel Avec Clovis Cornillac, Bouli Lanners, Ary Abittan

François est un passionné du Tour de France. Licencié par son patron et quitté par sa femme, il part faire la Grande Boucle avec un jour d’avance sur les pros. D’abord seul, il est vite rejoint par d’autres, inspirés par son défi. Les obstacles sont nombreux mais la rumeur de son exploit se répand. Les médias s’enflamment, les passants l’acclament, le Maillot Jaune du Tour enrage. François doit être stoppé !

Cette histoire d’anti-héros, on l’a déjà vue et revue. D’autant que Laurent Tuel reste sur le bide du film Le premier cercle.

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Films à l’horizon (sorties du 19/6)

Pas

vus

!

Man of Steel

Traviata et nous

Les beaux jours

Fantastique, Action de Zack Snyder

Documentaire de Philippe Béziat

Comédie dramatique de Marion Vernoux

Avec Henry Cavill, Amy Adams, Russell Crowe

Avec Natalie Dessay, Matthew Polenzani

Avec Fanny Ardant, Laurent Lafitte, Patrick Chesnais

Un garçon apprend qu'il est doté de pouvoirs extraordinaires et qu'il n'est pas né sur Terre. Une fois jeune adulte, il part en voyage pour découvrir d'où il vient et pourquoi il a été envoyé sur notre planète. Mais le héros en lui se doit de faire surface pour sauver le monde de l'annihilation et devenir un symbole d'espoir pour l'humanité entière.

Printemps 2011, Jean-François Sivadier met en scène La Traviata, à Aix en Provence, sous la direction de Louis Langrée. Natalie Dessay est Violetta. Pendant deux mois, des salles de répétitions aux coulisses du Théâtre de l’Archevêché, une équipe de cinéma a suivi leur travail au plus près.

Des beaux jours ? Caroline, fraîchement retraitée, n’a que ça devant elle : du temps libre et encore du temps libre. La belle vie ? Pas si simple… Comment alors tout réinventer ? Transgresser les règles, provoquer de nouvelles rencontres, ou bien simplement remplir son agenda ? A moins que tout soit déjà là ?

Un reboot aux budgets pharaoniques pour un film qui devrait l’être tout autant. La critique dans notre prochaine édition.

L’opéra est un genre bien particulier. Pour ce documentaire, les puristes adoreront et les autres s’ennuieront probablement.

Une histoire intrigante pouvant donner des situations cocasses comme tristes. Il faut cependant en supporter les acteurs...

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11 juin 2013


©Yvan Leduc

l’actu cinéma

Kim Dotcom VS Hollywood

Un aéroport comme plateau de cinéma Connaissez-vous l’aéroport de Montréal ? À cette question, beaucoup vous répondrons par la négative et d’autres vous diront qu’il s’agit de l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. Pourtant, il existe dans la banlieue de Montréal, un aéroport bien plus grand encore et quasiment inconnu en Europe, l’aéroport de Mirabel. Cette installation, inaugurée en 1975, devait être en réalité le principal aéroport de la ville. Deux fois plus grand que son prédécesseur, ce terminal international s’est vite vu délaissé faute d’infrastructures de transit suffisantes. En 2004, cet éléphant blanc est totalement abandonné et ses 39000 hectares (deux fois la région de Bruxelles-Capitale) ont été rendus à la nature. Sur le site, seuls restent le terminal principal et les pistes qui servent aujourd’hui à l’industrie du cinéma. Et pour cause, Mirabel est devenu un lieu de tournage prisé. C’est là que les réalisateurs ont tourné Le terminal, Hold-Up et récemment Warm Bodies. Une reconversion pour le moins surprenante. M.M.

Box office Belgique

Les Nombrils au cinéma

Du 29 mai au 2 juin 2013

2. Fast & Furious 6 3. The Great Gatsby 4. Only God Forgives 5. Le Passé 6. Iron Man 3 7. The Big Wedding 8. The Croods 9. Mama 10. Evil Dead

©Dupuis

1. Very bad trip 3

La bande dessinée humoristique de Dubuc et Delaf, Les Nombrils, pourrait bientôt être transposée à l’écran pour le plus grand bonheur des adolescent(e)s et vieux enfants. Cette série de bd créée par les deux québécois a déjà été vendues à plus d’un million d’exemplaires à travers la francophonie.

Selon l’agence Belga, ce sont deux projets qui devraient voir le jour parallèlement. Le premier, et plus plausible, serait un film d’animation prévu pour 2016. Le second serait un long métrage avec des acteurs en chair et en os prévu pour 2015. De bonne augure pour les trois filles apparues pour la première fois en 2004 dans le magazine canadien Safarir.

Source : Box Office Mojo

DVD - Blu ray

M.M.

Il y a quelques temps encore, Kim Dotcom était l’homme à abattre. Avec le démantèlement de MegaUpload, c’est toute l’industrie lucrative des pirates du net qui avait tremblé. Face à cette offensive de masse de la justice néo-zélandaise (et américaine), Kim Dotcom, le créateur du site, avait répliqué par une contre-offensive médiatique de grande envergure et pointé des vices de forme dans la procédure pénale. Comme il l’avait fait par le passé avec ses différentes sociétés allemandes, le gourou du partage en ligne a créé par la suite un nouvel outil appelé Mega. Depuis, le procès n’a toujours pas été daté et n’aura probablement jamais lieu. Ces dernières semaines, l’impunité du site a pourtant été une nouvelle fois mise en cause par les majors d’Hollywood que sont Warner Bros et NBC Universal. Ceux-ci ont purement et simplement demandé à Google de retirer l’adresse de Mega de son moteur de recherche. Arguant le fait que le site est à nouveau une mine d’or pour les copies illégales, les studios californiens ont sommé Google de retirer l’entièreté des pages du site. Cette attaque frontale n’a pas tardé à faire réagir Kim qui conteste déjà le fait que le site détient avant tout des données légales et qu’il serait surtout illégal de ne plus en indexer les pages. Le bras de fer ne fait que (re)commencer. M.M.

Django Unchained de Quentin Tarantino

Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre

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sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle – morts ou vifs. Alors que les deux hommes pistent les dangereux criminels, Django n’oublie pas que son seul but est de retrouver Broomhilda, sa femme, dont il fut séparé à cause du commerce des esclaves 11 juin 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Entretien

: l’histoire d’un incroyable talent Révélé aux yeux du grand public dans l’émission «La France a un incroyable talent», Blackrain sort à présent It Begins, leur troisième album. Ces Français nous prouvent ainsi que oui, le rock français et le glam ont un avenir. Nous avons posé quelques questions à MatH, le bassiste du groupe qui nous a parlé de ce nouveau disque et de leur aventure avec

La rencontre Merci de nous accorder cet inteview. Votre prestation à La France a un incroyable talent a été fort remarquée et vous a donné l’occasion de vous présenter au grand public. Comment avez-vous vécu cette expérience ? En ce qui concerne l’équipe de production de l’émission, ce fut à l’opposé de ce que nous avions imaginé. C’était génial ! Ce que nous avons vécu a été très enrichissant, nous avons encore « grandi » et découvert beaucoup de choses, ainsi sans aucun doute ça restera une de nos meilleures expériences, cerise sur le gâteau, elle est allée au-delà de notre espérance. Même si c’était notre vœu, nous ne nous attendions pas à ce qu’autant de gens nous soutiennent et nous emmènent jusqu’en finale. Nous avons compris que le public français pouvait porter un groupe de rock made in France. Qu’est-ce que cela vous a apporté ? Une exposition inespérée avant la sortie de notre nouvel album et indirectement cela a confirmé la signature avec THE major company (Columbia / Sony) Votre nouveau disque, It Begins est déjà votre troisième album. Voyezvous celui-ci comme l’aboutissement de quelque chose ou plutôt comme le départ vers de nouveaux horizons ? Les deux mon capitaine. Le titre It Begins a été fait assez rapidement et nous avons ressenti qu’il se passait

quelque chose, l’album aurait pu aussi s’appeler This Is The End - It Begins. Cela marquait la fin d’un cycle, une première époque qu’on pourrait considérer comme la formation, à prendre au sens le plus large.

se ressemblent comme deux gouttes d’eau… Est-il différent de ses prédécesseurs ?

De savoir que l’un des plus grands producteurs de tous les temps acceptait de venir à Paris pour travailler avec des petits Franchouillards, dans nos esprits le rideau venait de tomber, nous nous dirigions déjà vers un futur prometteur.

Il est dans une continuité logique de ce que nous avons produit dans le passé. Peut-être avons-nous cette fois-ci plus porté attention à ce que les morceaux sonnent aussi bien sur disque qu’en live. Nous avons pu préparer et travailler cet album en amont.

Un de nos rêves s’est enfin réalisé, enregistrer dans un vrai studio et entendre avec minutie tout ce que nous avons vraiment donné, par le passé nous n’y sommes malheureusement pas vraiment parvenu. Ce qui ne change pas en revanche, c’est la rage de toujours faire mieux.

C’est d’ailleurs peut-être la raison pour laquelle il a été enregistré bien plus vite que ses prédécesseurs et sans les « trucages » que permettent les homestudios actuels. Tout dans cet album provient d’un son analogique, les effets sont naturels contrairement aux 2 autres.

Comment le décririez-vous ?

On a pu entendre quelques nouvelles chansons lors de votre passage en télé. Des morceaux qui envoient et qui touchent directement les fans de ce style. De quoi donner envie d’en écouter davantage. Où trouvez-vous votre inspiration ?

C’est 40 mn de musique Rock variée et directe, bâtie pour la scène et pour faire la fête. C’est un album vrai, sans fioritures, il est riche en son et en qualité. Il y a une écriture incontestable, une vraie production. Tout a été méticuleusement pensé puis travaillé et enfin peaufiné. Que ce soit les arrangements ou le timing, rien n’a été laissé au hasard. Comme ce fut le cas chez nos aînés, à notre tour, nous pouvons aussi dire que dans It Begins nous avons gravé dans la cire, le style «BlackRain». Bien sûr il y aura toujours des gens qui trouveront de la ressemblance. Si ce n’est du plagiat, que pouvons-nous répondre… Juste que sur terre, il y a des sosies qui n’ont aucun lien sanguin et pourtant ils

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Dans la vie de tous les jours, ce qui se passe autour de nous, nos expériences, notre vécu. Il y a aussi notre entourage et notre environnement, nous subissons des influences qui viennent de toutes parts, qu’elles soient directes ou indirectes. Il y a ce que nous écoutons, ce que nous entendons, mais aussi ce que nous regardons et voyons. Pour ce qu’il en est de la captation de l’instant précis qui vous inspire, il y a une chose capitale, c’est l’état émotionnel dans lequel vous vous trouvez à ce momentlà.


Vous pouvez interpréter la même chose différemment selon votre humour du jour. Difficile de donner une réponse plus précise. En revanche nous pouvons dire que nous sommes guidés par l’unique envie d’écrire de bonnes chansons qui restent dans la tête des gens et au risque de paraître prétentieux, d’ajouter notre nom, avec la plus illustre des couleurs, parmi la magnifique liste de ceux qui ont écrit l’impérissable histoire du Rock.

c’est sa marque de fabrique, jusqu’à ce jour elle a fait ses preuves. Ainsi il est aussi complètement investi dans le projet musical.

Vous avez fait la connaissance de Jack Douglas pour cet album. Comment s’est passée cette rencontre ? En dehors du fait qu’il avait travaillé avec de grandes pointures du rock, pourquoi l’avoir choisi lui ?

Bien entendu cela nous faisait rêver. La reprise de contact avec Jack a eu lieu à mi-avril 2011, un mois plus tard les retrouvailles se faisaient au Festival de Cannes, SWAN faisait partie du voyage avec une démo de 5 titres dans les bagages. Convaincus par ce qu’il avait entendu, dès le lendemain Jack et notre manager montaient le projet.

C’est grâce à notre manager, il a fait connaissance de Jack Douglas au Midem 1987. Ils sont devenus amis très vite, ils ont rapidement collaboré sur plusieurs projets, pour aboutir quelques mois plus tard à un contrat de management. Dès que nous avons commencé à travailler avec ce dernier, nous avons entendu parler de Jack et donc de John Lennon, Aerosmith, New York Dolls… dont il nous a abreuvés d’histoires. Notre manager vient de la vieille école, je ne vais pas développer ici son CV. Il a sa façon de travailler à tout point de vue,

C’est pendant la pré-production vers mars 2011, qu’il a commencé à faire allusion à Jack, il était convaincu qu’il était l’homme de la situation pour prendre les commandes de notre « opus ».

Est-ce que cette collaboration vous a appris quelque chose sur la production? Oui, par exemple les Américains sont beaucoup moins rigoureux que les Européens. Sinon rien de plus, tu bosses avec un «magicien» qui a un passé gros comme ça ! Tout ce qu’il fait, pour lui c’est naturel. A chaque prise Jack manipule des engins, Bryan l’ingé aussi, sans oublier les assistants. A cela il faut ajouter les

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termes techniques, il faudrait presque un décodeur, c’est non seulement un vrai métier, mais il y a des codes, je pense que tu peux apprendre auprès d’un gars en devenir, mais auprès d’un «guru» nous manquons de quelques connaissances. Et puis tout va très vite avec Jack, aussi bien dans le placement des micros que dans les prises de son. Il peut accepter une prise qu’on considère comme «imparfaite» parce que l’énergie est là. Il nous racontait que c’est d’ailleurs une blague chez les producteurs américains. A quoi reconnaît-on un producteur européen? Au fait qu’il se prend trop la tête (rires). Votre look rappelle celui des groupes comme Mötley Crüe. Pensez-vous que l’heure est venue pour le Glam Rock de faire son retour ? C’est toujours flatteur d’être comparé à nos aînés. Pour autant, nous cherchons avant tout à développer notre propre style et cela va en effet jusque dans nos costumes de scène. Sans chercher à les copier, nous nous imprégnons de la démarche des artistes des années 70 et 80. Il s’agissait de constamment créer, évoluer autant dans la musique que dans tout ce qui peut s’y rapporter, l’aspect vestimentaire en fait partie.

11 juin 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts On nous catégorise comme un groupe de glam, cela nous va, à l’étranger on dit de nous que nous sommes les plus représentatifs du revival Rock mélangeant les années 60/70 et 80, cela nous convient aussi. Pour notre part, nous avons la nette impression de tracer notre propre voie, d’écrire notre propre histoire. Que pensez-vous de groupes comme Steel Panther qui font cela avec humour ? Steel Panther est un groupe parodique très talentueux. Nous adorons l’humour, nous sommes très friands des bons humoristes. Vous en avez d’ailleurs une belle brochette en Belgique. Quand cela est lié à la musique, exécutée de surcroît de manière brillante, cela ne peut que nous plaire.

Qu’elle est votre meilleure expérience en live ?

terme de prise de risque qui touche tous les secteurs.

Chaque live est différent, chaque concert porte son moment de magie, il s’y passe à chaque fois quelque chose d’imprévu. Il n’y a pas UN meilleur moment. C’est une expérience unique.

En tout cas pour ceux qui en doutent, y a des passionnés de musique dans tous les labels, ils cherchent constamment «LEUR» perle rare et ça ce n’est pas rien.

Un jour tu es touché par un fan qui pleure de joie, une autre fois tu vas te laisser porter par la foule qui scande le nom de ton groupe ou qui reprend ta chanson.

Il peut y avoir des artistes à foison sans que pour cela se trouve l’ « OVNI » qui est recherché ou attendu par le ou les labels. Même si la musique est le premier argument, il faut aussi convaincre sur la solidité et la durée du projet. Ca a été le cas de BlackRain pour convaincre une major. Quels sont vos projets ? Sortie de l’album dans une partie de l’Europe en septembre. A court terme, partir en tournée courant octobre/novembre.

Vous avez fait la première partie de groupes prestigieux comme les Scorpions ou Alice Cooper. Que retenez-vous de ces expériences ? Avant toute chose, il y a cette grosse machinerie qui est impressionnante, ensuite il y a la technique, par exemple quand nous avons joué à Marseille avec Alice Cooper, les techniciens du son nous ont mis la grosse claque, nous n’avons jamais eu un son comme ça sur scène, les retours étaient parfaitement réglés et à une vitesse incroyable. Du coup depuis nous cherchons nous aussi à créer une équipe de super techniciens. Car bien entendu nous rêvons de fouler à nouveau ces scènes gigantesques mais cette fois en tête d’affiche (rire). Pour en revenir à notre rencontre avec Alice Cooper ce fut très fort, un grand bonhomme. Nous avions vraiment l’impression d’appartenir à ce monde dont il est l’une des principales figures.

Tout faire pour que dans 20 ans, nous soyons encore là, en étant devenus un groupe de légende. Aurons-nous la chance de vous voir bientôt en Belgique ?

C’est unique et nous avons la chance de vivre intensément ces moments d’exception. Vous venez de signer récemment chez Sony. Que pensez-vous de ce désintérêt des majors pour le Rock français? En tout cas cela ne nous concerne pas, la preuve! Je pense que ce n’est pas un jugement réaliste, que de dire ça. Pour notre part chez Sony, nous avons rencontré de vrais fans de Rock. Malheureusement nous vivons la plus grosse crise de l’industrie musicale, cela a amené une période très difficile en

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Nous avons hâte de venir vous voir. Nous n’avons jamais encore joué en Belgique alors que tout le monde nous dit que le public est formidable. Ne reste plus qu’une proposition sérieuse. Avis aux professionnels. Avez-vous un message pour le public belge ? Nous venons de la frontière suisse. Je crois que nous partageons une même passion pour le chocolat de qualité. Merci d’avoir répondu à nos questions, à bientôt en tournée !

Propos recueillis par Christophe Pauly


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts Rock Alice In Chains «The Devil Put Dinosaurs Here»

Capitol Records

Décidément, cette année 2013 aura été un très bon cru pour les fans de Alice In Chains. Après la réédition de Above, l’album de Mad Season (avec Layne Staley au chant) dont nous avions parlé dans le Suricate n° 17, voici le nouvel album de Alice In Chains : The Devil Put Dinosaurs Here. L’annonce officielle de ce titre avait fait sourire plus d’un journaliste à l’époque. Tous pensaient que ce titre était une blague et que le vrai titre serait dévoilé plus tard. Non seulement cette phrase est restée mais a pris tout son sens lorsque la pochette de l’album fut dévoilée. On y voit deux crânes de Tricératops qui sont superposés et donnent ainsi une forme faisant penser à celle du diable. Le groupe précisera que ce titre fait en fait référence à une croyance religieuse selon laquelle le diable a planté des os de dinosaures dans la Terre pour dissuader les fidèles. Chacun y trouvera sans doute un sens. Toujours est-il que cette pochette intrigue autant que le titre. On y retrouve d’autres superpositions de crânes et un boîtier de couleur rouge. (Ce qui rappelle l’album Alice In Chains sorti en 1995 dans un boîtier jaune et mauve et qui fut également le dernier disque avec Layne Staley.) Beaucoup de fans attendaient cet album pour savoir si le groupe produirait un aussi bon album que Black Gives Way To Blue en 2009. Alice In Chains sortait alors d’une longue et sombre période pendant laquelle la santé du chanteur Layne

Staley s’était rapidement détériorée après la sortie du dernier album studio en 1995 jusqu’à sa mort en 2002. Tout le monde pensait que le groupe de Seattle faisait partie du passé jusqu’à ce que ce phénix fasse son retour en force avec un nouveau chanteur (William DuVall) et un nouvel album qui avait été reçu plus que favorablement pas la presse et les fans. Aujourd’hui, ils nous offrent ce nouveau disque dans lequel on retrouve les ingrédients qui ont fait la renommée du groupe: des riffs principalement joués en mineurs pour accentuer le côté mélancolique, des rythmes sludge, des harmonies vocales très bien travaillées. Le premier single, Hollow, était sorti en décembre de l’année passée et avait déjà donné un très bon avant-goût de ce nouveau chef-d’œuvre. On y retrouve une mélodie inquiétante et une ambiance malsaine accentuée par ces bends que Cantrell joue en fond et le duo vocal Cantrell/DuVall qui fonctionne à la perfection. A noter aussi que la formule qu’utilisait le guitariste dans Dirt en jouant des palm-mutes pendant les versets est de nouveau présente. Le son de ce morceau ressemble davantage à celui de cette période ce qui ravira les fans de leurs débuts. Stone est le second single de l’album et a la particularité d’être joué en mesures différentes de ce que l’on a l’habitude d’entendre. De plus, une partie transitoire vient s’imbriquer au milieu de la chanson

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qui prend alors une toute autre couleur. Le même procédé se trouvait dans Acid Bubble sur l’album précédent. Cantrell et DuVall nous servent des riffs très efficaces comme dans Phantom Limb qui est l’un des autres titres phares de ce disque. Les paroles évoquent toujours des thèmes assez sombres et collent très bien aux ambiances des différentes chansons. On retrouve aussi quelques balades come Scalpel ou Hung on a Hook qui est très mélancolique. Enfin, Choke vient clôturer ce disque en beauté avec ce côté balade et son refrain superbe. C’est aussi l’une des rares chansons où les voix ne sont pas toujours mêlées. En résumé, cet album est indispensable pour tout fan du groupe qui nous livre là un excellent disque. DuVall affirme davantage sa signature vocale. (Une prouesse quand on sait l’importance qu’avait la voix de Staley dans les chansons du groupe.) Cantrell nous livre des solos lugubres et des riffs superbes. Avec une telle performance, la flamme d’Alice In Chains n’est pas prête de s’éteindre.

Christophe Pauly


Metal Amorphis «Circle»

Century Media

Amorphis est le genre de groupes dont le chroniqueur aime recevoir le dernier opus dans sa boite. En effet, à l’instar de Dark Tranquillity dont je vous parlais dans le précédent numéro, Amorphis a le don pour sortir régulièrement des albums de qualité. Et Circle ne déroge pas à cette règle. Le groupe y pratique à nouveau son folk/progressif/pop metal de main de maître. Habitué à s’inspirer du Kalevala, Amorphis a décidé de changer son fusil d’épaule pour leur 11ème album et est parti d’un concept tout à fait original relatant la destinée d’un jeune né sous un mauvais signe et qui apprend comment il peut changer sa vie. Pour en revenir à la musique, il est important de noter qu’il s’agit du premier album produit par le célèbre Peter Tätgren, et son influence se ressent sur le son du disque, plus puissant qu’à l'accoutumée.

Une des plus grande qualité d’Amorphis a toujours été la capacité des membres du groupe à écrire des morceaux efficaces, des hits en puissance aux mélodies envoutantes dés leur première écoute. Circle compte donc également son lot de pépites, à commencer par Narrow Path avec son intro diablement dansante et Hopeless Days, par ailleurs premier single issu de l’album. Les différents morceaux paraissent donc simples et efficaces mais cette simplicité n’est que façade et on se rend compte en réécoutant l’album de toutes les subtilités apportées un peu en retrait par les différents musiciens.

growls et de chants clairs est toujours un régal auditif. Circle est au final un album très agréable à l’écoute, pas révolutionnaire par rapport aux précédents opus du groupe, mais qui grâce à certaines petites nuances, ne donne pas du tout une impression de déjà-vu

Julien Sterckx

Si l’écriture de chaque titre est donc soignée, la structure des morceaux, pour la plupart du simple « intro couplet refrain couplet refrain» s’avère tout de même un poil répétitif et classique. Tomi Joutsen, chanteur attitré du combo finnois depuis 2005 déjà, semble quant à lui toujours aussi à l’aise au micro, et son alternance de

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Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts Rock Daan «Le Franc Belge»

{Pias} Records

Après deux ans de tournée et neuf mois de gestation en studio, le très franc belge Daan Stuyven nous présente son neuvième enfant. Et ce neuvième rejeton n’a rien à envier aux autres. Son géniteur est toujours aussi fécond ! Si le dernier de la famille porte fièrement la marque de fabrique du «cousin belge de Bashung», il se différencie cependant de ses frères et sœurs sous différents aspects. En effet, pour la première fois, on y retrouvera pas de paroles en langue néerlandaise. Que l’on se rassure au nord du pays : Daan ne renie pas ses origines flamandes. C’est un choix artistique avant tout, un défi. Et pour relever ce défi, Daan s’est entouré d’un équipier de choc: le réalisateur et parolier belge Thiery Dory. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la collaboration a été fructueuse. L’album se veut tout d’abord comme beaucoup de ses prédécesseurs très actuel. Daan aborde des thèmes à vif comme la crise ou, devrait-on dire, les crises. Il énumère ainsi, sur un

fond de musique traditionnelle grecque (une référence musicale subtile, j’adore !), toutes les crises qui nous traversent ou qui sont susceptibles de le faire éminemment. Mes Etats Unis tout aussi percutant que le morceau précédent, a, quant à lui, un goût amer ou nostalgique : aveu d’impuissance ou constat navrant de l’incapacité collective ? « Et si les meilleurs élèves ne s’étaient jamais vraiment inscrits » « j’ai le syndrome d’un enfant puni», «dans un empire qui s’empire ». Heureusement, Daan peut compter sur son anonyme vendeuse pour lui rendre son bonheur. Même si l’identité de cette mystérieuse dévoreuse d’hommes reste inconnue, je doute du bienfait de cette relation : suspense, tension (sexuelle) et suffocation sont au programme. Avec Mélodie, paroles, l’artiste contemporain conceptualise la chanson française : « Mélodie, paroles, strophes, puis refrain, du moment que ça colle, ça tourne bien ». Daan

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surprendra encore avec Belle, que l’on croit d’abords dédié à une femme, en réalité adressé à sa fille, Everglades qui sonne comme un générique de série ricaine, Irrelevant, digne d’un western, The Kid où sont savoureusement dissimulées des références telles que U2, Bob Dylan, Abba,… Indéniablement, Daan a du génie : l’acrobatie des mots, la subtilité des jeux de langage, la maitrise de la prose, les références culturelles et les influences manifestes (Bashung, Gainsbourg, Françoise Hardy, Aznavour,…) jalonnent toute son œuvre et sont encore bien présentes dans cet album. Plus que de la musique, Daan est une encyclopédie culturelle, parfois un peu hermétique, mais toujours aussi délectable.

Claire Rigaux


Soul

Pop Kendra Morris «Banshee»

«Recto Verso»

ZAZ

Wax Poetics

Sony Music

Kendra Morris est une chanteuse new-yorkaise qui chante et qui écrit de la soul. Elle sort son premier single en 2011. Sa reprise de Shine on you Create Diamond des Pink Floyd a été utilisée dans la bandeannonce du film Dead Man Down.

Zaz est le petit oiseau un peu à part dans le monde de la chanson française. Son premier album vendu à près de deux millions d’exemplaires dans le monde, elle revient 3 ans après avec Recto Verso. Trois ans après son premier album qui avait fait un tabac, voici que revient Zaz avec un album qui lui ressemble.

Elle découvre la musique très jeune : elle va dans sa penderie avec des cassettes et elle chante. Ses parents ont joué dans différents groupes et elle écoutait ses artistes préférés sur vinyles (Marvin Gaye, The Spinners, Stevie Wonder, les Jackson 5, les Temptations). Elle étudie la comédie musicale dans une école d’arts de la scène et s’inscrit à l’université de Tempa. Elle ne finit pas ses études. Elle passe plus de temps à chanter qu’à étudier. Elle apprend la guitare et commence à écrire elle-même ses chansons. « Je sentais que j’avais quelque chose de plus à exprimer ».

Tout le monde a encore en tête le tube Je veux qui a pratiquement fait le tour du monde (son premier album s’est vendu dans 54 pays). Dans ce deuxième opus, on retrouve la voix cassée de la chanteuse, ainsi que toute son émotion et sa simplicité. Un album coloré chanté par un petit bout de femme plein de vie et d’énergie. On retrouve ici 14 chansons pop, rock ou swing dans lesquelles la personnalité de cette artiste s’exprime à merveille. On y parle d’environnement avec Toujours, de thèmes de société avec Si je perds, d’amour avec Cette journée. Elle y présente une chanson sous forme de maquette La lessive et reprend un titre de Charles Aznavour.

En 2003, elle part vivre à New York et très vite s’enferme chez elle pour composer. «J’avais toutes ces chansons en moi, je ne savais pas d’où ça venait». Elle autoproduit ses deux premiers EP. Elle commence à se produire autour de New York et sort un premier EP en 2010. On la remarque et elle reçoit le prix Holly 2011 qui récompense les nouveaux talents.

De nombreux artistes ont participé à l’écriture de ce deuxième album : les frères Volo, Xavier Prêtre, Ours (le fils d’Alain Souchon), mais aussi Jean-Jacques Goldman qui signe une ballade poignante Si .

L’année suivante, elle se consacre à écrire et à enregistrer son premier album: Banshee. Un album qui est un croisement de plusieurs choses, des histoires imaginées et d’autres tirées de sa propre expérience.

Cette deuxième galette ne surprend pas vraiment, mais doit-on l’être… Elle sait nous toucher et fait ressortir des émotions qui crient au plus profond de chacun de nous… Un album énergique, positif et naturel. Une voix gouailleuse au possible. Elle a vraiment une signature vocale unique et elle prouve ici qu’elle a pu digérer le succès de Zaz, qu’elle a pu s’épanouir et nous séduire avec ses nouvelles chansons. Alors oui, à 33 ans, Zaz a encore beaucoup de choses à nous faire partager.

Un premier album parfaitement maitrisé tant au point de vue musical qu’au niveau du chant. Un petit coup de cœur intéressant pour une artiste à suivre, dans la lignée Adèle ou Amy Winehouse. Douze chansons sur lesquelles Kendra Morris se balade et nous enchante de sa voix puissante.

Marc Bailly

Marc Bailly

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11 juin 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts Metal Megadeth «Super Collider»

Universal Music

Super Collider est le quatorzième album du groupe de trash metal, Megadeth. Un album qui fut réalisé assez rapidement puisqu’il fut enregistré entre décembre 2012 et mars 2013. L’idée étant sans doute de sortir rapidement un disque après un treizième album (Th1rt3en) et une tournée triomphante à travers le monde. Ce disque était le premier avec Dave Ellefson à la basse depuis son départ en 2002. Bien qu’étant assez réussi dans l’ensemble, certains fans étaient déçus de retrouver deux titres sortis des cartons et qui figuraient déjà en tant que démos sur Youthanasia ou United Abominations. (Un manque d’inspiration?)

style et au son très facilement reconnaissables. Le deuxième morceau éponyme déroute également par ses open chords assez inhabituels chez un groupe qui fut l’un des maîtres du trash metal. Du coup, cela sonne plus « radio friendly » et déçoit un peu. Heureusement, la suite est nettement meilleure avec Burn !, un morceau introduit par un chouette solo de Broderick. Retour aux notes mineures et bons accords menaçants alors que Broderick joue des phrases très sympas en fond pendant les couplets et tout au long du couplet. Le solo qu’il livre est assez surprenant puisqu’il accélère petit à petit pour finir sur une pluie de notes.

Dave Mustaine a donc décidé de remettre le pied à l’étrier et de composer ainsi ce nouvel album à la pochette surprenante. On y voit l’image d’un accélérateur à particules, un thème « High tech » peu habituel. Outre cela, le contenu est nettement plus intéressant que son prédécesseur. On retrouve toute la hargne dans le chant de Mustaine, des riffs ravageurs et des solos superbes. Les styles présents sur ce disque sont aussi très variés.

Built For War est aussi très réussi avec ses mesures décalées et un break de transition où Mustaine chante un refrain qui fonctionnerait parfaitement avec le public en live. (on peut donc se douter que ce titre figurerait sur une setlist prochainement.) Dance In The Rain est aussi très original puisque le tempo accélère au fur et à mesure de la chanson. David Draiman (Disturbed) accompagne Mustaine au chant.

Kingmaker, le premier titre, présente un swing qui donne une toute autre dynamique au groupe. Par ailleurs, Mustaine et Broderick s’y livrent déjà un petit combat avec des solos au

Ellefson est plus présent sur ce disque car il se charge de quelques introductions comme sur Beginning Of Sorrow par exemple. The Blackest Crow surprend quant à lui par cette approche accoustique de musique sudiste. Parmi les invités de ce

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disques figure aussi Elektra, la fille de Mustaine venue chanter sur Beginning Of Sorrow et Forget To Remember. Ensuite Don’t Turn Your Back, assez sympa avec son intro bluesy très déroutante encore une fois. Bien entendu, le son lourd revient rapidement après cette intro et le morceau qui suit sonne assez bien même si la mélodie du refrain manque de texture. Cold Sweat conclut le disque et bénéficie de très bons solos des deux acolytes Mustaine et Broderick. Un très bon retour, donc, de Megadeth qui prouve que le groupe n’a pas pris une ride et a davantage mûri depuis que la formation s’est enfin stabilisée.

Christophe Pauly


Metal

Hard Rock

Black Dahlia Murder «Everblack»

Airbourne «Black Dog Barking

Metal Blade

Roadrunner Records

Comment parler de melodic death metal sans parler de The Black Dahlia Murder? Depuis 13 ans et dès ses débuts ce groupe s'est imposé comme un pilier du genre,et est devenu à ce jour une institution. Chacun de ses albums se révélait être une pépite, ayant chacun une sonorité différente et en même temps portant la marque de fabrique caractéristique de Trevor Strnad, le chanteur à la voix si particulière.

Ready to rock? Le premier titre du nouvel album des sautillants rockeurs annonce directement la couleur de ce Black Dog Barking. Pour ceux d’entre vous qui ne connaitraient pas encore ce jeune groupe talentueux, les Australiens d’Airbourne pratiquent un hard-rock classique, mais très efficace. Souvent comparés à leurs glorieux d’ACDC, ils apportent toutefois une certaine fraicheur au style, surtout lors de leurs prestations scéniques assez monumentales, durant lesquelles le chanteur s’avère être une véritable bête de scène.

Everblack, leur dernier album,sorti le 7 juin,se révèle encore plus brillant que ses prédécesseurs. On s'attendait à ce que Ritual soit leur pièce maitresse, car il répondait à toutes les attentes des fans et personne n'imaginait que le groupe serait capable de surpasser le niveau atteint. C'était sans compter sur ce dernier album, qui repousse encore plus les limites. Attendu au tournant par des milliers de fans de par le monde, Everblack se révèle être un album très solide, qui peine à dépasser la barre des 45 mn mais c'est pour mieux nous offrir 10 titres de pur BDM.

Mais revenons à Black Dog Barking, au programme de leur nouvelle offrande, nous avons droit à 10 titres (13 pour la version deluxe), écrits pour vous faire chanter et headbanger. Passé donc « Ready to Rock », à mon sens le meilleur titre de l’album et qui devrait faire un carton en live, le reste de l’album est très classique, trop peut-être. Les morceaux s’enchainent, sont agréables mais ont un réel goût de déjà-vu. Innover dans un style aussi formaté que le leur n’est certes pas évident, mais une petite touche d’originalité sur certains morceaux aurait été le bienvenue.

Chaque chanson comporte un solo ravageur, et nous entraine encore et encore plus profond dans l'univers tourmenté décrit par les paroles,toujours plus loin Everblack. On retrouve même un clin d'oeil au film culte du gore Evil Dead, avec le titre Raped In Hatred By Vines Of Thorn. Si vous l'achetez,ce CD risque de ne pas sortir de si tôt de votre lecteur, tant le plaisir de l'écouter et réécouter est grand. Si on avait une seule critique à prononcer contre Everblack, ce serait que le groupe ne tente aucune nouveauté et se base sur la formule qu'il applique depuis plus d'une décennie (mais en soi n'est ce pas plus mal de se concentrer sur quelque chose que l'on maitrise parfaitement ?).

En fait , ce genre d’album serait un parfait départ pour relancer l’éternel débat : Vaut-il mieux pondre un album classique mais vraiment bien fichu ou essayer d’innover au risque de déplaire à une partie de ses fans ? En d’autres mots, Motorhead ou Metallica ? Airbourne a clairement choisi sa voie et, encore une fois, ils le font avec passion et talent. Si ce qui vous intéresse est un album de hard rock bien fichu et entrainant, ce disque est fait pour vous. Si vous cherchez quelque chose d’innovant et de moderne , passez votre chemin.

Quentin Esser

Julien Sterckx

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11 juin 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts Metal

Electro

Skid Row «United World Rebellion»

Arman Méliès

Megaforce Records

At(h)ome

«IV»

Après avoir connu un énorme succès sur la scène hard rock à la fin des années 80, début 90 avec Slave To The Grind, Skid Row avait peu à peu perdu des plumes suite au départ de Sebastian Bach. Voyant que le groupe stagnait, le chanteur avait décidé de se lancer dans une carrière solo dans les années 90. Le succès n’étant plus au rendez-vous, Skid Row n’avait plus sorti que deux albums dans les années 2000 et on ne peut pas dire qu’ils furent couronnés d’éloges de la part de la presse qui trouvait que Skid Row commençait à se répéter. Les revoici néanmoins avec un nouvel EP : United World Rebellion : Chapter 1. Un numéro un qui laisse à penser que d’autres EP suivront prochainement. Bien entendu, les mauvaises langues peuvent dire que sortir un EP est un manque de prise de risques. Je pense qu’il est préférable de sortir un bon EP qu’un exécrable double album comme certains.. Et le résultat confirme la règle car ce nouveau disque de cinq titres est vraiment très bon ! Cela commence par King Of Demolition, un morceau où l’on retrouve la rage du Skid Row des meilleurs jours. Scotti Hill et Dave Sabo ont toujours un talent incroyable pour trouver des riffs simples mais efficaces avec ce son propre et limpide. Le solo de cette chanson est époustouflant et témoigne d’une excellente technique de jeu. Solinger assure vocalement avec brio sur tous les morceaux. Le style varie quelque peu par la suite. Let’s Go est un titre encore plus ravageur que le précédent. Pas de doute, Skid Row a l’art de la formule et ce morceau rappelle le bon hard rock des années 90. This is Killing Me est une balade très propre et bien arrangée. Sans exagération, là aussi, Skid Row revient à ses premières amours avec ce style de balade qui a fait sa renommée. Get Up a des sonorités à la fois grunge et metal. Le mélange est très intéressant et apporte davantage de nuances dans cet EP déjà impressionnant. Le disque se conclut par Stiches, un morceau ayant un groove différent mais qui sonne parfaitement encore une fois. De très bons solos aussi au programme. Pas de doute, ce nouveau EP va en étonner plus d’un et ramener des fans dans le clan. Espérons que les prochains disques seront aussi bon que celui-ci.

Christophe Pauly

Arman Méliès est un auteur-compositeurinterprète français né en 1972. Il chante en solo depuis 2003 et doit son nom à l’artiste peinte Arman et au grand cinéaste Georges Méliès. Avec son groupe eNola, il sort un premier opus Figurines en 2002, mais le groupe ne prenant pas son envol, les membres se séparent en 2005. Depuis 2003, Arman Méliès travaille en solo et sort plusieurs albums. Néons blancs & Asphaltine en 2004, Les tortures volontaires en 2006 et Casino en 2008. Voici donc maintenant le temps de AM IV sa quatrième galette composée de 10 chansons. En dehors de ses albums, Arman Méliès collabore en tant que compositeur à Bleu Pétrole d’Alain Bashung, en tant que guitariste à Ersatz de Julien Doré ou en tant qu’auteur à Bichon du même Julien Doré. Il ne manque donc ni de cordes à son arc, ni de talent. Arman Méliès n’est pas un artiste comme les autres, toujours à la recherche, toujours à essayer de faire évoluer sa musique, comme ici avec la prédominance des synthétiseurs. Influencé par la New Wave, Arman Méliès l’est certainement, même peut-être un peu trop. Toutes les chansons ne sont pas accompagnées de guitare mais bien de synthétiseur. La chaleur de la voix du chanteur est mise à mal par la froideur des synthés omniprésents. Arman Méliès est un forgeron de la chanson française qui vaut la peine d’être écouté, mais qui ne transcende pas vraiment. «J’ai l’impression que la French Touch ne m’a pas du tout influencé. Quant à la chanson française, je n’en ai jamais beaucoup écouté. Il y a comme un malentendu: je chante en français, mais j’ai vraiment l’impression de faire de la pop.»

Marc Bailly

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Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Festivals

L’été arrive, les festivals aussi Vous en avez marre de la pluie, vous avez besoin de vous défouler et de bronzer comme des pachas ? Et bien rassurez-vous, l’été arrive et avec lui une kyrielle de festivals musicaux en tous genres. Voici une petite sélection des lieux festifs à ne pas manquer cet été!

Hellfest (21 au 23 juin)

Couleur Café (28 au 30 juin)

La Semo (12 au 14 juillet)

Comme chaque année, la grand messe du métal aura lieu à Clisson et rassemblera les dieux du rock. Parmi les grand noms, on trouvera cette année Def Leppard, Kiss, Whitesnake, ZZ Top, Helloween, Korn, Hellyeah, Down, Twisted Sister, Europe, Stone Sour, Danzig, Avantasia, Saxon, Ghost, Lordi, Danko Jones, Papa Roach, Testament, Morbid Angel, Immortal, Cradle Of Filth, Bullet For My Valentine, ... Ne tardez pas à prendre vos tickets, plus que l’affiche, l’ambiance vaut nettement le déplacement!

Les fans de reggae et de musique africaine trouveront certainement leur bonheur cette année au festival Couleur Café. Ce festival qui était autrefois axé sur la musique africaine a quelque peu ouvert ses horizons en proposant des musiques plus modernes et a su ainsi toucher un nouveau public, préférant ainsi le mélange des cultures musicales. Cette année, il y aura par exemple des artistes comme Jimmy Cliff, Saule, Calexico, Birdy Nam Nam, Joeystar, ZAZ, Faithless, Salif Keita et beaucoup d’autres.

Axé que le thème du développement durable, le festival La Semo accueille chaque année des artistes engagés et d’horizons divers. Cette année, le festival déménage et quitte Hotton pour son nouveau site à Enghien. Vous pourrez y admirer Les Cowboys Fringants, Amadou et Mariam, Le Grand Jojo, Les Ogres de Barback ,... Des animations et divers spectacles sont également prévus durant le festival.

Graspop Metal Meeting (28 au 30 juin)

Eurockéennes (4 au 7 juillet)

Ce festival est devenu le rendez-vous incontournable de tous les métaleux de Belgique et de ses environs. En effet, depuis sa création en 1996, celui-ci a brassé des milliers de fans venus admirer des artistes de renommée internationale.

En juillet, l’un des grands évènements à ne pas rater est les Eurockéennes de Belfort, en France. Depuis 25 ans, ce festival est le lieu où se sont produits les plus grands. Cette année encore, l’affiche est époustouflante! Vous pourrez y admirer Blur, Jamiroquai, -M-, Asaf Avidian, Skunk Anansie, les Smashing Pumpkins, Lou Doillon, Boyz Noise, Skip The Use, Two Door Cinema Club, Airbourne, Mass Hysteria, Archive, ...

Cette année, l’affiche en fera saliver plus d’un avec des noms comme Iron Maiden, Twisted Sister, Slipknot, Within Temptation, Down, Hellyeah, Stone Sour, Ghost, Saxon, King Diamond,... Une affiche qui ne laissera personne de côté et qui ravira les jeunes et les moins jeunes. Alors foncez prendre vos tickets!

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Les Vieilles charrues (18 au 21 juillet) Ce festival est aussi un très grand évènement et cette année, il y en aura pour tous les goûts! L’affiche propose des pointures comme Elton John, Ramstein, Neil Young, Santana, -M-, Marc Lavoine, Pheonix, Benjamin Biolay, Alt-J, The Vaccines, The Roots, Raphaël et bien d’autres. Nous ne manquerons pas de vous informer d’autres évènements au mois d’août et septembre dans le prochain numéro.


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Littérature A la rencontre de Leonardo Patrignani

Pouvez-vous vous présenter à vos lecteurs francophones ? Bien sûr, mon nom est Leonardo Patrignani, je suis l’auteur de la saga Multiversum. C’est un concept de trilogie basé sur la théorie des univers multiples, dits multivers. Vous êtes un artiste dans un sens très général : la musique a été votre premier choix. Comment êtes-vous arrivé « en littérature » ? En fait, j’ai débuté avec la littérature. J’avais 19 ans et mon premier livre était un thriller à la façon de Stephen King, appelé Labirinto. Une petite maison d’édition l’a publié mais il n’a quasi pas eu de vie dans les librairies. Puis j’ai commencé à chanter et composer de la musique, et cela m’a pris longtemps pour revenir à l’écriture. Multiversum est-il votre premier livre de SF ? Oui, Labirinto était un thriller et je suis encore occupé à écrire pareil roman, mais il va rester dans mon ordinateur à attendre le bon moment pour être proposé. Avez-vous des diplômes scientifiques ou comment avez-vous étoffé votre documentation pour les aspects scientifiques de Multiversum ? Je ne suis pas un scientifique. Je suis juste curieux sur tout ce que je peux trouver sur le net ou dans les revues sur les théories du genre. Dans l’idée de construire un

récit « sérieux » sur le multivers, j’ai lu un livre spécialisé appelé Quantum. Je ne suis pas certain d’avoir tout compris, bien sûr, mais le secret tient dans le fait de garder l’essentiel de la théorie et de l’appliquer à votre propre vie… Et ainsi pour le roman. Quel est le multivers que vous préférez : Elric de Moorcock, celui de Zelany ou encore un autre ?

votre mieux est toujours le bon choix. Comme je disais avant « pas de limite » Qu’est-ce qui vous énerve ? Les amateurs qui prétendent être les professionnels qu’ils ne sont pas. A part l’écriture, quels sont vos hobbies ?

Je dirais celui de Clive Barker. Dans son roman Imagica, il a créé un environnement très intéressant, basé sur cette théorie.

Bien sûr lire, écouter beaucoup de musique (je ne peux pas vivre sans) et passer le reste du temps avec mes deux enfants et ma femme.

En combien de parties avez-vous pensé la saga de Multiversum ? Le second est déjà disponible en italien ?

Quel est le talent que vous regrettez de ne pas avoir ?

Il est sorti en février dernier, le titre est Multiversum – Memoria. Cette saga est composée de trois livres, le troisième sera disponible dans les librairies italiennes en février ou mars 2014. Je suis occupé à le rédiger pour l’instant. Y a-t-il déjà un projet pour un film base sur Multiversum ? Ca serait vraiment cool mais aussi très difficile. Mon agent a vendu les droits cinématographiques à des producteurs, on verra ce qu’il en adviendra. « Pas de limite » est ma devise de vie. Quel est votre trait de caractère principal ? Passionné et enthousiaste. La vie c’est en fait croire en ce que vous faites. Et faire de

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La peinture. Quel est votre rêve de bonheur ? La santé pour mes proches, jusqu’à la fin du monde. Facile, non ? Qu’est-ce qui vous fascine ? Le vrai talent qui sous-entend de l’énergie et de la force. Last but not least, question classique : que nous préparez-vous dans les mois à venir ? La conquête du monde ! Et après j’attaque celle des mondes parallèles !

Propos recueillis par Véronique De Laet


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Multiversum T1 de Leonardo Patrignani Editions Gallimard Jeunesse

La critique Alex vit en Italie, il a 16 ans. Jenny vit en Australie, elle a 16 ans. Entre eux, un lien irréel et incompréhensible : ils communiquent par télépathie. Jusqu’au jour où Alex, convaincu de l’existence de Jenny, prend l’avion et part la rejoindre sur un ponton, au bout d’une plage, au pays des kangourous. Oui mais alors qu’ils se confirment par télépathie qu’ils sont tous les deux au rendez-vous, Alex ne voit pas Jenny et Jenny ne voit pas Alex. Cela s’appelle la théorie des univers multiples ou multiverses. Pourtant, dans l’univers d’Alex, la terre vit ses dernières secondes et Alex et Jenny doivent atteindre un « sanctuaire » pour survivre. Palpitant ! Passionnant, innovant, bref pour ma part, j’ai adoré. Lecture jeunesse incluant les premiers émois amoureux, oui, mais que d’imagination pour monter l’intrigue des univers multiples, pour nous entraîner à la suite des héros, pour faire retomber l’histoire dans le doute permanent avant de livrer LE détail qui tue, celui qui relance le mystère et prépare la suite.

Leonardo Patrignani est un jeune auteur italien très présent sur la toile (https:// twitter.com/MultiversumSaga, https:// www.facebook.com/leonardo.patrignani et www.leonardopatrignani.com).

Ce roman est déjà traduit ou en cours de traduction en 15 langues et il est certain qu’on entendra encore parler de lui (le tome 2 Memoria est déjà disponible en VO).

A peine âgé de 33 ans (tiens un âge de fin « d’un monde » ?), il nous propose le premier tome d’une histoire complexe, qui touche à la physique quantique, à des concepts non encore prouvés mais juste supposés. Et de ces concepts, il nous sort un roman fouillé qui nous décrit si bien l’idée générale qu’après quelques pages pour se figurer le principe, il nous entraîne loin dans l’anticipation et l’irrationnel (qui ne l’est que tant qu’on ne l’explique pas scientifiquement).

Pour tous ceux qui ont apprécié Inception, le film de Christopher Nolan, ce livre est un must qui surfe avec doigté sur les concepts de couches du temps dans l’espace. Gros coup de cœur que j’ai lu en 48h (hé oui hélas, je dois travailler et dormir l’équivalent de 2/3 d’une journée de 24h, donc pas possible de lire plus vite) et que je ne peux que conseiller à ceux qui veulent un récit qui sort de l’ordinaire.

« A peine agé de 33 ans, il nous propose le premier tome d’une histoire complexe, qui touche à la physique quantique, à des concepts non encore prouvés mais juste supposés. »

Soulignons aussi la très jolie couverture de Roberto Oleotto, entre rêve et réalité.

Véronique De Laet

Homme multifacette, il a chanté et écrit des textes pour la scène heavy metal, il est doubleur professionnel et comédien, commentateur d’émissions sportives et depuis 4 ans, il s’est mis à l’écriture.

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11 juin 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts !

Inferno de Dan Brown Editions JC Lattès

La critique C’est l’une des plus grandioses œuvres de la littérature italienne, L’Enfer de Dante, qui est le fil conducteur de cette nouvelle aventure. En Italie, plongé dans une atmosphère aussi opaque que mystérieuse, le héros de Dan Brown, Robert Langdon, professeur de symbologie à Harvard, va devoir affronter un adversaire diabolique sorti des limbes de l’Enfer et déchiffrer l’énigme la plus complexe de sa carrière. Elle le fait plonger dans un monde où l’art et la science de pointe tissent un écheveau qui exige de sa part toute son érudition et son courage pour le démêler. S’inspirant du poème épique de Dante, Langdon se lance dans une course contre la montre pour trouver des réponses et découvrir en traversant les Cercles de l’Enfer ceux qui détiennent la vérité… avant que le monde ne soit irrévocablement changé. Je me souviens parfaitement d’avoir découvert Da Vinci Code, bien avant sa sortie française, au bord d’une plage espagnole, les doigts de pieds en éventail et la cervelle toute entière offerte à cet excellent divertissement pseudo-provoquant. Que le livre soit ensuite devenu un phénomène d’une telle ampleur m’a toujours surpris. Certes, l’histoire est bien menée, les rebondissements nombreux et les « révélations » assez nébuleuses pour titiller l’amateur de complot bien troussé. Avec Le Symbole Perdu, aucun doute n’était permis : toute sincérité avait quitté le bateau, pour laisser place à un plan marketing savamment organisé, un travail d’ingénieur de l’édition, destiné à

capitaliser sur la marque Dan Brown, sans plus trop se soucier de satisfaire un autre lectorat que celui déjà acquis. Un calcul que l’on peut comprendre, lorsque le potentiel flirte avec quatre-vingt-dix millions de lecteurs ! Les aventures de Robert Langdon à Washington, dans la sombre galaxie des francs-maçons américains, assuraient un service minimum, entre visite guidée des lieux insolites de la capitale fédérale, symbolisme de bon aloi et suspense technologique. « Inferno ou comment je me suis arrêté dans une librairie pour acheter les 3 guides touristiques les plus vendus aux States, avant d’en faire un bouquin ! » Quatre ans plus tard, il est donc temps de repasser les plats, avec Inferno, sous-titré le retour des aventures de Robert Langdon en Europe, où « comment je me suis arrêté dans une librairie pour acheter les trois guides touristiques les plus vendus aux States, avant d’en faire un bouquin ». Florence, Venise et Istanbul sont donc les trois villes que permet de découvrir Inferno, au fil d’une histoire abracadabrante, traversée de personnages caricaturaux, de raccourcis scénaristiques ahurissants et dotée d’une conclusion tirée de la pire des BD populaires. Le tout étalé sur 500 pages (il faut bien vendre du papier), truffé d’un nombre incalculables de répétitions, de descrip-

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tions tout droit sorties des guides touristiques précités et sous-tendues par une idéologie plus que tendancieuse à l’égard de la vie humaine. Je sais que je prêche dans le désert, que des tas de lecteurs se réfugieront sous leur parasol avec le roman pour l’été... Et qu’ils y trouveront sans doute un moment d’évasion, sans prise de tête... Et ceux qui me connaissent et me suivent sur internet, ou à travers mes écrits romanesques, savent que je ne suis pas le dernier à plonger tête la première dans un plan marketing, ou un buzz bien emballé. Mais il y a tout de même des limites. Et avec Inferno, Dan Brown, ses auteurs et son éditeur les ont allègrement dépassées. Qu’un tel foutage de gueule attire tous les regards médiatiques depuis la mi-mai... Ca fout les boules !

Christophe Corthouts


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La Fille qui lisait des romans d’amour de Lavey Inara Editions Milady

La critique Cassandra Devon rêve de vivre une bouleversante histoire d’amour. Son imagination débridée fourmille de séduisants détectives, d’irrésistibles pirates et de héros plus sexy les uns que les autres. Absorbée par ses rêveries tout droit sorties des romances qu’elle dévore, Cassandra a du mal à repousser les avances de Connor, le facétieux Irlandais qui voudrait se substituer à ses fantasmes. Entre lui et le séduisant Raphaël, incarnation de l’homme idéal, son cœur balance. Finira-t-elle par comprendre que dans cette bluette, elle tient le rôle de l’héroïne qui ne sait pas reconnaître l’amour quand celui-ci se présente ? C’est sous le nom de plume d’Inara Lavey qu’une auteure de polars de San Francisco et ancienne actrice a choisi de signer ses romances. Nombre des expériences qu’elle relate dans ses romans sont des histoires vraies. Elle a parcouru l’Europe en long et en large et exercé tous les métiers des studios hollywoodiens : scénariste, consultante, productrice, cascadeuse et actrice. Elle est incapable de résister à un bon vieux film, qu’elle apprécie d’autant plus avec un verre de vin. Quand elle ne se consacre pas à l’écriture et ne se prépare pas à faire face à une invasion de zombies, elle coule des jours heureux avec ses matous et son bien-aimé irlandais. Pourquoi ce livre ? Beaucoup de femmes lisent au moins une fois des romans dits

à l’eau-de-rose. Mais quel impact ont-ils une fois la lecture terminée... Les héros restent-ils avec nous d’une certaine façon ou leurs rôles se terminent-ils à la fin de la lecture ? Si le livre ne répond pas vraiment aux questions, il apporte en tout cas une première réponse, méfions-nous de tout excès et de tout amalgame. Au-delà, j’ai trouvé la lecture plaisante, l’humour est présent à juste dose et les deux héros masculins brillent par leurs caractères respectifs. Le livre joue aussi sur le parodique.

« C’est sous le nom de plume d’Inara Lavey qu’une auteure de polars de San Francisco et ancienne actrice a choisi de signer ses romans. » Cassandra, l’héroïne principale, a un caractère bien trempé sous des dehors de jeune fille romantique. Elle ne se laisse pas manipuler.

blessures, leurs espoirs... Ce qui contribue à la brièveté du roman. Il en est de même pour les personnages secondaires qui sont malgré tout attachants. On a le choix entre la meilleure amie, Val (qui à elle seule mériterait un roman) et son petit ami, l’arriviste et la romancière. Divertissant et attrayant, j’ai passé un moment de lecture assez sympa mais un peu trop court à mon goût. La fin est un peu vite bâclée. Un autre petit bémol, à mon avis, est la présence parfois longuette, des rêveries de Cassandra. Vous aimez les romans d’amour vite lus : jetez-vous sur le livre. Vous ne les aimez pas, lisez-le, vous trouverez des arguments pour les détester encore plus.

Marylise Dufour

Raphael et Connor. Ces deux personnages sont des archétypes, chacun à leur façon, des héros des romans de Cassandra. L’un par le physique : beau , brun, serviable... et l’autre par son caractère : simple, fort, têtu... Ce dernier cerne d’ailleurs très vite Cassandra. Il la voit telle qu’elle est. Malheureusement, contrairement à d’autres livres de la série « Central Park », les personnages sont moins fouillés. Par exemple, on en connaît très peu sur leur passé, leurs

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11 juin 2013


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La Piste des Templiers de William Dietrich Editions Pocket

La critique Chasseurs de trésors, fin tireur, assistant du grand et regretté Benjamin Franklin, séducteur et aventurier... Ethan Gage a déjà vécu mille vies lorsqu’il rencontre, lors d’une soirée donnée par Napoléon lui-même, un historien norvégien prénommé Magnus Bloodhammer. Ce dernier prétend avoir reconstitué l’itinéraire des Templiers, qui auraient rejoint l’Amérique cent cinquante ans avant Christophe Colomb afin d’y dissimuler un terrible secret. Mandaté par l’Empereur, Ethan se lance dans l’aventure... Lauréat du prix Pulitzer en 1990 pour la rédaction d’un article sur le naufrage de l’Exxon Valdez, William Dietrich est journaliste, historien et professeur. La quatrième de couverture m’a donné l’eau à la bouche. Malheureusement, arrivée aux environs des 200 pages, l’histoire me semble longue à se mettre en place. En effet, si l’intrigue principale et le style de l’auteur m’ont conquise, il n’en n’est pas de même pour la longueur du récit. Le récit qui n’est devenu intéressant que vers la page 300. De plus, j’ai trouvé le dénouement trop rapide.

Un dernier point intéressant ce sont les faits dont s’inspire l’auteur. Le personnage principal : Ethan Gage. Epoustouflant par les personnes qu’il rencontre (Napoléon, Franlkin, Jefferson...), il est imbu de lui-même. En lisant le résumé, je le pensais proche d’un Indiana Jones, de ce côté-là je suis, à ce stade, un peu déçue.

« Les références aux aventures précédentes sont parfois redondantes et anecdotiques. » Magnus Bloodhammer. Il est illustration d’un viking du 19ème siècle. C’est son personnage qui me tient le plus à cœur. Rêveur, fonceur, esprit guerrier. Un personnage entier qui en plus est une belle référence à Odin.

Les références aux aventures précédentes sont parfois redondantes et anecdotiques.

Les nombreux personnages secondaires sont, pour moi, une des richesses du roman. Quel plaisir de croiser autant de personnages qui ont fait l’histoire (Napoléon, Jefferson...). Les personnages féminins sont hauts en couleurs et bien que peu développés, ils sont essentiels à la trame.

J’ai beaucoup apprécié la description de cette Amérique naissante, de ce mélange de cultures anglaise, française et indienne. L’auteur démontre dans cette partie sa maîtrise du sujet.

Si vous avez aimé les deux premiers tomes, vous aimerez sans aucun doute celui-ci. Personnellement, je n’ai pas suffisamment adhéré pour continuer la quête et suivre Ethan Gage.

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Une fois n’est pas coutume, je termine en citant un passage du livre que j’ai particulièrement aimé et qui est de Pierre : « Les Indiens ressentent le paradis mieux que nous, car ils voient des choses que nous ne savons plus regarder. Pour eux, chaque caillou, chaque arbre, chaque lac est animé par le monde de l’invisible.(...) Mais nous, les Blancs, nous passons à côté sans rien voir, trop occupés à chasser, à couper les arbres et à prétendre chercher le paradis alors qu’on s’y trouve déjà ».

Marylise Dufour


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Bag Men de Amazing Ameziane Editions Casterman

La critique Fini les mafias italienne de Chicago ou la Yiddish Connection de Los Angeles. Direction Las Vegas, capitale du jeu et du vice et donc tout naturellement, capitale de la pègre et des bandits aux poches bien remplies. Dans Bag Men, le dessinateur français Amazing Ameziane nous emmène dans un univers sombre et malsain, celui de la mafia. L’histoire suit un puissant caïd dont la fille se fait soudainement enlever. Désireux de la récupérer à tout prix mais aussi de montrer ses muscles aux autres réseaux mafieux, ce parrain va engager un duo de tueurs dont l’un, Bronson, est probablement ce qui se fait de mieux dans la profession. Cette bande dessinée est inévitablement destinée à un public adulte. Et pour cause, le sujet ne prête pas à satisfaire un bambin en quête d’aventure. Dans cet opus, tout est noir, tout est glauque et volontairement malsain. Le coup de patte d’Ameziane va même jusqu’à foncer le fond de ses pages d’un noir impénétrable. En outre, les dialogues sont crûs et les scènes sont quelques fois osées ou violentes. Bref, chastes s’abstenir. Mais que penser réellement de ce livre assez épais ? Du pour et du contre, comme souvent. Premièrement, l’histoire n’est pas très novatrice malgré qu’elle s’inspire dans les grandes lignes de la situation mafieuse actuelle. De fait, tout y a déjà été entendu ou vu, que ce soit les dialogues grossiers des personnages ou des caïds à la gâchette facile, rien n’y est réellement surprenant. Pourtant, on se

prend assez rapidement au jeu et on se surprend à dévorer les pages du livre sans trop prêter attention au temps qui passe. C’est probablement la grande force de ce bouquin. Par un contexte pas trop complexe et dévoilé d'entrée de jeu, le scénariste nous emmène directement dans l’histoire sans pour cela nous en divulguer les tenants et les aboutissants. L’entrée en matière est impeccable. Seulement, il est dommage que le choix de la narration se soit porté sur un récit chapitré où le temps et les personnages bringuebalent de manière aléatoire avec pour seul point de repaire l’enlèvement. Cet imbroglio scénaristique est, avec une certaine retenue critique, quelques fois lassant.

les nombreuses cases vides de dessins ou jouant tout bonnement avec les ombres foisonnent un peu trop. Néanmoins, le dessin est à l’image de l’histoire et la sert de belle manière. Que demander de plus à une bande dessinée ? En résumé, Bag Men est une bande dessinée réussie dotée d’une histoire captivante et réaliste sur de nombreux points. Toutefois, on restera perplexe quant à la chronologie des évènements qui nous sont présentés. Une version sans chapitrage et flashbacks intempestifs aurait certainement eu plus d’impact sur le lecteur.

Matthieu Matthys

« Cette bande dessinée est inévitablement destinée à un public adulte. Et pour cause, le sujet ne prête pas à satisfaire un bambin en quête d’aventure. » Deuxièmement, les dessins sont disposés de manière décousue. Une idée non dénuée d’intérêt car elle donne un peu plus de lourdeur à l’histoire qui en a constamment besoin. Les couleurs sont sombres et les traits sont légers afin de laisser planer un voile sombre métaphorique de l’ambiance de l’histoire. Cependant, on est un peu plus exigeant sur la manière de les présenter. Certaines vignettes sont parfois trop simplistes et

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11 juin 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Que sont mes amis devenus... d’André Asséo Editions de Cherche-Midi, 130 p.

Que sont mes amis devenus... Dans le poème de Rutebeuf, mis en musique et chanté par Léo Ferré, le vent emporte le souvenir des amis. Ici, c’est l’inverse. Les amis occupent, bien après leur disparition, le cœur et l’esprit de l’auteur.

Il a publié différents ouvrages consacrés notamment à Joseph Kessel, Louis Nucéra, ainsi qu’à Jean-Louis Trintignant, a écrit pour le théâtre, Gary/Ajar, et pour le cinéma, Les Enfants de lumière, à l’occasion du centième anniversaire du cinéma.

Ainsi, André Asséo revoit Romain Gary, Joseph Kessel, Georges Brassens, Raymond Devos, Louis Nucéra, Raymond Moretti, Huguette Debaisieux et Henry de Monfreid, installés dans le compartiment d’un train imaginaire où leurs conversations, joyeuses et indisciplinées, apportent un regard nouveau sur leur passage parmi nous.

Un court roman intéressant qui met en scène des personnages qui ont réellement existé.

Marc Bailly

Hymne à l’amitié, où ces disparus livrent quelques-uns des secrets – tel Romain Gary – qui ont tourmenté leur existence. Les héros de ce roman tendre, drôle et insolent furent tous les amis d’André Asséo qui continue, à travers ces pages, à converser avec eux. André Asséo a animé Les étoiles du cinéma sur France Inter pendant près d’une trentaine d’années.

Dans un monde où les images en tous genres sont omniprésentes, notre intimité disparait petit à petit, sans même que l’on s’en rende vraiment compte. A travers la pub et les nouvelles technologies, la sexualité s’affiche et est devenue spectacle, à tort ou à raison ? Michel Dorais est un sociologue québécois qui a beaucoup écrit sur la sexualité, notamment la prostitution, la diversité sexuelle et l’homophobie. Il a pris part au débat sur le mariage homosexuel en France. Son essai La sexualité spectacle ne peut être que gagnant dans un monde où le sexe et les nouvelles technologies dominent. Derrière l’exemple de la disparition de l’intimité, c’est la société entière qui est critiquée. La Sexualité spectacle de Michel Dorais Editions H&O, 128 p.

Au moyen d’exemples actuels, l’auteur nous ouvre les yeux sur un phénomène dont il est difficile de comprendre l’ampleur et surtout de déjouer les pièges : on voit beaucoup et on explique peu. Comment faire pour trouver sa place dans une société où tout n’est qu’images, pornographie et corps hors du commun ? Qui sont les nouveaux modèles et doit-on forcément leur ressembler à coup de chirurgie esthétique ? Surtout, comment faire pour rester en dehors de cela et conserver notre intimité ? Michel Dorais ne critique pas ce monde plus ouvert, mais souhaiterait y

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être confronté avec plus de sens critique, pour ne pas tomber dans ses pièges. La sexualité fait partie de la vie, mais l’éducation doit jouer son rôle, pour permettre aussi aux hommes de conserver leurs désirs, car si tout est apporté immédiatement sur un plateau (ou sur un écran), que peut-on espérer de la suite ? Ce petit livre pose des questions profondes, qui peuvent représenter le point de départ d’une réflexion intérieure dans le but de conserver notre intimité. Pour plus d’éducation afin de trouver des réponses, lisez-le !

Pauline Vendola


Ardalen est un roman illustré qui raconte l’histoire touchante d’une rencontre entre deux êtres : Sabela, femme moderne, la quarantaine, ayant récemment quitté son mari et perdu son emploi. Et Fidel, vieil homme solitaire, vivant dans un village au cœur des montagnes de Galice.

Ardalen, Vent de Mémoires de Miguelanxo Prado Editions Casterman, 255 p.

Suite à ses récentes mésaventures, Sabela se rend dans ce village sur les traces de ce grand-père qu’elle n’a pas connu et dont elle ne sait rien sinon qu’il a beaucoup navigué et vécu en Amérique du Sud. Elle va rechercher qui, parmi les anciens du village, aurait pu le connaître sur un bateau. Elle va donc faire la connaissance de Fidel, un vieil homme solitaire et amnésique qui s’invente ses souvenirs perdus. Celui-ci a régulièrement des hallucinations et le récit à Sabela sur sa vie passée est de plus en plus confus. Sabela se rend compte de cela mais elle s’attache à ce personnage fascinant et touchant à la fois.

de Bernard Pivot Editions Livre de Poche, 320 p.

Le dessin crayonné est très expressif et le récit est aéré par des cases représentant des paysages et les hallucinations de Fidel. Le tout est abondamment documenté par des manuscrits et autres cartes évoquant la vie du grand père de Sabela aprs sa disparition. Ardalen reste un roman très onirique qui donne des envies de voyages. On peut reprocher toutefois une histoire un peu pauvre et qui traîne un peu en longueur.

Christophe Pauly

Prado nous livre ici une bouffée d’air frais avec cet exotisme et cette poésie qui se dégagent de ce récit. Il prend le lecteur par la main et l’emmène dans l’univers de Fidel, fait de rêves et de désirs. On ressent beaucoup de souffrance dans le personnage

On connait Bernard Pivot pour ses émissions littéraires et culturelles à la télévision, comme Apostrophes et Bouillon de culture. Il est, depuis quelques années, membre de l’Académie Goncourt, et son amour des mots ne s’est jamais estompé. Je parle bien des mots plutôt que des livres, car Bernard Pivot est un vrai amoureux des mots. Pour vous le prouver, si besoin était, voici en quelque sorte le dictionnaire des mots qu’il préfère, qui l’ont touché ou ému, qu’il trouve amusants ou désuets. Bref, les mots qui l’ont marqué tout au long de sa vie. On y trouve en vrac : Apostrophes, amitié, amour, applaudissements, chambre-bibliothèque, femme, goût, lecture, mots, ouille, pianiste, sérénité, train fantôme, zut… Les Mots de ma vie

de Sabela. Une femme qui se cherche et qui doit parfois se défendre face aux habitants du village et à leur mentalité étriquée.

Un livre foisonnant, intéressant, poétique, rigolo et plein d’autres choses encore. Soulignons la belle qualité d’écriture de Bernard Pivot. Je ne peux que vous donner un goût de ce livre avec le mot « Ecrivain » qui finalement a baigné toute la vie de Bernard Pivot : Ecrivains […] Je n’ai pas noué avec mes invités d’Ouvrez les guillemets, d’Apostrophes et de Bouillon de culture des liens que, après les émissions, des visites ou une correspondance

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auraient prolongés, affermis durablement. Je n’ai pas su. Je n’ai pas pu. Ou plutôt je n’ai pas voulu. Pourtant des écrivains aussi considérables que Marguerite Duras et Marcel Jouhandeau ont cherché après des tête-à-tête réussis à m’intégrer à leur entourage. Je me suis défilé. Il est vrai qu’être réveillé à 2 heures du matin par Marguerite Duras, qui avait éprouvé l’amical besoin de me lire au téléphone le texte qu’elle venait de terminer, ne m’a pas paru être une initiative à encourager. Je voulais garder mes distances. Ils étaient des écrivains, je n’étais qu’un journaliste. Que pourrais-je leur apporter ? Des questions, encore des questions, toujours des questions ? Il nous casse les pieds, à la fin, celui-là, avec ses questions. Apostrophes, c’est bien, mais il faut lui dire que ça ne peut pas durer tout le temps ! Des éloges, de la considération, de la révérence ? C’est un emploi de cour, incompatible avec la possession d’une carte de presse. Les écrivains auraient perdu leur temps avec moi, et moi le mien avec eux. On n’a jamais inventé meilleur moyen de fréquenter les écrivains que de les lire. […]

Marc Bailly

11 juin 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Arts

Bozar rend hommage au peintre Giorgio Morandi

Giorgio Morandi

L’ article Bozar présente une exposition rétrospective consacrée à une icône de l’art moderne, le peintre italien Giorgio Morandi (Bologne, 1890-1964). La curatrice Maria Cristina Bandera a sélectionné une centaine d’œuvres qu’elle a organisées thématiquement et chronologiquement de façon à nous faire apprécier l’évolution des thèmes privilégiés de l’artiste (nature morte et paysage) selon différentes techniques (peinture à l’huile, gravure, aquarelle) et ceci des débuts à la fin de la carrière de l’artiste. Vivant retiré avec ses trois sœurs malgré une reconnaissance internationale, Giorgio Morandi nous renvoie directement au mythe de l’artiste énigmatique et un peu fou, capable de voir ce que personne d’autre ne voit dans ce que tout le monde a sous les yeux. Il peint de manière obsessionnelle les paysages de son environnement et des objets banals, toujours les mêmes (bouteilles, vases, coquillages, fleurs) placés de façon similaire d’une toile à l’autre, avec quelques légères variations de compositions et de teintes. Le caractère récurrent des éléments de sa peinture détourne notre attention de ce qu’ils sont censés représenter. Morandi,

ne cherche pas à les montrer de façon réaliste, il les dévoile. Au delà de l’objet, apparait alors ce qu’aucune reproduction sur écran ou sur papier ne peut rendre, la touche du peintre. Celle-ci est développée dans toute sa sensualité avec une extrême délicatesse de tons. À ce titre, Morandi est un véritable maître qui s’inspire directement des techniques de maîtres anciens. Également très au courant des avantgardes de son époque comme le cubisme, le futurisme et la pintura metaphisaca, sa démarche demeure profondément moderne. En effet, chaque objet qui s’efface par le jeu de la redondance laisse la place à une forme épurée, archétypale. Pour Morandi, chacune de ces formes (carré, triangle, pyramide…) peut être apparentée aux lettres d’un grand alphabet plastique. À l’instar des mathématiques pour Galilée, ces formes seraient le langage dans lequel est écrit(e) la nature. La juxtaposition des objets et leur mise en scène deviennent à ce titre une forme d’écriture que le spectateur est invité à lire en adoptant une attitude méditative. Chaque tableau devient alors : « un point de vue épuré sur l’infini » comme le déclare le réalisateur Bernardo Bertolucci.

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Cette quête de l’essence et de la pureté des formes développée par le peintre à travers son œuvre a inspiré de nombreux autres artistes. On retrouve notamment des œuvres de Morandi au cinéma (La Dolce Vita de Fellini en 1960, La Note d’Antonioni en 1961 ou Kiss me Deadly de Robert Aldrich en 1955). Pour souligner cette influence, la curatrice a invité l’artiste Luc Tuymans à exposer certaines de ses œuvres en résonance avec celles de Morandi. Une installation de l’artiste italien Claudio Parmiggiani ainsi que d’autres de la plasticienne Valérie Mannaerts seront également présentées. De même, le guide du visiteur présente une collection de textes écrits par six poètes en dialogue avec l’œuvre du Morandi. Une rétrospective très belle et très bien documentée qu’il serait dommage de laisser passer! Infos: Du Samedi 08.06.13 au 22.09.2013 Palais des Beaux Arts Rue Ravenstein Plus d’info sur : http:// www.bozar.be/activity.php?id=12714

Mathias Mellaerts


Expo photo : X-Process à l’HELB

©Mikael Vercammen

L’ article X-Process est une exposition de photographies contemporaines qui a la particularité d’avoir été réalisée par des étudiants de dernière année en photographie de l’HELB (Haute Ecole Libre de Bruxelles). Le nom de l’expo « XProcess » ou « traitement croisé » fait référence au développement d’une pellicule photographique dans une solution chimique non appropriée. Les treize étudiants-photographes commencent par se présenter, par expliquer leur parcours, la naissance de leur passion et ce qui les a amenés à s’intéresser au sujet de prédilection qu’ils

ont choisi de mettre en image. Ils abordent, dénoncent parfois, ce qui les touchent, les interpellent, les scandalisent et cela donne naissance à des atmosphères, à des ambiances très différentes, d’autant plus que les styles sont également mélangés puisque photographies publicitaires, sociales, documentaires et de mode se côtoient. On apprécie particulièrement la diversité des thèmes tels que l’identité, l’empreinte laissée par l’Homme dans son environnement, la sexualité, le voyage, le handicap, les personnes âgées, les relations hommes-femmes, et leur

originalité avec la photographie culinaire, le dérapage féerique, la photographie et l’origami et les peurs abstraites. Cette exposition est surprenante, originale et enrichissante. N’hésitez pas à aller y faire un tour. Pour la découvrir, rendez-vous à Tour & Taxi du 13 au 16 juin et si vous désirez rencontrer les photographes, le vernissage est prévu le vendredi 14 juin à partir de 18 heures.

Emilie Lessire

©Marie Hordynski

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11 juin 2013


Happy Birthay Mr. Suricate

1993

Last action hero, le crépuscule d’un genre

Le réalisateur de Piège de Cristal... L’acteur principal de Terminator... Le scénariste de L’Arme Fatale. Le trio gagnant ? Pas du tout ! Lorsque Zack Penn et Adam Leff, deux jeunes scénaristes inconnus apprennent que Extreme Violence, leur script inspiré de la vague des films d’action des années ’80 intéresse Arnold Schwarzenegger, ils n’en croient pas leurs oreilles. Un véritable rêve éveillé... Qui va virer au cauchemar. Précisons qu’Arnold, alors assis au sommet de la pile de dollars générés par le succès de Terminator 2 peut exiger tout et n’importe quoi de la machine hollywoodienne. Il demande que le scénario soit exécuté de façon plus « professionnelle »... Et que l’extrême violence d’Extrême Violence soit revue à la baisse. Pour assurer cette réécriture, les studios engagent Shane Black, le wonder boy derrière L’Arme Fatale. Black garde l’idée de départ, celle d’un garçon amateur de cinéma happé « dans » un film qui aide un héros à se sortir de situations difficiles... mais multiplie par mille l’impact des scènes d’action. Il apporte également son style inénarrable et des dialogues réglés comme du papier à musique. Les choses se passent pour le mieux... Jusqu’à l’arrivée de John McTiernan. Auréolé de son succès, McTiernan se lance donc dans une nouvelle réécriture... Qui ne plait pas à Arnold ! Selon une méthode éprouvée par les « décideurs » des studios, le script passe alors dans les mains de

William Goldman, un « script doctor », qui reçoit un million de dollars pour quatre semaines de travail ! Pour les exécutants, un auteur connu, c’est la certitude de pouvoir « prouver » que l’on a fait tout ce qui était possible pour rendre le film « meilleur ».

jouer un mauvais tour. En réalité, plus personne ne sait si Last Action Hero est un film d’action, une comédie, une parodie ou une aventure familiale. Tout le monde avance à vue et les scènes sont tournées sans trop savoir à quel ton général s’apparente le film.

Après un détour entre les mains de Carrie Fisher, elle-même script doctor de renommée, le film revient vers... Shane Black ! Qui refuse poliment de s’y remettre, alors qu’on lui propose surtout de revoir les scènes d’action.

Lors de la première, personne n’ose parler du film. Et tout le monde sait déjà qu’Arnold va se faire dévorer tout cru par des dinosaures de Steven Spielberg. Oui, Last Action Hero sort sur les écrans une semaine seulement après Jurrasic Park.

En août 1992, Arnold signe son engagement sur le film, le budget est bouclé à 60 millions de dollars et tout le monde semble avoir oublié que le scénario est fait de bric et de broc, avec un acte final où Schwarzenegger rencontre son personnage fictif lors de la première du film. Dans la foulée, le studio annonce que le film sera sur les écrans le 18 juin 1993. Quoi qu’il advienne. Un diktat économique (le film DOIT être un événement, de nombreux deals de merchandising sont déjà signés...) qui va précipiter le sort de cet étrange objet filmique difficilement identifiable... par le studio lui-même !

Aujourd’hui, avec le recul, Last Action Hero apparait comme un étrange patchwork, où des scènes sombres (comme la mort du fils du héros dans la première scène...) jouxtent des moments de purs délires... comme cet inspecteur-chat tout droit sorti d’une mauvaise copie de Roger Rabbit. Le film est aussi très en avance sur son temps, puisqu’il annonce l’ère des « méta » films que seront Scream ou les œuvres de Tarantino. Avec près de 140 millions de recettes à travers le monde, il ne sera pas non plus une catastrophe financière totale... La preuve, s’il en fallait encore une, que le système hollywoodien adore créer des réussites... mais parvient toujours à se relever de ses échecs.

En effet, à force de réécriture, le script n’a plus vraiment de « voix » et sur le tournage, cette incertitude ne fait qu’empirer. McTiernan est à cran, il est convaincu qu’Arnold, les scénaristes et le studio tentent de lui

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Christophe Corthouts


2003

Harry potter et l’ordre du phénix enfantine disparaît peu à peu pour laisser la place à une autre atmosphère, plus pesante, où les choix se transforment en dilemmes et où les décisions sont lourdes de conséquences. A l’image de la manière avec laquelle il a été écrit, l’histoire évolue, elle aussi, pour entrer dans une ère nouvelle où Poudlard ne sera jamais plus comme avant.

Dix ans déjà pour Harry Potter et l'ordre du phénix qui est le cinquième tome de la saga du célèbre magicien créé par Joanne Kathleen Rowling. Cet opus, paru en 2003, est celui qui fait entrer Harry Potter et tout son petit monde dans l’âge adulte. Les quatre premiers tomes dépeignaient l’ambiance, l’histoire, les personnages, les défis, Poudlard et les mondes avoisinants. A partir du cinquième, cette ambiance chaleureuse et

La série Harry Potter a été traduite en 73 langues et les livres se sont vendus à plus de 420 millions d’exemplaires dans 140 pays. L’entièreté de l’histoire du petit sorcier a été adaptée à l’écran entre 2001 et 2011 où les huit films ont connu un succès mondial retentissant. Le succès des films a d’ailleurs fait de son auteure la première écrivaine milliardaire de l'histoire de l'édition. A Londres, un musée de 14.000 m² et de plus de 100 millions d’euros est dédié au magicien et à son petit monde.

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Harry Potter aura également mis en lumière le fait que les enfants et adolescents ne sont pas réfractaires à la lecture puisque ni l’épaisseur grandissante des livres, ni la langue de Shakespeare n’ont découragé les adolescents à suivre les aventures de leur héros favoris. D’ailleurs, pour la première fois avec Harry Potter et l’ordre du phénix, un livre anglais a figuré parmi les meilleures ventes de livres en France. Harry Potter est donc bien un magicien ! Il fait rêver et rend bilingue... À lire et à relire.

Emilie Lessire

11 juin 2013


Le Suricate Magazine - Vingtième numéro  

L'e-magazine culturel en francophonie