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contre-enquête |

Derrière Zetes, un homme d’état belge qui épiait la Céni comme une sangsue (suite de la page 11).

conclusion. Pour Reuters, que le Chef de l’état soit là ou non, LRPS va poursuivre son enrichissement grâce aux passeports délivrés par la RDC, et cela sur base de l’article 14 du contrat selon lequel l’accord ne deviendra pas caduc, même en cas de «changement institutionnel» dans le pays. Or, l’agence signale la durée du contrat: cinq ans! Cette observation est l’occasion indiquée pour donner la parole à l’entrepreneur belge Albert Karaziwan, Directeur général de Semlex. Dans une interview au magazine Congo Panorama daté février-mars, n°23, reprise par le tri-hebdomadaire kinois Africa News, daté de vendredi 21 au dimanche 22 avril 2017, n°1372, le Belge déclare: «Ce marché était bien ouvert et Semlex avait fait face à une concurrence digne et loyale avec des firmes ayant pignon sur rue comme Gemalto, Zetes, Oberthur et d’autres. Il est vrai que nos négociations, qui ont duré plus d’un an jusqu’à risquer de retarder la mise en œuvre du système par rapport aux délais de l’OACI (ndlr Organisation de l’Aviation civile Internationale), se sont déroulées de gré à gré pour aboutir à ce marché de concession, mais ce contrat a, par la suite, été avalisé par l’Autorité nationale de régulation qu’est l’ARMP et la quittance de la taxe, qui nous a été délivrée, en fait foi». Il épiait la Céni comme une sangsue. D’ajouter: «Selon les termes de ce contrat, Semlex a financé l’ensemble du projet. Nous avons pris en charge toutes les dépenses de ce projet et l’état congolais n’a pas dépensé un seul centime». C’est dans la même interview qu’il donne les précisions ci-après: « ...Semlex n’en est pas à sa première expérience en Afrique et dans le

Classique: un contrat en bonne et due forme traîné dans la boue par un malheureux perdant belge. Dréservés. monde. Nous sommes pratiquement parmi les seuls à faire du BOT dans plus de 20 pays africains et plus de 60 autres à travers le monde. Je dois ajouter que, contrairement à ce que les gens peuvent croire et, malgré les apparences, l’opération

d’octroi de ce nouveau passeport ne correspond pas aux attentes de Semlex. On avait tablé sur une base de 30.000 passeports par mois pour atteindre 2 millions dans les cinq années imparties conformément aux dispositions du contrat, mais là,

nous nageons autour d’une moyenne de 10.000 par mois alors que les frais calculés sur la base de 30.000 sont restés fixes. Tout se fait dans la stricte transparence et l’état a l’avantage d’encaisser la somme nette sans aucune dépense et, par notre système,

cette somme est totalement sécurisée et épargnée de l’évasion de fonds». Au moins, se dit-il satisfait de l’excellence des relations que sa firme entretient avec la R-dCongo. Que dire en définitive d’une enquête pour laquelle

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l’auteur avoue, luimême, ne détenir ni preuves concluantes en ce qui concerne sa propriétaire, ni détails consultables sur on enregistrement aux émirats Arabes Unis? L’explication est simple. Liée à Zetes, firme belge dont Reuters fait le plai-

doyer. Une navigation sur le Net révèle qu’elle est très proche de l’homme d’état belge qui avait réussi, en 20042005, à en faire le fournisseur attitré du matériel d’identification et d’enrôlement des électeurs par la CéI et, en 2011, la CéNI. Il épiait notre Centrale électorale comme une sangsue... Pour rappel, le premier cycle électoral avait été financé à 90 % par la communauté internationale pour USD 500 millions. Un vrai pactole. Problème: dans le cadre du troisième cycle électoral en cours avec les mêmes opérations lancées le 31 juillet 2016 par Gbadolite, Zetes a perdu le «monopole» au profit de la firme française Gemalto. Comme Semlex et Gemalto, Zetes compte dans la gamme de sa production la fabrication du passeport biométrique et de la carte d’identité biométrique. Le contrat sur celle-ci est en négociations. Une fois de plus, la RDC est victime des combines juteuses qui attisent de manière féroce et effrénée des entreprises occidentales. Dans le contexte politique actuel, on devine la main noire qui nourrit les réactions irrationnelles de certains acteurs politiques et de leurs «pendants» de la Société civile qui se déportent sur l’affaire périphérique de «passeport», faute de débattre de la question essentielle de l’Accord du 31 décembre 2016. Si la coïncidence peut être fortuite puisque l’enquête de Reuters est publiée au moment où certains opposants remettent en cause la fiabilité du fichier électoral en construction, peuton dire qu’elle l’est aussi dès lors que sa publication est intervenue à la veille de l’annonce de la suspension de la coopération militaire belge en RDCongo? Ceci peut expliquer cela... Correspondance particulière n