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JEUDI 17 MAI 2018 // SUPPLÉMENT GRATUIT AU NUMÉRO 22697 | ISSN 0.153.4831 | NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT

Comment apprendra-t-on demain ?

Voyage

versle futur

du travail

DOSSIER SPÉCIAL PP. 8-13

Tour du monde des universités innovantes. Demain, tous codeurs ?

OUTER C É R U O P RO, CE NUMÉEZ FLASH VEC A CE CODEI CHAÏ L’APPL

Digital, gamification, réalité virtuelle… portrait de la formation du futur avec des experts et enseignants-innovateurs.

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PP. 6-7

L’ÉDITO de Julia Lemarchand

Surfer sur un tsunami technologique

Comment l’intelligence artificielle et la blockchain vont transformer nos emplois Un docu-fiction pour se plonger dans le monde du travail version 2028 Les start-up qui imaginent le recrutement de demain PP. 2-5 APPEL À CANDIDATURE

POUR LE PRIX

Un temps fantasmée par les auteurs de science-fiction, l’intelligence artificielle (IA) est enfin entrée dans nos vies. Aujourd’hui les assistants vocaux, demain les robots domestiques et les véhicules autonomes. La révolution technologique n’en est qu’à ses prémices, prédisent les scientifiques, nouveaux rois du monde. On les écoute, sans vraiment les entendre, trop occupés à nous éprendre du prophétisme technologique ambiant, aux accents transhumanistes. La fin de la mort et du travail, rien que ça ! Soyons clairs, la science prospectiviste n’a

Vous êtes étudiantes ou alternantes dans le domaine des services énergétiques Vous êtes en dernière année de CAP, BEP, Bac PRO, Bac +2/3, Bac +4/5

pas de réponse à apporter aux bouleversements sociétaux et politiques induits. Bien chanceux celui qui saura prévoir, ne serait-ce qu’à un horizon de dix ans, le juste décompte d’emplois disparus, transformés, nouveaux. Une chose est sûre : aucune industrie, aucun job ou presque, ne réchappera au tsunami annoncé. Comment nous préparer ? Les grandes entreprises investissent massivement : 12,5 milliards de dollars dépensés dans des applications d’intelligence artificielle en 2017 dans le monde, et 46 milliards estimés pour 2020 par le cabinet IDC. Elles doivent en faire autant dans l’humain ! Car les machines ne nous

ALORS CE PRIX EST FAIT POUR VOUS ! Pour candidater, rendez-vous sur le site www.women.dalkia.fr et déposez votre dossier au plus tard le 31 mai 2018. AVEC LA PARTICIPATION DE :

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Vous exercez depuis plus de trois ans une activité professionnelle en lien avec la transition énergétique

doteront de « super pouvoirs » que si nous acceptons de travailler avec elles. De nouvelles compétences en matière de résolution de problèmes, comme de pensée critique et d’éthique sont attendues. Un milliard et demi sur cinq ans, annoncé par le gouvernement en avril pour relancer la France dans la course à l’intelligence artificielle est bienvenu, mais peut-on se contenter de former data scientists et experts en IA ? Le vrai enjeu est la réforme du système éducatif dans son ensemble. Il est temps d’imaginer l’école et l’université de demain, et de donner les moyens à tous de se former tout au long de la vie.


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Jeudi 17 mai 2018

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Jeudi 17 mai 2018

FUTUROLOGIE

A quoi ressemblera le tra vail en 2028 ? et les RH ? Tour d’horizon des scénarios possibles.

L’intelligence artificielle, nouveau compagnon de travail

« Vis ma vie de jeune diplômée, free-lance et slasheuse »

ANALYSE // L’intelligence artificielle est une technologie puissante, dont l’application va changer notre manière de travailler et nos emplois. Comment travaillerons-nous avec elle dans dix ans ?

DOCU-FICTION // En 2018, Samia passe le brevet. Dans dix ans, fraîchement diplômée, elle entrera sur le marché du travail. Nous avons imaginé son quotidien.

Bonjour Samia, il est 7 heures du matin, ce lundi 14 mai, et tu as plusieurs rendez-vous prévus. Au programme, un sprint avec l’équipe de Firebird, un déjeuner avec… » J’éteins mon enceinte connectée d’un claquement de doigts. On a beau être lundi, je n’ai pas vu les jours passer entre les points avec mes équipes basées à Lyon et à Budapest, et les cours de yoga que je donne tous les deux jours. Quand on est scrum master et slasheuse free-lance, comme moi, on est obligé de jongler entre les clients indépendamment des jours chômés. Moment d’hésitation existentielle en ce début de journée : que porter ? Je consulte mon appli vestimentaire, qui m’indique précisément les tendances et la météo du jour. Veste connectée, pantalon de coton synthétique, ballerines en cuir d’ananas, parfait ! En sortant dans la rue, j’avale mes biscuits à base de farine de criquet – bien meilleurs que les cookies à base de sauterelles, so 2026 ! – et je fonce dans la dernière voiture autonome disponible sur la borne municipale. C’est parti ! Dans le véhicule, je consulte mon coach IA via mon casque de réalité virtuelle. J’y ai entré toutes les informations relatives à mon profil : expériences passées et en cours, objectifs professionnels… Le défi de la journée proposé par mon coach virtuel ? Utiliser plus de gamification dans l’organisation des tâches de la semaine. Défi accepté.

Bonjour Hector ! En entrant dans l’espace de co-working, je salue froidement Hector, l’IA de la maison. Equipé d’un dispositif de reconnaissance faciale, il saisit immédiatement qui je suis et pour qui je travaille, et m’emmène au bon étage sans que je le lui précise. Accessoirement, il calcule comment j’interagis avec mes coéquipiers et quantifie ma production de travail quotidien. Il a évidemment accès à mes données

personnelles codées dans la blockchain – cette bataille-là a été perdue. Le Syndicat des travailleurs indépendants n’a pas réussi à faire interdire l’usage de ces outils de surveillance. Qui pensait que Big Brother s’arrêterait au XXIe siècle ? Il y a du soleil, et mes 6 coéquipiers (en 2028, on ne dit plus « collègues ») se sont installés sur la terrasse qui surplombe le Vieux Lyon. Nous n’avons pas de locaux attitrés et travaillons en flexitravail. La terrasse possède un isoloir pour le « deep working » et un lieu aménagé pour les réunions. Mon équipe est composée de 3 free-lances et de 4 salariés – une organisation devenue la norme. Les indépendants apportent leur énergie et leurs compétences, et bénéficient en retour de l’expertise dans leur domaine des salariés et de formations payées par leur entreprise du moment. Par exemple, Firebird m’a proposé une « crash formation » de trois jours sur son créneau d’action : les dernières techniques de management agile appliquées au secteur des énergies nouvelles. Histoire de bien commencer la journée, on se retrouve autour du potager bio. Ici comme ailleurs, l’ambiance est au zéro-déchet et le lombricomposteur a remplacé l’imprimante. Saskia, une autre free-lance de l’équipe, qui est aussi agricultrice urbaine, nous explique comment faire pousser des fraises sans pesticides. Mon rôle de scrum master est d’organiser et de faciliter les sprints de travail des équipes avec lesquelles je bosse. La start-up monte un nouveau produit et je dois dynamiser la productivité de ses membres. Comme je connais bien la méthode agile, j’ai trouvé du travail très vite après mon alternance, l’année dernière. Encore junior, je tarifie ma journée de travail à 600 euros, mais j’ai bon espoir de pouvoir augmenter mes prix d’ici à la fin de l’année. Après une matinée efficace et une réu avec le patron de la start-up, présent par hologramme, je quitte mon groupe pour déjeuner avec une ancienne collègue. Je retrouverai l’équipe de Firebird pour deux sessions supplémentaires avant samedi,

Deborah Loye

Pluquet / Alpaca / Andia.fr

«

Esther Attias

quand je n’avancerai pas à distance sur nos projets communs. Cette collaboration est encadrée par un contrat « CDI de mission à plein temps ». Firebird et moi, cela durera encore six mois. Ensuite, j’aviserai…

Les cryptos, monnaie courante Je retrouve Caroline dans un vieux resto lyonnais. On s’est rencontrées lors d’une de mes précédentes missions. Caro bosse en recrutement, et après mes trois premiers entretiens avec une IA, c’est elle qui m’a fait passer les derniers rounds. On a tout de suite accroché : nos personnalités sont ultra-compatibles, selon les derniers tests de personnalité professionnels. Pas étonnant qu’on ait continué de se voir ! Comme moi, elle est slasheuse à ses heures. J’ai suivi – avec un succès relatif – ses cours de bricolage, et elle a participé à mes cours de yoga. A mon tour de l’inviter – je fais une note de frais au nom de l’entreprise et règle la note en litecoin. C’est le cas de le dire, les cryptos sont devenues monnaie courante ! D’autant plus qu’il est possible, aujourd’hui, de se faire rémunérer directement en cryptomonnaie, ce qui est mon cas. Après le déj, je file chez l’opticien récupérer ma seconde paire de lunettes connectées. Ces dernières années, la protection sociale des free-lances a fait de grands pas – après tout, nous représentons 40 % de la population active ! Certes, on est loin de la protection dont mes grands-parents ont

LE MONDE DE DEMAIN VU PAR LES SÉRIES Fabiola Dor

Intelligence artificielle, cybersécurité, un monde dominé par les Gafa… Voici une sélection de séries qui racontent l’évolution de notre société avec une bonne dose d’humour !

« BLACK MIRROR »

Les dérives des nouvelles technologies Imaginez un monde – obscur – où vous pouvez noter vos amis et faire parler les morts grâce à l’intelligence artificielle. Lancée en 2011 sur la chaîne britannique Channel 4, « Black Mirror » vous embarque dans un futur pas si lointain, où le progrès se transforme en véritable cauchemar. Tout au long des 4 saisons, la série aborde des sujets comme la réalité virtuelle, le piratage, la cybercriminalité ou encore la violence des réseaux sociaux. > Disponible sur Netflix

« MR. ROBOT »

Le thriller technologique et paranoïaque Inspirée par la philosophie du mouvement Occupy Wall Street et du collectif Anonymous, « Mr. Robot » est une série dramatique, datant de 2015, qui raconte l’histoire d’Elliot Alderson, un jeune programmeur paranoïaque. Hacker, il travaille chez Allsafe Security, une entreprise de cybersécurité. Un mystérieux anarchiste souhaite le recruter dans son groupe de hackers. Leur objectif : organiser une révolution financière et rétablir l’équilibre de la société par la destruction des banques et d’E Corp, le conglomérat le plus puissant du monde qui n’est pas sans rappeler le pouvoir des Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon). « Mr. Robot » est remarquable pour sa description assez réaliste de la sécurité informatique et du hacking. > Diffusé sur USA Network

mais à quelle échéance ? Et comment se préparent les entreprises

« REAL HUMANS »

Des robots 100 % humains A l’ère des débats sur la responsabilité juridique des robots, « Real Humans » nous embarque dans un monde parallèle, où des robots humanoïdes, appelés « hubots », débarquent dans les foyers et les entreprises pour aider les humains dans leurs tâches quotidiennes. L’histoire se déroule dans une société suédoise alternative. Dans cette série européenne, diffusée en 2012 sur Arte, les robots peuvent être des salariés, des parents, voire des amants. Un programme permet même à certains d’avoir des sentiments et des pensées. Face à tant d’émancipation, une partie de la population se refuse à l’intégration des hubots dans la société. > Diffusé sur Arte

Sveriges Television

PROSPECTIVE // L’intelligence artificielle et la blockchain devraient totalement bouleverser notre façon de travailler,

bénéficié, l’un fonctionnaire et l’autre salariée d’un grand groupe dans les années 2000. Cela dit, je me sens tellement plus libre qu’eux ! Impossible d’imaginer leur quotidien, assis au même bureau tous les jours, vivant par tranche horaire fixe, exécutant les mêmes tâches pour le même employeur pendant des années… Le tout, pour finir licencié du jour au lendemain. C’est ce qui est arrivé à beaucoup de parents de copains autour de moi. De même, j’ai bénéficié d’une formation plus complète que les générations précédentes. Avec ma licence de lettres, ma formation au code par MOOC et mon master en alternance en ressources humaines méthode agile, je me rends compte que cette triple compétence m’offre tant les qualités attendues chez les créatifs (imagination, storytelling, mise en scène de l’information…) que des compétences techniques et managériales. Sans évoquer les mini-formations que je suis au quotidien. Tandis que mes parents, avec leurs études monothématiques, sont beaucoup moins touche-à-tout que moi. Aujourd’hui, le recruteur cherche des profils polyvalents, qui ont surtout appris à apprendre. Avant de me remettre au boulot, je laisse un message à Thomas, mon imprésario. Je ne suis pas chanteuse d’opéra, mais cela ne m’empêche pas d’avoir un agent qui me propose des contrats tout en valorisant mon profil auprès de recruteurs. Le tout contre une commission sur mon salaire. Rétrospectivement, je me demande comment les free-lances d’antan pouvaient s’en passer. La vie d’indépendant est déjà difficile, mais s’il faut en plus trouver ses missions tout seul… ! Bien sûr, je suis inscrite sur des plates-formes spécialisées dans la mise en relation entre free-lances et entreprises, mais c’est Thomas qui m’apporte les offres les plus intéressantes. Après un bon après-midi dédié à Firebird, je prends mon heure quotidienne pour animer mes réseaux sociaux : annonces personnalisées, articles à partager, prise de déjeuner avec de futurs prospects, ce moment est professionnellement essentiel – mais comme c’est plutôt plaisant, je m’installe dans un café – c’est un peu désuet, mais j’aime bien. Le soleil se couche sur Lyon. Tiens, je travaillerais bien au vert avec l’arrivée de l’été. Quelques minutes de recherche suffisent pour débusquer une résidence de yoga d’une semaine à Biarritz fin juin… Parfait pour redynamiser ma concentration sans négliger ma deuxième vie de prof d’hatha ! Décidément, être free-lance en 2028, c’est vivre à fond les avantages – et les inconvénients – de la liberté. Travailler pour soi, quoi. n

E

n 2028, vous vous voyez déjà sur un transat à siroter un cocktail pendant que des robots humanoïdes travaillent pour vous ? Vous allez être déçus. L’intelligence artificielle nourrit de nombreux fantasmes, mais dans les faits cette technologie relève aujourd’hui plus des traitements statistiques de données… que de la capacité d’une machine à reproduire l’intelligence humaine, sa conscience et ses émotions ! Reste que son impact sera sans doute puissant. « Même si l’on suppose qu’en dix ans, on n’a fait aucun progrès technologique mais que l’on a simplement déployé l’intelligence artificielle dans toutes les entreprises, ce sera déjà une immense

révolution », projette Sylvain Duranton, senior partner au BCG. S’ils disposent de suffisamment de données, les algorithmes seront en mesure de faire des offres totalement personnalisées, et donc de répondre très précisément aux besoins de clients… comme de recruteurs ! Car en 2028, les ressources humaines ne travailleront sans doute plus sans IA. « Il y a de plus en plus de systèmes d’évaluation qui permettent de déceler les capacités d’une personne, sa motivation et même sa personnalité », assure David Bernard, fondateur d’AssessFirst et psychologue du travail. Pour lui, une première sélection opérée par des algorithmes permettrait aux recruteurs de voir « moins de candidats, mais plus longtemps ». Dans un scénario qui frise le « Black Mirror », les employés d’une entreprise

Le chiffre

DES MÉTIERS DE 2030 n’existent pas encore, selon une étude de l’Institut pour le futur et de Dell, parue en 2017.

seraient également évalués par des algorithmes d’intelligence artificielle après avoir été recrutés. Ces derniers pourraient récupérer des données telles que le temps passé à son poste, le nombre d’e-mails envoyés, le nombre de rendez-vous pris, etc. Les algorithmes permettraient ensuite de faire un rapport de performance à l’employé ou à son manager, ou même d’établir un classement du meilleur au moins bon collaborateur. La technologie permet déjà la réalisation de telles évaluations, mais leurs applications sont-elles souhaitables ? En 2028, ce sera peut-être le « chief ethics officer » qui le dira ! Et si ce dernier fait bien son travail, 2028 pourrait au contraire avoir des airs de « Bright Mirror ». L’intelligence artificielle permettait alors d’augmenter la productivité, en automatisant des tâches répétitives telles que le règlement de factures par exemple. Les plus optimistes perçoivent ainsi dans cette technologie l’opportunité de libérer les travailleurs des tâches ennuyeuses, et de leur permettre de se focaliser sur celles pour lesquelles

ils ont une réelle valeur ajoutée. « L’humain est fait pour être créatif, et la robotisation lui redonne cet espace ! » assure Eric Adrian, general manager de UiPath France, une plate-forme d’automatisation des processus robotisée (RPA). Ce qui fait peu de doutes, c’est que l’intelligence artificielle aura un impact énorme sur les processus industriels. La récolte et l’analyse de données d’une usine par des algorithmes permettra, par exemple, de prévoir l’obsolescence d’une installation et d’anticiper les pannes. L’IA pourrait en outre diminuer les risques pour les travailleurs, dans la construction par exemple : « Les outils de reconnaissance d’image peuvent sécuriser des techniciens sur un chantier en leur permettant d’identifier les dangers qui les entourent… C’est extrêmement précieux ! » décrit Laurence Lafont, directrice du marketing et des opérations chez Microsoft France. Les algorithmes ont également le potentiel de nous aider à prendre des décisions. Un article de la revue « Nature » cite l’exemple du secteur médical, dans

(COMMUNIQUÉ)

Les experts-comptables s’engagent dans la lutte contre la cybercriminalité Face à la recrudescence des cyberattaques, l’Ordre des experts-comptables s’engage dans la lutte contre la cybercriminalité et l’accompagnement des TPE et PME.

Une nouvelle typologie d’infractions, désignée par le mot-valise « cybercriminalité », fait la une des journaux ces dernières années : Twitter, Spotify, Ebay, Amazon, Paypal, Airbnb… Le développement exponentiel de ces fraudes a été rendu possible par l’incontournable digitalisation de notre économie, qui offre une toute nouvelle panoplie d’outils aux escrocs. La révolution numérique (Cloud, mobilité, réseaux sociaux, big data…) bouleverse notre quotidien et notre façon de travailler. Mais en emportant avec lui ses outils de travail et les données de l’entreprise, le salarié redéfinit les contours d’un système d’information qui devient d’autant plus difficile à délimiter et donc à sécuriser. Les grandes entreprises ne sont plus les cibles privilégiées des cyberattaques. La fragilité des TPE et PME, bien moins équipées et protégées que les grandes structures, attire de plus en plus les cybercriminels. Il est légitime de s’interroger sur leur capacité à se protéger alors que les grandes entreprises, disposant d’un contrôle interne renforcé, sont piratées. La question n’est donc plus de savoir s’il y a un risque d’attaque, mais plutôt quelle en sera l’ampleur et la fréquence.

« Quand c’est gratuit, c’est toi le produit ! »

Ce slogan, invite les entreprises à avoir un comportement avisé et responsable. Elles doivent anticiper les risques et sensibiliser les collaborateurs, noyau dur de ce nouvel écosystème, afin de prévenir, détecter et éviter ces menaces.

L’humain au cœur du système de prévention.

L’Ordre des experts-comptables a rédigé « 10 commandements pour se prémunir de la cybercriminalité » et fait ainsi prendre conscience des efforts à fournir en termes de protection de l’information. Le degré de sensibilisation de l’humain est placé au cœur du système de prévention, la négligence humaine demeurant la principale source de risques.

Commandement #1 : La confidentialité du garantiras

Commandement #2 : Un contrat de cyber-assurance tu souscriras

Commandement #3 : Une perte ou un vol tu anticiperas

Commandement #4 : De boucliers tu te muniras

Commandement #5 : Aux cyberattaques tu réagiras

Commandement #6 : Le RGPD tu respecteras

Commandement #7 : Des clés USB (et tous supports physiques externes) tu te méfieras

Commandement #8 : De bonnes pratiques managériales tu adopteras

Commandement #9 : Les usages tu réglementeras

Commandement #10 : Les collaborateurs tu sensibiliseras

L’expert-comptable vous accompagne et vous conseille face aux problématiques de cybercriminalité.

En tant que maillon essentiel du dispositif de sécurité financière, l’expert-comptable, par sa bonne connaissance des procédures et des systèmes, met en évidence les enjeux et les zones de risques. Il joue un rôle de prévention fondamental dans la lutte contre la cybercriminalité.

www.experts-comptables.fr


Jeudi 17 mai 2018

à révolutionner le recrutement

« Un tsunami comparé à la vaguelette d’Internet » Bien sûr, la crainte de voir disparaître des emplois se fait sentir… Dans une étude réalisée avec Manpower Groupe, le BCG rappelle qu’il « n’existe pas de consensus sur le scénario homme-machine du futur ». Autrement dit, difficile pour le moment de savoir quels seront les métiers touchés, et dans quelle proportion. « Ce qui est nouveau, contrairement aux révolutions technologiques précédentes, c’est que des métiers très qualifiés vont être concernés », indique Salima Benhamou, chez France Stratégie. Et tous les secteurs seront touchés. Selon Manuel Zacklad du CNAM, trois logiques pourraient se dessiner : la logique « substitutive » dans laquelle un emploi est totalement automatisé et donc disparaît ; la logique « rationalisante » dans laquelle le travail serait « piloté par des algorithmes » qui indiqueraient à un humain les gestes à accomplir, par exemple à travers un casque de réalité virtuelle ; et enfin la logique « capacitante », dans laquelle l’humain serait aidé et donc augmenté par l’IA. Le fait qu’un emploi soit substitué ou augmenté ne sera pas uniquement déterminé par la technologie. « Si les entreprises sont dans une logique de rationalisation des coûts, il y aura inévitablement des emplois qui disparaîtront. Si l’on est dans une stratégie d’innovation, on verra naître une complémentarité humainmachine », présage Salima Benhamou. « Cette révolution, qui est un tsunami comparé à la vaguelette que représentait l’arrivée d’Internet, forcera les DRH à confirmer le projet social de l’entreprise », considère Sylvain Duranton. n

BYE-BYE CV // Les recruteurs sont de plus en plus férus de technologie. Et ça tombe bien car la HR tech française est bien décidée à dépoussiérer le recrutement. Corinne Dillenseger

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CHANCE Entre robot et coaching humain

Soutenu par le prix Nobel de la paix Muhammad Yunus et Google, Chance veut « mettre le digital au service du social ». Comment ? En aidant les candidats peu qualifiés à accéder au job qui leur correspond le mieux, grâce à un accompagnement gratuit, moitié robotisé, moitié humain. Le processus démarre sur Messenger via un chatbot, se poursuit par des conseils vidéo personnalisés avec un « vrai » coach, avant l’entretien physique avec un recruteur. Lancée en 2015 d’abord au Brésil puis récemment en France par Ludovic de Gromard, Clémence Coghlan et Loïs Warner, cette start-up a déjà convaincu AccorHotels, Franprix, Renault ou encore Casino.

YATEDO L’as du recrutement prédictif

Imaginez une intelligence artificielle capable de déterminer le moment où vous êtes prêt à changer de job rien qu’en étudiant votre présence sur le Web : CV, sites, articles, blogs, réseaux sociaux. Cette prouesse technologique est signée Yatedo, une start-up française créée en 2011 par Saad Zniber et Amyne Berrada, deux anciens étudiants d’Epitech. « Nous avons

indexé plus de 800 millions de profils, cette base colossale permet de nourrir une IA capable de savoir à quel moment il est le plus opportun pour un recruteur de contacter une personne. Cette profondeur d’analyse est inatteignable par l’humain. » Yatedo a investi plus de 6 millions d’euros dans sa R&D grâce à plusieurs levées de fonds et vient de rejoindre l’incubateur AI Factory de Microsoft, installé à Station F.

SAVEN Un test cognitif pour prédire la réussite professionnelle

A l’avenir, à compétences égales, on n’évaluera plus la personnalité d’un candidat, mais ses aptitudes cognitives, c’est-à-dire sa capacité à traiter, comprendre et interpréter son environnement de travail, et à s’y adapter. Cette conviction est celle de Jean Pralong, chercheur et professeur en gestion RH, qui a fondé Saven en 2014. Son algorithme, fruit de dix ans de recherche, compare les résultats du candidat testé à ceux d’un candidat idéalement performant défini à partir d’un échantillon de 180.000 personnes représentatives de la population active. « Ce test de présélection fait gagner du temps au recruteur et permet de lui faire rencontrer des candidats écartés par d’autres types de test », indique Alyssia Lombard, directrice générale de Saven.

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répond par une solution personnalisée fondée sur l’intelligence artificielle. Son algorithme coache l’évolution de carrière des salariés en leur proposant postes et mentors internes, formations, projets d’intrapreneuriat… Côté DRH, la plate-forme recommande des profils de candidats internes (ou externes) auxquels elle n’aurait pas pensé tout en supprimant les favoritismes et les stéréotypes. « Avec l’IA, on peut s’adresser à 100 % des 200.000 collaborateurs d’une entreprise avec le même niveau de personnalisation que si un DRH accompagnait 50 personnes », indique sa fondatrice, Bénédicte de Raphélis Soissan. Cette jeune diplômée en mathématiques a créé sa start-up en 2014 et levé plus de 11 millions d’euros.

HOUSE OF CADRES Vive le travail flexible !

Chez House of Cadres, on croit au boom des nouvelles formes d’emploi. Caroline de La Tournelle, Caroline de Tinguy et Judy Raffray en ont fait leur cheval de bataille après avoir expérimenté des jobs flexibles à l’étranger. « Les nouvelles générations aspirent à davantage d’autonomie dans leur travail, à mieux concilier leur vie pro et perso. Leur offrir un top sharing, un 4/5e, des horaires souples ou du travail à distance est une vraie réponse à leurs envies et, pour l’entreprise, un moyen de se démarquer de manière à attirer et fidéliser les talents », assure Caroline de Tinguy. Leur plate-forme, lancée en 2016, propose à ce jour une centaine d’offres d’emplois flexibles et 900 CV de cadres adeptes de ces nouvelles façons de travailler. n

NOUVEAUX MÉTIERS : CINQ FICHES DE POSTE DU FUTUR Lucas Mediavilla

Dans une étude de mars 2017, l’Institut pour le futur (think tank californien) et Dell affirment que 85 % des métiers de 2030 n’existent pas encore. Voici à quoi pourraient ressembler, d’ici à dix ans, les fiches de poste de certains d’entre eux. GESTIONNAIRE DE FLOTTE DE CAMIONS AUTONOMES Vous supervisez le plan global de circulation de notre flotte de 2.000 camions autonomes sur le territoire français. Votre expertise et votre capacité à travailler avec les algorithmes vous permettent de reprendre la main sur l’aiguillage de la flotte de notre entreprise si le besoin se manifeste (trafic en zone urbaine dense, conditions météo difficiles, accidents…). Vous recueillez et traitez les données de circulation pour optimiser les temps de trajet de nos véhicules, ainsi que leur maintenance énergétique. CHEF DE PROJET CHATBOT En tant que chef de projet pour la construction de notre agent conversationnel, votre rôle est d’automatiser la relation avec nos clients et d’orienter ces derniers sur notre plate-forme e-commerce. En partenariat avec l’équipe technique (data scientists, ingénieurs linguistes…), vous modélisez le parcours de l’utilisateur sous forme de dialogue. Créatif, vous savez vous mettre dans la peau de nos clients pour imaginer tous les scénarios possibles (écriture de réponse, gestion de la mise en échec du chatbot par l’utilisateur…). Vous savez donner une personnalité marquée à votre agent de dialogue pour créer de l’empathie envers le client. Des connaissances en ingénierie linguistique sont un plus.

PHILOSOPHE D’ENTREPRISE Au sein de notre cabinet de consultants, vous intervenez auprès d’entreprises clientes qui cherchent à (re)donner du sens à leurs métiers et sont animées par leur responsabilité sociétale. Votre solide formation en philosophie, couplée à votre connaissance approfondie du monde de l’entreprise, vous permettent de stimuler la créativité des collaborateurs ainsi que l’esprit d’équipe. Votre rigueur dans la définition des grandes notions (différence entre morale et éthique ; égalité et équité ; innovation et créativité) vous permet d’aider les dirigeants à mieux penser le changement.

Comment la blockchain va transformer le travail GAME CHANGER // La technologie blockchain se déploie dans de plus en plus de secteurs et le travail devrait, lui aussi, être impacté par ses « tokens » et ses « smart contracts »… Au point, peut-être, de bouleverser la gouvernance des entreprises ! Deborah Loye

D

éveloppée pour le bitcoin, la blockchain permet d’assurer des transactions sécurisées et transparentes de manière décentralisée. A première vue, difficile de faire le lien avec le monde du travail ! Et pourtant, plusieurs applications de cette technologie encore en développement pourraient faire évoluer le recrutement ainsi que l’organisation des entreprises. Le recrutement devrait être le premier aspect de la vie professionnelle à être transformé par la blockchain. Grâce à sa capacité à graver des informations dans le marbre (de ses blocs) tout en les rendant consultables, la technologie est d’ores et déjà utilisée pour stocker les diplômes. En France, la start-up BCDiploma est en train de développer cette technologie avec plusieurs écoles, dont l’IAE de Nantes. Le principe est simple : lorsqu’un étudiant décroche son diplôme, celui-ci est inscrit dans la blockchain. L’étudiant dispose ensuite d’un lien qu’il transmet aux recruteurs. « Tout au long de sa vie, l’accès à ce document est assuré, et les recruteurs n’ont pas à vérifier son authenticité », explique Luc Jarry-Lacombe, fondateur de BCDiploma. Aux Etats-Unis, le MIT a déjà émis ses premiers diplômes dans une blockchain. Mais la technologie ne devrait pas s’arrêter là. En plus des diplômes, la blockchain pourrait permettre de consigner compétences et performances. On peut imaginer que chacun disposerait d’un dossier numérique dans lequel seraient

inscrits tous ses accomplissements professionnels. « Les individus pourraient ainsi faire valoir leurs formations, leurs compétences et leurs performances à leur juste valeur sur le marché du travail », est-il indiqué dans un rapport publié par PwC. « C’est simplement un monde dans lequel tout ce que l’on trouve aujourd’hui sur LinkedIn sera authentifié », abonde Lionel Aré, directeur associé senior au BCG Paris. Le suivi de carrière serait ainsi plus aisé pour les DRH, qui pourraient même utiliser des systèmes de matching basés sur l’IA, permettant de placer les candidats sur les postes pour lesquels ils sont les plus pertinents, et donc les plus épanouis et efficaces.

Token économie Si le déploiement de ces outils semble imminent, d’ici à 2028 la blockchain pourrait avoir accompagné des changements plus structurels du monde du travail. Pour Clément Jeanneau, cofondateur du cabinet de conseil Blockchain Partner, le bouleversement le plus important viendra de la « token économie ». Les tokens sont des actifs numériques permettant d’accéder à un service (un peu comme des Miles pour le transport aérien). Ces tokens prennent (ou pas) de la valeur en même temps que le service délivré par l’entreprise, à la manière des actions d’une entreprise dont le cours fluctue. Et, ils peuvent être vendus en échange de cryptomonnaies à n’importe quel moment. Ainsi, « les employés pourraient être rémunérés en partie en tokens, projette Clément Jeanneau. Ils seraient ainsi réunis autour d’un objectif

EY Experience Lab, 600 m2 au siège du cabinet à la Défense, dédié aux développements de l’IA et de la blockchain.

commun, qui est la hausse de la valeur du token, corrélée à la hausse de la valeur du service ». Une manière, peu coûteuse pour les entreprises, d’accroître l’engagement de leurs employés et d’en faire les meilleurs ambassadeurs. La start-up Tribute travaille en ce moment au déploiement d’une technologie permettant aux entreprises d’attribuer des tokens. Dans le projet de Philippe Honigman, son fondateur, les tokens ne seront cependant pas échangeables directement sur un « marché » blockchain. « Une entreprise pourra décider, par exemple, d’allouer 10 % de son chiffre d’affaires à un fonds de réserve. Ce fonds permettrait de rendre les tokens liquides à tout moment. » Ils ne représenteraient donc pas des actifs financiers, mais un moyen de mieux répartir la création de valeur au sein

de l’entreprise. Dans ce scénario, l’entreprise – vraisemblablement une start-up – définirait les termes de répartition de la valeur créée dès le début de son activité. La blockchain permettrait ensuite d’assurer leur exécution automatique à travers des smart contracts, des fonctions actuellement développées sur la blockchain Ethereum, qui permettent d’automatiser une action si certaines conditions sont remplies. « L’idée est de dire : on va faire grandir notre projet tous ensemble, la valeur créée sera le résultat de tout un écosystème, donc on n’ignore aucune contribution », imagine l’entrepreneur. Les tokens pourraient en outre être distribués à des free-lances ou même à des utilisateurs testeurs du service. Certains envisagent même qu’avec ses smart contracts et ses tokens, la chaîne de blocs bouleversera la gouvernance des entreprises. « Elle pourrait permettre de se passer des managers ! » imagine Louis Margot-Duclot, cofondateur de la startup 97, qui développe des outils de gouvernance sur la blockchain Ethereum, à destination d’organisations publiques. Selon lui, les managers pourraient être assistés, voire remplacés par des smart contracts. Une fois une mission accomplie, le collaborateur serait ainsi automatiquement rémunéré. « Aujourd’hui, c’est généralement le temps que l’on passe à travailler qui est reconnu. Avec la blockchain, ce seraient des unités de travail – par exemple des missions – fragmentées qui feraient office de “preuve de travail”. Ce modèle serait particulièrement pertinent pour des secteurs dans lesquels les gens sont autonomes, comme les développeurs par exemple », projette Lionel Aré. n

SUR POLE-EMPLOI.FR, IL N’Y A PAS DE DRONE MAIS ON PEUT SUIVRE SES CANDIDATURES DEPUIS SON ESPACE PERSONNEL.

IMPRÉSARIO DE FREE-LANCES Votre rôle consiste à construire et animer un réseau international de collaborateurs free-lance, spécialistes dans l’entraînement d’intelligences artificielles. Vous avez développé un portefeuille de free-lances très qualifiés et motivés, permettant de répondre à nos missions les plus exigeantes. Votre sensibilité RH et la parfaite connaissance de votre portefeuille de travailleurs à la tâche nous assurent un accès rapide aux profils les plus pointus. CONCEPTEUR D’ORGANE MÉDICAL Auprès d’un centre hospitalier, vous êtes expert dans le traitement des cellulessouches et de la bio-impression 3D de tissus biologiques. Votre savoir-faire en biomatériaux permet la construction d’organes bio-artificiels (foie, rein, poumon, cœur) pouvant être greffés avec succès chez les patients. Vous êtes également responsable du suivi post-greffe aux côtés de l’unité de surveillance postopératoire.

Plus de 500 000 offres d’emploi en temps réel

La possibilité de piloter sa recherche depuis son espace personnel

Le cabinet BCG ainsi que la structure Cap Digital et son programme « EdFab : les nouveaux métiers » ont collaboré à l’élaboration de cette liste.

 ’autres métiers du futur sont à découvrir sur le site des « Echos START » : D start.lesechos.fr/metiersdufutur

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Des infos et des conseils précis sur les métiers et les régions

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PÔLE EMPLOI-DSORE – © SHUTTERSTOCK / KSANDER

START-UP prêtes

lequel une étude a montré qu’un ordinateur « pouvait diagnostiquer un cancer de la peau avec le même niveau de pertinence qu’un dermatologue qualifié, simplement en visionnant 129.000 images de peau ». Sans le remplacer, l’IA pourrait alors épauler le médecin, qui verrait du temps se libérer pour mieux accompagner ses patients.

LESECHOSSTART.FR // 5

Jeudi 17 mai 2018

Christophe Rabinovici

4 // LESECHOSSTART.FR


6 //2LESECHOSSTART.FR // ÉTAT DES LIEUX

Jeudi 17 mai 2018

L’innovation en entreprise vue par les salariés français

6

FEMMES

HOMMES

13 %

18 %

LES ENTREPRISES PUBLIQUES, PME ET ASSOCIATIONS À LA TRAÎNE AVEZ-VOUS L’IMPRESSION DE TRAVAILLER DANS UNE ENTREPRISE INNOVANTE ? EN POURCENTAGE DE RÉPONSES AFFIRMATIVES CHEZ LES SALARIÉS

TOUT À FAIT

(3.000 répondants interrogés entre janvier et mars 2018).

92 %

43 %

38 %

de l’innovation réalisée, par l’agence Epoka, en partenariat avec « Les Echos START »

Dans les start-up

PLUTÔT

OUI

Retrouvez l’analyse des résultats : start.lesechos.fr/innovation2018

1

25 %

22 % PLUTÔT

NON

DANS VOS RECHERCHES D’EMPLOI, LE CRITÈRE «ENTREPRISE INNOVANTE» EST-IL...

8% PAS DU TOUT

Plutôt important

41 %

47 % Energie

16 %

Publicité, médias et communication

Très important

74 %

77 %

Dans les groupes français internationalisés

Dans les TPE (moins de 10 salariés)

4%

NON,

58 % 33 %

7

AVEZ-VOUS L’IMPRESSION DE TRAVAILLER DANS UNE ENTREPRISE INNOVANTE ?

OUI,

EXCLUSIF // 10 graphiques pour découvrir les résultats d’une grande enquête sur la perception

POUR LES FRANÇAIS, L’INNOVATION, ÇA COMPTE !

LESECHOSSTART.FR ÉTAT DES LIEUX // 72

Jeudi 17 mai 2018

13 %

8

PAS DANS LA VIE ACTIVE

38 %

SELON VOUS, FAUT-IL ORGANISER L’INNOVATION ?

Industrie

55 %

du tout 1 % Pas important

2

54 % 46 %

Une évolution progressive et lissée dans le temps : l’amélioration continue

3

5%

PAR SECTEUR ET PAR POURCENTAGE DE RÉPONDANTS L’AYANT CITÉ SPONTANÉMENT

Hôtellerie restauration, tourisme

Création d’un « shadow comex » avec des jeunes

28 %

Agroalimentaire

62 %

Dans les entreprises publiques

Dans les grandes entreprises françaises opérant plutôt en France

56 %

NON Il faut laisser chacun être libre de faire des propositions innovantes

25 DE S N

Dans les PME (entre 10 et 249 salariés)

Banque, services financiers

66

9

34 %

50 %

66 %

50 %

25 A

10

Transports, logistique

22 %

ANS PLUS DE

56 %

Dans les associations, ONG, etc.

25 %

Distribution

57 %

4

13 %

66

QUAND ON VOUS DIT «INNOVATION EN ENTREPRISE» À QUOI PENSEZ-VOUS SPONTANÉMENT ?

DANS QUELS DOMAINES LES ENTREPRISES FRANÇAISES SONT-ELLES LES PLUS INNOVANTES ?

EN %

EN %

51 35

5

Plutôt moins innovante

30

Nettement plus innovante

PAR RAPPORT AUX AUTRES GRANDES PUISSANCES (ÉTATS-UNIS, JAPON, CHINE), LA FRANCE EST... Franchement moins innovante

7% 5%

34 %

26 22

Ni plus, ni moins innovante

73

INNOVATION produit/service

75

65

ENSEMBLE

68

Nettement

2 % plus innovante

28 %

54 %

Plutôt plus innovante

27 % Plutôt plus

Plutôt moins innovante

innovante

38 %

14

INNOVATION produit/service

PLUS DE 25 ANS

5%

30 29

MOINS DE 25 ANS

LA FRANCE BIEN PLACÉE DANS LA COMPÉTITION MONDIALE

PAR RAPPORT AUX AUTRES PAYS EUROPÉENS, LA FRANCE EST...

33

Développement de l'intelligence artificielle Soutien aux collaborateurs qui veulent créer leur start-up

35 %

Editeurs de logiciels, SSII et ESN

18 % Luxe

58

EN %

OUI Il faut attribuer un rôle précis à chacun

QUELS SONT LES SECTEURS D’ACTIVITÉ LES PLUS INNOVANTS SELON VOUS ?

20 %

Développement de la parité et de la diversité Concours inter-entreprises (hackathons, par ex.)

Dans les groupes étrangers

Audit

13 %

BTP, immobilier

Mise en place de concours internes d’innovation Formation des collaborateurs au design thinking

Dans les ETI (entre 25 et 4.999 salariés)

Santé et pharmacie

10 %

Conseil

Collaboration avec des start-up Création d’un incubateur

37 %

3%

Assurances

Culture d’entreprise qui autorise le droit à l’échec Direction qui montre l’exemple

Intérim, recrutement, services RH

Secteur public et associatif

QU’EST-CE QUI REND UNE ENTREPRISE INNOVANTE ?

EN %, PLUSIEURS RÉPONSES POSSIBLES Investissement fort en R&D

3%

5%

POUR VOUS, L’INNOVATION, C’EST PLUTÔT... Des idées radicalement nouvelles qui créent une rupture : la disruption

69 %

NS

DISRUPTION OU AMÉLIORIATION CONTINUE ?

65 %

Télécoms et réseaux

MO I

8 % Plutôt pas important

Ni plus, ni moins innovante

INNOVATION marketing

31

INNOVATION managériale

16

INNOVATION marketing

6 19

INNOVATION managériale

12 23

10 22


ÉCIAL

Jeudi 17 mai 2018

LESECHOSSTART.FR // 9

Jeudi 17 mai 2018

PIONNIERS

É

DU

IO

N

SP

8 // LESECHOSSTART.FR

C AT

Tour du monde des univer sités les plus innovantes IMMERSION // Globale, inclusive, concrète, éthique, digitale, réflexive… L’université de demain, c’est tout ça à la fois.

CHINE A Xing Wei, les étudiants ont pris le pouvoir

SUÈDE Hyper Island, l’école de la créativité

O

et multigénérationnel puisque si l’âge moyen est de 26 ans, les étudiants ont entre 21 et 45, voire 50 ans. Côté pédagogie, l’approche est celle du « learning by doing » (apprendre en faisant) avec un net accent mis sur les méthodes de travail en équipe et les techniques de créativité. « Nous voulons former des étudiants aptes à travailler dans une industrie en mouvement, c’est-à-dire capables de comprendre les tendances et de rechercher collectivement des solutions nouvelles », détaille Karin Engman. Qu’il s’agisse de start-up, d’ONG ou de grands groupes, « on travaille sur de vrais cas client, mais dans un environnement protégé », apprécie Adrien Pons, 28 ans, titulaire d’un master de design en France, qui a intégré Hyper Island après avoir travaillé pendant plusieurs années. Actuellement en stage de fin d’études, il ne regrette pas son investissement (15.000 euros annuels en moyenne, auxquels s’ajoute le coût élevé de la vie à Stockholm) : « J’ai étendu mes connaissances, mais surtout appris à me connaître moi-même et à interagir avec les autres. »

n croirait presque s’être trompé de numéro lorsque l’on téléphone à Xing Wei, un établissement d’enseignement supérieur situé à Shanghai. Au bout du fil, ce n’est pas un administrateur, mais un étudiant qui décroche. Une mauvaise blague ? Non. Sur le campus situé à 20 minutes de l’aéroport de Pudong, les quelque 70 élèves de cette université pas comme les autres sont également les dirigeants de l’établissement. Fondé en 2011 par Weiming Chen, un riche

ÉTATS-UNIS Minerva Project, l’université californienne en ligne et itinérante

ISRAËL L’université Ben-Gourion met ses cours au format hackathon

O

rganiser des hackathons – ces compétitions issues du milieu des codeurs – pour permettre à des étudiants de toutes disciplines de mieux assimiler les enseignements théoriques. Telle est l’ambition de l’université Ben-Gourion (BGU), située aux portes du Néguev, au sud d’Israël, et l’une des facultés les plus en pointe au monde dans l’informatique et la cybersécurité. Depuis dix-huit mois, l’université israélienne a en effet intégré la formule du hackathon au cursus académique de trois départements : sciences de l’informatique, médecine et management industriel. Une expérience avant-gardiste sur le plan international. C’est le professeur de sciences de l’informatique, Shlomi Dolev, considéré comme un gourou de la high-tech israélienne, qui est à l’origine de l’initiative. Partant du constat que les étudiants sont de plus en plus happés dans les amphis par leur smartphone, et qu’ils préfèrent parfois les cours en ligne aux cours magistraux, ce chercheur a proposé de transformer le hackathon en carotte pédagogique. « A BGU, nous avons été

les premiers l’an dernier à tester la formule au sein du cours Structure de données. Ce défi en équipe, consistant à résoudre un problème en un temps limité, a attiré la grande majorité des 200 étudiants inscrits », pointe Ofir Ezrielev, un étudiant en maîtrise de sciences de l’informatique, avec un enthousiasme non dissimulé. En seconde année de licence de sciences de l’informatique, Tal Hadad estime pour sa part avoir mieux intégré ses cours sur les algorithmes ou la technologie blockchain grâce à cette expérience stimulante de la compétition. « D’autant que le mini-hackathon

Le chiffre

a été organisé au milieu du semestre, précise-t-il, avant que l’on ne soit épuisé par le sprint des examens. » De là à noter les étudiants en fonction du classement de leur équipe lors du hackathon, il y a un pas que les initiateurs de la formule ne veulent guère franchir. « L’idée n’est pas de remplacer l’enseignement traditionnel, mais de le compléter, confie Shlomi Dolev. Mais l’on a bel et bien observé que les étudiants ayant pris part à des cours intégrant un mini-hackathon ont obtenu de meilleures notes à leurs examens finaux, que ceux des années précédentes. » CQFD.

C’EST LE NOMBRE de candidatures reçues en 2017 par Minerva Project (pour 980 places).

BGU

Nathalie Hamou (à Tel Aviv)

BELGIQUE A Louvain-la-Neuve, on imagine la fac du futur Hélène Bielak

A

quoi ressemblera l’université en 2035 ? Comment apprendront les étudiants ? Voilà le genre de question sur lesquelles on cogite au Learning Lab de l’Université Catholique À SAVOIR de Louvain-la-Neuve, en Belgique. Créée Le Learning Lab il y a vingt-trois ans, cette école pour les est un lieu unique dédié à l’innovation professeurs de l’université est une référence au niveau européen. Depuis 2015, elle pédagogique organise des Hack’Apprendre, pendant lancé en 2015 par l’université lesquels elle convie élèves et professeurs catholique à imaginer l’université du futur. de Louvain-la-Neuve Cette année, le profil de l’étudiant en 2035 en Belgique. était au centre des débats. Qui sera-t-il ? Quelles seront ses attentes ? Comment voudra-t-il apprendre ? « On a aussi débattu

de la place du numérique dans l’enseignement. C’était très intéressant de questionner ce point, car à mon sens, il n’est pas souhaitable de travailler uniquement sur des écrans, sans profs », réagit David Abeels, étudiant qui a participé à l’événement. Le résultat de cette émulation collective doit être publié sous forme de cahier interactif sur le site de l’université. En dehors de ces hackathons, le Learning Lab accompagne toute l’année les professeurs de l’université pour les aider à innover dans leurs cours. Par exemple, réaliser des capsules vidéo ou mettre en place un système de classe inversée. Un mode de fonctionnement où les étudiants découvrent la partie théorique du cours à la maison et l’appliquent ensuite en groupe, accompagnés par leur enseignant,

à travers des exercices ou des projets. Parmi les 800 professeurs et 2.500 assistants de l’université, un enseignant sur cinq suit une formation tous les cinq ans. Par ailleurs, l’université dispose d’un fonds de 500.000 euros annuels pour le développement pédagogique. « Tout enseignant qui veut une promotion doit rédiger un dossier de valorisation pédagogique. A partir des retours des étudiants, il doit analyser sa pratique et pousser le côté réflexif : comment peut-il progresser ? » explique Benoît Raucent, directeur du Learning Lab. Ce dernier reçoit chaque année 80 demandes de promotion. « C’est un score non négligeable, car ce n’est pas dans la tradition des enseignants de publier dans le champ de la pédagogie, à côté de leur domaine de recherche », souligne-t-il.

Anaïs Moutot (à San Francisco)

M

inerva Project, une université californienne qui a ouvert ses portes en 2014, propose à ses étudiants de vivre leurs études dans sept villes différentes sur trois continents, en suivant leurs cours en petit groupe via Internet. Pour Ben Nelson, son fondateur et PDG, les établissements traditionnels consacrent trop de temps à la mémorisation des connaissances au détriment de l’apprentissage de compétences essentielles à la vie professionnelle – la pensée critique, la créativité, la communication et le travail en équipe. Cet ancien PDG du service d’impression de photographies en ligne Snapfish voit les cours magistraux comme obsolètes à l’heure où une grande partie du savoir est accessible en ligne. Les 980 élèves de Minerva Project doivent donc préparer leurs cours en amont, pour que les classes soient consacrées à la discussion et au travail collaboratif. Là où l’université innove véritablement, c’est que les classes ont lieu en ligne, à travers une plate-forme conçue par Stephen Kosslyn, ancien doyen de l’université Harvard et professeur de psychologie cognitive. Des groupes d’une quinzaine d’étudiants dialoguent en vidéo avec un professeur, qui anime à distance la classe avec des questionnaires, des débats et l’organisation de présentations. Les étudiants peuvent se réunir dans une salle de leur résidence pour suivre le cours ou bien rester dans leur chambre. Un apprentissage virtuel qui permet de réduire les coûts et de découper le cursus en tranche de six mois dans sept villes (Berlin, Londres, Buenos Aires, Taipei…) afin d’appliquer les compétences acquises dans différents contextes culturels. Le cursus coûte tout de même 25.000 dollars par an, logement inclus, mais sans les voyages. L’université, qui accueille plus d’étudiants internationaux que d’Américains, se targue d’obtenir de meilleurs résultats que les prestigieuses universités de l’Ivy League au test CLA+ évaluant la pensée critique et la capacité à résoudre des problèmes. Mais il reste difficile de connaître la valeur réelle du diplôme car sa première promotion n’est pas encore sur le marché du travail. Ses méthodes pédagogiques attirent en tout cas de plus en plus d’étudiants : en 2017, elle a reçu 20.427 candidatures, une augmentation de 27 % en un an.

homme d’affaires formé à Harvard, Xing Wei s’inspire des Liberal Arts Colleges américains où l’objectif est de développer un savoir-faire multiple et une capacité de raisonnement critique face à des sujets extrêmement variés. Une gageure en Chine où la sélection par le « gaokao » (le bac local), qui permet l’accès aux universités les plus prestigieuses, repose toujours sur l’apprentissage mécanique des manuels scolaires. Mais le collège de Shanghai pousse l’initiative encore plus loin en plaçant les étudiants au cœur même des décisions

GHANA Ashesi University College, former des dirigeants éthiques

régissant leurs quatre années de scolarité. Ce sont eux, par exemple, qui recrutent les professeurs, négocient les contrats, signent les chèques ou encore choisissent les matières à travers huit comités de gestion (admission, ressources humaines, finance, programmes scolaires, logistique…). S’ils sont cinq à partager un intérêt pour une matière, ils peuvent proposer et créer un nouveau cours. « Chaque comité est composé de 12 étudiants et se réunit toutes les semaines, explique Guo Shaobin, 21 ans. Dans chacun de ces comités, nous avons un coach qui est là pour répondre

à nos questions et nous guider pour que nous soyons en mesure de prendre les meilleures décisions. » Mais au final, seuls les étudiants sont décisionnaires et ont le droit de vote. « Au lycée, le professeur te dit de faire et tu obéis. Ici, c’est moi qui décide et je donne le meilleur », poursuit Guo Shaobin, reconnaissant qu’il n’était pas un bon élève jusque-là. Au sein du comité des admissions, l’un des rôles de Guo Shaobin est de trouver de futurs étudiants. A 150.000 yuans par an (près de 20.000 euros), les frais de scolarité sont particulièrement élevés pour la Chine. Le prix de la liberté, veut croire l’étudiant.

Internet of Things

Hélène Bielak

S

ur un continent miné par la corruption, l’université Ashesi, au Ghana, fait figure d’ovni. Installée au nord d’Accra, la capitale du pays, elle a ouvert ses portes en 2002 avec une ambition : former des dirigeants éthiques et des résolveurs de problèmes. Elle a été fondée par Patrick Awuah, un natif du pays resté une quinzaine d’années aux Etats-Unis, d’abord pour ses études, puis pour son job de program manager chez Microsoft. A la fin des années 1990, il revient au pays avec une idée en tête : le faire avancer. Comment ? En incitant les nouvelles générations à prendre leur destin en main, de manière intègre. A côté de leur cursus, les étudiants ont des cours de leadership, d’éthique et d’entrepreneuriat. « Chaque année, des anciens reviennent et animent un cours de À SAVOIR dilemmes éthiques, confie Patrick Awuah. Ils Le Ghanéen Patrick partent d’un cas qui leur est arrivé pour poser Awuah, fondateur la question aux étudiants : Et vous, qu’auriezde Ashehi University vous fait à ma place ? » Par ailleurs, les élèves College, a reçu doivent s’engager dans une association au fin 2017 le prix Wise service d’une communauté pendant leurs pour l’éducation, études. Enfin, le code d’honneur de considéré comme l’université, établi par et pour les étudiants, le « Nobel de les incite à avoir un comportement éthique l’enseignement ». avec leurs camarades sur le campus. La mixité sociale est aussi au cœur de la démarche d’Ashesi : sur les 900 étudiants, la moitié sont des femmes, 25 pays sont représentés et 50 % sont boursiers, ne payant qu’une partie, voire aucuns des frais d’enseignement. « On a des étudiants qui viennent de villages ruraux, de bidonvilles, de familles de classe moyenne ou très aisée. Je suppose que vous pouvez appeler cela une élite intellectuelle, mais pas une élite économique », remarque Patrick Awuah. A l’automne dernier, le Ghanéen a reçu le prix Wise pour l’éducation, considéré comme le prix Nobel de l’enseignement, avec une bourse de 500.000 dollars. « C’était un prix personnel mais j’ai décidé de tout reverser à l’université, précise-t-il. Cela financera toutes les bourses pour les étudiants qui en auront besoin. »

IA & Text Mining Piloter l’innovation Réussir sa mise en conformité RGPD

Digital et Innovation Des thématiques au coeur des formations continues de l’Ecole polytechnique Data Science

Cybersécurité Scale Up ! Deep Learning

Innovation & Business

Entrepreneuriat par l’innovation technologique Ashesi University College

U

ne « creative business school » : voilà comment se définit Hyper Island. Cette école suédoise atypique, fondée il y a vingt-trois ans, s’apparente aux écoles du Web qui se développent depuis peu en France. Avec ceci de particulier que l’établissement ne compte aucun enseignant à proprement parler : « Nous avons des responsables pour chaque programme (design lead, digital media creative, content developer…), mais nous faisons surtout appel à des professionnels de l’industrie, explique la directrice, Karin Engman. Experts dans leur domaine, ils viennent donner des conférences et encadrent les projets des étudiants. » D’une durée d’un ou deux ans selon les programmes, la scolarité s’organise autour de ces projets réalisés par groupe de six à huit étudiants, dont la diversité est à l’image du recrutement de l’école : international même si la majorité reste suédoise, mixte (autant d’hommes que de femmes),

Frédéric Schaeffer (à Pékin)

er Island Simon Hastegård / Hyp

Sophie Blitman (à Stockholm)

La preuve avec ces six établissements d’un nouveau genre.

informations et inscriptions exed.polytechnique.edu


10 // LESECHOSSTART.FR

Jeudi 17 mai 2018

En 2028, devrons-nous tous

80 entrepreneurs EDHEC intègrent chaque année STATION F à Paris pour accélérer leur start up.

savoir coder ?

Coding Days

POINTS DE VUE // D’un côté, les fervents

défenseurs du code, de l’autre, ceux qui prévoient une automatisation de la programmation. Le débat est ouvert.

« Le futur du code, c’est pas de code du tout » Les initiatives en faveur de l’apprentissage du code ne font cependant pas l’unanimité. « Les plans de formation massifs de développeurs informatiques conduiront à beaucoup de désillusions », met en garde Laurent Alexandre, auteur de la « Guerre des intelligences ». D’après lui, « le code informatique bas de gamme sera entièrement automatisé » au cours des prochaines années. Une position qui rappelle celle de Chris Wanstrath, le cofondateur de GitHub, une plate-forme lancée il y a dix ans, qui revendique une communauté de 27 millions de développeurs. « Le futur du code, c’est pas de code du tout », a-t-il lâché lors d’une keynote fin 2017 à San Francisco. Pour ce courant de pensée, les intelligences artificielles écriront elles-mêmes des programmes, donc plus besoin d’apprendre le code. Des plates-formes permettant de « programmer » sans savoir coder commencent même à apparaître, à l’instar de Bubble, lancée en 2012 à New York par le Français Emmanuel Straschnov. « Plutôt que de tous apprendre à coder, nous pensons qu’il faut réinventer la façon dont on programme », défend le jeune entrepreneur. Les jeunes développeurs doivent-ils s’inquiéter et déjà songer à se reconvertir ? « Nous n’en sommes pas encore là », réfute Alexandre Zana, le cofondateur de Coding Days, une start-up qui propose des bootcamps pour apprendre les bases du développement Web. « Les robots ne sont même pas encore capables de résumer un texte. » Certes, il y a de belles avancées, « mais nous devons éviter de surestimer les changements liés à l’IA », poursuit-il. Même constat pour Frédéric Bardeau, fondateur de l’école d’informatique solidaire Simplon.co : « Cette technologie

La vérité est probablement à mi-chemin entre le camp du « code pour tous » et celui du « code pour personne ». « Vous n’avez pas besoin de tout savoir sur Java, HTML et PHP. Mais il est indispensable de savoir ce qu’est une base de données et de comprendre comment fonctionne la pensée informatique », plaide Frédéric Bardeau. Se forger une culture numérique solide, voilà le principal enjeu. « Nous savons tous compter, mais nous ne sommes pas pour autant tous mathématiciens », ironise Alexandre Zana.

De plus en plus de postes nécessitent de maîtriser des compétences à la fois techniques et métier. « Un bon chef de projet doit d’ores et déjà connaître les grandes étapes du développement afin d’anticiper les coûts

Le chiffre

C’EST LE NOMBRE de jobs tech non pourvus en 2020, anticipe le Conseil d’orientation pour l’emploi.

et de mener à bien ses missions », assure-t-il. Dans ses cours, il croise encore beaucoup de managers qui entendent parler d’API ou de blockchain sans en saisir les implications concrètes. « L’idée n’est pas d’en faire des développeurs, insiste le cofondateur de Coding Days. Nous leur donnons des outils qui vont les aider à prendre les bonnes décisions et à identifier les bons profils pour atteindre leurs objectifs. » Dernier argument pour convaincre les plus réfractaires : l’apprentissage de cette discipline permettrait de développer des softs skills, atouts pour les recruteurs. « Apprendre les bases du code, c’est savoir chercher, se tromper, fait valoir Frédéric Bardeau. Bref, apprendre à apprendre et, donc, bien gérer le changement. » n * Etude Kantar TNS pour Orange, septembre 2017 (échantillon national représentatif de 1.011 individus).

« L’université de demain sera imaginée par les étudiants » INTERVIEW // François Taddei est chercheur et directeur du Centre de recherches interdisciplinaires (CRI) qui promeut l’innovation pédagogique. Pour « Les Echos START », il imagine ce que pourrait être l’université de 2028. questions-réponses. Cela leur demande plus de travail, mais ils apprennent vraiment. Parce que finalement, voici la question que l’on doit se poser : que vaut un diplôme ? Est-ce que c’est un bout de papier ou la preuve que l’on a vraiment fait et appris des choses ?

Propos recueillis par Déborah Loye

À SAVOIR François Taddei est l’auteur du rapport « Vers une société apprenante », remis à trois ministres en avril 2018, dans lequel il imagine une société plus engagée dans les apprentissages.

▪ A quoi pourrait ressembler un cours en amphi à l’université dans dix ans ? Tout d’abord, je ne sais pas s’il y aura encore des amphis ! Le taux de présence des étudiants y est de plus en plus faible… et pourtant, ils réussissent leurs examens. Les lieux où l’on apprend sont divers et variés : en entreprise, en discutant avec ses amis, en cours… Il serait intéressant de prendre tous ces lieux en considération. Les conférences inversées ont également beaucoup de potentiel : au lieu de parler devant des étudiants durant deux heures pour 15 minutes de questions, on leur demande de préparer leurs questions pour les intervenants, et on fait deux heures de

▪ Les étudiants joueront donc un rôle plus actif dans l’enseignement du futur ? Certainement. On peut même imaginer avoir des « diplômes blancs » dont le parcours pédagogique serait en grande partie créé par les étudiants. Ils réfléchiraient aux compétences dont ils ont besoin pour atteindre leurs objectifs, et s’y formeraient. ▪ Les étudiants ne risqueraient-ils pas de s’y perdre ? Ce modèle ne fonctionnerait pas pour tout le monde, mais des étapes intermédiaires sont possibles, comme laisser des UE blanches que les étudiants pourraient remplir en fonction de leurs envies ou de leurs besoins. Steve Jobs disait que le cours qui lui avait été le plus utile était un cours de calligraphie… Accorder ce niveau de liberté est important. Ensuite, il faut instaurer un cadre, de sorte qu’il y ait une évolution dans le niveau demandé au cours des années. Un diplôme de trois ans ne doit pas être l’équivalent des trois premières années ! ▪ Quel serait alors le rôle des profs ? Ils pourraient devenir des mentors. Ils ne feraient pas que transmettre du savoir, mais s’assureraient que les étudiants l’acquièrent. Peu importe que ce soit dans un cours, à travers un serious game, un MOOC, en entreprise, en France, à l’étranger… Un bon mentor accompagnerait les étudiants dans

leurs projets individuels et collectifs. Il serait à l’écoute de leurs besoins et les orienterait pour qu’ils parviennent à leurs fins. ▪ Cela changerait drastiquement les processus de sélection et d’évaluation actuels… Oui. Nous sommes à l’heure où les machines apprennent, où elles savent mémoriser et calculer beaucoup mieux que nous. Donc, à quoi bon continuer à évaluer les étudiants sur ces critères ? L’enseignement supérieur doit permettre de développer des compétences complémentaires à celles des machines comme l’empathie, la capacité à travailler en équipe, celle à formuler et à recevoir des critiques constructives. Là aussi, le rôle des mentors est primordial : ils apprendront aux étudiants à s’écouter, prendre soin d’eux, des autres, de la planète… Autant de compétences que l’on n’acquiert pas sur le Web ! ▪ Concrètement, comment évaluer cela ? En arrêtant de mettre les étudiants en compétition sur les savoirs d’hier, et en les invitant à coopérer pour imaginer les savoirs et les compétences de demain. On pourrait imaginer une évaluation par les pairs, qui pourront être des professeurs mais aussi des camarades, des professionnels du secteur… L’université garderait le monopole de la validation définitive, tout en s’ouvrant à la participation de nombreux acteurs. ▪ Les créatifs auront donc un rôle important à jouer dans le monde numérique de demain ? Cela ne fait aucun doute. Tout d’abord parce que ceux qui seront capables de créer leur emploi en auront un. Pour les autres, rien n’est certain ! n

Manon Latge

EDHEC MASTER 2014 Fondatrice de Né à, la marque des maternités pour la maternité *Agissez sur le monde

Le rapport du Conseil d’orientation pour l’emploi évoque même une « situation de pénurie concernant les compétences tech au global », anticipant le chiffre de 80.000 emplois vacants en 2020, dans un rapport publié en décembre 2017. Pour répondre au problème, le gouvernement a annoncé en avril le financement de 10.000 formations aux métiers du numérique. Une initiative qui s’inscrit dans le cadre du Plan d’investissement dans les compétences numériques, pour lequel une enveloppe de 15 milliards d’euros a été débloquée sur la période 2018-2022. Le public visé : 1 million de jeunes et 1 million de personnes en recherche d’emploi.

Acquérir une solide culture générale

Pour les défenseurs du code, apprendre les bases de la programmation est utile, voire nécessaire, pour anticiper la transformation des métiers et saisir les opportunités à venir. De manière très pragmatique, il s’agit aussi pour chaque (futur) professionnel d’exprimer ne serait-ce que ses propres besoins. « Dans le monde de demain, même les infirmières, par exemple, devront s’y intéresser. Cela leur sera utile pour initier des demandes qui faciliteront leur quotidien, explique Alexandre Zana. Et pour demander, il vaut mieux savoir ce qu’il est possible de faire ! »

Julie Chapon

EDHEC MASTER 2011 Co-fondatrice de Yuka, l’application qui analyse la composition des produits

Thomas Massimi

EDHEC BBA 2016, EDHEC MASTER 2017

C

lassée 1ère Grande Ecole en France pour la dimension entrepreneuriale (FT Ranking Top MBAs for Entrepreneurship 2017), l’EDHEC est partenaire de Station F, le plus grand campus international de start-up au monde, grâce au soutien décisif de diplômés EDHEC mécènes. Cet hébergement complète l’offre de l’incubateur EDHEC entrepreneurs et son dispositif d’accompagnement exceptionnel, accessible depuis le monde entier, et au cœur de l’écosystème parisien. Déjà 850 emplois créés par 140 start up accompagnées à son actif.

Fondateur de la chaine Youtube musicale Electro Posé et du label Inside Records

*

Paris 2018.

F

aut-il tous apprendre à coder ? Pour 75 % des Français*, il est indispensable de s’y mettre, car cette compétence nous permettra de mieux appréhender les métiers de demain. Vrai ou faux ? Pour les professionnels du secteur, « se former à un langage de programmation informatique est un bon moyen de booster son employabilité », assure Alan McCullagh, ambassadeur de la Code Week France, une semaine consacrée à l’apprentissage de la programmation pour tous. Avant de rappeler que « les développeurs sont aussi très recherchés sur le marché de l’emploi ».

va simplifier certaines tâches comme la recherche des bugs, mais elle ne remplacera pas l’intelligence humaine. »

Didier Goupy/Signatures

Fabiola Dor

WWW.EDHEC.EDU


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Jeudi 17 mai 2018

Pourquoi les MOOC n’ont-ils pas tenu toutes leurs promesses ?

L’enseignement supérieur, en voie de gamification ?

Créativité et soft skills Autre avantage : le droit à l’erreur. Dans le cas d’un jeu vidéo, si un étudiant n’atteint pas le score attendu à l’issue de la partie, il ne peut pas passer au niveau suivant, mais il peut recommencer autant de fois qu’il le veut jusqu’à ce qu’il réussisse. « Ce que ne permet

Neoma Business School

«

Un chat s’est réfugié dans la bibliothèque de Sciences Po Paris. Il est en possession d’une bombe qu’il faut désactiver avant destruction », annonce une dépêche AFP. Les étudiants de l’école ont trente minutes pour le retrouver. Pour cela, ils doivent résoudre des énigmes à l’aide d’indices cachés dans des livres, des messages Internet… Qu’ils soient vidéo, de plateau ou de rôle, le jeu se répand dans les amphis et salles de TD. Selon Julian Alvarez, enseignant à Lille-I et responsable de recherche au Play Research Lab, le phénomène est en pleine croissance depuis deux ans, avec notamment le développement très important des escape games, « moins coûteux que les jeux vidéo ». Ces jeux consistent, dans un temps imparti, à résoudre des énigmes en équipe pour s’évader d’un huis clos. Si la pédagogie par le jeu connaît un tel succès, c’est d’abord parce qu’elle est un moyen de motiver les étudiants. « En jouant, les élèves s’investissent davantage dans leur formation que dans un cours classique, d’autant qu’ils y prennent du plaisir », souligne Hélène Michel, professeure en management de l’innovation à Grenoble Ecole de Management (GEM).

pas un enseignement classique », relève Amodsen Chotia, chercheur en innovation pédagogique au CRI (Centre de recherches interdisciplinaires), convaincue que « ce format d’apprentissage renforce la confiance en soi ». Au-delà de l’apprentissage de connaissances, les serious games offrent l’occasion aux étudiants de travailler leurs soft skills. « L’utilisation d’avatars permet de se confronter à des situations concrètes et de voir les différentes réactions possibles », explique Hélène Michel. D’où la tentation d’y avoir recours pour les évaluations ou le recrutement. Ainsi, GEM propose aux étudiants admissibles au concours d’entrée de l’école d’opter – quand ils le souhaitent – pour un jeu de créativité à l’oral d’admission, plutôt que de passer un entretien classique. Si les enseignants sont de plus en plus nombreux à imaginer leurs propres jeux, voire à les faire faire par les étudiants eux-mêmes, pas question pour autant de « jouer » toute la journée. « Les serious games sont un nouvel outil pédagogique qui vient enrichir la palette à disposition des enseignants. Certains cours s’y prêtent mieux que d’autres », prévient Julian Alvarez. Notamment ceux de première année de licence, lorsque les risques de décrochage sont les plus importants. Les étudiants voient en effet d’un bon œil le fait d’être plus actifs en amphi, même si certains se montrent plus réservés. « Ceux qui sont passés par une prépa peuvent se sentir déstabilisés. Une fois qu’ils ont compris que derrière l’aspect ludique du jeu, il y a un véritable intérêt pédagogique, ils adhèrent », assure Hélène Michel. n

Clémence Boyer

Comment la réalité virtuelle peut nous aider à apprendre PROMESSE // Et si l’on pouvait visiter un magasin ou opérer un malade sans avoir à sortir de la salle de classe ? De plus en plus d’établissements s’emparent de la réalité virtuelle immersive. Isabelle Dautresme

I

l ne faut que quelques secondes aux étudiants de lettres classiques de l’université de Caen-Normandie pour remonter les siècles. Juste le temps d’enfiler un casque sur la tête et les voilà dans une étroite ruelle d’une cité de la Rome antique. Il n’en faut pas davantage à ceux de Neoma Business School pour être propulsés dans un « vrai » magasin de téléphonie mobile, déambuler dans les allées, s’attarder dans les rayons, comme s’ils y étaient. Depuis quelques années, écoles et facultés développent des applications de réalité

Diplôme d’université

TRANSFORMATION DIGITALE DU DROIT & LEGALTECH Objectifs : Amener vers l’entrepreneuriat sur le marché des Legaltechs ou au métier de Chief Digital Officer (CDO) en cabinet d’avocat ou en direction juridique qui opère sa transformation digitale. Offrir une culture juridique et fiscale aux ingénieurs et/ou informaticiens souvent associés au lancement de projets innovants et qui reçoivent en école un enseignement limité en droit. Préparer les professions juridiques pour leur futur, à commencer par les avocats et les jeunes juristes, à l'utilisation de ces nouvelles opportunités techniques, et développer une familiarité avec ce nouvel environnement numérique. Proposer un véritable cadre pluridisciplinaire d’apprentissage et de mise en application des connaissances à travers un projet de transformation numérique réalisé en équipe sur l’année et présenté devant un jury en fin de cycle, avec à la clef la possibilité de rejoindre une pépinière permettant de tester la faisabilité de l’idée. Fournir une solution de formation continue aux entreprises qui souhaitent accompagner la transformation numérique de leurs processus juridiques et fiscaux. Publics : Formation initiale pour les diplômés de niveau M2 en école d'ingénieurs, juristes, fiscalistes, étudiants entrepreneurs, double cursus éco-droit. Formation continue pour directeur juridique, directeur fiscal, magistrat, membres d'autorités de contrôle, acteurs et/ou entrepreneurs du numérique. Organisation : 166 h à partir d’octobre - Inscription : dès maintenant Renseignements et inscription dès maintenant sur notre site internet

http://cfp.u-paris2.fr

virtuelle immersive. « C’est une façon concrète et vivante d’acquérir des connaissances », assure Marie-Laure Massué, directrice du Teaching and Learning Centre de Neoma. Des connaissances qui sont d’autant plus durables qu’elles sont bien ancrées. « Le cerveau enregistre l’information comme si l’étudiant était vraiment allé sur place et qu’il avait réellement assisté à un échange entre un vendeur et un client. L’expérience est bien plus forte que s’il avait eu à traiter la même étude de cas sur le papier », souligne Alain Goudey, directeur de la transformation digitale de l’école de commerce. Plus impliqué dans son apprentissage, l’étudiant réussit également mieux. Pour preuve, « les élèves qui se sont immergés dans la Rome antique grâce à la réalité virtuelle ont obtenu de meilleurs résultats aux examens que leurs camarades qui ont dû se contenter de diapositives », note Philippe Fleury, professeur de latin à l’université de Caen-Normandie et directeur du Cireve (Centre interdisciplinaire de réalité virtuelle).

Accéder à des environnements complexes Autre intérêt de la réalité virtuelle : permettre d’accéder à tout type d’environnement, y compris les moins accessibles comme un sous-marin ou une plate-forme pétrolière, sans avoir à sortir de classe. C’est aussi un moyen de préparer les étudiants « à des situations qu’ils croiseront assez rapidement dans leur vie professionnelle, mais qu’il est difficile de reproduire de façon hyperréaliste à l’école, comme une réunion entre la direction d’une entreprise et des représentants syndicaux ou une séance de négociation entre un industriel et un distributeur », remarque Alain Goudey. Dans les facultés de médecine, la réalité virtuelle est utilisée pour entraîner les étudiants à effectuer des gestes médicaux ou chirurgicaux dans un environnement très proche du réel. « Le bloc opératoire, les bruits, le brancard du Samu qui amène le malade, rien ne manque », détaille Alexandre Mignon, responsable des partenariats d’iLumens, le centre de simulation en santé de l’université Paris-Descartes. Face à cet engouement, faut-il en conclure que dans les prochaines années, tous les étudiants chausseront des casques 3D en cours ? Philippe Fleury en est convaincu : « La réalité virtuelle peut être utilisée dans toutes les disciplines et pour tout type d’apprentissage. Elle va donc se développer. » Reste qu’elle coûte cher – entre 1.000

Q

uand les prestigieuses universités américaines, Harvard, Stanford et le MIT ont lancé des MOOC (Massive Open Online Courses) au début des années 2010, ces formations en ligne ouvertes à tous et gratuites ont suscité un immense espoir et un vrai emballement médiatique. « Au départ, il y avait le mythe que n’importe qui allait pouvoir se former à Harvard grâce aux MOOC », se souvient Jérémie Sicsic, le cofondateur de Unow, une plate-forme qui a créé le premier MOOC francophone en 2013, avant de pivoter vers la formation professionnelle. Grâce au numérique, les MOOC devaient permettre à des élèves du monde entier de se former à domicile, avec un ordinateur et une connexion Internet comme seul prérequis. Certains allaient même jusqu’à affirmer que les étudiants allaient se détourner des universités et des écoles pour se former de manière autonome grâce aux MOOC.

Les MOOC ont poussé certaines universités à repenser leur pédagogie.

Le bloc opératoire, les bruits, le brancard du Samu qui amène le malade, rien ne manque. » ALEXANDRE MIGNON, RESPONSABLE DES PARTENARIATS D’ILUMENS, LE CENTRE DE SIMULATION EN SANTÉ DE L’UNIVERSITÉ PARIS-DESCARTES.

À SAVOIR Les escape games connaissent un vrai développement dans l’enseignement supérieur en France depuis 2016.

Les MOOC ont aussi poussé certaines universités à repenser leur pédagogie. C’est le cas de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), en Suisse, qui délivre des diplômes d’ingénieur réputés. « Les MOOC transforment la façon dont on enseigne sur le campus. Dans certains cursus, les étudiants suivent désormais les cours en ligne puis mènent des projets en groupe, accompagnés par un enseignant », explique Patrick Jermann, directeur exécutif du Centre pour

En 2018, force est de constater qu’on en est encore loin. « Même si certains MOOC ont bien marché, la plupart ont eu peu d’audience et ont coûté cher aux universités », note Matthieu Cisel, auteur du blog La Révolution MOOC et d’une thèse sur le sujet, qui s’inquiète même du « gâchis d’argent public » potentiel. « Il faudrait calculer combien certains MOOC ont coûté à être fabriqués et combien de personnes sont réellement allées jusqu’au bout. Et comparer ce chiffre avec le coût que cela aurait représenté de former ces personnes en présentiel », s’interroge-t-il.

« Les MOOC sont finis » L’une des principales critiques faites aux MOOC est le faible engagement qu’ils suscitent. « Le taux de complétion des MOOC tourne autour de 10 % », précise Jérémie Sicsic. Surtout, les véritables adeptes de ces cours en ligne ne sont pas ceux qui en auraient le plus besoin. « Les MOOC s’adressent en fait à un public qui est déjà diplômé : principalement des cadres qui veulent acquérir de nouvelles compétences », note-t-il. Loin, très loin de la promesse de démocratisation de l’apprentissage. « Je pense que les MOOC sont finis », assène Svenia Busson, cofondatrice de l’accélérateur LearnSpace, qui accueillera sa première promotion de start-up spécialisées dans l’éducation en mai. « Filmer un prof en train de donner son cours, cela n’a rien d’innovant et cela n’apporte aucune valeur pédagogique. A quoi bon reproduire sur le numérique un système qui fonctionne déjà mal en format physique ? »

« Le numérique est une lame de fond » Charlotte Fillol, directrice éducation de la plate-forme OpenClassrooms, qui propose des formations en ligne, partage en partie ce constat sévère, mais estime tout de même que le phénomène MOOC a permis une certaine prise de conscience autour de l’utilité du numérique dans la formation. « Ce n’est pas une révolution, mais une lame de fond sur laquelle on ne reviendra pas, note-t-elle. Le numérique offre une flexibilité en termes de temps de travail et de localisation qui est utile pour les apprenants, les universités et les entreprises. » De fait, la formation en ligne est particulièrement adaptée aux actifs qui peuvent suivre les cours aux moments les plus adaptés pour eux, sans avoir à se déplacer. Idéal pour ceux qui préparent une reconversion tout en continuant à travailler, par exemple.

Le chiffre

OpenClassrooms

ANALYSE// Au début des années 2010, les MOOC étaient présentés comme le futur de l’enseignement, voire une menace pour les universités. Huit ans plus tard, leurs insuffisances sont pointées du doigt et de nouveaux modèles émergent.

TENDANCE // De plus en plus d’universités et d’écoles utilisent des jeux de plateau, de rôle ou encore vidéo pour leurs apprentissages. Isabelle Dautresme

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Jeudi 17 mai 2018

l’éducation à l’ère digitale de l’EPFL. Cette alliance entre numérique et présentiel (« blended learning ») semble être l’un des modèles qui fonctionnent le mieux aujourd’hui, pour la formation continue comme pour la formation initiale. « A condition de respecter trois ingrédients essentiels pour l’apprentissage : l’aspect social (on apprend mieux avec ses pairs), le mentorat (on a besoin d’être suivi pour bien apprendre) et le fait de réaliser des projets

em lyon business school

(apprendre en faisant) », énumère Svenia Busson. Un modèle suivi à la lettre par OpenClassrooms qui s’est donné pour mission de rendre accessible l’éducation. « Tous nos cours sont ouverts et gratuits, précise Charlotte Fillol. Si vous voulez suivre un parcours et être diplômé, vous payez entre 300 et 500 euros par mois. Vous êtes alors encadré par un formateur pour mener des projets en groupe. La valeur ajoutée est là aujourd’hui, plus dans les connaissances. » n

accelerator Ed Job Tech

DATE DE CRÉATION du premier MOOC francophone.

À SAVOIR La tendance aujourd’hui est au « blended learning », une alliance entre numérique et présentiel.

Vous êtes une startup Ed Job Tech innovante ayant réalisé une première Proof Of Concept ?

appel à projet Programme d’accélération Ed Job Tech Camp 2018 Postulez avant le 8 juin 2018 accelerator.em-lyon.com


MAXENCE ALTERNANT

JE VAIS POUVOIR ACCÉDER À UN CDI DÈS MA SORTIE DE L’ÉCOLE. emplois.lidl.fr

Supplément Echos START du 17 mai 2018  

A quoi ressemblera le travail en 2028 ? Intelligence artificielle, blockchain, réalité virtuelle… Comment la technologie va transformer nos...

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