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« TOUTE PERSONNE QUI PENSE FORTEMENT FAIT SCANDALE » BALZAC

LE MAGAZINE DES ETUDIANTS LILLOIS #11 - PRINTEMPS 2011

International : London 2013

Musique :

Yodelice : un retour prématuré ?

Rencontre : Philippe Gildas

Mode :

WWW.LESCANDALEUXMAG.FR

E PAS JETER SUR LA VOIE PUBLIQUE

Paris, capitale de la mode


E - LA

E R A L E T U R C E R E T U O D E R

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# 11 / PRINTEMPS 2011

L

’ombre de la mort est à votre porte. Vos paupières déjà se font lourdes, bientôt votre corps ne répondra plus à l’appel de la vie. Tenez, votre cadavre gît sans vie sur le plancher. Sans plus tarder, revenez à la vie, l’heure de la débauche a déjà sonné. Vous tous, téléspectateurs, spectateurs, tentateurs et autres pécheurs ! L’enfer n’emprunte-t-il pas ses plus vives couleurs au tableau de la vie ?

Mais quelle est donc cette chose que le trash ? Sang, sexe, spiritueux, saletés, dans un même tourbillon. Au scandale ! Rendez-nous la beauté immaculée ! Ôtez de ces mains innocentes un papier ordurier ! Trop tard, une odeur putride déjà vous opprime, la luxure vous attire comme la flamme et l’insecte. Le vice appelle le vice. Ne criez pas à l’exagération. Après tout nous sommes habitués au trash : les médias, les séries, la littérature... le trash fait vendre et nous séduit. Incontestablement. Devons-nous le regretter ? Devrions-nous suivre les lois de la morale ? Rien n’est moins sûr. Jusqu’où ira la surenchère ? Bienvenue dans l’univers du numéro XI.

ANGÉLA FACHE

EN BREF

P.5

SOCIÉTÉ

P.6

Ces auteurs que l’on censure

CINÉMA POLITIQUE Questions à un président

INTERNATIONAL JO de Londres Prague

INTERVIEW Philippe Gildas

P.10

P.12 P.14

MUSIQUE

P.20

Graffiti Séries trash TV trash Littérature trash

MODE

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : AUDE LIGNEREUX RÉDACTEUR EN CHEF : ANGÉLA FACHE RÉDACTEUR EN CHEF MAGAZINE : AMANDINE SENET RÉDACTEUR EN CHEF WEB : VALENTIN FLUTEAU RESPONSABLE COMMUNICATION : CHLOÉ MASSUEL RESPONSABLE DÉMARCHAGE : SÉGOLÈNE PHAM MISE EN PAGE : CHLOÉ MASSUEL /AUDE LIGNEREUX /LÉA ZURFLUH N° SIREN : 519318745 DÉPÔT LÉGAL : W59008653 ISSN 1961 - 0262 IMPRIMEUR : FLYER.FR

P.9

DOSSIER

Yodelice

LE SCANDALEUX MAG’ #11 PRINTEMPS 2010 - 2011

P.8

We are four lions

Paris, Capitale de la mode

LITTÉRATURE

P.21 P.22

Les Anonymes Le Château de Hurle

CINÉMA Sexe, drogues et rock’n roll

JEUX Mots croisés, sudokus, horoscope

CUISINE Arancine alla carne

LE SCANDALEUX MAG N°11 - PRINTEMPS 2011

P.23 P.24 P.26

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En BREF. > «ON A DÉCOUVERT DANS LE PREMIER MOIS, QUE S’IL Y EN AVAIT DEUX QUI POUVAIENT S’ENTENDRE, C’ÉTAIT ANTOINE ET MOI. [...] ON EST VRAIMENT DES ENCULEURS DE MOUCHES !» PhiliPPe GildAs

> «RIEN DE BIEN INTÉRESSANT N’EST FAIT LORSQUE L’ON EST SAGEMENT ASSIS EN TOUTE SÉCURITÉ AU MILIEU D’UNE SALLE.» SOCIÉTÉ P.6

INTERVIEW P.12

PRÉSENT DEPUIS TOUJOURS DANS LA LITTÉRATURE, LE TRASH SEMBLE DEVENIR PEU À PEU UNE NOUVELLE NORME POUR ATTIRER LE CHALAND À LA LECTURE. UN «SPÉCIALISTE» ANALYSE POUR NOUS LES ŒUVRES QUI ONT MARQUÉ LE GENRE. DOSSIER P.14

«FINALEMENT, QUE CELA PLAISE OU NON AU RESTE DU MONDE, LE PRESTIGE DE LA MODE PARISIENNE A CHANGÉ DE FORME, MAIS IL EST TOUJOURS AU TOP.» MODE P.21

> On se laisse rapidement subjuguer par tant de sonorités, avec ça et là des références à des monuments musicaux tels que The Doors. MUSIQUE P.20

> UNE COMÉDIE ABSURDE SUR UNE BANDE DE PAUMÉS VENUS DU NORD DE L’ANGLETERRE QUI S’IMPROVISENT TERRORISTES. CINÉMA P.8

> «TOUT, DANS CETTE AFFAIRE, SEMBLAIT DÉSORMAIS MARQUÉ DU SCEAU DE L’INÉLUCTABILITÉ.»

> Le maire de Londres ambitionne de faire revenir les familles modestes dans la 5ème ville la plus chère du monde.

Les Anonymes, R. J. elloRy. LITTÉRATURE P.23

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INTERNATIONAL P.10 5


SOCIÉTÉ

SIR SALMAN RUSHDIE OU LA PROPAGANDE À L’OEUVRE

«Au nom de Dieu tout puissant. Il n’y a qu’un Dieu à qui nous retournerons tous. Je veux informer tous les musulmans que l’auteur du livre intitulé, Les Versets sataniques, qui a été écrit, imprimé et publié en opposition à l’Islam, au prophète et au Coran, aussi bien que ceux qui l’ont publié ou connaissent son contenu, ont été condamnés à mort...

J

’appelle tous les musulmans zélés à les exécuter rapidement, où qu’ils les trouvent, afin que personne n’insulte les saintetés islamiques. Celui qui sera tué sur son chemin sera considéré comme un martyr. C’est la volonté de Dieu. De plus, quiconque approchera l’auteur du livre, sans avoir le pouvoir de l’exécuter, devra le traduire devant le peuple afin qu’il soit puni pour ses actions. Que Dieu vous bénisse tous.» Rouhollah Mousavi Khomeini.

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alors en place à la Mecque. La sentence tombe et Salman Rushdie est condamné pour apostasie («l’attitude d’une personne, appelée un apostat, qui renonce publiquement à une doctrine ou une religion»). Dès lors, Les Versets Sataniques sont d’abord bannis par l’Inde, l’Afrique du sud et le Pakistan, puis, d’un même souffle par huit autres pays.

Autodafés, clandestinité et tentatives de meurtres ont été pendant des années le lot du «martyr» de la liberté C’est par ces mots terribles qu’est sceld’expression. Ses traducteurs et édilé le 14 février 1989 le destin d’Ahmed teurs ont également payé au prix fort Salman Rushdie. Sa faute? Avoir prêté leur collaboration avec Rushdie. Ses à Mahomet des pensées blasphématraducteurs italiens et japonais sont toires dans son roman, Les Versets Satapoignardés; son traducteur italien y niques, laissera la vie; son suggé- > «RIEN DE BIEN INTÉRESSANT éditeur norvégien rant que N’EST FAIT LORSQUE L’ON EST SAGE- échappe de peu à celui-ci la mort. Même si le a u r a i t MENT ASSIS EN TOUTE SÉCURITÉ AU gouvernement irah é s i t é MILIEU D’UNE SALLE.» nien a déclaré ne entre rien entreprendre une forme de paganisme et le monopour faire appliquer la fatwa, la réthéisme, sous la pression des tribus compense promise pour sa mort fait

toujours de lui un gibier de potence. Il ne craint pas de rajouter, au risque d’en faire trop «Rien de bien intéressant n’est fait lorsque l’on est sagement assis en toute sécurité au milieu d’une salle». Bouc émissaire ou provocateur? Après 22 ans de fatwa, dont 10 sous protection policière et 12 en tant que citoyen lambda, le romancier n’a visiblement pas perdu son sens de l’humour : «C’est une bonne affaire ça : gardez-moi en vie pendant dix ans, et je paierai mes impôts en retour». Pourtant, loin de s’enfermer dans le

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SOCIÉTÉ

Né en 1947, Ahmed Salman Rushdie est un romancier britannique d’origine indienne, appartenant au courant dit du «réalisme magique». Il est connu pour ses ouvrages Les enfants de minuit, Shalimar le clown, l’Enchanteresse de Florence, mais surtout pour ses Versets Sataniques, qui lui ont valu une fatwa de l’Ayatollah Khomeini. schéma manichéen de l’oppressé face à l’obscurantisme, Salman Rushdie s’est toujours soigneusement appliqué médiatiquement à proclamer son amour de l’islam (cf. son essai «De bonne foi» publié en 1990). Sans compter qu’il n’a pas joué le jeu de ceux qui, espérant un revirement soudain, auraient voulu faire de lui un messie de l’anti-islamisme. Mais la propagande bat son plein. Dans un film d’action pakistanais intitulé International Gorillay, Salman Rushdie est dépeint comme un méchant per-

vers travaillant pour une organisation internationale ayant pour but d’éradiquer l’islam (et le Pakistan, accessoirement). Protégé par son ignoble acolyte israélien et ses sbires, il prend plaisir à torturer des musulmans tout en leur lisant des extraits de ses Versets Sataniques. En 2h46, l’on a droit à un concentré de propos politiques «grand-guignolesques» inégalables agrémentés d’un kitsch cauchemardesque au possible. Si les intégristes pakistanais avaient voulu se singer à l’aide du mauvais goût le plus atroce, ils n’auraient pas pu mieux faire. Hélas, c’est du premier degré, âmes sensibles s’abstenir : si le fond – insondable – du film donne le vertige par son profond crétinisme, sa forme est un archétype d’incompétence cinématographique, «la mise en scène multipliant les zooms, les cadrages foireux et les scènes au montage hystérique à base de plans d’une demi-seconde, comme si la caméra avait été laissée entre les mains d’une bande d’amateurs rendus fous par un mélange d’insolation et de syphilis». Vous en retrouverez

quelques morceaux de choix sur Nanarland.com, le site des mauvais films sympathiques.

Le relatif apaisement des dernières années est éphémère. L’anoblissement du romancier par Elisabeth II en 2007 avait déjà suscité l’ire de plusieurs pays musulmans, pour lesquels l’honneur concédé par la Reine d’Angleterre est synonyme d’affront. Il est à parier que la prochaine parution de ses mémoires, prévue pour 2012 fera resurgir les vieux démons. Et troublera encore davantage le sort peu enviable de ses émules, comme Talisma Nasreen, contrainte à l’exil.

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ANGÉLA FACHE

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INTERNATIONAL

2013

Reconversion de site olympique et plan de rigueur ne font pas bon ménage. Les projets de Boris Johnson de faire revenir les familles modestes dans la capitale britannique grâce aux Jeux Olympiques sont mis à mal par les réformes du nouveau gouvernement conservateur.

à

deux ans de l’ouverture des JO de 2012, alors que le site Olympique est encore en plein chantier, Londres se penche déjà sur l’après-jeux. Boris Johnson, le maire conservateur de Londres, vient ainsi de révéler un plan ambitieux de reconversion du futur village olympique. Ce plan prévoit notamment de transformer les chambres des athlètes en appartements de trois à quatre chambres, destinés en priorité aux familles nombreuses et dont 35% auront un loyer modéré. à terme, ce sont près de 11 000 nouveaux logements «abordables» qui devraient voir le jour dans l’Est londonien. Avec ce projet, le maire de Londres ambitionne de faire revenir les familles modestes dans la 5ème ville la plus chère du monde, et de réhabiliter une zone de Londres stigmatisée par sa précarité. Au moment de l’obtention des jeux, en 2005, un collaborateur de Tony Blair rappelait ainsi que lorsque «vous prenez le métro dans cette di-

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rection, l’espérance de vie baisse un à 56 millions de livres. A cela s’ajoute peu plus à chaque station à mesure une réforme du système d’aides au que vous vous éloilogement qui préAVEC CE PROJET, LE voit notamment de gnez vers l’Est». Aujourd’hui, Boris MAIRE DE LONDRES plafonner les allocaJohnson voit ce pro- AMBITIONNE DE FAIRE tions, et d’autoriser jet d’urbanisme soles bailleurs privés cial comme «le plus REVENIR LES FAMILLES à caler leurs loyers grand projet de re- MODESTES DANS LA sur les prix du marconstruction des 25 5ÈME VILLE LA PLUS ché. Or ces mesures prochaines années» pourraient entraîCHÈRE DU MONDE. et considère «qu’il ner l’expulsion de était grand temps que Londres ait 17 000 à 82 000 familles de Londres. suffisamment de logements familiaux abordables». Boris Johnson, véritable enfant terrible de la politique anglaise, n’a pas Mais l’arrivée accueilli ces réformes sans quelques au pouvoir de critiques virulentes. Il a ainsi prévenu David Came- M. Cameron qu’il refusait d’assister à ron risque fort une «épuration sociale» similaire à de sonner le celle qui avait pu être observée au Koglas de ce pro- sovo ; car Londres ne finira pas «dans jet. En effet, le une situation comme à Paris, où les nouveau gou- plus démunis sont relégués dans les v e r n e m e n t banlieues». conservateur a annoncé en ■ CÉLIA GOUBET octobre dernier la mise en place d’un plan de rigueur sans précédent, assorti de nombreuses coupes budgétaires. L’agence pour le développement de Londres, en charge de plusieurs projets liés aux JO, voit ainsi son budget initial passer de 480

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INTERNATIONAL

Prague : la symphonie d’un nouveau monde. Si vous avez des préjugés sur Prague, gardez-les car vous ne serez qu’agréablement surpris. On peut penser à Prague comme une ville «blockhaus» d’Europe de l’Est. En fait, on finit par se demander si la ville a un jour fait partie du block communiste.

A

rrivé à l’aéroport, tout est propre et moderne. Le trajet vers la ville est rapide, et en scrutant au travers de la fenêtre du bus, on peine à trouver des traces de pauvreté liées à la chute du communisme. Les multinationales qui ont fait fleurir leurs bureaux de part et d’autre de la route vous amènent au constat suivant: «C’est plus riche que je ne le pensais, la République Tchèque». La ville est tout aussi surprenante. Le chemin qui conduit de la grande place au château de la ville vaut largement les plus beaux quartiers de Paris. Les immeubles sont imposants : des galeries de boutiques chics se disputent la place dans des façades d’un style presque haussmannien mais très coloré. Immeubles roses, jaunes, verts ; en descendant les rues en pente du quartier résidentiel de Vinohrady nous vient une impression de San Francisco.

soviétique kitsch : mobilier d’époque, tableau de Staline et décorations communistes.

électro, à la pointe de l’underground.

Prague offre toutes les opportunités pour visiter et faire la fête. Et si vous Au plus tard de la nuit, c’est un petit avez trop abusé de pintes de bière Berlin qui s’éveille. Pilsner (vendues Le Klub Karlovy environ 1,30 €) ou SURTOUT, PRAGUE Lazne, une boîte d’absynthe (légale avec cinq étages EST UNE VILLE VIVANTE en République d’ambiances diffé- LE JOUR COMME LA Tchèque), la gastrorentes, peut paraître NUIT. nomie saura vous un peu touristique remettre sur pied. mais s’impose comme la plus grande Car si vous cherchez du gras et du bien boîte d’Europe centrale. Dans une gras, rien ne vaut un bon genou de toute autre ambiance, le Bunkr Klub porc d’un kilo, avec un petit Apfelstrurappelle les ambiances underground del s’il reste de la place. d’Allemagne de l’Est. Aménagée dans un ancien bunker antiatomique, cette boîte est le lieu d’expérimentations ■ EDGAR MARTIN

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Du pont Charles au quarter de Josefov, la ville est pleine de joyaux et le patrimoine historique se confronte à son dynamisme nouveau. Surtout, Prague est une ville vivante le jour comme la nuit. Les nombreux bars sont accessibles à tous et pleins d’ambiance. La Propaganda est un bar fréquenté largement par les Tchèques dès l’automne, où l’on vient boire et écouter des jazz sessions dans une ambiance

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Médias

Philippe Gildas :

« De Caunes et moi, on était des enculeurs de mouches ! » En février, suite à la sortie de son autobiographie, sobrement intitulée Comment réussir à la télévision quand on est petit, breton, avec de grandes oreilles ?, Le Scandaleux Mag’ a rencontré le journaliste et animateur de télévision Philippe Gildas. Il évoque pour nous ses souvenirs télévisuels, du journal de 20 heures à Nulle Part Ailleurs.

Entre 1969 et 1972, vous vivez votre première expérience de télévision… Je quitte mon poste de directeur de l’information de RTL, je me fâche, et le hasard fait que quelqu’un me dit : « Va voir la première chaîne, il y a Pierre Desgraupes, l’ancien de Cinq colonnes à la Une, qui est en train de monter une équipe. » Moi je n’étais absolument pas au courant, et c’est comme ça que je suis rentré – à votre avis, à quel poste ? – en tant que chef des informations générales [le poste qu’il occupait à Combat pour son premier emploi de journaliste, ndlr]! Et deux mois et demi plus tard, j’étais rédacteur en chef – LE rédacteur en chef, il n’y en avait pas cinquante – pour finir présentateur, malgré mes grandes oreilles. D’où le titre du bouquin! Oui, et à propos de cette expérience, vous répétez plusieurs fois les verbes « découvrir », « inven-

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un jour, le patron m’envoie aux EtatsUnis regarder la télé qu’ils faisaient là-bas, moi qui ne parlait pas un mot C’est-à-dire qu’à l’époque, je le pré- d’anglais. J’avais notamment appris sentais toutes les semaines, en alter- le fait que les Américains étaient très nance avec Étienne Mougeotte [actuel étonnés en me voyant que je puisse directeur du Figaro et ex-dirigeant de présenter le grand journal! Ce n’était TF1], parce qu’à l’époque, on écrivait pas crédible, d’après eux. Donc, quand le journal soi-même, et on n’avait pas je suis revenu, je me suis battu, et ça de prompteur! a pris un an. Le temps d’acheter les prompteurs, de réorganiser la rédac, Il fallait l’apprendre par cœur ? de convaincre Mougeotte que sa carrière n’était pas terminée. Et, pour Non, se le mettre dans la tête, puisqu’on présenter le journal, on a pris un plus l’écrit soi-même! Il n’est pas ques- vieux que nous, Joseph Pasteur. Ce qui tion que quelqu’un est intéressant dans nous écrive une ligne. Dans les années cette expérience, c’est C’était un boulot de que cette télé, quand 60, on écrit le j’arrive, était complèchien, vraiment, mais un boulot absolu- journal soi-même, tement bouleversée ment passionnant. Et et on n’a pas De par la grande purge de 1968. Tous les quand on faisait ça un prompteur ! Chapatte, Couderc, soir, il était quasiment de Caunes – Georges, impossible de le faire un deuxième soir de suite. Donc on se le père d’Antoine – étaient partis. Les partageait à trois la présentation. Et seconds couteaux, qui n’étaient pas à ter »… C’est ce que vous avez eu la sensation de faire pendant 3 ans ?

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Médias MÉDIAS la hauteur sont vite partis, et nous on arrivait, mais avec une grosse expérience des journaux radio. Et donc on a monté la télévision telle qu’elle est aujourd’hui, avec des journaux structurés comme un journal de radio, sauf qu’on y met beaucoup d’images. Je terminerais sur votre expérience télé qui, pour nous, génération plus jeune, est sûrement la plus glorieuse, celle de Nulle Part Ailleurs. Vous avez présenté cette émission mythique de Canal+ pendant dix ans (de 1987 à 1997), dont sept en collaboration avec Antoine de Caunes. Curieusement, vous en parlez assez peu dans ce livre…

Quels souvenirs conservez-vous de votre relation avec Antoine de Caunes ? Antoine, j’avais travaillé avec son père! Georges de Caunes! Rendez-vous compte, Lescure était le remplaçant de Georges de Caunes quand il partait en vacances… Alors le fils, c’est un grand bonheur. On ne se connaissait pas du tout. On a découvert dans le premier mois, que s’il y en avait deux qui pouvaient s’entendre, c’était Antoine et moi. Et tout simplement parce qu’on est vraiment – pardonnez-moi l’expression – des enculeurs de mouches! On est les rois de la perfection dans des domaines très complémentaires, mais au moins, on a la même idée du boulot : s’il n’est pas parfaitement

Je vais vous dire pourquoi. J’en parle peu parce que ce qui est intéressant dans Nulle Part Ailleurs, c’est les deux années qui ont précédé sa création. C’est-à-dire que Pierre Lescure [directeur général de Canal+] me fait venir en 1985, en n’ayant pas oublié ce rêve de À nulle part journal continu, de ailleurs, s’il y en grand talk-show, sur Deux qui une télé à lui! Il me fait avait venir à la mi-journée pouvaient s’enpour faire Direct, et ma tenDre, c’était De mission était de faire connaître aux specta- caunes et moi. teurs la chaîne Canal+. Ça a très bien marché ce Direct, parce qu’on avait une liberté totale, et pas la pression du public comme sur les autres chaînes. Au bout de deux ans, c’est ce qui va devenir, avec l’adjonction de l’humour (la première année, ce sera Les Nuls, puis ce sera Antoine, rejoint par José Garcia), Nulle Part Ailleurs. Et si je n’en parle pas plus, c’est parce qu’après ces deux années de rodage, où on a découvert ce qu’on pouvait faire et que les autres chaînes ne pouvaient pas faire, on était parti sur un rythme très intense avec un Nulle Part Ailleurs quotidien. Et, chaque jour chassant le précédent, j’oubliais systématiquement l’invité de la veille ! C’est pourquoi je suis incapable de me souvenir de ce que j’ai fait. Je ne suis même pas sûr de me rappeler de dix émissions ! Et j’en ai fait 2000… C’est terrible !

préparé, il ne sera pas parfaitement réalisé, et on va se ramasser la gueule. Or, Nulle Part Ailleurs, ça ne pouvait marcher que si tout était parfaitement préparé, parfaitement huilé, ensuite parfaitement respecté et on pouvait se lâcher dans la dernière minute!

Propos recueillis par aaVALENTIN FLUTEAU

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© philippe MATSAS/ Flammarion

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CINÉMA

UN FILM MÉCHAMMENT DRÔLE

Peut-on rire de tout? Plus précisément, peut-on rire du terrorisme dans une société où le terrorisme et la guerre contre le terrorisme sont toujours des sujets plus ou moins interdits dans les comédies? Est-ce trop tôt pour se lancer dans une telle aventure? Sans doute pas.

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n les entend de loin les cris man in Britain» a mené son enquête indignés des personnes qui auprès de musulmans pratiquants, ne trouveront pas ça très fin imams, experts en terrorisme pour de se moquer du malheur ce film qu’il a voulu comme un piedde milliers de personnes innocentes, de-nez à l’angoisse ambiante. De ses femmes, recherches est née une e n f a n t s , > UNE COMÉDIE ABSURDE comédie absurde sur une v i e i l l a r d s SUR UNE BANDE DE PAU- bande de paumés venus vivant dans MÉS VENUS DU NORD DE du Nord de l’Angleterre la terreur qui s’improvisent terà cause du L’ANGLETERRE QUI S’IM- roristes. Ils décident de fléau du PROVISENT TERRORISTES. porter un coup décisif terrorisme pour faire parler de leur et plus précisément de celui du terrocause mais voilà : il leur manque le risme martyr qui dans son extrême mode d’emploi du parfait terroriste! lâcheté emporte avec lui des foules S’enchaînent une série de galères et de civiles… Soit. Le terrorisme n’est pas coups foirés pour le plus grand plaisir nécessairement sujet à la franche rigolade, mais rappelons que le but du terroriste est d’inspirer la peur, de créer un climat d’angoisse et un sentiment de malaise. Finalement, à quoi sert le rire? A dédramatiser notre quotidien, alors quel meilleur antidote contre le terrorisme que le rire? Non? C’est sans doute la conclusion du réalisateur britannique Chris Morris qui avec son film We are four lions signe une réelle tentative de démystification du terrorisme par l’absurde. L’histoire s’intéresse à quatre jeunes hommes bien décidés à faire sauter le cœur de Londres. Le réalisateur, habitué à la controverse et élu «Most hated

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du spectateur. Ce qui frappe dans le film de Chris Morris c’est que les personnages ne ressemblent en rien aux «fous de Dieu» clichés vendus par les médias occidentaux. Ces apprentis terroristes ont l’air plus ouverts d’esprits, aptes à s’intégrer et loin de l’image rétrograde à laquelle on pourrait s’attendre. Et pourtant ce sont eux qui passent à l’acte, lassés par le racisme qui leur bloque les portes du monde du travail et par le regard hostile du reste de la société britannique. Ca fait réfléchir, non?

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MERYEM MRHAR


POLITIQUE

QUESTIONS POUR UN PRÉSIDENT

«La culture, moins on en a, plus on l’étale.» Le proverbe est particulièrement pertinent pour le Président de la République, qui doit gérer cet outil primordial de communication. Et qui le fait plutôt mal.

L

a culture générale du chef de des journalistes le 24 janvier dernier, l’État est un élément important après une conférence de presse. Et le pour connaître l’homme derPrésident ne s’est pas fait prier pour rière la fonction qu’il occupe, s’exprimer, malgré les tentatives de et donc un moyen de séduire autant Claude Guéant (alors secrétaire généque de perdre en crédibilité. En 2007, ral de l’Elysée) de couper court à cette il avait annoncé son affection pour discussion qui ressemblait beaucoup Jean-Marie Bigard, qu’il avait même à un terrain glissant. Nicolas Sarkozy emmené avec lui lors d’une visite au a donc passé quarante-cinq minutes à Vatican. Le message était clair : le Préétaler ses connaissances artistiques. sident se voulait proche des Français, Et pas n’importe lesquelles. Cette fois, en affichant une culture populaire. le Président a affiché des références Une stratégie compréqu’un Acahensible quand on se > MAIS EN MATIÈRE DE COM- d é m i c i e n souvient du contexte de MUNICATION, LA RÈGLE EST ne reniel’époque : Sarkozy était pas. CLAIRE : À ÉPOQUE DIFFÉ- rait alors qualifié de présiIl a ainsi dent «bling-bling», accu- RENTE, DÉCLARATIONS DIF- cité Hans sé d’être trop proche de FÉRENTES. Magnus Enzensb e r g e r, personnalités Laurent Binet ou encore Carl Theodor du mondes des Dreyer. Ça ne vous dit rien? Rien de affaires. Mais plus normal. Et autant le dire tout de en matière de suite, ces hommes ne sont pas du genre communicaà faire des blagues sur les femmes pour tion, la règle est remplir le Stade de France. On est bien claire : à époque loin du Sarkozy d’il y a trois ans. différente, déclarations difféCeci étant dit, on peut comprendre rentes. qu’un homme politique adapte ses déclarations en fonction de son image Le sujet a été publique. Maintenant, de là à passer abordé par des comédies américaines aux chefs

d’œuvre du cinéma moldave, le virage est peut-être un peu serré. D’ailleurs, ces déclarations nouvelles nuisent à la crédibilité de l’homme plus qu’autre chose. Il a beau développer ces prétendus goûts, on n’y croit pas. Nicolas Sarkozy affiche ici un manque de personnalité, et on ne sait pas ce qui se cache derrière le politiquement correct et les déclarations publiques. C’est bien de ratisser large, mais il ne faut pas oublier qu’on ne peut pas plaire à tout le monde...

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NICOLAS SCHWEISGUTH

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DOSSIER

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DOSSIER

Le graffiti, cette chose qui nous entoure et qui nous est inconnue.

Observer le paysage urbain force à constater que le graffiti est omniprésent dans nos vies de citadins. Associé au vandalisme, le graffiti semble cependant de plus en plus populaire, comme en témoigne le récent engouement pour diverses expositions consacrées à l’art urbain (notamment à la fondation Cartier). Le graffiti reste majoritairement impopulaire, et durement sanctionné par la loi en tant que «destruction, dégradation ou détérioration volontaire». Hormis la définition du droit pénal français, que dire du graffiti?

N

é dans les années 70 aux comprendre les diverses motivations États-Unis en tant que pardes graffeurs: artistique, narcissique, tie intégrante du hip-hop, politique, sans oublier la recherche le graffiti est une forme d’adrénaline. d’expression plus ou moins artistique Mais comment passer outre pratiquée dans l’espace public. Habiles dégradations causées? C’est en cela tuellement le graffeur utilise peinture que le graffiti est ambigu, et ne pouraérosol et marqueurs pour s’approra jamais plaire à tout le monde. On prier des supports aussi variés que les se sent parfois oppressé par le grafmurs, toits, camions, trains, etc. On ne fiti parce qu’il nous apparaît comme peut parler de graffiti en occultant la un univers codé, hostile, composé de dimension illégale de l’acte puisque «racailles» cherchant uniquement à c’est de l’illégal même que le graffiti vandaliser (alors que ce milieu rastire son essence. Il en tire ce visuel semble des individus de tous bords particulier dû en grande partie à l’utiaux motivations très diverses). On lisation de bombes n’est pas forcé d’appréON NE PEUT PARLER DE cier le graffiti mais on aérosol. D’où un intérêt plus que mesu- GRAFFITI EN OCCULTANT peut adopter une attiré pour les galeries LA DIMENSION ILLÉGALE tude plus constructive où s’exposent divers que le simple rejet en DE L’ACTE PUISQUE C’EST essayant de le comgraffeurs: visiter ces galeries, c’est DE L’ILLÉGAL MÊME QUE prendre. Dès lors on aller apprécier uni- LE GRAFFITI TIRE SON ES- pourra peut-être comquement la qualité SENCE. mencer à l’apprécier. artistique des graffiLe graffiti est là, et sera tis exposés. Or le graffiti n’est pas de probablement toujours là; pourquoi l’art, ou en tout cas pas uniquement ne pas tenter la cohabitation? Si l’on et le tag en est la preuve. Quelle est la a réussi à s’habituer aux monstrueux valeur artistique d’une signature marpanneaux publicitaires, autre forme quée à l’arrache sur un mur alors qu’il d’appropriation de l’espace public, s’agit là seulement de l’expression pourquoi pas aussi au graffiti? narcissique de son auteur? Apprécier le graffiti, c’est aus■ FLORENT PAYZAN si s’imaginer le contexte dans lequel les graffeurs peignent, notamment la dangerosité de l’activité. C’est aussi

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DOSSIER

NOS SÉRIES PRÉFÉRÉES... Plus cru, moins politiquement correct, plus trash… plus vivant ?

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epuis presque une quinzaine ment représenté par Nip/Tuck : depuis d’années déjà, les séries sept saisons maintenant, cette série américaines policières mettant en scène deux chirurgiens à succès tablent sur une esthétiques étale sans pudeur les desdébauche d’images crues pour attirer sous glauques d’un cabinet de Floride. le chaland. Car si la violence n’est pas Des vieilles bimbos aux transsexuels, taboue au pays de l’Oncle Sam, tout tous passent sur une table d’opéramontrer fait tout de même grimper tion filmée dans une esthétique de l’audimat. Si le spectateur est lassé des l’horreur, entre deux scènes de leur séries plus classiques, à la Colombo, vie privée quelque peu tourmentée. Si où les gentils ces scènes ne triomphent la > TRASH : SALE, MALSAIN, sont pas trop plupart du temps, nombreuses, RÉPRÉHEN- elles sont crues les histoires MORALEMENT PLUS GÉNÉRALE- à en donner la sordides de SIBLE. Cold Case ou les MENT, ‘HARD’, QUI HEURTE nausée aux plus re c o n s t i t u t i o n s aguerris des LA SENSIBILITÉ. des meurtres, plus spectateurs. vraies que nature, Et au-delà des des Experts, piquent l’intérêt et la gros plans sur les nez rognés au burin curiosité (malsaine?). et les masses gélatineuses de graisses Mais, banalisation oblige, on s’habiretirées des ventres et des cuisses, le tue à tout. J’en veux pour preuve TF1 portrait de notre société du paraître et qui, malgré sa tendance à censurer de l’absurde est grinçant au possible. certaines scènes pour protéger notre La subversion et sensibilité, n’hésite pas une seconde les héros malà diffuser des séries comme NY Police sains comme Judiciaire et NY Unité Spéciale en pleine Dexter et House journée, le dimanche notamment, à sont évideml’heure du goûter des enfants. ment une autre Alors pour maintenir l’attention du excellente respectateur-payeur, les chaînes amécette, bien que ricaines, et plus particulièrement les maintenant chaînes câblées, misent sur un autre classique, qu’il type de trash. s’agisse de séDu «cru» atypique bien sûr, éminemries au succès

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insolent ou de séries plus confidentielles adulées par la critique, comme Damages. Dans les ‘’succès faciles’’, drogue, sexe et tabous sont aussi au rendez-vous. Du gentiment gore True Blood, aux scènes de sexe homosexuel en plan fixe et sans artifice du très kitsch Queer as Folk, les chaînes câblées comme HBO remportent suffisamment de succès pour inquiéter ABC, NBC, CBS, ou encore FOX. Ces chaînes perdent de l’audience, au fur et à mesure que leurs grandes séries populaires s’épuisent, que les spectateurs lassés se tournent vers les chaînes câblées plus libres, plus innovantes, aux programmes plus trash. Car la bienséance veut que sur les chaînes nationales, on n’ose pas tout montrer. Ou du moins, pas encore.

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MANDELA VERDEAU


LA «TRASH TV», ROYAUME DES BIDONNAGES

DOSSIER

La «télépoubelle», du Loft à L’Île de la tentation, en passant par Koh Lanta et la Star’Ac, est une tendance du paysage audiovisuel actuel. Et ce n’est pas fini, à voir ce qui se passe chez nos voisins…

«D

ominique pensait avoir trouvé l’homme de sa vie, jusqu’au jour où elle a découvert que son fiancé était une femme. Le chanteur Jean-Jacques Lafon a vécu une histoire d’amour à trois : il y avait lui, sa femme et son chien, incroyable mais vrai!». Attention, cette bande-annonce a été diffusée en 1994, pour l’émission Tout est possible, présentée par JeanMarc Morandini. La tendance «trash TV», ou télépoubelle, n’est donc pas neuve. Un petit rappel s’impose : dans les années 1990, les programmes des chaînes privées (TF1 en tête) se dégradent fortement, s’inspirant des concepts de reality shows anglo-saxons et néerlandais. Des programmes comme Tout est possible sont créés. Voyeurisme et émotion facile sont de la partie. Ça marche : 10 millions de téléspectateurs par émission, des recettes publicitaires qui explosent. Pour voir l’actrice X Lolo Ferrari disserter sur sa poitrine décuple XL…

En 2001, M6 lance Loft Story et passe des programmes comme L’Île de la un nouveau cap. Simple transposition tentation. Ici, les candidats sont des du néerlandais Big Brother, l’émiscouples, séparés par sexe dans un sion est produite par la même société, endroit paradisiaque, et doivent réEndemol. La vie de 13 célibataires est sister au charme des tentatrices et filmée 22 heures des tentateurs… sur 24, et le public en clair des > TOUT EST FAIT POUR POUS- prostitué(e)s de doit éliminer 1 candidat par se- SER AU CLASH : ALCOOL ET luxe, payé(e)s maine, au moyen COCAÏNE SONT EN LIBRE- et testé(e)s par d’appels et de la production. SERVICE. SMS surtaxés. Le Bartherotte voyeurisme est – encore lui! poussé un cran plus loin : 50% d’au– révèle ces méthodes dans un livredience pour M6. témoignage, La Tentation d’une île. Il Car les choses empirent. Les producy explique d’ailleurs que tout est fait tions n’hésitent pas à recourir aux pour que des clashes se produisent : trucages. Ainsi, alcool et cocaïne y circulent librePhilippe Barment, afin de pousser les candidats therotte, «jourà la faute. Et créer ainsi, de «belles naliste» d’Endeimages» de télévision. mol, a révélé un Ce média est donc de plus en plus amobidonnage de ral, dans le but d’abrutir les masses. l’émission Pékin Mais ce n’est pas fini. Un petit regard Express dans à la télévision étrangère ne peut que Le Canard Ennous effrayer. À la télévision néerlanchaîné en mars daise, on a lancé «Spuiten en Slikken», 2008 : certains «Se piquer et avaler». Vous ne rêvez candidats ont pas, il s’agit bien de tester en direct été largement les drogues et pratiques sexuelles «alfavorisés par ternatives» (de groupe, en général). la production. Incroyable, mais vrai! À l’antenne, sur Mais les techTF1 ou M6, dans quelques années… niques les plus amorales sont ■ VALENTIN FLUTEAU utilisées pour

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DOSSIER

CE TRASH QUI TACHE Présent depuis toujours dans la littérature, le trash semble devenir peu à peu une nouvelle norme pour attirer le chaland à la lecture. Un « spécialiste » analyse pour nous les œuvres qui ont marqué le genre.

J

ean-Hector de la Boustifaille, éminent professeur de la Sorbonne, spécialisé en littérature romantique épistolaire du XIIIème siècle :

«Du trash dans ma littérature? Allons bon, tout part à vau-l’eau ! Rien ne va plus en ce bas monde, le temps où l’on pouvait se délecter des heures durant de somptueuses descriptions madeleinoproustiennes est définitivement révolu. Du stupre, de la violence, de l’opium, le paysage littéraire d’aujourd’hui est décidément bien différent. Rapide tour d’horizon et petite sélection de ces lectures qu’il vaudrait mieux éviter. 

Et l’on cherche à choquer, et l’on veut toujours aller plus loin. Sacrebleu, Chuck Palahniuk avait pourtant déjà péché plus que de raison en commetOn pourra dire que tant son premier ET L’ON CHERCHE À CHO- roman, Fight tout a commencé pendant ces sataniques QUER, ET L’ON VEUT TOU- Club. Eut-il fallu années soixante-dix. JOURS ALLER PLUS LOIN. qu’il remette Hunter S. Thompson le couvert avec popularise alors le ET L’ON CHERCHE À CHO- À l’estomac en journalisme Gonzo, au QUER, ET L’ON VEUT TOU- 2006! Oui, il concept tout particu- JOURS ALLER PLUS LOIN. s’agit bien de ce lier : non content d’être recueil de nouultra subjectif, ce dernier nous exvelles plus sanguinaires et perverses les pose aux frasques opiacées de son unes que les autres, où les vies toujours auteur. La scène ne se déroule nulle plus ignobles de personnages sans foi part ailleurs que dans la capitale ni loi nous sont racontées. Si bienheumondiale de la débauche, et c’est le reusement le terme de prolapsus rectal cœur lourd que je m’oblige à citer le vous est encore inconnu, fuyez! titre de cette ignominie : Las Vegas Parano. 

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Mais bondissons sans plus tarder une vingtaine d’années en avant. Nous sommes en 1991, et l’infâme Bret Easton Ellis décide alors de donner vie à Patrick Bateman, le trader playboy New Yorkais aux tendances névrosément psychotiques dans le maintenant tristement célèbre American Psycho. La violence pornographique qui y est presque chirurgicalement décrite touche à des sommets de monstruosité, et ce n’est pas la tête décapitée d’une péripatéticienne gisant sur le phallus d’un golden boy tueur en série qui nous dira le contraire.

Nous terminerons ce triste panorama par celui que beaucoup considèrent maintenant comme un héros. Avec I Hope They Serve Beer In Hell, il avait carrément inventé un nouveau genre littéraire, la «fratire» : Tucker Max nous décrit sa vie sexuelle et alcoolique extrêmement débridée sans détour ni complexe. En 2010, c’est la suite Assholes Finish First qui va encore et toujours plus loin, dans le trash comme dans l’hilarité. Dans l’immondice je voulais dire, bien entendu.» Nous remercions le pro-fesseur pour son avis éclairé.

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ROMAIN BERGOUNHE


MUSIQUE

Yodelice : Un retour prématuré ?

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ardioid, deuxième album très attendu de Yodelice, vient de faire son apparition chez les disquaires. Mais très attendu n’implique pas la garantie du succès, loin de là. Cette position de second est au contraire ingrate, à voir certains groupes dont on attendait tant et qui se retrouvent destitués pour un album de moindre qualité que le précédent. Voilà ce que représente la deuxième tentative, d’autant plus préjudiciable que la première réalisation laisse rêveur. Plus encore, Cardioid sort seulement un an après le pétillant Tree of Life, alors que demeure dans nos esprits une œuvre pleine de promesses. Il faut dire que Yodelice n’échappe pas à la règle, avec des avis très mitigés sur l’ensemble de sa création. Pour ma part, je serai concis : mon impression a été plus que satisfaisante. Bien que la barre ait été fixée très haut, il faut avouer qu’on se laisse rapidement subjuguer par tant de sonorités, avec ça et là des références à des monuments musicaux tels que The Doors. Cependant, même si le leader du groupe Maxim Nucci fait un sans-faute, quelques détails pèchent: un rythme parfois forcé, et une retenue récurrente. Malgré ce bémol, Cardioid est à déguster.

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Se présentent à nous une grande diversité d’humeurs et de rythmes, ce qui amplifie l’aspect surprenant et envoûtant du

nouvel opus. En outre, Five Thousands Nights nous plonge dans un univers mélancolique, au travers d’un rythme lent et pesant, tandis que l’album débute sous de meilleurs auspices. On commence en effet le repas par Breathe In, qui certes met du temps à révéler son véritable caractère, mais cela n’enlève en rien la puissance dégagée. Quant à My Blood Is Running et Wake Me Up, ils s’affichent comme les titres phares de Cardioid. Les guitares grondent, tandis que Maxim Nucci envoûte la foule de sa voix grave. Alors que Five Thousands Nights tend à révéler nos travers les plus sombres, nos idées les plus noires, dans ces deux derniers morceaux les riffs de cette bande d’ahuris nous clouent sur place. Et on y distingue bien plus nettement la folie des premiers pas de Yodelice, ce dont on s’était tant délecté par le passé. On est bien évidemment heureux de constater qu’ils l’ont conservée. Pour terminer sur une mauvaise note, on regrettera seulement la transparence de S. Grandgambe, violoncelliste du groupe, omniprésent dans Tree of Life. Ainsi, bien plus énergique que son prédécesseur, Cardioid révèle un visage plus saillant d’un groupe qui regorge de surprises…

ADRIEN MASSARI

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MODE

PARIS EST-ELLE TOUJOURS LA CAPITALE DE LA MODE ? Qu’importe que nous soyons mauvais en langues étrangères ou en foot, car il existe un domaine où l’honneur français est sain et sauf, celui de la mode.

C

e n’est pas une chose noumarques de prêt-à-porter tels que velle certes, puisque c’est Tommy Hifilger ou Calvin Klein. sous l’impulsion Mais la capitale française PARIS EST n’est pas en reste et révode Louis XIV que Paris s’impose comme capi- SURTOUT DE- lutionne aujourd’hui son tale de la mode mais il est Paris n’est plus VENUE LA CA- prestige: toujours bon de le rappeseulement la vitrine des DU maisons haute-couture, ler, au moins pour flatter PITALE l’orgueil national! Pourtant PRÊT-À-POR- elle est surtout devenue la concurrence est rude TER DE LUXE celle du prêt-à-porter de et aujourd’hui le titre tant luxe. Les vêtements sont convoité n’est de fait plus exclusivefabriqués à la chaîne, mais ils ont ment parisien. Ainsi Milan revendique une certaine classe, absente chez les également ce statut : Lieu de naisgéants étrangers du prêt-à-porter sance de grands noms du textile tels tels que H&M ou Zara. Ils incarnent que Diesel, ou de grandes maisons l’essence de la Parisienne, dont le comme Gianfranco Ferre ou Missoni, style est envié par le reste du monde. la capitale lombardienne accueillera dès 2015, la Città della moda, un giL’année 2010 aura ainsi été un gantesque pôle entièrement consacré franc succès pour les marques parià la mode. De même pour Londres, siennes. Aux Etats-Unis, l’époque où qui s’impose sans conteste comme la le mauvais goût de Christian Audicapitale du vintage, ou encore New gier parasitait la jet-set est enfin York, où les créateurs comme Marc révolue, et pour les starlettes amériJacobs s’exportent aussi bien que des caines, la mode est désormais pari-

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sienne. Alors que pour le commun des mortels français ces marques sont souvent inabordables, les fashionistas américaines s’arrachent les pièces très huppées de Vanessa Bruno, Jérôme Dreyfys ou Paul&Joe, qui ont chacun ouvert leur boutique outre-Atlantique cette année. Mais s’il ne fallait retenir qu’un nom, ce serait définitivement Isabel Marant : Depuis plus de dix ans, la créatrice habille les bobos parisiennes chics et urbaines et s’est payé le luxe de choisir Kate Moss pour sa dernière campagne publicitaire. Les Américaines ne jurent plus que par elle et avec presque sept millions d’euros de chiffre d’affaires en 2009 et un succès fulgurant à chaque défilé, la créatrice ne semble pas connaître la crise où la France s’embourbe toujours. Finalement, que cela plaise ou non au reste du monde, le prestige de la mode parisienne a changé de forme, mais il est toujours au top.

ELODIE LEAL

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CH DE ÂT LE E HU AU RL E

LITTÉRATURE

Robert M i l l e r, inspecteur de police de Wa s h i n g t o n , enquête sur les meurtres sauvages de quatre jeunes femmes. Derrière ces crimes semble se cacher un serial killer, le Tueur au ruban. Mais Miller va bientôt découvrir que plusieurs des victimes vivaient sous une fausse identité, et que chaque piste exploitable semble mener à une impasse. C’ est alors pour lui le début du chemin vers les secrets les plus profonds du gouvernement américain.

De Diana Wynne Jones

phie, elle se sait loin d’être l’héroïne parfaite. Et la demoiselle en détresse n’est pas prête à attendre un éventuel prince charmant Après une enfance difficile, et des essais dans qui n’existe pas : Hurle est la musique et la photographie, Ellory a indéniacapricieux, peureux, égoblement trouvé sa voie. Ce troisième roman publié ïste, prétentieux, superen France, après Seul le silence et Vendetta, révèle ficiel. Mais on se surune véritable maitrise du thriller, et même une certaine prend à souhaiter à appropriation du genre. La construction de chaque perSophie un happy sonnage est soignée et le style de l’auteur toujours aussi end des plus agréable. Sur un fond historique, l’intervention militaire traditiondes États-Unis au Nicaragua dans les années 80, Ellory nous nels. intrigue et nous passionne de la première à la dernière page, ne nous laissant aucun répit. Une fois le roman dévoré, nous sommes impatient de découvrir son prochain livre... Affaire à suivre.

AMANDINE SENET (à gauche)

JULES PAVIA (à droite)

LE

SA

NO NY M

ES

E

n Ingary, la jeune Sophie Chapelier mène une modeste vie aux côtés de sa belle-mère dans une boutique modiste. Parce qu’elle est l’aînée de trois sœurs, la tradition veut qu’elle soit condamnée à toujours échouer ce qu’elle entreprend. Un soir, elle est transformée en vieille femme par la Sorcière des Landes, et s’enfuit de chez elle. Elle se réfugie dans le château du sorcier Hurle, DomJuan-dévoreur-de - cœurs réputé qui garde un démon du feu Calcifer. Non, il ne s’agit pas du dessin Le Château animé Le Château Ambulant ambulant réalisé par Miyazaki, mais bien du livre qui a inspiré le célèbre réalisateur japonais. Le roman entraîne son lecteur dans une fresque qui se joue des conventions du conte de fées pour enfant. Sans verser dans la psychologie des personnages, Diana Wynne Jones a choisi de garder un lien avec la réalité du monde Hurle des adultes : Howl vient du pays de Galles et y fait des voyages fréquents. Quant à So-

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De R. J. Ellory LE SCANDALEUX MAG N°11 - PRINTEMPS 2011


CINÉMA

SEXE, DROGUES & ROCK’N ROLL ... ... Ou quand Mon Oncle Charlie pète les plombs.

N

on, cet article ne va pas traiter d’un obscur membre de famille vivant dans une contrée reculée, mais bel et bien de Charlie Sheen, qui a (pour rester simple) «complètement pété un câble». Et par câble, on entend plus un bon treuil de téléphérique qu’un petit bout de ficelle. Reconnu pour ses frasques sexuelles sous produits à licité douteuse, le fils du légendaire Martin Sheen semble vouloir brûler la vie par les deux bouts, assez littéralement. Star du cinéma ayant joué dans des classiques tels que Platoon, Wall Street ou Hot Shots, Charlie Sheen a fait la transition au petit écran de manière plutôt réussie. Premier rôle de la série Mon Oncle Charlie, dans laquelle il joue un compositeur dragueur et plutôt porté sur l’alcool, il est devenu en 7 ans l’acteur de série télévisée le mieux payé au monde. Imaginez donc : 1,2 millions de dollars par épisode en moyenne, pour des saisons de 24 épisodes, ça grimpe vite. Mais CBS, la chaine porteuse, ne s’en plaint pas : les audiences sont extraordinaires et même le New York Times a décerné à la série le titre de «meilleure comédie de la décennie». Mais revenons à ce fameux Charlie. Habitué des scandales, il redouble d’efforts à chaque nouvelle affaire pour continuer à étonner. Dernière extravagance? Une petite soirée chez lui, qu’il a notamment passée avec deux stars du porno, et une valise pleine de cocaïne. Bien évidemment, une telle sauterie digne de ce nom ne peut se terminer que d’une seule manière : à l’hôpital. Cet événement a non seulement provoqué l’émoi public, mais aussi une première suspension temporaire de la série Mon Oncle Charlie. Un mois et une cure de désintoxication plus tard, Charlie revient sur tous les plateaux télévisés et témoigne.

«Je prends de la drogue. Elle s’appelle Charlie Sheen. On ne peut pas s’en procurer parce que si vous l’essayiez ne serait-ce qu’une fois, vous mourriez. Votre visage fondrait et vos enfants ne pourraient plus que pleurer sur votre carcasse explosée». Le ton est donné. Sans ambiguïté aucune, le phénomène s’en donne à cœur joie dans cette interview donnée à ABC il y a peu. À la question «Avez vous peur de mourir?», rien de mieux qu’un «Mourir, c’est pour les idiots». La dernière fois qu’il s’est drogué? «J’en ai pris plus que n’importe qui pourrait survivre. Je sais plus, je tapais dans des cailloux de 7 grammes et je les finissais, parce que c’est comme ça que je fonctionne. Je n’ai qu’une vitesse : j’y vais, et c’est tout». Au diable de se repentir, Charlie, il assume. Avec une assurance mégalomaniaque, il décrit son expérience comme de la pure magie, quelque chose que lui seul aurait pu faire. Survivre à quelque chose comme ça? Il suffit d’être lui, c’est aussi simple que ça. Aujourd’hui, il assure que «c’est terminé, la drogue m’ennuie à mourir. J’ai envie d’autre chose». De s’occuper de ses enfants ou d’un nouveau scandale? La guerre est en tout cas ouvertement déclarée avec le producteur de la série Chuck Lorre, qui a tout juste décidé d’une deuxième suspension, définitive celle là : la 8ème saison en restera donc aux épisodes déjà tournés. Difficile de lui donner tort, mais Charlie n’en finit plus de rassurer : «Je ne retomberai pas dans la drogue. Un clignement d’œil et j’ai guéri, n’importe qui en est capable». Vu le super héros, on n’en doute pas. Sa narine droite, trois fois plus grosse que l’autre, non plus.

ROMAIN BERGOUNHE

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SUDOKU M O Y E N

D I F F I C I L E

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HOROSCOPE CAPRI-CORNE-CARNE Comme le célèbre plat mexicain, tu es savoureux sur le moment, mais tu laisses un arrière-goût désagréable. Abandonne l’espoir de toute relation dépassant la semaine. TAUREAU (BENICIO DEL) Enfin! Des associations luttent contre les corridas : tu ne laisseras pas ta femme et tes petits avec une misérable pension quand tu te feras trouer comme une passoire… Mais vu le chômage en Espagne, tu vas finir par te rendre contre rémunération à MacDo ou à Buffalo Grill pour permettre à ta famille de garder son toit.

(DÉ)VERSE-EAU : TSUNAMI Tu n’as pas vraiment la cote, personne ne comprend ta raison de vivre.

GÉMEAUX : LES FRÈRES BOGDANOV Vous ressemblez à des poupées de cire (ou de son) et vous faites plus rire que réfléchir à la télé. Selon un récent sondage, le patinage artistique vous irait mieux que l’astrophysique.

LION : SIMBA Tu es un enfant turbulent qui fatigue ses parents. Ton oncle va tuer ton père et des buffles vont vouloir t’écraser. N’essaie pas les drogues pour calmer ta souffrance, ton père ne peut pas te parler dans les étoiles. SAGITTAIRE Sale journée en perspective. Et aucune échappatoire. Dommage…

MOTS

POISSONS : MOBY DICK Tu es un cachalot blanc majestueux, mais tout le monde s’acharne à te harponner. N’espère pas en réchapper, ce sera comme ça toute ta vie, en particulier aujourd’hui.

CANCER : DE LA PROSTATE Tu fais peur à tout le monde et tu aimes bien ça. Tu as encore de beaux jours devant toi, comme ton copain SIDA et ta femme méningite.

VIERGES : (JUSTIN BIEBER) Ton année s’annonce encore morose. Trouver l’âme sœur, raté. Tu as perdu espoir jusqu’à te demander si aller chercher ton bonheur Avenue du Peuple Belge était vraiment immoral. En plus c’est illégal, garde donc espoir!

BÉLIER : GASPARD LE BOUC Être un bélier n’est pas facile. Pas la peine de se taper la tête contre les portes non plus, Axe peut t’aider. BALANCE : JUDAS Ta mère te l’a dit, rapporter c’est pas beau. Mais c’est si agréable… Bien manier l’art de la délation t’ouvrira les plus grandes portes et te permettra d’éjecter des concurrents sérieux aux partiels notamment. SCORPION Après t’être lancé au cinéma avec Le Roi Scorpion en 2002, un navet inqualifiable, tu veux poursuivre dans cette voie. Oublie, reprends tes études sérieusement.

CROISES

HORIZONTALEMENT

VERTICALEMENT

1 : Action post-coït. 2 : Art martial. Groupe de 27 3 : Marché. Université de Californie. 4 : Infrarouge. Poissons d’eau douce. 5 : Pierres au chocolat. 6 : Insecte déplaisant. Erbium. 7 : Obtenus. Aperçu. Coutumes. 8 : Emission de cétacé. 9 : Moquerie.

1 : Utile à Lille. 2 : Jour homonyme d’une ville méridionale. Salle de fêtes. 3 : Alias anglais. Plat helvétique. 4 : Se sent comme une bamba triste. Plaque libanaise. 5 : Etat de Boise. Langue du Sud. Grande vallée. 6 : Concentrée sur son nez. 7 : L’argent l’est trop. Rivière Kazakhe. 8 : Démasqué. Indicatif érythréen. Soudé. 9 : Qu’il y arrive.

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RECETTE

ARANCINE ALLA CARNE Les arancine sont une spécialité culinaire sicilienne, devant leur nom à leur couleur et leur forme (Arancini signifie des petites oranges en sicilien).

Ingrédients

- 250g de riz - 200g de pommes de terre - 100g de parmesan - 2 oeufs

(pour 4 personnes)

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Préparez (ou achetez, à vous de voir) une bolognaise.

Faites cuire le riz et les pommes de terre après les avoir pelées. Écrasez ces dernières puis mélangez-les au riz. Attendez que ça refroidisse (à moins que vous aimiez vous brûler). Ajoutez le parmesan, les oeufs et les pignons. Salez, poivrez, puis mélangez. -

Laissez reposer quelques heures.

A partir du mélange obtenu, formez des ½ boules, garnissez-les avec la sauce bolognaise (environ une cuillère par arancina) puis formez les boules en rajoutant du riz. Après les avoir bien travaillées, passez-les dans la chapelure.

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- une sauce bolognaise - des pignons - de la chapelure - sel, poivre

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Mettez-les au frigo pendant deux heures.

Faites-les cuire dans une friteuse jusqu’à ce qu’elles deviennent dorées. Égouttez-les et mettez-les sur un papier absorbant. Il ne vous reste maintenant plus qu’à les manger.

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