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Le Scandaleux Le magazine étudiant lillois

www.lescandaleux.com

La vérité sur la biture express Nous n’aimons pas l’OL

Juin 2007

N°2

Interview exclusive : Roland Jourdain, vainqueur de la route du Rhum 2007

La wii, une Révolution Lille vu par...

« J’ai eu le mal de mer à mes débuts»

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Le Scandaleux

Juin 2007



Le magazine étudiant lillois Site internet: www.lescandaleux.com E-mail: www.lescandaleux@hotmail.fr

d’Alexis V.

Notre joyeuse équipe se présente:

Le voilà. Le Scandaleux nouveau est arrivé. Ce magazine étudiant distribué dans l’ensemble des pôles étudiants lillois. En d’autres termes, l’aventure continue ; la saga n’en est qu’à son deuxième épisode. A l’heure d’écrire ces quelques lignes, je suis envahi d’un fol espoir, vous procurer toujours plus de plaisir à l’ouverture du Scandaleux. Du haut de nos 20 ans nous avons été guidés par deux impératifs : vous informer et vous divertir. Tout au long de votre lecture, n’oubliez jamais que l’hyperbole et le second degré sont deux armes dont nous nous servons abondamment. En ces temps de campagne législative, nous aurions pu nous aventurer sur les chemins tortueux de la politique ; les autres journaux vous ont seriné de sondages depuis des mois, des demi savants ont proclamé que tel ou telle serait immanquablement élu(e) pour présider aux destinées suprêmes. POINT TROP N’EN FAUT. Aussi ne trouverez-vous pas de consignes tacites de vote dans nos colonnes, ce qui est relativement rare pour un journal dans notre beau pays. En revanche vous trouverez des papiers traitant d’autres actualités brûlantes. Nous avons notamment réalisé un dossier sur l’alcoolisme étudiant. Encore un ? Oui, mais celuici est quelque peu dissonant… Roland Jourdain nous a accordé une interview. Navigateur hors pair, il a accepté de répondre à nos questions de néophytes. Nous voudrions le remercier chaleureusement pour sa patience.

De gauche à droite, de haut en bas Emilie, Camille, Céline, Marjorie, Alice, Marie, Aurélien, Bertrand, Julien, Alexis, Thomas, PG, Othman, Khalid, Thomas et Mathieu.

Le Scandaleux en quelques chiffres : 18 étudiants, 24 pages, 10 écoles et 6000 exemplaires. Au-delà des chiffres, le Scandaleux, c’est bien sûr et avant tout un esprit. Le Scandaleux est là pour créer un lien entre différentes écoles, pour s’ouvrir à ce que font d’autres promotions, pour parler des étudiants qui se bougent sur Lille. Défendre vos points de vue. Porter haut vos coups de gueule. En un mot, nous changer du 20 minutes. Divertir ou provoquer. Se faire plaisir et avancer. Et c’est de ce projet que naît l’esprit scandaleux. Du défi de fonder une institution pérenne qui sache rassembler les étudiants lillois. Pourvu que vous ayez autant de plaisir à lire Le Scandaleux que nous avons eu à le réaliser. Vous avez envie de faire partie de l’aventure, de participer à la distribution ou plus : rendez vous, donc, en octobre, pour le 3ème numéro! Et d’ici là, faites-nous signe, tout simplement.

France Ravissante idiote Lettres iraniennes

People 4 Quand Harry se dénude... 5 Rubrique people

Interview

Cinéma

Entretien avec Roland Jourdain 6

Chronique cinéma

Société

Vie

La vérité sur la biture express

8

International La journée des femmes We love America

Culture Rubrique livres

Au nom de toute la rédaction, je vous souhaite une bonne lecture.

Sport

Vive le Scandaleux ! Vive les étudiants lillois !

Nous n’aimons pas l’OL Sports en bref

16 17 18

étudiante

www.manger-bouger.com Wii, une Révolution...

19 19

Lille

10 11 Lille vu par une parisienne et une bordelaise 21 Hymne aux éléphants de la rue Faidherbe 21 14

Divertissement

15 15

Horoscope Mots croisés Sudoku

22 22 22




Juin 2007

Le Scandaleux

Ravissante idiote Eté 2004 : Athènes. Une jeune femme, Laure Manaudou , monte à 17 ans au sommet de l’Olympe. Dans la paume de sa main, un prénom : PierreHenri, son petit ami. Manaudou profitera des projecteurs braqués sur elle, signera quelques contrats, papillonnera ci et là. Quand vient l’heure de retrouver son entraîneur, Philippe Lucas, sympathique et hirsute fan de Johnny, un premier psychodrame survient : Laure veut nager avec Pierre-Henri ; Laure estime aussi que l’homme au marcel est trop exigeant. Après des semaines de circonvolutions, Laure replonge dans les bassins. Les championnats du monde 2005 arrivent à grands pas. Elle manque d’être sortie en demi-finale d’un 400 m qu’elle gagnera finalement, mais elle arrêtera ces championnats avec cette seule victoire. Manque de préparation, dispersion, bouderies, autant d’erreurs que la nouvelle

égérie de Lancel se promettra de ne plus commettre. Manaudou et Lucas enchaînent alors 2 campagnes fastes : les Europe 2006 et les mondiaux 2007 sont les Championnats de la Consécration. Une nouvelle star est née. La France tombe amoureuse de cette gamine qui fait retentir la Marseillaise aux quatre coins du monde, que s’arrachent les publicitaires et qui fait rêver les ménagères avec ses photos de couple dans Match. Son couple. Son petit ami est italien, il se nomme Luca Marin et nage pour le club de Vérone. Il a une caractéristique : il ne parle jamais de Laure. Elle, en revanche, nage avec un bonnet italien, sourit niaisement en exhibant « love » à la fin de chaque course. Fin 2006, le couple donne une interview à Paris Match. Laure, dans un élan de pudeur, affirme « se sentir femme », « acheter des bas », « sentir un besoin d’être mère ». Chacune de ses réponses fait 10 lignes. Le laconique Luca ne répond, lui, jamais en plus de 2 lignes…Laure nous apprend qu’elle se rend régulièrement à Vérone. Luca ne prend en revanche jamais la peine de venir en France… Tout se complique en avril 2007. Laure décide de rejoindre Luca et de quitter son élégant mentor. Ce dernier l’entraînait depuis 7 ans, il l’avait menée aux records mondiaux. Laure a une maîtrise partielle de la géographie italienne.

Laure Manaudou et son entraineur Philippe Lucas

France Aussi atterrit-elle à Turin, à 300 km de Luca (qui affirme n’être au courant de rien). Laure constate alors qu’elle ne pourra rejoindre son ami à Vérone faute de place pour elle. Elle se résout à s’entraîner à Turin. Petite surprise : désormais quand son chevalier servant viendra la voir, il sera entouré par une cohorte de journalistes ; le romantique Luca a en effet déclaré vouloir monnayer les clichés. Bilan : Laure a quitté l’homme qui l’avait menée aux sommets, à 1 an des JO, pour un aréopage d’entraîneurs et de médecins aux réputations douteuses. Elle est seule à Turin, le bon Luca Marin semblant peu disposé à gaspiller ses précieuses séances de piscine pour la rejoindre. Philippe Lucas entraîne désormais Camilla Potec, la plus sérieuse rivale de Laure en vue de Pékin. Chère Laure, le Scandaleux souhaite t’aider à comprendre ce qui t’arrive. Tu es tombée amoureuse d’un italien qui se fout éperdument de ton petit minois. Tu as sottement tout plaqué pour le rejoindre ; il est probablement satisfait : il va pouvoir monnayer vos clichés. Néanmoins, il te laissera tomber comme une enclume, sois-en sure. Tu ne représentes rien pour ces italiens excepté un coffre fort à pattes. La France considère que tu as trahi ton espèce de Polnareff. Bref, tu pourrais bien finir seule, alcoolique et apatride. Alexis V.


France

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Lettres Iraniennes Cher Reza, Les étendards sont en berne. Une vague de tristesse et de nostalgie éclate sur nous. Le désespoir submerge le peuple de Paris (et d’ailleurs, mais tu l’auras compris, seule importe la ville lumière) : le Shah s’exile. Des cortèges de pleureuses versent des torrents de larmes, les mutilations volontaires se succèdent, les sacrifices humains se multiplient. Las. L’ancien nabab de Paris se retire. Analysons le parcours de cet être dont le départ suscite tant d’émotions. Le Shah a commencé son épopée en servant un illustre Lillois (Lille, cité septentrionale où l’on croise phoques et ours blanc). Je crois que tu as bien connu cet homme que d’aucuns considèrent ici comme un demi-dieu. Après des décennies des taches subalternes, le Shah entre enfin au palais. Aussitôt arrivé, il décide de reprendre les tests du mousquet géant au grand dam des amis de la tendre libellule et du gentil coquelicot. Son vizir devient fort impopulaire en raison d’une réforme du statut des fakirs. Etrangement, le Shah choisit

alors d’éconduire le conseil des notables. Le rapport de force devient négatif et il doit choisir un nouveau vizir. Ce dernier se révèlera fort peu urbain. Nous devons noter qu’il fut membre de la secte de l’égale répartition dans sa jeunesse. Ceci peut expliquer cela. Au cours de ce mandat, le Shah ne fit rien de réellement marquant hormis l’organisation d’un tournoi de sumo à Paris. (Ces personnages si sveltes qui arborent superbement un chignon gominé). L’humiliation du vizir marqua des élections où le Shah triompha en finale d’un sombre vieillard. Le maître se distingua par de vigoureuses décisions : il nomma un poète plénipotentiaire en chef. Ce

fin lettré composa un impromptu et le déclama à la tribune de la Société des Royaumes Pacifiques. Le sujet était: La guerre en Mésopotamie. Il reçut de vifs applaudissements pour sa prestation. Ce succès littéraire rejaillit à plein sur le Shah. (Certes, la rhétorique ne plut guère aux habitants du nouveau monde, ni aux hommes de Judée, pays dans lequel le Shah avait, par le passé, vigoureusement invectivé les forces de sécurité). Le grand homme échappa aussi à un attentat ourdi par un tondu agressif. En 2003, le Shah était fort apprécié mais ses missi dominici nettement moins; les indigents et les nécessiteux pullulaient et les cahiers de doléance se remplissaient. Le Shah subit alors un camouflet lors d’élections de médiocre importance. Il organisa alors une consultation portant sur l’Europe. Les forces les plus obscures de la nation menèrent alors une vigoureuse campagne de calomnie, liant tantôt la question aux Ottomans, tantôt aux Physiocrates. L’échec, encore l’échec. Le Shah, fort marri, nomma le poète Vizir; et dû nommer un nain Chef des Gardes, nain dont nous reparlerons présentement. Le Shah se devait désormais de penser aux prochaines échéances. Il voyait en le vizir un possible successeur. Mais après quelques résultats encourageants, une réforme suscita la colère des damoiseaux. Le poète subit alors quolibets et humiliations. Le scandale «clair courant » acheva de déboulonner sa stature de dauphin et affaiblit un peu plus le Shah. La sourate était écrite: le Shah devait se retirer. Les derniers mois furent consacrés à l’Histoire: adoption de postures visionnaires, discours d’adieux émouvants, manuscrits… Peut-être, Reza, trouves-tu le Shah que je décris débonnaire ou inactif. Néanmoins, sois persuadé que cet homme avait une capacité de rassemblement certaine. Alexis V.




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Le Scandaleux

En tête à tête avec Roland Jourdain, le grand vainqueur de la Route du Rhum 2006 en monocoque Bonjour monsieur Jourdain, Tout d’abord, commençons les présentations : Roland Jourdain, dit « Bilou », êtes un navigateur français né le 28 avril 1964 à Quimper. Après 12 jours, 11 heures 58 minutes et 58 secondes, vous avez franchi en vainqueur la ligne d’arrivée en Guadeloupe. D’où vient ce surnom « Bilou » ? Lorsque j’ai commencé à naviguer, j’étais le plus jeune de l’équipe. Notre moniteur nous appelait « les ptits bilous », surnom qui m’est resté puisque quelques années plus tard, d’anciennes connaissances m’ont prénommé Bilou en me revoyant. Comment vous décririez-vous ? Hum… c’est pas facile… Je dirais que j’ai une bonne nature et je suis quelqu’un de jovial. J’ai aussi pas mal d’endurance ; mais je peux être également un peu feignant et dans un sens, la mer me botte les fesses ! Qui vous a donné cette passion pour la mer ? Je suis le premier de la dynastie Jourdain à être sur la mer. Mon père m’a néanmoins donné le goût de la nature et des grands espaces que je retrouve sur l’eau. Et puis des rencontres et opportunités m’ont fait découvrir l’univers de la mer. Quelle est la motivation première de vos courses de voile ? Le désir de gagner ? La passion pour la mer ? Vous dépasser toujours plus ? Ma motivation première n’était pas la compétition, mais j’y suis parvenu par l’école de voile. J’ai découvert un monde. La compétition est un moyen pour moi de voyager et de repousser mes limites. Cependant, j’ai vite appris qu’il faut être parmi les meilleurs pour rester en compétition, avoir des sponsors et ainsi continuer à exercer ma passion ; la victoire est une fin en soi sans en être une. Elle permet d’avancer, d’envisager d’autres aventures. Quel sentiment retenez-vous de vos virées maritimes ? On a de longs moments de galère mais ramenés à la dimension du projet, c’est presque négligeable. C’est un projet lourd qui demande des mois de préparation; cela nécessite un véritable travail d’équipe, un travail d’entreprise avant d’acquérir ce plaisir et cette liberté. Sur l’eau, tout est plus simple dans la mesure où c’est plus binaire : c’est soit bien soit mal, soit noir soit blanc. Par exemple, lorsqu’on casse quelque chose sur le bateau, c’est l’horreur, l’angoisse, puis le bonheur et la fierté lorsque l’on a réussi à réparer les dégâts. Les sentiments sont exacerbés par rapport à ceux éprouvés à terre. Quelle impression a-t-on lorsqu’on n’aperçoit plus aucune terre? Qu’on est seul au milieu de

Interview

l’océan? Pour moi, c’est plus rassurant d’être sur l’eau que sur terre. Qui plus est, en mer, la terre reflète plutôt le danger : en effet, quand on se rapproche de la terre, il y des dangers tels que les petites embarcations, les rochers ; alors qu’au large, on est bien. D’accord, on est comme dans une boîte de conserve, comme une tortue avec sa maison sur le dos mais on a un sentiment de puissance, de faire corps avec la machine. Comme je l’ai déjà dit, j’aime tous les grands espaces, le désert, la montagne, l’eau. La différence, c’est que, dans le désert, on peut s’éloigner de son chameau, alors qu’en mer on ne peut s’éloigner du bateau ! Quel a été votre plus grande peur en bateau ? Il y en a eu plus d’une : lors de ma première course au large, la Mini Transat en 1983, j’ai fait naufrage avec mon petit bateau. Deux ans plus tard, je suis tombé à l’eau pendant une course de nuit dans l’estuaire de la Tamise. Il arrive parfois que l’angoisse monte sur le monocoque mais c’est ce qui limite la folie, si on n’avait jamais peur on prendrait trop de risques ! La peur la plus récurrente est celle de « casser », notamment en termes de performances. Elle survient à chaque fois que le bateau tape l’eau avec insistance. Et qu’en est-il du sommeil lorsqu’on navigue en solitaire ? Ne craignez-vous pas qu’il survienne quelque chose pendant ce temps de repos ? Il faut avoir confiance en le pilote automatique et faire abstraction du risque d’une panne éventuelle de celui-ci. Mais en solitaire, le déficit de sommeil est tel qu’il n’est pas difficile de s’endormir. La nourriture n’est-elle pas trop infecte ? (rire) Non , on a fait beaucoup de progrès. Je mange surtout des pâtes et du riz pendant les longues courses. Mon ex-sponsor Sill (NDLR groupe agro-alimentaire privé breton implanté près de Brest en Bretagne) a réalisé toute une gamme de produits à base de viandes et poissons en conserve. Et puis c’est tellement bon quand on revient à terre, de retrouver des saveurs ! Pouvez-vous nous raconter votre plus beau et plus intense souvenir en voile ? C’est difficile d’en sortir un parmi tant d’autres. Le plus récent est le passage de la ligne d’arrivée de la Route du Rhum. Mais cela peut être aussi de magnifiques moments météo ou le fait de croiser des baleines : des spectacles scotchants ! Ca change tout le temps, on ne se lasse pas ! Egalement, lorsque la partie supérieure de mon mât s’est cassée et que j’ai dû m’arrêter au Cap Horn, dans des conditions météorologiques très mauvaises, j’étais dans la misère la plus totale ; puis j’ai réussi à le réparer, et là, c’était merveilleux . Quel est votre prochain raid prévu ? Le 11 Novembre 2007, je participe au Barcelona World Race (NDLR : c’est une nouvelle course autour du monde en double et sans escale, dont le départ sera donné en novembre 2007 à Barcelone, et qui se tiendra tous les 4 ans. ) Connaissez-vous la Course Croisière Edhec ? Oui, et j’y ai déjà participé trois ou quatre fois à Brest, Lorient et la Rochelle. Cette année, je suis parrain du bateau de l’EPF. Quand j’étais jeune skipper, j’ai participé à la Course Croisière Edhec mais je n’étais pas tout à fait sur la même longueur d’onde que les étudiants d’école car ils étaient là

Roland Jourdain le plus souvent pour le plaisir, s’amuser et faire la fête alors que moi j’étais là pour faire mon petit business. Je trouve que c’est un événement intéressant pour les jeunes. Connaissant le milieu, je sais qu’il faut avoir du courage, et monter son projet est un super challenge. Arrivé à Pointe à Pitre, quel fût votre premier désir ? Un ti’ punch ? Un peu de tourisme ? Mon premier souhait était de dormir ! J’y suis resté ensuite une semaine, mais je connaissais déjà bien la Guadeloupe. Partez-vous parfois en vacances avec votre famille sur un bateau que vous pilotez vousmême ? Oui, j’ai fait deux croisières avec ma famille ces dernières années ; ça n’a rien à voir avec les courses de voiles, on est sur un bateau totalement différent, doté d’électricité, d’une douche, d’un four… des trucs incroyables quoi ! ( rire ) Un éventuel avenir dans la voile pour les petits Jourdain ? Non, nous pratiquons des sports d’eau ensemble, mais mes enfants ne veulent pas suivre cette voie. De plus, le plus grand, comme ma femme, a le mal de mer. Tout comme je l’ai eu à mes débuts d’ailleurs ! Cela ne les attire pas, peut-être parce qu’ils prennent déjà les galères et les absences de plein fouet. Je serais bien évidemment inquiet s’ils suivaient mon chemin et partaient en mer pour de longues courses, mais il faut bien faire quelque chose, et bien d’autres passions sont toutes aussi dangereuses. Quel serait le comble pour un navigateur comme vous ? Avoir les pieds sur terre ? Le mal de mer ? Je dois dire que j’ai plutôt les pieds sur terre et je l’adore ! Un des bonheurs de la navigation est ce privilège de pouvoir prendre un peu de recul en mer pour mieux apprécier la terre. Vos problèmes vous semblent bien petits quand vous êtes sur l’eau. Concernant le mal de mer, je l’ai eu à mes débuts, il m’a fallu lutter. Et cela m’arrive encore aujourd’hui quand je n’ai pas navigué depuis 2-3 mois.


Interview Quel est le navigateur que vous admirez le plus (mort ou vivant) ? Pourquoi ? Je ne sais pas… Je crois qu’il n’y en a pas vraiment. Vous savez, quand j’étais gamin, je mettais Eric Tabarly sur un piédestal puis j’ai eu l’occasion de faire le tour du monde avec lui et il s’est démystifié. Déçu ? Non, c’est juste que c’est un bonhomme de chair et d’os avec ses qualités et ses défauts comme tout le monde. Mais il reste l’homme qui a fait découvrir la voile en France. Il y a aussi Peter Blake (NDLR : Sir Peter Blake 19481991, âgé de 53 ans, s’était retiré des courses nautiques et se consacrait désormais à des études environnementales. Le 5 décembre 2001, à bord de son bateau Seamaster, il se trouvait en mission dans l’estuaire de l’Amazone avec ses collaborateurs quand il fut attaqué par un groupe de pirates. Peter Blake fut tué et deux membres d’équipage blessés). Je l’admire pour son parcours impressionnant, notamment à la suite de sa reconversion dans le domaine environnemental. Le mot de la fin … J’ai toujours été très attaché à la nature, à l’environnement, aux grands espaces. Plus que jamais il faut le dire, et ce n’est pas parce que c’est dans l’air du temps : essayons de vivre en harmonie avec la « ptite boule » sur laquelle on vit. Aux futurs dirigeants que vous êtes, l’avenir est entre vos mains… 

Céline C.

Le Scandaleux Palmares de Roland Jourdain

Juin 2007



2000 : Europe 1 New Man Star : 2e sur Sill 1999 : Transat Jacques Vabre : 4e sur Sill

2006 : Route du Rhum 2006 : 1Er

1998 : Solitaire du Figaro : 5e

2005 : Transat Jacques Vabre : 2e avec Ellen

1997 : Transat Jacques Vabre sur Banque

MacArthur

Populaire : 4e

2003 : Route du Nouveau Monde : 1er

1997 : Solitaire du Figaro : 6e

2003 : Calais Round Britain Race : 2e

1996 : Solitaire du Figaro : 6e

2003 : Transat Jacques Vabre : 2e avec Alex

1995 : Transat Jacques Vabre sur Région

Thompson

Haute Normandie avec Paul Vatine :1er

2002 : Grands Prix de Quiberon et

1994 : Transat AG2R : 1er (avec Jean Le

Marseille : 1er

Cam)

2002 : Regata Rubicon : 1er

1994 : Solitaire du Figaro : 3e

2002 : Route du Rhum : 4e

1993 : Course de l’Europe sur Fujicolor :

2001 : Champion du Monde MMA IMOCA

1er

2001 : Transat Jacques Vabre avec Gaël Le

1992 : Transat AG2R : 3e

Cléac’h : 1er

1991 : Course de l’Europe sur RMO : 1er 1985 : Whitbread avec Eric Tabarly sur Côte d’Or

2001 : Vendée Globe : 3e sur Sill 2001 : EDS Challenge : 2e sur Sill

Roland Jourdain pendant la Route du Rhum 2006


Le Scandaleux La vérité sur la biture express 

Juin 2007

Début janvier, France 2 consacrait un numéro d’Envoyé Spécial à ce nouveau phénomène intitulé la “biture express”, traduction du terme anglais de binge drinking, qui consiste à “boire jusqu’à plus soif, jusqu’à en perdre connaissance et mettre sa vie en danger”. Si vous avez manqué ce documentaire d’exception, rendez-vous sur www.dailymotion.com, vous ne serez pas déçus. « Alerté par une enquête de la LMDE et des médecins spécialisés sur le rapport des jeunes à l’alcool, Envoyé Spécial a pu mesurer l’ampleur du phénomène et dresser ce constat frappant : des jeunes d’à peine 20 ans sont déjà, chez nous, en France, dépendants de l’alcool ». Pour la version officielle. La version officieuse est sans doute moins percutante : des reporters en manque de sujets qui décident de s’intéresser au rapport des jeunes à l’alcool, en en rajoutant une couche pour faire de

Société

l’audience. En racontant au passage deux trois âneries. Et en choisissant une cible bien particulière : les grandes écoles. Car là, au moins, les jeunes devraient savoir se tenir, bon Dieu, ce sont les futurs dirigeants de la France ! Bizarrement, deux écoles en ligne de mire : l’ESC Rouen, dont le directeur a décidé de combattre ce fléau en interdisant au BDE de stocker des alcools forts sur le campus, et en interdisant aux entreprises d’alcool de sponsoriser des soirées Open Bar ; et l’Edhec, dont les images volées, caméra au poing et sans autorisation, par Envoyé Spécial, dénoncent le fait que la Course Croisière ait certaines affinités avec une certaine boisson alcoolisée à l’anis. « L’ESC Rouen a décidé de regarder la

vérité en face et ce sujet est aujourd’hui pris très au sérieux par la direction de l’école, une attitude courageuse que n’ont pas certains établissements qui préfèrent la politique de l’autruche », dit la voix off. Elle avait dit plus tôt : « L’ESC Rouen est la 6e école de commerce française » (dans quel classement ???), et de s’extasier sur ses 1200 élèves, sa connexion WiFi dans tout l’établissement, son avenir des plus roses, « comme en témoignent les cartes de visite des anciens ». Ce n’est pas un hasard si le bruit court que l’ESC Rouen aurait payé Envoyé Spécial pour qu’il fasse ce reportage. Un bon coup de pub. Ce que le reportage ne dit pas, c’est que le jeune garçon de Rouen qu’on voit dans le reportage était un bideux qui a mis sa liste en péril, car les étudiants de l’ESC ne voteront pas pour une liste BDE dont les membres acceptent de tergiverser sur les méfaits de l’alcool chez les jeunes et de laisser filmer sa préchauffe par les caméras de France 2…ça doit pas faire cool. Et pourquoi boit-on ? « En école de commerce, les soirées sont devenues un exutoire pour des étudiants qui ont travaillé dur pour gagner leur place ». L’excuse, si elle est valable pour les étudiants d’HEC, l’est un peu moins pour ceux de l’ESC Rouen. Sans rancune, Rouen, tu as le mérite de nous avoir donné la plus belle définition de la choppe : « - Une choppe c’est quand ya 2 personnes, bah voilà… - Bah voilà? - Ouais, en fait ils s’embrassent, voilà, et puis, ils sont contents, quoi! » En école de commerce, 1 étudiant sur 10 boirait de l’alcool 3 à 4 fois par semaine, ce qui ferait d’eux les champions de la consommation d’alcool,


Société devant les ingénieurs et les médecins. On a peine à croire ces chiffres quand on sait qu’en école d’ingénieur, seuls 10% des étudiants sont des étudiantes. Et que les 6 premiers mois d’école d’ingénieurs sont volontairement peu chargés pour permettre aux étudiants de se remettre de la prépa. De là à soutenir, comme le font certains, qu’il faut faire baisser le niveau d’exigence des concours pour éviter ce genre de phénomène, il y a un pas que nous ne franchirons pas. A qui profite la cuite ? Aux compagnies qui vendent l’alcool, certes. N’est-ce pas au moins aussi scandaleux qu’ils mélangent de l’alcool fort à des boissons sucrées pour toucher un public plus jeune ? Quant au parrainage des soirées par ces entreprises, cela fait partie d’un ensemble : les sponsors sont indispensables à tout événement de ce genre, et ce phénomène a au moins l’avantage de préparer les étudiants à cette dure loi de la vie, « on a rien sans rien ». Oui, c’est moche de se faire de l’argent sur le dos des autres, en mettant en danger leur santé, physique ou financière. Mais si c’est pour dire des banalités en s’en offusquant, Envoyé Spécial aurait aussi bien pu faire un sujet sur les prêts à la consommation, les drogues, la prostitution, le tourisme sexuel ou autre réjouissance inventée par la race humaine. Mais alors il aurait sans doute au moins pris la peine de vérifier ses informations ; tandis que ce reportage dit « en rouge, ce sont les étudiants du bureau des élèves eux-mêmes, qui font le service d’ordre pour la marque d’alcool ». Avant d’extrapoler : « mais le clou de la soirée, c’est la projection de ce film. Il relate les événements de la Course Croisière de l’année dernière, des écoles de la France entière y participent. Moment fort: l’apéro qui porte le nom de la marque. Les 6000 étudiants présents s’en donnent à coeur joie,

Le Scandaleux

l’apéro tourne à la biture express ». Car c’est bien connu, si des étudiants de la France entière se prennent la tête à trouver un bateau, former une équipe, chercher des sponsors pendant des mois, et vont s’entraîner en plein mois de février, c’est pour pouvoir se bourrer la gueule à l’apéro Ricard de la Course. Il existe en France comme partout ailleurs des lobbyistes pour les armes, le tabac, l’alcool. Les associations et autres BDE font partie de leurs cibles, c’est tout. Pensez qu’il y a peu, et cela semble pourtant très loin, puisqu’à l’époque fumer sur un quai n’était pas encore passible d’une amende, il existait des soirées Open Cloppes ! Certes, il y a des dangers. Le coma éthylique, ceux qui se vomissent dessus, qui ne se souviennent plus de rien -c’est peut-être mieux, les risques inutiles. Qui se soldent parfois par la mort d’un étudiant, comme à Centrale il y a deux ans ou plus récemment au congrès des JE de France. Une aberration. Cela dit, personne ne les a forcé à boire. Si l’étudiant de Centrale, étudiant étranger fraîchement débarqué, y avait

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eu des copains, l’issue de l’histoire aurait sans doute été bien différente. Quant au fameux Eric, les circonstances de sa mort restent très énigmatiques, et il se trouvait également seul au moment où l’irréparable s’est produit. Et c’est là le véritable scandale : se dire « ce soir, je me mets la tête à l’envers, il y aura bien quelqu’un pour s’occuper de moi quand je serai mal ». En ce sens, la présence d’une équipe de secours prête à intervenir peut choquer. Elle est pourtant obligatoire. Et oui, entendre le jeune du reportage dire “j’ai failli avaler mon poisson rouge aussi, poisson qui est mort d’ailleurs, noyé dans de la tequila” prête à sourire ; oui, les photos des Open Bar également. Mais chacun est libre, de boire ou de ne pas boire. Sans doute, certains sortent alcooliques de leur école. Sans doute, certains ne peuvent s’amuser sans boire. Sans doute, certains s’étouffent dans leur vomi avant d’obtenir leur diplôme. De rares et profondément regrettables événements. Mais si marginaux ! Car si certains vont trop loin, cette « biture express » n’est réellement expresse que dans le sens où on ne peut pas passer trois ans en école en se bourrant la gueule toutes les semaines, voire plusieurs fois par semaine. Cela serait surprenant qu’on obtienne un diplôme de valeur en agissant de la sorte, et cela serait grandement rébarbatif. Même les plus fervents amateurs de la biture express en reviennent. Cela peut durer 2 mois, 6 mois, un an, rarement plus. Et ça ne concerne sûrement pas tous les étudiants. Et que faisaient nos parents dans les années 70 ? Ils buvaient moins, peut-être, mais consommaient sans doute plus de drogues. Aujourd’hui, les rave parties se finissent toujours avec deux-trois cadavres dans des voitures. Le petit jeune qui retrouve ses copains dans un hangar tous les samedis soir pour picoler de la bière en se remémorant sa première cuite à 12-13 ans, celui qui avoue, fataliste : « sur le tas, ya peut -être un petit pourcentage qui aura un problème avec l’alcool…Mais ça a toujours existé… » est plus qu’inquiétant. La création d’une association qui vous confisque vos clés de voiture à l’arrivée en boîte suffit à mesurer l’ampleur d’un autre phénomène, la biture express de fin de semaine répandue dans les villes et campagnes françaises. L’étudiant en école de commerce pratique peut-être sporadiquement la biture express les jours ouvrables, mais le weekend, il n’a aucune chance de rentrer dans un platane en sortant bourré de boîte, car le weekend, il récupère. Et s’il m’est arrivé de voir des gens se mettre « minable » en soirée Open Bar, je n’ai jamais vu personne s’y faire un rail de coke. Honnêtement, tous les élèves des lycées privés de Lille ne peuvent pas en dire autant, pas plus que ceux qui fréquentent les soirées rallyes aux quatre coins de la France.

A B.


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Le Scandaleux International

La journée internationale des femmes : imposture du politiquement correct. Je croyais ce mal typiquement français mais non, il est en fait mondial ! Le monde a perdu la tête. Comme si la moitié de l’humanité avait besoin d’une journée pour se promouvoir, pour faire parler d’elle, pour rappeler à l’autre moitié qu’elle existe. Car si on y réfléchit un peu, l’évènement peut vraiment prêter à rire. Concrètement, à quoi rime le fait d’organiser une journée des femmes si ce n’est là l’occasion rêvée pour les hommes de se moquer de leurs tendres moitiés : « Pour une journée des femmes, nous en avons, nous, 364 » entendons-nous dire. Franchement, voudrait-on vraiment nous faire croire que la situation des femmes est à plaindre ? Personnellement, je vois

aujourd’hui plus d’avantages à être une femme qu’un homme. Loin de moi l’idée de tomber dans un discours typiquement macho et misogyne. Quoique… Une femme - un homme, des caractéristiques différentes pour des fonctions différentes. L’égalité, un conte pour enfants, le soir au coin du feu, oui ! Il n’y a pas plus d’égalité entre une femme et un homme qu’entre un pompier et un astronaute (cette comparaison n’a absolument aucun sens, si ce n’est que ce sont là les deux métiers que je voulais exercer étant jeune). Et, j’ai envie de dire, tant mieux ! Pourquoi vouloir à tout prix ce qui est par essence

contre nature ? Regardons un peu derrière nous et prenons exemple sur nos illustres prédécesseurs. Depuis que l’humanité existe, les rôles des mâles et des femelles ont toujours été différents. Au nom de quoi pouvons-nous prétendre inverser ce qui a si bien fonctionné pendant si longtemps ? Chacun sa place, que diable ! Petit rappel non exhaustif du qui-fait-quoi dans un couple : aux hommes, de part leur stature, leur énergie et leur intelligence, revient la tâche de ramener de l’argent au foyer. Pendant la journée, ceux-ci partent donc travailler pour subvenir aux besoins de leurs familles aimantes et respectueuses de l’autorité paternelle. Les femmes, pendant ce temps, s’occupent de la maison et des enfants. Mais j’entends déjà l’ensemble de la gente féminine s’élever et se révolter contre ses propos qu’elle jugera « sexistes ». Que nenni ! Voyons le vrai côté des choses. Quoi de plus agréable, en effet, que d’entretenir convenablement sa maison et d’assister chaque jour à l’épanouissement de ses enfants. Sans compter les nombreux moments de temps libre autorisés par cette vie somme toute assez oisive. Temps libre qui peut être employé à diverses occupations : faire de la couture, voire son amant pendant que les enfants font la sieste, repasser, lire des romans de Balzac, etc... Que d’activités passionnantes et épanouissantes ! Ma préférence va tout de même à la couture, activité noble s’il en est ! Alors que l’homme, corvéable à merci, a fait dur labeur pour ramener bonne pitance au logis. Rendons hommage ici à ce héros anonyme du quotidien qui œuvre pour le bien de tous. Et mettons fin ensemble à cette digression sauvage entamée au début du siècle et poursuivie par ce funeste mois de mai 1968. B2L


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International

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We love America

Oui, les Etats-Unis sont le pays de la liberté ; oui les Etats-Unis sont le pays où tout est possible, où un petit immigré autrichien peut devenir à la seule force de ses pectoraux gouverneur de Californie ; oui les Etats-Unis constituent le nouveau monde, un monde délivré de tous préjugés moraux et raciaux.

Heureux pays où les minorités peuvent accéder aux responsabilités grâce à des politiques novatrices comme la discrimination positive ; où Colin Powell et Condie Rice sont ministres d’un gouvernement conservateur. Heureux pays où l’on voit des individus de toutes ethnies dans les films. Heureux pays surtout où un « Président Palmer »  (ndlr : 24h chrono) suffit à faire oublier que le Civil Right Act remonte à moins de 50 ans et où les communautés vivent séparément… Aux EUA, foin d’aristocratie et de préjugés sociaux, le snobisme européen n’est pas de mise. Ainsi, comme chacun le sait, tout américain peut enjamber les barrières sociales, faire fortune et annoncer son salaire sans tabou. L’homme de Graz est l’incarnation de ce rêve. D’ailleurs George Bush n’est-il-pas la preuve qu’un rustre semi débile peut réussir? Un être cynique et arrogant pourrait objecter que George Bush est issu d’une des plus grandes familles américaines ; qu’il a été à Andover et Yale (d’où un élève médiocre aurait été viré sans ménagement ni égard) et qu’un poste convoité par 100 millions d’américains échoit difficilement à un sombre pourceau. Ne l’écoutez pas alors affirmer que la Côte Est, Boston et les universités les plus prestigieuses sont aux EtatsUnis ce que Bondues-Mouvaux-Wasquehal est à Lille. Et ne perdez pas votre contenance quand le coquin vous dira que ne pas révéler son salaire a davantage trait au catholicisme qu’à un snobisme quelconque. Les EUA ont amené la liberté en Europe lors de la seconde guerre mondiale et dans le monde par la suite. Ils ont inventé la démocratie moderne (tout Américain vous dira que la démocratie anglaise du XVIIème était imparfaite) et cherchent désormais à l’exporter. Ce pays constitue un rassemblement d’individus ayant fui l’oppression ou de mauvaises conditions de vie. Aussi ses habitants sont-ils emprunts de liberté et de démocratie et trouvent-t-ils logique

que tous les peuples pensent de même. Pourtant la démocratie s’exporte fort mal en Irak. De là à affirmer que les valeurs américaines ne sont pas toujours adéquates…Jacques Chirac avait choqué dans les années 80 : il avait affirmé que la France avait mis 1300 ans (486/1789) pour découvrir les valeurs démocratiques. Peut-être pourrait-on imaginer que des pays libérés dans les années 60 aient besoin d’un peu de temps pour se voir imposer des assemblées… Mais M. Chirac n’est qu’un jaloux de la puissance américaine et de surcroît, un vieil ami de dictateurs. Il doit donc avoir tort…

Alexis V.

Le Scandaleux Directeur de la publication : Alexis Villepelet Rédacteur en chef : Bertrand de Laborde de Monpezat Responsable mise en page : Julien Roux Responsable financement : Aurélien Ferrié


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Rubrique Livres Pourquoi j’ai détesté Ensemble, c’est tout (Le Film)

Enfin la vérité sur les contes de fées (Murielle Renault) Un bouquin auquel on a donné ce titre, et qui commence avec une fille qui, sur la cuvette des toilettes, lit un article dans une revue féminine débile sur les dix trucs qui vous rendent irrésistible au lit, ce n’est sans doute pas du Tchekhov, mais ça a le mérite d’attirer l’attention, et les sourires…

Culture jusque-là échappé. J’en étais donc au truc numéro cinq qui consiste EVIDEMMENT (ils me font flipper avec leurs majuscules, je me dis si c’est un truc que je ne fais pas, je suis foutue) à éviter de porter des culottes en coton informe que l’on traîne depuis des années sous prétexte qu’elles sont le top en matière de confort ». S’ensuivent deux pages sur le refus de la suprématie du string, « cette petite ficelle mal intentionnée ».

Il fut un temps où Gavalda était méconnue, où Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part l’avait fait découvrir, où l’on avait admiré sa plume et ses sujets, sa façon si particulière de donner de la valeur aux choses les plus insignifiantes, de nous faire redécouvrir notre quotidien et celui de Publié chez Le Le reste du ceux qu’on regarde sans voir, de peindre si Dilettante, qui plus est, livre est beaucoup justement des choses si vraies…Puis nous ce qui ne gâche rien à moins réjouissant, une avons quitté ses nouvelles pour ses romans, l’affaire. L’héroïne est histoire de meurtre, de introuvables, L’échappée belle, Ceux qui donc là, en train de lire. bisexualité, de relations savent comprendront, nous nous sommes « Le genre d’articles pour assis par terre au rayon enfant de la Fnac pour lire les quelques pages de 35 kilos lequel j’affiche un complet mépris en public d’amitié, d’amour, de relations ambiguës… d’espoir. Il y a eu le magnifique Je l’aimais, et sur lequel je me rue dans l’intimité, des fois Bref, beaucoup plus dans l’air du temps. et la médiatisation de l’auteur, qui restait qu’il y aurait un truc essentiel qui m’aurait Quelques très bons mots toutefois. fidèle à la maison qui l’avait découverte, et ce malgré des offres plus alléchantes. Et puis il y a eu Ensemble, c’est tout. Partout. Tout le monde le lisait, la lisait. Tout le monde connaissait notre secret. On avait honte de dire qu’on l’adorait, de peur de s’entendre dire qu’elle était à placer du côté de Marc Lévy ou Guillaume Musso, une Michèle Houellebecq en version soft, tout juste bonne à gagner le titre d’ « écrivain française la mieux payée » en publiant de la merde à lire sur le sable chaud. Pourtant il restait quelque chose de Gavalda dans ce pavé. Des hommes et des femmes meurtris par la vie, tentant de refaire surface, de se pardonner, de réapprendre à aimer. Il y a dans le film tout ce qui avait pu énerver dans le succès du livre, tout ce qu’on avait pu reprocher à Gavalda : d’être un auteur « facile », médiatique, de traiter de sujets légers, accessibles à tous, dans un style peu singulier. En pire. Car si raconter une histoire de 600 pages en 1h37 relève du défi, l’échec est ici total. Le choix des acteurs, tout d’abord. Le personnage de Philibert est censé être gros, maladroit, inadaptable, timide jusqu’à la paralysie ; le casting est aller chercher un sociétaire de la Comédie-Française qui ne sait même pas bégayer. La grand-mère ne fait rien passer. Audrey Tautou n’est pas crédible une seconde dans ce rôle où elle continue à jouer Amélie Poulain alors qu’elle devrait en être le total opposé, la fille qui se fait secourir, se laisse porter par la vie. Le meilleur est étonnamment Guillaume Canet, trop gentil sans doute, avec son air de nounours, mais tellement attachant. La beauté du livre était les relations humaines entre tous ces personnages, elles ne sont ici qu’esquissées. Paulette qui redonne à Camille le goût de la vie et celle-ci qui lui permet de mourir tranquille, Philou qui sauve Camille quand celle-ci lui permet de s’ouvrir aux autres, la naissance d’un amour compromis par la fragilité de Camille, son histoire, son rapport au dessin, à sa mère, aux autres, tout ça est oublié, l’atmosphère est complètement ratée. Tout était beaucoup plus beau dans nos têtes. A.B.


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Sport

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Nous n’aimons pas l’OL L’OL n’est pas un grand club. L’OL ne gagnera jamais la ligue des champions. L’OL n’a jamais passé les quarts de finale d’une coupe d’Europe. Bastia si…Qu’on me cite un seul match au cours duquel l’OL a été grand. Ce club a faillit nous enthousiasmer l’an passé contre Milan mais a lamentablement échoué à la 88ème minute.

Certes l’OL est 6 fois champion de France. Mais l’intérêt d’une telle série est de marquer l’histoire, de laisser quelque chose dans les annales du football. Les verts, l’OM 89/93, le PSG 94/98 ou le Bordeaux des années 80 ont laissé des styles, des images Panini, des noms mythiques. Or, que restera-t-il des levées rhodaniennes ? Des records ? Le Red Star détient le record du plus grand nombre de but marqué en une saison ; voilà le type de souvenir que

Sport en bref : • Le FC Lyon (il n’y a qu’un seul

Olympique en France) a peut-être laissé passer sa dernière chance de bien figurer en Ligue des Champions. Malouda, • Wiltord, Diarra, Reveillère et Abidal sont déjà ailleurs, Juninho et Cris semblent usés d’attendre, Fred envisage une carrière pro en free-fight, Govou et Clerc • ne seront toujours que Govou et Clerc… Vendez vite vos actions OL avant que le déclin ne se confirme.

des sports s’interroge encore à propos de l’identité du lauréat 2006. Non mais en fait tout le monde s’en fout, maintenant c’est les coureurs qui ne gagnent jamais (propres) qu’il faut respecter. Félicitons les quelques supporters du PSG, qui malgré une année cauchemardesque, continuent de supporter leur équipe. Et pendant ce temps là, Tony Parker persiste à faire du rap… Thomas G.

A contrario on ne prendra que peu de risques en promettant un avenir doré au jeune Lewis Hamilton (F1, McLarenMercedes). Espérons seulement qu’il ne se fera pas manger par les vilains petits cochons et par l’impitoyable univers de la Formule 1.

Comme chaque année à Roland Garros, Amélie Mauresmo… Ah non, on ne parle plus de tennis masculin, désolé pour les fans.

Alors que l’édition 2007 du Tour de France se profile à l’horizon, la rédaction

JM Aulas est l’homme le plus détesté du football français. En leurs temps Tapie ou Bez avaient été détestés. Cependant ces présidents faisaient vibrer les foules et vendaient du rêve à leurs supporters mais aussi aux Français en général. Ces hommes liaient leurs destins aux épopées sportives de leurs clubs. JMA gère son équipe comme un boutiquier son échoppe. Avec économie et compte de résultats. Mais, excellent Jean-Mich, un club se gère à l’instinct, à l’émotivité. Il manque à l’OL des matchs couperets, de coupe, où le destin d’une saison peut basculer. En effet une légende se bâtit sur des poteaux carrés, sur des mains en demi-finale de C1 mais pas sur des victoires contre Troyes. Il est consternant d’entendre M. Houiller affirmer que le championnat est une priorité. Tapie, lui, ne parlait que de coupes « aux grandes oreilles »… Le général avait dit « la politique la plus coûteuse, la plus ruineuse, c’est d’être petit ». M. Aulas, tout est là. Soyez flamboyant et nous vous adulerons (ou pas).

Roger Federer gagnant tous les tournois auxquels il participe, nous avons décidé de ne plus parler de tennis masculin dans les pages sport.

laisseront les Aulas boyz.

Alexis V.

Roger Federer


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Quand Harry se dénude…

« Ça fait longtemps qu’on les a pas vues, allez Harry montre-nous tes fesses, allez Harry…». Voilà ce que doivent chanter tout bas des milliers de fans en furie de l’autre côté de la manche. Contrairement aux apparences, il ne s’agit pas, pour une fois, d’Harry de Buckingham Palace, alias le Scandaleux, celui qui se drogue et porte des tenues osées, mais bien du véritable, de l’adulé, Harry Potter ! Ou plutôt de celui qui a tenu le rôle du petit sorcier dans les 4 et bientôt 5 films adaptés du best-seller de J.K. Rowling, Daniel Radcliffe.

Vous aviez sans doute déjà remarqué que Daniel prenait de l’âge bien plus rapidement que son personnage, et vous vous effrayiez sans doute d’un possible remplacement de l’acteur pour les films à venir. Sans doute pensiez-vous

People

que ces sots d’américains ne comprenaient de toute façon rien à rien, que vous vous en moquiez qu’il paraisse 17 ans quand il était censé en avoir 14, car pour vous, Daniel est devenu Harry. Vous n’étiez pas seul(e). Tout a commencé au mois de janvier, quand ont été publiées les premières photos de Daniel Radcliffe dans la pièce qu’il joue à Londres depuis le 27 février 2007, Equus, où il incarne un jeune adolescent perturbé qui crève les yeux de six chevaux avant de se retrouver chez un psy. Ces photos montrent ‘Harry’ nu, collé à une femme nue, collé à un cheval (nu lui aussi, scandaleux, vous dis-je). Car si la pièce est souvent inscrite aux programmes scolaires, son contenu est davantage destiné aux adultes et Daniel Radcliffe doit jouer entièrement nu pendant une dizaine de minutes, simuler du sexe avec la vedette féminine de la pièce, et certains disent même qu’il devra atteindre un plaisir sexuel en montant (nu) son cheval. Où est le problème, me direz-vous ? Eh bien, au royaume d’Hogwarts, les parents ont tendance à trouver ce choix déplacé : leurs enfants voient en Daniel leur héros, Harry, et certains ont donc d’ores et déjà décidé qu’après son apparition nu sur les planches londoniennes, ils éviteront à tout prix d’emmener leurs enfants

voir un film dont il serait la vedette…Pauvres enfants, d’avoir des parents aussi bornés. Comme si cet acteur devait se restreindre, sa vie durant, à jouer un seul et même rôle, comme si, au fond, il était véritablement Harry Potter. Mais Daniel a bientôt 18 ans, et il a le droit et le devoir de nous prouver qu’il survivra à Harry. Car oui, mes petits, Harry Potter va certainement mourir dans le 7ème et ultime tome, à paraître le 21 juillet prochain. C’est triste mais c’est comme ça, les petits sorciers à lunettes rondes deviennent des hommes musclés et sexy qui osent jouer avec leur corps, et les gentils ne parviennent pas toujours à vaincre les méchants, d’ailleurs, les gentils ne sont pas toujours entièrement gentils, pas plus que les méchants ne sont entièrement méchants… Mais il n’y a pas que les parents de fans, cette apparition déplait également à la Warner Bros, qui avait tourné tout le marketing autour de ce bisou entre Harry et Cho qu’on aperçoit dans la bande-annonce du 5e film, qui sortira peu avant le 7e livre, en juillet. Il est vrai qu’après des scènes un peu osées sur les planches, un chaste bisou sera peu vendeur, tout comme ce que dit l’actrice qui joue Cho : « Daniel embrasse bien. J’ai réellement apprécié. Il est énergique et vous fait sentir détendue... C’est plaisant de travailler avec lui. ». Et que ferait la Warner si JK Rowling nous écrivait une scène d’amour dans le 7e tome, entre, disons, Ron et Hermione, ou Harry et Ginny ? Les baisers du 6e ne sont déjà plus si chastes, et Harry, Ron et Hermione vont avoir 17 ans dans ce tome, âge de la majorité dans le wizarding world, après tout. Toute la magie de JK Rowling est d’avoir inventé des personnages qui grandissent avec leurs lecteurs, et, comme le montre le 5e et le laisse présager le 6e, Harry Potter n’est plus un conte pour enfants. Alors acceptons de les voir grandir, ces personnages, ces acteurs, acceptons


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People qu’ils deviennent adultes, ils l’ont bien mérité.

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Et si Daniel Radcliffe veut se dépasser, s’essayer dans un rôle si différent de celui qu’il a l’habitude de jouer, faire des heures de musculations pour sculpter ce corps d’athlète et des heures de répétition pour apprendre à faire porter sa voix dans un théâtre, laissons-lui une chance de nous convaincre qu’il en est capable. De toute façon, il faudra bien que les parents expliquent à leurs enfants que le cinéma n’est qu’une mise en scène, qu’Harry n’existe pas. Et vous, n’hésitez pas à passer le voir au théâtre, car aucune pièce ne parviendra, quand bien même elle nous montrerait le kiki d’Harry Potter, à être aussi obscène et si peu digne d’intérêt que du Shakespeare revisité par Jean-Michel Rabeux dans un théâtre de Lille (ceux qui savent comprendront). A.B.

Que se passe-t-il dans la vie des stars ? Paris Hilton s’était fait retirer son permis pour conduite en état d’ivresse. Ce qui ne l’a pas empêchée de conduire sans permis, et elle a donc été condamnée à 45 jours de prison, à compter du 5 juin prochain. Sur les conseils de ses avocats, elle a décidé d’adopter un meilleur comportement pour échapper à sa sanction : fini les fêtes, l’alcool et les petites tenues, Paris a même rendu visite à son père à l’hôpital. Inquiète pour sa survie dans le cas où elle serait tout de même emprisonnée, Paris prend des cours de self-defense. Il y a peu, elle s’est tournée vers Arnold Schwarzenegger pour lui demander d’intervenir sur sa peine de prison ferme, mais celui-ci, trop occupé, n’a pas souhaité prendre position en sa faveur. Paris n’a donc plus eu d’autre choix que de faire circuler une pétition sur Internet. Pétition boycottée par des groupes chrétiens qui, révoltés par les mœurs de l’héritière, ont décidé de fêter sa punition en jetant ses CD et ses livres dans les

Paris Hilton

hôtels Hilton. Désemparée, Paris a renoncé à faire appel, et s’apprête à être incarcérée, mais elle purgera sa peine dans des locaux spécialisés, à l’écart des autres détenues ; elle disposera d’une heure par jour hors de sa cellule pour faire sa toilette, regarder la télé et téléphoner. Pendant ce temps-là, sa copine de The Simple Life, Nicole Ritchie, inquiète ses proches, plus maigre que jamais, alors que Milla Jovovich profite de sa première grossesse pour faire des entorses à son régime, et trouve ça « drôle » de prendre des kilos. Angelina Jolie, elle, continue à adopter des enfants (pour éliminer les kilos après l’accouchement, c’est plus facile), et a récemment affirmé ne pas vouloir se marier avec le beau Brad Pitt, sousentendant que son couple n’avait plus de raison d’être. Pendant qu’Avril Lavigne pose à demi nue pour un magazine américain, exhibant ses formes et son sex-appeal, Keira Knightley avoue adorer se mettre à nu pour les scènes de ses films, comme elle l’a fait pour The Best Times of Our Lives, avec Sienna Miller, qui sortira prochainement ; Keira va jusqu’à s’inquiéter du fait que cette impudeur ne commence à choquer ses fans, et qu’on lui demande de remettre ses Brad Pitt et Angelina Jolie vêtements. Jessica Simpson se réjouit du fait que son père adore son nouveau petit ami, Scarlett Johansson a un nouvel amant (l’ex d’Alanis Morissette), et Demi Moore (44 ans, mère de trois filles) harcèle Ashton Kutcher (29 ans) pour avoir un enfant : elle tente d’améliorer ses chances de tomber enceinte, d’où sa colère quand le jeune Ashton a accepté une coupe de champagne à une fête chez un ami producteur. Selon un témoin, elle lui aurait lancé un regard qui signifiait : « si je ne bois pas, tu ne bois pas non plus » (ils sont forts à L.A. pour décrypter les regards). Helena Bonham Carter, elle, a tout simplement menacé de quitter son compagnon, le réalisateur Tim Burton, s’il ne la reprenait pas dans son prochain film.

Pendant ce temps-là, Eva Longoria dément l’affreuse, l’odieuse, l’infâme rumeur selon laquelle elle aurait cessé toute activité sexuelle avant son mariage Keira Knightley avec Tony Parker, Cameron Diaz exhibe son sein droit à la télévision américaine, et Kate Moss lance une ligne de produits destinés à l’entretien des cheveux, pour agrémenter sa fortune estimée à 45 millions de pounds, soit 65 millions d’euros. Naomi Campbell, récemment condamnée à travailler pour le système sanitaire de New York, après avoir jeté un portable à la tête de son ancienne femme de ménage, s’inquiète du fait que ces cinq jours de nettoyage auraient laissé des traces sur son visage. Une confrontation à la vie des vrais gens qui lui a permis de se rendre compte que parmi ceux avec qui elle a travaillé, beaucoup n’avaient jamais quitté les Etats-Unis, et que deux d’entre eux n’avaient même jamais pris l’avion. Elle s’est également découvert une passion pour le balayage : « Je n’arrête pas de balayer. Je vais tellement vite qu’on me demande de ralentir. Je deviens très possessive avec mon tas d’ordures, un peu comme avec mon sac à main Hermès », a-t-elle écrit dans son journal. Eva Longoria


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Cinéma

Le Come-Back Je l’avoue, je suis secrètement amoureuse de Hugh Grant, qui gagne une once de charme à chaque fois qu’une ride parvient à s’installer sur son joli minois. Alors j’aurais du mal à détester un film où il tient un rôle. Mais si Le Come-Back se laisse regarder avec un certain plaisir, et réussi à nous arracher quelques sourires, on regrette ce qui aurait pu être fait avec un tel thème, celui d’un chanteur pop des années 80 qui cherche à faire son comeback. Sur un thème assez proche, American Dreamz, sorti l’an dernier, nous avait arraché de véritables fous rires, sans doute parce que ce film-là ne portait pas l’étiquette de la comédie romantique. La cité interdite En Chine, au Xème siècle, l’Empereur de la dynastie Tang revient à la Cité interdite après une longue absence, et découvre que son palais est le lieu d’un complot visant à lui prendre le pouvoir. Zhang Yimou avait déjà réalisé Héro et Le secret des poignards volants. Il nous offre avec La cité interdite la possibilité d’entrer dans un autre monde, en touriste caché. Nous entrons donc dans un palais infini, de toute beauté, où tout est rouge et or, où tout est beau. Le film prend son temps, ce qui peut en décourager certains, mais il nous laisse le temps d’admirer le décor, le travail sur les couleurs, le nombre astronomique de figurants. L’histoire est une sorte de tragédie shakespearienne, sur fond de destin, de fidélité et de trahison. Certaines scènes, en particulier les scènes de bataille, sont un peu tirées par les cheveux, avec le sang qui gicle et le héros invicible, mais ce film réussit à nous transporter, petits Européens, dans la cité interdite, dix siècles plus tôt. Norway of life Scène 1 : un couple s’embrasse sur un quai de métro. Les yeux grands ouverts. Avec de la bave partout. Manifestement sans plaisir. Un homme les regarde pendant de longues secondes, puis se jette sous la rame de métro. D’emblée, on sent que Norway of life n’est pas un film comme les autres. Nous suivons donc le personnage d’Andréas, qui, sans savoir comment ni pourquoi, se retrouve nanti d’un travail et d’un appartement dans une ville étrange où les gens se comportent comme des robots. Premier jour au boulot : un homme se jette par la fenêtre, et se retrouve embroché sur les grilles, plus bas. Des hommes lèvent son corps, les boyaux s’échappent. Andréas comprend vite que quelque chose cloche dans cette société aseptisée où émotions et envies n’existent plus, où les relations amoureuses se vivent sans passion. Dans la salle, deux clans se forment : ceux qui apprécient le burlesque et rient à gorge déployée pendant les ¾ du film, et ceux qui se disent : « c’est ça, l’humour norvégien ? » et prennent un air choqué. On peut voir Norway of life comme une critique de la société occidentale, individualiste et matérialiste ; on peut également le voir comme un ovni venu du Nord, et le savourer avec le même plaisir que les danois Bouchers verts. Love et ses petits désastres Emily Jackson, Jacks pour les intimes, approche de la trentaine et habite à Londres, mais ce sont ses seuls points communs avec Bridget Jones : assistante à la rédaction du Vogue, elle a déjà un petit copain et habite avec son meilleur ami, gay, forcément. Sa meilleure amie, Tallulah, enchaîne les histoires catastrophes avec la gente masculine. Tous rêvent d’une love story comme dans les films. Il y a bien un homme qui plait à Jacks, mais elle le croit homo…Malgré quelques scènes un peu clichés, ce film est une belle réussite du genre, moins cucu que Coup de foudre à Notting Hill et moins concon que Le Diable s’habille en Prada, il divertit en innovant, en pratiquant l’auto-dérision, en particulier dans la traditionnelle scène de retrouvailles finale, où apparaissent Orlando Bloom et Gwyneth Paltrow. Inattendu, et pourtant si sain. Anglais, forcément. La Faille Anthony Hopkins a beau être le meilleur acteur de sa génération, les thrillers où il tient le rôle de l’assassin, du manipulateur, on a assez donné. Il serait pourtant dommage d’en rester là, surtout en période de pénurie de bons films comme celle que nous traversons actuellement. Non, ce film ne fait pas peur. Non, vous ne continuerez pas à en faire des cauchemards dans dix ans. La Faille, c’est l’histoire d’un homme qui se rend compte que sa femme a une liaison, et décide de mettre en œuvre le crime parfait, celui pour lequel il ne pourra jamais être condamné, faute d’indices. Un jeune procureur est alors chargé de l’affaire, et les deux hommes jouent au chat et à la souris, entre vérité et manipulation, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Cependant, les rôles secondaires inutiles et le temps qu’il faut attendre pour voir l’énigme résolue ne jouent pas en la faveur de ce respectable thriller juridique. Zodiac 2h36 d’enquêtes pour apprendre que celui qui s’était fait appeler Zodiac et qui a terrorisé San Francisco pendant des années n’a jamais pu être identifié, c’est simplement trop long. Tous les sourires de Jake Gyllenhaal ne suffisent pas à tuer le temps, et les nombreux faux rebondissements ont cessé de tenir le spectateur en haleine dès le moment où il a perdu la volonté de comprendre qui était qui, soit…assez tôt. A.B.


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Vie étudiante Wii, une Révolution… Initialement baptisée par un nom de code, « Révolution », puis par l’appellation E3, la nouvelle console de salon de Nintendo est née. Officiellement lancée en Europe le 8 décembre 2006, au prix de 249 euros, la Wii n’a pas attendu avant de connaître un succès planétaire. Diamétralement opposée à ses concurrentes dans son approche du jeu vidéo (le gameplay étant privilégié au tout-multimédia), elle procure un style de jeu très particulier. Ses manettes sont déjà peu orthodoxes. Les pads analogiques avec 8 boutons ont été remisés au placard, afin de laisser place à des contrôleurs de jeu à l’aspect futuriste, incluant seulement une gâchette, 3 boutons, un pavé directionnel et une dragonne. Vous vous demandez sûrement pourquoi ce détail aussi insignifiant que la dragonne mérite d’être mentionné !! C’est peut-être le plus important dans la description de la Wii. Les manettes sans fils, appelées Wiimotes, fonctionnant à l’aide de la technologie bluetooth et reliées à un nunchuck, nécessitent quelques heures de pratique avant de maîtriser les mouvements à réaliser pour parvenir à un hypercut, digne du perfect. D’ailleurs, il n’est pas recommandé de commencer à s’initier aux joies de la Wii dans une pièce trop exiguë, étant donné l’amplitude des mouvements nécessaires avant de trouver ses repères. Forte de son succès, l’entreprise Nintendo jouit d’une place de Number one, supplantant Microsoft et sa X-Box 360 et surtout Sony et sa PS3, qui rencontre à l’heure actuelle quelques difficultés quant aux ventes de son dernier bijou technologique. A tel point que la Wii était en rupture de stocks dans tous les magasins le jour de sa sortie. Elle se négociait même sur des

WWW.MANGERBOUGER.COM A l’heure où se nourrir convenablement devient de plus en plus infernal, où les mots équilibre alimentaire, obésité ou produits light nous envahissent par leur écœurante fadeur, j’aimerais sans les mâcher servir un festin de mots à l’honneur de la cuisine. Mais pourquoi, me direz-vous, s’installer devant sa cuisinière pour y passer des heures quand un coup de fil à votre traiteur favori vous permettra de savourer le travail d’un professionnel sans aucun effort ? Et ce en contrepartie de quelques euros gentiment versés par papa au début du mois. Parce qu’on peut réussir avec trois fois rien des mets savoureux. Parce que désarmante de simplicité, la simple association de trois ingrédients -un produit, une garniture et une sauce- se transforme en petit chef d’œuvre avec une cuillère d’ingéniosité, une pincée de ruse et deux grammes d’habileté dans la préparation. Cuisiner, c’est transformer la matière en joie, et cela donne la possibilité de faire de grands plats à partir d’ingrédients

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modestes. Mettez du gros sel sur un pamplemousse et apparaîtront simultanément le salé, l’acide, le sucré, puis l’amer…Saisissant! Un plat réussi résulte de la cuisine qui n’évoque pas l’effort, il célèbre la simplicité de l’excellence en représentant l’excellence de la simplicité. Un plat réussi intègre cette marmite aux milles saveurs qu’est la mémoire gustative, qu’il soit de la trempe d’un bout de baguette au beurre salé ou de celle d’un lacet de betterave à la poudre de vinaigre… Alors certes, sans toque ni étoile, nous ne pouvons parvenir à l’instant parfait, celui où chaque ingrédient atteint une perfection de saveur, de cuisson et de texture avant de s’évanouir dans la bouche pour se relever au palais, y demeurer quelques instants puis y être habilement remplacé…C’est pour ça qu’existent les restaurants. Mais le Président ne me contredira pas si je dis que « bien manger c’est le début du bonheur » et j’ajouterais en guise de dessert que cuisiner, pour soi comme pour les autres, est une façon simple et efficace d’en créer…

Antoine C.

sites d’enchères (E-Bay pour n’en citer qu’un) à deux fois son prix. Vendue à plus de 325 000 exemplaires sur le Vieux Continent au cours des deux premiers jours de mise en vente, la Wii est devenue la console de salon qui s’est vendue le plus vite de toute l’histoire des consoles de salon. Peut-être parce qu’elle use de nombreux atouts pour plaire aux « jeux vidéo addicted ». Outre sa rétro compatibilité avec les Super Nintendo, Nintendo 64, Game Boy Advance et Game Cube, l’on pourra retrouver les hits du concurrent SEGA avec sa Mégadrive. Quant aux jeux annoncés, ils sont pléthores. Même si le pack Wii Sports, indispensable à votre ludothèque, peut suffire à de franches rigolades entre amis, vous aurez toujours la possibilité de retrouver les aventures de Zelda, le jeu légendaire de Nintendo. Cet opus baptisé The legend of Zelda : Twilight Princess, et uniquement commercialisé pour la Wii, s’est démarqué comme étant le titre préféré des premiers passionnés : il s’est arraché à 240 000 exemplaires pendant le week-end du lancement du jeu en Europe, ce qui représente 74% de tous les acheteurs de la console. Légitimement, maintenant, vous vous interrogez sur ce nom si barbare « Wii ». Plusieurs explications sont avancées. Je n’en retiendrai qu’une. Il semblerait que Wii sonne bien avec « We », ce qui met bien en valeur le fait que la Wii est une console pour tous publics.

Enfin Wii est facilement prononçable par tous les autochtones de la planète. Pour résumer, même si l’accent n’a pas été mis sur les qualités graphiques de ses jeux, l’on pourra reconnaître à Nintendo le mérite d’avoir su faire preuve d’une véritable innovation et d’apporter aux jeux vidéos un côté particulièrement ludique et encore plus réaliste, en plus de son excellent rapport qualité/prix. Les jeux que notre équipe de testeurs a préférés sont le bowling et le golf (dans le pack Wii Sports). A la manière d’un célèbre site de jeux vidéo en ligne, nous attribuons une mention spéciale à cette console et la note de 16/20. Thieume


Lille

Le Scandaleux

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Hymne aux éléphants de la rue Faidherbe La rue Faidherbe n’est pas la rue la plus glamour de Lille. Pour tout vous dire, quand on connaît un peu l’Allemagne, on ne peut s’empêcher de remarquer sa ressemblance avec la rue moyenne de la ville allemande de taille moyenne : pas deux bâtiments qui se ressemblent, une rue large et froide, malgré la présence de la très hot Beate Uhse. Pourtant, ces deux extrémités sont charmantes : d’un côté, la gare Lille Flandres, de l’autre, la place de l’Opéra. Entre les deux, la plus forte concentration de bouchons de Lille, quelques agences immobilières et autres magasins de chaussures, et puis, Tati. Pourtant, la rue Faidherbe est la première image que les non-Lillois ont de la ville en arrivant à la gare. C’est aussi celle par laquelle arrivent les hordes d’habitants de la région Nord-Pas-deCalais qui envahissent les magasins de la rue de Béthune tous les samedis de 10 à 19h. Alors « Bombaysers de Lille » étaient l’occasion rêvée d’égayer un peu ce triste emblème de la grande ville du Nord, et des éléphants s’y sont installés pendant quelques mois. Les Lillois étaient ravis, les touristes aussi ; une touche d’exotisme qui émerveillait les enfants. On avait presque envie de la renommer rue Impériale, on se sentait tout petit sous ses grands éléphants. A l’attention des plus téméraires, il y avait des petits panneaux « do not climb on the elephant ». Surréaliste, et pourtant, les éléphants se sont vite fondus dans le paysage. Lille 3000 pris fin, et contrairement à la rumeur, les éléphants s’en allèrent. Nombreux sont ceux qui auraient aimé les conserver, et qui constatent avec horreur qu’il y a désormais, à la place de ces majestueux indiens, des palmiers, rue Faidherbe.

Lille vu par une Parisienne La première fois que je suis venue à Lille, c’était pour le mariage d’un cousin. Je me souviens de l’arrivée sur le Couvent des Minimes (on ne se refuse rien), splendide. Je me souviens de ma première sortie, un coiffeur branché dans une jolie rue du Vieux Lille. Pour aller plus vite, les coiffeuses s’étaient mises à deux sur mon brushing, une de chaque côté. J’avais l’impression d’être une star. Le mariage ne se passait pas à Lille, mais j’avais dormi dans l’appart des mariés, rue des Archives. Elle était originaire de la région lilloise, lui, parisien, était venu faire ses études à Lille et n’en était plus reparti. Je me souviens d’avoir pensé que le Nord était beaucoup moins triste qu’on voulait bien le dire, et que Lille avait le charme des jolies villes de province. Plus tard, j’ai rendu visite aux jeunes mariés, ils m’ont fait visiter leur ville, sous la pluie, j’avais trouvé que la phrase « les gens du nord ont dans le cœur le soleil qu’ils n’ont pas dehors » était bougrement vraie. Le problème, avec Lille, c’est qu’au-delà de la Grand Place, dès les prémices de la rue Nationale, il n’y a plus deux façades qui se ressemblent. Le charme du Vieux Lille s’y arrête net. Alors, il est facile aux Parisiens qui habitent à 2 minutes à pied de leur école, à Vauban, et qui ne franchissent la Grand Place que pour prendre leur train à Lille Flandres le vendredi, de dire qu’ils n’aiment pas Lille. Mais s’ils se rendaient, une fois par semaine, en pèlerinage vers la rue des Vieux Murs, ils changeraient d’avis. Car Lille est la ville idéale pour faire ses études : à taille humaine, avec ce qu’il faut de bars, restos, magasins et salles de cinéma, et des rues agréables où se balader le week-end. Mais je ne vous cacherai pas que mon cousin a enfin réussi à convaincre sa femme, et qu’ils quitteront bientôt Lille pour Paris.

Lille vu par une bordelaise. « Gare Lille Europe, terminus de ce train » jeudi 31 août 2006. Je viens à Lille pour la première fois, c’est le week-end de la grande braderie. J’essaie d’avoir un maximum de premières impressions : très classe le métro, mais bon la partie aérienne ne donne pas sur de jolis quartiers… ça donne pas très envie. Qu’est-ce qu’il y a comme voitures de police dans cette ville ! Je comprends pourquoi on a l’air de délinquants dans le Sud : nous sommes beaucoup moins surveillés ! Sinon la Grande braderie, c’est juste fou pour refaire la déco de ton appart ou pour aller danser dans les rues : mais je vais pas vous donner trop de détails, ce sera le sujet d’un autre article.


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Le Scandaleux

Horoscope par le Pr Alexis V.

Divertissement

Mots croisés : NECTAR

RISQUÉ

SALETÉ

SUFFISANTE

CONSACRÉ MOTO À 3 ROUES

GRANDE OUVERTE

du 21 mars au 20 avril

POSSESSIF

TARÉ

SOUVERAIN

VÊTUE

UNE PARTIE DU TRAJET

Les ondes de Saturne sont avec vous, soyez créatif.

TUEMOUCHES CARTE À JOUER

EXTÉNUÉS

du 21 avril au 21 mai

CLOISON

N’Y CONNAIT RIEN

Les membres du troisième décan seront augmentés, les autres non.

du 22 mai au 21 juin

Mangez et faîtes des pompes ; cela vous permettra d’oublier votre misérable vie.

du 22 juin au 22 juillet

La miséricordieuse grande ourse sera magnanime avec vous, vous pouvez désormais retourner vous laver.

S’OPPOSE À ‘HUE’

MARIAGES GRAND NETTOYAGE

SUFFRAGE ENCHANTEUR

THÉORIE

EN VOGUE APRÈS IMPÔTS

Résultats du test RESTAU D’ÉTUDIANT

CERTIFIERA

CANCÉREUSE

DIRIGER

TARTE SALÉE RIEN DU TOUT

du 23 juillet au 23 août

Sacrifiez un veau en l’honneur de l’inspecteur Columbo. Ce grand homme cessera ainsi de vous persécuter.

NID D’AIGLE

ELLE MANIE L’ARC

BOUDDHISTE

CACHÉ COMPRIMÉ

PRINCE HINDOU

OBTENUS

TRÈS RIGOUREUX

EXÉCUTERA

GENRE LITTÉRAIRE

PRONOM PERSONNEL

RACCOURCI

du 24 septembre au 23 octobre

Vous serez comblés de succès en amour et en argent. En revanche, il vous poussera des bras de 9 mètres.

du 24 octobre au 22 novembre

Les membres du premier quartile du deuxième décan verront un virus se répandre dans leur logis, qu’ils soient vigilants.

décembre

du 23 novembre au 21

Rien, je ne parviens pas à interpréter les astres.

janvier

du 22 décembre au 20

Vous êtes un être exceptionnel, vous êtes un leader incontestable, les badauds se retourneront sur votre passage et se jetteront à vos pieds.

du 21 janvier au 18 février

Ne soyez pas jaloux de votre voisin le Capricorne.

du 19 février au 20 mars

Installez-vous devant la télé séance tenante ; c’est ce que vous avez de mieux à faire.

DANGEREUX PESTICIDE

POUR SE DOPER

INDIVIDU EXPOSÉ

ÉLIMER

SAISON EXPULSER DE L’AIR

FILET D’EAU

PAS EN FORME

ELLE A SES TABLES

PAS LAID

ÉTENDIS DEUX À ROME

APPÂT DU GAIN

CRI DANS L’ARÈNE

LE CORPS DU CHRIST

ORGUEILLEUX

Sudoku : niveau diabolique

Le signe du mois : du 24 août au 23 septembre

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3 9 5

2 6

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Nonobstant votre magnifique charisme taxinomique, vous serez mis en minorité dans vos groupes d’amis. Faîtes le dos rond et attendez votre heure. FLÉCHÉS 12x15 • N°2 • © FORTISSIMOTS 2007 http://www.fortissimots.com

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Le Scandaleux N°2  

Le Scandaleux n°2 Juin 2007

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