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KIT MILITANT JRG « L’égalité des possibles, un horizon radical »

COLLÈGE THÉMATIQUE – CONSEIL NATIONAL JRG [13 / 09 / 2013]


Sommaire : - Mot du Président, Sélim-Alexandre Arrad – page 1

- Mot du Délégué à la doctrine et à la programmatique radicale, Robin Lagarrigue – page 2

- Sécurité et Justice, Géraldine Guilpain – page 4 à 7 - Economie, Laurent Hentz – page 8 à 10 -

Libertés et Solidarités, Jérémy Chambraud-Susiny – page 11 à 12

- Numérique, Jean-Baptiste Clouard – page 13 à 14 -

Syndicat, Damien Arnaud – page 15 à 17

- République, Robin Lagarrigue – page 18 à 19 -

Agriculture, Etienne Jobard – page 20 à 21

- École, Grégory Cassagneau – page 22 à 23


Chèr(e)s militant(e)s JRG, mes ami(e)s,

Conformément aux engagements pris au début de cette mandature d'améliorer la programmatique afin d'approfondir la réflexion sur le terrain auprès de nos militant(e)s, c'est avec un grand plaisir que notre Conseil National vous présente le kit militant sur la thématique de « l’égalité des possibles » réalisé par nos Délégué(e)s Thématiques. Je ne peux que me réjouir et féliciter le travail sérieux mené par les différentes Délégations Thématiques tout au long de cette année ainsi la qualité de leurs contributions. Je tiens tout particulièrement à remercier notre Délégué à la doctrine et à la programmatique radicale, Robin Lagarrigue, pour l’engagement et l’énergie sans faille qu’il a pu fournir afin que la réalisation de ce « kit militant » soit possible. Le début de cette mandature a été l’occasion pour les nouvelles équipes de vivre un nouveau temps militant, celui de la majorité politique dans notre pays. La présence de plusieurs personnalités radicales de gauche au gouvernement, l’existence de deux groupes parlementaires – RRDP pour l’Assemblée nationale et RDSE pour le Sénat – offrent des perspectives uniques pour notre organisation. Engagé(e)s dans la lutte pour l’Égalité des droits, nous nous sommes fortement mobilisé(e)s pour faire entendre notre voix à travers plusieurs sujets d'actualité et faisant partis des fondamentaux de la pensée radicale tels que le mariage pour tous, le droit de vote des extracommunautés aux élections locales, le non-cumul des mandats, les politiques de réductions des risques à travers les salles de consommation à moindre risque etc. Certaines victoires ont été obtenues, mais nombre de combats sont encore à venir, demeurons mobilisé(e)s ! Ces valeurs et convictions, nous les avons illustrées comme force de propositions lors de plusieurs grandes réformes, comme la réforme sur l’Enseignement supérieur, la réforme Peillon, les différentes réformes de la Justice, du Ministère de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme et bien d’autres. Nous avons également agi aussi comme porte-étendard du Radicalisme lors des différents débats sur le droit de vote, la laïcité comme vecteur d’égalité des possibles, la transition énergétique, la lutte contre les extrémismes politiques, les intégrismes religieux etc. au sein de la Jeune Gauche (JRG, MJS, JE, MJCF) qu’au niveau européen et international. Ce recueil des contributions thématiques a pour ambition de vous servir dans vos échanges sur le terrain, avec nos partenaires ou tout simplement à l’ensemble de concitoyen(ne)s. Je vous invite à vous emparer de ce bel outil et à faire vous-même avancer la pensée radicale en proposant votre expertise, une pensée construite issue de votre expérience du quotidien.

Sélim-Alexandre ARRAD, Président


Chère militante, cher militant,

L'arrivée de la gauche au pouvoir en 2012 marque une nouvelle étape dans notre projet collectif. Et nous avons la possibilité historique d'y participer. Cette majorité, de gauche, nous l'avons espérée, elle est là, nous en sommes. À nous de saisir cette opportunité pour porter ensemble l'ambition radicale. Nous sommes le premier parti crée en France à l'aube du dernier siècle. L'enracinement de la République, comme horizon collectif pour des hommes et des femmes libres, c'est ce qu'a permis l'œuvre de nos aînés. Mais le projet radical, ça n'est pas commémoration de la laïcité et des libertés conquises hier, aussi déterminantes soient-elles. Nous sommes investis dans les grands sujets de société d'aujourd'hui au service de nos concitoyens. Depuis plusieurs années maintenant, notre formation de jeunesse grandit, s'enrichit de talents nouveaux. Nos fédérations existent au grand jour, elles le seront encore davantage demain. Elles se mobilisent dans nos territoires et nos villes. Ce guide militant, élaboré par nos délégués thématiques, a vocation à accompagner le rayonnement croissant des Jeunes Radicaux de Gauche (JRG). En cette période difficile de crise économique et sociale, faite de souffrances et de désillusions, nous voulons réenchanter notre projet collectif: par l'égalité des possibles. Nous voulons dire à chacun de nos concitoyens, de tous les horizons, que le chemin de tous les possibles est ouvert. Chacune et chacun d'entre nous, doit savoir qu'il peut progresser, avancer, par ses talents et ses mérites, c'est là le sens de notre engagement et de nos propositions.

Bonne lecture et en avant !

Robin Lagarrigue. Délégué à la doctrine et à la programmatique radicale


Les contributions « L’égalité des possibles, un horizon radical »


Sécurité et Justice au service de l’égalité des possibles Les domaines régaliens que sont la Justice et la Sécurité souffrent aujourd’hui d’une large désaffection et d’un soupçon perpétuel d’inefficacité. Les maux de notre société actuelle y surgissent très fortement : écart de plus en plus importants entre les élites et le reste de la population, divorce entre des institutions opaques et des citoyens en manque de repères pour leur avenir, questionnement sur l’efficacité des services publics. En ce qui concerne la Justice, domaine toujours trop faiblement financé, à la perception d’une justice à deux vitesses, dur avec les petits et complaisante avec les puissants, s’est ajoutée aujourd’hui celle d’une justice laxiste et inefficace. Les forces de sécurité affaiblies par les réformes destructrices de la droite au pouvoir, semblent incapables de répondre à un certain nombre de faits de délinquance. Elles n’offrent pas l’image d’une police aux services des citoyens et leurs relations avec la police se sont largement dégradées. Notre exigence est celle d’une République qui redonne aux citoyens des gages de confiance dans nos institutions. La vocation première de la justice et des forces de sécurité est de protéger tous les citoyens y compris les plus vulnérables, de permettre une égalité en droit devant la justice et de donner la possibilité aux citoyens qui ont commis une faute de revenir dans une société tournée vers l’avenir. Nos propositions sont concrètes et sont le premier pas pour tenter de répondre à ces exigences.

1. Pour un nouveau système pénal Au-delà d’une justice en manque de moyens pour laquelle des financements supplémentaires doivent être trouvés, nous devons impulser un sens nouveau à la peine prononcée par les institutions judiciaires. La punition, l’enfermement sont des réponses spontanées face à la délinquance. Mais leur application seules sont inefficaces, preuve en est les taux actuels de récidive. Il faut que ceux qui sont sortis de la légalité puisse retrouver un jour le chemin vers la société, notamment pour les plus jeunes citoyens, mineurs où jeunes majeurs.

Les adolescents entrant dans un parcours délinquant sont souvent des jeunes qui ont été touchés par de nombreuses ruptures familiales et sociales. Sans avoir la prétention


d'avoir trouvé les solutions pour régler ce problème complexe, leur réinsertion sociale représente un défi essentiel, ainsi les Jeunes Radicaux de Gauche (JRG) souhaitent proposer pour la justice pénale des mineurs : -

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restriction forte des peines d'enfermements au profit de placement ouvert avec l’obligation de suivis social, médical, scolaire ou professionnel en lien avec les services de droit commun. des moyens supplémentaires pour le suivi judiciaire des mineurs (PJJ). développement des TIG pour les mineurs avec obligation pour les structures à partir d'un certain nombre d'employés de proposer ce type d'accueil.

Et pour ce qui concerne les majeurs -

fin de l'enfermement systématique pour les petites peines au profit d’alternatives à l’incarcération et des aménagements de peines. fin des peines planchers pour une véritable individualisation des sentences. Augmentation du nombre de conseiller insertion probation au sein du SPIP. 2. Pour un meilleur accès au droit et l’égalité devant la justice

 Amélioration de l’accès au droit L’ensemble des citoyens doivent avoir une meilleure connaissance des règles de droit et du système judiciaire français pour se défendre. Les plus jeunes doivent particulièrement être concernés ainsi que les citoyens les plus vulnérables. Nous proposons : -

L’insertion du droit comme matière obligatoire dès le collège et visite obligatoire pour tous les mineurs de 15 ans d’un tribunal Le développement des Maisons de Justice et du Droit ainsi que de leurs prérogatives, et des Points d’Accès au Droit, en développant des formes innovantes de ces services publics dans les zones rurales (PAD nomade).

 Egalité devant la justice Les éternels scandales politico-financiers doivent avoir pour réponse une justice plus sévère en la matière, ainsi que la disparition de juridictions d’exception, pour que chacun puisse avoir à faire à la même justice. Nos propositions :


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Le renforcement des peines pénales concernant la délinquance financière. Un élargissement des types de condamnations pénales empêchant de se présenter à une élection publique. La réforme du statut pénal du chef de l’Etat vers une restriction de son immunité, sur les plans pénal, civil et administratif et la suppression de la Cour de Justice de la République Des mesures en faveur de l’indépendance du Parquet.

3. Pour une politique de sécurité de proximité  Pour une police proche des citoyens Les relations tendues, notamment dans les quartiers en difficulté, entre les habitants et la police, rendent leur travail complexe et plus dangereux. Les pratiques policières doivent aujourd’hui s'adapter à la nécessité de relations positives avec les citoyens afin que leur action soit plus efficace. Nos propositions : -

La mise en place d’une police de proximité. Le redéploiement des forces de police pour une meilleure homogénéité du nombre de policiers / habitants. La mise en place d’actions de rapprochement entre policiers et population : présentation du travail policier à tus les mineurs de 15 ans en les accueillant dans les locaux des institutions, ouverture obligatoire au public des conseils locaux de sécurité, validation du nouveau code de déontologie de la police.

 Lutte contre les discriminations Dans le domaine de la sécurité, l’existence de discriminations importantes ont été étudiées, notamment lors des contrôles policiers. Ainsi, la couleur de la peau, l’âge, l’habillement entrainent des contrôles différenciés, or ces critères de discrimination ne sont pas acceptables dans notre démocratie. Nos propositions -

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La modification de l’article 78-2 du Code de procédure pénale, pour une mise en conformité avec les textes européens et l’avis du Conseil Constitutionnel Une meilleure formation des professionnels de la police à la question des discriminations et de l’interculturalité.

 Action publique envers les populations Roms. Cette population, vivant en majorité dans une grande pauvreté, victime de filières de délinquance organisée, est devenu en France une préoccupation uniquement sécuritaire. Ces citoyens européens devraient pourtant bénéficier d’une chance de


s’intégrer à notre République, alors que les politiques publiques ne favorisent pas, bien au contraire, cette intégration. Nos propositions : -

L’arrêt des démantèlements systématiques des camps de Roms. L’amélioration de la scolarisation des mineurs de moins de 16 ans. L’assouplissement des règles de restriction d’accès à l’emploi. L’amélioration du dialogue entre les pays européens pour une politique globale d’intégration des minorités Roms. L’amélioration de la collaboration avec les polices européennes dans la lutte contre la délinquance organisée.

Pour les Jeunes Radicaux de Gauche, Géraldine GUILPAIN, Déléguée Thématique à la Justice et à la Sécurité


L’égalité des possibles en matière économique Quand on parle d'égalité des possibles en matière économique, on pense naturellement à l'emploi, le logement, l'éducation et la formation, la santé... Dans ces divers domaines, sous chaque gouvernement de nombreuses lois sont mises en place, avec des philosophies et des cibles différentes, pour rétablir celle-ci. Cependant, il semble exister une barrière, ces lois ayant rarement les effets escomptés, les écarts entre les personnes issues de milieu favorisés et les autres dans l'accès au logement et à la propriété, aux emplois les plus qualifiés, à des soins de qualité etc. se maintenant. Une des raisons à cela est l'accès à l'information. Les théories économiques modernes, basées sur la théorie des jeux, démontrent le rôle central de l'information dans les prises de décision. Les personnes possédant les informations adéquates font les meilleurs choix que les autres. Dans l'économie réelle cela se traduit par une reproduction des inégalités faute d'un effort suffisant des pouvoirs publics pour informer les citoyens de leur droit, pour organiser les informations et les rendre intelligibles au plus grand nombre et pour faciliter leur accès et la formation de personnel accompagnant. Pour améliorer l'égalité des possibles dans le domaine économique et à l'heure de la société de l'information, il semble ainsi nécessaire à l'État de réorganiser l'ensemble de ses services afin de répondre à ces problématiques.

Ainsi l'État devrait:

- Prendre l'initiative et s'assurer que tous les citoyens concernés sont bien informés de leur droit nouveau. Le cas du RSA activité est dans ce domaine édifiant, 2/3 des personnes ayant potentiellement droit à ce dispositif apportant un complément de revenu n'en sont pas informés, réduisant d'autant l'égalité des possibles. - Réorganiser la manière de trier l'information de ses services en interne puis en externe en définissant pour chaque secteur une sémantique commune facilitant l'exploitation des informations dans des bases de données communes. - Ouvrir plus largement ses données, en les rendant intelligibles et exploitables - Placer la maitrise et l'accès à Internet en cause national au même titre que l'alphabétisation Des mesures ciblées devraient également être prises pour réduire les inégalités dans les domaines suivants.


En matière d'écologie et de logement :

Il est avéré que les bâtiments les moins bien isolés sont ceux qui dépensent le plus d'énergie. Le coût de l'énergie représentant un coût croissant pour les ménages, il a donc été décidé d'accorder des crédits d'impôt pour améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments. Cependant, les crédits d'impôt ne sont intéressants que pour les personnes pouvant les déduire de leur revenu imposable, soit 50% des foyers fiscaux, les autres étant de fait exclu de ces dispositifs alors qu'ils en ont souvent le plus besoin, l'immobilier à bas coût étant moins bien isolé. Afin de rétablir l'égalité des possibles dans ce domaine, il serait opportun: - De redistribuer ces crédits impôts dans les logements, collectifs et individuels, préalablement identifiés présentant les plus basses efficacités énergétiques et de développer des partenariats avec les sociétés d'exploitation qui se rémunèrent sur les économies d'énergie réalisées. - D'informer de manière constante les citoyens sur les moyens de baisser leur facture énergétique - D'accélérer le nombre de bâtiment à énergie positive et de faciliter l'autonomie énergétique des bâtiments dans les territoires urbains et ruraux

Par ailleurs en matière de logement, le manque de mixité et de transparence dans l'attribution des logements sociaux faussent également l'égalité des possibles. L'État doit faire un effort de transparence en assurant l'anonymat des dossiers soumis aux commissions attribuant les logements sociaux et en s'assurant que les logements sociaux ne soient pas implantés tous dans les mêmes quartiers et n'accueillent pas que des personnes à niveau de revenu proche.

En matière d'éducation et d'emploi :

L'accès gratuit à l'école devrait assurer une certaine égalité des possibles. Cependant le jeu est faussé par la détention inégale de l'information qui permet aux personnes la détenant de faire les meilleurs choix pour leurs enfants. L'État pour pallier à cette inégalité doit impérativement améliorer son service d'orientation qui détermine l'avenir professionnel des enfants. Le principe d'égalité des possibles se doit d'y être omniprésent. Dans les études, pour effacer la différence entre les étudiants devant travailler pour les payer et les autres, la mise en place d'une allocation d'autonomie individualisée est nécessaire.


De même, en matière d'emploi, rien ne justifie qu'un actif de moins de 25 ans ne puisse pas toucher le RSA. Le jeune chômeur doit faire face à une double peine, il est sans emploi et sans revenu. Telle n'est pas la conception de l'égalité des possibles selon les JRG ! Pour les Jeunes Radicaux de Gauche, Laurent HENTZ, Délégué Thématique à l’Économie


Un exemple d'égalité des possibles entre hommes et femmes : le CLCA et le rôle des parents. Le 3 juillet dernier, la Ministre des droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem présentait en Conseil des ministres la loi-cadre pour l'égalité entre les hommes et les femmes. Il est à noter que cette loi se veut de manière inédite assez transversale, et que pour la première fois en la matière, un véritable travail interministériel a été mis en œuvre. L'égalité des possibles ne saurait être cloisonnée à un domaine particulier, et cette recherche de transversalité est à saluer. Il ne s'agit pas ici de faire une analyse, même succincte, de ces mesures, mais à travers l'exemple du Complément de libre choix d'activité (CLCA), tantôt théoriques, tantôt très pratiques, d'interroger l'égalité des possibles entre les femmes et les hommes, et de proposer des solutions alternatives à celle actuellement mises en place.

Présentation de la réforme : Le CLCA, versé sans condition de ressources se destinent à l'un des parents qui souhaite réduire ou cesser totalement son activité professionnelle pour s'occuper de son enfant. Aujourd'hui, près de 96.5% des bénéficiaires du CLCA sont des femmes, et seuls 18 000 pères y ont recours, sur un total de 540 000 bénéficiaires. Avec la réforme du Gouvernement, les parents d’un enfant se verront proposer six mois de congé supplémentaire dès lors qu’ils sont pris par le second parent (généralement le père). Le couple aura ainsi l’assurance de bénéficier du CLCA jusqu’aux deux ans et demi de l’enfant. Les derniers six mois ne pourront être accordés que s’ils sont pris par l’autre parent ou si ce partage est intervenu au préalable.". L'objectif est de favoriser un meilleur partage des responsabilités parentales dès les premiers mois de l'enfant, afin de permettre un retour à l'emploi plus rapide des femmes à l'issue du congé parental. Les limites de la réforme : Evidemment, la nouvelle mouture du CLCA est incitative. Elle tire son exemple d'Allemagne : son système du Elterngel (deux mois réservés au père sur douze) a vu la proportion des pères prenant un congé parental passer de 3 à 21%. Pour autant elle demeure limitée. Avec 388€ de CLCA, en cas de cessation complète d'activité professionnelle, l'incitation apparaît bien limitée. Parmi les parents, les mères demeureront très majoritairement celles à qui il revient de s'occuper des enfants, dans le prolongement de leur congé maternité. A cela, il ne faut pas occulter les difficultés rencontrés par les pères : l'aménagement du temps de travail est moins facile pour les hommes que pour les femmes (27 % des femmes obtiendraient le temps partiel sur simple demande contre 14 % des hommes et 30% des pères qui n’ont pas pris le congé parental l’expliquent par les craintes d’impact négatif sur leur carrière...) ; le risque d'autocensure ou de découragement peut donc indirectement inciter les hommes à


continuer à travailler, et maintenant les femmes uniquement dans leur nouveau rôle de mère. Enfin, les constructions sociales ont encore la vie dure dans l'entreprise : l'homme devenu père reste encore considéré comme étant le "chef de famille" qui se doit de nourrir sa famille à sa faim. Le Ministère lui-même insiste sur la mise en œuvre d'un vaste plan pour lutter contre les stéréotypes liés au sexe pour assurer la réussite de la réforme. Ne devons-nous pas y voir déjà un biais structurel, dans notre manière de concevoir la parentalité ?

Proposition : Inciter les pères à s'impliquer dès les premières années de son enfant est positif. Mais à travers cet exemple très pratique du CLCA, et devant ces limites, réelles, ne devrionsnous pas plutôt aller à rebours de cette incitation stricto-paternelle ? L'égalité des possibles en matière de parentalité, ne devrait-elle pas passer par une réforme plus globale, qui désexualiserait les fonctions parentales ? Nous proposerons donc ici une approche suédoise : les parents ont droit à un total cumulé de 16 mois de congés parentaux payés par enfant, à prendre en entier ou en partie seulement, dont treize à hauteur de 80% du revenu le plus récent. La loi suédoise oblige les deux parents à prendre au moins deux mois de congés parental, simultanément ou alternativement, ce qui permet au père de pouvoir immédiatement s'investir auprès de leurs enfants et aux enfants de passer un temps équivalent avec leurs deux parents. Enfin, les parents ont la possibilité de réduire leur temps de travail jusqu'à 25% et jusqu'à ce que l'enfant ait huit ans. Un tel dispositif adapté en France, de par son caractère dégenré et de par sa désexualisation apparaîtrait tout à fait exemplaire : il permet aux hommes de s'investir très vite dans l'éducation de leur enfant dans les impératifs ménagers de son foyer ; et il permet aux femmes de retourner à l'emploi plus facilement, tout en gardant la possibilité d'un temps de travail adaptable à leur nouvelle situation de mère. L'égalité des possibles entre homme et femme est assurée, au travail comme au foyer. Pour les Jeunes Radicaux de Gauche, Jérémy Chambraud-Susini Délégué Thématique aux libertés et aux solidarités

Lire aussi : -"Suède : Equilibre entre travail et vie de famille - une conciliation des plus réussies" in http://europa.eu/epic/countries/sweden/index_fr.htm - "Projet de loi pour l'égalité entre les femmes et les hommes - Dossier de Presse", in http://femmes.gouv.fr/wp-content/uploads/2013/07/Dossierde-presse-Projet-de-loipour-le%CC%81galite%CC%81-entre-les-femmes-et-les-hommes.pdf


Égalité des possibles et Numérique L’avènement du numérique constitue le grand bouleversement de ce siècle pour notre société. Ce changement représente à la fois un grand risque et une chance inouïe pour l’égalité des possibles. En effet, même si la possibilité d’accéder à une information abondante n’a jamais été si facile, il réside un risque de voir se développer une fracture 2.0 entre ceux qui maîtrisent et tirent profits des outils du numérique et ceux qui les subissent sans les comprendre. Cet écueil doit être maîtrisé par la garantie universelle d’accès au réseau ainsi que par des formations et des accompagnements. Néanmoins, le numérique est aussi une occasion unique d’estomper voire de supprimer des inégalités sur d’autres sujets. En effet, que ce soit dans l’éducation, la formation, l’emploi, l’accès à l’administration et dans bien d’autres domaines, l’informatique reste très peu exploitée et les progrès dans l’égalité des possibles sont potentiellement encore très importants.

1- Promouvoir l’égal accès aux ressources numériques:

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Solder l’héritage d’Hadopi et rétablir l’égal accès aux ressources numériques : La précédente majorité avait décidé d’une privation fondamentale des libertés d’accès à l’information en coupant l’accès à internet. Ce fut une atteinte grave à l’égalité des possibles. Ce genre d’injustice doit être évité dans le futur, en ajoutant, au bloc de constitutionnalité, le droit inaliénable à un accès non filtré à internet.

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Poursuivre et intensifier la formation au numérique : étant donné l’importance de la maîtrise des outils informatiques pour l’intégration dans la société du XXIe siècle, il est indispensable que nos enfants soient encore mieux préparés aux sciences de l’information tout au long de leur scolarité. Néanmoins, l’État se doit aussi de fournir une formation d’introduction à l’informatique gratuite pour tout citoyen le requérant. Il en va de l’égalité des possibles mais aussi de la performance de notre économie.

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Permettre à chaque citoyen d’accéder gratuitement à internet quelle que soit sa situation géographique : l’ambition française dans le domaine ne peut pas être moins que 100% de couverture gratuite wifi sur le territoire à l’image de ce qu’il se fait en Corée du Sud. La technologie de wifi longue portée existe déjà, il ne manque plus qu’une volonté politique. Un tel réseau permettrait de gommer les inégalités territoriales dans l’accès à l’internet.


2- Le numérique comme pourfendeur d’inégalités

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Améliorer l’égalité des possibles dans l’éducation et la formation : Depuis plus d’un an, on voit se développer le mouvement des MOOC qui permettent à tout le monde d’accéder gratuitement à des cours des meilleures universités mondiales. Il est fondamental de promouvoir l’émergence d’une culture du MOOC dans l’enseignement supérieur français. Pourquoi ne pas même inciter par la fiscalité les entreprises à utiliser ces outils pour former leurs employés ? Ces nouveaux outils pourront peut-être nous permettre de prendre l’avantage dans deux batailles prioritaires de la majorité : l’éducation et l’emploi.

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Permettre un accès égalitaire et transparent aux financements et levées des fonds. Grâce au mouvement du crowdfunding, il est possible pour tout entrepreneur de soumettre un dossier sur des sites spécialisés pour collecter des fonds dans le but de financer une start-up ou plus simplement un projet. L’État doit activement participer au mouvement en proposant des réductions d’impositions pour les personnes qui s’engagent à soutenir financièrement des projets. L’avantage de ce type de financement est qu’il est indépendant des banques et que toute personne ayant un accès à internet peut soumettre son projet en toute égalité et en toute transparence. Soutenir le crowdfunding c’est soutenir l’égalité des possibles.

Pour les Jeunes Radicaux de Gauche, Jean-Baptiste CLOUARD, Membre associé aux questions du numérique


L'égalité́ des possibles en matière de syndicalisme et d'emploi L'égalité des possibles, pour les radicaux notamment, est un pilier de la République. Chacun doit pouvoir trouver une place dans la société, une place qui le rende heureux et qui lui permette de s'épanouir. L'égalité des possibles est garantie par l'Etat. La formation initiale, le recrutement et l’évolution professionnelle sont les trois aspects à analyser et à présenter. Animés par une volonté irréductible de progrès, guidés par l'espérance et par la lumière d'un idéal pour éclairer notre route, nous, radicaux de gauche avons une certaine approche de l'égalité des possibles. Nous refusons les quotas, la discrimination positive, l'élitisme républicain et souhaitons non pas rétablir l'égalité des possible de manière arithmétique mais tendre vers cette égalité, en corriger les déséquilibre.

I/ Les enjeux

> Formation initiale - comprendre l'espérance des jeunes « La République doit être capable de comprendre l'espérance des jeunes » PierreMendès France - absorber les espoirs de la jeunesse « Si notre République ne sait accepter, canaliser, absorber les ambitions et les espoirs de la jeunesse, elle périclitera » Pierre-Mendès France - revaloriser l'enseignement professionnel et technique > Recrutement - lutter contre les discriminations - faire en sorte qu'il y ait plus de diversités dans les entreprises - faire comprendre que la diversité est une richesse > Evolution professionnelle - faire en sorte que l'idée d'évolution professionnelle redevienne le principe et non l'exception - lutter contre les discriminations - favoriser la mobilité́


II/ Les grands principes > Formation initiale - lutter contre le conditionnement social des élèves en fonction de leur milieu d'origine. - la liberté individuelle est supérieure aux déterminismes sociaux; espérance d'émancipation de l'homme par son propre effort. - les métiers manuels, l'artisanat, sont des métiers aussi valorisants que les métiers de service > Recrutement - les recrutements se font selon des compétences et non selon des caractéristiques extérieures - une personne épanouie, avec des enfants, est une chance pour les organisations et non un risque - valoriser l'esprit de coopération > Evolution professionnelle - remettre le mérite au cœur des évolutions professionnelles - permettre aux personnes d'évoluer selon leurs capacités - revaloriser l'esprit de coopération III/ Quelques propositions : > Formation initiale - multiplier les tutorats, les visites de professionnels au lycée afin d'expliquer leur métier et témoigner de leur expérience - mettre fin à̀ la carte scolaire et lutter vigoureusement contre les abus - obliger tous les bacheliers à partir au moins 6 mois à l'étranger afin de valider leur licence ou leur BTS - inciter les lycéens à aider gracieusement les collégiens à faire leurs devoirs et les collégiens à aider les élèves du primaire > Recrutement - développer le tutorat avec des anciens élèves ou des professionnels de l'entreprise afin de faciliter l'intégration - créer un label responsable pour toutes les organisations ; pour l'obtenir, il faut mettre en place des dispositifs de lutte contre les discriminations à l'embauche - augmenter le montant des taxes à payer pour les organisations qui ne respectent le pourcentage de 5% d'handicapés : la société doit être en mesure d'affronter leurs regards


> Evolution professionnelle - multiplier les passerelles d'un emploi à l'autre. - lutter contre les discriminations des femmes avec enfants en incitant financièrement les époux à prendre le congé parental à la place de leur femme. - favoriser les personnes qui suivent des formations, passent des concours internes et ont des activités utiles à la collectivité, au bien commun. - instaurer la parité sur les listes syndicales. Pour les Jeunes Radicaux de Gauche, Damien ARNAUD, Délégué Thématique aux syndicats et au travail


L'égalité des possibles devant les services publics «L'égalité des chances? Un mythe, de la poudre aux yeux pour masquer les inégalités qui grandissent». De nombreux signes nourrissent le sentiment d'une République à bout de souffle: un système de petits arrangements entre amis au sommet, la panne de l'ascenseur social, la désillusion des classes moyennes, l'absence de perspectives et de projet collectifs pour le pays et l'Europe. On ne croirait plus à cette République en fin de course. On n'y croira plus tant que l'on ne réinvente pas, tant que l'on ne ré-enchante pas notre vivre ensemble: par l'égalité des possibles. Parce que chacun, chaque homme et femme, a la même valeur, il mérite les mêmes chances dans la vie. Une France de l'égalité des possibles, c'est une France où les parents savent que leurs enfants auront les mêmes chances de réussir que ceux des autres, c'est une France où chacun a accès à l'éducation, à un service de santé efficace, à une prise en charge des risques sociaux, quelle que soit son origine. C'est cette France de l'égalité des possibles, où chacun est considéré, où chacun sait qu'il a sa place, qu'il pourra progresser et être soutenu en cas de besoin, que nous souhaitons.

Nos propositions pour y contribuer:

1- Cibler l'accompagnement de la collectivité pour ceux qui en ont le plus besoin: --- Les personnes en situation de détresse dont le nombre augmente depuis 2008 et ceux trop riches pour être pauvres mais pas assez pauvres pour être éligibles aux dispositifs de solidarité. --- Les territoires isolés, les périphéries et d'abord les quartiers et zones rurales, dont les habitants se sentent exclus du système, abandonnés par les pouvoirs publics. La collectivité doit investir dans ces périphéries, et pas simplement comme jusqu'à présent en équipements, en infrastructures, en perfusions financières, mais en humain, en plaçant des hommes et des femmes qui seront des facilitateurs, des catalyseurs des talents et des énergies. --- Développer le réflexe de la solidarité de proximité, au quotidien. Cette solidarité n'a pas besoin de loi, de système pour s'exprimer. Elle est instinctive, spontanée, au service de son entourage où chacun est un soutien pour l'autre.


2- Un Service public mobilisé pour nos concitoyens et les territoires

--- Recevoir un mandat de la Nation, c'est un honneur, une responsabilité et cette responsabilité ne peut être honorée par le cumul de mandats actuel. Les intercommunalités et autres syndicats de collectivités doivent être intégrés dans les règles de non-cumul.

--- Maîtriser les dépenses de fonctionnement des administrations afin de conserver des marges de manœuvre pour agir, investir, préparer notre avenir.

--- Redéfinir les grandes missions de l'Etat au service des besoins de nos concitoyens (sécurité, emploi, logement) afin de passer d'un Etat qui saupoudre ses moyens sans résultat, à un Etat stratège qui réussit.

Pour les Jeunes Radicaux de Gauche, Robin LAGARRIGUE, Délégué Thématique à la Programmatique et à la Doctrine radicale


L’égalité des possibles pour l’exercice de la profession agricole et l’accès à une alimentation saine et équilibrée Notre Délégation se veut répondre de manière pragmatique à une série d’enjeux que nous vous listons ci-dessous pour une meilleure, nous l’espérons, lisibilité.

1) Des subventions agricoles rémunérant le travail Le système des Droits à Paiement Unique (DPU) perpétue une double inégalité en subventionnant les agriculteurs en fonction de la surface cultivée et des rendements historiques effectués. Nous réclamons en plus de la convergence des aides par des DPU (DPU égaux sur l’ensemble du territoire national quel que soit le type de production agricole) la prise en compte du temps de travail de l’agriculteur dans son calcul (Jour-Homme/ha). 2) Installations hors cadre familial Pour le maintien d’exploitations agricoles à taille humaine, devant l’évolution démographique des populations agricoles, une meilleure mixité des sociétés rurales, et pour un secteur agricole plus innovant, l’installation d’agriculteurs hors cadre familiale doit être favorisée. Les différents leviers à disposition sont l’orientation vers les filières d’enseignements agricoles ainsi qu’un régime de subvention à l’installation préférentiel. Des quotas de création d’exploitations agricoles peuvent être établis à l’échelle des départements, afin de maintenir le nombre et la taille de ces exploitations. 3) Un enseignement public nutritionnel …. La prévention sanitaire des risques de surpoids repose sur une bonne alimentation et la pratique sportive. Si l’enseignement public s’est saisi de l’éducation physique et sportive de ses élèves, il doit également se saisir de la question leur éducation nutritionnelle. Au-delà des seules considérations hygiéniques, les aspects culturels et gustatifs doivent y être associés à travers un enseignement gastronomique. 4) …. et gastronomique Le modèle gastronomique français a été porté au rang de patrimoine mondial. Il ne doit pas rester un privilège accessible aux plus aisés, ou aux mieux éduqués mais être diffusé au plus grand nombre notamment via l’enseignement public. Ces enseignements présentent de nombreuses synergies avec les matières plus classiques (SVT & Géographie). Son existence propre est cependant justifiée par l’apprentissage pratique de la cuisine à tous les enfants de la république afin de mettre un terme à la reproduction sociale des régimes alimentaires et la répartition inégale des tâches ménagères au sein des foyers.


5) Bonus-malus alimentaire Nous proposons un système de subvention à l’achat de fruits et légumes frais pour les populations les plus défavorisées (dans le cadre de la Politique Agricole Commune et sur le modèle des « Food Stamps » américains). Le budget pourra être équilibré par l’apport de taxes sur les produits alimentaires néfastes pour la santé (produits gras et sucrés). 6) Informations au consommateur La mise en place d’un étiquetage nutritionnel et environnemental européen est aujourd’hui urgente. De plus, la diversité des labels de qualité et d’origine dégrade l’information du consommateur et nécessite une standardisation.

Pour les Jeunes Radicaux de Gauche, Etienne JOBARD, Délégué Thématique à l’Agriculture, au Monde rural et au Développement durable


L’égalité des possibles par l’accès à l’éducation Notre système éducatif doit permettre à tous les enfants de notre pays d’avoir accès à un même niveau d’enseignement quelle que soit son origine, sa situation géographique et la situation socioprofessionnelle de ses parents. Et la réussite de cet apprentissage commun tient à sa capacité à s’adapter à chaque enfant.

1-Permettre à tous les enfants d’accéder à un même savoir.

-mettre fin aux dérogations permettant de choisir un établissement hors de son secteur.

-ajuster le découpage de ces secteurs pour avoir une mixité plus importante dans les établissements. (notamment dans les écoles primaires, élémentaires et les collèges)

-ne pas systématiquement affecter les jeunes enseignants dans les zones difficiles où une expérience du métier est nécessaire.

-mettre plus de moyens humains et financiers dans des zones difficiles et rurales afin d’augmenter le taux d’encadrement et de permettre aux élèves de se cultiver hors établissement grâce à l’établissement.

- ne pas restreindre les places de différentes options pour des considérations structurelles.

-proposer les mêmes filières sur tout le territoire.

-permettre à tous d’accéder à de grandes écoles ou à l’université.

2-Adapter les parcours de chaque enfant.


Chaque élève est différent mais jusqu’à la fin du collège le parcours proposé pour tous est identique. Les élèves bien insérés dans le monde éducatif ne vont pas avoir de problèmes. Par contre les autres vont subir leur parcours scolaire. L’éducation nationale doit permettre à chaque jeune d’avoir un parcours adapté à sa situation personnelle, par une adaptation du cursus en établissement et également par des périodes de découverte hors établissement. À partir de la classe de quatrième un élève devrait avoir la possibilité de personnaliser son parcours. L’objectif est d’alterner école, stage et apprentissage dans un parcours co-élaboré par les différents acteurs de la formation.

L’égalité des possibles c’est permettre à chacun de réussir sa scolarité en adaptant cette dernière aux différents profils rencontrés.

Pour les Jeunes Radicaux de Gauche, Grégory CASSAGNEAU, Délégué Thématique à l’Éducation nationale, citoyenne et populaire

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