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Chronique Sylvain Roussillon Les brigades internationales de Franco

politique

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enjamin Dormann est un homme de centre gauche. Ce n’est pas mon cas. Mais, sur un point, au moins, nous nous rejoignons : nous sommes tous les deux convaincus que la presse française pose un sérieux problème. Son regard de gauche le rend particulièrement sensible à l’hypocrisie de ces « managers » de la gauche caviar, à la fois « humanistes » en discours et rapaces dans la vie professionnelle. Cette hypocrisie est effectivement l’une des choses les plus insupportables chez les hommes de gauche « présentables » – disons, pour faire simple, la gauche Hollande, qui n’est pas (hélas) la gauche molle, puisqu’elle est aussi fanatiquement égalitariste que des marxistes-léninistes de stricte obédience, mais bien la gauche caviar, larmoyante de bons sentiments et dégoulinante de haute moralité et, pourtant, peu désireuse de partager ses milliards et prête à licencier abondamment pour augmenter sa rentabilité. Bref, faisant le contraire de ce qu’elle dit !

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<gdethieulloy@les4verites.com> Guillaume de Thieulloy, 38 ans

L’effarante partialité de la presse française

362 pages – 24 €

La guerre d’Espagne fut une sorte de répétition de la guerre mondiale qui s’annonçait. C’est dans ce cadre que plusieurs « contingents » étrangers participèrent à ce conflit. On le savait bien pour les « brigades rouges ». On le savait aussi pour la Légion Condor allemande ou pour l’envoi de troupes italiennes par Mussolini. Mais Sylvain Roussillon propose ici une passionnante synthèse de l’ensemble des étrangers engagés aux côtés des forces du général Franco. Et on découvre que les motivations de ces combattants étaient très variées, du goût de l’aventure à l’anticommunisme, en passant par la défense de la chrétienté. Un livre passionnant appelé à devenir un ouvrage de référence.

Guillaume de Thieulloy

Lecteurs occasionnels abonnez-vous ! Lecteurs déjà abonnés abonnez vos amis! n OUI, je souhaite m’abonner pour 6 mois (soit 25 numéros) à la revue « Les 4 Vérités hebdo » au prix de 30 € TTC (TVA à 2,10 % incluse) par chèque joint NOM ...............................Prénom ............................ Adresse ................................................................... Code Postal .....................Ville ................................. Téléphone ...............................................................

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La publication anti bourrage de crâne

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Les 4 Vérités Hebdo — Service abonnements 18 à 24, quai de la Marne — 75164 Paris Cedex 19 Par notre intermédiaire, vous pouvez recevoir des propositions commerciales, politiques ou associatives. Si vous ne le souhaitez pas, cochez cette case : r

LES 4 VÉRITÉS HEBDO N° 843 VENDREDI 25 MAI 2012

Le livre de Dormann est un terrifiant étudiants en journalisme. Nous y réquisitoire sur la carrière des constatons que Hollande était largeOlivennes ou des Pigasment favori (autour de se, ces ex (?) soixante40 %) et que Méhuitards reconvertis lenchon était deux fois Benjamin Dormann dans le capitalisme gonmieux élu que Sarkozy flé à l’argent public. (25 % et 12,5 % enviC’est aussi une remar- Ils ont acheté la presse ron). « Naturellequable enquête sur les ment », aucun apprenconnivences entre les ti journaliste ne votait sociétés médiatique et pour Marine Le Pen. Au Jean Picollec politique. Et ce n’est pas total, la droite, pourl’arrivée à la tête de l’Étant majoritaire en tat du couple HollandeFrance, est largement 341 pages – 23 € À commander auprès de Trierweiler qui va amélioau-dessous des 20 % notre service abonnements rer les choses. d’intentions de vote, (+ 5,50 € de port) On y revoit, en particulier, loin derrière la seule le « film » des états géextrême gauche ! néraux de la presse, dans lesquels Ni- Comment sortir de cette impasse ? colas Sarkozy offrit un joli paquet Selon moi, il n’y a pas 36 solutions : il d’argent public à une presse mori- faut absolument en finir avec cette bonde et sans lecteur. Sans parler des espèce de monopole du recrutement abondantes « niches fiscales » privi- journalistique que constitue la filière légiant les journalistes, que François IEP-école de journalisme. Et il faut en Hollande a promis de rétablir (au finir avec le financement public de la moment même où il dénonce partout presse. ces prétendues « niches »). Il n’est pas normal que tous les journaEn un mot, « Ils ont acheté la pres- listes aient la même formation techse » est une mine de renseignements nique et idéologique. Et il est moins sur ce monde paradoxalement opa- normal encore que la presse « pomque qu’est la presse française. pe » d’autant plus d’argent public Cependant, la question financière qu’elle perd plus de lecteurs. n’est pas tout. Voici un excellent chantier pour la Le pire tient au poids de la pensée droite, à présent dans l’opposition, unique. Quelques « sondages », un chantier à la fois pertinent pour purement indicatifs, ont circulé ces les finances publiques et pour le dernières semaines sur le vote des débat public ! n

Notre ami David Miège, qui nous offre chaque semaine un dessin en guise d’éditorial à la fois politique et poétique, vient de publier aux éditions Muller un joli petit David Miège recueil, intitulé, en hommage à Antoine Blondin et aux hussards, « L’Europe vagabonde ». On y retrouve avec plaisir ce qui fait sa « tou- L’Europe vagabonde che » personnelle : non seulement son trait si caractéristique, ses petits chats et ses arêtes de Muller édition poisson, mais encore son regard sur le monde tel qu’il va – regard à la fois amusé et sceptique, pour ne pas dire consterné par la bêtise préten171 pages – 19 € tieuse de certains de nos contemporains. À commander auprès de Voilà une belle idée de cadeau à vous faire, ou à notre service abonnements (+ 5 € de port) faire à des proches.

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ISSN 0151-2439

VÉRITÉS 4

VENDREDI 25 MAI 2012

N° 843

LES

La publication anti bourrage de crâne

ÉDITORIAL Le retour de l’État 100 % PS ue François Hollande n’ait pas raccompagné son prédécesseur à sa voiture juste avant sa prise de pouvoir officielle, le mardi 15 mai, relève de la simple grossièreté. Qu’il n’ait pas trouvé un seul mot positif pour évoquer l’exercice et le bilan de son mandat, montre son sectarisme. Mais qu’il ait invité, pour son premier déjeuner à l’Élysée, tous les anciens Premiers ministres socialistes, avec les épouses ou compagnes, est beaucoup plus symbolique de la ligne adoptée par ce nouveau gouvernement : le retour à un État 100 % PS. Toutes les initiatives et décisions prises par le nouveau président vont dans ce sens-là. En commençant par ses hommages à Jules Ferry et Marie Curie, avec ses priorités répétées à l’Éducation et la Justice. Affirmer que l’éducation et la justice seront les priorités de ce gouvernement peut sembler sympathique. Mais beaucoup d’autres « priorités » s’imposent tout autant, et sont pareillement indiscutables. Il se trouve – et ce n’est pas un hasard – que l’éducation et la justice s’incarnent dans des corps administratifs, noyautés par des syndicats, qui, avec ceux de l’administration des finances, constituent les fers de lance de l’appareil et des troupes du parti socialiste.

Q Dessin de MIÈGE

4VÉRITÉS

LES

La publication anti bourrage de crâne

HEBDO

LES 4 VÉRITÉS 2012 © Publication hebdomadaire (CPPAP N° 1114, I 82 712) Tél. : 01 46 88 09 78 <redaction@les4verites.com> <http://www.les4verites.com>

(webmaster : <webmasteur4v@les4verites.com>)

Siège : 25, rue des Bas 92 600 Asnières – (GT Éditions SARL) Abonnements : 4 Vérités-DIP 18 à 24, quai de la Marne 75 164 Paris Cedex 19 01 44 84 85 48 (Dominique <dominique.varenguin@dipinfo.fr>) ou http://www.les4verites.com Directeur de la publication : Guillaume de Thieulloy Conseiller éditorial : Alain Dumait Rédaction : Jean Rouxel (rédacteur en chef) Le numéro 1,20€ Abonnement 50 numéros 60€ TTC Abonnement de soutien à partir de 100€ Personnes morales (entreprises ou administrations) : 200€, TVA à 2,10 % en sus Imprimerie : Delcambre, Pantin (93) Également disponible en format numérique (nous consulter) Fichiers déclarés à la CNIL (N° 672024) Exemplaire gratuit sur simple demande écrite

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HEBDO

Alain Dumait

Il ne faut pas oublier que le siège du PS, rue de Solférino, fut, au départ, financé par la nébuleuse des mutuelles de l’Éducation nationale (qui, ensuite, devait renflouer le journal « Le Monde »…). Certains ont trouvé admirable que François Hollande et JeanMarc Ayrault aient respecté à la lettre le principe (parfaitement débile) de la parité entre les hommes et les femmes ministres. Au-delà, on remarquera que ce gouvernement est constitué à 100 % de personnes dont les ressources proviennent en totalité de l’argent public. Nous entrons dans une ère de parti unique socialiste, élargi aux supplétifs de la pseudo-écologie. Tous sont issus de la sphère publique. Ils ne peuvent qu’être dévoués à son service. Un tel système n’a aucune chance de réussir. En tout cas, en termes de création de richesses et d’emplois. Ce sera comme en 1936 ou 1981. Pour les mêmes raisons. Sauf qu’un État, même détenant tous les pouvoirs, qui doit emprunter sur les marchés financiers 500 millions d’euros par jour, est « sous tutelle ». Le moindre faux pas, la première bourrasque lui sera fatal. Cette issue, sans doute dramatique, est certaine. Dans quel délai ? C’est toujours la question la plus difficile. Quelques mois, quelques années… n

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»

En France, la politique est une religion.

Robert Louis Stevenson

SOMMAIRE

2Â 3Â 4 5 6Â 7Â 8

Baisser les taxes pour relancer l’économie par Bernard Trémeau

Chiffres Significatifs

Mélenchon est illégitime à Hénin-Beaumont

par Marie Merlin

Divers faits Votre opinion nous intéresse Le courrier des lecteurs

Pour une alliance UMP-FN

par David Chevalier

L’État et la finance contre notre épargne

par Pierre Audabram

Communication

L’Union européenne à l’agonie par Guy Millière

Sic

La chronique politique

de Guillaume de Thieulloy

Avec ce numéro, vous recevez une offre des éditions Italiques réservée aux lecteurs des « 4 Vérités ».


Chiffres Significatifs

LÉGISLATIVES > 6 591 personnes sont candidats aux élections législatives de juin prochain, soit 11,4 candidats en moyenne dans chacune des 577 circonscriptions. Parmi ces candidats, 2 641 sont des femmes. HOMOPHOBIE > En 2011, les forces de l’ordre ont recensé 152 agressions physiques « homophobes », contre 125 l’année précédente. CHIENS > Les Américains possèdent 78,2 millions de chiens et dépensent pour eux 52 milliards de dollars par an. HÔTEL > En moyenne, une nuit d’hôtel à Paris, durant le week-end de Pâques, coûtait 183,80 euros. FISC > En 2011, la Direction générale des finances publiques a déposé 1 131 plaintes au pénal pour fraude fiscale. Ce chiffre représente une hausse de 2,4 % par rapport à l’année précédente. CHÔMAGE > Fin mars, 2 884 500 personnes étaient officiellement demandeuses d’emploi, soit 0,6 % de plus qu’un mois plus tôt et 7,2 % de plus qu’à la fin mars 2011. VACANCE > 26,2 millions de Français pensent partir en vacances cet été. Parmi ceuxci, 18,4 millions envisagent de rester en France. VÉLO > Au cours du quatrième trimestre de l’année 2011, les forces de l’ordre ont enregistré 2 178 vols de vélos dans la capitale, soit une hausse de 37,4 % par rapport au quatrième trimestre 2010. DETTE > 65 % de la dette publique française est détenue par des investisseurs étrangers. Un chiffre à comparer à la moyenne européenne qui n’est « que » de 53 %.

2

Économie Économie La fausse relance de François Hollande

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rançois Hollande, notre nouveau président, veut en priorité relancer l’économie. Nous sommes totalement d’accord avec lui. Mais il doit tenir compte de trois marqueurs de l’économie française qui sont au rouge : le déficit de la balance commerciale de la France avec l’Allemagne, le chômage, et le recul des investissements en France. Vouloir, en dehors de la croissance, rééquilibrer un budget et rembourser les dettes serait une très grave erreur. Cela ne ferait qu’augmenter le mal dont souffre l’économie française. Car, pour ne plus faire de dettes et pour les rembourser, il faut, soit augmenter les impôts, soit diminuer les allocations très généreusement distribuées depuis des décennies. Dans les deux cas, les Français auraient moins d’argent à dépenser. Au lieu de relancer l’économie, on aggraverait le chômage. Il ne faudra équilibrer le budget et rembourser les dettes qu’une fois l’économie relancée. Mais de nombreuses mesures proposées par François Hollande semblent incapables de relancer l’économie et elles risquent, au contraire, d’aggraver le mal. 1) François Hollande ne parle absolument pas d’une nécessaire dévaluation de l’ancien franc par rapport à l’ancien mark. Depuis 11 ans et tous les ans, les coûts de production français sont en moyenne de 2 % supérieurs aux coûts de production allemands. Sans dévaluation, les désordres actuels s’aggraveront tous les jours et nous serons obligés de sortir de l’euro.

LES 4 VÉRITÉS HEBDO N° 843 VENDREDI 25 MAI 2012

Les ministres des Finances européens peuvent aussi dévaluer en restant dans l’euro, en modifiant les parités fixes liant entre elles les anciennes monnaies. Le capital de ceux qui ont confié leurs économies à la caisse d’Épargne diminuera d’autant. Par contre, tous ceux qui auront emprunté de l’argent à leur banque profiteront de cette dévaluation. C’est normal. Ce qui n’est absolument pas normal, c’est l’absence de dévaluation depuis 11 ans. Tant que cette dévaluation ne sera pas effectuée, parler de relance est utopique. 2) Il ne faut pas chasser les « riches » de France en les imposant plus que les « pauvres ». Aujourd’hui, ils vont dépenser leur argent en Suisse ou au Luxembourg. Il ne faut pas les chasser en les imposant plus. Il faut, au contraire, les attirer en les imposant moins que les autres pays. Nos entreprises ont, en général, besoin d’emprunter de l’argent pour produire plus et à moindre coût. Il ne faut pas chasser les capitaux internationaux en les imposant plus. Il faut, au contraire, les attirer en diminuant leurs impôts. 3) Il faut supprimer l’impôt sur la fortune et imiter les socialistes allemands ou espagnols. 4) Il faut cesser d’imposer les entreprises installées en France. Il faut, au contraire, les attirer en les imposant moins que les autres pays européens. 5) Il faut utiliser le plus possible la taxe sur la valeur ajoutée (la fameuse TVA). Quand on remplace les charges pesant sur les

Bernard Trémeau <tremeau.bernard @wanadoo.fr>

entreprises par la TVA, on ne crée pas une augmentation des prix, contrairement à ce que prétendent de très nombreux responsables économiques ou politiques. Car les entreprises sont soumises à la concurrence des entreprises étrangères. Elles utiliseront la suppression des charges pour abaisser les prix. Par ailleurs, la TVA impose les produits provenant de l’étranger. Elle a donc le même effet que les droits de douane. Elle redonne plus de compétitivité à nos entreprises. 6) Il faut enfin simplifier la fiscalité française. Notre fiscalité est devenue tellement complexe, que même de hauts responsables de l’administration fiscale française se trompent parfois. Il faut remplacer toutes les anciennes lois par une seule loi nouvelle. Les Italiens viennent de faire cette révolution fiscale. Telles sont pour nous les six mesures que devrait prendre un gouvernement français, qu’il soit de droite ou de gauche, d’extrême droite ou d’extrême gauche. La première mesure, la dévaluation, est de loin la plus importante si l’on veut que la France reste dans le Marché commun. Aucun gouvernement ne peut échapper à ces réalités économiques. Quand la concurrence existe, elle est parfaitement efficace. Quand on la supprime, on appauvrit tout le monde. La relance par le déficit budgétaire a toujours aggravé le chômage. La relance par la réduction des impôts a réussi dans tous les pays où elle a été appliquée. n

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Marie Merlin St-Zacharie (83)

J

ean-Luc Mélenchon, est né à Tanger, au Maroc, en 1951. Son père, Georges, receveur des PTT et sa mère, Jeanine, née Bayona, institutrice, sont tous deux nés en Algérie française. De ses quatre grands-parents, trois, son grand-père et sa grand-mère paternels et son grand-père maternel, sont d’origine espagnole, sa grand-mère maternelle étant, elle, italienne. Arrivé en France après le divorce de ses parents, il a vécu succes-

Jean-Luc Mélenchon, le parachuté sivement à Besançon en Franche-Comté et à Yvetot en Normandie. Il a exercé divers métiers : correcteur d’imprimerie, professeur de français, journaliste… En 1968, à 17 ans, il a été l’un des meneurs du mouvement lycéen et a rejoint l’Organisation communiste internationaliste, courant trotskiste d’obédience lambertiste. Il a adhéré au parti socialiste en 1977 et, l’année suivante, il est devenu directeur du cabinet du

Laïcité et communautarisme La dernière élection présidentielle a été marquée par une participation en hausse des Français « issus de la diversité ». Parmi eux, 93 % de Français musulmans ont voté pour M. Hollande. Sans leur vote, M. Sarkozy eût été largement réélu. C’est la loi de la démocratie : un homme, une voix. M. Hollande est légitimement notre président. Pour la France, souhaitonslui bonne chance. Mais il est indéniable que certaines promesses vont mettre à rude épreuve la loi du vivre ensemble dans une société multiculturelle telle que la nôtre l’est devenue. François Hollande en est conscient, puisqu’il s’est déclaré déterminé à faire respecter, sans restriction aucune, la laïcité qui, seule, a permis jusqu’ici d’intégrer les vagues d’immigration successives. Le pourra-t-il ? Le voudra-t-il ? Nous serons très vigilants à cet égard. La diversité des drapeaux qui célébraient sa victoire à la Bastille montre déjà que, pour les néo-Français, la laïcité n’est plus contraignante en ce qui les concerne. Chrétiens et Juifs se sont soumis à la loi de 1905, non sans quelques remous. Mais, partout, les symboles qui consacrent l’unité du pays, son hymne national et son drapeau, étaient considérés comme tels par tous. Ce n’est plus le cas. Notre drapeau national est bafoué, insulté, brûlé parfois en place publique. Notre hymne national s’est vu substituer dans la bouche « d’artistes » des textes souvent obscènes appelant à la haine. La priorité des priorités doit être de rendre à notre drapeau sa fonction symbolique d’unité nationale. Puis, avec le temps, de revenir sur tous les privilèges octroyés par des municipalités mues davantage par le désir de fidéliser une clientèle électorale que par conviction démocratique ! Vaste programme, dirait le général de Gaulle. Il faudra que François Hollande revienne sur la totalité des manquements à la laïcité que se permettent déjà trop de néo-Français. Les immigrés devenus Français doivent l’être à part entière, et non rester des Français à part, voulant nous imposer leurs lois. René Crignola Neuilly sur Seine (92) Reproduction intégrale vivement conseillée avec mention d’origine

maire socialiste de Massy. Il s’est fait élire dans le département de l’Essonne dès 1983 et est resté élu de ce département jusqu’en 2009 où il fut – déjà – parachuté en LanguedocRoussillon pour s’y faire élire député européen avec 8,15 % des voix. L’année précédente, il avait quitté le PS, la motion très orientée à gauche qu’il avait présentée au Congrès ayant été largement battue et il venait, le 1er février 2009, de fonder le Parti de Gauche. Même avec un microscope, il est impossible de trouver dans son passé le moindre lien géographique ou professionnel justifiant son affirmation tonitruante : « Je suis d’ici, du Pasde-Calais, et du bassin minier », prétention qu’il justifie, sans rire, en déclarant qu’il avait intégré, en son for intérieur et depuis sa jeunesse, les grandes heures du mouvement ouvrier né dans les mines, au service duquel il veut mettre, dit-il, son « autorité » et son « prestige » ! En tout état de cause, on ne peut pas dire qu’il partage la situation matérielle qui fut celle des mineurs du Pas-de-Calais et qui est aujourd’hui celle des trop nombreux chômeurs de la circonscription où il souhaite se faire élire : il perçoit 6 200 euros brut par mois grâce à sa fonction d’euro-député, sans compter les à-côtés… Il vit près de la gare de l’Est à Paris dans un appartement évalué récemment à 470 000 euros. Et il semble avoir investi, à titre personnel, 150 000 euros dans le Front de Gauche pour la campagne de 2012… n

E-COMMERCE > Alors que la consommation des ménages français a diminué de 2,1 % au cours du premier trimestre 2012, la consommation sur internet a augmenté de 24 %, pour atteindre 11 milliards. MOBILE > L’accord signé par les députés européens pour réduire le « prix d’itinérance » facturé par les opérateurs de téléphonie mobile, lorsque les consommateurs quittent leurs pays pour se rendre dans un autre pays de l’Union européenne, pourrait faire économiser 15 milliards par an aux consommateurs. ÉGYPTE > Contrairement aux prévisions, on estime que 13 millions de touristes se seront rendus en Égypte à la fin de l’année 2012, soit pratiquement le même nombre qu’en 2010, année qui constituait un record et se situait juste avant le « printemps arabe ». EUROPE > La Commission européenne a présenté un projet de réduction de ses dépenses, visant notamment à réduire le personnel. Ce plan devrait permettre de réaliser 1,5 milliard d’euros d’économie par an, soit 20 % du budget de fonctionnement de la Commission. AYRAULT > Selon nos confrères de l’Observatoire de l’islamisation, en 2009, Jean-Marc Ayrault a fait voter par le conseil municipal de Nantes une subvention de 200 000 euros à un « centre culturel » lié à l’UOIF.

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Divers faits

Politique Politique

CORAN > Imran Firasat, réfugié pakistanais en Espagne et ancien musulman, a présenté au parlement espagnol une pétition visant à faire interdire le Coran. Cette pétition devrait être prochainement examinée par la commission constitutionnelle.


Votre opinion nous intéresse

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» Courrier des lecteurs Nous écrire, c’est courir le risque d’être publié…

Croissance

Éducation

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a génération des 30 glorieuses a eu 225 jours de classe par an en primaire. Les instituteurs étaient 30 heures par semaine devant les élèves, sans compter les études du soir payantes. Depuis, réformettes et contreréformettes se sont succédé. La sélection est devenue de moins en moins rigoureuse dans l’enseignement secondaire, avec la suppression des obstacles (examen d’entrée en sixième, première partie du baccalauréat, commission d’appel, passages automatiques dans la classe supérieure…) et le lissage des difficultés par unification et élimination (collège unique…). Les perpétuelles modifications ont donné l’illusion d’un changement permanent. En fait, rien n’a évolué sur le fond, tant au niveau de la pédagogie que de la structure du mammouth éducatif. Des syndicats ultraconservateurs dirigent l’Éducation nationale depuis plus de 50 ans. Le ministre sert uniquement au financement. Avec M. Vincent Peillon, rien ne devrait changer. C’est une nouvelle contre-réforme sur le temps scolaire qu’il veut mettre en œuvre. Point de modernisation. L’archaïsme et l’anachronisme éducatifs et les marchands d’illusions ont ainsi de beaux jours devant eux.

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our produire, il faut, depuis toujours, deux éléments : le capital et le travail. Avec beaucoup de lucidité, nos technocrates ont mis en place l’ISF pour faire fuir les capitaux et inventé la progressivité de l’IRPP pour décourager le travail. Aujourd’hui, non seulement on veut maintenir ces impôts anti-croissance, mais on va les augmenter. Comprenne qui pourra. C’est Coluche, je crois, qui disait qu’en mettant un technocrate à la tête du Sahara, en six mois, il faudrait importer du sable !

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Jean-Paul Faucounau <jpfaucounau@yahoo.fr>

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’entente à droite a existé : membre du CNIP, j’avais eu l’investiture du FN pour les législatives de 1988. Ayant obtenu près de 5 000 voix au premier tour, j’avais incité mes électeurs à voter au deuxième pour le candidat de droite mieux placé, ce qu’ils ont fait à plus de 90 % ! Il n’a pas récusé leurs votes et a battu le sortant socialiste, ancien ministre ! Si ce n’est plus possible aujourd’hui, c’est parce que, à l’UMP, il n’y a que les électeurs qui sont de droite ; les élus refusent cette étiquette. L’entente à droite n’est pas possible avec des candidats qui ne veulent surtout pas en être !

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»

Boris Chesser

Vote ethnique

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i 93 % des musulmans ont voté Hollande, cela montre bien qu’il était suicidaire, pour Marine Le Pen ainsi qu’une fraction minoritaire de la droite nationale, de s’abstenir au second tour des présidentielles. La France profonde et de souche, et la majorité de la droite nationale ont voté Sarkozy, qui n’aurait pas eu, sinon, 48,5 % des voix ! Hollande est bel et bien, pour le malheur de la France, le résultat conjugué du vote ethnique et de la droite la plus bête du monde !

»

<chesser.boris@neuf.fr>

<ma.rousset@wanadoo.fr>

À

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LES 4 VÉRITÉS HEBDO N° 843 VENDREDI 25 MAI 2012

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vant son départ, Claude Guéant nous a laissé un cadeau : la création de superfichiers ! 1) L’objectif de ces fichiers est de fabriquer des coupables. Pas des innocents. Ils sont toujours à charge. 2) Ces fichiers sont alimentés par la simple rumeur, comme le prouvent les fichiers des anciens RG. Quid, si quelqu’un vous calomnie sur Facebook a votre insu ? 3) L’argument « ceux qui n’ont rien à se reprocher… » ne tient que pour autant que ces fichiers sont strictement honnêtes et parfaits. Ce qu’ils ne sont jamais. Votre voisin, celui qui ne vous supporte plus, pourra l’alimenter. Les auteurs de lois liberticides devraient comparaître en justice pour atteinte aux droits fondamentaux !

A

»

Laurent Marnin

«L

<lmarnin@gmail.com>

a nomination de JeanMarc Ayrault est tout un symbole. François Hollande choisit un chef de gouvernement condamné pour favoritisme. Ses leçons de morale pendant la campagne sont donc à géométrie variable. Ne désespérons pas de voir quelques postes attribués à MM. Guérini, Kucheida, DSK, Bourquin, Navarro… François Hollande n’a, en fait, que l’embarras du choix !

»

Jacques Lescop <jacques.lescop@orange.fr>

Un gouvernement « divers et paritaire » peine Jean-Marc Ayrault a-t-il bouclé son gouvernement « divers et paritaire » qu’il doit faire face à un problème plus complexe encore. Son patron ayant décidé que tout ministre battu aux législatives devrait démissionner, comment trouver des remplaçants aux représentants de cette « diversité » ? Certaines nominations sont déjà à la limite des compétences nécessaires et le

Fichier

Gauche morale

Marc Rousset

Jean-Marc Mercier Paris (75)

Entente à droite

choix restant est très limité. Christiane Taubira et Najat Belkacem l’ont bien compris et ont décidé de ne pas prendre le risque, surtout cette dernière qui aurait hérité, à Lyon, d’une circonscription difficile. n Pierre Rochelais La Rochelle (17)

Vote bleu marine

«

a droite modérée participe à la manipulation de la gauche, visant à diaboliser le Front national. La « Gôche » minoritaire prend ainsi tous les postes. Les idées constructives de la droite modérée sont étouffées et le seront de plus en plus, privées de porte-parole. La droite modérée en votant Bleu Marine aux législatives 1) déjoue la ruse de la gauche par un vote utile ; 2) sauve la démocratie représentative en montrant le poids de la droite ; 3) sauve ses idées grâce à des conciliations ultérieures entre alliés de droite ; 4) et peut éclaircir le bleu marine en un beau bleu ciel, promesse d’un temps meilleur pour notre pays !

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»

Jean Belmont <jean.belmont@laposte.net>

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Marine Le Pen est-elle fréquentable ? ’observe qu’elle est la petite fille d’un Français mort pour la France pendant la deuxième guerre mondiale. Son père, JeanMarie, a ainsi pu être pupille de la Nation. Le même Jean-Marie, plus jeune député de France, a quitté le luxe et le confort des palais de la République pour devenir officier parachutiste pendant la guerre d’Algérie. Il n’y a, donc, rien à reprocher à Marine, sauf, aujourd’hui, ses dérives socialistes. Maintenant, observons le parti socialiste. Le Front populaire a désorganisé l’armée française, ce qui nous a valu, en mai 1940, la plus grande défaite militaire de l’histoire de France. Léon Blum déclarait : « Du moment qu’on démolit l’Armée française, j’en suis ». Ou encore : « Nous allons désarmer pour montrer le bon exemple à Hitler. » Ce même Front populaire a voté les pleins pouvoirs (69 % des votes) au Maréchal

J

Exemplarité

«L

es caisses de l’État sont vides et l’endettement est à son maximum. Les prélèvements correspondent à 44 % du PIB et les dépenses publiques à 56 % du PIB. La différence entre ces deux chiffres est financée par la dette. En baissant leurs rémunérations, le chef de l’État et les ministres ont donné l’exemple. Il faudra donc s’attendre à des baisses de salaires généralisées et proportionnées en cascade, entre 1 % et 75 % (bien sûr uniquement audelà du salaire minimum). Un gouvernement de gauche ne peut pas faire payer les pauvres sous prétexte qu’ils sont les plus nombreux. La fiscalité directe sera donc beaucoup plus lourde après les élections législatives !

»

J.-M. Schoenfelder Paris (75)

Changement

«

e slogan de campagne du candidat socialiste, désormais élu président de la République, affirmait : « Le changement, c’est maintenant ! » Dès l’annonce des résultats, nous avons pu voir et entendre celles et ceux qui représentent ce changement : E. Guigou, L. Jospin, M. Rocard, J. Delors, R. Badinter, E. Cresson,

L

Pétain. Le seul Président de la Ve République à avoir été décoré de la francisque fut socialiste. Aujourd’hui, François Hollande a célébré le 19 mars 1962 et il veut présenter des excuses à l’Algérie pour l’œuvre coloniale des IIIe, IVe et Ve Républiques. Il est bien le digne héritier des porteurs de valises du FLN ! La campagne électorale a montré que le parti socialiste et son front républicain sont toujours dans la lutte des classes. Mais, la lutte des classes n’est pas plus morale que la lutte des races et, de surcroît, la lutte des classes divise les Français. NKM a, donc, de drôles de fréquentations et elle doit être ravie d’avoir fait élire un président socialiste. Quant à Jean-Luc Mélenchon, il revendique l’héritage du parti communiste, lequel parti trahit la France comme il respire. C’est la raison pour laquelle Daladier l’avait dis-

L. Fabius… Bref une brochette de personnalités qui, n’étant plus de la première fraîcheur, ont du mal à symboliser cette évolution vers le progrès. Si le changement, c’est ça, alors surtout, ne changeons rien !

»

Alain Potrat <alain.potrat@gmail.com>

Sens de l’histoire

«

ue M. Lacourt soit favorable au mariage homosexuel et à l’euthanasie (n° 840), c’est son droit. Cependant, aller, pour cela, jusqu’à envisager de voter pour la gauche dépasse mon entendement. Il est vrai que M. Lacourt semble partager avec la gauche deux principes majeurs : cette espèce de progressisme qui le fait parler d’un prétendu « sens de l’histoire » et sa soumission à la dictature de la majorité. Pour ma part, je crois que la majorité peut se tromper et que la vérité est toujours supérieure à l’opinion majoritaire. Et je ne crois absolument pas au sens de l’histoire. L’histoire est ce qu’en font les hommes, et non une sorte de déesse de la fatalité !

Q

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»

Charles Baptiste St Germain (78)

sous en 1938. Et c’est le Parti National Socialiste des Travailleurs Allemands qui a autorisé la reparution du journal « L’Humanité ». Aujourd’hui, c’est toujours le parti communiste qui instruit le procès de la torture de l’armée française en Algérie, armée qui obéissait aux ordres du pouvoir de la république. Enfin, le parti communiste est le parti du goulag qui a assassiné plus de 100 millions de personnes en trois quarts de siècle. À l’évidence, la droite française, la droite la plus bête du monde, devrait, lorsque la gauche fait seulement 44 % des voix au premier tour, faire en sorte que cette même gauche ne fasse pas 52 % au second tour ! n David Chevalier

<albane-inter@wanadoo.fr>

Président normal

Éponge grecque

«N

aguère, les éponges étaient utilisées pour la toilette. Elles étaient douces, imputrescibles et absorbaient beaucoup d’eau. Les meilleures, venaient des côtes grecques. Aujourd’hui, ces éponges domestiques ont disparu, mais une nouvelle éponge est apparue : l’éponge grecque à finance. Elle absorbe des quantités faramineuses de crédits, sa capacité d’absorption semble illimitée, mais, quand on essaye de la presser, rien ne sort. Pendant combien de temps encore, les pays européens vont-ils continuer à alimenter un puits sans fond, en essayant de nous faire croire qu’il y va du salut de l’Europe ? Pour que la Grèce ait une chance de remonter la pente, il faudrait que les impôts soient payés et, pour mettre sur pied une organisation fiscale efficace, il faudra plus de dix ans. Tous les gouvernements européens le savent, et le savaient lorsque la Grèce a adhéré à l’UE. Nous devons penser à nous, avant que l’effondrement de la Grèce ne nous entraîne dans une crise, à côté de laquelle celle de 2008 paraîtra anodine. La Grèce doit quitter l’Europe avant qu’il ne soit trop tard !

»

André Tillier Arcachon (33)

«L

a presse nous apprend que le « Président normal » ne veut à aucun prix être pris en photo avec un chef d’entreprise. J’en déduis deux choses. D’abord que, étant intéressé par le monde de l’entreprise, je ne suis probablement pas « un type normal ». Ensuite, que, pour un Président qui se dit le Président de tous les Français, et qui veut relancer la croissance, il y a encore pas mal de progrès à accomplir !

»

Pierre Perrier <ino103@orange.fr>

Hénin-Beaumont

«

ean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen vont donc faire le spectacle à HéninBeaumont. Mais, la politique en sortira-t-elle grandie ? Leurs « solutions » sont inapplicables, et je pense qu’ils le savent. En fait, ils se ressemblent tellement qu’on a envie de les renvoyer dos à dos. Les ressorts sont les mêmes : un mélange de nostalgie et d’agressivité. La politique est une chose trop sérieuse pour en faire une joute entre tribuns.

J

»

Lucien Rodier <lurodier@gmail.com>

LES 4 VÉRITÉS HEBDO N° 843 VENDREDI 25 MAI 2012

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Communication

BUFFETT > Berkshire Hathaway, holding du milliardaire américain Warren Buffett, a racheté 63 journaux au groupe Media General. Ces 63 journaux, valorisés à 142 millions de dollars, sont, pour l’essentiel des quotidiens et hebdomadaires régionaux de la Côte Est, comme le « RichmondTimes Dispatch » (Virginie), le « Tampa Tribune » (Floride) ou le « Winston Salem Journal » (Caroline du Nord)… Par ailleurs, le groupe Media General a cédé à Berkshire Hathaway des obligations convertibles, représentant 20 % environ de son capital, pour un montant de 445 millions de dollars. MADAME FIGARO > Le magazine féminin « Madame Figaro », qui lance une nouvelle formule, dispose d’une rédaction de 80 personnes. Sa diffusion France payée s’élevait à la fin du mois de mars à 450 643, en hausse de 2,7 % sur le premier trimestre de l’année 2012. POLKA > Le bimensuel de photographie « Polka », lancé en 2008, est aujourd’hui vendu à 35 000 exemplaires en moyenne. FACEBOOK (1) > L’introduction en bourse de Facebook, à 38 dollars l’action, valorise la société à 104 milliards de dollars, alors qu’elle ne réalise « que » 3,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires et un milliard de bénéfices. YAHOO ! > Scott Thomson, directeur général du géant américain Yahoo !, a été contraint à la démission à la suite d’une polémique déclenchée quand les médias se sont aperçus qu’il avait enjolivé son CV. DARTY > Bouygues Télécom a annoncé le rachat prochain de Darty Télécom, qui compte 300 000 abonnés fixes et 40 000 abonnés mobiles.

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Société Société Pierre Audabram

Assurance-vie : ce que l’on vous cache !

P

eu d’épargnants se risquent à négocier directement des titres obligataires. En effet, contrairement aux actions, acheter et vendre des obligations réclame une certaine expertise. C’est pourquoi, ce marché concerne presque exclusivement des institutionnels, banques, compagnies d’assurance, gérants de fonds, etc. Nous serions donc tentés d’en conclure que ce risque ne nous concerne pas. Nous aurions bien tort, puisque les obligations représentent à peu près 80 % du montant des fonds euros de nos contrats d’assurances-vie, sans parler des fonds obligataires proposés par notre banque, ainsi que d’autres produits. Ces derniers temps, on voit fleurir des articles portant sur la baisse des rendements des contrats d’assurance-vie, ainsi que sur la diminution des avantages fiscaux liés à ce type de contrat, comme si ces deux points représentaient, à eux seuls, l’ensemble des menaces qui pèsent sur l’épargnant. Ce genre d’article, généralement écrit par des journalistes inféodés au monde financier, ou bien ignares et se recopiant entre eux, ne correspond pas à la réalité, puisque la principale menace n’est jamais évoquée. La crise de la zone euro, alimentant progressivement les craintes des épargnants, alliée à la perspective d’une baisse continue des rendements, dont la courbe est sur le point de croiser celle de l’inflation réelle, induit la spirale fatale de la décollecte qui grossit chaque jour.

LES 4 VÉRITÉS HEBDO N° 843 VENDREDI 25 MAI 2012

Dans l’environnement incertain que nous connaissons, les taux d’intérêts réclamés par les investisseurs sont généralement à la hausse. Face à une décollecte qui s’amplifie, votre assureur ou votre banquier doit, pour servir ses clients qui rachètent leurs contrats, vendre des obligations déjà en portefeuille, et c’est là que se met en route la spirale infernale. Prenons un exemple simple. Votre assureur décide, parce qu’il y est forcé par manque de trésorerie, de vendre des obligations souveraines à 10 ans achetées en 2010 pour un montant de 100 000 euros et qui servent 3 % d’intérêt. Il s’agit de titres négociables en cours de vie, c’est-à-dire avant d’arriver à maturité (à 10 ans). La moyenne des taux actuellement sur le marché est à 6 % (il ne s’agit que d’un exemple). Un autre investisseur n’acceptera jamais de payer 100 000 euros pour des titres qui ne rapportent que 3 %, soit 3 000 euros par année. Pour pouvoir vendre, votre assureur doit donc, au moins, proposer un rendement de 6 % et sera obligé de réduire la valeur de l’obligation (valeur faciale) à 50 000 euros, soit 50 % de perte. En effet, 3 000 € / 50 000 € = 6 %. On peut facilement imaginer les dégâts causés sur les bilans déjà très « rock’n’roll » des assureurs et des banques, touchés, eux aussi, par la dégradation de leurs notes de la part des agences de notations ! Mais, dans un monde où la collusion entre la sphère financière

<pierre.audabram@orange.fr>

et l’État est parfaitement avérée, existe une ultime parade : l’article L612-33 du Code Monétaire et Financier, qui prévoit la possibilité de « suspendre, restreindre ou interdire temporairement la libre disposition de tout ou partie des actifs, et de suspendre ou limiter le paiement des valeurs de rachat, la faculté d’arbitrage, le versement d’avances sur contrat ou la faculté de renonciation » (voir <leblogpatrimoine.com> de Guillaume Fonteneau). Si on peut se satisfaire d’une mesure dont l’application vise à empêcher la faillite imminente des établissements financiers – qui feront, de toute façon, défaut plus tard –, il n’en demeure pas moins que cette mesure, pouvant être mise en œuvre à tout moment et sans avertissement, représente, dans le contexte actuel, la pire menace qui pèse sur les détenteurs de contrats d’assurance-vie. D’autant que le recours à cette loi « d’exception » ne pourrait être assorti d’une quelconque précision sur le délai de son application. Et si, au cours de ce délai, la zone euro se voit obligée d’accoucher d’un nouveau système monétaire prévoyant un euro fort pour les États vertueux, et un euro dévalué pour les autres, dont la France, il n’est vraiment pas exclu que le remboursement de ces contrats se fasse sur d’autres bases que celles qui prévalaient avant la mise en application de cette mesure. La question à se poser est la suivante : doit-on attendre que le ciel nous tombe sur la tête ? n

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Guy Millière <mguymilliere@aol.com>

L

a France a un nouveau Président et un nouveau gouvernement. Un accord de façade a été trouvé avec l’Allemagne. Des élections législatives auront lieu en juin, qui donneront une majorité à la gauche. De nouvelles élections auront lieu en Grèce aussi, où la situation va continuer à s’aggraver, tout comme la situation en Espagne, au Portugal, en Italie. Des articles paraîtront évoquant les détails de ce qui survient dans tel ou tel pays, sur ce que décide tel ou tel dirigeant. D’autres articles traiteront de la façon de sauver l’euro. Ce qui ne sera pas évoqué est ce que j’appelle le « syndrome européen ». Celui-ci est constitué de plusieurs maladies qui suscitent un processus cumulatif, conduisant à l’agonie. La première de ces maladies est née de la reconstruction de l’Europe après la Deuxième Guerre mondiale. Le continent européen était alors en ruine, l’Union soviétique menaçait et avait annexé l’Europe centrale. Il fallait reconstruire l’Europe occidentale. Les États-Unis y ont consacré beaucoup d’argent. Les circuits de distribution de cet argent ont été mis en place et ont constitué les embryons de la construction européenne. Une bureaucratie s’est formée. L’idée qui a débouché sur l’Union européenne est née. Au départ, il s’agissait d’un marché et d’instances de régulation. Très vite, se sont ajoutés des éléments de planisme. Un édifice absolutiste et constructiviste s’est mis en place. Les défi-

Le syndrome européen et le cataclysme qui vient cits démocratiques se sont accentués. Les populations se sont trouvées graduellement gouvernées depuis le haut, par des officines sur lesquelles elles n’ont vite plus eu aucun contrôle, et qui étaient censées incarner le bien suprême. Les populations s’aperçoivent aujourd’hui que les promesses n’ont pas été tenues. Le malheur est que cette lucidité vient très tardivement. La deuxième de ces maladies découle de la première. L’Europe, en se reconstruisant sur un modèle constructiviste, s’est dotée, diversement selon les pays, de structures de redistribution censées assurer le bonheur des Européens par le biais de la mise en place de dépendances par rapport aux autorités. Ont été instaurés des États providence de plus en plus lourds. Les entreprises et les plus fortunés étaient, dans ce cadre, censés aider les plus pauvres et financer des « aides » et les postes de fonctionnaires pour les gérer. Les structures ont semblé bien fonctionner, jusqu’au moment où les dysfonctionnements prévisibles sont survenus. Le nombre de gens aidés s’est accru graduellement. Le dynamisme économique s’est détérioré. Les entreprises et les plus fortunés ont commencé à voter avec leurs pieds. Des déficits se sont creusés. Des endettements ont accompagné les déficits et ont permis de les financer un peu plus longtemps. L’endettement est, dans un nombre croissant de pays, devenu si inquiétant qu’il fait planer des risques de banqueroute.

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Les populations sont confrontées au fait que les États-providence ne pourront bientôt plus payer. Les impôts supplémentaires (appelés « rigueur » ou « austérité ») ne rapportent plus guère. La « rigueur » et l’« austérité » sont rejetées par les populations, qui voudraient de la croissance et ne comprennent pas pourquoi les caisses sont vides. Les populations discernent que quelque chose ne fonctionne pas. Le malheur est qu’elles ne comprennent pas ce qui ne fonctionne pas. La troisième maladie vient aggraver les deux premières. À la faveur de l’instauration des États-providence, de la redistribution et de l’étatisation qui l’accompagnent, l’éducation et la culture ont été prises en main par des adeptes de l’État-providence, ce qui a détruit le pluralisme et conduit à une asphyxie et à un formatage de la pensée. Les populations ne comprennent pas ce qui ne fonctionne pas parce que les explications pertinentes sont absentes ou marginalisées. La mise en place de l’euro, à marche forcée, a été l’un des résultats de la première maladie. La deuxième a accentué ce que l’euro avait en lui de « présomption fatale », selon l’expression de Friedrich Hayek. La troisième a empêché de voir la « présomption fatale ». Si on ajoute à tout cela le vieillissement des populations et l’islamisation en cours, on constate que le syndrome est très inquiétant. Et on peut se demander ce qui pourrait empêcher le cataclysme qui se profile. n

»

«

IMMIGRATION Ce qui est choquant dans le regroupement familial, c’est quand le mariage signifie que l’on va chercher un conjoint dans son pays d’origine. GÉRARD LONGUET, ANCIEN MINISTRE

»

«

EUROPE Trop de belles âmes ont voulu faire de la construction européenne un temple de l’exemplarité mondiale, le banc d’essai d’une morale universelle, au lieu d’y voir l’effort légitime d’une civilisation particulière pour se donner les moyens de préserver son héritage et défendre ses intérêts. J.-L. BOURLANGES, ANCIEN EURODÉPUTÉ

»

«

SYNDICAT Dans la République, ce ne sont pas les syndicats qui gouvernent, mais le gouvernement. NICOLAS SARKOZY

»

«

AYRAULT Jean-Marc Ayrault assume et n’a pas fait appel de sa condamnation. Ca peut paraître paradoxal, mais c’est aussi ça, l’exemplarité ! UN MEMBRE (PRUDEMMENT ANONYME) DE L’ENTOURAGE DE J.-M. AYRAULT

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POTICHE potiche.

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«I will not be une

VALÉRIE TRIERWEILER (DANS LE « TIMES » DU 9 MAI) On espère qu’elle ne sera pas non plus interprète du président !

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SARKOZY Nicolas Sarkozy a fait une campagne dure, mais a choisi une sortie digne. Qui va s’en plaindre ? P. MOSCOVICI, MIN. DES FINANCES

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JEUNES Les jeunes doivent prendre le flambeau; ma génération a fait son temps. ABDELAZIZ BOUTEFLIKA, PDT ALGÉRIEN

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«

FRANCE Je me fiche pas mal de la France. Je ne me sens pas plus fier d’être Français que Grec ou Sénégalais. XAVIER CANTAT, COMPAGNON DE CÉCILE DUFLOT

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International International

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INÉLUCTABLE Rien n’est inéluctable, surtout pas une vague rose. MARINE LE PEN


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