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Chronique Michael O’Brien Une île au cœur du monde Salvator

821 pages – 24,50 €

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Nous avons déjà eu l’occasion de présenter ici les romans de Michael O’Brien – particulièrement son « polar mystique », « Père Elijah ». « Une île au cœur du monde » est bien dans la veine de ces premiers romans, déjà traduits par Salvator. Le héros, un Croate, traverse les troubles du siècle. Tiraillé entre Oustachis et partisans serbes communistes, il a à peine le temps de se réjouir de la victoire que, déjà, son pays est asservi par les communistes de Tito, auxquels il s’oppose, en intellectuel assoiffé de liberté et de vérité, y perdant tous les siens et écopant de plusieurs années de travaux forcés. Une superbe méditation… qui ne risque pas de vous faire apprécier le fascisme ou le communisme !

politique

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<gdethieulloy@les4verites.com> Guillaume de Thieulloy, 38 ans

La droite accumule les erreurs et perd le Sénat imanche 25 septembre, le Parti socialiste et ses alliés de gauche (Communistes, Verts, et Radicaux de gauche) ont réalisé une poussée remarquable au sénat : la gauche y a obtenu la majorité absolue, avec 177 sièges sur 348. Ce n’est pas la première fois que la chambre haute se retrouve dans l’opposition (elle l’a été sous De Gaulle, puis sous les législatures socialistes). Ce n’est même pas la première fois que la gauche y est majoritaire, comme on l’entend ces jours-ci dans les médias (le sénat a été dominé par le radical-socialisme pendant une bonne partie de la IIIe République). Mais c’est la première fois que la gauche y est majoritaire depuis 1958. Ce succès électoral (la gauche a gagné 25 nouveaux sièges) fait suite à un succès, d’ailleurs plus grand encore, en 2004. Et donne donc la majorité absolue à une gauche qui a, progressivement, regagné tous les échelons locaux qu’elle avait perdus dans les années 1980.

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Guillaume de Thieulloy

Lecteurs occasionnels abonnez-vous ! Lecteurs déjà abonnés abonnez vos amis! n OUI, je souhaite m’abonner pour 6 mois (soit 25 numéros) à la revue « Les 4 Vérités hebdo » au prix de 30 € TTC (TVA à 2,10 % incluse) par chèque joint NOM ...............................Prénom ............................ Adresse ................................................................... Code Postal .....................Ville ................................. Téléphone ...............................................................

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Plus qu’une victoire de la gauche, c’est une défaite de la droite. La gauche a gagné, parce que la droite a accumulé les erreurs. La première erreur, c’est, bien sûr, la division. Le nombre de candidatures dissidentes a été impressionnant. Dans les départements où l’élection se pratiquait au scrutin majoritaire, cette division était parfois rattrapable entre les deux tours (mais pas toujours). Mais, au scrutin proportionnel (dans les départements où l’on élisait plus de 3 sénateurs), cette division a fait perdre beaucoup de sièges. Je note, en passant, que l’union à droite est le contraire de l’union à gauche. À droite, nous passons nos journées à réclamer l’unité, ce qui conduit à anesthésier le débat. Mais, lorsqu’arrivent les élections, chacun part en ordre dispersé. À gauche, ils ne sont d’accord sur rien. Mais, ils arrivent unis aux élections. Inutile de dire que leur tactique est autrement plus efficace que la nôtre ! La deuxième erreur de la droite fut, sans conteste, d’avoir négligé les élections locales depuis des années. Et cela, au moment même où la décentralisation conférait d’énormes pouvoirs aux exécutifs locaux ! Il était mécanique que cette désertion produise un jour des fruits aux élections sénatoriales (même si je faisais partie de ceux qui croyaient que le basculement n’arriverait qu’en 2014, au prochain renouvellement sénatorial, et non en 2011). Enfin, la troisième erreur de la droite reste d’avoir accepté, et de continuer à accepter, l’oukase mitterrandien interdisant toute entente entre la droite parlementaire et le FN. Certes, cet oukase n’a pas eu d’influence immédiate sur le scrutin sénatorial (encore que le sénateur UMP Jacques Blanc a été battu, après avoir manqué d’une seule voix, celle du candidat FN, l’élection au premier tour). Mais il en a eu sur la perte de la plupart des régions à partir de 1998.

LES 4 VÉRITÉS HEBDO N° 810 VENDREDI 30 SEPTEMBRE 2011 Reproduction intégrale vivement conseillée avec mention d’origine

Or, les socialistes utilisent abondamment l’argent public pour aider les élus qui votent, en retour, pour eux aux sénatoriales… Il est donc parfaitement illusoire de croire gagner le sénat (comme tous les échelons du pouvoir politique) sans accepter l’entente à droite. Que va-t-il se passer désormais ? L’élection d’un président socialiste au sénat, le 1er octobre prochain, paraît l’hypothèse la plus vraisemblable. Ce ne sera pas simple pour la gauche de s’unir derrière un candidat. D’abord, parce qu’il y a de nombreuses tendances de gauche, qui, toutes, feront payer cher leur ralliement. Ensuite, parce que le président du groupe PS, Jean-Pierre Bel, sera fortement contesté par des grands « barons » de son propre groupe. Enfin, parce que le PS est en campagne pour les primaires et que la proximité de tel candidat au plateau avec tel candidat à la primaire pourra lui nuire. Malgré cela, je ne crois pas que la gauche gâchera sa chance historique. En toute hypothèse, et à supposer que Gérard Larcher soit réélu à la tête du sénat, la droite sera minoritaire dans chacune des commissions (elle est devancée de 6 sièges et il y a 6 commissions…). Par conséquent, le sénat deviendra une chambre d’opposition jusqu’au mois de mai 2012. Dans la pratique, il ne servira qu’à faire de l’obstruction parlementaire et à fournir une caisse de résonance à la gauche pour la campagne. Il n’est pas certain que cela handicape Nicolas Sarkozy. De même qu’il n’est pas certain que garder le perchoir dans son camp l’aiderait. Les scrutins et les corps électoraux sont trop différents. Mais c’est, en tout cas, un bien mauvais signal que reçoit la droite au seuil de cette campagne. Souhaitons qu’elle soit capable d’entendre ce signal et qu’elle réagisse vite. Sans quoi la gauche pourrait bien disposer, dans huit mois, de plus de pouvoirs encore que Mitterrand en 1981… n


ISSN 0151-2439

VÉRITÉS 4

VENDREDI 30 SEPTEMBRE 2011

N° 810

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La publication anti bourrage de crâne

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ÉDITORIAL n Jean Rouxel La crise économique est une chance historique ! ill Bonner, le talentueux propriétaire de la Chronique Agora, lettre électronique quotidienne très peu conformiste sur l’économie et la finance, vient de publier une remarquable chronique intitulée : « Donnez sa chance à l’effondrement ». Il propose, comme plusieurs chroniqueurs, en particulier Alain Dumait, l’ont fait dans nos colonnes, de cesser tout plan de renflouement, que ce soit pour les États ou pour les entreprises (y compris, naturellement, pour les entreprises du secteur bancaire)… Son raisonnement prend évidemment à rebrousse-poil tous les analystes qui ne cessent de pousser des soupirs de soulagement à chaque nouvelle annoncée d’un plan de relance ou d’un plan de sauvetage. Et qui s’étonnent que, malgré ces plans, les bourses ne cessent de chuter et les chiffres désastreux de s’accumuler ! La réponse de Bonner est simple : quand on s’est endetté, il faut soit payer, soit se mettre en faillite. Mais, dans ce dernier cas, le plus vite est le mieux, car la situation ne peut qu’empirer avec le temps. Or, personne n’estime sérieusement que les personnes, les entreprises et les États surendettés pourront rembourser. Alors, qu’ils se mettent vite en faillite !

B Dessin de MIÈGE

4VÉRITÉS

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LES 4 VÉRITÉS 2011 © Publication hebdomadaire (CPPAP N° 1114, I 82 712) Tél. : 01 46 88 09 78 < redaction@les4verites.com > < http://www.les4verites.com >

(webmaster : <webmasteur4v@les4verites.com>)

Siège : 25, rue des Bas 92 600 Asnières – (GT Éditions SARL) Abonnements : 4 Vérités-DIP 18 à 24, quai de la Marne 75 164 Paris Cedex 19 01 44 84 85 48 (Dominique <dominique.varenguin@dipinfo.fr>) ou http://www.les4verites.com Directeur de la publication : Guillaume de Thieulloy Conseiller éditorial : Alain Dumait Rédaction : Jean Rouxel (rédacteur en chef) Le numéro 1,20€ Abonnement 50 numéros 60€ TTC Abonnement de soutien à partir de 100€ Personnes morales (entreprises ou administrations) : 200€, TVA à 2,10 % en sus Imprimerie : Delcambre, Pantin (93) Également disponible en format numérique (nous consulter) Fichiers déclarés à la CNIL (N° 672024) Exemplaire gratuit sur simple demande écrite

Voilà pour la partie douloureuse de l’opération. Mais il y en a une autre, qui sera favorable aux acteurs économiques – tout en étant encore plus douloureuse que la faillite pour les administrations et pour l’État-providence. Il s’agit de passer, brutalement, les impôts à 10 % des revenus. De tous les revenus. Sans niche fiscale, sans niche sociale. Sans cette complexité délirante – et coûteuse – de l’actuel Code général des impôts… Chacun sait que cette « flat tax » fonctionne fort bien dans les pays où elle a été expérimentée. Qu’elle rapporte autant, sinon plus, qu’un lourd et complexe impôt progressif sur le revenu. Qu’elle pèse aussi beaucoup moins sur l’économie productive. Et, pourtant, les pays les plus « développés » semblent refuser avec acharnement de l’utiliser pour leur propre compte. Pourquoi ? La réponse est, hélas, fort simple. La fiscalité, chez nous, ne sert pas principalement à permettre que l’État soit en mesure d’assurer ses fonctions régaliennes. Elle sert à « punir les riches » et à faire la promotion d’un égalitarisme à la fois absurde et nuisible. Et elle sert à acquérir des clientèles électorales. Diminuer les impôts serait évidemment rompre avec ces deux logiques. Ce qui serait une excellente chose pour le pays ! n

«

»

Au pessimisme de la raison, il faut opposer l’optimisme de la volonté. Antonio Gramsci

SOMMAIRE

2Â 3Â 4 5 6Â 7Â 8

Les gouvernants contre toute raison par Bernard Trémeau

Chiffres Significatifs La droite doit changer de cap d’ici 2012 !

par Gaël Nofri

Divers faits Votre opinion nous intéresse Le courrier des lecteurs

Fiscalité, lutte des classes et clientélisme

par David Chevalier

La diversité et le métissage obligatoire

par Renaud Dozoul

Communication

La propagande palestinienne par Guy Millière

Sic

La chronique politique

de Guillaume de Thieulloy

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Chiffres Significatifs

SÉNAT > Le 25 septembre, 71 951 grands électeurs étaient convoqués pour élire 170 sénateurs : 112 au scrutin proportionnel (dans les départements élisant au moins 4 sénateurs) et 58 au scrutin majoritaire à deux tours (dans les départements élisant 3 sénateurs ou moins). Le Parti socialiste a obtenu 61 sièges (35,9 %) ; l’UMP 55 sièges (32,4 %) ; les divers droite 17 sièges (10 %) ; les communistes 16 sièges (9,4 %) ; les Verts 10 sièges (5,9 %) ; les divers gauche 6 sièges (3,5 %) ; le Modem 3 sièges (1,8 %) ; et les radicaux de gauche 2 sièges (1,2 %). TÉLÉPHONE > En moyenne, un Français passe chaque mois 2 h 13 à téléphoner. DÉLINQUANCE > Les délits commis par des ressortissants roumains dans Paris et la petite couronne ont augmenté de 72,4 % entre le premier semestre 2010 et le premier semestre 2011. EBAY > Le principal site mondial de commerce en ligne a réalisé, au deuxième trimestre, un chiffre d’affaires de 2,03 milliards d’euros, en hausse de 25 % par rapport au deuxième trimestre de 2010. MÉDECIN > En 2011, seuls 9,4 % des nouveaux médecins ont choisi d’exercer en libéral. NUCLÉAIRE > Selon certains experts consultés par « Le Figaro », la sortie du nucléaire coûterait à la France « au moins 750 milliards d’euros ». RUSSIE > La Russie devrait perdre 15 millions d’habitants d’ici 2031. ÉPARGNE > Malgré la crise et les spoliations, les ménages français épargnent chaque année quelque 200 milliards d’euros.

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Économie Économie Bernard Trémeau

Non, les marchés ne sont pas irrationnels !

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n nous rabâche actuellement, à longueur de journée, que les marchés sont irrationnels et qu’il faut donc s’y opposer. Les cours de la bourse se sont effondrés, une fois de plus, le 23 septembre, dans le monde entier. Une agence de notation juge l’Italie incapable de rembourser ses dettes aux dates prévues. C’est cette décote qui est en partie responsable de cet effondrement. Mais les USA sont aussi mal jugés par les agences de notation. Mon ami Jean-Pierre Chevallier, professeur d’économie, note et compare au jour le jour les intérêts que doivent payer les gouvernements allemands, français ou italiens pour l’argent qu’ils empruntent. Les taux français ont bondi hier de plus de 10 points. Les marchés jugent les gouvernements européens incapables de trouver une solution à la crise monétaire. Or, cette solution existe. Une parité fixe lie le franc et le mark depuis le lancement de l’euro. Et, depuis, les prix progressent plus rapidement en France qu’en Allemagne. Selon JeanPierre Chevallier, les prix français sont actuellement supérieurs de 58,6 % aux prix allemands. Il faut donc modifier cette parité. Nos responsables médiatiques ou politiques semblent totalement ignorer ce problème. Pas les « marchés » ! Les « marchés », ce sont les banquiers du monde entier à qui nous confions nos économies. En espérant que ces économies prendront le plus de valeur possible. Ces banquiers

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cherchent donc à trouver pour nous les meilleurs placements possibles. Ils observent attentivement le comportement des entreprises et des États. Ils achètent les actions des entreprises qui sont innovantes et dynamiques. Le cours de ces entreprises augmente. Et ils vendent les actions des entreprises peu performantes, dont le cours diminue. Ils achètent les bons du trésor des États qui leur semblent le mieux gérer leur économie. Le prix des bons du Trésor de ces pays augmente. Comme les intérêts payés ne varient pas, les intérêts payés pour un bon du Trésor sont de moins en moins élevés. Ils vendent au contraire les bons du Trésor des pays qu’ils jugent mauvais gestionnaires. Les emprunts payés pour ces bons du Trésor deviennent plus élevés. Le banquier qui effectue les bons placements est celui qui observe le mieux l’économie et prévoit le mieux le futur. On dit que ces banquiers « spéculent ». Spéculer vient du latin speculare, « observer ». Comme les décisions qu’ils prennent peuvent mettre en difficulté les entreprises ou les États, ils ne sont pas aimés des syndicats ou des pouvoirs politiques. Ainsi, depuis longtemps, le terme de « spéculateur » a une fort mauvaise connotation En France, les hommes au pouvoir traitent maintenant d’irrationnel le comportement des spéculateurs. Et certains veulent même les empêcher de spéculer. Alors que leur comportement est, au contraire, très logique.

<tremeau.bernard @wanadoo.fr>

C’est le comportement des politiques qui semble irrationnel. Est-il rationnel de créer une monnaie commune, tout en conservant des fiscalités totalement différentes ? La France impose, par exemple, bien plus ses entreprises que l’Allemagne. Est-il rationnel de créer une parité fixe entre le franc et le mark, alors que, depuis 50 ans, l’inflation française est bien supérieure à l’inflation allemande? Est-il rationnel, dans un marché mondialisé, d’imposer les entreprises installées en France ? On les pousse à délocaliser. On installe ainsi le chômage en France et l’activité en Chine. Des « rumeurs », très souvent lancées par des responsables politico-médiatiques, poussent parfois les spéculateurs à trop vendre ou à trop acheter. Une variation des prix trop importante peut alors se produire. Mais, aussitôt que des informations détruisent la rumeur, les banquiers corrigent l’erreur qu’ils avaient commise et les prix retrouvent un chiffre proche de la normale. En fait, quand les États veulent s’opposer au libre comportement des individus, ils créent des perturbations économiques graves, comme le chômage en France ou la pauvreté dans les pays marxistes. Finalement, c’est le comportement des spéculateurs qui apparaît comme rationnel, alors que le comportement des États est très souvent irrationnel. Mais en traitant les spéculateurs d’irrationnels, on arrive à faire croire aux électeurs que ce sont eux les responsables de tous nos maux… n

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Gaël Nofri <www.gael-nofri.com>

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e Sénat passe à gauche. Une première dans l’histoire de la Ve République ! Certes, ce n’est pas la première fois que la Haute Assemblée s’inscrit dans l’opposition au pouvoir en place : ne l’a-t-elle pas été durant toute la présidence de De Gaulle, puis sous les septennats de François Mitterrand. Mais, tout de même, l’événement est de taille… D’une part, il signifie le rejet profond d’une droite qui semble avoir abandonné ses valeurs, avoir troqué la défense de la ruralité contre le tout-capitalisme, de l’agriculture contre le libre-échangisme, de la protection des citoyens contre les dogmes européens et mondialistes… Un nouveau vote sanction est intervenu. Les hommes du pouvoir, ceux qui se réclament de la majorité, ont été sanctionnés. Les élus locaux, que les caciques ont longtemps considérés comme des béni-oui-oui, ont prouvé qu’ils étaient conscients des erreurs, des errances, des fautes de nos gouvernants. La France rurale n’est pas socialiste, mais elle ne veut pas de cette droite mondialiste, ultralibérale, favorable à l’immigration et complice de l’effacement de l’État. Cette droite, que l’on propose aujourd’hui aux Français sous le sigle UMP, et qui a perdu toutes les élections locales, ne répond plus à l’aspiration de la « France profonde » – la France que le Sénat a, précisément, pour mission d’incarner. Est-ce à dire qu’il s’agit d’une victoire pour la gauche ? Rien n’est moins sûr, en réalité.

Le Sénat : une assemblée qui tombe de haut ! Certes, celle-ci remporte l’élection grâce à un mode de scrutin clanique et élitiste qui consacre ses victoires aux élections locales passées, mais est-ce suffisant pour incarner un espoir ? Évidemment non. Nul ne doute que les socialistes, en accord sur l’essentiel avec ceux auxquels ils sont censés s’opposer, n’incarnent ni changement, ni alternative, ni relève. Dette, démantèlement des frontières, affaiblissement de l’État, établissement de l’Euro… la gauche a toujours été la complice, sinon l’instigatrice, des politiques néfastes qui ont mené la France au bord du gouffre. Comment pourrait-elle se servir de ces nouveaux pouvoirs pour autre chose qu’une obstruction politicienne ? Face à un système que l’on voudrait leur présenter comme binaire et fermé, les Français vont de déception en déception, de vote sanction en vote sanction. Dans ce cadre, le vote sanction que sont devenues les élections locales, depuis plusieurs années, se retrouve dans le scrutin sénatorial. Dès lors, voici que le Sénat, assemblée contestée et contestable, censée représenter une France profonde, moins politisée, plus réfléchie, et plus responsable, se transforme en une chambre de la contestation politique et en un outil d’entrave au politique et à la politique. Or, l’on ne construit rien sur cela. Ainsi, continue-t-on, après le quinquennat et la cohabitation notamment, à corrompre les institutions. Face à un Président de la République qui n’est plus, ni garant de l’indépendance de la

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France, ni arbitre au-dessus des partis ; Face à une représentation nationale qui ne représente plus la Nation et qui se voit déposséder de son pouvoir législatif au profit de Bruxelles ; Face à un Sénat qui se trouve de plus en plus illégitime, et, dorénavant, de moins en moins apte à remplir la mission qui lui était jusqu’alors dévolue ; Face à ce naufrage des institutions, qui ne fait finalement que traduire le naufrage de la Nation française ; Il faut que 2012 soit l’occasion d’un changement, l’occasion d’un espoir retrouvé. n

Éducation J’ai entendu récemment Benoît Hamon parler de l’Éducation nationale. Et j’ai été surprise qu’il n’ait rien d’autre à dire que : Il faut lui donner plus d’argent. Peutêtre, mais pour quoi faire ? L’Éducation nationale a des résultats défaillants depuis plus de trente ans. Et ce ne serait qu’un problème d’argent ? L’école d’avant-guerre avait sûrement moins d’argent, mais les élèves apprenaient à lire, compter et écrire dans un délai raisonnable. Si les personnalités qui aspirent à des responsabilités politiques ne sont pas aptes à observer sans préjugé et à en tirer des conclusions constructives, alors, il ne faut pas leur donner cette responsabilité. Il ne s’agit ici ni de droite, ni de gauche. Des expériences positives sont menées, mais les politiques, eux, continuent à tourner en rond. Hélène Blanc Lyon (69)

OBÉSITÉ > En 2010, on comptait dans le monde 1,5 milliard d’obèses. MAUVAIS PAYEUR > Mardi 20 septembre, la compagnie espagnole d’électricité, Iberdrola, a coupé pour la première fois l’alimentation électrique de la ville d’Albacete (Castille). Cette ville de 175 000 habitants doit en effet plus d’un million d’euros à la compagnie, qu’elle semble hors d’état de rembourser dans un avenir proche. CHÂTIMENT > La condamnation des châtiments corporels peut vraiment conduire à l’absurde : la justice suédoise vient ainsi de condamner un père de famille, qui avait tiré les cheveux de sa fille de 12 ans, à une amende de 724 euros. COMBAT > Un juge britannique a reconnu légale l’organisation d’un combat en cage (sport mêlant boxe, lutte et arts martiaux) dans un bar de Preston, au NordOuest de l’île. Particularité : ce combat mettait aux prises deux enfants de 8 et 9 ans. Les spectateurs avaient payé 25 livres pour assister à ces modernes jeux du cirque. SMS > En moyenne, en 2010, les Français ont envoyé chacun 134 SMS par mois… contre 77 en 2009.

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Divers faits

Politique Politique

BURQA > Hind Ahmas, jeune femme de 32 ans, a été la première à être condamnée à 120 euros d’amende au titre de la loi sur le port du voile intégral. Cette condamnation faisait suite à ce qui était manifestement une provocation délibérée de l’intéressée, qui s’était rendue entièrement voilée à la mairie de Meaux (dont le maire est Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, et député à l’origine de cette loi). La condamnée a annoncé qu’elle se pourvoirait en cassation.


Votre opinion nous intéresse

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» Courrier des lecteurs Nous écrire, c’est courir le risque d’être publié…

Promesses

Modèle

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elon Arnaud Montebourg : « L’exemple allemand est un anti-modèle : ils ont cassé les salaires, démantelé une partie de la protection sociale, et constitué des excédents qui ont déstabilisé toute la zone euro ». C’est évident ! Le mauvais élève de la zone euro, ce n’est pas la Grèce, c’est l’Allemagne qui n’a pas appliqué le modèle grec !

S

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Roger Saint-Pierre La Rochelle (17)

Instruction

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l’occasion de « l’affaire Karachi », des personnalités de gauche se sont émues des fuites d’une partie de l’instruction. Leur émoi vis-à-vis d’un possible viol du secret de l’instruction est légitime. Il l’est même tellement que je ne comprends pas leur silence dans l’affaire Woerth-Bettencourt quand ce qui se disait chez le juge d’instruction se retrouvait systématiquement dans la presse quelques heures plus tard !

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«

ans le n° 795, Jean Rouxel commente la tribune de Claude Guéant, intitulée « Quelle France pour demain ? », parue dans « Le Monde » du 1er juin. Il termine son éditorial en faisant remarquer, à juste titre, que Nicolas Sarkozy est aux manettes depuis bientôt 10 ans et que la tribune de Guéant signe une sévère condamnation de son bilan. Ça n’est, malheureusement, que la triste vérité. Toutefois, M. Rouxel nous laisse espérer que le programme du candidat Sarkozy comprendra certaines mesures dont l’application, après 2012, irait dans le bon sens. Je préférerais, et je suppose que je ne suis pas le seul, que l’actuel président de la République mette en œuvre, avant la date fatidique de mai 2012, quelques mesures allant dans la bonne direction. Tout d’abord, la côte de popularité de Nicolas Sarkozy repartirait à la hausse. Donc, il augmenterait ses chances d’être au deuxième tour. Et je préfère « tenir (des actes déjà accomplis) que courir (après des promesses) » !

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François Le Vert <annelevert2@wanadoo.fr>

Sortir de la crise

Rigueur

Antoine Esposito <esposito.antoine@wanadoo.fr>

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e trouve pitoyable le débat sur la rigueur. Une fois de plus, le manque de courage de notre personnel politique est effarant. On se borne à créer de nouvelles taxes, alors qu’il faudrait supprimer tout ce qui ne sert à rien dans ce pays : ministères inutiles qui brillent par leur silence et leur inefficacité, organismes inutiles comme la HALDE, le Sénat ou le Conseil économique et social, échelons administratifs en trop (conseils généraux et communes), innombrables observatoires ou comités totalement inutiles, subventions aux associations bidons… Curieusement, nos élus ont oublié de diminuer leurs revenus de 10 %, ce qui serait un minimum et un bon exemple. Ah, j’oubliais le Parlement européen : demandez donc aux lecteurs des « 4 Vérités » de citer 5 lois votées par cet organisme cette année… Il est vrai qu’avec de telles mesures, on pourrait moins bien caser les copains et qu’on s’apercevrait que le chiffre du chômage n’est pas de 3 millions, mais peutêtre de 4 ou 5…

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»

Jacques Seguin <seguin@cegetel.net>

Propagande médiatique sur le pouvoir d’achat u journal de 13 heures de France 2, l’évolution des prix est épisodiquement abordée. Un panel de produits est étudié, présenté comme un panier de la ménagère. Ces denrées, en nombre limité, sont constituées de matières premières agricoles dont les prix actuellement flambent, notamment à cause de la présence de céréales. Les hausses de prix sont annoncées comme allant jusqu’à 25 % pour certains produits, ce qui donne une inflation moyenne de 15 %. Or, le panier sélectionné n’est pas représentatif de la consommation des ménages et l’impact du prix n’est nullement pondéré par les consommations moyennes réelles. Il s’agit de démontrer au télé-

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spectateur que le coût de la vie augmente beaucoup plus que ce qu’en dit le gouvernement et de détruire l’image d’un « président du pouvoir d’achat ». Une telle désinformation, déjà scandaleuse en ellemême, constitue, en fait, en période pré-électorale, une véritable propagande ! C’est aussi la démonstration de la futilité des débats sur la nomination des responsables de l’audiovisuel public. Leur choix par l’exécutif ne s’avère pas être un gage de servilité. n Albert Bonnenfant <albert-bonnenfant@orange.fr>

«

es politiciens et les banquiers, leurs complices, sont les seuls coupables de la crise économique que nous subissons. L’argent a été mobilisé et dilapidé par les États dont l’endettement abyssal pèse aujourd’hui sur la croissance. L’investissement productif fait défaut comme en témoignent la descente aux enfers des bourses mondiales et l’augmentation irrationnelle du prix de l’or, placement stérile ou refuge, comme l’est souvent l’immobilier hors de prix. Pour sortir de cette spirale infernale, il convient impérativement de limiter les dépenses publiques aux seules fonctions régaliennes et de modifier la fiscalité pour qu’elle cesse d’imposer le capital à risque, plus-values comprises. Mais cela ne suffira pas pour retrouver la croissance et l’emploi. Il sera malheureusement aussi nécessaire de faire marcher la planche à billets pour alléger les dettes et relancer la consommation. Il faudra également bien, un jour, réaliser une révolution mondiale au niveau de nos systèmes éducatifs pour que le « travailler plus » de Nicolas Sarkozy devienne le « travailler tous ». Il s’en suivra une réduction du temps de travail résultant de la prise en charge des travaux répétitifs par des machines désormais douées d’une intelligence artificielle toujours plus grande. C’est donc un retour au libéralisme qui s’impose, au vrai et pas au néolibéralisme (nouveau libéralisme), qui a industrialisé (analyse technique au niveau de la bourse) et monopolisé la finance devenue une fin en soi. En bref, sortir de la logique socialiste, tout en régulant les marchés devenus fous !

L

»

Jean-Paul Viala Paris (75)

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Fiscalité et efficacité économique ’abord, une anecdote : le Général de Gaulle recevait à une rentrée de vacances un jeune secrétaire d’État au Budget, plein de dynamisme (Jacques Chirac), pour se faire présenter le dossier de la prochaine loi de Finances. Le Général de Gaulle lui a posé une seule question : « Avec ce projet de loi de finances, à combien se monteront les prélèvements obligatoires ? – 35 % du PIB, Monsieur le Président. – Bien, Monsieur le secrétaire d’État au Budget, vous reviendrez me représenter ce projet de loi de finances, quand les prélèvements obligatoires se situeront à 33 %…» Il me semble que le général de Gaulle pratiquait déjà la maximisation des recettes fiscales, avec la courbe de Laffer, courbe qui ressemble à un chapeau de gendarme, avec un maximum mathématique : si on n’impose

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Honnêteté

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ntre corruption et affaires de mœurs, se révèlent au grand jour les dessous de la République. Écœurant. Durant ce temps, que de leçons avons-nous reçues ! Que de lois liberticides votées stigmatisant « l’indiscipline des Français », sans oublier les groupes de pensée minoritaires chassés comme du gibier de potence. Que n’avons-nous entendu et subi ! L’ennui, c’est que des hommes politiques sur la sellette, feront voter des lois liberticides, afin que les citoyens sentent la main de leurs maîtres. Il leur faut une population effrayée et soumise, de telle sorte qu’elle finit par en oublier ses droits. Dont le principal : être gouverné par des élus honnêtes.

»

pas assez, on a des recettes fiscales insuffisantes ; si on impose trop, on n’a pas non plus de recettes fiscales suffisantes. À cette époque, le budget de l’État était toujours en équilibre et l’expansion économique de la France était 3 à 4 fois celle que nous connaissons aujourd’hui. C’était aussi l’époque des grandes stratégies d’investissements du Général : nucléaire, TGV, aéronautique et aérospatiale, infrastructures… Mieux : toujours, à l’époque du Général de Gaulle, l’Hudson Institute prévoyait que l’économie française allait dominer l’économie allemande en Europe et la France du Général de Gaulle était considérée comme le Japon de l’Europe. Je me souviens qu’à l’époque, on avait attribué Mai 68 à la poussée du chômage : 400 000 chômeurs !

Privilèges

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»

Guy Raynal <Guyraynal@aol.com>

<kplacet@yahoo.fr>

Sénat

Crise

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oncernant la crise, il faut reconnaître que les avis divergent. En suivant les experts ou les politiques, on voit certes des « coups » médiatiques, mais pas de stratégie à moyen et long terme. La période électorale tombe mal, diront certains, mais n’est-ce pas justement le moment d’annoncer de vraies solutions ?

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oici bien longtemps que le bon sens populaire a trouvé un qualificatif approprié pour définir un travail de sénateur. Il n’est donc pas étonnant que nos très « chers » socialistes soient heureux et fiers, grâce à leur victoire au Sénat, dimanche 25 septembre, de pouvoir enfin appliquer leur programme favori : Travailler moins pour gagner plus !

Charles-Bernard de Préval Dijon (21)

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David Chevalier

<albane-inter@wanadoo.fr>

Libéralisme

ors d’une récente intervention télévisée, Marine Le Pen a déclaré que, selon elle et selon le Front national, on ne rentrait pas en politique pour s’enrichir, mais pour être au service de son pays et de ses citoyens. Je souscris totalement à ce genre de déclaration. Il serait bon de répéter constamment cette prise de position, car, il faut bien l’avouer, les privilèges réservés à la « caste dirigeante » sont devenus littéralement insupportables et une insulte permanente aux yeux de ceux qui travaillent dur et paient des impôts de plus en plus confiscatoires. Il faut que cela cesse !

Kevin Placet

Hélas, après le Président Pompidou, nos politiciens ont fait de la fiscalité un instrument de lutte des classes – pas plus morale, d’ailleurs, que la lutte des races. Par ailleurs, nos politiciens ont également utilisé la fiscalité pour acheter des clientèles électorales. En schématisant, quand les recettes fiscales sont de 100, les dépenses sont de 120 et ce déficit permanent dure depuis 35 ans. Et, depuis 10 ans, quand la France importe pour 100, elle exporte pour 85. Alors, il ne faut pas accuser les marchés. Ils constatent seulement la mauvaise gestion à la manière de votre comptable ou de votre banquier…

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Guy Fromont <guyfromont@orange.fr>

Réciprocité

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vec un certain retard, je m’insurge contre l’article de Jean-Pierre Gérard paru dans le n° 799. En effet, il affirme que le FMI prône le libéralisme, ce qui prouve qu’il ne connaît pas ce système économique. Il suit en cela l’opinion de la grande majorité des intervenants étatistes. Le libéralisme (voyez, en particulier, Frédéric Bastiat, Frédrich Hayeck et Ludvig von Mises) ne permet pas de dicter une façon de faire. Au contraire, il s’appuie sur des contrats passés librement, laissant à chacun la liberté et la responsabilité de son exécution. Il est bien évident que, si les États étaient soucieux de ceux qui œuvrent parmi les citoyens et non de la réélection de l’oligarchie, le libéralisme paraîtrait la solution idéale. Jean-Pierre Gérard dit aussi des choses justes : « Réduire les dépenses qui sont des gaspillages… » Oui, bien sûr, mais c’est à la Grèce de faire ce travail. Pas à l’Europe, ni au FMI. C’est une erreur constante des étatistes de croire que l’État fera mieux que les individus. C’est méconnaître les vertus de la subsidiarité et l’appliquer à l’envers, comme on le voit quotidiennement en Europe. L’État fait mal ce que les individus réaliseraient naturellement bien.

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Jacques Ernewein <jacques.ernewein@gmail.com>

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ans un pays où on laisse certaine communauté bafouer les obligations élémentaires de tout citoyen (par exemple, en se rendant non-identifiable dans l’espace public à l’aide d’une coiffure enveloppante ou en interrompant régulièrement la circulation dans certaines rues), curieusement, personne n’a fait remarquer que la France accordait à certains étrangers des avantages et des facilités sans exiger de leur pays d’origine un minimum de réciprocité. Toute manifestation chrétienne dans certains pays, même dans un local strictement privé, serait férocement sanctionnée. De même, personne n’a fait remarquer que les églises, même privées, ont été réquisitionnées en Algérie et en Tunisie, par exemple, et que les cimetières chrétiens servent, depuis cinquante ans, d’espaces de jeux pour les enfants et d’enclos à bestiaux, à cause de leur excellente clôture. Bien sûr, le très policé Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, dira que cette question n’est pas de son ressort. Exiger la réciprocité entre États n’est même pas une preuve de puissance, mais une simple question de dignité. Nous sommes tombés bien bas.

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Jean-Marie Pichard <jeanmarie.pichard@orange.fr>

LES 4 VÉRITÉS HEBDO N° 810 VENDREDI 30 SEPTEMBRE 2011

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Communication

TF1 > En moyenne, 7,8 millions de personnes ont suivi le match de rugby France Nouvelle-Zélande, soit 65 % de part d'audience. CANAL+ > Canal+ est dans le collimateur de l’Autorité de la concurrence, qui estime que le groupe ne respecte pas les engagements qu’il avait pris lors du rachat de TPS en 2006 (le rachat de Direct 8 à Bolloré a montré que le groupe Canal+ n’entendait pas se contenter de la télévision à péage et qu’il souhaitait devenir un acteur majeur de la télévision gratuite). Conséquence, un avis (que le groupe va contester au Conseil d’État) de l’Autorité vient d’annuler ce rachat et de frapper le groupe d’une amende sévère de 30 millions d’euros. En cas de non-conformation aux engagements, cette amende pourrait même augmenter jusqu’à 200 millions d’euros. PUBLIC SÉNAT > La chaîne télévisée Public Sénat a largement profité de la soirée électorale du 25 septembre : elle a battu son record historique en réunissant 2,2 millions de téléspectateurs entre 17 heures et 20 h 30. Sur Internet, le site de la chaîne a reçu plus de 330 000 connexions. TÉLÉVISION > Le marché français de la télévision gratuite financée par la publicité (dont TF1 et M6 sont les deux géants) est évalué à 3 milliards d'euros, tandis que celui de la télévision à péage (dominé par Canal+) est évalué à 4 milliards d’euros. COURSES > Le quotidien « Geny Courses », lancé cette semaine par la société Geny Infos, naguère filiale du PMU, vendue aux sociétés France Galop et Le Cheval français, comporte 36 pages en couleurs, et vise à concurrencer le groupe Turf éditions, éditeur de huit quotidiens hippiques (dont « Paris Turf »).

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Société Société Renaud Dozoul

Éloge de la diversité du monde

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icolas Sarkozy a fini par emboîter le pas d’Angela Merkel et de David Cameron, en constatant avec une candeur touchante l’échec du multiculturalisme. Auditeur attentif du Président, Alain Finkielkraut a très justement fait remarquer qu’il y a quelques mois seulement, le même Nicolas Sarkozy voulait inscrire la notion de diversité dans la constitution ! Pendant que le groupe de travail piloté par Simone Veil enterrait discrètement le projet de l’Élysée, la ville de Lyon se voyait décorée du label diversité, délivré par l’Agence Française de Normalisation (une agence de normalisation qui normalise la diversité est, en soi, tout un programme !). Il est passionnant de chercher ce qui fait le succès d’une idée. Ce qui fait qu’elle s’impose, et devient une obsession collective. Une forme de sens de l’histoire, dont il faut espérer qu’il n’est pas inéluctable. C’est le cas de cette fameuse diversité. Les festivals, expositions, fêtes, publications, et rassemblements associatifs, et maintenant les labels qualité sont une injonction permanente au métissage. Tous communient à la même coupe : « l’enrichissement culturel ». Une première question se pose immédiatement. Elle est d’ordre logique : Que souhaite-t-on exactement ? UNE culture métisse résultant d’un mélange, ou la cohabitation sur un territoire de PLUSIEURS cultures, dans leur diversité ? Dans le premier cas, le mélange

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est-il réellement un enrichissement ? La culture du pays Dogon, en plein cœur du Mali, serait-elle enrichie par l’installation dans les villages de terre de McDonald’s (Américain), d’H&M (Suédois), de Zara (Espagnol), et de la diversité de quelques milliers d’Allemands accompagnés de leur charcuterie à l’ail ? Les guerriers Massaï devraientils se débarrasser de leurs parures ancestrales et acheter des colliers en argent chez Agatha pour s’ouvrir à la culture occidentale ? Faut-il enfin que des hommes blancs aillent féconder le ventre des femmes de l’Atlas pour métisser et éclaircir un peu les couleurs et les cheveux de la région, par souci de diversité ? Que le métissage soit une réalité, c’est évident. Il est, en revanche, assez hasardeux d’y voir un appauvrissement ou un enrichissement. On ne saurait préférer une couleur de peau à une autre, fût-elle le résultat d’un mélange. Dans le deuxième cas, n’y a-t-il pas une tristesse infinie à vouloir supprimer les particularités des régions du monde ? Quoi de plus émouvant que de découvrir, lors d’un voyage, une langue rugueuse, des paysages dilatés, des odeurs camphrées, une gastronomie gluante, des musiques heptatoniques, une architecture, des maquillages, des étoffes, des fêtes, des marchés, des jeux d’enfants, une spiritualité, des traditions… Désirons-nous vraiment saupoudrer sur toute la planète un vague assortiment de cultures hors-sol et transformer l’humanité en grand salmigondis ?

<rdozoul@yahoo.fr> Auteur de « 10 (très) bonnes raisons de restaurer la monarchie »

Peut-on sincèrement se réjouir de cette pixellisation culturelle, qui, à force de concentrer et de disperser la diversité, ne produit qu’un ensemble désespérément homogène et terne ? La beauté du monde est dans ses contrastes et ses différences. La mondialisation n’est une chance que si elle est la symphonie de toutes ces cultures, sûrement pas si elle devient un mixeur géant, duquel sortira une humanité lisse et uniforme ; mondialisée certes, mais vidée de la formidable variété de ses civilisations. « Une humanité qui s’installe dans la monoculture, et s’apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave », écrit Claude LevyStrauss… Nous avons la responsabilité de préserver cette sève culturelle, qui nourrit l’Histoire, l’Art, l’Architecture, la Littérature, la Musique et la Philosophie. Nous avons la responsabilité de prolonger le trésor qu’est notre civilisation. Pleins de curiosité et d’ouverture bien sûr, mais soucieux d’apporter notre voix unique au chant du monde. Que l’Asie, l’Afrique, l’Amérique, continuent à nous éclairer de leur singularité. Et que l’Europe n’abandonne pas sa propre lumière, l’humanité ne grandirait pas de son renoncement ! n

Gouvernement « Le meilleur gouvernement est celui qui ne gouverne pas du tout et, quand les hommes y seront prêts, tel sera le genre de gouvernement qu’ils auront. » Henry David Thoreau (1817-1862)

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DOSAGE Pas question pour nous d’aller plus loin dans la rigueur. Si on ne fait rien, c’est la catastrophe. Si on fait plus, c’est la récession ! NICOLAS SARKOZY

Guy Millière <mguymilliere@aol.com>

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e titre de cet article surprendra sans doute dans le contexte actuel. Aux Nations Unies, on n’a cessé, ces derniers jours, d’entendre répéter que le « peuple palestinien » avait le droit d’avoir un État. On a glosé sur les souffrances des « Palestiniens », sur « l’occupation », et que sais-je encore. Les faits sont là, pourtant. Les guerres arabes contre Israël, guerre de 1973 comprise, n’ont pas été menées pour que le « peuple palestinien » ait un État, mais pour détruire Israël. L’Organisation de Libération de la Palestine n’a, elle-même, pas été fondée, en 1964, pour donner un État au « peuple palestinien » et libérer le territoire de celui-ci, mais pour détruire Israël. Et c’est plusieurs années après la fondation de l’OLP que la notion de « peuple palestinien » a fait son apparition, inventée par les services de propagande de Nasser et du KGB. L’idée était que présenter la volonté de destruction d’Israël sous l’angle d’une « lutte de libération nationale » rendrait cette volonté de destruction plus acceptable au reste du monde. Ce fut une idée efficace, puisque, désormais, tout le monde pense qu’il existe un « peuple palestinien » qui mène une « lutte de libération nationale ». En réalité, ceux que l’on appelle « Palestiniens » sont, pour la plupart, des immigrants qui se sont installés sur le territoire du Mandat palestinien, au moment où celui-ci a été administré par le Royaume Uni, et qui ont quit-

L’imposture palestinienne té le territoire à la demande des autorités arabes lorsque les pays arabes voisins d’Israël ont mené la première guerre destinée à détruire Israël, en 1948-1949. Ces gens ont reçu en 1949 le statut de « réfugiés » et, parce que les pays arabes les ont maintenus dans des camps, parce que le monde occidental a payé pour l’entretien de ces camps, ils ont toujours le statut de « réfugiés », 62 ans plus tard. Les « réfugiés », au départ, étaient environ 600 000 ; ils sont aujourd’hui cinq millions, et on en est à la quatrième génération de « réfugiés ». Devenir « réfugié » en 1949 était très facile : il suffisait de prouver deux années de résidence sur le territoire de ce qui est aujourd’hui Israël. Les « Palestiniens » n’ont appris qu’ils étaient les « Palestiniens » qu’au moment où la notion de « peuple palestinien » a été inventée, à la fin de l’année 1967. De même que la notion de « peuple palestinien » a été inventée assez récemment, l’idée de « territoires palestiniens » est, elle aussi, une invention récente. Jusqu’en 1967, Gaza faisait partie du territoire égyptien, tandis que la Judée-Samarie (Cisjordanie) faisait partie du territoire jordanien. C’est parce qu’en signant la paix avec Israël, l’Égypte a renoncé à Gaza et la Jordanie à la Cisjordanie que ces territoires ont eu un statut différent, et non réglé à ce jour. Mais ces territoires n’ont jamais été « territoires palestiniens », notion falsificatrice. Ils n’ont jamais été « territoires occupés », mais territoires conquis par l’É-

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gypte et la Jordanie par la guerre en 1948-1949, puis perdus par l’Égypte et la Jordanie par la guerre en 1967 et, depuis, disputés. On peut ajouter que Gaza est gouverné par le Hamas, organisation terroriste islamiste qui a pour projet de détruire Israël et de mener le djihad jusqu’à la restauration d’un califat, et que l’Autorité palestinienne, qui n’a jamais renoncé au terrorisme, n’a aucunement l’intention de voir créer un État palestinien à côté d’Israël, mais de créer un État à la place d’Israël, après destruction d’Israël. Qu’on débatte incessamment de l’idée de créer un État pour un « peuple » inventé pour des raisons de guerre d’agression par des organismes totalitaires, qu’on veuille créer cet État sur des terres qui n’ont – et pour cause ! – jamais été celles de ce « peuple », et qu’on veuille confier cet État à des gens qui n’existent que pour détruire un autre État serait grotesque, si ce n’était monstrueux. Que les dirigeants des pays occidentaux prétendent « régler » un problème inventé de toutes pièces est honteux. Qu’Israël soit contraint de participer aux simagrées censées régler ce problème est lamentable. La paix viendra, si elle doit venir, quand les Palestiniens auront été délivrés de l’idée qu’ils sont le « peuple palestinien », quand ils recevront une éducation digne de ce nom, quand ils seront débarrassés de dirigeants totalitaires, et quand les dirigeants occidentaux se conduiront dignement. n

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DÉMAGOGIE Je ne vois jamais un électeur dire qu’il va voter contre moi, parce que je suis pour les radars. Dire le contraire, c’est de la démagogie ! JEAN BARDET, DÉPUTÉ UMP

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PS Les socialistes n’ont pas compris que le monde avait changé. VALÉRIE PÉCRESSE, MINISTRE DU BUDGET

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AUBRY La seule expérience électorale de Martine Aubry, c’est une législative perdue en 2002. Passer de rien à une campagne présidentielle, ce n’est pas facile ! SÉGOLÈNE ROYAL

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BONHEUR Avec Sarkozy, il faut être mort pour être heureux ! JEAN PERRIN, PDT DE L’UNION NAT. DE

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LA PROPRIÉTÉ IMMOBILIÈRE

Dénonçant la hausse de l’impôt sur les plus-values immobilières

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INTELLIGENCE En politique, il n’est pas interdit d’être intelligent. THIERRY MARIANI, SECRÉTAIRE D’ÉTAT AUX TRANSPORTS

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HAINE Je suis la candidate anti-FN. L’effroyable tuerie en Norvège a montré où menaient les discours de haine… ÉVA JOLY, CANDIDATE ÉCOLOGISTE

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PRINTEMPS Les révolutions arabes ont montré qu’il existait une troisième voie entre la dictature et l’islamisme. FRANÇOIS-B. HUYGUES, ESSAYISTE

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Sic

International International

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INDOLORE Il n’y a, hélas, pas de solution indolore à la crise de la dette publique. GÉRARD LONGUET, MINISTRE DE LA DÉFENSE


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