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Chronique

politique

1939-1945 jour après jour

415 pages – 32 euros La seconde guerre mondiale est sans doute la période de l’histoire dont on parle le plus souvent dans les médias. Pourtant, les batailles, les acteurs, les événements historiques qui se sont déroulés entre 1939 et 1945 sont paradoxalement fort peu connus. C’est à ce paradoxe que répond l’ouvrage de Jacques Privé. Ce n’est ni un énième ouvrage sur la « mémoire », ni même, à proprement parler, un livre d’histoire. Mais c’est exactement ce dont nous manquons le plus : une sorte de reportage journalistique au jour le jour. Un livre passionnant, à lire comme un roman ou à feuilleter au hasard.

epuis plusieurs mois, la « classe parlante » française a repris une vieille antienne, que l’on croyait oubliée, sur la mort prochaine du capitalisme. Mais, personne ne prend la peine de préciser de quoi on parle. Le premier symptôme de cette mort prochaine du capitalisme, c’est que les déréglementations des vingt dernières années sont présentées par les médias et les politiques comme les principales causes de la crise actuelle. Quelles déréglementations ? Nous n’en saurons rien et nous ne pouvons qu’imaginer. À première vue, il semble que cette absence de précision vise à laisser penser que ces « déréglementations » sont, pêle-mêle, les privatisations, les abaissements de barrières douanières et l’accès plus aisé au crédit et les marchés boursiers « alternatifs » (ceux notamment sur lesquels on n’achète pas des actions, mais des paris sur des scénarios boursiers). Deuxième symptôme de la fin prochaine du capitalisme : l’autisme des

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<gdethieulloy@les4verites.com> Guillaume de Thieulloy, 35 ans

La mort du capitalisme. Quel capitalisme ?

Jacques Privé

Grancher

Guillaume de Thieulloy

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dirigeants, qui ne comprennent pas que s’octroyer des « parachutes dorés » et des stocks options en pleine crise les discrédite profondément. Et, de fait, depuis une semaine ou deux, chaque jour nous apporte son lot de mini-scandales de ce genre. Enfin, le troisième symptôme tient au fait que les entreprises font désormais appel à l’argent public, mettant à mal les professions de foi libérales de leurs dirigeants. Le problème, c’est que tous ces symptômes ne sont pas à mettre sur le même plan et n’annoncent pas la fin du capitalisme. Seulement l’impossibilité de poursuivre avec un modèle économique fondé sur l’endettement et le mépris de l’épargne. C’est-à-dire précisément le modèle que, paradoxalement, les « élites » s’acharnent à sauver ! Prenons donc le premier symptôme. Celui-ci, faute d’être exprimé clairement, est le plus vicieux. On entend désormais remettre en cause les privatisations des années 1980 et 1990. Il est certain que certaines d’entre elles ont été menées en dépit du bon sens – essentiellement pour renflouer les caisses déjà vides de l’État. Il reste qu’il vaut bien mieux un Renault privatisé qu’un Renault nationalisé. Par la faute des « plans de relance », nous avons déjà balancé 5 milliards par les fenêtres pour « sauver l’automobile ». Imaginez ce qu’il en aurait été si Renault appartenait à l’État ! S’agissant des barrières douanières, on entend de plus en plus souvent chanter les louanges du protectionnisme. Plus souvent d’ailleurs celles du protectionnisme européen que celles du protectionnisme français, ce qui n’est pas d’une grande logique, puisque la Roumanie, que je sache, a des coûts de production considérablement plus faibles que les nôtres tout en appartenant à l’UE ! Je crois volontiers que bon nombre des accords douaniers des vingt dernières années ont été des marchés de

dupes. Certains pays (en particulier, les États-Unis et la Chine) savent très bien contourner ces accords pour favoriser leurs entreprises. Je me souviens avoir lu dans les années 1990 un secrétaire d’État américain au commerce expliquant que, puisque les Américains étaient les meilleurs, si un marché était remporté par une entreprise étrangère, c’est que la concurrence avait été faussée et qu’il fallait remettre en cause le marché… Bref, je suis très favorable à des négociations nettement plus fermes que celles que l’Europe a menées depuis vingt ans. Mais, sur le fond, qui ne voit aussi qu’une bonne partie de la richesse réellement créée vient de la croissance vertigineuse des débouchés ? Enfin, il y a les déréglementations proprement dites, et notamment celles qui concernent le crédit. Là, il est clair que nous sommes entrés dans l’ère de la démence : accorder des prêts sans apport personnel, ni garantie est de la folie furieuse. Et c’est la principale raison de la crise. Si c’est cela remettre en cause les déréglementations, nous sommes pour ! Les deuxième et troisième symptômes sont les plus faciles à démonter, mais ces préjugés sont aussi les plus enracinés dans les esprits. Non, les dirigeants des grandes banques et de la plupart des grands groupes français ne sont pas des « patrons ». Ils ne possèdent, dans l’immense majorité des cas, pas leur société. Ils passent d’une société à l’autre, de la fonction publique à un groupe « privé » (mais dépendant étroitement de l’État), avec une facilité déconcertante. Et ils sont parfaitement irresponsables : ils peuvent couler des fleurons de l’industrie française et obtenir des promotions et des ponts d’or en remerciement. Là encore, si c’est ce capitalisme de copinage et d’irresponsabilité qui meurt dans la crise actuelle, nous ne le regretterons pas ! 

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ISSN 0151-2439

VÉRITÉS 4

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La publication anti bourrage de crâne

HEBDO

ÉDITORIAL  Alain Dumait <www.dumait.fr> Le G20 s’ouvre en pleine confusion mentale ! a confusion mentale gagne chaque jour un plus grand nombre d’esprits. Dans ces conditions, l’horizon de la fin de la crise s’éloigne. La présente éclaircie ne sera qu’un sursis. Un groupe de parlementaires UMP, plaidant pour un certain protectionnisme, accuse « l’exubérance de l’économie asiatique » d’être responsable de la crise. Comme d’autres montrent du doigt les « paradis fiscaux » ou les « hedge funds »… En oubliant soigneusement les « subprimes », la grande escroquerie du logement « social », les tripatouillages de l’émission monétaire, l’endettement subventionné à tout va… Faute de pouvoir mettre en place un gouvernement économique mondial (nommé par qui ?), on cherche des boucs émissaires. Et on en trouve ! En vérité, le désordre est entièrement du côté de la sphère publique. Et de la partie du secteur financier acoquinée avec les politiciens. Ils sont une petite poignée. Ils nous gouvernent. Ils sont contre les déficits et ils les creusent. Ils sont contre l’inflation et ils la créent. Ils sont contre les bulles financières et ils les provoquent… Quand les politiciens distribuent de l’argent qu’ils n’ont pas, payent les fournisseurs et les personnels de l’État avec de l’argent emprunté qui sera rem-

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Dessin de MIÈGE

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LES 4 VÉRITÉS 2009 © Publication hebdomadaire (CPPAP N° 1109, I 82 712) Tél. : 06 26 99 56 89 (port. G. de Thieulloy) < redaction@les4verites.com > < http://www.les4verites.com >

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Siège : 25, rue des Bas 92600 Asnières – (EEC, SAS de presse) Abonnements : 4 Vérités-DIP 18 à 24, quai de la Marne 75164 Paris Cedex 19 01 44 84 85 48 (Dominique <dominique.varenguin@dipinfo.fr>) ou http://www.les4verites.com Gérant : Guillaume de Thieulloy Responsable éditorial : Alain Dumait Rédaction : Jean Rouxel (rédacteur en chef) Le numéro 1,20€ Abonnement 50 numéros 60€ TTC Abonnement de soutien à partir de 100€ Personnes morales (entreprises ou administrations) : 200€, TVA à 2,10 % en sus Imprimerie : Delcambre, Pantin (93) Également disponible en format numérique (nous consulter) Fichiers déclarés à la CNIL (N° 672024) Exemplaire gratuit sur simple demande écrite

boursé par nos enfants, fixent le niveau des aides et les limites de nos droits, ils donnent le plus mauvais des exemples. Ce sont eux qui inspirent les révoltes sociales. Demain, ils porteront la responsabilité des émeutes… Les divergences entre les participants au G20 de Londres ne portent pas sur l’origine de la crise, mais sur les variantes de la même idéologie interventionniste. Les États-Unis, qui ont la meilleure planche à billets du monde, avec leur dollar étalon, et des dépenses publiques à moins de 40 % du PIB, veulent davantage de nouvelles dépenses budgétaires, tandis que les technocrates à la française insistent sur l’opportunité de nouvelles réglementations. Mais tous veulent faire repartir le même modèle économique, à base de crédits, d’endettement et de laxisme monétaire. Celui-là même qui est à l’origine de la crise… Cette crise, pour l’instant, renforce les partisans du totalitarisme, c’est-à-dire le parti de ceux qui prétendent que les gouvernants sont plus sages et plus intelligents que leurs sujets. Tout ce qui renforce ce totalitarisme accentue et prolonge la crise. Tout ce qui le réduirait permettrait de s’en sortir. Au train où vont les choses, nous en avons certainement pour 1 000 ans ! 

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Il faut de l’esprit pour bien parler, de l’intelligence suffit pour bien écouter. André Gide

SOMMAIRE

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Nous pouvons sortir de la crise quand nous voulons ! par Bernard Tremeau

 Chiffres Significatifs

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La gréviculture française par Guy Millière

Divers faits Votre opinion nous intéresse Le courrier des lecteurs

Le préservatif et l’Afrique par Christian Lambert

Tragédie passée sous silence par Pierre Lance

Communication

Vivent les paradis fiscaux ! par Pierre Baudouin

Sic

La chronique politique de Guillaume de Thieulloy

Faites connaître autour de vous

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Chiffres Significatifs

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CAC 40 > Les entreprises du Cac 40 ont réalisé au total 1 292 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2008, soit une légère hausse par rapport à 2007 (5,4 %). IMMOBILIER > Le marché américain de l’immobilier d’entreprise reste de loin le principal marché mondial, à 76,2 milliards de dollars, malgré une forte baisse entre 2007 et 2008 (-73,2 %). PMA > En 2006, 119 649 tentatives de procréation médicalement assistée ont été recensées en France. Elles ont donné lieu à 20 042 naissances. ÉTATS-UNIS > Le PIB américain a reculé de 6,2 % au quatrième trimestre 2008. SALONS > Les retombées économiques de l’activité de salons et congrès en Ile-deFrance ont été de quelque 5,1 milliards d’euros en 2008 ! CHIMIE > L’industrie chimique française a connu, au premier trimestre 2009, une baisse de 30 % de son activité par rapport à la même période de 2008. EXÉCUTIONS > 2 390 condamnés à mort ont été exécutés en 2008 et 8864 personnes ont été condamnées à mort sur l’ensemble de la planète. FRANCHISE > La France comptait en 2008 1 234 réseaux de commerces franchisés. Ces réseaux représentaient 49 094 points de vente ! PUBLIC > La part des dépenses publiques françaises par rapport à la richesse produite devrait atteindre 53,3 % en 2009, soit près de 7 points de plus que la moyenne de l’Union européenne (46,9 %) et 12,5 points de plus que la moyenne de l’OCDE !

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Économie Économie Nous pouvons relancer l’économie française !

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e nombre des chômeurs a encore augmenté de 80 000 le mois dernier. L’économie française est très malade. Le pouvoir d’achat a chuté de 3 % au dernier trimestre. Nous nous appauvrissons donc. Le déficit de notre balance commerciale a encore plongé. Nous ne sommes plus compétitifs. Les entrepreneurs préfèrent investir à l’étranger. La France devient un désert économique. Les capitalistes fuient notre pays. Nous sommes tous un peu plus pauvres. On peut faire redémarrer quand on veut la progression du pouvoir d’achat. Les pays européens imposent à leurs économies des mesures inflationnistes (comme, en France, le SMIC ou les charges sociales payées par les entreprises). La banque centrale européenne (la BCE) est obligée de lutter contre cette inflation. Elle doit donc augmenter ses taux courts. Elle met moins d’argent non-inflationniste à notre disposition. Notre pouvoir d’achat régresse donc. Pour que notre pouvoir d’achat redémarre, il ne faut pas obliger la BCE à baisser ses taux. Un tel comportement ne donnerait que de l’inflation, donc pas d’augmentation de notre pouvoir d’achat. Il faut, par contre, que tous les pays européens suppriment les contraintes inflationnistes qu’ils imposent à leurs économies. Instaurer, par exemple, en France la TVA sociale. On peut réduire quand on veut le déficit de notre balance commerciale. La cause en est connue : les coûts de production augmentent plus rapidement en

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France qu’en Allemagne. Nos entreprises ne sont donc plus compétitives. Nous entrons dans la phase finale d’une crise monétaire. Pour rendre nos entreprises à nouveau compétitives, il faudrait dévaluer. Mais ce n’est pas une parité fixe qui lie le mark et le franc. C’est une monnaie commune qui lie l’Allemagne à la France. Pour dévaluer, il ne faut pas sortir de l’euro, rétablir le franc, laisser les marchés déterminer les nouvelles parités liant le franc à l’euro, pour finalement réintégrer l’euro. Il faut modifier avec l’accord de nos partenaires européens la parité liant franceuro. Passer par exemple de 6,55957 à 8,2. (Ou 8,19776 si l’on tient aux 5 décimales, ceci n’a aucune importance). Un accord est possible : Italiens, Espagnols et surtout Grecs ont plus besoin que nous de cette manipulation monétaire. On peut attirer les investisseurs en France quand on le veut. Les investisseurs préfèrent l’étranger à la France, parce que les gouvernements français imposent bien plus les entreprises installées en France. Nous sommes dans ce domaine les champions toutes catégories. Pour attirer les investisseurs, il ne faut pas accorder des avantages fiscaux, ou donner des subventions aux entreprises qui restent en France ou qui veulent s’y installer. Il ne faut surtout pas intervenir sur les rémunérations de leurs futurs dirigeants ou actionnaires. Il faut décider de faire passer les contraintes imposées aux entreprises françaises un peu en dessous de celles du pays européen

Bernard Trémeau <tremeau.bernard@wanadoo.fr>

qui impose le moins les siennes. Quand les investissements reprendront normalement en France, le savoir-faire des entreprises françaises sera capable de s’opposer même à l’automobile « Tata » vendue 1 500 euros en Inde. On peut enfin éviter la fuite des capitaux hors de France quand on le veut. Il ne faut surtout pas imposer encore un peu plus les « riches » au nom de l’égalité. Ils quitteront encore plus la France. Or, pour investir, nos entreprises ont besoin d’argent. Imposer les riches ne permet pas de donner plus d’argent aux pauvres. Imposer les riches appauvrit au contraire les plus pauvres… Il ne faut pas détruire les paradis fiscaux où les riches trouvent un refuge. Il faut par contre transformer la France en paradis fiscal. Le « bouclier fiscal » va dans la bonne direction. La suppression de l’ISF serait une autre mesure intelligente. Les responsables économiques, politiques ou médiatiques de la France semblent totalement ignorer ces réalités de bon sens – qui ne sont ni de droite, ni de gauche… 

Bandes violentes Le Président veut lutter contre les bandes. La première mesure à prendre serait l’interdiction en ville et en groupe de porter, lorsque l’on est à pied, cagoule, casque de moto ou tout artifice ayant pour but ou non de rendre l’identification du porteur difficile voire impossible. Numa Vial <numavial@club-internet.fr>

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Politique Politique

Guy Millière <MGuymilliere@aol.com>

epuis deux mois, la plupart des universités françaises sont bloquées. Les cours n’ont pas lieu et sont remplacés par des activités « alternatives », ou par rien du tout. Le motif est, toujours, la pusillanime réforme du secteur proposée par le gouvernement. Mais faut-il un motif ? Dans l’université française, les grèves longues sont des rituels qui reviennent de manière récurrente. Ce n’est pas très grave : les étudiants ne produisent rien, la plupart des enseignants non plus. Cela gaspille l’argent des contribuables, mais cet argent est déjà tellement gaspillé, et de tant de façons : les campagnes télévisées sur le dérèglement climatique, par exemple, car aujourd’hui, puisqu’il semble avéré que le réchauffement dont on a pourtant si longtemps parlé n’aura pas lieu, on change de vocabulaire. Dérèglement est un mot assez vague pour tout couvrir, la pluie et le beau temps, la chaleur et le froid, les cyclones et les tempêtes, la neige et le plein soleil. Qu’importe, de fait, puisque sur tous les autres plans, nous sommes, en ce pays, dans une ère médiocre et crépusculaire. Le monde, dont (faut-il le dire ?) la France fait partie, est dans une phase de récession qui prendra fin, comme toutes les phases de récessions, quand les causes qui y ont conduit seront traitées. Ces causes sont hors de portée du gouvernement français. Elles sont à la portée du gouvernement américain, mais celui-ci va de décision inepte en décision inepte, de dépenses immenses en mesures inflation-

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La France s’enlise dans la crise et la grève ! nistes. Elles ne seront pas prises en compte lors du G 20 bientôt organisé à Londres où on entonnera le grand air du protectionnisme fiscal en déclarant la guerre à la Suisse ou au Liechtenstein, comme le Don Quichote de Cervantes chargeait les moulins à vent. Le gouvernement français prétend, néanmoins, « faire » quelque chose. Il pourrait, direz-vous, proposer de baisser nettement les impôts, et les charges de façon à faciliter la création de richesse, envisager aussi de déréglementer et de diminuer drastiquement les dépenses publiques. Il lui serait difficile d’aller très loin dans ces directions, puisque l’essentiel se décide désormais à l’échelle de l’Europe, mais il pourrait au moins en parler. Au lieu de cela, les propos tenus, comme les mesures prises, ont une teneur social-démocrate très nette, et il faut avoir la cécité idéologique d’un socialiste français pour ne pas le voir. Les débats du jour tournent donc autour du « partage du profit » au nom de la « justice sociale », de « soutiens » à ceci ou à cela, d’« aides sociales » à telle ou telle catégorie, de « protections », et que sais-je encore. Lorsqu’il est question d’investissements, il faut traduire « dépenses publiques supplémentaires », et surtout pas « liberté d’entreprendre ». Sarkozy vient de dégainer sa dernière trouvaille : des commissaires à la « réindustrialisation ». Le commissariat au Plan va-il renaître ? Parfois, un économiste digne de ce nom est invité à la télévision, mais c’est assez rare. Il tient alors des propos sensés que nul

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n’écoute, et, très vite, les phrases vides tournoient à nouveau et débouchent sur des discussions aussi vaines que celles sur le sexe des anges ou la sodomie chez les mouches. J’ai parfois envie de suggérer aux politiques de parler comme le ferait un économiste digne de ce nom. La France a, après tout, été le pays de Turgot, de JeanBaptiste Say et de Bastiat, avant d’être celui d’Olivier Besancenot. Mais j’ai renoncé depuis longtemps à attendre quoi que ce soit du personnel politique. Je sais que, pour être élus, les politiciens français doivent parler le même langage que les délégués syndicaux. Le pays continuera donc à s’enliser. Mais je ne suis pas inquiet : il y aura encore de belles manifestations et de superbes grèves. Avec un peu de chance, je pourrai faire un ou deux cours avant l’été. Les trois quarts des Français approuvent les gens qui pensent que défiler sous des banderoles sert à « lutter contre la crise ». Ces mêmes Français estiment que le gouvernement peut prendre de l’argent quelque part, en Suisse ou au Liechtenstein sans doute, et le distribuer comme une manne céleste. C’est tout ce qui reste du christianisme dans un pays qui a perdu son âme chrétienne : l’idée qu’une manne peut tomber du ciel. Je devrais trouver tout cela profondément affligeant. Je préfère observer, comme on assiste à un spectacle dérisoire. Le journal de vingt heures me semble plus regardable quand je coupe le son, et que je le remplace par une musique de fond. Un Requiem ? 

CHAUPRADE > Le tribunal administratif a suspendu l’éviction du géopoliticien Aymeric Chauprade du Collège interarmées de défense (ex-École de guerre). Cette éviction avait été décidée par Hervé Morin, ministre de la Défense, au motif que Chauprade avait parlé dans un livre des critiques à l’encontre de la thèse officielle sur les attentats du 11 septembre 2001 (d’ailleurs sans les reprendre à son compte) ! DIRIGEANTS > 48 % des entreprises de plus de 100 salariés sont dirigées par une personne de plus de 55 ans, contre 39 % pour les entreprises de moins de 5 salariés. ENVIRONNEMENT > 52 % des Français considèrent le respect de l’environnement comme un critère important pour leurs achats. LIVRET A > La collecte du livret A a diminué de 89 % en février par rapport au mois précédent. Elle n’était plus que de 2,1 milliards d’euros en février. VÊTEMENTS > Les ventes de vêtements en France ont diminué de 3,9 % en 2008 par rapport à 2007, à périmètre constant. Si l’on tient compte de l’augmentation de surface de vente, le volume d’affaires a cependant augmenté de 2,4 % pour atteindre 16 milliards d’euros. GESTIONNAIRES > Les 25 gestionnaires de fonds les mieux payés du monde ont gagné ensemble 11,6 milliards de dollars en 2008. Quatre ont dépassé un milliard de dollars. Le mieux payé, James Simons, a même gagné 2,5 milliards ! BESANCENOT > Olivier Besancenot est jugé « capable de changer les choses » par 35 % des Français – soit trois points de moins seulement que Nicolas Sarkozy…

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Divers faits

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Votre opinion nous intéresse

» Courrier des lecteurs Nous écrire, c’est courir le risque d’être publié…

CNRS

Statistiques ethniques

Mayotte

n a appris la semaine dernière que le siège du CNRS avait été occupé par des chercheurs qui entendaient protester contre la suppression prévue d’un certain nombre de postes. Si les postes concernés dépendaient de la sociologie, il s’agirait d’un ajustement salutaire qui pourrait faire diminuer la surreprésentation des sociologues du CNRS dans les médias. Il serait d’ailleurs intéressant de connaître la part attribuée, en personnel et moyens, aux sciences dites « humaines » comparativement aux autres disciplines. Une enquête de l 'iFrap avait fait ressortir que celles-là employaient trois fois plus de chercheurs que celles des techniques de l’information ! À l’heure des défis technologiques, il serait préférable de favoriser une contribution au développement des énergies alternatives plutôt qu’une énième étude sur la paupérisation de la classe paysanne en BasPoitou. Mais, bien sûr, l’opacité sur ce point demeurera tant le CNRS restera figé dans une fonctionnarisation intouchable, qui en fait un organisme ingouvernable, comme le disait déjà Georges Pompidou.

’élection américaine a conforté les idées du Président sur la discrimination positive ; il a nommé un Haut Commissaire à la diversité. Celui-ci a créé un comité pour la mesure de la diversité et l’évaluation des discriminations. Et aussitôt ressurgit le débat sur les statistiques ethniques. Par peur d’un référentiel « ethno-racial » à l’américaine, autrement dit un comptage selon l’origine, ces statistiques sont présentées comme ayant tous les défauts et le critère sélectif préféré est l’appartenance ressentie et déclarée anonymement. En réalité, mesurer la diversité, c’est constater le poids relatif des minorités visibles dans la société et donc la référence à l’origine est indispensable. Mettre en évidence les discriminations dont sont victimes ces minorités, c’est croiser des critères d’origine avec des données socioculturelles. Dans tous les cas, il s’agit bien, au moins partiellement, de statistiques ethniques. Plus elles seront objectives, c’est-à-dire fondées sur du réel et non sur des impressions, moins les arrière-pensées pourront s’exprimer.

ayotte deviendra le 101e département. On peut douter que la nouvelle suscite un large mouvement de liesse en métropole. La classe politique affiche un mutisme étonnant. Il semble que tout ce qui touche à l’outre-mer tétanise nos représentants. Peut-être est-il impossible de s’exprimer sur certains sujets sans encourir les foudres des « gardiens » de la diversité ? Ce qui aurait dû être une « union » en pleine lumière, après approbation de la nation française par référendum, ressemble fort à un mariage arrangé, célébré en catimini loin de la patrie d’accueil… Mais l’essentiel n’est-il pas, pour Mayotte, de bénéficier des largesses que la République octroie à tous ses enfants ?

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Pierre Deguignet Garches (92)

Albert Bonnenfant <albert-bonnenfant@orange.fr>

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Michel Sauvain <m.sauvain@orange.fr>

Taser

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ncore une mort survenue après un tir de Taser. L’alternative au Taser n’est pas le 9 mm, comme certains aimeraient le faire croire, mais la communication et la maîtrise physique. Par ailleurs, un policier sait combien est impliquant l’usage d’une arme à feu. En

Parachutes dorés uel drôle de pays que la France où les imbéciles irresponsables, qui traînent dans la boue leurs patrons, trouvent scandaleux que des dirigeants, parfois licenciés en deux heures sans indemnité de licenciement, reçoivent une somme, appelée à tort « parachute doré » ! Stupidement, ils oublient qu’ils en reverseront d’emblée presque la moitié au fisc. Sur le reste, ils paieront l’ISF et, dès qu’ils l’utiliseront, ils en verseront une grosse part au titre de la TVA tout en faisant travailler fournisseurs ou artisans soumis aux différents impôts… Qu’y a-t-il de scandaleux à recevoir un salaire

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considérable pour des patrons arrivés à la soixantaine, après des études ultra-brillantes, un rythme de travail insensé, une carrière exceptionnellement réussie et des responsabilités écrasantes ? Bien entendu, si un footballeur de 20 ans gagne largement autant, même lorsqu’il ne marque aucun but, personne n’y trouve à redire ! Il est très grave que les politiques, qui savent toute l’injustice de cette attitude, suivent l’opinion publique par méprisable démagogie à courte vue… Jean-Marie Pichard

<jeanmarie.pichard@orange.fr>

revanche, il s’imagine que le Taser ne laisse aucune trace. Dès lors, il n’existe aucun frein à son utilisation. Nous sommes passés, en cette décennie liberticide, du rang de citoyen à celui de cible.

»

Kevin Placet <kplacet@yahoo.fr>

Afghanistan

«H

uit ans après le début des combats en Afghanistan, le bilan de la guerre a tout du fiasco. Malgré l’écrasante supériorité technologique des armées occidentales, l’insurrection a gagné l’ensemble du pays. Le président Karzaï, marionnette de plus en plus contestée, ne contrôle même plus Kaboul ou Kandahar, et les talibans, toujours mieux armés grâce à l’argent de la drogue, sont comme des poissons dans l’eau. L’armée et la police, totalement corrompues et infiltrées par les rebelles, sont aussi inefficaces que démotivées. Quant au programme de reconstruction de la Banque mondiale, comment pourrait-il avancer alors que 90 % des crédits se perdent dans le labyrinthe d’une corruption généralisée ? Dans ces conditions, la nouvelle stratégie souhaitée par Barack Obama, pour éviter une débâcle à la vietnamienne et préparer une sortie honorable, a fort peu de chances de réussir. Comment une armée démotivée pourrait-elle réussir là où l’armée russe a échoué avec 300 000 hommes suréquipés ? Dans quelques mois, la barbarie régnera à nouveau sur Kaboul. Des centaines de milliards de dollars parties en fumée et des milliers de soldats occidentaux morts pour rien. Quel désastre !

»

Jacques Guillemain Versailles (78)

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Le sida, le préservatif et le pape es nombreux commentaires auxquels a donné lieu le voyage du pape au Cameroun et en Angola témoignent d’une grande partialité et d’une ignorance stupéfiante des réalités de l’Afrique noire. Nombreux sont les journalistes et intellectuels, de gauche notamment, mais pas seulement, qui reprochent avec véhémence à Benoît XVI d’avoir minimisé le rôle du préservatif dans l’éradication du sida. Ainsi, ces bonnes âmes chantent-elles sur tous les toits que le préservatif, si on l’utilisait, serait le sauveur de l’Afrique et, pourquoi pas, du monde entier, un instrument miracle, une nouvelle idole. Comment peut-on être aussi mal informé ? La grande majorité des Africains d’Afrique noire ne savent pas ce qu’est le préservatif et lorsqu’on leur en révèle et décrit l’usage, ils se mettent à rire à gorge déployée, disant : « Ça, c’est encore la manière du blanc ! » Allez poser la question dans les villages, généralement misérables, de l’Afrique centrale, là précisément où le sida est né et où il est le plus répandu, vous serez pris pour un fou, d’autant que les Africains, plutôt pudiques, n’aiment pas que l’on parle de ces choses-là. Tout ce qui concerne la procréation reste pour eux mystérieux et relève de la toute-puissance des esprits qui peuplent l’univers spirituel de l’Afrique profonde, que ces Africains soient animistes, chrétiens ou islamisés, ce que j’ai observé au cours des années que j’ai passées en Afrique centrale.

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La réalité est beaucoup plus simple. Le sida, qui a toujours existé, était limité à la partie orientale de l’Afrique équatoriale – le plus ancien cas identifié du virus VIH est celui d’un noir bantou à Kinshasa en 1959 –, mais la décolonisation, en mettant fin à l’apartheid géographique de fait, a facilité la circulation des Africains. Le virus s’est alors répandu dans le monde, en même temps que se développaient l’homosexualité et la consommation de drogues par injection intraveineuse, la pandémie étant liée à la permissivité générale, autrement dit à une profonde crise morale et spirituelle mondiale. Toujours est-il que l’Afrique noire est logiquement le continent le plus atteint. Sur les 33 millions de personnes vivant actuellement avec le VIH, près de 22 millions sont des Africains. L’on ne peut franchement pas dire qu’avec le sida, l’Afrique ait offert au monde un bien beau cadeau! Il est vrai que l’utilisation du préservatif limite l’extension de la pandémie dans les pays développés, y compris l’Asie du sud-est. Mais il est totalement illusoire de croire que ce latex mettra fin en Afrique à un fléau que seul un vaccin, qui reste à inventer, pourra peu à peu faire disparaître. S’en prendre au pape sur ce grave sujet est donc complètement déplacé. C’est une erreur et une méconnaissance d’un problème aussi redoutable que complexe. Je terminerai en évoquant un autre sujet d’hostilité au pape, une hostilité très à la mode: le cas de Mgr Williamson, relevé d’ex-

communication par Benoît XVI. Mgr Williamson assure que les chambres à gaz dans les camps de concentration de l’Allemagne hitlérienne n’ont jamais existé, mais sa conviction, juste ou fausse, est fondée sur des arguments qui, eux, n’ont jamais été publiés. Malgré des recherches, je n’en ai nulle part trouvé la trace. Ce prélat est donc accusé et condamné devant l’opinion sans que l’on connaisse le dossier d’accusation monté contre lui. Le procès qui lui est fait revient à condamner un texte sans en avoir pris connaissance. Ceci dit, quelles que soient les pièces du dossier, les camps de concentration allemands étaient des camps d’extermination, comme ceux de la Russie stalinienne, dont on n’est pas sûr qu’ils aient tous disparu – la Russie stalinienne pour laquelle on compte en France encore beaucoup d’admirateurs. Tout ceci est suffisant pour que certains de nos néo-anticléricaux demandent la démission du pape comme s’il s’agissait d’un vulgaire chef d’entreprise incompétent. Que ces imprécateurs n’oublient pas de constituer un conclave pour l’élection de son successeur où figureraient nos libres-penseurs, un sacré comité qui remplacerait le sacré collège et qui serait, bien sûr, placé sous le signe du préservatif miraculeux, laïque et obligatoire que le nouveau pape, à n’en pas douter jeune, de couleur et progressiste, s’empresserait de béatifier !  Christian Lambert

Salaires

Parachute doré

Référendum

Vin rosé

e gouvernement a décidé, à juste titre (une fois n’est pas coutume), d’empêcher l’attribution de gratifications aux dirigeants d’entreprises qui, à la suite de leur mauvaise gestion, licencient et reçoivent des aides de l’État. Nos élus, à commencer par le chef de l’État, devraient donner l’exemple en réduisant leurs salaires et les multiples gratifications qu’ils s’attribuent. Je suis bien certain que pas un seul de nos représentants, qu’ils soient de la gauche caviar ou de la droite marxo-sarkozienne, ne reprendra ma proposition. Et, si l’un d’entre eux le faisait, c’est en sachant que les autres refuseraient ! Après tout, eux aussi sont de très mauvais gestionnaires, qui se foutent totalement du peuple français, et ne pensent qu’à leur future réélection.

n « parachute doré » n’est ni un bonus, ni des stock options. Ces versements, souvent très élevés, sont fixés par contrat au moment du recrutement d’un haut dirigeant pour le cas où les administrateurs de la société décideraient de s’en séparer. À ce niveau de responsabilités, cette décision des administrateurs n’est pas toujours liée aux résultats obtenus, mais est souvent dictée par des différences sur la stratégie d’entreprise ou par des enjeux d’ordre politique. Que ces sommes soient versées à des cadres de très haut niveau alors que leur société périclite peut sembler choquant. Mais, un contrat reste un contrat et une entreprise ne pourra pas légalement refuser de verser ces indemnités.

ctuellement, en France, les élus ne sont plus respectés, leur autorité n’est pas reconnue par l’ensemble de la population. Leurs décisions ne sont pas admises par tout le monde et ceux qui sont contre descendent dans la rue pour que l’élu annule sa décision. La démocratie est ridiculisée. Pour la rétablir, il faudrait que l’élu définisse la politique à mener et que la décision soit prise ou refusée par voie de référendum, donc directement par le peuple. Pour réformer la France, il faut ainsi donner la parole au peuple. En conséquence, le principal problème est d’avoir un système informatique qui permette de faire d’une façon rapide et simple des référendums à l’échelle nationale.

a Commission européenne vient de pondre une nouvelle réglementation sur le vin rosé. Mais enfin, de qui se moquent ces gens-là, technocrates irresponsables et malheureusement inamovibles, qui assassinent tous les jours notre pauvre France et notre pauvre Europe ? Ne peuton faire cesser les agissements de ces individus, aux ordres de tous les lobbies de la planète et au mépris de leurs propres « administrés » ? Il serait grand temps de remettre la Commission européenne à sa place et qu’elle se contente de mettre en œuvre les décisions du Parlement européen. Mais nos députés européens, soidisant surchargés de travail, se sont défaussés de leur boulot sur cette commission…

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Joseph Ponset <joseph.ponset@wanadoo.fr>

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Roger Saint-Pierre La Rochelle (17)

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Francois Durand <francoisrdurand@wanadoo.fr>

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Guy Raynal <Guyraynal@aol.com>

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VALMONDE > La diffusion payée de « Valeurs actuelles » a nettement augmenté en 2008 (2,7 %), pour atteindre 85 000 exemplaires en moyenne. FEMMES > Le magazine « Femmes », lancé en mai 2008, a connu une diffusion payée de 100 000 exemplaires durant ses six premiers mois d’existence. INTERNATIONAL > L’hebdomadaire « Courrier international » s’est vendu en moyenne à 197 000 exemplaires en 2008, soit une progression de 4,3%. MAGAZINES > Le nombre d’exemplaires de magazines vendus en France a diminué de 2,1 % en 2008. Ce chiffre dissimule une réalité contrastée : les ventes en kiosque ont chuté de 4,8 %, tandis que les abonnements augmentaient de 2,2 %. MURDOCH > Le géant des médias, News Corp, dirigé par Rupert Murdoch, a annoncé des pertes de 6,4 milliards de dollars pour le deuxième trimestre de son exercice 20082009. La perte d’exploitation est, quant à elle, nettement moins catastrophique : 818 millions. NEW YORK TIMES > Le site internet du célèbre quotidien new-yorkais est le plus important site d’informations au monde, avec 20 millions de visiteurs uniques par mois ! PUBLICITÉ > Globalement, le nombre de pages publicitaires dans la presse française a diminué de 0,1 % en 2008 (bien que le nombre d’annonceurs ait augmenté de 1,9 %). La presse professionnelle est la plus touchée avec une chute de 8,3 %. À l’inverse, les quotidiens régionaux ont, quant à eux, augmenté leur nombre de pages de publicité de 5,2 %.

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Pierre Lance <pierre.lance@wanadoo.fr>

Une euthanasie à coups de fusil ! ette tragédie a fait l’objet d’un communiqué de quelques lignes diffusé par l’AFP et repris tel quel par quelques journaux, puis, plus rien. Or, il se trouve que ce drame me touche personnellement, car il s’est déroulé dans un chef-lieu de canton de Seine-etMarne du nom de La Chapelle-laReine, où j’ai passé une bonne partie de mon adolescence. C’est dans ce village, qui comptait à l’époque 800 habitants, que j’ai fait mes premières armes d’écologiste et d’empêcheur de ronronner, puisque j’y ai créé, à l’âge de 16 ans, mon premier journal, entièrement composé à la main en caractères de plomb. Son premier numéro (1949) déclencha un mini-scandale, car j’y affirmai que l’eau du puits municipal qui trônait sur la grand-place y était sévèrement polluée (déjà !). Émoi à la préfecture ! Convocation chez le maire, le Dr Battesti, à qui je fis valoir qu’une demande préalable d’information adressée au responsable départemental de l’hygiène avait été traitée par le mépris. Allait-on fournir des explications à un lycéen qui voulait jouer au journaliste ? Cela ne méritait qu’un haussement d’épaules. Grosse erreur, le lycéen en question, ayant plus de mordant qu’on ne croyait, publia des informations de source privée. Finalement, on me fit des excuses. Et mon petit journal cantonal eut le vent en poupe. Pardonnez-moi ces souvenirs d’ancien combattant. Ah ! nostalgie, quand tu nous tiens ! Ceci pour vous dire que je ne pus me défendre d’une vive

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Site Internet : http://assoc.wanadoo.fr/lerenouvelle/pub

émotion quand je pris connaissance, par cet entrefilet trop discret, de la fin sanglante d’un couple de personnes de ma génération habitant ce village, dont j’ai probablement connu au moins l’un des deux conjoints. Âgée de 74 ans, la femme était atteinte d’une très grave maladie et elle était hospitalisée à son domicile. Son mari, âgé de 76 ans, a courageusement décidé d’en finir avec ce calvaire sans espoir. Il a pris son fusil, est entré dans la chambre de sa femme et, d’une seule balle, a mis fin à ses souffrances. Puis il est ressorti dans le jardin, a retourné l’arme contre lui, et il est parti la rejoindre. On n’en a pas parlé à la télévision. Cela n’a pas fait la une des quotidiens. Ce n’était après tout qu’un banal fait divers, comme il s’en produit sans doute plus fréquemment qu’on ne croit. Mais je me suis pris à imaginer que les choses auraient pu être bien différentes si nos députés indignes avaient voté la légalisation de l’euthanasie volontaire, comme ils en eurent l’occasion en février 2004, lorsque trois députés déposèrent un projet de loi en ce sens. L’épouse aurait pu décider de quitter paisiblement cette vie dans un endormissement définitif provoqué, comme cela est possible en Suisse ou en Hollande. Le mari aurait accompagné ses derniers instants en tenant ses mains dans les siennes. Lui-même aurait pu retrouver la paix de l’âme sans être poursuivi par un acharnement judiciaire totalement inique et n’aurait pas été contraint de se suicider pour lui échapper.

Les opposants à la légalisation de l’euthanasie peuvent donc pavoiser. Sous prétexte de respecter la vie, fût-ce dans la torture sans espoir, ils ont deux morts sanglantes de plus sur la conscience. Et combien de drames analogues dont personne ne parle ? Lorsque j’ai parlé des euthanasies de Vincent Humbert et de Chantal Sébire, le leitmotiv de mes contradicteurs consistait à prétendre que ces affaires avaient été outrancièrement médiatisées et que le « lobby » pro-euthanasie les avait « montées en épingle ». Piètre argumentation, si même le mot convient. Avez-vous remarqué comme le mot « lobby » est désormais utilisé à tout propos pour tenter de discréditer une opinion dérangeante ? Le « lobby », c’est toujours les autres, ceux avec lesquels on n’est pas d’accord. Je rappelle qu’un lobby est un groupe de pression minoritaire qui s’efforce d’imposer son point de vue à la majorité. Or, 87 % des Français sont favorables à la légalisation de l’euthanasie volontaire. Vous parlez d’un lobby ! Certes, tout citoyen a le droit de militer contre cette légalisation s’il juge en conscience qu’elle n’est pas souhaitable. Mais militer, c’est défendre une opinion en acceptant d’en débattre loyalement avec ceux qui ne la partagent pas, et c’est en fin de compte s’incliner devant la majorité qui se dégage au terme du débat. Cela s’appelle la démocratie. Or, elle n’est pas appliquée dans notre pays sur ce sujet tragique. Quel est donc le lobby qui lui fait obstacle ? 

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International International Pierre Baudouin <pbaudouin@les4verites.com>

armi les boucs émissaires les plus commodes en temps de crise, figurent les « paradis fiscaux ». Il est donc probable que, parmi les décisions funestes à attendre du G20 qui vient de débuter à Londres, on trouve quelques mesures contre lesdits « paradis fiscaux ». Naturellement, comme tout le monde en a, en réalité, besoin, ces mesures ont toutes chances d’être assez symboliques. Mais, l’aspect symbolique n’est pas négligeable et il faut dire et redire que les « paradis fiscaux » n’ont pas de responsabilité discernable dans la crise actuelle. Tout d’abord, « paradis fiscal » est une notion relative : la Belgique est un paradis fiscal comparé à la France. On pourrait légitimement demander à la caste politico-médiatique de concentrer ses attaques contre les enfers fiscaux, somme tout plus dangereux que les prétendus paradis fiscaux. Doit-on comprendre que la lutte contre les paradis fiscaux soit une lutte contre l’argent sale ? Mais, alors, on confond tout ! L’argent sale ne va, ni plus ni moins que l’argent propre, vers les pays dont les taux d’imposition sont les plus faibles. Il va vers les banques peu regardantes sur l’origine des fonds. C’est tout de même assez différent. Il existe des paradis fiscaux où les banques contrôlent l’origine des fonds et sans doute aussi des pays qui ne sont pas des paradis fiscaux où les banques sont assez peu scrupuleuses… Si on se concentre à présent sur la fiscalité, il convient de rappe-

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Paradis fiscaux : les boucs émissaires de la crise ler que l’évasion fiscale et la fraude fiscale ne sont nullement la même chose. Et tout ce que l’on pourra obtenir en luttant contre les paradis fiscaux, c’est de rendre plus complexe l’évasion fiscale. Par conséquent, on vise ainsi à gêner prioritairement ce qui est le moins délictueux. Curieuse conception ! J’ajoute que les États ne sont pas si regardants que cela sur l’argent sale quand ça les arrange. Le directeur de l’organisme de l’ONU en charge de la lutte contre la drogue, Antonio Maria Costa, a par exemple révélé au début de l’année – dans l’indifférence générale – que l’argent sale avait probablement été largement utilisé pour le renflouement des banques, ces derniers mois… Le plus bizarre, c’est que la lutte contre les paradis fiscaux semble devoir être une lutte interne à l’Union européenne. Le Luxembourg est particulièrement

visé. S’agit-il alors simplement de manœuvres politiques pour la prochaine nomination du président de la Commission – pour laquelle il se murmure que JeanClaude Juncker, Premier ministre luxembourgeois, serait bien placé ? Peut-être. Il reste que, pour les peuples, la lutte contre les paradis fiscaux est au mieux de la poudre aux yeux ; au pire, une façon de nous préparer à servir un Big brother mondial de la fiscalité… Bref, si les dirigeants du G20 voulaient s’occuper de résorber la crise, ils ne s’attaqueraient pas aux paradis fiscaux. Ils pousseraient les enfers fiscaux à se réformer, à préférer l’épargne des individus à l’endettement public, la diffusion de la propriété à la spoliation universelle… Il est vrai que je parle des dirigeants irresponsables du G20, et non de personnes au service du bien des peuples ! 

TGV et SNCF Je ne suis absolument pas d’accord avec Michel de Poncins (n° 683) sur le rôle du TGV dans la ruine du pays : 1) Une dette doit être appréciée par rapport à la capacité de remboursement. Celle-ci, à la SNCF, est nulle car la totalité de ses recettes commerciales est absorbée (confisquée ?) par son personnel. TGV ou pas, c’est le contribuable qui finance la totalité des investissements et une partie du fonctionnement. 2) L’intérêt d’un investissement s’apprécie de diverses manières complémentaires. Gagner du temps et de la fatigue peut, et doit, se traduire en chiffres. Pour aller de Grenoble à Paris, j’ai connu successivement le train de nuit, Air Inter et le TGV. Ma vie personnelle et celle de nombreux concitoyens en ont été transformées. 3) La Cour des Comptes est spécialiste des comptes justement, et pas de l’économie. Une réforme de la Cour serait extrêmement opportune comme l’a récemment montré une enquête de l’IFRAP (Société Civile, n° spécial 85). La véritable cause de la ruine de la SNCF, ce sont les cheminots cramponnés à un statut datant des locomotives à vapeur ! Alain Soury-Lavergne – Corenc (38)

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TOLÉRANCE Il y a en France une tolérance collective au déficit… JEAN DE KERVASDOUÉ, PROFESSEUR D’ÉCONOMIE DES SERVICES DE SANTÉ

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RÉALISME Le modèle économique de Besancenot est un modèle dont on sait qu’il ne marche pas. CLAUDE BARTOLONE, DÉPUTÉ PS

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MANICHÉEN Aux yeux de certains journalistes, quand on est catholique, on est soit tradi, donc révisionniste ; soit progressiste, dont prêt à manifester pour les clandestins ! JEAN-BAPTISTE DOAT, SEC. GÉNÉRAL ADJOINT DU DIOCÈSE DE LUÇON

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IMMIGRATION On ne peut pas régler un problème qu’on n’accepte pas de regarder ! JEAN-FRANÇOIS KAHN, JOURNALISTE

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SARKOZY Nicolas Sarkozy n’est ni Napoléon Bonaparte, ni Jules César, car voilà au moins deux hommes qui avaient du génie et ont bâti un empire. ARNAUD MONTEBOURG, DÉPUTÉ PS

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CLIVAGE On ne peut pas être ministre avec la droite et zyeuter la gauche. JEAN-CLAUDE GAUDIN, SÉNATEUR-MAIRE UMP DE MARSEILLE

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FOOT Quand certains montants sont atteints, pour moi, c’est immoral. Un être humain ne peut pas valoir tant d’argent. THEO ZWANZIGER, PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION ALLEMANDE DE FOOTBALL

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DÉNONCIATION La dénonciation est un devoir républicain. FRÉDÉRIC LEFEBVRE, DÉPUTÉ UMP, DÉFENDANT LE TEXTE D’ÉRIC BESSON SUR L’IMMIGRATION

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BOUCLIER FISCAL Nicolas Sarkozy préfère que les plus riches ne payent que 50 % de leurs revenus en France plutôt que de payer tous leurs impôts à l’étranger ! CLAUDE GUÉANT, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ÉLYSÉE

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