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Chronique

politique

Jean-Louis Omer L’Anti-République ForceFrance Éditions

293 pages – 29 euros franco de port ForceFrance Éditions : 19, bd Louis Blanc – 87000 Limoges Il n‘est certes pas habituel, en ce début de XXIe siècle, d’appeler la France à sortir du régime républicain. Et encore moins habituel de ne pas proposer la solution monarchique à cette sortie du régime républicain. Jean-Louis Omer, lui, considère que la France meurt de la République. Militant nationaliste, il considère que les partis ne peuvent en rien aider le pays à sortir du marasme. On pourra certes discuter telle ou telle idée, d’un livre souvent écrit à l’emporte-pièce, mais on ne pourra nier que ce soit un ouvrage stimulant la réflexion.

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<gdethieulloy@les4verites.com> Guillaume de Thieulloy, 35 ans

En finir avec la décentralisation irresponsable out le monde parle en ce moment du rapport Balladur sur la réforme des collectivités territoriales. Peu de gens en parlent en l’ayant, ne serait-ce que survolé. Mais quasiment personne ne parle des questions de fond sur la décentralisation. La première chose qui saute aux yeux à propos de l’organisation territoriale de la France, c’est que notre pays est devenu, selon l’expression consacrée, « un mille-feuilles administratif ». Communes, établissements de coopération intercommunale, départements, régions, État, Europe… Tous ces échelons s’entassent les uns sur les autres sans aucun souci de cohérence. Naturellement, l’immense majorité des Français est parfaitement incapable de dire qui fait quoi dans ce fatras invraisemblable. Le seul domaine où les compétences soient à peu près claires, c’est la compétence de construction des établissements d’enseignement (les communes entretiennent les écoles primaires, les départe-

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Guillaume de Thieulloy

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ments les collèges, les régions les lycées et l’État les universités). Encore faut-il noter que, souvent, les collectivités territoriales font appel les unes aux autres, brouillant un peu le seul message lisible ! Pour le reste, nous sommes dans l’arbitraire le plus total et l’incohérence la plus stupéfiante. Cela ne serait rien si cet écheveau ne coûtait très cher. Chacun sait que la fonction publique territoriale (FPT) a explosé depuis les premières lois de décentralisation en 1982. La FPT emploie désormais le tiers des plus de 5 de millions de fonctionnaires. Or, dans le même temps, l’État n’a quasiment pas diminué le poids de sa propre fonction publique. Cette exécrable gestion de la décentralisation tient, à mon avis, à une conception absurde de la décentralisation. À droite, spontanément, nous pensons que la décentralisation est une application du principe de subsidiarité : gouverner au plus près des intéressés, pour une meilleure efficacité et pour une plus grande légitimité de l’action politique. Mais la décentralisation a été tout le contraire. Exactement comme la subsidiarité dans l’Union européenne est le contraire de la subsidiarité. De même que la subsidiarité selon l’UE consiste à déléguer aux États membres ce que l’Union ne veut pas assumer, la décentralisation selon la Ve République consiste à sous-traiter aux collectivités territoriales les missions que l’État ne veut plus exercer. On a donc procédé exactement à l’envers. C’est pourquoi la structure de financement des collectivités est absurde : la moitié de leurs ressources provient… de l’État ! Par conséquent, les exécutifs locaux n’ont pas à assumer les conséquences (notamment électorales) de leurs choix politiques. Au lieu de responsabiliser, la décentralisation a contribué à diluer davantage les responsabilités. Certes, je me réjouis que le vieux mythe jaco-

bin de la « République une et indivisible », aussi inepte que liberticide dans sa volonté d’uniformisation de toutes les provinces françaises, soit désormais rangé au rang des antiquités. Mais pourquoi ne pas en profiter pour proposer un autre principe de gouvernement, vraiment sage celuici : celui qui prend une décision la finance et en assume les conséquences électorales ? C’est très facile à mettre en place : il suffit d’en finir avec la dotation d’État aux collectivités. En échange, il faudrait que l’État cesse de considérer les collectivités comme des vaches à lait à qui il peut « refourguer » à sa guise les conséquences financières de ses décisions (notamment dans le domaine social, comme on l’a vu avec les 35 heures, bien plus payées par les collectivités que par l’État, ou avec le RMI, désormais entièrement assumé par les départements). Le problème n’est pas de créer des collectivités capables de rivaliser en démographie ou en PIB avec les Länder allemands. Le problème est d’être plus efficace et plus légitime. Faute de savoir qui fait quoi, les Français se méfient de la décentralisation telle qu’elle est pratiquée depuis bientôt 30 ans. Tout ce qu’ils savent, c’est qu’à chaque nouvelle vague de décentralisation, leurs impôts augmentent, sans que pour autant le service évolue nettement. Dernier point : une véritable autonomie des collectivités locales nécessiterait d’en finir avec la logique « péréquatrice ». Si l’Alsace est mieux gérée que l’Aquitaine, je ne vois vraiment pas pourquoi les Alsaciens devraient payer pour l’incompétence des représentants aquitains. D’autant plus que la richesse ainsi créée en Alsace servira à financer les missions régaliennes de l’État. Bref, une décentralisation de droite se traduirait par : liberté et responsabilité. Nous en sommes loin ! 

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La publication anti bourrage de crâne

HEBDO

ÉDITORIAL  Jean Rouxel Le syndicalisme fanatique contre les salariés undi 9 mars, le Tribunal de commerce de Marseille devait se réunir pour débattre du sort de l’UNM (Union Naval Marseille), filiale phocéenne du groupe espagnol Boluda spécialisé dans la réparation navale. L’UNM a en effet déposé le bilan la semaine dernière. Le motif est tragiquement simple : la « tension sociale », comme on dit pudiquement pour évoquer le racket et la prise d’otages par les syndicats trotsko-staliniens, est si forte à Marseille que la plupart des armateurs préfèrent mettre leurs navires en carénage ailleurs. À l’heure où il est si facile de quitter Barcelone pour Gênes ou Marseille pour Tanger, il est évident que l’attitude des syndicats – et tout spécialement, pour le cas précis du port de Marseille, de la CGT – est une attitude suicidaire. Mais, en l’occurrence, ce n’est pas seulement une attitude suicidaire des dockers, qui condamnent à mort le port qui les fait vivre. C’est aussi, par ricochet, une attitude assassine. Que s’est-il passé, en effet ? La CGT, qui contrôle depuis 1944 le port de Marseille, refuse catégoriquement la réforme portuaire proposée par Nicolas Sarkozy. Elle déclenche donc grève sur grève et « mouvements sociaux » sur « mouvements sociaux ».

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Dessin de MIÈGE

4VÉRITÉS

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La publication anti bourrage de crâne

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LES 4 VÉRITÉS 2008 © Publication hebdomadaire (CPPAP N° 1109, I 82 712) Tél. : 06 26 99 56 89 (port. G. de Thieulloy) < redaction@les4verites.com > < http://www.les4verites.com >

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Siège : 25, rue des Bas 92600 Asnières – (EEC, SAS de presse) Abonnements : 4 Vérités-DIP 18 à 24, quai de la Marne 75164 Paris Cedex 19 01 44 84 85 48 (Dominique <dominique.varenguin@dipinfo.fr>) ou http://www.les4verites.com Gérant : Guillaume de Thieulloy Responsable éditorial : Alain Dumait Rédaction : Jean Rouxel (rédacteur en chef) Le numéro 1,20€ Abonnement 50 numéros 60€ TTC Abonnement de soutien à partir de 100€ Personnes morales (entreprises ou administrations) : 200€, TVA à 2,10 % en sus Imprimerie : Delcambre, Pantin (93) Également disponible en format numérique (nous consulter) Fichiers déclarés à la CNIL (N° 672024) Exemplaire gratuit sur simple demande écrite

Mais le port, ce ne sont pas seulement les dockers. Ce sont aussi les armateurs, les entreprises de réparation… Certains n’étant même pas français, comment voulez-vous qu’ils puissent intervenir dans le dossier de la réforme portuaire ? Pourtant, ces entreprises sont touchées, elles aussi, par la « tension sociale ». Il n’est d’ailleurs pas certain que ces grèves soient légales, puisqu’il ne s’agit pas de renégocier son contrat de travail avec un patron. Ici, au contraire, le patron n’a aucune maîtrise de la négociation, puisque la réforme portuaire a été traité par le gouvernement et le parlement. Comme les parasites qu’ils sont, les syndicats d’extrême-gauche sont tout à fait capables de se suicider, pourvu qu’ils tuent le corps qui les nourrit. Mais, comme pour montrer la supériorité de l’espèce humaine, ces parasites d’un genre particulier sautent d’un organisme à l’autre. Après avoir contraint l’UNM au dépôt de bilan, la CGT aurait pu se faire discrète quelques semaines. Eh bien, pas du tout ! Pour protester contre le dépôt de bilan, elle a bloqué un ferry de la Compagnie méridionale de navigation qui, évidemment, n’y pouvait pas grandchose. Quand la CMN déposera à son tour le bilan, on passera au suivant ! 

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»

L’important n’est pas de convaincre, mais de donner à réfléchir… Bernard Werber

SOMMAIRE

2 3 4 5 6 7 8

Les sept relances possibles par Bernard Tremeau

Chiffres Significatifs Climat insurrectionnel aux Antilles françaises par Guy Millière

Divers faits Votre opinion nous intéresse Le courrier des lecteurs

Vive la Guadeloupe indépendante! par Christian Lambert

Droit de grève et monopole par Jacques de Guénin

Communication

Non au retour dans l’OTAN ! par Pierre Baudouin

Sic

La chronique politique de Guillaume de Thieulloy

Ce numéro contient un encart de la Fondation Jérôme Lejeune destiné aux abonnés des « 4 Vérités ».


Chiffres Significatifs

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ÉNERGIE > Les prix de l’énergie en France ont reculé de 5,6 % durant le seul mois de décembre !

Économie Économie

FAILLITES > Du fait de la crise, on estime que 63 000 entreprises françaises feront faillite en 2009. HEURES SUP > 50 % des Français ayant déclaré des heures supplémentaires en 2008 ont gagné moins de 18 149 euros dans l’année. SOLDES > Les Français ont dépensé en moyenne 271 euros pendant les soldes. PORTABLES > Les ventes de téléphones portables ont diminué de 18 % en France au cours de l’année 2007 ! COTON > La Chine est le premier producteur mondial de coton : 8,03 millions de tonnes, devant l’Inde (5,2 millions de tonnes) et les ÉtatsUnis (2,96 millions de tonnes). FIV > 200 000 enfants sont nés par fécondation in vitro en France depuis 30 ans. SALAIRE > En 2006, le salaire annuel brut moyen des Français s’élevait à 30 521 euros, très loin des 48 307 euros des salariés danois, mais aussi très au-dessus des 2 195 euros des salariés bulgares… VIN > Pour produire un litre de vin, il faut 960 litres d’eau de pluie… PEINE DE MORT > 135 des 197 États membres de l’ONU ont aboli la peine de mort. LECLERC > Le chiffre d’affaires de Leclerc s’est élevé à 27,9 milliards d’euros en 2008, dont 25,8 en France. DETTE > La dette publique française s’élevait à la fin 2008 à 1 284,8 milliards d’euros, contre 1 209,5 milliards un an plus tôt !

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Bernard Trémeau <tremeau.bernard@wanadoo.fr>

Relance : ne pas se tromper de politique

L

es Français sont très inquiets pour leur avenir. Beaucoup pensent même que leurs enfants seront plus pauvres qu’eux. L’économie marche mal. Prenons pour exemple l’automobile. Les voitures étrangères envahissent la France. La Tata, vendue 1 500 euros aux Indes, va envahir le marché européen. Les fabricants français de voiture s’installent à l’étranger. Des milliers de voitures neuves invendues s’alignent dans les parkings de nos usines. Le chômage technique envahit tout le secteur automobile. Les troubles sociaux apparaissent. Sauver les banques n’est pas suffisant. Il faut maintenant relancer l’économie. Comment ? 1) Augmenter les salaires. Pratiquement tous les partis politiques français prônent cette relance. Mais une augmentation des salaires serait surtout bénéfique à Volkswagen, les voitures étrangères étant déjà moins coûteuses que les Peugeot. Et une augmentation des salaires rendrait les voitures françaises encore moins compétitives. 2) Diminuer la TVA (comme les Anglais l’ont fait), de 5 % par exemple. Le niveau de vie augmenterait immédiatement de 5 % et il n’y aurait pas d’augmentation des salaires dans l’automobile. Mais la TVA est actuellement pour la France et l’Europe la seule protection possible contre la concurrence étrangère, puisque les droits de douane sont abolis. Plus la TVA est élevée, plus le prix des voitures importées est élevé. Il faut augmenter la TVA, non pas la baisser…

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3) Diminuer les taux courts de la BCE sans diminuer avant les charges inflationnistes pesant sur les entreprises ne peut pas donner de relance : ça ne peut donner qu’inflation, puis chômage. 4) Donner une prime à la casse. Elle peut être donnée à l’acheteur. Une voiture vaut 10 000 euros. L’État donne 1 000 euros à ceux qui achètent une voiture neuve. Cette vente procurera en plus 1 800 euros de TVA à l’État. Elle réduit donc le déficit budgétaire, mais elle ne fait pas baisser les prix et profite surtout aux voitures étrangères moins coûteuses… La prime à la casse donnée au constructeur est plus intéressante : Peugeot qui a des milliers de voitures en stock abaissera automatiquement son prix à 9 000 euros pour liquider ses stocks très coûteux. Les constructeurs étrangers sont éliminés, l’inflation est réduite et la BCE peut réduire ses taux. Mais cette mesure est contraire aux directives de Bruxelles. Elle doit être européenne. 5) Réduire les charges touchant les entreprises et augmenter de façon équivalente TVA (la fameuse TVA sociale). L’augmentation de la TVA associée à une réduction des charges pesant sur les entreprises aboutit à une baisse des prix. Il n’y a pas de réduction immédiate du pouvoir d’achat et la baisse des prix en France exporte le chômage en Allemagne. Mais elle permet à la banque centrale de baisser ses taux courts, donc d’augmenter le pouvoir d’achat des Européens. C’est ce qu’a fait Schröder en Allemagne en

2002. La reprise a été forte en Allemagne, moins forte en Europe. Mais la « TVA sociale » a coûté une trentaine de députés à l’UMP… 6) Réduire les charges pesant sur les entreprises françaises sans augmenter la TVA. (Suppression par exemple de la taxe professionnelle). Une telle action augmente en principe le déficit budgétaire. Mais elle donne aux entreprises les moyens de baisser leurs prix tout en gagnant autant d’argent. Les prix baissent, le pouvoir d’achat augmente immédiatement et l’on vend plus de voitures. Peugeot et Renault redeviennent compétitifs. Notre déficit commercial est réduit d’autant. Surtout, les prix baissant, la BCE peut réduire ses taux sans être inflationniste : le pouvoir d’achat des Européens va augmenter. L’Irlande a réalisé une telle opération en 1985. Un an plus tard, une croissance de 5,9 % avait augmenté les rentrées fiscales de l’Irlande… 7) Supprimer les impôts pénalisant le capital (type ISF). Ces impôts font en effet fuir à l’étranger les capitalistes et les capitaux dont les entreprises ont besoin pour investir et innover. Donc réduisent fortement la progression de notre pouvoir d’achat. Il ne faut pas supprimer les paradis fiscaux comme le Luxembourg ou le Liechtenstein. Il faut au contraire supprimer les enfers fiscaux responsables du chômage. La relance dans les mois qui viennent est tout à fait possible. En faisant les bons choix. 

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Politique Politique

Guy Millière <MGuymilliere@aol.com>

peine la situation insurrectionnelle paraît-elle se calmer à la Martinique et à la Guadeloupe (pour combien de temps ?) qu’elle semble donner des idées dans un autre territoire d’outre-mer, la Réunion. Il n’y a, de fait, aucune raison, pour que cela s’arrête. Le rôle premier d’un État qui se prétend État de droit est de protéger les biens et les personnes, de veiller au respect des contrats passés, de permettre aux gens qui entendent travailler et entreprendre paisiblement de le faire. L’État français n’a pas respecté ce rôle ces dernières semaines aux Antilles, comme il ne l’avait pas respecté déjà, lors des émeutes de 2005 dans les banlieues françaises. Pendant plus d’un mois, les habitants des Antilles françaises ont été soumis à la règle de la horde. Les entreprises n’ont pas pu fonctionner, les gens qui voulaient continuer à gagner leur vie n’ont pas pu le faire. Des actes racistes contre les blancs se sont multipliés impunément, non seulement vis-à-vis des békés, mais aussi vis-à-vis de touristes qui ont préféré partir précipitamment plutôt que de recevoir un mauvais coup et qui sans aucun doute choisiront une autre destination la prochaine fois. Non seulement l’État n’a pas joué son rôle, mais il a plié devant des revendications qui auraient dû concerner seuls les employés et les employeurs. Il a montré que, non content de laisser le champ libre à des gens employant des méthodes de terreur, il pouvait se placer de leur côté et faire pression lui-même

À

Bilan de l’insurrection aux Antilles françaises sur des négociations salariales. Je serais investisseur en Martinique ou en Guadeloupe, mais aussi à la Réunion, et vraisemblablement en Guyane, j’essaierai de vendre ce que je peux vendre et je ferais mes valises pour trouver des cieux plus cléments. C’est ce que font ou feront de nombreuses personnes concernées. Le résultat sera une augmentation forte du chômage dans des territoires où il est déjà bien plus élevé que la moyenne nationale. S’ensuivra aussi une augmentation du nombre d’allocataires du RMI. Cette montée de l’oisiveté volontaire ou forcée sera vraisemblablement accompagnée de frustrations grandissantes qui ne pourront déboucher, tôt ou tard, que sur de nouvelles explosions. Certes, c’est une évidence, les territoires français d’outre-mer sont malades, mais il faut, si on veut espérer soigner la maladie, poser le bon diagnostic, et dire que la maladie s’appelle subventions étatiques. Des milliards d’euros quittent la métropole chaque année pour offrir aux populations de ces territoires un niveau de vie plus haut, et pour leur verser diverses aides et allocations. Ceux qui travaillent dans la fonction publique touchent des surcroîts salariaux pour compenser l’éloignement de la métropole et divers surcoûts réels ou supposés. Ceux qui travaillent dans le secteur privé sont souvent employés dans des entreprises touchant elles-mêmes des aides de l’État. Quand on vit essentiellement d’argent extorqué aux contribuables, on n’a nul besoin de se préoccuper des

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règles de base de l’économie, et on peut toujours tenter d’en extorquer davantage. C’est ce qui vient de se faire. Les rares entreprises non aidées sont situées surtout dans le secteur hôtelier et on devra sans doute peu à peu parler de celuici au passé. Les prix dans le commerce ne peuvent guère baisser dès lors que l’essentiel des produits vient de France et font un absurde trajet de neuf mille kilomètres. Les meneurs du mouvement avaient, plutôt, des idées indépendantistes et ont utilisé de manière récurrente le thème de l’esclavage, aboli depuis cent cinquante ans, et celui de « l’exploitation néocoloniale ». Ils devraient se méfier : les Français de métropole pourraient les prendre au mot, dire qu’ils ne se sentent pas concernés par des pratiques révolues, et que, si les populations noires des Antilles se sentent exploitées, elles pourraient vite ne plus être exploitées du tout, et avoir dans ces conditions un niveau de vie équivalent à celui des îles environnantes. Dans ces îles, les salaires sont plus bas ; il n’y a pas de subventions. On doit donc accueillir les touristes et le faire aimablement, car c’est vital. Rien de tel que de se voir contraint de remettre les pieds sur terre pour comprendre certaines choses. Faute d’autres mesures, la France devrait vite diminuer le montant de ses subventions, ne plus se mêler de négociations salariales, permettre le libre-échange économique avec les environs… Si, comme c’est probable, l’insurrection revient, les conclusions seront faciles à tirer. 

MÉDICAMENTS > 80 % des consultations médicales en France entraînent une prescription de médicaments, contre 40 % au Pays-Bas… ENTREPRENEUR > Avec le nouveau régime d’« autoentrepreneur », le gouvernement estime que 500 000 microentreprises pourraient se créer chaque année ! PROPAGANDE > Catholics for choice, un groupe de catholiques américains « critiques » à l’égard de Rome et favorables à l’avortement, s’est réjoui récemment de la réception par Benoît XVI de l’une des plus éminentes personnalités catholiques « pro choice », Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la chambre des représentants – laissant entendre que Benoît XVI était ainsi beaucoup moins attaché à ces débats que les évêques américains. Le communiqué a juste « oublié » que le pape avait déclaré à Mme Pelosi que les catholiques, et tout spécialement les législateurs, étaient tenus de travailler à l’édification d’une société respectant la vie depuis la conception jusqu’à la mort naturelle… RETRAITE > 69 % des Français pensent que la situation des retraites ne va pas s’améliorer dans les prochaines années. MEURTRES > En Afrique du Sud, avec 49 millions d’habitants, on compte environ 22 000 meurtres par an. Par comparaison, la France, avec un peu moins de 65 millions d’habitants, recense un millier de meurtres chaque année… DROGUE > On estime que le montant du trafic de drogue annuel dans le monde s’élève à quelque 90 milliards de dollars pour le trafic de gros et à quelque 320 milliards pour la vente au détail !

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Divers faits

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Votre opinion nous intéresse

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» Courrier des lecteurs Nous écrire, c’est courir le risque d’être publié…

Justice

Guadeloupe (2)

e partage l’avis de M. Legalec (n° 681) pour des réparations en ce qui concerne les délits mineurs. Mais en général quand on parle de prison et de programme psychiatrique, il s’agit de crimes. Dans ce cas, l’incarcération n’est pas une « vengeance », mais bien le souci de protéger la société contre des individus dangereux. Ce que je note, c’est que le sort des délinquants préoccupe davantage que celui des victimes.

n responsable syndical particulièrement virulent a déclaré que les patrons blancs n’avaient qu’à signer un protocole qui les livre pieds et poings liés aux indigènes, ou quitter la Guadeloupe. Cela rappelle « la valise ou le cercueil » du FLN algérien, ou la « nuit de cristal » dans les années 30. Toutes ces manifestations anti-blanc proviennent de communautés à la fois racistes, nationalistes et socialistes, c’est-à-dire nazies. Après avoir connu la France algérienne suite à l’incapacité des Algériens à se gouverner eux-mêmes, allons-nous assister à la naissance d’une France guadeloupéenne, dans laquelle le rôle des Français serait, comme dans les années quarante, d’entretenir nos nouveaux occupants.

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Émile Péna <emile.pena@orange.fr>

Guadeloupe (1)

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es propos de M. Domota, chef du LKP, sont intolérables, lorsqu’ils menacent d’expulsion les chefs d’entreprise qui n’appliqueraient pas l’accord salarial obtenu sous la pression du LKP. Il est insupportable que la France acceptent l’immense pagaille qui a été instaurée aux Antilles par M. Domota et ses sbires et se voient dans l’obligation d'en payer le prix. Si le chef du LKP veut l’indépendance pour les Antilles, il faut la lui donner, en supprimant du même coup toutes les subventions de la métropole.

»

Gérard Lapy Boulogne (92)

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Serge Garrigou <garrigou.serge@neuf.fr>

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e texte signé en Guadeloupe par l’État, les collectivités et le LKP prévoit la mise en œuvre d’un véritable programme d’extrême gauche. L’État y est omniprésent. Il devra verser diverses primes, instaurer le contrôle des prix. Il est mis dans l’obligation de créer des logements, de suspendre les réformes dans l’Édu-

cation nationale et d’aider tous les secteurs de l’économie. Il est chargé de résorber les dettes des Guadeloupéens. Il accepte que soit instaurée une préférence locale à l’embauche. Son action sera surveillée par des commissions où siégera le LKP, y compris celles qui traiteront des retenues sur salaire pour fait de grève. L’administration française s’efface ; c’est le LKP qui dirige l’île !

»

Albert Bonnenfant <albert-bonnenfant@orange.fr>

ans le débat sur l’homoparentalité, l’argument consistant à dire que « l’homoparentalité existe, la loi doit donc la reconnaître », est tout simplement renversant ! Avec de tels raisonnements, il convient de légaliser au plus vite la polygamie, le proxénétisme, le trafic de drogue, les répudiations, les mutilations sexuelles, les mariages arrangés, les sentences des juges coraniques et autres fléaux qui existent depuis des lustres et ravagent notre société.

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ant qu’on n’aura pas restauré la confiance, on pourra toujours injecter des milliards, baisser les taux directeurs, cela ne servira à rien car, faute de confiance, les opérateurs différeront leurs projets d’investissement ou d’achat. La restauration de la confiance passe par des actes forts de la justice pour identifier les pratiques coupables qui ont mené à la ruine du système, et promulguer des lois qui empêcheront qu’elles se reproduisent à l’avenir. Or, on n’a rien vu de tel…

T

»

État-Providence

Aline Adam

«

riste constat : pour financer notre protection sociale à la dérive, les prélèvements fiscaux et sociaux représentent 71, 3 % du salaire moyen ! Ce qui porte atteinte au pouvoir d’achat des travailleurs qui ne touchent que 28,7 % du coût de leur labeur. Les contribuables français financent leurs propres malheurs. Assistanat géré par des administrations qui prélèvent de 15 à 25 % des aides en frais de gestion ! La seule formule qui marche dans le monde n’a pas été mise en œuvre en France : la liberté pour les entreprises. Il est temps d’admettre clairement l’économie de marché !

T

»

Gérard Gelé Méréville (54)

Homoparentalité : la logique du fait accompli

D

Confiance

En légalisant les dérives d’une société permissive et sans repères, pour faire moderne et branché, nos élus ne font qu’aggraver le sort des femmes et des enfants qui sont les premières victimes d’une société déliquescente, qui se complaît dans le renoncement et l’abandon de ses valeurs. Consternant !  Jacques Guillemain

Versailles (78)

Paris (75)

Bayrou

«F

rançois Bayrou surfe sur le mythe d’un centre qui peut attirer ceux qui déplorent le manichéisme de la politique française. Pourtant, depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, il se range clairement parmi les opposants les plus systématiques du gouvernement. Certes, il ne se contente pas de critiquer mais propose aussi des solutions. Mais cela ne représente pas un grand risque pour lui, puisque ses idées ne seront pas appliquées et que nous ne saurons donc pas si elles sont bonnes ou mauvaises. Une exception cependant : le candidat Bayrou proposait d’inscrire dans la constitution l’obligation de déficit budgétaire zéro. Nous sommes nombreux à déplorer que les dépenses publiques explosent. Mais, dans les circonstances actuelles, l’idée de Bayrou rendrait tout effort de relance ni plus ni moins qu’inconstitutionnel. Le « yaka » ne résout pas les crises.

»

Roger Saint-Pierre La Rochelle (17)

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Pour les Antilles françaises, l’indépendance es Antilles, ces derniers confettis de l’empire disparu transformés en départements sont une survivance anachronique. Nous ne sommes plus au temps de Colbert (1619-1683) et de la canne à sucre. Deuxième constatation : de toutes les îles Caraïbes, c’est en Guadeloupe que le climat social est le plus mauvais. Pourquoi, dans les îles voisines, aux populations de même nature, les graves incidents qui se sont produits, et continuent à se produire, dans nos départements d’outre-mer n’ont-ils pratiquement jamais lieu ? Tout simplement parce qu’aux Antilles françaises, la mentalité est façonnée par le syndicalisme français, la CGT en tête, qui pousse les populations à la revendication, au racisme et à l’émeute. Ayant perdu une partie de leurs troupes en métropole où nous n’en sommes plus au temps de Zola, les syndicats staliniens et trotskistes cherchent à en recruter d’autres : les noirs aux Antilles, les immigrés en métropole. On notera d’ailleurs que Besancenot et José Bové se sont empressés de se rendre à la Guadeloupe pour soutenir les grévistes dans l’espoir que les troubles antillais essaimeront en métropole. On notera aussi qu’un Antillais a été abattu à coups de fusil, non pas par les gendarmes mobiles, mais par un autre Antillais qui, croyant tirer sur la voiture d’un commissaire de police a tué d’une balle Brenneck (pour pachyderme) son frère de race, un syndicaliste du nom de « Jacky » Bino, ce qui, au demeurant, n’a entraîné aucune protestation des populations, seulement des regrets. Qu’en aurait-il été si ce

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« Jacky » avait été tué par un policier en état de légitime défense ? Ces graves désordres sont d’autant plus inacceptables que l’économie de ces îles est totalement artificielle. En Guadeloupe, pour une exportation, on compte neuf importations venant de la métropole. Si les Antilles françaises étaient indépendantes, elles tomberaient en faillite en 48 heures. Et en six mois, elles seraient au niveau d’Haïti, ancienne possession française, indépendante depuis 200 ans où tout n’est que misère et tueries permanentes. C’est, d’ailleurs, pour cela que les Antillais ne réclament plus l’indépendance. Ce qu’ils demandent, que dis-je, ce qu’ils exigent, c’est que les privilèges considérables dont ils sont comblés soient constamment augmentés, tout ceci ne les empêchant nullement de proclamer qu’ils sont traités « exactement comme au temps de l’esclavage ». On notera aussi que ceux qui crient le plus fort sont des fonctionnaires qui ont la garantie de l’emploi. Certes, me dit-on, mais il ne faut pas oublier que les grands propriétaires et chefs d’entreprises aux Antilles sont des blancs. Et alors ! Le fait d’être de race blanche et de civilisation occidentale n’est tout de même pas une tare impardonnable. D’ailleurs, le président du patronat à la Guadeloupe, à ma connaissance, n’est pas un blanc mais un métis et rien n’empêche un Guadeloupéen travailleur et méthodique – il y en a – de réussir Polytechnique, HEC, ou tout autre concours, et de devenir chef d’entreprise à la Guadeloupe ou ailleurs.

Toujours est-il que les conséquences (qui seront sans doute indemnisées) de ces grèves, pillages, incendies… se feront sentir làbas pendant des années. Le contribuable métropolitain paiera. Eh bien, le contribuable, cette formidable vache à lait fiscale, bête à traire en toute occasion, en a assez. Il sait que les « isles » nous coûtent 7 milliards d’euros nets par an. Et qu’avec 2 fois cette somme, on aurait pu, par exemple, améliorer l’accès à la capitale pour des banlieusards qui, eux, travaillent. Il sait que lorsqu’on a abandonné les Établissements de l’Inde en 1954, Pondichéry, Chandernagor, Yanaon, Karikal et Mahé, dont il fallait autrefois citer les noms pour avoir son certificat d’études, ce ne fut pas un drame, mais une péripétie et un soulagement. Un exemple à suivre. Alors, pourquoi de telles aberrations au détriment des Français de France, contribuables honnêtes et travailleurs? Eh bien, je vais vous le dire: parce que les voix des électeurs antillais sont indispensables à l’élection du Président de la République. Elles font l’appoint. La démagogie électoraliste est, depuis des décennies, le fondement d’une politique qui ruine la France et accélère sa décadence. Tout cela n’est pas sérieux et fait cher de la banane et du bulletin de vote! Les Antilles n’étant pas la Louisiane, que ces braves gens de l’outre-mer prennent donc leur indépendance et qu’ils nous montrent ce qu’ils savent faire avec leurs propres moyens!  Christian Lambert

Ancien Ambassadeur de France

Capitalisme vert

Performance

Redistribution

Médecine

e nombreux financiers ont soutenu M. Obama pour qu’il favorise l’émergence d’une nouvelle industrie énergétique. Elle conduira probablement à une bulle semblable à celle d’Internet. Il en restera toutefois quelque chose de positif avec la diversification des sources d’énergie et le lancement sur le marché de nouveaux produits. La consommation ne tardera pas à reprendre le dessus. En Europe, le socialisme vert considère les produits dits écologiques comme des gadgets. Il prône la décroissance et l’explosion des services. Il suffit d’aller sur les nombreux forums internets pour s’apercevoir que cette idéologie est en plein essor. Détrônera-telle le capitalisme ?

icolas Sarkozy se trompe sans doute en proposant à la recherche française d’être plus performante. J’exagère à peine en posant cette question : quel intérêt d’être plus performant ? Les gens veulent vivre confortablement, avoir des loisirs, partir en vacances… Et certains ne peuvent associer ces récompenses à la performance : elles sont un droit. La part de l’État dans le revenu des particuliers ne cesse d’augmenter. Mieux vaut donc rester un chercheur pauvre qu’accepter l’argent d’industriels exploitant le prolétariat… avec ce beau slogan que la pauvreté permettrait l’indépendance et offrirait la liberté. C’est le quart-monde qui va être content de l’apprendre !

e suis étonné que l’on nous parle constamment de l’écart entre les plus riches et les plus pauvres. Pourquoi cette vision sous forme de lutte des classes ? La vraie question serait plutôt : vivons-nous mieux que nos parents ? À cette aune nous pourrions mesurer les progrès de notre économie. Quand 50 à 70 % sont prélevés sur les revenus du travail, il reste peu d’espace pour une redistribution supplémentaire des richesses. D’ailleurs, et cette question est taboue, pourquoi devrait-on redistribuer les richesses du travail ? Un vieux mythe de notre Révolution française qui craint qu’une classe supérieure ne mette le bas peuple en coupe réglée ?

es journalistes découvrent que la France manque de médecins. Que n’ontils écouté les déclarations des dits médecins depuis des années. Que n’ont-ils réfléchi aux décisions de Mme Veil, ministre de la Santé en 1976, qui, déjà, déclarait bêtement que moins il y aurait de médecins, moins la Sécurité sociale aurait de dépenses à rembourser. On diminue le nombre de places en facultés (numerus clausus). Nous étions nombreux à qualifier cette politique de stupide. Aujourd’hui, les médecins qui prennent leur retraite (à 65 ans) ne peuvent être remplacés que 2 fois sur 5. Que les Français se fassent bien soigner, vite, car dans quelques années ce ne sera plus possible !

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Albert Kuhlmann <albertkuhlmann@gmail.com>

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Antoine Ferria <aferria@gmail.com>

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Kevin Placet <kplacet@yahoo.fr>

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Dr J.-M. Vilain <JMVILAIN@aol.com>

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Communication

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TÉLÉACHAT > En 2007, « M6 boutique », diffusée à 6 h 30 sur M6, a réalisé 160 millions d’euros de chiffre d’affaires, tandis que « Téléshopping », l’émission rivale diffusée à 8 h 30 sur TF1, a réalisé 127 millions d’euros. SARKOZY > L’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy, mercredi 18 février, a réuni 7,75 millions de téléspectateurs (soit 32 % de parts d’audience) sur TF1 et 4,77 millions sur FR2 (19,6 %)… RFI > La station de radio publique RFI va devoir supprimer 200 postes, après avoir connu une perte de près de 17 millions d’euros en trois ans. NOUVEL OBS > En 2008, le « Nouvel Observateur » a connu une baisse de 5 % de ses ventes en kiosque. Malgré cela, sa diffusion payée est restée constante à 508 000 exemplaires. EXPRESS > Le groupe de presse L’Express-Roularta prévoit 51 départs volontaires de salariés (sur les 555 que compte le groupe) pour réaliser un plan d’économies de 10 millions d’euros. QUEBECOR > Le groupe canadien de médias Quebecor a connu un bénéfice net de 187,3 millions de dollars canadiens (environ 117 millions d’euros) en 2008, contre une perte de 969 millions en 2007… KIOSQUE > « Il faut restaurer l’attrait du métier de kiosquier en augmentant la rémunération et en améliorant les conditions de travail. Quand on passe cinq heures par jour à brasser du papier dont la moitié repartira en invendus, c’est un gâchis du temps… » (Gérard Proust, président de l’Union des diffuseurs de presse ».

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Société Société

Jacques de Guénin

Non au droit de grève des fonctionnaires !

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ans la nuit du 23 au 24 janvier, une tempête a ravagé le SudOuest de la France. De nombreux foyers se sont retrouvés sans électricité, sans chauffage, sans télévision, quelquefois sans téléphone et sans eau pendant plus d’une semaine. Mais une extraordinaire solidarité s’est manifestée entre les particuliers. Elle a permis de surmonter l’épreuve. Comme d’habitude, il y a eu dans les services publics nombre d’individus qui se sont dévoués pour alléger nos épreuves. Mais pas tous : le 29 janvier, nous apprenions que des centaines de milliers d’employés des services publics, entraînés par des syndicats en concurrence, faisaient grève, ajoutant ainsi cyniquement à nos malheurs. Et cela sur des prétextes fourre-tout qui ne faisaient pas honneur à l’intelligence des manifestants, ni à leur connaissance de l’état réel du pays. On a eu ainsi pendant quelques jours le spectacle contrasté de deux sortes de Français : ceux qui assument et ceux qui revendiquent. Ceux qui assument essayent tant bien que mal de faire marcher la société autour d’eux. Ceux qui revendiquent préfèrent obtenir plus d’avantages au détriment d’autres catégories : par exemple, plus de retraites dans la fonction publique au détriment des retraites des employés du privé. Bien entendu, ils ne le formulent pas comme ça : ils disent par exemple qu’ils veulent obtenir plus au détriment des actionnaires. Mais comme les actionnai-

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res sont ruinés, cela revient dans la pratique à prélever davantage sur les salariés du privé, les commerçants, les artisans, les gens qui entreprennent. Il est temps pour ceux qui assument de combattre les sempiternels sophismes de ceux qui ne savent que revendiquer. Non, les grèves dans la fonction publique n’ont aucune justification morale : elles exploitent cyniquement une situation de monopole. Lorsque les salariés d’une entreprise soumise à la concurrence font grève, c’est parce qu’ils estiment que l’employeur pour lequel ils travaillent ne les traite pas assez bien en échange du travail qu’ils accomplissent : ils s’arrêtent alors de travailler, en espérant que le tort qu’ils créent ainsi à leur employeur l’incitera à mieux les traiter. Leur grève n’est pas destinée à nuire aux clients de l’entreprise, car ces derniers pourront se tourner vers un concurrent. Les grévistes savent qu’ils prennent un risque : s’ils se trompent sur les possibilités réelles de leur employeur, l’entreprise sera contrainte de fermer et ils perdront leur emploi. Aussi sont-ils attentifs à ne faire grève que dans des situations extrêmes. Dans le cas d’un service dit public, en situation de monopole, l’employeur (l’État), ne subit aucun dommage, le salarié ne court aucun risque et les seules victimes sont les clients de l’entreprise, c’est-à-dire le public. Quant aux grèves d’étudiants, elles ne font que singer les grèves d’adultes sans avoir la moindre justification économi-

<jdeguenin@gmail.com>

que ou morale. En arrêtant de travailler, un étudiant ne nuit qu’à lui-même. En France, où les études sont gratuites, un étudiant reçoit tout de la société et ne lui apporte rien. Dans une société bien gérée, les pouvoirs publics devraient permettre aux étudiants qui veulent travailler de ne pas en être empêchés par la violence, et laisser les autres méditer jusqu’à ce qu’ils prennent conscience du ridicule de leurs actes. Non, rien n’empêche dans la Constitution de circonscrire le droit de grève dans des limites raisonnables, contrairement à ce que rabâchent inlassablement des syndicalistes ignorants. La Constitution dit textuellement et seulement : « Le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent ». Rien ne justifie dans une démocratie que l’on permette à des leaders syndicaux inamovibles et retranchés dans leur fromage de contrer le pouvoir élu par la coercition. Un gouvernement nommé par un président élu va proposer des mesures à un parlement élu pour atténuer la crise dans la mesure permise par nos finances exsangues. Est-il normal que le Président aille s’humilier devant des chefs syndicaux ignares en économie, pour éviter que la France ne soit mise à feu et à sang ? Il est tout à fait paradoxal qu’un État démocratique finance des syndicats pour le torpiller. Il existe pourtant une solution parfaitement démocratique à ce problème : que les syndicats soient financés exclusivement par leurs adhérents. 

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International International

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Pierre Baudouin <pbaudouin@les4verites.com>

Retour dans l’OTAN : pourquoi faire? icolas Sarkozy a annoncé au début de l’année son désir de voir la France rejoindre le commandement intégré de l’OTAN. On ne peut nier que, grâce à Sarkozy, la France a abandonné son absurde anti-américanisme cocardier. Absurde, non pas au sens où il serait absurde de s’opposer aux États-Unis ; mais au sens où il est grotesque de venir faire la leçon aux Américains, pour, quelques jours après, courir vers leurs jupons pour se mettre à l’abri des diverses menaces internationales. Que Sarkozy en ait fini avec ce comportement infantile est tout à son honneur. Cela légitime-t-il pour autant le retour dans le commandement intégré ? Il ne me semble pas. Il serait trop facile d’utiliser l’argument ad hominem : Sarkozy se déclare gaulliste, donc il est mal placé pour revenir sur la décision de De Gaulle de sortir de l’OTAN. Cet argument, que je vois fleurir un peu partout, me semble incompréhensible. Les circonstances ne sont pas les mêmes. Et j’imagine que, même pour les gaullistes (je n’en suis pas…), le Général ne devait pas être infaillible ! Pour ma part, je vois trois arguments contre le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN. Tout d’abord, la légitimité même de l’OTAN est problématique. Cette organisation défensive a été bâtie en opposition au Pacte de Varsovie. Elle est devenue une organisation offensive, comme elle l’a montrée en ex-Yougosla-

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BANQUE À la fin de 2008, le manque de liquidités a été le principal problème du système bancaire. Or, dans de nombreux cas, l’argent de la drogue est le seul capital d’investissement disponible… ANTONIO MARIA COSTA, DIRECTEUR DE L’OFFICE DES NATIONS UNIES

vie. Et elle n’est plus dirigée contre la menace soviétique. Je ne prétends évidemment pas que le monde n’est plus dangereux, et je ne vois aucun inconvénient – au contraire – à ce que les Américains et leurs alliés se défendent, mais l’OTAN me semble assez mal adaptée à l’état actuel du monde. Deuxième argument : celui de l’efficacité. Tous les partisans du retour dans le commandement intégré nous ont affirmé que les décisions s’y prenaient à l’unanimité et que nous n’avions donc rien à craindre. D’abord, il s’est déjà vu que des interlocuteurs importants obtiennent des unanimités de façade en faisant pression sur leurs interlocuteurs plus faibles. Mais, là n’est pas la question. Le peu que je connaisse de la situation internationale actuelle me laisse penser que la principale menace contemporaine est

terroriste et liée à l’islam radical. Imagine-t-on alors qu’il soit sage d’avoir un gouvernement sympathisant de l’islam radical (la Turquie en l’occurrence), capable de poser son veto à toute intervention ? C’est donc soit que l’OTAN ne sert à rien, soit qu’il y a moyen de contourner la règle de l’unanimité, soit encore que l’OTAN n’estime pas que l’islam radical soit une menace – auquel cas on aimerait en savoir plus sur la vision géopolitique de l’organisation. Dernier argument : je ne vois ce que la France va gagner à ce retour dans le commandement intégré de l’OTAN. Nous sommes déjà membres de l’organisation ; nous n’aurons ni plus ni moins voix au chapitre. Bref, quel est l’intérêt ? Faute d’avoir des réponses, sur la légitimité, l’efficacité et l’intérêt, je reste pour le moment très réservé sur cette décision présidentielle. 

Patronat Face à M. Apathie sur LCI, M. Alain Minc a accusé dimanche, le patronat français d’annoncer des plans de licenciements « dans le seul but de faire remonter le cours des actions de leur entreprise ». Attitude contraire, a-t-il remarqué, à celle du patronat allemand qui a passé un pacte avec son gouvernement s’engageant pendant la durée de la crise à s’en abstenir dans de telles conditions. L’accusation est grave, mais nous semble parfaitement fondée tant les annonces de licenciements se sont multipliées ces temps derniers y compris dans des secteurs qui ne paraissent pas menacés. De telles pratiques ont l’inconvénient majeur d’ajouter à la crise de confiance générale déjà installée. Cette crise amène les ménages qui le peuvent à épargner plutôt que de consommer, ce qui nuit à la vente de leurs produits. Le retour à l’éthique et la morale en matière de finances internationales devrait aussi concerner les patrons, faute de quoi toutes les actions engagées pour sortir le monde de la crise ne serviront à rien. René Crignola – Orry-la-Ville (60)

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CONTRE LA DROGUE ET LE CRIME

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CENTRE Des millions de Français ne se reconnaissent pas ou plus dans la manière dont Nicolas Sarkozy gouverne et dans la manière dont le PS s’oppose. FRANÇOIS BAYROU

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BAYROU François Bayrou est l’homme du passé. FRÉDÉRIC LEFEBVRE, DÉPUTÉ UMP DES HAUTS DE SEINE

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JEUNESSE Quelle belle chose la jeunesse ! Quel crime de la laisser gâcher par les jeunes ! Enfin, les jeunes qui refusent le changement… FRANZ-OLIVIER GIESBERT, JOURNALISTE

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CSA Longtemps, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a été le faux nez des pouvoirs en place. Son indépendance reste fragile… JEAN-PIERRE ELKABBACH

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PROCHE-ORIENT Les Israéliens et les Palestiniens ne parviendront jamais à un accord tout seuls. ZBIGNIEW BRZEZINSKI, CONSEILLER À LA SÉCURITÉ DE JIMMY CARTER

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ARCHAÏSME Quand on lit le programme du Nouveau Parti Anticapitaliste, c’est vraiment le retour vers l’ère glaciaire ! CLAUDE BARTOLONE, DÉPUTÉ PS

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ÉLECTIONS Quand je fais des campagnes, je ne les fais jamais pour les gens intelligents. Des gens intelligents, il y en a 5 à 6 % : 3 % avec moi et 3 % contre. Donc je fais campagne auprès des cons et là, je ramasse des voix en masse ! GEORGES FRÊCHE, PRÉSIDENT PS DE LA RÉGION LANGUEDOC-ROUSSILLON

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