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Chronique

politique

Fayard

264 pages – 20 euros L’historien Jean Favier est sans doute l’un des meilleurs connaisseurs du Moyen Âge français et européen. Mais, dans ce livre, ce n’est pas d’histoire qu’il est question ; seulement de mémoire. Favier a constaté que le Paris de son enfance avait à peu près complètement disparu. Il a entrepris de le faire revivre. Il ne s’agit pas non plus à proprement parler de « Mémoires », puisque l’auteur a parfois changé quelques noms et qu’il s’est arrêté aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale. Ce livre est plutôt un album de souvenirs. Et des plus attachants !

e Parti socialiste a beau avoir désormais une équipe dirigeante, on ne peut pas dire qu’il soit en grande forme. Cela me réjouirait si cette situation tenait à l’éclatante santé de la droite française – mais j’en doute fort. Cependant, malgré l’atonie de ses propositions et de ses dirigeants, le PS cogne autant qu’il le peut sur la politique de Nicolas Sarkozy. Il sait bien que c’est la seule façon pour lui d’emporter la mise électorale : en comptant sur la possible déception de l’électorat de droite. Une victoire par défaut en somme ! Bref, le PS cogne tous azimuts, sans beaucoup de logique, de cohérence, ni de souci de la réalité du pays. Beaucoup de commentateurs ont signalé le « contre plan de relance » de Martine Aubry. Il est vrai qu’il est particulièrement « gratiné ». Il commence même par moquer le ministre du Budget Éric Woerth qui déclarait cet été : « La France n’a pas besoin de plan de relance, mais de réformes et d’une gestion rigoureuse. » Je le crois aussi (et je regrette que le gouverne-

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<gdethieulloy@les4verites.com> Guillaume de Thieulloy, 35 ans

Le PS au service de l’inefficacité publique !

Jean Favier Saint-Onuphre Souvenirs d’un autre temps

Guillaume de Thieulloy

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ment ne s’en soit pas tenu à cette sagesse). Trouver cela ridicule n’est pas très bon signe sur la relance que nous concocteraient les socialistes s’ils reprenaient le pouvoir. Mais c’est dans les propositions que le PS est le « meilleur » ! Car ces braves gens proposent un plan de relance plus vaste (où trouvent-ils les milliards supplémentaires ?) et surtout plus ciblé sur la consommation. Il est impossible de se tromper plus largement. La crise est essentiellement une crise de la consommation. Les États, les banques, les particuliers ont voulu consommer avec de l’argent qu’ils n’avaient pas. Le bon sens exigerait donc de réduire la consommation, le temps de reconstituer les réserves. Eh bien non ! Au PS, on a des idées géniales : puisque la société de la consommation à crédit et à outrance agonise sous nos yeux, redonnons-lui un peu d’oxygène sous forme de milliards d’euros pris dans les poches des contribuables pour relancer la consommation ! Je renvoie le lecteur à l’article de Bernard Tremeau (voir en p. 2) pour quelques exemples concrets de cette catastrophique relance par la consommation. Pour ma part, je ne note qu’une chose : le « contre-plan » de relance socialiste croit discréditer le plan de relance de Sarkozy en déplorant que ce dernier ne consacre que 5 % des fameux 26 milliards d’euros au « soutien à la consommation ». Comment les socialistes ne voient-ils pas que c’est 5 % de trop ? Mais il est un autre dossier que la grande presse a peu commenté. Le secrétariat national du PS a chargé Élisabeth Guigou de présenter la position socialiste à la commission Balladur sur la réforme des collectivités territoriales. En gros, la thèse du PS tient en un mot : NON ! En particulier, non à la fusion entre l’échelon départemental et l’échelon régional. On comprendrait que le PS fasse remarquer que

cette fusion sera délicate ou qu’il exprime ses inquiétudes sur un éventuel « charcutage » par lequel le pouvoir central reviendrait sur ses derniers échecs aux élections locales. Mais refuser a priori cette fusion ne me semble pas très rationnel. Surtout, les arguments de Mme Guigou lors du point presse du 13 janvier sont assez curieux. Même sans tenir compte de cette assertion originale : « Les trois échelons [État, région, département] existent dans chaque pays européen. » Nous ne devons pas connaître les mêmes pays… Plus sérieusement, l’ancien Garde des sceaux déclare : « Nous faisons le constat que ce qui a été décentralisé fonctionne bien. » J’avoue humblement que cela m’avait échappé ! Il me semblait plutôt que les dépenses publiques avaient explosé, faute de supprimer dans les échelons nationaux ce que l’on créait dans les échelons locaux. Je ne vois vraiment pas le succès de la décentralisation. À vrai dire, je ne vois même pas de décentralisation. Nulle part, nous n’observons une réelle autonomie de gestion des échelons locaux. La moitié des budgets des collectivités provient de l’État central. À qui fera-t-on croire qu’ainsi, les décisions publiques sont prises « au plus proche des gens » et donc plus efficacement ? Mme Guigou ajoute : « Nous ne sommes pas d’accord pour limiter le champ de l’action publique. » Elle propose dans la foulée de pousser plus à fond la décentralisation. Ce qui, si les mots veulent dire quelque chose, signifie d’une part que la décentralisation actuelle va dans le bon sens et d’autre part qu’elle ne va pas assez loin. Conséquence nécessaire : la France ne souffre pas d’un trop-plein d’échelons territoriaux, mais d’un manque. Là encore, ça m’avait échappé ! Décidément, le PS s’agite beaucoup, mais il ferait mieux – pour lui, mais surtou pour nous – de se reposer ! 

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LES

La publication anti bourrage de crâne 

HEBDO

Alain Dumait

ÉDITORIAL <www.dumait.fr> Henri Guaino, Commissaire général au Plan de Relance ! e vendredi 23 janvier, « Le Figaro » donnait la parole à l’ancien Premier ministre espagnol José-Maria Aznar (qui promet de poursuivre en diffamation tous ceux qui relaieront la rumeur de sa paternité de la fille de Rachida Dati…) et, le lendemain, au conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino. Nous avons ainsi, apparemment – dans ce journal de droite écrit par des journalistes de gauche –, deux points de vue différents sur la crise et son traitement. L’un « libéral » et l’autre « dirigiste ». Bien sûr, je préfère celui qui dit : « Pour sortir de la crise, il faut plus de libéralisme », que celui qui dit vouloir « refonder le capitalisme » avec « un État qui entreprend, qui investit, qui innove… », tout en continuant à instruire et à protéger. Si l’État « refondé » entreprend, investit et innove aussi bien qu’il instruit et protège, ça ne va pas être triste ! L’État « refondé » sera encore plus gros, plus large, plus gras, et forcément plus prédateur. L’ÉtatProvidence est au bord de l’apoplexie, en grave surcharge pondérale, et tout ce que le docteur Guaino trouve pour le soigner, c’est de le gaver! Cela ressemble à l’entêtement des experts du Gosplan, du temps (béni) de l’exURSS, quand chaque année il fallait bien constater que les récol-

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Dessin de MIÈGE

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LES 4 VÉRITÉS 2008 © Publication hebdomadaire (CPPAP N° 1109, I 82 712) Tél. : 06 26 99 56 89 (port. G. de Thieulloy) < redaction@les4verites.com > < http://www.les4verites.com >

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Siège : 25, rue des Bas 92600 Asnières – (EEC, SAS de presse) Abonnements : 4 Vérités-DIP 18 à 24, quai de la Marne 75164 Paris Cedex 19 01 44 84 85 48 (Dominique <dominique.varenguin@dipinfo.fr>) ou http://www.les4verites.com Gérant : Guillaume de Thieulloy Responsable éditorial : Alain Dumait Rédaction : Jean Rouxel (rédacteur en chef) Le numéro 1,20€ Abonnement 50 numéros 60€ TTC Abonnement de soutien à partir de 100€ Personnes morales (entreprises ou administrations) : 200€, TVA à 2,10 % en sus Imprimerie : Delcambre, Pantin (93) Également disponible en format numérique (nous consulter) Fichiers déclarés à la CNIL (N° 672024) Exemplaire gratuit sur simple demande écrite

tes étaient toujours plus mauvaises. Mais l’ordonnance était toujours la même: il convenait d’accroître le nombre des tracteurs et la quantité de sacs d’engrais! Alors qu’il eût suffi de revenir sur la soviétisation, avec ses kolkhozes et ses sovkhozes… Pourtant, ce qui frappe aussi en lisant ces deux entretiens, c’est que ces deux personnages sont d’accord sur le fait qu’il faut « sauver les banques ». Espérons qu’un jour « Le Figaro » donnera la parole à quelqu’un qui pense le contraire… Et ne croyez pas que je sois seul dans ce cas ! Beaucoup de bons auteurs, en France comme aux États-Unis, sont de cet avis (voir en particulier <www.fahayek. org>). Cette factice diversité de points de vue s’inscrit donc, en fait, à l’intérieur de la pensée unique, dont on sait qu’elle a toujours tort… On remarquera que les marchés financiers, dont les cours reflètent quand même les opinions et les décisions d’une multitude d’opérateurs, pensent également très fort que les plans de relance sont des munitions tirées pour rien. Certains disent qu’elles ont été tirées trop tard. Et en quantité insuffisante. Je crois exactement le contraire. D’ailleurs est-il bien prudent de vouloir reconstruire les digues quand des répliques du tsunami menacent encore? 

«

»

Il faut toujours se réserver le droit de rire le lendemain de ses idées de la veille ! Napoléon Bonaparte

SOMMAIRE

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La relance à la façon d’Aubry

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Votre opinion nous intéresse

par Bernard Tremeau

Chiffres Significatifs Menus avantages du métier de député Entretien avec Pierre-Édouard du Cray

 Divers faits

Le courrier des lecteurs

L’ENA rend hommage à Badinter Par Virgil Exactoru

Crimes sans coupables par Pierre Lance

Communication

Obama va les décevoir ! Par Guy MIllière

Sic

La chronique politique de Guillaume de Thieulloy

À l’occasion de la sortie de l’album « Impôt-pourri » (Éd. Jean Picollec), les dessinateurs Trez, Miège et Innocent dédicaceront ledit ouvrage à la librairie Duquesne (27, avenue Duquesne 75 007 Paris), le samedi 31 janvier de 16 heures à 19 heures.


Chiffres Significatifs

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BUDGET > Le déficit de l’État pour 2008 s’est finalement élevé à 56,2 milliards d’euros, soit 14,5 milliards de plus que ce que prévoyait le budget initial ! MUSIQUE > Le marché de la musique enregistrée diminue constamment en France. Alors qu’il était de 1,1 milliard d’euros en 2003, il n’était plus que de 600 millions en 2008. En revanche, la part du numérique ne cesse d’y augmenter : les ventes numériques ne représentaient que 0,6 million d’euros en 2003 contre 70 millions en 2008… ASILE > On estime à 140 000 le nombre de personnes qui bénéficient de l’asile politique en France. EMPLOI > Pour la première fois depuis 2004, l’emploi a reculé en France au cours du deuxième trimestre. Le mouvement s’est intensifié au troisième. Désormais, le nombre de salariés est repassé audessous de la barre des 16 millions (15 992 800). RETRAITE > 742 321 nouvelles retraites personnelles ont été attribuées en 2007, dont 117 840 retraites anticipées ! ÉNERGIE > En moyenne, les Français dépensent 1 140 euros par an en dépenses énergétiques. PUBLIC > Les administrations publiques emploient en France 22,3 % des travailleurs, alors que la moyenne n’est que de 14,1 % dans l’ensemble des pays de l’OCDE. SÉCU > Le déficit de la branche retraite de la Sécurité sociale s’est élevé à 4,57 milliards d’euros en 2007… RADARS > Les radars automatisés ont rapporté à l’État 447 millions d’euros d’amende !

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Économie Économie

Bernard Trémeau <tremeau.bernard@wanadoo.fr>

PS : un programme économique suicidaire

A

ctuellement les socialistes s’agitent beaucoup, pour montrer qu’ils existent. Ils vont même jusqu’à chanter la Marseillaise pour le prouver. Ce n’est plus l’Internationale… Madame Martine Aubry, la dame des 35 heures payées comme 39, propose par ailleurs un plan de relance merveilleux. En voici les différents points. – 500 euros immédiatement donnés à environ 10 millions de personnes. Donc relance étatique par la demande sans financement. – Augmenter le SMIC de 3 %. On oblige ainsi les entreprises à augmenter le salaire de plusieurs millions de Français. On réduit leur compétitivité, tout en augmentant la demande. – Baisser la TVA de 1 %. On offre ainsi théoriquement à 60 millions de Français une augmentation de 1 % de leur pouvoir d’achat, tout en faisant baisser les prix de 1 %. C’est merveilleux. Pourquoi alors seulement 1 %, mais pas 4 ou 5 % ? Pour plusieurs raisons pratiques. 1 % de TVA en moins, c’est 7 milliards de rentrées fiscales en moins. Le déficit de l’État augmentera automatiquement ou il faudra trouver d’autres impôts pour compenser la perte… Surtout, la TVA est pratiquement le seul impôt français qui touche les produits importés. Sa diminution augmente automatiquement le déficit de la balance commerciale. L’expérience anglaise actuelle semble le confirmer. Rappelons combien l’annonce de la TVA sociale par Nicolas

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Sarkozy en 2007, entre les élections présidentielles et les élections législatives, avait été catastrophique. Elle avait immédiatement été critiquée par le Parti socialiste sur le thème : on diminue les impôts des riches pour augmenter les impôts des pauvres. Elle aurait donné 50 députés socialistes en plus… – Revaloriser les allocations logement de 10 %. Cette mesure n’est qu’une relance par la demande. Le prix des loyers va monter. – Construire 300 000 logements sociaux. Depuis 50 ans, toute une série de lois favorisent les locataires (pauvres Français) aux dépens des propriétaires (vilains capitalistes). Les gouvernements français ont ainsi organisé une pénurie de logement. Or, ce qui est rare est cher. Donc il faut construire des logements sociaux. Des grandes barres d’HLM, qu’on est obligé de dynamiter 30 ans plus tard, voient le jour. Il faut impérativement sortir de cette « absurde logique » et ne plus dépenser l’argent de l’État pour construire des logements sociaux. Mais il faut le dépenser pour aider les Français à acheter leur logement. – Réduire les impôts des entreprises qui ne distribuent pas leurs bénéfices aux « vilains actionnaires », mais qui investissent. Une telle mesure éloignera immédiatement de la France les capitalistes qui cherchent à investir. Or, les capitalistes étrangers fuient déjà de plus en plus la France. Tandis que les entreprises françaises investissent de plus en plus à l’étranger pour des raisons fiscales. Cette

mesure en apparence favorable aux entreprises va aggraver leur mal. – Maintenir les emplois à leur niveau dans les hôpitaux, l’Éducation nationale ou la SNCF. L’État employeur n’a pas �� chercher à être compétitif. Un hôpital sans client doit-il conserver tous ses employés ? Une école de village sans enfant doit-elle rester ouverte ? Le fret SNCF doit-il conserver tous ses salariés, alors que ses clients le fuient pour utiliser le transport par camion ? La relance proposée par Madame Martine Aubry est essentiellement une relance par la demande. Elle a un immense avantage. Ceux à qui l’on accorde plus de revenus pour relancer l’économie sont immédiatement très heureux : ils croient gagner plus. Et ils gagnent effectivement plus pendant quelques semaines. Mais, rapidement, l’inflation survient en France, alors qu’elle est inférieure en Allemagne. Les entreprises françaises, pour rester compétitives, freinent alors durement les augmentations de salaires ou licencient. De son côté, la banque centrale européenne s’oppose à cette inflation. Elle augmente ses taux, donc réduit notre pouvoir d’achat. Le programme socialiste est économiquement suicidaire. Mais il est électoralement très payant. 

Immigration En 2008, 33 034 titres de séjour ont été délivrés dans le cadre de l’immigration professionnelle.

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Politique Politique

Entretien avec P.-Édouard du Cray Directeur des études de l’association Sauvegarde Retraites

Vous venez de réaliser une étude très approfondie sur la retraite des députés. Pourriez-vous nous en présenter les principaux avantages ? Ils sont nombreux. Néanmoins, parmi eux, trois se dégagent et font du régime de retraite des députés la Rolls des régimes spéciaux. Tout d’abord, il y a le rendement du régime. Pour un euro cotisé, le député, une fois à la retraite, va toucher, en moyenne, six euros. Pour les retraités du secteur privé, le rendement est beaucoup plus faible. Pour un euro cotisé, suivant les profils, le retraité peut espérer entre un et deux euros. Ce rendement est d’autant plus intéressant, que les députés cotisent doublent les quinze premières années. Le deuxième avantage tient au fait que la retraite des députés est très largement prise en charge par la collectivité. Les cotisations des députés couvrent seulement 12 % des charges du régime. Le reste – 88 % – est financé par une généreuse subvention que nos parlementaires s’auto-attribuent. Ce sont donc surtout les contribuables qui paient l’addition. Enfin, le troisième avantage est de loin le plus intéressant… La retraite des députés est 100 % garantie. Le montant des pensions est connu à l’avance – 1 557 € pour un mandat, 3 114 € pour deux mandats et jusqu’à 6 230 € pour quatre mandats et demi. Si la caisse de retraite des députés connaît une mauvaise conjoncture, la subvention accordée est simplement augmentée. Dans la conjoncture actuelle, c’est inespéré !

Retraite des députés : la Rolls des retraites ! Comment expliquez-vous que cette retraite soit supérieure à l’indemnité des parlementaires en fonction ? Tout simplement, parce que la retraite des députés n’est pas calculée à partir de l’indemnité de base des parlementaires mais par rapport à une assiette élargie qui est égale à 136 % de cette indemnité. Si vous me demandez pourquoi, je vous répondrai simplement en citant Yvette Roudy, ancien député socialiste du Calvados : « Rien d’étonnant que notre régime soit favorable, c’est nous qui le faisons ». Et, par rapport aux autres régimes de retraite, comment se situe celui des députés ? Est-il aussi intéressant que les régimes spéciaux d’EDF ou de la SNCF ? Les régimes spéciaux des entreprises publiques sont encore très avantageux. C’est peu de le dire. Mais, les chiffres sont têtus. Le régime des députés est le meilleur de tous les régimes. Le calcul de la retraite est plus avantageux que chez EDF et qu’à la SNCF et, proportionnellement, les subventions encore plus généreuses. Les retraités du régime général sont-ils appelés, comme pour les régimes spéciaux, à la rescousse pour maintenir le niveau des retraites des députés ? Oui, pas au titre de retraités du régime général, mais en tant que contribuables. Ce qui, au bout du compte, revient exactement au même.

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Quels sont les arguments de l’Assemblée pour justifier des avantages aussi exorbitants ? Sans rire : « La précarité de la fonction ». Autant dire que le culot n’étouffe pas ! Près de la moitié des parlementaires sont issus du secteur public et, en cas d’échec aux élections, peuvent réintégrer leur emploi. Plus des trois quarts d’entre eux cumulent leur fonction avec des mandats locaux souvent très bien rémunérés… Il n’y a vraiment pas de quoi faire pleurer Margot ! L’argument est d’autant plus fallacieux que, lorsqu’il part à la retraite, un député se contente rarement de sa super-retraite parlementaire… Beaucoup la cumulent avec deux ou trois autres pensions : retraite Ircantec, Fonpel ou Carel pour les élus locaux, retraite de fonctionnaire ou du privé, sans oublier que certains sont passés par le Sénat ou le Conseil Économique et Social dont les régimes s’avèrent tout aussi généreux que celui des députés ! 

Liberté d’expression La liberté d’expression n’existe plus dans ce pays. J’ai retrouvé des numéros du Figaro Magazine de 1985, évoquant l’importance de la population étrangère prévisible en 2015. Des grandes plumes avaient pris part à cette polémique qui s’en était suivie. Mais publier cela aujourd’hui serait inconcevable. Sournoisement, le « politiquement correct » a envahi tout l’espace intellectuel… René Guinot <guinot.rene@wanadoo.fr>

TRANSFERT > En 2006, 36 % du PIB du Tadjikistan provenaient de l’envoi de subsides par des émigrés tadjiks, ce qui faisait de ce pays le principal bénéficiaire, avec la Moldavie, des transferts de fonds internationaux, devant les îles Tonga (32 % du PIB), le Kirghizstan (27 %) et le Honduras (26 %)… MONUMENTS > La France compte 14 897 monuments historiques classés. IMMIGRATION > En 2007, 85 800 cartes de séjour ont été délivrées au titre du regroupement familial ! LÉMAN > Si le lac Léman se trouvait entièrement vidé, il faudrait 11 ans pour le remplir à nouveau, compte tenu du débit du Rhône et des différents cours d’eau qui l’alimentent à raison de quelque 8 milliards de mètres cubes par an… TÉLÉCHARGEMENT > 22 % des Français déclarent avoir déjà téléchargé illégalement des documents culturels sur internet. GAZA > Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a demandé que les responsables du bombardement d’un complexe de l’ONU à Gaza soient traduits en justice. PESTICIDES > En France, un pommier reçoit en moyenne 27 traitements aux produits pesticides par an ! RACISME > L’Alliance générale contre le racisme pour le respect de l’identité française et chrétienne (AGRIF) a engagé des poursuites pour injure raciste contre la revue « Gasface » qui avait titré son numéro d’automne « Faut-il avoir peur de ces enc… de blancs ? », précisant dans le dossier : « Esclavage, nazisme, musique country, depuis toujours les blancs sont la chienlit de l’humanité… »

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Divers faits

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Votre opinion nous intéresse Écologie

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nsidieusement, les Français paient déjà de nombreuses taxes ou prestations imposées par les choix écologiques : les bonus-malus, la lutte contre la vitesse automobile, les coûts liés au marché du CO2, le prix élevé de l’achat de l’électricité éolienne ou solaire par EDF et qui facture au consommateur une « contribution pour le service public de l’énergie »… En fait, nul ne sait quelles seront les conséquences de ces diverses mesures sur l’économie d’aujourd’hui, déjà engluée dans la crise, et personne n’explique aux Français vers quel monde nous dirige le Grenelle de l’environnement.

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»

Albert Bonnenfant <albert-bonnenfant@orange.fr>

Effet Obama

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ertes, le nouveau président n’est pas magicien, mais il a déjà fait beaucoup en montrant aux Américains qu’avec de solides convictions, un sens du destin et énormément de travail, on pouvait franchir des barrières que beaucoup jugeaient insurmontables il y a peu. Il nous montre

«

» Courrier des lecteurs Nous écrire, c’est courir le risque d’être publié…

qu’en retroussant nos manches on peut faire de grandes choses. C’est cette capacité de dépassement qui force l’admiration aux États-Unis. Le pays se redressera car cette volonté permanente de se dépasser, d’innover, de briser la fatalité est ancrée dans ses gênes.

»

Aline Adam Paris (75)

Uniforme

«U

niforme à l’école ? Tout au moins une « tenue scolaire » comportant le nom de l’établissement et aucun autre signe distinctif. En effet, une grande partie des violences à l’école vient de l’envie qu’éprouvent les moins favorisés devant les vêtements de marque portés par d’autres ; ou d’une tenue jugée, à tort ou à raison, provocante par certains élèves ; ou encore de la « provocation » que certains signes distinctifs représentent pour des élèves ne partageant pas les mêmes opinions politiques ou religieuses. Avec une « tenue scolaire », adieu les rackets et une bonne partie des bagarres !

»

Évaluation en CM2

La France et la crise

propos de l’évaluation des élèves de CM2 qui doit intervenir ces jours-ci, toutes les radios bruissent de commentaires désapprobateurs d’instituteurs réticents ou décidés à « résister ». Des parents d’élèves sont inquiets (?). Des apparatchiks syndicaux archaïques disent leurs réserves. Trop tôt, disent les uns, les programmes n’ont pas encore été entièrement étudiés ! Sélection, disent les spécialistes de l’égalité par le bas ! Ils doivent penser que des têtes risquent de dépasser et cela leur paraît intolérable ! Compétition entre les écoles, disent ceux qui refusent de voir évaluer leur travail ! Aucune de ces réfutations n’est recevable. Seuls les nuls ou les bons à rien parmi les professeurs ont à craindre de cette évaluation et ce sont probablement eux qui font le plus de bruit en ce moment. Cette évaluation doit se faire dans l’intérêt de tous nos enfants. Il serait temps que l’Éducation nationale retrouve le bon sens des hussards de la république qui ne confondaient pas diplômes et connaissances.

n nous explique aujourd’hui que nos impôts élevés, notre fonction publique pléthorique, notre déficit budgétaire abyssal, nous permettraient de mieux résister à la crise que les pays moins étatistes. Ce malade de longue durée qu’est la France dirait aux nouveaux venus à l’hôpital : « C’est votre première dépression ? Nous, en France, cela fait trois décennies que nous nous cognons la tête contre les murs. À force, on ne sent plus rien. Par contre, vous, vous allez déguster ». Mais, tandis que nous avons déjà utilisé tous les médicaments susceptibles de nous guérir, les pays plus libéraux ont encore la ressource d’augmenter les impôts de quelques points et de s’endetter. Sur eux, les médecines économiques seront efficaces.

«

À

»

Anne Merlin

René Crignola

St-Zacharie (83)

Orry la Ville (60)

Les droits sociaux ne sont pas des droits ! achida Dati en reprenant le collier cinq jours après son accouchement pose un problème : doit-on utiliser les droits sociaux à leur maximum, faute de quoi ils s’useraient ? Je n’envisage pas la solidarité collective en ces termes. On devrait être récompensé pour avoir pris moins que la part qui nous revenait du gâteau collectif. Il faut en finir avec cette approche du social qui serait un droit. La paix est un droit, la libre conscience est un droit, aller et venir sans entrave est un droit. La définition d’un droit est qu’il n’est point besoin de le gagner : la nature l’octroie, sans paramètres économiques qui entrent en jeu. Mais le congé parental n’est pas un droit, non plus que celui de bénéficier de congés maladie. C’est

R

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une part du pot commun. Donc y puiser moins permet à d’autres d’en bénéficier plus. Les gens comme Rachida Dati devraient en être remerciés. Au lieu de cela, on leur dit : si vous prenez moins vous nous ferez honte lorsque nous prendrons une part plus grosse du gâteau. Que certains aient des scrupules à puiser dans l’épargne collective parce qu’ils n’en ressentent pas le besoin me paraît sain. On ne peut pas fustiger cette position et dans le même temps se plaindre du creusement des déficits sociaux.  Éric Lancier

<elancier@googlemail.com>

«

O

»

Philippe Verdier <pverdier1@yahoo.fr>

Plan psychiatrique

«À

partir du moment où il revient au même de laisser les gens en prison que de les envoyer en hôpital psychiatrique, c’est qu’il y a un problème. On parle de grande réforme de la psychiatrie. Mais si la psychiatrie guérissait les patients, ces problèmes de structure n’auraient pas lieu d’être. Si les patients sortaient en sifflotant, leur guérison avérée, nous pourrions les renvoyer dans la société avec la certitude qu’ils ne récidiveraient plus. Seulement, les patients ne sont jamais guéris. Nous sommes si habitués à l’absence de résultat que porter plainte, même pour mauvais traitement, paraîtrait incongru. C’est dire !

»

Hugo Bourday <hugo.bourday@gmail.com>

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ENA : Non à la promotion Badinter ! a promotion de l’École nationale d’administration en cours de scolarité vient de choisir le nom de Robert Badinter, comme magistrat éponyme pourrait-on dire. On rappelle volontiers qu’un ministre de tutelle s’était étonné naguère qu’une autre ait choisi le nom de Stendhal au motif qu’il s’était laissé dire que le consul Beyle n’avait pas été un très bon fonctionnaire – ce à quoi les élèves avaient répondu qu’ils s’étaient laissé dire qu’il n’avait pas été un trop mauvais écrivain ! La qualité de la syntaxe et la référence littéraire ont certes disparu, mais l’étonnement reste de bon aloi… Il ne s’agit pas de critiquer l’hommage fait aux vivants, toujours susceptible d’être flatteur. Il ne s’agit pas non plus de critiquer un choix politique, comme si soudain le Conseil d’État autorisait Lille à s’appeler MartineAubry ou Paris Bertrand-Delanoë. Il s’agit encore moins de porter un quelconque jugement sur la vie et l’œuvre de Robert Badinter, tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change – puisque précisément, il faut laisser le temps au temps. Non, il s’agit de préciser ce qui motive ce choix. Est-ce le rappel de l’indépendance du juge, qui serait aujourd’hui menacée ? Cela serait bien dans le ton de l’école des cadres de la République. Mais convenons qu’un avocat-ministre-sénateur sent davantage le cumulard IIIe République que le véritable

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Manifs lycéennes

chat-fourré. Est-ce plutôt l’abolition de la peine de mort, dont précisément Stendhal aimait la rectitude syntactique ? Rien, dans la pensée libérale la plus noire ne laisse à penser que son rétablissement soit à l’ordre du jour. Et, somme toute, François Mitterrand eût mieux convenu, qui porta politiquement la décision. Est-ce un hommage au Droit en ces temps de marchés perturbés et de petites privautés citoyennes ? Mais l’époque semble être davantage à la Business school et au management international qu’à l’éloge de Duguit ou de Carré de Malberg. C’est toujours la difficulté des symboles. Leur sens premier doit être simple et évident pour être efficace, mais leur compréhension doit être suffisamment subtile et polysémique pour faire réfléchir. Ici, on sent bien que le symbole est encore frais ; il y a un peu de tout, mais ce n’est pas encore stabilisé. Si seulement, on avait pu y ajouter une pointe d’écologie, de partage social et de lien à tisser, de citoyenneté active, de solidarité respectueuse de la biodiversité, de démocratie participative, de consommation responsable et d’agriculture biologique ! Ce serait un Panthéon des valeurs à soi seul… Il faut dire que l’ENA est, pour les hauts fonctionnaires, un rare moment de respiration. Ils savent bien qu’à la sortie, il faudra jouer des coudes, marcher sur le voisin, écraser le copain, s’encarter chez tel ou tel et remplir

Chômage

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a FIDL a relancé unilatéralement l’offensive lycéenne le 15 janvier 2009. Les médias officiels ont largement tu les débordements de toute nature. Et tout laisse à penser que les forces de l’ordre ont eu des consignes pour intervenir le moins possible ! Ni l’ordre public, ni le respect de l’État de droit, ne semblent désormais une priorité ! Résultat : des barricades se dressent chaque matin devant les portes de nombreux lycées publics. Une poignée d’agités décident de qui peut rentrer et qui doit rester dehors… Et le plus inquiétant, c’est que personne ne s’en émeut. À nouveau, c’est la rue qui gouverne, ou plus précisément la FIDL, cette association Loi 1901 financée par de l’argent public dont la Cour des Comptes dit qu’il n’entre pas dans ses missions de contrôler sa gestion !

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a réduction du chômage et la recherche de la croissance seraient les deux préoccupations essentielles de nos dirigeants. Mais, simplement en libérant les entreprises des contraintes administratives, le chômage s’effondrerait. Quarante années de chef d’entreprise me permettent de l’affirmer. En maintenant une garantie hospitalisation minimale par la Sécurité sociale et en remettant entre les mains des médecins les compléments de remboursements, on réduirait considérablement les charges des entreprises et des salariés. Le courage politique de prendre ces décisions manque. Nos dirigeants évitent de se mettre à dos les syndicats. Quant à la gauche, toujours opposée à tout et incapable de mieux faire, elle reste l’égérie de la droite envers laquelle il faut prendre des égards.

Paris (75)

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Virgil Exactoru

Paris (75)

CGT

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Philippe Frette

son carnet d’adresses du nom des canailles parmi lesquelles un jour ils pourront enfin figurer à leur tour. Ils connaissent bien ce que Daniel Halévy appelait la République des comités, les petits copinages républicains, les « ôte toi de là que je m’y couche ». Ils savent bien que préfet n’est pas un diplôme, non plus qu’ambassadeur, conseiller ni directeur. Alors, l’ENA est ce moment de repos avant de sauter où on rêve de ce qu’on appellerait Robert Badinter. Un peu comme un séjour aux eaux de Vichy avant un périple dans les brasseries d’Écosse. Ce n’est pas de Badinter qu’il s’agit. C’est de l’idée que Badinter voudrait que les énarques aient de Badinter. Un méta-Badinter. Une concession éphémère au temps, non au temps tel qu’il est, mais au temps tel qu’ils font semblant de croire, dans le monde des idées, en cherchant à l’incarner dans ce qui aurait été. Un archéologue amoureux des bras de la Vénus de Milo. Ce qui gêne làdedans, c’est qu’on a du mal à distinguer ce qui ressortit au rêve de l’épicier, à la ruse du communicant et à la veulerie de l’arriviste… On ne peut s’empêcher de penser que, l’école eût-elle existé en 1793, la promotion se fût appelée Fouquier-Tinville ! 

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Francis Weyrich <weyrich.francis@free.fr>

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e 26 janvier, les conducteurs CGT des TER des Alpes maritimes entament leur 31e jour de grève consécutif. Nous savons tous que la CGT fait tout pour défendre la « classe ouvrière », du moins le prétendelle ! En l’occurrence, elle s’en f… comme de l’an quarante. En effet, depuis plus d’un mois, tous les « travailleurs », pour employer des termes chers à cette organisation, vivent une véritable galère. Chaque matin, des milliers de salariés sont privés de moyen de transport. Merci camarades !

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Jospeh Poncet <JOSEPH.PONSET@wanadoo.fr>

Obama et la sécurité

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es exégètes ont déjà commencé leur analyse du discours d’inauguration de Barack Obama. J’aimerais en extraire une phrase qui me paraît illustrer clairement la rupture entre

Obama et son prédécesseur : « Je rejette, comme une erreur, le choix entre notre sécurité et nos idéaux ». Dans un pays qui attache autant d’importance aux idéaux, même s’il ne les respecte pas toujours, c’est une phrase puissante. La priorité de George Bush a toujours été la sécurité des Américains. Les attentats du 11 septembre 2001 n’ont fait que renforcer ses convictions. Ils lui ont surtout permis de justifier des décisions discutables, non seulement sur le plan des idéaux américains, mais également sur le plan de l’efficacité. La page est tournée, mais Obama aurait tort de laisser le balancier dépasser le point d’équilibre. Les « forces du mal » n’ont pas disparu par enchantement le 20 janvier 2009. Sa phrase sera interprétée par elles comme un signe de faiblesse de la part d’une Amérique déjà fortement ébranlée par la crise économique…

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Roger Saint-Pierre La Rochelle (17)

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Communication

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M6 > Le chiffre d’affaires du groupe M6 en 2008 est resté à peu près stable à 1,35 milliard d’euros, malgré une baisse de 2,6 % des ressources publicitaires sur la chaîne M6 elle-même… OBAMA > La retransmission de l’investiture de Barack Obama, le 20 janvier, a attiré 7 millions de téléspectateurs. Sur ces 7 millions, TF1 en a attiré 4 millions, soit 29,1 % de part d’audience ! CCTV > La « CNN chinoise », China Central Television (CCTV), dans laquelle le gouvernement de Pékin envisage d’investir 5 milliards d’euros, compte déjà 80 millions de téléspectateurs dans 137 pays ! DETTE > Le « New York Times », célèbre quotidien américain, est endetté à hauteur de 1,1 milliard de dollars ! DAILYMOTION > Le site de partage de vidéos en ligne compte chaque mois 10 millions de visiteurs uniques. PUBLICITÉ > Le marché publicitaire mondial devrait régresser de 0,2 % en 2009, pour la première fois depuis 2001. NMPP > Les Nouvelles messageries de la presse parisienne ont perdu en 2008 400 points de vente traditionnels (maisons de la presse, cafés, tabacs…). Dans le même temps, 300 points de vente ont vu le jour dans la grande distribution, ainsi qu’une centaine de nouveaux kiosques et une autre centaine de points de vente dits « de capillarité » (en réalité, des revendeurs, essentiellement pour les quotidiens). Au total, le solde net en 2008 s’élève donc à 100 nouveaux points de vente, après un solde de 500 nouveaux lieux de vente en 2007…

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Société Société

Pierre Lance

Les assassins aux hormones a semaine dernière, je voulais dénoncer deux scandales en même temps, mais c’était impossible, vu l’exiguïté de cette page. J’étais écartelé entre le syndicalisme voyou qui prenait 400 000 voyageurs en otages à la gare St-Lazare et des médecins criminels ayant inoculé par négligence et cupidité une affreuse maladie à 800 personnes (dont 118 sont déjà mortes dans d’horribles souffrances) et qu’une justice complaisante venait de relaxer. J’avais finalement dû trancher à pile ou face, gardant la honte judiciaire pour aujourd’hui. Je dois rappeler tout d’abord que le principal responsable de cette épouvantable contamination est l’Institut Pasteur, dont, très curieusement, nul n’a prononcé le nom dans nos journaux télévisés, alors que les médecins qui, dans les années 1970-80, recommandaient cette hormone ne cessaient de citer en référence le prestigieux Institut. Et je me souviens du témoignage de cette mère bouleversée par l’agonie de son enfant et qui déclarait à travers ses larmes : « L’Institut Pasteur, vous comprenez, forcément, on avait confiance ! » Bien sûr, car tous ces bons Français qui ne lisent rien et avalent toutes les couleuvres ignorent qui était réellement Louis Pasteur : un arriviste sans scrupule, intrigant, courtisan, tricheur, plagiaire et, au bout du compte, assassin d’enfants, qui ne fut sauvé de la cour d’assises que par d’autres tricheurs. Je résume l’affaire : Pasteur, obsédé par sa

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propre publicité, se vantait d’avoir inventé un vaccin contre la rage et attirait vers lui tous ceux qu’un chien avait mordu, sans que personne ne vérifiât si le chien était vraiment enragé. Or, Pasteur préparait son vaccin à partir de la rage du lapin, dont les symptômes sont très différents de ceux de la rage du renard, que des chiens peuvent contracter. Et certains enfants mordus, vaccinés par Pasteur, moururent de la rage du lapin et non de celle du renard, ce qui établissait qu’ils avaient été contaminés par le vaccin de Pasteur et non par la morsure subie. Le père de l’un d’entre eux voulut traîner Pasteur en justice, et celui-ci ne s’en tira que grâce à de fausses expertises de scientifiques à sa botte. Après quoi il déroba le vaccin efficace du vétérinaire Toussaint, en affirmant que c’était le sien. Voilà l’homme qui a son avenue dans presque toutes les villes de France et qu’un sondage de popularité nationale place en second, juste derrière Charles de Gaulle. Ce qui me fit écrire un jour : « Il sera plus facile de déstaliniser la Russie que de dépasteuriser la France ». (J’ajoute que la « pasteurisation » est un terme usurpé. On devrait l’appeler « appertisation », car elle fut inventée par l’industriel Nicolas Appert et ne doit rien à Pasteur. Mais allez donc déraciner des esprits un mensonge imprimé sur toutes les bouteilles de lait !) Soit, me direz-vous, mais Pasteur est mort et l’Institut qui porte son nom est tout autre chose. Que nenni, Messires !

<pierre.lance@wanadoo.fr> Site Internet : http://assoc.wanadoo.fr/lerenouvelle/pub

Ignorez-vous ce qu’on appelle une « culture d’entreprise » ? Toute communauté, quelle qu’en soit la nature, porte la marque de son fondateur et en perpétue les mœurs et le caractère. Et c’est exactement ce que le procès de l’hormone de croissance illustre impeccablement. L’acte d’accusation a établi que l’incurie régnait partout dans la filière. L’association (sic) « France Hypophyse » privilégiait le rendement et collectait les hypophyses même sur les cadavres à risques. Ensuite l’Institut Pasteur en extrayait l’hormone sans effectuer de stérilisation, grave entorse au principe de précaution, ce que la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), qui conditionnait le produit, ne contrôlait pas comme elle aurait dû le faire. Pourtant, des scientifiques du monde entier avaient multiplié les avertissements sur les risques de transmission de la maladie de Creutzfeld-Jacob. Mais chez Pasteur, pourquoi s’en faire ? « Nous, on ne risque rien, nous sommes une icône, une légende, une statue, la gloire de la médecine française ! Aucun tribunal n’oserait nous condamner ». La preuve en est faite ! Et que dire de la responsabilité des pédiatres (je parie qu’ils touchaient une prime) ayant fortement conseillé à des parents l’hormone de croissance cadavérique « garantie Pasteur, oui Madame », sous prétexte que leur enfant était de petite taille. On frémit à l’idée que les parents de Nicolas Sarkozy eussent pu être de ceux-là ! 

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International International Guy Millière

Obama : de l’extase à la déception…

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que les Musulmans sont placés, dans une déclaration présidentielle, avant les Juifs. Je ne veux y voir, pour l’heure, aucune indication trop précise. En voyant la foule et la ferveur, j’ai pensé qu’il y avait là un phénomène d’adoration qui n’était pas très sain dans une démocratie, et qui tôt ou tard se retournerait contre l’objet de l’adoration, dès lors que celui-ci apparaîtrait non pas comme une réincarnation du grand Rédempteur, mais comme un homme politique qui doit gérer une situation complexe, faire des compromis, revenir sur ses promesses de campagne… J’attends, avec un sourire ironique, de voir ce qu’Obama va faire des gentils prisonniers du camp de Guantanamo qu’il entend fermer au plus vite. J’attends aussi, mais avec inquiétude, les décisions en matière de politique économique, sociale et environnementale. J’attends, avec plus d’inquiétude encore, les décisions concernant le Proche-Orient, ou la visite tant promise dans un État musulman. Des journalistes à Washington ont noté qu’Obama, comme les Clinton, attirait les milliardaires : il n’y avait jamais eu, un tel jour, autant d’avions privés sur les pistes du National Airport, ni autant de limousines dans les rues avoisinantes. Il faut dire que les milliardaires n’ont pas été les seuls à venir : les gens étaient aussi nombreux qu’à Londres pour les funérailles de la princesse Diana. La différence est qu’ils ne pleuraient pas, mais semblaient extatiques.

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<MGuymilliere@aol.com>

n éditorialiste du Financial Times écrivait, le matin de la passation de pouvoir du 43e au 44e Président des États-Unis qu’il espérait qu’Obama dirait enfin quelque chose de mémorable. J’ai écouté le discours d’Obama. Je n’ai, comme la plupart des commentateurs, rien vu de particulièrement marquant en celui-ci. J’y ai perçu d’innombrables nuances de pensée politiquement correcte, une volonté de s’adapter aux circonstances et d’être à la hauteur de l’événement et de la fonction. Obama ne pouvait pas parler en gauchiste un pareil jour. Il ne pouvait pas se démarquer de l’histoire américaine ou des institutions. Il ne pouvait pas critiquer son prédécesseur. Ce qui a semblé évident au fil des mots est qu’il se situe très loin de Ronald Reagan et de George Walker Bush. Si le premier considérait que l’intervention gouvernementale était le problème et si le second a toujours présenté les États-Unis comme le pays de la liberté, Obama a plutôt présenté, lui, le gouvernement comme la solution, et a affirmé que les États-Unis devaient se faire plus humbles, plus conciliants, tendre davantage la main, même aux dictateurs. Obama, en adepte du multiculturalisme et de l’apaisement, a parlé des Américains comme de Chrétiens, Musulmans, Juifs, Hindous et non croyants. C’est la première fois qu’un Président inclut Musulmans, Hindous et non croyants de cette façon. C’est surtout la première fois

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DROITS DE L’HOMME Il y a contradiction permanente entre les droits de l’homme et la politique étrangère d’un État, même en France ! BERNARD KOUCHNER, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

Dans un contexte de récession, cela a au moins eu un avantage : faire marcher le commerce. On a pu trouver de tout à Washington et dans toutes les grandes villes du pays : des cierges Obama et des broches Obama en or dix-huit carats, des T-shirts et des casquettes Obama, des bandes dessinées, et même des slips Obama. J’ai aperçu aussi des assiettes Obama, destinées, bien sûr, à la décoration : qui oserait verser de la soupe sur le visage du saint homme ? J’ai eu, sans cesse, à l’esprit le prédécesseur d’Obama. Je ne me fais aucune illusion. Il faudra deux décennies au moins pour que l’histoire fasse son œuvre et que des livres redonnent à George W. Bush la place qu’il mérite. Pour l’heure, il a sans aucun doute fallu beaucoup d’abnégation à ce dernier pour supporter les injures, la diffamation et l’injustice. Bush a pu partir en se disant qu’il avait fait son devoir, protégé le peuple américain, montré ce que sont droiture, sens du commandement et opiniâtreté. J’aimerais me dire que, dans quatre ou huit ans, Obama pourra quitter la Maison Blanche en se disant lui aussi, sans tricher, qu’il a fait son devoir. Je ne puis que douter et, au mieux, espérer. J’aimerais me dire que le 20 janvier 2009 a été une date positive dans le devenir planétaire. Mais mes espoirs sont fort minces. Cela m’évitera ce qui attend très vraisemblablement les centaines de milliers assemblés à Washington : la déception… 

TERRORISME Quand on parle de terrorisme, il faut distinguer d’un côté Al Qaïda, les partisans d’une sorte d’empire musulman à l’échelle mondiale et, d’autre part, des mouvements nationalistes qui combattent pour des objectifs limités, en l’occurrence la création d’un État palestinien libre et indépendant. JEAN-PIERRE CHEVÈNEMENT

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RÉFORME Il y a urgence à réformer notre pays pour apporter des réponses à la crise économique. JEAN-FRANÇOIS COPÉ, PRÉSIDENT DU GROUPE UMP

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CHOIX Demain, pour les jeunes déboussolés par le système et inquiets pour leur avenir, le choix sera entre voter Besancenot et voter Front national. ALAIN SORAL, ESSAYISTE

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SERVICE PUBLIC La qualité du service public doit être maintenue, mais on peut le faire avec un peu moins de fonctionnaires. ÉRIC WOERTH, MINISTRE DU BUDGET

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CRIME DE GUERRE Quand le Hamas tire depuis une école ou un hôpital en utilisant la population comme bouclier, il commet un crime de guerre au regard du droit pénal international. Mais cela n’autorise pas pour autant une réponse automatique des forces israéliennes, qui constitue aussi un crime de guerre… FRANÇOISE BOUCHET-SAULNIER, JURISTE À MÉDECINS SANS FRONTIÈRES

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LIBERTÉ Quand les peuples vivent en liberté, ils ne choisissent pas de leur plein gré des dirigeants qui mènent des campagnes de terreur. GEORGE W. BUSH

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