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Chronique

politique

Claire Andrieu, Philippe Braud, Guillaume Piketty

1 265 pages – 31 euros Les auteurs ont rédigé ce “Dictionnaire de Gaulle” avec 300 spécialistes de l’histoire, du droit et de la littérature. Il compte plus de 1 000 entrées, qui présentent toutes les facettes d’un De Gaulle invoqué à chaque campagne présidentielle. Sont épluchés sa formation, ses débuts, son entrée dans la Seconde Guerre mondiale, son départ pour Londres, la Libération, son exil à Colombey, la Ve République, ses relations avec ses contemporains… Outil précieux pour ceux qui s’intéressent à de Gaulle, l’ouvrage détaille son rôle historique, mais aussi son côté humain : on l’entend parler des Beatles ou de sa famille…

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es hommes politiques sont avant tout… des hommes politiques ! Comme le faisait remarquer Georges Pompidou, aucun n’est jamais mort d’une indigestion de voix ! En conséquence, ils veulent gagner leur élection avec le plus grand nombre possible de suffrages, et demeurer le plus longtemps possible au pouvoir. C’est en partant de cette fort triviale observation qu’il convient d’analyser la constitution du premier gouvernement de Nicolas Sarkozy. Il aurait pu faire l’ouverture à droite, ou bien constituer, pour commencer, un gouvernement de techniciens… Mais ce n’est pas comme ça qu’il allait gagner les élections législatives des 10 et 17 juin prochains. Au plan parlementaire, son adversaire demeure le parti socialiste. Tout ce qui l’affaiblit renforce sa position politique. Et si des hiérarques socialistes se sont ralliés dès le 7 mai, comment continuer à diaboliser le nouveau chef de la droite ? Son image gagne en finesse et perd en brutalité…

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alain.dumait@mac.com Alain Dumait, 63 ans

Réflexions prudentes sur « l’ouverture »

Dictionnaire de Gaulle Éditions Robert Laffont Collection Bouquins

Alain Dumait

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LES 4 VÉRITÉS HEBDO N° 593 VENDREDI 25 MAI 2007

Cette « ouverture » politique, au lendemain d’une élection présidentielle, est d’ailleurs un grand classique de notre vie politique. De Gaulle luimême la pratiqua en 1945, puis en 1958, avec des ministres comme Pierre Pflimlin et Guy Mollet (qui venaient avec quelques « amis »). François Mitterrand la renouvela en 1988, avec une poignée de ministres « barristes ». Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing considéraient que c’était entre les deux tours qu’il fallait élargir aux centristes. On sait que Nicolas Sarkozy était prêt à le faire, mais François Bayrou avait « pris la grosse tête »… On remarquera quand même qu’en 1981, François Mitterrand va aux élections générales sur une ligne « d’Union de la gauche ». Le nouveau chef de l’État, électoralement, aurait pu envisager d’y aller à son tour sur une ligne « d’entente à droite », ce qui aurait permis de lever sans attendre de nombreuses incertitudes sur les chances réelles de redressement du pays avec un gouvernement « d’ouverture ». Mais il n’y a pas de parallélisme entre les deux situations : François Mitterrand avait la sympathie des médias sur sa ligne politique tandis que Nicolas Sarkozy ne l’aurait certainement pas eu sur une ligne « d’entente à droite ». Car les médias sont au cœur de la stratégie de notre nouveau président de la République. On peut compter sur lui pour occuper toutes les lucarnes, toutes les ondes et toutes les colonnes, ne laissant à l’opposition de gauche qu’un petit nombre de médias de deuxième catégorie du point de vue de leur audience (Canal+, les radios du service public, « Le Monde »…). C’est à se demander si, quand il a dit être le candidat du peuple, il ne pensait pas « candidat des people »… On sent qu’il y a déjà une sorte d’accord avec la gent médiatique : ce

gouvernement ira encore plus loin que ses prédécesseurs dans la voie du social compassionnel (la première visite du nouveau Premier ministre a été pour un foyer de femmes battues, presque toutes d’origine africaine…), mais, comme il a répété sur tous les tons qu’il fera ce qu’il a dit, il espère que les médias le soutiendront, y compris sur ses réformes économiques. En vérité, la véritable opposition réside d’ores et déjà dans les officines syndicales. Et le moment de vérité viendra, dès cet été, avec la mise en place annoncée et confirmée d’un service minimum dans les entreprises publiques de transport. On peut compter sur François Fillon pour offrir autant qu’il le pourra des contreparties aux syndicats. Mais si ceux-ci se sentent assez forts pour aller à l’affrontement, ce pourrait être, pour la majorité nouvelle, la première épreuve du feu. Résumons-nous. Nicolas Sarkozy a demandé à son gouvernement de mettre en œuvre son projet présidentiel. Celui-ci comporte des propositions intéressantes mais n’est de nature ni à permettre un développement économique brillant, ni à répondre aux désordres de toutes sortes résultant de trente ans de laxisme en matière d’immigration. Le nouveau chef de l’État n’a pas pris d’engagement fort sur la réduction de la dette ou sur la réduction des dépenses (si ce n’est sur la réduction du nombre des fonctionnaires). En matière d’immigration, il n’envisage qu’un infléchissement, sous la forme d’un durcissement des conditions du regroupement familial, ce qui est bien, mais tout à fait insuffisant. « Toujours, l’inattendu arrive ». C’est à ce moment-là, qui peut venir très vite, qu’on pourra juger notre nouveau gouvernement. Et qu’on verra si « l’ouverture » a été seulement un bon coup politique, ou… une mauvaise affaire pour la France. ■

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VÉRITÉS 4

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LES

La publication anti bourrage de crâne

ÉDITORIAL

HEBDO

Jean Rouxel

Kouchner : un soixante-huitard à la tête du Quai d’Orsay out au long de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy stigmatisa Mai 68, dont il promit de « liquider » l’héritage. Et voilà qu’il confie un ministère « régalien », celui des Affaires étrangères, à Bernard Kouchner, l’une des personnalités politiques symbolisant l’esprit soixante-huitard. Hubert Védrine venait de refuser le poste. L’entourage de Sarkozy lui avait déconseillé de le lui offrir, le jugeant trop peu malléable. La nomination de ce prince de l’humanitaire très populaire qu’est Kouchner vise à ratisser l’électorat de Bayrou aux prochaines législatives. Kouchner a rejoint Sarkozy après avoir prôné l’alliance du PS avec le leader centriste, montrant que la troisième voie préconisée par ce dernier est une impasse. Mais sa nomination à la tête du quai d’Orsay pourrait déboussoler certains électeurs de droite. Son atlantisme, sa bienveillance vis-à-vis d’Israël et son droit-del’hommisme le rapprochent de Sarkozy. En outre, les deux hommes entretiennent de bons rapports depuis longtemps. Mais le passé de Kouchner est idéologiquement chargé. Il commença par militer au Parti communiste, au début des années soixante, prenant la direction de l’Union des Étudiants Communistes. En mai 1968, il se jeta à corps perdu

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Dessin de MIÈGE

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LES 4 VÉRITÉS 2007 © Publication hebdomadaire (CPPAP N° 0208 I 82 712) Tél. : 01 56 81 00 30 Fax : 01 40 46 00 27 < 4verites@wanadoo.fr > < http./www.les4verites.com > (webmaster : Aléric Brei-Lefebvre) Siège social : 65, rue Claude Bernard 75005 Paris – (EEC, Sarl de presse) Abonnements : 4 Vérités-DIP 18 à 24, quai de la Marne 75164 Paris Cedex 19 01 44 84 85 48 (Dominique <dominique.varenguin@dipinfo.fr>) ou http://www.les4verites.com Directeur, responsable de la publication : Alain Dumait Rédaction : Jean Rouxel (rédacteur en chef), Laurent Artur du Plessis Le numéro 1,20€ Abonnement 50 numéros 60€ TTC Abonnement de soutien à partir de 100€ Personnes morales (entreprises ou administrations) : 200€, TVA à 2,10 % en sus Imprimerie : Delcambre, Pantin (93) Également disponible en format numérique (nous consulter) Fichiers déclarés à la CNIL (N° 672024) Exemplaire gratuit sur simple demande écrite

dans la « révolution », aux côtés des trublions d’extrême gauche : Cohn-Bendit, Krivine… Plus tard, au cours des années Mitterrand, il s’installa sous les lambris dorés des Palais nationaux : il fut plusieurs fois secrétaire d’État ou ministre, devenant l’une des figures marquantes de la gauche caviar. Autre épisode significatif de la vie de Kouchner : son passage au Kosovo, qu’il administra en tant que Haut représentant de l’ONU, de juillet 1999 à janvier 2001, dans le cadre de la résolution 1244 du Conseil de sécurité qui autorisait l’établissement d’une autorité « administrative internationale civile ». Il favorisa la communauté albanophone de cette province serbe, faisant de facto le jeu de l’intégrisme islamiste dans les Balkans. Védrine explique qu’il a décliné l’offre qui lui était faite parce que Sarkozy ne veut pas d’un ministère des Affaires étrangères fort, afin de le piloter de l’Élysée. Les conceptions de Védrine, très pro-arabes, l’auraient dressé contre le président. Il n’est pas certain que Kouchner, quoique réputé plus souple, reste très longtemps dans ce gouvernement, où son tiers-mondisme et son culte de l’action onusienne pourraient le mettre en porte-à-faux. Sa présence est surtout requise jusqu’aux législatives… ■

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Encore un peu de patience, et tout finira mal. Catulle

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SOMMAIRE

2 ➥ 3➥ 4 6➥ 7➥ 8

Éloge de l’impôt proportionnel par Florin Aftalion

Chiffres Significatifs

Un autre Chirac par Nicolas Bonnal

Divers faits Votre opinion nous intéresse Le courrier des lecteurs

Pour en finir avec la panne européenne par Pierre Lance

Communication

Attention à la tyrannie du statu quo par Guy Millière

Sic

La chronique politique d’Alain Dumait

Faites connaître autour de vous

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Chiffres Significatifs

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RANÇON > Les deux Français otages des talibans ont été libérés contre une rançon de 15 millions de dollars (12 millions d’euros).

Économie Économie

Florin Aftalion

ESSENCE > Par manque de capacités de raffinage, l’Iran importe 40 % de sa consommation d’essence. ÉCOLOGIE > En Israël, plus de 750 000 arbres, surtout en Galilée, ont brûlé à cause des roquettes des terroristes du Hezbollah. NAUFRAGE > En Afrique, le revenu par habitant a baissé d’un quart entre 1987 et 2006. De 1970 à 2006, la part de l’Afrique dans les marchés mondiaux s’est réduite de moitié. Sa dette a été multipliée par 20… IRAK > Sur 2,2 millions de barils de pétrole que produit l’Irak chaque jour, 350 000 sont détournés par les trafiquants. INVESTITURE > Un sondage Harris attribue à Hillary Clinton 40 % d’intentions de vote des électeurs démocrates, contre seulement 27 % à Barack Obama, qui, le mois dernier encore, la talonnait avec cinq points d’écart. Un sondage Gallup indique que l’ancien maire de New York, Rudolph Giuliani, bénéficie de 29 % des intentions de vote des électeurs républicains. Il continue à devancer le sénateur John McCain (23 %). BOULANGERIE > La boulangerie française emploie quelque 200 000 personnes. SALAIRES > À Shangaï, le salaire mensuel moyen d’un ouvrier est de 270 euros. C’est 150 à Bangkok et 154 à Manille. AFGHANISTAN > En Afghanistan, les attentatssuicides, inconnus auparavant, sont passés de 27 en 2005 à 139 en 2006.

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Flat Tax : 25 ans de combats et de progrès l y a un quart de siècle, deux économistes américains Robert E. Hall et Alvin Rabushka, publiaient un livre intitulé The Flat Tax. Ils y présentaient l’idée d’un système fiscal simplifié : les revenus et les bénéfices étant soumis à un taux d’imposition unique. Ainsi, prétendaient-ils, une carte postale suffirait pour déclarer ses revenus. Les économies de temps ainsi réalisées seraient considérables. Elles ne constitueraient cependant pas son seul avantage. Le taux unique proposé en 1982 était de 19 % (en réalité, il en existait aussi un à 0 %). Il avait été calculé pour que les recettes produites par le nouveau régime ne diminuent pas, sous l’hypothèse que les incitations à épargner et à travailler ne changeraient pas. En 1986, Ronald Reagan fit adopter la Tax Reform Act qui, avec deux taux, à 15 % et 28 %, représentait un progrès significatif vers la Flat Tax. Malheureusement, son successeur George H.W. Bush ajouta un taux à 31 % et Bill Clinton deux autres à 36 % et 39,6 %. L’idée ressurgit là où on l’attendait le moins : en 1994, la petite Estonie, contre l’avis des « experts » occidentaux, décida l’application d’un impôt unique au taux de 26 %. Le but de cet impôt, établir l’équilibre budgétaire, fut si bien atteint que le taux unique put être abaissé à 20 % en 2009 alors que l’impôt sur les sociétés a déjà été supprimé (seule subsiste la taxe au taux unique sur les dividendes). Malgré cela, le budget de l’État estonien est en excédent depuis 2001 alors que son taux moyen

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de croissance a été de 8,8 % depuis 1997 et atteint 11,4 % en 2006. La réussite de l’Estonie ne passa pas inaperçue. Les deux autres pays baltes introduisirent à leur tour des taux uniques et, surprise, furent imités par la Russie qui adopta une Flat Tax à 13 % en 2001. Depuis, les recettes fiscales de Moscou ont plus que doublé. D’autres pays ex-communistes ont appliqué la même recette : la Serbie, l’Ukraine, la Slovaquie, le Kirghizistan et depuis peu la Macédoine. Parmi les pays développés, l’Allemagne aurait pu être le premier à opter pour une Flat Tax. Elle faisait partie en 2006 du programme du parti chrétien-démocrate. Mais n’ayant pas obtenu la majorité au Bundestag, Angela Merkel renonça à une réforme qu’elle rendait responsable de sa déconvenue électorale. Dans tous les cas, la Flat Tax a amélioré les incitations à travailler et à épargner et accéléré la croissance économique. L’assiette de l’impôt a été augmentée et son produit accru : la diminution des taux de l’impôt peut entraîner une augmentation des recettes fiscales. Il peut paraître étrange que la réforme représentée par la Flat Tax soit refusée en France qui souffre d’un déficit budgétaire chronique. Le problème est que politiciens et leaders d’opinion ne semblent pas croire possible qu’une baisse des taux entraîne une hausse des recettes. C’est oublier que la Flat Tax puisse avoir des effets incitatifs en encourageant le travail et l’épargne.

Professeur émérite à l’ESSEC < aftalion@noos.fr >

En y regardant de près, il apparaît que la vraie raison du rejet tient moins à l’ignorance des lois économiques qu’à la dévotion pour l’égalitarisme et la sacro-sainte progressivité de l’impôt. Introduire la Flat Tax en France ne ferait pas disparaître la proportionnalité puisque les impôts resteraient proportionnels aux revenus. Proportionnels mais pas plus. La partie punitive (et desincitative) des impôts, celle qui va au-delà de la proportionnalité, serait supprimée et c’est de cela que les égalitaristes de tous crins ne veulent pas. Ils craignent trop de se voir reprocher de « faire des cadeaux aux riches. » Mais non contents de refuser d’entreprendre des réformes indispensables en France, nos gouvernants voudraient les interdire dans toute l’Union européenne. Ils craignent la contagion de pratiques libérales, donc à leurs yeux condamnables. Alors, ils accusent les pays qui prospèrent grâce à la Flat Tax et à de faibles taux d’imposition (et d’autres réformes judicieuses) de dumping fiscal. Cela attirerait chez eux les investissements étrangers et inciterait nos firmes à délocaliser. Ce qui serait facile à empêcher en adoptant chez nous les réformes qui marchent si bien ailleurs. Pour interdire ce qu’elle prend pour de la concurrence fiscale déloyale, la classe politique française, gauche et droite confondues, veut imposer l’harmonisation fiscale à toute l’Europe. Puisque nous ne voulons pas nous enrichir, obligeons les autres à s’appauvrir. ■

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Politique Politique

Nicolas Bonnal < nbionnal@yahoo.es >

n nous avait promis une rupture tranquille, nous aurons la tranquillité sans rupture. Rarement gouvernement aura autant déçu les aspirations au changement politique dans cette France du IIIe millénaire, qu’on appelait aux plus grandes destinées sous les auspices sarkozyennes. Je dis déçu, certains seront peut-être ravis. Revoir Juppé, le vaincu de 97, ou bien Borloo pour la vingtième fois, compagnon de fortune de l’inévitable Tapie, gaspilleur des fonds publics dans la politique de la ville, ou bien revoir Kouchner, insatiable bateleur d’estrade du mondialisme politique le plus niais, tout cela ne peut qu’emplir de bonheur le ravi de la crèche de droite qui s’attendait à des mesures libérales ou nationalistes. En réalité, on a l’impression d’un remake des raffarinades ou de l’époque la plus rose de notre histoire récente, quand le Mitterrand réélu de 88 pouvait convier qui il voulait à sa table d’hôtes, sur le dos de la France et de son avenir. Ce qui frappe avant tout dans cette fine équipe, c’est son manque, au moins théorique, de compétences. On nous avait promis des compétences, plein de compétences : de compétent, il n’y a que Christine Lagarde, belle et brillante avocate internationale, ancienne membre de l’équipe de France de natation synchronisée, et évidemment mise sur la touche à l’Agriculture et à la Pêche (4,5 % du PNB ?). Elle a vécu la moitié de sa vie à Chicago. Les autres n’ont pas fait l’ENA, souvent même pas Sciences-Po

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Un gouvernement formidable ! (Hortefeux a arrêté en 86), et il semble que cette absence de diplômes soit un gage de compétence. On va nous dire qu’il était temps d’en finir avec l’ENA, et on est bien d’accord. Mais de là à recruter les banlieusards diplômés des filières parallèles, il y avait un pas que même les socialistes n’avaient pas franchi. Les socialistes s’étaient d’ailleurs ouverts à la société civile en 1988, et on nous refait le coup vingt ans après, en ayant le culot de nous parler de rupture. Sauf qu’à la place de Guy Drut, d’Alain Calmat ou de l’autre médaillé olympique Jean-François Lamour, nous avons récolté la grosse comique Roselyne Bachelot, pharmacienne de son état, fille et héritière de député, quelque part dans le Grand Ouest qui a donné ses voix à la gauche. Bachelot présidait aussi les amitiés franco-irakiennes : cela choque moins que Védrine, qui lui aussi était pro-arabe, mais a été jugé trop compétent. Il a d’ailleurs bien dit que Sarkozy ne voulait visiblement pas d’un ministère trop fort. Mais à part celui des Affaires sociales, quel ministère sera fort ?

Tous ensemble. Mais où ? Il faut reconnaître que cela est bel et bon : on ne nous a pas promis moins de clandestins ou moins d’impôts : on nous a promis d’être tous ensemble, même si cela ne sera pas sur le yacht de Bolloré. On notera aussi que, dans ce défilé de compétences, on a bien des amis et bien des fils de

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notables ; c’est le cas de Fillon, estampillé gaulliste social, séguiniste et sans doute aussi héritier de Chaban et de son imbécile société bloquée… ou l’on retrouvait Delors. On a aussi Pécresse, fille de notable ami des Chirac ; et Alliot-Marie, infatigable harpie de la Chiraquie fatiguée (Vous vous souvenez : « La France, c’est Jacques Chirac et la tour Eiffel ! »)… On a vu aussi que le président fraîchement élu s’est empressé d’aller rassurer l’Allemagne et l’Europe, qui ont si bien contribué à saccager notre appareil industriel. En bref, on peut dire qu’il y a dans ce gouvernement constitué comme une espèce de sans-faute de mauvais goût. Pour un peu, on ferait ses paquets, comme Manaudou ou bien Johnny. C’est Devedjian qui a bien dit qu’être sarkozyste ce n’est pas être incompétent ; mais qu’estce que le sarkozysme, finalement ? Un gaullisme social de nouveau riche pas très bien élevé, et pas très bien entouré du point de vue culturel ? Ou un foutage de gueule supplémentaire de l’électeur de droite ? Et l’électeur de droite, qu’est-ce que c’est après tout ? Sinon un cocu magnifique qui a donné sa voix à un autre bateleur, fils prodigue de la Chiraquie qu’on croyait enterrée ? ■

Gratuité Google a mis à disposition des habitants des villes californiennes de Mountain Vew, où est son siège, et de San Francisco, un accès gratuit et universel à Internet sans fil et à haut débit.

LIBÉRALISME > Alain Madelin ironise sur « le caractère hybride » du programme de Sarkozy milibéral mi-interventionniste. Il l’exhorte à satisfaire aux mêmes « exigences libérales » que Tony Blair. PRUDENCE > Philippe Séguin a refusé le ministère de la Justice, préférant conserver son poste inamovible de premier président de la Cour des Comptes jusqu’à 69 ans (il en a 64), comme le lui assure la règle administrative. CONFORTABLE > Hubert Védrine est avocat, et, depuis deux ans, administrateur du groupe LVMH, où il a été introduit par Nicolas Bazire, ex-directeur de cabinet de Balladur à Matignon. REFUS > Nicole Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT, a décliné l’offre de devenir ministre que lui a faite Sarkozy. Elle avait fait pareil avec Juppé et Raffarin. REVIREMENT > Le Tribunal administratif de Marseille a annulé l’octroi, par la municipalité, d’un bail emphytéotique pour la construction d’une mosquée, qui accordait la jouissance pendant 99 ans, et pour un loyer infime, du terrain où devait s’élever le lieu de culte. Cette décision de justice désavoue une pratique très répandue. NUCLÉAIRE > Des représentants de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont constaté, dans l’usine iranienne de Natanz, que les 1 300 centrifugeuses fonctionnaient désormais à plein rendement : les difficultés techniques qui freinaient l’enrichissement de l’uranium ont été surmontées. ISLAMISATION > Les cellules des commissariats de police d’Amsterdam vont être dotées de flèches pointées vers La Mecque.

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Divers faits

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Votre opinion nous intéresse

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Légitimité

Ouverture

Jours de grève

ans de nombreux pays, notamment outreRhin, les fonctionnaires n’ont pas le droit de grève. C’est la contrepartie d’une sécurité de l’emploi plus grande. La mise en place d’un service minimum dans les transports et l’Éducation nationale s’impose chez nous. Et cela, pour limiter les nuisances et l’irresponsabilité. Les vacances scolaires sont déjà beaucoup trop nombreuses, pour se permettre d’accroître encore la durée du non-travail par des grèves à répétition. Le nouveau président de la République ne cédera pas aux corporatismes manipulant la rue et privilégiera l’intérêt général, dans ce domaine comme partout ailleurs. Soyons tous derrière lui.

a CGT vient de déclarer que Nicolas Sarkozy n’avait pas la légitimité pour imposer ses mesures économiques et sociales contre l’avis des salariés. Curieuse conception de la démocratie qui veut que le Président élu avec 53 % des suffrages n’ait aucune légitimité, mais que les syndicats qui représentent au mieux 8 % des salariés en aient une ! On aimerait savoir si Bernard Thibault compte faire de l’obstruction systématique à un gouvernement qu’il ne souhaitait pas, ou s’il est décidé à remplir pleinement son rôle de “partenaire social” pour participer au programme économique et social que 19 millions d’électeurs ont choisi.

ayrou a démontré que les Français aspiraient à voir au gouvernement des compétences plutôt que des ambitions. Il n’était pas crédible, étant lui-même dévoré d’ambition, mais la réponse qu’il a reçue a montré que son message était passé. Nicolas Sarkozy semble l’avoir compris. Mais il sera coincé entre sa promesse de “faire tout ce qu’il a dit” et le besoin de faire passer son action par des ministres pas toujours convaincus. La solution lui a été fournie par Jacques Chirac déclarant à son sujet : “Je décide et il exécute”. Utiliser un ministre de gauche, à la compétence reconnue, pour faire passer les réformes dans l’opinion, peut s’avérer habile.

ans sa chronique du N° 591, Alain Dumait exprime la crainte que, si le nouveau président de la République n’engage pas rapidement certaines réformes, “les syndicats reprendront leurs manifestations et, dans la rue, la gauche fera tout pour lui reprendre sa victoire.” Cette crainte pourrait être ramenée à une dimension “raisonnable”, en prenant rapidement des mesures touchant au droit de grève ainsi qu’à son corollaire, le droit au travail. En effet, le fait que, dès le dépôt d’un préavis de grève, le gouvernement annonce qu’il mettra tout en œuvre pour permettre aux non grévistes d’accéder librement à leur lieu de travail, risque d’atténuer l’ampleur du mouvement. Si, simultanément, il affirme que, dans la fonction publique, les journées de grève ne seront en aucun cas payées, les travailleurs concernés seraient amenés à réfléchir sur les conséquences pécuniaires de leur décision et leurs représentants syndicaux seraient sans doute conduits à entamer de véritables discussions au lieu de se cantonner, comme à leur habitude, dans une position de blocage. Cette détermination devrait suffire à ramener le taux de participation à une valeur proportionnelle à la représentativité des syndicats.

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Jean-Pierre Adam

Jacques Guillemain

<jeanpierreadam@gmail.com>

Versailles (78)

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Roger Saint Pierre <roger.stpierre@wanadoo.fr>

Une voix de droite discordante… l est bien ennuyeux de représenter “l’esprit chagrin” au milieu de l’enthousiasme général, mais j’avoue que la nomination au gouvernement de Sarkozy de tant de ministres “bien-pensants” m’étonne quand même… Alors qu’il a gagné le premier tour des élections présidentielles avec plus de 30 % des voix, grâce à sa campagne très à droite, privant de leurs électeurs les candidats patriotes Villiers/Le Pen, il fait preuve à présent d’une orientation nettement plus sociale et centre gauche que libérale, si l’on en juge par son choix affiché de ministres dits “d’ouverture” et de fausse droite : Fillon, Borloo, Kouchner le tiers mondiste, Bachelot, Boutin, Juppé… Où sont par exemple les Rénovateurs de l’Assemblée qui ont tant travaillé à gagner les

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esprits aux libertés économiques et fiscales et y a-t-il un seul représentant de la France nationale ! ? De plus, pendant sa campagne, le Président n’a pas manqué d’évoquer abondamment les valeurs patriotiques et chrétiennes, mais cela ne le gêne nullement pour reprendre en partie la Constitution européenne, bien que rejetée, basée sur le fédéralisme et la négation de nos racines religieuses. La France étouffe déjà sous le poids de charges inhérentes à l’immigration, mais on ne nous parle plus que de la construction, en appel d’air, de logements sociaux rendue nécessaire par l’arrivée de 300 000 étrangers par an. Ne serait-ce pas plus urgent d’inverser ces flux ? Enfin, il ne voulait plus de “repentances”, mais il consacre sa première sortie officielle au

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thème de l’esclavage chrétien… Après trente ans, il me semble qu’une “ouverture”, innovante, consistait plutôt à orienter son choix vers quelques personnalités indépendantes, ne craignant ni de pourfendre les effets dévastateurs du politiquement correct, ni la mise au pas par la Loi des syndicats de la fonction publique, ni les mutations de carrières à la télévision d’État. Celle-ci aurait conduit à un changement profond des mentalités en France. Et elle aurait également pris le contre-pied, dans la culture citoyenne, des inhibitions politiques initiées par nos deux présidents dits de droite, Giscard et Chirac, en renouant avec les principes du “vrai” gaullisme. ■ Claudie Fournier-Christol

<c.fournierchristol@free.fr>

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Antoine Esposito <esposito.antoine@wanadoo.fr>

Pour notre Président

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l est sage d’écouter ce que dit l’opposition. Cela peut éviter des erreurs. Mais c’est une faute de l’enrôler. Il n’y a plus de ligne directive claire !

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L. M. Paris (75)

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Dominique Jamet voulait mettre “France Soir” au service de Ségolène Royal nformation au sujet de la direction de la rédaction du journal “France Soir”. Vous indiquez en effet que “Dominique Jamet, directeur de la rédaction de “France Soir” depuis le 15 février dernier, a démissionné, en désaccord sur la politique éditoriale du journal, jugée “trop à droite.” Il me semble que, sans être à proprement inexacte, cette information n’est que partielle. À ma connaissance, M. Jamet a été fermement invité par M. Brunois, directeur de la publication, à démissionner de son poste de directeur de la rédaction pour trois raisons : - d’abord parce que M. Jamet avait tenu des propos perçus comme très malvenus dans le cadre d’une émission de télévision (il semblerait en effet que s’exprimant en qualité de directeur de la rédaction de “France Soir”, M. Jamet n’ait pas hésité à déclarer que “France Soir” lui paraissait condamné à disparaître…) ; - ensuite parce que M. Jamet entendait, semble-t-il, orienter la ligne éditoriale du journal en faveur de Mme Ségolène Royal. Alors qu’en février dernier, le directeur de la publication avait clairement prévenu qu’il souhaitait une ligne éditoriale de type centre-droit - rejetant par avance toute collusion éventuelle avec les organisations classées à l’extrême gauche de l’échiquier politique - et que M. Jamet avait donné son accord. Je vous rappelle que fin 1987, M. Jamet fut impliqué dans une manœuvre de déstabilisation politique initiée au travers de la revue “Globe”

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et en faveur de M. François Mitterrand. Opération sur le thème “Pour nous, c’est lui”, qui trouva son point culminant lors d’une conférence de presse organisée début 1988 au Rond-Point des Champs-Élysées et complaisamment présentée dans les journaux télévisés des chaînes publiques. Des millions de Français purent ainsi voir M. Jamet entouré de personnes connues de longue date pour leur attachement au mitterrandisme et proclamant leur soutien à M. Mitterrand… Or, depuis les premières heures du 11 mai 1981, “Le Quotidien de Paris”, l’un des organes du Groupe Quotidien (500 salariés) dirigé par Philippe Tesson, était, lui, connu comme le journal d’opposition par excellence, et M. Jamet apparaissait sinon comme son propriétaire (l’émission de télévision “Droit de réponse” de Michel Polac avait beaucoup contribué à le laisser croire à un large public), du moins comme son porte-parole attitré. Alors qu’il n’en était que l’un des rédacteurs en chef, sous l’autorité d’une direction de la rédaction et d’une direction de la publication. Je me permets également de vous rappeler que le trouble qui résulta de cette opération fut majeur. Au niveau de la société d’édition du “Quotidien de Paris”, il se traduisit par des centaines de courriers indignés de lecteurs, d’abonnés et de soutiens. De nombreux salariés de l’entreprise perçurent l’initiative de M. Jamet comme une abjection, une ignominie, un “coup de poignard” traître et mortel pour le

Rupture

Poher

e président sortant a hérité de son prédécesseur une politique inadaptée à la mondialisation, impossible à changer du jour au lendemain. Chirac dut d’abord ralentir les créations de postes de fonctionnaires. Il vit se dresser la rue manipulée par nos idéologues marxistes. Sarkozy, élu confortablement (sans les voix de la gauche socialiste) a tous les atouts pour conduire le changement. D’emblée, il montra son dynamisme, avec la passation de pouvoir, la dénonciation non pas de l’Occupation par les Allemands, mais par des nazis incluant des Français. Et il s’envola ensuite pour parler avec Angela Merkel de la relance d’une politique européenne pragmatique. Il s’applique à luimême “le travailler plus”.

arkozy est-il le “VIe ou le VIIe Président de la Cinquième ? Il faut rendre à César ce qui est à César et à Poher ce qui est à Poher !... En avril 1969 et 1974, lors du départ du Général de Gaulle et du décès de Georges Pompidou, Alain Poher a assuré l’intérim présidentiel. Il l’a fait avec honneur, dévouement et compétence. Le monde entier l’a reconnu. Que je sache, intérimaire ou pas, il était le représentant de la France et il a droit aux mêmes droits et égards que ses prédécesseurs et successeurs. Faits de société : le pape Jean-Paul I (1978) n’a régné qu’un mois et pourtant personne n’a jamais mis en doute sa légitimité “papale” !... Dans le sport moderne (Football, Rugby XIII ou XV) quand un remplaçant rentre sur le terrain quelques minutes avant la fin du match, cela lui donne droit à une cape de plus ou lui octroie le titre international si

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Albert Kuhlmann <albertkuhlmann@gmail.com>

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journal. De fait, devenu rédacteur en chef à partir de 1988 et jusqu’en 1994, chargé notamment des suppléments thématiques et du mensuel “L’Action économique” (CA : 15 millions de F), j’ai pu personnellement mesurer quelques-unes des traces sévères laissées par cet épisode ; - enfin parce que, loin de progresser ou de se stabiliser avec la nomination de M. Jamet, les ventes de “France Soir” ont plutôt régressé (un tassement rapide de près de 20 %, qui s’explique sans doute en partie par le passé et la personnalité controversée de M. Jamet). Avant la nomination de M. Jamet, les ventes de “France Soir” avec M. François Mattéi comme directeur de la rédaction, étaient jugées insuffisantes par la direction de la publication. Mais en dépit de leur caractère variable, elles étaient supérieures à 20 000 exemplaires par jour (les chiffres OJD 2006 sont là pour le confirmer). Or, depuis plusieurs semaines, en dépit de la proximité d’échéances électorales majeures, elles se situent, à ma connaissance, à un niveau inférieur à 20 000 exemplaires par jour. Si l’évolution en cours se poursuit, elles pourraient même ne représenter que 10 000 exemplaires (en termes de ventes effectives). “France Soir” aurait d’ailleurs renoncé depuis peu à obtenir la certification OJD… ■ Jean-Pierre Thiollet

< jean-pierre.thiollet@voila.fr >

c’est la première fois. Notre nouveau Président veut créer un contrat de travail unique ; rétablir Alain Poher dans la hiérarchie républicaine serait un acte fort permettant d’allier geste et parole. Longue vie à la République et à la démocratie, nos biens communs les plus chers.

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Aimé Mouret Castres (81)

Milliardaires

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e Figaro” du 17 mai 2007 évoquait François Fillon, juste après son éjection du gouvernement Villepin, le 31 mai 2005 : “Son ami Noël Forgeard lui prête sa maison en Grèce, sur une île des Cyclades. Ce fut une révélation”. “Je me suis dit que j’aurais aimé écrire des romans à succès et passer six mois de l’année dans une île grecque, confie-t-il à l’époque…” Forgeard,

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ex-co-président d’EADS, ex-président d’Airbus, le nul viré avec un golden parachute de 8,5 millions d’euros pendant que 10 000 salariés d’Airbus sont au chômage ! Encore un ami milliardaire “de 20 ans”, “qui fait honneur à la France”, de Fillon cette fois ! Nicolas se vit offrir une soirée et une nuit au Fouquet’s, puis une virée de trois jours sur le yacht de son copain milliardaire ; puis c’est Jacques Chirac, ex-président de la République, et Bernadette, qui logent à l’œil dans un appartement de 180 m2 “prêté” par la famille de feu l’ami Hariri. En quarante ans à la tête de l’État, il n’a pas pu acheter un appartement à Paris pour sa retraite, malgré des attachés-cases contenant des millions en liquide. Ils ont tous des amis milliardaires…

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P. Martins <janpol.martins@wanadoo.fr>

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Communication

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TF1 ❯ Laurent Solly, 36 ans, ancien chef de cabinet de Nicolas Sarkozy place Beauvau, pourrait être nommé numéro trois de TF1. LCI❯ Au lendemain de l’élection présidentielle, « Le Monde » a cité un invité politique d’Europe 1 disant en « off » : « Je file à LCI, je fais les deux annexes de l’UMP », pour signifier qu’il se rendait sur le plateau de l’émission « Le Monde des Idées ». Cette émission était présentée sur la chaîne d’infos du groupe TF1 par Laurent Greilsamer, rédacteur en chef du « Monde ». Jean-Claude Dassier, patron de la chaîne, l’a supprimée immédiatement de la grille des programmes. Il attend des excuses du quotidien pour, peut-être, la rétablir. « LE POINT » ❯ Catherine Pégard, rédactrice en chef du service politique et éditorialiste au magazine « Le Point », a été nommée au poste de « conseiller du président » de la République. « NICE MATIN » ❯ GeorgesMarc Benamou, ancien directeur de « Globe Hebdo » et éditorialiste à « Nice Matin », rejoint l’Élysée au titre de « conseiller à la présidence ». PRÉSIDENTIELLE ❯ L’élection présidentielle a profité non seulement à l’audiovisuel, mais aussi à la presse écrite. « Le Monde », « Le Figaro », « Aujourd’hui en France », « La Tribune », « Les Échos », « Libération »… ont enregistré une forte hausse de leurs ventes.Au lendemain du premier tour, les ventes au numéro ont progressé de 107 % par rapport à la moyenne mesurée les lundis précédents. Pour le second tour, la progression s’est envolée à 139 %. « MARIANNE » ❯ « Marianne » a procédé à un nouveau tirage de 100000 exemplaires de son numéro intitulé « N’ayez pas peur », les 360 000 premiers s’étant écoulés en deux jours.

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Europe Europe Pierre Lance

Construire l’Europe ussitôt intronisé, le nouveau Président de la République française, M. Nicolas Sarkozy, s’est envolé pour Berlin afin de se concerter avec Mme Angela Merkel, Chancelière d’Allemagne, dans le but de relancer la construction européenne, mise en panne par les référendums négatifs de France et de Hollande. Je me réjouis pour ma part de la détermination affichée dans cette affaire par notre nouveau Président, car l’édification d’une Europe forte et unie est absolument indispensable dans le monde actuel, désormais constitué de blocs humains d’importance économique et politique considérable : États-Unis, Chine, Inde, Panarabie, qui exercent sur l’Europe d’énormes pressions de toute nature auxquelles elle est et sera incapable de résister si elle ne parvient pas à réaliser son unité politique. Bien entendu, il ne saurait être question d’effacer pour autant les vieilles nations historiques qui la constituent et qui sont toutes ensemble à l’origine de la civilisation planétaire. Néanmoins, les discours de « repli national » de MM. Le Pen et De Villiers sont totalement anachroniques. J’eusse été probablement de leur avis lorsque j’avais dix-huit ans. Mais le monde n’est plus ce qu’il était lorsque j’avais dixhuit ans et moi non plus. Ces messieurs nationalistes sont donc restés manifestement très jeunes, mais, en l’occurrence et de ma part, ce n’est pas un compliment. L’Europe peut par-

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pierre.lance@wanadoo.fr Site Internet : http://assoc.wanadoo.fr/lerenouvelle/pub

faitement se constituer en confédération au sein de laquelle chaque nation garderait une large autonomie. Je m’étonne d’ailleurs que Philippe de Villiers, qui est mieux placé que quiconque pour savoir que nos provinces sont de plus en plus vivantes et beaucoup plus autonomes qu’elles ne l’étaient sous les IIIe et IVe Républiques, ne soit pas capable de concevoir qu’une Europe harmonieuse puisse se construire sans pour autant étouffer les nations.

Laisser le NON à l’Europe à l’ultra-gauche Comme le savent nos lecteurs, j’ai milité pour le OUI au projet de Constitution européenne, malgré tous les défauts de ce texte (à commencer par sa longueur démente) que je n’ai pas été le dernier à dénoncer. Mais la vie est faite de compromis et de deux maux, il faut choisir le moindre. Or, l’adoption d’une Constitution mal ficelée était préférable, à mon sens, à son rejet pur et simple. L’Europe qui se constitue aujourd’hui est loin d’être idéale, nous le savons tous. Or, quelque panache qu’il puisse y avoir à chercher la forme idéale, c’est aussi prendre le risque de n’aboutir à rien. Et comme disait quelqu’un : La femme idéale n’est pas facile à trouver, mais en attendant, on peut toujours se marier. D’autre part, il ne faut pas oublier que le NON au projet de Constitution européenne n’a été obtenu que par la collusion contre-nature entre l’extrêmedroite et l’extrême-gauche, la

première par refus d’une certaine dose de supranationalité, la seconde par refus du libéralisme. Que les gauchistes aient la hantise du libéralisme, cela peut se comprendre, puisque dans un système qui privilégie la libre concurrence des talents, il est bien évident que les bons à rien sont nettement défavorisés. En revanche, que les nationalistes, qui ne cessent de se poser en défenseurs de la civilisation européenne menacée, soient allés sans vergogne mêler leurs bulletins « NON » à ceux de l’ultra-gauche, dans le seul but de torpiller l’Union européenne, ne plaide ni pour leur bon sens ni pour leur bonne foi. Et je suis effaré de constater qu’ils continuent de se vanter en toute inconscience d’avoir commis cette bourde. Je ne sais pas comment Nicolas Sarkozy compte s’y prendre pour relancer un projet de Constitution. Mais ce serait une erreur de concocter cela entre gouvernements et de l’entériner par des votes parlementaires. Le suffrage universel doit seul en décider, afin de donner au texte une légitimité indiscutable. Que l’on présente aux citoyens de France et d’Europe un texte constitutionnel court, clair, sans répétitions ni lourdeurs, qui ne traite que des principes essentiels, et qui surtout trace nettement les frontières de l’Europe, passant notamment dans le détroit du Bosphore, et je suis sûr que les électeurs le voteront majoritairement, même si quelques entêtés murés dans leurs casemates ne veulent pas lâcher leur pré carré. ■

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Société Société e situant sur le terrain de la réflexion et du moyen terme, j’ai préféré attendre quelques jours avant de réagir à l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. J’ai préféré écouter les discours du jour de l’intronisation et voir la composition du gouvernement. Je ne le cacherai pas, malgré quelques réserves : je suis favorablement impressionné, et je suis prêt à accorder ma confiance. Je suis même prêt à apporter ma contribution à l’édifice. Je ne change rien à mes analyses de la crise profonde dans laquelle la France est plongée. Je continue à douter de la possibilité de redresser la situation. Mais j’ai repris la présidence de l’Institut Turgot pour montrer aussi, malgré mes doutes, que je ne baissais pas les bras, et que je ne rejoignais pas immédiatement le flot de ceux qui quittent la France comme on abandonne un navire en perdition. Un think tank au service de la liberté ne peut qu’être disponible dans les circonstances actuelles, et Turgot est disponible et continuera à proposer. Sarkozy, me dira-t-on, n’est pas libéral, ou il l’est insuffisamment. Ne considérant pas le libéralisme comme un dogme, mais comme l’affirmation de la primauté du droit des êtres humains, de la liberté de parole et d’entreprendre, je dis néanmoins que Sarkozy est, pour le moment, le Président qui s’est montré, globalement, le plus proche des valeurs libérales depuis longtemps, et, à mes

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Guy Millière MGuymilliere@aol.com Président de l’Institut Turgot <www.turgot.org>

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SOLEIL Il y a un certain nombre de personnalités de gauche […] qui ont parfois besoin d’être toujours près du soleil. JULIEN DRAY TRANSGRESSION Je pense que l’on crée toujours en transgressant. Moimême, j’ai créé mon personnage en transgressant certaines règles de la pensée unique. NICOLAS SARKOZY

Un nouvel élan pour la France yeux, et jusqu’à preuve du contraire, ce n’est pas rien. S’il parvient à réhabiliter le travail et l’entreprise, à baisser les charges, à briser le carcan des trente-cinq heures, et à diminuer significativement le poids de la fiscalité et du réglementarisme en ce pays, ce sera déjà un ensemble de pas immenses. Resteront, bien sûr, les dimensions colbertistes et protectionnistes du projet d’ensemble proposé, mais je pense que Sarkozy est pragmatique et sera prêt à changer tel ou tel point s’il s’aperçoit qu’il se trompe. Et je pense que le pragmatisme de Sarkozy va de pair avec un vrai désir d’accomplir : Sarkozy est orgueilleux, ce qui est une qualité à mes yeux, et il ne sera, à la différence de son prédécesseur, pas homme à laisser derrière lui le souvenir d’une médiocrité aux parfums moisis. On doit comprendre aussi que, pour pouvoir agir, Sarkozy devait d’abord être élu et que, parlant à un pays vieillissant, perdant ses repères et ses certitudes, il ne pouvait parler comme s’il s’adressait à un pays jeune et imprégné de confiance en l’avenir. Sarkozy est élu, et je suis certain qu’il sait que, pour réussir, il devra aller plus loin, bien plus loin qu’il ne l’a dit. L’intronisation du 15 mai 2007 avait, en tout cas, toutes les apparences d’un nouvel élan et d’une impulsion neuve. Avoir ancré de nouveau l’identité de la France dans les idéaux de liberté et de résistance à l’oppression et à la collaboration était un geste très significatif et fort.

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La nomination de Bernard Kouchner (pour qui j’ai de l’estime) au ministère des Affaires étrangères est elle-même un geste d’une grande portée, et, avant même les décisions censées émanciper l’économie française, on peut voir là une façon éclatante de tourner le dos aux compromis fangeux, à la politique arabe de la France, aux pathologies anti-américaines et pro palestiniennes. Par Sarkozy et Kouchner, la France va réaffirmer ses valeurs communes avec les États-Unis d’Amérique, avec Israël, avec ce que l’Occident a de plus fécond, elle va rompre avec le cynisme répugnant de la realpolitik. Je ne doute pas que dans quelques mois, la France sera à nouveau en synergie avec l’Otan, qu’avec la proposition de texte minimal discutée avec Angela Merkel, le projet d’Europe politique sera enterré au profit d’une vision plus thatchérienne de l’Union, et que le gouvernement français comprendra les enjeux, décisifs, de ce qui se joue en Iran et en Irak. Ma plus grande réserve vis-à-vis de ce qui se dessine tient à la mise en avant par Sarkozy d’un environnementalisme à la Nicolas Hulot. Je m’interroge aussi sur le discours tenu sur la Turquie. Je crains que la nomenklatura d’énarques qui peuple les ministères ne vienne réenclencher dès que possible ce que Milton Friedman appelait la tyrannie du statu quo. Mais pour l’heure, je préfère regarder ce qui va dans la bonne direction. ■

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OUVERTURE Sarkozy nous fait un gouvernement de large ouverture pour avoir une assemblée de large fermeture. BRUNO LE ROUX, DÉPUTÉ PS DE SEINE-SAINT-DENIS

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YACHT Parmi ceux qui ont trouvé tout cela de mauvais goût, les trois quarts ont naguère passé des séjours sur mon “Phocéa” et, à l’époque, ils ne trouvaient cela ni vulgaire ni déplacé. BERNARD TAPIE

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MENACE Une élection présidentielle ne résout pas tout. Jacques Chirac a été élu avec 52 % des voix en mai 1995, cela n’a pas empêché un conflit long, fin 1995. BERNARD THIBAULT, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA CGT

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ÉLÉPHANTS Ségolène, c’est Kill Bill : elle va tous les tuer ! Il faut la laisser faire… ARNAUD MONTEBOURG

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BAYROU Ce serait une erreur que de faire vivre François Bayrou par quelque moyen que ce soit. FRANÇOIS HOLLANDE

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DJIHAD Le rap s’est aujourd’hui islamisé. [Les rappeurs] sont en guerre : le rap, c’est un peu le bras musical armé du djihad. DOC GYNECO

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SEUL La solitude n’est pas une mauvaise compagne. FRANÇOIS BAYROU

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