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Chronique

politique

Jacques Marseille

Les bons chiffres pour ne pas voter nul en 2007 Éditions Perrin

233 pages – 16,80 euros

À l’approche des élections présidentielle et législatives, Jacques Marseille, professeur d’économie à la Sorbonne, auteur de best-sellers, livre un nouveau chef-d’œuvre de pédagogie. Il présente l’état réel de la France et ce qu’on peut en attendre, en chiffrant les revenus et les inégalités, l’impôt et la dette, le chômage et l’emploi, l’éducation et la sécurité… : de quoi juger avec clarté les nombreuses promesses des candidats…

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arturduplessis@les4verites.com Laurent Artur du Plessis, 54 ans

La fragilité de l’économie chinoise révélée par la crise boursière

L

e fait que, le 27 février, soit née à Shanghai - place financière encore très modeste - l’onde de choc boursière qui a parcouru la planète, est symptomatique des faiblesses de l’économie chinoise et de l’interdépendance économique mondiale. Cette crise, survenue après un sommet historique, a mis fin à une hausse de plus de 800 jours sans correction majeure. Usine du monde, la Chine exporte grâce au faible coût d’une abondante main-d’œuvre sans protection sociale, et de la sous-évaluation de la monnaie nationale, le yuan. Le Parti communiste, qui gouverne toujours d’une main de fer, refuse de mettre le yuan sur le marché international des monnaies, préférant le cantonner à un cours modeste, malgré les exhortations américaines. Cela fausse les échanges internationaux. Le système bancaire chinois comporte près de 50 % de créances douteuses liées aux entreprises, mais aussi aux particuliers : l’homme de la rue, porté par

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Laurent Artur du Plessis

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ce goût du jeu si développé dans la culture chinoise, s’est volontiers surendetté pour spéculer sur les marchés financiers. Surinvestissement, surcapacité de production, surendettement, inflation : l’économie chinoise est déséquilibrée. En 2006, la Bourse chinoise connut une hausse vertigineuse : 130 %. Dès le premier jour de la crise, Shanghai perdit près de 9 % : plus forte baisse depuis 1996. L’annonce par Pékin d’un renforcement du contrôle des marchés a inquiété les investisseurs, redoutant un éclatement de la bulle. L’omniprésence des programmes de vente automatique d’actions par ordinateur en cas de franchissement de seuil accéléra la propagation de la crise au monde entier. Les « bulles » spéculatives - provoquées par l’abondance des liquidités ayant dopé les valeurs de certains placements - se sont partiellement dégonflées, entraînant la chute des Bourses. Les marchés mondiaux avaient grimpé de façon quasi ininterrompue depuis le printemps 2006, stimulés par la progression des bénéfices des entreprises et une frénésie de rachats et de fusions de sociétés. Mais de mauvaises nouvelles venues des États-Unis - premier débouché des produits « made in China » - ont douché l’euphorie. La croissance américaine devrait se situer, selon les économistes, entre 2 et 2,5 % seulement cette année, après 3,3 % en 2006. Les ventes de maisons neuves aux États-Unis ont reculé de 16,6 % en janvier, le reflux le plus important depuis treize ans. La crise immobilière se diffuse aux établissements de crédit immobilier à risques (subprime lenders), dont trois ont fait faillite depuis le début de l’année. Autre secteur malade de l’économie américaine : l’automobile. En 2006, les États-Unis ont connu un nouveau déficit commercial record de 763,6 milliards de dollars (583,4 milliards d’euros), après

716,7 milliards de dollars en 2005. La consommation croissante de produits d’importation à bas prix, notamment en provenance de Chine, a représenté 232,5 milliards de dollars, soit plus du quart du déficit total. Les dépenses des ménages, qui portent l’activité à bout de bras, représentent près de 70 % du produit intérieur brut (PIB) américain. La consommation reste soutenue : au dernier trimestre 2006, elle connut une hausse de 4,2 %, après 2,8 % au troisième. Mais elle fléchira si les entreprises embauchent moins et n’augmentent plus les salaires, et si la crise de l’immobilier perdure. Les craintes d’un atterrissage brutal de l’économie américaine ont été avivées par l’ancien patron de la Fed, Alan Greenspan - toujours très écouté - évoquant une « possible » récession américaine d’ici la fin de l’année 2007 : l’économie chinoise, en symbiose avec celle des États-Unis, en serait ébranlée. Les opérateurs scruteront attentivement les prochaines statistiques du marché de l’emploi, attendues en fin de semaine. La révision en baisse des perspectives de la croissance américaine conduira à une remontée de la prime de risque et à un accroissement de la volatilité des marchés. En outre, les investisseurs craignent un essoufflement de la pratique du « carry trade », consistant à emprunter de l’argent dans les pays où les taux d’intérêt sont bas, comme au Japon, et à le placer, sous forme d’actions ou d’obligations, dans d’autres pays. Une remontée des taux japonais tarirait cette manne financière. La donne géopolitique a contribué au déclenchement de cette crise : les rumeurs de guerre entre les ÉtatsUnis et l’Iran font craindre une inflation, consécutive à la hausse des hydrocarbures, résultant d’une perturbation des approvisionnements. Certains investisseurs se sont portés sur l’or, dont le cours a monté… ■

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VÉRITÉS 4

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La publication anti bourrage de crâne

ÉDITORIAL

HEBDO

Le clivage droite-gauche reprendra ses droits, Bayrou ou pas la stupéfaction générale, François Bayrou a bondi sur l’avantscène en quelques sondages, s’imposant comme le « troisième homme » à la place de Jean-Marie Le Pen - qui pourrait ne pas obtenir ses 500 signatures. Bayrou se croit présidentiable. En 2006, il se situait au-dessous de 10 %, souvent autour de 6-7 % : à l’UMP, on ne le prenait pas au sérieux. Mais de début janvier à fin février 2007, il a grimpé de 6 à 17 % dans les sondages du CSA, de 10 à 18 % dans ceux d’Ipsos et de 12 à 19 % à l’Ifop. Bayrou exploite le besoin de changement d’électeurs ayant tout essayé et ayant toujours été déçus. Désespérant des autres candidats, ils convergent vers lui. Comme sous la e IV République – que pour la plupart ils n’ont pas connue – ils essaient toutes les combinaisons, même les moins crédibles. Et la combinaison Bayrou l’est très peu. Son discours est contradictoire et inconsistant. Il prétend réformer la France alors qu’il s’est montré incapable de réformer l’Éducation nationale, dont il fut ministre. S’ingéniant à brouiller les cartes il ne se situe « ni à gauche ni à droite », mais « ailleurs ». Il professe que la réponse au malaise des Français, ce n’est pas le clivage droite gauche, mais l’ouverture et la

À

Dessin de MIÈGE

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LES 4 VÉRITÉS 2007 © Publication hebdomadaire (CPPAP N° 0208 I 82 712) Tél. : 01 56 81 00 30 Fax : 01 40 46 00 27 < 4verites@wanadoo.fr > < http./www.les4verites.com > (webmaster : Aléric Brei-Lefebvre) Siège social : 65, rue Claude Bernard 75005 Paris — SAS de presse Abonnements : 4 Vérités-DIP 18 à 24, quai de la Marne 75164 Paris Cedex 19 01 44 84 85 48 (Dominique) ou http://www.les4verites.com Directeur, responsable de la publication : Alain Dumait Rédaction : Jean Rouxel (rédacteur en chef), Laurent Artur du Plessis Le numéro 1,14€ Abonnement 48 numéros 54€ TTC Abonnement de soutien à partir de 100€ Personnes morales (entreprises ou administrations) : 200€, TVA à 2,10 % en sus Imprimerie : Delcambre, Pantin (93) Également disponible en format numérique (nous consulter) Fichiers déclarés à la CNIL (N° 672024) Exemplaire gratuit sur simple demande écrite

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Jean Rouxel

diversité. Il focalise le débat sur les grands médias en les accusant sans relâche de privilégier le tandem Ségolène RoyalNicolas Sarkozy. Une présidentielle se joue dans les trois dernières semaines. Selon un sondage Ifop-Paris Match du 26 février, 62 % des électeurs de Bayrou déclarent « pouvoir encore changer d’avis », une proportion beaucoup plus importante que pour Royal (47 %) ou Sarkozy (41 %). La percée de Bayrou déporte Sarkozy plus à droite qu’il ne le voudrait, contrariant la volonté d’ouverture exprimée dans son discours d’investiture à l’UMP, le 14 janvier dernier. Si Bayrou envoie des signes de connivence à la gauche, comme la promesse de nommer un Premier ministre socialiste modéré, ses propositions sont ancrées au centredroit. Son électorat est un peu plus issu de la droite et du centre que de la gauche. Il essuie de sévères critiques de la part du PS comme de l’UMP, de nature à faire douter de sa capacité à imposer une convergence entre droite et gauche modérées. En fin de parcours, le clivage droite gauche reprendra ses droits. Bayrou devra choisir son camp et se prononcer ensuite sur les reports de voix au second tour. Le fond s’imposera : l’UDF est plus proche de l’UMP que du PS. ■

Donner de l’argent et du pouvoir au gouvernement, c’est comme donner du whisky et les clés de la voiture à un adolescent. P.J. O’Rourke

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SOMMAIRE

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Équilibrer l’offre et la demande pour juguler l’inflation par Bernard Trémeau

➥ Chiffres Significatifs

3➥ 4 6➥ 7➥ 8

Les médias faussent la campagne présidentielle par Pierre Lassieur

Divers faits Votre opinion nous intéresse Le courrier des lecteurs

Un piège constitutionnel par Pierre Lance

Communication

États-Unis - France : le jour et la nuit par Guy Millière

Sic

La chronique politique de Laurent Artur du Plessis

Faîtes connaître autour de vous

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Chiffres Significatifs

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CORSE > Selon le procureur général, il y a eu en Corse, l’année dernière, 332 attentats recensés : +38 % par rapport à l’année précédente. FINANCEMENT > Le PS va imprimer le « pacte présidentiel » à 6 millions d’exemplaires au lieu des 12 initialement prévus, parce que les débats participatifs ont absorbé la majeure partie des ressources financières de la campagne de Ségolène Royal. POLITIQUE > Un sondage Ifop montre l’intérêt croissant pour la politique des internautes : 47 % (+7 par rapport à novembre) des internautes déclarent rechercher régulièrement des informations politiques. Le penchant est plus marqué chez les hommes (57 %), les plus de 65 ans (68 %), les cadres (53 %) et les militants. TOURISME > En 2006, la France est restée la destination touristique la plus prisée du monde, avec 76 millions de touristes étrangers. Le tourisme génère en France deux millions d’emplois directs ou indirects répartis dans 200 000 entreprises. FORTUNES > Pour la 12e année consécutive, Bill Gates est premier du classement des plus grosses fortunes du monde par Forbes. Les « vraiment riches » sont 793 (15 % de plus que l’année dernière). Premier Français de la liste, à la 7e place : Bernard Arnaud, PDG de LVMH. Liliane Bettencourt, PDG de l’Oréal, occupe la 15e place. GRATUITS > Neuf Suédois adultes sur dix lisent un quotidien. La Suède est le 4e pays au monde pour la consommation de journaux par habitant derrière la Norvège, le Japon et la Finlande. La presse gratuite, dont la Suède est le berceau, y comprend 5 titres.

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Économie Économie

Bernard Trémeau

< tremeau.bernard@wanadoo.fr >

Inflation est « tirée » par l’insuffisance de l’offre uand la demande est supérieure à l’offre, les prix grimpent, c’est l’inflation. Jusqu’à ce jour, aucune observation n’a démenti ce phénomène économique connu depuis des millénaires. Il existe depuis que la monnaie existe. Toutes les analyses actuelles de plus en plus précises le confirment totalement. C’est le libre-échange économique dans le marché qui rétablit automatiquement l’équilibre entre l’offre et la demande. Le prix d’équilibre est la résultante d’innombrables choix individuels. C’est le prix le plus juste possible, établi démocratiquement. Dans une économie fermée, un gouvernement peut s’opposer à l’inflation par le contrôle des prix et la fermeture économique des frontières. Ceci lui permet de distribuer les salaires qu’il désire, donc d’augmenter la masse monétaire comme il veut. Deux exemples d’un tel comportement peuvent être donnés. Dans les régimes communistes, c’est le plan qui décide des prix de ce que l’on peut acquérir, quelle que soit la pression de la demande. Celui qui n’obéissait pas, en URSS, allait finir ses jours dans un goulag en Sibérie. De ce fait, l’inflation est inexistante, même quand l’offre reste très faible du fait de la nationalisation totale de l’économie. Comme la demande reste en permanence plus forte que l’offre, la « pénurie » remplace l’inflation. On fait la queue dans les magasins. Un régime policier sévère est par ailleurs nécessaire pour interdire le marché noir.

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Dans la France des 30 glorieuses, un contrôle des prix très souple s’opposait à l’inflation. Par contre, les frontières étaient efficacement bouclées économiquement. Augmentations de salaires et augmentations des avantages sociaux étaient très largement accordées. La faible efficacité du contrôle des prix à la française a finalement laissé passer une importante inflation et 15 dévaluations du franc ont marqué ces 30 années. Mais elle a été suffisante pour maintenir la demande en permanence, à un niveau un peu supérieur à l’offre. Une faible pénurie a ainsi été observée. Pénurie qui a été un signal poussant les entreprises privées françaises à investir pour augmenter l’offre, sans pratiquement prendre de risque. Le PIB a grimpé de 5,9 % en moyenne par an. La surchauffe a contraint la France à importer massivement de la main-d’œuvre étrangère. Il existe encore dans le monde des responsables politiques qui ne semblent pas avoir compris ce qu’est l’inflation. Et même, Robert Mugabe, l’actuel dirigeant du Zimbabwe, semble avoir battu en 2006 tous les records d’inflation : 1593 % en un an. Le prix d’un pain valant début janvier l’équivalent d’1 euro a été payé fin décembre environ 16 euros. Ce brave dictateur marxiste a parfaitement associé deux mesures inflationnistes. Il a d’abord nationalisé toutes les exploitations agricoles du pays, tenues par des fermiers « blancs ». Pour ensuite généreusement distribuer leurs terres à leurs anciens salariés et à ses amis

politiques. Toute la production agricole du pays a totalement été perturbée, alors qu’elle représentait au Zimbabwe plus de 90 % de l’économie et le pays était gros exportateur de nourriture. L’offre a vertigineusement chuté. Puis Mugabe a fait marcher la planche à billets pour payer tous ses nombreux partisans. Pour calmer son peuple mourant de faim, il avait besoin d’une armée puissante et d’une police politique nombreuse et bien payée. La demande a grimpé. Une inflation de 1 593 % a rééquilibré offre et demande. Si la communauté internationale n’avait pas envoyé d’urgence des aliments au Zimbabwe, des millions d’habitants y seraient morts de faim. Cet épisode africain rappelle curieusement le grand bond en avant de Mao en 1969. Il avait aussi nationalisé toutes les exploitations agricoles et transformé en fonctionnaire tous les paysans. La famine a tué des millions, peut-être même des dizaines de millions de Chinois… Quand actuellement un candidat propose une augmentation de la demande sans mettre en face une augmentation équivalente de l’offre, il ne propose qu’une mesure inflationniste réduisant automatiquement le pouvoir d’achat de l’ensemble de la population… ■

Grâces Pour la naissance de sa fille, le roi du Maroc Mohammed VI a gracié près de 9 000 prisonniers, et accordé des remises de peine à 24 218 détenus.

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Société Société

Pierre Lassieur

L’opinion est manipulée par des puissances cachées

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n sait qu’au XIXe siècle, et notamment sous Napoléon III, les pouvoirs publics ont usé de différents moyens pour truquer les élections, encore dans leur nouveauté. C’était l’époque de la candidature officielle. Les choses se sont théoriquement arrangées par la suite. Néanmoins, à la Libération, tous les organes de presse qui avaient paru en zone occupée et, après novembre 1942, dans l’ancienne zone libre, ont été interdits. Certains étaient pourtant inoffensifs. « L’auto », par exemple, quotidien sportif, a été remplacé par « l’Équipe ». C’est alors que socialistes et communistes ont fait main basse sur la majorité des journaux. Or, qui tient la presse tient l’opinion et, par conséquent, les élections. La radio et la télévision d’État n’ont pas échappé à cette mainmise. Il en résulte que leur partialité est souvent révoltante. Je me souviens, entre autres, d’une émission de « France Musiques », station qui, par nature, devrait pourtant échapper à toute considération politique. Le présentateur parlait d’un compositeur français contemporain qui, disait-il, avait fait de la résistance dans un mouvement communiste dénommé Front National. Cela n’avait apparemment aucun intérêt du point de vue musical mais, du point de vue politique, celui d’introduire une phrase selon laquelle ce Front Nationallà n’avait aucun rapport avec « l’abominable Front National que nous connaissons aujourd’hui » (citation approximative). D’autre part, quand une personnalité politique de gauche est

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invitée à prendre la parole à France-Inter ou France-Infos, ce qui arrive plus fréquemment que ne le voudrait la simple équité, son ou ses interviewers roucoulent sans pouvoir cacher leur plaisir. En temps ordinaire, on n’entend Le Pen que très rarement, mais, ces dernières années, sa fille a été assez souvent présente. C’était pour semer la zizanie au sein du Front National, n’en doutons pas. Ces messieurs dames de gauche jouent au billard : on frappe une boule pour en atteindre une autre. Au contraire, depuis le début de l’interminable campagne présidentielle, Le Pen est omniprésent et les journalistes sont à peu près aussi aimables avec lui qu’hostiles naguère. Pourtant, il faisait déjà monter l’audimat et il avait déjà été deuxième le coup précédent. C’est tout simplement qu’on compte sur lui pour prendre des voix à Sarkozy. S’il atteignait de nouveau le deuxième tour, il serait immédiatement rediabolisé, su c’était contre la Royal, mais, contre Sarkozy, moins insulté que contre Chirac, qui était un peu plus à gauche qu’à droite. Je l’ai vu à la télévision dans deux exercices de démocratie directe (participative, dirait la Royal), au cours desquels il s’est toujours montré excellent orateur, capable d’élever le débat, qui aurait volé bien bas, s’il était resté au niveau des questionneurs. Tout le monde a été très correct à son égard et il a même été applaudi à la fin de la séance. On était loin du 21 avril 2002. Les cent personnes chargées d’interroger les candidats

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avaient été sélectionnées, paraît-il, selon les règles les plus strictes de la sociologie politique, de façon à refléter aussi exactement que possible la diversité du corps électoral. On a du mal à le croire. En effet, Sarkozy, en principe très populaire, s’est trouvé face à un public hostile, en particulier deux homosexuels extrêmement virulents. Le plus surprenant est qu’alors une certaine presse a au contraire accusé l’organisateur de lui avoir procuré un public conciliant choisi à cet effet. Pour lui, pour Le Pen et pour la Royal, il s’agissait en grande majorité de personnes d’extraction modeste qui n’étaient guère intéressées que par leur cas personnel. Pour Bayrou, changement complet de climat : des messieurs et des dames sur leur 31, bien habillés, bien élevés, occupés de grande politique : la dette, l’Iran, l’immigration… qui lui ont permis de briller à peu de frais, comme s’il était dans un salon où l’on aurait bu ses paroles. Toutefois le clou a été la Royal : une élève de terminale qui voulait bénéficier de leçons particulières gratuites, un homme préoccupé de la surdité de sa fille et, surtout, un infirme dans un fauteuil à roulettes (venu là par hasard ?), la larme à l’œil, duquel elle s’est approchée pour le consoler. Comment n’a-t-elle pas honte de chercher des voix dans les larmes ? Tout cela donne l’impression que, dans les coulisses, l’opinion est manipulée par des puissances qui n’osent pas apparaître. ■

ISLAM > Le Conseil supérieur de l’Éducation a donné son feu vert à l’ouverture du groupe scolaire Al-Kindi, un collège-lycée musulman de Décines, dans le Rhône, contre l’avis du rectorat de Lyon. L’association Al-Kindi avait saisi le CSE après avoir s’être vu refusé à deux reprises son projet d’établissement, d’abord par le rectorat de Lyon puis par le Conseil académique de l’Éducation nationale. BEURETTES > Ségolène Royal va faire de la conseillère régionale PS et beurette Najad VallaudBelkacem sa porte-parole, pour faire pièce à une autre beurette, Rachid Dati, porteparole de Nicolas Sarkozy. BARBARIE > Youssouf Fofana, le chef du gang des Barbares ayant assassiné Ilan Halimi il y a un an, écrit des lettres d’insultes à la juge d’instruction chargée du procès. Il chercherait un éditeur ou un producteur pour médiatiser l’affaire. PREUVES > Le général Michael Maples, chef du renseignement militaire américain (DIA), a dit au Sénat que les États-Unis ont des preuves que des extrémistes irakiens apprennent en Iran le maniement d’explosifs capables de percer les blindés, et que le Hezbollah participe aussi à l’entraînement pour le maniement de ces explosifs. ATTENTAT > Lors de sa visite en Afghanistan, le viceprésident américain Dick Cheney a échappé à un attentat-suicide sur la base de Bagram. INTÉRÊTS > Renault lance la commercialisation en Iran de la Logan, sous le nom de Tondar-90, au prix de 6 750 euros. Elle sera assemblée par les constructeurs iraniens Iran Khodro et Saipa.

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Votre opinion nous intéresse

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» Courrier des lecteurs Nous écrire, c’est courir le risque d’être publié…

Fonction publique

Seuil d’incompétence

Promesses

Couacs

l faut faire cesser la confusion entre service public, qui recouvre un ensemble de missions, et fonction publique. Journaux, commerces de proximité, stations services, écoles libres, et bien d’autres d’activités sous statut privé, participent pleinement à la satisfaction de besoins sociaux vitaux. Quand il n’y a plus de boulangerie, de boucherie ou de café dans un petit village, celui-ci se vide. La particularité de la fonction publique réside dans les statuts des personnels, source de nombreux dysfonctionnements, aussi bien à l’Éducation nationale qu’à la SNCF ou à la RATP : retards, absentéisme, grèves à répétition. Les salariés du secteur public ne courant aucun risque, leur pouvoir de nuisance est irresponsable. L’État-patron est acculé à négocier, c’est-à-dire à céder. C’est le « toujours plus », engendrant des salaires et des retraites bien supérieurs à ceux du privé, pour une faible efficacité professionnelle.

omment Ségolène Royal, réputée “intelligente“ (ENA, ex-ministre de l’Environnement, ex-secrétaire d’État à l’enseignement scolaire, député, présidente d’un Conseil régional) peut-elle sortir autant de bourdes ? Selon l’économiste Peter, tout individu a un “seuil d’incompétence“. Donnant satisfaction en début de carrière, il est promu à un grade et des responsabilités supérieurs. Donnant encore satisfaction, il est une nouvelle fois promu. Ainsi de suite, jusqu’au niveau où il devient incompétent : il a “dépassé son seuil d’incompétence“. C’est le cas de Ségolène : pour des questions d’environnement ou de pilule du lendemain gratuite pour les collégiennes, ça allait. Mais pour les grands dossiers de politique étrangère ou de défense, plus rien dans sa tête de mésange ! Peut-on confier le commandement de nos forces à quelqu’un ignorant le nombre de sous-marins nucléaires lance-engins français ?

égolène Royal et Nicolas Sarkozy ont une attitude commune : ils assurent tous deux que, s’ils sont élus, ils tiendront leurs promesses. C’est un signe évident qu’ils ont perçu le message de la France d’en-bas, fatiguée de se voir promettre la lune lors des élections, pour constater, cinq ans plus tard, que la France est au plus bas et que leur situation personnelle s’est dégradée. Mais la comparaison entre les deux candidats s’arrête là. Nous avons désormais une confrontation entre un projet étatiste, qui distribue l’argent sans préciser où le prendre, et un projet qui, sans être libéral, est plus réaliste. Il cherche à créer les richesses avant de les répartir. Entre un projet qui va décourager les créateurs d’emplois et les gens courageux, et un projet qui stimule nos forces vives et pousse les gens à travailler pour vivre mieux. Entre un projet qui nous fait confiance et un projet qui veut tout centraliser et planifier.

u le mal que Ségolène Royal a eu à réunir une équipe cohérente, on est en droit de se demander comment elle ferait si demain elle présidait la France. Rivalités, contradictions et tensions au sein du parti socialiste ne sont rien à côté de celles que connaît notre pays, sans parler des complexités de la situation internationale et de leurs implications. Peut-on confier les rênes de la Nation à qui est incapable de fédérer sa propre famille politique ni structurer une équipe restreinte d’amis ? En outre, le ralliement tardif de Jospin, Fabius, Mauroy et autres « vieilles barbes » du PS estil de nature à créer les conditions du renouvellement de la vie politique que la candidate socialiste voulait incarner ?

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Jules Schoenfelder <jmschoenfelder@wanadoo.fr>

P. Martins <janpol.martins@wanadoo.fr>

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Roger Saint Pierre La Rochelle (17)

Lu pour vous : « Ne l’appelez plus jamais France » Par Alain Griotteray n 2003, Alain Griotteray, qui venait de Mais comme entre-temps la situation Alain Griotteray fêter son 80e anniversaire, rédigeait et s’est encore et beaucoup détériorée, le publiait (aux Éditions du Rocher) ses diagnostic est hélas plus sévère. La mémoires : quelque soixante années situation est telle, en particulier dans les Ne l’appelez plus d’une vie politique et militante bien remesprits, qu’un redressement est devenu jamais France plie, au service d’une même et unique tout à fait improbable. C’est à juste titre conviction, l’amour viscéral de la patrie, que l’auteur cite Tite Live : « Les mœurs Éditions de Paris la fierté de la France, l’attachement aux déclinèrent… jusqu’à ce qu’on en vînt à valeurs et aux racines chrétiennes de ces temps où nous ne pouvons souffrir ni notre pays. 196 pages – 28 euros nos vices ni leurs remèdes ». Éditions de Paris Sans doute, celui qui fut, dès 1940, l’un Tous ceux qui s’intéressent à la vie poli13, rue Saint-Honoré 78000 Versailles des premiers à manifester contre l’occutique, surtout quand elle est « vue de <www.editions-de-paris.com> pant puis chef de réseau dans la résisdroite », savoureront les 29 courts chatance, s’était-il un peu précipité. L’ouvrage qu’il pitres de ce livre, qui fourmillent de réflexions nous livre aujourd’hui est comme un complément mais aussi d’informations et même de révéladu précédent, une sorte d’actualisation à ses tions. ■ « souvenirs d’un hussard de la droite ». Alain Dumait

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Gérard Granville Le Fidelaire (27)

Airbus

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irbus est en difficulté non pas par manque de commandes, mais par manque de financement dû aux retards de livraisons. Un dirigeant avisé ferait tout pour remédier à ces retards. Au lieu de cela, Louis Gallois fait des économies en fermant des usines et supprimant du personnel. Résultat : augmentation de retards qu’il faudra indemniser et mécontentement des acheteurs. Avant de prendre la tête d’Airbus, Louis Gallois avait dirigé la SNCF, dont il a rééquilibré les comptes à l’aide des subventions de l’État. Tant que les politiciens nommeront aux plus hauts postes leurs amis, il ne faut pas s’attendre à des miracles…

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Gilbert Gendre <gilbert.gendre@neuf.fr>

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Indigène

Étatisme

’échec d’Indigène aux Oscars après celui, relatif, aux Césars montre qu’il ne suffit pas de faire dans le misérabilisme ou la repentance pour obtenir une œuvre cinématographique reconnue par les esthètes. Le succès du film dans les salles en France montre combien le public français est conditionné par l’ambiance défaitiste et délétère de cette triste fin de régime.

égolène Royal reste prisonnière d’un parti socialiste n’ayant pas évolué vers la social-démocratie. Son discours contient l’idéologie du partage du travail et du capital inhérent à la pensée marxiste égalitariste. Elle a même coupé l’herbe sous les pieds de l’extrême gauche écologiste ou trotskiste. Elle a dressé un catalogue de promesses non chiffrées, avec prise en charge des individus de la naissance jusqu’à la mort, opposant un étatisme de gauche à celui de droite de Nicolas Sarkozy. Ni l’un ni l’autre ne pourra tenir ses promesses, coûteuses et inadaptées à l’évolution mondiale. En France, le libéralisme est toujours marqué par l’image du renard dans le poulailler. Aussi pour être élu, faut-il être antilibéral et protectionniste, condition sine qua non. Quand l’économie est partout ailleurs la poule aux œufs d’or, nos candidats s’ancrent dans un dirigisme dépensier d’un autre âge, dont ils devront s’affranchir au plus tôt une fois en fonction. Lequel sera le mieux à même de prendre le tournant libéral ?

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Numa Vial <numavial@club-internet.fr>

Immigrants

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es immigrants doivent : apprendre notre langue et connaître notre Constitution ; se conformer à nos lois ; s’abstenir de faire flotter le drapeau de leur pays d’origine ; respecter nos coutumes ; s’abstenir de participer à des manifestations contraires à l’intérêt général de notre pays ; les immigrants illégaux seront expulsés. Où trouve-t-on ces lois ? Au Mexique !

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Don Moisdon

J.-M Schwartz

<gueriviere2000@yahoo.co.uk>

Paris (75)

Travailler

Camarilla

n Asie, on travaille dur. Cette région devient un exemple mondial de productivité. L’Europe décline, glissant dans l’utopie béate consistant à croire que l’on peut être riche et heureux sans bosser. L’Afrique patauge depuis cinquante ans dans une débâcle historique, après avoir rejeté les « horribles colonisateurs » et africanisé ses cadres dans les années soixante : l’incompétence et la corruption ont pris le relais et fait retomber ce continent dans le sousdéveloppement. Ses populations envahissent l’Europe pour tenter, elles aussi, de vivre sans travailler. L’Asie récupère les activités délocalisées par l’Europe, privant celle-ci de ses moyens d’existence.

écidément, rien n’aura été épargné aux électeurs naïfs. Les éléphants et éléphanteaux du PS - 62 ans d’âge moyen - se sont rangés sans exception, pour défendre leur parti, sous la bannière d’une Ségolène Royal compassionnelle. Elle ne semble pas se douter qu’il existe en France des gens courageux, entreprenants, inventifs ne demandant qu’à aller de l’avant. Ce ne sont pas les Jospin, Mauroy, Aubry, Fabius, et même Strauss-Kahn, qui apporteront au pays le renouveau, le soutien et l’allant dont il a besoin, même et surtout avec Ségolène à leur tête. Les électeurs doivent comprendre le caractère néfaste et dangereux de cette camarilla.

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Christian d’Orso <chrdorso@modulonet.fr>

Gérard Lapy <lapygerard@wanadoo.fr>

Reproduction intégrale vivement conseillée avec mention d’origine

Rebelle, ex-N°2 de Greenpeace, conseiller de Royal, est anti-français ’un des membres du « cabinet de campagne » de Ségolène Royal est l’ancien n° 2 de Greenpeace. Voilà une vraie information, sortie par hasard. Les grands médias ont immédiatement détourné l’attention en hurlant : « Un conseiller de Ségolène fiché par les RG : quelle abomination ! » La véritable abomination, c’est que Royal ait choisi pour conseiller l’un des principaux dirigeants d’une association violemment anti-française et anti-patriotique. Des Zodiacs harcelant des navires français pour empêcher nos essais nucléaires jusqu’à la scandaleuse campagne contre le désamiantage du Clémenceau par des chantiers spécialisés indiens, Greenpeace a toujours cherché à nuire à la France. Cette association a plus fait que toutes les « bourdes » de Chirac pour ternir l’image internationale de notre pays. Dans l’affaire du Clémenceau, elle a coûté des milliards aux contribuables. On a fait beaucoup de bruit autour d’une fiche des RG, pourtant commandée par les socialistes alors qu’ils étaient au pouvoir. Royal peut maintenant dire : « Mais l’appartenance de M. Rebelle à Greenpeace est connue : elle a même été publiée… » ■

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François Patron Villemomble (93)

Démagogie

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aintenant que la majorité des candidats ont été confrontés aux questions des téléspectateurs, il en ressort un bilan plutôt mitigé pour le PS. Ségolène Royal s’est démarquée en ne répondant quasiment jamais aux questions : après avoir remercié avec un faux sourire, elle brodait en paraphrasant la question sans y répondre. Étonnant, pour elle qui a mis en avant ses débats participatifs : elle aurait dû mieux écouter, et comprendre que les gens n’attendent pas des promesses démagogiques mais des solutions.

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Georges Fougerolles Paris (75)

Kosovo

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es Occidentaux sont dans l’embarras pour régler le problème du Kosovo, parce qu’ils ont quasiment promis l’indépendance aux Albanais. Là réside la difficulté. La sagesse veut que l’on ne promette de donner que ce que l’on possède. Or la province du Kosovo est, depuis la nuit des temps, une province de la Serbie et ce pays n’est nullement résigné à l’abandonner. Vladimir Poutine profite peut-être des circonstances, mais c’est normal. Il était irresponsable

de faire miroiter l’indépendance aux Albanais sans s’être assurés de l’accord de la Serbie.

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Mme et M. Courty <Paris (75)>

Reboisement

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n nous casse les oreilles chaque jour avec le réchauffement climatique… Mais que font tous nos “écolos“, depuis tant d’années, pour réduire ces fameux gaz à effet de serre, combattre les rejets de CO2 des voitures ? Qu’attendentils pour lancer une vaste campagne de reboisement, qui fixe le gaz carbonique, donne de l’oxygène et procure du bois, sans parler de l’hygrométrie, l’environnement, les animaux et tout le reste, et tout ça gratuitement ? Partout en France, ils pourraient mettre en vente - oui, car payer, ça responsabilise - des petits pots de jeunes graines germées de toutes sortes d’arbres, selon les régions, par exemple. Livrées avec étiquettes explicatives, et de la pub, pour financer l’opération, pour inciter les autres à les imiter, et une fiche pour renseigner sur l’usage de la chose…

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»

André Treps <andre.treps@cegetel.net>

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Communication

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FRANCE TÉLÉVISIONS > Suite au scandale provoque par Jean-Luc Delarue dans un avion d’Air France, Patrick de Carolis, PDG de France Télévisions, a demandé à son service juridique de préparer, pour les futurs contrats des animateurs-producteurs du groupe, une clause de bonne conduite. TF1 > Robert Namias, le très chiraquien directeur de l’information de TF1, pouvant être congédié en cas de Sarkozy, Patrick Poivre d’Arvor brigue la place. FRANCE 2 > Jean-Luc Delarue est stressé par le déclin de sa maison de production, Réservoir Prod: « Ça se discute » est devenue mensuelle, « Toute une histoire » a été reléguée après le journal de la mi-journée sur France 2, au lieu du soir. FRANCE 5 > Dans son blog, le 15 février, Daniel Schneidermann, qui présente « Arrêt sur Images » sur France 5 chaque dimanche, a écrit qu’il voterait pour Ségolène Royal. M6 > M6 fête ses vingt ans d’existence. FRANCE 24 > À partir du 1er mars, Christine Ockrent délivrera sur France 24 des billets d’humeur hebdomadaires. ENGOUEMENT > La présidentielle passionne. Depuis janvier, les chaînes nationales ont diffusé près de 48 heures de débats et de magazines politiques : plus de deux fois plus qu’il y a 5 ans à la même époque. GANZ > Alex Ganz, ancien patron du groupe Prisma (« Gala », « VSD », « Femme actuelle », « Capital »…), va comparaître devant la justice pour « abus de bien social » : il aurait laissé sortir plus d’un million de francs, sous forme d’espèces et de manière anonyme, pour acheter des reportages exclusifs pour le magazine people « Voici ».

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Politique Po l i t i q u e Pierre Lance

Notre souveraineté affaiblie ’écrivais dans notre N° 573, au sujet de l’abolition de la peine de mort : « Pourquoi diantre vouloir inscrire cette forfaiture dans la Constitution ? » Et je dois à M. le député Jacques Myard d’avoir aujourd’hui la bonne réponse à cette question. J’avais cru qu’il s’agissait seulement d’un acte symbolique destiné à « sacraliser » en quelque sorte une décision autocratique prise sans consultation du peuple souverain. C’est en réalité beaucoup plus grave. La modification de notre Constitution à cet égard résulte d’une nécessité juridique imposée par le Conseil constitutionnel, ce que la plupart des Français ignoraient certainement avant que quatre députés courageux ne les alertent dans « Le Figaro » du 31 janvier dernier sous le titre : « Sur la peine capitale, les Français doivent être consultés par référendum », article signé de MM. Lionel Luca, Richard Dell’Agnola, Jérôme Rivière et Jacques Myard. L’affaire est très complexe et il faut rappeler tout d’abord que la France a signé le 2e « Protocole de New York » (15 décembre 1989), qui, dans son article 1er, fait obligation aux États signataires de ne plus procéder à aucune exécution capitale. (À voir tous les « ficelages » auxquels se livrent les abolitionnistes, on comprend aussitôt qu’un groupe de pression tyrannique s’efforce par tous les moyens de contourner la volonté des peuples.) Il faut également rappeler que la Convention européenne des droits de l’homme abolit la peine de mort en temps

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pierre.lance@wanadoo.fr Site Internet : http://assoc.wanadoo.fr/lerenouvelle/pub

de paix, mais autorise les États signataires à maintenir ce châtiment « pour les actes commis en temps de guerre ou de danger imminent de guerre ». Or, le Protocole de New York n’a pas repris cette réserve à son compte et il exclut toute possibilité de dénonciation du traité, y compris « dans le cas où un danger public exceptionnel menace l’existence de la Nation » (art. 4 § 1). Ce qui signifie en clair que les souverainetés nationales des pays signataires sont sur ce point annihilées, fut-ce dans les situations les plus extrêmes. Il est sûr que 99,999 % des Français n’ont pas le plus petit soupçon de la part d’indépendance nationale qui leur a été volée par ce Protocole de New York, mitonné par nos « aristodémocrates » internationaux qui se prennent pour le sel de la Terre. Naturellement, notre Conseil constitutionnel n’a pu manquer de constater que ce protocole « porte atteinte aux conditions essentielles de la souveraineté nationale ». Mais au lieu d’affirmer, ce qui eut été de bonne logique, que la signature de la France était dès lors nulle et non avenue, ce qui eut évidemment fait quelque bruit dans le Landerneau international, le Conseil a préféré suggérer de modifier la Constitution en y ajoutant l’abolition de la peine capitale, ce que Jacques Chirac s’est évidemment empressé de mettre en œuvre. Et nos quatre députés indignés de souligner : « C’est sans précédent dans l’histoire de notre pays, de même qu’il est sans précédent que la France accepte de ratifier un

engagement irrévocable. » Et ils ajoutent : « Or, depuis le 11 septembre 2001, nul ne peut feindre d’ignorer que les États de ce que l’on appelle le “monde occidental“ sont dans une situation d'“état de guerre“, menacés à chaque instant par un nouveau totalitarisme fondamentaliste qui veut leur disparition par tous les moyens. » Il faut en effet mesurer clairement les conséquences de ce que pour ma part je nomme une félonie : Des terroristes islamistes pourront faire dans notre pays des victimes par milliers sans risquer la peine de mort et, même s’ils sont arrêtés, ils attendront tranquillement au fond d’une cellule que le Djihad vienne les délivrer. Cela dit, restons calmes : l’Histoire est remplie d'« engagements irrévocables » déchirés d’un seul geste quand la sûreté de l’État l’imposait. Mais tout ce micmac abolitionniste n’en exhale pas moins de forts relents de pourriture morale. Quant à notre Constitution « patchwork » sans cesse rapiécée, comment croire qu’elle est encore celle de la Ve République ? Selon Dominique Reynié, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris, nous sommes déjà en VIe République, depuis que nous sommes passés du septennat au quinquennat. Eh bien dans ce cas, vivement la VIIe ! ■

Technologie « Avec un portable en poche, chaque Français est devenu, virtuellement, un preneur d’images et de son. » Loïc Le Meur, expert de la blogosphère

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Polémique Polémique Guy Millière

L’ambiance est différente aux USA et en France

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MGuymilliere@aol.com

ors de récents séjours aux États-Unis, j’ai constaté une fois encore les différences avec la France. D’abord, les gens autour de moi. Une sensation de dynamisme, d’ouverture, de courtoisie, une absence de nervosité, un respect mutuel : que ce soit à Washington, à Los Angeles ou à Miami, on peut trouver des exceptions à la règle, mais ce sont seulement des exceptions. Pourquoi, à Paris ou à Marseille, les gens, en règle générale, sont-ils différents ? La réponse me semble évidente, et sondages et statistiques l’attestent : la vie est plus dure en France, il y a moins d’espoir et de confiance dans le futur, un déficit de bonheur individuel démultiplié crée une atmosphère différente que le comportement des êtres humains reflète. Passons ensuite aux dimensions économiques. À Washington, à Los Angeles ou à Miami, il y a des pauvres, mais il y a surtout, de la richesse, des emplois, de l’esprit d’entreprise. À Paris ou à Marseille, il y a davantage de misère visible ici ou là, davantage de chômage, de plus grandes difficultés à entreprendre, les traces omniprésentes de réglementations harcelantes. S’il y avait moins de réglementations en France, moins de harcèlement bureaucratique, davantage de liberté et d’ouverture à la création entrepreneuriale, la misère et le chômage reculeraient, ce qui accroîtrait la quantité diverse de bonheur individuel, mais si je disais cela, j’oublierais une autre dimension. Dans les médias à Washington,

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POMPAGE Le phénomène Bayrou pompe sur Sarkozy ces derniers jours. Avant, il pompait à gauche. CLAUDE GUÉANT, DIRECTEUR DE CAMPAGNE DE SARKOZY

Los Angeles ou Miami, je trouve, pour l’essentiel, un discours économique sensé où nul ne propose davantage de réglementations, de bureaucratie, de harcèlement, au contraire. Je trouve un discours où on comprend ce qu’est la création de richesse, on a confiance en l’innovation, on considère comme légitime la liberté d’agir, d’échanger, de parler, de croire en ce qu’on veut, de poursuivre le bonheur à sa manière. Si j’ouvre les journaux et si j’allume la télévision à Paris ou à Marseille, j’ai les plus grandes difficultés à trouver l’équivalent, même en doses infimes. On pense très largement, en France, chez ceux qui sont autorisés à écrire ou à parler, que le gouvernement peut créer des emplois, que la richesse est une donnée qu’on peut redistribuer, que l’administration protège, qu’un entrepreneur laissé libre se transforme vite en exploiteur, que la mondialisation est dangereuse, que les actions et les paroles doivent être sous surveillance, que le communisme est un idéal noble tandis que nombre de religions sont des « sectes ». On accepte même très largement en France que des grèves aient lieu pour que des agents de la fonction publique défendent leurs « avantages acquis ». On accepte que de l’argent soit gaspillé pour créer des embouteillages ou pour encombrer les trottoirs de poteaux métalliques et de parpaings de béton. On accepte que des policiers pratiquent une forme de racket envers les automobilistes, ou

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que des politiciens convaincus de corruption restent en fonction tandis que d’autres promettent n’importe quoi sous le regard docile de commentateurs domestiqués. Et c’est là le cœur du problème, et la raison pour laquelle, je le pense, les différences ne feront vraisemblablement que se creuser : l’information et la connaissance en France ne circulent pas. Des dogmes stupides et suicidaires parsèment encore largement le paysage mental. Une résignation, parfois rageuse, règne. L’impasse, en France, est presque totale. Sortir de l’impasse ressemblerait à une gageure impossible. Il faudrait changer le discours politique, économique, juridique, journalistique, redéfinir la liberté, le droit, l’entreprise, le rôle du gouvernement, ré-expliquer le fonctionnement planétaire. Il faudrait reconnaître que le pays a fait totalement fausse route en tous les domaines depuis plusieurs décennies. Outre que je ne vois guère de responsables prêts à assumer les erreurs du passé et du présent, je doute même que la population française soit prête à un pareil changement quand bien même il serait, pour elle, le seul remède. Je m’attends, donc, quel que soit le vainqueur en mai prochain, à ce que les différences que j‘ai constatées s’accentuent encore dans les années à venir, à ce que la résignation perdure, et à ce que les Français en croyant trouver des solutions s’enfoncent davantage vers le crépuscule. J’espère me tromper, bien sûr… ■

SIGNATURES L’absence de Le Pen du premier tour de l’élection présidentielle serait dramatique pour ma candidature. 14 à 18 % de l’électorat se verrait dépossédé de son droit de vote. Et dans ce cas, Le Pen et ses électeurs me le feraient payer. NICOLAS SARKOZY

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SARKOZY S’il avait eu l’âge, il aurait été chez de Gaulle avec moi, sûrement. MAURICE DRUON, ACADÉMICIEN

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ARGENTEUIL C’est le PS local qui chauffe à blanc les gamins de la cité contre la visite de Sarkozy. MALIKA BENLARBI, MEMBRE DU BUREAU POLITIQUE DE L’UMP

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AUDIMAT Les émissions politiques télévisées, ça intéresse comme un match de foot. Ca ne dit rien de l’adhésion des Français à un candidat. JEAN-PIERRE RAFFARIN

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COMMUNICATION On ne peut plus se permettre de jouer les boy-scouts. SÉGOLÈNE ROYAL

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IRAN Il est évident que les États-Unis se préparent à un assaut aérien. JOSCHKA FISCHER, EX-MINISTRE ALLEMAND DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

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MISE EN GARDE Les USA agiront militairement si des bateaux sont attaqués, si des pays dans la région sont visés, si des troupes US sont directement attaquées. VICE AMIRAL PATRICK WALSH, COMMANDANT DE LA 5E FLOTTE

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AMÉRICAINE

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FINANCEMENT Il ne faut pas dire combien ça coûte mais qui paye. CLAUDE BARTOLONE, FABIUSIEN

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