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développement durable

Êtes-vous de la génération restauration ? Ce 5 juin, sous l’égide de l’Organisation des nations unies, la journée est dédiée à l’environnement. Cette année, c’est la “ génération restauration ” qui est à l’honneur. Le constat est simple : impossible de revenir en arrière et de recréer ce qui a été perdu, mais il est encore possible de sauver ce qui peut l’être et de restaurer des écosystèmes. L’ONU nous invite donc à un voyage à travers les ecosystèmes afin de mieux les comprendre. A ce titre l’étude de la biodiversité est à l’honneur, et l’île de La Réunion ne fait pas exception. Découvrez le travail de quelques équipes qui œuvrent au sein de l’Université à la compréhension de la faune dans l’île. Ce travail peut servir de base à des actions pédagogiques comme celles qui ont été menées dans les collèges de l’île. La biodiversité peut être également celle de notre agriculture. Avec Cacao péi, nous découvrons l’agroforesterie et redécouvrons un trésor de l’île oublié : le cacao criolo. Protéger l’environnement, c’est bien sûr réduire notre consommation énergétique, source de gaz à effets de serre. Aménager son domicile ou agir sur la production de déchets sont deux moyens de réduire cette facture au sens propre et figuré. On parle souvent de transport alternatif et nous avons voulu faire un point sur le covoiturage. Quelles que soient les voies que nous choisirons, pour devenir des restaurateurs, nous devrons suivre l’exemple des interlocuteurs de ce supplément.

Comprendre pour agir

photo : © benoit jobart

EDITO

À l’occasion de la journée mondiale de l’environnement, voici quelques projets portés par des écologues sur l’île de La Réunion. Abeilles, oiseaux marins ou gecko, leurs travaux sur la faune sont essentiels pour l’avenir de l’île et la protection de ces espèces.

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n l’oublie souvent mais l’écologie est d’abord une science, celle de l’étude des milieux naturels, de leur faune, de leur flore et des interactions qui les relient. Les écologues ont la difficile tâche d’étudier des espèces

parfois fragiles, faune ou flore. Grâce à un important travail de sensibilisation, certaines espèces ont gagné le cœur du public. Tortues ou baleines sont souvent mises en valeurs, car le public perçoit les menaces qui pèsent sur elles, pourtant le travail accompli sur d’autres espèces, comme les

abeilles, les geckos ou les oiseaux marins est tout aussi important. Il n’est pas exhaustif car, les espèces à étudier sont bien plus nombreuses que nous ne le percevons à première vue. L’abeille n’est qu’un hyménoptère parmi toutes celles qui vivent à La Réunion.

Benoît Jobart

sur la piste du varroa • En 2017, le varroa est arrivé dans l’île. Doctorant de l’université de La Réunion, Benoît Jobart mène une étude au sein du Cirad et du groupe de défense sanitaire pour mieux comprendre les résistances des abeilles face à cet acarien parasite. Doctorant en écologie, Benoît Jobart est un pur produit de l’Université de La Réunion. Après un master en écologie des systèmes tropicaux où il a étudié les aleurodes, puis les mouches des fruits, le jeune doctorant s’est orienté vers les abeilles pour sa thèse, qu’il mène au sein du Cirad codirigé par le groupement de défense sanitaire (GDS). Au cœur de ses préoccupations, on trouve, le varroa, un acarien qui parasite les abeilles et est une des premières causes de mortalité des abeilles. “ Le varroa a été détecté pour la première fois dans l’île en 2017, explique-t-il. Avant cette date l’île est épargnée et la plupart des apiculteurs déclarait une mortalité de l’ordre de 0,1 % au sein des colonies. Après son arrivée, le varroa a colonisé l’île. Le 11 juillet 2018, une mesure indiquait que la mortalité des abeilles était de 37 % dans les colonies d’abeilles. ” Le varroa s’introduit dans les ruches lorsque les abeilles sont au stade de la nymphe. Ils vont ensuite se nourrir du sang de l’insecte et peuvent véhiculer au passage des virus. À terme, le virus affaiblit les abeilles les plus âgées qui sont chargées d’aller chercher pollen et nectar ce qui réduit l’approvisionnement de l’ensemble. Face à ce parasite, il existe des traitements acaricides, dont certains autorisés en agriculture biologique, mais ces traitements sont une solution de court terme. Le mécanisme de la sélection naturelle fait que les traitements vont favoriser les varroas qui leur sont résistants. Pour lutter à long terme, il faut plutôt miser sur une stratégie ressemblant à celle utilisée contre le phylloxéra dans la vigne en allant chercher des abeilles résistantes.

“ Dans le monde plusieurs colonies sauvages ont survécu sans traitement, précise Benoît Jobart. On ne sait pas si elles sont plus ou moins résistantes. L’objectif de mes recherches est justement de mesurer le degré de résistance des abeilles pour aider à la mise en place d’un plan de sélection. ” Pour son étude, Benoît dispose de 40 colonies, venues de toute l’île. Il veille sur trois mécanismes de résistance autour de trois questions : les ouvrières sont-elles capables de détecter les couvains malades ? Les abeilles sont-elles capables de “ s’épouiller ” pour se débarrasser du varroa ? La durée passée au stade de nymphe a-t-elle un impact sur le varroa ? Le résultat de ces recherches sera livré lors de parutions à venir et surtout lors de la soutenance de thèse du doctorant en 2022. En attendant, ce sont près de 600 apiculteurs dans l’île, dont une centaine de professionnels qui dépendent du résultat de ces recherches.

benoit jobart, doctorant

le varroa est un petit acarien qui menace les abeilles

Ce supplément gratuit “ Spécial développement durable ” a été réalisé par le service Publicité du Quotidien • Directrice de la publication : Carole Chane-Ki-Chune • Supervision : Jean-Pierre Hugot • Rédaction : Nicolas Bonin, Stéphane Maicon • Photo de couverture : D.R • Maquette : Hervé Baum (DA), Macaire Dormeuil, Olivier Banor, Pierre Racine. • Régie publicitaire : 0262 92 15 12 - email : resa.regiepub@lequotidien.re • Prépresse et impression : Imprimerie SAFI ZI du Chaudron 97490 Sainte-Clotilde

photo : © benoit jobart

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