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Le p’tit Buvard Journal étudiant littéraire et créatif de la faculté du Mirail

#9 Mars 2012 — édition #9 Journal mensuel gratuit


couverture Ilustration de

sommaire

Clément Marty

Le p’tit Buvard #9 MARS 2012 édito

...à voir

société ‘Mirail : Tribulations d'un quartier oublié’ musique ‘Krystal System’ par Omar CM

...à lire

nouvelle ’Winston Cloche’ part. 2 – par Nicolas Pleyell texte ’Slip Humide’ par Marion Lemoine lyrics ’J'mérite pas’ par Jean Lève nouvelle ’Dommage’ part. 1 – par Arno Richet illustration ’Wanna be your dog’ par Lise Armand texte ‘La folle raison (...)’ par Chloé Wilshaw dissertation ’Quart d'heure philo’ par Jonass Delors BD ’Beau parleur’ par Romain Pujol

...à faire

expo ‘SUBRUNCINATOR’ festival ’Le printemps des étudiants’ recettes de printemps blagues

remerciements

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04 - 05 - 04 - 05 06 - 19 - 06 - 10 - 12 - 14 - 16 - 17 - 18 - 19 20 - 26 - 20 - 22 - 24 - 26 - 27

Directeurs de publication : Julie Dagut et Arno Richet Création graphique : Marina Costanzo — http://marina.costanzo.free.fr/ Impression : imprimerie de l’Université Toulouse II — Le Mirail


3 édito

éd

#9

itio

n

Le quartd'heure buvarien...

P

arce que rien ne sert de courir, notre mois de mars sort une nouvelle fois – pour ceux qui nous suivent – avec trois semaines de retard. Nous procédons apparemment d'une parution à-la-toulousaine ; ne pas s'inquiéter, peutêtre devrait-on pousser le vice jusqu'à sortir notre mois de mai en août. … Non, on voudrait pas vous priver de cette joie non dissimulée à la vue dudit modeste petit journal. Résumons ; les artistes sont toujours là, la motivation encore bien vivante, notre boite mail commence à manger à sa faim, et on arrive à ne plus déclencher horreur et cris d'orfraie lors des distributions, alors …

ON ze web £ t Retrouvez les éditions précédentes et des parutions suplémentaires sur le blog du p'tit Buvard : http://blogs.univ-tlse2.fr/ leptitbuvard/

Toujours un seul mot d'ordre, ramenez vos paumes !

La direction.


4 ...à voir

société

‘Mirail : tribulations d'un quartier oublié’ — par Arno Richet

« Il n'y a pas de plante sans racine, il n'y a pas de ville sans histoire », George Candilis, architecte principal du Mirail. Dans les années 60, la France prospère dans ce qu'on appellera plus tard « Les Trente Glorieuses ». Les mentalités sont tournées vers l'avenir, bercées d'espérance. Toulouse, grande ville méridionale, représente pour certains l'occasion d'un mariage inespéré entre le besoin urgent de logements et un vœu pieux républicain, j'entends, l'assimilation des populations venues de l'immigration. Pour se faire, le politique va lancer de grands projets d'urbanisme avec comme leitmotiv la réalisation d'espaces conciliant habitations, travail, et mixité sociale. Ce sont les « villes nouvelles ». Le Mirail voit ainsi le jour... Depuis, une existence en clair-obscur. Le quartier a troqué son costume d'héraut de l'urbanisme idéal pour celui d'une « banlieue à risques ». Pourquoi un tel changement ? Hadiza, habitante de la Reynerie pense qu' « on a pas su profiter de la mixité des cultures. Qu'est ce qui nous en empêchait ? ». En 1992, un Georges Candilis vieillissant revenait voir le quartier qu'il a construit avec tant de promesses, pour lui, c'est un constat d'échec. Les rêves d'une terre d'asile permettant l'ascension sociale sont désormais chimériques. La vérité, c'est une fracture humaine, où la banlieue a importé tous les maux de la crise sociale. Enjeux politiques, déclassement, vieillissement des locaux, chômage, bavures policières. Ces tribulations laissent peu de place à l'optimisme pour les

populations, qui, on peut les comprendre, se sentent abandonnées par le « pacte républicain ». Sujet sensible. A juste titre, la « banlieue sensible » n'est-elle pas au contraire une création plutôt qu'une observation. En 1996, les politiques de la ville rebaptisaient le Mirail en Zone Urbaine Sensible (ZUS), comme une mise à la marge de ces quartiers. Autrefois territoire d'enjeux, il est aujourd'hui pointé du doigt. Plutôt que prendre des résolutions ad hoc afin de résoudre un problème, le quartier a pris le chemin des limbes. Destructions d'immeubles, AZF, projets d'urbanisme remis au lendemain, le Mirail grandit à l'ombre de la République. Oublié comme le fils Prodigue. Malgré cette vision alarmiste, il est certain que cet espace rebondira un jour. Le Mirail et son « journal intime » ont montrés qu'il n'y a aucune panacée. La solution, elle se fait jour lorsque – au lieu de fermer les yeux – l'on regarde justement les habitants de ces quartiers. Silencieusement, la parole des « banlieusards » (à ne pas confondre avec « casseurs ») se construit dans des réunions, des associations de quartier, à l'université. Comme le disait Candilis, « il n'y pas de ville sans histoire », gageons que ces quartiers pourront, dans un avenir proche, devenir acteurs de leurs destins.


5 chronique musicale

coup de

’Krystal System’ un duo qui pète ! — par Omar fait le bazar

Voici les nouveaux chouchous du net, et de la presse underground : Krystal System. Duo parisien d’électro-métalindus-et-plein-dautres-trucs. Ça s’agite, ça chante, ça réfléchit... Et c’est du bon ! Pas de détours avec le duo ; Bonnie (chant, guitare) dénonce sans vergogne l’aliénation de la pensée commune et des médias ; tandis que Seven (synthé, chant, effets) accompagne le tout de quelques phrases puissantes, obsédantes, et d’une électro prête à faire sauter votre grand- mère ! Imaginez simplement : 2 jeunes gens, 2 albums, et 1 grand buzz sur le net les plaçant 3èmes dans les charts allemands ! Allez écouter un seul de leurs morceaux sur le net, et vous aussi, vous serez pris par un style si authentique. Pour résumer, Le duo se démarque essentiellement par 2 aspects : le son, il interpelle dès la première écoute, caractérisé par des guitares metal granuleuses et robotiques qui rappelle les belles heures de Rammstein, et par nombreuse sonorités electro qui vous tombent dessus soit comme un vent sombre et glacial, soit comme un tonnerre électrique faisant vibrer le moindre de vos os! Le chant de Bonnie explore des registres tout aussi fulminants : chant calme, soupir, cris, chant parlé, chant discret, chant rapide et saccagé... sans jamais prétendre à une quelconque symbiose, sa voix est simplement entrainante. Le duo marche bien, car il s'entend bien! Pas de querelle de notoriété: les deux âmes partagent leur talent tant pour l'écriture des paroles, que pour la musique. D'ailleurs ce qui est agréable, c'est que Bonnie ne tente pas d'imposer sa voix: Seven chante aussi, attribuant une ambiance plus nuancée et différente du simple combo metal/electro, et qui mise tout sur le charisme (et les gros seins) de sa chanteuse ! Retrouvez Omar tout les lundis à 22h sur Campus FM 94.0 !

Bonus t Retrouvez l'interview et les liens pour écouter le groupe sur le blog : http://blogs.univ-tlse2. fr/leptitbuvard/


6 ...à lire

nouvelle

‘Winston Cloche’ Par Nicolas Peyell — Part. 2

I

l y avait maintenant deux semaines que la bagarre dans le PMU avait eu lieu, et c’est dans ce court laps de temps que notre héros Winston Cloche fit fructifier son argent remporté la dernière fois. Un costume bien fait, une brouette, une fausse carte d’identité de chez Paulo et de l’essence ; voilà dans quoi tout son argent était parti les premiers jours. Par la suite, et profitant intelligemment de l’incrédulité du peuple, il avait su réquisitionner plus d'une vingtaine de machines à laver en tant que « déménageur des appareils ménagers défectueux », machines qu'il avait lui-même porter sur sa brouette jusqu'au vieux pontTsar de Lys. Il y a deux jours, il profita du bon moment pour brûler son butin et dès lors, un grand brasier fumant chauffa les pieds des passants et fit fondre la neige sur le pont, devenue cascade féerique. Une fois les machines à laver bien fondues, il en récupéra le cuivre et le vendit au ferrailleur du coin qui n’en crut pas ses yeux. Le pactole qu'il avait amassé ainsi suffirait à le faire vivre pendant au moins trois mois. Et nous voilà à présent en compagnie de Winston Cloche, habillé en guenille, sac à dos et peau grasse mis en évidence, devant l'un des plus vieux monuments de la ville, le Château du Marquis des Antilles, merveille architecturale néo-romano-shintoïste ; qui accueille désormais dans chacune de ses cinq tours, les boites : Le string de Cendrillon, Tropiques Niquent, Lapina, Vodkabaret et La reine cougar.

Les caribous trottaient tranquillement sur la place, la nuit était déjà là depuis quelques temps et Winston se décida pour le Vodkabaret, où les femmes sont faciles, les shows excitants, diversifiés et les cocktails érotiques, selon les dires de la populace. Juste avant d’entrer, un clochard lui demanda une petite pièce en tendant son chapeau qui en contenait quelques-unes. Ce bon vieux Winston s’en saisit et partit dans le château sans demander son reste, « ça paiera le service » dit-il. Il monta les vieilles marches de la forteresse guidée par les guirlandes et les pancartes flashy qui indiquaient le Vodkabaret. Au milieu de la tour (la boite était au sommet) il croisa de fort belles jeunes filles qui lui donnèrent de l’appétit, par leurs fesses qui dévoilaient leurs formes dans les jupes resserrées par leurs mères, Il déposa son sac à dos à l'accueil et entra sans problèmes, ce soir, il allait boire et faire la fête ! La salle était ronde et semblait être une ancienne salle de banquet ; en face de lui tout au fond trônait la scène de cabaret où se dandinaient des femmes rondelettes et masquées qui malgré leur bon jeu de jambes et leur danse du ventre n’attiraient que peu de monde. A sa droite le bar et juste au milieu, la piste de danse. La décoration de l’endroit suffisait déjà à mettre Winston dans un état second, les murs blancs et translucides se tintaient en rose, bleu et vert ; le sol en velours rouge supportait des tables distordues et des canapés gonflables.


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Au plafond étaient fixées les chaises au milieu d'une nuée de piafs en strings paniqués dans leur cage. C'était très moche et très tendance trouva Winston. Une dalle de pierre à côté du bar n'avait pas encore était recouverte par le velours et rappelé que l'on était dans la tour d'un château. Winston décida de s'y fixer et commanda un pichet de bière. Il n'avait plus bu depuis le PMU et comptait bien fêter cela ; car oui, il faut le dire, Winston Cloche savait quand et quand il ne fallait pas boire. Là il le fallait. Il s'arrosa donc le gosier le plus vite possible avec de la bière ambrée, du whisky breton et de la vodka russe, bien évidemment. Un peu de punch pour faire passer tout ça le temps de repérer ici et là de possibles proies à conquérir. Son bandeau vert, son air dépouillé et sale intriguait la gente féminine, son visage jeune et son corps bien fait attiraient l'œil de certaines. Il se dit « Prend la pause du mec solitaire et mystérieux », il prit cette pause-là, fronçant les sourcils, le regard vague, la bouche douteuse et le dos droit. Malheureusement, sa consommation d'alcool lui enlevait tout son mystère. Winston voulait aller danser un coup sur la piste. Avec un verre de Vodka à la main, il se dirigea vers la scène, mais se fixa un instant pour observer et attendre que la musique change, il n'était pas frillant de cette électrozouk qui passait en boucle depuis un moment. Les gens devant lui dansaient au rythme des Love you, Fock me, Moove your ass, Baby I'm alone, Beleive in your dreams, ect...Winston qui regardait la foule se dandinait devant lui,

se fit la réflexion qu'il était bien saoul et, sans que rien n'eut pu le prévoir, se mit à penser sérieusement, là comme ça, appuyait contre le mur. Une femme, mignonne et coiffée d’une broche en ocre, vint le voir et lui dit à l’oreille, le sortant de sa torpeur « Salut toi, ça te dis qu’on discute là-bas ». Oui, ça lui disait. Ils se posèrent et burent un verre ensemble. Mais cela fut de courte durée, Winston fut vite lassé de sa comparse. Elle lui raconta qu’elle était là avec des amis, mais qu’elle couchait avec eux parfois et que si cela le choquait, le macho qu’il était pouvait aller voir ailleurs. Qu’elle était une femme vachement libérée et qu’elle ne faisait qu’un avec son corps, qu’elle assumait complètement d’être une fille « extrême » et branchée « sexe », et que même une fois, elle avait fait un plan à plusieurs ! Un discours bien trop long pour en arriver à la conclusion suivante : si verre de plus il y avait, si danse, si embrassade, si « J’te ramène chez moi poupée » et si coït il y avait, il ne devait pas s’attacher. Winston comprit bien et lui demanda aimablement s’ils pouvaient ne pas s’attacher dès maintenant. Une claque dans la gueule et un verre renversé plus tard, notre ami se dirigea cette fois vers le dance-floor. Il devait bien remercier l'alcool car sans cela, sans cet état second où le monde parait enfin intéressant, il se serait ennuyé ferme. En effet, seuls les riches messieurs bien musclés et d’une confiance inébranlable en eux dansaient aux cotés des femmes parfaitement proportionnées. Ils assuraient les sempi-


‘Winston Cloche’

Par Nicolas Peyell — part. 2

ternelles gestuelles de la drague, gravés dans les gènes comme mauvaises herbes dans un terrain vague. Sur le côté, idem, « Toujours les mêmes, bordel » se dit-il. Le binoclard au sourire forcé qui tape le rythme sur la table en regardant sans cesse autour de lui, les deux copines qui n’ont rien à se dire comme tout les soirs, l’homme à la chemise blanche, trop froid et sur de lui pour forcer la tendresse d’un autre, celui qui a trop bu trop loin de chez sa mère et se perd dans l’abattement de sa sensibilité. Cette vision fit redescendre Winston de son promontoire acquis par la boisson, et il s'en alla soulager sa vessie dans le dessein de partir après. Dans les WC, les basses de la musique lui massaient le ventre et ses yeux enfin y voyaient clairs. Il s’en servit pour aller dans le coin des dames, histoire de rigoler. Là, il mit de sa personne pour bien uriner sur les cuvettes et tout autour, puis il s’essuya en peu partout avec les tapisseries moyenâgeuses que le gérant avait mis à disposition ; c’était toujours moins cher que le PQ. C’est une gravure de Philippe Auguste qui en profita. En sortant, une femme le croisa en entrant dans WC et ressortit aussitôt le rattraper. « Dis donc p’tit con, c’est toi qu’à foutu ta pisse partout ? » voyant que Winston hésita à répondre, elle comprit que c’était lui. « Ca te fait plaisir connard, t’as que ça a foutre de ta vie, viens, Viens ! Tu vas essuyer ! » Elle lui saisit avec une poigne de fer et Winston, bien éméché se retrouva sans qu’il put se reconnaître devant la cuvette qu’il venait d’inonder.

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« Nettoie ! » lui ordonna-t-elle, en commençant à lui tordre le poignet. Il tomba à genoux de douleur et la femme, l'adoubant de coups de balai à chiotte. Elle allait lui donner le coup de grâce, quand il mit sa main devant et stoppa le coup. Il se releva et la regarda bien dans les yeux, plein de rage : « Oh sale thon, ça va bien oui, lâche ce bourre chiotte si tu veux pas en prendre une » « Le thon ? » dit-elle, des larmes de colère entre les yeux. « Oui sale thon ! » dit-il, mal à l’aise devant cette femme qu’il faisait pleurer. « En quoi ça te dérange que je sois laide, hein ? RÉPONDS ! » et elle fondit devant lui. Hagard et se sentant ridicule, il la saisit entre ses bras et dit : « Oh vous allez arrêter de baiser, y’a des endroits pour ça ! Y’en a qui attendent ! » Il dit donc : « Excuse, j’suis mort bourré…Je sais pas, pardon. T’es pas moche et j'm’en fous. D’ailleurs vas-y, frappe-moi, venge-toi ! » La femme releva la tête et se dégagea de Winston, la bouche grelottante : « JE SAIS QUE JE SUIS MOCHE CONNARD ! JE LE SAIS ! » elle hoqueta. « J’suis pas une top modèle d’1m80 qui a de beaux seins fermes et un visage d’ange. Et j’suis pas non plus la fille en chair, la fausse moche, celle qui plait à tout les « gentils qui s’en foutent du physique ». Non moi j’suis une vraie moche et j’le sais, j’ai rien, j’ai pas de seins, pas de trait, pas de fesse, pas de voix douce, pas de belle chevelure, pas de belles mains !!! » Winston, assez surpris et lucide pour entendre


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cela, la regarda bien de bas en haut. En effet vit-il, elle n’avait rien. Sa taille était normale, ses seins n’étaient ni de petits objets ronds et mignons, ni des obus provoquant et maternels. Ses hanches coulaient sur ses cuisses, sa posture était légèrement cambrée, voir bossue. Son visage quant à lui, ne traduisait rien, elle avait des cheveux noirs coiffés sur la raie, des yeux marrons, une bouche beige, un nez pointu. Rien, décidément rien se dit-il, embarrassé. Voyant dans le mutisme de Winston, le maigre espoir de se faire contre-dire, la femme voulut s’en aller. Il la retint par le bras, dans un geste sans consistances aucunes mis à part une empathie des plus nuancée. Elle se débattit et, dans la pièce exiguë, se retrouva contre le mur, avec les WC entre les jambes. Là Winston se figea. Son regard se remplit alors d’amour, de compassion, de tendresse. Il fit un cadre de ses mains et regarda à travers la femme, muette. « ça alors, j’vous jure je sais pas si c’est un truc qu’on a mis dans mon verre, l’alcool ou l’odeur de javelle mais là j’ai une vision d’alcolo. » Elle ne comprit pas, et tressaillit car des gens frappèrent à la porte. « À ta gauche, y’a la tapisserie en rouleau rouge et jaune. À ta droite, des traces de tags, des signatures. En haut, la lumière t'entoure et le vasistas montre quelques étoiles. Tout est là où il faut, et le vert de la pièce rebondit sur ta peau. C’est le cadre, je sais pas, mais tu… Non vous êtes euh…Bordel c’est quoi déjà ? » « Mais vous vous sentez bien ? » « Ah oui, vous êtes troublante »

La femme baissa les yeux, embarrassée, décontenancée. Elle voulut se dégager, mais il la stoppa d’un cri. « Pitié, restez là, j’ai besoin de vous » « Oui et vous vous êtes ivre ! Vous êtes drogué non ? » « Peut-être » « Je ne sais pas ce qui vous met dans ces états, mais c’est pas moi » « Le cadre n’existerait pas sans vous, c’est vous seule qui créez cela. Je veux fumer et vous regardez un instant, après j’irai cuver ailleurs. » La femme leva les yeux comme pour chercher une explication. Elle prit son souffle. Elle le regarda de nouveau et délivra en un mince filet d’air longuement. Elle ferma les yeux. « D’accord, mais ouvrez le vasistas. Que je puisse voir ces étoiles. »

« ramenez vos paumes W» Envoyez-nous vos œuvres : leptitbuvard@gmail.com


10 texte

‘Slip humide’ Par Marion Lemoine

Tu vois, le polystyrène, c’est comme la neige qu’il tombait cette nuit là. Tu sais, quand on a des cadeaux, il y a du polystyrène dans le carton, et quand on frotte deux bouts ensemble, ça fait un bruit que je n’aime pas bien. Mais ça fait de la neige aussi. Alors, il y avait un géant qui frottait deux morceaux de polystyrène l’un contre l’autre au dessus de nous. Il s’amusait bien lui là haut, mais moi j’avais froid. Tu sais, quand on mange une glace à la pistache ou à la fraise – à la vanille aussi – et que la gorge devient toute froide, ben c’est comme ça que j’avais froid moi, sous la neige du géant. Et puis on se promenait, il faisait nuit noire. Tu vois, si j’éteins la lumière : il faisait noir comme ça. Les petites étoiles, là haut, c’étaient les veilleuses du géant. Pour qu’il ait autant de veilleuses, je pense que ça devait être un géant qui a peur du noir. C’est bizarre un géant qui a peur du Elke Foltz


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noir. Un grand monsieur comme lui ne devrait avoir peur de rien. Mais lui, avec ses veilleuses toutes allumées en même temps, c’était forcément un géant qui avait peur du noir. Il y avait des voitures partout. Elles roulaient vite, Des fois, elles se cognaient contre d’autres voitures qui roulaient vite aussi, mais elles ne se faisaient jamais mal. Elles s’entrechoquaient sans jamais se faire de mal. Le petit garçon qui les conduisait n’a jamais du être une voiture pour les manipuler comme ça. Je n’aimerai pas être une des voitures de ce petit garçon là, moi. Ca doit faire mal d’être une voiture de ce petit garçon. Il y avait de la musique, mais je ne sais pas si tout le monde l’entendait ou si ce n’était que moi. Je ne sais pas si le géant l’entendait, ni si le petit garçon qui bougeait les petites voitures l’entendait. C’était une jolie musique sans parole, comme ça « La lala la lala la lalalala la, la lala la lala, la lala lalala lala » (sur l’air de Once Upon a December). Tu ne la connais pas toi cette chanson. Elle est belle pourtant. Il faudrait que tu la connaisses. Elle venait d’une boîte à musique je crois. Je ne sais pas qui l’a remonté, la boîte à musique. C’était peut être moi… En tous cas, la boîte à musique, avec le polystyrène et les veilleuses du géant c’était beau.

Et puis il y a eu un grand CLAC ou CRAC, je ne sais plus bien. Mais c’était un grand et gros bruit qui fait mal aux oreilles, qui fait plus mal aux oreilles encore que deux bouts de polystyrène qui font la neige. Et puis la musique s’est accélérée d’un coup, et les voitures roulaient de plus en plus vite, et les veilleuses du géant se sont éteintes. Je ne voyais plus rien et j’avais peur je crois. Oui, j’avais peur c’est vrai. Il y a eu un deuxième bruit désagréable, mais il était lent et très long, comme un BIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIP, ou un MIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIC, je ne sais plus. C’était aigu et je n’aimais pas ce bruit, surtout que j’étais dans le noir. Là, les voitures ont disparues et la neige s’est arrêtée de tomber : le petit garçon était parti avec le géant. Ils m’ont laissé tout seul ici dans le noir. J’ai pleuré. Ben oui, j’avais peur je t’ai dit. J’avais peur, j’avais peur. J’ai crié mais personne ne m’entendait, et aucun son ne sortait de ma bouche. J’ai pleuré en criant et mes larmes ont mouillé mon pantalon. Et la lumière s’est allumée.

« ramenez vos paumes W» Envoyez-nous vos œuvres : leptitbuvard@gmail.com


12 lyrics

’j'mérite pas’ Par Jean Lève

Instru t Echos — Keny Arkana http://www.youtube.com/ watch?v=WwBVt7Xpu2w

J'voulais être une guerrière un bandit une indienne J'voulais pas être une meuf qui entre dans le système J'voulais d l''adrénaline j'voulais qu'ma vie soit mienne J'voulais qu'chacun garde la foi mais qu'chacun est la sienne Pour ca j'étais prete a tout pour que les choses bougent J'voulais tout foutre en l'air et me barrait d'toulouse 16 ans la crise y'a plus d'marche arrière possible J'en ai marre j've m'barré et j'veux voir c'que c'est de vivre La fumée m'envahi et l'esprit devient flou Petit a petit je m'enfonce petit à petit j'vois trouble Les conséquences d'mes choix qui avec le jour renoue A genoux devant les mauvaises voies et les mauvais détour ici y a pas d'place pour moi alors j'vais voir ailleurs Ailleurs c'est à Marseille dans un appart' à plusieurs La journée fermée a clé pour pas qu'on s'barre d'ici La nuit on dort à quatre dans la même pièce dans le même lit Ma copine et sa mère qui l'appèle un jour sur deux Lui dit qu'elle est coupable de laisse son p'tit frère chez eux Elle craque veut rentrer je cède et sur les bancs du poste Croise les doigts pour qu'mes parents pardonne mes fautes c'est vrai qu'je leur fait du mal j' mérite pas cette famille en or Maman ferme la fenêtre mais j'étais d'jà dehors La bas j'rencontre les hommes et ma virginité s'effrite Chez moi mon corps est mort et mes envies me quittent Alors j'pars en vadrouille et fais la maline Le monde est à moi et à mes copines Les sorties dans les boites et les ennuis qui s'en suivent Les hommes ont fait de moi une aventureuse docile La roue a finit par tourner rien de compromettant Chuis devenu étudiante j'ai toujours toute mes dents J'rentre dans l'moule La vie passe mais il n' se passe rien Au milieu de la foule j'rêve à si j'étais resté dans l'train


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Si j'partais si j'plaquais tout Si j'exporais le fond du gouffre Ils disent qu'ça passe vite moi j'en ai rien a foutre Chuis d'jà vieille et aigri et embourbée de honte L'innocence est passé ne me reste que des ronces. Cloisonnée dans une vie moyenne avec une paye de merde 10 ans après je fais le point bilan : j'ai plus rien à perdre Je suis une bouteille à la mer avec le poing en l'air Je suis une étrangère impuissante doué pour ne rien faire J'regarde les autres derrière leur carrière et j'me la ferme Je comprends rien, j'me sens pas bien alors je m'enferme J'suis rentrée dans l'système dans c'monde qui marche au pas Un peu de beu pour moins de haine mais j'y arrive pas J'sens qu'le système m'aspire mais j'ai plus la rage J'veux vivre des choses fortes mais chuis juste une otage J'ai peur qu'mes voisins m'entendent alors j'crie moins fort Mais à tout ceux qui m'entendent sachez qu' ils veulent notre morts à tout ceux qui m'entendent sachez qu' ils veulent notre mort... 20h les infos des bagarres éclatent dans les quartiers Les voitures brûlent la ville entière la France est en danger Ils sont devenus fous et chacun commence à entrer en guerre Des flammes s'élèvent des chaînes se brisent des pensées collaborent La France ne croient plus aux bouc émissaire !!! Pour maintenir le lien social elle préfèrent être solidaire ! La police récidive ils veulent éviter qu'on règne Ils veulent une vie de vice la ou on visent une vie de rêve L'aire n'est plus à la laisse, l'heure n'est plus à la haine Pardonnons nos maîtres et Libérons nos chaînes ! On visera la lune la ou d'autres viseront le vide, Ils viseront la fortune quand on visera l'arme ultime, Ils diviseront le monde et on l'unifiera, Inondons le d'amour pour qu'enfin cesse le combat ...


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‘Dommage’

nouvelle

Par Arno Richet — Part. 1

R

endez vous était pris. Jim arriva le premier. La planque se trouvait dans l’Ohio, assez loin des lumières de la ville. Une maison abritait un bordel avec poules, paillettes et plastiques turgescents; ceci, juste au dessus de la planque. On entendait la musique en sourdine, et les boy-scouts adipeux qui se donnaient à fond dans des pulsions de mort. Ainsi, les classiques de soul en écoute ce soir là — tel que Bad Girl de Lee Moses — étaient rythmés aux cris aigus des putains, chapelets en main. Jim montra patte blanche à Earl, le maquereau-en-chef, et descendit dans la cave. Vingt mètres carré. Pas plus. Et ces quelques agréments : une plante verte, un transistor, une mappemonde, et un moniteur posé sur une table. Jim observa la machine, des diodes alternaient les couleurs, du rouge, au vert, au bleu, et encore au rouge. Drôle d’engin, se ditil. Il s'arrêta quelques instants devant la mappemonde. La Chine, en monstre phagocyte, occupe le principal du continent eurasien, laissant un maigre corridor de terre à l’ouest pour deux démocraties libérales. Juste deux. A l’opposé, les États-unis ont bouclé la boucle de l’establishment, et le monde latin n’est plus. On mange du steak aux hormones du nord de l’Alaska jusqu’à la pointe d’Ushuaia. Jim contemplait le tableau, satisfait, lorsque soudain on entra : – Oh, fucking bastard, désolé je suis en retard. – Hello édouard, t’en fais pas, t’as pensé aux bières ? – Affirmatif, tu connais mes habitudes. édouard en ouvrit une et la tendit à Jim. – Chang n’est pas là ? – Aaaaah, Jim cracha par terre. Laisse-le réajuster sa cravate deux minutes et je te parie qu’il va se pointer.

Les deux hommes prirent des chaises. édouard sortit des cartes à jouer. Grosses poitrines et croupes galbées s’étaient substituées aux têtes couronnées. En haut, on entendait désormais du country-bluegrass. Silencieux, Jim et édouard se balançaient d’avant en arrière, et à l’aune de Murphy et de la gravité, Jim chancella et se retrouva le cul par terre. « Damn, quel con je fais », l’autre adopta un air compatissant, sans dire mot. Une fois que le 'ricain s’eut assuré de l’intégrité de son rectum, édouard prit la parole: – Alors, t’as bien réfléchi ? – Écoute, je préfère que ça soit clair. J’ai été mandaté par quelqu’un pour faire quelque chose de bien précis. Toi aussi. Et Chang, on peut l’imaginer. On a tous un choix à faire. L'intérêt est de savoir s’il y aura une contradiction entre nos décisions. Il marqua un temps, cracha une nouvelle fois au sol, et reprit : – Pour ma part, j’ai déjà cogité sur la question. A ce propos, j’voudrais tout de même rester là quelques heures, écluser nos bières, et ergoter si ça te chante. L’important, c’est de pas flancher dans le sacerdoce. – On est d’accord. De toute façon, tant que Chang n’est pas là ... Jim lui coupa la parole. – Ouais, mais entre nous, j’emmerde Chang.

* Anthony, Lucie, Consuela, Lei, Martha, Yacine, Ho-wei, Philip, Vladimir, émir, et Rebecca. Tous marchent main dans la main. Après plusieurs mois de guerre civile, de barricades, de pavés , de sueur, les gouvernements ont enfin lâché le poisson. Les parlements sont vides, abandonnés par les orateurs qui regagnent leurs terriers. Les rues sont noires, noires des


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hommes et des femmes qui les peuplent. Tous fondent vers la World Agency, leur Graal, leur acropole, celle qui régit tout, pour tous. Ils ont décidé qu’il fallait frapper fort, en décapitant l’hydre, une seule et bonne foi.

Clément Marty


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Lise Armand


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‘La folle raison d'une

folie raisonnable ’ Par Chloé Wilshaw

S

ur l'échiquier du monde j'aperçois un fou qui, la tête basse et la face en goguette, respire sa souffrance avec une délectation fort assumée. Il est triste, le fou, mais il aime sa tristesse et se nourrit de ses malheurs pour faire vivre une folie qu'il peine à bâtir aux yeux des autres. Car ce fou n'est point fou mais ô combien précieux : il sait mieux que quiconque que la folie est l'apparat du sage. Aussi a-t-il enfilé non pas le masque mais le déguisement complet de la déraison, s'immunisant contre le prosaïsme harassant d'une vie sans surprises. Se croyant plus pertinent et plus voyant que tout autre énergumène, il s'est fait visionnaire d'une société, prophète déchu d'un monde boiteux et porte-parole d'un univers muet. Posant son regard aux milles œillères sur le socle de la vie, il a jugé sans limites et a signé de sa plume d'aigle la fin de sa lucidité. Lucifer a saisi cet homme au génie débordant entre ses pinces de feu et en a fait son plus fidèle dévot. Les plaisirs de la chair ne survécurent cependant pas à la spiritualité tant redoutée. Lorsqu'il comprit dans une douloureuse démence que la folie n'est qu'un aboutissement au faîte de la raison, il arracha un à un ses cheveux et en tressa une épaisse liane de mépris. Le mépris, il ne lui restait que ceci pour cracher au monde sa propre haine, cette immonde déception de s'être perdu dans le désert de l'illusion. Il se croyait maître d'un

monde que lui seul comprenait, mais s'est écroulé face à son silence déraisonnable. Ses cris déchirants ne suffirent qu'à lacérer le tissu cérébral qui faisait son génie. Il y vit une malédiction des plus jouissives, et pût dans une fausse innocence arborer le visage de la Tragédie. Il se pensait condamné, victime de ses démons et puni par le Malin. Mais là encore il se leurrait, car le monstre de la nuit vint le secouer dans son lit, et sous des airs d'insomnie il se répandit en appels à la mosquée, dans un langage défiant toute la poésie du monde. Tel un Sartre des temps modernes, sous sa cape d'indifférence il clamait haut et fort l'absurdité de la vie et la promesse de la mort tant magnifiée. Il avait peur et une crainte criante emplissait son corps, le secouant de frissons glacés et l'emplissant d'un vide lourd à porter. Face au paradoxe de sa condition, son désarroi grandissait avec son mal moral, et il se laissait mourir dans une langueur à faire fondre un bloc de glace. C'était un homme brillant, dont les capacités intellectuelles et critiques étaient effarantes. Il portait en lui tout l'espoir d'un siècle à l'agonie, d'un siècle insipide où l'argent faisait foi et la pensée s'éteignait. Rien ne pouvait empêcher sa déliquescence et c'est dans un infini regret qu'Elle prit sa retraite par une démission lancinante. Face à l'explosion du cristal de l'illusion, le volet prosaïque s'abat sur le voile de l'idéalisme onirique. « ramenez vos paumes W» Envoyez-nous vos œuvres : leptitbuvard@gmail.com


18 philo

dissert'

‘QUART D’HEURE

PHILOsophie’

L’

homme est-il condamné à se faire des illusions sur lui-même ?

~ Introduction

2ème partie

On peut perdre ses illusions ? La philosophie nous demande de renoncer à nos illusions ? Condamné ? Être condamné, à se faire des illusions ? C'est quelque chose de nocif, c'est néfaste. Présupposé : l'homme ne doit pas se laisser aller à l'illusion, ne doit pas se considérer condamné par l' illusion.

Au cœur de la philosophie : l'homme doit faire un effort pour se connaître soi-même. C'est l'exigence socratique : "Connais toi toi-même". Être sage c'est essayer de se connaître soi-même. Pourquoi ? La connaissance de soi peut nous éviter de nous faire des illusions dévastatrices et nocives, et autodestructrices. Car tout de même, quand on se fait des illusions, quand on attend toute sa vie le prince charmant par exemple, on risque d'être déçu. Quand on se fait des Illusions sur soi-même : on se surestime, et on va au devant d'échec, si on se sous estime, on va pas faire ce qu'on est en mesure de faire. Donc la philo nous dit d'essayer de ne pas vous faire trop d'illusions sur soi-même, essayer de prendre conscience de ce que vous êtes, ce que vous pouvez faire et ce que vous ne pouvez pas. Socrates a été suivi en ça par Descartes, Spinoza et Freud : nous ne sommes pas condamné à nous faire des illusions sur nous-même. Surtout Spinoza : si on prend conscience de nos passions, alors on peut les surmonter. Une affection qui est une passion cesse d'être une passion sitôt que nous en prenons connaissance. Anecdote : Descartes était amoureux d'une fille qui louchait mais quand il a fait une analyse, une étude de lui-même, il a compris quelle était l'origine de cette passion, et qu'elle était absurde. Donc l'homme peut

~ 1èRe partie L'illusion c'est quelque chose d'assez inhérent à la condition humaine car l'homme est un être de désir. Contrairement à l'animal qui n' a que de besoins, donc pas de désir et ne se fait donc pas d'illusions. L'homme ne peut pas s'empêcher de désirer, et qui dit désir, dit l'imagination qui s'emballe et qui nous fait croire que l'on sera heureux si l'on obtient l'objet de son désir. Mais en fait, quand on obtient l'objet de son désir, on est souvent déçu, on s'aperçoit qu'on s'est fait des illusions. Rousseau nous dit que le désir nous rend heureux car il nous donne des illusions. Donc, oui on est condamné à se faire des illusions car nous sommes des êtres de désir et que le désir implique l'illusion et l'imagination.


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se libérer de ces illusions par la connaissance de soi. La connaissance de soi pour se libérer de nos illusions. Donc l'homme n'est pas condamné à se faire des illusions.

~ 3ème partie "Condamné" est tout à fait impropre car l'homme est libre, il n'est condamné à rien du tout. On est pas condamné à se piéger soi-même, on peut toujours se libérer soi-même. Si l'on est condamné c'est que l'on se condamne soi-même. Effectivement, il arrive qu'on se condamne soi-même à se faire ou à vivre dans l'illusion. Exemple : qu'on pourra réussir dans la vie sans travailler, ou qu'on va devenir une grande star. Mais ce n'est pas que l'on est condamné à se faire des illusions sur soi-même, c'est qu' on se laisse piéger par soi-même.

~ Conclusion Non, on n'est pas condamné à se faire des illusions sur soi-même. L'illusion n'est pas mauvaise en soi car l'homme, s'il n'avait pas d'illusions, n'aurai pas de désir. Ces désirs lui servent de moteur aussi bien à lui, qu'à la société, donc on ne peut pas non plus donner un aspect si négatif à l'illusion.

Par Jonass Delors Source : www.lewebpedagogique.com


20 ...à faire

expo

Résidence de création du 09 janvier au 30 avril 2012 à l’Espace III Croix-Baragnon par le collectif In Out


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’SUBRUNCINATOR’ En ce moment à l’Espace III Croix-Baragnon

Suite à l’invitation de l’Espace Croix-Baragnon pour l’événement Cheminements – Le goût de la nature, le Collectif In Out (quatre artistes issus des Beaux-Arts) développera un travail de performance pensé durant le temps d’une résidence de création à l’Espace III, Croix-Baragnon. La réflexion des artistes s’articule autour du corps, de la nature et de l’artifice, comme autant de problématiques convoquées dans un dépassement de soi. Depuis le 9 janvier et pendant trois mois, les artistes créent et effectuent leurs performances Subruncinator à l’Espace III, devenu lieu de création. Le corps est soumis à des expériences originales, autant sportives et scientifiques qu’artistiques, qui le poussent dans ses limites et le métamorphose. Une exposition d’objets ayant un lien direct avec les actions des performances entreprises, sera la concrétisation des efforts fournis par les quatre artistes. L’exposition devient prétexte et lieu de questionnement, celui de l’inscription sociale et environnementale de l’individu, de son rapport au monde, de son rapport à l’autre, de sa capacité à se contraindre, à s’adapter, à se réinventer et à se fantasmer luimême. Devenant matériau de construction puis artefact, sujets devenant objets de réification, les artistes engageront leurs propres corps dans le processus de création, se livrant non comme l’objet d’une expérimentation mais comme celui d’une expérience…


22 festival

’Les étudiants font le printemps ’ Photo DDM archives 2007 – www.ladepeche.fr

tival en lui donnant un caractère toujours plus prestigieux. Pendant plus d’une semaine vous pourrez vous divertir au son de l’électro, du hip hop, de la variété ou encore de la world musique. Avec pas moins de huit groupes le festival investira successivement l’université de Toulouse le Mirail, La Dynamo, et la salle du Cap pour conférer à l’évènement l’ampleur qu’il mérite.

Pour sa quinzième édition et à quelques semaines des élections Le Printemps des étudiants donne sa voix à la jeunesse toulousaine.

D

u 22 au 31 mars la ville rose verra en effet fleurir ici et là différents concerts donnés par des groupes amateurs ou confirmés, aussi diversifiés que prometteurs. Investissant plusieurs lieux dédicacés au plaisir de la rencontre et à l’art musical, le festival de cette année comptera parmi ces acteurs des groupes locaux comme Dawa Deluxe ou bien AzadLab. D’autres, au rayonnement plus national tels que Da Krew, Dilemn, ou encore La Rumeur feront également honneur au fes-

à ne pas manquer, le vendredi 23 mars à La Dynamo, le groupe toulousain AzadLab arrive avec un mélange détonnant de hiphop, world music et électro, pour un show qui sans aucun doute marquera les esprits et les lieux. Composé d’une triade cuivrée, de deux manieurs de cordes, d’un batteur, d’un pianiste, d’une chanteuse et d’un MC, c’est bien notre université qui sera mise à l’honneur puisque une partie des membres du groupe est issue de l’UT2. Ayant inscrit une vingtaine de dates à son agenda 2012, cette toute jeune formation semble bien décidée à s’imposer dans le paysage musical français. Parce qu’à Toulouse les étudiants aussi font le printemps. MH

Le printemps des étudiants, 15e édition Du 22 Mars au 31 Mars 2012 Programmation du festival sur : www.infoconcert.com


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24 menu de printemps

pr .

recettes

4

pou

ssi

ns entrée Asperges à la crème

Préparation : 5 min Cuisson : 0 min Ingrédients

• 2 bottes d'asperges fraîches. Pour la sauce : • 2 jaunes d'œufs, • 125 g de crème fleurette, • Ciboulette.

pr .

2

pou

Préparation 1 - Peler les asperges et les mettre dans de l'eau bouillante salée. Faire cuire une vingtaine de minutes, voire un peu plus si elles sont de grosse taille. 2 - Pour la sauce : Mélanger les jaunes d'œufs avec la crème. La faire chauffer doucement et ajouter un jus de citron, et de la ciboulette que vous aurez préalablement hachée.

ss

ins plat Gratin d'aubergine à la sicilienne

Préparation : 10 min Cuisson : 25 min Ingrédients • 2 aubergines • 1 gros oignon • Huile d'olive • 5 tranches de Coppa • 1 petite boîte de concentré de tomate • Gruyère râpé (quantité selon votre goût)

Préparation 1 - Peler les oignons et les faire revenir dans l'huile d'olive, peler les aubergines puis les rajouter aux oignons. Laisser cuire environ ½h à feu doux. 2 - Verser la boîte de concentré de tomate dans la poêle. 3 - Couper la Coppa en petits morceaux et l'ajouter à la préparation. Ajouter les 2 œufs battus. Laisser cuire 5 minutes. 4 - Prendre un plat à gratin, y verser le contenu de la poêle, parsemer de gruyère. > Laisser cuire 15 minutes à four moyen (thermostat 6/180°C).


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pr .

4

pou

s

sins dessert Crumble rhubarbe & fraises

Préparation : 30 min Cuisson : 30 – 45 min Ingrédients

• 4 branches de rhubarbe • 1 barquette de fraises goûteuses • Un peu d'écorce d'orange confite • 150 g de beurre • 75 g de farine • 100 g de sucre • 150 g de crème liquide

+

Préparation 1 - Couper la rhubarbe en tronçons de 1 à 2 cm de long. 2 - Couper les fraises en 2, si elles sont trop grosses. Beurrer un plat à four. 3 - Disposer rhubarbe et fraises dans le plat, parsemer de petits morceaux d'écorces d'orange confite. 4 - Faire des grumeaux avec ses mains avec le beurre (ramolli), la farine et le sucre et en recouvrir les fruits sur 1 centimètre d'épaisseur. 5 - Faire cuire à four moyen entre une 1/2 h et 3/4 d'h. Il faut que le dessus soit bien doré. > Servir chaud avec la crème liquide montée en Chantilly.

La recette spéciale

de Marina milkshake

‘framboise & tagada’ > Pour 2 grands verres • 50g de framboises • 50 cl de lait froid • 4 boules de glace à la framboise • 10 fraises Tagada • 50 gr de sucre 1 - Dans le bol du blender mettre les framboises, les boules de glace et le lait et le sucre, mixer longtemps. 2 - Répartir dans les verres et disposer sur chacun une petite brochette de fraises Tagada.

« ramenez vos paumes W» Proposez vos recettes : leptitbuvard@gmail.com


26 blagues

’Quand Proust

rencontre Mao…’ À la place des blagues (parce qu'on est un peu à court), ce mois ci, nous vous proposons un petit exercice à faire : "Le questionnaire de PROUST" mixé avec un portrait chinois psychanalytique.

R

épondez à toutes les questions et laissez nous dans la boite aux lettres "Le P'tit Buvard" à la Maison des Initiatives Étudiantes (M.I.E, à côté du Restaurant Universitaire : R.U).

C'est parti ! ...

?...

 Nom / pseudo :

Si j'étais ... : … une vertue : … une qualité : … un défaut : … un loisir : … un pays : … une couleur : … une fleur : … une émotion : … un auteur : … une célébrité : … une faute : … une opinion : … un héros de fiction : … une vérité : … une boisson : … un fait historique : … une réforme : … un don de la nature : … un état d'esprit : … un mensonge : … un objet : … une légende : … un film : … une devise : … un bruit : … adverbe de temps :

« ramenez vos paumes W» Proposez vos blagues : leptitbuvard@gmail.com


remerciements

P

our cette neuvième édition, nous tenons à remercier :

« ramenez vos paumes W» Parce que Le p’tit Buvard ne peut exister sans vous, envoyez-nous vos œuvres : leptitbuvard@gmail.com

Les auteurs et artistes : Textes : Nicolas Pleyell, Arno Richet, Omar CM, Marion Lemoine, Chloé Wilshaw, Jean Lève, Jonass Delors et MH Illustrations : Lise Armand, Clément Marty et Elke Foltz BD : Romain Pujol – http://dailyrarium.over-blog.com/ Création graphique : Marina Costanzo – http://marina.costanzo.free.fr/

ON ze web £ t Retrouvez les éditions précédentes et des bonus : http://blogs.univ-tlse2.fr/ leptitbuvard/

Mais également toutes les personnes que l'on a croisé et qui ont pris la peine de s’intéresser au projet et de faire tourner l’info ! Toutes les personnes qui se sont investies de près ou de loin au projet ! Et surtout : tous les futurs auteurs et artistes qui nous enverrons leurs créations ! Et que l'on attend impatiemment ! Et sans qui nous ne serions rien ! Faites que le p’tit Buvard poursuive son chemin, parce que l'on en a besoin et ramenez vos paumes !

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La direction. Ils nous soutiennent :


#9

édition

Le p’tit Buvard

Envoyez-nous vos œuvres sur leptitbuvard@ gmail.com

Journal étudiant littéraire et créatif

‘ ramène ta paume ‘

Mars 2012 — édition #9 Journal mensuel gratuit

Le p'tit Buvard #9  

"Le p'tit Buvard", journal étudiant littéraire et créatif de l'université du Mirail - Toulouse II. Mars 2012 / édition #9 Directeurs de pub...

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