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‘ ramène ta paume ‘

Le p’tit Buvard Journal étudiant littéraire et créatif de la faculté du Mirail

édition #1

“There is a time to stop reading, there is a time to STOP trying to WRITE, there is a time to kick the whole bloated sensation of ART out on its whoreass.” Charles Bukowski

Décembre 2010 — édition #1 Journal mensuel gratuit


couverture

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Illustration origa1 Couleur Marina C.

sommaire

Le p’tit Buvard #1 D é c e m b r e 2 010

édito nouvelle ‘ Sarcasmes et jubilations ou Chroniques assassines ’ (épisode 1) photo ‘ Le manège enchanté ’ poème ‘ L’humanité ’ coup de gueule ‘ Frontières de l’art aux abattoirs ’ coups de cœur musique The Roots, ‘ How I got over ’ et littérature Christophe Chomant, ‘La petite lézarde ’ entrevue ‘ Entretien avec Charles B.‘ poèmes ‘ Du bol ‘ et ‘ Aphrodite et moi ‘ nouvelle ’ Firmin ‘ histoire ‘ Spartiates levez vous ! ‘ divers ‘ L’équation de Drake ‘ photo ‘ Vers ‘ photo ‘ Les amoureux ’ + poèmes ‘ Saison ‘ nouvelle ‘ Inter-somme ‘ BD ‘ Sur fond de crise ‘ poème ‘ Pression ‘ BD ‘ Dans le royaume des cieux ‘

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poèmes ‘ Mal de crâne ‘ suivit de ‘ Le plancher des taches ‘ et ‘ Céline ’ + BD ‘ Breakfast ‘ poème ‘ Sur le joint ‘ photo ‘ Smoke ‘ relevé de compte ‘ Mois d’août d’une étudiante en psycho ’ poèmes ’ Le vent ‘ et ‘ Jalousie ‘ poèmes ‘ Marchande de rides ‘ et ‘ Petit garçon ‘ BDs de Romain Pujol nouvelle ‘ Les gens bizarres ‘ expression libre ‘ Défoulez vous ‘ idée cadeau ‘ Pour un noël aussi fou qu’un japonais ! ‘ divers ‘ Ma lettre au Père Noël ‘ recettes ‘ Menu pas cher ‘ blagues remerciements + Ramenez vos paumes

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Directeurs de publication : Julie Dagut et Arno Richet Mise en page et illustrations : Marina Costanzo — http://marina.costanzo@free.fr/ Impression : imprimerie de l’Université du Mirail, Toulouse II


03 édito

Vo u s e n r êv i e z ?

Nous l’avons fait ! ..Un condensé d’inventivité et de bonne humeur  ! Une

#1

zone d’expression libre ! L’ampleur du potentiel de notre chère génération réunie dans un mélange de genre haut en couleur : chroniques, nouvelles, poèmes, bandedessinées, photos,.....

édition

...Le gars bourré aux considérations métaphysiques sur le monde, le bout de papier oublié au fond de la poche mais emplit de vérités probantes !

...Un exercice de style, une tranche

de vie, des vers démesuré, vos malaises et vos envies… Notre credo : publier exclusivement des créations produites par la main d’étudiants Notre promesse : un magazine indépendant, ludique et original, crée par vous et pour vous !

...Pour vous lire

...et vous rencontrer !

Le p’tit Buvard veut être ton pote, alors ramène ta paume ! La direction.


04 nouvelle

‘SARCASMES ET JUBILATIONs ou chroniques assassines‘ Par Lily Voisin — épisode 1

U

ne veille de cours comme les autres. Sauf que pour moi, la semaine s’arrête le mercredi, en début d’après-midi. Oui, nous sommes en week-end le mercredi. J’aurai beau me défendre d’être fainéante, j’aurai beau dire que tous les cours d’une semaine sont concentrés en trois jours et que c’est difficile pour mon petit corps de s’habituer à un rythme aussi soutenu, je suis malgré tout bien consciente, au fond, que je n’ai pas à me plaindre. Du temps pour flâner, pour faire la vaisselle, le ménage, pour réviser, pour garder mon petit voisin, regarder les pires niaiseries à la télé... mais surtout du temps pour observer mes congénères et retranscrire mes -parfoisabjectes pensées négatives sur leurs comportements. J’aime plus que tout me moquer d’eux, me croire supérieure à eux en pensant qu’ils ne sont que de pauvres petites choses manipulées et manipulables qui ne savent rien, quand moi je les sais si bien. Bienvenue dans mes sarcasmes et autres tribulations. L’humour noir est de rigueur; cynisme oblige. Si vous saviez comme j’aime me faire l’avocat du diable, penser rouge parce qu’on me dit jaune et ne surtout pas changer de position, bien que je sois au final tout à fait d’accord avec ce qu’on vient de me dire. J’aime par dessus tout passer des heures à observer les gens qui m’entourent un par un, minutieusement, pour arriver à comprendre ce qu’ils espèrent bien cacher au reste du monde. Scruter les moindres faits et gestes, épier et ne plus lâcher les petits défauts si bien dissimulés derrière de longs sourires qui se veulent socialement corrects. J’aime cette impression de pouvoir suprême sur ces gens. Je sais, j’ai l’air de quelqu’un de froid et narcissique au possible. Certes. Comme nous tous -à des degrés plus ou moins importants. Eh bien tant pis. Prenez-moi pour la marquise de Merteuil, si divine soit-elle à mes yeux, et

‘Chroniques Assassines’ de Lily Voisin - épisode 1

détestable aux vôtres. :Je n’en serais que plus flattée. Midi, après la sempiternelle Petite Maison Dans la Prairie, les informations. On a retrouvé hier un SDF décédé dans le bois de Vincennes. C’est le troisième en un mois. Un autre sans domicile s’exprime. Il nous est présenté comme Thierry, 52 ans. Mais pourquoi ces gens-là n’ontils pas droit à un nom de famille? Minuit vingt deux. Plus les soirées passent, et plus je me rends compte que l»homme en ruthe ne recule devant rien, même pas devant l’aspect superficiel exacerbé des discussions sur msn (qui soit dit en passant qui méritera aussi son heure de gloire). Pas non plus devant une tournée de bières qui attend d’être payée, ni une opinion stupide qu’il partagera forcement avec la première pré pubère qui lui passera sous le nez. Mais je prends conscience aussi que moi, moi qui vaux cent fois mieux que tous les autres, je me mets à glousser pour un rien quand ce précédemment mentionné homme en mal d’amour déblatère des blagues tendancieuses ou autres inutilités en tous genres. Juste parce que j’aime savoir que je plais, et que «je pourrais très bien me le faire même si je n’en n’ai pas envie’. Juste pour le plaisir de sentir que quand je tortille des cheveux et des hanches, je fais baver le mâle. Ou bien encore pis, quand j’attends un message depuis deux jours en regardant mon téléphone portable toutes les deux minutes, au cas où par malheur il n’aurait pas sonné. Ca sent la testostérone à plein nez, les hormones en ébullition. Pitoyable, je suis. Pauvres petites choses perturbées que nous sommes, nous les hommes. Une fois de plus je rentre au milieu de la nuit malgré la fatigue. Tant pis, tant mieux, à vous de voir. Quoiqu’il en soit je me retrouve à devoir rincer et étendre le linge que j’avais oublié dans la baignoire depuis le début d’aprèsmidi. Je ne pense plus très droit, mais j’ai rencontré quelques inconnus dans un bar où je vais souvent. Moment de partage et de rires indiscrets; indiscrets à cause de


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tout l’alcool ingurgité évidemment. De jeunes hommes un peu lourds au début, mais finalement fort sympathiques. Je me demande ce qu’ils ont à oublier pour boire autant? (Et moi alors, je me suis vue?). Sachez tout de même que j’ai parfois une grande gueule et la critique acerbe, mais qu’il ne faut pas prendre au sérieux la moitié de ce que je dis. Une heure et demie après m’être couchée, je me relève pour cause d’estomac en crise et de migraine impitoyable. J’ai beau y mettre toute la bonne volonté du monde, je ne parviens pas à m’endormir. Je vagabonde donc tel le fantôme incompris dans mon vingt mètres carrés, espérant ne pas faire trop de bruit pour ce cher voisin du dessus qui, lui, ne se gêne pas pour bouger ses meubles de place chaque soir à 23 heures, et celle d’à côté qui passe l’aspirateur tous les mardis soirs à minuit et des brouettes. Ceux d’entre vous qui connaissent les insomnies savent comme cela peut être prodigieusement agaçant irritant au possible. La fatigue est là, on est même exténué, mais rien en ce monde ne pourrait parvenir à calmer ce petit chose qui nous embrouille l’esprit et nous empêche de dormir. Je erre donc sans but, vidant mon réfrigérateur un peu plus à chaque minutes, passant du reste de salade piémontaise aux courgettes citronnées et cuites à point, en passant par le riz qui n’inspire aucune confiance ; mais malgré la faim qui ne me tiraille plus, je continue donc à ingurgiter tout ce qui me passe sous la main, comme si les légumes et le Nutella pouvaient être remplis de somnifères. Vivaldi n’a à présent plus aucun secret pour moi, puisque je me rends compte au bout d’une demie heure seulement que la touche « repeat » a été activée sans que je comprenne pourquoi. Maudite soit-elle, cette touche « repeat ». Si seulement vous me voyiez alors! La nuisette à l’envers, les guêtres encore sur mes chevilles - sans que j’en comprenne la raison-, les cheveux à la mode du cousin machin, je déambule à la

‘Chroniques Assassines’ de Lily Voisin - épisode 1

recherche de quelque chose dont je ne sais même pas de quoi il peut s’agir. Et je fume bien entendu comme toute bonne droguée qui se respecte, à savoir une cigarette entre chaque bouchée (à peu de choses près). Parce que oui, c’est psycho-merdique: après avoir mangé, le fumeur... fume. Même s’il ne s’agit que d’une bouchée de courgettes. Avez-vous vu le film Moby Dick? Sarcasmes et autres jubilations mis à part, je suis très sincèrement déçue. Non mais vraiment, le scénaristes n’a pas dû lire le bouquin. Ou bien alors il n’y a rien compris (je pencherai plutôt pour cette solution). Le pauvre Melville doit, à l’heure qu’il est, se retourner dans sa tombe. Moby Dick n’est pas l’histoire de marins qui chassent une grosse baleine blanche. C’est l’histoire d’un homme, Achab, qui ne vit plus que pour attraper ce monstre; à travers ce fantôme qu’il pourchasse, c’est sa vie qu’il cherche à venger, à rattraper. Car c’est ce monstre qui lui a pris sa jambe. Ce monstre qu’il hait du plus profond de ses tripes, mais pour lequel il a aussi et surtout une admiration, une fascination sans bornes, sans aucune limite, et pour lequel il est prêt à sacrifier sa vie. Moby Dick n’est pas ce que nous en montre son réalisateur. C’est d’abord la beauté des mots que son auteur y met. Ce sont des réflexions, des maux aussi profonds que merveilleux pour raconter ce qu’est une vie. Une vie qui flotte et tangue un peu plus à chaque minute dans un but bien précis, déterminé; toujours le même, auquel on se voue corps et âme. Ma baleine blanche à moi, c’est l’aboutissement d’années de recherches et de projets artistiques qui seront peutêtre un jour reconnus. Pour quelqu’un qui ne l’a pas lu, le film Moby Dick pourrait très bien être un bon téléfilm du dimanche après midi. Mais après tout, à chacun son cachalot (et les moutons seront bien gardés).


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J’aurais beau m’en défendre de toutes mes forces et ne pas l’accepter, je ne suis qu’un être humain, moi aussi, avec beaucoup plus de faiblesses que ce qu’il ne pensait. Plus le temps passe et plus j’en viens à me convaincre que les hommes ne sont là que pour faire joli. A force de les voir tous plus bêtes et méchants les uns que les autres, je deviens impitoyable avec ceux qui m’entourent. Ils ne sont jamais assez bien, assez beaux, assez matures, drôles, courageux. Je me suis persuadée à force de culture de l’échec que je n’avais pas besoin d’eux, et encore moins de l’un d’entre eux. Je préfère cent fois que l’on me voit comme l’égale manipulatrice et auto satisfaisante de la marquise de Merteuil, plutôt que comme celle que je suis réellement: un Homme, une pauvre petite chose frêle et innocente qui accumule les faiblesses et gaucheries, telle cette petite ignorante de Cécile de Volanges. Je deviens la femme aux mille sarcasmes et cynismes pour ne pas m’effondrer; je suis teigneuse pour ne pas me montrer. Je suis la femme que j’ai toujours vue comme une idiote de désenchantée qui ne comprend rien à la vie parce qu’elle ne sais plus rêver et espérer. Désormais, je ne sais qu’une chose: que le sarcasme est à l’Homme ce que l’herbe est à la vache. Alors je fume parce que celui qui fume a de la prestance (même si je suppose que je n’ai pas besoin de ça pour être intéressante), je pique les gens pour ne pas leur dire que je les apprécie, et je frappe là où ça fait mal pour éviter que ce ne soient eux qui commencent à me voir fragile. Je suis celle qui ne boit pas dans les soirées où je ne connais pas grand monde pour éviter de ne plus me maîtriser, quand je meurs d’envie de me saouler jusqu’à m’en faire tourner l’esprit. Je suis donc celle qui trouve que rien n’est jamais très grave; celle qui voudrait se croire intouchable. Journée étrangement banale, comme un dimanche. A attendre de ne plus rien attendre justement, de laisser faire le grand oeuvre de Maître Temps. Un dimanche comme les autres, infaillible faille spatio-temporelle agréablement surprenante. Plus rien n’est un signe du temps qui se faufile. Je suis conditionnée: je ne regarde plus l’horloge, je me refuse à faire autre chose que ce que j’ai vraiment envie de faire. Et si ce n’est rien, eh bien, qu’il en soit ainsi! Si j’ai envie de me prélasser devant les

‘Chroniques Assassines’ de Lily Voisin - épisode 1

pires niaiseries de TF1 je ne me prive pas, et il en va de même si je préfère me laisser porter par la fumée de ma énième cigarette aux rythmes apaisants du bruit des feuilles tombant des arbres et de l’automne de Vivaldi. Je ne culpabilise pas. Je ne culpabilise plus de ne rien faire dans la mesure où c’est le seul jour où je n’en fais pas trop. Si c’est l’été je sors ne rien faire d’autre que converser avec le Soleil, me complaisant dans cet état de léthargie qui me donne une irrépressible envie de sourire. Si c’est l’hiver je ne badine pas: je reste cloîtrée dans mon sanctuaire, apothéose inacceptable de mes plus viles pensées. Ou bien seulement une tisane, une couette et mes yeux fermés. Jubilation de l’inutile, acceptation de l’état larvaire. Beaucoup détestent le dimanche, parce qu’il est le signe indéniable que lundi est proche. Il est vrai que cela m’arrive aussi parfois. Mais la plupart du temps, je ne suis que plus heureuse de savoir le lundi aussi proche, puisqu’il implique un autre dimanche en perspective. J’en ai, du coup, le temps de penser. De laisser les idées s’engouffrer, tournoyer, vagabonder comme elles l’entendent. Je me rends compte alors que j’ai enfoui (sous des tonnes de principes de maturité) la petite fille qui était en moi il y a quelques temps à peine. Le petite fille un peu trop sage qui ne vivait que pour la perfection; celle qui visait le 20/20 à chaque devoir qu’on lui donnait à l’école. Celle qui se forçait à aller au lit vers 22 heures parce qu’elle ne voulait pas être trop fatiguée en cours le lendemain. Celle qui n’annulait pas ses cours de conduites pour cause de j’ai-la-flemme-je-n’ai-pas-la-moindreenvie-de-sortir-du-lit. Je me rends compte que cette gamine est toujours là, mais qu’elle ne me rappelle pas à l’ordre aussi souvent. Ni aussi durement. Je vise toujours le haut, le grand, mais la perfection, à présent, m’ennuie grandement. « Eva, c’est comme une femme mais en plus petit ». J’ai d’abord haï cette phrase si bien formulée par un ami de passage. Et puis j’ai vite compris qu’elle me plaisait. Non pas parce qu’elle me compare à une femme que je serai peut-être presque; mais parce qu’elle ne fait que m’y comparer, sans pour autant me dire « femme » à part entière. Je ne suis pas une femme. Je ne suis qu’une grande fille; je ne suis que la femme que justement je ne serai jamais. Je refuse malgré tout de ne plus rêver.


07 Retrouvez La suite des ‘Chroniques Assassines’ de Lily Voisin dans le prochain numéro du P’tit Buvard. Comme je suis risible, là, seule sur mon lit, à attendre plus que vainement un message de celui qui me hante l’esprit en ce moment! Je l’imagine gonflé de mes insistances pré pubères, soupirant au moindre signe de moi, lui rappelant que je suis là et que malgré son absence de réponse, je persiste et contre signe. J’ai beau -je pense- pouvoir me targuer d’un minimum de réflexion, je n’en reste pas moins pour ce qui concerne ces choses-là une adolescente de quatorze ans qui ne connaît que sa frustration, que son envie -inassouvie- de voir celui pour qui elle rougit. Et même si sur le moment je me retourne les hormones dans tous les sens, je finirais bien quelques jours après par en rire. Je me sais ridicule, et je ne m‘empêche plus de l‘avouer. Je suis risible: si je me vois telle que je suis, ne vous gênez surtout pas.

visage de celui qui le noircit. Je ne vais pas mal, je ne déprime pas, je ne suis pas en « crise ». J’apprends simplement que se laisser aller de temps en temps n’est pas une preuve de faiblesse: il faut beaucoup plus de courage pour avouer qu’on est tombé et se relever ensuite que pour ne rien admettre et ne faire face à rien. Si j’ai envie de pleurer, je ne me retiendrai plus. Si j’ai envie de hurler, je ne me crisperai plus en attendant sagement que ça passe. Je me maîtrise mais ne me brime plus. J’essaie d’apprendre et on verra.

Merteuil un jour, Marquise toujours. Comprenez: que si je suis parfois d’apparence froide et orgueilleuse, je suis surtout une petite fille apeurée qui rougit d’une broutille, l’innocence en moins. Je suis celle qui aime Tchaïkovski et son casse-noisette, qui ne ferait pour rien au monde le moindre mal à un Homme, que ce soit un ami ou un inconnu. Du moins pas délibérément... Je suis une fille qui aime à croire qu’elle peut croire en ses rêves, qu’elle peut valser dans un bal avec son prince -qu’il soit charmant ou non- et qui a besoin de sa maman quand elle sent monter les larmes. La peur d’être elle-même. Malgré le masque que je prends, malgré la femme que je montre au quotidien qui fait partie de moi ( parce qu’elle est celle que j’aimerai être). Ne me jugez pas sur ce que je fais. Mais sur ce pourquoi je le fais. Cela fait, admettez-le, une énorme différence. Le pourquoi du comment: toujours présent, mais sous-jacent. Une semaine je suis une garce tout simplement, la semaine suivante je me repens. Je suis celle qui Haime mais ne sait pas Aimer (c’est vrai qu’un a toujours l’air stupide quand on dit ce mot). Je suis l’amante, la peste, je suis la bourgeoise et la bohème, l’adolescente et la petite fille. Je suis la mère, l’amie, la confidente et la traîtresse. Je suis la femme aux mille humeurs. Je suis la femme aux mille visages. Une narcisse qui souvent se hait, l’un va rarement sans l’autre. Il n’est pas toujours plaisant de constater que la page blanche appelle aux maux. Que le mélange de toutes les couleurs primaires renvoie si bien la vérité. Le véritable

Photo de Laura M.

‘Chroniques Assassines’ de Lily Voisin - épisode 1


08 photo

Photo de Laura M.


09 poème

‘ L ’ h u m a ni t é ’ L’humanité, je la vois autour d’une table. On a vidé quelques flacons et on est réjouis, on a le sourire aux lèvres et le rire au cœur de s’entendre rire et chanter comme ça. L’humanité je la vois radieuse. On refait le monde : on a libéré la générosité en nous et on le fait plus juste. On nourrit les pauvres, en volant aux riches s’il le faut. On est assis entre un ancien activiste d’un front de libération que la prison n’a pas réussi à complètement briser et un ancien malfrat qui conserve la mémoire d’une époque oubliée et un code de l’honneur désuet. En face, un artiste qui n’se voit plus en haut de l’affiche et qui mériterait tant d’y être. Mes lèvres font des entrelacs lorsque j’essaye de parler et d’exprimer la forêt vierge de mes pensées. L’humanité je la vois comme ça. Je la vois dans les petits matins brumeux et glacés, enfourchant le vélomoteur. Je la vois avec le reflet de la coulée sur le visage. Serrant des dents. L’humanité je la vois au charbon, au chagrin. L’humanité je la vois aussi aux grands soirs, debout sur les barricades. Je la vois révoltée, criant aux puissants, à dieu, son impuissance et sa force et son courage. L’humanité je la vois aussi au sourire au dessus du berceau. L’enfant dort apaisé. L’humanité, je la vois à la tendresse. L’humanité, je la sens souvent à la poignée de main, aux yeux humides de l’émotion, à la bourrade reçue qui remplace parfois les baisers. L’humanité je le vois à la pudeur, à la grandeur. Jamais dans l’avidité des allées du pouvoir ou des salles de bourse.

Par Nono


10 coup de gueule

frontières de l’Art aux Abattoirs «Samedi 9 octobre 2010, accompagnée d’une amie, je suis allée aux Musée d’Art contemporain de Toulouse : Les Abattoirs. Après une visite du musée, nous sommes sorties et nous avons constaté qu’il y avait des Performances artistiques (mise en scène) à l’occasion de l’évènement  « Septembre des Roms ». Performances observées par une foule de spectateurs et filmée par des caméras de la télévision. Une des Performances m’a chamboulée, je devrais plutôt dire m’a profondément choquée ! Sur un grillage étaient collées des photos d’hommes et de femmes. Après avoir récité des poèmes, l’homme qui réalisait la performance a commencé à   suspendre pleins de sacs plastique au grillage. Dans chaque sac plastique, était enfermé un poisson rouge flottant dans un fond d’eau… (Les poissons avaient attendu déjà un certain temps au soleil, les sacs entassés les uns près des autres sur le sol). L’homme a donc suspendu les sacs plastiques le long du grillage lorsque le pire arriva… Il se mit à…percer les sacs plastiques  !!! Au début ma réaction fut de me dire  «  ce n’est pas possible  !  ». L’eau s’écoulait vers le sol tandis qu’intérieurement je désespérais pensant aux poissons qui allaient manquer d’oxygène…Je n’en croyais pas mes yeux  ! «  Non  ! On ne doit pas jouer avec la vie sous prétexte de vouloir faire de l’art ! Tandis que la dernière goutte d’eau se répandit tristement sur le sol et que les poissons  agonisaient, une femme fendit la foule et se dirigeait vers les sacs suspendus. Soudain, elle se mit à déchirer les sachets afin de libérer les poissons en criant : « de l’eau !! » Je pensais d’abord que c’était  une des animatrices mais en fait c’était une femme du public. Voyant cette femme, d’un geste brusque je me mis à bousculer la marée humaine afin de la rejoindre et de l’aider, accompagnée de mon amie horrifiée comme moi. Une petite fille venue aussi de la foule  déchirait les sacs (comme quoi la bêtise peut croitre avec l’âge et les enfants sont souvent l’exemple à suivre!). Toutes les quatre nous  nous mîmes à déchirer les sachets afin de recueillir les poissons mourant dans un sceau rempli d’eau  .Heureusement, ils avaient survécu  ! La femme à l’origine de cette résistance dit alors à l’adresse du public « Mais bon sang ! Toute vie est précieuse !! ». Mais le public restait inactif, à observer l’action…Par delà la foule, je distinguais une bourgeoise  un sourire aux lèvres se pavanant, sûrement à la recherche de caméras pouvant immortaliser son royal visage ! Non seulement, personne ne nous rejoint mais en plus, une fois la performance terminée, les spectateurs  suivirent les artistes vers le lieu de la prochaine mise en scène, nous tournant ainsi le dos…(eh oui, la fuite est si facile  !) Sans doute cette mise en scène était un coup de poing à la figure afin d’illustrer le fait que des évènements inhumains ont lieu sans que personne n’agisse pour les stopper… Et vu le

titre de l’évènement «  Septembre des Roms  » un des exemples serait l’expulsion des personnes roumaines… Cette affaire a crée en moi un sentiment de profond chagrin par elle-même mais aussi pour ce dont elle m’a fait prendre conscience  : la passivité et l’ignorance de notre société sont à l’origine de nombreux de ses maux. Et puis je me suis posée une question : Pourquoi personne ne réagissait ?! Certes, dans un musée, on ne doit pas toucher les œuvres. Mais, était-ce une œuvre  ?! Doit-on tout laisser faire sous prétexte que c’est de l’Art et que l’Art  c’est la liberté d’expression ? NON ! Peut-être que la passivité est due à l’effet de groupe et donc à l’IMAGE sociale. Mais alors, cela veut-il dire que l’Homme doive prioriser son image sociale plutôt que la voie de l’humanité ? NON ! (En plus, si une image a été terni cet après midi là c’est celle des spectateurs qui sont restés tels des pantins à observer la scène sans rien faire. Ces mêmes spectateurs qui par leur passivité ont trahis l’humanité en eux et le respect de la VIE !  Peut-être que les caméras ont renforcé cet effet de groupe et d’image ? Mais alors, ce que pourrait dire une seconde de film sur nous et nos actions doit-il nous importer plus que le fait d’agir selon notre volonté et surtout  selon notre cœur ?!! Mais NON enfin !!! Sûrement y a-t-il eu dans la foule de spectateurs des personnes horrifiées par la scène mais qui n’ont pas pu, su,…, trouvé le COURAGE, d’AGIR ! Mais je me suis rendue compte que dans ces moments, les larmes ne sauvent pas des vies, il faut agir  ! Même si c’est difficile sur le moment de se différencier de la masse voir de s’opposer à elle, même si les conséquences nous sont inconnues, il faut s’écouter afin de ne pas trahir l’humanité. AGIR  pour faire un monde où l’ignorance et la passivité régresseraient. Comment des gens peuvent t-il se faire agresser dans la rue aux yeux de tous sans que personne ne leur vienne en aide ?!!! Ce n’est pas parce que notre société de médias fait de nous des téléspectateurs passifs que nous devons être des spectateurs de la vie !! Je rêve, j’espère, je souhaite, je voudrais tant que les Hommes soient plus solidaires entre eux et cessent de se considérer entre eux comme des étrangers, afin que l’harmonie règne enfin sur notre société… LA CREVETTE...


11 coups de coeur

musique

littérature

The Roots

ChriSTOPHE CHOMANT

On ne présente plus les Roots , l’éminent groupe hip-hop de Philadelphie. Le collectif traverse les années au gré d’albums riches et conscients, souvent applaudis par la critique. Le dernier en date, How I get over, sorti en septembre, ne déroge pas à la règle. Il est le fruit d’un challenge fou : Réhabiliter une musique empreinte du courant old school à travers des sonorités actuelles. Pari réussi ! Au carrefour d’un univers musical surprenant ; piano, batterie, basse, violon, saxophone s’entremêlent pour créer une alchimie qui redonnent au hip-hop ses lettres de noblesse. Les Roots sont bluffant de maîtrise et d’inventivité, et prouvent qu’il n’y a pas d’âge pour ranger ses vinyles et ses baskets au placard. Cet album est un véritable bijou urbain, il saura séduire toutes les oreilles encore étrangères à la culture hiphop.

Quatrième de couverture : « Carnac, dans les années 70. Français, 10 ans, s’est épris d’une étrange petite fille qui vient tous les soirs regarder l’horizon depuis le muret de la plage… »

’hOW I GoT OVER’

A consommer sans modération !

‘La petite Lezarde’

Véritable parfum de mers d’antan, la petite lézarde offre un voyage a l’époque ou toutes les désillusions n’étaient pas encore installées ans nos vies. C’est au travers des rêves de ce bambin nommé François, qu’on ne peut qu’admettre que l’objet d’une passion peut marquer toute une vie. Avis aux nostalgiques de ces lointains étés ou il ne dépassaient pas le mètre cinquante mais se sentaient bien plus grands que les voiles des bateaux. Extrait : «  a l’heure du soir qui tombe, l’astre du jour caresse l’horizon pour noyer le paysage, d’un flot de rouille et de safran. La mer se fait d’huile, et devient un miroir ou se trémoussent des rubans de reflets olives, fausses, ocres, et dans lesquels scintillent quelques étincelles… des bateaux de pêche bleus, rouge et verts dodelinent doucement du mât, berçant les goélands… c’est ainsi que s’endort tous les soirs le « mor-bihan », la « petite mer », (…) j’aurai manqué ce soir mon rendez vous avec la petite lézarde. » Référence : La petite lézarde, Chez Christophe Chomant éditeur, 13 € La rédaction

— Prix FNAC : 18 € Par Arno


12 entrevue

Entretient avec

Charles B.

Nous avons placé notre numéro d’ouverture sous l’égide de Charles B. Ce dernier, toujours en quête de nouvelles aventures, nous invite dans son appartement parisien le temps d’une après-midi. Âmes sensibles s’abstenir ! Je sonne. B., fidèle à lui-même, m’accueille en caleçon. Son ventre, gros et poilu, déborde allégrement de l‘élastique. Il ne présente aucune pudeur et marmonne : « j’attendais une blonde a gros seins ». Son haleine est chargée de whisky. Il est 10h du matin. Au sol, de vieilles assiettes parsemées de restes de spaghettis sauce tomate. Des miasmes embaument la pièce. Je crois discerner un ver blanc, du moins un truc qui remue, ou alors mon imagination me joue des tours. On m’avait dit à quoi m’attendre du personnage mais je reste interdit. Il me fait asseoir en face de lui sur un canapé miteux et tire une chaise pour y caler ses pieds. Un pack de bière à proximité, il m’en propose, j’accepte. Autant se mettre en phase avec cet insaisissable auteur. Je me lance : « comment dois-je vous appeler ? Charles, Henri, Buck, Monsieur B.? ». Il lâche un rot et dans un souffle aigre : « Appelle-moi comme tu veux ma poule, tant que tu prêtes oreille à ce que je raconte, ça me va ». Il n’est finalement pas si désagréable. Je prends confiance : « Donc, Mr B., vous imaginez sans peine toute l’effervescence que vous incitez, tant vos interviews sont rares et vos actes de misanthropie légion. Pour quelles raisons avez-vous décidé de traverser l’Atlantique pour venir à Paris? ». Il se gratte le ventre et sous l’aisselle, ouvre une seconde bière… « - J’aime ce pays…. Bon vin, filles faciles : il est taillé pour moi. Je vais en profiter pour régler quelques comptes avec certains de mes détracteurs de l’époque. » Je saute sur l’occasion : - Si j’ose dire, vous êtes venu donner la « Fessée de Pivot »?* Il rétorque : - Non, je respecte l’homme et la critique. Je ne veux pas me faire justice. Simplement, Pivot a un champ lexical d’académicien, en ce qui me concerne, c’est tout juste si j’ai assez de vocabulaire pour séduire une putain. A * Référence à l’émission Apostrophes animée par Pivot en 1978, où B. avait fait scandale en quittant le plateau ivre.

l’instar du Pape et de Galilée, on n’était pas fait pour s’entendre. Si je suis à Paris, c’est pour récupérer mon Scotch que j’ai laissé ici en 78. Plus de trente ans d’âge, vous imaginez ! Je ris : - C’est donc une noble cause, vous boirez à notre santé! Il ne rit pas : - Je boirai, c’est sûr. Je reprends : - Plus sérieusement, ici à la rédaction, nous regrettons l’âge d’or des écrivains de votre trempe. Qui n’hésitaient à dire « cul » pour parler de cul. Qui prenaient les mots avec leurs trippes, recrachaient le tout avec passion sans se soucier du « quand dira-t-on ». Le Monde a besoin d’écrivains qui ne craignent pas l’opinion de leurs semblables. Le Goncourt peut bien vous lécher les pieds! Je sais, ca fait un peu zélé, mais B. a toujours était l’un des écrivains que j’admire le plus. Cette façon d’écrire si crue, parfois a la limite de la pornographie, me font, si j’ose dire, bander ! Il me confie : - J’ai toujours ressenti la prose comme une projection de l’être. La feuille blanche de l’écrivain sait tout. Elle est son exutoire. Si vous voulez un bon mot : Il faut écrire pour vivre, pas pour survivre. A votre âge, je publiais sous un nom d’emprunt mes premières nouvelles. Si on s’était croisé à cette époque, vous auriez aperçu tous les symptômes de l’homme médiocre. Pas de travail, pas de femme, pas d’argent. Mais si j’ai appris quelque chose durant ma chienne de vie, c’est le pouvoir de l’observation. Intéressez-vous plus à la merde qu’au chien. N’hésitez pas à tirez sur ceux qui marchent sur vos rêves.» Il me laisse avec cette phrase. Presque solennelle, pas tout a fait paternelle. Je crois que s’il était dans ma tête,


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«Certains ne deviennent jamais fous... Leurs vies doivent être bien ennuyeuses.» Charles Bukowski

il me tuerai net. Pourquoi ? Parce que je l’ai vu. Je l’ai vu prendre de l’intérêt pour ma petite personne. Je l’ai vu prendre son pied en distillant sa sainte parole. Je l’ai vu soulever sa carapace pour me laisser apercevoir son secret. Le vieil homme n’est finalement pas si différent de nous autres. Il boit plus. Il baise plus. Il passionne plus. Je crois qu’il a compris. Cette petite lueur espiègle dans ses yeux. Ce connard prend la vie comme elle vient. Va là où ses vices le portent. Il aime la vie, il la respecte. Il lui a donné les clés de son existence. Et si c’était nous, les vieux dégueulasses ? Entrevue rédigée par Lilyth et Arno


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‘DU BOL’ Je suis un mec qui a du bol Je m’contente de l’air du temps Des papillons, des fariboles Que l’on me laisse sous la dent Et des amantes de passage Je suis un mec qui a du bol Assis sur le rebord du temps Je regarde passer les gens En de sinistres farandoles Et parfois même passent des anges Je suis un mec qui a du bol Pas besoin même d’être croyant Les oiseaux dessinent au vol Des messages subrepticement Et souvent m’en emplissent l’âme Je suis un mec qui a du bol Je sens l’herbe qui reprend Sous la couche des feuilles molles La force des éternels printemps Avec l’espoir qui recommence

Par Arno

‘Aphrodite et moi’ Dans les ruelles interdites Je suis suivie par aphrodite Elle me raconte ses catastrophes Me vante son goût pour l’apostrophe Dans les ruelles abandonnées Je vois qu’Morphée s’est absenté Il court, il fuit, il nous évite Il est maudit par aphrodite Ref: Aphrodite et moi on s’entend pas Aphrodite et moi on n’se supporte pas Morphée est prêt à trépasser Bientôt ses frères l’auront hué Il n’assume plus sa destinée C’est Aphrodite qui l’a chassé Cette Aphrodite qui virevolte Cette déesse qui me colle C’est à cause d’elle qu’on ne dort plus Celle qui a jeté mille dévolus Le Terre entière est enivrée Par Aphrodite et sa rosée Elle fait pleuvoir les regards tendres Pour quelques fois vite les reprendre Dans les ruelles interdites Je suis suivie par Aphrodite Elle me dit qu’elle reste avec moi C’est à mon tour d’être en émoi...

Par Lily Voisin


15 poèmes

‘FIRMIN’ Par Lily Bheu

La ville s’endormait lentement, au rythme du coucher de soleil. Le roulis des moteurs s’éteignant avec le retour au bercail de ses occupants pressés par la vie. Petit a petit, les commerces se fermaient au son des derniers potins du quartier. L’ atmosphère devenait plus pesante d’instant en instant, de somptueux nuages parés de gris s’approchaient du pays, enveloppant de leur poids l’air alentour. Firmin Auchy, artiste peintre de grand talent, mais e nom commun, quitta la rue étroite ou il avait son atelier pour tourner en direction de la plage. En apercevant la manche, si sombre, si baveuse, et pleine de hargne, affolée par les cris du vent et l’oppressement des nuées grises, il se sentit envahir par une immense vague de bonheur. Son cœur paraissait vouloir percer l’emprise des poumons, son corps ondulait par a coups, son sang brulait et ses yeux pétillaient tant que des larmes en coulèrent. L’extase face a la simple Beauté. Que l’on ait deux ans, vingt ans ou soixante dis ans, la réaction face a cette déesse qu’est Dame Nature est toujours ce mélange de fascination et de bonheur transcendant. Le cœur explose presque, comme par un trop plein de bonheur. Firmin en était la de ses sensations lorsqu’une première goutte glissa dans le col de son blouson et le ranima. Le visage fumant, notre artiste se refusa au mouvement. Peu a peu, il revenait de son extase mais tint a n’en pas perdre un instant ; non pas parce que son métier se nourrissait de ces moments la, simplement parce que ces quelques secondes, minutes parfois, étaient son souffle, son oxygène. La pluie s’effondre d’un coup net au dessus de Firmin. En moins d’une seconde, il fut trempé jusqu’ aux os. Cédant enfin, le vieil homme se mit a courir le long de la plage. La mer n’étant pas encore assez haute pour atteindre la cote, notre héros avait tout le temps d’atteindre le

sentier qui menait de la plage a chez lui. Quand ue vague gigantesque s’abattit sur lui, l’emportant par ses flots… un cri, un « schlupps! » et une chaussure qui, sensiblement, dérive dans la tempête qui se déchaine maintenant. Personne sur la rive. Et Firmin qui s’enfonce, inconscient… non ! Firmin se débat, bat des bras, gigote les jambes dans tout les sens, tente de rejoindre la surface. Ses yeux se ferment, alourdis par le picotement qui les rougis. Ses larmes ne se voient pas. Pourtant… réalisant que sa fin était indéniable, que la paralysie se faisait dma sentir, notre peintre pleurait a chaudes larmes. Tant de choses lui restaient encore a observer… Dame Nature, a qui il avait toujours été fidele, ne pouvait pas le priver de ses bienfaits !… pas de cette manière, du moins !… Encore un sursaut, et Firmin rouvrit les yeux. Les paupières a demi closes, il dut s’habituer a la pénombre marine. Mais le vieil homme discerna bien vite une forme ondulant jusqu’ a lui… Firmin était troublé. Plus il la sentait arriver, plus il se demandait s’il n’était pas pris de folie… notre artiste distinguait peu a peu une jeune femme nageant dans sa direction. Une sirène.. Une sirène ! Le sablé de sa peau et le rouge flamboyant de ses lèvres chauffaient son être, la rendaient vivante, et dénotaient de la froideur et de la tristesse que laissaient échapper le geais de sa longue chevelure et le gris de ses yeux perçants… Firmin sentit autour de sa taille l’emprise d’une main fine, tendre, puis se laissa emporter par l’inconscience et son amie… Au lever du soleil, on retrouva le vieil artiste échoué sur le sable, trempé des pieds a la tête, une couverture sur lui. Le vieil homme était endormi.

Lily Bheu


16 histoire

‘Spartiates levez-vous!’ par Mathieu Le film 300 sorti en 2006 a suscité de nombreuses réactions chez le public pour ses caractéristiques techniques ( les paysages du film sont entièrement constitués d’images de synthèse ) mais aussi par la grande violence qui émane du scénario axé surtout sur des scènes de batailles remplies de monstres fantastiques . Comme on pouvait s’en douter les jeunes , friands de ce genre de divertissement sanglant à l’américaine ont adoré . Pour ceux qui ont quelque connaissance de l’histoire 300 n’est autre que la célèbre bataille des Thermopyles romancée et déformée . Même si le film n’est pas vraiment un hommage à l’héroïsme extraordinaire des spartiates mais plutôt une boucherie , cela fait quand même plaisir de voir que l’histoire fait encore recette de nos jours dans le cinéma . Au vu des libertés qui sont prises quant à l’histoire dans 300 , je pense qu’il est nécessaire de vous raconter le déroulement véritable de ce combat épique .

succès . Ce sont des traîtres grecs qui lui donnent le moyen de se venger , en effet ceux-ci indique aux perses un itinéraire qui leur permet de prendre à revers les grecs . Prévenu , Léonidas décide de se sacrifier avec ses guerriers pour retarder encore les perses alors que les autres grecs survivants fuient . Le roi Xerxès les attaque et les massacre jusqu’au dernier non sans que ceux-ci aient chèrement vendus leur peau . Au sommet du Kolonós, théâtre de l’ultime résistance spartiate, sur lequel fut érigé le mausolée, une inscription du poète Simonide de Céos (-556, -467), commémore cette action : « Étranger, va dire à Sparte qu’ici nous sommes morts pour obéir à ses lois . » Cette bataille deviendra l’emblème de la résistance grecque à l’envahisseur . Quelques mois plus tard , les armées grecques au grand complet, dont une majorité de spartiates, écrasaient les perses à Platées .

On est en 480 av JC , la deuxième guerre médique fait rage , les armées grecques qui, une fois n’est pas coutume, se sont unies face à la menace Perse, fuient devant le nombre écrasant de leurs ennemis (environ 210 000 perses ce qui est tout à fait exceptionnel pour l’époque et même aujourd’hui ) . Si les grecs ne se ressaisissent pas et n’arrêtent pas Xerxès roi des Perses ils risquent de perdre la guerre , c’est pourquoi Léonidas roi de Sparte décide de retarder les perses avec 300 guerriers d’élite spartiates et environ 6000 autres grecs et ce dans un étroit défilé appelé les Thermopyles où le nombre ne donnera aucun avantage à l’assaillant . Et grâce à leur courage et à leur grande habileté dans le maniement des armes les grecs vont tenir tête à l’envahisseur pendant de nombreux jours s’autorisant même le mince espoir de défaire les perses . Les perses , peu organisés et peu disciplinés meurent par milliers et Xerxès le roi des rois enrage , il veut à tout pris laver dans le sang l’affront qui lui est fait par cette poignée d’hommes qui lui résiste , il envoie sa garde personnelle : les immortels mais sans

La bataille des Thermopyles est un beau sacrifice pour la liberté et un exemple pour nous tous mais cela nous rappelle aussi que la guerre est un de nos vices les plus anciens et qu’il nous ronge encore aujourd’hui . Avons nous tant évolué que ça depuis l’antiquité ? C’est la question qui se pose à nous...


17 divers

‘L’équation de Drake’ par arno J’aime l’observation. Scruter. Regarder par le petit trou de la serrure. J’ai besoin d’analyser et comprendre tout ce que je vois. Ce matin là, dans le métro, je me suis fait la réflexion. « Et si tout pouvait être ramené à une équation ?». Evincer toutes les questions morales, sentimentales, déontologiques. Ne garder que l’attrait scientifique. Est-ce possible ? Pour cela, j’ai établi un protocole simple pour l’usager : on prend un élément de la vie quotidienne, on le « scalpelise » à coup de vérités générales et de préjugés, et pour finir, on le décompose pièce par pièce en un joli puzzle. Une fois le travail accompli, vous avez tous les paramètres intrinsèques de votre sujet d’étude sous les yeux. Un vrai régal. Donc ce matin là, dans le métro, j’ai opéré à cœur joie. En face de moi, une adolescente. Son t-shirt stretch peine à cacher son ventre , laissant deviner une grossesse. La gamine a remarqué mon attention et ça n’a pas l’air de la déranger outre mesure. Elle doit être habituée. Son apathie et son air désabusé ne suffisent pas à me décourager, au contraire. Mes pensées se cristallisent sur son cas - dans l’insondable vérité entre l’anodin et le singulier. Palper l’impalpable, c’est mon crédo. Elle mérite l’attention. Je pose l’équation : Soit X le nombre de chances pour que son enfant puisse aller à l’université. X=NxLxµxPxF > N est l’âge de la mère à la naissance > L est le nombre de mois où elle pourra le garder avant qu’il ne se retrouve à la DASS > µ est le nombre de steak dans un cheeseburger canadien > P est la note qu’il recevra au baccalauréat > F est la probabilité que l’université publique existe encore dans une vingtaine d’années J’ai effectué ce rigoureux calcul en toute objectivité. Mon résultat est le suivant. 3,7106 % Cet enfant, selon mes calculs, à moins de quatre pour cent de chances d’aller à la fac. … ( sous-entend une prise de conscience de l’auteur) Je crois que je vais descendre à l’arrêt « Mirail Université» ce matin. Je ne sais pas la chance que j’ai.


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19 photos

Deux saisons en errance, L’une en lumière et l’autre en pleurs, Qui s’entrelacent et qui s’envolent. Aux hirondelles de l’espoir, Elles s’endorment et elles songent au temps présent qui les enivrent. Au temps qui passe et qui ramène un peu d’espace et de lumière.

Photos de Laura M. Poème de Lulu P.


20 nouvelle

‘ I N TE R - SOMME ’ Par Nath

J

e me réveille car un violent pic de migraine m’a saisit tout entier. Ma tête, dans l’instant qui suit, fouille mon oreiller à la recherche d’un coin de fraîcheur. Je fronce les sourcils. Mon rêve s’est déchiré sans prévenir, au moment où un trait vengeur de l’ennemi est venu trouver mon front. Je crois avoir été pris dans une embuscade, mais ma mémoire après quelques secondes me fait déjà défaut. La couleur du ciel s’est envolée et les cris des combattants se sont noyés. Chacun de mes souvenirs s’effrite et me paraît de plus en plus flou, incomplet. J’ai mal à la tête. Aaargh… encore un peu plus. La douleur s’accentue et me tire de la somnolence. Je la sens qui chasse sans ménagement mes dernières sensations de bataille, et bientôt je me retrouve seul, bel et bien éveillé et dans le noir. Quelle heure est-il ? Il fait chaud, je transpire, il faut que je boive. Je cherche à tâtons autour de moi mais je ne trouve pas la table de chevet. Ah mais oui, forcément… ce n’est pas mon lit, pas ma chambre, pas chez moi. C’est chez l’autre, là, dont c’était l’anniversaire hier. Je ne suis pas seul d’ailleurs puisqu’à ma gauche j’entends ronfler. J’entends ronfler et ça me dérange. Je ferme alors les yeux, je tente d’oublier comme chaque soir je le fais avec le Tic-Tac de mon réveil, puis j’attends en espérant retrouver le sommeil. J’attends. Je prends une longue inspiration, puis une autre, et j’attends. Je me détends. J’attends. J’entends. J’entends qui ronfle. J’entends qui ronfle comme rarement il s’est déjà fait. J’entends aussi, bien plus fort, mes yeux qui martèlent mon crâne, mes doigts qui craquent en s’allongeant, mes veines qui, tout le long de mon corps, tambourinent ardemment. Qui n’a pas vécu lendemain de cuite n’a pas vécu mal de tête. J’ai mal à la tête, moi, et beaucoup trop. Poussé par l’instinct de survie, celui qui ferait faire n’importe

quoi à n’importe qui, je rassemble à la vas-vite ce que je crois être mes affaires et je décide de sortir, de partir. Je décide de fuir, peut-être, ces ténèbres qui m’aveuglent et m’asphyxient. Echappé depuis les volets mal verrouillés, un faible fil de lumière me guide vers ce qui semble être la porte de la chambre. Bang ! Aaargh… Non, aucune crainte, je n’ai marché sur personne et je n’ai pas percuté ladite porte. Celle-ci a d’ailleurs grincé quand je l’ai ouverte et re-grincé lorsque je l’ai fermé. Ce ‘‘Bang !’’, c’est le choc lumineux. Mais quelle heure il est, hein ? Une lumière digne des chauds midis d’été pénètre dans un couloir blanc. Je me frotte les yeux. Un couloir blanc avec des étagères vertes et un tableau moche comme tout ; je ne me souviens pas être passé par-là pour aller me coucher. Je croise quelqu’un, je dis bonjour. Par politesse on me demande si ça va, moi je réponds que non, mais que c’est normal et que ça va passer. Je suis dans le vague. Je suis dans les choux, je marche au radar comme on dit. Chose étrange est qu’en plus de la route à suivre je sonde mon propre intérieur, ayant encore plus de mal à me discerner moi-même qu’un poète assoupi dans l’herbe. Je suis assiégé par le rêve, la réalité, le hier et le tout-à-l’heure, le peut-être et le sûrement, et même par le destin, qui a jugé bon de me torturer la bouche. Hmm ? Beurk ! Je prends brusquement conscience que ma langue, empâtée dans le tabac froid et creusée par les vapeurs d’alcool, souffre, et qu’une épaisseur de je ne sais quoi à recouvert toutes mes dents. Mince, j’aurais dû demander mon chemin. C’est toujours comme ça ; c’est lorsqu’une chose s’est passé que l’on sait ce qu’on aurait dû faire au moment où elle se passait. Mais mon manque d’anticipation ne me porte cette fois-ci pas préjudice, et je me flatte de l’impertinente aisance avec laquelle je déniche la salle de bain. J’ouvre le robinet d’eau froide à fond et je me rince à grande eau, je me frotte la frimousse, comme si Hiersoir s’était accumulé sur mes joues et que je pouvais l’effacer ainsi, sans l’ombre d’un procès. Je frotte et re-frotte encore. Ça sent le savon. Hier-soir cependant s’avère plus coriace que ça, son reflet dans la glace n’a pas faibli d’un chouia : Yeux rouges et regard brillant de


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fatigue, lèvres sèchement noircies, teint blanchâtre aux soupçons violacés, tout le champ lexical du malade en phase terminale. J’ai beau frotter de plus belle il n’y a rien à faire, hier soir s’agrippe à moi et ne ma lâche pas. Quel mal de tête ! J’abandonne. J’étanche ma soif. Non, j’essaie, juste, sans bien sûr y parvenir. C’est un des phénomènes bizarres des lendemains de soirée que de boire autant de liquide que peut en contenir l’estomac sans pour autant parvenir à stopper le besoin de s’hydrater. Et cela quelle que soit la boisson, eau, jus de fruit, lait ou soda. Hmm ? Re-Beurk ! Un arrière goût infâme hurle dans ma tête l’état piteux de ma bouche. Heureusement je suis plutôt rodé à ce genre de situation, bénéfice acquis après trois longues années d’expérience. On pourrait même parler ici de sagesse. Ma main glisse dans la poche avant de mon sac, elle chasse la fiole de whisky et les chaussettes de rechange et s’empare de ma brosse à dent. Comme il fallait s’y attendre ce brin de toilette n’était qu’un grotesque leurre, une pause tout au plus, qui n’a absolument pas dissipé le brouillard dans lequel je dois progresser. La disposition des lieux ne me dit toujours rien et je trouve la maison bizarrement fichue. Les portent fermées se succèdent, les couloirs-impasses, les lucarnes grillagées, les escaliers… quatre étages je crois ! Mais alors que je me crois perdu pour de bon j’atterris enfin dans le grand salon. « hé ben voilà ! » Je me souviens de l’endroit qui, cela dit, a sacrément changé. Sept personnes somnolent sur les canapés dépliés et les fauteuils, soumettant leur corps à des torsions abracadabrantes, et mes oreilles perçoivent à l’instant l’infime voile musical qui devait les bercer. Je me faufile en silence, je zigzague sans bruit, je contourne à pas feutré et je pénètre dans la cuisine. Bam ! Ou Zlaaag ! plutôt. Je serre les dents et porte la main à mon front. Un gigantesque et inattendu coup d’épée m’a fendu le crâne en deux. C’est l’odeur. Ôh mon dieu ! La cuisine s’est métamorphosée en marécage, en terrain vague, elle n’a d’ailleurs plus de blanc et d’intact que le plafond. Il y règne une odeur nauséabonde, un mélange immonde à la limite de l’insoutenable, un cocktail infect de vapeurs d’alcool, de boue, de vomi, de friture et

certainement de bien d’autres choses. Je reste interdit. J’ai du mal à croire qu’on ai pu faire ça… tout ça… j’ai du mal… du mal à le croire… ça, tout ça… gratte, gratte… montagne… bouteilles… vraiment du mal… j’ai vraiment du mal… ça gratte… bouteilles, montagne… ça pue… montagne de bouteilles… de canettes… montagne de canettes… ça gratte… ça gratte… ça pue… montagne de bouteilles et de canettes… ça pue… ça gratte… je me gratte… gratte, je me gratte. Je me gratte ?Ah j’ai horreur de ça ! Un moment d’absence, de flottement, lorsque les amarres de la pensée sont rompues et que celle-ci part à la dérive, sans que l’on sache vraiment pour combien de temps encore la houle la fera tanguer. On ne sait pas. On ne sait plus, on ne pense pas. Les yeux grand ouverts, sur tout, sur rien, ne servent même plus à voir, de même que les oreilles tendues n’entendent plus et que les neurones cessent de neuroner. C’est prodigieux. C’est inquiétant aussi, d’un certaine façon. C’est prodigieux et inquiétant à la fois… oui… non, plutôt inquiétant… dangereux, même… ou prodigieux… oui… étrange… Ah ! Non ! Je dois sortir d’ici. Allez ! Il faut que je sorte, vite, avant que ça recommence. Mon regard passe la baie vitrée, traverse la terrasse, enjambe le muret de tulipe puis s’assoie dans l’herbe avant de me faire signe de le rejoindre. Je salive presque. J’opère un rapide tour de la cuisine pour ramasser l’indispensable : bière, décapsuleur, mandarine, cigarette, et un livre posé là sur une chaise. Le jardin me parait beaucoup plus petit qu’hier. Et pas du tout pareil. Il y a un hamac, bien à l’ombre, que je n’avait même pas vu. Je m’y installe et m’aperçois qu’il était fait juste pour moi. Alors je décapsule, je bois, je pèle, je mange, je fume et je m’apprête à lire. Mais au moment où je tourne la première page, trois personnes se glissent hors de la cuisine et semble venir vers moi. Celui de droite, qui porte un chapeau ridicule, parle aux autres de ranger. Ranger ? Ils ont l’air louche, je flaire le coup foireux. Je décide donc de faire ce que je sais le mieux faire : m’endormir. Dans les cas d’ultime nécessité, face au danger, j’ai le don de m’endormir d’un seul coup. Si si, juste comme ça, Paf !

P.L.


22 BD

BD par Julie et Arno


23 poème

‘Pression’ J’t’ai chassé de mon esprit mais ca sert a rien Quoi que je fasse, quoi qu’je dise tout les jours tu reviens J’Voudrais changer de vie mais ca va pas bien loin J’peux pas lutter tout les jours contre le destin On s’étonne, on s’isole, on s’épuise, c’est bidon On a beau pas y croire mais au final on est qu’des pions On reste assis la, dans son coin, pour pas péter les plombs Au lieu de s’laisser faire, on devrait tirer des leçons On balise, on s’fait avoir, on en a marre, ca fout la blaze Mate un peu le dingue qu’’au pouvoir on a mis en place On se trompe de combat, on s’bat contre des démons sans nom, en somme : On tourne en rond. … Pression sur ce que nous sommes, qui nous sommes, et d’ou on vient… Pression sur c’qu’on choisi comme chemin, Pression sur c’qu’on f’ra de notre vie sur c’qu’on devient, Pression pour devenir… quelqu’un de bien. Certains y trouvent leur compte, et s’en contente, Ne sont pas plus heureux en somme, mais le prétendent. Certains s’ y perdent, se stressent et s’angoissent, Narcisse dans la glace et le désordre s’installe, Certains essayent de ne pas y penser, De passez outre et de faire comme si de rien n’était… D’autres le ressasse, sans cesses, sans s’lasser Et font tourner en rond le fond de leur pensée. Pas d’issues en vue, parcours bloqués Que de vagues sorties piégées Ces bribes d’ouvertures, ils appellent ca des débouchés… Sur Le moindre espoir, dis toi on a tiré un trait. On a pas la science infuse Et c’est pas sur qu’ on soit prêt. On use de ruses de renard Mais ca ne fait qu’empirer. Version 86, on a pas eu a faire la guerre, La position est propice, Mai 68 est loin derrière.

Mais d’un pas clair, décidé, piétinons l’humanité, Nous pauvres hommes que nous sommes, a la conquête des champs de blé On rêve d’un monde meilleur, mais nos cœurs sont de pierres, Essayons de nous rappeler qu’Est-ce qu’être solidaire ? Fort de nos expériences et de nos esprits torturés, C’est chacun pour soi, pour les autres on traine du pied! On relève peu de défi, et nos rancœurs reste en place, Pauvre démocratie, WC en cœur : on tire la chasse ! On reste les pieds sur terre, entêté, endetté, On assoupli nos rêves pour qu’ils collent a la réalité. On a tiré une croix sur nos envies de palace, La gratuité des actes, la paix, les grands espaces… Pas peu fiers du spectacle que donne nos valeurs absentes, Contournons les obstacles pour que les choses s’arrangent Manifestons ensemble contre une France qui représente Plus que 30 millions d’chomeurs et 150 millions de banques !

Par Lilyth


24 BD DÊcouvrez tous l’univers de Beebeefoke sur le site http://beebeefoke.deviantart.com/

BD par Anton et Beebeeboke


25 poèmes

‘MAL DE CR âNE ’ Mal de crâne. Aie Aie Aie Cette douleur lancinante qui vampirise mes idées libertaires. Ma Liberté de faire, alors je ne fais pas. Ouille. Ma Liberté de plaire, alors je ne plais pas. Mal de tête, je te maudits, et mes mots disent tout le mépris que je te porte. Car dans ce temple sacré tu n’as pas lieu d’être, A l’instar d’une goutte d’eau dans la chaleur d’un brasier. Ouch. Mal de tête, je suis mâle de fait. Et mes horizons se conjuguent au masculin. L’affreux bougon a senti la chaleur de ma table. S’est réchauffer à la lueur de mon âme. Et si ton pernicieux dessein et de mettre en péril ma plume : Sache que ces mots font office de remède. Sache que ma panacée n’a pas assez de maux pour la vaincre. …

Par Nono

‘C E L I N E ’ Par Beebeefoke

‘ Le p l a nc h e r de s tâches’ Le plancher des tâches, c’est l’antimatière. C’est le lieu où le con est Roi et l’érudit bouffon. Le plancher des tâches, c’est le Monde à l’envers. L’endroit où la transgression est Loi et l’intégrité déraison.

Par Nono

Je chante Céline, tu as la beauté divine. Ne joue pas a la maline, tu porte l’espoir de mon hymne. Celine, tu as une raison unanime, en toi l’amour se dessine et l’avenir s’illumine. Sur toi, peau de metisse jaillit tant de beauté La paire d’un édifice d’une nouvelle humanité, J’ai vu trop de sang de guerre en noir et blanc, Donne moçi ta coleur pour illustrer mon chant. Celiiine, tu as la beauté divine Ne joue pas la maline, tu porte l’espoir de mon hymne. Sous le soleil de midi, nous sommes tant différent, Mais c’est toi qui irradie mon futur comme mon présent… Tu me donne la joie, ha ha, quand tu me souris, Je te donnerai tout ce que j’aime pour nourrir ton esprit.

Par Hadi


26 poème

‘ s u r l e j o in t ’ Le joint. Un soutien ? Une aide ? Une condition ? Ou une entrave ? Peut-être un besoin. Mais maintenant alors, pas au départ, pas à l’origine. Alors quelle origine ? Mon « mal être » ? Pourquoi ce sentiment ? J’ai commencé sans raison, parce que j’aime être défoncé et que les circonstances du moment favorisaient mon entrée dans la drogue. Je prends souvent de grosses décharges avec tout ce qui me tombe sous la main mais malgré ça je n’ai jamais atteint le seuil de la toxicomanie. Je me teste seulement. J’ai pénétré dans un monde qui m’était jusque là inconnu et j’observe. Je vois jusqu’où vont mes limites dans ce domaine, jusqu’où je peux encore contrôler ces envies de couper avec la réalité. Ca en est devenu un besoin avec les joins. Une défonce légère, je m’enferme dans une bulle qui rend floues les visions que je peux avoir pour l’avenir. Ca me permet de ne pas y penser et donc de ne pas m’inquiéter à propos de ce que je vais devenir. Ma mère vient d’appeler. Retour brutal avec la réalité. Elle veut payer un billet d’avion sur internet avec ma carte électron ! Je lui ai déjà expliqué il y a quelques jours que ça n’était pas possible, et puis elle a une carte !? Bref, elle, heureusement que je l’ai. Bien sûr elle n’est pas au courant de mes « folies ». Je sens qu’elle m’aime comme je suis et ça fais du bien. Je suis soulagée avec elle, pas besoin de limiter ma personnalité à ce qu’elle pourrait vouloir de moi. Je reste telle quelle et je ne me pose plus de questions. Mon ex copain, celui qui m’a accueillie et qui m’a fait découvrir la drogue, fait partie de ces personnes avec qui je peux être naturelle. Ma cousine est la troisième. Avec tous les autres, sans exception, je suis retenue. Impossible de me laisser aller, j’ai besoin que mon entourage reste sur l’image d’une fille gentille, tranquille, je fais tout pour. Je m’efface quelques temps pour laisser place à quelqu’un qui répond aux critères que les autres veulent de moi, ceci étant dit, critères que je leur assigne. Je ne sais pas s’ils attendent vraiment quelque chose de moi. Peut-être bien que je réfléchis trop. Je pense que je réfléchis trop, je me prends sans cesse la tête, pour tout. Sauf évidemment quand je suis avec « mes trois échappatoires ». J’ai dit que j’étais retenue ? C’est plutôt moi qui me retiens.

Par Lize


27 photo

Photo de Laura M. Retrouvez dans chaque numéro une série de photo proposez par des étudiants.


28 relevé de compte

relevé de compte

M o is d’Août d’une étudiante en psycho Par Lilyth Profil : 24 ans, je retape ma deuxième année de psycho, mineure socio Parcours : fugue a 16 ans a Marseille, arrêt du lycée début première, MFR, Mission locale, stages, BEP vente, cdi a 30h dans un huit a huit, valide le DAEU (équivalent BAC) la troisième année, entrée a la fac en première de psycho. Hobbies : création d’un journal étudiant pour l’instant. ENTRéEs d’ARGENT

Dépenses

+ 442 € (65 h de travail, soit 14 heures par semaine, le samedi et dimanche matin) a la boulangerie « aux petits fours  », chez Mr st Criq, a Patte-d’oie : croissants et brioches : 0.80, chocos : 0.90, pain au lait 0.95, pains pépites de chocolat 1,00, pains aux raisins : 1.10, baguette: 0.85 cts, flute : 1.10,… De 6h a 13h30 le dimanche, je mets des viennoiseries dans des poches aux tailles adéquates, des gâteaux dans des boites, des macarons et petits fours dans des éco bacs… la quiche a 2 euros et la pizza a 1.80 manque de sel. Tous les weekends, une queue impressionnantes de gens jusqu’ a 14h. Les boulangeries alentours ne méritent apparemment pas le détour. Des centaines de gens préfèrent alors faire la queue pendant une demi heure, en chuchotant que le patron devrait embaucher plus de monde, qu’on devrait être plus rapides et plus organisées, faire une queue pour les gâteaux et une pour le pain. Pas de pause, si on prend un quart d’heure en 7 ou 8 de travail, on finit un quart d’heure plus tard. Travaille avec nous la fille du patron qui a 21 ans (soit 3 de moins que moi) et qui roule en Austin décapotable. Dimanche dernier, une amie vient me voir, je lui offre une choco, la fille du patron me voit et me pourrit. Du haut de son gros cul perché « mais c’est honteux ce que tu fais, mais pour qui tu te prend ! », en réfère a son père, qui passe ses nerfs sur jeanne, la patissiere, qui travaille elle tout les jours sauf le lundi de 4h du matin jusqu‘ a 16h sans pauses, et c‘est pas des blagues ! Cheques sans provisions, paye le 10, parfois meme le 15, juste apres que toutes les factures soit passé, qui fait payer 200 euros d’agio : faute du comptable.

- 3.87 € : cotis satellis essentiel… je crois que c’est la protection carte bancaire - 11.99 € : un jeu de carte : « questions de merde » sur un site qui ne fait que ca pour les 18 ans de mon petit frère. Consiste a poser des questions sans réponses de type : «  a quoi crois tu que ressembles l’enfer ?  » ou « quelles sont tes positions préférées » ou encore « si tu étais président de la république, que ferais tu ? »… - 43.50 € : sur le dindon.com : un site de cadeau originaux. Entre autre des «  networks  » espèce d’aquarium pour fourmis en gelée bleue, comestibles pour elles, apparemment utilisé pour des expériences par la NASA. (j’en ai offert un a ma mère qui avait lu « les fourmis » de Bernard Werber et avait été prise d’affection pour cette espèce… ce fut l’échec, les fourmis recueillis sur le murier de leurs jardins se sont, en moins de 4h, mangées entre elles. Une seule survivante qui s’échappa par l’ ouverture d’aération.). Donc le dindon, pour l’anniversaire de mon p’tit frère encore. A savoir : un poulet qui vole (version ?), un porte clé avec de la morve au nez qui sort quand on appuie dessus, un matériel pour faire des bulles en pates, et une souris d’ordinateur en forme de corps de femme (avec le clic sur les seins, et la roulette en forme de clito) (mon p’tit frère est un geek). - 22.15 € a carrefour market, grande surface près de chez moi ou j’ai du acheter une bouteille de jus de fruit framboise, du lait, des œufs, des pates, des cubes maggi, des lardons, crème fraiche, du pain, et du beurre : la base de mon alimentation ; ainsi que le dernier shampooing Garnier pour cheveux colorés parfum Cramberry et huile d’argan. - 2.70 € : a Tisséo. J’avais perdu ma carte pastel. - 3.00 € : Tisséo encore, toujours pas refait ma carte. - 5.15 € : casino, quelques bières pour une soirée posée a l’appart avec Nono et Bertille, destinée a débattre de grands sujets comme : « la peine a perpétuité est t’elle nécessaire ? » - 20.70 € au tabac : 3 paquets d’Ajja 17 jaune, petit paquet de Rizzla noir, et un paquet de filtres. - 2 .41 € au Carrefour Market… bières ?

+ 300 € de ma mère qui me les verse mensuellement, par virement, puisque je fais des études. + 161.41 € : CAF


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* en espérant que les marques citées puissent nous servir de sponsor Prélèvements - 15 € a Monop‘, alcool + tablette de chocolat, pour la soirée - 1.50 € Velib’ : pour rentrer chez moi après soirée, plus de métro -3.07 € casino, bières ? - 15.08 €: refais le plein de pates et de riz, steak hachés et crème fraiche + oignon - 13.38 € : encore carrefour, pénurie de bieres - 26.28 € : carrefour, pénurie d’alcool de rhum - 9.10 € Auchan : pour la mariage de Nadia, achat de petit souliers car elle était enceinte, une peluche, du talc et du papier cadeau, tablette de chocolat pour le moral - 10 € à Djoliba pour faire réparer le djembé d’une amie qui a été détruit au cours d’une soirée chez moi ou je n’étais pas la. (c’est l’avance, sinon la réparation coute 80 euros. De dépense donc pour la mois prochain.) - 20.70 € tabac - 2.70 € : Tisséo - 9 .66 € : Carrefour - 12.50 € : Tisséo : achat d’une carte 10 déplacements. - 69.90 € : Mim, soldes, achat de fringues dont la moitié que je ne mets pas. - 16 € : Tisséo, décidé de prendre une carte 10 déplacements - 1 € : Vélib’ -1.51 € : Besson, j’avais un avoir. Achat de trois paires de chaussures en soldes pour remplacer mes crickers, censées durées a vie et qui m’ont lâchées au bout d’un an. RETRAITS -

20 € 50 € 40 € 40 € 20 €

le 16/8 : tabac le 6//09 : courses le 8/09 : carambars le 8/09 : carambars le 10/09 : tabac

- 5 € : compte joint avec mon ex - 75 € virement vers le compte joint, pour rembourser un crédit a 5000 qu’on avait pris l’an dernier avant de se séparer, a cause des carambars et des frais accumulés pendant qu’il ne travaillait pas. Les trois quart pour payer son crédit a lui, cetelem, qui remboursait 20 euro sur son crédit sur les 60 prélevés. Condamnée a payer ca pendant encore 5 ans puisque je suis emprunteuse et lui Co emprunteur. Ne faites jamais ca. - 30.89 € : SFR fixe ADSL, accès internet, vous connaissez - 410 € : loyer, pas excessif vu que j’ai près de 40 mètres carrés, plus un p’tit balcon. - 45 € : virement contractuel PEL, obligé de prendre un PEL pour que le crédit précédemment cité soit accepté. - 12 € : GCE assurance, a la caisse d’épargne, mais je ne sais pas a quoi elle sert. - 5 € : GCE assurance : la même - 30 € : finaref… aucune idée - 30 € : échéance prêt : achat l’an dernier d’un pc portable avec crédit a taux 0 a la Fnac micro. - 4.80 € : gras savoye… aucune idée Conclusion

FIN DU MOIS

- 306

.73 €


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‘LE VENT’ Furie dévastatrice Ou force créatrice Étrange paradoxe Qui de son souffle rythme l’équinoxe Le temps d’une colère S’agite la mer Précédant l’orage Il laisse une musique de rage Maître incontesté des cieux Ses volutes enlacent et délacent Avec ses caresses se bercent Les plus chanceux D’un souffle emportant les chants Offrant à nos âmes toutes les notes de la vie Du cri du rossignol au sifflement du rampant Il n’est ni ami ni ennemi Nul ne sait où il va ni d’où il vient Il parcourt le monde chantant son énigme

Par Mathieu

’ J A L OUS I E ’ Petite soirée en tête à tête avec mon pc Morceaux de vie a mater encodé sur la TNT Des addicts aux gicks en passant par les déconnectés HTML, PDF: un monde de formatés ! L’avenir a construire et un présent immobile, Une vie aussi trépidante que celle d’un playmobile! C’est sur qu’on en rêve D’un avenir sans dommages Vu c’qu’on est prêt a faire pour réussir : cf. carnage ! Des aubergines en dé : régime a peine assaisonné, Rentré dans du 36 et pouvoir s’exposer… Le bonheur : c’est un squelette en maillot, Rien ne me rend plus heureuse que d’exposer mes os ! A C’lui qui m’piquera la place au poste que j’attend, A Celle qui m’piquera le pull que j’avais vu avant : L’ennemi est jalousie et monopolise la parole, Le même qui change d’avis et qui de moi rigole. A celui qui a plus d’amants, plus de temps, plus d’pognon, A celui qui vit sur mes impôts et cotise a l’occasion, Tristesse contagieuse donc il m’faut des ennemis, Donc si j’suis malheureuse, c’est qu’mes problèmes viennent de lui ! Dans mon collimateur Toutes vos âmes sont mon emprise, Potentiel prédateur : Blâmez moi de votre prestige, Qu’la morale me bouffe et qu’de dalle je bouffe des rats, En attendant vous êtes tous dans le même panier que moi. Réussir au prix de s’tailler les veines, Etre tributaire du nombre de chaines, Devenir si avare qu’on marche sur des hommes, Qu’on laisse sur le trottoir jusqu’ a c’que leurs vies s’envolent… Personnalité faite de givre pour tenir le coup, Lorsque l’envie s’enivre faut avoir les couilles, En attendant chacun poursuit son idéal, Et L’émission d’la 6 guérit nos vies sociales…

Par Lilyth


31 poèmes

‘MARCHANDE DE RIDES’ Dans les ruelles de Saint Brieux Les passants étaient bien nombreux Ils étaient très fiers de leur ville Mais d’une chose un peu honteux C’est qu’elle criait six heures durant La petite marchande aux yeux perçants Elle vantait de tout son cœur Les mérites de ses états d’âme Les rides en fleur de son grand âge Un âge qui se voulait rester sage Dans les ruelles de cette ville du Nord Elle hurlait bien, non sans effort Que ce qu’elle vendait valait de l’or La petite marchande étant bien jeune Elle était d’une exquise laideur On y croyait, dur comme la pierre Que la marchande a l’air trop fier Proposait pour a peine deux francs De la sagesse aux passants Dans les ruelles de saint Brieuc Les habitants devenaient vieux Car quelque part dans le village La petite marchande chantait l’adage L’adage d’une ride au coin des yeux Qui rendait l’air plutôt sérieux Aussi sérieux qu’un vieil homme sage Qui aurait su la vie, ses rouages Oui mais un jour a saint Brieuc On vit arriver concurrence Une caravane conduite gaiement Par un petit bonhomme bienheureux Ce bonhomme la bradait de l’amour A peine un franc et sans détour Les rides en solde ne plaisaient plus La mode était aux cœurs émus Depuis ce jour a saint Brieux On voit les touristes qui affluent La petite marchande de rides n’est plus On ne sait même plus si elle fut La légende veut qu’elle ait pu fuir Laissant place au vendeur d’ Azur Dans un pays pas si lointain En attendant sagement demain

Par Lily Voisin

‘ P et i t g a rçon ’ Regardez moi ce petit homme, le visage froid mais le sang chaud Il n’ a rien fait mais on l’assomme, a coup de honte, d’humiliations Il a le corps de son enfance mais du mépris dans le regard Il a déjà appris la danse de ceux qui ne connaissent plus l’espoir Petit garçon deviendra grand, petit garçon tu n’es coupable Que de souffrir de ta naissance Regardez le ce petit homme, qui voit la haine matin et soir Un papa qui ne s’hydrate qu’au rhum et qui ne l’aime que tard le soir Il a les yeux d’un vieux bagnard dont la maman fait le trottoir Et qui l’enferme dans le placard parce qu’il dérange jusqu’au cafards Petit garçon deviendra grand, petit garçon tu n’es coupable Que de souffrir de ta naissance Observez bien ce petit bonhomme que le destin n’ a pas gâté Enfant, il est déjà vieil homme, son innocence s’est envolée Petit garçon je t’ai croisé, petit martyre tu m’ as laissé Au coin de la rue sur le marché ce gout amer d’un vie souillée Petit garçon deviendra grand, petit garçon tu n’es coupable Que de souffrir de ta naissance C’est moi maintenant qui suis lourd, de honte et de regrets morbides J’ai assisté a ton calvaire l’espace d’une minute a rallonge Le temps d’un regard éphémère qui prouve que la terre n’est pas ronde… Petit garçon deviendra grand, petit garçon tu n’es coupable Que de souffrir de nos silences.

G. Verdurin


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La BD dégantée de

ROMAIN PUJOL Découvrez dans chaque numéros les BD de Romain Pujol, étudiant en arts-appliquées au Mirail.

Et voila un p’tit mec bien de chez nous et très prometteur. Romain Pujol, jeune dessinateur de bandes-dessinées entretient depuis déjà trois ans un blog abordant des thèmes si bien personnel qu’actuel avec un humour parfois puéril, révélateur d’une jeunesse délirante et d’un monde caricaturé : à découvrir et à apprécier!


33 BDs

Pour en voir plus, rendezvous sur dailyrarium. over-blog.com


34 nouvelle

‘Les gens bizarres’ Par Lulu P.

C

’était dans le métro, je m’en souviens très bien. Un soir. Je regardais les gens autour de moi, parce que je n’avais pas de Direct Soir sous la main pour m’occuper. Quand soudain, une fille retint mon attention. Ou plutôt : sa coiffure. Un mot me vint immédiatement à l’esprit «bizarre». Cette coiffure était bizarre, cette fille aussi, d’ailleurs. C’est alors que je compris que ma mission venait de m’être révélée : je devais percer le mystère des gens bizarres. Pourquoi étaient-ils bizarres ? La bizarrerie est-elle innée ou acquise ? La bizarrerie peut-elle faire l’objet d’une bijection ? Les gens bizarres sont-ils stériles ? Et une quantité de questions du même acabit, présentant des degrés d’intérêt divers. Que deviennent les gens bizarres que l’on croise tous les jours ? Certains sont vite oubliés, à peine fait-on quelques pas que leur image ne reste que par l’action d’une machinale persistance rétinienne. D’autres s’inscrivent plus longtemps dans notre mémoire, le temps de raconter cette étrange rencontre à nos amis. D’autres enfin restent toujours dans un coin de nos souvenirs, comme une silhouette grise qui s’éclaire parfois, en passant sous la lumière des réminiscences, et se mue en monstre terrifiant ou un farfadet trouillard. Mais laissons-là le destin des gens bizarres : je ne veux pas raconter l’impression qu’ils nous font, le malaise, l’étonnement, l’amusement, ou la moquerie. Il nous faut commencer cette étude par le commencement, c’est-àdire, des objets d’étude. Je me suis donc lancé dans une Recherche, moi-aussi, celle des gens bizarres. Quelle chance, me direz-vous, à Toulouse, on en trouve plein. C’est sans-doute le cas de beaucoup de grandes villes (quoique dans mon village de 300 habitants, j’ai déjà vu un homme caresser amoureusement un pigeon), mais peu-importe les autres, mon étude en restera à la ville rose, ce qui est déjà pas mal. Toutefois, avant d’aborder le compte-rendu de cette exploration, je me dois de préciser ceci :

Ne sont pas considérés comme bizarres : - Les prostitué(e)s, les clochard(e)s, les Aveyronnais(e)s, etc. En effet, il s’agit d’exclus sociaux : on ne peut donc pas s’attendre à ce qu’ils aient un comportement considéré comme «normal» par la société. - Les gens bourrés. Bien qu’ils aient des comportements très bizarres et qu’on n’observe que rarement dans notre société (chanter Petit Papa Noël en hurlant dans les rues en plein mois d’août, se mettre nus, aimer leur prochain, dire ce qu’ils pensent, vomir et être contents de vomir...) - Les faux gens bizarres. Ce sont des gens qui essayent de se faire passer pour bizarres pour attirer l’attention. Mais ils ne trompent personne : la vraie personne bizarre ignore qu’elle l’est. Voilà, à présent nous pouvons continuer en toute quiétude. Êtes-vous prêts ? C’est parti.

Partie I - Le Capitole Oui, commençons par ce qui est littéralement le point le plus important de la ville. Le Capitole (Capitoooli). Attention ! Qui dit grande place dit grandes manifestations. Des évènements exceptionnels, dont on ne peut retenir les éventuels gens bizarres que nous pourrions y rencontrer (ils pourraient en effet n’être bizarres qu’exceptionnellement). Nous devons donc exclure de notre étude les scènes suivantes : - Expositions publicitaires (Le Capitole transformé en parterre, où poussent des myriades de roses artificielles), ou officielles (Le Capitole transformé en dance-floor géant, illuminé par la lune) - Actes militants, comme ces ronds de silence, qui font entendre les voix de ceux que l’on obligent à se taire. - Liesse populaire quelconque, comme quand des tas de gens braillent de toutes leur force en voyant un type, sur l’écran géant face à eux, poser un référentiel bondissant aléatoire entre deux montants de plastique blanc. Néanmoins, pour le réalisme de l’étude, nous devons saupoudrer le Capitole de quelques représentants


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d’ONG ou d’associations carritatives diverses. Les voilà installés, au milieu d’une foule de personnes pressées, qui marchent vite, trop vite pour être observées... Surtout quand elle zigzaguent (finalement, peut-être aurait-il fallu virer aussi les représentants ?). Mais je ne renonce pas facilement. Voici donc mes potentiels sujets d’étude : - Une personne assise en tailleur au milieu de la place. - Une personne fixant d’un air concentré la croix occitane. - Une personne se jetant sur d’autres personnes, plus ou moins consentantes. Malheureusement, ces beaux cas se sont mués en d’amères déceptions. Jugez plutôt : - La jeune fille assise en tailleur attend simplement quelqu’un. Or vous comprenez, la station debout, quoique représentative de l’homme, est fatigante, surtout quand la personne que l’on attend n’est pas très ponctuelle... me confie t-elle en refermant A l’ombre des jeunes filles en fleur. - L’homme qui regarde le symbole du bélier est ravi de l’apprendre. Comment en effet reconnaître un animal sous ses dessins stylisés, où le plateau d’une balance pourrait tout aussi bien être la pince d’un crabe ? - Un adolescent plein de nobles idéaux qui se charge de diffuser la campagne Free Hugs. Les vieilles dames qui l’étreignent avec un sourire tendancieux semblent avoir des idéaux beaucoup moins nobles. Non, vraiment, cette séance d’observation se solde par un échec. En creusant un peu, les gens bizarres cessent vite de l’être... Je regarde encore autour de moi. Biensûr, il y a les étrangers, qui vous demandent de vous prendre en photo devant le Capitole. Si vous acceptez, ils se roulent alors une pelle monstrueuse sous vos yeux légèrement dégoûtés, qui se détournent et laissent vos doigts appuyer seuls sur bouton. Photo ratée. Ou bien, ils prennent une pose ridicule, du genre : menton relevé, sourire crétin, doigts en V avec main à l’horizontale. Rire nerveux de votre part. Photo ratée. Non, les étrangers ont des excuses : ils sont étrangers. Peut-être qu’ils aiment les photos ratées après tout ? Et puis, je me suis tournée vers les cafés. Faut-il être bizarre, pour claquer des milliers d’euros pour un jus d’orange ? Tout ça pour pouvoir observer le peuple toulousain dans son activité quotidienne, non mais franchement, quel intérêt peut-on trouver à observer des gens, je vous le deman... Oubliez.

Partie II - Les supermarchés Comme mon budget est serré, ces observations n’ont été pratiquées que dans un seul supermarché (le plus proche du Capitole que j’ai pu trouver, pensez un peu à mes pauvres pieds endoloris par la mission précédente !). Le supermarché est un lieu extraordinaire. Il est le symbole de la société de consommation, car c’est là que chacun consomme sa haine de l’autre. Vous n’aimez personne au supermarché. Ni la personne en caisse, qui ne va jamais assez vite. Ni les personnes devant vous, responsables de votre attente. Ni les gens que l’on croise dans les rayons, car vous avez l’impression qu’ils espionnent et jugent tous vos actes d’achat. Vous n’avez qu’une hâte : sortir, loin de ces rayons déshumanisés par la consommation, et de ces clients déshumanisés par vous. Et bien, ce ne fut pas décevant : - Une personne qui parle tout seule en saisissant des produits en rayons, puis en les replaçant, puis en les saisissant de nouveau, puis etc - Une personne qui, voyant une caisse libre alors qu’à toutes les autres s’étend une queue délirante juqu’aux fruits et légumes, s’y rend. - Une personne qui monte les escalators à l’envers. Finalement, c’est décevant : - Une femme en pleine conversation avec son kit mainslibres, probablement avec son mari : «Alors, chéri, tu veux quoi comme pâtes ? Oui, je compare les prix, si tu veux... Hein ? Oui, les prix au kilo, bien-sûr. Je suis pas une nouille. Une nouille ! Tu as compris ? Hihihi ! Non parce que, j’achète des pâtes, et... Quoi ? Oh, ça va hein ! On peut jamais rire avec toi ! T’as aucun sens de l’humour ! T’es bien comme ta mère, tiens ! Oui, parfaitement...» le reste de la conversation, trop violent, ne vous sera pas retranscrit. - Un jeune homme qui prend le reste de l’humanité pour un ramassis d’andouilles (et je suis poli) : Ah ah, les gens sont bêtes, ils font la queue alors que y’a une caisse ouverte ! se dit notre petit malin. Bien-entendu, la caisse est fermée. La caissière qui range sa caisse avant de s’en aller est toujours à son poste, ce qui a probablement donné le change. Demi-tour pour le jeune homme, et arrivé au bout de la queue, ô joie, 15 personnes déjà se sont rajoutées depuis son premier passage ! - Une jeune fille qui a décidé de perdre du poids de cette façon audacieuse. Arrivée en haut, après un temps trois


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fois plus long que celui des usagers de l’escalator montant, elle achète trois paquets de chips, deux bouteilles de soda, et du saucisson. Peut-être fait-elle partie de ces gens mystérieux qui payent un abonnement annuel dans une salle de sport pour faire du step, et prennent l’ascenceur pour rentrer dans leur appartement au premier étage. Dépitée devant cet échec, je suis allée faire mes courses.

Partie III - La rue En sortant avec mes courses, j’ai décidé d’arpenter les rues avec un air très occupé afin d’assurer mon incognito et me fondre dans la masse des Toulousains qui vivent une journée normale : du genre, «j’ai fait mes courses et je rentre chez moi». Eh bien, ma méthode de prédation a trouvé ses victimes ! Et ce, en allant uniquement du supermarché au métro, c’est beau quand-même la science. - Une personne qui marche droit devant elle, le regard haut, et qui n’hésite pas à vous bousculer, voire à vous faire tomber, si votre épaule a le malheur de croiser la trajectoire de la sienne. Si vous êtes chargé (et je suis bien placée pour le confirmer) ça ne change strictement rien. - Une personne qui fixe avec hébétude tous les passants en mâchonnant un truc. - Une personne qui secoue la tête frénétiquement. Mais en m’enfonçant dans l’obscurité du métro, j’avais déjà laissé s’enfuir ces potentielles victimes. - Un con - Un enfant juché sur les épaules de son père - Un ado qui écoute du métal à fond dans son casque. Excusez ce manque de développement, mais mon espoir était immense : j’allais entrer dans le métro ! Laissons tomber les faux gens bizarres de l’extérieur, ceux qui ont toujours une raison pour être bizarres, et passons dans le monde souterrain, où le bizarre est vrai, où il est gratuit !!!

Partie IV - Le métro On ne vit pas dans Toulouse intra-muros sans prendre le métro régulièrement. Les rames sont toutes autant de

repères potentiels de gens bizarres. On pourrait penser que plus elles sont bondées, plus il est facile de trouver des gens bizarres, mais c’est faux : quand vous êtes à moitié écrasé contre une porte, vous tenant au sommet d’une barre (parce que la partie de la barre à votre hauteur est déjà prise d’assaut par des milliers de doigts) et en tentant de ne pas écraser la petite vieille derrière vous, vous n’observez pas grand-chose, croyez-moi. Les gens bizarres dans le métro sont presque trop nombreux pour être listés ici. Non, vraiment. Chaque rame a son spécimen : j’ai pris les deux lignes dans des sens différents, et à chaque fois...

*** J’en étais là de mon travail d’observation acharné, retranscrivant avec passion ces lignes sur mon blocnote, quand un gars et une fille sont passés devant moi pour sortir de la rame. En sortant, ils m’ont jeté un regard perplexe, puis ont continué leur chemin. Je les ai entendus murmurer «Bizarre cette fille non ?», «Ouais, trop bizarre...». Je n’ai pas eu le courage de terminer cette étude. Mon stylo m’est tombé des mains, et j’ai loupé mon arrêt. Néanmoins, j’ai pu en tirer la conclusion suivante : tout commence, et tout finit, dans le métro.

Lulu P.


37 expression libre

D ĂŠ f o u le z - v o u s !

Envoyez-nous le rĂŠsultat sur leptitbuvard@ yahoo.fr


38 noyeux nowel !

Idée cadeau,

P o ur un noë l au s si fou qu’un jap onn ais! ‘101 Inventions Japonaises Inutiles Et Farfelues’ par Kenji Kawakami

Chez Vents D’ouest Collection RICTUS 83 pages Environ 35 €

Résumé « Bienvenue dans le monde du Chindogu ! Quel mot étrange pour désigner une multitude d’outils bizarres, extravagants et originaux qui donnent l’impression d’avoir été inventés pour nous faciliter la vie, alors qu’ils n’existent que pour chatouiller les zygomatiques... »


39 ‘ Ma lettre

au p è r e No ël ‘

Santa Claus, triste clown

Monsieur, je ne vous aime pas. Oui, je le dis haut et fort. Même si vous réduisez sensiblement ma quantité de cadeaux à Noël, je ne reculerai pas. Il faut que vérité soit dite.

Je me suis intéressé un peu à votre personnage, et j’en ai tiré des conclusions édifiantes.

Permettez-moi, de prime abord, un petit conseil sur votre tenue vestimentaire. Ok, vous êtes en service depuis plus de cent ans ; mais la veste en velours, c’est désuet, has been et carrément naze. Vous offrez du matériel high tech dernier cri, mais n’êtes pas capable d’aller faire un tour à Celio. J’appelle ça du laisser aller, voire de la provocation. Avant de refermer la parenthèse, je voudrais aussi vous alerter sur votre poids. Je ne veux pas jouer au médecin, mais là ça devient presque morbide (sans mauvais jeu de mot). La Laponie doit être une région certes très froide, d’où votre propension à manger pour survivre ; or la mauvaise graisse et le cholestérol n’est pas une solution. Je vous invite donc à commencer dès aujourd’hui un régime basé sur la viande de renne, très nutritive et avec un ratio calorifique très avantageux. Ironie du sort, vous avez sept rennes sous la main ! Vous pourrez en profiter pour passer au jet privé, c’est plus classe. Aussi, je vous conseille d’installer la géothermie dans votre chalet, un peu dispendieux mais vous aurez les pieds au chaud ! Attelons-nous maintenant à votre image médiatique. Je vois plusieurs points où le bât blesse. Pour commencer, je trouve un peu mesquin de surtaxer les appels téléphoniques. C’est la crise, je sais. Mais de telles démarches commerciales me font vomir. Se faire de l’argent en profitant sournoisement de la crédulité des petits et grands, c’est digne de la pire espèce. Si vous avez besoin de liquidités, demandez donc à Coca Cola. Ils vous en donneront grassement. Ensuite, et c’est là le vrai problème, le fameux « one day rush ». MDR LOL XPTDR. Je n’aime pas le langage SMS, mais là c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour montrer toute ma dérision… C’est une blague ? Vous pensez sincèrement que tout le monde tombe dans le panneau ? Comment peut-on desservir le monde entier en une petite nuit. Vous allez faire rougir Chronopost. C’est impossible. Et si c’était le cas, LOL, vous seriez déjà mort. Pourquoi ? Il faudrait aller à la vitesse de la lumière pour parcourir un tel trajet si rapidement. Je ne pense pas que vos os et votre veste en velours puissent résister à toute la pression engendrée. Autre explication, vous auriez le don d’ubiquité. La seule personne à pouvoir être à plusieurs endroits en même temps, c’est Dieu. « Tu peux pas test ». Y aurait encore Sarkozy, mais c’est que à la télé. Il va donc sans dire que vous êtes un menteur, Monsieur le Père Noel, un gros, et un vil produit du mercantilisme. Vous usurpez l’identité de millions de gens qui se saignent pour gâter leurs enfants. Vous êtes l’archétype de la mondialisation agressive. Mais j’te jure, Santa, que je penserai très fort à toi le soir du 24 Décembre. Parce que sauf un miracle, c’est pas les cadeaux qui vont se bousculer sous mon sapin cette année.

Par Arno


40 recettes

MENU ‘pas cher’ 3€

entrée ers CAKE AU THON /6p

Préparation : 5 min Cuisson : 45 min Ingrédients

• 1 grosse boite de thon à l’huile - 400g • 3 œufs • 1 tasse de lait écrémé - 240 ml • 80 g de chapelure ou 8 biscottes écrasées + sel / poivre

Préparation

1 - émietter le thon dans un saladier 2 - ajouter les 3 œufs, la chapelure et mélanger 3 - ajouter ensuite le lait et mélanger 4 - saler et poivre 5 - ajouter herbes si vous désirez 6 - placer le tout dans un moule a cake non beurré > Cuire au four à 175°C pendant 45 min.

3€

plat / 4 pers LéGUMES DU JARDIN et sa SAUCE à la BIèRE Préparation : 15 mi Cuisson : 20 min Ingrédients

• 1 gros poireau • 40 cl crème fraîche • 4 grosses carottes • de la bière d’Orval • 1 gros oignon + curry / sel / poivre / estragon

Préparation

1 - Lavez le poireau, épluchez les carottes et l’ oignon 2 - Coupez le blanc du poireau en dés, ainsi que les carottes et l’oignon 3 - Dans une casserole faites chauffer de l’eau salée 4 - Ajoutez y les légumes découpés 5 - Lorsque les légumes sont cuits (mais encore croquants) égouttez les, puis remettez les dans la casserole 6 - Ajoutez 2 pots de crème fraîche et la bière 7 - Ajoutez le curry et l’estragon, salez et poivrez 8 - Pour épaissir la suave, vous pouvez rajouter 1 CS de maïzena délayée dans 3 CS de lait


41

3€

dessert / 5 pers CRUMBLE CHOCOLAT BLANC Préparation : 15 min Cuisson : 30 min Ingrédients • • • • • •

1 boite de poires au sirop 100 g farine 1 banane 60g de beurre morceaux des chocolat blanc 100g de sucre

Préparation

1 - Découper les poires en morceaux et répartissez dans un plat allant au four 2 - Disposez par-dessus les bananes coupées en rondelles et les petits morceaux de chocolat blanc 3 - Réserver 4 - Dans un saladier mélanger farine et sucre 5 - Ajouter beurre en petits cubes, mélanger a la main pour former une pate grumeleuse 6 - émiettez cette pâte au dessus des fruits pour les recouvrir > Enfournez a 200°C (th. 6-7) pendant 30 min

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COC KTA

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42 blagues

à l t s e C’ n q u ’o e rr a m s’ !

Une blonde se rend chez un garagiste, tous deux postés

devant la voiture., la blonde dit : «- J’ai un problème avec mes clignotants », elle regarde le tableau de bord, «- ça marche, ça marche pas, ça marche, ça marche pas...»

Un jeune couple éteint la lumière le soir dans la chambre à coucher. Au bout de quelques secondes, le mari se tourne et se retourne dans le lit... il ne trouve pas le sommeil. Il tape doucement sur l'épaule de son épouse : «- chérie, dis...hem...est-ce que...» «- Oh non, pas ce soir. J'ai rendez-vous demain matin chez le gynéco et je tiens à ce que tout soit propre ! Bonne nuit.» Quelques minutes passent et le mari se remet à faire la crêpe dans le lit conjugal. Délicatement, il retape sur l'épaule de son épouse : «- euh, dis-moi, demain tu n'a pas de rendez-vous avec ton dentiste que je sache?!» C’est deux spermatozoïdes qui se promènent, l’un dit à l’autre :

«- Oh, je suis crevé, je n’en peux plus, j’espère qu’on est bientôt proche de l’ovule.», l’autre lui répond : «- J’voudrais pas te décevoir, mais on vient juste de passer les amygdales».

Comment appelle-t'on un boomerang qui ne revient pas ? Un bout de bois ! Qu'est-ce qu'une manifestation d'aveugles? Un Festival de Cannes !

«On dit que les meilleurs partent les premiers. Ça rassure les éjaculateurs précoces.»

Hé, DEVINE...

Qu’est-ce qui est long et dur pour une blonde ?

Penser. Savez-vous pourquoi un pet ça pue? Ben pour en faire profiter les sourds !


43 remerciements

L

e p’tit Buvard, projet qui nous tenait a cœur, n’aurai pu aboutir sans la participation active de :

‘ ramène ta paume ‘

U

n texte au fond du tiroir, une lettre enflammé qui n’attend que de voir le jour, un vieux dessin qui nous semblait désuet mais qui peut faire battre les cœurs, un carnet de voyage qu’on avait oublié, un roman en cours, un cahier secret ou l’on a marqué ces rêves, le moyen d’entrer dans votre intimité sans avoir a affronter les réfractaires, un dessin gribouillé au fond d’un amphi… Il n’ y a rien a gagner, pas de concours ou de prix en jeu, juste la satisfaction de se dire qu’on a publié, que d’autres personnes vont nous lire, ou voir nos œuvres… on a tous en nous quelque chose de Tennessee… faites le nous partager… Vous Vous Vous Vous

pouvez pouvez pouvez pouvez

participer a toutes les rubriques proposer des rubriques nous faire part de vos idées et critiques nous laissez des comms…

Et RAMENEZ VOS PAUMES !!!

leptitbuvard@yahoo.fr

- Eva qui nous a permis de lancer le projet « pour de vrai » et nous a poussé a concrétiser nos envies en nous mettant quelques coups de pression bien placés - Marina pour la mise en page, l’inspiration et la patience dont elle a fait preuve et toutes les heures qu’elle y a passé ! - La commission du FSDIE pour le soutien financier. - La dame du FSDIE qui nous a permis de déposer le projet in extremis. - Mr Philippe Jalbert pour sa disponibilité et son aide pour propager l’info. - Mr Jacques Betillon, directeur du siam, présent lors de la commission et qui disait je cite « la fac du Mirail a besoin de ce type de journal », ces mots résonnent encore… - Mme Séverine Rouillan, professeur d’art appliqué, pour son aide dans la transmission de l’annonce. - PRES qui n’ a pas accepté de nous financer mais qu’on retente dans quelques mois ! - Gérard Mathieu (dessinateur de l’étudiant) qui avait l’air emballé et qui s’est rétracté… - Laura M, future photographe de renom ! - Clémence et Médélys qui font parties du comité de lecture. - Romain Pujol et Beebeefoke pour leurs talents et leurs Bds. - Les auteurs qui nous ont fait confiance en nous léguant leur textes, et sans qui on ne serait rien : Lulu P, Nath, G.Verdurin, Lily Bheu, Lily Voisin, Hadi, Lise, Laure et Mathieu . - A toutes les personnes qu’on a croisées et qui ont pris la peine de s’intéresser au projet et de faire tourner l’info ! - A toutes les personnes qui se sont investies de près ou de loin au projet ! - A tous les futurs auteurs qui nous enverrons leurs créations ! Et qu’on attend impatiemment ! Faites que Le p’tit Buvard continu son chemin, parce qu’on en a besoin et ramenez vos paumes !

Ils nous soutiennent :


#1

édition

Le p’tit Buvard Journal étudiant littéraire et créatif

Décembre 2010 — édition #1 Journal mensuel gratuit


Le p'tit Buvard  

"Le p'tit Buvard" - édition #1 Décembre 2010

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