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L’INTERVIEW

« La coordination a besoin d’outils » Jocelyne Wittevrongel, présidente de l’UNPS

Le PHaRMaCIeN www.lepharmaciendefrance.fr

Le paracétamol suivi de près

Ces objets mal identifiés

Les sprays ont du nez

ENQUÊTE P. 34

INFLUENCES P. 46

BANC D’ESSAI P. 60

DEFRANCE

N o 1 3 0 3 S E P T E M B R E - O C T O B R E 2 0 1 8

L’exercice coordonné est au cœur du plan « Ma santé 2022 » lancé par le président.

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L’Éditorial

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

C’est l’heure des bilans

Philippe Gaertner

© MIGUEL MEDINA

Président de la Fédération dess yndicats pharmaceutiques de France

No 1303 I 59e année I27/09/18 ISSN 0031-6938 I CPPAP : 0222 T 81323 www.lepharmaciendefrance.fr LE PHARMACIEN DE FRANCE 13, rue Ballu 75311 Paris Cedex 09 Tél. : 01 42 81 15 96 Télécopie : 01 42 81 96 61 DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Éric Garnier DIRECTEUR DE LA RÉDACTION : David Pérard RÉDACTEUR EN CHEF : Laurent Simon (lsimon@lepharmaciendefrance.fr) RÉDACTEURS : Claire Frangi (cfrangi@lepharmaciendefrance.fr) I Benoît Thelliez (bthelliez@lepharmaciendefrance.fr) SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : Joséphine Volat (jvolat@lepharmaciendefrance.fr) ONT COLLABORÉ À CE NUMÉRO : Alexandra Chopard I Claire Grevot I Anaïs Jeanne I Anne-Gaëlle Moulun CRÉATION ET RÉALISATION : Rampazzo & Associés www.rampazzo.com - blog.rampazzo.com CORRECTION : Francys Gramet IMPRESSION : Lescure Théol 27120 Douains

O

n reconnaît sou- l’être la vaccination à l’officine depuis l’année vent un arbre dernière puisqu’elle concerne notamment de à ses fruits, dit- nombreux patients âgés. on… Encore Je ne me berce pas d’illusions : les débuts des f a u t - i l q u e bilans de médication sont difficiles et le nombre l’arbre ait suffisamment grandi pour en produire ! de pharmacies impliquées progresse encore Les bilans partagés de médication ont été lancés trop doucement. Je sais la difficulté pour un il y a quelques mois suite à la signature avec pharmacien de bousculer ses habitudes, de l’Assurance maladie de l’avenant no 12 à la prendre le temps de l’analyse d’un cas, de fixer convention pharmaceutique. Ce texte, nous un rendez-vous… mais aussi de convaincre les l’avons signé des deux patients du bien-fondé de mains tant il est porteur cette démarche ! Mais ce « Réaliser des bilans de progrès, à la fois pour que vous avez entrepris de médication, c’est la profession et les avec les entretiens renouer avec notre patients. asthme ou anticoagulants Proposer et réaliser un (antivitamines K ou anticœur de métier. » bilan de médication, coagulants oraux c’est tout simplement pour un pharmacien directs), vous pourrez le développer avec les renouer avec le cœur de son métier : accompa- bilans de médication. gner les patients, prévenir la iatrogénie, donner Je vous rappelle à tous notre objectif : mener à la bonne dose à la bonne personne au bon bien 400 000 bilans de médication d’ici à la fin moment… et être rémunéré spécifiquement de l’année. Soit une vingtaine par officine, ce pour ce faire. Devenir des cliniciens, en somme, chiffre étant évidemment une moyenne, certaines et c’est pour cela que beaucoup d’entre nous en feront trente, d’autres moins. Inatteignable ? ont choisi ce métier. Mine de rien, cette évolution Certainement pas, à condition de sonner la que nous portons depuis de nombreuses années mobilisation générale autour de cette nouvelle est aussi structurante pour notre avenir que peut mission pas comme les autres.

DIRECTEUR COMMERCIAL ET RESPONSABLE DE LA PUBLICITÉ : Christophe Bentz (cbentz@lepharmaciendefrance.fr) Tél. : 01 42 81 56 85 Fax : 01 42 81 96 61 ABONNEMENTS : Tél. : 01 42 81 15 96 Abonnement d’un an France-Corse (TTC) : 95 € I Guyane : 93,05 € I Guadeloupe, Martinique, Réunion : 94,03 € I Étranger : 160 € I Achat au numéro : 15 € I Étudiants et retraités : 75 € I Certificat d’inscription à la Commission paritaire de la presse : no 0222 T 81323 ORGANE D’INFORMATIONS SCIENTIFIQUES ET PROFESSIONNELLES PHARMACEUTIQUES Le Pharmacien de France est édité par la SARL « Le Pharmacien de France ». Siège : 13, rue Ballu, 75311 Paris Cedex 09. Durée 99 ans à compter de 1977 Capital : 93 000 euros I Cogérants : Éric Garnier I David Pérard I Date du contrôle OJD : 18/06/2018.

Septembre-Octobre 2018 I No 1303 I 1


Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

septembre-octobre 2018 Sommaire

Actualité

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Santé

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34

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LES DOSSIERS DE LA FÉDÉ LA FÉDÉ EN RÉGIONS

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L’INTERVIEW

36 39

Jocelyne Wittrevongel : « La coordination a besoin d’outils »

42 14 22 25

ACTUALITÉ EN BREF INDUSTRIE & CO LE KIOSQUE

Officine

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ENQUÊTE Le paracétamol suivi de près PANORAMA FICHE CONSEIL Le coude et ses orthèses L’épicondylite INTERNATIONAL Mais vous êtes Ig Nobel !

• •

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INFLUENCES Ces objets mal identifiés OFFICINE EN BREF NOUVELLES TECHNOLOGIES MARCHÉ Feu vert pour les sprays PRODUITS

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BANC D’ESSAI Les sprays ont du nez

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APERÇU

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À votre santé ! par Martin Vidberg

ENJEUX La santé façon Macron Pas de grande loi, mais cinquantequatre mesures pour restructurer le système en profondeur. Au menu : la remise à plat des études en santé, la redéfinition de la carte hospitalière assortie d’une gradation de l’offre

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et, en toile de fond, l’incitation très appuyée à l’endroit de tous les professionnels de santé d’un même territoire d’intégrer une structure d’exercice coordonnée (CPTS) pour resserrer le maillage et assurer une meilleure prise en charge des patients.

ABONNEZ-VOUS maintenant au Pharmacien de France. Rendez-vous sur www.lepharmaciendefrance.fr Ce numéro comporte un bulletin d’abonnement, une carte T « Congrès des pharmaciens », une page « Programme Congrès des pharmaciens », un bulletin adhésion Utip et un encart « DPC à la page » jetés sous film. Septembre-Octobre 2018 I No 1303 I 3


LES DOSSIERS DE LA FÉDÉ ÉCONOMIE (1)

LA FSPF CORRIGE UNE ERREUR DE L’ÉTAT Le ministère de la Santé a surestimé les ventes d ’automédication en officine de près de 1,3 milliard d’euros en 2016. Explications.

L

Un reste à charge maîtrisé En ces temps où le pouvoir d’achat est au centre des politiques publiques, la FSPF pointe que le reste à charge des ménages n’a pas augmenté de 3 points entre 2012 et 2016 mais qu’il a bel et bien diminué de 1,2 point sur la période, passant de 14,8 % à 13,6 %. C’est d’autant plus important que les médicaments représentent un peu moins de 30 % du reste à charge total des ménages français, que le prix de l’automédication fait régulièrement l’actualité… et que les Français comparent souvent les pharmacies entre elles sur ce point. Pour mémoire, les niveaux de reste à charge les plus élevés se situent dans l’optique et les soins dentaires : dans le premier cas, les ménages financent directement 23 % des sommes ; dans le second, un peu plus de 22 %, comme le précise la Drees dans son édition 2017 des comptes de la santé. 4 I No 1303 I Septembre-Octobre 2018

© FOTOLIA/BILLIONSPHOTOS.COM

es chiffres de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) font référence dans le monde de la santé. Et pourtant, ils étaient faux concernant l’OTC, comme l’a révélé la FSPF le 12 septembre dernier. En effet, en 2016, ce sont bien 2,806 milliards d’euros de médicaments non remboursables qui ont été achetés par les Français et non 4,069 milliards. C’est donc une bourde de près de 1,3 milliard d’euros – rien moins que 30 % de l’estimation de départ ! – que les services économiques de la Fédération ont relevé dans les chiffres officiels. Cela n’a rien d’une anecdote, comme le relève Philippe Besset, vice-président de la FSPF, en charge de l’Économie, qui a été à la manœuvre sur ce dossier : « Ces chiffres comptent dans les comparaisons internationales et servent à la construction de la pensée politique. »

La conclusion de cette histoire de calcul est évidemment favorable aux pharmaciens : « La baisse de 12 % de ces médicaments en dix ans montre bien que le pharmacien d’officine, professionnel de santé indépendant et responsable, n’incite pas à la consommation par des pratiques commerciales agressives », note la FSPF. Pourquoi libéraliser ? C’est en tout cas une grosse pierre dans le jardin de Michel-Édouard Leclerc et de ceux qui cherchent à libéraliser la vente de l’automédication – sous contrôle d’un pharmacien, certes – pour des raisons de pouvoir d’achat. « Ces résultats corrigés viennent donc contredire les arguments de

ceux qui militent, à grand renfort publicitaire, pour une dérégulation du marché des médicaments non remboursables. Les phar­ maciens ont pris sur leur marge les augmentations de TVA [deux augmentations ont eu lieu dans la période analysée, NDLR] et de prix fabricant », indique Philippe Besset. Rappelons que, parmi les tenants d’une libéralisation du marché de l’OTC et donc d’une distribution en grandes et moyennes surfaces, notamment, l’Autorité de la concurrence prépare une enquête sectorielle qui doit paraître à la fin de l’année sur le circuit de distribution du médicament. Comme quoi un chiffre correct vaut parfois mieux qu’un long discours. x


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LES DOSSIERS DE LA FÉDÉ

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

ÉCONOMIE (2)

VICTOIRE SUR LES GRANDS CONDITIONNEMENTS Au Journal officiel sont parus des textes reconnaissant le statut de conditionnement trimestriel au Prodinan. Un signe encourageant.

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© FOTOLIA/MG

Retour à la normale La publication au Journal officiel, donc, le 10 septembre dernier des nouveaux prix de Prodinan est une satisfaction pour Philippe Gaertner, président de la FSPF, puisqu’ils prennent en compte cette qualification en conditionnement trimestriel : « C’est évidemment un motif de contentement, le CEPS nous donne raison sur ce que nous disons depuis des années. » x

© FOTOLIA/BRAD PICT

pharmaciens, qui voient leur rémunération rognée des honoraires prévus pour les conditionnements trimestriels.

our une fois, le Journal officiel est porteur d’une bonne nouvelle. La FSPF a déjà dénoncé à plusieurs reprises le statut de plusieurs présentations qui ne sont pas considérées comme des conditionnements trimestriels par le Comité économique des produits de santé (CEPS). C’est le cas de spécialités comme le Levothyrox – que la FSPF avait appelé à ne pas référencer en représailles – mais aussi comme le Permixon (extrait de palmier de Floride), l’Arimidex (anastrozole) ou certains collyres. C’est évidemment un mauvais deal pour les

Le 1er janvier 2018 avait été marqué par des bugs dus à la sortie tardive des textes idoines : « Si tout cela n’est pas coordonné très rapidement, j’appréhende de possibles cafouillages, nous n’avons eu aucune concertation, et pourtant le délai d’un an et demi [depuis la signature de l’avenant, NDLR] était largement suffisant », ajoute Philippe Gaertner. Ce n’est malheureusement pas le seul motif d’inquiétude pour la FSPF, qui doute, chiffres à l’appui, que ces honoraires puissent apporter un plus en matière de rémunération à la profession. Mais c’est une autre histoire. x

HONORAIRES

INQUIÉTUDES POUR DÉBUT 2019

B

ien que non signataire du dernier avenant no 11 à la convention nationale de l’Assurance maladie, la FSPF reste attentive à sa mise en application. Or, au 1er janvier prochain, de nombreux paramètres de la rémunération des pharmaciens vont bouger en même temps.

Suspicion de bugs Petit rappel des faits : dans moins de trois mois seront lancés les trois nouveaux honoraires prévus dans cet avenant no 11, notamment pour les délivrances particulières, comme pour les jeunes enfants 6 I No 1303 I Septembre-Octobre 2018

ou les personnes âgées ou encore pour certains traitements « spécifiques », comme les médicaments à prescription initiale hospitalière ou dérivés du sang. Il est également prévu qu’ils soient revalorisés au 1er janvier 2020. Mais, en attendant, il faut déjà que l’étape de 2019 soit franchie avec succès, ce dont doute Philippe Gaertner, président de la FSPF : « Aujourd’hui, je suis préoccupé et j’appelle les pouvoirs publics à faire paraître le nouvel arrêté de marge », souligne-t-il, car les pharmaciens ignorent « quels seront les paramètres exacts de la marge au 1er janvier 2019. »

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Dans moins de trois mois, de nouveaux honoraires de dispensation verront le jour. La FSPF craint que tout ne soit pas prêt à temps.


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LA FÉDÉ EN RÉGIONS

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

GRAND EST

UNE RÉFÉRENCE POUR LES RÉFÉRENTS Il ne manque parfois qu’un bon outil pour devenir pharmacien référent en maison de retraite. L’URPS pharmaciens Grand Est l’a fait.

© FOTOLIA/HEIKO KUVERLING

A

fin de permettre aux pharmaciens qui le souhaitent de devenir référents en établissement d’hospitalisation pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) pharmaciens Grand Est a développé un logiciel avec l’Observatoire du médicament, des dispositifs médicaux et de l’innovation thérapeutique (Omedit) de la région, dans le cadre d’une expérimentation qui devrait être lancée au plus tard en octobre et qui concernera 25 pharmacies et 2 000 lits. Rappelons que parmi les missions du pharmacien référent, on peut citer l’amélio-

ration et la traçabilité du circuit du médicament dans l’Ehpad, la bonne conservation des médicaments, la gestion des dispositifs médicaux, la formation et l’information du personnel soi-

gnant ou l’organisation de réunions pluridisciplinaires. L’URPS utilisera ainsi une grille d’évaluation de l’Agence nationale d’appui à la performance (Anap) pour analyser la prise

Anne-Gaëlle Moulun

GRAND EST

JAMAIS SEUL GRÂCE À PHARMA RECO

À

0000 I Septembre-Octobre Mois 2017 2018 8 I No 1303

situations inhabituelles », que le patient ait une prescription ou non. Le site propose des arbres décisionnels permettant de présenter de façon simple les recommandations. Celles-ci sont issues de sources de référence comme la Haute Autorité de santé (HAS), l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ou encore de sociétés savantes françaises ou internationales. « Le but est aussi de faciliter la discussion avec le prescripteur, quand il y en a un,

© FOTOLIA/ALEX

Apporter un outil numérique d’aide à la décision à tous les pharmaciens, telle est la finalité du site Pharma Reco, lancé le 20 septembre par l’URPS pharmaciens Grand Est. chaque patient, une réponse. « L’objectif de Pharma Reco est de permettre de trouver rapidement une posologie, une durée de traitement ou des associations de produits, explique Christophe Wilcke, président de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) pharmaciens Grand Est. Ce site internet, créé par notre URPS, est le fruit d’une réflexion menée au sein de l’Union sur certaines difficultés que pourrait rencontrer le pharmacien vis-à-vis de

en charge médicamenteuse dans les Ehpad. « L’idée, c’est que l’ensemble des participants puisse disposer d’un outil de diagnostic commun, permettant de donner un score, qui établit un niveau de départ sur la prise en charge du circuit du médicament dans l’établissement », détaille Christophe Wilcke, président de l’URPS pharmaciens Grand Est. Le logiciel récapitule ensuite l’ensemble des problématiques identifiées et attribue une priorité aux actions à réaliser. « Il permet aussi au pharmacien de renseigner au fur et à mesure l’état d’avancement des missions qu’il aura pu réaliser », détaille Christophe Wilcke. x

à propos de la situation du patient. » Par exemple, pour un patient dialysé en attente de greffe, la dose injectée pour la vaccination contre l’hépatite B doit être le double de la dose normale. Le pharmacien doit donc délivrer deux boîtes de vaccin au lieu d’une ; une recommandation qu’il peut retrouver sur Pharma Reco. Le site, gratuit après inscription pour les pharmaciens, est collaboratif : le pharmacien qui est allé consulter une recommandation peut donner son avis dessus. Il  peut aussi suggérer des propositions de recommandations. « Le site a vocation à s’enrichir très régulièrement et à être accessible à tous les pharmaciens, pas seulement à ceux de Grand Est », prévoit Christophe Wilcke. x A.-G. M.


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L’INTERVIEW

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

L’Union nationale des professionnels de santé (UNPS) est l’une des rares institutions où tous les acteurs de la santé discutent à armes égales… et depuis juin dernier, c’est une pharmacienne qui la dirige.

Propos recueillis par Laurent Simon Photos Nicolas Kovarik

Jocelyne Wittevrongel

« La coordination a besoin d’outils » BIOEXPRESS Titulaire d’officine et syndicaliste d’expérience au sein du bureau de la FSPF depuis de nombreuses années, Jocelyne Wittevrongel est la première femme à avoir été élue à la tête de l’Union nationale des professionnels de santé (UNPS) en juillet dernier. ❚ Depuis juillet 2018 : présidente de l’UNPS. ❚ Depuis juin 2017 : membre du conseil de la Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile (Fnehad). ❚ Depuis février 2016 : membre du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie . ❚ Depuis juillet 2010 : membre du conseil de la Conférence nationale de santé (CNS) ❚ 2007-2016 : directrice de la rédaction du Pharmacien de France. ❚ Depuis 1998 : membre du bureau de la FSPF, où elle a occupé diverses fonctions, jusqu’à la vice-présidence depuis 2013. ❚ Depuis 1991 : titulaire de pharmacie à Saint-Gaultier (Indre).

Vous avez en charge la représentation auprès de l’État et de l’Assurance maladie de pas moins de douze professions de santé. N’est-ce pas une gageure d’accorder toutes ces corporations aux intérêts parfois divergents, comme en ce moment les infirmiers et les pharmaciens sur la vaccination à l’officine ?

Que contient exactement cet Acip ? On a beaucoup parlé de la prescription électronique, entre autres, qui devrait changer le quotidien des pharmaciens une fois mise en place…

Si on revient à la prescription électronique, l’état des lieux, c’est une négociation autour d’expérimentations. En interpro, il y a toujours des frictions. La particula- Je rappelle que l’Acip est une somme de principes, rité de l’UNPS est d’avoir été créée par la loi ; nous de projets et d’évolutions ; il ne s’agit pas, par exemple, sommes donc une interface de négociation avec l’État de négocier des tarifs, comme c’est le cas dans les et l’Assurance maladie, et tous nos membres sont conventions monoprofessionnelles [celle des pharmanommés au Journal officiel. En d’autres termes, c’est ciens ou des médecins par exemple, NDLR]. L’Acip un lieu de débats, d’échanges, regroupe tout ce qui est comd’expression, mais pas de clashs mun à une majorité de profesou de batailles syndicales ou « L’Assurance maladie sions et qui pourra par la suite médiatiques, comme dans est très demandeuse être décliné. Une fois l’Acip d’autres structures. Mon rôle, en signé, la révolution n’arrivera de la prescription tant que présidente, est de troupas demain pour les pharmaver le plus grand dénominateur électronique. » ciens. Il faudra pour cela commun entre tous ; j’ai pour attendre que ses principes soient cela les pouvoirs que me confère l’assemblée plénière. appliqués dans notre convention. Je le répète : si l’UNPS signe au nom des douze professions, le texte Un des gros dossiers de l’UNPS, c’est l’accord-cadre devra encore être ratifié par la suite par un ou plusieurs interprofessionnel (Acip). Quelles ont été les diffi- syndicats au sein de chacune de ces professions. En cultés au cours des discussions ? d’autres termes, personne ne peut signer tant que Concrètement, nous venons de recevoir le dernier l’UNPS n’a pas donné son feu vert mais une profession texte issu de la négociation de juillet. C’est logique- peut très bien refuser de se voir appliquer le texte. ment le dernier aller-retour, le texte devant ensuite passer au vote au sein de l’UNPS. Notre décision Après des années de développement, l’intérêt polifinale de signer ou pas sera prise le 4 octobre prochain. tique semble se focaliser autour de la prescription Les discussions durent depuis six mois, ce qui reste électronique, en tout cas depuis quelques mois. un délai raisonnable pour une négociation interpro- Pourquoi cet empressement ? fessionnelle qui sera le socle de toutes les autres L’Assurance maladie est très demandeuse de la presnégociations « monoprofessionnelles » déclinées cription électronique mais tient à mettre en place un métier par métier. Ce n’est en réalité pas très long, silo où toutes les prescriptions seraient au même même si le texte a été complexe à écrire : douze pro- endroit. Elle ne posséderait qu’un numéro anonyfessions sont concernées, les spécificités des uns et misé, sans mention ni du médecin ni du patient, charge des autres ne doivent donc pas être oubliées. au pharmacien de réactiver la prescription au moment

10 I No 1303 I Septembre-Octobre 2018


Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

L’INTERVIEW de télétransmettre. L’Acip doit durer cinq ans et le texte doit absolument prévoir tous les projets qui seront développés pendant ce laps de temps. Peutêtre la prescription dématérialisée sera-t-elle généralisée dans quatre ans, difficile de le savoir aujourd’hui [le 18 septembre dernier, Emmanuel Macron a annoncé sa généralisation en 2022, NDLR]. On ne pourra pas resigner un Acip tous les ans. Nous devons également tendre vers la « généralisation d’un exercice coordonné pour les professionnels de santé », comme le précise le texte. Ce n’est évidemment pas demain que nous serons tous en pôles de santé, en maisons de santé pluridisciplinaires (MSP), en communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ou que sais-je… mais il faut le prévoir. MSP, CPTS… cela reste très abstrait pour la grande majorité des pharmaciens. Les professionnels libéraux arriveront-ils à s’en saisir ?

Cela reste loin aujourd’hui, certes, mais le président de la République devrait faire des annonces très importantes [elles ont effectivement eu lieu le 18 septembre dernier, dans le cadre du plan Santé 2022, NDLR] sur le sujet de l’exercice coordonné. Il veut aller vite et quadriller le territoire (lire « Enjeux », p. 28). Amener des gens à travailler ensemble implique nécessairement de les payer pour ce faire, qu’est-il prévu à ce niveau ?

On parle beaucoup d’un ACI CPTS, à savoir un accord conventionnel interprofessionnel (ACI) pour ces structures de soins coordonnées. Nous étudions cette possibilité du point de vue juridique. Le gros avantage est que cela permettrait de les rémunérer au lieu qu’elles soient financées, comme c’est le cas actuellement, par le fonds d’intervention régional (FIR), qui n’est par définition pas pérenne et donc pas adapté. Il nous faut le bon vecteur conventionnel pour faire avancer les choses. Plus concrètement, quelle est la situation sur le terrain ? Les soins coordonnés sont-ils une réalité ?

Ils se développent de plus en plus. Le rapport du Haut Conseil de l’Assurance maladie (HCAM) [paru à l’été dernier, NDLR] préconise 1 000 CPTS en France, mais je rappelle qu’une CPTS moyenne concerne 60 000 habitants et englobe le social et le médicosocial, ce sont donc de grandes structures. Ce qui est sûr, c’est que si nous ne disposons pas d’outils informatiques et techniques, et qu’il y a cinquante applications différentes, nous n’arriverons pas à faire de coordination sur le terrain. Je parle de suivre des patients au jour le jour, grâce à un agenda partagé, des carnets de suivi… le tout devant être interopérable sur nos logiciels métier et nos téléphones, en fonction des professionnels. III Septembre-Octobre 2018 I No 1303 I 11


L’INTERVIEW

III

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

je ne représente plus la pharmacie mais les quelque 400 000 professionnels de santé libéraux.  Contrairement  aux syndicats, qui repren nent  toujours leurs discussions indi« L’UNPS n’est pas Nous sommes pour une offre viduelles, l’UNPS, elle, construit cohérente et qui permette de un lieu de bataille, nous l’interprofessionnalité. suivre le patient de façon recherchons le plus simple. Aujourd’hui, les profesLes masseurs-kinésithérapeutes sionnels jonglent en perma- grand dénominateur ont récemment dénoncé l’irrupnence entre des systèmes qui commun. » tion des chiropracteurs et la ne sont pas interopérables. Nos menace que représente cette objectifs sont clairs mais nous n’avons pas de doctrine profession intermédiaire sur leur exercice. Les pharpréétablie ; nous travaillons sur le sujet. Le dossier maciens sont-ils concernés ? médical personnel (DMP), très formaté et protocolaire, Potentiellement, toutes les professions sont concern’a rien à voir avec tout cela, puisqu’il ne permet nées par l’accès partiel [un décret paru au Journal notamment pas de gérer d’agendas communs. officiel le 3 novembre 2017 prévoit la possibilité d’exercer partiellement une profession, NDLR] : les infirmiers,  Sur un autre sujet, vous êtes la première pharma- les dentistes, les médecins… mais les pharmaciens cienne à avoir été élue à la tête de l’UNPS, qu’est-ce aussi, puisque certains pays possèdent des diplômes que cela va-t-il changer ? différents du nôtre. L’UNPS est vraiment le lieu de ce Quand je suis à l’UNPS, même si je suis pharmacien, genre de combat. x Pourtant, des dizaines de start-up investissent le terrain de la coordination des soins, chacune avec son propre outil. Que faut-il faire pour unifier l’offre ?

12 I No 1303 I Septembre-Octobre 2018


Création d’un groupe générique PALMIER DE FLORIDE* au répertoire des médicaments génériques à base de plantes

L’ANSM vient de créer le groupe** générique PALMIER DE FLORIDE, extrait hexanique. Ce groupe est identifié par sa substance active végétale décrite conformément à la monographie européenne*** pour un usage médical bien établi : extrait du fruit de Palmier de Floride, rapport drogue/extrait : 7-11 : 1, solvant d’extraction : hexane, forme solide. Ces caractéristiques correspondent à celles de la substance active contenue seulement dans 2 spécialités pharmaceutiques de Pierre Fabre Médicament*, Permixon® gélule et Sereprosta® gélule. Les autres médicaments à base d’extrait de Palmier de Floride, non classés dans ce groupe, ou non-inscrits au répertoire des génériques, ne sont pas des génériques de ces deux spécialités.

A ce jour, bien que Permixon® et Sereprosta® soient inscrits au répertoire des médicaments génériques à base de plantes, ils ne peuvent pas être substitués car ils n’ont pas de génériques identifiés.

* Inscription au répertoire ANSM le 19/07/2018 des médicaments génériques (Annexe II , répertoire de groupes génériques des médicaments à base de plantes). **Chaque groupe contient les spécialités à base de plantes qui possèdent la même composition qualitative, quantitative en substance active, la même forme pharmaceutique et une activité thérapeutique équivalente. Article L.5121-1 5° b) du CSP ***Monographies élaborées au sein de l’Agence européenne du médicament (EMA) par le Comité sur les médicaments à base de plantes (HMPC) dans le cadre de l’usage médical bien établi sur la base de données bibliographiques.www.ema.europa.eu/ema/index.jsp?curl=pages/medicines/landing/herbal_search.jsp& mid=WC0b01ac058001fa1d 07/2018 – 219 685

Septembre-Octobre 2018 I No 1303 I 13


Actualité En bref

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

ILS L’ONT DIT « Non, monsieur Michel-Édouard Leclerc, nous, futurs pharmaciens, vous ne nous faites pas rêver. » Robin Tocqueville-Perrier, président de l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France. (Source : Anepf) DR

DR

Bernard Muller, président de la Conférence des doyens de pharmacie d’officine. (Source : Remede.org)

INTERPRO x C’est après un long suspens et une campagne relevée que Philippe Tcheng a été élu président du Leem. Présidentdirecteur général (PDG) de Sanofi-Aventis Groupe, il prend la succession de Patrick Errard à la tête de l’institution pour un mandat de deux ans, suite à un vote du conseil d’administration du Leem qui lui a permis de recueillir 65 % des suffrages exprimés. x La nouvelle mouture de la nomenclature pour les « zones sous-dotées » ou même « très sous-dotés » des masseurskinésithérapeutes est connue. La méthodologie permettra de classer les territoires selon le nombre de professionnels et l’accessibilité de chaque zone. Ainsi, 6,8 % des Français vivent en zone « très sous-dotées ». x Des pharmaciens hospitalouniversitaires (HU), c’est bien, mais ça pourrait être encore mieux. Un rapport du gouvernement pointe que la création de ce corps à l’hôpital, qui date de 2006, s’est opérée « dans des conditions difficiles ». Les pharmaciens HU ne représentent ainsi aujourd’hui que 20 % des personnels ayant ce statut et le nombre d’assistants HU est très nettement insuffisant. x Les autotests en grandes surfaces, il n’y a pas que les officinaux qui sont contre. C’est également le cas des biologistes, dont six organisations représentatives ont protesté de concert contre cette demande de Michel-Édouard Leclerc. Ces mêmes acteurs s’élevaient déjà en février contre la « prolifération » des autotests… mais en officine cette fois !

14 I No 1303 I Septembre-Octobre 2018

« Je suis encore en phase d’apprentissage mais ça va de mieux en mieux. » Agnès Buzyn, ministre de la Santé. (Source : Le Parisien)

© NICOLAS KOVARIK

« La réforme du troisième cycle permettra aussi de redonner de l’attractivité à l’exercice en officine. »

monopole

Buzyn vous soutient La ministre de la Santé a enfin pris position sur la vente de médicaments en grandes surfaces : pour elle, c’est non.

L

a rentrée a été marquée par la campagne menée par Michel-Édouard L e c l e rc c o n c e r n a n t l e s autotests et autres substituts nicotiniques, qui relèvent tous deux du monopole officinal. Le distributeur breton est en effet passé à l’offensive pour

pouvoir vendre dans ses magasins ces deux catégories de produits. Et la ministre de la Santé Agnès Buzyn ne s’était pas encore prononcée clairement sur la question… jusqu’au 18 septembre dernier lors d’une interview sur BFMTV, au micro de Jean-Jacques Bourdin, où elle a précisé sa position. À la question de savoir si des médicaments pourraient être vendus en grandes surfaces, elle a répondu « qu’on ne pouvait pas hurler en permanence

sur les effets secondaires des médicaments et se dire qu’on va pouvoir acheter tout et n’importe quoi en grandes surfaces sans le conseil d’un pharmacien […]. Je ne crois pas que des supermarchés dont je ne citerai pas le nom soient en capacité de nous aider pour la santé publique ». Reste maintenant à tenir cette position, notamment quand les résultats de l’enquête sectorielle de l’Autorité de la concurrence seront connus, en fin d’année. x

informatique (1)

informatique (2)

Avoir un dossier pharmaceutique (DP), c’est bien, le savoir c’est mieux ! Un sondage mené par la société B3TSI sur 501 malades chroniques, publié le 7 septembre, montre que seuls 8 % des répondants déclarent posséder un dossier pharmaceutique (DP) et 12 % un dossier médical partagé (DMP). Si ces chiffres s’expliquent pour le DMP, dont le taux d’équipement est encore faible, la question de la création de DP – plus de 37 millions sont actifs – « à l’insu » des patients ressurgit. Un « vrai problème », selon l’Ordre des pharmaciens, qui travaille toujours sur la question, comme l’avait déclaré en juin dernier sa présidente Carine Wolf-Thal. x

Le directeur de l’Assurance maladie Nicolas Revel était présent à l’université d’été de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) le 16 septembre dernier. Il y a annoncé la généralisation du dossier médical partagé (DMP), après des expérimentations en 2017… et assuré compter sur les officinaux pour en ouvrir à foison. Rappelons que vous serez rémunérés 1 euro par dossier ouvert. Pourquoi les médecins ne peuvent-ils en faire autant ? « Je ne suis pas sûr que ce soit la priorité des médecins, alors que le temps médical est déjà rare, de passer trois minutes à créer un DMP pour 1 euro », a-til répondu. Prenez-le comme vous voulez. x

Les DP toujours pas annoncés

Revel compte sur vous pour le DMP


En bref Actualité

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

REPÈRES

57 %

70

7,5 %

72 %

des médecins généralistes sont favorables à la généralisation à l’ensemble du territoire de l’expérimentation de la vaccination antigrippale par les pharmaciens d’officine.

d’économies grâce à la e-santé ? C’est la conclusion – optimiste – d’un rapport remis au gouvernement le 12 juillet dernier. (Source :

Le reste à charge des dépenses de santé pour les ménages est encore en baisse en 2017 et demeure l’un des plus bas au monde. Il est de 13 % sur les médicaments. (Source : Drees)

En 2030, près des trois quarts des pharmaciens seront des femmes au niveau mondial, d’après une étude prospective de la Fédération pharmaceutique internationale (FIP).

(Source : Ipsos/Pfizer)

millions d’euros

TicSanté/France Stratégie)

L’IMAGE DUMOIS

Communisme à 15 CH

© WIKIPÉDIA

La spécialité Murus Berlinensis est en vente sur le site d’Helios Homœopathy pour 4,95 livres sterling.

On n’ira pas ici rajouter de l’huile sur le feu sur le débat qui agite le monde de la santé quant à l’efficacité réelle ou supposée de l’homéopathie. On se contentera de se poser la question suivante : à quoi peut bien servir une spécialité homéopathique à base de mur de Berlin ? À lutter contre le communisme ? Son fabricant ne le précise pas.

LAQUESTIONDUMOIS

Réalisez-vous des bilans de médication ? Les bilans de médication partagés, c’est « pourquoi pas, mais pas tout de suite ». Lancés officiellement depuis mars dernier, ces accompagnements pour les personnes âgées et les malades chroniques ont déjà convaincu 17 % d’entre vous, la grande majorité se réservant pour l’avenir. Seule une minorité – moins de 10 % – s’avoue irrémédiablement réfractaire. Parmi ceux qui en ont réalisé, la moitié en ont entre 0 et 5 à leur actif et 15 % environ plus de 15,

ce qui constitue un excellent score. Parmi les raisons de se féliciter, les pharmaciens qui en ont effectué pointent le contact avec les patients, unanimement très apprécié par ces derniers, malgré le manque de retour de la part des médecins. Du côté des points négatifs, le temps – mener à bien un bilan de médication est « chronophage » – mais aussi le manque d’outils informatiques pour guider les entretiens et le recueil des données.

2,7 %

Je ne sais pas/ Je ne me prononce pas

9,2 %

Non, je n’en réaliserai pas

70,8 %

17,3 %

Non, je ne réalise pas encore de bilans

Oui je réalise des bilans

Source : questionnaire administré en ligne entre le 12/09/18 et le 17/09/18 sur 260 répondants.

Septembre-Octobre 2018 I No 1303 I 17


Actualité En bref

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

CE QU’ILS ILS L’ONT DIT ONT DIT

Bienvenue à la SFSPO Sous cet acronyme se cache la Société française des sciences pharmaceutiques officinales, créée en août dernier. Sa mission est de produire, sous la houlette de ses coprésidents Thierry Barthelmé et Béatrice Clairaz-Mahiou, des recommandations concernant l’exercice officinal dans toutes ses dimensions, la communication « 2.0 » et de promouvoir le partage de savoirs avec les autres professions de santé. x

territoire

McDo et MSP feront bon ménage On dirait une blague de comptoir mais l’information provient du très sérieux média Aquitaine Presse, qui a révélé le pot aux roses. À Objat (Corrèze), la multinationale de restauration rapide a « déposé une demande de permis de construire pour édifier 700 mètres carrés de bâtiments, dont 250 mètres carrés consacrés au restaurant, précise Aquitaine Presse. Le reste des locaux sera dévolu à une maison de santé », évidemment destinée à accueillir des professionnels de santé. Le dossier est encore à un stade préliminaire et les « travaux devraient être lancés avant la fin de l’année ». L’histoire ne dit pas si la maison de santé pluridisciplinaire (MSP) accueillera un diététicien. x 18 I No 1303 I Septembre-Octobre 2018

Nicolas Picard, pharmacologue au Centre hospitalier universitaire de Limoges à propos du débat sur l’homéopathie. (Source : Twitter)

Lucie Lucas, actrice dans la série télévisée Clem, se désespère du manque de prise de conscience écologique de la profession. Et Cyclamed alors ? (Source : Instagram)

missions

Mais comment se portent les accompagnements ? Entretiens AVK, AOD ou asthme, bilans de médication… un point chiffré sur ces entretiens en tout genre.

C

omment se sont déroulés les six premiers mois de l’année du côté des entretiens pharmaceutiques ? Heureusement, l’Assurance maladie tient des comptes très précis au sein de la commission paritaire nationale, laquelle s’est réunie en juillet dernier en présence des syndicats de pharmaciens. Et les résultats sont contrastés. Les bilans de médication ont connu un retard à l’allumage du fait de la parution des textes au Journal officiel en mars, après une signature en novembre dernier. Cette latence a-t-elle eu un effet sur la mobilisation des pharmaciens ? Toujours est-il que les premiers chiffres de cette nouvelle mission font état de 3 654 entretiens menés et de 7 766 adhésions sur les six premiers mois de l’année 2018. On est donc encore loin de l’objectif affiché de 400 000 bilans de médication, soit environ une vingtaine par pharmacie en moyenne (voir également « La Question du mois », p. 13). Coup de collier Poursuivons par une bonne nouvelle : les entretiens asthme, eux, sont en nette progression par rapport à l’année dernière, avec près de 4 000 adhésions en six mois (+ 54 % par rapport à 2017) et plus de 5 000 entretiens (+ 38 %) menés à bien. Reste le cas des entretiens sur les anticoagulants, qu’il s’agisse des antivitamines K (AVK) ou des anticoagulants oraux directs (AOD, rivaroxaban, dabigatran et apixa-

© FOTOLIA/ANONGART

naissance

« Le pharmacien a un rôle anticharlatanisme ! »

DR

Fabian Vaucher, président de pharmaSuisse. (Source : Dosis)

« Quand ton pharmacien t’annonce avec un sourire presque moqueur que tu es la seule maman du quartier à vouloir du lait bio pour ton enfant ! Quelle tristesse ! » DR

© OTS PHOTOPHARMASUISSE

« Le fiasco […] arrivera [quand], séduits par les […] prix cassés, les clients avaleront des remèdes ne répondant pas à leurs besoins. »

ban). Sur les premiers comme sur les seconds, les chiffres sont en baisse sur le premier semestre 2018 par rapport à 2017 : s’il y a du mieux du côté des adhésions aux entretiens AVK (+ 9,2 %), le nombre d’entretiens menés est en perte de vitesse (8 655, – 19 %), tandis que du côté des AOD on note une baisse notable avec – 50 % sur la même période pour les adhésions et 7 823 entretiens effectivement menés. Au moment où les bilans de médication montent en puissance, voilà une raison pour relancer la communication autour de ces nouvelles missions. En mars dernier, les pharmacies qui ont réalisé des entretiens AOD, AVK et/ou asthme ont touché en moyenne 240 euros par type d’entretiens pour l’année 2017. Il ne tient qu’à vous de multiplier ces sommes ! x


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Actualité

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

REPÈRES

1

40

milliards d’euros

milliard d’euros C’est le montant des baisses de prix sur les médicaments qu’a annoncé la ministre de la Santé pour l’année 2019. Reste à connaître les détails de cette somme. (Source : APMnews/RTL)

Ce chiffre vertigineux serait le coût de la « non-qualité » (événements indésirables, effets secondaires…) en santé, selon Nicolas Revel, directeur général de l’Assurance maladie.

226 000

+ 6,5 %

C’est le nombre de médecins en France, toutes spécialités et mode d’exercice (libéral ou salarié) confondus. Les libéraux représentent 57 % du total.

La rétrocession de médicaments hospitaliers en ville est toujours très dynamique en 2017, grâce aux traitements du cancer, de la mucoviscidose et de l’hépatite C.

(Source : Drees)

(Source : Drees)

(Source : APMnews)

europe

québec

Ce n’est qu’une résolution non contraignante adoptée le 12 septembre dernier mais elle donne le ton. Le Parlement européen souhaite ainsi « limiter la vente d’antibiotiques par les professionnels de santé ». En effet, parmi les causes de résistance microbienne, les députés pointent l’utilisation excessive de ces molécules chez les humains mais aussi « leur utilisation vétérinaire excessive ». Un argument de plus pour la pharmacie vétérinaire ! x

L’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) a mené sa petite étude pour savoir si les « consultations de première ligne » étaient bénéfiques pour les patients. Qu’on se rassure, sur les 8 000 actes analysés dans 19 officines, le bilan semble largement positif pour les patients en termes de conseil et de prise en charge. L’AQPP estime d’ailleurs que les pharmaciens prodiguent pour 500 millions de dollars de conseil par an. x

Le Parlement s’empare des superbactéries

Les officines en première ligne

MACRO ÉCO MACRO / /ÉCO ÉCO

Les dépenses de santé au régime sec Taux de croissance annuels moyens des principaux postes de la consommation de soins et de biens médicaux (en volume)

La santé, ça eut payé ! Ce graphique décryptant la croissance des dépenses de santé depuis presque soixante-dix ans est sans appel. Dans les années 1950 et 1960, les taux de croissance annuels des médicaments dépassaient allègrement les 10 % ! Impensable aujourd’hui quand on sait que ces taux plafonnent autour de 1 % grâce à un contrôle strict des prescriptions et des prix. Ce qui, vous l’aurez bien compris, ne fait pas toujours l’affaire des pharmaciens.

Soins hospitaliers

Soins de ville

Médicaments

14 %

12 %

10 %

8%

6%

4%

2%

0%

19511960

19611970

19711980

19811990

19912000

20012005

20062010

20112015

20162017

Source : Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), comptes de la santé (base 2010 pour la période 1950-2000 ; base 2014 pour la période 2001-2017).

Septembre-Octobre 2018 I No 1303 I 21


Actualité Industrie & co

y GSK envisage un démantèlement. Poussé par ses actionnaires qui cherchent à augmenter les performances financières du groupe, GlaxoSmithKline planche actuellement sur une scission de ses activités. L’idée est de créer deux pôles autonomes avec, d’un côté, l’OTC et, de l’autre, une division entièrement dévolue à la recherche et aux autres produits pharmaceutiques, vaccins inclus. y Servier finalise l’acquisition de la branche oncologie de Shire. Le laboratoire français a annoncé avoir obtenu les dernières autorisations nécessaires pour le rachat des activités oncologiques du britannique Shire pour un montant de 2,4 milliards de dollars. Cette opération marque le lancement des activités commerciales de Servier aux États-Unis avec la création d’une nouvelle filiale basée à Boston. y PHR Référence lance un nouveau service de marque de distributeur (MDD). Le groupement va proposer à ses pharmaciens adhérents plusieurs produits en marque propre avec la promesse d’une marge de 40 à 50 %. Après les pansements, l’eau oxygénée, la chlorhexidine, les huiles essentielles ou encore les compléments alimentaires bio, PHR prévoit, pour la fin 2019, le lancement d’une gamme OTC qui sera composée de paracétamol, d’aciclovir, de carbocistéine et d’innombrables autres spécialités. y MeSoigner se tourne vers le bilan partagé de médication (BPM). La start-up bordelaise, à l’origine d’applications de suivi par le pharmacien de la prise de médicaments ou encore de mise en place de l’ordonnance numérique, vient de lancer, en partenariat avec le Comité de valorisation de l’acte officinal (CVAO), un logiciel doté d’une intelligence artificielle permettant d’optimiser la gestion du BPM. Le prix de lancement est de 30 euros par mois et de 20 euros pour les titulaires déjà clients.

22 I No 1303 I Septembre-Octobre 2018

DEFRANCE

e-commerce

Caudalie, set et match Le marathon juridique opposant Caudalie à 1001Pharmacies.com s’est achevé au milieu de l’été.

D

eux mois avant que l’entreprise de cosmétiques n’annonce le transfert de sa base logistique de Saint-Jean-de-Braye à Gidy (Loiret) afin de tripler sa capacité de stockage, Caudalie obtenait, à la mi-juillet, gain de cause à l’issue de la bataille judiciaire qui l’opposait depuis 2014 à la market place 1001Pharmacies.com. Cette dernière contestait une clause de distribution exclusive mise en place par le spécialiste de la vinothérapie l’empêchant de commercialiser ses produits. Pas d’entorse à la concurrence Le 2 février 2016, la cour d’appel de Paris avait jugé qu’interdire le recours par principe à la vente en ligne par le biais d’une plate-forme pouvait constituer une restriction de concurrence caractérisée et annulé le premier jugement du tribunal de commerce de Paris en faveur de Caudalie. L’entreprise orléanaise avait alors été contrainte de saisir la Cour de cassation qui, le 13 septembre 2017, avait pour sa part consi-

© FOTOLIA/LEARCHITECTO

ÀSAVOIR

Le PHaRMaCIeN

déré qu’une tête de réseau de distribution était « libre d’interdire la vente de ses produits sur des plates-formes de vente en ligne non agréées ». Enfin, le 13 juillet dernier, la cour d’appel de renvoi confortait le jugement émis en cassation en alléguant que la violation de son réseau exclusif « procède d’un trouble manifestement illicite », dont la société Caudalie pouvait exiger la cessation. Comme quoi, même sur Internet, tout n’est pas permis. y

otc

Maux de tête pour les salariés d’Upsa Bristol-Myers Squibb (BMS) envisage sérieusement la cession du fabricant du Fervex et de l’Efferalgan.

R

ien n’est encore fait mais la vente d’Upsa par son actionnaire BMS est bel et bien dans les tuyaux. Le 12 juillet dernier, la direction du laboratoire a ainsi confirmé aux représentants du personnel du site de production d’Agen que deux banques d’affaires avaient été missionnées pour identifier de potentiels acquéreurs. Selon la direction syndicale Force ouvrière (FO) d’Upsa, la liste restreinte devrait être dévoilée à la mi-octobre et la vente effective entre avril et juillet 2019. Pour l’heure, si les 1 300 employés de l’usine agennaise, premier pôle industriel de BMS en volume dans le monde, ne connaissent pas encore l’identité de celui qui viendra s’ins-

taller dans le fauteuil de direction de leur entreprise, les noms de Mylan et de Procter & Gamble ont déjà été évoqués, tout comme ceux des génériqueurs Stada et Zentiva. Cette cession s’inscrit dans un mouvement de fond qui voit les plus gros laboratoires vendre leur division OTC, à l’instar de Merck, qui a conclu l’opération en avril 2017, ou de Pfizer, qui étudie très sérieusement cette possibilité depuis un an. Le marché des anticancéreux, notamment celui des produits d’immunothérapie sur lequel se concentrent désormais les Big Pharma, est en pleine expansion et devrait, selon la plate-forme d’experts Research and Markets, croître à un rythme annuel de 25 % pour générer 30 milliards de dollars en 2025. En attendant, la collectivité territoriale d’Agen a lancé une étude d’impact de la présence d’Upsa sur l’emploi au niveau local. y


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Le Kiosque

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Les médias parlent de vous, on vous en parle… par Benoît Thelliez 24MATINS.FR (27 août)

Trou de trésorerie Un examen attentif de leurs bilans comptables a révélé aux gérants d’une pharmacie de Villeurbanne (Rhône) que près de 55 000 euros avaient disparu de leur caisse en l’espace de deux ans. Après un rapide travail d’enquête de la police, les soupçons se sont portés vers l’étudiante en sixième année de pharmacie qu’ils avaient embauchée et qui aura désormais du mal à justifier les importants dépôts en liquide sur son compte ainsi qu’un train de vie peu compatible avec ses revenus. ❙ BLELORRAINE.FR (9 septembre)

Déménagement Parce que les nouveaux locaux de la faculté de pharmacie de Nancy ne permettaient plus de l’abriter, l’exceptionnelle collection de plantes médicinales et de produits d’origine animale dont elle avait jusqu’à présent la garde a trouvé refuge à Metz, dans une salle du cloître des Récollets. Le droguier, composé de 598 pots, va désormais faire l’objet d’un nouvel inventaire pour que soient levées les dernières interrogations qui subsistent concernant l’origine et la datation de certains échantillons. ❙ FRANCE INFO (4 septembre)

Drapeau en berne L’agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne-Franche-Comté a renouvelé, à la mi-août, sa décision de fermer pour une durée de cinq mois le site de vente en ligne de la pharmacie du Drapeau située à Dijon (Côte-d’Or). Mise en demeure en janvier dernier, l'officine n’aurait, pour

BFMTV (12 septembre)

Si vis Paces para bellum Quasiment concomitante avec l’annonce de la suppression du numerus clausus, la sortie de Première année, le film de Thomas Lilti qui retrace le parcours éprouvant de deux étudiants en Première année commune aux études de santé (Paces), a suscité de nombreux débats dans les médias. Aujourd’hui en quatrième année de pharmacie, Antoine Soula, le nouveau vice-président de l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France (Anepf), se remémore pour BFMTV les difficultés qu’il a rencontrées au moment de décider de son redoublement, parce qu’il était « physiquement épuisé ». Il se souvient aussi d’étudiants « totalement sortis du système éducatif » et ayant fini « serveurs dans un bar parce qu’ils n’en [pouvaient] plus ».

l’heure, pas encore répondu à plusieurs obligations légales. L’ARS lui reproche d’utiliser pour ses envois des locaux trop éloignés de l’officine, de ne pas avoir suffisamment de pharmaciens pour valider les commandes passées sur Internet, de violer le secret professionnel en donnant accès à ses logisticiens à certaines données à caractère médical et de ne pas posséder de dispositif d’alerte relatif aux quantités commandées. Le titulaire a introduit un recours devant le tribunal administratif de Dijon. ❙

LADEPECHE.FR (28 août)

Impériale Profitant du réaménagement urbain de la cité, la pharmacie Lafayette de Montauban (Tarn-et-Garonne) a quitté ses anciens locaux de la rue de la Résistance pour venir s’installer dans une rue rénovée du centre-ville, fraîchement rebaptisée allée de l’Empereur. Près de cinq fois plus grande que l’ancienne, la nouvelle surface de vente dépasse les 300 mètres carrés. ❙ LA RÉPUBLIQUE DU CENTRE (31 août)

LYONMAG.COM (3 septembre)

Solidarité Dans la nuit du 27 au 28 août dernier, l’incendie provoqué par l’embrasement de voitures situées sur le parking à proximité directe de la pharmacie de Chabanière (Rhône) a entièrement détruit l’officine. Un incident qui n’a heureusement fait aucune victime mais qui a tout de même suscité une vive émotion parmi la population locale, qui s’est aussitôt mobilisée en ouvrant une cagnotte sur Internet pour aider à la reconstruction. Plus de 4 300 euros avaient déjà été récoltés à la mi-septembre. ❙

Renaissance Ravagée par les flammes après un violent incendie faisant suite à un cambriolage au cours duquel le titulaire avait été agressé physiquement, la pharmacie de Saint-HilaireSaint-Mesmin (Loiret) a enfin rouvert ses portes. Il aura fallu onze mois de travaux pour entièrement rénover les 280 mètres carrés de l'officine. ❙ DNA.FR (11 août)

Mystère au musée L’affaire se passe en Suisse, à Bâle. Tout commence comme dans un roman noir des

plus classiques : le directeur du musée de la Pharmacie de l’université locale est retrouvé sans vie, dans l’un des espaces d’exposition consacré à l’histoire du médicament. La thèse d’un empoisonnement dû à une substance toxique est rapidement retenue et les personnes ayant été en contact avec le corps subissent un processus de décontamination en règle. Après enquête, les pistes de l'accident et du crime sont finalement écartées. L'homme, reconnu pour ses grandes compétences en matière de pharmacopée, avait funestement utilisé son savoir pour mettre délibérément fin à ses jours. ❙ LE PROGRÈS (30 août)

Conversion À Tavaux (Jura), les anciens locaux de la pharmacie qui a changé d’emplacement au sein de la commune n’avaient jusqu’à présent trouvé aucun acquéreur. C’est aujourd’hui chose faite, puisqu’un entrepreneur local est en train de reconvertir ces quelque 550 mètres carrés habitables en cinq logements séparés et un local commercial qui accueille d’ores et déjà un cabinet d’esthétique. ❙ LE MONDE (30 juillet)

Renaissance Le journal vespéral a enquêté pour tenter de comprendre ce qui pouvait justifier la chronicité des pénuries de vaccins observées dans les officines françaises. Si les pharmaciens interrogés considèrent que cette situation est autant anxiogène pour le patient qu’elle est chronophage pour les équipes officinales, les laboratoires brandissent de leur côté l’argument, toujours pratique, de la « complexité ». ❙ Septembre-Octobre 2018 I No 1303 I 25


Actualité Enjeux

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Le plan de santé dévoilé par le chef de l’État prévoit d’investir 3,4 milliards d’euros sur quatre ans pour réformer les études de santé, redéfinir la carte hospitalière et faire de l’exercice coordonné la pierre angulaire des soins. par Benoît Thelliez

LA SANTÉ FAÇON MACRON Fidèle à son image de grand ordonnateur, c’est Emmanuel Macron en personne qui a longuement présenté, le 18 septembre au matin, la réforme sanitaire de son quinquennat baptisée « Ma santé 2022 ». Il n’y aura

donc pas, comme à l’accoutumée, de grande loi tentaculaire portée par un ou une ministre éponyme, mais un train de mesures, cinquantequatre exactement, qui seront activées par le biais de différents mécanismes (législatifs, réglementaires, conventionnels, etc.) et selon un calendrier sous-tendu par un seul impératif : le plus tôt sera le mieux. Bien que ne répondant donc pas tout à fait aux « Je veux précisément que canons du genre, cette l’exercice isolé […] devienne réforme porte une grande ambition : restructurer un l’aberration d’ici à 2022. » système de santé accusé de n’être plus capable de Emmanuel Macron, président de la République répondre aux besoins sanitaires de la population et de nourrir le mécontentement, voire le désenchantement, des professionnels de santé. Si l’exécutif sait bien que l’argent reste en partie le nerf de la guerre, avec l’annonce d’un Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) relevé de 2,3 à 2,5 % pour disposer, dès cette année, de 400 millions d’euros supplémentaires pour financer son plan santé, Emmanuel Macron a bien fait comprendre qu’il ne suffirait pas de jouer sur l’épaisseur de la liasse pour résoudre tous les problèmes : « Si le budget global que nous consacrons à la santé est élevé mais que tout le monde considère qu’il est insuffisant dans son quotidien, c’est définitivement que nos organisations de soins, nos modes d’allocation des ressources ne sont pas les bons. Ils ne sont pas adaptés en effet à l’évolution des pathologies plus 28 I No 1303 I Septembre-Octobre 2018

complexes, plus chroniques qui nécessitent plus de coordinations entre professionnels et plus de prévention. » En clair, « le modèle d’organisation n’est plus adapté ni à la demande ni à l’offre de soins ». Pour le président, les dysfonctionnements auxquels la réforme compte s’attaquer sont la conséquence d’un système de soins qui reste « atomisé, cloisonné, déséquilibré, avec de trop nombreux professionnels de ville qui exercent encore de manière trop isolée, des établissements de santé trop souvent en concurrence les uns avec les autres, des secteurs de la ville et de l’hôpital qui ne se parlent pas assez, un virage ambulatoire devant conduire à soigner plus sans recours à l’hospitalisation qui peine encore à se concrétiser et des modes de rémunération qui incitent à la course à l’activité et à l’acte ». Si le constat ne date pas d’aujourd’hui, l’exécutif espère bien réussir à impliquer cette fois-ci l’ensemble de la communauté sanitaire pour infléchir cette tendance délétère. Plus de proximité Ne sacrifiant pas totalement à la longue tradition des réformes de santé très « hospitalo-centrées », celle qui vient d’être présentée joue à fond la carte de l’articulation et de la coordination entre la médecine de ville, le médico-social et les structures hospitalières. Ces dernières n’échappent cependant pas à une réorganisation à la fois interne (réhabilitation des services, simplification des statuts des praticiens, gouvernance plus poreuse aux représentants de la médecine de ville, etc.) et territoriale. L’organisation des activités des établissements devra s’adapter aux besoins des patients selon trois niveaux : soins de proximité, soins spécialisés (chirurgie, maternité…) et soins ultraspécialisés


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Enjeux Actualité

© FOTOLIA/ KOTOYAMAGAMI

ou plateaux techniques de pointe (greffes, maladies rares…). La réelle nouveauté concerne le premier niveau avec la labellisation d’ici à 2022 de 500 à 600 hôpitaux dont le statut sera déterminé par voie législative et qui assureront « exclusivement » des missions de proximité (médecine polyvalente, gériatrie, soins de suite et de réadaptation, suivi des maladies chroniques les plus fréquentes, consultations avancées de spécialités médicales et chirurgicales). L’objectif est qu’ils soient largement ouverts à l’exercice mixte entre ville et hôpital. Pour donner dès à présent corps à cette volonté d’abolir la dichotomie entre la médecine générale libérale et la médecine hospitalière de premier recours, il a été annoncé la création immédiate de 400 postes de médecins généralistes, salariés de ces centres de proximité ou des centres de santé implantés dans les déserts médicaux, pour permettre aux patients d’accéder à une consultation de première ligne. Quant au système de la tarification à l’activité (T2A) en vigueur à l’hôpital, il sera progressivement limité au profit d’une rémunération forfaitaire partagée entre les professionnels de santé libéraux et les hôpitaux qui auront donc obligation de mieux se coordonner. Une première vague de financements sera d’ailleurs mise en œuvre pour le suivi des personnes atteintes de diabète et d’insuffisance rénale dès 2019 et des indicateurs de qualité sont en cours d’élaboration afin d’évaluer le parcours de soins de dix pathologies chroniques présentant des enjeux importants pour la santé publique. Hormis la III

Septembre-Octobre 2018 I No 1303 I 29

PO O 63 632 6321-08/18 321-0 1 08/1 8//18

Venez inaugurer une nouvelle ère en officine en page 37


Actualité Enjeux [La santé façon Macron]

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

suppression de la première année commune aux études de santé (Paces) et du nume� rus clausus (voir encadré ci�dessous), le « changement de paradigme » voulu par Emmanuel Macron est donc principalement basé sur une médecine de parcours opérée par une communauté professionnelle sanitaire à laquelle il est désormais demandé de se considérer comme « un collectif de soins », qui devra impérativement faire de l’exercice coordonné l’alpha et l’oméga de ses pratiques.

ment massif des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), créées en 2016 par la loi Touraine. L’inscription des professionnels dans un cadre d’exercice coordonné et la participation effective aux missions territoriales confiées aux CPTS doivent désormais devenir un principe inscrit au cœur de l’exercice professionnel et, comme l’a souligné l’Élysée dans une conférence organisée la veille du discours présidentiel, « les incitations seront telles qu’elles ne pourront être refusées ». Si l’usage du bâton est pour l’heure écarté, l’engagement au sein Tous sur le pont de ces structures deviendra « rapidement une Le cap montré par Emmanuel Macron est clair : condition pour bénéficier de certains dispositifs « Le système de santé de demain, c’est un réseau d’appui et de financements de l’État tat et de l’�ssu� de soins de proximité, dont font partie tous les rance maladie ». Plus concrètement, « certains professionnels de santé d’un territoire, quel que éléments de rémunérations – existantes et à venir – soit leur statut, et qui garantit à la population seront réservés, d’ici à trois ans, à ceux qui s’ins� l’accès permanent à des soins crivent dans ce nouveau programmés ou non pro� « Les incitations [à modèle de coopération ». grammés. Les soignants de l’exercice coordonné] L’Élysée a ainsi prévenu ce réseau pourront être des que la rémunération sur hospitaliers, des libéraux, des seront telles qu’elles objectifs de santé publique médecins, des infirmiers, des ne pourront être (Rosp) pourrait parfaitesages�femmes, des pharma� m e n t e n t re r d a n s l a refusées. » ciens, ce qui importe, c’est balance. Encore une fois, que chacun, à sa place, avec Un conseiller élyséen la volonté présidentielle est son expertise, sa compé� au tout collectif : « Je veux tence, puisse intervenir au bon moment, de précisément que l’exercice isolé devienne manière coordonnée avec ses collègues et en progressivement marginal, devienne l’aberration équipe. » Dans le texte, il apparaît que la réor- et puisse disparaître à l’horizon de janvier 2022. » ganisation des soins de ville est la partie saillante Ces CPTS, dont il est souhaité qu’elles soient au de la réforme. Le plan prévoit en effet un déploie- nombre de 1 000 en 2022, se verront confier six missions prioritaires : des actions de prévention, la garantie d’accès à un médecin traitant pour tous les habitants, les soins non programmés, c’est-à-dire la possibilité d’obtenir un rendezPersonne ne donnait cher de leur peau depuis un moment et c’est finalevous dans la journée en cas de nécessité, l’accès ment la réforme de santé qui est venue définitivement sceller le sort du à des consultations de médecins spécialistes numerus clausus et du concours sanctionnant la première année commune dans des délais appropriés, la sécurisation des passages entre les soins de ville et l’hôpital, et aux études de santé (Paces), présentés tous les deux comme les parangons d’une sélection brutale, bornée et déshumanisée. En attendant le texte législe maintien à domicile des personnes fragiles, latif qui définira la nouvelle maquette de la formation et qui ne devrait pas être âgées ou polypathologiques. Les pharmaciens voté avant un an, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a tout de même préd’officine ne sont quasiment jamais nommés cisé que la filière ne serait pas non plus ouverte aux quatre vents. Elle envisage dans le corps de la réforme, la FSPF, par la voix d’assouplir les modalités de sélection en laissant la possibilité à chaque faculté de son président Philippe Gaertner, considère d’opter pour un numerus apertus (nombre plancher d’étudiants à former) ou donc que « le plan est largement médico�centré pour une sélection après la troisième année. L’Anepf, qui se félicite de l’abanet [que] notre place n’est pas acquise d’emblée ». don de ce système, précise cependant qu’elle souhaite que soient conservés Du côté de l’Association nationale des étudiants « des enseignements spécifiques aux filières de santé construits autour de stages en pharmacie de France (Anepf), on estime adaptés ». L’organisation étudiante appelle par ailleurs de ses vœux des impératif que les CPTS intègrent « un pharmacien « formations plus qualitatives » correspondant « aux nouvelles missions des au sein de l’équipe pluridisciplinaire afin de coor� pharmaciens », mais prévient que cela ne devra pas « induire un allongement donner au mieux les soins et le suivi des patients ». des études, ni remettre en question le travail déjà effectué sur le troisième cycle Pharmaciens, si rien ne vous est imposé pour le long des études de pharmacie ». moment, tout porte à croire que votre intérêt est de suivre cette voie de la coordination. x III

Bye bye numerus clausus

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Constipation occasionnelle ?

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3 références pour répondre aux besoins de vos patients (1) Résumé des caractéristiques produit Lansoÿl – par voie orale, son action se manifeste en 6 à 8 heures. (2) Chez l’enfant, l’utilisation d’un laxatif doit rester exceptionnelle : elle doit prendre en compte le risque d’entraver le fonctionnement normal du réflexe d’exonération. (3) Utilisation chez l’enfant de moins de 2 ans : uniquement sous surveillance médicale.

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Publi rédactionnel

Gestion du tiers payant

L’engagement d’une coopérative de pharmaciens La Société des pharmaciens du Centre propose de réaliser, pour l’officine, toute la gestion du tiers payant. La condition : adhérer à cette coopérative créée par et pour les pharmaciens. La Société des pharmaciens du Centre (SPC) a été créée en 1978, sous la forme d’une coopérative, dans l’objectif alors de défendre le travail des pharmaciens d’officine indépendants : en offrant à la population le service du tiers payant, les pharmaciens ont pu éviter la création d’une pharmacie mutualiste à Orléans. Regroupant à l’origine des officinaux de la seule région Centre, la coopérative a décidé, en 2001, de s’ouvrir à tous les pharmaciens de France. Aujourd’hui, elle compte plus de 800 adhérents issus de toutes les régions et représente une vraie force engagée dans la défense de la profession et le soutien des confrères dans leur pratique quotidienne.

Gain de temPs, Paiements Garantis

Jean-Marc Franchi, président de la spC.

Depuis sa création, en collaboration avec Résopharma qui assure le transport des flux, la SPC propose à ses adhérents de réaliser, à leur place, la gestion des opérations de tiers payant : pointage des bordereaux de paiement, traitement des rejets, recyclage des factures, relance auprès des organismes payeurs, rapprochement bancaire, etc. Pour le pharmacien d’officine, il s’agit d’un travail particulièrement chronophage lorsqu’il est réalisé en interne, avec le risque de laisser passer des erreurs ou d’oublier de traiter un dossier. « Le service que nous avons mis en place permet au titulaire de libérer du temps et d’être plus disponible au comptoir. Il peut ainsi se recentrer sur son cœur de métier. De plus, nous l’aidons à diminuer le nombre de rejets et donc les impayés », indique Jean-Marc Franchi, président de la SPC. Comment la société coopérative organiset-elle cette gestion ? Avec rapidité et efficacité grâce à une méthodologie de travail rigoureuse, une banque de données exhaustive et des contacts privilégiés avec les caisses et mutuelles. « Nous ne rentrons jamais dans le système informatique du

pharmacien », tient à préciser Jean-Marc Franchi. La coopérative reverse aux pharmaciens, par virement, les sommes correspondant aux factures adressées aux régimes obligatoire (RO) et complémentaire (RC). Pour les règlements et les coûts, elle propose plusieurs options. Le pharmacien a ainsi le choix parmi quatre délais moyens de paiement : x 5 jours, soit 8 virements mensuels (option A) ; x 7 jours, soit 8 virements mensuels (option B) ; x 9 jours, soit 5 virements mensuels (option C) ; x 13 jours, soit 5 virements mensuels (option D). Ceci pour un engagement d’une télétransmission journalière (RO+RC). Un relevé des sommes versées est envoyé tous les quinze jours, composé d’une ligne par journée de télétransmission. « Au jour choisi pour le virement, le pharmacien sait que l’argent est sur son compte. À charge pour nous de récupérer les sommes dues auprès des caisses. C’est, pour le profes-

sionnel, un vrai avantage qui fait la différence entre nous et les autres sociétés de gestion du tiers payant. Celles-ci en effet gèrent le flux financier sans s’occuper si l’argent rentre sur le compte du titulaire », souligne Jean-Marc Franchi. Par ailleurs, confier la gestion de son tiers payant à la coopérative confère un autre avantage : celui d’avoir des mois de facturation gratuite du service quand la trésorerie de la société le permet. Autant d’arguments convaincants pour adhérer à la SPC et s’unir dans l’intérêt de tous. x

Le coût mensuel du service Il varie selon l’option de règlement et le nombre de factures. Pour 100 factures par jour, il est de : x 412,50 € pour l’option A ; x 343,75 € pour l’option B ; x 275,00 € pour l’option C ; x 206,25 € pour l’option D.


Santé Enquête

Le PHaRMaCIeN

Plus de 500 millions de boîtes de paracétamol (non associé) sont vendues chaque année en France. Les formes remboursables tiennent le haut du pavé (488 millions d’unités), par rapport aux formes non remboursables (29 millions).

© SEBASTIAN SCHEFFEL

DEFRANCE

Le paracétamol suivi de près Le paracétamol a des allures de bon élève de la pharmacovigilance, mais cette molécule a des effets secondaires hépatiques parfois graves. L’affaire Naomi Musenga marque-t-elle un tournant ?

L NOTABENE La Suède a retiré les comprimés de paracétamol des rayons des supermarchés en 2015, six ans après la libéralisation de ce marché. En cause, l’explosion des cas de surdosage, intentionnels ou non. D’après les conclusions présentées par l’agence suédoise du médicament, c’est la forme comprimé qui est impliquée dans la majorité des cas d’intoxication. Les autres galéniques (forme effervescente ou liquide) présentent moins de risque de surdosage : elles demeurent donc disponibles hors du circuit officinal.

e paracétamol jouit auprès du grand public d’une réputation de médicament sûr, mais pour combien de temps encore ? Seuls 8 % des Français connaissaient en 2013 l’existence d’un risque hépatique et 38 % pensaient qu’ingérer une dose excessive ne pouvait pas entraîner la mort. Or cette molécule est la plus fréquemment mise en cause dans les greffes hépatiques d’origine médicamenteuse ; c’est aussi le premier antalgique utilisé en France et sa consommation a augmenté de 53 % en dix ans selon l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), sur fond de retrait du marché d’antalgiques comme le dextropropoxyphène en 2011. Cette dernière a lancé une consultation publique fin août suite à « l’affaire Musenga ». C’est en effet une « intoxication au paracétamol absorbé par automédication

34 I No 1303 I Septembre-Octobre 2018

sur plusieurs jours » qui aurait, selon la procureure, coûté la vie en décembre  2017 à Naomi Musenga, Strasbourgeoise éconduite par une régulatrice du Samu. Difficile de ne pas établir un parallèle avec la réactivité dont avait fait preuve, en juillet 2017, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, en listant les spécialités à base de codéine quelques mois après le décès de plusieurs jeunes. Cette fois, de nouvelles mises en garde sur la face avant des médicaments contenant du paracétamol, sans modification des conditions de prescription et de délivrance, semblent privilégiées. Restrictions en série Ce n’est pas la première fois que les autorités sanitaires revoient les règles d’étiquetage et le dosage de cette molécule. Dans les années 1980, la France fut le premier pays à limiter la quantité

PRIORITÉ AU 1 000 MG Les spécialités orales dosées à 1 000 mg représentent la très grande majorité des ventes et des délivrances en officine, largement devant les dosages à 500 mg. de paracétamol à 8 grammes par boîte  : un moyen de réduire les risques d’absorption massive en cas de tentative de suicide. En 1998, l’Agence demanda la diffusion de messages d’alerte pour signaler la présence de paracétamol dans les médicaments et le risque d’associer plusieurs spécialités en contenant. Il y a dix ans enfin, une campagne sur l’automédication fut menée, s’appuyant notamment sur la diffusion d’une fiche d’aide à la dispensation et d’un dépliant, toujours disponibles sur le site de l’ANSM. Actuellement, toute publicité radio ou télévisée doit citer le message suivant : « Ce médicament contient du paracétamol. Attention


Enquête Santé

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

3QUESTIONSAU…

Pr Nicholas Moore pharmacologue, directeur de la plate-forme Bordeaux Pharmaco-Épidémiologie Inserm

Les risques de toxicité en cas de prise de paracétamol sont multipliés chez les alcooliques chroniques, tout particulièrement en cas de sevrage brusque, ainsi qu’en cas de jeûne. Redoublez de vigilance !

aux risques pour le foie en cas de surdosage. » Le Pr Alexandre Louvet, hépatologue au Centre hospitalier universitaire de Lille, valide la proposition actuelle d’évolution de l’étiquetage du paracétamol : « Tout ce qui va dans le sens d’une meilleure information est bon à prendre, assure-t-il, mais le risque hépatotoxique du paracétamol n’existe pas seulement avec le surdosage, c’est-à-dire la prise de plus de 10 g en une fois ou de 150 mg/ kg chez l’enfant : on sait à présent qu’une toxicité peut aussi s’exprimer dans des cas de prises à doses thérapeutiques sur plusieurs jours consécutifs. » Danger aux doses normales C’est ainsi que, sur les dix à vingt transplantations réalisées chaque année en France pour cause d’hépatite sans cause connue, « on retrouve, après enquête, un tiers de patients ayant pris, dans le mois précédant leur hospitalisation, du paracétamol à dose conforme aux prescriptions  », explique le Pr Nicholas Moore, pharmacologue à Bordeaux. « Ces cas sont

probablement liés aux différences interindividuelles d’équipement enzymatique », complète Alexandre Louvet. Les buveurs excessifs sont particulièrement à risque. Ajuster les doses La volonté de l’ANSM de limiter les cas de surdosage pourrait bien être à l’origine d’un débat plus large. Les chiffres des ventes de spécialités montrent que 85 % du paracétamol est délivré sur prescription, le reste étant conseillé par les pharmaciens. Les versions dosées à 1 000 mg représentent plus des trois quart des ventes. Des spécialistes s’interrogent, à l’image du pharmacien Jean-Michel Mrozovski, président du Comité pour la valorisation de l’acte officinal (CVAO), en juillet dernier : « Le dosage le plus fort doit-il devenir l’unique proposition ? N’est-il pas plus judicieux d’informer le patient que la dose la plus efficace est la plus faible pour le soulager ? » Petit rappel toxicologique : l’hépatite aiguë s’accompagne de symptômes assez peu spécifiques,

Le paracétamol est généralement décrit comme plus sûr que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Est-ce le cas du point de vue hépatique ? Non, il y a vraiment un risque hépatique supplémentaire avec le paracétamol par rapport à d’autres antidouleurs d’indication similaire, typiquement les AINS. On dénombre 1 hospitalisation pour hépatite pour 30 000 patients ayant pris du paracétamol dans les 5 mois avant leur entrée à l’hôpital, contre 1 hospitalisation pour 60 000 patients avec des AINS. Y a-t-il des profils de patients qui devraient se montrer particulièrement prudents ? Évidemment, les personnes alcooliques, dénutries ou âgées sont plus à risque d’hépatite toxique que la population générale. Mais nos connaissances sur la susceptibilité interindividuelle, qui est génétique, ne sont pas suffisantes pour définir plus précisément quels patients sont plus à risque, notamment en dehors de tout surdosage. Il est très important de rappeler au patient de prendre la dose la plus faible et le moins longtemps possible. Que pensez-vous de la commercialisation de paracétamol dosé à 1 000 mg en OTC ? Je suis contre, ce dosage ne devrait pas être disponible sans ordonnance ! Les patients prennent couramment deux comprimés de paracétamol 500 mg : avec le dosage à 1 000 mg, beaucoup de patients continuent à avaler leurs comprimés par deux… C’est catastrophique.

comme des nausées et vomissements, des douleurs abdominales notamment à l’hypocondre droit, une grande fatigue… « Le réflexe du patient peut alors être de reprendre du paracétamol pour lutter contre les douleurs, il peut également demander conseil pour un anti-émétique, il faut être attentif à ce genre de plainte », avertit Nicholas Moore. L’évolution à venir du packaging est l’occasion de revenir à la charge auprès des patients sur les posologies et la nécessité de modérer les doses. x Alexandra Chopard Septembre-Octobre 2018 I No 1303 I 35


Santé Panorama

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

L’IMAGE DUMOIS

La plasticité, c’est fantastique

En haut, avant l’opération ; en bas, après l’opération.

DR

Source : Cell Reports, 2018.

En 2018, il y a toujours des raisons de s’ébaubir. Pour preuve, le cas de cet enfant publié dans Cell Reports. Un tiers de son cerveau lui a été enlevé un peu avant son septième anniversaire pour traiter une épilepsie résistante. L’opération concernait ses lobes occipitaux et temporaux, deux zones impliquées dans la vue et l’audition. Trois ans après, malgré une perte de champ visuel, ses capacités à reconnaître des objets ou des visages sont tout à fait normales pour un enfant de son âge, rapporte le New Scientist. Fascinant.

INFO OU INTOX

Les préservatifs sont efficaces à 100 %

© FOTOLIA/VERTOLENA

Utiliser une capote est réputé très efficace. Oui, mais dans quel cas exactement ? Contraception, infections sexuellement transmissibles… les réponses diffèrent.

A

près avoir été interdit de publicité jusqu’en 1987, le préservatif est devenu, dans les années qui ont suivi, l’alpha et l’oméga de la prévention sanitaire, en particulier dans les contaminations au VIH et autres infections sexuellement transmissibles (IST) : chlamydia, syphilis… Un dogme pourtant remis en cause aujourd’hui. L’Inspection générale des affaires sociales (Igas) rappelle ainsi dans un rapport de 2017, qui prônait justement le développement de la prophylaxie préexposition dans le cas du VIH, que « loin d’avoir une efficacité de 100 %, le préservatif n’atteint dans ce domaine que des taux de 80 % chez les hétérosexuels et 70 % chez les hommes ayant des relations

36 I No 1303 I Septembre-Octobre 2018

Il n’y a pas que les capotes dans la vie !

sexuelles avec des hommes ». Une division environ par cinq tout de même du risque de contamination, constatée chez des couples HIV+/HIV– ayant des rapports répétés. Et encore, comme le souligne la Haute Autorité de santé (HAS) dans la fiche de transparence du préservatif Eden,

ces chiffres ne valent que si les préservatifs sont utilisés de manière « correcte et systématique ». Les taux d’efficacité diminuent encore pour les autres IST : 30 % pour la syphilis ou l’herpès génital, environ 60 % pour les chlamydiæ, les gonococcies et les trichomonas. Une prévention parmi d’autres En tant que contraceptif, les chiffres sont tout de même meilleurs : 85 % d’efficacité pratique, contre 98 % en théorie. Il ne faut pas en conclure que, dans le cas du VIH, le risque de contamination est de 20 %, comme le laisse entendre certains activistes. Pour un rapport ponctuel avec un préservatif bien utilisé, il est en réalité infinitésimal puisque, même sans capote, la probabilité de transmission est de 1 pour 1 000 lorsque c’est la femme qui contamine l’homme, le double en sens inverse. Si le préservatif reste incontournable, il doit donc être combiné à d’autres préventions. x intox !


Bio ogara an s’en ngage à vos côtés pour don nne er au Pharrmaciien un rôle majeur dans po l essorr de es mé édic came ents biosim milaires en France l’e Pascal Brière Président Prés

Cher confrère, Les innovations médicales apportent de réelles avancées dans le traitement des pathologies lourdes mais génèrent de nouveaux coûts pour l’assurance maladie. Nous avons avec vous, un rôle essentiel à jouer pour garantir la pérennité de notre système de santé, tout en continuant à assurer une prise en charge de qualité à tous les patients, quel que soit leur besoin. L’arrivée des médicaments biologiques similaires à l’hôpital et en officine en est un parfait exemple. Ils contribuent à financer ces évolutions thérapeutiques tout en garantissant un niveau de qualité, d’efficacité et de sécurité comparable à celui des médicaments biologiques de référence déjà présents sur le marché. Les médicaments biosimilaires ne sont pas nouveaux, ils existent depuis plus d’une décennie avec des résultats d’efficacité et de tolérance confirmés par les autorités de santé européennes. Ce qui est nouveau, en revanche, c’est le droit de substitution : créé dès la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) de 2014, le droit de substitution vous permet de substituer un médicament biologique de référence par un médicament biologique similaire, dans les conditions fixées par le code de la santé publique* notamment dès lors que ce médicament figure sur la liste de référence des groupes biologiques similaires publiée par l’ANSM.

Substituer est un de vos droits. Préparons ensemble le nouveau rôle du pharmacien dans la délivrance du biosimilaire à l’officine. Biogaran croit profondément en cette opportunité, porteuse d’un nouveau souffle pour le système de santé et pour votre officine. C’est un nouveau rôle pour le professionnel de santé que vous êtes, porteur de croissance pour votre officine et source d’économies pour la collectivité, qui est à votre portée.

Biogaran s’engage dès aujourd’hui, à vos côtés, pour vous aider à jouer pleinement votre rôle d’acteur de santé dans la société de demain.

Pascal Brière Président

Biogaran, engagé dans les Biosimilaires depuis 2013, déjà n°1 à l’hôpital** Mise à disposition d’un biosimilaire anti TNFα

Mise à disposition d’un biosimilaire en onco-hématologie

Mise à disposition d’un biosimilaire en onco-sénologie

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Partenariat avec Celltrion Healthcare, laboratoire de médicaments biologiques innovants et biosimilaires

CHAQUE JOUR, AGIR POUR LA SANTÉ. * Article L5125-23-3 du code de la santé publique ** Part de marché en CA des laboratoires commercialisant des médicaments biosimilaires selon données GERS hôpital - avril 2018


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Fiche Conseil

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Quelle orthèse recommander selon la pathologie touchant le coude ? Voici quelques éléments pour vous guider dans votre conseil.

Le coude et ses orthèses

par Alexandra Chopard

COMMENT S’ARTICULE LE COUDE ?

AU COMPTOIR

Le coude est l’articulation entre, d’une part, l’humérus, os unique du bras, et, d’autre part, le radius et le cubitus, les deux os de l’avant-bras. C’est d’ailleurs une extrémité du cubitus, l’olécrane, qu’il est possible de palper lors du repli de l’avant-bras sur le bras : il constitue la pointe du coude. Un bon centimètre audessus, on peut sentir une autre petite saillie osseuse, l’épicondyle, qui appartient à l’humérus. Son pendant, à la face interne du bras, est appelé épitrochlée. Cette articulation est le lieu de nombreuses insertions musculaires, permettant les mouvements de l’avant-bras et des doigts.

« Je pratique le judo en amateur et une espèce de boule s’est formée au niveau de mon coude. Elle ne me fait pas très mal mais j’ai l’impression qu’elle devient chaude depuis mon dernier entraînement. Dois-je consulter ? » VOTRE CONSEIL La répétition de traumatismes sur l’articulation (ici, des chutes au judo) peut provoquer un hygroma (ou bursite). Il correspond à l’apparition, en arrière du coude, d’une tuméfaction ronde. La bourse séreuse, une structure habituellement vide de liquide, facilite le glissement de la peau sur l’os lors des mouvements du coude. Suite aux traumatismes, l’inflammation induit une accumulation de liquide synovial dans cette bourse. La prise en charge classique comprend une prescription d’anti-inflammatoires et une mise au repos. Dans le cas présent, le patient doit consulter rapidement car une bursite qui devient chaude et/ou rouge signe une infection qui nécessite une antibiothérapie, voire une chirurgie.

humérus

tendons épitrochlée biceps

tendons

cubitus épicondyle

triceps

olécrane

© FOTOLIA/DISSOID

radius

LA CLASSIFICATION DES ORTHÈSES Il existe plusieurs types d’orthèses de coude. ❚ Coudière : ➔ thermique : action antalgique dans l’arthrose ; ➔ de maintien : stabilisation de l’articulation, indiquée dans les suites d’entorse, la reprise d’activité professionnelle ou sportive ; ➔ de maintien, avec sangle : spécifiquement adaptée au soulagement des épicondylites/épitrochléites, peut être également portée en prévention des récidives. ❚ Bracelet : limite la sollicitation mécanique des tendons au niveau du coude, indiqué dans le traitement et la prévention des récidives d’épicondylites/épitrochléites. ❚ Attelle d’immobilisation : indiquée dans les luxations et entorses, les fractures et en suite chirurgicale. Elle peut comprendre une immobilisation de la main. Seules les orthèses permettant une immobilisation de la main sont susceptibles d’être inscrites sur la liste des produits et prestations remboursables par l’Assurance maladie (LPPR).

« Mon fils que voici pratique le javelot en club. Il s’était fait une entorse l’an dernier et aujourd’hui la zone à l’intérieur de l’articulation de son coude devient quelque peu douloureuse. Quel type de coudière doit-il porter ? » VOTRE CONSEIL Avec l’hypersollicitation du bras ou une hypertorsion, typique dans la pratique d’un sport tel que le javelot, le risque d’entorse du coude est élevé. Elle se traduit par une lésion ligamentaire et la douleur est présente au bord interne de l’avant-bras notamment. En cas d’entorse grave, on note également une ecchymose d’apparition brutale : la consultation médicale s’impose alors rapidement. Sur un coude ayant déjà subi une entorse, une coudière de maintien (coudière ligamentaire Gibaud, coudière de maintien Thuasne sport…) aide à la stabilisation. Grâce à la compression, elle améliore la proprioception. « Suite à une grosse chute, je suis blessée au niveau du coude. Mon médecin m’a prescrit une orthèse afin d’immobiliser l’articulation. Que pouvez-vous me proposer ? » VOTRE CONSEIL Pour immobiliser le coude, on distinguera les orthèses qui permettent une immobilisation totale (Donjoy gilet immo, Gibaud gilet d’immobilisation Gibortho, Thuasne Immo Classic écharpe d’immobilisation) de celles laissant l’épaule libre (« immobilisation partielle ») : Thuasne Scapulis gilet d’immobilisation, Gibaud bandoulière à poche Gibortho… « Je vais subir une chirurgie ligamentaire et le médecin m’a prescrit une orthèse articulée, que me proposez-vous ? » VOTRE CONSEIL L’orthèse la plus adaptée permettra de régler et maintenir un degré de flexion/extension déterminé. On optera donc pour Ranger Donjoy ou Elbowlution Orliman, qui permettent toutes deux le maintien d’une posture adaptée. Élise Brunet La Ranger est bilatérale alors que pour Elbowlution, il faudra préciser le côté du bras concerné. L’orthèse doit être apportée lors de l’opération car sa mise en place sera effectuée par le chirurgien.

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Fiche Conseil

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE DEFRANCE

L’épicondylite (ou tennis-elbow) est la plus courante des pathologies du coude nécessitant une orthèse.

L’épicondylite L’ÉPICONDYLE, QU’EST-CE QUE C’EST ? L’épicondyle est le petit relief osseux de l’humérus, situé au niveau de l’articulation du coude, sur sa face externe. Des muscles sont insérés sur cet épicondyle externe via des tendons : ce sont les muscles qui permettent d’étendre les doigts (pour saisir des objets) ou faire tourner l’avant-bras pour présenter la paume vers le haut, comme pour ouvrir une porte.

LA PATHOLOGIE L’épicondylite est une tendinite, c’est-à-dire une inflammation des tendons prenant attache, ici, au niveau du coude. Suite à des contraintes importantes ou répétées, les tendons subissent une usure par frottement sur l’os. Ces microdéchirures sont associées à une réaction inflammatoire douloureuse. Cette tendinite peut s’instaurer progressivement ou apparaître brutalement. Elle est aggravée par le mouvement.

DIAGNOSTIC ET ÉVOLUTION Le diagnostic est posé grâce à un examen somatique : pas besoin de radiographie, d’échographie ou d’imagerie par résonance magnétique (IRM), sauf si le médecin venait à soupçonner une rupture du tendon. L’épicondylite ne présente pas de risque d’évolution vers une pathologie plus grave. Cependant, c’est une inflammation d’évolution longue : elle dure en moyenne douze mois. Sa guérison étant spontanée, la prise en charge est donc basée sur le soulagement de la douleur, associé à une mise au repos.

LA PRISE EN CHARGE Le traitement antalgique consiste en une prise en charge médicamenteuse (antiinflammatoires non stéroïdiens, AINS), potentiellement associée à de la kinésithé-

rapie. La mise au repos de l’articulation du coude est nécessaire à une bonne cicatrisation des tendons. Les orthèses vont permettre une diminution des tensions sur l’insertion des muscles épicondyliens. Elles seront également très utiles en prévention de récidive. x Bracelet anti-épicondylite

Il se positionne sur l’avant-bras, tout près de l’articulation du coude. Par son action compressive sur les muscles à insertion épicondylienne, il limite les tensions au niveau des tendons. Indiqué en phase aiguë ainsi que lors de la reprise du sport ou de l’activité professionnelle. Les modèles les plus simples se composent d’un bracelet souple avec fermeture autoaggripante réglable (Condylex Thuasne, bandage anti-épicondylite Lohmann et Rauscher…). Les plus élaborés peuvent être semi-rigides ou rigides (moins de risque d’effet garrot au serrage). Ils peuvent comUNE MALADIE DE SPORTIF ? PAS SEULEMENT… Même si le sport est un facteur de risque des épicondylites (5 à 10 % des cas), les mouvements répétitifs au travail sont beaucoup plus souvent incriminés (dans 35 à 64 % des cas). Les mouvements à risque sont notamment des gestes répétitifs avec une force excessive, des temps de récupération insuffisants, des mouvements de torsion de l’avant-bras et de flexion du poignet en force (mouvement de serrage…), des gestes de la main pour frapper des objets… Le travail au froid et les vibrations sont également des conditions favorisantes.

prendre des éléments spécifiques (type inserts) pour appliquer de façon plus localisée la pression sur les muscles (bandage pneumatique de coude Aircast Donjoy, EpiPoint Bauerfeind, Elbowgib Gibaud, Epimed et Epimed ProMaster Thuasne – avec inserts additionnels, Epi’R Orliman, Velpeau Epi Lohmann & Rauscher…). Aucun de ces modèles n’est inscrit sur la liste des produits et prestations remboursables par l’Assurance maladie (LPPR). Prise de mesure : circonférence de l’avantbras, à 2 cm du coude. Les modèles conviennent pour bras gauche ou droit. Mise en place : contracter le poing pour mettre en évidence la zone musculaire contractée, placer les éléments de compression à ce niveau, serrer la sangle tout en évitant l’effet garrot. x Coudière avec sangle de serrage amovible

Ce sont des manchons venant s’ajuster au niveau de l’articulation du coude. Leur tricotage apporte un effet proprioceptif par compression. Des inserts en silicone (disposés au niveau de l’épicondyle) ont un effet massant et ajoutent à la compression (Condilax Donjoy…). Certains modèles disposent d’une sangle de serrage (amovible ou non) permettant de moduler la pression sur les muscles à insertion épicondylienne (Silistab Epi Thuasne, Coudière élastique Orliman Sport…). Ils ne sont pas non plus pris en charge par l’Assurance maladie. Prise de mesure : mesurer le périmètre du bras, à l’endroit indiqué selon le fabricant. Des orthèses de poignet, maintenant cette articulation en légère extension, peuvent également avoir une action antalgique sur l’épicondylite.

Sources : Rapport d’évaluation de la Haute Autorité de santé sur les dispositifs de compression/contention médicale à usage individuel, utilisation en orthopédie, rhumatologie, traumatologie, octobre 2012 ; Fiche « L’épicondylite et vous », coll. « Regards de l’Observatoire de la médecine générale », Société française de médecine générale ; « Les pathologies du coude, interventions et traitements », SOSmain-mulhouse.fr ; Institut français de chirurgie de la main ; Institut de recherche du bien-être, de la médecine et du sport santé ; « Bursites du coude », Xavier Libouton et Olivier Barbier, in « Orthopédie pratique. Le bon diagnostic pour le bon traitement », École d’orthopédie de l’Université catholique de Louvain, Bruxelles, 2013-2016 ; fabricants.

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TIF VER EC

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OBJ

De petits changements peuvent améliorer la gestion du diabète de vos patients.

Pour vérifier si ces petits changements sont bénéfiques pour l’équilibre glycémique, vos patients disposent des lecteurs de glycémie OneTouch Select® Plus ou OneTouch Verio Flex® associé à l’application mobile OneTouch Reveal®. Grâce à leur code couleur (ColourSure™), ces lecteurs aident vos patients à mieux comprendre leurs résultats glycémiques. Présentez dès maintenant les lecteurs de glycémie de la gamme OneTouch® et leur code couleur à vos patients.

Il est important de bien paramétrer le dispositif selon les objectifs fixés par le médecin afin de définir l’affichage du code couleur. 02/2018. Les lecteurs de glycémie OneTouch Select® Plus et OneTouch Verio Flex® sont des dispositifs d’AutoSurveillance Glycémique (ASG) destinés aux personnes atteintes de diabète. DM-DIV Liste B. Organisme notifié : DEKRA (CE 0344). L’ASG ne doit pas être une mesure automatiquement généralisée à l’ensemble des personnes atteintes de diabète ; ni une mesure passive, n’entrainant pas de conséquence thérapeutique immédiate. Lire attentivement la notice. Ne pas utiliser pour diagnostiquer ou dépister le diabète, ou chez les nouveau-nés. Ne pas utiliser en présence établie ou présumée de PAM (Pralidoxime). OneTouch Verio Flex® ne doit pas être utilisé chez les patients ayant fait un test d’absorption au D-xylose dans les 24 heures précèdentes. Ces dispositifs sont remboursés au titre de la LPP dans les limites suivantes : - Lecteur (Adulte: 1 par 4 ans. Enfant : 2 par 4 ans) - Autopiqueur (Adulte : 1 par an. Enfant : 2 par an) – Bandelettes (200 par an pour DT2 non insulinodépendant). L’application Mobile OneTouch Reveal® – interface patient – disponible en option, est destinée aux patients atteints de diabète, et est conçue pour recueillir et présenter les résultats des produits LifeScan. OneTouch Reveal® – interface patient – n’est pas un dispositif médical et ne se substitue pas aux conseils des professionnels de santé. Lire attentivement la notice. LifeScan Europe, division de Cilag GmbH International (Zug - Suisse). CO/VFX/1016/0120 © LifeScan France 2018. LFS180212HP(a) - Document réservé aux professionnels de santé. LIFESCAN - 1 rue Camille Desmoulins - 92130 Issy-les-Moulineaux - S.A.S. au capital de 1 112 064 € - 330 202 334 R.C.S. Nanterre


Santé International

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Mais vous êtes Ig Nobel ! Tous les ans, le meilleur du plus improbable de la science fait son show à Harvard. Voici les principaux lauréats de la cuvée 2018.

par Laurent Simon

CANADA Un chaman à la DRH

ÉTATS-UNIS

Et si, à défaut de pouvoir enfoncer une aiguille à tricoter entre les vraies côtes d’un supérieur hiérarchique abusif, on le faisait dans une poupée vaudou ? Une équipe américano-asiatique a publié dans The Leadership Quaterly une étude montrant que, oui, ça pouvait faire du bien. La législation étant assez claire à propos des meurtres de patrons sur le lieu de travail même lorsqu’ils dépassent les bornes, voilà une idée qui contribuera à peu de frais à la paix des bureaux.

Spasme Mountain

© FOTOLIA/LYNXVECTOR

L’Ig Nobel de médecine est décerné à une étude parue dans The Journal of the American Osteopathic Association montrant le bénéfice des montagnes russes dans l’évacuation des calculs rénaux. Les auteurs précisent qu’il vaut mieux se placer à l’arrière du manège pour une meilleure efficacité du « traitement ». Qu’on se rassure, l’étude a été menée sur un modèle anatomique et non sur de vrais patients mais les cobayes ont quand même eu droit à leur manège.

ROYAUME-UNI

Le facteur cheval

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La chair de mon cher

© THE LAST WORD

Pas besoin de grands talents de vulgarisateur pour vous intéresser à l’Ig Nobel de médecine reproductive décerné à une équipe de tous horizons pour une étude parue dans Urology en 1980. Jugez plutôt : ces chercheurs ont mesuré les érections nocturnes chez des patients diabétiques, donc potentiellement impotents, grâce à des languettes « au papier et à la taille comparable aux timbres postaux de 10 yens japonais », précisent les auteurs de l’étude, qui ont le sens du détail. « Comment ça marche ? », disait JeanClaude Bourret. Simple : les timbres étaient collés autour de la verge et en cas d’érection nocturne, leur sceau était brisé le matin au réveil.

Manger son prochain, ça ne se fait pas. Ou, plutôt, ça ne se fait plus, puisque la pratique semblait répandue au paléolithique, d’après un chercheur anglais, qui a fort logiquement remporté l’Ig Nobel de nutrition pour son étude de l’apport calorique du cannibalisme chez nos ancêtres prognathes. Conclusions : les êtres humains sont aussi nourrissants que les animaux comparables en poids et en taille, et le cannibalisme peut également être motivé par d’autres raisons… Déjà des problèmes de copropriété ?


International Santé

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SUÈDE Les singes et la grimace L’Ig Nobel d’anthropologie revient à une équipe internationale qui s’est très sérieusement intéressée aux interactions entre chimpanzés et visiteurs dans un zoo. Les résultats ont étonné les chercheurs, qui ont constaté que les primates semblent imiter autant les hommes que l’inverse ; les quadrumanes ont ainsi fait preuve de capacités de socialisation que l’on pensait propres à l’homme. Note pour plus tard : ne pas sous-estimer Cheetah.

© ACR23

JAPON

Château diptère Coup double pour la Suède avec l’Ig Nobel de biologie, qui ravira les œnophiles, surtout les plus experts. En effet, cette équipe de chercheurs internationaux – instant chauvin : oui il y a un Français – a montré dans une étude parue dans le Journal of Chemical Ecology que des experts en vin bien affûtés pouvaient détecter la présence d’une seule mouche du vinaigre de type Drosophila melanogaster, mais seulement une femelle, dans un verre de picrate. Ne laissez pas une mouche vous gâcher votre pauillac !

Néocolonialisme Le pays du Soleil-Levant décroche l’Ig Nobel de l’éducation médicale pour une étude sur… (roulements de tambour) les leçons de l’autocoloscopie en position assise parue dans la revue Gastrointestinal Endoscopy en 2006. Vous avez bien lu : il est non seulement possible de s’infliger cette purge mais également d’en apprendre quelque chose, notamment que des appareils de petite taille sont plus adaptés à cette pratique. Personne n’en doutait.

ESPAGNE Direction insultée C’est au tour de l’Ig Nobel de la paix, fort ironiquement décerné à une équipe espagnole qui a pris pour objet d’étude les jurons et insultes pendant la conduite automobile, dans un papier paru dans le Journal of Sociology and Anthropology. Ils ont logiquement décelé un recours important à la vulgarité chez les conducteurs espagnols interrogés et appellent à un renforcement de l’éducation à la sécurité routière. Oui, mais à condition qu’il bouge son char, l’autre, là, devant !

AUSTRALIE Cent pages plus tard

PORTUGAL On reste du côté de la péninsule Ibérique concernant l’Ig Nobel de chimie pour un papier un peu dégueu paru dans Studies in Conservation en 1990 intitulé « Human Saliva as a Cleaning Agent for Dirty Surfaces ». Vous avez bien lu, les auteurs ont cherché à savoir si la bave était un bon nettoyant pour les surfaces sales. On vous passe les détails mais cette habitude un peu étrange a bien une base scientifique, le pouvoir nettoyant de la salive étant dû à la présence d’alpha-amylase.

© ANAR17041981

Inspecteur La Bavure

On marche sur la tête au pays des kangourous avec cet Ig Nobel de littérature [sic] obtenu grâce à une parution dans la revue Interacting with Computers, Computers qui confirme cette fâcheuse habitude que nous avons de ne pas lire les notices des appareils que nous achetons. Même si les plus éduqués d’entre nous se plongent tout de même plus dans le manuel d’utilisation de leur nouvelle friteuse que les autres, ainsi que les hommes et les personnes âgés. Voilà, voilà…

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LA PHARMACIE DU FUTUR EXPOSÉE À STRASBOURG ! En quelques années, le métier de pharmacien a évolué rapidement. Face à des clients de plus en plus volatiles et exigeants, une augmentation des déserts médicaux, une utilisation massive des réseaux sociaux et des objets connectés, une baisse de chiffre d’affaires pour nombre d’entre eux, les pharmaciens doivent se réinventer.

 Dans l’espace de semi confidentialité, les Laboratoires Visiomed présenteront leur offre de téléconsultation en officine construite autour de VisioCheck, la station de télémédecine mobile et connectée de BewellConnect.

Comment acquérir de nouveaux clients et fidéliser la patientèle, développer et mettre en avant ses offres, optimiser le service et le conseil, utiliser les objets connectés et développer l’adhésion des utilisateurs ? Aujourd’hui, des solutions existent. Mais comment les appréhender, les appliquer au sein des officines ? Les solutions du collectif Proximité e Santé C’est pour répondre à ces questions que, sous la coordination de Cécile Morvan, l’ensemble des acteurs du collectif Proximité e Santé présenteront leurs solutions lors du Congrès de Strasbourg. Spécialement pour cet événement, une pharmacie sera créée, au sein de laquelle le pharmacien retrouvera toutes les solutions e santé back et front office lui permettant de visualiser les offres et la manière de les intégrer au sein des officines.

 PneumoPharma proposera son application destinée à effectuer le suivi du patient dans le cadre des entretiens pharmaceutiques et du bilan partagé de médication.

 Les pharmaciens pourront évaluer leur stress grâce au Physioner de la société Codesna. Cet outil d’auto-mesure est un excellent moyen de fidéliser une patientèle.

 Au sein de la Pharmacie du Futur, les patients souffrant de troubles de la marche ne sont pas oubliés car Resilient Innovation exposera le Walk, un dispositif innovant d’amélioration de la qualité de marche par stimulation rythmique auditive.

 Pour accompagner les patients dans le suivi de leur diabète, Diabnext présentera la solution connectée de suivi du diabète qui enregistre automatiquement et sans efforts les injections d’insuline dans son carnet d’auto-surveillance digital. Un outil de suivi révolutionnaire pour les patients.

 Concernant la pharmacovigilance, eVeDrug proposera des solutions réglementaires innovantes alliant vigilances sanitaires et e Santé.


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 Sur l’espace enfants, la société Abeilles Editions présentera des jeux d’éducation de prévention santé. Intégrés au sein d’une borne interactive (en libre accès à l’officine), ces jeux éducatifs permettent de sensibiliser les enfants à la santé et de les occuper.

 Les pharmaciens pourront également faire la connaissance de Meyko, compagnon des enfants et dispositif ludique de rappel de traitement adapté aux jeunes asthmatiques pouvant s’intégrer aux entretiens Pharmaceutiques. Un esprit de dynamisme et de nouveauté Toutefois, ces applications et objets connectés doivent nécessairement s’articuler dans un esprit de dynamisme et de nouveauté.

 Pour aider les pharmaciens à faire le lien et renforcer la proximité avec leurs patients, MeSoigner.fr présentera sa gamme de digitalisation d’officine, de la vente en ligne aux services digitaux intégrés à la pharmacie comme le bilan de médication partagé.

 Le pharmacien est avant tout un professionnel de santé et les rouages du marketing ne sont que partiellement intégrés dans son cursus. C’est pourquoi l’application digitale et mobile MaPausePharma propose de l’aider à stimuler la créativité et le dynamisme des offres de son officine en rendant visibles, par la clientèle, 100% des offres (promotions, services, spécialités, animations…).

Au cours d’un parcours santé spécialement créé lors du Congrès, les pharmaciens auront la possibilité de rencontrer chacun des acteurs du collectif Proximité e Santé. Près de 3000€ de lots seront, par ailleurs, mis en jeu au travers de tirages au sort. Parmi les lots attribués : certains services de Mesoigner.fr, le prêt pendant un mois d’un Physioner et d’un Walk, des invitations à déjeuner à Station F, le plus grand campus de startups du monde créé par Xavier Niels, des centaines de cartes de jeux sur la prévention pour les enfants, des produits des Laboratoires Pierre Fabre...

Important à signaler : toutes les applications, objets connectés et solutions proposés sur cet espace sont orchestrés par Cécile Morvan, coordinatrice du collectif Proximité e Santé. L’agencement du stand est, quant à lui, réalisé par Mobil M, expert marketing du point de vente officinal, et Amaury Simon de SGIV pour la signalétique.

Venez vivre une expérience inédite lors du congrès de strasbourg

les 20 et 21 octobre 2018 !

RENSEIGNEMENTS www.congresdespharmaciens.org 01 85 08 15 19 © Congrès National des pharmaciens - Réalisation www.hoi-anh.com


Officine Influences

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Ces objets mal identifiés La grande promesse du marché des objets de santé connectés en officine n’a pas été tenue. Mais rien n’est encore perdu, à condition de revoir le modèle qui sous-tend leur utilisation.

G

alvanisés par les prévisions de tous les spécialistes qui estimaient le phénomène incontournable, de nombreux pharmaciens se sont lancés dans la vente d’objets connectés. Ce qui n’était alors qu’une niche promettait de devenir très rapidement un marché gigantesque, au sein duquel les officinaux avaient bien entendu leur rôle à jouer… et leur part du gâteau à prendre. Aujourd’hui, si les ventes de ces dispositifs restent somme toute dynamiques, ce sont surtout les grandes market places du Net, comme Amazon, ou les magasins spécialisés dans le high-tech, comme la Fnac, qui en tirent tous les bénéfices, au nez et à la barbe des pharmaciens. Déception Parmi les premiers à intégrer ces objets connectés à son catalogue dès la fin 2015, le groupe PHR Référence avait à l’époque conçu des corners spécifiques pour les officines de l’enseigne qui souhaitaient s’engager sur cette voie. Plus de deux ans après, le verdict est sans appel : « Le résultat est presque catastrophique », déclare ouvertement le président du groupement, Lucien Bennatan, qui ajoute que les pharmaciens en question « ont eu toutes les peines du monde à vendre ces produits ». Même constat amer pour ce pharmacien qui exerce en Île-de-France et qui a souhaité conserver l’anonymat : « La sauce n’a pas pris et je me suis retrouvé avec un stock important d’objets connectés invendus sur les bras dont je considère que le prix est encore trop important pour le marché. La seule référence que je continue de commercialiser est le capteur-lecteur de glycémie

46 I No 1303 I Septembre-Octobre 2018

d’Abbott, même si ça ne me rapporte presque rien et qu’il y a eu ces problèmes d’approvisionnement que tous les pharmaciens ont rencontrés. » Du côté des fabricants, le réseau des officines avait initialement été identifié comme prioritaire dans la stratégie de vente en raison de son appartenance au système de santé, en parfaite adéquation avec la nature de ces produits. À présent, l’analyse n’est plus tout à fait la même. Si les leaders de ce marché n’ont pas renoncé à travailler avec les pharmaciens, ils ont scellé d’autres partenariats de distribution qui leur sont pour le moment plus profitables. Au fil du temps et de l’expérience partagée, il semble donc que la relation entre l’officine et les fabricants se soit distendue. Les raisons invoquées pour expliquer ce qui s’apparente à un flop sont multiples, mais

Des patients pas convaincus Si les objets connectés n’ont pas encore trouvé leur place dans les officines, c’est aussi parce que la catégorie de population à qui ils sont censés s’adresser en priorité ne se les a toujours pas appropriés. Une enquête, réalisée par la société d’études B3TSI et publiée le 7 septembre dernier, révèle en effet qu’une majorité de malades chroniques a déjà eu recours à un service de prise de rendez-vous médical en ligne ou consulté un site d’information santé sur Internet mais utilise encore très peu les applications mobiles ou les objets connectés destinés au suivi de leur patho-

logie. Sur 501 patients interrogés, seuls 18 % des insuffisants cardiaques, et 11 % de ceux souffrant de spondylarthrite ankylosante ont déclaré avoir utilisé au moins une fois une application de santé en lien avec leur maladie. Quant aux objets connectés à proprement parler, leur usage est encore très exceptionnel parmi cette catégorie de patients. Sans grande surprise, ce sont d’abord les diabétiques qui déclarent les utiliser, quoiqu’en faible proportion (12 %), puis les hypertendus (5 %) et, enfin, les patients atteints d’un cancer (2 %). Il reste de la marge…


Influences Officine

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© FOTOLIA/MACROVECTOR

mentaire est d’être connectables », plutôt que de tout miser sur l’aspect high-tech qui ne fait que brouiller leur image.

essentiellement de deux ordres : un problème de perception par le public de ces objets connectés, dont une partie de la gamme n’est pas forcément en adéquation avec le reste de l’offre produits en pharmacie, et un autre, découlant du premier, qui relève de leur intégration dans notre système de santé. Un problème d’image Comme le rappelle Alexis Normand, en charge du développement santé chez Withings, « le gros du marché français est tiré par les montres et balances connectées », deux produits qui sont spontanément associés à la notion de bien-être plutôt qu’à celle de la santé. Lucien Bennatan parle quant à lui de « produits dont la durée de vie est extrêmement réduite » parce qu’ils

s’inscrivent plus « dans une dynamique de consommation spontanée liée à des phénomènes de mode que dans une démarche de prise en charge de la santé par les professionnels ». Associés à la population des « geeks » hyperconnectés plutôt qu’à celle des patients chroniques, ces objets n’ont, pour la plupart d’entre eux, pas encore acquis toute la dimension sanitaire qui est pourtant la leur. C’est pour cette raison que les acteurs du marché confirment les difficultés qu’ont les officinaux à vendre ces produits. L’un d’entre eux, qui a tenu à garder l’anonymat, préfère d’ailleurs parler de « dispositifs médicaux (DM) connectés plutôt que d’objets connectés ». Il est persuadé qu’il faut présenter ces produits comme « des DM classiques extrêmement fiables dont la particularité supplé-

Trouver le bon modèle À l’instar de Lucien Bennatan qui considère que « le marché en officine ne pourra démarrer que lorsque l’on trouvera un modèle intégré dans le parcours de soins du patient, assorti d’un remboursement », Alexis Normand voit bien « les pharmaciens prendre part à des programmes de coaching tels que ceux développés aux États-Unis par certains assureurs pour la prévention du diabète et qui impliquent l’utilisation d’objets connectés ». C’est d’ailleurs une vision que partage notre pharmacien francilien en déclarant que ce marché n’aura d’avenir en officine que « si la démarche est entièrement construite au profit du patient dans un réseau de prise en charge efficace ». Plutôt que de parler d’immaturité du marché, les acteurs préfèrent donc évoquer une inadéquation de l’offre vis-à-vis des besoins et attentes de la clientèle des officines pour expliquer les ratés à l’allumage. Rien n’est donc perdu et tous ont l’intime conviction que la dynamique est à une plus grande utilisation de ces dispositifs et restent persuadés que les pharmaciens auront leur rôle à jouer. L’un d’eux va plus loin et pense même que tout miser sur les grandes surfaces pour vendre ces produits n’est au final pas la bonne stratégie car cela « n’apporte aucune valeur ajoutée » et constitue « le meilleur moyen de dévaluer l’image d’une marque qui évolue dans le champ de la santé ». Outre qu’elle s’inscrit dans le contexte des combats menés par les pharmaciens contre la grande distribution, cette réflexion rappelle l’importance de confier la vente d’objets de santé, connectés ou non, à des professionnels… de santé. x Benoît Thelliez

NOTABENE Selon le cabinet GfK, le marché français des objets connectés se porte bien avec un chiffre d’affaires d’un peu plus de 1 milliard d’euros en 2017. Pour autant, tous les segments ne bénéficient pas d’un égal engouement. Alors que la domotique représente près de 60 % des ventes avec 2,9 millions d’objets vendus en 2017, le marché des dispositifs santé demeure embryonnaire avec 180 000 appareils écoulés, malgré une très forte croissance des ventes (+ 57 %) entre 2016 et 2017. Septembre-Octobre 2018 I No 1303 I 47


En bref Officine

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Éco&Vous

REMBOURSABLE

PHARMACIE MOYENNE

ÉVOLUTION DU CA MOIS PAR MOIS

+4,5 %

+ 2,6 %

– 0,4 % OTC

❙ En août dernier, le CA moyen par pharmacie atteignait 2,7 milliards d’euros, un chiffre en hausse par rapport au mois d’août 2017.

❙ En cumul mobile annuel, le chiffre d’affaires (CA) moyen par officine s’élève à près de 1,56 millions d’euros. ❙ Pour le seul mois d’août, le CA moyen par pharmacie s’élève près de 123 630 euros.

– 1,3 % – 3,7% DM (LPPR)

CA TOTAL EN CUMUL MOBILE ANNUEL VENTILATION PRODUITS (pharmacie moyenne)

❙ ❙ ❙ ❙

+ 2,9 %

+ 0,6 %

+ 5,9 %

❙ Entre juillet 2017 et août 2018, le chiffre d’affaires (CA) total du réseau officinal (remboursable, OTC, dispositifs médicaux et cosmétiques) se maintient à près de 34,5 milliards d’euros par rapport au cumul mobile annuel juillet 2017-mai 2018.

Remboursable : 73,3 %. OTC : 6,7 %. Dispositifs médicaux LPPR : 9,0 %. Parapharmacie : 11,1 %.

impôts

PARAPHARMACIE

+ 5,5 % + 0,7 % évolution mensuelle

évolution annuelle

Source : FSPF-IAM

enseigne

Le Tese allège la collecte Le titre emploi service entreprise (Tese), un service des Urssaf, assurera gratuitement le prélèvement de l’impôt à la source pour les employeurs de moins de vingt salariés.

© FOTOLIA/MOMIUS

T

andis que la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) et l’Union nationale des professions libérales (UNAPL) dénoncent toujours le dispositif de prélèvement de l’impôt à la source, le gouvernement tente de rassurer les Français avec une vaste campagne de communication. Côté employeurs, le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin a indiqué dans Le Courrier picard du 14 août que les entreprises de moins de vingt salariés pourront se décharger de la collecte de l’impôt via le Tese. Pour le moment, on sait seulement qu’à partir des éléments reçus de l’administration fiscale, le centre Tese de Paris, dont dépendent les professions de santé, calculera le montant à prélever sur le revenu et signalera à l’entreprise le salaire net après imposition devant être versé au salarié. L’em-

août 2018

Le baromètre du médicament

Extinction des feux La loi sur l’environnement Grenelle II de 2010 prenait effet au 1er juillet dernier pour les enseignes lumineuses. Les pharmacies doivent donc désormais les éteindre la nuit, sauf si elles sont en activité : officines ouvertes 24 heures sur 24 ou en service de garde ou d’urgence. Concernant les enseignes clignotantes, la FSPF a eu confirmation du ministère de la Transition écologique et solidaire que les pharmacies en activité pouvaient les laisser allumées, de jour comme de nuit. y

had ployeur sera alors prélevé par les Unions de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (Urssaf) de la retenue à la source (si le salarié est imposable) et des cotisations sociales. Les documents administratifs afficheront les montants ainsi retenus. Loin d’être rassurée, l’UNAPL prévoit d’ouvrir une ligne « SOS prélèvement à la source » pour colliger les dysfonctionnements concernant les professions libérales et d’en publier les résultats. y

Convention modèle Un accord signé le 24 mai entre les syndicats et la Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile propose une convention type* entre pharmacien titulaire et établissement de HAD ne disposant pas de pharmacie à usage intérieur. Elle précise les engagements de chaque partie et les conditions de facturation des médicaments et prévoit que les honoraires sont réglés par l’établissement de HAD et que tout service supplémentaire peut faire l’objet d’une rémunération spécifique. y * Disponible sur www.fspf.fr pour les adhérents. Septembre-Octobre 2018 I No 1303 I 49


Officine Nouvelles technologies

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Du Wi-Fi en cadeau

En partenariat avec

www.caduciel.com

AVANTAGES ❙ Apporter

du confort aux clients : tout en faisant la queue, ils peuvent consulter leur téléphone, jeter un coup d’œil à leurs mails, accéder aux réseaux sociaux ou jouer en ligne, sans grever leur forfait mobile. ❙ Faciliter l’accès à des informations produits, via les références ou les QR codes sur les boîtes. ❙ Développer son chiffre d’affaires : en attirant des clients nomades qui cherchent un établissement pour se connecter et en les séduisant par l’ambiance, la mise en avant des produits, l’accueil

et les conseils de l’équipe, le service. ❙ Fidéliser le client en lui proposant de liker la page Facebook de la pharmacie. Attention, si vous récoltez des informations personnelles par l’intermédiaire d’un formulaire, vous devez respecter le règlement général sur la protection des données (RGPD). ❙ Renforcer son e-réputation en donnant envie au client d’écrire un avis positif sur la pharmacie et son équipe (Google Maps, Pages Jaunes…). ❙ Apparaître sur une liste de spots Wi-Fi gratuits de la ville

3QUESTIONSÀ…

Audrey

pharmacienne dans le Lot-et-Garonne

Comment avez-vous mis en place le Wi-Fi gratuit dans votre officine ? Nous le proposons par le biais de notre réseau. Cela se fait en deux étapes : nos clients doivent se connecter à notre réseau, puis créer un compte. Tout est géré par une société extérieure : installation, maintenance, obligations légales… Qui l’utilise ? Ce sont essentiellement des clients fidèles et plutôt jeunes.

50 I No 1303 I Septembre-Octobre 2018

Cette offre permet de diminuer la perception de l’attente, qui peut parfois être longue, et d’améliorer le service que nous proposons à la pharmacie en apportant un plus. Quel bilan dressez-vous ? C’est un atout à la fois pour nous, pour notre image, et pour les clients qui apprécient beaucoup de pouvoir se connecter dans la file d’attente car ils ont l’impression de ne pas perdre de temps. Ils nous font d’ailleurs part de leur satisfaction au comptoir.

© B_PLAN88

Aujourd’hui, le Wi-Fi est une prestation attendue et recherchée dans les lieux publics. Voici tout ce qu’il faut savoir avant de le proposer dans votre officine.

offre un supplément d’exposition non négligeable. Si l’officine est le seul point d’accès Wi-Fi gratuit du quartier, c’est encore mieux. ❙ Donner une image moderne de son officine : afficher le message « Wi-Fi gratuit » visible depuis la rue est attractif pour les clients, même s’ils n’utiliseront pas tous Internet.

LIMITES ❙

Elles sont liées au fait de partager votre réseau Wi-Fi et donc à la sécurité des données à caractère personnel. Afin de sécuriser votre système informatique, le nouveau règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD) demande de minimiser les connexions d’appareils non professionnels sur le réseau. Le Wi-Fi gratuit entre dans ce cadre. Si vous souhaitez

proposer le Wi-Fi à vos clients, mieux vaut donc mettre en place un réseau spécifique, différent de celui utilisé pour votre activité professionnelle et donc sans possibilité de communication entre les deux réseaux.

COMMENT L’INSTALLER ? Soi-même, et si vous vous y connaissez : en installant un routeur connecté à la box (avec un câble Ethernet). ❙ En utilisant les services d’une société (IciWifi, Noodo…) proposant une solution clés en main, avec un hotspot (ou point d’accès) Wi-Fi à brancher sur votre box internet. Ce type de solution assure un respect des obligations légales et est pensé pour offrir une sécurité élevée aux utilisateurs. Le coût ? Une dizaine d’euros par mois. ❙ ❙

Claire Grevot


Vous connaissez l’importance de la relation avec vos clients. Nous aussi. Caduciel Informatique est à votre écoute et vous propose une solution logiciel complète, fiable et accessible.

RCS B 349125072 . Crédit photo : Jack Varlet

Caduciel, acteur reconnu de l’informatique officinale, met à votre disposition des solutions simples de gestion informatique, ouvertes et sécurisées, innovantes et performantes, intégrant les nouvelles technologies.

Appelez-nous au :

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web

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Officine Marché

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Feu vert pour les sprays Les sprays hypertoniques, amendés d’actifs végétaux, profitent de la disgrâce des vasoconstricteurs oraux à base de pseudoéphédrine et collent à la tendance privilégiant les produits naturels.

L

e malheur des uns fait le bonheur des autres ! En effet, les voyants sont au vert pour les sprays de solutions hypertoniques indiqués dans la congestion nasale. Leur chiffre d’affaires (CA) s’est en effet développé de 3,7 % entre juin 2017 et juin 2018 (en cumul mobile annuel). L’interdiction de la publicité grand public pour les médicaments oraux contenant de la pseudoéphédrine (Actifed, Dolirhume, Humex Rhume…) a eu l’effet d’une bombe sur ces médicaments, même si le recours à la pseudoéphédrine par voie orale avait déjà été mis à mal par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et les revues Prescrire ou 60 millions de consommateurs. Les principaux leaders de la forme orale à base de pseudoéphédrine ont

AUTRES 10,90 % JOHNSON & JOHNSON 3,40 %

ainsi vu leurs ventes baisser de plus de 30 % à l’hiver 20172018 par rapport à la saison précédente ! Prime au naturel Cette mutation du marché renforce les ventes de sprays, même si ces derniers étaient déjà sur la pente ascendante, auréolés de leur réputation de « naturalité », à laquelle les consommateurs sont sensibles. De fait, « les sprays qui ont pour actifs des huiles essentielles (HE) ou des extraits de plantes sont en pleine croissance alors que ceux dont la composition est allopathique, comme Euvanol ou Nécyrane, voient leurs ventes régresser », note Lydie Ramond, chef de gamme Belivair pour le laboratoire Therabel Lucien Pharma. Parmi ces actifs, l’HE d’eucalyptus est l’ingrédient incontournable. Omega

L’homéopathie toujours en forme Dans la prise en charge de la congestion nasale et malgré les polémiques, les petits granules restent très populaires… Coryzalia (Boiron) a généré un chiffre d’affaires (CA) de plus de 4,5 millions d’euros (données Iqvia à mai 2018). Le tube de granules d’Allium Cepa composé (Boiron) est, lui, crédité d’un CA de près de 3,2 millions d’euros sur la même période : pas mal pour une spécialité cachée dans les tiroirs. Ces deux références se hissent donc respectivement à la hauteur des deuxième et quatrième marches du podium des sprays. Des données qui en disent long sur la contribution de l’homéopathie au CA du conseil hivernal.

52 I No 1303 I Septembre-Octobre 2018

LES ACTEURS DU MARCHÉ

OMEGA PHARMA 29,10 %

MERCK 4,20 % SANOFI 4,90 %

PURESSENTIEL 7,70 %

URGO HEALTHCARE 11,50 % GSK/NOVARTIS 16,20 % PRANARÔM 12,10 %

xx % Part de marché en chiffre d’affaires (CA) arrêtée à juin 2018 (cumul mobile annuel).

Pharma, leader du marché, la propose en association à de l’HE de niaouli, des extraits de menthe et de l’eau de mer dans son Spray nasal décongestionnant Phytosun Arôms, la référence la plus vendue en juin 2018, avec un CA de 7,5 millions d’euros (données laboratoire, juin 2018). Sur la seconde marche du podium, ProRhinel Extra Eucalyptus, qui génère 3,7 millions d’euros de CA, soit moins de la moitié de celui du leader, propose les mêmes ingrédients, exception faite du niaouli. La troisième place (3,4 millions d’euros de CA) est détenue par le Spray nasal bio Aromaforce (Pranarôm) ; en cohérence avec le positionnement du laboratoire, ce produit associe les HE de mandravasarotra, d’épinette noire, de géranium, de ciste ladanifère et de myrte à cinéole et… d’eucalyptus radié. Malgré leur apparente

Source : Iqvia

similitude, ces références n’ont pas la même cible : le spray bio est autorisé chez la femme enceinte (pas de menthol), au contraire des deux autres bestsellers. De même, Pranarôm conseille son spray à partir de 3 ans, les deux autres références leaders étant autorisées à partir de 6 ans. La suite du classement distingue Humer nez très bouché (Urgo) dont le positionnement est uniquement phyto avec des extraits de plantes tanniques (thé vert, myrtille, canneberge, sureau noir) dilués dans une solution hypertonique de glycérol. Il est donc autorisé durant la grossesse mais réservé aux plus de 12 ans. Le Spray nasal respiratoire Puressentiel, cinquième meilleure vente, est logiquement typé aroma : il est contreindiqué chez la femme enceinte et autorisé à partir de 3 ans.  Alexandra Chopard


Officine Produits

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Quoi de neuf au comptoir ? par Alexandra Chopard AUTRESPRODUITS AUTRESPRODUITS ENBREF ❙ DUCRAY ❙ Densiage Shampooing redensifiant. Flacon de 200 ml / EAN : 3282770111088 / Prix conseillé : 11,50 €. ❙ Densiage Sérum redensifiant. Lot de 3 tubes de 30 ml / EAN : 3282770110340 / Prix conseillé : 47 €. ❙ Densiage Complément alimentaire. Boîte de 30 comprimés / EAN : 3282770201345 / Prix conseillé : 18,50 €. ❙ GALÉNIC ❙ Beauté du regard. Tube de 15 ml / EAN : 3282770201567 / Prix conseillé : 55 €. ❙ SAEVE ❙ Hydra malva Sérum botanique hydratant 24 h apaisant. Flacon de 30 ml / EAN : 3760220371676 / Prix conseillé : 27,80 €. ❙ Pur Paradisi Sérum botanique purifiant anti-imperfections. Flacon de 30 ml / EAN : 3760220371874 / Prix conseillé : 27,80 €. ❙ Detox Officinale Sérum botanique bouclier détox anti-oxydant. Flacon de 30 ml / EAN : 3760220371935 / Prix conseillé : 32,10 €. ❙ Perfect Pisum Sérum botanique nuit micropeel peau neuve. Flacon de 30 ml / EAN : 3760220371973 / Prix conseillé : 34,20 €. ❙ Lift Pinaster Sérum botanique anti-âge fermeté. Flacon de 30 ml / EAN : 3760220378019 / Prix conseillé : 39,90 €. ❙ SANOFLORE ❙ Aqua Aeria Brume botanique anti-pollution. Spray de 100 ml / EAN : 3337875595216 / Prix conseillé : 27,50 €. ❙ VICHY ❙ Liftactiv Collagen Specialist. Pot de 50 ml / EAN : 3337875607254 / Prix conseillé : 40 €. ❙ Liftactiv Hyalu Mask. Pot de 50 ml / EAN : 3337875607322 / Prix conseillé : 40 €. ❙ Liftactiv Micro Hyalu Patchs. Boîte de 2 patchs / EAN : 3337875607308 / Prix conseillé : 20 €.

SMR LE SERVICE MÉDICAL RENDU

PAR UN MÉDICAMENT correspond à son intérêt en fonction notamment de ses performances cliniques et de la gravité de la maladie. Il peut être important, modéré, faible ou insuffisant. SA LE SERVICE ATTENDU D’UN DISPOSITIF MÉDICAL mesure son rapport bénéfice/risque et sa place dans

la stratégie thérapeutique. Source : HAS

S! Liste I

Liste II

Délivrance Stupéfiant

54 I No 1303 I Septembre-Octobre 2018

TRIMBOW (BÉCLOMÉTASONE/

FORMOTÉROL/GLYCOPYRRONIUM) Spé Sp

%

15

EEN

SMR faible (insuffisant dans la BPCO modérée) ASMR niveau 5 (inexistante) TRIMBOW 87/5/9 µg, flacon pressurisé de 120 doses / CIP : 3400930109250 / PA : 60,30 €. Laboratoire CHIESI.

Association d’un corticoïde, d’un bêta-2 agoniste et d’un anticholinergique en inhalation indiquée pour traiter la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) sévère chez les adultes non traités de façon satisfaisante par l’association d’un corticostéroïde inhalé et d’un bêta-2 agoniste de longue durée d’action. Non remboursée dans la BPCO modérée. LE CONSEIL DU PHARMACIEN ❙ La dose recommandée (et maximale) est de 2 inhalations, matin et soir. Attendre

30 secondes entre les deux. ❙ Après l’inhalation de la dose, le patient doit se rincer la bouche avec de l’eau sans l’avaler ou se brosser les dents. ❙ Il s’agit d’un traitement de fond : l’identifier comme tel auprès du patient et préciser quel autre médicament utiliser en cas de symptômes aigus. ❙ Vigilance chez le diabétique : l’inhalation de formotérol peut entraîner une augmentation de la glycémie. ❙ Les effets indésirables les plus fréquents sont des candidoses, des crampes muscu-

laires et une bouche sèche. ❙ Suspendre le traitement au moins 12 heures avant une anesthésie avec des halogénés (risque de survenue d’arythmies cardiaques). ❙ Lorsque le compteur de doses de l’inhalateur affiche le nombre 20, le patient doit renouveler son ordonnance. ❙ Le médicament se conserve au froid avant la délivrance. Après, il peut être conservé à température ambiante durant quatre mois maximum : inscrire la date de délivrance sur le conditionnement.

TRELEGY ELLIPTA/ELEBRATO ELLIPTA (FLUTICASONE/VILANTÉROL/UMÉCLIDINIUM) Spé Sp

%

15

EEN

6

sem.

SMR faible (insuffisant dans la BPCO modérée) ASMR niveau 5 (inexistante) TRELEGY ELLIPTA 92/55/22 µg, boîte de 1 inhalateur de 30 doses / CIP : 3400930125182 / PA : 60,30 €. Laboratoire GLAXOSMITHKLINE. ELEBRATO ELLIPTA 92/55/22 µg, boîte de 1 inhalateur de 30 doses / CIP : 3400930125205 / PA : NC. Laboratoire MENARINI.

Association d’un corticoïde, d’un bêta-2 agoniste et d’un anticholinergique en inhalation indiquée dans le traitement de la BPCO sévère chez les adultes non traités de façon satisfaisante par l’association d’un corticostéroïde inhalé et d’un bêta-2 agoniste de longue durée d’action. Deux laboratoires différents ont déposé chacun un nom de spécialité pour ce même médicament. LE CONSEIL DU PHARMACIEN

La posologie recommandée est de 1 inhalation par jour, chaque jour à la même heure. ❙ En cas d’oubli, attendre la prise du lendemain. ❙ Trelegy et Elebrato sont des traitements de ❙

E! Médicament d’exception

H Prescription hospitalière

fond : le préciser au patient et lui indiquer quel médicament utiliser en cas de symptômes aigus. ❙ Les effets indésirables les plus fréquents sont une rhinopharyngite, des céphalées, des infections respiratoires hautes, une toux et des arthralgies. ❙ En cas de troubles oculaires, consulter rapidement afin d’écarter toute crise aiguë de glaucome à angle fermé. ❙ Trelegy et Elebrato contiennent du lactose, au contraire de Trimbow (qui contient de l’éthanol). ❙ Une fois la barquette scellée ouverte, l’inhalateur peut être utilisé 6 semaines maximum : inscrire la date limite d’utilisation sur l’inhalateur.

Spé Prescription initiale hospitalière

Prescription spécialiste

Surveillance particulière

Sortie de la réserve hospitalière

Nouvelle molécule


90%

DES HÔPITAUX 1

23 000

PLUS DE SPÉCIALISTES VISITÉS 2

PRÉSENT DANS

9

PHARMACIES SUR 10 1

30 000

PLUS DE MÉDECINS GÉNÉRALISTES VISITÉS2

1. D’après éléments démographiques 2016 : les pharmaciens-Panorama au 1er Janvier 2016 - Ordre National des Pharmaciens 2. Données internes

*Une meilleurs santé pour un monde meilleur

PRÉSENT DANS

AP Institutionnelle 001 - 01/2017 Crédits photos : © Minerva Studio, © Blend Images, © Robert Przybysz, © stevecuk

Mylan, acteur de santé engagé à vos côtés


'

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Avec près de 13 000 collaborateurs dans le monde, nous imaginons et développons des solutions novatrices contribuant au mieux-être de tous, de la santé à la beauté. Nous le faisons avec les professionnels de santé, nos partenaires de confiance depuis toujours ; en puisant dans la nature une source perpétuelle d’inspiration ; en plaçant l’éthique pharmaceutique au coeur de notre action. Nous concentrons nos activités de recherche et de fabrication dans le Sud-Ouest de la France où sont nos racines. Nous sommes fiers d’appartenir à une fondation d’utilité publique, la Fondation Pierre Fabre, qui se consacre à l’amélioration de l’accès aux soins et aux médicaments de qualité dans les pays les moins favorisés.


Produits Officine

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Quoi de neuf au comptoir ?

EXACTO AUTOTEST HIV

ENBREF

BIOSTIME SN-2 BIOPLUS

NR EXACTO AUTOTEST DE DÉPISTAGE HIV, boîte de 1 kit / ACL : 3532678551647 / Prix conseillé : 10 €. Laboratoire BIOSYNEX.

Autotest immunochromatique rapide permettant la détection d’anticorps anti-VIH1 et VIH2 dans le sang. Il peut être délivré par des associations de lutte contre le sida ou utilisé en autonomie par les patients. Avec son prix de vente conseillé bas, le laboratoire vise une démocratisation de l’accès au dépistage. LE CONSEIL DU PHARMACIEN

La quantité de sang nécessaire au test est minime (5 µl) ; elle est contrôlable grâce à un repère visuel ❙ Le résultat s’obtient en 10 minutes. ❙ L’apparition d’une bande colorée dans la fenêtre C (contrôle) atteste du bon déroulement. ❙ En présence d’anticorps anti-VIH1 ou anti-VIH2 ❙

TENSIOMÈTRE EVOLV

dans l’échantillon sanguin, une bande colorée apparaît dans la fenêtre T (test). ❙ La notice comporte des photos de chaque étape et une grille d’interprétation illustrée. ❙ Comme pour les autres autototests VIH, un résultat de séronégativité est assuré en l’absence d’exposition au cours des trois derniers mois. ❙ Un résultat positif devra être confirmé par un test de dépistage classique. ❙ Le patient peut obtenir soutien et information via Sida Info Service (0800 840 800). ❙ Un livret de formation destiné au pharmacien est disponible auprès du laboratoire. ❙ Une présentation en boîte de deux tests devrait être disponible à l’automne.

CEINTURE PROGRESS SALVA XXL+

NR

%

Tensiomètre brassard validé cliniquement pour une utilisation chez la femme enceinte en pré­ vention de la prééclampsie (malgré la modi­ fication des paramètres hémodynamiques au cours de la grossesse) et chez le patient diabétique (malgré les artères rigidifiées par l’athérosclérose). LE CONSEIL DU PHARMACIEN

Appareil tout-en-un, sans connecteur. Équipé d’un guide de positionnement du bras­ sard et d’un détecteur de battements irréguliers. ❙ Le brassard est adapté aux bras d’une circon­ férence moyenne, comprise entre 22 et 42 cm. ❙ L’application Omron Connect permet un recueil des données sur tablette ou smartphone via une connexion Bluetooth. ❙ Fourni avec les piles AA nécessaires et un étui de rangement. ❙ ❙

%

Médicament orphelin

Médicament vétérinaire

Remboursement

NR Non remboursable

BIOSTIME 1er ÂGE, boîte de 800 g / EAN : 3700763535692 / Prix indicatif : 18,90 €. BIOSTIME 2e ÂGE, boîte de 800 g / EAN : 3700763535708 / Prix indicatif : 17,90 €. BIOSTIME CROISSANCE, boîte de 800 g / EAN : 3700763535715 / Prix indicatif : 15,90 €. BIOSTIME AR 0-12 mois, boîte de 800 g / EAN : 3700763535722 / Prix indicatif : 20,68 €. FERMENTS LACTIQUES NOURRISSON EN POUDRE, boîte de 14 sachets / EAN : 3700763535678 / Prix indicatif : 14,50 €. FERMENTS LACTIQUES NOURRISSON EN POUDRE, boîte de 28 sachets / EAN : 3700763535685 / Prix indicatif : 22,90 €.

NANOBÉBÉ

15

EVOLV, tensiomètre, EAN : 4015672110465 / Prix conseillé : 169 €. Laboratoire OMRON.

❙ Laits infantiles et probiotiques bio. Fabriqués en France par la coopérative Isigny-SainteMère. L’acide palmitique, naturellement présent dans le lait maternel, est obtenu à partir de crème de lait bio et non d’huile de palme. La référence AR (caroube) et les ferments ne sont disponibles qu’en officine, les autres sont aussi présentes en magasin bio.

SALVA CEINTURE PROGRESS XXL+, ACL : 3614819991342 / Tarif LPPR : 55,86 €. Laboratoire COOPER.

Nouvelle taille adaptée aux adultes obèses pour cette ceinture de soutien lombaire. Indiquée en cas de lombalgies en phase aiguë ou récidivante et lombosciatique. LE CONSEIL DU PHARMACIEN

La taille XXL+ est adaptée aux tours de taille compris entre 145 à 170 cm. ❙ La taille inférieure (XXL) s’adresse aux tours de taille de 100 à 150 cm. Étendue au maximum, elle permet un recouvrement de 5 cm. ❙ La mise en place est facilitée par la présence de repères de positionnement intérieurs. ❙ La gamme Salva Progress permet un soutien progressif et confortable (baleinage molletonné avec canaux de ventilation, matériaux thermo­ régulants). ❙ Orthèse lavable en machine. ❙

❙ Biberon adapté au lait maternel. Sa forme permet un refroidissement rapide du lait pour son stockage et un réchauffement rapide et respectueux de sa composition. NANOBÉBÉ BIBERON ALLAITEMENT 150 ML, à l’unité / ACL : 3384347801009 / Prix conseillé : 14 €. NANOBÉBÉ BIBERON ALLAITEMENT 150 ML, pack de 3 / ACL : 3384347801016 / Prix conseillé : 35 €. NANOBÉBÉ CHAUFFE-BIBERON BOL, ACL : 3384347801078 / Prix conseillé : 18 €. NANOBÉBÉ SACHETS DE CONSERVATION, boîte de 25 unités avec le bac de stockage / ACL : 3384347801030 / Prix conseillé : 18 €. Laboratoire BÉABA.

Les prix des médicaments remboursables intégrés dans cette rubrique n’incluent pas les honoraires de dispensation. PA : prix d’acquisition

ASMR L’AMÉLIORATION DU

SERVICE MÉDICAL RENDU correspond au progrès thérapeutique apporté par un médicament. ASA L’AMÉLIORATION DU SERVICE ATTENDU correspond au progrès fourni par un dispositif médical comparé au produit de référence. Source : HAS

3

EEN Présence d’excipient à effet notoire

ans

Précautions sur la route

Contre-indiqué durant la grossesse

Contre-indiqué durant l’allaitement

À conserver au réfrigérateur

Durée de conservation après ouverture

Septembre-Octobre 2018 I No 1303 I 57


Officine Produits

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Quoi de neuf au comptoir? par Alexandra Chopard ENBREF

GARDASIL 9

ENANTONE LP

❙ Nouvelle présentation. En remplacement de la présentation flacon/ampoule, ces analogues de la GnRH sont désormais disponibles en seringues préremplies bicompartimentées. La forme flacon persistera pour le dosage à 3,75 mg car elle permet la mesure d’un volume très faible adapté à l’usage pédiatrique. ENANTONE LP 3,75 mg, boîte de 1 seringue préremplie / CIP : 3 400930122112 / PA : 113,10 €. ENANTONE LP 11,25 mg, boîte de 1 seringue préremplie / CIP : 3 400930122129 / PA : 329,67 €. Laboratoire TAKEDA.

LUX

❙ Nouvelle gamme de contention de classe 2. Elle comprend chaussettes, mi-bas, bas et collants, avec revers large et antiglisse haute tolérance. Existe en pieds ouverts pour les mi-bas et bas. LUX CHAUSSETTE, coloris doré, taille 3 / EAN : 3322541041463 / Tarif LPPR : 22,40 €. Laboratoire GIBAUD.

CHRONODORM TISANE

❙ Tisane à la mélatonine. Présentation originale pour une dose de 1 mg de mélatonine, associée à 5 plantes (tilleul, orange amère, camomille, menthe poivrée, sauge). La posologie est de 1 sachet par jour à prendre 30 minutes avant le coucher. Utiliser de l’eau chaude mais non bouillante (80 °C) et laisser infuser au moins 2 minutes. CHRONODORM TISANE, boîte de 20 sachets / EAN : 3401560036527 / Prix conseillé : 6,30 €. Laboratoire IPRAD.

DEMA

❙ Chaussette de contention de classe 3. Faible dégressivité du tricotage entre cheville et mollet. À la commande, attention aux tailles annotées « + » ou « – » selon la mesure prise au niveau du mollet. Existe en deux hauteurs (normal ou court) et en deux coloris : noir et poudré. DEMA CHAUSSETTE, taille 2+, court, coloris noir / EAN : 3701126304290 / Prix conseillé : 30 €. Laboratoire CIZETA.

58 I No 1303 I Septembre-Octobre 2018

%

65

SMR important ASMR niveau 5 (inexistante) GARDASIL 9, suspension injectable en seringue préremplie / CIP : 3400930056202 / PA : 135,68 €. Laboratoire MSD VACCINS.

Vaccin recombinant non infectieux indiqué dans l’immunisation contre les cancers du col de l’utérus, de la vulve, du vagin et de l’anus, et les verrues génitales (condylomes acuminés) causés par les papillomavirus humains (HPV). Il est utilisable à partir de 9 ans. LE CONSEIL DU PHARMACIEN

Cette formule contient les souches virales 6, 11, 16 et 18 (comme la version précédente de Gardasil), complétées des sérotypes 31, 33, 45, 52 et 58. ❙ Chez les patients de 9 à 14 ans, ce vaccin peut être administré en deux doses. Une première dose, suivie d’une seconde 5 à 13 mois après. Toutefois, si la seconde dose est administrée moins de 5 mois après la première, une troisième devra systématiquement être administrée. ❙

❙ Chez les patients de plus de 15 ans (jusqu’à 27 ans), le schéma vaccinal comprendra trois doses. La deuxième dose sera administrée au moins 1 mois après la première et la troisième dose au moins 3 mois après la deuxième. L’ensemble doit s’étaler sur moins d’un an. ❙ Si le schéma vaccinal a été débuté avec Gardasil 9, poursuivre avec ce même vaccin. ❙ Gardasil 9 ne protège pas contre tous les types de HPV : le dépistage de routine du cancer du col de l’utérus doit être poursuivi. ❙ Gardasil 9 peut être administré simultanément avec les vaccins dTca, dTP, dTPca. ❙ Le vaccin doit être administré par voie intramusculaire, de préférence dans la région deltoïdienne de la partie supérieure du bras ou dans la région antérolatérale supérieure de la cuisse.

ALECENSA (ALECTINIB) 100 EEN 10 H %

SMR important ASMR niveau 4 (mineure) ALECENSA 150 mg, boîte de 56 gélules / CIP : 3400930083048 / PA : 4 592,71 €. Laboratoire ROCHE.

Inhibiteur de tyrosine kinase, indiqué en première ligne dans le traitement du cancer bronchique non à petites cellules au stade avancé avec un réarrangement du gène ALK. LE CONSEIL DU PHARMACIEN ❙ La posologie est de 600 mg (quatre gélules de 150 mg) deux fois par jour. Chez les patients atteints d’insuffisance hépatique sévère, elle est fixée à 450 mg deux fois par jour. ❙ Les gélules doivent être avalées entières, au cours d’un repas.

❙ En cas d’oubli, la dose omise doit être prise immédiatement, excepté s’il reste moins de 6 heures avant la prochaine dose. En cas de vomissement suite à une prise, attendre la suivante et prendre la dose telle que planifiée. ❙ L’importance des effets indésirables peut nécessiter une réduction de la posologie, une interruption temporaire, voire un arrêt de traitement. La posologie sera réduite par palier de 150 mg, deux fois par jour en fonction de la tolérance. Le traitement sera arrêté en cas

d’intolérance à la dose de 300 mg deux fois par jour. ❙ Conseiller l’application d’un écran solaire SPF ≥ 50. ❙ Constipation, œdème, myalgie, éruption cutanée et troubles digestifs sont les effets indésirables les plus fréquents. Une consultation rapide est conseillée en cas de symptômes de pneumopathie. ❙ Les patientes en âge de procréer doivent utiliser une méthode contraceptive hautement efficace durant tout le traitement et pendant au moins 3 mois après son arrêt.


S’INFORMERǦ ǦǦ2  Ǧ 



Pour la deuxième année consécutive, les entretiens de Galien se tiendront à Lyon, les 21 et 22 novembre 2018. Espace Tête d’Or - 103 Boulevard de Stalingrad, 69100 Villeurbanne.

Rencontres scientifiques de haut niveau regroupant tous les pharmaciens, officinaux, hospitaliers, universitaires, industriels, biologistes, étudiants en pharmacie, cet évènement s’organisera autour de séances plénières et d’interventions thématiques. Au programme, les enjeux de la sérialisation, les nouvelles missions des pharmaciens d’officine, les traitements de l’hépatite en ville, la chimiothérapie orale, le sevrage tabagique mais aussi santé et intelligence artificielle. Durant ces deux jours, se succéderont experts, professeurs d’université, intervenants de qualité pour penser la pharmacie de demain. Nous vous attendons nombreux, que ce soit pour une journée ou l’ensemble du Congrès.

Attention L’accès au congrès est gratuit mais l’inscription en ligne est obligatoire. Programme complet et inscriptions : www.entretiensdegalien.fr

Entretiens de Galien, 31 rue Mazenod, 69003 LYON SIRET 830 837 290 00014


Officine Banc d’essai

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Les sprays ont du nez Un rhume, un patient, un spray nasal. Cette équation simple se répète chaque hiver et ouvre la porte au conseil associé pour prévenir la récidive. par Anaïs Jeanne

T

out comme la grande variété de virus responsables du rhume, les sprays nasaux indiqués dans cette pathologie se caractérisent par leur multitude. En 2017, les anciennes spécialités Rhinotrophyl et Euvanol dominent toujours le marché et représentent environ un tiers des ventes. Anciennement remboursées, elles bénéficient encore d’une large prescription de la part des médecins. L’usage possible du Rhinotrophyl dès le plus jeune âge contribue également à son succès. En effet, si le rhume affecte l’ensemble de la population, la maladie touche particulièrement les enfants de moins de 6 ans. Les spécialités conseil, mises en avant dans les rayons des officines, se partagent quant à elles les ventes émanant de demandes spontanées d’adultes. La plupart de ces sprays nasaux contiennent des huiles essentielles pour leur pouvoir antiseptique et décongestionnant. Leur usage permet de soulager les symptômes du rhume sans pour autant en réduire la durée. Lors de la vente d’un spray nasal contre le rhume, il convient également de rappeler au patient qu’une contamination microbienne du dispositif est possible dès la première utilisation. L’usage de ces sprays devrait donc se limiter à une personne pour la durée d’un épisode viral ; l’usage d’un seul et unique spray pour toute la famille pendant la période hivernale est à proscrire.

RHINOTROPHYL (Jolly-Jatel)

Prévenir la récidive En plus d’être multiples, les virus responsables du rhume sont également très contagieux. Le conseil d’un traitement symptomatique de la pathologie (décongestionnant oral + spray nasal) gagne donc à être étendu à la prévention. L’intérêt pour le patient est alors de limiter le nombre de récidives au cours de l’hiver. Plusieurs options sont disponibles, à commencer par l’homéopathie (Oscilloccinum) ou encore l’oligothérapie avec le cuivre et/ou le soufre. Le recours aux probiotiques (Immunostim…) ou à la phytothérapie avec l’échinacée pour stimuler le système immunitaire constitue aussi une alternative adaptée. Certains produits, comme la solution buvable Ergymunyl (Nutergia), associent même la phytothérapie et l’oligothérapie. Enfin, l’aromathérapie n’est pas en reste sur ce segment : la diffusion d’huiles essentielles telles que le citron ou le ravintsara permet d’assainir l’atmosphère en période d’épidémie. En résumé, la demande d’un spray nasal pour le rhume est une porte ouverte au conseil. À vous d’en saisir l’opportunité ! x

Principes actifs : huiles essentielles de géranium déterpénée et de niaouli purifiée, camphre synthétique, bromure de benzalkonium.

60 I No 1303 I Septembre-Octobre 2018

Flacon : 12 ml / ACL : 3400921629880 / PMC : 4 € Le flacon de 20 ml reste disponible jusqu’à écoulement des stocks. ACL : 3400930310269 / PMC : 4,96 € À TOUT ÂGE Principe actif : acide ténoïque. ON AIME L’action antiseptique et décongestionnante de l’acide ténoïque, l’usage possible à tout âge ainsi que l’absence d’odeur prononcée du produit. ON REGRETTE Le packaging vieillot et l’absence d’indications relatives au bon usage sur le flacon.

EUVANOL (Merck) Flacon : 15 ml / ACL : 3400931813507 / PMC : 5,42 € CAMPHRÉ

ON AIME Les propriétés antiseptiques et anticatarrhales des huiles essentielles, l’action décongestionnante ressentie dès la première utilisation ainsi que la lisibilité des informations principales apposées sur l’emballage cartonné et le flacon. ON REGRETTE La mention relative à la limite d’âge (à partir de 30 mois) n’est pas accompagnée d’un pictogramme pour être plus lisible.


Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

PHYTOSUN SPRAY NASAL (Omega Pharma) Flacon : 20 ml / ACL : 3595899930837 / PMC : 7,72 € NATUREL Principes actifs : eau de mer hypertonique, huiles essentielles d’eucalyptus globuleux, de niaouli, extrait de menthe sauvage. ON AIME Les propriétés anti-infectieuses, anti-inflammatoires et anticatarrhales des huiles essentielles associées à l’action décongestionnante de l’eau de mer hypertonique, ainsi que la sensation de fraîcheur immédiate procurée par l’extrait de menthe sauvage.

Banc d’essai Officine PRORHINEL EXTRA EUCALYPTUS (Novartis) Flacon : 20 ml / ACL : 3401052068647 / PMC : 7,03 € EFFET DE GAMME Principes actifs : eau de mer hypertonique, huile essentielle d’eucalyptus globuleux, extrait de menthe des champs. ON AIME La formule naturelle similaire à celle du spray Phytosun,

le packaging percutant qui affiche clairement les actions du produit ainsi que l’appartenance revendiquée à la marque Prorhinel, ce qui facilite les ventes. ON REGRETTE L’usage limité aux personnes de plus de 6 ans ainsi que l’absence d’indication relative à la posologie sur la face principale du packaging.

PHOTOS SEBASTIAN SCHEFFEL

ON REGRETTE L’usage limité aux personnes de plus de 6 ans et le recours excessif à la couleur verte sur l’emballage qui brouille la mise en avant de l’information relative au délai d’action sur la face principale de la boîte.

NÉCYRANE (Pierre Fabre) Flacon : 10 ml / ACL : 3400930705155 / PMC : 5,78 € ANTISEPTIQUE Principe actif : ritiométan magnésien. ON AIME La lisibilité de l’indication et de la limite d’âge sur le packaging ainsi que la sensation de fraîcheur immédiate du spray grâce à l’eucalyptol contenu dans la formule. ON REGRETTE L’absence d’actif décongestionnant ainsi que le manque d’information relative à la posologie sur l’emballage cartonné et sur le flacon.

NOTABENE PMC = prix moyen constaté. Les produits présentés ici sont les plus vendus sur ce marché, selon le panel FSPF-Pharmastat. Septembre-Octobre 2018 I No 1303 I 61


THÈMES 2018 pris en charge par le FIF-PL Pour toute demande de prise en charge : www.fifpl.fr

PHARMACIENS (4773 Z - Commerce de détail de produits pharmaceutiques en magasin spécialisé)

• Prise en charge annuelle et par professionnel plafonnée à 1 400 € maximum dans la limite du budget de la profession. • Prise en charge au coût réel par professionnel limitée à 350 € par jour de formation et plafonnée à 1 400 € par an et par professionnel pour les formations prioritaires, (prise en charge au coût réel plafonnée à 350 € par EPU). • Prise en charge au coût réel plafonnée à 150 € par jour et limitée à 450 € par an et par professionnel pour les formations non prioritaires, en déduction du forfait de prise en charge des formations prioritaires.

Seules les formations soumises à la Commission professionnelle des pharmaciens peuvent faire l’objet d’une prise en charge.

THÈMES PRIORITAIRES

Toute formation liée à la pratique professionnelle DIPLÔMES UNIVERSITAIRES

• Diététique et nutrithérapie • Gérontologie • Homéopathie • Médication, conseil à l’officine • Maintien à domicile • Mycologie • Orthopédie • Pathologie • Audio-prothèse • Optique • Pharmacie clinique • Thérapeutique • Vétérinaire EPU

• EPU • APEPPU • Formation continue des pharmaciens QUALITÉ DE L’ACTE PHARMACEUTIQUE

• Officiqual • Ordoqual • Endoqual • Qualité acte pharmaceutique • Évaluation de la qualité des soins et de la pratique professionnelle dans le cadre de la Haute Autorité de santé

MYCOLOGIE

SÉMIOLOGIE / PATHOLOGIE

• Pathologies • Maladies cancéreuses • Pédiatrie • Dermatologie

LÉGISLATION PHARMACEUTIQUE LIÉE À L’ACTE FORMATION DE COORDONATEUR DE SANTÉ EN GÉRIATRIE

THÉRAPEUTIQUE À L’OFFICINE

• Thérapeutique • Diététique • Phytothérapie • Homéopathie • Médication officinale • Médication familiale • Médicaments à prescriptions restreintes • Prothèses capillaires • Cosmétiques • Dermo cosmétique • Gynécologie • Pharmacologie ORTHOPÉDIE

• Véhicules pour handicapés physiques • Orthèses • Thermoformables VÉTÉRINAIRE PRISE EN CHARGE DU PATIENT

• Maintien à domicile • Intégration du pharmacien dans un réseau • Dossier pharmaceutique (demi-journée) • Éducation thérapeutique du patient • Accompagnement du patient : suivi et entretien

• Gestes et soins de premiers secours et d’urgence

FORMATIONS NON PRIORITAIRES

Toute formation relative à l’exercice professionnel Attention, la liste ci-dessous est non exhaustive

APPROCHE GLOBALE DE L’EXERCICE OFFICINAL

• Communication • Gestion • Gestion des ressources humaines • Juridique • Langues • Management • Informatique bureautique

et Internet (hormis les formations sur site et pro-logiciels) • Le pharmacien face aux risques ATTENTION ! Sont éligibles les formations d’une durée minimale de 6 h, soit sur une journée, soit par 3 modules successifs de 2 h ou par 2 modules successifs de 3 h. Sont également éligibles les formations d’une durée minimale de 4 h correspondant à une prise en charge d’une demi-journée.

• •

Rappel : Aucun organisme de formation ne peut être agréé ou sélectionné par le FIF-PL ; seuls des thèmes de formations peuvent être présentés.

Attention : A compter du 1er juillet 2018, seules les formations dispensées par des organismes de formation référencés DATADOCK et dont le programme répond aux critères de la profession concernée, pourront être prises en charge par le FIF PL.


Aperçu Officine

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

L’essentiel en poche Mise au point par deux pharmacologues, l’application DocaMED synthétise les informations sur les médicaments et leurs indications thérapeutiques. Toutes les données mises à jour de manière hebdomadaire proviennent d’instances et d’institutions officielles et sont autant destinées à servir d’aide à la prescription qu’à l’analyse et la validation pharmaceutique. Disponible sous iOS et Android, DocaMED se décline également sous la forme d’un site internet. Gratuit après inscription pour les professionnels de santé. ❙

Juste une mise au point sur Lyme Un ouvrage qui dépassionne le débat pour s’en tenir aux faits est toujours bienvenu. Alors qu’elle divise toujours autant les spécialistes, que ce soit sur son diagnostic ou sur les traitements à administrer, la maladie de Lyme n’en continue pas moins d’affecter des milliers de personnes en France qui ne savent bien souvent plus qui croire ni à qui s’adresser. L’objectif ici est de leur exposer un état des lieux rigoureux qui s’appuie sur l’observation des patients, des recherches en laboratoire et des études épidémiologiques internationales pour démêler le vrai du faux, les faits des hypothèses et les aider à y voir plus clair. ❙ La Maladie de Lyme, au-delà de la polémique, Yves Hansmann, Solar Éditions, 268 p., 19,50 €.

Les clés de l’apprentissage

M

édecins de rééducation et spécialistes en neurosciences cognitives, les deux auteurs s’appuient sur les résultats des recherches les plus récentes pour décrire toutes les étapes du développement du cerveau de l’enfant et donner de nouveaux repères pour stimuler les tout-petits à des moments précis de leur apprentissage. Adoptant une approche synthétique et un langage accessible aux parents, l’ouvrage s’appuie sur des exemples précis, des infographies détaillées, et offre de nombreuses réponses aux

questions les plus fréquentes que peuvent se poser les parents en fonction de l’âge de leur progéniture : « Est-il utile de faire écouter de la musique à mon bébé avant ou dès sa naissance ? », «  Dois-je m’inquiéter si mon bébé ne semble pas réagir quand je lui parle ?  », « Est-il vrai qu’il ne faille proposer aucun écran aux enfants avant 3 ans ? »… Passionnant, instructif et bien souvent déculpabilisant ! ❙

Haro sur les psychotropes Après s’être déjà illustrés en 2012 avec leur Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux, les professeurs Philippe Even et Bernard Debré s’en prennent cette fois aux antidépresseurs. Accusées d’être la plupart du temps, et au mieux, inefficaces, ces molécules seraient surprescrites et n’empêcheraient aucunement la progression des suicides. Pour les auteurs, ce sont surtout aux causes sociétales de la dépression qu'il est aujourd’hui urgent de s'attaquer. ❙ Dépressions, antidépresseurs : le guide. Psychotropes et drogues : efficacité, danger, contre-indications, Philippe Even et Bernard Debré, Le Cherche-Midi, 396 p., 21 €.

Dans le cerveau de mon enfant. La révolution des neurosciences, Michèle Mazeau et Alain Pouhet, Horay, 208 p., 17,90 €.

Coup de chaud Leptospirose, toxoplasmose amazonienne, fièvre Q ou envenimations par morsure de serpent évoquent plus certainement les tropiques que les bords de Loire. C’est précisément dans l’optique de mieux faire connaître ces pathologies de pratique courante en Guyane que trois internes locaux ont décidé de réaliser plusieurs petits films didactiques sous l’appellation Le Caducée tropical. Au nombre de cinq à l’heure où nous écrivons ces lignes, on peut les visionner gratuitement sur la page YouTube intitulée « La Médecine en Guyane ». ❙ Septembre-Octobre 2018 I No 1303 I 63


À VOTRE SANTÉ ! par Martin Vidberg

Surpopulation médicale À force d’augmenter les numerus clausus, voire de carrément les supprimer, l’avenir risque bien de réserver quelques surprises…

Retrouvez toute l’information sur www.lepharmaciendefrance.fr 64 I No 1303 I Septembre-Octobre 2018


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Le Pharmacien de France n° 1303 (complet)  
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