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L’INTERVIEW

« Il ne faut pas la jouer perso » Pierre Auphelle, UNPDM

aRM a CIeN DEFRANCE

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Le PHaRMaCIeN

Quand t’es dans le désert…

Un nid de vieux coucous

Bien préparer le sportif à l’effort

DÉCRYPTAGE P. 22

ENQUÊTE P. 30

BANC D’ESSAI P. 50

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w w w. l e p h a r m a c i e n . f r

DEFRANCE No 1260 MAI 2014

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L’Éditorial

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

À votre service !

Jocelyne Wittevrongel

© Miguel Medina

Directrice de la rédaction du Pharmacien de France

No 1260 I 55e année I 02/05/14 ISSN 0031-6938 I CPPAP : 0217 T 81323 www.lepharmacien.fr LE PHARMACIEN DE FRANCE 13, rue Ballu, 75311 Paris Cedex 09 Tél. : 01 42 81 15 96 Télécopie : 01 42 81 96 61

PO4082-11/13

DIRECTEUR de la publication : Éric Garnier DIRECTRICE DE LA RÉDACTION : Jocelyne Wittevrongel RÉDACTEUR EN CHEF : Laurent Simon (lsimon@lepharmacien.fr) RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE : Anne-Laure Mercier (almercier@lepharmacien.fr) RÉDACTeurs : Élise Brunet (ebrunet@lepharmacien.fr) I Gabriel Bourovitch (gbourovitch@lepharmacien.fr) secrétaire de rédaction : Joséphine Volat (jvolat@lepharmacien.fr) Ont collaboré à ce numéro : Anaïs Bellan I Claire Grevot I Charline Gomo créatioN et réalisation : Rampazzo & Associés www.rampazzo.com - blog.rampazzo.com correction : Francys Gramet IMPRESSION : Lescure Théol 27120 Douains ILLUSTRATIONS : Photos : Miguel Medina I Raphaël Dautigny Dessins : Martin Vidberg Infographie Conseil : Pascal Marseaud DIRECTEUR commercial ET RESPONSABLE DE LA PUBLICITÉ : Christophe Bentz (cbentz@lepharmacien.fr) Tél. : 01 42 81 56 85 Fax : 01 42 81 96 61

V

ous le savez tous Vous aider : c’est avec cette idée en tête que mais la lecture nous avons lancé, en partenariat avec Utip de ce numéro du innovations et FormUtip, le « DPC à la page ». Pharmacien de La partie cognitive de cette formation est assuFrance vous le rée par les cahiers de formation en supplément confirmera : ce début d’année de chaque numéro – vous trouverez d’ailleurs 2014 ne laisse de répit à personne. Honoraires, le premier volet du « Diabète autrement » avec génériques, plan d’économies, nouvelles mis- ce magazine. L’évaluation des pratiques prosions… Même si, à trop l’utiliser, l’expression fessionnelles, la validation des acquis et l’améa été vidée de son sens, je la tente quand même : lioration des pratiques sont gérées directement la profession est à un tournant. par Utip. La validation de votre DPC et de celui Le magazine que vous tenez entre les mains de vos collaborateurs – adjoints et préparateurs témoigne tous les mois des évolutions et révo- compris – est donc à portée de main. Seul ou lutions de l’officine, avec son ton, son look, son avec votre équipe, formez-vous à votre rythme style et sa ligne éditoriale. Proche de la FSPF, et à celui de votre officine. Ce programme a été Le Pharmacien de France offre une proposition pensé par des pharmaciens pour les pharmaunique dans le paysage de la presse officinale : ciens… et leurs collaborateurs. du journalisme de qualité assuré par une équipe Dernière nouveauté : cette année, nous avons de rédacteurs experts, associé à la proximité mis en place un prix de thèse en partenariat d’une des principales avec l’Association nationale sources d’information de des étudiants en pharma« Le DPC à la page   la profession. Notre ambicie. Les visions du métier a été pensé par des tion est simple : réussir le et les échanges avec nos pharmaciens pour pari de l’indépendance et futurs confrères sont bien de la qualité au service des des pharmaciens. » évidemment indispensables pour construire pharmaciens. Dans chaque numéro, vous trouverez le notre avenir. Qu’on se le meilleur des informations de la santé et de la dise : en ces temps de performance économique pharmacie, rendues accessibles à tous. Vous et professionnelle, un bon officinal est un offile constaterez : l’avenir d’une profession se lit cinal parfaitement formé et informé. Quand, à souvent dans son actualité ! Mais le tour d’ho- la fin de cette année, il sera temps d’en dresser rizon ne serait pas complet sans les pages le bilan, nous n’espérons qu’une chose : que Officine destinées à vous guider dans votre Le Pharmacien de France aura fait pencher la fonctionnement entrepreneurial. balance du bon côté.

ABONNEMENTS : Tél. : 01 42 81 15 96 L’abonnement d’un an France-Corse : 90 € TTC I Guyane : 86,76 € TTC Guadeloupe, Martinique, Réunion : 88,26 € Étranger : 154 € I Achat au numéro : 12 € TTC I Certificat d’inscription à la Commission paritaire de la presse : no 0217 T 81323 ORGANE D’INFORMATIONS SCIENTIFIQUES ET PROFESSIONNELLES PHARMACEUTIQUES Le Pharmacien de France est édité par la SARL « Le Pharmacien de France ». Siège : 13, rue Ballu, 75311 Paris Cedex 09. Durée 99 ans à compter de 1977 Capital : 93 000 euros I Cogérants : Éric Garnier I Jocelyne Wittevrongel I Date du contrôle OJD : 14/11/2013.

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Mai 2014 I No 1260 I 1

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La chaîne du froid nouvelle génération !

Répartition • Soins à la personne • Services aux pharmaciens • Services à l’industrie

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mai 2014 Sommaire

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Actualité

Santé

Officine

NORD-PASDE-CALAIS

11,8 % (256) BASSENORMANDIE

HAUTENORMANDIE

BRETAGNE

PICARDIE

9,4 %

9,6% (91)

16,6%

(88)

ÎLE-DE-FRANCE CHAMPAGNEARDENNE

(111)

11,5%

17,7 % (283)

LORRAINE

10,5 % (127)

9,9 %

(762)

ALSACE

9,4 % (96)

(70)

PAYS DE LA LOIRE

18,5 %

CENTRE

(313)

9,3 %

BOURGOGNE

FRANCHE-COMTÉ

8,2 %

9,4 %

(120)

POITOUCHARENTES

13,7 %

14,2%

(128)

(61)

(75)

AUVERGNE LIMOUSIN

13,9 % (106)

RHÔNE-ALPES

11,9 %

(76)

(449)

AQUITAINE

17,3 % (309)

MIDI-PYRÉNÉES

17,5 % (276)

LANGUEDOC-ROUSSILLON

PROVENCE-ALPES CÔTE D’AZUR

17,7 % (305)

15,0 % (455)

16

4

CORSE

8,6 % (15)

L’INTERVIEW Pierre Auphelle : « Il ne faut pas la jouer perso »

8 14

30

30

ENQUÊTE Un nid de vieux coucous

40

33 34

PANORAMA CONSEIL Oxygène portatif pour plaie à vif FICHE CONSEIL Prendre en charge une plaie simple INTERNATIONAL Un mois « d’improbablologie »

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L’ACTU EN BREF LE KIOSQUE 35

16

ENJEUX La fin du plein emploi 38

20

DOSSIERS DE LA FÉDÉ

DÉCRYPTAGE

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46 49

INVESTISSEMENT Les clés d’un merchandising efficace OFFICINE EN BREF NOUVELLES TECHNOLOGIES Utiliser un agenda partagé PRODUITS SUBSTITUONS ! Ésoméprazole

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BANC D’ESSAI Bien préparer le sportif à l’effort

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APERÇU

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CULTURE JEUX DE MOTS

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Quand t’es dans le désert… Tous les moyens sont bons pour recruter un médecin quand la désertification menace. En première ligne face à ce péril, les pharmaciens n’hésitent pas à mettre la main à la pâte, voire à payer de leur poche quand leur mairie rechigne à agir.

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Aides des collectivités locales, subventions de l’Assurance maladie, recrutements de praticiens étrangers : de la Côte d’Albâtre aux causses du Quercy, la survie du réseau officinal passe d’abord par le maintien d’une offre de soins de proximité. À tout prix.

ABONNEZ-VOUS maintenant au Pharmacien de France. Rendez-vous sur www.lepharmacien.fr Ce numéro comporte un encart jeté de 8 pages « DPC Le diabète autrement no 1 » et un supplément « Congrès des pharmaciens » de 4 pages. Mai 2014 I No 1260 I 3

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L’interview

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Marché en pleine expansion, les dispositifs médicaux n’ont pas encore connu le choc de transparence que connaît celui des médicaments. À la clé, des pratiques concurrentielles « limites » qu’évoque avec Le Pharmacien de France un représentant des « petits » prestataires. Propos recueillis par Laurent Simon



Photos Raphaël Dautigny

Pierre Auphelle

« Il ne faut pas la jouer perso » bioexpress Pharmacien diplômé de l’université Paris-V, Pierre Auphelle est président de l’Union nationale des prestataires de dispositifs médicaux (UNPDM), représentant les petites et moyennes entreprises du secteur, dont certains grossistes-répartiteurs et officines. I Depuis 2007 : président de l’UNPDM. I 1987-2007 : président du Synpol, le Syndicat des prestataires de dispositifs médicaux partenaires de l’officine, généralement des filiales de répartiteurs. I 1985-2010 : directeur général de Locapharm, prestataire de matériel médical. I 1982-1985 : conseiller commercial grands comptes chez IMS France, fournisseur de données.

lisent effectivement. Sinon, c'est du gâchis pour la collectivité. Les fonds à disposition doivent être préservés, surtout dans cette période critique. Ce système de téléobservance est donc un projet pilote de la part des pouvoirs publics pour réguler les dépenses dans ce secteur. La PPC est un des postes qui se développe Contrairement aux autres dépenses de ville, les dis- le plus : entre 2011 et 2012, les dépenses ont augpositifs médicaux ont longtemps été tranquilles parce menté de 9 % en termes de remboursement. Ce dosque les dépenses étaient bien inférieures à la médecine sier est emblématique de ce que nous défendons à de ville ou aux médicaments… Cela a changé depuis l'Union nationale des prestataires de dispositifs médiune dizaine d'années : nous caux (UNPDM) : la proximité sommes maintenant soumis à « Il y a des liens avec les patients et le libre choix une sorte de « scannérisation » inavouables entre du prestataire par ce dernier. annuelle afin de maîtriser les dépenses de santé, un but que prestataires et Ne suffirait-il pas de renforcer nous partageons évidemment. prescripteurs. » l’a c c o m p a g n e m e n t d e s Petit à petit, nous y parvenons. patients inobservants ? En 2011 et 2012, l'évolution de Il faut une durée d’utilisation la LPP [liste des produits et prestations remboursables minimale – par jour et par mois – de ces appareils de par l’Assurance maladie et les complémentaires, NDLR] PPC. La surveillance est donc nécessaire en continu : on ne peut décemment pas mettre au pied du patient reste tout de même supérieure à 5 %. 24 heures sur 24, un pharmacien, un professionnel de Le contrôle des dépenses est-il aussi efficace dans santé ou même un technicien, cela n’aurait pas de sens. Un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) pointait en 2010 une explosion des dépenses dans le secteur des dispositifs médicaux (DM). Comment le marché se comporte-t-il depuis ? Le Comité économique des produits de santé (CEPS) a-t-il réussi à infléchir la courbe ?

la LPP que dans le médicament ?

Les Français veulent rester chez eux, surtout en fin de vie, et de nouvelles technologies apparaissent pour répondre à cette demande. La maîtrise de la dépense s'en trouve beaucoup plus compliquée. La régulation par télésurveillance – ou « téléflicage » à entendre les patients – des appareils de pression positive continue (PPC) est-elle un bon exemple de régulation des dépenses ?

Je ne partage pas du tout le terme de téléflicage : c’est quelque chose de légitime ! Il s'agit de la défense de notre assurance maladie ; il faut réserver les traitements à ceux qui en ont besoin et à ceux qui les uti-

Cette téléobservance des patients appareillés pour la PPC va-t-elle être étendue à d’autres secteurs ? Si toutefois le Conseil d’État tranche en sa faveur…

On pourrait l’imaginer dans quasiment toutes les prises en charge au long cours : diabète, nutrition, oxygénothérapie…, dans les dispositifs médicaux comme dans l’observance des médicaments. À votre avis, à quoi sont dues les vives tensions entre les pharmaciens et les grandes entreprises du secteur du maintien à domicile ?

Ce qui nous différencie des autres acteurs du secteur – les grandes entreprises ou le milieu associatif – est

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Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

L’interview que les pharmaciens d’officine n'ont pas le droit de faire de démarchage vis-à-vis des prescripteurs. Je vous rappelle que la LPP n’est pas dans le monopole pharmaceutique. En revanche, les médecins peuvent être visités par les prestataires et se voir présenter leurs services… Certains liens avouables lient prescripteurs et prestataires du secteur mais d’autres le sont moins. Un certain nombre de prescripteurs sont « intéressés » par les prestataires, qui les visitent régulièrement. Les officinaux, eux, ne peuvent pas se faire connaître parce que leur déontologie le leur interdit, ce qui les rend inexistants sur les marchés les plus rentables du secteur, dont celui de la PPC. Les parts de marché de l'officine y sont confidentielles. Les bonnes pratiques de dispensation de l’oxygénothérapie sont actuellement en négociation au sein du CEPS. Quels sont les enjeux pour les pharmaciens et les forces en présence sur le marché ?

Se partagent ce marché : les pharmaciens d’officine, les prestataires « à dimension humaine » et les grands groupes internationaux, tout comme dans les autres domaines de la LPP. L’enjeu des bonnes pratiques est simple : sécuriser la dispensation de l’oxygène, qui est un médicament. Mais en voulant édicter des normes plus sévères, il ne faut pas oublier que l’on pèse sur les charges et les marges des prestataires. Le jeu n’est pas le même pour tous : certaines structures, pour des raisons de relations avec les prescripteurs, ont beaucoup de patients, contrairement à celles que je représente. Pour être clair : nous n’achetons pas les prescriptions mais les mêmes normes nous sont imposées. À vous entendre, il y a donc un désavantage concurrentiel net pour les pharmaciens et autres « petits prestataires ». Quel est l’avis de l’Autorité de la concurrence sur ce sujet ?

L’angle concurrentiel n’a pas été suffisamment pris en compte par les pouvoirs publics, en particulier les distorsions de concurrence que nous constatons. Faites-vous allusion aux détournements d’ordonnances que dénoncent les syndicats de pharmaciens depuis quelques années ? En quoi consistent-ils ?

Dans un circuit normal, le médecin remet l’ordonnance au patient, qui va ensuite voir le prestataire de son choix. Or aujourd’hui, certains prescripteurs, particulièrement dans certains marchés comme celui de la PPC, ne remettent pas l’ordonnance au patient, mais directement au prestataire. Certains le font en toute bonne foi, d’autres ont été démarchés par divers prestataires vers qui ils redirigent les patients. On a de nombreuses fois constaté des conflits d’intérêts lors des commissions paritaires que nous tenons avec III l’Assurance maladie. Mai 2014 I No 1260 I 5

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L’INTERVIEW

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

opposable. Il faut donc sensibiliser sans cesse les pouvoirs publics.

« Si une police du secteur n’est pas instaurée, tout restera lettre morte. »

III

On dirait que le choc de transparence voulu dans le Sunshine Act depuis 2011 n’a pas encore balayé le secteur. Pour quelle raison ?

C’est un domaine qui n’a jamais été sous le feu de l‘actualité : des pratiques diverses ont pu s’y développer en toute impunité. Le Sunshine Act, qui nous concerne aussi, est toutefois très récent : le site internet [pour la déclaration des conflits d’intérêts, NDLR] n’est ouvert que depuis quelques mois. Nous attendons maintenant des contrôles et des vérifications… dans le meilleur des cas. Si une police du secteur n’est pas instaurée, tout cela restera lettre morte. Le même rapport de l’Igas de 2010 pointait justement que « les contrôles […] sur les prescripteurs et les prestataires […] ne sont actuellement [pas] encore opérationnels ». Quatre ans après, toujours rien donc ?

Cela n’a pas évolué. Les contrôles sont toujours aussi peu fréquents : manque de volonté, de temps ou de personnel… je ne connais pas les causes de cette situation. Ne faut-il pas plus s’appuyer sur les avis de la Haute Autorité de santé, qui rend depuis peu des notes de « service attendu » sur les dispositifs médicaux ?

Je ne sais pas si les pouvoirs publics mettront tous les moyens pour évaluer les dispositifs médicaux. La Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé (Cnedimts) évalue les DM à chaque inscription ou renouvellement d’inscription mais pas tous les DM disponibles sur le marché. Ce n’est pas par ce biais-là que nous pourrons réguler le marché. Il y a une grande différence entre le médicament et le DM : les industriels du médicament sont souvent des multinationales dont les processus de fabrication sont automatisés, voire robotisés. Il n’en va pas de même pour nous, qui sommes basés en France avec tous les coûts salariaux qui en découlent. Toute augmentation – baux immobiliers, charges, transports – nous est directement

Les « gros » prestataires du secteur sont-ils mieux armés pour résister à ces baisses de prix grâce aux économies d’échelle qu’ils peuvent réaliser ?

Les gains de productivité sont également possibles chez les petits prestataires mais cela tient à l’investissement de chacun. Je vous rappelle que nous sommes sur un marché où les sollicitations des patients se font parfois directement par des tracts dans leur boîte aux lettres. Pour caricaturer, deux grandes entreprises se partagent aujourd’hui le maintien à domicile dans tous les pays solvables. En France, la part de marché (PDM) des petits prestataires, dont les pharmaciens, représente 40 à 50 %. Mais il y a de grandes disparités entre les secteurs. Si l’on reprend l’exemple de la PPC, les membres de l’UNPDM ne représentent que 10 % de l’ensemble du marché. En revanche dans l’aérosolthérapie ou la périnatalité, nos PDM sont beaucoup plus importantes, puisqu’elles dépassent les 70 %. Pour quelle raison ?

Tout simplement parce que la liberté de choix des patients y est plus respectée. Les prescriptions émanent de très nombreux généralistes qui sont peu visités par les grandes entreprises. Ces ordonnances sont remises directement aux patients qui vont ensuite choisir leur prestataire. La rentabilité étant moins au rendez-vous, les appétits y sont également moins aiguisés. Comment la situation va-t-elle évoluer dans les prochaines années ? Le chiffre d’affaires du secteur va-t-il continuer de croître ?

Le marché va avoir tendance à se concentrer parce que les pouvoirs publics veulent moins de prestataires. Les petits entreront en résistance, pour ceux qui en auront la volonté, en renforçant l’écoute du patient, la proximité, le savoir-faire et le faire-savoir. Ma conviction personnelle est qu’une partie n’est jamais perdue tant qu’on reste dans le jeu. Mais les tendances au regroupement sont fortes et il existe un risque réel pour nos adhérents s’ils ne se montrent pas combatifs. Or les pharmaciens ne sont pas suffisamment conscients des enjeux et ne s’impliquent pas assez. Ordre et syndicats doivent travailler main dans la main. Il faut se rappeler que la LPP, c’est avant tout l’accès au malade, le fait de sortir de nos magasins et de revenir sur un plan d’égalité avec les infirmiers, les kinésithérapeutes, voire les médecins. La force des pharmaciens, c’est leur réseau de 22 000 officines. Le problème est que beaucoup la jouent « perso »… Face à des multinationales, c’est une erreur stratégique. ❙

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Actualité En bref

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

ils l’ont dit

INTERPRO ❙❙Près de 30 000 infirmiers ont voté aux élections ordinales départementales. L’Ordre national des infirmiers (ONI) s’est félicité du taux de participation, « largement en hausse » : 22 %, contre 14 % en 2008. Le scrutin, organisé entre le 18 mars et le 3 avril, était réservé aux seuls inscrits au tableau et boycotté par les syndicats. L’organisation Résilience, opposée à l’ONI, relève que le nombre de votants ne représente que 6 % du demi-million d’infirmiers appelés à participer aux précédentes élections. ❙❙Le collectif des sagesfemmes a relancé son appel à la grève. Le mouvement entamé en octobre dernier s’est poursuivi par une nouvelle semaine d’actions, culminant par un « jeudi noir » le 17 avril. La création d’un statut de « sagefemme des hôpitaux » et les autres mesures annoncées début mars par la ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine n’ont pas apaisé le climat. ❙❙Les médecins généralistes ont perçu en moyenne 5 774 euros au titre de la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) en 2013. Spécialistes inclus, plus de 85 000 praticiens se sont partagé 341 millions d’euros, soit 20 % de plus qu’en 2012. ❙❙Psychiatres et médecins généralistes ont leur charte de partenariat. Ce document, élaboré par le Collège de médecine générale et la Conférence nationale des présidents de commission médicale des établissements spécialisés, met l’accent sur la transmission d’informations au médecin traitant, reconnu comme le principal prescripteur.

« À aucun moment je n’ai donc été en situation de conflit d’intérêts. » Aquilino Morelle, ancien conseiller politique du président de la République, répondant sur sa page Facebook aux révélations de Mediapart quant à son activité de conseil pour le laboratoire Lundbeck en 2007.

Cyril Gosset, avocat représentant la Mutualité sociale agricole (MSA) et le Régime social des indépendants (RSI) au procès Mediator.

DR

© Miguel Medina

Marisol Touraine, réagissant sur France Inter à la mort de Jacques Servier, président fondateur du groupe mis en cause dans l’affaire Mediator.

« Juridiquement, il [Jacques Servier, NDLR] ne sera pas jugé et restera donc innocent. »

DR

« Ce scandale a marqué notre pays et on ne peut pas ne pas avoir aussi une pensée pour les victimes. »

antibiotiques

Les vétos raflent la remise Le projet de loi d’avenir pour l’agriculture est le théâtre d’un joli tour de passe-passe.

L

e projet de loi d’avenir pour l’agriculture, sorti du Sénat le 15 avril, n’est pas de bon augure pour la situation économique de certaines officines rurales. Son article 20 interdit tout bonnement les remises, rabais, ristournes, unités gratuites « et toutes pratiques équivalentes » consentis par les

laboratoires lors de la vente de médicaments vétérinaires « contenant une ou plusieurs substances antibiotiques ». Un amendement a tenté d’exclure les pharmaciens de cette disposition, en vain. S’y ajoute l’interdiction de pratiquer des prix différenciés selon la catégorie des clients auxquels seront vendus les antibiotiques. En revanche, le plafonnement à 15 % des marges avant sur les antibiotiques critiques – dont la liste sera fixée par

arrêté – a été levé. Une victoire revendiquée par le Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral qui a défendu qu’« une limitation des marges induirait une baisse des prix, favorable à l’usage de ces médicaments et défavorable aux solutions alternatives » ! Très fort. Les quelques pharmaciens encore impliqués dans le vétérinaire pourront en tout cas en bénéficier, aussi. Le texte entre en deuxième lecture à l’Assemblée nationale. ❙

génériques

mediator

Alors que les pharmaciens renégocient avec le gouvernement leur rémunération sur les génériques, sur fond de plan d’économies pour la période 2015-2017, les grossistes-répartiteurs veulent suivre le mouvement. Selon Hubert Olivier, président de la Chambre syndicale de la répartition pharmaceutique, également dirigeant d’OCP France, « la répartition voit sa rémunération divisée par deux en moyenne, passant de 0,76 euro à 0,30 euro par boîte [à chaque substitution, NDLR]. Nous sommes en dessous de nos coûts de production. » Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales sur la distribution en gros est attendu pour le printemps. ❙

Malgré le décès de Jacques Servier à 92 ans le 16 avril dernier, les procédures menées par plusieurs milliers de parties civiles continueront sans le fondateur du groupe du même nom, même si les poursuites à son encontre se sont éteintes. Deux informations judiciaires ont été ouvertes au tribunal de grande instance de Paris (6 000 parties civiles) pour « tromperie aggravée, escroquerie, prise illégale d’intérêts » et « homicides et blessures involontaires ». Plus une autre à Nanterre (650 plaignants) pour « tromperie aggravée ». Un nouveau calendrier d’audience sera fixé mi-mai à Nanterre et les procès parisiens s’ouvriront au premier trimestre 2015. ❙

Les grossistes en pâtissent

Les procès continuent

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En bref Actualité

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

REPÈRES

1,6

10 %

14 730 1 850 tonnes

pharmacies

Ce sont les économies générées par les génériques en 2013, selon l’Assurance maladie, qui promet des actions sur le « nonsubstituable » en 2014, qu’elle estime à « 4 % ou 5 % » des prescriptions.

dans cinq ans, c’est l’objectif que s’est fixé la plateforme en ligne Doctipharma, filiale de Doctissimo.fr. Le site travaille pour l’instant avec une petite dizaine d’officines pour couvrir le territoire.

C’est la quantité de médicaments non utilisés collectés par Cyclamed l’an dernier, en progression de 3,2 % par rapport à 2012. Première région au palmarès, le Limousin, avec 397 g par habitant.

en France, indépendantes ou adhérentes à un groupement, étaient titulaires de la certification ISO 9001/QMS Pharma au 4 avril dernier.

milliard d’euros

de parts de marché

(Source : Pharma Système Qualité)

L’IMAGE DUMOIS

« Trio de choc »

© DICOM/JACKY D.FRENOY

Marisol Touraine était entourée de ses deux nouvelles secrétaires d’État, Ségolène Neuville (Handicap, Exclusion, à gauche) et Laurence Rossignol (Famille, Personnes âgées, Autonomie, à droite) peu après leur nomination. La ministre des Affaires sociales salué sur Twitter la réunion de ce « trio de choc ». Pour l’instant, le choc se fait surtout ressentir pour les sortantes, à commencer par Michèle Delaunay.

LAQUESTIONDUMOIS

Êtes-vous favorable au maintien du numerus clausus en pharmacie ? 3% 9% Vous plébiscitez le numerus clausus ! Certainement rassurés par le fait que cette barrière à l’entrée en faculté empêche un afflux de pharmaciens, vous êtes 68 % à soutenir le système actuel, pourtant remis en cause par l’Ordre des pharmaciens et contourné par des formations privées, comme le Centre libre d’enseignement supérieur international basé à Toulon. À tel point que seule une petite minorité (9 %) est prête à envisager sa dispa-

rition pure et simple. Le compromis tenté depuis plusieurs années, à savoir former plus d’étudiants, a les faveurs de 20 % du panel. Une chose est sûre : les choses bougent vite. Des expérimentations lancées dans les facultés de SaintÉtienne, Paris, Rouen et Strasbourg vont permettre de recruter les meilleurs éléments dans certaines licences. Un contournement du numerus clausus tout à fait officiel, lui.

Non, ce système est obsolète

Ne sait pas/Ne se prononce pas

68 % 20 %

Oui le système actuel est satisfaisant

Oui mais il faut former plus de pharmaciens

Source : questionnaire administré en ligne sur un panel de 495 répondants entre le 15/04/2014 et le 18/04/2014.

Mai 2014 I No 1260 I 9

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Actualité En bref

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

ce qu’ils ils l’ont dit ont dit « Il eût été courtois qu’elle m’appelle avant. Objectivement, c’est désagréable. »

« Un Leem qui échange, discute, ouvre les bras [mais] être dans l’ouverture ne signifie pas être mou. »

Michèle Delaunay, l’ancienne ministre déléguée aux Personnes âgées, regrette avoir appris par un tweet l’identité des deux secrétaires d’État désormais sous la tutelle de la toujours ministre de la Santé Marisol Touraine.

remboursement

Axa opportuniste sur la méningite B L’assureur Axa a profité de la Semaine européenne de la vaccination pour annoncer le remboursement de Bexsero (Novartis) aux bénéficiaires de ses contrats complémentaires santé. Depuis le 24 avril, le vaccin méningococcique B est ainsi pris en charge – sur prescription – à 80 % de son prix conseillé, soit 95 euros pour une dose. Un coup marketing à peu de frais, puisque la recommandation reste limitée aux patients à risque et aux épisodes épidémiques. Le laboratoire espère par ailleurs que son médicament sera remboursé par l’Assurance maladie avant la fin de l’année. ❙

DR

La stratégie nationale de l’Ordre Pour abonder à la stratégie nationale de santé (SNS) l’Ordre propose notamment de vacciner à l’officine !

P

lus qu’une restructuration du système de santé, la SNS s’annonce comme un catalogue de mesures d’inégale importance. Pour les pharmaciens, outre les propositions faites par la FSPF (voir Le Pharmacien de France, no 1259, p. 26), l’Ordre s’avance à son tour. Parmi ses 31 propositions, quelques-

unes retiennent l’attention, en particulier la possibilité de pratiquer des rappels de vaccination à l’officine « dans des locaux adaptés », précise l’Ordre. Grippe, DTP…, « le gouvernement devra expérimenter ». Et éviter l’ire des médecins. Par ailleurs, l’Ordre préconise une prolongation « à un mois » plutôt que de restreindre à une boîte les renouvellements d’urgence en cas de maladie chronique. Ainsi que des aménagements, en particulier concernant l’intégration fiscale des holdings de pharmaciens (SPFPL), ou une suppression du délai de cinq ans interdisant tout mouvement après un transfert ou un regroupement. ❙

formation

Le DPC victime de son succès C’était prévisible : les budgets de formation de l’organisme gestionnaire du développement professionnel continu (OGDPC) seront « insuffisants ». Le 17 avril, le bureau de surveillance de l’OGDPC a tiré la sonnette d’alarme : « l’ensemble des professionnels de santé ne pourra répondre à l’obligation […] d’effectuer annuellement leur DPC pour des raisons purement budgétaires ». L’organisme, qui promet des mesures pour juin, ne disposerait de budget que jusqu’à septembre.

DR

Les nouveaux anticoagulants oraux – dabigatran, rivaroxaban et apixaban – sont surveillés comme le lait sur le feu par l’Assurance maladie et l’Agence nationale de sécurité du médicament. Cette dernière, dans un rapport paru fin avril, pointe une stabilisation des prescriptions de Pradaxa et Xarelto fin 2013. L’ANSM la lie aux « actions de sensibilisation » menées par les autorités sanitaires, inquiètes de voir exploser les prescriptions de ces molécules onéreuses aux effets indésirables encore mal cernés. ❙

santé

© MIGUEL MEDINA

Accalmie sur les Naco

Philippe Aghion, professeur d’économie à l’université d’Harvard.

Patrick Errard, président du Leem (Les Entreprises du médicament), à une soirée débat de l’Association des cadres de l’industrie pharmaceutique.

© JLThevenet

DR

prescription

« Le gouvernement reste dans une logique de coup de rabot dans la dépense publique. »

Il s’est pourtant fixé pour objectif de former 40 % de plus de professionnels pour 2014, après une année 2013 encore transitoire. Reste à trouver des sources de financement supplémentaires pour 2014 et 2015, sous peine de devoir couper dans les forfaits de formation

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ou les indemnités de perte de ressources versées aux professionnels. Peu de chances en effet que l’industrie accepte de voir sa contribution au DPC augmenter sans rechigner. En attendant, les professionnels se forment en masse à tel point que, mi-avril, l’OGDPC leur a adressé un courrier où il s’excuse que « l’afflux de dossiers d’organismes de DPC réceptionnés fin 2013 et début 2014 a engendré une montée en charge du travail » et un « retard […] dans le paiement des indemnités ». Un peu de patience, donc !

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Actualité

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

REPÈRES

66 %

6 100

34 707 1,4 euros par an

milliard d’euros

font confiance aux génériques mais ils sont 83 % à faire confiance au princeps, selon l’observatoire Ifop-Leem. On retrouve la même différence entre l’OTC – 66 % de confiance – et les médicaments remboursés (88 %).

C’est le montant moyen de la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) qui sera versée aux officines au titre de la substitution dans le Répertoire pour l’année 2013.

C’est le coût total d’une place d’hébergement permanent en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), couvert par les résidents et leur famille, les conseils généraux et l’Assurance maladie.

C’est le montant de la sousexécution de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) en 2013, principalement imputable aux soins de ville (1,05 milliard d’euros), selon le Comité d’alerte des dépenses d’assurance maladie.

des Français

euros

biosimilaires

désertification

En Allemagne, un modèle Le Loiret s’en remet sans pharmaciens aux médecins retraités

DR

Facturation

Historique

Transmission

P

our remédier à la pénurie de praticiens, le conseil général du Loiret a lancé le 17 avril une campagne de recrutement visant quelque 500 libéraux retraités, en partenariat avec le conseil départemental de l’Ordre des médecins. « Quand on est en difficulté, il faut savoir faire preuve d’originalité pour sortir des sentiers battus », a expliqué le président (UMP) du conseil général, Éric Doligé. Faute de candidats, seuls 12 postes sur 25 sont actuellement pourvus au sein des services du département. L’appel aux réservistes vise à compenser cette lacune par « une mobilisation de plusieurs heures mensuelles, sous forme de contrat vacataire ». Si cette initiative inédite atteint son objectif, elle devrait faire des émules dans d’autres zones menacées de désertification médicale, où le recours aux médecins à diplômes étrangers reste fréquent (voir « Décryptage », p. 22). ❙ DR

L

a substitution par les pharmaciens des médicaments biologiques par leurs biosimilaires fait débat. Dans un rapport, publié avec le « soutien institutionnel » du laboratoire Amgen, le professeur d’économie Claude Le Pen qualifie le modèle germanique de « référence en la matière ». La part de marché (en unités) des biosimilaires du filgrastim, de la somatropine et de l’EPO y dépasse 50 % sans aucun dispositif de substitution officinale. La procédure française, d’une « extrême complexité », ne serait donc « ni nécessaire, ni suffisante » et pourrait même s’avérer contreproductive. Mieux vaudrait s’inspirer des quotas régionaux appliqués outre-Rhin, en intégrant la prescription des biosimilaires dans la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) des médecins. En outre, l’incitation financière des pharmaciens « réduirait fortement l’intérêt économique de la substitution ». ❙ AP OPUS Nlle Interface_230x100_avril2014_Mise en page 1 23/04/14 09:05 Page1

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Actualité En bref

laboratoires ❙❙Novartis Pharma prépare un plan social en France. Une trentaine de postes seront supprimés au siège et parmi les délégués hospitaliers. De plus, une douzaine d’emplois d’attachés de recherche clinique seront externalisés. Les négociations avec les syndicats pourraient s’achever avant l’été. ❙❙Les syndicats ont approuvé le plan social de GSK France. Sur les 132 postes initialement visés au siège, dans les fonctions support et la visite médicale, une vingtaine seront finalement conservés. La direction s’est engagée à faire face à des pénalités si des emplois restaient non pourvus après le plan social.

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

nominations x Le Dr Chantal Bélorgey retourne à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), en tant que directrice des médicaments en oncologie, hématologie, immunologie et néphrologie. Elle y avait travaillé de 1993 à juin 2012, avant de rejoindre le cabinet de la ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine. x Laurence Rossignol a été nommée secrétaire d’État à la Famille, aux Personnes âgées et à l’Autonomie. Sénatrice de l’Oise depuis 2011, elle

travaillait auparavant pour La Mutuelle des étudiants (LMDE). Son directeur de cabinet, l’énarque Étienne Champion, arrive du ministère de l’Égalité des territoires et du Logement. x Cécile Courrèges a été nommée conseillère technique pour la santé et l’autonomie au cabinet du Premier ministre Manuel Valls. Elle exerçait la même fonction auprès de Jean-Marc Ayrault depuis mai 2012. Auparavant, elle avait dirigé l’agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne, puis l’Institut national du cancer (Inca).

x Alain Guilleminot devient président d’Utip Association, conjointement avec Thierry Barthelmé qui assurait jusque-là seul la présidence. x Danièle Desclerc-Dulac a été élue présidente du Comité interassociatif sur la santé (Ciss), lors d’un conseil d’administration de l’association fin mars. Jusqu’alors secrétaire générale et ex-présidente de l’association SOS hépatites, elle remplace à ce poste Claude Rambaud, qui devient vice-présidente du Ciss.

À votre santé ! par Martin Vidberg

Diagnostic de crise Quand les caisses se vident, la solution la plus simple est encore de n’avoir que des maladies qui ne coûtent pas cher.

❙❙Pendant ce temps, GSK et Novartis échangent des activités. Le Suisse cède ses vaccins (hors grippe) au britannique, qui lui vend ses médicaments d’oncologie. Par ailleurs, les deux groupes vont créer une coentreprise en santé grand public et prévoient déjà de nouvelles réductions de coûts. ❙❙Chez Pfizer France aussi, les syndicats ont validé le plan social. La dernière mouture, signée par une majorité d’organisations, prévoit la suppression de 172 postes, principalement dans la visite médicale et les fonctions support. Une vingtaine d’emplois seront créés en parallèle. ❙❙Roche réduit ses effectifs de recherche clinique en France. Une trentaine d’emplois seront externalisés chez le soustraitant Quintiles, sans suppression de poste selon la direction. En revanche, un plan social plus important devrait être annoncé à la fin de l’année, selon les représentants du personnel. ❙❙Le génériqueur Sun Pharma veut racheter Ranbaxy. Si elle réussit, l’opération donnera naissance au plus grand groupe pharmaceutique indien. Valorisée à 2,3 milliards d’euros en actions, elle est déjà entachée de soupçons de trafic d’influence. Les deux entreprises sont sous le coup d’interdictions d’importation aux États-Unis en raison de problèmes de qualité dans plusieurs de leurs usines.

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Le Kiosque

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Les médias parlent de vous, on vous en parle… parle... par Gabriel Bourovitch LE PARISIEN (2 avril)

Un long dimanche de fermeture La nouvelle organisation des gardes en Seine-etMarne n’aura pas tenu six mois. Les officines discount de Torcy et Roissy-en-Brie ont été autorisées à rouvrir tous les dimanches à compter du 1er avril, après avoir été contraintes à la fermeture dominicale en octobre à la demande du syndicat départemental. « Un certain nombre de pharmacies n’ont pas joué le jeu », justifie la préfète. Certaines étaient fermées à la pause déjeuner, d’autres sautaient carrément leur tour de garde. Le syndicat désavoué dénonce une décision « inacceptable », qui réjouit pourtant, selon le quotidien, les employés et les clients des deux enseignes réhabilitées. ❙ L’ÉCHO DES VOSGES (3 avril)

Ensemble contre les ruptures Les 143 pharmacies vosgiennes collaborent avec l’Assurance maladie pour anticiper les ruptures de droits des assurés. « On peut tout de suite signaler au patient que ses droits ne sont pas à jour et envoyer un mail à la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). Quand on nous a proposé ce système on a tout de suite dit oui », relate le vice-président de la commission paritaire locale. Le choix du réseau officinal n’est pas innocent : « On a décidé de travailler avec les pharmaciens. Ils voient passer toute la population à leur comptoir », explique le directeur de la CPAM. L’initiative a reçu en début d’année le premier prix de l’innovation et du développement durable de la Sécurité sociale. Une dizaine de départements se sont déjà renseignés sur ce dispositif. ❙

LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES (9 avril)

LE MONDE (16 avril)

Un débat qui tombe à pic Le coup médiatique a parfaitement fonctionné. Début avril, à quelques semaines de l’annonce du nouveau calendrier vaccinal, l’avocat JeanChristophe Coubris faisait savoir que vingtcinq nouvelles plaintes seraient bientôt déposées contre le Gardasil. Le vaccin antipapillomavirus humain (HPV) développé par Merck et commercialisé en France par Sanofi se retrouve ainsi à nouveau au cœur d’une polémique sur sa dangerosité supposée. Des doutes sur l’innocuité partagées par « plusieurs spécialistes de santé publique [qui] conviennent qu’ils ne recommandent pas la vaccination à leurs proches ». Des doutes sur l’efficacité, aussi, alors que le dépistage semble relégué au second plan depuis que François Hollande a décidé de doubler la couverture vaccinale d’ici cinq ans. Le lobbying intense et le marketing parfois outrancier des laboratoires pharmaceutiques ont porté leurs fruits. La santé publique en sort-elle grandie ? Chez les rançonneurs du Web En matière de sécurité informatique, l’inventivité des malfrats ne faiblit jamais. Dernière « innovation » ? La prise d’otage numérique. PA G E 2

La vie cristallisée Pour mieux comprendre les fonctions des molécules biologiques, il peut être utile de les figer. C’est ce que font les éleveurs de cristaux. PA G E 3

Les maths, tout un programme! L’informaticien Georges Gonthier est passé maître dans la création de logiciels qui testent la validité des théorèmes mathématiques. PA G E 7

Papillomavirus : le vaccin critiqué

La communauté médicale est divisée sur les bénéfices et les risques liés aux injections vaccinales destinées à prévenir le cancer du col de l’utérus. Alors que des plaintes motivées par des effets secondaires présumés se multiplient, enquête sur une question difficile : faut-il vacciner les enfants? PAGES 4-5

JESSICA RINALDI/REUTERS

La politique des palmarès uand, le 18 janvier 1973, le Journal officiel précise qu’il faut remplacer hit-parade par palmarès, peu d’observateurs auraient pu se douter du succès de ce terme. Désormais, chaque semaine depuis une vingtaine d’années sont publiés des palmarès. Palmarès de Shanghaï pour les universités, palmarès des carrières pour les cadres, palmarès des lycées pour les familles. Leur point commun est de reposer sur une quantification des performances et de servir d’outil d’orientation pour des individus et les institutions concernées. Alain Desrosières (1940-2013), sociologue de la quantification, fut l’observateur privilégié de cet engouement pour les palmarès, comme le montre son dernier ouvrage, posthume, Prouver et gouverner (La Découverte, 2014). Polytechnicien et administrateur de l’Insee, il se penche, au début de sa carrière, sur l’histoire de la statistique : sur la construction des catégories de la statistique publique, mais aussi sur l’histoire de la statistique mathématique. La statistique, c’est, à l’origine, ce que doit connaître l’homme d’Etat (le statista en italien). C’est aujourd’hui une

Q

carte blanche

Baptiste Coulmont

Sociologue et maître de conférences à l’université Paris-VIII (http://coulmont.com) (PHOTO: MARC CHAUMEIL)

science mathématique. Un même mot sert alors à désigner un outil de gouvernement et un outil de preuve : l’étude de cette intrication sera au cœur des travaux de Desrosières. Jusque dans les années 1990, l’idée que la statistique est outil de gouvernement se conçoit globalement : l’indice des prix ou le taux de chômage sont des informations chiffrées qui orientent l’action générale du gouvernement. Au cours des vingt dernières années, l’information statistique a changé d’échelle : elle s’adresse aux « agences » locales de l’Etat qui deviennent l’objet d’évaluations quantifiées de leurs pratiques. Nombre de plaintes déposées dans les commissariats, nombre de chômeurs radiés des listes, taux de succès en licence ou au baccalauréat… deviennent des indicateurs de la qualité des services publics. La preuve statistique a changé avec l’outil de gouvernement : les techniques de régression permettent de déceler le facteur pur, ou la « valeur ajoutée » de telle pratique. La statistique est alors utilisée comme un système d’incitation individuelle à l’aide d’objectifs quantifiés

à atteindre, souvent nommé benchmarking. La statistique est censée rétroagir sur les comportements individuels en les guidant vers les « meilleures pratiques ». Mais ces indicateurs sont tout à la fois des contraintes et des ressources : il faut « faire du chiffre » : radier les chômeurs qui ne se présentent pas, éviter d’enregistrer les plaintes… Ce nouveau « gouvernement par les instruments » a suscité de nombreuses critiques. La statistique apparaît en effet parfois comme outil de surveillance et non plus comme outil de libération. D’autres conflits, moins visibles, portent sur l’opération initiale de la quantification. « L’étape décisive est celle de la négociation des conventions rendant des choses commensurables » (p. 163). Dans les mots de Desrosières, « quantifier, c’est convenir, puis mesurer », convenir que deux choses, indépendamment du contexte, puissent être équivalentes et donc être soumises à une mesure. Travail coûteux et incertain : aux yeux des critiques, les palmarès apparaissent souvent comme des hit-parades, plaçant sur le même plan les œuvres incommensurables d’Abba ou de Johnny. p

Cahier du « Monde » No 21537 daté Mercredi 16 avril 2014 - Ne peut être vendu séparément

LA CROIX (24 mars)

LE HAVRE PRESSE (26 mars)

Lafayette étend son réseau

Perdre sa vie à la gagner

Le directeur général de Lafayette Conseil voit grand : 150 pharmacies en 2017, contre 53 aujourd’hui. Le réseau low cost devrait s’étoffer d’une vingtaine d’enseignes cette année et prendre pied en région parisienne. Cette expansion repose sur un modèle économique atypique : un tiers de médicaments remboursables, un tiers de non remboursables et un tiers de parapharmacie, pour un chiffre d’affaires annuel moyen de 5,6 millions d’euros. ❙

Situation critique en Haute-Normandie, où « 5 % des 540 officines seraient menacées ». Près d’Évreux, une titulaire a « englouti » dans sa troisième pharmacie tout ce qu’elle avait « engrangé » en trente ans. «  J’ai investi 400 000 euros. Mon chiffre d’affaires est descendu de 1,6 à 1,3 million d’euros. Cela fait deux ans que je ne me prends plus de salaire. Je paye mon affaire de ma poche. Un jour ce sera niet. J’arrêterai ! ». Qui voudra lui succéder ? ❙

LE JOURNAL DE LA RÉUNION (2 avril)

SUD-OUEST (18 avril)

Un tri qui vient de l’intérieur

Libre-service de façade

La Réunion dispose enfin de sa propre filière « 100 % locale » de traitement des déchets d’activité à risque infectieux (Dasri). La plupart des officines de l’île se sont portées volontaires pour devenir point de collecte. L’enjeu est de taille dans ce département qui détient le record national de prévalence du diabète et où les aiguilles finissent trop souvent à la poubelle. ❙

La pharmacie du Théâtre a installé le premier distributeur de parapharmacie de Saintes (Charente-Maritime). Par ces temps difficiles, « c’est le seul outil qui peut faire du chiffre d’affaires en façade », souligne le directeur commercial de Retinco, qui installe ces appareils depuis six ans. Le fournisseur s’est engagé à ne pas équiper les officines voisines. Premier arrivé… ❙

Préparation de doses en accusation La pharmacie thermale de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) est en pleine tourmente judiciaire. En cause, la préparation des doses à administrer (PDA) pour une dizaine d’établissements sociaux et médico-sociaux entre 2009 et 2011. Un contrôle de l’agence régionale de santé (ARS) MidiPyrénées avait mis en évidence l’inadaptation des locaux et le manque de formation du personnel à l’utilisation de l’automate de PDA. D’anciens employés ont témoigné de l’absence de surveillance et d’une « pression pour produire », poussée à son paroxysme en cas de décès ou de changement de traitement : « Les médicaments étaient récupérés, reconditionnés et facturés deux fois. » Le procureur a requis 20 000 euros d’amende et le Conseil national de l’Ordre a demandé 10 000 euros de préjudice moral. Verdict le 13 mai. ❙ LE PARISIEN (26 mars)

Pris de vitesse par un drive Levée de boucliers à Saint-Leu-la-Forêt (Val-d’Oise), où un pharmacien veut profiter du transfert de son officine pour ouvrir un drive. « Ce projet ne peut que nous déstabiliser. Si je perds ne serait-ce que deux clients sur dix, je ne tiendrai pas », explique une titulaire voisine, qui a lancé une pétition avec ses confrères locaux. « Réflexe corporatiste », balaye le maire UMP, qui rappelle que le permis de construire n’a pas encore été déposé. Un point de vue sans nuance qui s’explique aussi par la vente en cours d’un terrain appartenant à la commune… au futur drive. ❙

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Actualité Enjeux

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Les quatre dernières années ont été marquées par une hausse continue des chiffres du chômage dans la branche officine à la fois pour les adjoints et les préparateurs. Regardez le chômage changer de visage. par Laurent Simon et Gabriel Bourovitch

LA FIN DU PLEIN EMPLOI La pharmacie, longtemps portée par une rentabilité enviable, paie aujourd’hui son écot à la crise. Au moment où le taux de chô-

mage national atteint 9,8 % au quatrième trimestre 2013 et où celui des pharmaciens culmine à près de 13 % (voir carte ci-contre), le marché du travail en France atteint un niveau critique... Les témoignages des représentants syndicaux concordent, tant du côté des patrons que des salariés. « Depuis deux ou trois ans, on demande aux adjoints de réduire leur activité de 20 à 30 % », témoigne un ancien adjoint concerné par le sujet. Même écho du côté du représentant de la branche pharmacie d’officine à « Le chômage se la CFE-CGC Chimie, Roger Haledéveloppe sérieusement gouet : « Avant, la plupart des cas de chômage étaient volontaires. chez les adjoints. » Mais, avec la crise, ce n’est plus pareil. » Inactivité subie versus Roger Halegouet, CFE-CGC inactivité choisie, le débat ne date pas d’hier dans un secteur comme l’officine où, la demande en postes étant forte, certains adjoints privilégient les remplacements pour accumuler de l’expérience mais aussi parfois par choix de vie. Les saisonniers de la pharmacie Le marché de l’emploi serait aussi marqué par une saisonnalité, due aux adjoints de « grandes vacances », employés par exemple pendant les congés d’été des titulaires. « Il y a beaucoup d’alternance sur certaines périodes : le chômage baisse de mai à septembre avant de remonter en octobre ou novembre, au moment où les officines sont moins demandeuses en termes de remplacements. Pas mal d’adjoints fonctionnent comme ça, surtout en début de carrière », explique Philippe Denry, président de la commission Rela-

tions sociales et Formation professionnelle à la FSPF. Un constat partagé par Jérôme ParésysBarbier, président de la section D à l’Ordre national des pharmaciens : « Une grande partie des temps partiels sont choisis, estime-t-il, tout en pointant une autre cause, « la féminisation de la profession. » Une analyse corroborée par la structure du chômage – la répartition entre les catégories A, B et C (voir ci-contre) – chez les adjoints et les préparateurs. Un chômage, des chômages Adjoints et préparateurs ne sont en effet pas logés à la même enseigne : la structure de l’emploi chez les seconds est beaucoup plus proche de celle de la population générale, avec des chômeurs de catégorie A (voir tableau cicontre) représentant les deux tiers de l’effectif et un taux de chômage de 10,6 % en ce début d’année. De plus leurs périodes de chômage se soldent plus souvent par la signature d’un contrat à durée indéterminé (CDI) « dans 85 à 90 % des cas », estime la FSPF. Néanmoins, une donnée fait l’unanimité et est avérée par les données de Pôle Emploi (voir tableau ci-contre) : « On est passés de 3 000 à 4 000 chômeurs sur les pharmaciens adjoints [entre 2009 et 2013, NDLR], analyse Philippe Denry. Sur les préparateurs, les chiffres ont également augmenté mais le marché de l’emploi semble beaucoup moins tendu que chez les adjoints. » En hausse précisément de 29 % sur quatre ans, « le chômage commence à se développer sérieusement chez les adjoints, abonde Roger Halegouet. Ils ont été touchés en premier parce que ce sont les plus hauts salaires. Nous avons reçu beaucoup de demandes relatives à des licenciements ou à des ruptures volontaires en III

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Enjeux Actualité

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

La carte de France du chômage des pharmaciens

NORD-PASDE-CALAIS

11,8% (256)

BASSENORMANDIE

HAUTENORMANDIE

9,4%

9,6% (91)

16,6%

(88)

ÎLE-DE-FRANCE CHAMPAGNEARDENNE

(111)

BRETAGNE

PICARDIE

11,5 %

(283)

10,5 % (127)

9,9%

(762)

17,7%

LORRAINE ALSACE

9,4% (96)

(70)

PAYS DE LA LOIRE

18,5%

CENTRE

(313)

9,3%

BOURGOGNE

FRANCHE-COMTÉ

8,2%

9,4%

(120)

POITOUCHARENTES

La moyenne du chômage chez les pharmaciens (hors DOM) se monte à 12,8 %, un chiffre plus élevé que la moyenne nationale mais qui comprend un certain nombre de professionnels hospitaliers. Les régions les plus recherchées, l’ouest et le sud de la France, sont également celles où le chômage est le plus important.

13,7%

AUVERGNE

13,9 %

LIMOUSIN

14,2%

(128)

(61)

(75)

(106)

Entre 12,5 % et 15 % Entre 10 % et 12,5 %

RHÔNE-ALPES

11,9%

(76)

Plus de 15 %

Moins de 10 % Source : pourcentages calculés sur des données de Pôle emploi à janvier 2014, rapportées aux effectifs de pharmaciens des sections C, D et H dans les régions concernées.

(449)

AQUITAINE

17,3% (309)

MIDI-PYRÉNÉES

LANGUEDOC-ROUSSILLON

17,7%

17,5%

(305)

(276)

PROVENCE-ALPES CÔTE D’AZUR

15,0 % (455)

CORSE

8,6% (15)

2 000 chômeurs de plus en quatre ans ! Chômeurs A+B+C*

fin 2009

fin 2010

fin 2011

fin 2012

fin 2013

Pharmaciens

3 608

4 183

4 099

4 316

4 659

Préparateurs

6 955

7 387

7 119

7 399

7 827

Les chiffres sont sans appel : le nombre de pharmaciens – très majoritairement des adjoints en officine – et de préparateurs inscrits à Pôle Emploi est en constante augmentation.

Source : Pôle Emploi

Plus de temps partiel chez les pharmaciens Répartition des chômeurs

Catégorie A*

Catégorie B+C*

Population totale

67,8 %

32,2 %

Pharmaciens

49,1 %

50,9 %

Préparateurs

62,0 %

38,0 %

La structure du chômage diffère entre les préparateurs et les adjoints. Le recours au temps partiel est en particulier beaucoup plus répandu chez les pharmaciens. Autre constat : les pharmaciens totalement sans emploi de plus de 50 ans représentent près d’un quart des effectifs.

Source : Pôle Emploi *Définition

des catégories de chômeurs Catégorie A : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi. Catégorie B : demandeurs d’emploi ayant exercé une activité réduite courte (i.e. de 78 heures ou moins au cours du mois). Catégorie C : demandeurs d’emploi ayant exercé une activité réduite longue (i.e. de plus de 78 heures au cours du mois).

Mai 2014 I No 1260 I 17

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Actualité Enjeux [La fin du plein emploi]

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

2013. » Les indicateurs pointent en effet rapporte une réunion récente avec une trentaine une protection relative de l’emploi chez les pré- de pharmaciennes qui ont récemment déméparateurs, moins directement concernés par la nagé à Bordeaux : « Elles ont toutes quitté un vague de récession du chiffre d’affaires d’un emploi pour suivre leur conjoint. Ce sont autant certain nombre d’officines ces dernières années. de nouvelles inscrites à Pôle Emploi qui ne « On n’est plus adjoint pour devenir titulaire. On devraient pas être là. » Les statistiques nationales fait carrière en tant qu’adjoint. Il y a un problème (voir carte p. 17) montrent de fait un tropisme de moyens financiers, car le prix des officines est méridional des adjoints déjà observé chez les très élevé », analyse un représentant syndical. En médecins… « Il est difficile de trouver des postes outre, le taux de chômage chez les adjoints adjoints bien rémunérés à Montpellier qui, de seniors est singulièrement élevé, comme le poin- surcroît, est une ville universitaire, alors que les tait déjà l’Observatoire des métiers des profes- titulaires publiant des offres d’emploi dans des sions libérales en 2010 : passé départements comme les Vosges un certain âge, l’accès au titu- « On ne trouve ou la Meuse ont du mal à trouver des adjoints », témoigne lariat s’éloignant, les adjoints plus d’emploi Philippe Denry. Du côté des se trouvent pris dans la nasse salariés, on a évidemment la à cause d’un salaire trop élevé à 50 mètres de dent dure contre les bloquant l’embauche. Les solu- son domicile. » employeurs : « Rien ne laisse tions ? À écouter Jérôme Parépenser que les titulaires ont la sys-Barbier, elles existent… au Philippe Denry, FSPF volonté de développer l’officine moins pour les jeunes : « Il faut proposer une association à son titulaire et être un en créant de l’emploi. On est plutôt dans une remplaçant au pied levé. Il y a des endroits où il y logique de rentabilité à outrance », assène Lionel a du boulot. » Philippe Denry est dans la même Krawczyk, secrétaire fédéral de la CGT Chimie. ligne : « On trouve de l’emploi en pharmacie, mais Selon Roger Halegouet, « on forme des pharmaplus à 50 mètres de son domicile ; si les prépara- ciens pour être salariés. Avant, on travaillait cinq teurs trouvent facilement CDI, les adjoints font plus à dix ans comme adjoint, puis on reprenait une officine. Maintenant, ils ne veulent plus s’installer de remplacements. » parce que ce n’est pas assez rentable ». Salariés mobiles Malgré le développement rapide des sociétés Vieille antienne du marché du travail en phar- d’exercice libéral (SEL), qui permettent l’intémacie, le problème de la mobilité des salariés gration des jeunes diplômés, un bouchon est prend ici une autre dimension, sur fond de donc en train de se former dans l’accès au chômage galopant. Jérôme Parésys-Barbier titulariat (voir encadré « Peur sur les cessions » ci-contre). Un autre paramètre n’est pas à écarter, selon Philippe Denry : « Début 2015 seront mis en place les honoraires pharmaceutiques mais, en attendant, beaucoup de titulaires sont sceptiques et ça joue sur l’embauche. Les syndicats de salariés nous le disent. » Il se peut pourLe marché des ventes d’officine redetant qu’il y ait une éclaircie à l’horizon. Le viendra-t-il raisonnable ? Après des virage entrepreneurial entamé par le gouverannées à tutoyer les sommets, le prix nement devrait produire ses effets… l’année des pharmacies « baisse et se rapproche prochaine. Si le crédit d’impôt pour la compédes multiples d’excédents bruts d’exploititivité et l’emploi (CICE) a déjà fait son petit tation (EBE) que nous appelions de effet – plus de 3 500 euros par pharmacie pour nos vœux depuis longtemps. […] En 2013 –, d’autres mesures favorables à l’em2 0 1 3 , le p r i x d e c e s s i o n m oy e n [ . . . ] p as s e s o u s la b a r r e d e bauche des petits salaires vont arriver. 7 x l’EBE, soit une baisse de 0,5 point par rapport à 2012 », se félicite Interfimo, « En 2015, nous verrons peut-être une amélioration ; les premières mesures sociales sont annonfinanceur des professions libérales, dans son étude du marché officinal. Le prix de cession moyen s’est ainsi établi à 83 % en 2013, en recul de 12 % par rapport cées à cet horizon », indique Philippe Denry. à 2008. L’année 2014 sera certainement marquée par un attentisme supérieur D’autres dispositifs d’allègement des cotisations sociales issues du fameux Pacte de responsades pharmaciens, soucieux de connaître l’impact de la nouvelle rémunération sur la valeur de leur fonds, des craintes partagées à la fois par les vendeurs et bilité (voir « Officine en bref », p. 42) y contriles acheteurs. Le 1er janvier 2015 sera donc symbolique à plus d’un titre. bueront. De quoi donner un peu d’air ? Les chiffres de 2015 le diront. ❙ III

NORD-PASDE-CALAIS

11,8% (256)

BASSENORMANDIE

HAUTENORMANDIE (91)

16,6 % BRETAGNE

17,7% (283)

PICARDIE

9,4%

9,6 %

(88)

ÎLE-DE-FRANCE CHAMPAGNEARDENNE

(111)

11,5%

LORRAINE

10,5 % (127)

9,9 %

(762)

ALSACE

9,4 % (96)

(70)

PAYS DE LA LOIRE

18,5%

CENTRE

(313)

9,3 %

BOURGOGNE

FRANCHE-COMTÉ

8,2%

9,4 %

(120)

POITOUCHARENTES

(61)

(75)

AUVERGNE

LIMOUSIN

13,7%

14,2 %

(128)

13,9 % (106)

RHÔNE-ALPES

11,9%

(76)

(449)

AQUITAINE

17,3% (309)

MIDI-PYRÉNÉES

17,5 % (276)

LANGUEDOC-ROUSSILLON

17,7% (305)

PROVENCE-ALPES CÔTE D’AZUR

15,0 % (455)

CORSE

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DR

Peur sur les cessions

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Les dossiers de la Fédé

etaussi

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

En attendant les 10 milliards…

Communication

Vous étiez 3 000 au Tour de France La série de rencontres avec les pharmaciens menée en régions par la FSPF s’est achevée le 29 mars dernier à Paris, au salon Pharmagora, par une ultime séance de pédagogie sur la future réforme de la rémunération des officines. Côté intervenants : Philippe Besset et/ou Philippe Gaertner, de la FSPF, et Jean-Jacques Zambrovski, économiste de la santé. Après douze réunions dans tout l’Hexagone (Lille, Rouen, Rennes, Reims, Tours, Nancy, Nantes, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Marseille et Paris) qui ont permis à la fois de réunir les conseils syndicaux et d’aller à la rencontre de la base, quel est le bilan ? Parmi les questions les plus posées par les pharmaciens, on retrouve l’impact de la nouvelle rémunération sur le paracétamol ou autres spécialités à grande rotation et à petit prix. Ainsi, évidemment, que des questions sur le « capage » de la marge pour les spécialités au-delà de 1 500 euros de prix fabricant hors taxes (PFHT). Plus technique, le taux de TVA qui sera appliqué aux honoraires. « Les pharmaciens n’exprimaient pas de doutes sur le côté positif de la réforme ; la majorité des questions portait sur la partie paiement ou l’évolution du prix des spécialités », précise Phlippe Besset, président de la commission Économie de la FSPF.

sont toujours en suspens… La FSPF tire la sonnette d’alarme sur l’économie de l’officine.

A

ttendre, toujours attendre… Initialement prévue le 31 mars dernier, la sortie des textes concernant la pharmacie était toujours bloquée au moment où nous écrivions ces lignes, fin avril. En effet, l’avenant no 8 sur les génériques, l’avenant sur les honoraires, les entretiens asthme, ainsi que les textes d’application de l’article 49 de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) 2014 sont toujours en souffrance. Pourtant, à l’exception de l’article 49 portant sur le niveau des remises génériques, pour lequel les discussions continuaient toujours mi-avril, tous les arbitrages ont été rendus au sein du ministère de la Santé et de la direction de la Sécurité sociale. DR

DR

Honoraires. Les textes sur les honoraires et l’avenant génériques

Tsunami d’économies Il n’aura en effet échappé à personne que tout le mois d’avril a été occupé par la chasse aux économies dans les dépenses sociales : 23 milliards d’euros devront être trouvés dans les budgets de la Sécurité sociale, dont 10 milliards rien que pour l’Assurance maladie. Les services de l’État y ont été totalement absorbés. Pourtant, le temps presse. « La perte de marge s’élève, en effet, à 3,7 % par rapport au premier trimestre de l’année 2013, soit la plus forte baisse dans l’histoire du réseau officinal », a alerté la FSPF mi-avril. Le

risque de voir s’accumuler les retards sur le calendrier (0,82 euro TTC par boîte au 1er janvier 2015 et 1,02 euro TTC au 1er janvier 2016) est de plus en plus grand. « Frédéric Van Roekeghem [directeur général de l’Assurance maladie, NDLR] nous a prévenus : les honoraires prendront du retard s’ils ne sont pas mis en œuvre à compter de fin avril », rappelle Philippe Gaertner, président de la FSPF. Pas question pour autant de voir les textes sortir au compte-gouttes les uns après les autres, selon Philippe

Gaertner. En effet, l’avenant génériques no 8 à la convention est, selon lui, garant de l’équilibre économique de l’accord, en permettant des économies à l’Assurance maladie et une rémunération supplémentaire pour les pharmaciens. ❙

notabene Pour les grands conditionnements, le texte prévoit que « les honoraires de dispensation sont obtenus en multipliant par trois le tarif des honoraires par conditionnement […] auquel est appliquée une décote de 10 % ».

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Les dossiers de la Fédé

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Le ministère se penche sur le réseau TRANSFERT. Entre tentative de « diagnostic des territoires fragiles » et harmonisation des règles de transfert, le réseau officinal attire les discussions.

DR

direction générale de l’offre de soins (DGOS) a lancé une vaste consultation pour réaliser un « diagnostic qualitatif et quantitatif des territoires fragiles ou en voie de fragilisation au regard de l’accès aux officines et d’identifier les mesures à mettre en place […] pour améliorer ou maintenir cet accès », comme le précise une circulaire diffusée dans toutes les ARS début mars. C’est la Bretagne qui avait initié il y a déjà quelques mois cette démarche de diagnostic, suivie donc par les autres régions françaises. Reste à préciser l’utilisation qui sera faite de ces données. ❙

© MIGUEL MEDINA

L

es pharmaciens le savent : il y a souvent autant de règles pour les transferts et regroupements d’officines qu’il y a d’agences régionales de santé. Pour tenter d’harmoniser les usages entre toutes, des discussions avec les syndicats de pharmaciens ont débuté au ministère de la Santé : « Les problèmes se posent particulièrement pour les transferts dans les petites communes où un pharmacien peut parfois se retrouver à 30 mètres de son confrère », explique Christophe Koperski, président de la commission Exercice professionnel à la FSPF. Parallèlement, la

s’en cache pas. Les pharmacies participantes devront recruter chacune 200 patients. Reste à trancher la question de la rémunération  : le chiffre de 1 500 euros par officine et par an a été évoqué lors d’une réunion du groupe de travail au ministère de la Santé mi-avril. Un élément incontournable pour la profession avant d’envisager une quelconque généralisation de la mesure, comme le souhaite la ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine. En effet, « il nous faut créer un modèle économique compatible avec la préparation des doses à administrer (PDA) en pharmacie », résume Philippe Gaertner, président de la FSPF. Ce n'est qu'après un bilan fait de cette expérimentation que les textes concernant la PDA pourront enfin sortir… Après plusieurs années de purgatoire. ❙

La dispensation à l’unité avance à pas comptés ANTIBIORÉSISTANCE. Le début de l’expérimentation sur la délivrance à l’unité des antibiotiques est maintenant fixé au mois d’octobre.

L

es modalités de la dispensation à l’unité s’affinent au fur et à mesure. Malgré le grand scepticisme des pharmaciens, la délivrance à l’unité de 14 antibiotiques (amoxicilline + acide clavulanique, céfixime, cefpodoxime…), sélectionnés sur une liste d’antibiotiques critiques mise à disposition par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), sera possible à titre expérimental pour une durée de un an – au lieu des deux ans initialement prévus –,

dans trois régions (Limousin, Lorraine et Provence-Alpes-Côte d’Azur). Soixante-douze officines (48 participantes et 24 témoins) seront incluses dans cette expérimentation de faible ampleur mais aux résultats potentiellement cruciaux pour le réseau. Seront scrutées en particulier les modifications de comportement des patients visà-vis de la consommation d’antibiotiques, le niveau du stock de ces spécialités dans les pharmacies… mais aussi les économies générées, le ministère ne

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DÉCRYPTAGE

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Tous les moyens sont bons pour recruter un médecin quand la désertification menace. En première ligne face à ce péril, les pharmaciens n’hésitent pas à mettre la main à la pâte, voire à Par Gabriel Bourovitch payer de leur poche.

Photos Miguel Medina

Le recrutement médical, un nouveau Far West ?

S 9,6 %

des médecins inscrits à l’Ordre ont un diplôme étranger.

Quand t’es dans le désert…

ur les galets d’Yport, parfois, un pan de falaise s’effondre. Usée par les vents et le ressac, la côte d’Albâtre recule avec fracas. Chaque éboulement laisse dans le paysage une cicatrice terreuse, stigmate de l’œuvre implacable du temps. L’érosion ne ronge pas que les falaises d’Yport. La population aussi régresse, inexorablement. Moins de mille âmes peuplent aujourd’hui cet ancien village de pêcheurs autrefois florissant. « Il y avait un bistrot tous les vingt mètres », se souvient Christophe Dubuc, maire de la commune de 2008 à mars dernier. Les temps ont changé. Le bar-tabac a failli disparaître et il a fallu payer pour conserver une agence postale. Alors quand, en 2011, le médecin généraliste a voulu partir en retraite, « on a remué ciel et terre », relate Philippe Capron, l’unique pharmacien du bourg. Originaire du pays de Caux, installé depuis vingt-cinq ans dans cette modeste station balnéaire, l’homme est attaché à ses racines. « Il y a une histoire, un patrimoine ici qu’il faut préserver », ajoute-t-il. S’inclut-il dedans ? Après tout, c’est son activité qui pâtirait le plus de l’absence de prescripteur à proximité. Et avec lui, sa femme, comptable, et ses deux employées – une préparatrice et une rayonniste. L’apothicaire d’Yport jouit heureusement d’un certain prestige. Élu haut la main

aux municipales de 2008, il a exercé pendant six ans la charge de premier adjoint délégué au cadre de vie, à l’environnement et… au développement économique. Une position privilégiée pour alerter le conseil municipal sur la nécessité de rechercher un remplaçant au praticien sur le départ. La ville s’est donc attelée à la tâche, sans trop savoir comment s’y prendre. Petites annonces « On se trouve démuni au départ, on ne sait pas quoi faire », confesse Christophe Dubuc. Le bouche-à-oreille ? « La relation de proximité avec les médecins locaux est très bonne, mais de manière générale nous n’échangeons pas assez », regrette Philippe Capron. Alors la commune s’est résolue à passer une annonce. Dans Le Quotidien du médecin, évidemment, mais aussi par le biais du Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG), qui n’a pas brillé par son efficacité. « Ils nous ont pris 1 500 euros pour trois mois. On n’a eu aucun retour, pas de suivi », proteste le maire. L’offre a été diffusée sur des sites spécialisés, comme Annonces-medicales.com, avec une réussite inégale. « Il y a eu quelques CV pas très sérieux et quelques rendez-vous que l’on attend encore. » Parmi les dizaines de réponses reçues, un candidat marocain présentait le bon profil mais sa compétence n’était pas

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Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

décryptage Quand xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx t’es dans le désert…

Yport, petite station balnéaire normande, a dû trouver un remplaçant à son unique médecin généraliste, qui a pris sa retraite fin 2011.

reconnue en France. « Le ministère de la Santé nous a suggéré qu’il aille faire valider son diplôme dans un autre pays européen et qu’il vienne travailler chez nous ensuite », se souvient Christophe Dubuc. Ironie de l’histoire, la solution est venue fin 2011 d’un praticien libanais… de SeineMaritime. Installé depuis quelques années à Angerville-l’Orcher, non loin du Havre, le Dr Thédore Rifaï a eu vent de l’annonce, qui s’était largement diffusée. Dans un premier temps, il a obtenu l’autorisation d’exercer sur deux sites, pour faciliter la transition. Depuis l’été dernier, il consulte exclusivement à Yport, dans le cabinet de son prédécesseur. La commune a racheté et restauré le local, qu’elle met à la disposition du généraliste. Le genre de geste qui compte. « Si d’autres mairies ont le même comportement, elles trouveront un médecin », prédit le Dr Rifaï. Recrues à choyer Certaines villes vont plus loin. Dans les confins septentrionaux du Lot, le canton de Saint-Céré compte quatre omnipraticiens, dont deux en fin de carrière, pour 7 800 habitants. Leurs confrères les plus proches sont situés dans le chef-lieu voisin, à une dizaine de kilomètres. Sentant venir le danger, la commune a entrepris depuis plusieurs années de bâtir une maison médicale pluridisciplinaire (MSP). Jean-Paul Sourie, phar-

macien à Saint-Céré, s’est impliqué dans ce projet, au sein de l’équipe d’animation du bassin de santé mise en place par l’agence régionale de santé (ARS) Midi-Pyrénées. La structure, qui devrait voir le jour mi-2015, regroupera au moins deux dentistes, deux infirmiers, un orthoptiste… et deux généralistes, qui ont débuté le 12 novembre dernier. Deux femmes aux profils identiques : quadragénaires, mères, étrangères. « On se trouve démuni Une Espagnole, une Roumaine, deux recrues à au départ, on ne sait choyer pour mieux les pas quoi faire. » ancrer dans ce territoire Christophe Dubuc, maire d’Yport rural menacé de désertification médicale. « Elles sont hébergées dans un hôtel d’entreprises en attendant la construction de la MSP », précise Jean-Paul Sourie. La situation convient aux intéressées, qui ont connu bien pire dans leurs pays. « Le loyer n’est pas trop lourd et nous avons reçu l’aide de la mairie pour nous équiper », témoigne Elisabet Vecino, qui a quitté sa Catalogne sinistrée par la crise économique. Cerise sur le gâteau, la commune a obtenu de l’ARS deux des premiers contrats de praticiens territoriaux de médecine générale (PTMG), créés en août 2013. Ce dispositif, destiné en principe aux jeunes médecins en primoinstallation, garantit pendant deux ans un III Mai 2014 I No 1260 I 23

PHARMA 1260-023 23

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DÉCRYPTAGE

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Philippe Capron a été le premier à s’inquiéter du risque de désertification médicale. Son statut de premier adjoint au maire a été un atout pour alerter le conseil municipal.

complément de revenu à hauteur de 6 900 euros aux praticiens réalisant un minimum de 165 consultations par mois. Après des débuts poussifs, les deux femmes ont chacune atteint

III

Démographie médicale : quand la courbe s’inversera Les bonnes nouvelles se faisant rares, elles entraînent parfois un excès d’optimisme. Pour la première fois depuis trop longtemps, les projections démographiques de l’Ordre des médecins laissent entrevoir une hausse des effectifs à partir de 2020. Certes, leur nombre va continuer de décroître entre-temps, mais la reprise tant attendue est enfin à portée. Dans un élan d’enthousiasme, les présidents des conseils départementaux de l’Eure et de Seine-Maritime ont écrit fin février à tous les maires de HauteNormandie pour les informer de cette réjouissante perspective. Ils ajoutent que « certains spécialistes de la démographie pensent que cette remontée sera peut-être plus rapide et plus importante que prévue, et qu’il faut dès maintenant

en tenir compte ». Par exemple en privilégiant les installations dans les cabinets existants plutôt que les créations « non coordonnées et non concertées » de nouvelles structures, comme les maisons de santé. Les sondages ont pourtant souligné l’appétence des jeunes médecins pour l’exercice en groupe. Le courrier met par ailleurs en garde les édiles contre les « problèmes » liés à la sollicitation d’un médecin à diplôme étranger. « Nos deux conseils ont observé des lacunes de “savoir médical” qui exigent des “remises à niveau” », précisent-ils. Au 1er janvier, 19 044 médecins diplômés hors de France étaient en activité régulière, dont 38 % de libéraux exclusifs ou occasionnels. Avec la bénédiction de l’Ordre et de ses instances locales.

ce seuil en février, signe de leur bonne intégration. « Le maire et son équipe ont fait beaucoup pour nous aider à rester », reconnaît Violetta Popovici, originaire de Timisoara, dans l’ouest de la Roumanie. Elle ne croit pas si bien dire. Car, pour mener à bien son projet, le conseil municipal de Saint-Céré « est passé par des chasseurs de têtes », rapporte Jean-Paul Sourie. Or ce type de service a un coût. Vingt mille euros hors taxes Sophie Leroy a une longue expérience du recrutement médical. Avec son père, ancien directeur d’hôpital, elle a fondé en 2006 l’Association pour la recherche et l’installation de médecins européens (Arime). Pour une intervention « en zone déficitaire », la facture varie entre 20 000 et 30 000 euros hors taxes, indiquet-elle. Un tarif clés en main qui inclut diverses prestations, à commencer par les voyages de prospection, indispensables pour « entretenir un réseau sur place ». La Roumanie et la Bulgarie restent incontournables, même si la liste des destinations s’est allongée ces dernières années. Grèce, Italie, Espagne, Portugal : « On a diversifié le vivier grâce à la crise », admet-elle. Les critères de sélection n’ont toutefois pas changé. « On cherche des gens qui parlent bien français et qui ont une capacité à travailler beaucoup. Une expérience en libéral est un plus, mais la plupart

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décryptage

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Quand xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx t’es dans le désert…

3questionsÀ...

Alain Delgutte,

président de la section A de l’Ordre des pharmaciens

du temps ils ont été salariés. » Quand le profil correspond, l’Arime organise une « visite de présentation » en France, pour « tester » ses candidats et entamer leur procédure d’inscription au Tableau. L’accompagnement se poursuit après l’installation, pour accomplir les formalités administratives (auprès de la Sécurité sociale, de l’Urssaf, de la caisse de retraite, des impôts…) et former les nouveaux venus aux subtilités de notre système de soins (carte Vitale, formulaires Cerfa en tous genres, logiciels médicaux…). « Si on veut faire les choses correctement, ça a un prix », souligne-t-elle. Toutes les mairies ne sont pas disposées à payer ce tarif. Mais certains pharmaciens, si. « Pas trente-six solutions » Dans le Limousin, où le déficit médical se creuse et menace l’équilibre du réseau officinal, un titulaire a pris les devants. « Deux spécialistes sont partis récemment. Trois ou quatre autres médecins auront bientôt 65 ans. Malheureusement, on n’a aucune volonté d’agir au niveau de la commune. Il n’y avait pas trente-six solutions ! », regrette-t-il. Sur le conseil de son transactionnaire, il a contacté un recruteur spécialisé, qui lui a présenté mi-2013 une généraliste étrangère. Après quelques atermoiements, l’Ordre des médecins a finalement donné son feu vert en début d’année. Si tout se passe comme prévu,

Les pharmaciens ont-ils le droit de payer pour recruter un médecin ? Le Code ne le permet pas, parce que ça n’a pas été prévu au moment de son élaboration, mais il ne l’interdit pas non plus. Quand un pharmacien n’a plus de prescripteur, il est logique qu’il cherche à en avoir. Pour moi, il n’y a pas d’atteinte à l’indépendance du prescripteur. Je peux comprendre que le pharmacien ne veuille pas que ses patients le sachent, mais je ne vois rien de contraire à la déontologie. Ce que je trouve choquant c’est qu’il soit obligé de payer pour ça. C’est à l’État d’assurer un égal accès aux soins à toute la population.

Les maisons de santé pluridisciplinaires représentent-elles une meilleure solution ? Au contraire, ce sont des aspirateurs à médecins qui déséquilibrent la répartition. Nous alertons les agences régionales de santé chaque fois qu’il y a un projet de création. Nous interpellons également les politiques, qui pensent que les pharmaciens n’ont qu’à suivre, sans connaître nos règles d’établissement. Nous essayons aussi de prévenir les pharmaciens des environs pour voir s’ils peuvent réaliser un transfert ou un regroupement. Une autre solution serait de changer les règles d’installation des officines.

Faut-il des règles d’installation plus strictes pour les médecins ? Les médecins font ce qu’ils veulent, s’installent, bénéficient d’une maison médicale, repartent au bout de quelques mois… Marisol Touraine ne souhaite pas de contrainte mais plutôt une incitation, comme avec le praticien territorial de médecine générale. Ce qui me semblerait cohérent, c’est que les pharmaciens exerçant en zone rurale isolée aient aussi l’assurance d’un revenu minimal.

la transaction se conclura entre 15 000 et 20 000 euros. « J’en ai déjà payé une bonne partie, mais je me suis entendu avec le recruteur. Si ce n’est pas cette personne, ce sera un autre médecin. » Le contrat reste confidentiel, même si la dépense est inscrite dans la comptabilité. « Je ne cache rien, c’est déclaré », assure-t-il. Cependant, il insiste pour conserver l’anonymat. Pas simplement par peur du qu’en-dira-t-on, mais aussi parce que le risque juridique semble réel. « On peut vous accuser de tout un tas de choses. Je ne connais pas mon droit pharmaceutique sur le bout des doigts, mais on pourrait considérer cela comme une source de compérage. » La situation n’a pourtant « rien de contraire à la déontologie », selon l’Ordre des pharmaciens (voir encadré p. 24). Mais, dans le doute, « moins on en dit, mieux on se porte », tranche notre pharmacien limousin. Qui concède aussi que « quand on amène un médecin, on amène de la prescription. C’est aussi pour booster un chiffre d’affaires qui peut diminuer alors qu’il y a une demande de soins ». Son cas n’est pas isolé. Sophie Leroy affirme traiter quatre ou cinq requêtes III Mai 2014 I No 1260 I 25

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DÉCRYPTAGE

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Le Dr Théodore Rifaï, au centre, prendra sa retraite dans quelques années. Un nouveau défi pour l’ancien maire et le pharmacien, redevenus conseillers municipaux.

similaires chaque année. Ces clients à part ont tous le même souci de discrétion. « Il y a souvent création de sociétés ou d’associations pour que le nom de la pharmacie n’apparaisse pas », explique-t-elle. Mais cette option inquiète encore plus qu’elle ne séduit. La réputation « On a diversifié le des médecins étrangers, en particulier des Roumains, a été vivier grâce à la crise. » ternie par une série de défections Sophie Leroy, fondatrice de l’Arime en rase campagne. III

Des pratiques « discutables » Partis au bout de quelques mois faute de revenus suffisants, ces déracinés ont parfois été dupés par des intermédiaires peu scrupuleux. Le Centre d’analyse stratégique avait dénoncé fin 2012 certaines « pratiques discutables » : salaire, durée d’engagement et description de la région sont « parfois flous », ouvrant la voie aux abus. Cette institution rattachée au Premier ministre préconisait de « dresser une liste d’agences agréées pour recruter des professionnels de santé

à l’étranger, dans le cadre d’appels d’offres de collectivités et d’établissement de santé ». Sans suite jusqu’à présent. À Yport, l’hypothèse a vite été écartée. « On a vite repéré beaucoup d’arnaques, cela nous a refroidis », relate Philippe Capron. Plus politique, Christophe Dubuc soutient que « ça aurait été difficile à faire accepter à la population. Pourquoi le ferait-on pour un généraliste et pas pour l’épicier ou le bar-tabac ? Pour les gens, les médecins gagnent déjà assez d’argent… ». Le sujet reviendra bientôt sur la table : le Dr Rifaï a 62 ans. Les espoirs reposent désormais sur l’agglomération de Fécamp, qui veut bâtir un centre de santé afin d’attirer de nouveaux praticiens. Au risque de siphonner les campagnes alentour ? Les instances locales de l’Ordre des médecins n’y sont pas franchement favorables (voir encadré p. 24). Elles encouragent plutôt « la stabilisation des cabinets existants », en attendant « une nette remontée des effectifs » à partir de 2020. Pendant ce temps, la falaise recule. ❙

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Publi rédactionnel

Gestion du tiers payant

L’engagement d’une coopérative de pharmaciens La Société des pharmaciens du Centre propose de réaliser, pour l’officine, toute la gestion du tiers payant. La condition : adhérer à cette coopérative créée par et pour les pharmaciens. La Société des pharmaciens du Centre (SPC) a été créée en 1978, sous la forme d’une coopérative, dans l’objectif alors de défendre le travail des pharmaciens d’officine indépendants : en offrant à la population le service du tiers payant, les pharmaciens ont pu éviter la création d’une pharmacie mutualiste à Orléans. Regroupant à l’origine des officinaux de la seule région Centre, la coopérative a décidé, en 2001, de s’ouvrir à tous les pharmaciens de France. Aujourd’hui, elle compte plus de 800 adhérents issus de toutes les régions et représente une vraie force engagée dans la défense de la profession et le soutien des confrères dans leur pratique quotidienne.

Gain de temPs, Paiements Garantis

Jean-Marc Franchi, président de la spC.

Depuis sa création, en collaboration avec Résopharma qui assure le transport des flux, la SPC propose à ses adhérents de réaliser, à leur place, la gestion des opérations de tiers payant : pointage des bordereaux de paiement, traitement des rejets, recyclage des factures, relance auprès des organismes payeurs, rapprochement bancaire, etc. Pour le pharmacien d’officine, il s’agit d’un travail particulièrement chronophage lorsqu’il est réalisé en interne, avec le risque de laisser passer des erreurs ou d’oublier de traiter un dossier. « Le service que nous avons mis en place permet au titulaire de libérer du temps et d’être plus disponible au comptoir. Il peut ainsi se recentrer sur son cœur de métier. De plus, nous l’aidons à diminuer le nombre de rejets et donc les impayés », indique Jean-Marc Franchi, président de la SPC. Comment la société coopérative organiset-elle cette gestion ? Avec rapidité et efficacité grâce à une méthodologie de travail rigoureuse, une banque de données exhaustive et des contacts privilégiés avec les caisses et mutuelles. « Nous ne rentrons jamais dans le système informatique du

pharmacien », tient à préciser Jean-Marc Franchi. La coopérative reverse aux pharmaciens, par virement, les sommes correspondant aux factures adressées aux régimes obligatoire (RO) et complémentaire (RC). Pour les règlements et les coûts, elle propose plusieurs options. Le pharmacien a ainsi le choix parmi quatre délais moyens de paiement : x 5 jours, soit 8 virements mensuels (option A) ; x 7 jours, soit 8 virements mensuels (option B) ; x 9 jours, soit 5 virements mensuels (option C) ; x 13 jours, soit 5 virements mensuels (option D). Ceci pour un engagement d’une télétransmission journalière (RO+RC). Un relevé des sommes versées est envoyé tous les quinze jours, composé d’une ligne par journée de télétransmission. « Au jour choisi pour le virement, le pharmacien sait que l’argent est sur son compte. À charge pour nous de récupérer les sommes dues auprès des caisses. C’est, pour le profes-

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sionnel, un vrai avantage qui fait la différence entre nous et les autres sociétés de gestion du tiers payant. Celles-ci en effet gèrent le flux financier sans s’occuper si l’argent rentre sur le compte du titulaire », souligne Jean-Marc Franchi. Par ailleurs, confier la gestion de son tiers payant à la coopérative confère un autre avantage : celui d’avoir des mois de facturation gratuite du service quand la trésorerie de la société le permet. Autant d’arguments convaincants pour adhérer à la SPC et s’unir dans l’intérêt de tous. x

Le coût mensuel du service Il varie selon l’option de règlement et le nombre de factures. Pour 100 factures par jour, il est de : x 412,50 € pour l’option A ; x 343,75 € pour l’option B ; x 275,00 € pour l’option C ; x 206,25 € pour l’option D.

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Santé Enquête

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Poison antédiluvien, l’arsenic est également depuis 2002 un anticancéreux utilisé dans les leucémies promyélocytaires aiguës.

Un nid de vieux coucous Thalidomide, sildénafil, propranolol… de plus en plus d’anciennes molécules connaissent une seconde vie dans de nouvelles indications.

I NOTABENE LES ÉTATS-UNIS PRÉCURSEURS À la pointe dans le recyclage de molécules déjà éprouvées, le National Institute of Health finance des projets de repurposing, neuf en 2013. À titre d’exemple, voici une liste de quelques molécules déjà approuvées par la Food and Drug Administration dans de nouvelles indications (indication 1 > indication 2) : ❙ Azathioprine (arthrite rhumatoïde > transplantation rénale) ; ❙ Colchicine (goutte > fièvre méditerranéenne familiale) ; ❙ Cyclosérine (infection des voies urinaires > tuberculose) ; ❙ Éflornithine (pilosité faciale > maladie du sommeil) ; ❙ Histréline (cancer de la prostate > puberté précoce).

l y a le baclofène… et toutes les autres ! La molécule star du sevrage alcoolique, exhumée après un combat homérique par son apôtre, Olivier Ameisen, n’est qu’une des représentantes de ces vieilles molécules qui connaissent une seconde vie thérapeutique. Trétinoïne, thalidomide et même GHB – la trop fameuse drogue du viol –, toutes ont eu le même parcours. Si le recyclage de molécules n’est pas nouveau, il a pris une ampleur mondiale, aiguillonné par le manque d’innovation de l’industrie pharmaceutique. La peur des génériques Bien installé dans le monde anglosaxon où de nombreuses sociétés comme Melior Discovery, Biovista ou Numedicus se sont lancées sur le créneau (voir « Nota bene », ci- contre), le repositionnement ou repurposing est toutefois naissant en France, à tel point que ni le Leem

(Les entreprises du médicament), ni l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) ne suivent la tendance. Quelques-uns tentent pourtant leur chance, comme Greenpharma (voir « 3 questions à… », page de droite) ou ChrysalisPharma. Cette société développe à l’heure actuelle un antihistaminique datant des années 1950 dans des indications bien éloignées de celles de départ : la leucémie et la mucoviscidose. Sur le papier, le repositionnement semble prometteur : « les coûts de développement sont moins élevés et les chances de succès plus grandes », peut-on lire dans un article de Chemical and Engineering News de 2012. Ajoutez à cela des profils de sécurité éprouvés par des années d’usage thérapeutique et de surveillance postmarketing, et l’on imagine encore mieux l’intérêt de réutiliser de « vieux coucous ». Pourquoi le repositionnement ne fait-il donc pas plus d’émules ?

RETOUR EN GRÂCE La thalidomide, responsable de 5 000 à 10 000 cas de phocomélie, est ressortie en 2009 pour traiter les myélomes. « Beaucoup d’industriels ne repositionnent pas leurs molécules, même s’il existe de nouvelles indications brevetables, car elles sont alors en concurrence avec des génériques prescrits hors AMM [autorisation de mise sur le marché, NDLR] », relève David Cavalla, fondateur de la société Numedicus, dans Chemical and Engineering News. JeanFrançois Bergmann, médecin hospitalier et ancien vice-président de la commission de mise sur le marché de l’ANSM, pointe également cette difficulté : « Si l’industriel veut éviter que la nouvelle indication développée ne profite aux génériques, cela lui impose de contourner le problème. Par exemple, dans le

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Enquête Santé

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MÊME LE BLEU DE MÉTHYLÈNE ! Ce composant historique est indiqué dans le traitement des intoxications au monoxyde de carbone et a été testé dans la maladie d’Alzheimer.

DR

Ce ne sont pas une mais deux nouvelles indications pour l’acide gamma-hydroxybutyrique, synthétisé il y a plus de quarante ans : le traitement de la narcolepsie (Xyrem) et le sevrage alcoolique avec l’Alcover, non encore disponible sur le marché français.

cas du traitement de Helicobacter pylori, le développement a été fait avec l’ésoméprazole, une molécule alors non génériquée [devenue substituable depuis, NDLR], plutôt qu’avec l’oméprazole. Le cas de la thalidomide (voir ci-contre) est très différent ; c’est quasiment un nouveau médicament, avec un nouveau brevet et une nouvelle AMM dans le myélome chez les sujets âgés. » Sérendipité Malgré la frilosité de Big Pharma, les success story existent donc : on pourra citer la trétinoïne, antiacnéique bien connu, qui a été commercialisée par Roche dans l’induction de rémissions en cas de leucémie aiguë promyélocytaire. Autre exemple, le propranolol : ce bêtabloquant développé dans les années 1960 a connu récemment une seconde jeunesse dans l’indication de l’hémangiome infantile, pour lequel seuls les corticoïdes étaient auparavant utilisés. On pourra mentionner aussi l’itraconazole, commercialisé en France comme antifongique, actuellement testé dans les

cancers de la prostate ou de la peau. Plus proche de nous et déjà sur le marché, le sildénafil – le fameux Viagra – a retrouvé un nouveau souffle dans le traitement de l’hypertension pulmonaire. Les plus grands gisements d’indications non satisfaites se situent dans ces maladies orphelines ou rares, pour lesquelles les laboratoires pourront obtenir des prix élevés et des protections supplémentaires pour leur brevet. Novartis a connu cette chance. Le laboratoire suisse tentait de développer un inhibiteur de l’interleukine 1 bêta, proche de l’anakinra (Kineret), dans la polyarthrite rhumatoïde. La molécule a été stoppée en phase 2 avant qu’un groupe de chercheurs n’en cerne l’intérêt dans une maladie rare, appelée syndrome de Muckle-Wells (arthrite, surdité nerveuse…), où son efficacité sur les symptômes inflammatoires s’est révélée spectaculaire. La Pharmacopée française recèle-t-elle d’autres trésors brevetables ? Il faudra pour cela se donner la peine de chercher. ❙

3QUESTIONSÀ…

Philippe Bernard président et fondateur de Greenpharma

En quoi consiste l’activité de Greenpharma ? Nous avons créé la société en 2000 avec pour objectif de créer un criblage virtuel pour trouver de nouvelles propriétés à des molécules naturelles ou révéler de nouvelles indications pour d’anciennes molécules. Ce fut le cas tout d’abord du tofisopam, une benzodiazépine dite « atypique » commercialisée dans les années 1980, mais vite abandonnée par manque d’efficacité. Une fois cette molécule criblée, nous nous sommes rendu compte qu’elle « accrochait » une cible dans les maladies inflammatoires chroniques comme la maladie de Crohn. Le projet a été malheureusement arrêté faute de moyens.

Sur quels projets travaillezvous actuellement ? Sur l’association de deux anciens médicaments : la cyproheptadine et un antagoniste alpha adrénergique proche de la prazosine ou de la fazosine. On a montré qu’elle avait un intérêt marqué dans le traitement des addictions : tabac, alcool, drogue. La redécouverte d’anciennes molécules va-t-elle perdurer ? On rencontre encore des leurres sur cette stratégie ! Je pensais personnellement que la démarche était prometteuse, mais l’industrie pharmaceutique a plutôt tendance à être frileuse.

Laurent Simon Mai 2014 I No 1260 I 31

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Panorama Santé

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

L’IMAGE DUMOIS

Somewhere over the Brainbow

© T. WEISSMAN

Superbe, non ? Cet hippocampe de souris a été magnifié par une technique de neuroimagerie appelée Brainbow, développée à partir de 2007 à Harvard. Elle permet de différencier les neurones un à un, en utilisant jusqu’à cent teintes différentes. L’objectif est simple : cartographier les aires cérébrales étudiées avec une précision inégalée jusqu’alors… en leur conférant une beauté insoupçonnable. Pour les amateurs, consultez le lien du Center for Brain Science sur http://goo.gl/73NygZ.

allergologie

Vient la saison des pollens… de cannabis Illégal mais omniprésent, le cannabis est bel et bien devenu un nouvel allergène.

18 avril, fut donc l’occasion d’une mise au point sur cet « allergène émergent », publiée dans la Revue française d’allergologie du mois d’avril. Où l’on apprend que les fumeurs de marijuana peuvent présenter des symptômes respiratoires, type rhinoconjonctivite, ou un asthme parfois très grave.

© BIODIVLIBRARY

L’

information peut faire sourire mais est prise très au sérieux par la communauté scientifique. Le Réseau national de surveillance aérobiologique révèle « la présence de pollens de cannabis de fin juillet à la mi-août, principalement à Aix-en-Provence, Grenoble, Bourgoin, Mâcon, Roussillon et Strasbourg, ainsi qu’en octobre à Ajaccio ». Si l’explication reste encore mystérieuse, l’exposition au pollen de cannabis pourrait être à l’origine de symptômes respiratoires comme des rhinoconjonctivites ou un asthme pollinique. Surtout, les allergologues disent assister, « ces dernières années, à une hausse

Planche extraite de The Flora Homœopathica, Edward Hamilton, 1852.

considérable de la prévalence » de l’allergie au Cannabis sativa, le chanvre indien, connu pour « ses propriétés relaxantes et euphorisantes ». Le 9e Congrès francophone d’allergologie, organisé à Paris du 15 au

Diagnostic illicite Le contact de la plante avec la peau ou les muqueuses (lèvres et paupières) peut aussi immédiatement provoquer une urticaire ou un angio-œdème. Enfin, des anaphylaxies ont été observées après l’ingestion de graines de cannabis ou en buvant du thé de marijuana. Problème : les allergologues ne peuvent pas réaliser certains tests diagnostiques faute d’« approvisionnement [légal, NDLR] en matière première ». ❙

ÀSAVOIR ❙ La prise orale de suppléments de zinc réduit de moitié la durée des symptômes du rhume, à condition de commencer dans les vingt-quatre heures qui suivent leur apparition. C’est ce que suggère l’analyse de 18 études publiée dans le Journal of American Medical Association. Les effets seraient significatifs au-delà de 75 mg/jour. ❙ L’Agence européenne du médicament va réévaluer le rapport bénéfices/risques de la testostérone en raison de ses potentiels effets secondaires cardio-vasculaires. Une étude du Journal of the American Medical Association avait fait état en novembre dernier d’une hausse de 29 % du risque de décès, d’infarctus ou d’accident vasculaire cérébral ischémique. ❙ L’Agence européenne a été saisie par la Belgique sur la codéine dans le traitement du rhume et de la toux en pédiatrie. Elle examinera par ailleurs l’ambroxol et la bromhexine au vu de l’augmentation du nombre de cas rapportés de réactions allergiques.

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Santé Conseil

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

DR

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I

Vos conseils Sur prescription hospitalière, Epiflo et Natrox peuvent toutefois se rencontrer au comptoir puisque ces générateurs d’oxygène se posent en milieu hospitalier et sont portés par le patient en ambulatoire 24 heures/24, 7 jours/7. La canule doit être changée tous les 3 à 7 jours, le boîtier tous les 7 à 15 jours et les pansements aussi fréquemment que nécessaire. Une augmentation des exsudats est habituelle la première semaine et s’estompera au fil du traitement. Rappelez que le pansement doit rester hermétiquement collé à la peau ; sinon, le changer ou en apposer un autre par-dessus. En raison du risque d’inflammabilité, déconseillez l’utilisation de lotion, huile, crème… autour de la plaie traitée. De même, le patient ne doit pas fumer pendant l’oxygénothérapie.

de 8 sur une échelle de 0 à 10. Cette note se basait sur quatre critères : le poids de l’appareil, son encombrement, le maintien de la canule dans le pansement et le bruit. Un patient a même cicatrisé avant la fin de l’évaluation. Mais, outre les biais inhérents à la simple observation d’un faible nombre de cas, Epiflo a présenté plusieurs limites.

ls pèsent entre 85 et 100 grammes et tiennent dans la main. Ils se glissent dans une poche ou dans la chaussette. Une efficacité à étayer Pourtant, ils pourraient révolutionner Les auteurs relèvent notamment que la l’oxygénothérapie dans le traitement des nécessité d’utiliser un pansement seconplaies chroniques. Epiflo et Natrox, tout daire adhésif pour éviter que l’oxygène ne juste débarqués sur le marché français, s’échappe entraîne chez les patients suivis sont des systèmes de délivrance continue en oncologie une altération de la peau d’oxygène transdermique. Ils extraient et périlésionnelle, fragilisée par les traitements concentrent l’oxygène de l’air ambiant pour anticancéreux. Ce qui ne les empêche pas le délivrer à travers une de souligner le caractère canule placée directement Epiflo et Natrox «  simple et innovant  » sur la plaie. Face à l’oxygé- pèsent moins d’Epiflo qui « semble prénothérapie hyperbare, forsenter un réel intérêt dans cément, ces dispositifs de 100 grammes le traitement des plaies chroniques. Il pourrait médicaux font rêver. Epiflo et tiennent a d’ailleurs fait l’objet d’une s’avérer être une alternative analyse par une équipe de dans la main. intéressante dans les trail’Institut Curie à Paris, spétements par oxygénothéracialisé en cancérologie, et du centre hos- pie, de par sa facilité d’utilisation et son pitalo-universitaire de Reims. Analyse suivi à domicile ». D’autres observations, présentée à l’occasion de la 18e Conférence ici et ailleurs, mais ne portant à chaque fois nationale des plaies et cicatrisations orga- que sur un petit échantillon de patients, nisée à Paris du 19 au 21 janvier dernier. montrent aussi des résultats encourageants : la taille d’ulcères chroniques du Confortable pied diabétique a diminué de moitié après L’observation a porté sur douze cas cli- quatre semaines de traitement, des plaies niques, sur une période de trois semaines : sur les extrémités inférieures de patients cinq plaies postchirurgicales du sein en diabétiques ont complètement cicatrisé en zone irradiée, trois radionécroses, une vingt semaines… Si plusieurs structures vascularite, une angiodermite nécrosante hospitalières françaises en posent déjà, et deux escarres de stade 3. Si trois patients reste à confirmer les bénéfices de cette ont dû interrompre leur évaluation en rai- thérapie qui, certes, ne contraint plus le son d’une altération de la peau lésionnelle patient à l’immobilité. ❙ pour deux d’entre eux et l’apparition d’une Anne-Laure Mercier infection pour le dernier, les neuf autres ont rapporté un « impact important et positif » sur la douleur, le « développement d’un notabene tissu de bourgeonnement de qualité, moins Epiflo et Natrox sont indiqués dans les ulcères friable et plus charnu », et une qualité de diabétiques, les stases veineuses, les plaies postvie jugée « confortable » avec une moyenne opératoires, les escarres, les brûlures ou les engelures.

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fiche conseil

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

La prise en charge initiale d’une plaie répond à des exigences extrêmement variables. Le pharmacien se doit d’avoir une attitude thérapeutique adéquate face à chaque situation.

Prendre en charge une plaie simple 1. Évaluer la gravité de la plaie La prise en charge n’est pas toujours du ressort du pharmacien. Une consultation s’impose d’emblée dans les cas suivants : I la plaie s’étend sur plus d’une moitié de paume de main ; I elle est localisée au visage ou près des orifices naturels (bouche, narines…) ; I les tissus osseux, tendineux et musculaires sont endommagés ; I l’innervation et/ou la vascularisation est touchée (fourmillements dans la main, sensation d’engourdissement) ; I les souillures ne sont pas extractibles facilement ; I le saignement reste très abondant après plusieurs minutes de soins. Penser à l’éponge ou à la mèche hémostatique (Bloxang de Bausch & Lomb, Coalgan de Brothier…). I Le patient a une maladie chronique (problème d’immunité, diabète…). Certains médicaments sont susceptibles de retarder la cicatrisation : anti-inflammatoires non stéroïdiens, corticoïdes, immunosuppresseurs, anticancéreux cytotoxiques et anticoagulants. Certaines pathologies aussi : dénutrition, diabète, greffe, VIH… Une consultation médicale s’impose alors. 2. Soigner une plaie cutanée simple Une plaie superficielle peut toucher le derme (saignement) ou seulement le tissu sous-cutané (éraflure, coupure…). I Nettoyer : rinçage à l’eau claire ou au sérum physiologique (Physiodose de Gilbert, Babysoin de Cooper…) Le port de gants est impératif afin d’éviter toute transmission d’agent infectieux. I Désinfecter : préférer les antiseptiques bactéricides à large spectre comme la chlorhexidine (Urgo, Gilbert…) aux produits

à spectre étroit comme les ammoniums quaternaires (Biseptine de Bayer, Mercryl de Menarini…). Les dérivés iodés (Bétadine de Medapharma…) sont à utiliser lorsque la plaie présente un risque infectieux important (malgré leur coloration) : ils ont en effet le spectre le plus large avec les dérivés chlorés (Dakin de Cooper…). Attention à ne pas contaminer le produit et à ne pas l’inactiver par des déchets organiques. D’où la nécessité d’un nettoyage préalable. VOS CONSEILS I Toujours désinfecter la plaie du centre vers l’extérieur. I Éviter si possible les antiseptiques colorés qui empêchent une surveillance optimale de la plaie. I Noter la date d’ouverture sur le flacon. I Veiller à ne pas contaminer l’orifice du flacon. I Bien le refermer après utilisation. I Conserver à l’abri de la chaleur et de la lumière. I Souligner qu’une utilisation répétée d’antiseptiques est susceptible de retarder la cicatrisation. Préférer des conditionnements individuels (Dosiseptine 0,05 % de Gifrer, Chlorhexidine de Gilbert…). I Rappeler de ne pas utiliser d’alcool, qui empêche la cicatrisation. I Choisir un pansement : les hydrocolloïdes (Urgoderm de Urgo, Hydrocoll de Hartmann…) restent le choix de référence pour une plaie simple plus ou moins exsudative. Mais un pansement classique peut aussi être réalisé à l’aide d’une compresse de gaze (Urgo, Sterilux…) maintenue avec un sparadrap microporeux (Micropore de 3M, Urgopore de Urgo…). Penser également aux pansements imperméables (Tegaderm Pad de 3M, Urgostérile de Urgo…) qui tiennent en place plusieurs jours et facilitent la vie quotidienne du patient.

I Vérifier la vaccination antitétanique ; les

blessures du quotidien constituent la porte d’entrée la plus fréquente. Le calendrier prévoit deux injections puis un rappel tous les dix ans. Si le patient a un doute ou si son dernier rappel date de plus de 10 ans, une vaccination et/ou une sérothérapie (injection anatoxine) s’imposent. La vaccination n’est pas contre-indiquée chez la femme enceinte, quel que soit le terme de la grossesse. x Charline Gomo

Àsavoir Les bandelettes Steri-Strip (3M) sont des sutures cutanées adhésives de premiers secours, qui permettent de rapprocher les berges de la plaie et évitent les agrafes ou les fils. Mais leur pose relève d’un acte médical. Le pharmacien n’est donc pas expressément autorisé à les placer sur la plaie d’un patient. En revanche, le Code de la santé publique prévoit qu’il est tenu de « porter secours à toute personne en danger immédiat » : la pose de Steri-Strip ne doit donc en théorie relever que de l’urgence. Dans ce cas, elle nécessite de respecter quelques précautions : I la plaie doit être propre, à bords francs et ne plus saigner ; I appliquer une première bandelette au milieu de la plaie sur un des deux côtés puis coller l’autre extrémité de la bandelette en prenant garde que les berges soient bien face à face. Si besoin, tendre la peau afin d’aider les bords de la plaie à se rapprocher ; I placer ensuite d’autres bandelettes le long de la plaie en laissant environ 3 à 5 mm d’espace entre elles et veiller à ce que chaque extrémité de la plaie soit recouverte d’une bandelette. Sources : Haute Autorité de santé, Prescrire.

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Fiche Conseil

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE DEFRANCE

Parce qu’un patient peut se présenter au comptoir avec une hémorragie, les gestes de premier secours doivent être connus de l’équipe. L’efficacité de la compression se mesurera à l’arrêt du saignement.

Devant une plaie qui saigne

Infographie Pascal Marseaud

1

ARRÊTER LE SAIGNEMENT

❚ Se protéger par le port de gants à usage unique. ❚ Interposer, si possible, une ou plusieurs compresses stériles. ❚ Comprimer directement la plaie avec les doigts ou la paume de la main, après avoir écarté les vêtements si besoin.

Si la compression manuelle est efficace

2

Si la compression directe est impossible ou inefficace

2

POSER UN PANSEMENT COMPRESSIF

POSER UN GARROT

Un garrot se pose au bras ou à la cuisse.

Les compresses doivent recouvrir complètement la plaie.

La substitution de la compression manuelle par le bandage doit être la plus rapide possible.

La bande de gaze doit recouvrir complètement le pansement.

Utiliser un lien non élastique, par exemple un lien de toile, idéalement de 3 à 5 cm de large et de 1,5 m de longueur. Improvisez si besoin avec une cravate, une écharpe ou un foulard.

Fixer le bandage à l’aide d’un morceau de ruban adhésif ou par un nœud. On doit pouvoir glisser un doigt sous le pansement.

Mettre en place le garrot plié en deux : sur la cuisse, entre la plaie et l’aine, ou sur le bras, entre la plaie et l’aisselle. Le glisser sous le membre atteint, puis le remonter à la racine de la cuisse ou du bras.

Si ce pansement compressif ne suffit pas, compléter d’un second pansement par-dessus pour augmenter la compression. En cas d’échec, reprendre la compression manuelle.

Passer une extrémité du lien dans la boucle.

Le remplacement de la compression est impossible si l’endroit qui saigne est situé au niveau du cou, de la tête, du thorax ou de l’abdomen.

Tirer les deux extrémités pour serrer le garrot. Les nouer. Il doit être impossible de glisser un doigt dessous.

3

Ne pas recouvrir le garrot ; il doit toujours rester apparent. Noter l’heure de pose de façon visible. Le garrot ne sera desserré que sur ordre du médecin.

ALLONGER LA VICTIME

La position d’attente dépend de la localisation de la plaie : il faut surélever le membre qui saigne.

Poursuivre par étapes 3 et 4. En présence d’un corps étranger

Position allongée.

4

Plaie au thorax : position demi-assise, tournée vers le côté blessé.

Plaie de l’abdomen : position allongée ou sur le côté, cuisses fléchies.

Plaie à l’œil : position allongée, yeux fermés, en demandant de ne pas bouger la tête.

ALERTER OU FAIRE ALERTER LES SECOURS

❚ Dans l’intervalle, parler régulièrement à la victime, lui expliquer ce qui se passe. ❚ La protéger du froid. ❚ Ne pas lui donner à boire. Source : Référentiels nationaux de secourisme (ministère de l’Intérieur).

Ne jamais retirer le corps étranger (morceau de verre, couteau…) de la plaie.

En présence d’une fracture ouverte ou si la plaie contient un corps étranger visible, la compression directe doit être réalisée juste au-dessus et au-dessous de l’objet, jamais sur l’objet. Si c’est impossible ou si le saignement est trop important, poser un garrot.

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Santé International

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Un mois d’« improbablologie » Ce terme, emprunté au « Passeur de sciences » Pierre Barthélémy, recouvre ce que la recherche peut avoir de plus improbable. Extraits choisis du second volume de ses chroniques, tout juste paru aux éditions Dunod *. par Anne-Laure Mercier

ÉTATS-UNIS

« Une goutte de science-miction » Lors de son dernier congrès annuel, la Société américaine de physique s’est intéressée à la physique de la miction. Des chercheurs avaient auparavant étudié chez les pensionnaires d’un zoo « les forces qui président à l’éjection de l’urine, opération qui doit se faire vite et sans dépense superflue d’énergie ». Après intégration des contraintes physiques, ils purent classer les mammifères en deux catégories : les tout petits et les autres. Chez les premiers, l’urètre est si étroit « que la capillarité l’emporte sur la gravité : c’est par la pression de la vessie que l’urine est expulsée, sous la forme de gouttes ». Chez les autres, « la colonne d’eau s’évacue essentiellement sous l’action de la gravité » et à la même vitesse, la vessie et l’urètre étant proportionnels à la masse de l’animal. Ces mammifères mettent d’ailleurs en moyenne 21 secondes pour se soulager. On attend l’étude qui vérifiera la possibilité d’uriner en faisant le poirier.

CANADA « Le sport en chambre en est-il vraiment un ? » La réponse est dans la revue PLOS One. Équipés de multiples capteurs, 21 couples en bonne santé se sont employés à faire l’amour une fois par semaine pendant un mois. Dépense énergétique, intensité de l’effort… tout a été mesuré, minute par minute. Et comparé à 30 minutes de course sur un tapis roulant. Si la première semaine a été la plus physique – l’enthousiasme, certainement – les choses se sont ensuite calmées. Le coït dure en moyenne vingt-cinq minutes et les hommes dépensent à chaque fois 101 calories contre 69 pour les femmes. Sauf qu’en trottant sur le tapis de course, les premiers brûlent 276 calories et les secondes 213. « Bref, il y a mieux que le mille-pattes paillard, le perroquet qui sanglote, la brouette japonaise, la marmite à tourniquet, le tournedos béarnaise et le derviche à grand braquet chers à Bobby Lapointe. »

©JONAH G.S.

Plus un vin est cher, plus il paraît goûteux, d’accord. Mais un médicament ? Aussi, répondent des chercheurs dont l’expérience a été relatée dans le Journal of the American Medical Association. Des volontaires ont été recrutés pour tester un nouvel analgésique. Il a été dit à la moitié d’entre eux que le comprimé coûtait 2,50 dollars, à l’autre 0,10 dollar l’unité. Après avoir subi des décharges électriques dans le poignet, 85,4 % des recrues du premier groupe disaient avoir moins souffert grâce au médicament contre 61 % dans le second groupe. Un « effet placebo-prix » qui, selon le JAMA, explique pourquoi les patients se rassurent par des traitements chers et pourquoi d’autres refusent les génériques. « Un détail pour la fin : lors de cette expérience, les chercheurs n’ont pas utilisé de nouvel analgésique mais… un placebo [!] À placebo, placebo et demi. »

©ABULIC MONKEY

« Le bon antidouleur fait mal au portefeuille »

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International Santé

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

ALLEMAGNE

« L’homme sans odorat ne draguera pas » Certes « les humains ont perdu l’habitude de se renifler le derrière pour faire connaissance » mais une perte de l’olfaction n’est pas sans conséquence sur les plaisirs de la chair. L’étude rapportée ici est tirée de la revue Biological Psychology et a recruté des hommes souffrant d’anosmie congénitale totale. Comparés au groupe témoin, ils totalisaient cinq fois moins d’aventures. L’explication « ressemble à un coup de billard à trois bandes » : ce handicap rend asocial, les personnes concernées s’inquiétant notamment de leur odeur corporelle, et fait de piètres dragueurs, « non pas parce que les effluves [les] aideraient mais parce que ne pas les sentir [les] complexe ». Et pan sur la bagatelle.

LESOTHO « Conception orale » Attention, étude « hors norme » ! Parue en septembre 1988, dans le British Journal of Obstetrics and Gynaecology, elle relate l’histoire d’une jeune fille de 15 ans admise aux urgences pour des blessures à l’arme blanche. Son estomac était perforé de toutes parts. Opérée, elle revient neuf mois plus tard… : « Les coups de poignard, réguliers, venaient cette fois de l’intérieur. » Née sans vagin en raison d’une malformation congénitale, la jeune fille ignorait qu’elle était enceinte. Alors, « par où est passé le spermatozoïde ? » Après enquête, son médecin découvrit que l’adolescente avait, juste avant la bagarre, pratiqué du sexe oral. Le couteau aurait alors récupéré du sperme de l’estomac pour le transporter dans son utérus. Hypothèse confirmée par la ressemblance entre le père supposé et l’enfant. Hors norme, on vous disait.

CHINE « Des billets de banque comme analgésiques » On savait que l’argent faisait le bonheur, pas qu’il pouvait s’avérer un excellent antidouleur. Une étude de la revue Psychological Science est partie du principe que l’argent « provoque chez son possesseur un sentiment de bien-être, de force, d’efficacité, peut-être en activant la production d’endorphines, molécules du soulagement ». Ses auteurs ont proposé à deux groupes, l’un de compter 80 morceaux de papier, l’autre 80 billets de banque, avant de mettre leurs mains dans de l’eau jusqu’à 50 °C. Bingo : ceux qui avaient palpé de l’argent ont moins souffert… On connaît désormais le secret de forme d’Oncle Picsou.

©DATABASE CENTER FOR LIFE SCIENCE (DBCLS)

©ABULIC MONKEY

Dany Boon était bien inspiré le jour où il a écrit son sketch sur la « grossesse gazeuse ». De rares cas de pneumopéritoine ont en effet été relayés dans le Journal of the Society of Laparoendoscopic Surgeons : une certaine pratique sexuelle s’est avérée être à l’origine de la présence d’air dans la cavité abdominale de ces quelques patientes. L’une d’elles a même dû subir des incisions de l’abdomen pour « dégonfler » sans que les médecins ne trouvent comment l’air avait pu arriver là. Jusqu’à ce que la patiente raconte pratiquer le cunnilingus façon cornemuse ! Son partenaire soufflait dans son vagin, ignorant que l’utérus n’est pas étanche. Les chercheurs préviennent : en cas de grossesse, il existe « un risque réel pour que, via les vaisseaux utérins, le sang se charge en air, ce qui peut mener à une embolie gazeuse fatale ». Mollo donc sur la trompe (de Fallope).

©VERBEELDINGSKR8

« Grossesse gazeuse, mode d’emploi »

* Improbablologie et au-delà. Nouvelles chroniques de science improbable, de Pierre Barthélémy, ill. de Marion Montaigne, Dunod, 176 p., 12,90 €. Avec l’aimable autorisation de son auteur.

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Officine Investissement

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Les clés d’un merchandising efficace Un gadget ? Tant s’en faut. Mais pour que le merchandising devienne un levier de croissance, le titulaire doit en maîtriser les contours.

P

arce qu’il est employé à tort et à travers, plus grand monde n’est capable de définir précisément le merchandising. Cet ensemble de techniques et de stratégies permet d’optimiser la rencontre du consommateur avec le produit sur le point de vente. Il englobe la présentation et la mise en scène des produits, la communication, mais aussi la formation du personnel. L’implication du pharmacien et de son équipe « constitue l’un des éléments du développement commercial, avec le management de l’équipe, la politique d’achat, le prix, l’animation, les promotions et le conseil », ajoute Joëlle Hermouet, consultante et formatrice en merchandising et stratégie en développement commercial, directrice de l’organisme de formation Formaplus. Se lancer dans le merchandising, c’est donc vouloir « optimiser l’offre produit, développer les ventes, accroître la rentabilité de l’officine », explique Marie Henry, directrice du Master of business administration (MBA, maîtrise en administration des affaires) Management de l’officine à l’École de management de Strasbourg. Ce qui implique de rendre l’offre claire et attractive pour faciliter la recherche des produits et permettre à vos clients de bien s’orienter dans la pharmacie. Selon Sandrine Lemaire, directrice du service Croissance et développement des réseaux du groupe PHR, « le but est de faciliter l’achat d’impulsion pour accélérer la gestion des stocks et donner au client l’envie d’entrer, d’acheter, de rester et de

revenir ». Mais attention : faire du merchandising ne veut pas dire abandonner sa qualité d’accueil, d’écoute et de prise en charge. « Le client-patient reste au cœur des préoccupations », insiste Marie Henry. Rien n’empêche pour autant d’utiliser et d’adapter des techniques issues du commerce classique, surtout en ces temps de concurrence accrue. Choisir le bon moment Dans un marché du médicament bousculé, le merchandising devient donc un levier de croissance. « Il permet de renforcer l’expertise, le savoir-faire, de façon plus lisible, plus éthique : le client se reconnaît, se trouve dans une situation de confiance. On est dans une relation gagnant-gagnant », souligne la directrice du MBA. En d’autres termes, un client satisfait est un client fidélisé, gage de développement pour la

pharmacie. Mais le merchandising est exigeant : il doit faire partie d’un plan d’action global à réadapter chaque année en fonction des résultats. Comme le signale Marie Henry, « il présente peu d’intérêt s’il n’est pas intégré à la stratégie

Indispensables formations Idéales pour s’initier à cette technique entrepreneuriale, voire devenir incollable en la matière. x L’École de management de Strasbourg propose deux formations au merchandising : un Master of business administration (MBA) Marketing et Management de la pharmacie d’officine qui se déroule sur deux ans et un diplôme universitaire (DU) Management de l’officine destiné aux jeunes pharmaciens, sur trois mois.

x Certains groupements s’investissent

également sur le sujet, à l’instar du groupe PHR : la formation est alors incluse dans l’adhésion. x Enfin, certains organismes comme Formaplus, Pharmasphère ou Caducée offrent des formations ponctuelles en conseil merchandising, sur une ou plusieurs journées. Voir aussi « Se former au marketing », Le Pharmacien de France, no 1236.

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Investissement Officine

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

© Ladee4.wordpress.com

Les 7 points capitaux x Ne pas se « jeter » immédiatement

x  Utiliser la vitrine comme élément

sur les linéaires : évaluer les attentes de sa clientèle et observer ses comportements d’achat, anticiper leur évolution, analyser l’environnement concurrentiel…   Construire les linéaires de manière x efficace (merchandising opérationnel), en fonction des leaders naturels et de vos meilleures ventes (ils contribuent à votre image de marque et à l’accroissement du volume des ventes).   Proposer un balisage clair. x

recruteur de nouveaux clients. x Constituer un ensemble cohérent et dynamique (scénarisation, animation…).   Suivre régulièrement les actions x menées (évolutions du chiffre d’affaires, du panier moyen hors ordonnances, fréquentation journalière…) et lancer les adaptations nécessaires. x Impliquer l’équipe, s’appuyer sur un collaborateur ayant des compétences et la fibre merchandising.

l’officine, commente Marie Henry. On le définit généralement en fin d’année (dernier trimestre) pour un lancement l’année suivante, en lien avec la politique d’achat. » Il est également possible de l’articuler dans le plan de promotion avec l’aide des laboratoires. « Certaines pharmacies peuvent aussi l’associer aux grands changements de saisons (printemps-été, automne-hiver) », ajoute Sandrine Lemaire. Pour Joëlle Hermouet, d’un point de vue pratique, « mieux vaut attendre les périodes creuses en activité, quand l’équipe est disponible ».

marketing de l’officine et s’il est développé, purement et simplement, comme un agen- Des bénéfices chiffrés cement, sans objectif clé ». Autre facteur In fine, les retombées peuvent se traduire limitant : s’en tenir aux objectifs du fabri- en progression des ventes et des marges. cant donc aux nouveautés à mettre en « Tout dépend du point de départ de l’officine avant, aux priorités de mais si le merchandising la marque… « Le  phar- « Un merchandising est bien mené, intégré à macien, lui, gère un bien mené permet la stratégie marketing, ensemble », rappelle on peut obtenir jusqu’à Joëlle Hermouet. Enfin, d’obtenir 15 à 20 % 15-20 % d’augmentala rentabilité peut ne d’augmentation du tion du chiffre d’afpas être au rendezfaires », rapporte Marie vous si vous y passez chiffre d’affaires. » Henry. « Un linéaire Marie Henry, École de trop de temps. OTC bien constitué permanagement de Strasbourg Dans l’absolu, le mermet de développer ses chandising peut être ventes de 15 % en mis en place à tout moment, mais il est volume et, pour la para, de 10 à 15 % », particulièrement opportun de s’y lancer à détaille Sandrine Lemaire. Il existe d’aill’occasion d’un transfert ou d’une reprise, leurs des rayons plus efficaces que dans le cadre d’un environnement concur- d’autres comme « l’hygiène bucco-dentaire, rentiel devenu plus agressif ou lors d’un les pansements, la dermo-cosmétique ou changement de la réglementation. « Il l’aromathérapie », indique Joëlle Hermouet. permet d’insuffler une dynamique dans Quand évaluer les gains ? « Au bout d’une

semaine déjà, mais il faut un an pour obtenir des chiffres consolidés. » La rentabilité peut aussi se mesurer dans la foulée d’une opération : par exemple, en fin de promotion, en comparant les chiffres par rapport à l’année précédente sur la même période, ou encore juste après la mise en avant d’une offre sur une gondole (en évaluant le stock et les quantités vendues). Une surveillance régulière, hebdomadaire ou mensuelle, permet en outre de constater l’éventuelle nécessité de mesures correctives. « Les pharmacies qui progressent remettent leur merchandising en cause en permanence », intervient Joëlle Hermouet. Enfin, s’il est réalisé en interne, assurezvous de l’adéquation entre le temps mis en œuvre et le coût horaire de celui qui s’en charge. « Entretenu, le merchandising demande quatre heures de travail par mois », rapporte Sandrine Lemaire. Et si vous engagez un consultant externe, tenez compte du tarif qui peut s’élever à 3 0004 000 euros selon le profil de la pharmacie. Sans compter les achats matériels (mobilier, signalétique…) le cas échéant. Une question d’investissement. x Claire Grevot

pourallerplusloin xO  ptimisez vos ventes. Le merchandising, Joëlle Hermouet, Le Moniteur des pharmacies, coll. « Les Essentiels du pharmacien ». x Marketing Management, Philip Kotler, Kevin Keller, Delphine Manceau, Pearson, 14e édition. Mai 2014 I No 1260 I 41

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Officine En bref

© ocp

❙ C’est au tour d’OCP de se lancer dans la création et de gestion de sites web : le service NetOfficine propose différents modèles graphiques, un module de géolocalisation, de réservation de produits ou de paiement, des articles de presse, une messagerie sécurisée… tout à la demande. NetOfficine peut produire des sites compatibles pour mobiles et tablettes. ❙ Plus pharmacie fait le ménage : l’enseigne Pharmavie change d’identité visuelle et sa deuxième enseigne Familyprix disparaît pour devenir Pharmavie Essencia. Sa gamme en marque propre passe aussi sous la bannière Pharmavie. Seule demeure la marque PharmaPrix.

© PHARMACTIV

❙ Pharmactiv n’a pas attendu le lancement des entretiens asthme pour lancer un kit de suivi, en partenariat avec Zentiva, déjà disponible auprès de ses adhérents. ❙ La campagne de déclaration des revenus 2013 bat son plein. Vous avez jusqu’au 20 mai pour remplir la déclaration sociale des indépendants (DSI) dans sa version papier et jusqu’au 10 juin si vous avez opté pour Internet (www.net-entreprises.fr). ❙ Le Régime social des indépendants vient de préciser, dans une circulaire, qui est concerné par l’assujettissement à cotisations des revenus distribués dans les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés (IS) : http://bit.ly/1jBexdr. ❙ Autre circulaire notable du Régime social des indépendants, celle expliquant les conditions de rachat de trimestres de cotisations vieillesse des conjoints collaborateurs, ainsi que la détermination du montant du rachat et les modalités de paiement : http://bit.ly/1eZvjWc.

DEFRANCE

compétitivité

Des paroles et des pactes Le pacte de responsabilité se traduira par de nouvelles baisses d’impôts et de cotisations pour les entreprises. Avec quelles contreparties ?

L

es principales mesures du « pacte de responsabilité » annoncées par le président de la République sont désormais connues. Le nouveau Premier ministre, Manuel Valls, les a dévoilées le 8 avril dans sa déclaration de politique générale. Il s’agit tout d’abord de réduire le coût du travail, avec un objectif de 30 milliards d’euros d’allègements d’ici 2016. Ce chiffre inclut le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), dont le rendement doit atteindre 12 milliards cette année et 20 milliards l’année prochaine. S’y ajouteront de nouvelles baisses de charges sur les bas salaires (moins de 1,6 Smic) dès le 1er janvier 2015 : les cotisations patronales seront « entièrement supprimées » au niveau du Smic et le barème existant sera « modifié en conséquence ». En 2016, les cotisations famille seront abaissées de 1,8 point pour les salaires inférieurs à 3,5 Smic. À cette date, la surtaxe sur l’impôt sur les sociétés (IS) sera abrogée. Une diminution du taux principal de

l’IS pourrait suivre, de 33 % aujourd’hui à 28 % en 2020. Enfin, la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S) sera également abolie d’ici à 2017. Des contreparties sont attendues « dans chaque branche professionnelle » en termes d’emploi, de formation et de qualification. L’officine devra en outre assumer une partie des 10 milliards d’euros d’économies sur les dépenses de santé publique, annoncées par la même occasion. Donnant-donnant. ❙

formation

unédic

Une bonne nouvelle en ces temps où règne l’austérité : la prise en charge de la formation continue des titulaires d’officine par le Fonds interprofessionnel de formation des professionnels libéraux (FIF-PL) est revue à la hausse pour 2014. Le plafond annuel est ainsi porté à 1 200 euros, contre 1 000 euros en 2013. Lorsque la formation choisie traite d’un thème « prioritaire* », sa prise en charge est désormais plafonnée à 300 euros par jour contre 250 euros l’année dernière (dans la limite, donc, de 1 200 euros par an). À noter également, la prise en charge pour la participation à un jury d’examen est passée de 200 euros par jour à 300 euros, dans la limite de quatre jours par an au lieu de deux. ❙

Après deux mois de tractations à couteaux tirés, les partenaires sociaux sont parvenus dans la nuit du 22 mars à un accord sur les nouvelles règles d’indemnisation du chômage. Un compromis qui encourage la reprise d’emploi, sans toucher aux cotisations. La création de droits rechargeables et la simplification du cumul des allocations avec une activité réduite doivent faciliter l’embauche en contrats courts ou à temps partiel. Les salariés à employeurs multiples bénéficieront d’un calcul plus favorable de leurs indemnités. En revanche, le premier versement pourra être différé jusqu’à six mois pour les ruptures non économiques. Approuvé par la CFDT, FO et la CFTC, le texte devrait entrer en vigueur au 1er juillet. ❙

Le FIF-PL relève les plafonds

* Tous les critères de prise en charge sur le site www.fifpl.fr.

© lumaxart

Àsavoir

Le PHaRMaCIeN

Assurance chômage, mode d’emploi

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En bref Officine

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Éco&Vous

REMBOURSABLE

PHARMACIE MOYENNE

ÉVOLUTION DU CA MOIS PAR MOIS

– 2,9 %

– 2,1 % ❙ En cumul mobile annuel, le CA moyen par pharmacie s’élève à 1,46 million d’euros. ❙ Pour le seul mois de février, le CA moyen par pharmacie atteint 116 445 euros.

– 2,3 % OTC

❙ En février dernier, le CA total des pharmacies atteignait 2,6 milliards d’euros, en baisse de 2,1 % par rapport au mois de février 2013.

février 2014

Le baromètre du médicament

– 6,4 % – 5,4 % DM (LPPR)

CA TOTAL EN CUMUL MOBILE ANNUEL VENTILATION PRODUITS (pharmacie moyenne)

❙ ❙ ❙ ❙

Remboursable : 76,5 %. OTC : 7,9 %. Dispositifs médicaux LPPR : 7,1 %. Parapharmacie : 8,5 %.

– 1,5 %

+ 6%

❙ Entre mars 2013 et février 2014, le CA total du réseau officinal (remboursable, OTC, dispositifs médicaux et cosmétiques) s’élève à 33,1 milliards d’euros, en baisse de 1,5 % par rapport au cumul mobile annuel mars 2012-février 2013.

simplification

PARAPHARMACIE

+ 3,5 % + 3,8 % évolution mensuelle

évolution annuelle

(Source : FSPF-Pharmastat, sur un échantillon de 14 000 officines extrapolé aux 22 706 officines françaises)

défaillance

Des solutions, enfin

Chocs en cascade Le Conseil de la simplification pour les entreprises a dévoilé un premier train de 50 mesures. Qui s’ajoutent à celles annoncées l’été dernier et en précèdent d’autres.

© CONSEIL DE LA SIMPLIFICATION

L

a « fabrique à simplifier » tourne à plein régime. Institué en début d’année, le Conseil de simplification a présenté le 14 avril ses 50 premières propositions, qui ont reçu l’aval de l’Élysée. Dans cette feuille de route, la réduction du nombre de statuts pour les entreprises individuelles est envisagée pour 2015, tandis que le « principe de confiance a priori dans le domaine fiscal » pourrait s’appliquer immédiatement, par exemple en supprimant les relevés de frais généraux et la déclaration des honoraires. D’autres obligations administratives sont dans le collimateur, comme la déclaration de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) pour les sociétés mono-site ou le double archivage des comptes à l’Institut national de la propriété intellectuelle (Inpi).

+ 5,8 %

Pour réduire les démarches d’embauche, l’usage du Titre emploi service entreprise (Tese) devrait être élargi aux très petites entreprises (TPE) de 10 à 19 salariés. Après les 29 mesures présentées par Bercy en juillet 2013, le gouvernement veut accélérer : 10 idées nouvelles sont attendues chaque mois durant les trois prochaines années. ❙

L’ordonnance de la ministre de la Justice Christiane Taubira pour « la prévention des entreprises en difficulté » a vu le jour (voir Le Pharmacien de France, no 1258). Publiée au Journal officiel le 14 mars, elle entre en vigueur au 1er juillet. Comme prévu, les professions libérales pourront bénéficier de la procédure d’alerte dont elles étaient jusqu’ici exclues. Le texte crée également, entre autres mesures, la procédure de rétablissement professionnel qui peut aboutir à l’effacement des dettes. ❙

paiement

Une amende de plus Déjà sanctionné par des amendes pénales, le nonrespect des délais de paiement entre professionnels l’est aussi désormais d’une amende administrative. Une disposition passée quelque peu inaperçue dans la loi relative à la consommation, dite loi Hamon, qui a libéralisé la vente des tests de grossesse et d’ovulation. Le montant de cette nouvelle amende peut atteindre 75 000 euros pour une personne physique et 375 000 euros pour une personne morale et être doublé en cas de réitération dans les deux ans. ❙ Mai 2014 I No 1260

PHARMA 1260-043 43

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Officine Nouvelles technologies

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Utiliser un agenda partagé

En partenariat avec

www.caduciel.com

L’agenda partagé est un véritable outil de management. Grâce à un accès sécurisé, chaque membre de l’équipe peut le consulter en ligne ou éventuellement le modifier (ajouts, suppressions…), en fonction des droits d’accès que vous attribuerez.

Envoi automatique de courriels pour rappeler un événement (rendez-vous, formation…) ou prévenir des ajouts, modifications ou suppressions. x Notification d’informations associées à l’événement, ajout de fichiers pour les avoir à disposition au moment de la rencontre. x Planification automatique des événements récurrents, recherche de plages horaires disponibles, proposition de créneaux horaires qui conviennent à tous. x Moteur de recherche intégré p o u r e f f e c t u e r u n e recherche dans les archives ou les jours à venir. x Transfert possible de son agenda personnel et des données associées (applications d’agenda de bureau Outlook ou Outlook Express par exemple) vers la majorité des solutions d’agenda partagé ; inversement, les plannings d’agendas partagés peuvent être sauvegardés vers ceux de type Outlook et importés sous format Word, Excel et PDF pour pouvoir les consulter hors connexion. Rassurez-vous, il est toujours possible de cacher les rendez-vous ou contacts personnels. x

EXEMPLES D’UTILISATION Vous déterminez facilement un moment qui convient à tous pour caler des réunions. x Vous proposez et organisez les congés annuels. x Vous et vos collaborateurs planifiez les entretiens patients, les visites des laboratoires (informations, formations de l’équipe…). x

Petite sélection gratuite Google agenda www.google.com/calendar LE PLUS COMPLET Accès avec un compte Google. Synchronisation automatique des applications d’agenda de bureau (Outlook, Apple iCal, Mozilla Sunbird) ou avec l’agenda intégré sur les mobiles (via les apps Google sur Android, iPhone). Netplanning http://netplanning.fr LE PLUS INTUITIF Simple d’utilisation avec des codes couleurs (congés annuels, RTT, rendez-vous personnels…) pour personnaliser les événements. Pour le partager, il suffit de transmettre un lien à vos collaborateurs qui y accéderont en fonction des droits accordés. Vous pourrez sortir des statistiques comme le nombre de RTT ou de jours de congé par collaborateur et période souhaitée. Synchronisation sur Google Agenda pour accéder à son Net Planning depuis son mobile. E-quarius www.agenda-gratuit.fr LE PLUS BASIQUE Le partage de l’agenda nécessite que chaque utilisateur s’inscrive sur E-quarius. Si vous ne souhaitez pas forcer vos employés à s’inscrire, vous pouvez configurer l’agenda pour qu’il soit public et accessible en lecture seule, en créant par exemple un lien sur votre site afin que les utilisateurs y accèdent directement. Ce mode de fonctionnement rend forcément son partage moins aisé à utiliser.

© Miguel Medina

FONCTIONS

Votre équipe peut prendre rendez-vous à votre place. x Votre adjoint(e) prend votre relais pour un rendez-vous en ayant à disposition les informations relatives à l’entrevue. x

AVANTAGES

Une mise à jour en temps réel qui permet d’organiser son temps de travail en fonction des autres collaborateurs. x Un accès depuis n’importe quel ordinateur, smartphone ou tablette : où que vous soyez, gérez vos rendez-vous, partagez les données. x Plus besoin d’effectuer des envois multiples de courriels pour connaître les disponibilités de chacun. x Vous avez une vision globale de l’activité de votre officine et du planning de vos salariés. x



Claire Grevot

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Officine Produits

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE DEFR DE FRAN FR ANCE AN CE

Quoi de neuf en prescription ? par Élise Brunet AUTRESPRODUITS ENBREF

SMR important ASMR niveau 5 (inexistante)

❙ BOOTS LABORATORIES ❙ Exfoliant resurfaçant Sérum 7. Tube de 75 ml / EAN : 5000167134001 / Prix conseillé : 14,90 €. ❙ COOPER ❙ Arnican Friction. Flacon de 240 ml / ACL : 3401520231986 / Prix conseillé : 12 €. ❙ DARPHIN ❙ CC Cream. Tube de 30 ml / EAN : 3401340706411 / Prix conseillé : 36 €. ❙ EMBRYOLISSE ❙ Eau parfumante. Spray de 100 ml / EAN : 3350900000721 / Prix conseillé : 28 €. ❙ LAINO ❙ L’huile authentique. Flacon de 100 ml / EAN : 3518646024634 / Prix conseillé : 15 €. ❙ MÉNOPHYTÉA ❙ Ménostick Bouffées de chaleur. Stick de 5 g / EAN : 3401560600261 / Prix conseillé : 9 €. ❙ MUSTELA ❙ Crème change 123. Tube de 50 ml / EAN : 3504105025793/ Prix conseillé : 4,95 €. Tube de 100 ml / EAN : 3504105025854 / Prix conseillé : 6,95 €. ❙ Huile de soins vergetures. Spray de 105 ml/ EAN : 3504105025144/ Prix conseillé : 14 €. ❙ NATURACTIVE ❙ Elusanes Chardon Marie. Boîte de 60 gélules / ACL : 3401520177208 / Prix conseillé : 12 €. ❙ ROC ❙ Soleil Protexion fluide anti-âge SPF 50+. Tube de 50 ml /EAN : 3574661118550 / Prix conseillé : 15,45 €.

SMR LE SERVICE MÉDICAL RENDU

PAR UN MÉDICAMENT correspond à son intérêt en fonction notamment de ses performances cliniques et de la gravité de la maladie. Il peut être important, modéré, faible ou insuffisant. SA LE SERVICE ATTENDU D’UN DISPOSITIF MÉDICAL mesure son rapport bénéfice/risque et sa place dans

la stratégie thérapeutique. Source : HAS

S! Liste I

Liste II

ORENCIA (ABATACEPT) Spé 65 EEN E! %

❙ BIODERMA ❙ Photoderm Brume après-soleil SOS. Spray de 125 ml / EAN : 3401353647930 / Prix conseillé : 10,10 €.

Délivrance Stupéfiant

ORENCIA 125 mg, solution injectable en seringue préremplie, boîte de 4 / CIP : 3400926884376 / PPTTC : 951,00 €. Laboratoires BRISTOL-MYERS SQUIBB.

Cette biothérapie, indiquée dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde active chez l’adulte, passe en ville grâce à la présentation sous-cutanée. Alternative aux anti-TNF (Tumor necrosis factor), l’abatacept a une cible nouvelle puisqu’il régule l’activité des lymphocytes T, en modulant un signal clé de costimulation (impliquant le récepteur CD 28) nécessaire à leur activation complète. Orencia s’administre en association avec le méthotrexate (MTX), après échec d’un premier traitement de fond par MTX seul ou anti-TNF.

LE CONSEIL DU PHARMACIEN ❙ Après une dose de charge hospitalière d’Orencia 250 mg par perfusion intraveineuse, la première injection sous-cutanée de 125 mg se fera dans les 24 heures. Les injections suivantes seront faites au rythme de une par semaine. ❙ La solution, incolore à jaune pâle, ne doit pas être secouée. ❙ En cas d’oubli, la dose peut être injectée dans les 72 heures suivant le jour programmé. Audelà, un avis médical est requis. ❙ Les femmes en âge de procréer doivent être sous contra-

ception efficace pendant la durée du traitement et jusqu’à 14 semaines après l’arrêt. ❙ Les infections des voies respiratoires supérieures sont très fréquentes. Un dépistage de la tuberculose doit être fait avant l’initiation du traitement. ❙ Les vaccins vivants ne doivent pas être injectés pendant le traitement et dans les 3 mois suivant son arrêt. ❙ Un examen périodique de la peau est recommandé. ❙ Une réactivation d’une hépatite B est possible. Un test de dépistage doit être fait avant le début du traitement.

TOVIAZ (FÉSOTÉRODINE) %

30

EEN

SMR modéré ASMR niveau 4 (mineure) TOVIAZ 4 mg, boîte de 30 cps à libération prolongée / CIP : 3400926704728 / PPTTC : 30,64 €. TOVIAZ 8 mg, boîte de 30 cps à libération prolongée / CIP : 3400926704896 / PPTTC : 30,64 €. Laboratoire PFIZER.

Dernier-né des antispasmodiques urinaires, l’anticholinergique muscarinique Toviaz est utilisé dans le traitement symptomatique de l’hyperactivité vésicale de la femme et de l’homme adultes, se manifestant par une pollakiurie et/ou une urgenturie et/ou de l’incontinence urinaire par impériosité. La fésotérodine n’agit pas sur l’incontinence d’effort. Assez proche de la solifénacine (Vesicare) par son action et son mode d’administration, la force de Toviaz repose sur de solides études réalisées chez le sujet âgé (âge moyen des patients : 72 ans), avec ou sans facteurs de comorbidités.

E! Médicament d’exception

H Prescription hospitalière

LE CONSEIL DU PHARMACIEN

La dose initiale recommandée est de 4 mg en une prise, qui peut être augmentée à 8 mg. ❙ L’effet optimal s’observe en 8 semaines. ❙ Les effets anticholinergiques généraux de la fésotérodine sont modérés (sécheresse buccale et oculaire, dyspepsie, constipation). Ce produit passe peu la barrière hémato-encéphalique et n’induit pas d’effets centraux (troubles cognitifs). ❙ En cas de prise concomitante avec des inhibiteurs puissants du cytochrome CYP P450 3A4 (ritonavir, kétoconazole, clarithromycine…), la dose maximale de Toviaz est de 4 mg par jour. ❙

Spé Prescription initiale hospitalière

Prescription spécialiste

Surveillance particulière

Sortie de la réserve hospitalière

Nouvelle molécule

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Produits Officine

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Quoi de neuf en prescription ?

MIRVASO (BRIMONIDINE)

ENBREF

Tonusline

NR EEN SMR inconnu ASMR inconnue MIRVASO 3 mg/g, tube de 30 g / CIP : 3400927796548 / Prix conseillé : 59,90 €. Laboratoire GALDERMA.

Mirvaso est le seul traitement disponible actuellement pour traiter de façon symptomatique et locale l’érythème facial associé à la rosacée chez l’adulte. Cet agoniste des récepteurs alpha2-adrénergiques entraîne une vasoconstriction des artères sous-cutanées. Il permet un blanchiment de l’érythème en 30 minutes à 3 heures, et qui dure entre 9 et 12 heures. Mirvaso agit uniquement sur la composante « érythème » de la rosacée et ne traite pas les lésions inflammatoires (papules, pustules…). Son passage systémique est très faible, la tolérance et l’efficacité au long cours sont bonnes.

LE CONSEIL DU PHARMACIEN

Appliquer une seule fois par jour, au moment le plus opportun et de façon homogène, l’équivalent de 5 petits pois (soit 1 g de produit), sur le front, le menton, le nez et les deux joues. ❙ La durée de traitement est fonction de la persistance de l’érythème facial. ❙ Mirvaso est compatible avec les cosmétiques et autres traitements de la rosacée. Appliquer le métronidazole 15 minutes après Mirvaso. ❙ Éviter les yeux, les paupières, la bouche et la muqueuse nasale. Ne pas utiliser sur une peau irritée ou sur des plaies ouvertes. ❙

DERNIÈREMINUTE

CACICOL

SPEDRA

(POLY(CARBOXY MÉTHYLGLUCOSE SULFATE)

(AVANAFIL)

SPEDRA 50 mg, boîte de 4 / CIP : 3400927594854 ; boîte de 8 / CIP : 3400927594915. SPEDRA 100 mg, boîte de 2 / CIP : 3400927595226 ; boîte de 4 / CIP : 3400927595394 ; boîte de 8 / CIP : 3400927595455 ; boîte de 12 / CIP : 3400927595516. SPEDRA 200 mg, boîte de 4 / CIP : 3400927595684 ; boîte de 8 / CIP : 3400927595745 ; boîte de 12 / CIP : 3400927595806. Prix libres. Laboratoire MENARINI.

CACICOL, boîte de 5 récipients unidoses / EAN : 3662042002007 / Prix libre. Laboratoire THÉA.

Cacicol favorise la cicatrisation des lésions chroniques de la cornée, chez les patients de plus de 18 ans. Le produit s’utilise après avis médical, la prescription doit être suivie de façon précise. La dose préconisée est de 1 à 2 gouttes une fois par semaine. Il ne doit pas être associé avec des aminosides locaux (néomycine, gentamicine). Dans les autres cas, 15 minutes sont nécessaires avant d’instiller un autre collyre. %

Médicament orphelin

Remboursement

Spedra est un nouveau représentant de la classe des inhibiteurs de la phosphosdiestérase de type 5, indiqué dans le traitement de la dysfonction érectile. Une stimulation sexuelle est toutefois nécessaire. LE CONSEIL DU PHARMACIEN

La dose recommandée est de 100 mg à prendre 30 minutes avant l’activité sexuelle. ❙ La fréquence maximale de ❙

NR Non remboursable

A2T

❙ Nouvelle attelle de cheville dans les entorses moyennes à graves. Légère et adaptable à la morphologie, elle permet un maintien optimal de la cheville tout en libérant les zones œdématiées, ce qui facilite un éventuel traitement par cryothérapie. Elle se glisse dans une chaussure de ville.

Lombatech Pro

SMR inconnu ASMR inconnue

SA inconnu ASA inconnue

Laboratoire NUTRISENS MEDICAL.

A2T, taille unique / ACL : 3401542261558 / Prix LPPR : 27,44 €. Laboratoire CIZETA MEDICALI.

NR EEN

NR

❙ Implantation. Disponibles auparavant à l’hôpital et en maisons de retraite, les produits Tonusline arrivent en officine. Prescrits et remboursés en cas de dénutrition, ils sont hyperprotéinés et hypercaloriques. Ils sont adaptés à des profils spécifiques (troubles du transit, diabète, intolérances…). Au menu : purée de fruits, céréales, potages, boissons lactées et crèmes dessert.

prise est de une fois par jour. ❙ Pris lors d’un repas riche en graisses, Spedra a un délai d’action allongé (1 heure). ❙ Ne pas consommer de jus de pamplemousse dans les 24 heures précédant la prise. ❙ Les patients sous doxazosine ou tamsulosine doivent débuter Spedra à la dose de 50 mg. ❙ Éviter l’alcool avec Spedra. ❙ Ne pas associer avec des inhibiteurs puissants du cytochrome CYP P450 3A4.

❙ Évolution de Lombatech. La construction de la sangle additionnelle, repositionnable, a été revue pour une manipulation plus aisée. Le plastron dorsal bénéficie d’un tissu Coolmax pour plus de respirabilité. La taille 5, pour les patients faisant jusqu’à 160 cm de tour de taille, est disponible. LOMBATECH PRO, disponible en 5 tailles. Hauteur 21 cm : tarif LPPR 47,19 €. Hauteur 26 cm : tarif LPPR 55,86 €. Laboratoire THUASNE.

ASMR L’AMÉLIORATION DU

SERVICE MÉDICAL RENDU correspond au progrès thérapeutique apporté par un médicament. ASA L’AMÉLIORATION DU SERVICE ATTENDU correspond au progrès fourni par un dispositif médical comparé au produit de référence. Source : HAS

3

EEN Présence d’excipient à effet notoire

ans

Précautions sur la route

Contre-indiqué durant la grossesse

Contre-indiqué durant l’allaitement

À conserver au réfrigérateur

Durée de conservation après ouverture

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PHARMA 1260-047 47

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Officine

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Un générique aux rayons X par Élise Brunet DIFFICULTÉ LIÉE À L’OFFRE TRÈS FAIBLE. Pas moins de quatorze génériqueurs proposent cette molécule, à tous les dosages et à tous les conditionnements.

REPORT DE PRESCRIPTION TRÈS FAIBLE. Tous les médicaments de cette classe thérapeutique sont génériqués et se présentent sous la même forme galénique.

Substituons!

RISQUE DE « NS » MOYEN. L’étude de l’Assurance maladie parue le 6 juin 2012, les derniers chiffres disponibles à ce jour, relate un taux de « NS » de près de 7 %.

Ésoméprazole

DIFFICULTÉ À SUBSTITUER FAIBLE. Ni la disponibilité des génériques d’Inexium, ni un éventuel report de prescription dans la classe thérapeutique ne viendront enrayer votre substitution. Mais le risque de « NS » peut faire pencher la balance.

PDM 24,9 % PDM 23,2 %

PDM 15,2 % PDM 9,6 %

PDM 8,9 %

ARROW

EG

RATIOPHARM

RANBAXY

CRISTERS

(non représenté)

(non représenté)

(non représenté)

(non représenté)

(non représenté)

PDM 5,1 %

PDM 3,6 %

PDM 3,5 %

PDM 1,7 %

PDM 1,7 % PDM : part de marché (génériques)

LA MOLÉCULE

LE MARCHÉ

DCI : ésoméprazole

CONDITIONNEMENT TRIMESTRIEL : NON

PRINCEPS : Inexium

INSCRIPTION RÉPERTOIRE : OUI

CLASSE THÉRAPEUTIQUE : antisécrétoire gastrique, inhibiteur de la pompe à protons.

MARCHÉ TOTAL : 143,3 millions d’euros (princeps + générique, cumul mobile annuel – CMA – février 2014).

MÊME CLASSE (génériqué/non génériqué) : Lansoprazole (Lanzor, Ogast) ; Oméprazole (Mopral, Zoltum) ; Pantoprazole (Eupantol, Inipomp) ; Rabéprazole (Pariet). INDICATIONS : traitement et prévention des ulcères duodénaux et gastriques, traitement du reflux gastro-œsophagien et du syndrome de Zollinger-Ellison. ASSOCIATION : NON

Données FSPF/Pharmastat

MARGE TOTALE : 98,1 millions d’euros (princeps + générique hors performance, CMA février 2014). ROTATION GLOBALE : 89,5 boîtes par mois (princeps + génériques). MARGE PAR OFFICINE : 372,50 euros par mois (princeps + génériques hors performance).

L’ANALYSE DU Cette molécule est l’une des rares pour lesquelles l’objectif de substitution, fixé à 85 % en 2013 par la Caisse – il était de 63 % en 2012 –, n’est pas encore atteint. Vous n’en êtes pas loin, puisque le taux actuel de substitution est de 81,1 %. L’ésoméprazole a pourtant été mis sur la liste des « molécules sous surveillance » par l’Assurance maladie. Il va donc falloir mettre un coup de collier, en particulier sur le conditionnement mensuel à 40 mg, qui n’est génériqué aujourd’hui qu’à hauteur de 76,4 %. La différence de forme galénique entre princeps et générique, validée par le Code de la santé publique, peut néanmoins être pourvoyeuse de « NS ».

LA SORTIE DU MOIS

DCI : acamprosate PRINCEPS : Aotal CLASSE THÉRAPEUTIQUE : médicament utilisé dans la dépendance alcoolique.

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PHARMA 1260-049 49

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Officine Banc d’essai

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Bien préparer le sportif à l’effort Idéales pour parfaire l’échauffement du sportif, les crèmes et huiles de préparation à l’effort musculaire n’offrent pas toutes le même pouvoir chauffant. Revue de détail. Anaïs Bellan

Q

u’il soit du dimanche ou confirmé, le sportif ne devrait pas se soustraire à un échauffement dynamique s’il veut éviter les blessures. Sans le remplacer, les crèmes et les huiles indiquées dans la préparation à l’effort le complètent. La majorité des spécialités contiennent du camphre qui active localement la microcirculation et augmente la température. Ces produits possèdent par ailleurs des propriétés anti-inflammatoires (salicylate de méthyle et dérivés, huile essentielle (HE) de romarin, HE de gaulthérie…) et/ou antalgique (menthol, HE de menthe poivrée, de girofle, de lavande, d’eucalyptus globuleux, de cajeput…). Leur application en massage prolongé s’avère également utile pour diminuer l’inconfort d’une articulation douloureuse ou pour chauffer les muscles par temps froid. Les huiles de massage seront plutôt conseillées aux patients qui souhaitent se tourner vers des produits naturels. Moins riches en camphre, leur pouvoir chauffant s’avère plus modeste que celui des crèmes. Il est même inexistant pour l’huile de massage à l’arnica de Weleda. Cette spécialité se montre néanmoins très utile pour les peaux sensibles. Par ailleurs, l’équipe officinale peut proposer l’usage d’une huile essentielle riche en camphre et diluée dans une huile végétale. Par exemple, quelques gouttes d’HE de lavandin super diluées dans une huile d’arnica conviennent parfaitement. Enfin, il est toujours possible de proposer aux petites bourses la simple huile camphrée du préparatoire. ❙

PURESSENTIEL EFFORT MUSCULAIRE (Puressentiel) Flacon de 100 ml / ACL : 3401548973172 / PMC : 9,95 à 12,95 € Principes actifs : HE de romarin à camphre, de gaulthérie, de menthe poivrée, de lavande et d’eucalyptus globuleux ; huiles végétales d’arnica et de piment (effet chauffant). À savoir : à partir de 7 ans. ON AIME La mention sur l’emballage de l’indication sportive du produit et la mise en avant des deux plantes majoritaires (arnica et gaulthérie), la formule certifiée biologique par Ecocert – 100 % des ingrédients (huiles essentielles et huiles végétales) proviennent de l’agriculture biologique – et la prédominance du parfum de l’eucalyptus citronné. ON REGRETTE L’absence de mention contre-indiquant l’usage chez les personnes allergiques à l’aspirine (salicylate de méthyle contenu dans l’HE de gaulthérie) et la présentation de la notice dont la police de petite taille décourage complètement la lecture. De plus, aucune information relative au bon usage n’est mentionnée sur le flacon. Ce dernier, en verre blanc, est par ailleurs peu adapté à la conservation des huiles essentielles, sensibles à la lumière.

BAUME DU TIGRE ROUGE (Cosmediet) Pot de 19 g / ACL : 8888650404063 / PMC : 8,35 à 12,50 € Principes actifs : camphre, menthol, HE de girofle et de cajeput. À savoir : à partir de 7 ans. ON AIME La formule qui ne colle pas et pénètre rapidement, l’effet chauffant qui dure dans le temps, le petit format, facile à glisser dans un sac de sport, et le sigle contre-indiquant l’usage chez la femme enceinte apposé sur l’emballage et le pot. ON REGRETTE La très forte odeur du camphre, le pouvoir chauffant si important qu’il peut provoquer une sensation de brûlure à l’application et le prix un peu élevé bien que le grand format (30 g) soit plus avantageux (entre 9,50 € et 14 €).

KAMOL (Pfizer) Tube de 100 g / ACL : 3401343663247 / PMC : 3,99 à 5,89 € Principes actifs : camphre, capsicum (effet chauffant), menthol, HE d’eucalyptus globuleux. À savoir : à partir de 15 ans. ON AIME La texture non grasse qui pénètre rapidement, l’effet chauffant qui tient ses promesses,

les informations relatives au bon usage, concises et efficaces (ces dernières sont par ailleurs clairement lisibles sur l’emballage comme sur le tube), et le petit prix. ON REGRETTE Le tube qui a tendance à se couper au fur et à mesure des usages et le packaging un peu vieillot, mais connu du grand public.

50 I No 1260 I Mai 2014

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25/04/14 10:25


Banc d’essai Officine

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

t

NEURIPLÈGE ACTIV (Genévrier) Flacon-pompe de 50 g / ACL : 3401562169070 / PMC : de 3,90 à 7,90 €

Les leaders du marché LABORATOIRES GENÉVRIER

3,5 %

(+ 40,4 %)

Principes actifs : camphre, salicylate de méthyle, menthol, HE d’eucalyptus globuleux. À savoir : remplace Neuriplège Sport, à partir de 15 ans.

ASEPTA

3,1 %

(– 0,3 %)

AUTRES

5,7 %

(+ 13,1 %)

WELEDA

49,1 %

(+ 6,2 %)

PURESSENTIEL

6,5 %

(+ 38,4 %)

COSMEDIET

PHOTOS MIGUEL MEDINA

ON AIME Le flacon-pompe qui délivre à chaque pression la quantité suffisante pour une jambe, le packaging explicite et efficace qui montre le flacon-pompe aux dimensions réelles et le rappel des précautions d’emploi sur le flacon. ON REGRETTE L’odeur marquée du camphre et la sensation de chaleur difficile à obtenir : il faut masser fermement au moins cinq minutes.

HUILE DE MASSAGE À L’ARNICA (Weleda) Flacon de 200 ml / ACL : 3596206176757 / PMC : 10,90 € à 15,50 € Principes actifs : huile végétale d’arnica, HE de romarin et de lavande. À savoir : en dehors de l’indication sportive, l’usage est possible chez la femme enceinte en cas de douleurs dans le bas du dos. Déconseillé avant 7 ans en raison de la présence d’HE.

AKILÉÏNE SPORTS START GEL CHAUFFANT FORT (Asepta) Tube de 75 ml / ACL : 3401572186531 / PMC : 5,95 à 7,90 € Principes actifs : camphre, glycol salicylate. À savoir : à partir de 12 ans. ON AIME La mention « Ne remplace pas

l’échauffement dynamique » sur le tube et la texture gel qui ne colle pas et pénètre rapidement. C’est d’ailleurs la seule formule, parmi les produits présentés, qui ne laisse pas les mains grasses après l’application. ON REGRETTE L’action chauffante trop légère par rapport à l’effet annoncé.

ON AIME La mention « préparation et récupération sportive » sur la face principale de l’emballage, le flacon en verre teinté qui protège les huiles de la lumière et le format de poche disponible en 50 ml. ON REGRETTE La texture très grasse, l’absence d’informations relatives à l’usage sur le flacon et de pouvoir chauffant.

NOTABENE

14,3 %

(+ 27,2 %)

PFIZER SANTÉ FAMILIALE

17,8 %

(– 7,7 %)

Source : FSPF-Pharmastat. xx % Part de marché en chiffre d’affaires (cumul mobile annuel) en 2013. – xx % + xx % Évolution des CA entre 2012 et 2013.

Les ventes des topiques indiqués dans la préparation à l’effort ont augmenté de 4,8 % entre 2012 et 2013. Le chiffre d’affaires (CA) du marché s’élevait à plus de 9 millions d’euros en 2013, en progression de 8,6 % par rapport à l’année précédente. L’huile de massage à l’arnica, commercialisée par le laboratoire Weleda, représentait à elle seule 38,5 % des ventes en 2013 et près de la moitié des parts de marché (PDM) en CA. Pfizer conserve, lui, la deuxième place des ventes avec 29,3 % de PDM malgré un recul de 7,6 % entre 2012 et 2013. Sur la même période, le CA de Kamol a subi le même sort (- 7,7 %). À l’inverse, le laboratoire Cosmediet s’affirme en tant que troisième acteur du marché avec un CA en hausse de 27,2 % entre 2012 et 2013. Les ventes de sa gamme Baume du Tigre ont progressé en parallèle de 25,5 %, soit un gain de 22 000 unités, l’équivalent des ventes perdues pour Kamol sur la même période. Bien que plus confidentielles, l’huile Puressentiel Effort musculaire et la crème Neuriplège Activ représentaient chacune près de 5 % des ventes en 2013, en progressions respectives de 39,1 % et 43 % par rapport à 2012. Enfin, le laboratoire Asepta a enregistré un ralentissement des ventes de ses produits Akiléïne Start (gel et huile) : ils régressent de 1,1 % entre 2012 et 2013. Le constat est d’autant plus inquiétant que la baisse survient sur un marché en progression.

PMC = prix moyen constaté Mai 2014 I No 1260 I 51

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23/04/14 15:31


Officine Aperçu

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

Des livres, des sites internet… par Gabriel Bourovitch

Le Bon coin de l’OCP Le marché de l’emploi officinal est à son tour frappé par la crise de l’offre (voir « Enjeux », p. 16). Pour s’adapter à cette nouvelle donne, le grossiste OCP a remanié son site www.petitesannonces-ocp.fr. À côté des traditionnelles candidatures et annonces d’emploi, on peut maintenant vendre ou acheter une pharmacie, du mobilier, une croix néon, une voiture ou même louer une maison de vacances. Alimenté en actualités, ce portail permet aussi de communiquer avec les autres membres inscrits, à la manière d’un réseau social. ❙

Compilation fiscale L’heure fatidique approche. Entre le 20 mai et le 10 juin, selon les départements, il faudra avoir envoyé sa déclaration d’impôt sur le revenu. Comme chaque année, des nouveautés sont à prendre en compte au moment de remplir le formulaire bleu, notamment sur les dividendes et les contrats d’assurance-vie. Toutes les règles en vigueur sont compilées dans ce volume digne de la bibliothèque de la Pléiade. À ceci près que l’analyse des expertscomptables remplace le lyrisme des auteurs classiques. L’ultime chapitre aborde différentes étapes de la vie d’une entreprise, de la création à la transmission, en passant par la location-gérance. Plus qu’une somme, un repère. ❙ Memento fiscal 2014, Francis Lefevre, 1 560 p., 145 €.

Effet secondaire, effet papillon

L

a pharmacovigilance n’est plus seulement une nécessité, elle est devenue une obligation. La loi du 29 décembre 2011 impose aux pharmaciens de déclare r «  tout effet indésirable suspecté d’être dû à un médicament […] dont ils ont connaissance ». Jusqu’à présent, le seul moyen de s’y conformer consistait à remplir un formulaire en ligne sur le site de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Créée par la société Evedrug, l’application My eReport permet désormais de transmettre ces informations

depuis un smartphone ou une tablette. Les champs à renseigner ne sont pas strictement identiques mais le destinataire des données reste le centre régional de pharmacovigilance. Si l’effet secondaire est survenu dans un autre État européen, c’est l’agence sanitaire de ce pays qui sera alertée. Les patients peuvent également signaler un effet secondaire en gardant l’anonymat. Dans tous les cas, l’émetteur conserve un double de sa déclaration. Simple, gratuit et citoyen. ❙

La réflexologie, c’est le pied ! Il suffit parfois d’un petit coup de pouce bien placé pour chasser une gêne lancinante. Les gestes qui soulagent n’ont pas varié depuis des millénaires. Ils sont décrits à grand renfort de photos dans cet ouvrage didactique, idéal pour une première prise en main. Techniques de base et stimulations des points réflexes sont illustrés étape par étape. Des chapitres récapitulatifs listent les manipulations des voûtes palmaires et plantaires à effectuer en fonction des symptômes à traiter. Un massage du gros orteil ne remplace certes pas un antimigraineux, mais on peut l’administrer sans dose limite. Pour apprendre à bien palper, ce manuel s’impose. ❙ Les Bienfaits de la réflexologie, Larousse, 224 p., 14,90 €.

My eReport, eVeDrug, pour iOS 6.1 et Android 3.0 ou supérieurs.

Calculette à glucides Mesurer les glucides ingérés à chaque repas est un casse-tête crucial pour les diabétiques. Pas désintéressé, Sanofi a développé l’appli pour smartphones Mon Glucocompteur, en partenariat avec le Centre hospitalier universitaire de Toulouse. « Équivalents visuels » à l’appui, l’utilisateur saisit le type et la quantité de plats avalés. En fonction des ratios fixés par son médecin, la dose d’insuline rapide à injecter est alors automatiquement estimée. ❙ 52 I No 1260 I Mai 2014

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23/04/14 12:34


THÈMES 2014 pris en charge par le FIF-PL

selon les critères déterminés par les représentants de votre profession

PHARMACIENS (4773 Z - Commerce de détail de produits pharmaceutiques en magasin spécialisé)

• Prise en charge annuelle et par professionnel plafonnée à 1 200 € maximum dans la limite du budget de la profession. • Prise en charge au coût réel par professionnel limitée à 300 € par jour de formation et plafonnée à 1 200 € par an et •

par professionnel pour les formations prioritaires, (prise en charge au coût réel plafonnée à 300 € par EPU mais correspondant à une journée de formation sur le quota annuel pour les formations EPU citées ci-dessous). Prise en charge au coût réel plafonnée à 150 € par jour et limitée à 300 € par an et par professionnel pour les formations non prioritaires, en déduction du forfait de prise en charge des formations prioritaires.

Seules les formations soumises à la Commission professionnelle des pharmaciens peuvent faire l’objet d’une prise en charge. FORMATIONS PRIORITAIRES

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Toute formation liée à la pratique professionnelle DIPLÔMES UNIVERSITAIRES

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FORMATION DE COORDONNATEURS DE SANTÉ EN GÉRIATRIE

FORMATIONS NON PRIORITAIRES

Toute formation relative à l’exercice professionnel Attention, la liste ci-dessous est non exhaustive APPROCHE GLOBALE DE L’EXERCICE OFFICINAL

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et Internet (hormis les formations sur site et pro-logiciels) • Le pharmacien face aux risques ATTENTION !

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minimale de 6 h sur une journée ou cycle de 6 h par module successif de 2 h minimum. Sont également éligibles les formations d’une durée minimale de 4 h correspondant à une prise en charge d’une demi-journée.

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culture

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

en partenariat avec

des  livres

www.zone-litteraire.com

Walter Siti et le vif-argent

© Laurent SIMON

Le physique bonhomme de Walter Siti ne colle pas à l’acuité de son dernier roman, Résister ne sert à rien, un manifeste contre le capitalisme vu de l’intérieur des corps et des têtes de ceux qui le pratiquent.

La finance internationale est l’un des sujets pivot du livre. Quel jugement portez-vous dessus ?

Elle est très abstraite

dans la forme, quand on voit des courbes de probabilité, mais elle a des répercussions terribles sur les gens. Cet été, il y a par exemple eu des spéculations sur le cours du blé qui ont provoqué des manifestations très violentes suite à l’augmentation du prix du pain. L’irresponsabilité vient évidemment du fait que les traders ne voient pas les conséquences de leurs actes. La vie de votre personnage principal, Tom-

maso, est dirigée par l’argent. Le détestezvous pour cela ?

Je ne pouvais pas le haïr totalement. Je lui ai donc trouvé des côtés positifs, comme son malheur physique et ses multiples opérations de chirurgie pour sortir de son obésité ou son grand amour pour sa mère. Malgré sa fortune, il reste également très lié à Nando, son ami d’enfance. Silvio Berlusconi, qui fait une petite appar i t i o n d a n s vo t re roman, n’en est-il pas

en réalité un des personnages centraux ?

Les Français sont fascinés par le personnage de Silvio Berlusconi. Vous en voyez surtout le côté ridicule, mais il a aussi un côté tragique : certaines personnes donneraient leur sang pour lui. La clé de sa personnalité est la démesure : la pension alimentaire qu’il verse à sa femme se monte à 3 millions d’euros… par mois et il a connu 78 procès ! Pour les Italiens, c’est un rêve d’infini. ❙

Capitalisme de la douleur C’ est l’histoire d’un fils de mafieux un peu crasseux qui devient le roi des voleurs… en embrassant la carrière de banquier dans l’Italie berlusconienne des années 2000. Beaucoup moins résigné que le titre ne le laisse penser, Résister ne sert à rien cherche à déboulonner le capitalisme en l’incarnant. Tommaso est un gamin de rien, issu des faubourgs romains, obèse et privé de père. Cette histoire, il demandera à un écrivain mondain prénommé Walter – grand adepte de l’autofiction – de l’écrire contre salaire. C’est donc son histoire que nous suivons tout au long des 320 pages de ce roman, qu’il serait pourtant injuste de sous-titrer « Itinéraire d’un golden boy ». Car Walter Siti est un poète accompli et

un amoureux des mots et des corps. Tant et si bien que l’on pose le livre toutes les trois pages pour s’esbaudir d’une phrase dont on aimerait se souvenir à des moments choisis. Bien que non dénué de longueurs – les pas de Tommaso sont parfois hésitants –, Résister ne sert à rien force également le respect par la somme documentaire réunie par Walter Siti ainsi que les nombreux témoignages collectés anonymement. Car, comme avec les malfrats romains, le secret est la meilleure assurance du business. ❙ Résister ne sert à rien, Walter Siti, Métailié, 320 p., 21 €.

AGENDA musique

❙❙ Louis Bertignac. En tournée : le 10 mai à Monaco, le 14 juin à Tournus, le 5 juillet à Avoine, le 19 juillet à Manosque. ❙❙ Gérald de Palmas. En tournée : le 27 mai à Paris, le 30 septembre à Toulouse, le 12 octobre à Strasbourg, le 8 novembre à Besançon, le 14 à Nantes… ❙❙ Crocodiles. Le 28 mai à Bordeaux (I.Boat). ❙❙ Zic Zazou-En harmonie. Le 31 mai à Soissons (Le Mail). ❙❙ Ensemble 2E2M songs. Le 6 juin à Villepinte (Espaces V-Roger Lefort). ❙❙ James Blunt. Le 8 juillet à Châteauneuf-lès-Martigues, le 30 à Carcassonne, le 12 août à Colmar. ❙❙ Elton John. Le 15 juillet à Carcassonne, le 16 à Lyon, le 18 à Carhaix-Plouguer, le 19 novembre à Paris, le 20 à Montpellier… ❙❙ Yannick Noah. En tournée : le 10 octobre à Limoges, le 11 à Trélazé, le 14 à Pau, le 15 à Bordeaux, du 5 au 15 novembre à Paris…

spectacles

❙❙ M & Mme Rêve. Danse. En tournée : le 6 mai à Dinan, les 16 et 17 à Nantes, le 23 à Strasbourg. ❙❙ Canicule. Du 13 au 25 mai à Lyon (Espace 44). ❙❙ Cinéma. Du 15 au 25 mai à Lyon (Carré 30). ❙❙ 10 ans de mariage !!! En tournée : le 16 mai à Serémange-Erzange, le 21 à Dole, le 23 à Claye-Souilly, le 24 à Bailly-Romainvilliers, le 4 juillet à Pierrelatte. ❙❙ Le Loft des Walkyries. Le 17 mai à Montauban (théâtre de l’Embellie). ❙❙ Robin revient, tsoin tsoin. En tournée : le 23 mai à Paris, le 14 novembre à Voiron, le 15 à Annecy, le 22 à Évry… ❙❙ Faim. Jusqu’au 12 juillet à Paris (Manufacture des Abesses).

expos

❙❙ Henri Le Sidaner et la douceur de vivre (1862-1939). Jusqu’au 8 juin au musée des Beaux-Arts de Cambrai. ❙❙ Dewasne, la couleur construite. De l’antisculpture à l’architecture. Jusqu’au 9 juin au musée Matisse (Le Cateau-Cambrésis). ❙❙ Joséphine. Jusqu’au 29 juin au musée du Luxembourg (Paris). ❙❙ Robert Mapplethorpe. Jusqu’au 13 juillet au Grand Palais (Paris). ❙❙ Caillebotte à Yerres au temps de l’impressionnisme. Jusqu’au 20 juillet à la propriété Caillebotte (Yerres). ❙❙ L’art des super-héros Marvel. Jusqu’au 31 août à l’Art ludiqueLe musée (Paris). ❙❙ Cosmic Dance. Jusqu’au 14 septembre 2014 au musée de la Chasse et de la Nature (Paris).

54 I No 1260 I Mai 2014

PHARMA 1260-054 54

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CULTURE

Le PHaRMaCIeN DEFRANCE

SUPERFLU ! CONTRE CULTURE

DR

L’autre pays de la morphine

Hindenburg des sables

La France est un des leaders mondiaux de la production de morphine. Pourtant, aux antipodes, un autre pays gagne du terrain : l’Australie.

Le monde en manque Bien loin des sulfureux Triangle d’or (Birmanie, Laos, Thaïlande) ou Croissant d’or (Afghanistan, Pakistan, Iran), l’autre haut lieu de la production de morphine est tout aussi surprenant : la

Menaces en tout genre Mais les tempêtes à répétition, l’augmentation de la demande mondiale ainsi que, plus anecdotiquement, l’incursion de kangourous opiomanes dans les champs ont fait surgir la peur d’une rupture de stock aux répercussions potentiellement gravissimes pour les fabricants d’antalgiques. Il faut dire qu’entre 1993 et 2012 les

besoins mondiaux ont triplé, selon des chiffres des Nations unies, qui contrôlent directement la production d’opiacés thérapeutiques. L’industrie pharmaceutique, en l’occurence représentée par GlaxoSmithKline (GSK), Johnson&Johnson et TPI Enterprises, pousse le gouvernement australien à étendre les cultures sur le continent, rapporte le Financial Times dans un article paru en mars dernier. Les fermiers tasmaniens, furieux de voir s’échapper leur monopole, ne l’entendent évidemment pas de cette oreille. ❙ Laurent Simon

DR

Tasmanie. Cette petite î l e a u s t ra l i e n n e d e 60 000 kilomètres carrés, célèbre pour ses diables, concentre à elle seule la moitié des réserves mondiales – légales, s’entend – de Papaver somniferum.

DR

C

e n’est pas rien, 12 000 hectares : cela représente en effet peu ou prou la surface de Paris. C’est précisément la surface de pavot cultivée en France – en Champagne-Ardenne, Centre et Poitou-Charentes – en toute discrétion à des fins thérapeutiques par la société Francopia, une filiale de Sanofi qui fournit à elle seule presque un quart de la demande mondiale en opiacés (morphine, codéine, thébaïne…).

Il n’est jamais trop tôt pour préparer ses vacances à la plage. Pour les mégalomanes du club Mickey, n’oubliez pas d’emporter dans vos bagages ce « gigantesque ballon de plage » – c’est son nom. Avec près de 3 mètres de diamètre, ce zeppelin balnéaire amusera petits et grands… et fera sûrement le vide dans votre aire de jeux. Vous pourrez le trouver sur Thinkgeek ou Amazon pour environ 150 dollars (120 euros). Qui dit mieux ?

Frisbee hi-fi La règle des gadgets est simple : prenez deux objets dispensables pour en faire un indispensable. Exemple : un frisbee et une enceinte portable. Mixez les deux et vous obtiendrez le FliTunes. Une cavité qui se déplie au centre du frisbee permet d’obtenir un haut-parleur passif pour amplifier le son de votre smartphone et rythmer les journées de plage. Le prix est modique : 15,90 euros chez Super-insolite.com !

NOTRE SÉLECTION DVD 12 Years a Slave De Steve McQueen. Avec Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Benedict Cumberbatch.

Il n’a pas volé l’Oscar du meilleur film. Si certains lui reprochent son classicisme, 12 Years a Slave évoque l’esclavage sous un angle nouveau : celui du rapt de Noirs américains libres. L’anéantissement de l’être humain est filmé au plus près des chairs, une spécialité de Steve McQueen. Deux heures de souffrances, servies par deux immenses acteurs.

Hunger Games. L’embrasement De Francis Lawrence. Avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth.

Attendu par ses fans, le deuxième opus de la saga littéraire Hunger Games tire malheureusement davantage sur la corde romanesque que sur la réflexion politique qui animait son prédécesseur et les scènes d’action qui ont fait son succès. Il n’en reste pas moins un excellent divertissement, qui fait désirer la suite !

et aussi… All Is Lost

De J. C. Chandor. Avec Robert Redford.

Avant l’hiver

De Philippe Claudel. Avec Daniel Auteuil, Kristin Scott Thomas, Leïla Bekhti.

The Immigrant

De James Gray. Avec Marion Cotillard, Joaquin Phoenix, Jeremy Renner.

Mandela. Un long chemin vers la liberté De Justin Chadwick. Avec Idris Elba, Naomie Harris, Tony Kgoroge.

Le Hobbit. La désolation de Smaug De Peter Jackson. Avec Martin Freeman, Richard Armitage, Ian McKellen.

Philomena De Stephen Frears. Avec Judi Dench, Steve Coogan, Sophie Kennedy Clark.

Après deux comédies rafraîchissantes, Tamara Drewe puis Lady Vegas, Stephen Frears signe ici un portrait de femme d’un tout autre genre. Celui de Philomena Lee, adolescente irlandaise dans les années 1950, dont l’enfant lui sera arraché pour être adopté par des Américains, grâce au couvent qui l’avait recueillie. L’histoire d’un trafic organisé qui a bel et bien existé.

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JEUX DE MOTS

par l’association À la croisée des mots Pour recevoir d’autres jeux et grilles : contact@alacroiseedesmots.com

Infiltre des agents nocifs

Héros du Chant du départ

Infester

Attestent un coup de chaud

Micheline est sa grand-mère

Nase de quart

Ici Taj Mahal

Vif ou subtil

Dommages, hein ! Du genre casse-gueule

Cadeau au perdant Délivrés en officine Clope ou porte-feuille

Le Monde selon Garp

Ah ! la chiasse

Junon Panaji en est capitale Jouer avec assurance

Lourde peine

Ça en fait un tas

Fille du NSA

Besoin à satisfaire Nœuds troncs

Se fait à l’envers

Étape finale pour Verne

Pointilliste

Amères dans l’abricot

Recouvre des fonds

Encore fraîche

Fit diversion

Points de suspension

Accroche d’ancres Doublé par des petits Pompais à la source

Gaz à effet de serre Réseau cellulaire

Té Fondement identitaire Mission d’éclaireur Mousse au tronc

Candide ou courageux

Encore des couvertures

Sens caché

Placer les consonnes pour former des synonymes du mot-clé en vous aidant de leur définition. Mot-clé : Patrimoine _

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A

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C’est l’intérêt qu’on lui porte. Ancré de sympathie.

E E

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Base d’impôt.

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Naturelle quand elle est prise à la source. Ménage.

Solutions disponibles sur www.lepharmacien.fr le 19 mai.

56 I No 1260 I Mai 2014

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56-JEUX DE MOTS;9.indd 57

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