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n°84 MACADAM, LE MAGAZINE COUP DE POUCE 2 EUROS > 1 EURO MINIMUM AU VENDEUR

L A I C É SP S E M M FE BONUS : E LA VALIS GAGNEZ R VOYAGEU DU PETIT GE 19 VOIR PA

« BECAUSE I AM A GIRL » LES FILLES SONT L’AVENIR DU MONDE JR MET LES FEMMES À L'HONNEUR REGARDS CROISÉS UNE FEMME À LA RUE LISBONNE DANS LES YEUX DES FEMMES LIBRES FEMMES AU NATUREL HOROSCOPE SPÉCIAL MADAME !

MARLÈNE JOBERT

« IL FAUT TANT D’EFFORTS ET DE COURAGE POUR S’EN SORTIR »


S O C I É T É / C A R N E T D E V O YA G E S

la flashmob

lisbonne

des héros dans les yeux le 5 mars à paris

des femmes libres

C’est une foule de héros, qui se réunira le samedi 5 mars à 14h30, sur le village du Semi-Marathon au parc Floral, pour effectuer une chorégraphie à l’unisson ! La Flashmob des Héros, se veut l’une des plus grandes choré-

PRÈS DE 20 % DES JEUNES PORTUGAIS QUALIFIÉS CHOISISSENT

graphies solidaires jamais réalisées. Elle est ouverte à tous ceux

D’ÉMIGRER. POUR LUTTER CONTRE CETTE FUITE DES CERVEAUX, LA

qui ont envie de célébrer, en musique et en couleurs, leur en-

FONDATION GULBENKIAN LES AIDE À RESTER AU PORTUGAL. PLUTÔT

gagement pour une cause qui leur tient à coeur !

QUE DE LES VOIR PARTIR DANS LES PAYS ÉMERGENTS, COMME LE BRÉSIL

La Flashmob des Héros sera le lancement grandeur nature de

OU L’ANGOLA. D’AUTRES, VENUS DU BRÉSIL, D’UKRAINE OU DU CAP-

la deuxième édition de la Course des Héros, un challenge sportif

VERT, CHOISISSENT DE S’INSTALLER AU PORTUGAL, MÊME SI, DEPUIS

et solidaire d’une nouvelle dimension qui permet à des dizaines

2008, LES CHIFFRES SONT À LA BAISSE.

d’associations caritatives françaises de collecter des dons. La Course des Héros est une course de 6 km qui se déroulera le

Rencontres à Lisbonne, dans le quartier de Campo de Ourique, avec Diana et

26 juin 2011 dans le Parc de Saint-Cloud (métro Pont de

Olga. Elles racontent leur migration : pour la première, projetée, bientôt, vers

Sèvres). Chaque participant s’engage à mobiliser un minimum

Paris ; et pour la seconde, déjà ancienne, depuis Ternopol, une lointaine

de 300€ de dons pour l’association de son choix auprès de son

bourgade d’Ukraine.

entourage grâce à une page de collecte en ligne. Lors de sa première édition en 2010, la Course des Héros avait permis de

Diana Almeida est une jeune Portugaise de vingt-six ans, née à Lisbonne. Suite

collecter plus de 300 000 euros au profit de 45 associations

à une annonce sur Internet, son prochain stage, comme architecte, se fera à

en mobilisant 7200 donateurs.

Paris : « Mon premier choix était Londres ou la Suisse, mais je vais avoir la

chance de travailler sur des projets internationaux pendant six mois. » Sans bourse. Mais Diana a déjà l’expérience, au Portugal, de stages non suivis d’embauche. Les créations d’emplois sont rares en ce moment, et les jeunes se voient obligés de partir. Ceux qui n’ont pas la chance d’être guidés par une passion se retrouvent facilement piégés. La jeune femme a bien compris l’enjeu. Les temps sont durs et la société se referme, particulièrement pour les femmes. À Paris, il lui faudra tenir avec 600 euros par mois. « J’ai quelques économies,

pour les premiers temps », dit Diana. Elle est calme, même si l’on sent chez elle la légitime appréhension de quitter le cocon familial. Son père travaille dans la construction immobilière et sa mère est psychologue pour enfants. © Éric Lefeuvre

Sa blondeur et ses yeux clairs rappellent sa terre natale. Les couleurs de son chemisier finement brodé, à carreaux blancs et rouges, sont celles de son pays. Olga Romanys’hyn, venue d’Ukraine rurale en camionnette avec sept autres personnes, et arrivée au Portugal après un incroyable périple à travers l’Europe, Pour participer à la Flashmob des Héros, retrouvez la vidéo de démonstration

est une héroïne digne de Tchekhov, lumineuse et pleine de vitalité.

sur www.lachaineducoeur.fr ou sur www.facebook.com/coursedesheros.

En Ukraine, après cinq ans d’université et une maitrise en économie, elle travaillait dans un supermarché… pour 70 e par mois. Avec deux jeunes enfants à élever, et des problèmes de transports, sa vie quotidienne devenait « compliquée ». Grâce à une amie de confiance, en 2002 Olga décide de partir au Portugal. Les Ukrainiens y ont une réputation de travailleurs fiables et sérieux depuis les travaux de préparation de l’exposition mondiale de 1998 à Lisbonne. « Je suis

arrivée sans travail, avec un simple visa de touriste. » La jeune femme,

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C A R N E T D E V O YA G E S

déterminée, apprend seule la langue et commence à travailler dans un café. Ses enfants, âgés de onze et treize ans à l’époque, sont restés avec les grands-parents. Avec les années, les migrants ont appris à s’entraider pour mieux gagner leur vie. Le salaire minimum au Portugal est de 400 euros net par mois, soit quatre fois plus qu’en Ukraine. Au début, Olga habitait chez son amie pour économiser sur le loyer. Puis elle a appris à cuisiner portugais. Elle a été embauchée comme employée de maison et, désormais, « je travaille pour cinq maisons différentes,

avec des bonnes gens », ajoute-t-elle. Un mois par an, elle retourne en Ukraine voir ses enfants, qui ont grandi. À quarante ans, Olga est même devenue une jeune grand-mère ! Le secteur du bâtiment se développe dans les pays d’Europe centrale et les jeunes en profitent pour rester sur place ou aller en Pologne pour des jobs de courte durée. Pourquoi rester au Portugal ? Dans son village, les voisins s’occupent à « cancaner » sur elle, alors qu’à Lisbonne elle a des amis et sort à Bairro Alto, le week-end, pour danser et profiter de la vie. Olga chasse sa nostalgie du pays et cultive une sorte de mélancolie active, en prenant le bonheur où il est, sans façons, de manière presque instinctive. Thierry Quintrie Lamothe Photos : Maria José Sobral (lepetitjournal.com) Pour ce reportage inspiré par la Journée de la femme, Macadam s’est associé au magazine Internet www.lepetitjournal.com/lisbonne.html et à son correspondant à Lisbonne, Philippe Despeysses.

Photographe passionnée et exigeante, Maria José Sobral, luso-française, s’est spécialisée dans les portraits après avoir couvert des reportages sur l’architecture et la biodiversité. Lisbonne, où elle vit désormais, est un décor rêvé pour jouer avec la lumière, en cherchant l’harmonie des lignes et des formes dans l’espace. Un souci de transmission du patrimoine, grâce à un récent travail sur le thème de la biodiversité. Ses portraits croisés de jeunes femmes de pays différents ont une grande résonance dans sa propre histoire et lui rappellent l’époque où elle est arrivée à Lisbonne pour découvrir de nouveaux horizons. Le talent de Maria José est de savoir capter dans le regard de ces femmes une joie de vivre, à partir des petits moments de la vie quotidienne.

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LISBONNE DANS LES YEUX DES FEMMES LIBRES « BECAUSE I AM A GIRL » LES FILLES SONT L’AVENIR DU MONDE HOROSCOPE SPÉCIAL MADAME ! JR MET LES FEM...

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