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HTC, KAUFMANN

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LA VILLE IDEALE

Ledoux C-N., L’architecture considérée sous le rapport de l’art, des mœurs et de la législation, Paris, 1804 Depuis la démolition de l’enceinte de la ville de Paris en 1670, la taille et la forme de la ville se sont affranchies des contraintes historiques. Avec la démolition des murs de défense , la ville ne pouvait plus être conçue comme une entité autonome déposée sur un territoire duquel elle avait été déconnectée. La nouvelle métropole devient un pole dans l’Etat nation, animée par le processus de ditribution, de circulation. Matières sujettes aux ingénieurs. Les plans proto-industriels de la Saline de Chaux ont été influencés par des théories de gestion économique, ils reflètent les nouveaux courants technologiques et utilitaires, à la base de l’éclosion de la Metropolis du 19e siecle dominée par le bourgeois industrielle. L’autonomie de forme défendue par Kaufmann serait contrainte par l’émergente spatialité de production dictée par la mainmise progressive des ingénieurs sur la fabrication de villes. A la périphérie de cette cité idéale circulaire s’élèvent des bâtiments publics qui convergent en son centre par de larges avenues plantées d’arbres. Il y considère une croissance concentrique sous formes d’artéfacts urbains. Les purs volumes géométriques de Ledoux, déposés dans un paysage ouvert, revèlent leur irréductible autonomie et l’association de ces éléments différents donne un rôle nouveau à l’architecte. Tous les monuments se disposent naturellement sur un plan d’ensemble qui restitue un tableau de ville idéale, établie sur des terres vierges. «L’architecture embrasse depuis la cabane rustique jusqu’à la disposition générale d’un grand empire»¹. Les monuments gravitent les uns autours des autres selon un schémas radiocentrique, «Le plan (de la ville idéale) ressemblerait à l’arbre de la science; d’un centre commun partiraient toutes les ramifications qui s’étendraient dans toutes les parties de l’empire» écrit Ledoux. C’est le plan de la ville de Chaux, c’est également une préfiguration aux grandes nations centralisées et à la dictature industrielle qui va régir le 19e siècle. ¹Boulée Etienne Louis, Essay on art, Bnp, 1953

La Ville du globe suspendu, est un parc d’attraction dédié à la naïveté de Ledoux. L’ensemble de ses oeuvres est rep juxtaposés. Les projets sont réduits au rangs d’objets ne répondant à aucune règle scalaire. Cet univers est un li de programmation informatique ou de télécommunication, Le musée du secteur prim 2


THE CITY OF THE CAPTIVE GLOBE

Zenghelis, Zoé, The city of the captive globe, 1976 La ville du globe captif présente une grille de rues grises, les piédestals rectangulaires supportent des mondes d’architectures différentes. Les bâtiments prototypes du XXe siecle sont exposés: Bauhaus (Le Corbusier et Mies), Révolutionnaire (Leonidov et El Lissistki), Expressionisme (Poelzig), Surréalisme (Dali), Années 60 ( Superstudio ), associés à la tour d’argile pré-industrielle, des arbres et un étang comme pièces de nature. Au centre se trouve la Terre retenue captive, observable à travers une fenêtre, l’ensemble de ces instituts de recherche constitue pour le monde lui même un gigantesque incubateur, une couveuse où le monde se dévelloppe². Métropolis, subdivisée par une trame, a recouverte la Terre et les expériences autonomes se rendent compatibles par leur juxtaposition. Les citoyens de la société civilisée arpentent ce monde de connaissances, y pénetrent par les socles en granit brut. La condition de liberté, comme en discothèque, est l’incarcération volontaire. Cet archipel idéologique d’éléments d’architecture forme un Oïkema intellectuel, les variations rapides et continuelles qui agiteront ce skyline idéologique composeront un spectacle grandiose où se mèleront l’allégresse éthique, la fébrilité morale et la masturbation intellectuelle³. Le projet présente l’architecture à son degrés zéro de forme, l’architecte joue le rôle de curateur, maître d’une juxtaposition de sculptures anonymes. Sa focalisation sur l’objet isolé de son contexte, ces monuments singuliers, permet de représenter la ville selon ses limites finies, une forme de résistance romantique à l’impalpable et inépuisable Métropolis.

²OMA, S, M, L, XL, 010 Publishers, 1995 ³ibid

produit en plastique pigmenté. Les pavillons, extraits d’un monde imaginaires pittoresque, ont été extrudés et ieu de mémoire. Dans un monde où les habitants travaillent 7 heures par jour dans des entreprises de service, maire commémore la naissance du capitalisme industriel des nations occidentales. 3


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SEA TRADE CENTER ZEEBRUGGE

OMA, Terminal de Zeebrugge, 1989 Afin d’offrir une alternative au tunnel sous la Manche, les compagnies de Ferries entre la Grande Bretagne et le continent cherchent à imaginer des traversées plus excitantes. Ce projet pensé comme un batîment de troisième type, au delà d’une échelle critique, est conçu comme une tour de Babel sans faille. L’incapacité à maîtriser un tel programme par un seul geste architectural provoque l’autonomie de ses parties. L’ascenseur et sa capacité à établir des connexions mécaniques, plutôt architecturales, fait perdre leur sens à toutes les compositions classiques. La conception du batîment et celle de l’extérieur deviennent deux projets indépendants³. La machine multimodale est couverte d’une hybridation entre la sphere et le cône, forme que Koolhaas assimillera à une bite d’amarrage. La volumétrie parlante répond à une forme d’innocence. Koolhass veut rendre lisible ce cauchemar logistique. La congestion d’un espace Piranesien dans un oeuf à la cocque, marque la naissance d’une architecture amorale exempte d’idéologie prescrite, de représentation connue, sans contexte. Une forme de déterminisme programmatique qui rend l’influence sociale, politique et historique négligeable dans la fabrication d’objets Métropolitains.

³ OMA, Bigness, 1995

La vue perspective du terminanal de Zeebrugge est le fruit d’une collaboration entre Ledoux et Rem Koolhaas, aux a robotisé. Des salles de projection virtuelles, une bibliothèque hollographique, des droïdes prostituées permetten capacité de jugement ayant été abrogée dans cet univers humanoîde, le dôme co 6


OIKEMA, MAISON DES PLAISIRS

LEDOUX C-N, Planches d’architectures, 1er volume, Paris, Bibliothèque de Paris, 1991 Le second dessin de la ville idéale de Chaux incarne le principe nouveau d’autonomie en architecture, à l’inverse de l’enchaînement baroque conventionnel (une partie domine toutes les autres et cependant toutes les parties forment un tout¹), il choisit le système de pavillons isolés (la partie est indépendante de la totalité²). Ledoux dans l’Architecture justifie son second projet pour les Saline « ...Remontez au principe...consultez la nature; partout l’homme est isolé». Kauffmann associera la pensée sociale de Rousseau dans le contrat social « chacun s’unissant à tous n’obéisse pourtant qu’a lui même et reste aussi libre qu’auparavent» pour expliquer sa societé «naturelle» idéale. Oïkema n’est rien d’autre qu’un bordel, le plan explicite en forme phallique répond à une sensibilité romantique propre à l’époque. L’autonomie des plaisirs et des sens s’exprime dans la volumétrie digne d’un monument Grec. Ledoux séduit par une autonomie des plaisirs sensuels, évoquait la consommation sexuelle comme un moyen de préserver parmis les habitants de Chaux l‘institution du marriage sacré. Il acquière une autonomie morale en réevaluant l’éthique et la convenance dictées par ses contemporains. Ledoux utilise le principe d’architecture parlante pour en faire un manifeste, un monument idéologique lisible et dévoué à l’homme nouveau post révolutionnaire. ` ¹ Kaufmann Emile, Von Ledoux bis Le Corbusier, 1933 ² ibid

allures de sex toy géant, il offre à la classe dominant le monde post-historique, une plateforme dédiée au sexe nt la libre consommation charnelle dans une société affranchie des contraintes relationelles et anatomiques. La oncentre les fantasmes les plus redoutables et assouvi les désirs des plus dérangés. 7


Koolhass architecte hollandais

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PERSPECTIVE

DU

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MINANAL

DE

Gravé par Saint Jean de La puenta

ZEEBRUGGE

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