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ARGU FLASH

< 6 décembre 2011

MENACES SUR LES NOTATIONS DES DETTES DE L’ENSEMBLE DES ETATS DE LA ZONE EURO L’agence de notation Standard & Poor’s a placé la dette à long terme de l’ensemble des pays de la zone euro sous surveillance négative, sur la base des incertitudes que cette agence observe actuellement dans la zone euro. Concrètement cela signifie que le « triple A » de la France est particulièrement observé par les agences de notation et pourrait, en cas d’aggravation de la situation économique et financière, être dégradé à l’avenir.

1/ Cette menace sur la notation des dettes européennes témoigne d’une inquiétude globale sur l’avenir de la zone euro, qui n’est pas spécifique à la France  La France n’est pas la mauvaise élève de l’Europe. Les 17 pays de la zone euro sont placés sous surveillance par Standard & Poor’s, y compris les 6 pays qui possèdent aujourd’hui la note maximale « AAA », qui permet d’emprunter à bas coût, à savoir la France, l’Allemagne, l’Autriche, la Finlande, le Luxembourg et les Pays-Bas.  La note « AAA » de la France n’est pas à ce jour modifiée. Il n’y a pas d’automaticité entre le fait d’être placé sous surveillance négative et une dégradation de la notation. D’autant plus que la décision de Standard & Poor’s n’est pas motivée par la situation particulière de la France, mais porte essentiellement sur l’impact du contexte européen sur les Etats membres de la zone euro.  Il faut rappeler que les 3 principales agences mondiales ont une échelle de notation qui compte plus de 20 notes dont le triple A est la note maximale. Sur plus de 20 notes et chez 3 agences de notation, nous conservons toujours la meilleure note au contraire par exemple des Etats-Unis, qui a perdu son triple A l’été dernier.  Et l’agence Fitch, l’une des trois grandes agences de notation, confirmait aujourd’hui le AAA de la France estimant que « le gouvernement a pris des décisions importantes pour renforcer la crédibilité de ses plans de consolidation budgétaire et le statut AAA de la France reste soutenu par des fondamentaux solides malgré la crise dans la zone euro ».

2/ Aux niveaux européen et français nous avons les moyens d’inverser la tendance pour sortir de la crise et retrouver une dynamique de croissance  Au niveau européen, N. Sarkozy et A. Merkel font avancer depuis quelques mois la zone euro plus vite qu’elle ne l’avait fait en 10 ans d’existence :  convergence budgétaire et économique (mise en place d’une règle d’or prévue dans tous les Etats membres de la zone euro) ;  solidarité entre Etats membres (instauration du FESF dès 2012, un FMI européen qui pourra prêter de l’argent aux Etats en difficulté) ;  avènement d’une gouvernance économique (les sommets des chefs d'État et de gouvernement se tiendront une fois par mois pour parer à toute évolution de la crise)  renforcement du secteur financier pour protéger l’épargne des citoyens européens.  Il faut d’ailleurs noter que l’annonce de Standard & Poor’s ne tient pas compte des annonces faites par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ce 5 décembre, qui ont pourtant www.u-m-p.org 1


posé les bases d’un accord ambitieux pour renforcer les fondamentaux politiques, économiques et financiers de la zone euro. Ces annonces sont déjà par elles-mêmes une réponse forte aux interrogations de Standard & Poor’s sur l’avenir de la zone euro.  Au niveau français, nous avons de vraies raisons de ne pas verser dans le défaitisme.  La majorité met tout en œuvre pour préserver cette notation AAA. Le gouvernement a présenté un plan courageux (115 mds € d’économies prévues d’ici 2016) qui va permettre de tenir nos objectifs de réduction du déficit public (5,7% en 2011, 4,6% en 2012… 0% en 2016), malgré le ralentissement économique. En plus de ce plan, le gouvernement a prévu un filet de sécurité puisqu’il dispose d’une réserve de 6 milliards € dans le budget actuel qui doit nous permettre de parer à d’éventuelles nouvelles difficultés économiques en 2012. Le redressement financier entamé en 2010 est particulièrement impressionnant en France qui passerait, selon l’OCDE de -7,5% de déficit en 2009 à -4,6% en 2012 contre -11,3% à -9,1% pour les Etats-Unis et -10,8 % à -7,1% pour le Royaume-Uni, qui possède aussi un « AAA ». Dans ces conditions, notre crédibilité financière n’est pas en doute et il n’y a pas de raison qu’un nouveau plan de rigueur soit annoncé.  Les fondamentaux de l’économie française demeurent solides. Notre pays fait partie du petit groupe avec les Etats-Unis et l’Allemagne qui ont retrouvé leur niveau de PIB d’avant la crise, ce qui n’est par exemple le cas ni des Pays Bas ni du Royaume Uni, eux aussi notés « AAA ». Les réformes structurelles entreprises par la France depuis 2007 vont permettre de renouer à terme avec une croissance pérenne. Depuis plus de 30 ans nous financions notre croissance par l’endettement ; depuis 2007, nous avons entamé un changement de stratégie qui vise à travailler plus, produire plus en France et dépenser moins : réformes du marché du travail (assouplissement des 35 heures), des retraites, des universités, de la fonction publique (non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite), de la compétitivité (crédit d’impôt recherche, suppression de la taxe professionnelle). Cette stratégie va permettre de réindustrialiser la France, de recréer de la richesse et des emplois et donc de nous rendre à terme indépendants des marchés financiers.  Notre système financier est sain. Standard & Poor’s a mis l’accent sur la capacité de résistance du secteur bancaire français. Les banques françaises ont toutes annoncé la poursuite de leur politique de renforcement de leurs fonds propres via des cessions d’actifs. Cela va consolider encore nos banques. Il n’y aura pas d’injection de fonds publics pour les recapitaliser et il n’y a pas de menace sur l’épargne des Français.  Nos institutions sont efficaces. La Vème République permet de dégager des majorités claires qui évitent toute paralysie politique du pays, à l’inverse des EtatsUnis où l’affrontement entre Républicains et Démocrates sur le plan de rigueur a été directement à l’origine de la perte du triple A américain en août.  Malgré les turbulences de marché, la France continue de bénéficier de conditions de financement très favorables. Sur l’ensemble de l’année 2011, le coût moyen de financement de la dette française s’élève à 2,79%, l’un des niveaux les plus bas depuis la création de l’euro. Les investisseurs ont demandé 4 fois plus d’obligations que le montant proposé lors de la dernière émission de dette du Trésor français le 1er décembre ce qui montre que la dette française reste une valeur refuge.

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Sans la politique courageuse mise en œuvre par le Président de la République depuis 2007 notre note aurait déjà été dégradée !

3/ Face aux menaces qui pèsent sur l’avenir de la zone euro, l’union sacrée doit prendre le pas sur la politique politicienne  Face à la détermination de Nicolas Sarkozy pour réduire le déficit de la France et conserver le « AAA », nous avons le discours défaitiste de François Hollande sur une éventuelle dégradation de notre note (le 11 novembre, François Hollande avait déclaré que « les marchés financiers avaient déjà anticipé une dégradation de la note française » et il déclare aujourd’hui que « notre système bancaire est fragile ») et ses propositions délirantes (projet à 255 milliards dont 20 milliards pour son contrat de génération ou 7,5 milliards pour le recrutement de 60 000 professeurs) qui contribuent à alimenter les incertitudes sur la crédibilité financière de la France et qui font le miel des agences de notation. C’est à se demander si le PS ne joue pas la dégradation de notre note à des fins électorales en pariant que cela nuirait à l’image de Nicolas Sarkozy… Ce serait un calcul désastreux et irresponsable pour la France et les Français.  L’heure est à la responsabilité des hommes politiques de droite comme de gauche. Il ne s’agit pas de faire des calculs politiciens mais de prendre les décisions qui seront bonnes pour préserver l’intérêt général et l’avenir des enfants de France.  A cet égard, la responsabilité du PS vis-à-vis des Français aujourd’hui c’est de :  Voter la règle d’or budgétaire qui rendrait inconstitutionnels les déficits budgétaires incontrôlés. Jusqu’à présent, le PS a refusé de voter cette règle d’or parce qu’il ne veut pas adopter une mesure proposée par Nicolas Sarkozy.  Le PS français s’obstine à refuser le principe d’une règle d’or, mais François Hollande s’affiche avec José Luis Zapatero, un socialiste qui a fait voter la règle d’or budgétaire en Espagne, ou avec Sigmar Gabriel, Président du SPD, parti socialiste qui a aussi voté la règle d'or en Allemagne. Quand est-ce que les socialistes français cesseront d’être les plus archaïques d’Europe ? Aujourd’hui, l’occasion se présente pour François Hollande et le PS de revenir à la table des responsabilités et de voter, avec la majorité, la règle d’or.  Renoncer à son projet faramineux à 255 milliards € de dépenses nouvelles (hors sortie du nucléaire) non financées qui creuserait notre dette publique. Ce projet agit comme une épée de Damoclès pour les investisseurs qui voudraient acheter de la dette française ou financer des activités en France. En clair, certains investisseurs renoncent à investir dans notre pays de crainte qu’en cas de victoire de la gauche, la situation économique et financière se dégrade au point de menacer leurs retours sur investissements.  Renoncer à établir la « VIème République » avec le retour de la proportionnelle, prévue dans l’accord Vert/PS, qui ne serait en fait qu’une nouvelle IVème République, régime du parlementarisme exacerbé, des marchandages et des blocages. Une instabilité chronique qui avait sonné le glas de la IVème République en 1958 et qui fragiliserait considérablement la France à l’heure où la solidité de nos institutions est l’un de nos atouts majeurs pour réagir face à la crise. Le rétablissement économique et financier de la France ne se fera qu’au prix d’un sens des responsabilités et d’un courage partagés par l’ensemble de la classe politique.

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Menaces sur les notations des dettes de l’ensemble des états de la zone Euro