Page 6

6

ECONOMIE

SANTÉ

Actualités

TOURISME

SPORT

Opération transit Maroc-Espagne

TANGER PRATIQUE

JEUX

DIVERS

Reportage à Tanger

« Marhaba 2020 » n’aura pas lieu

Le calvaire pour la survie des Migrants Subsahariens Par Sali Bouba.O

migrants SubLes sahariens de passage à Tanger vivent

S

elon le gouvernement de Madrid, l’opération transit, avec des millions de personnes qui traversent l’Espagne vers le Maroc et l’Algérie, n’aura pas lieu en juin prochain. Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, qui s’est exprimé, mardi 26 mai, à l’issue du conseil des ministres, les pays concernés (Espagne, Maroc et Algérie) doivent trouver, de commun accord, de nouveaux protocoles pour préserver la santé des voyageurs et celle des milliers de personnes affectées à la coordination de cette opération. Le ministre a souligné que des contacts sont en cours avec d’autres pays d’accueil (France, Belgique et Pays-Bas) alors qu’une commission mixte hispano-marocaine se réunira prochainement. Rappelons que cette opération, concerne chaque été des millions de passagers, notamment des Marocains résidents à l’étranger (MRE) qui traversent le détroit de Gibraltar dans les deux sens, à bord de 750.000 véhicules, entre les mois de juin et octobre.

Tanger-Tétouan-Al Hoceima:

Aides alimentaires au profit de Subsahariens

Conseil de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima poursuit son engagement dans les Le efforts déployés pour atténuer l’impact économique

et social de la pandémie du coronavirus (Covid-19). Dans un communiqué, le Conseil a annoncé le lancement d’une opération d’aides alimentaires au profit de quelque 800 familles d’immigrés subsahariens dans la région.

une double-crise : l’une liée au Coronavirus et l’autre aux conséquences socio-économiques de l’État d’urgence sanitaire. Malgré quelques élans de solidarité, cette population se retrouve abandonnée à elle-même, sans autre perspective que la lutte pour la survie. Les plus vulnérables, notamment les femmes et les adolescents font preuve d’inventivité pour lutter contre la pandémie, subvenir à leurs besoins les plus élémentaires dont celui de s’assurer un toit. « En ce moment, nous ne sommes savons pas comment faire pour payer un loyer. Si à la fin de ce mois de mai, nous n’avons pas de quoi payer, nous serons obligés d’aller dormir dans la forêt ». Telle est la douloureuse confession d’Adesina, paraissant abattue au côté de sa camarade Abigail. Ces deux jeunes filles, âgées d’un peu moins de la vingtaine, originaires du Nigeria, sont arrivées à Tanger en 2018, après un dur périple à travers le désert, dans l’espoir de pouvoir rejoindre le sol européen.

Les deux Nigérianes, rencontrées au quartier M’sallah, le regard fuyant d’adolescentes tourmentées, n’osent pas trop entrer dans les détails des conditions de vie qu’elles mènent en ces moments difficiles. Elles ne sont pas, non plus, disertes sur leur avenir, comme, d’ailleurs, quatre autres migrants guinéens rencontrés le même jour. A une question concernant le dérouler-type de leur journée, Abigail soupire : « C’est très difficile », avant de remercier une généreuse passante qui lui a glissé une pièce de monnaie dans la main. Après quelques hésitations, les deux jeunes filles finissent quand même par se confier : leur survie dépend de la mendicité et des aides de quelques associations actives : « Il

y a deux semaines, nous avons reçu l’aide d’une association caritative, confie Adesina en réajustant son masque protecteur contre le virus Covid 19, avant de poursuivre : « Nous avons reçu de quoi manger pour quelques jours ; pour le reste, on se débrouille en mendiant, dès le lever du jour jusqu’en début d’après-midi ». Désormais incertaines sur leur projet européen, les deux candidates à l’émigration n’ont aucune certitude sur leur avenir. Le rêve qui les a attirées à Tanger, considérée comme la porte du vieux continent, semble ne plus être une obsession, du moins, dans l’immédiat. Le Covid 19 et ses conséquences sur leurs conditions de vie ont fait naitre, pour elles, d’autres priorités immédiates. Cela ne les empêche pas, pour autant,

d’exprimer quelques désirs comme celui d’acquérir des compétences pouvant leur permettre de pratiquer autre chose que la mendicité. Toute la question est de savoir comment réaliser une telle ambition en cette période où les soutiens associatifs sont très sollicités et les possibilités de formation sont freinées par la pandémie. En espérant des jours meilleurs, les deux jeunes Nigérianes comme le reste des nombreux autres Candidats Subsahariens à l’émigration, implorent Dieu afin que les élans de générosité leur parviennent. Certes, la mobilisation associative essaie, tant bien que mal, d’alléger leur fardeau. Mais, de toute évidence, cela s’avère insuffisant et les aides ne parviennent pas toujours à toucher l’ensemble des personnes ciblées. Signalons que, dans une déclaration faite au quotidien français «Le Monde», le sociologue Mehdi Alioua estime à, au moins «20.000», le nombre de migrants et immigrés qui se trouvent en ces temps du Covid 19 dans une «situation d’urgence humanitaire».

Communiqué conjoint des CGEM-TTA ; AZIT, AMITH, AIZEFET, AIZIG et ZI-Al Majd

Tanger

l’instar du reste du À monde, le Maroc, fait face à l’une des plus grandes

crises sanitaires de l’histoire moderne. Les dispositifs et mesures mis en place par les autorités du pays ont permis de freiner la propagation de la pandémie. Grâce à la sensibilisation et à l’implication de tous, notre pays est considéré comme l’un de ceux ayant le mieux géré cette crise. Confiantes dans les autorités compétentes et dans le respect total des règles de sécurité sanitaire, quelques unités de production à Tanger ont continué à travailler. D’autres ont repris partiellement leur exploitation dans le but de relancer l’activité industrielle et préparer la sortie de crise. Conscientes du risque important de contamination au

Pour une relance industrielle responsable et citoyenne sein des usines, les responsables ont pris toutes les mesures afin de garantir hygiène et sécurité sanitaire à leur personnel et ce, sous le contrôle strict des autorités marocaines. Dans ce cadre, rappelons qu’une check liste Covid19 a été rédigée par les ministères concernés. Celle-ci permet d’évaluer de manière rigoureuse les usines aptes à fonctionner. Ainsi, aucune usine ne peut travailler sans une autorisation validée à différents niveaux et attribuée en fin de parcours par l’Autorité de la région. Toutes les unités industrielles de Tanger sont donc passées par ces différentes étapes exigées par les autorités compétentes. Aucune reprise ou poursuite d’activité n’est possible sans l’obtention de cette autorisation. Il est à souligner également que quelques secteurs industriels tels que la confection,

Le Journal de Tanger • N° 4108 • Samedi 30 Mai 2020

l’agro-alimentaire, le câblage et l’automobile sont soumis à des mesures complémentaires élaborées par la Wilaya. Parmi ces mesures : 1/ La réduction des 2/3 des effectifs des usines, ainsi que leur répartition à part égale sur trois shifts. 2/ Le respect du ratio d’un ouvrier par 5 m2 dans les aires de travail. 3/ L’installation des caméras à infra-rouges pour relever la température à l’entrée des usines. 4/ La présence permanente du médecin du travail sur les lieux de travail. 5/ La mise en place de mesures de distanciation dans les locaux sociaux et dans les véhicules de transport du personnel. 6/ La désinfection quotidienne des véhicules de transport et des lieux de travail. 7/ Mise à la disposition du personnel de masques et de gel hy-

droalcoolique. Au préalable, la Wilaya de Tanger a procédé au tri en amont de l’ensemble du personnel sur base de son lieu d’habitation afin d’éviter toute contamination venant d’un éventuel cluster vers le lieu de travail. Enfin, un contrôle continu est assuré par les autorités compétentes. Le non- respect d’une seule des conditions précitées peut déboucher sur le retrait de ladite autorisation. Dans les zones industrielles du Royaume, des unités industrielles continuent à travailler en respectant les mesures imposées par l’Autorité compétente. Des cas sporadiques d’infection de Covid 19 peuvent survenir dans les usines, malgré l’application strictes des règles sanitaires. Le lieu premier de contamination est à chaque fois le quartier d’habitation. Les cas survenus dans les quelques unités indus-

trielles de Tanger ne dérogent pas à cette règle. Rappelons que des multinationales de renommée mondiale, telles que Google ou Amazon ont elles-mêmes eu des foyers de contamination. En ce qui nous concerne, nous pouvons assurer que les responsables des unités industrielles mettent tout en œuvre pour garantir la sécurité sanitaire de leurs employés et contribuer à la reprise économique et à la préservation des emplois. Les autorités marocaines sont sur le pied de guerre afin d’arrêter la propagation de la pandémie. Tendus vers le même objectif, les industriels tangérois s’engagent à maintenir une extrême vigilance et à déployer les pratiques les plus adaptées au sein de leurs unités industrielles. »


Millions discover their favorite reads on issuu every month.

Give your content the digital home it deserves. Get it to any device in seconds.