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Les Mayas n’ont jamais prédit la fin du monde. Les chrétiens, par contre... p7

Volume 48, numéro 14 13 décembre 2012

Ski, sapin et verre de vin !

Bon congé des Fêtes. Et dites adieu à 2012 en regardant la rétrospective illustrée de l’actualité du campus. p8


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Moins de sous pour la science Le budget des trois fonds de recherche du Québec est réduit de 17 % par Jean Hamann

Empaquetage du matériel pour acheminer à Haïti.

Un don pour la formation d’infirmières en Haïti La Faculté des sciences infirmières a fait don d’environ 100 000 $ en équipements médicaux et pédagogiques ainsi qu’en matériel divers à l’Université Notre Dame d’Haïti, à Portde-Paix. L’instigatrice de ce don est Ginette Lazure, professeure en sciences infirmières à l’Université Laval. Elle a réuni plusieurs partenaires, dont Collaboration Santé Internationale et le Fonds haïtien du Vice-rectorat aux études et aux activités internationales. Cette deuxième initiative de la Faculté pour venir en aide à Haïti – l’autre étant survenue en août 2010 – vise à soutenir l’œuvre de sœur Virginie Musac, diplômée de l’Université Laval et fondatrice de la seule faculté des sciences infirmières au pays. La première cohorte d’étudiantes haïtiennes a terminé avec succès sa première année de formation dans des conditions pourtant difficiles.

Le recteur s’oppose aux compressions…

Le plan de dépenses 20132 014 d u g o u ve r n e m e n t Marois réservait une bien mauvaise surprise aux trois fonds de recherche du Québec. Leur budget est réduit de 17 % par rapport à l’année en cours, ce qui représente une compression de 31 M$. Le Fonds de recherche N a t u r e e t t e ch n o l o g i e s (FRQNT) est le plus durement touché avec une coupe de 15 M$, soit 30 % de son budget. Le Fonds de recherche Santé (-10 M$) et le Fonds de recherche Société et culture (-6 M$) voient leur budget réduit de 13 %. Pendant ce temps, les dépenses des ministères augmenteront, en moyenne, de 1,8 %. Le conseil d’administration de ces organismes subventionnaires s’est engagé à analyser la situation afin d’atténuer les répercussions de ces coupes, mais il y aura forcément des contrecoups dans les universités. « Bien que les chercheurs de

l’Université Laval performent très bien dans les programmes des Fonds de recherche du Québec, nous pouvons anticiper que les montants qu’ils obtiendront seront réduits en 2013-2014, avance Sophie D’Amours, vice-rectrice à la recherche et à la création. Les répercussions seront plus ou moins grandes, selon la stratégie mise en œuvre par les Fonds pour absorber les réductions. » En 2011-2012, les chercheurs de l’Université ont obtenu 30 M$ de ces trois sources de financement. L’ampleur des compressions budgétaires et le peu de temps pour y réagir préoccupent la vice-rectrice. « Les sommes provenant de ces trois organismes sont largement utilisées pour soutenir financièrement les étudiants inscrits aux cycles supérieurs. Ça signifie que certains devront mettre un terme à leurs études alors que d’autres abandonneront le projet d’entreprendre des études aux cycles supérieurs. »

Même son de cloche du côté de la trentaine de chercheurs en sciences naturelles, génie et technologie qui ont écrit au ministre Pierre Duchesne, le 10 décembre, pour demander le maintien du budget intégral du FRQNT. « À court terme, cette coupe toucherait l’emploi du personnel de recherche ainsi que le recrutement et les allocations des

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Les coupes annoncées auront inévitablement des conséquences sur notre compétitivité en recherche

Fondeur chouchou

Par l’entremise de l’Association des diplômés de l’Université Laval, le recteur Denis Brière demande aux diplômés de l’appuyer dans sa démarche auprès des autorités gouvernementales afin qu’elles renoncent aux coupes draconiennes dans l’éducation supérieure. Pour signifier leur soutien, les diplômés doivent remplir le formulaire qui se trouve à l’adresse https://profil.dexero.com/profil/ADUL/sondagedurecteur. Denis Brière souhaite notamment utiliser ces noms lors de ses interventions médiatiques. La position de la haute direction de l’Université a notamment été exprimée dans le texte intitulé « Le “dé-financement” chronique des universités québécoises » paru dans Le Soleil et Le Devoir du 24 novembre.

Alex Harvey n’est pas passé inaperçu à la Coupe du monde de ski de fond qui s’est tenue la fin de semaine passée devant les murs de Québec. L’athlète d’élite et étudiant en droit à l’Université a galvanisé la foule venue assister à cette première compétition urbaine. Et cela, même s’il n’a pas décroché la médaille dont il rêvait. Le voici lors du sprint masculin en équipe, où il a obtenu une cinquième place avec son partenaire Devon Kershaw. La photo a été prise juste avant la chute qui lui a coûté le podium. Alex Harvey n’a pas pu éviter un skieur suédois qui s’était étalé sur la piste. photo Pierre Bonenfant

… la CADEUL aussi La Confédération des associations d’étudiants et étudiantes de l’Université Laval (CADEUL) dénonce les coupes budgétaires dans le réseau d’éducation postsecondaire annoncées par le gouvernement du Québec. « Si le gouvernement va de l’avant avec cette décision, les conséquences sur la qualité de l’enseignement et des services aux étudiants seront catastrophiques », a déclaré le président Martin Bonneau. Les compressions sont de l’ordre de 17 M$ pour l’année financière en cours. La CADEUL estime le projet irréaliste. Elle prévient que cela pourrait compromettre la possibilité de débattre de l’avenir dans un climat serein lors du prochain Sommet sur l’enseignement supérieur.

étudiants aux cycles supérieurs, écrivent les signataires de la lettre, parmi lesquels se trouvent huit chercheurs de l’Université Laval. » Une pétition mise en ligne par ce groupe sur Petitions24. net avait dépassé le cap des 5000 signatures mardi midi. Sophie D’Amours se dit extrêmement inquiète pour l’avenir de la recherche et de l’innovation au Québec « Les coupes annoncées sont tellement importantes qu’elles auront inévitablement des conséquences sur notre compétitivité en recherche. » La vice-rectrice espère que cette décision n’est pas un avant-goût de la place qu’occupera la recherche universitaire dans la Politique nationale de la recherche e t d e l ’ i n n ov a t i o n , qu e le gouvernement prévoit adopter au printemps 2013. « Le Québec doit continuer d ’ i n ve st i r e n r e ch e r ch e et innovation, insistet-elle. C’est une condition de survie dans un monde en pleine mutation où les enjeux sociaux, environnementaux et économiques sont grandissants et de plus en plus complexes. »

On peut le lire en ligne au www.lefil.ulaval.ca et s’abonner gratuitement à un avis de parution électronique. Écrivez-nous ! Le Fil accueille vos idées avec plaisir.

Le journal de la communauté universitaire Fondé en 1965, Le Fil est un hebdomadaire publié 30 fois par an par la Direction des communications de l’Université Laval et distribué gratuitement sur le campus.

Les lettres destinées au courrier des lecteurs – 400 mots maximum – doivent nous parvenir au plus tard le vendredi midi précédant la parution, à l’adresse info@lefil.ulaval.ca. Le contenu de ce journal peut être reproduit à condition de mentionner la source et l’auteur. Rédaction Éditrice : Hélène Côté, directrice des communications

Rédactrice en chef : Mélanie Saint-Hilaire Journalistes : Jean Hamann, Renée Larochelle, Yvon Larose Journaliste nouveaux médias : Julie Picard Collaborateurs : Chloé Berger, André-Philippe Drapeau Picard, Martine Frenette, Pascale Guéricolas, Stéphane Jobin Rédactrice-réviseure : Anne-Marie Lapointe Secrétaire à la rédaction et recherchiste photo : Josée Nadeau Production Infographie : Léa Robitaille, Service de reprographie de l’Université Laval Impression : Les Presses du Fleuve, Montmagny (Québec)

Ventes publicitaires Élisabeth Farinacci 418 656-2131 poste 4618 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec, ISSN 022-1-1965 Pour nous joindre 2325, rue de l’Université, local 3108 Québec (Québec) G1V 0A6 Téléphone : 418 656-2131 poste 4687


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Gagner 9 M$, ça change le monde ! Le Partenariat pour les politiques économiques (PEP), un réseau international de chercheurs et d’experts en économie du développement basé au Département d’économique de la Faculté des sciences sociales, a reçu une subvention de près de 9 M$ du gouvernement britannique (UK Aid) et du Centre de recherche pour le développement international (CRDI). Cet octroi reconnaît son succès dans les pays en émergence et son expertise inégalée pour y renforcer les capacités d’analyse scientifique. La mission du PEP est d’assurer la plus grande participation d’analystes issus des pays du Sud dans les débats autour des politiques économiques et de développement de ces pays, trop souvent dominés par les voix du Nord. Les fonds octroyés serviront à former et parrainer plus de 70 nouvelles équipes de chercheurs, dont près de la moitié proviendront de pays à plus faibles revenus ou d’États dits « fragiles » comme l’Afghanistan, le Myanmar ou le Libéria.

Les recherches du PEP ont mené à l’expansion d’un programme provincial de gratuité scolaire en Chine

Depuis 2002, le Partenariat a formé plus de 500 chercheurs basés dans près de 50 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Il a assuré un soutien technique et financier à 172 projets d’analyse touchant une grande variété d’enjeux sociaux, économiques et politiques. Les résultats et recommandations tirés de ces recherches ont d’ailleurs contribué à modifier des décisions politiques dans de nombreux pays. Par exemple, ils ont mené à l’expansion d’un programme provincial de gratuité scolaire en Chine et à celle d’un réseau de cantines scolaires dans les régions rurales du Sénégal. Au Cameroun, les recommandations des chercheurs du PEP ont permis d’établir de nouvelles priorités en matière de santé publique. Elles ont aussi amené le gouvernement de l’Uruguay à rectifier un programme d’allocations aux plus pauvres et celui de l’Argentine à réévaluer une réforme nationale de l’éducation. « Nous sommes heureux de constater que tous les efforts de PEP et de notre Département d’économique sont aujourd’hui récompensés. Il s’agit d’une reconnaissance internationale de l’expertise de la Faculté dans les domaines du développement économique, notamment pour les pays en développement. Nous souhaitons que cette initiative soit un premier pas vers d’autres partenariats internationaux d’importance », a souligné le doyen de la Faculté, François Blais. La gestion du réseau international du PEP, qui compte plus de 9000 membres à ce jour, est centralisée à l’Université Laval, qui collabore avec trois équipes régionales basées au Sénégal, aux Philippines et au Pérou. Plusieurs professeurs du Département d’économique participent aux activités du PEP, dont John Cockburn (directeur), Bernard Decaluwé, Habiba Djebbari, Jean-Yves Duclos et Guy Lacroix.

Aujourd’hui ados, demain médecins ou physiothérapeutes? photos Louise Leblanc

Le choix de carrière sous le microscope

La Faculté de médecine organise une première Journée découverte des sciences de la santé pour les élèves du secondaire par Martine Frenette Le vendredi 7 décembre, près de 200 jeunes de 4e et 5 e secondaire provenant d’écoles environnantes ont participé à une journée découverte à l’Université. Organisée pour la première fois par le Temple de la renommée médicale canadienne et la Faculté de médecine, cette activité avait pour objectif de faire découvrir le monde des sciences de la santé. Au programme : un exposé sur la vie d’un professeurchercheur de renom, Éric Larose, deux ateliers et une discussion interactive avec six professionnels du domaine. Dès 7 h 20, le premier autobus a déposé une dizaine de jeunes. Vendredi ou pas, les élèves étaient au rendez-vous et prêts pour l’aventure. Ils se sont regroupés sagement dans la cafétéria du pavillon Ferdinand-Vandry avant de se diriger vers l’auditorium. Quelques dignitaires, comme le professeur-chercheur Michel G. Bergeron et le doyen Rénald Bergeron, ont alors prononcé les mots de bienvenue. Ensuite, il était temps de suivre les guides, tous des étudiants de la Faculté, pour se rendre à l’un des 11 ateliers. Dispersés en groupe de 6 à 60 personnes, les jeunes ont pu découvrir plusieurs

impossible de ne pas être touché par son récit ! Il est la preuve que, dans la vie, tu peux accomplir n’importe quoi si tu es prêt à y mettre les efforts. » Depuis longtemps décidé à devenir médecin, l’adolescent a suivi l’atelier La simulation pour apprendre la médecine, où il a été impressionné par la technologie des simulateurs. Il a aussi apprécié l’atelier Une journée dans la vie d’un médecin. « Les échanges m’ont permis de m’assurer que cette profession est faite pour moi, conclut-il. Je n’aurais jamais cru que la médecine familiale pouvait offrir autant de possibilités, comme travailler à l’urgence, à domicile, en soins palliatifs… » Certains participants ont profité de l’occasion pour interroger les guides ou les animateurs des ateliers sur leurs études ou le processus d’admission dans leur programme. Leurs questions

disciplines. Par exemple, l’atelier intitulé Le corps humain observé au microscope a initié une quarantaine d’étudiants à l’histologie. En équipe de deux, ils ont eu le loisir d’observer différents tissus. « C’est vraiment super de voir des neurones, de la moelle épinière ou du cuir chevelu dans un microscope aussi performant ! », se sont exclamées Pascale et Camille, deux élèves de 4e secondaire, ravies du côté interactif de l’atelier. L’atelier La physiothérapie pour retrouver la forme après une blessure a accueilli 45 étudiants. Béatrice, étudiante en 5e secondaire, en a profité pleinement. « C’est certain que je vais étudier dans le domaine de la santé, même si je ne suis pas certaine du programme, a-t-elle dit. La réadaptation m’intéresse, comme la physiothérapie. J’ai trouvé la conférence du professeur Larose très intéressante. Il nous a montré qu’on peut avoir une vie personnelle même quand on mène une belle carrière de chercheur. J’ai trouvé ça motivant. » « La conférence donnée par le professeur Larose était très inspirante, a trouvé également Pierre, un élève de 4e secondaire. Il parlait avec une telle ardeur qu’il était Pierre Trudel, aspirant médecin

étaient sérieuses et réfléchies, prouvant qu’ils avaient une bonne idée des rêves qui les animent. Au dire des jeunes, la Journée découverte en sciences de la santé a été amusante, instructive et inspirante. Leur choix de carrière s’est parfois éclairé au fil de la journée. « Les questionnements sont nombreux chez les jeunes de cet âge, qui font des choix pour leurs études au cégep, affirme le doyen Rénald Bergeron. Une journée comme celle-là est l’occasion idéale de vérifier leurs intérêts et leur goût. C’était notre première activité avec le Temple de la renommée médicale canadienne, mais pas la dernière. Nous aurons une autre Journée découverte l’an prochain ! » L’Université Laval est le seul établissement francophone à accueillir ce rendez-vous que le Temple organise dans de nombreuses facultés de médecine au Canada.

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Je n’aurais jamais cru que la médecine familiale pouvait offrir autant de possibilités


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Place à la parole citoyenne Après le cours de politique 101 du printemps érable, le Forum Démocratie a permis aux étudiants de lancer des idées pour l’avenir par Yvon Larose

Illustration tirée du livre Noëls du monde.

Noël autour du monde La Bibliothèque et la Faculté des sciences de l’éducation organisent une activité de découverte des contes de Noël. Petits enfants, apportez votre ourson en peluche ! Deux étudiantes en éducation, Corinne Gardy et Carolane Goulet Fontaine, raconteront aux jeunes et moins jeunes de magnifiques contes empreints de magie et de féerie. Elles feront découvrir les traditions et les rites de la fête de Noël autour du monde. Ce sera aussi l’occasion de parcourir la collection de contes de Noël de la Bibliothèque pour le plaisir des yeux et du cœur. Samedi 15 décembre, de 10 h à 11 h, à la salle Charlotte-Guérette (local 4283) du pavillon Jean-Charles-Bonenfant.

La physique en vedette aux Années lumière Un outil éducatif basé sur la réalité augmentée pour l’apprentissage de la physique, Parallèle, fera l’objet d’un reportage à l’émission Les années lumière à la radio de Radio-Canada. Ce reportage sera diffusé en janvier ou en février 2013. Dirigé par Sylvie Daniel, professeure du Département des sciences géomatiques, le projet vise à aider les étudiants du collégial à mieux comprendre l’électromagnétisme, une branche réputée difficile de la physique. Ce jeu éducatif adapté pour la tablette tactile iPad2 permet aux étudiants de résoudre un mystère à l’aide d’un simulateur qui recrée le comportement de particules chargées se déplaçant dans des champs électriques et magnétiques. L’émission Les années lumière est diffusée le dimanche de 12 h à 14 h à la Première Chaîne de Radio-Canada.

Vulgariser certains documents gouvernementaux difficiles à comprendre, créer des conseils nationaux de la citoyenneté et de la démocratie, diffuser une téléréalité sur les mécanismes des institutions démocratiques : les idées ont fusé de toutes parts lors du Forum Démocratie qu i s’ e st t e n u l e s 2 3 e t 24 novembre dans le complexe Alphonse-DesjardinsMaurice-Pollack. La rencontre a attiré une soixantaine de personnes, en majorité des étudiants. Elle était organisée par la CADEUL, qui regroupe les associations étudiantes de premier cycle de l’Université Laval, et le Forum Jeunesse de la région de la Capitale-Nationale. « Le Forum Jeunesse nous avait approché avec l’idée de tenir une rencontre de réflexion sur la démocratie, rappelle Sophie BlaisMichaud, étudiante au baccalauréat en psychologie et vice-présidente aux affaires externes de la CADEUL. De notre côté, nous avions remarqué un grand intérêt de la part de nombreux étudiants de l’Université pour la grève étudiante du printemps dernier et ensuite pour les élections générales du 4 septembre. »

En 2012, la démocratie s’est trouvée au cœur de l’actualité pendant plusieurs mois. Durant le forum, les participants ont élargi leur réflexion et trouvé de nouvelles pistes d’action, guidés en cela par une brochette de spécialistes. Parmi ceux-ci, JeanPaul L’Allier, ancien maire de Québec. « Les personnes ont notamment insisté sur les notions de dialogue entre le citoyen et l’élu ainsi que sur la démocratie locale, explique Romain Thibaud, étudiant en sciences des religions et vice-président aux communications de la CADEUL. Dans son discours, Jean-Paul L’Allier a parlé des conseils de quartier créés sous son administration. Il a reconnu que cette forme de microdémocratie municipale n’était pas utilisée de façon optimale. » Selon Romain Thibaud, les élus municipaux ne tiennent pas toujours compte de la parole citoyenne. Il cite en exemple la récente consultation publique sur le plan de développement urbain du quartier SaintRoch à Québec. « Plus de 250 citoyens ont participé à cette consultation, indique-til. Or plusieurs craignent que la Ville ignore leurs points de

Pour comprendre le déroulement du jeu: www.youtube.com/watch?v=GHwy9pRxOG0

Isoler son logement L’organisme communautaire Vivre en Ville invite les citoyens moins fortunés de la grande région de Québec à profiter d’un service entièrement gratuit permettant de faire isoler et calfeutrer leur demeure gratuitement. En équipe de deux, les intervenants se présentent au domicile avec un sac rempli de produits économiseurs d’énergie, dont un coupe-bise, des produits de calfeutrage, un seuil de porte, des ampoules fluocompactes ainsi qu’une pomme de douche à débit réduit. Ils déterminent avec le locataire les travaux jugés prioritaires et ils procèdent aux installations. Vivre en Ville est un organisme communautaire qui aide les familles à revenu modeste à réduire leur facture d’énergie. Le programme est financé par le ministère des Ressources naturelles. Tél. : 418 523-5595 ou 1 888 622-0011 L’hôtel du Parlement du Québec. photo Jean Gagnon

vue. Au forum, il a été recommandé de favoriser un dialogue sain entre citoyens et élus, un rapport de confiance transparent entre eux. » Durant le forum, on a notamment échangé sur la notion de légitimité et sur le mode de scrutin. « Les participants ont aussi discuté de la création d’une assemblée constituante pour le Québec avec une participation des citoyens dans sa construction et sa continuité », souligne Romain Thibaud. Selon lui, l’idée d’une téléréalité sur les mécanismes des institutions démocratiques est dans l’air du temps. « Comme les données publiques brutes accessibles aux citoyens et le concept de gouvernement numérique, poursuit-il. S’impliquer grâce aux nouvelles technologies que sont les médias sociaux, qui focalisent sur des objectifs communs, a été beaucoup évoqué. » Les invités comprenaient le ministre Bernard Drainville, responsable des réformes démocratiques et de la participation citoyenne. « Le ministre a été éloquent, raconte Sophie Blais-Michaud. Il se disait prêt à faire des changements. Il disait que les citoyens devaient retrouver le sentiment d’avoir un pouvoir sur leurs institutions démocratiques. La société a laissé les choses en plan suffisamment longtemps. C’est maintenant le temps d’avancer. » Dans les suites à donner au Forum Démocratie, la CADEUL tiendra, fin janvier,

début février, une soirée de type 5 à 7 pour les participants. Elle remettra également au ministre Drainville un rapport contenant les idées discutées lors du Forum. « Nous avons lancé une grande réflexion que l e s p e r s o n n e s p e u ve n t s’approprier », explique Romain Thibaud. Un groupe Facebook permet aussi d’échanger sur le sujet. Plus de 120 internautes en sont membres.

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Les personnes ont notamment insisté sur les notions de dialogue entre le citoyen et l’élu


histoire

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On les regardait davantage comme des livres d’images que comme des livres de prières

Le livre d’heures à l’usage de Rouen est conservé au Musée d’art de Joliette. À gauche, le calendrier de la seconde moitié de décembre avec les fêtes des saints. À droite, saint Luc transcrivant la parole divine. photo Didier Méhu

L’art de la prière au 15e siècle Les livres d’heures manuscrits des collections publiques du Québec nous font entrer dans la culture religieuse de la fin du Moyen Âge par Yvon Larose Le Musée d’art de Joliette contient un objet ancien très particulier : un livre de prières de 264 pages écrit à la main et confectionné au 15e siècle en France. Le livre d’heures à l ’ u s a ge de Rouen f a it 11 centimètres de large par 18 centimètres de haut. « Ce manuscrit se distingue par sa structure bien définie et sa grande cohérence », affirme Maria Allen Demers, inscrite à la maîtrise en histoire. Le samedi 1 er décembre a u p av i l l o n C h a r l e s - D e Koninck, l’étudiante a fait un exposé sur l’ouvrage en question lors d’une journée d’étude sur les livres d’heures manuscrits conservés dans les collections publiques du Québec. « L’ensemble de ce livre est en latin, sauf le calendrier avec les fêtes des saints et deux prières en français vers le milieu de l’ouvrage,

explique Maria Allen Demers. On suppose que ces pages étaient davantage lues. Elles sont plus ornées. On trouve davantage de fleurs dans les marges. » Une des illustrations les plus intéressantes du livre montre l’évangéliste Luc transcrivant la parole de Dieu. « Le saint est assis près d’une fontaine. Cette eau symbolise la source de vie ainsi que le verbe divin. À l’arrière, les arcades rappellent une église. Le bœuf couché aux pieds de Luc est son animal symbolique. » Sous l’image, on peut lire le début d’un extrait en latin de l’Évangile de saint Luc qui signifie « L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth ». Les collections publiques québécoises comptent 13 livres d’heures manuscrits.

Ces ouvrages produits par des copistes, ornementistes et enlumineurs ont comme caractéristique commune d’avoir été composés au 15e siècle. Comme l’ensemble des livres d’heures médiévaux, ceux-ci étaient destinés aux fidèles catholiques laïcs. L’Université McGill, à elle seule, en a sept. Huit ont été confectionnés en France, trois en Flandre et deux en Angleterre. « Ces livres servaient à la prière individuelle, indique Didier Méhu, professeur au Département d’histoire. Ils étaient commandés par des familles assez aisées, par des aristocrates, grands bourgeois ou notables. » Le livre d’heures permettait au laïc de prier jusqu’à huit fois par jour. Il ponctuait la journée. Selon Didier Méhu, le livre d’heures s’inscrivait dans la volonté de l’Église catholique d’encadrer davantage les fidèles. « Il fait en sorte que la vie quotidienne des fidèles soit plus proche de la vie monacale, explique-t-il. Cela correspond à des demandes des laïcs eux-mêmes. À la fin du Moyen Âge, il y a un engouement à vouloir imiter

les moines, le Christ. D’où le grand succès de ces manuscrits. » À cette époque, la question de croire ou de ne pas croire ne se pose pas. « Tous se définissent comme fidèles. Ce qui distingue les personnes est leur niveau de pratique religieuse. » Malgré cela, les historiens d’aujourd’hui savent que les livres d’heures étaient d’abord prisés pour leurs images. « On les regardait davantage comme des livres

d’images que comme des livres de prières, affirme-t-il. L’analyse des traces d’usure révèle que les pages illustrées sont plus salies que les celles de textes. Elles étaient donc plus souvent ouvertes. Si les fidèles récitaient une prière par jour, et pas tous les jours, je pense que c’était déjà pas mal. » Les livres d’heures contiennent presque toujours des images montrant, entre autres, la vie du Christ et les

évangélistes. « Au minimum 3 ou 4 images, et jusqu’à 100 pour les commanditaires les plus riches, précise Didier Méhu. On pouvait faire appel pour cela aux plus grands peintres. » Le livre d’heures typique contient des psaumes, cantiques et hymnes à la Vierge, un calendrier permettant de suivre la liturgie au long de l’année, des psaumes pénitentiels et les Évangiles, ainsi que des offices particuliers. « Plus de la moitié du livre d’heures manuscrit contient les heures de la Vierge, indique le professeur. Les psaumes pénitentiels invitent le fidèle à réfléchir sur ses péchés. Quant à l’office des morts, il s’agit d’un ensemble de prières que l’on va réciter pour ses proches décédés, pour faire en sorte que soit raccourci le temps qu’ils passent au purgatoire. » Objet du patrimoine familial, le livre d’heures est légué de génération en génération. « Il devient un lieu de représentation pour la famille, souligne Didier Méhu. On y inscrit la généalogie de la famille à la fin. Parfois, le commanditaire se fait représenter aux pieds du Christ ou de la Vierge. Le livre d’heures représente le statut familial. Il est plus important en ce sens que comme support de la prière quotidienne. »

Ce livre d’heures, réalisé en Flandre, fait partie de la collection des Jésuites de Montréal. On peut voir, en plus de la Crucifixion, deux blasons de la famille du commanditaire. photo Didier Méhu


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environnement

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ils ont dit... Sur les concessions à faire aux travailleurs en usine

Roch Laflamme, directeur du Département des relations industrielles Le Nouvelliste, 4 décembre

« Si les entreprises veulent continuer à brasser des affaires dans des pays qui ont de l’allure, qui sont stables et éduqués, elles devront aussi faire des concessions. » Selon Roch Laflamme, les patrons doivent mettre de l’eau dans leur vin et arrêter de faire pression sur les travailleurs en usine pour qu’ils réduisent leurs conditions de travail. Il estime de toute manière que les pénuries de main-d’œuvre forceront éventuellement les parties patronales à réduire l’ampleur de leurs demandes.

Sur la retraite numérique chez les personnes âgées

Benny RigauxBricmont, professeur au Département de marketing Le Devoir, 5 décembre

« Chez les personnes âgées, la douleur physique, la dépression, c’est surtout traité par des médicaments. Avec Second Life, nous disposons d’un autre traitement possible, d’un moyen d’évasion qui permet de s’éloigner de conditions de vie qui sont tristes, parfois débilitantes, et dans ce cas de figure, on ne devrait pas s’en passer. » Benny Rigaux-Bricmont dirige le projet de recherche Second Life et les aînés. Encore au stade embryonnaire, il devrait permettre de briser l’isolement des personnes âgées en les projetant dans un univers virtuel en trois dimensions.

Sur les mouvements de population entre Québec et Montréal

Simon Langlois, professeur au Département de sociologie Le Soleil, 5 décembre

« On a encore de Québec l’image de la bourgeoisie canadienne-française et d’une ville de fonctionnaires, alors qu’en réalité, c’est devenu une ville diversifiée avec une offre culturelle importante. C’est une région qui a considérablement changé, et ces mouvements de population ne font que refléter ce nouveau dynamisme. » Simon Langlois a commenté le dernier Bilan démographique du Québec publié par l’Institut de la statistique du Québec. Les données montrent que 3800 Montréalais ont emménagé à Québec en 2010-2011, alors que 3300 personnes ont quitté Québec pour Montréal au cours de cette période.

La pollution, le stress alimentaire et le dérangement par les bateaux pourraient expliquer le haut taux de mortalité des bélugas dans le Saint-Laurent cet été. photo GREMM

Mortalité record chez le béluga Les 25 carcasses de ce mammifère trouvées dans le Saint-Laurent cette année préoccupent les chercheurs par André-Philippe Drapeau Picard

L’année 2012 n’a pas été facile pour les bélugas du SaintLaurent. Les chercheurs ont recensé 25 cadavres, dont 17 jeunes. Un chiffre « énorme » selon Robert Michaud, fondateur et directeur du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM). De passage sur le campus le 5 décembre, le biologiste a fait le point sur ses recherches lors d’une conférence organisée par la Société Provancher. De 1988 à 2007, chez les jeunes bélugas, le nombre de corps repêchés a oscillé entre zéro et trois annuellement. L’année suivante, en raison d’une explosion d’algues rouges neurotoxiques, le décompte des victimes est passé à neuf. En 2010, 10 jeunes bélugas ont été récupérés, un chiffre qui a presque doublé cette année, sans qu’il y ait de traces d’algues rouges. La cause de cette mortalité demeure inconnue, bien que plusieurs pistes soient

explorées par les scientifiques. « Oui, les eaux du SaintLaurent ont été exceptionnellement chaudes cet été, mais il n’y a pas d’explication simpliste comme on en lit parfois dans les journaux », prévient Robert Michaud, qui étudie ce genre de cétacé depuis une trentaine d’années. Le biologiste mentionne la pollution, le stress alimentaire et le dérangement par les bateaux comme responsables potentiels. La mortalité périnatale apparaît particulièrement préoccupante. « Depuis 2010, le nombre de femelles mourant juste avant ou après la mise bas semble avoir beaucoup augmenté », s’inquiètet-il. Un nouveau polluant pourrait être en cause. Au cours des dernières décennies, les bélugas ont été aux prises avec les BPC et l’insecticide DDT. Les biopsies récentes montrent que la présence de ces derniers diminue dans la graisse des bélugas. On a toutefois noté

l’augmentation des polybromodiphényléthers (PBDE), qu’on utilise comme ignifuges dans les plastiques et les textiles. « Ces composés ont des effets sur la glande thyroïde; on pense qu’ils pourraient engendrer des complications lors des contractions, en plus de nuire au développement du fœtus », explique le biologiste. Les suivis effectués par le chercheur et ses collègues suggèrent qu’au cours des 20 dernières années, la population est demeurée stable aux environs de 1100 individus. « Pourtant, en absence de prédateur, leur nombre devrait augmenter », observe le biologiste. On estime qu’il y a 10 fois moins de bélugas maintenant qu’il y en avait au début du siècle, avant qu’ils soient décimés par la chasse. Titulaire d’un baccalauréat et d’une maîtrise en biologie de l’Université Laval, Robert Michaud a fondé le GREMM en 1985, deux ans après que le béluga du Saint-Laurent ait été désigné espèce en voie de disparition. Les recherches que le groupe a menées depuis, auxquelles ont participé plusieurs étudiants de l’Université Laval, ont levé le voile sur de nombreux aspects de la vie de ce cétacé.

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Depuis 2010, le nombre de femelles mourant juste avant ou après la mise bas semble avoir beaucoup augmenté


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société

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Robert Mager sur la soi-disant fin du monde selon les Mayas recherche d’une vérité enfouie, secrète, détenue par des peuples anciens. Q Cette idée de fin du monde vieille de 2000 ans semble très contemporaine dans notre coin du monde...

Si un extra-terrestre découvrait un calendrier terrien ces jours-ci, il verrait qu’aucune date ne figure après le 31 décembre. Aux yeux de Robert Mager, professeur à la Faculté de théologie et des sciences religieuses, cette situation ressemble beaucoup à celle du calendrier maya qui se termine le 21 décembre 2012. Voici comment une découverte archéologique a canalisé la crainte ancestrale de la fin du monde. Q Quels sont les éléments communs aux différents épisodes de fin du monde qui traversent l’histoire ?

R Elle génère beaucoup de scénarios de film de cataclysme et de fin du monde. C’est le produit d’un imaginaire inquiet, angoissé par l’évolution du monde présent. Cela correspond à une idée très occidentale : une conception du temps linéaire. Dans beaucoup d’autres civilisations, le temps est cyclique, conçu autour de la boucle, du recommencement. Dans le schème de réincarnation par cycle des hindouistes, par exemple, la vie de chacun se termine pour démarrer sous une autre forme. Il n’existe donc pas d’idée d’une fin, d’un précipice au bout du chemin, comme en Occident. Dans l’islam, une religion fondée plus tard que le christianisme, la conception de l’au-delà est déjà en place, mais il existe aussi une croyance dans le Jour dernier. Pour les églises chrétiennes, l’idée d’une fin des temps reste très présente. Le Christ revient pour rétablir la justice, même si l’au-delà fait aussi partie du discours de cette religion. On reste donc dans une conception du temps très linéaire, avec un avenir plein d’inconnu devant nous.

Q Qu’est-ce qui distingue cette fin du monde début 21e siècle des autres verR Il s’agit d’un mélange de plusieurs sions qui l’ont précédée ? choses. D’abord, une angoisse profonde par rapport à l’évolution du monde R La fin du monde est maintenant présent, mais aussi le désir de savoir désacralisée. Il s’est produit quelque ce qui va se passer, auquel s’ajoute un chose à partir de la guerre froide et de imaginaire de fin des temps très profon- la menace nucléaire qui a matérialisé dément ancré dans notre civilisation la possibilité de faire sauter la planète judéo-chrétienne. Cela s’amorce dans et détruire les conditions de vie des les derniers livres de l’Ancien Testament, humains. On est entré dans une phase ceux de Daniel et des Macchabées. À nouvelle. L’avenir n’est plus seulement cette époque, deux siècles avant Jésus- quelque chose dont on peut s’accomChrist environ, les Juifs subissent d’in- moder; il est devenu menaçant. À la tenses persécutions. Dans ce monde menace nucléaire a succédé la menace qui va mal, ils nourrissent l’espoir écologique. L’avenir de l’humanité qu’une intervention divine va renverser semble remis en question, particulièl’ordre du monde et rétablir la justice. rement au moment où l’idée d’un Dieu Pendant environ trois siècles, la littéra- bienveillant qui va prévenir ce type de ture apocalyptique foisonne et décrit de catastrophe perd du terrain en Occident. toutes sortes de façons ce que serait cette Les scénarios de fin du monde devienintervention divine. Cela prend parfois nent de plus en plus tragiques. Ils foncdes tournures dramatiques, dont le plus tionnent tout seuls, sans action divine de bel exemple est le livre de l’Apocalypse. restauration de la justice. Cela devient Le thème de la restauration de la justice une pure catastrophe, dépourvue d’élédomine dans la description de la fin du ments positifs. Je pense qu’il y a un lien monde qui ouvre sur un monde nou- avec la technologie et la figure de l’apveau. Cet imaginaire se développe au fil prenti sorcier. La sagesse et le bon sens de l’histoire pour être utilisé à de nom- sont-ils à la hauteur de nos possibilités breuses fins, notamment pour essayer de techniques ? Il y a déjà quelques décenprédire quand la dernière heure pourrait nies, la philosophe allemande Hannah se produire. Le passage de l’an 1000, Arendt s’inquiétait que la capacité d’agir au Moyen-âge, a constitué un moment de l’humanité se développe beaucoup fort. Plus tard, la littérature ésotérique plus rapidement que sa sagesse… comme celle de Nostradamus reprend ce thème, car elle est toujours à la Propos recueillis par Pascale Guéricolas

La vie : mode d’emploi Les rites encadrent nos interactions sociales et témoignent de notre appartenance commune à l’humanité par Renée Larochelle De la naissance jusqu’à la mort, notre vie est ponctuée par les rites. Spontanément, on pense aux grands passages de la vie comme le baptême, le mariage et les funérailles. Les rites marquent aussi l’entrée à l’école, les anniversaires, la remise du diplôme de fin d’études ou encore la retraite. Denis Jeffrey va encore plus loin : pour ce professeur à la Faculté des sciences de l’éducation, tous nos comportements sont ritualisés, à compter du moment où nous sautons du lit le matin jusqu’à celui où nous le retrouvons le soir. « Je vois les rites comme des systèmes de régulation des conduites humaines qui présentent un mode d’emploi pour interagir avec les autres », affirme Denis Jeffrey, qui a prononcé récemment une conférence sur le sujet au pavillon Félix-Antoine-Savard. Prenons par exemple ce rite « d’interaction sociale » qui consiste à saluer un collègue du bureau le matin. Après l’habituel bonjour, nous ne nous sentons pas obligés de reformuler notre salutation toutes les fois que nous rencontrons cette personne au cours de la journée. Un sourire ou un petit signe de tête suffira, l’important étant d’établir un contact visuel et de montrer à l’autre que nous l’avons en quelque sorte « reconnu ». Dans d’autres pays, comme en France, il est de mise que les gens se serrent la main en arrivant au bureau le matin. Un individu qui déroge à cette pratique risque d’être pointé du doigt ou, du moins, de créer un malaise au sein du groupe. « Les rites obligent les personnes à un agir corporel commun, dit Denis Jeffrey. Elles s’y conforment non pas pour être appréciées ou aimées mais plutôt pour qu’on leur rende la pareille, en somme, pour qu’on les respecte à leur tour. Le rite est ce qui fait de nous des êtres humains. »

Dans cette foulée, l’intimidation à l’école constitue un dérèglement des rites de base qui sont fondés sur le respect de l’autre. Bafoué dans son identité profonde, raillé à cause de son apparence ou même sans aucune raison, l’élève intimidé se voit ravalé au rang des exclus de cette microsociété que représente la cour d’école. La dimension symbolique du rite s’avère très importante. Par exemple, personne ne connaît vraiment le sens profond que revêtent le gâteau et les bougies lors d’une fête d’anniversaire. Par contre, tout le monde sait qu’il s’agit là d’éléments incontournables pour que la fête soit réussie. Sans compter tous ces rites d’accompagnement auprès de ceux qui comptent pour nous, de la parente malade à l’hôpital au petit enfant qui a besoin qu’on lui raconte une histoire avant d’aller dormir. Ils apaisent, ils consolent, ils donnent un sens à la vie. « Les rites représentent un art de vivre, souligne Denis Jeffrey. Cela s’enseigne et s’apprend. C’est une question d’éducation. » Dans les salles de classe, l’absence de rites peut amener des complications, avance le professeur qui approuve le vouvoiement entre étudiants et professeurs. « Comme dans la vie en général, le vouvoiement instaure une distance, et cette distance peut protéger de l’agressivité de certains », dit-il.

Personne ne connaît le sens profond que revêtent le gâteau et les bougies lors d’un anniversaire, mais il s’agit d’éléments incontournables


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01 9 janvier L’Université étend l’accès gratuit au réseau Internet sans fil du campus à tous les étudiants. 17 janvier Inauguration du stade TELUS-Université Laval. Le coût de construction de cet équipement sportif régional s’élève à 25 M$. photo Marc Robitaille

02 2 février La Faculté des sciences et de génie lance les célébrations de son 75e anniversaire de création. L’illusionniste Luc Langevin est président d’honneur. photo Marc Robitaille

13 février Plus de 500 étudiants amorcent un mouvement de grève générale illimitée pour s’opposer à l’augmentation des droits de scolarité. D’autres se joindront à eux dans les jours suivants, entraînant la perturbation de la session d’hiver dans de nombreux départements. Anarchopanda est la mascotte de la manif du 22 mai à Montréal. photo Justin Ling 15 février Le Vice-rectorat à la recherche et à la création annonce que les fonds de recherche ont atteint 276 M$ en 2010-2011. 21 février L’Université lance un programme visant à favoriser de saines habitudes de vie chez les membres de sa communauté.

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26 mars Inauguration du Laboratoire de physiologie intégrative en sciences animales, un complexe de recherche parmi les plus sophistiqués au pays dans le domaine de l’agroalimentaire. Ici, la professionnelle de recherche Julie Nieminen observe des ovocytes bovins au miscroscope. photo Marc Robitaille

12 avril Inauguration de l’agrandissement du pavillon Maurice-Pollack et des nouveaux locaux de la Coop Zone. Sont présents le vice-recteur exécutif Éric Bauce, les représentants de la Coop Clodel Paquin-Jean et Yves Kogovsek, ainsi que Christiane Piché, sousministre adjointe à l’enseignement supérieur. photo Marc Robitaille

29 mars Cinq candidats entrent officiellement dans la course au poste de recteur : François Blais, Denis Brière, Esther Déom, Robert W. Mantha et Marie-Hélène Parizeau.

17 avril Le Vice-rectorat à la recherche et à la création souligne le travail des 29 équipes de chercheurs qui ont déposé des brevets en 2011. 18 avril L’Université dépose des prévisions budgétaires de 579 M$ qui visent le maintien de l’équilibre entre les revenus et les dépenses.

30 avril La Fondation de l’Univers recueilli 24 M$ en dons d année, un sommet depui a 45 ans.

05 1er mai Denis Brière est réélu au photo Marc Robitaille

1er mai Le Département de kinés ciellement le jour au sein médecine. photo PEPS


2012 dans le rétroviseur

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sité Laval a dans la dernière s sa création il y

poste de recteur.

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9 au 17 juin Collation des grades : l’Université décerne 7958 diplômes aux finissants de l’année universitaire 2011-2012, dont 248 doctorats, 2673 diplômes de 2e cycle et 5037 diplômes de 1er cycle. Sept personnalités reçoivent des doctorats honorifiques lors de ces cérémonies. photo Marc Robitaille

09 25 septembre Le comité conjoint CA-CU sur la gouvernance conclut que la communauté universitaire souhaite le maintien du Conseil d’administration et du Conseil universitaire dans leur forme actuelle.

26 septembre La vice-rectrice à l’administration et aux finances dépose les états financiers de l’Université pour l’année 2011-2012. Les revenus de fonctionnement ont atteint 559,1 M$, ce qui a permis de dégager un surplus net de 200 000 $. 29 et 30 septembre L’École des langues vivantes profite des Journées de la culture pour lancer les célébrations entourant son 25e anniversaire de création et les 75 ans du programme de français langue étrangère. Ici, les étudiants de l’été 1943. photo archives

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23 novembre Le Rouge et Or remporte la Coupe Vanier devant 37 000 personnes à Toronto. Ce titre s’ajoute à la liste des honneurs remportés par les représentants de l’Université au cours de l’année 2012, soit un titre canadien en golf (H) et des titres québécois en athlétisme (H), badminton (H), cross-country (H), football, golf (H), natation (H), natation combinée et volleyball (H). photo Yan Doublet

11 décembre Le recteur Denis Brière invite les 250 000 diplômés de l’Université Laval à contester les compressions de 121 M$ que le gouvernement du Québec vient d’imposer aux universités. Au même moment, des chercheurs se mobilisent pour demander l’annulation des coupes de 17 % au budget des trois fonds de recherche du Québec.

29 et 30 novembre L’Université est l’hôte de la première des rencontres thématiques qui conduiront au Sommet sur l’enseignement supérieur en février 2013.

Compilation  : Jean Hamann


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science

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Un coup plus dur que prévu Les victimes de traumatismes crâniens font face à une complication singulière : la fatigue par Chloé Berger La fatigue complique le quotidien des victimes de traumatismes crâniens. À quoi attribuer ce contrecoup ? C’est la question à laquelle répond une étude réalisée par Simon Beaulieu-Bonneau et Charles M. Morin, de l’École de psychologie, qui ont interrogé 22 individus victimes d’un tel choc. Ces personnes avaient toutes subi un traumatisme crânien modéré ou sévère il y a plus d’un an. « La récupération cérébrale se faisant principalement au cours de la première année, nous voulions voir les conséquences à long terme de tels chocs », explique Simon Beaulieu-Bonneau. Les sujets ont rempli des tests visant à documenter leurs habitudes de sommeil ainsi que leur penchant à la fatigue et à la somnolence. « La fatigue est indépendante du sommeil, elle est physique ou mentale, alors que la somnolence est plutôt une propension à dormir », précise le chercheur.

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L’aide d’un psychologue est primordiale pour mieux gérer les activités

Les sujets ont ensuite passé une nuit au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec. Bardés d’électrodes, ils ont dormi sous l’œil attentif des chercheurs et de leurs machines. La science ne connaît donc aucun repos… Les résultats, publiés dans la revue Sleep Medicine, soulignent l’importance de la fatigue chez les victimes de traumatismes crâniens modérés ou sévères. Par contre, même s’ils rapportaient être davantage affectés par la somnolence dans leur quotidien, les participants n’étaient pas plus somnolents que des individus sans problèmes médicaux. La somnolence est surtout présente pendant les premiers mois suivant le choc. La fatigue, quant à elle, importune les victimes bien des années plus tard, et ce, même si leurs nuits sont longues et réparatrices. Le journal du sommeil rempli par les participants a révélé qu’ils passaient plus de temps au lit que ceux du groupe témoin. Leur journée était aussi rythmée par de longues siestes. Les victimes tentent donc de compenser la fatigue ressentie en modifiant leurs habitudes de sommeil, constatent les chercheurs. Les approches pharmacologiques pour traiter la fatigue sont peu concluantes chez ces patients déjà très médicamentés. « L’aide d’un psychologue est primordiale pour mieux gérer les activités, et la luminothérapie est également très prometteuse », affirme le chercheur BeaulieuBonneau. Reste que le degré de fatigue ressentie varie beaucoup entre les victimes, ce qui complique la mise en œuvre des traitements. « Un choc crânien modéré ou sévère est un événement ponctuel qui a des conséquences à vie », conclut le chercheur. Comme les causes de cette tendance à la fatigue demeurent encore incertaines, il est important que la victime et le personnel soignant collaborent pour envoyer ce problème au tapis.

La macrostructure du génome des conifères, comme cette épinette, a été d’une remarquable stabilité au fil des âges. photo Martine Lapointe

Le très traditionnel arbre de Noël Une étude révèle que le génome des conifères aurait peu changé depuis 100 millions d’années par Jean Hamann Traditionnel, l’arbre de Noël ? C’est le moins que l’on puisse dire. Selon une étude menée par des chercheurs du Centre d’étude de la forêt, le génome des conifères comme le sapin, l’épinette et le pin aurait peu changé depuis 100 millions d’années. Nathalie Pavy, Betty Pelgas, Jérôme Laroche, Philippe Rigault, Nathalie Isabel et Jean Bousquet ont sondé le génome des conifères (gymnospermes) et ils l’ont comparé à celui des plantes à fleurs (angiospermes). Ces deux groupes de plantes terrestres, qui avaient un ancêtre commun, ont divergé il y 300 millions d’années. Les chercheurs ont comparé la macrostructure du génome pour 157 familles de gènes présents à la fois chez les conifères et chez les plantes à

les gènes, précise le professeur Bousquet. Toutefois, la macrostructure du génome des conifères a été d’une remarquable stabilité au fil des âges. » Ce relatif immobilisme fleurs. « La position et l’ordre concorde avec ce que l’on de ces gènes nous permettent sait de l’évolution de leur de jalonner le génome, un peu comme les 18 drapeaux sur un terrain de golf, et d’en étudier la conformation », explique Jean Bousquet. Le fruit de cette étude, qui vient de paraître dans La parure la revue scientifique BMC actuelle des Biology, révèle que le génome des conifères semble figé conifères est dans le temps depuis au celle qu’ils moins 100 millions d’années alors que celui des plantes à arboraient fleurs a connu d’importants quand il y avait chambardements pendant la même période. En fait, le encore des génome des conifères compte dinosaures huit fois plus de mouvements survenus avant 300 millions sur Terre d’années qu’après cette date. « Ça ne signifie pas qu’il n’y a pas eu de changements à plus petite échelle, notamment des mutations dans

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morphologie. « Les fossiles de conifères qui datent de 100 millions d’années ont la même apparence que les conifères contemporains, souligne le chercheur. Leur parure actuelle est celle qu’ils arboraient quand il y avait encore des dinosaures sur Terre. » C e t t e g r a n d e st a b i l i t é concorde également avec le faible taux de spéciation des conifères. La planète abrite présentement 800 espèces de gymnospermes, dont 600 espèces de conifères. De leur côté, les plantes à fleurs comptent plus de 400 000 espèces. « Les conifères semblent avoir atteint très tôt un équilibre avec leur milieu, constate le chercheur. Aujourd’hui encore, sans artifice, ils connaissent du succès sur une grande partie de la planète. À l’opposé, les plantes à fleurs sont engagées dans une course aux armements pour la survie et la reproduction qui fait peser sur elles de fortes pressions évolutives. »


arts

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en bref

Le chef d’orchestre René Joly.

L’harmonie dans le vent

Les miroirs noirs

Sous la direction de René Joly, l’Orchestre à vent de la Faculté de musique invite les mélomanes à son concert de fin de session. Au programme de la soirée : Ouverture Ruslan et Lyudmila de Mikhail Ivanovich Glinka, Cape Horn d’Otto Schwarz, Symphonie no 3 de James Barnes, Sinfonia Hungarica de Jan Van der Roost, Danzon no 2 d’Arturo Márquez et Star Wars Trilogy de John Williams.

L’exposition « La surface des jours » à la Galerie des arts visuels. photo Renée Méthot

L’exposition « La surface des jours » invite le visiteur à une mystérieuse traversée des apparences par Renée Larochelle Disons-le tout de suite : l’exposition que présente Michèle Lorrain à la Galerie des arts visuels est déroutante à bien des égards. En l’absence de toute indication sur les œuvres présentées, le visiteur marche un peu sans but, ne sachant trop où diriger ses pas. Trois grandes forment circulaires réfléchissantes, arborant des nuances de noir, là-bas, attirent pourtant son attention. Il s’en approche, et son image s’y reflète. On dirait une vitrine. Plus loin, une série d’autres cercles sombres comme autant de points noirs sur le blanc éclatant du mur l’interpellent. S’agit-il d’un cycle lunaire, de points de suspension ? Peu à peu, le mystère s’installe dans cet espace silencieux où les murs n’ont pas d’oreilles, mais des yeux. Un regard qui fait qu’on ne peut échapper à soi. Le titre de l’exposition déjà ? Ah oui ! La surface des jours. C’est pourtant vrai. Ici, tout est en surface. En même temps, on sent la profondeur de l’artiste qui, sans rien dévoiler, nous murmure des secrets. Pour démêler l’écheveau, un coup de téléphone à l’artiste s’impose. « Ce que je cherche à faire avec ces grands cercles, c’est de tirer la rue dans

l’espace de la galerie, explique Michèle Lorrain. Je fais référence à la multitude d’objets réfléchissants présents dans une ville, plus précisément aux grandes vitrines qui séparent à peine les espaces relativement privés des bureaux et l’espace public de la rue. Le nuancier, avec ses couleurs de noir, gris anthracite et gris souris, me permet aussi de jouer avec la lumière et de suggérer une forme de déambulation. J’aime ce décalage qui souligne la distance qui s’opère de l’objet réel à son image furtive. »

Bachelière en arts plastiques de l’Université Laval, Michèle Lorrain détient également une maîtrise en arts visuels de l’Université du Québec à Montréal. Elle s’intéresse particulièrement à la construction de l’identité et aux facteurs qui contribuent à son émergence. Ces cercles noirs qu’on trouve à la Galerie des arts visuels sont en fait de petites surfaces peintes intégrées aux cadres d’horloges récupérées. Michèle Lorrain les appelle les « miroirs noirs », cet instrument optique dont les peintres se servaient jusqu’au 20e siècle pour « objectiver » la composition d’un tableau. « À l’origine, le miroir noir était composé d’une plaque de verre sous laquelle on glissait une feuille noire, souligne

L’artiste Michèle Lorrain dans son atelier. collection personnelle

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Je fais référence à la multitude d’objets réfléchissants présents dans une ville

l’artiste. Les peintres de la Renaissance s’en servaient pour atténuer les nuances et les effets de profondeur d’un paysage. L’image réfléchie faisait ressortir davantage les lignes et les tracés et facilitait le travail de composition. » Michèle Lorrain dit apprécier le miroir noir pour son contenu symbolique. « En observant autour de nous, on constate à quel point nous circulons parmi de multiples miroirs noirs, à travers les objets d’utilisation courante qui semblent prolonger notre perspective immédiate ainsi que notre perception du visible », avance-t-elle. Jusqu’au samedi 22 décembre à la Galerie des arts visuels (local 054) de l’édifice La Fabrique. Heures d’ouverture : de 12 h à 17 h, du mercredi au dimanche.

Vendredi 14 décembre, à 20 h, à la salle Henri-Gagnon du pavillon Louis-JacquesCasault. Les billets sont en vente au local 3312 du pavillon Casault et à la porte le soir du concert. Coût d’entrée : 10 $ / 5 $ (étudiant).

Le retour de Starmania La complainte de la serveuse automate, Quand on arrive en ville, Le blues du businessman, Les uns contre les autres, Le monde est stone, Ce soir on danse… Autant de chansons devenues des classiques. Créé en 1978 par Luc Plamondon et Michel Berger, l’opéra rock franco-québécois Starmania a fait depuis l’objet de multiples adaptations au Québec et en Europe. Dans un univers hanté par le terrorisme et le totalitarisme, des êtres en mal de vivre tentent de trouver un sens à leur existence. C’est ce que vous propose de découvrir ou de redécouvrir la troupe de théâtre Les Petites terreurs. On promet des chanteurs et chanteuses solides et des chorégraphies bien ficelées. Mise en scène de Philippe Girard. Jeudi, vendredi, lundi, les 13, 14 et 17 décembre à 20 h. Samedi 15 décembre et dimanche 16 décembre à 14 h. Au Complexe Méduse, 15 $ (étudiant) et 20 $ (général). Réservations : www.lespetitesterreurs.org

Musique de Noël créative Le groupe de musique contemporaine Erreur de type 27 invite le public à sortir des sentiers battus de la musique traditionnelle du temps des Fêtes. Dans une ambiance cabaret, le pianiste Matthieu Fortin interprétera deux classiques du 20e siècle que sontVingt regards sur l’Enfant-Jésus d’Olivier Messiaen et Little Suite for Christmas de George Crumb. S’ajouteront au programme des œuvres contemporaines pour piano solo, ainsi qu’une création des étudiants de la classe de composition du Conservatoire de musique de Québec. Samedi 22 décembre, à 20 h, au Musée national des beaux-arts du Québec. Coût : 15 $, 12 $ (étudiant) et gratuit pour les moins de 12 ans. www.mnba.qc.ca


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théologie

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Avis officiel VŒUX DU NOUVEL AN ET INVITATION DU RECTEUR J’ai le plaisir d’inviter les membres du personnel au traditionnel échange de vœux du Nouvel An, le jeudi 10 janvier 2013, de 8 h 30 à 10 h 30, au Grand Salon du pavillon Maurice-Pollack. Mes collègues de la direction et moi-même serons très heureux de vous accueillir à cette rencontre où café, croissants et brioches seront servis. Je souhaite à chacun et chacune d’entre vous de très joyeuses Fêtes. Profitez bien de ce moment de ressourcement et de réjouissances. Au plaisir de vous revoir en 2013. Le recteur,

Denis Brière

Le Christ dans la maison de Marthe et Marie peint par Johannes Vermeer vers 1655.

L’évangéliste de la joie Saint Luc relate la Passion de manière réconfortante tout en dépeignant un Jésus très conscient des enjeux par Yvon Larose « Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem. » C’est par ces mots que l’Évangile de l’apôtre saint Luc raconte le commencement de la dernière étape de vie de Jésus de Nazareth. Ce prédicateur juif itinérant a vécu dans l’Antiquité dans l’espace qui comprend aujourd’hui Israël et la Palestine. Il était considéré par plusieurs comme le Messie envoyé par Dieu aux humains pour les sauver. Jusque-là, il n’avait prêché que loin de la capitale. Il sera arrêté, condamné puis crucifié pendant la fête de la Pâque juive. « Luc raconte le récit de la Passion de Jésus de manière réconfortante, sereine et lumineuse, explique le professeur Alain Faucher, spécialiste d’exégèse biblique à la Faculté de théologie et de sciences religieuses. On ne se lasse pas de ce récit. C’est une des grandes originalités de Luc. Il nous montre un Jésus

très conscient des enjeux, qui fait face à son destin et qui reste lui-même jusqu’à la fin. » Le mardi 27 novembre, Alain Faucher a donné une conférence sur l’Évangile selon saint Luc à l’église SaintAmbroise de Loretteville. Son auditoire était composé d’une soixantaine de personnes actives en pastorale paroissiale de la région de Québec. Selon lui, le récit de Luc « s’avère toujours aussi invitant et nourrissant pour la foi ». Luc présente comme un épisode joyeux le moment où Jésus approche de Jérusalem. « On l’acclame comme un roi venant au nom de Dieu, ditil. Sur son passage, on crie “Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux!”. Un peu comme un écho du chant des anges entendu par les bergers lors de la naissance de Jésus. » L’Évangile de Luc évoque la joie qui habitait les apôtres. Ce sentiment venait des nombreux miracles accomplis par Jésus et qu’ils avaient vus. « Ils

courrier

incarnaient la joie de croire, affirme Alain Faucher. Être joyeux était l’un des signes distinctifs des disciples. Ils étaient très “hop la vie”. » Les évangélistes Marc et Matthieu mentionnent peu de choses au sujet des marcheurs qui accompagnent Jésus lors de son entrée à Jérusalem. Luc, lui, relate l’échange entre ce dernier et des Juifs très engagés sur le plan religieux. « Des pharisiens voulaient que Jésus fasse cesser l’exubérance de ses disciples, raconte Alain Faucher. Il leur a répondu: “ S’ils se taisent, les pierres crieront ”. Les apôtres, dans l’esprit de Luc, c’est du solide. » La vie de disciple alterne entre contemplation et action. Entre se nourrir de la parole de Jésus et agir. « Les deux comportements sont

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Saint Luc dit aux fidèles : le salut est proche

importants, soutient le professeur. On voit cependant, sur le plan symbolique, ce qui importait le plus à Jésus lorsque, en route vers Jérusalem, il s’arrête chez deux sœurs, Marthe et Marie. La première continue ses occupations, l’autre s’assoit aux pieds du prédicateur pour écouter sa parole. Jésus dit alors que Marie fait la chose la plus importante. » L’Évangile de Luc contient 1  151 ve r s e t s . D a n s s e s écrits, celui-ci relie le thème de la joie à celui du salut. « On trouve une annonce constante du salut dans les textes de Luc, souligne Alain Faucher. Fondamentalement, il dit aux fidèles : le salut est proche, que cela vous apporte la joie. » La miséricorde, c’est-à-dire la pitié qui conduit au pardon, est un autre thème central chez cet évangéliste. Selon le professeur, elle se manifeste de manière « inoubliable » dans la conversation entre Jésus cloué à la croix et le malfaiteur repenti également crucifié près de lui. « Affaibli, immobilisé, impuissant en apparence, dit-il, Jésus exerce sa miséricorde jusqu’à son dernier souffle en faisant entrer dans la maison de Dieu une personne de bonne volonté qui a confiance en lui. »

Soulager, c’est respecter chaque mourant Je fais suite à votre article du 6 décembre dernier, « Soulager n’est pas tuer », sur la conférence de l’oncologue belge Catherine Dopchie. Le plus grand des soulagements en fin de vie, c’est de se sentir respecté jusqu’à sa fin, dans ses valeurs, dans ses croyances, dans son librechoix. Trois autres médecins belges sont venus en témoigner à l’Université Laval dans les deux dernières années. Que des mourants veuillent agoniser longtemps, avec plus de douleurs, de souffrances et de pertes, soit. Que d’autres veuillent une agonie pas trop longue et garder le plus possible leur identité, leur intégrité et leur confidentialité, soit. Que d’autres encore demandent de façon éclairée et libre une aide médicale active pour terminer leur agonie dénuée de sens et dégradante à leurs yeux, se sentant au bout de leur corps et de leur âme, soit. La dignité dans le mourir passe par le respect des personnes jusqu’à la fin. Chez les soignants, les bénévoles et les proches, elle s’exprime par la primauté de la personne finissant sa vie, à travers une relation de service inconditionnel et non de domination. La meilleure façon de mourir sera donc celle qui me respectera dans ma liberté ultime! Accompagné par les personnes que j’aurai choisies. « Mourir moins, mourir mieux » me semble être le nouveau paradigme. Yvon Bureau, travailleur social et consultant pour le Collectif mourir digne et libre


musique

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grandes techniques d’enseignement qui existent puis élaborer une façon de faire plus complète et rapide. Les choristes amateurs ne font pas partie d’une chorale pour avoir des cours de chant. Ils sont là pour partager leur plaisir de chanter en groupe. » Le défi du directeur de chœur est imposant. Il doit régler des problèmes d’ordre technique (gestion de la respiration, pose de la voix, égalité du timbre, musicalité…) sans que les choristes ne s’en rendent vraiment compte. « Par mes recherches, je veux cibler des exercices qui permettront aux chefs de chœur de

Guillaume Boulay en train de pratiquer la direction de chœur auprès d’élèves de la Faculté de musique. photo Marc Robitaille

Du chœur à l’ouvrage Le ténor Guillaume Boulay entame des études en pédagogie musicale dans le but de développer une expertise inusitée : l’enseignement de la direction de chœur par Julie Picard Rares sont ceux qui dirigent une chorale à l’âge de 17 ans. Guillaume Boulay l’a fait. « J’ai commencé à chanter dans la chorale d’enfants de la paroisse Sainte-Ursule, à Sainte-Foy, à l’âge de 4 ans. Treize ans plus tard, alors que j’étais toujours choriste, on m’a offert de remplacer la directrice », raconte-t-il. C’est ainsi que commence sa carrière de chef de chœur. Après deux ans passés à la tête de cet ensemble, il dirige la Chorale Famille de

la même paroisse jusqu’en juin dernier. La musique a toujours tenu une place importante dans la vie de Guillaume Boulay. À 4 ans, il commençait à jouer du violon. Au secondaire, il prenait des cours privés en chant. Pas étonnant qu’il ait décroché un DEC en chant au Cégep de Sainte-Foy. Ensuite, direction conservatoire pour un autre diplôme dans cette discipline. Il a entre autres suivi des cours de composition et d’écriture

musicales ainsi que de direction d’orchestre. Diriger une chorale d’amateurs la fin de semaine lui était d’une grande utilité. « J’avais mon instrument à portée de la main ! Ça me permettait de valider et de mettre en pratique tout de suite ce que j’apprenais dans mes cours. En plus, j’obtenais une rétroaction réelle et presque instantanée », explique-t-il. Après son passage au Conservatoire de Québec, il est entré à l’Université Laval, en 2010, pour réaliser un baccalauréat en interprétation du chant. En plus d’accepter des contrats en tant que chanteur soliste et choriste professionnel, il est devenu auxiliaire d’enseignement dans le cours de Josée Vaillancourt, la professeure

de chant choral à la Faculté de musique. C’est alors que l’idée de poursuivre à la maîtrise a commencé à germer dans la tête du ténor. « J’ai toujours été un peu showman dans ma vie, reconnaît-il. Ce que j’aime, c’est être sur scène. Mais le rythme de vie d’un chanteur d’opéra n’est pas facile. Tu es toujours parti. En étant directeur de chœur, j’ai quand même le plaisir d’être devant un public. C’est juste que je porte moins de costume et de maquillage ! » Pendant sa maîtrise en pédagogie musicale avec mémoire, qu’il commencera en 2013, Guillaume Boulay se penchera sur l’enseignement de la technique vocale pour des chorales. Une réalité qu’il connaît bien. « Je veux faire l’inventaire des différentes

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Je veux cibler des exercices qui permettront aux chefs de chœur de travailler plusieurs problèmes vocaux en même temps

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travailler plusieurs problèmes vocaux en même temps, de synthétiser la théorie le plus clairement et le plus vite possible », poursuit-il. Le but de Guillaume Boulay est d’enseigner la direction de chœur au cégep ou à l’université dans quelques années. Cette idée est très récente. Du moins, de ce côté-ci de l’Atlantique. « En Angleterre, la tradition chorale est très avancée par rapport à ce qui se fait ici. Pour l’instant, au Québec, seule l’Université de Sherbrooke offre une maîtrise en direction chorale. » Même s’il se sent appelé par la direction de chœur, le musicien ne délaissera pas les cours de chant pour autant. « Je ne peux pas arrêter d’utiliser mon instrument et faire travailler celui des autres! Je me dois de maîtriser ma voix pour que les choristes que je dirige maîtrisent la leur », formule-t-il. En attendant d’être devant SA classe, Guillaume Boulay continue de s’impliquer en tant qu’auxiliaire d’enseignement à la Faculté de musique en plus d’occuper les fonctions de directeur musical à la paroisse Notre-Dame de Québec dans le VieuxQuébec. On lui a récemment annoncé qu’une nouvelle chorale permanente serait formée dans cette paroisse en janvier. Il ne pouvait pas rêver d’un plus beau cadeau de Noël !

www Guillaume Boulay chante-til dans la douche ? S’il avait la possibilité de se produire avec le chanteur ou la chanteuse de ses rêves, qui choisirait-il ? Quelles villes du monde l’ont le plus envoûté? Pour connaître les réponses, il faut visiter le blogue de l’auteure ! www.juliesurlecampus. ulaval.ca/le-chant-a-cœur

Fêtez. Partagez. Joyeux Noël! suivez-nous lefil.ulaval.ca


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le temps qui passe

1973

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2012

Le site du barrage Daniel-Johnson cinq ans après la construction, puis l’été dernier, couverte d’une forêt mature de peupliers

Manic 5 : de la rocaille à la forêt En 1973, Hydro-Québec faisait appel au professeur J. André Fortin, du Département des sciences du bois et de la forêt, pour trouver une façon efficace et peu coûteuse de restaurer le territoire situé au pied du barrage Daniel-Johnson. Cinq ans après l’inauguration de l’ouvrage, les alentours avaient encore des allures lunaires. Le site à reverdir n’avait rien d’un terreau fertile : il était exclusivement constitué de roches provenant des détritus du concasseur utilisé pour la fabrication du béton. Plus tôt la même année, lors d’une visite du site de Bersimis sur la Côte-Nord, le professeur Fortin avait observé la présence

de l’aulne crispé dans les sites qui avaient été perturbés lors des travaux de construction effectués dans les années 1950. Cette observation l’avait conduit à recommander la plantation de cet arbuste qui, en raison de ses nodules fixateurs d’azote, est une espèce pionnière dans la succession végétale. Hydro-Québec avait alors produit et planté plusieurs milliers d’aulnes sur le site de Manic 5. Les jeunes plants avaient été placés entre les pierres, sans ajout de fertilisant. Lors d’une visite effectuée l’été dernier, le professeur Fortin a pu apprécier le résultat de ses recommandations. Une forêt mature de peupliers, âgée de 25 à 30 ans, a succédé aux aulnes

dont on observe encore les vestiges sous le couvert forestier. Des bouleaux à papier et de jeunes épinettes et sapins ont également pris racine sur le site. « La leçon à tirer de cette expérience écologique grandeur nature, c’est que toute cette végétation s’est développée sans aucun apport de fertilisant, commente J. André Fortin. Les champignons ectomycorhiziens, omniprésents sur les arbres et arbustes de la forêt boréale, produisent des acides organiques ayant la capacité de dissoudre les pierres pour en extraire l’ensemble des minéraux essentiels à la croissance des arbres.»

Le trou noir de l’histoire À trop entendre parler de la Grande Noirceur, les Québécois finiront par croire que leur épopée se résume aux ombres du passé par Renée Larochelle « Malheureusement, trop de Québécois semblent croire que leur passé se résume à une désespérante Grande Noirceur, sans grand intérêt pour le présent et pour l’avenir. Grave erreur … » C’est cette phase apparaissant dans l’introduction de L’histoire du Québec pour les nuls, paru récemment aux éditions First, qui a incité Raphaël Gani à réagir en prenant la plume. Dans une lettre d’opinion envoyée au journal La Presse et publiée dans la version électronique du 23 novembre, l’étudiant à la maîtrise en histoire reproche à l’auteur du livre, Éric Bédard, de poser un diagnostic sévère sur les Québécois et leur histoire, sans avoir de preuves à l’appui.

formes, écrit Raphaël Gani. du Québec ? […] Aucune Or, de quels Québécois parle- étude empirique ne cont-on ? Quels sont les preuves firme l’intuition voulant que et le barème pour déter- la majorité des Québécois se miner que trop de Québécois désintéressent de leur histoire. ont une mémoire collective Or, à tant parler d’une Grande atteinte du syndrome de la Noirceur mémorielle, il n’est pas Grande Noirceur et qu’ils ne impossible que les Québécois Rappelons l’angle de cet s’intéressent pas à l’histoire finissent par le croire. » ouvrage présenté comme une « synthèse des faits marquants du Québec » : non seulement les Québécois ne s’intéresseraient pas à leur histoire, mais ils auraient aussi intériorisé l’idée qu’avant les années 1960, période de la Révolution tranquille, le passé ne serait qu’un grand trou noir parsemé de dates et d’événements honteux ou inintéressants. En somme, la mémoire collective des Québécois serait entachée de cette Grande Noirceur qui les suivrait comme une ombre maudite. « À l’instar d’autres historiens depuis quelques années, Éric Bédard répète ce diagnostic sous différentes Désintéressées par l’histoire, ces participantes à la Saint-Jean ?

Raphaël Gani estime que l’histoire du Québec devrait être enseignée à partir de ce que les jeunes en savent, donc de leur mémoire. « Le professeur pourrait demander aux élèves de parler des dates marquantes pour eux et construire son cours autour de ces connaissances, dit-il. Il devrait aussi raconter et expliquer l’histoire le plus rigoureusement possible. » Lors d’une entrevue téléphonique accordée au Fil, Raphaël Gani a souligné qu’il aimerait voir se dessiner un portrait plus juste de la mémoire collective des Québécois. Comment ? En les sondant simplement sur ce qui est significatif pour eux, croit-il. Lui-même effectue présentement une recherche sur la mémoire collective des Français, des Américains, des Britanniques et des Canadiens, à travers une vaste enquête regroupant plus de 5 000 participants. Mais cela est une autre histoire.

«

Aucune étude ne confirme que les Québécois se désintéressent de leur histoire


sports

le fil | le 13 décembre 2012

Pas de repos pour le Rouge et Or Plusieurs équipes seront à pied d’œuvre durant la pause des Fêtes par Stéphane Jobin Bien que les compétitions universitaires officielles soient interrompues durant les vacances des Fêtes, plusieurs clubs Rouge et Or seront tout de même en action d’ici au retour en classe en janvier. Rencontres hors concours, compétitions non universitaires et camps d’entraînement sont au programme pour plus d’une demi-douzaine d’équipes, à commencer par les deux équipes de basketball qui disputeront chacune un tournoi hors concours. Les filles prendront la direction de la métropole québécoise du 28 au 30 décembre lors d’une compétition organisée par les Citadins de l’UQAM. Les protégées de Linda Marquis affronteront respectivement Ryerson, Ottawa et le Dynamo du Québec, un club formé d’anciennes joueuses universitaires. Du côté masculin, la troupe de Jacques Paiement fils prendra la direction d’Halifax du 29 au 31 décembre afin de prendre part au Rod Shoveller Memorial Tournament, un tournoi regroupant huit formations. Les joueurs du Rouge et Or se frotteront d’entrée de jeu aux Axemen d’Acadia. Le reste de leur parcours dépendra des résultats des rencontres de premier tour. Les Axemen sont présentement classés au deuxième rang du top 10 canadien. L’équipe masculine de volleyball prendra la direction de St. Pete en Floride afin de participer à la Alden Cup du 2 au 5 janvier. Il s’agira d’une occasion unique pour la formation de Pascal Clément de se mesurer à quelques-unes des meilleures équipes au pays. L’Université Laval affrontera dans l’ordre les Dinos de Calgary, les Marauders de McMaster, classés deuxièmes au Canada, les Bisons du Manitoba, cinquièmes au pays selon le dernier classement de Sport interuniversitaire canadien, et les Gryphons de Guelph.

La formation féminine ne sera pas en reste. Le groupe d’Alain Pelletier se déplacera d’abord à Montréal le 30 décembre pour y affronter l’équipe classée au deuxième rang canadien, les Spartans de Trinity Western. Puis, le 5 janvier, c’est à Sherbrooke que le Rouge et Or a rendez-vous afin de disputer la victoire à une autre puissance de l’Ouest, les Bisons du Manitoba. Plusieurs clubs profiteront du congé des Fêtes pour participer à des compétitions non universitaires. C’est notamment le cas de l’équipe de ski de fond, qui lancera sa saison les 14 et 15 décembre à Craftbury, au Vermont, avec une compétition homologuée par la Fédération internationale de ski. Les skieurs seront de retour sur leurs planches du 3 au 5 janvier, cette fois-ci à Thunder Bay en Ontario, dans le cadre des essais mondiaux U23, une autre épreuve de la Fédération. Quant à l’équipe de ski alpin du Rouge et Or, elle entamera elle aussi sa saison 2013 dans les prochaines semaines. La formation de l’entraîneur-chef Vincent Lavoie participera à deux épreuves de slalom du circuit provincial de la Super Série Sports Experts, homologuées par la Fédération internationale de ski, les 14 et 15 décembre à Val Saint-Côme. Deux autres slaloms et deux slaloms géants de la même série sont au programme du 20 au 23 décembre au mont Tremblant, au mont Blanc et au mont Gabriel, dans les Laurentides. Ces courses devraient être très relevées, puisqu’elles concerneront certains membres des équipes nationales du Canada et des États-Unis, les équipes provinciales du Québec et de l’Ontario, de même que la plupart des clubs universitaires de division 1 et de division 2 du nord-est américain de la National Collegiate Athletic Association.

L’équipe de badminton du Rouge et Or enverra une dizaine de représentants à Toronto du 4 au 6 janvier afin de participer à la quatrième et dernière étape du circuit senior canadien Yonex. Les étudiants-athlètes ont déjà pris part à la deuxième tranche de cette compétition à Montréal, plus tôt cette saison. La jeune sensation du programme de badminton Rouge et Or, Stéphanie Pakenham, a également concouru lors de la troisième tranche, en Saskatchewan. Finalement, deux clubs seront en camp d’entraînement durant le temps des Fêtes. Une vingtaine de nageurs de l’équipe de natation s’envoleront vers San Luis Potosí au Mexique, afin de peaufiner leur technique avant la dernière ligne droite de la saison. Ils y seront du 30 décembre au 11 janvier. Ce n’est pas un hasard si l’entraîneurchef Nicholas Perron a choisi San Luis Potosí, puisque cette ville du centre du Mexique est située à 1 860 mètres d’altitude, permettant un entraînement rigoureux. Enfin, l’équipe d’athlétisme se rendra à Ottawa du 3 au 8 janvier pour y préparer la saison 2013. Elle profitera d’une piste intérieure de 400 mètres, la seule du genre au pays.

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Les joueuses de volleyball affronteront l’équipe classée au deuxième rang canadien, les Spartans de Trinity Western

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en bref

Les à-côtés du PEPS Connaissez-vous bien les services de santé qui peuvent vous aider à retrouver ou conserver la forme? Clinique de médecine du sport et physiothérapie, clinique de nutrition, clinique de kinésiologie, massothérapie et acupuncture ainsi que laboratoire orthopédique se trouvent à deux pas de votre lieu de travail ou d’étude. Vous pouvez y consulter des professionnels à prix compétitif. À ces sept services s’ajoute la consultation en activité physique. D’une durée de 90 minutes, cette rencontre est destinée à ceux qui souhaitent faire de l’exercice à la maison selon un programme déterminé au préalable avec l’entraîneur. Elle est offerte gratuitement aux abonnés de la salle d’entraînement. www.peps.ulaval.ca – onglet Services santé

Forfaits pour le Championnat de volleyball Le stade couvert du PEPS sera le théâtre d’un événement sportif d’envergure au début de mars alors que s’y tiendra le Championnat de volleyball masculin de Sport interuniversitaire canadien. Présentée par Rogers, cette compétition regroupera les huit meilleures formations de volleyball au pays, dont le Rouge et Or, qui a terminé au deuxième rang national en 2012. Les forfaits permettant d’assister aux 11 rencontres sont disponibles en prévente jusqu’au 10 février au coût de 25 $ pour les étudiants et 40 $ pour les adultes. Du 1er au 3 mars. Billetterie du Rouge et Or : 418 656-7377.

Location de patinoires au PEPS Le mois de décembre est propice aux festivités et aux activités de groupe. Au PEPS, tous les plateaux sportifs sont accessibles aux étudiants et employés de l’Université de même qu’aux membres de la collectivité régionale. Les patinoires sont parmi les plus populaires. Chaque année, des groupes d’amis ou des familles se réunissent pour pratiquer leur sport favori. Informez-vous pour connaître les tarifs et horaires, de jour et de soir, en semaine comme la fin de semaine. Tél. : 418 656-PEPS L’équipe féminine de volleyball du Rouge et Or. photo Yan Doublet


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au fil de la semaine

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Noël au Trait-Carré Au cœur de Charlesbourg se cache le Trait-Carré, un bijou de quartier historique en forme d’étoile avec son église Saint-Charles-Borromée, son Moulin des Jésuites et ses coquettes maisons. Comme chaque année, tous sont invités à venir y célébrer un Noël traditionnel grâce à une joyeuse ribambelle d’activités. En entrée, notons les tours de tramway à cheval, un parcours théâtral intitulé Souvenirs d’antan sur chemins vivants et un atelier de danse et de chants traditionnels. Et puis, comme plat de résistance, il y aura la prestation du Chœur de l’Université Laval samedi à 14 h 15, au parc de la Commune, ainsi que la Marche aux flambeaux à 19 h, à l’Auberge de toutes les joies. Dimanche, le Trio Musette donnera un concert de Noël au Moulin des Jésuites à 14 h. Samedi et dimanche 15 et 16 décembre de 12 h à 19 h, au Trait-Carré de Charlesbourg. La plupart des activités sont gratuites. Pour consulter l’horaire  : www.noelautraitcarre.org.

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Contes à passer le Tous à l’impro temps « Sacatabi, sac-à-tabac, à la porte les ceuses qu’écouteront pas ! » Ainsi commençait chacun des contes du célèbre Jos Violon de l’écrivain Louis Fréchette. Si jamais le cœur vous dit d’entendre des contes urbains joués par des comédiens de la capitale, sachez que commence ce soir la deuxième édition des Contes à passer le temps. La formule est la suivante : cinq contes se déroulant dans cinq quartiers de Québec sont mis en bouche par cinq talentueux auteurs de chez nous et joués par cinq comédiens. En prime, le conte folklorique Rose Latulippe interprété notamment par Lise Castonguay et Jacques Leblanc. Cette activité est organisée par le Musée de la civilisation en collaboration avec le Centre du patrimoine vivant. Du jeudi 13 au samedi 15 décembre à 20 h, à la Maison Chevalier (50, rue du Marché-Champlain). Coût : 20 $. Tél: 418 643-2158.

Une autre soirée pas piquée des vers attend les mordus de la Ligue universitaire d’improvisation vendredi. Il ne faudra pas manquer l’affrontement entre l’équipe des Cœurs et des Carreaux. L’ambiance sera survoltée, on s’en doute, et les envolées, surréalistes. À vous de voter pour les performances les plus saisissantes. Vendredi 14 décembre à 20 h, au Grand Salon du pavillon AlphonseDesjardins. Coût : 5 $ (étudiant) et 6 $ (grand public).

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Les Vêpres de l’Avent

L’appel des bergers La guerre de 1812, Contes Érable un conflit inutile ? Orchestra

La musique sacrée fait du bien à l’âme et permet de se recueillir en ces temps agités. Pour une plongée tout en intériorité, rendez-vous à l’église Saint-Dominique dimanche pour y entendre l’Ensemble vespéral de Québec chanter des musiques d’André Gouzes, de Palestrina, de Josquin de Prés, de Franz Biebl et de Rimsky-Korsakov. Cet ensemble est formé d’une douzaine de professionnels et vise à promouvoir la connaissance de la musique sacrée et à enrichir la pratique liturgique par l’interprétation d’un répertoire de qualité. Il explore principalement le chant a cappella et en français. Les dimanches 16 et 23 décembre à 16 h, à l’église Saint-Dominique (171, Grande-Allée Ouest). Entrée gratuite, mais contribution volontaire recommandée.

Voici une comédie musicale qui plaira aux petits et grands. Des bergers raconteront leur long périple tout en s’accompagnant de leur musette, chalumeau, pipeau et tambour. Une histoire de Noël qui nous emportera certainement ailleurs. Avec Jòc, Élise Guay, Mélanie Demers et Liette Remon. Dimanche 16 décembre à 13 h 30 et à 15 h, à l’auditorium du Musée national des beaux-arts du Québec. Coût : 8 $ (grand public), 6 $ (étudiant) et gratuit pour les 12 ans et moins.

18/12

Pour tout savoir sur cette guerre britanno-américaine qui fait l’objet d’un regain d’intérêt étant donné son bicentenaire et sa promotion par le gouvernement canadien, il faut assister mardi prochain à la conférence que donnera l’historien Jacques Lacoursière. En 1812, les Américains déclarent la guerre à la Grande-Bretagne en envahissant les territoires canadiens. Ceux-ci relèvent de l’Empire britannique, mais n’en ont pas moins d’importantes relations culturelles et commerciales avec les États-Unis. Le conflit, qui se termine deux ans plus tard, se déroule surtout dans le Haut-Canada, même si plusieurs soldats sont enrôlés à Lacolle et à Châteauguay. Cette activité est présentée par la Société d’histoire de Sainte-Foy. Mardi 18 décembre à 19 h 30, à la sacristie du parc de la Visitation (801, rue de l’Église). Coût : 5 $

Consultez le calendrier complet des activités sur le campus à ulaval.ca

20/12

Vous êtes bien avertis : ces contes ne sont pas pour les enfants. Au nombre de huit, ces récits à saveur engagée sont tout droit sortis de l’imagination d’Anaïs Palmers, étudiante en création littéraire. Ils mettront entre autres en scène une cuiller, un chevreuil, des érables et un petit chat peureux. Entre chacun d’eux, des guitares et des violons se feront entendre, des tam-tams ainsi que des instruments très improbables. L’étudiante en musique Clémence Cottinet sera accompagnée pour l’occasion par les luthiers Mathieu Bedard, Tom Boissonnet et Grégoire Chelmy. Jeudi 20 décembre à 20 h, au Tam Tam Café (421, boul. Langelier). Contribution volontaire.

Le Fil 13 décembre 2012  

Journal institutionnel de l'Université Laval

Le Fil 13 décembre 2012  

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