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L’Université accentue son expertise en neurophotonique avec la création prochaine d’une chaire d’excellence en recherche du Canada. p2

Volume 48, numéro 10 15 novembre 2012

photo Saif Chaabane

Des leaders pour demain

Les Bourses de leadership et développement durable soulignent le talent de 109 étudiants, dont Saif Chaabane, photographe d’origine tunisienne. p8


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actualités

le fil | le 15 novembre 2012

en bref

La coupe Dunsmore 2012 photo Yan Doublet

Une autre coupe Dunsmore Les footballeurs du Rouge et Or ont mis la main samedi dernier sur une 10e coupe Dunsmore consécutive en battant le Vert & Or de Sherbrooke par la marque de 40 à 17 au stade TELUS-Université Laval. Deux porteurs de ballon ont amassé plus de 100 verges, soit Maxime Boutin et Guillaume Bourassa. Le quart-arrière Tristan Grenon a amassé 131 verges par la voie des airs avec deux passes de touché, en plus de marquer lui-même deux majeurs au sol. En défensive, Dominic Noël a réalisé 8,5 plaqués, dont 7 en solo. Thomas Girard a bien fait également avec deux interceptions. Les joueurs de Laval se sont ainsi qualifiés pour la partie de la Coupe Uteck, l’une des deux demi-finales de Sport interuniversitaire canadien. Le Rouge et Or affrontera les Axemen d’Acadia le samedi 17 novembre à 13 h au stade TELUS-UL. Le gagnant obtiendra son laissez-passer pour la Coupe Vanier.

Dessine-moi un campus Le Comité d’aménagement et de mise en œuvre (CAMEO) mène actuellement une réflexion pour réaménager les espaces extérieurs situés au cœur du campus. À cet effet, il a invité les étudiants de l’École d’architecture de l’Université à imaginer des projets. Les propositions ont été évaluées par un jury de grande envergure dont faisait notamment partie Jean-Paul L’Allier, ancien maire de la Ville de Québec, et John Porter, directeur honoraire du Musée national des beaux-arts du Québec et président du CA de l’Université Laval. Les gagnants de ce concours de design seront dévoilés ce jeudi au Musée de la civilisation. L’activité sera suivie d’une conférence de l’artiste urbain François Migeon. Entrée libre. Jeudi 15 novembre à 17 h 15, au Musée de la civilisation. Les travaux gagnants seront affichés sur Le Fil en ligne dès le lendemain. www.lefil.ulaval.ca

Fini les bouteilles ! Ce jeudi 15 novembre est la Journée sans eau embouteillée. À cette occasion, l’association étudiante Univert Laval vous invite à consommer l’eau locale, facilement accessible et d’excellente qualité, dans les quelque 300 fontaines du campus. Il s’agit d’un geste qui aura une incidence positive envers l’environnement et votre portefeuille. Vous êtes également conviés à la projection, en français, du documentaire Tapped, présenté gratuitement. Vous pourrez ainsi connaître de fond en comble la problématique entourant l’eau embouteillée dans notre société. Maïs soufflé gratuit ! Jeudi 15 novembre à 16 h 30, à l’amphithéâtre 1A du pavillon Charles-De Koninck. alavalbuvonslocal@gmail.com.

Julie Payette lors de la conférence donnée le 7 novembre au Centre des congrès de Québec. photo Marc Robitaille

Quand la science fait rêver L’astronaute Julie Payette a évoqué la magie de l’espace lors d’une conférence donnée en marge du colloque de l’Acfas, qui se tiendra à l’Université en mai prochain par Claudine Magny

Il fallait voir ses yeux suivre pour la énième fois le décollage de la navette Endeavour, sur grand écran, pour constater à quel point son amour de l’espace est vivace. Malgré qu’elle ait déjà volé deux fois à bord d’une navette et qu’elle soit la première au Canada à avoir participé à une mission de construction de la Station spatiale internationale, Julie Payette garde les pieds sur terre. Et surtout : elle est toujours aussi passionnée. Le 7 novembre dernier, l’astronaute présentait la conférence « La Terre vue de l’espace : une autre perspective » au Centre des congrès de Québec. L’événement se tenait en marge du 81 e congrès de l’Acfas, dont l’Université Laval sera l’hôte ce printemps. Il a attiré plus de 1000 universitaires, amis

de la recherche et représentants d’entreprises. Aux étudiants présents qui demandaient si le métier d’astronaute était accessible, Julie Payette a répondu : « Il faut oser rêver ! On veut faire quelque chose qui semble inatteignable ? Avec un peu d’effort, tout est possible. » Bilan de l’exploration sur Mars, réchauffement de la planète, conflits géopolitiques : rien n’échappe à l’œil vif de cette pro qui nous fait voyager de fleuve en montagne en volcan, partout sur la planète. L’astronaute se plaît d’ailleurs à répéter que, contrairement à nos cartes géographiques, le monde ne comporte pratiquement pas de frontières quand on le contemple depuis l’espace… « À bord d’un véhicule spatial, on voit seulement quelques caractéristiques

On peut le lire en ligne au www.lefil.ulaval.ca et s’abonner gratuitement à un avis de parution électronique. Écrivez-nous ! Le Fil accueille vos idées avec plaisir.

Le journal de la communauté universitaire Fondé en 1965, Le Fil est un hebdomadaire publié 30 fois par an par la Direction des communications de l’Université Laval et distribué gratuitement sur le campus.

Les lettres destinées au courrier des lecteurs – 400 mots maximum – doivent nous parvenir au plus tard le vendredi midi précédant la parution, à l’adresse info@lefil.ulaval.ca. Le contenu de ce journal peut être reproduit à condition de mentionner la source et l’auteur. Rédaction Éditrice : Hélène Côté, directrice des communications

naturelles, telles une rivière ou une chaîne de montagnes. Les frontières entre les pays sont des inventions humaines et ne sont donc pas discernables de l’espace, à moins qu’elles soient fortement illuminées comme la frontière indo-pakistanaise », précise la conférencière, titulaire d’un doctorat honorifique de l’Université Laval. Nommée il y a environ un an déléguée scientifique du Québec à Washington, Julie Payette a pour mandat de promouvoir les forces du Québec en matière de recherche et d’innovation auprès d’interlocuteurs américains du gouvernement et de la science. Elle assure aussi la promotion et le développement d’alliances du réseau de recherche polaire ArcticNet, établi à l’Université, qui étudie l’impact des changements environnementaux dans l’Arctique canadien. « Il y a déjà plusieurs décennies que le Québec est représenté à l’étranger sur les plans culturel, politique et commercial, note-t-elle. Mais aujourd’hui, dans une économie de savoir qui nécessite du personnel hautement

qualifié, nous devons nous présenter non seulement comme des exportateurs de culture, de bois et d’électricité, mais aussi comme des exportateurs d’intelligence. » Rappelons que le 81e congrès de l’Acfas (Association francophone pour le savoir) se tiendra du 6 au 10 mai 2013 à l’Université Laval. Autour du thème « Savoirs sans frontières », il rassemblera des milliers de chercheurs provenant d’une quarantaine de pays.

Rédactrice en chef : Mélanie Saint-Hilaire Journalistes : Jean Hamann, Renée Larochelle, Yvon Larose Journaliste nouveaux médias : Julie Picard Collaborateu : Pascale Guéricolas, Claudine Magny, André-Philippe Drapeau Picard, Matthieu Dessureault et Catherine Lévesque Rédactrice-réviseure : Anne-Marie Lapointe Secrétaire à la rédaction et recherchiste photo : Josée Nadeau

Ventes publicitaires Élisabeth Farinacci 418 656-2131 poste 4618

Production Infographie : Léa Robitaille, Service de reprographie de l’Université Laval Impression : Les Presses du Fleuve, Montmagny (Québec)

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Dans une économie de savoir, nous devons nous présenter comme des exportateurs d’intelligence

Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec, ISSN 022-1-1965 Pour nous joindre 2325, rue de l’Université, local 3108 Québec (Québec) G1V 0A6 Téléphone : 418 656-2131 poste 4687


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La morue comme médicament Les protéines de ce poisson réduiraient l’inflammation et favoriseraient la guérison des muscles blessés par Jean Hamann De la morue, trois fois par jour, pendant deux semaines. Ce n’est pas de sitôt que votre médecin vous prescrira pareil traitement pour soigner un muscle blessé, mais une étude menée à l’Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels (INAF) suggère que la chose ne serait pas sans fondement scientifique. En effet, les protéines de morue atténuent l’inflammation et accélèrent la guérison des muscles blessés chez des rats de laboratoire, rapportent des chercheurs de l’INAF dans la revue Applied Physiology, Nutrition and Metabolism. Junio Dort, Amélie Sirois, Nadine Leblanc et Hélène Jacques, du Département des sciences des aliments et de nutrition, et Claude H. Côté, du Département de réadaptation, ont fourni à trois groupes de rats une moulée dont les protéines provenaient soit du lait (caséine), soit des arachides, soit de la morue. Vingt-etun jours après le début de l’expérience, les chercheurs ont provoqué une blessure dans un muscle de la patte de ces animaux en leur injectant un anesthésique local toxique pour les cellules musculaires. Ils ont ensuite observé comment les choses évoluaient. Résultats ? Deux semaines après la blessure, les rats qui recevaient la moulée à la morue avaient une meilleure croissance musculaire(+ 13 %)

et moins de cellules indicatives d’inflammation (- 24 %) que les souris nourries avec la moulée à la caséine. De son côté, la moulée à l’arachide s’est révélée moins efficace que celle à la caséine pour soutenir la croissance des muscles avant et après la blessure. « La protéine de morue est meilleure pour promouvoir la croissance et la régénération du muscle squelettique après un traumatisme, en partie grâce à une meilleure résolution de l’inflammation », concluent les chercheurs.

Les rats qui recevaient la moulée à la morue avaient une meilleure croissance musculaire

Les étudiants-chercheurs Yoan LeChasseur et Suzie Dufour font partie de l’équipe qui a mis au point un nouveau type d’électrode pour l’étude du cerveau en 2011. Cette percée a été réalisée dans la foulée du rapprochement entre la physique et les neurosciences à l’Université. photo Simon Lecomte

La neurophotonique, un pari payant Une chaire d’excellence du Canada vient couronner 10 ans de rapprochement entre les neurosciences et l’optique-photonique à l’Université Laval par Jean Hamann Le premier pas vers la création d’une chaire d’excellence en recherche du Canada sur la neurophotonique a été franchi le 8 novembre alors que le gouvernement fédéral a annoncé un soutien financier de 10 M$ au projet. L’Université pourra donc recruter une sommité mondiale qui viendra appuyer les efforts des chercheurs travaillant déjà à l’interface des neurosciences et de l’optique-photonique. Les travaux qui seront menés par le futur titulaire de la Chaire et son équipe porteront sur des approches et des technologies permettant l’exploration non invasive du cerveau. À terme, cela permettra de mieux comprendre et éventuellement de mieux traiter des maladies comme l’alzheimer, l’épilepsie et la dépression. La contribution fédérale, qui devrait être appariée par le gouvernement du Québec, donne le coup d’envoi à la recherche d’un ou d’une titulaire. « En tenant compte des fonds que nous croyons pouvoir obtenir du privé, la Chaire disposera d’un budget de base de près de 25 M$ sur sept ans, ce qui devrait nous permettre d’attirer une personne de haut calibre », avance l’instigateur du projet, Yves De Koninck, de la Faculté de médecine. Le nom de la personne retenue devrait être connu dans 18 mois environ. L’obtention de cette chaire vient couronner les efforts déployés depuis 10 ans à l’Université pour mettre la puissance de l’optique-photonique

au service de l’étude du système nerveux. Ce rapprochement a commencé en 2002 par un programme de formation financé par les Instituts de recherche en santé du Canada, qui incitait des étudiants en sciences et génie à effectuer leurs travaux de maîtrise ou de doctorat au Centre de recherche de l’Institut en santé mentale de Québec. « L’idée était de les rapprocher du milieu hospitalier afin qu’ils saisissent mieux les enjeux de la recherche en neuros c i e n c e s  » , e x p l i qu e Y ve s D e Koninck. Ce programme a multiplié les échanges et les projets conjoints entre les chercheurs de l’Institut et ceux du Centre d’optique, photonique et laser (COPL), en plus de conduire à la mise sur pied

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La Chaire disposera d’un budget qui devrait nous permettre d’attirer une personne de haut calibre 

d’une École internationale d’été en neurophotonique. En 2005, une subvention FCIgouvernement du Québec de 15 M$ permettait la création du Centre de neurophotonique. Cette somme a servi à la construction de laboratoires et à l’achat d’équipement spécialisé. « Le regroupement des chercheurs et des étudiants-chercheurs dans un même lieu physique a grandement facilité la cohésion entre les équipes », constate le professeur De Koninck. Le besoin de spécialistes œuvrant à la frontière de la physique et des neurosciences a incité l’Université à créer, en 2008, les premiers programmes de maîtrise et de doctorat en biophotonique en Amérique du Nord.« Notre objectif était de former une nouvelle génération de scientifiques capables d’exploiter les sciences optiques pour comprendre et résoudre les problèmes biologiques et médicaux », explique Paul De Koninck (frère d’Yves et professeur à la Faculté des sciences et de génie), qui a supervisé le développement de ces programmes. Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie a emboîté le pas à cette initiative en investissant 1,7 M$, essentiellement dans des bourses destinées aux étudiants qui choisissaient cette voie. Au fil des ans, les travaux réalisés par les équipes des 38 professeurschercheurs associés aux programmes de formation et de recherche en biophotonique ont mené à plusieurs percées scientifiques, dont certaines ont été commercialisées par des entreprises de haute technologie de la région de Québec. En 2011, 9 des 29 brevets obtenus par l’Université touchaient l’optiquephotonique ou les neurosciences.


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musique

en bref

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Une recette contre le trac Grâce à la réalité virtuelle, un musicien peut diminuer du tiers son anxiété de performance et améliorer sa prestation par Yvon Larose

Collection Emman Design

Premier Défilé des troubles Pour la première fois, les étudiants en psychologie organisent le Défilé des troubles. Cette activité de collecte de fonds pour l’Association québécoise de prévention du suicide mettra en vedette 18 mannequins, tous inscrits au baccalauréat. Ces modèles d’un jour défileront avec des vêtements des boutiques Empire, Laura, Jupon Pressé, WLKN, Sport Sélect, Nikélaos, Avalanche, Les Ailes de la Mode, Rose Bouton, CTC Creation, Tokkad et Un Style de Vie. Vous pourrez aussi voir les créations d’Emman Design, Borne et Beïque. Les billets sont notamment en vente au Centre de documentation situé au 9e étage du pavillon Félix-Antoine-Savard. Mercredi 21 novembre à 20 h, au Grand Salon du pavillon Maurice-Pollack. Billet à 10 $ en prévente et 15 $ à la porte. andreanne. thibault.2@ulaval.ca

La littérature à l’heure du numérique Aujourd’hui en tension entre ses modalités traditionnelles de production et un contexte technologique en ébullition, la littérature voit ses modes d’expression évoluer. Des blogues aux livres numériques, plusieurs terrains d’expérimentation ont fait leur apparition. René Audet, professeur au Département des littératures, donne ce jeudi une conférence sur le sujet. Il portera un regard sur ces développements et leurs incidences sur notre culture. Cette conférence est présentée par l’Institut Technologies de l’information et Sociétés en collaboration avec l’Institut canadien de Québec.

Vous êtes musicien et, au moment d’entrer sur scène, vous avez des tremblements aux mains, des trous de mémoire ou des maux de ventre ? Si cela peut vous rassurer, vous n’êtes pas le seul. Une étude avance que 40 % des professionnels et des étudiants en musique ressentiraient de l’anxiété de performance. La bonne nouvelle est que la technologie pourrait, dans un avenir peutêtre pas si lointain, voler à votre secours. C’est pour aider les instrumentistes à gérer leur a n x i é t é qu e l ’ é t u d i a n t e Josiane Bissonnette, inscrite au doctorat en musique, a exploré les possibilités offertes par une technologie de pointe, l’exposition virtuelle, une approche en psychologie basée sur des projections vidéo. « Ma recherche se situe au confluent de la musique, de la psychologie et de la technologie, explique celle qui termine actuellement la rédaction de sa thèse. En psychologie, un patient peut confronter ses peurs dans un environnement virtuel, lequel est moins intimidant que la réalité. Cette technique est de plus en plus utilisée. Je voulais voir dans quelle mesure un traitement novateur de ce type pouvait être utile aux musiciens. »

Le projet de recherche consistait à étudier l’anxiété de pianistes ou guitaristes lors de simulations de performance devant public et jury. Le Laboratoire de muséologie et d’ingénierie de la culture en a assuré le volet technologique. À partir des indications de Josiane Bissonnette, Louis-Robert Bouchard, aujourd’hui technicien en travaux d’enseignement et de recherche à la Faculté des lettres, a créé un programme informatique unique. « Il a rendu le lieu d’expérimentation le plus crédible possible, donnant l’impression d’être dans une salle de concert », précise-telle. De son côté, l’étudiante a défini le programme virtuel de simulation, en plus d’effectuer le tournage et de rédiger les petits rôles pour les figurants bénévoles. L’installation donnait l’illusion d’être dans la salle HenriGagnon du pavillon LouisJacques-Casault. Devant le musicien, trois grands écrans de trois mètres sur trois mètres formaient un arc de cercle. Un quatrième écran était placé derrière lui. Des environnements virtuels étaient projetés sur ces écrans. Des rideaux de scène noirs, un projecteur de scène qui éclairait le musicien pendant qu’il jouait et quatre haut-parleurs complétaient l’installation.

La situation virtuelle imaginée par Josiane Bissonnette pouvait commencer par l’entrée des spectateurs dans la salle. Des applaudissements, faibles ou soutenus, éclataient lorsque le musicien faisait son entrée sur la scène virtuelle. « Lors de la prestation, souligne-t-elle, l’auditoire pouvait écouter de manière attentive ou être agité, selon ce que j’avais planifié à la base. Un peu plus tard, un spectateur pouvait se mettre à parler à son voisin, déballer un bonbon, sortir de la salle, et cetera. Ensuite, le public pouvait redevenir attentif ou rester agité. Finalement, la pièce se terminait sous les applaudissements du public, qui pouvaient être faibles, soutenus ou sous forme d’ovation debout. » Dix-sept étudiants ont participé à l’étude. Ils étaient inscrits à un programme de piano ou de guitare à la Faculté de musique, au Conservatoire de musique de Québec ou au Cégep de Sainte-Foy. Les 10 hommes et 7 femmes étaient âgés en moyenne de 21 ans. On les a assignés soit à un groupe de contrôle, soit à un groupe expérimental d’entraînement v i r t u e l . To u s o n t i n t e rprété une pièce musicale de mémoire lors de deux récitals donnés à trois semaines d’intervalle. Le groupe expérimental s’est de plus soumis à un entraînement virtuel de six rencontres d’une heure sur une période de trois semaines. « Au terme de l’exercice, les participants anxieux du groupe expérimental affi-

chaient une réduction de 35,4 % du niveau d’anxiété ainsi qu’une augmentation de 3 % de la qualité de la performance, indique Josiane Bissonnette. Nous avons également observé une réduction de 18 % du niveau d’anxiété chez les femmes du groupe expérimental. » Dans plusieurs cas, la prestation s’est trouvée améliorée. Les instrumentistes avaient moins de problèmes de mémoire, un jeu plus expressif, un meilleur contrôle technique. Selon la doctorante, l’entraînement virtuel permet aux musiciens d’avoir des rétroactions sur leur habileté à performer lors d’une pièce à un moment x. « En plus, il leur indique certains passages moins solides de leur pièce. »

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Lors de la prestation, un spectateur pouvait se mettre à parler à son voisin, déballer un bonbon ou sortir de la salle

Jeudi 15 novembre à 19 h, à la bibliothèque Gabrielle-Roy. Entrée libre. Réservation au 418 641-6789, poste 128.

Info sur les subventions L’Association internationale des études québécoises (AIEQ) organise une séance d’information sur le campus. Elle décrira de quelle façon elle peut aider les étudiants à la maîtrise et au doctorat, les chercheurs, les chargés de cours et les professeurs. L’AIEQ est une source d’information pour ceux qui travaillent sur un sujet lié au Québec ainsi qu’une source de soutien financier. Chaque année, elle accorde une vingtaine de bourses de recherche ou de stage. Elle founit aussi bien d’autres services. Mardi 20 novembre à 11 h 30, au local 3470 du pavillon Charles-De Koninck.

L’installation donnait l’illusion d’être dans la salle Henri-Gagnon du pavillon Louis-Jacques-Casault. Le musicien s’exécutait devant un jury et un public virtuels projetés sur de grands écrans. photo Louis-Robert Bouchard


profil

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1 L’hiver dernier au Colisée Pepsi, lors d’une séquence offensive contre les Sea Dogs de Saint John. 2 Marc-Antoine Carrier s’affirme cet automne comme l’un des arrières les plus fiables de la brigade défensive des Remparts de Québec. photos Bruno Tremblay 3 En pleine action. photo Ligue de hockey junior majeur du Québec

Droit au but ! Le hockeyeur Marc-Antoine Carrier parle des exigences du sport de compétition et de son désir d’étudier la médecine par Yvon Larose Les Remparts de Québec forment cet automne l’une des meilleures équipes juniors au pays. Et ce succès, ils le doivent en partie à un étudiant inscrit au baccalauréat en biologie à l’Université Laval, Marc-Antoine Carrier. Ce défenseur à caractère offensif de 1,75 mètre et 86 kilos occupe actuellement le cinquième rang des meilleurs pointeurs de son équipe avec une fiche de six buts et neuf passes en dix-neuf parties. « Sur le plan défensif, mon coéquipier Martin Lefebvre et moi avons une grande part de responsabilité, car nous jouons généralement contre la grosse ligne offensive adverse », explique-t-il. À 20 ans, ce jeune homme sociable et intelligent affiche une maturité certaine. Il faut dire qu’il a un parcours atypique derrière lui. À 16 ans, il quitte le Québec pour les États-Unis afin de poursuivre ses études tout en continuant à pratiquer le hockey de compétition. Il passe ainsi deux ans à Lake Placid, dans l’État de New York, dans une école secondaire privée. À sa dernière saison avec les Huskies, il cumule 19 points en 38 parties. L’année suivante, il entreprend des études en neurosciences à l’Université Brown, à Providence, dans le Rhode Island. Cet établissement a une équipe de hockey qui évolue en première division de la National Collegiate Athletic Association (NCAA) et qui

tient absolument à le recruter. Mais après un an et demi, Marc-Antoine Carrier réalise qu’il voyait trop grand. « Je me couchais tard après avoir étudié, raconte-t-il. Le lendemain, je me levais tôt pour m’entraîner avec l’équipe. Je n’étais pas heureux. » Il décide alors de rentrer au Québec et de terminer ses études collégiales pour entrer à l’université, où il veut se faire admettre en médecine. Il fait une croix sur sa carrière de hockeyeur… jusqu’à ce qu’il reçoive un coup de fil de l’entraîneur-chef des Remparts de Québec. Patrick Roy le convainc de terminer sa carrière au hockey avec l’équipe de la capitale, en offrant des aménagements pour qu’il puisse poursuivre ses études. Cet automne, l’étudiant peut suivre quatre cours à l’Université Laval entre les moments où il doit sauter sur la glace – environ cinq pratiques et trois parties chaque semaine. Son premier match dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, Marc-Antoine Carrier le dispute le 3 février dernier. « Le style de jeu est différent de celui de la NCAA, dit-il. Au hockey universitaire américain, les joueurs sont plus âgés, donc plus matures physiquement. Ils patinent un peu plus vite. Le jeu est plus robuste et plus hermétique. » La détermination le décrit bien, comme athlète et comme personne. « Je n’étais pas le plus talentueux quand j’étais jeune, mais j’ai

travaillé fort pour m’améliorer. » Relativement solide pour son « petit » gabarit, il estime que sa principale qualité est la mobilité. Il se compare à Mark Streit, le défenseur suisse qui a joué quelques saisons avec les Canadiens. Comme hockeyeur et comme futur étudiant en médecine, Marc-Antoine Carrier a de qui tenir. Son père, médecin de profession, a évolué comme défenseur dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec au début des années 1980. Le jeune Marc-Antoine a donné ses premiers coups de patin vers trois ou quatre ans, sur une patinoire extérieure. Sa mère était, elle aussi, une mordue de hockey. « Il y avait des bâtons de hockey un peu partout dans la maison », se rappelle-t-il. Ses parents, on l’aura compris, le soutiennent dans ses

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Je n’étais pas le plus talentueux quand j’étais jeune, mais j’ai travaillé fort pour m’améliorer

efforts. Ils vont jusqu’à surveiller le contenu de son assiette! Le dimanche soir, les Carrier planifient ensemble le menu de la semaine. En prévision d’un entraînement ou d’une partie, le repas familial sera constitué d’aliments sains qui se digèrent bien. Le jeune athlète va d’ailleurs devenir une tête d’affiche de la saine alimentation. À compter de janvier prochain, la Fédération des producteurs de lait du Québec diffusera au Réseau des sports une vidéo promotionnelle sur les bienfaits du lait au chocolat (www.laitauchocolat.com), où le hockeyeur parlera notamment de sa préparation d’avant-match. Plus jeune, Marc-Antoine Carrier avait deux rêves. « Mon objectif premier était de jouer dans la Ligue nationale, explique-t-il. L’autre était de pratiquer la médecine. Je me disais que si ça ne fonctionnait pas pour le hockey, j’aurais une solution de rechange. » Avec le temps, il est devenu réaliste. Il sait qu’il pourrait évoluer dans un circuit mineur comme la East Coast League, peut-être même percer dans la Ligue américaine de hockey. Mais il n’est pas prêt à poursuivre un rêve qui ne se réalisera peut-être pas. « La médecine, compte tenu des années d’études que ça comporte, ne me permet pas de prendre ce risque. » L’étudiant-athlète approche donc sa saison comme la dernière en hockey de compétition. « Je me mets moins de pression sur les épaules, souligne-t-il. J’essaie d’en profiter au maximum et d’avoir du plaisir. Cette optique me permet d’avoir plus de succès… »


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biologie

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ils ont dit... Sur le rôle majeur des abeilles dans la bleuetière

Pierre Giovenazzo, chargé de cours au Département de biologie Le Soleil, 12 novembre

« C’est pas compliqué : quand y a pas d’abeilles, c’est pas bleu ! » C’est ainsi que Pierre Giovenazzo décrit le rôle majeur que jouent les abeilles dans la fertilisation des bleuets. En 2011, les bleuetières ont loué plus de 20 000 ruches pour près de 2,4 M $. Un investissement rentable puisque les abeilles contribueraient à la moitié de la production de ces petits fruits, qui se chiffre à 80 M $ par année au Québec. Chercheur au Centre de recherches en sciences animales de Deschambault, Pierre Giovenazzo préside le comité organisateur du colloque Apimondia où essaimeront cette semaine quelque 400 apiculteurs du monde entier.

Sur le déclin du papier et l’avenir de l’usine Laurentide « Le 31 décembre, ce sera la dernière édition papier du magazine Newsweek. Ce n’est pas rien ! C’est comme ça pour tous les produits papier qui servent à véhiculer de l’information ». Luc Bouthillier ne cache pas son inquiétude pour les travailleurs du papier. Interrogé sur l’aveLuc Bouthillier, nir de l’usine Laurentide, professeur à Shawinigan, où Produits titulaire au Département des forestiers Résolu vient de sciences du bois réduire ses activités de moitié, le chercheur a exhorté et de la forêt les dirigeants à orienter leur production vers des secLe Nouvelliste, teurs plus prometteurs. À se 7 novembre recycler, quoi.

Sur la santé des océans et les hydrocarbures

Maurice Levasseur, professeur titulaire au Département de biologie La Presse, 8 novembre

« Avons-nous les connaissances pour nous lancer dans le développement des hydrocarbures dans le golfe et l’estuaire du SaintLaurent ? La réponse est non, selon moi. » C’est une invitation à prendre position sur les grands enjeux de l’heure qu’a lancée aux scientifiques l’océanographe Maurice Levasseur à l’ouverture d’un colloque sur la santé des océans. Le directeur général de Québec-Océan a rappelé que de nombreuses menaces pesant sur les hautes mers résultent de l’activité humaine.

Anticosti est le paradis des chasseurs. photo François Lebel

Portrait de l’homme en prédateur Des biologistes étudient le comportement des chasseurs pour mieux contrer la surabondance du cerf sur Anticosti par André-Philippe Drapeau Picard Bien que les études prédateurproie soient classiques en biologie, elles ne mettent jamais l’humain dans le premier rôle. C’était du moins le cas jusqu’à tout récemment. Cette idée originale vient d’être appliquée dans une étude menée par des chercheurs du Département de biologie et du ministère des Ressources naturelles et de la Faune, associés à la Chaire de recherche CRSNG-Produits forestiers Anticosti. Les chercheurs ont recruté près de 500 chasseurs de cerfs de Virginie à leur arrivée dans trois pourvoiries. Ils leur ont demandé la permission d’analyser leur comportement pour tenter de déterminer les facteurs qui contribuent à une récolte fructueuse. « Dans près de 98 % des cas, les chasseurs acceptaient de participer, raconte François Lebel, qui a consacré son mémoire de maîtrise à ce sujet. On leur

remettait alors un émetteur GPS qui servait à enregistrer leurs déplacements en forêt. Les participants devaient aussi noter les coordonnées spatiales de chaque site où ils abattaient un cerf. » Cette information permettait aux scientifiques de retourner sur place afin de caractériser la visibilité et l’accessibilité de l’endroit ainsi que l’abondance de nourriture que les cervidés y trouvaient. Le succès de chasse était plus grand dans les endroits dégagés comprenant des routes d’accès, rapportent les chercheurs dans un récent numéro du Journal of Wildlife Management. Fait intéressant, il n’était pas influencé par l’expérience du chasseur ni par les conditions météorologiques. « La grande densité de cerfs sur l’île d’Anticosti diminue l’importance de ces facteurs », avance François Lebel.

Si certaines conclusions de cette étude semblent aller de soi, elles permettront néanmoins de faire des choix éclairés dans la gestion du cerf, la principale ressource économique d’Anticosti. « Le cerf est maintenant si abondant qu’il broute tout sur l’île, ce qui risque de provoquer un effondrement de sa population. Les seules espèces épargnées, les épinettes blanches et noires, sont devenues abondantes et réduisent la visibilité en forêt. Maintenant qu’on sait que 80 % des chasseurs restent à moins de 100 m des chemins et tuent principalement en milieu dégagé, on peut aménager le territoire pour augmenter le prélèvement. » Les pourvoiries de l’île se sont justement dotées de machinerie qui permet de réaliser de tels aménagements forestiers. Cette étude pourrait avoir des retombées au-delà de l’île d’Anticosti. « Les populations de grands herbivores sont en surabondance dans plusieurs régions d’Amérique du Nord et du nord-ouest de l’Europe », souligne François Lebel. La réduction du nombre de prédateurs naturels, la réglementation plus

stricte de la chasse, la modification de l’habitat et les hivers moins rigoureux seraient les principaux facteurs contribuant à ce phénomène.

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Quand on sait que les chasseurs tuent en milieu dégagé, on peut aménager le territoire pour augmenter le prélèvement


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société

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Gérard Hervouet sur l’avenir de la Chine ce moment, disait toujours que la Chine pouvait se transformer en son contraire très rapidement. Il y a donc toujours un fonds d’anxiété. Q La chute du haut cadre Bo Xilai, accusé de corruption massive, illustret-elle la fragilité d’un système économique miné par les pots de vin?

Gérard Hervouet

Saut de puce ou grand bond en avant? L’Histoire le dira sans doute bien après que les immenses draperies qui décorent le lieu du 18e congrès du Parti communiste chinois soient rangées. Le nom du nouveau secrétaire général, qui sera porté président en mars 2013, est déjà connu, Xi Jinping, tout comme celui de son premier ministre Li Keqiang. Difficile de savoir cependant comment ces dirigeants envisagent l’avenir de la Chine. Un aperçu de quelques-uns des obstacles qui les attendent avec le politologue Gérard Hervouet, spécialiste de l’Asie et directeur du Programme Paix et sécurité internationales. Q Ce congrès du Parti communiste chinois présage de la plus importante transition politique depuis 10 ans. Peut-on parler d’une nouvelle Révolution culturelle ? R Non, car la Révolution culturelle est un moment très fort et dramatique dans l’histoire de la Chine. Xi Jinping en a luimême souffert puisqu’il a été envoyé à la campagne pendant cinq ou six ans. Il s’agit plutôt d’une grande continuité. Dans son discours, Hu Jintao [actuel président de la République populaire de Chine] a évoqué la nécessité d’écouter le peuple, de s’occuper de la santé, de prendre soin des personnes âgées… La Chine n’est pas à l’abri cependant de grandes ruptures. En 1989, j’étais sur la place Tiananmen. Ce qui a fait basculer les gens, c’était moins le désir de liberté et de démocratie que l’inflation. La trop grande poussée de l’économie empêchait sa maîtrise. Vivre devenait impossible pour les petites gens, et même pour les fonctionnaires. Dans leurs discours, les dirigeants aujourd’hui répètent qu’il faut éviter la surchauffe, que le progrès se fera plus lentement pour ne pas provoquer de rupture. Beaucoup d’efforts sont investis pour développer le marché intérieur en incitant les gens à consommer en Chine. Un message nationaliste, très peu écouté d’ailleurs par ceux qui ont de l’argent, à commencer par les hauts dirigeants, qui investissent à l’extérieur. Au fond, ils craignent leur système, car ils ignorent de quoi demain sera fait. Mao Zedong, que l’on cite beaucoup en

R La partie de la population la mieux informée, en particulier les blogueurs des villes, a conscience que ses dirigeants, qui prêchent la vertu tout en dépensant un argent fou, n’ont pas les moyens de vivre seulement de leur salaire. Cela dit, je ne pense pas que l’on va assister à une grande révolution des pauvres contre les riches, même si beaucoup de gens s’entassent dans de grandes banlieues sans eau ni service d’hygiène. La rupture va peut-être venir de l’exaspération des populations pauvres que l’on expulse de chez elles pour construire des usines, des terrains de golf, n’importe quoi, et qui subissent les dégâts environnementaux en plus de la petite corruption. Cela fait partie d’ailleurs d’une culture traditionnelle. Tous les petits fonctionnaires, que les Chinois appellent des mouches, se font payer dès qu’ils rendent un service. Lorsqu’ils poussent trop loin, les paysans se révoltent. Ces rébellions se multiplient actuellement en Chine. Q Quelle place fait-on aux entreprises étrangères dans ce système plutôt complexe? R Les Chinois jouent à peu près le jeu commercial, sauf que les règles et la concurrence sont inégales. Si une entreprise étrangère, accueillie à bras ouverts, réussit trop bien, on va lui faire de l’ombre. Son succès commercial peut donc être modulé en fonction des provinces, des entreprises ou des comités locaux. Le Canada tente d’ailleurs de sécuriser ses investissements afin de pouvoir être présent dans les institutions bancaires, un secteur d’habitude fermé aux étrangers. Il va falloir surveiller la décision du gouvernement canadien à propos de Nexen [l’achat par une société d’État chinoise d’un groupe pétrolier albertain de plus de 15 milliards de dollars]. Si l’on permet aux Chinois l’accès au pétrole de l’Alberta, aux ressources énergétiques et aux matières premières du Canada, il va falloir que les entreprises privées canadiennes jouissent des mêmes possibilités en Chine. Il ne faut pas oublier que, dans ce pays, le capitalisme est très contrôlé par l’État. Les mines de terres rares, notamment, peuvent sembler très intéressantes à exploiter sur papier, lors des accords entre gouvernements. Encore faut-il persuader des entreprises canadiennes de risquer des sommes considérables en Chine. Propos recueillis par Pascale Guéricolas

Manifestation étudiante à Montréal, le 22 mai 2012. photo Justin Ling

Droit dans le mur ? Une analyse du printemps érable estime que certaines décisions juridiques ont nui au droit collectif par Pascale Guéricolas Le conflit étudiant du printemps dernier a fait mal à la liberté d’expression. Voilà une des conclusions de l’article que signeront Christian Brunelle et Louis Lampron, tous deux professeurs à la Faculté de droit et membres du Groupe d’études sur les droits et libertés (GEDEL), ainsi que Myriam Roussel, étudiante au baccalauréat, dans la revue universitaire Les Cahiers de droit de décembre 2012. Intitulé « La liberté d’expression en contexte de crise : le cas de la grève étudiante », le texte analyse certaines décisions prises par les tribunaux dans le feu de l’action lors du printemps érable. Avec le recul, doit-on considérer justifiées les différentes ordonnances permettant aux étudiants dissidents de braver le vote de grève obtenu lors d’une assemblée générale ? Au contraire, elles ont sapé l’autorité morale des associations étudiantes et nui au droit collectif, affirment les juristes. Bref retour en arrière. En février dernier, des associations étudiantes s’opposent à la hausse massive des droits universitaires au Québec. Les jeunes défilent dans la rue et le gouvernement refuse de négocier. Un conflit classique, comme le Québec en a vécu régulièrement depuis les années 1960. Sauf que la version 2012 se distingue des neuf grèves étudiantes précédentes. Pour la première fois, le gouvernement conteste la légalité de la grève. Les ministres refusent d’ailleurs ce terme auquel ils préfèrent le mot « boycott ». Cette attitude contribue, écrivent

les juristes, « à provoquer un débat concernant la légalité des grèves étudiantes en tant que moyen de pression collectif ». Une grande partie des discussions au printemps porte sur la légitimité des levées de cours. Les ordonnances prononcées par les juges de la Cour supérieure du Québec permettent à certains étudiants, comme Laurent Proulx, inscrit à l’Université Laval, de passer outre la décision de grève prise par les associations. Au nom du respect du contrat individuel passé entre les étudiants qui demandent l’injonction et les établissements d’enseignement, les juges adoptent une interprétation légaliste du conflit. Leur argument central : rien dans la Loi sur l’accréditation et le financement des associations d’élèves ou d’étudiants n’autorise la grève comme moyen de pression. « Dans un État de droit qui se veut démocratique, ce qui n’est pas interdit devrait, en principe, être permis », rétorquent les auteurs de l’article. Pour mieux comprendre l’essence de cette loi qui définit le droit étudiant, les juristes reviennent à la source, en 1983. À l’époque où les législateurs débattent de ce projet, les péquistes sont au pouvoir et les libéraux dans l’opposition. Tous partagent une vision ouverte du rôle des associations étudiantes, qui englobe bien plus que la pédagogie et les services aux étudiants. Ainsi, le libéral Claude Ryan, en réplique au ministre péquiste de l’Éducation Camille Laurin, insiste pour que la loi permette aux étudiants de poursuivre des

objectifs politiques. Il souhaite que le texte législatif le précise, sous peine d’ouvrir « la porte à des injonctions et à des contestations de toutes sortes qui mettront bien plus de désordre et d’instabilité qu’elles n’apporteront de solutions au problème ». Toutefois, la finalité politique et le droit de grève ne figurent pas dans la version définitive du texte de loi. Et les successeurs de Claude Ryan au Québec, ce printemps, ont choisi de minimiser le droit des associations étudiantes à déterminer leurs propres objectifs. Par ailleurs, en scrutant la Loi sur l’accréditation et le financement des associations d’élèves ou d’étudiants, les juristes ont constaté qu’elle se rapprochait du droit syndical au Québec. À leurs yeux, les associations étudiantes jouissent d’un monopole de représentation, comme un milieu de travail syndiqué. Elles ont donc le droit de percevoir des cotisations étudiantes à la façon d’une formule Rand. Selon Christian Brunelle, les juges qui ont examiné ce printemps les demandes des étudiants dissidents n’ont pas tenu compte suffisamment de la nature de cette loi. Autrement dit, ils ont privilégié les droits individuels aux dépens des droits collectifs, ce qui a conduit à l’adoption de la loi 78 pour assurer le respect des ordonnances judiciaires. « On espère que notre article va faire comprendre aux autres professeurs de droit et aux avocats qui pourraient utiliser nos arguments qu’il est nécessaire de reconnaître le droit de grève aux étudiants », explique Louis-Philippe Lampron. Son collègue et lui entendent faire valoir cette thèse lors du prochain sommet sur l’enseignement supérieur, qui devrait se tenir d’ici le mois de février.


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bourses de leader

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Objectif : un meilleur avenir

par Matthieu Dessureault Il y a deux ans, lorsque la Tunisie est devenue le théâtre d’un soulèvement populaire sans précédent, Saif Chaabane s’est senti investi d’une mission. « Je suis sorti avec mon appareil, j’ai couru et j’ai pris des photos. Je voulais que les médias internationaux sachent ce qui se passait, puisqu’ils n’étaient pas autorisés à entrer au pays. » Depuis, l’étudiant à la maîtrise en informatique s’est fait un devoir de documenter en images le quotidien des oubliés. À travers son objectif, le Tunisien de 26 ans immortalise des scènes qui ne font pas dans la carte postale. Il souhaite plutôt faire découvrir une image réaliste et méconnue de son pays. Son engagement pour les causes sociales lui a valu une bourse de 10 000 $, remise mardi dernier par le recteur Denis Brière. Ses nombreux clichés narrent avec éloquence le récit de cette grande crise sociale appelée la révolution du jasmin. Ils ont fait l’objet de deux ouvrages, IRADA et Dégage ! Une révolution, en plus d’être exposés de Paris à Berlin. Spécialiste des portraits, il a immortalisé une série d’enfants démunis gagnant leur croûte dans la rue. Une scène courante à Tunis, qu’il a voulu dénoncer après avoir constaté l’inaction des autorités. Simultanément, il a enseigné les rudiments de la photographie et de la guitare à des orphelins pour

l’association bénévole Rendre le sourire aux enfants malades. Au déclenchement de la révolution en Libye, la Tunisie a accueilli des milliers de réfugiés traversant la frontière pour fuir la répression du régime Kadhafi. Parmi eux, Saif Chaabane, armé de son appareil. « J’ai voulu montrer que même si on n’a pas l’habitude de recevoir des réfugiés dans mon pays, on a pu les aider, malgré l’absence de soutien des organisations internationales. » Installé à Québec depuis neuf mois pour ses études, Saif Chaabane caresse maintenant l’idée de braquer sa caméra sur le territoire canadien. Un projet qu’il pourra plus facilement réaliser maintenant qu’il a obtenu une somme de l’Université pour financer sa formation. « Il y a tellement d’endroits pour prendre des photos ! Et je compte faire d’autres expositions. Je suis en négociation actuellement. »

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Au total, plus de 1,2 M$ ont été attribués Comme lui, 109 étudiants ont reçu une bourse lors de la troisième cérémonie de remise des Bourses de leadership et développement durable, tenue le mardi 13 novembre. Le soutien financier variait selon le cycle d’études et la durée du programme. Au total, plus de 1,2 M$ ont été attribués. Ce programme vise à reconnaître l’engagement des étudiants et leur rayonnement dans les sphères sociale, artistique, environnementale, scientifique et sportive. De quoi honorer les leaders de demain !

photo Pierre Bonenfant

L’Université a reconnu mardi le talent et l’engagement de plus de 100 étudiants, dont Saif Chaabane, qui a su montrer une nouvelle image de la Tunisie par ses photographies

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rship et développement durable

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1 Saif Chabaane – leadership artistique – maîtrise en informatique. Le Tunisien d’origine utilise la photo comme agent de changement social. 2 Jean Renaud Pierre Louis – leadership social et humanitaire – maîtrise en économique. En visite à Grande Saline, en Haïti, pour évaluer les dégâts après une inondation. 3 Sophie Dubé-Chavanel – leadership social et humanitaire – doctorat en communication publique. Elle a travaillé en Haïti après le séisme de 2010, ce qui l’a menée au poste de coordonnatrice des communications de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. 4 Yves Provencher – leadership environnemental – maîtrise en aménagement du territoire et développement régional. À des écoliers du Nicaragua, il explique pourquoi il faut jeter les déchets à la poubelle. 5 Ines Carine Singhe – leadership environnemental – doctorat en études internationales. Ancienne coordonnatrice pour une association d’agriculteurs du Cameroun, elle a réussi à implanter une variété de pommes de terre résistantes aux maladies. 6 Thi Can Tho Pham – leadership scientifique – maîtrise en sciences et technologie des aliments. Cette passionnée de chimie s’illustre par son esprit innovateur pour établir des protocoles de laboratoire. 7 Nafi Dicko-Raynauld  –  leadership sportif – baccalauréat en génie mécanique. Le joueur de soccer du Rouge et Or s’est classé parmi les meilleurs défenseurs du circuit universitaire en 2012. 8 Stéphanie Maltais – leadership social et humanitaire – maîtrise en sciences de l’administration. Avec Ousseynou, 4 ans, du Sénégal. Opéré aux jambes pour une malformation qui l’empêchait de marcher, le petit garcon jouait au foot à son congé de réadaptation physique !

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science

en bref

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Maigrir pour bébé Perdre beaucoup de poids profite non seulement aux femmes souffrant d’obésité morbide, mais aussi aux enfants qu’elles auront par Jean Hamann

Mieux nourrir le monde La Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation tiendra sa toute première Journée de la recherche le mercredi 28 novembre sur le thème « Mieux nourrir le monde ». Les professeurs y prononceront des communications et les étudiants y feront des présentations par affiche afin de faire connaître leurs travaux et d’établir des collaborations. Parmi les exposés, mentionnons celui d’Yves Desjardins, « L’horticulture, une science essentielle à la qualité de vie humaine », de Grant Vanderberg, « Les innovations pour une production aquacole durable », et d’Huguette Turgeon O’Brien, « Mieux nourrir les enfants dans le Grand Nord ». Mercredi 28 novembre dans l’atrium du pavillon Alphonse-Desjardins et le Grand Salon du pavillon Maurice-Pollack. www.fsaa.ulaval.ca/journee.html

Jeunes et familles à risque C’est sur le thème « Alliance recherche intervention pour le bien-être des jeunes et des familles » que se déroulera, le 16 novembre, le colloque du Centre de recherche sur l’adaptation des jeunes et des familles à risque. Les discussions porteront sur les transitions familiales, la parentalité et la déficience intellectuelle, l’inclusion des jeunes, la parentalité précoce, l’intervention familiale et les conflits au sein des familles. Le colloque se veut un moment d’échange et de partage entre intervenants, étudiants et chercheurs dont profiteront les jeunes et les familles.

L’importante perte de poids entraînée par la chirurgie bariatrique produit des bienfaits non seulement sur la santé des obèses morbides, mais aussi sur celle de leur future progéniture. En effet, les enfants qui naissent après cette intervention courent moins de risques que leurs frères et sœurs aînés de devenir obèses ou de souffrir d’hypertension, de résistance à l’insuline ou de maladies cardiovasculaires. La raison ? La perte de poids de leur mère améliore l’environnement in utero dans lequel ils se développent, ce qui modifie l’expression d’un grand nombre de gènes ayant une incidence sur leur santé. C’est ce qu’ont annoncé des chercheurs de l’Université lors du Congrès canadien en santé cardiovasculaire qui se déroulait à Toronto à la fin octobre. Frédéric Guénard

et Marie-Claude Vohl, du Département des sciences des aliments et de nutrition, Picard Marceau, Katherine Cianflone et Yves Deshaies, de la Faculté de médecine, et leur collègue John Kral, du SUNY Downstate Medical C e n t e r, o n t c o m p a r é l e génome de deux groupes de 25 enfants nés avant ou après la chirurgie bariatrique de leur mère. Cette intervention, qui vise à réduire la quantité de calories absorbées par le système digestif, avait fait passer l’indice de masse corporelle des patientes de 45 à 27. À titre indicatif, cet indice se situe entre 20 et 25 chez une personne de poids normal. Les chercheurs ont découvert des différences importantes dans le génome des deux groupes d’enfants. En effet, plus de 5500 gènes affichaient des écarts sur le plan

de la méthylation. La méthylation des gènes survient pendant le développement embryonnaire alors que de petites molécules, appelées groupements méthyle (CH3), se fixent sur certains gènes, le plus souvent pour en empêcher l’expression. Le niveau de méthylation des gènes dépend de l’environnement dans lequel se trouve le fœtus. Dans la plupart des cas, l’occultation d’un gène méthylé est permanente. Parmi les gènes qui affichaient des différences de méthylation, les chercheurs en ont découvert plus de 500 qui étaient reliés à la réponse inflammatoire de l’organisme. « Les processus inflammatoires feraient partie du cocktail de facteurs impliqués dans le développement des maladies cardiovasculaires et du diabète, précise Frédéric Guénard. Nous croyons donc que la perte de poids engendrée par la chirurgie bariatrique modifierait l’environnement du fœtus, ce qui aurait des répercussions sur le niveau de méthylation des gènes, notamment ceux qui sont impliqués dans les maladies inflammatoires. »

Nous croyons que la perte de poids engendrée par la chirurgie bariatrique modifierait l’environnement du fœtus

Vendredi 16 novembre au pavillon AlphonseDesjardins. www.jefar.ulaval.ca/centreJefar

Apprendre la musique, qu’est-ce que ça donne ? Du 22 au 24 novembre, le Centre des congrès de Québec sera l’hôte d’un colloque international ayant pour thème « L’apprentissage de la musique : son apport pour la vie de l’apprenant du 21e siècle ». L’événement réunira des musiciens éducateurs, des pédagogues et des scientifiques provenant de 17 pays. Les discussions porteront sur les principaux enjeux liés à l’enseignement de cet art au Québec et ailleurs dans le monde. Organisé par l’Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique et par la Fédération des associations des musiciens éducateurs du Québec, ce colloque s’inscrit dans les activités du Centre d’excellence en pédagogie musicale de l’Université Laval. Du 22 au 24 novembre au Centre des congrès de Québec. www.centreexcellence.mus.ulaval.ca

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Le niveau d’expression d’un gène est modulé par la présence de groupements méthyle sur la molécule d’ADN (illustrés par des boules blanches sur l’image). Les enfants nés avant ou après une chirurgie bariatrique montrent des différences de méthylation dans plus de 5500 gènes. image Christoph Bock/Max Planck Institute for Informatics


arts

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en bref

Œuvre sans titre d’Andréanne Gagnon

L’invitation au voyage

Le secoueur de conscience L’écrivain Jack Kerouac, chantre de la beat generation. photo Canadian Press

« La vie tout entière est une contrée étrangère », écrivait Jack Kerouac, qui inspire ces jours-ci un événement multidisciplinaire à Québec par Pascale Guéricolas Il est né il y a 90 ans à Lowell, au Massachusetts, de parents francophones. Jean-Louis Kerouac, dit Jack, est devenu le chantre de la beat generation avec des romans-cultes comme Sur la route. Du 21 au 25 novembre, il revient à Québec. Ses mots vont résonner dans la ville, en anglais et en français, accompagnés de sa musique fétiche, le be-bop. Un événement organisé par le Festival de jazz de Québec. Le chanteur américain Mark Murphy, un improvisateur hors pair, viendra interpréter son album Bop for Kerouac. Le contrebassiste Normand Guilbeault plongera dans la musicalité des textes de l’écrivain en les faisant résonner sur fond de jazz et de swing. Une soirée hommage réunira des chanteurs comme Pierre Flynn, Yann Perreau et Isabelle Blais sur la scène du Capitole. Enfin, des auteurs et chercheurs disséqueront son œuvre littéraire au Musée des beaux-arts du Québec. Le 22 novembre, JeanPhilippe Marcoux et Benoît Doyon-Gosselin, tous deux professeurs au Département

des littératures, vont ainsi échanger leur vision de ce romancier franco-américain avec des auteurs lors d’une table ronde organisée par la Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d’expression française en Amérique du Nord. En 1987, un événement de grande envergure avait eu lieu à Québec autour de l’œuvre de Kerouac. Les gens posaient alors un regard différent sur l’héritage de ce passionné des poètes maudits et de la contre-culture. « À cette époque, on l’utilisait un peu comme un repoussoir, fait remarquer Benoît DoyonGosselin. Il avait perdu sa langue et sa culture francophones. Il incarnait une figure pathétique, nostalgique de ce qui pourrait arriver aux Québécois s’ils ne se protégeaient pas. » Le jeune professeur spécialisé en littérature francophone des Amériques considère Kerouac d’une autre façon. À ses yeux, il constitue une référence pour les auteurs marqués par leur dualité linguistique. Il contribue à légitimer leur identité hybride.

Et de citer le poète acadien Gérard Leblanc, ou encore l’Ontarien Patrice Desbiens, dont le récit L’homme invisible, écrit à la fois en anglais et en français, évoque cette impossibilité de se sentir entièrement anglophone ou totalement anglophone. De Kerouac, Jean-Philippe Marcoux retient surtout l’immense soif de vivre, le goût des grands espaces, la conquête d’une nouvelle frontière pour découvrir une Amérique mythique. Lui qui enseigne On the Road en études anglaises constate que ce récit possède une

On the Road possède une force qui oblige les lecteurs à s’interroger sur leurs valeurs, comme l’amitié, et à interroger le matérialisme

Dès lundi prochain, l’exposition « Les jours sans nuit » d’Andréanne Gagnon, finissante au baccalauréat en arts visuels et médiatiques, prendra place au Alphonse-Desjardins. On pourra y voir une série d’estampes numériques inspirées de dessins à l’encre que l’étudiante a manipulés, photographiés ou imprimés. Les œuvres permettront aux visiteurs de voyager à travers des espaces imaginaires qui ressemblent à des étendues tantôt terrestres, tantôt lunaires. Du lundi 19 novembre au mardi 4 décembre à la Salle d’exposition du pavillon AlphonseDesjardins. Heures d’ouverture : de 9 h à 17 h du lundi au vendredi. Vernissage le vendredi 23 novembre de 18 h à 21 h.

force qui oblige les étudiants d’aujourd’hui à s’interroger sur leurs valeurs fondamentales, comme l’amitié, et à s’interroger sur l’embourgeoisement et le matérialisme. « À l’époque, Kerouac ne se reconnaissait pas dans l’uniformité du mode de vie des années 1950 ni dans le conservatisme politique. Il se rapprochait de ce que certains considèrent comme des souscultures, celles des Mexicains ou des Afro-Américains, pour redécouvrir les racines du rêve américain », explique le professeur. Le be-bop joue un rôle primordial dans cette quête culturelle. À travers les improvisations de haute volée de Charlie Parker ou de Dizzy Gillespie, Kerouac s’abreuve aux sources de l’histoire des Noirs aux États-Unis. Cette musique entre dans son œuvre. En témoignent sa prose semiautomatique, spontanée comme une impro jazz, son peu de souci de la ponctuation, son désir de rendre la parole immédiate. La richesse de son vocabulaire témoigne de son appartenance à la culture francophone. Le phrasé jazz, lui, ponctue son écriture vive, en constant mouvement, à la découverte de l’autre.

Il était une fois en Kabylie

Jeudi 22 novembre à 13 h, à l’auditorium du Musée national des beaux-arts de Québec. Entrée libre.

Mardi 20 novembre à 15 h 30, au local 3244 du pavillon Charles-De Koninck.

Le conteur et écrivain québécois d’origine kabyle Wahmed Ben Younès abordera ce soir la question des pratiques langagières et de l’interculturalité. Cette présentation se fait dans un cours d’histoire, ouvert à tous pour l’occasion, donnée par la chargée de cours Colette Boucher. Wahmed Ben Younès y parlera de la cohabitation des langues dans lesquelles il s’exprime – arabe, berbère et français – à l’oral et à l’écrit. Il abordera aussi son travail de création et la réception du public à ses contes et récits. La parole vivante et sensible de cet artiste permettra de le suivre dans ses mondes et de comprendre les facettes de ses identités culturelles diverses. Jeudi 15 novembre à 18 h 30, au local 1271 du pavillon Charles-De Koninck.

Traduire Jacques Ferron La professeure émérite au Département d’études françaises de l’Université Dalhousie, Betty Bednarski, profitera de la réédition de son livre Autour de Ferron : littérature, traduction, altérité (Presses de l’Université Laval) pour donner une lecture-causerie. Elle récitera et commentera ses traductions anglaises des contes du célèbre écrivain québécois. Sensible aux sons et aux rythmes du texte, la spécialiste considère la traduction comme une façon de faire entendre les mots. Lire à voix haute est donc le prolongement naturel de son travail. Betty Bednarski est la traductrice du tout récent Tales from the Uncertain Country and Other Stories (McClelland & Stewart), un recueil de 41 contes de Jacques Ferron.


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sur le campus

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Avis officiel INSTITUT QUÉBÉCOIS DES HAUTES ÉTUDES INTERNATIONALES

Journée Portes ouvertes La journée Portes ouvertes de l’Université a attiré 5 500 personnes le samedi 10 novembre. Il s’agissait majoritairement d’étudiants du collégial en quête d’information sur les programmes offerts et le processus d’admission. Ces jeunes étaient souvent curieux de comparer l’Université Laval avec d’autres. Par ailleurs, des adultes intéressés par la formation continue et à distance ou par les études libres sont aussi venus faire leur tour, sans parler des étudiants aux cycles supérieurs. Cette journée a mobilisé quelque 450 employés des facultés et services. Johanne Morneau, directrice du Bureau du recrutement, a tenu à souligner « la qualité de l’information et de présence du personnel, la chaleur de l’accueil et l’ambiance très stimulante de l’événement ». Au terme de la journée, 91 % des visiteurs ont jugé que l’Université Laval était un bon choix pour leurs études universitaires. photo Pierre Bonenfant

Avis est par la présente donné, conformément aux articles 11 et 55 des statuts de l’Université Laval, que le poste de directrice ou directeur de l’Institut québécois des hautes études internationales est à pourvoir depuis le 20 septembre 2012. L’objet de cet avis est d’inviter les membres de la communauté universitaire qui le désirent à soumettre à la vice-rectrice à la recherche et à la création le nom de toute personne jugée apte à exercer cette fonction. Les suggestions de candidatures doivent parvenir au cabinet de la vice-rectrice à la recherche et à la création avant le 3 décembre, par courriel de préférence à Louise.Lavigne@ vrr.ulaval.ca avec mention « Institut québécois des hautes études internationales » dans l’objet ou à l’adresse suivante : Sophie D’Amours, vice-rectrice à la recherche et à la création, pavillon des sciences de l’éducation, local 1434, 2320, rue des Bibliothèques, Université Laval. Le 15 novembre 2012

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géographie

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La religion a longtemps dominé le monde spirituel et mythique, constituant un contexte favorable au développement de légendes

La Tête de l’Indien à Saint-Georges-de-Malbaie, en Gaspésie. Selon la légende, le rocher représente un Amérindien tournant le dos à la mer tant que celle-ci ne lui ramènera pas sa fiancée enlevée par des Européens sur un grand voilier. photo Claude Bouchard

Un territoire de légendes La nature du Québec est riche en sites singuliers qui ont suscité d’originales constructions de l’esprit par Yvon Larose L’étrange champ de roches rondes comme des pommes de terre à Rigaud, la Forêt enchantée du lac Témiscamingue et ses arbres au tronc tordu, la Roche pleureuse de l’Isle-auxCoudres avec ses gouttes d’eau qui perlent… Ce sont là autant de lieux géographiques particuliers qui ont donné naissance, au Québec, à des légendes. Le 30 octobre, au Montmartre canadien de Québec, le chargé de cours Henri Dorion, du Département de géographie, a présenté une dizaine de ces sites singuliers lors d’un exposé faisant partie des Grandes Conférences du mardi de la Direction générale de la formation continue. Sa présentation s’inspirait de son livre Lieux de légendes et de mystère du Québec, paru aux Éditions de l’Homme. Une légende raconte qu’un cultivateur, venu s’établir dans le village de Rigaud pour y faire pousser des pommes de terre, a constaté, du jour au lendemain, que les patates qui poussaient dans son champ étaient changées en roches rondes. Le Bon Dieu l’avait puni pour avoir travaillé sur sa terre sept jours par semaine, en oubliant que le dimanche est fait pour prier. « L’explication scientifique, indique Henri Dorion, est que le champ de roches est la conséquence d’un glacier. Celui-ci, en s’avançant, a arraché des blocs de pierre du socle rocheux, les a roulés en les mélangeant au sable et au gravier et les a déposés au flanc des collines. Plus tard, le vent et l’écoulement des eaux de surface ont évacué le sable, révélant un champ de roches. » Qu’il s’agisse de la Tête de l’Indien, de la Griffe du Diable ou de la Caillasse d’enfer, les phénomènes présentés par Henri Dorion sont souvent en lien avec les formations rocheuses. « Il arrive souvent que la légende

voie dans ces formes des personnages qui auraient été transformés pour l’éternité, constate-t-il. Elle y fait référence plus souvent qu’aux arbres, par exemple, qui n’ont pas de caractère permanent. » Une exception est la Forêt enchantée, un boisé de cèdres sur les bords du lac Témiscamingue. Le cèdre pousse normalement bien droit. Or à cet endroit les troncs, et surtout leur base, présentent des torsions bien visibles. Selon la légende, chaque arbre renfermerait l’âme inquiète et souffrante d’un Amérindien mort au combat au temps de la colonie. L’explication, selon Henri Dorion, se trouve dans la proximité du lac. « Celle-ci soumet les jeunes pousses des arbres à l’action du vent changeant et constant. Le vent a beau jeu d’imprimer aux pousses des inclinaisons successives que leur croissance n’a pas modifiées. » Selon lui, les légendes ont souvent pris naissance devant un rocher qui ressemblait à s’y méprendre à la tête ou au corps d’un personnage, en général une femme ou un Amérindien. « L’imagination se débride, soutientil,et imagine le personnage en chair et en os que le rocher a dû être un jour. » Au Québec, le Bon Dieu, le Diable, le Grand Manitou et les Géants sont des agents créateurs de légendes. « Le Diable plus souvent que le Bon Dieu, affirme Henri Dorion. Au Québec, la religion a longtemps dominé le monde spirituel et mythique. Elle a constitué un contexte favorable au développement de légendes, celles-ci faisant référence à des mondes parallèles, en dehors du concret. » Ce dernier rappelle que l’on trouvait bien mystérieux dans le passé que l’eau puisse surgir de la pierre sans jamais se tarir, avant

qu’on ne découvre les processus particuliers de l’érosion karstique dans la roche calcaire. Le phénomène a d’ailleurs donné naissance à la légende de la Roche pleureuse. Une femme, après avoir attendu en vain le retour de son mari pêcheur, se laissa mourir de désespoir et fut transformée, par les dieux,en

rocher. Ce rocher laisse couler des gouttes, les larmes de la femme pétrifiée, dans un bassin. Pour les scientifiques, il s’agit d’eau qui s’est infiltrée dans le sol sur les plus hautes terres et qui, après un parcours souterrain entre les couches de roches sédimentaires, a trouvé une sortie.

La Roche pleureuse dans sa forme légendaire : une femme de l’Isle-aux-Coudres qui mourut de désespoir et fut pétrifiée par les dieux. illustration Anik Dorion-Coupal

La légende de la Roche pleureuse s’inspire d’une formation rocheuse qui laisse couler des gouttes d’eau.


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monde

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À partir de la maquette, on peut voir tous les problèmes et les erreurs par rapport au positionnement des rues

Cette maquette géante permet de mieux comprendre la configuration du quartier de Diamalaye. Elle a attiré notamment quelques femmes, qui ont discuté de l’emplacement idéal pour un éventuel marché. photo Matthieu Dessureault

Cartographie de l’anarchie Quatorze étudiants en architecture conçoivent une maquette géante d’un quartier de Dakar afin d’étudier les problèmes de cette zone qui s’étend de façon tentaculaire par Matthieu Dessureault Un petit groupe de Sénégalais se massent autour de la place principale de Diamalaye sous un thermomètre frôlant les 40°. Le soleil plombe, le vent soulève un nuage de sable. Jusqu’ici, rien d’inhabituel. Sauf la scène : depuis une semaine, une dizaine d’étudiants en architecture travaillent d’arrache-pied à représenter chaque maison, la mosquée et les puits du quartier à l’aide de petits blocs de béton. De toute évidence, leur travail ne laisse personne indifférent. Et c’est bien là l’objectif. « Le but est d’avoir un effet dans le quartier. La maquette va être tellement grande que les gens vont pouvoir se l’approprier et marcher à l’intérieur », explique le professeur André Casault, instigateur de ce projet inédit.

« Certains pensent qu’ils sont fous de jouer avec des blocs sous le soleil, mais ce qu’ils font est dans notre intérêt ! », s’exclame en wolof un septuagénaire, Ousseynou Gueye, l’un des premiers habitants de Diamalaye. « À partir de la maquette, on peut voir tous les problèmes et les erreurs par rapport au positionnement des rues. Les gens s’installent inconsciemment sans penser à l’organisation de l’espace. » Enclavé entre une dépression topographique et Mbeubeuss, une montagne de déchets qui s’étend sur plus de 600 hectares, Diamalaye fait face à de nombreux enjeux de développement, tels que des inondations récurrentes et la détérioration des zones agricoles au profit des constructions. Les premières familles établies vendent des terrains

aux nouveaux arrivants sans planification aucune. Résultat, les concessions s’accumulent dans un capharnaüm urbanistique. La maquette sert d’outil de discussion afin de proposer des solutions à ces problèmes. Sous l’égide des enseignants Denise Piché et André Casault, les étudiants de l’atelier Habitats et cultures ont préparé une série de propositions, qui seront abordées cette semaine avec les principaux concernés. « On espère, avec cette maquette, amorcer une première réflexion sur ce que l’on veut pour l’avenir du quartier », confie le professeur Casault. Des heures et des heures de palabres en perspective. « L’urbanisme, par tradition, est réservé aux élites, qui prennent les décisions. On essaie de changer le processus en allant voir la population pour discuter avec elle », explique Jean-François Julien, étudiant à la maîtrise en architecture, qui se penche sur l’idée d’une coopérative agricole où pourraient travailler les récupérateurs de la décharge Mbeubeuss, appelée à fermer. Cette entreprise complexe permet aux futurs architectes de vivre une expérience enrichissante sur les plans personnels et

professionnels, selon Sarah-Émilie Vallée, étudiante à la maîtrise en architecture. « La communication avec la population n’est pas toujours facile, mais il faut s’adapter. En architecture, c’est super important de pouvoir travailler dans différents contextes. » De retour à Québec, les étudiants continueront de se pencher sur les différents enjeux du quartier. Les résultats de leurs recherches seront transmis aux autorités et à la population de Diamalaye. André Casault reconnaît qu’il est difficile de prévoir les retombées concrètes du projet. « On sème des idées ici et là, mais on ne sait pas quand elles vont germer, explique-til. Mais je dirais que les gens qui participent aux discussions autour de la maquette sont plus conscients du besoin de planification. Ils savent que, pour avoir une maternité ou une école, ils doivent travailler ensemble et s’organiser ! » Matthieu Dessureault a tourné sur ce projet un reportage vidéo qui sera diffusé cet hiver à l’émission Campus (Canal Savoir, Télé-Québec).


sports

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Cette année, le spectacle de danse du PEPS aura lieu le vendredi 30 novembre. photo PEPS

La fièvre de la danse Le PEPS offre 14 styles allant de l’acrodanse à la zumba par Catherine Lévesque Depuis plus de 30 ans, le PEPS offre des cours de danse diversifiés. Ses instructeurs enseignent 14 styles sous un même toit. Ils proposent des plages horaires en soirée et le midi, de même que différents niveaux. Pa r m i l e s n o u ve a u t é s , l’acrodanse à deux est une activité de couple qui vous fera expérimenter des acrobaties ! Tout en abordant des concepts de danse à deux, elle met l’accent sur l’aspect acrobatique (portées, etc.). Bien que simples à effectuer, les mouvements enseignés peuvent épater la galerie. Des exercices d’échauffement, de renforcement et d’étirement sont au programme. Dansé au son des big bands  américains, le swing se danse en couple et déborde de dynamisme et de joie de vivre. Issu de la culture afroaméricaine, il est pratiqué un peu partout dans le monde. À la fois simple et spectaculaire, il est accessible à tous et s’apprend en peu de temps. Le cours aura lieu le mardi et mercredi en soirée dès la session prochaine. Ajouté récemment à la programmation, le charleston, aussi d’origine afroaméricaine, a été popularisé dans les années 1920. Il se danse en solo, à deux ou en groupe sur les rythmes endiablés du jazz hot. Il est reconnaissable par ses coups de pieds, torsions et sautillements. Très en vogue,

il est à l’origine de nombreuses danses modernes comme le swing, les claquettes et le hip hop. En plus de développer votre coordination et votre aisance à bouger sur la musique, il saura vous aider à maintenir la forme musculaire et cardiovasculaire. Le cours sera offert à la session d’hiver pour les débutants le vendredi de 12 h à 13 h 25. Un autre style actuel est celui de la danse africaine. Celui-ci permet d’apprendre à maîtriser son corps dans l’espace ainsi que sa gestuelle, tout en relâchant les tensions. Il apprend à ressentir l’énergie du groupe ainsi qu’à travailler la mémoire des gestes et des pas. L’intensité du travail cardiovasculaire est soutenue. La capoeira, vous connaissez ? Ce style d’art martial afro-brésilien est un savant mélange de mouvement de danse et d’acrobaties. Il comporte aussi des techniques de combat sur des musiques stimulantes. Dans la même famille, le maculelê est une autre danse de combat qui s’effectue sur un rythme différent. Faisant appel à l’expression spontanée, il évoque l’Afrique par ses costumes et sonorités. Les danseurs utilisent des bâtons qui frappent le sol et tournoient en l’air. Ce cours se tiendra le mercredi midi à la session prochaine. Le tango argentin, quant à lui, explore la marche à deux.

Les premières semaines permettent de développer une entente entre les partenaires, d’apprendre les déplacements sur une piste de danse et de développer la musicalité et l’expression de soi dans le rôle de « guide » et de « guidé ». Viennent ensuite les mouvements plus complexes de pivot et de rythme. Une classe pour débutants sera offerte à l’hiver, le jeudi de 17 h à 18 h 25. Les danses latines, quant à elles, vous feront découvrir toute une culture à travers différents styles tels que la salsa, le merengue et la bachata. Dans ce cours pour débutants et initiés, vous apprendrez les différents mouvements de hanches et d’épaules ainsi que le déplacement rythmé des pieds dans des exercices individuels et en couple.

Très exigeant sur le plan technique, le ballet classique est enseigné du niveau débutant jusqu’aux pointes

Le baladi connaît encore beaucoup de succès. Il est offert dans quatre groupes, allant de débutant à intermédiaire. Cette danse du MoyenOrient (style égyptien) met à contribution les hanches et les épaules et exige de la souplesse. Il permet de se divertir et de se mettre en forme au son de la musique des mille et une nuits. Empreint de douceur et de grâce, le ballet classique est enseigné du niveau débutant jusqu’au port des pointes, au niveau avancé. Les positions et le maintien du corps sont à la base des techniques enseignées sur de la musique classique. La danse contemporaine confère fluidité et ampleur à vos mouvements ainsi qu’une meilleure conscience du corps. Le cours intègre des exercices techniques et de l’improvisation dirigée pour expérimenter seul, à plusieurs ou en groupe. Il explore plusieurs styles artistiques en collaboration avec des musiciens, comédiens et peintres. Le cours débutant-initié s’offrira à l’hiver le jeudi de 20 h à 21 h 25. Le moderne jazz sollicite particulièrement le tronc et s’exécute souvent au sol, sur des percussions. On cherche à développer une meilleure conscience du corps par l’exploration du mouvement et de l’espace. Quant au breakdance, il allie force et souplesse dans un mélange de mouvements acrobatiques et de déplacements au sol exécutés sur de la musique rap. La danse urbaine, elle, rejoint particulièrement les jeunes. Les mouvements se font sur une musique rythmée tirée de vidéos connus (funky, hip hop, rap). Plusieurs niveaux sont offerts à l’hiver 2013. Le PEPS pense aussi aux enfants âgés de 4 à 14 ans. Le programme jeunesse propose des leçons de capoeira, cheerleading, hip hop, danse créative et zumba. Plusieurs activités permettent aux parents de s’inscrire avec leur jeune. Les cours sont offerts pendant la fin de semaine en matinée. Pour couronner la fin de la session, le PEPS organise depuis 36 ans son traditionnel spectacle de danse. Lors de cette soirée, plus de 300 danseurs et danseuses se regroupent pour en mettre plein la vue sur la scène du Théâtre de la cité universitaire, du pavillon Palasis-Prince. Cette année, le spectacle aura lieu le vendredi 30 novembre, dès 19 h 30. Les billets qui n’auront pas trouvé preneurs lors de la prévente seront mis en vente le soir du spectacle, à la billetterie du Théâtre, au coût de 18 $ (12 $ pour les 10 ans et moins). www.peps.ulaval.ca

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en bref

Faites un bon coup ! C’est en ces mots que le PEPS s’adresse à ses usagers sur des affiches posées près de la piste d’athlétisme ainsi que des terrains de tennis, badminton, racquetball et squash. Les nouveaux panneaux visent à conscientiser les gens au respect des consignes de réservation de terrains. Celles-ci assurent un bon fonctionnement général et un partage équitable du temps d’utilisation. Or, elles ne sont pas toujours suivies. « Si nous ressentons le besoin de rappeler les règles fondamentales, dit Jean-Pierre Collin, coordonnateur aux activités récréatives, c’est pour dissiper la méconnaissance qui subsiste à leur égard, mais aussi pour décourager l’usage frauduleux que certains font des installations. » Suivant la période de sensibilisation, des efforts soutenus seront déployés pour s’assurer que les politiques en vigueur depuis l’ouverture du PEPS sont bien appliquées. www.peps.ulaval.ca – section Réservation de terrains

Tournoi de hockey cosom Fin novembre aura lieu le tournoi de hockey cosom du programme intra-muros. Ce tournoi s’adresse à tous ceux et celles qui pratiquent ce sport. Les équipes formées d’étudiants de l’Université ont toutefois priorité sur celles provenant du public et n’évoluant pas dans les ligues. Plusieurs catégories de jeu sont proposées : B, C, mixte et mixte +. Le tournoi est très abordable. Pour y participer, il en coûte 145 $ pour une équipe de la ligue ou du campus et 190 $ pour une équipe provenant de l’extérieur. Les 23, 24 et 25 novembre au PEPS. www. peps.ulaval.ca – section Ligues intra-muros

Champions de crosscountry L’équipe masculine de cross-country du Rouge et Or a terminé au deuxième rang lors du championnat canadien qui se tenait samedi dernier à London en Ontario. C’est la première fois de l’histoire du programme que l’Université Laval termine la compétition nationale sur le podium. L’équipe de Québec n’a été devancée que par les Gryphons de Guelph. Sur le plan individuel, Emmanuel Boisvert a pris le 8e rang, terminant l’épreuve du 10 km avec un temps de 31:51. Charles Philibert-Thiboutot a pour sa part terminé 14e grâce à un chrono de 32:17. Les deux étudiants-athlètes ont été nommés sur la deuxième équipe d’étoiles de Sport interuniversitaire canadien. Quant aux filles, elles ont pris la 14e position. Caroline St-Pierre a offert la meilleure performance du Rouge et Or en obtenant une 50e place au 5 km.


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au fil de la semaine

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Choc entre droits collectifs et individuels : le cas de la grève étudiante Les professeurs de droit Christian Brunelle et LouisPhilippe Lampron, tous deux de l’Université, s’apprêtent à donner une conférence qui fera mouche. Son titre ? « La liberté d’expression et d’association en contexte de crise : Le cas de la grève étudiante ». En 2012, alors que la levée de cours était votée démocratiquement par les membres de certaines associations étudiantes, les tribunaux n’ont pas hésité à prononcer, à la requête d’étudiants « dissidents », des ordonnances visant à leur permettre d’accéder librement aux salles de cours. Plusieurs ont alors remis en question la légalité de la grève comme moyen de pression en contexte étudiant. Qu’en est-il vraiment ? Cette conférence est organisée par la Chaire La philosophie dans le monde actuel et l’Institut d’éthique appliquée. Mercredi 21 novembre à 15 h 30, à la salle 2B du pavillon Charles-De Koninck.

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Guitariste prodige en concert

Haut le ballon

Cinéconférence à propos de Rencontre

Georges Laraque et le véganisme

Journée carrière en santé et services sociaux

La santé version 3.0  : entre éthique et génétique 

Ce sera la grande foire de l’emploi pour tous les étudiants et diplômés en médecine, réadaptation, kinésiologie, orthophonie, médecine dentaire, pharmacie, sciences infirmières, nutrition, psychologie et service social. Tous sont invités à venir rencontrer des représentants de plusieurs centres hospitaliers, cliniques privées, agences de santé, centres de santé et de services sociaux, centres de réadaptation et commissions scolaires. C’est une occasion parfaite pour bâtir son réseau professionnel et découvrir les possibilités dans son domaine. Qui sait ? On peut aussi y trouver l’emploi de ses rêves.

La prochaine Chaire publique ÆLIÉS portera sur les soins de santé personnalisés, qui s’appuient sur une meilleure connaissance du profil génétique et physiologique des patients. Si certains spécialistes n’en pensent que du bien, d’autres estiment que l’idée comporte des risques éthiques. Or, le gouvernement du Québec vient d’annoncer qu’il injectera 20 M $ d’ici 2015 pour en soutenir le développement. Pavel Hamet, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génomique prédictive à l’Université de Montréal, son collègue Hubert Doucet, directeur des programmes de bioéthique, et Mélanie Bourassa-Fortier, professeure de droit à l’Université de Sherbrooke, débattront de la question. La soirée sera animée par la journaliste Françoise Guénette.

Deux parties de volleyball attendent samedi soir le Rouge et Or qui affrontera Sherbrooke. Du côté En pleine tournée amédes femmes, le Vert et Or ricaine et canadienne, est la seule équipe à avoir Thibault Cauvin, ce guitabattu le club de l’Université riste français de 24 ans au talent immense, s’arrête sur Laval depuis le début de la saison. Il y aura donc le campus le temps d’un revanche en vue. Catherine concert. Il interprétera Laurin et Sophie Dallaire des œuvres signées Astor Piazzola, Billy Strayhorn et représentent les deux éléTom Jobim, entre autres. Cet ments notoires en attaque. Concernant les hommes, il ambassadeur du renouveau faut souligner que l’équipe a de la guitare « classique » remporté toutes ses parties parcourt le monde pour de ligue depuis le 25 janvier partager sa musique. Il a obtenu pas moins de 13 pre- 2008, soit une séquence miers prix internationaux et de 88 matchs consécutifs ! Frédéric Mondou et Tommy enregistré 6 disques, dont Belisle (photo) à l’attaque Cities, en 2012. sont les joueurs de Laval à surveiller. Rappelons que Jeudi 15 novembre à 20 h, la saison de volleyball est à la Maison généralice encore jeune puisqu’elle n’a des Sœurs du Bon-Pasteur débuté que le 2 novembre. (2550, rue Marie-Fitzbach), en face du jardin botanique Roger-Van den Hende. Samedi 17 novembre à 18 h pour les femmes et à 20 h Billets disponibles à la pour les hommes, au grand porte ou au bureau 3312 gymnase du PEPS. du pavillon Louis-Jacqueshttp://rougeetor.tv. Casault au coût de 25 $ pour le grand public et 20 $ pour les étudiants.

La toute nouvelle association étudiante Cinéma Politica organise une projection du film Rencontre, tourné en 2011 par Mélanie Carrier et Olivier Higgins, un couple d’aventuriers biologistes et cinéastes. Ce documentaire raconte le périple de 21 jours réalisé par de jeunes Innus, Hurons-Wendat et Saguenéens le long du sentier des Jésuites, un chemin ancestral de 310 km qui relie le lac Saint-Jean à Québec. La projection sera suivie d’une discussion avec Mélanie Carrier, réalisatrice, et Natacha Gagné, professeure au Département d’anthropologie et spécialiste des questions autochtones contemporaines. À voir absolument. Lundi 19 novembre à 19 h, au Théâtre de poche du pavillon Maurice-Pollack. Prix d’entrée : 10 $.

L’Association végétarienne et végétalienne de l’Université projette le film Terriens, version française de Earthlings, réalisé par Shaun Monson. La version française est narrée par le joueur de hockey Georges Laraque. Ce dernier sera sur place pour présenter le film. Après la projection, il parlera du véganisme, ce mode de vie fondé sur le refus de l’exploitation animale. Terriens est un documentaire américain sur les actions négatives de l’être humain envers les animaux. Les dons recueillis iront à un organisme venant en aide aux bêtes.

Mardi 20 novembre à 19 h, à l’amphithéâtre 1112 du pavillon Adrien-Pouliot. L’activité est gratuite, mais Mardi 20 novembre de 11 h une contribution volontaire à 16 h 30, à la cafétéria du serait appréciée. Non recompavillon Ferdinand-Vandry. mandé aux 13 ans et moins.

Consultez le calendrier complet des activités sur le campus à ulaval.ca

Mercredi 21 novembre de 19 h à 21 h, à l’amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins.


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