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Perles du Nord p5

Janvier animé p8-9

Volume 53, numéro 14 11 janvier 2018

photo Axelle Marchant

Fière équipe

Une étude sur la levure menée par l’équipe de Christian Landry figure parmi les découvertes de l’année 2017 de Québec Science. p3


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actualités UL

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Vers une santé durable de la population participant à PULSAR ont un défi commun à relever. « Un chercheur en architecture qui parle à un chercheur en nutrition, ce n’est pas d’emblée naturel, dit-il. Nous avons tous des outils très spécifiques compréhensibles seulement dans notre discipline, avec un langage disciplinaire. Nous devons collectivement développer un langage commun. » Le professeur Tremblay dirige l’UMRsu depuis près de trois ans. « Nos travaux, e x p l i qu e - t - i l , t o u ch e n t notamment à la mobilité, à la sécurité, à l’environnement et aux infrastructures urbaines. Nous voyons beaucoup de potentiel à l’exploitation des banques de données accessibles grâce à PULSAR. Nous devrons non seulement les croiser, mais faire les analyses appropriées. Plein de projets de recherche vont pouvoir émerger de cette plateforme qui sera l’une des forces de l’Université, une force d’autant plus grande que les données du monde réel positionneront avantageusement notre établissement relativement à l’effervescence de l’intelligence artificielle. » Benoît Lamarche abonde dans le même sens. La plateforme en santé durable offrira à l’Université Laval une occasion unique de se démarquer, tant au Québec et au Canada qu’à l’international. « Nous pouvons être très originaux dans notre façon de réfléchir à la santé, soutient-il. Nous allons nous distinguer dans la variété des angles d’approche, dans la diversité des expertises associées au projet. Cette nouvelle façon de voir offre de nouvelles possibilités de recherche qui permettront de répondre à des questions qu’on ne pense même pas encore poser. »

Le concept de santé durable repose sur des conditions de vie et un environnement sains, enrichissants et épanouissants.

PULSAR, le vaste projet institutionnel de plateforme collaborative de recherche et d’intervention en santé durable, franchira bientôt une nouvelle étape dans sa mise en œuvre par Yvon Larose En ce début d’année, l’Université Laval enclenchera la phase de démonstration d’un ambitieux projet de platef o r m e c o l l a b o r a t i ve d e recherche et d’intervention en matière de santé durable. Le concept de santé durable repose sur des conditions de vie et un environnement sains, enrichissants et épanouissants. Appelé PULSAR, le projet réunit déjà des di zaines de chercheurs de l’Université, provenant de plusieurs facultés et centres de recherche, regroupés au sein d’équipes interdisciplinaires. Lors de la phase de démonstration, des projets pilotes seront intégrés à PULSAR. Ils permettront de tester les technologies de partage de données ainsi que le modèle de gouvernance de la plateforme. Le déploiement officiel suivra. Une fois lancé, PULSAR sera le point de convergence d’informations de sources multiples. Le croisement de ces données permettra d’évaluer l’ensemble des facteurs ayant une in cidence sur la santé de la population de la grande région de Québec, pour ensuite agir dans une approche holistique. « Le projet PULSAR est novateur, complexe, audacieux et emballant, affirme le professeur Benoît Lamarche, de l’École de nutrition. Nous sommes à l’aube d’une

révolution, nous sommes en train d’assister à un changement de paradigme quant à la manière d’approcher la santé de la population. » Selon l’approche classique, l e méd eci n abor d e s on patient « dans sa simplicité », le professionnel de la santé travaillant habituellement avec quelques facteurs de risque avant de prescrire un ou deux médicaments. « Or, poursuit le professeur, la recherche scientifique démontre de plus en plus que les facteurs comme les habitudes de vie et l’environnement de la personne, ainsi que des facteurs sociaux comme la situation économique, sont, eux aussi, des déterminants incontournables de la santé. PULSAR veut aller plus loin que la médecine personnalisée et qu’une approche principalement curative. Nous voulons voir la santé de l’individu dans son contexte, dans sa globalité, pour ensuite adapter les interventions. Nous voulons observer, comprendre et agir. Nous voulons fournir des outils d’aide à la décision aux décideurs publics, des outils qui vont influencer l’ensemble des variables ayant une incidence à long terme sur la santé. » La vision qui guide le projet PULSAR est née des travaux d’Alliance santé Québec, une initiative de l’Université

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Le projet PULSAR est novateur, complexe, audacieux et emballant

Laval vouée à la santé durable. Cet automne, PULSAR a mobilisé une soixantaine de chercheurs de l’Université dans des ateliers où ils ont réfléchi aux meilleures pratiques à appliquer dans la mise en œuvre du projet, que ce soit en matière de gouvernance, d’éthique, de sécurité des données ou d’acceptabilité sociale. Parallèlement à ces travaux, la Direction des technologies de l’information a entrepris la mise en place de l’infrastructure technologique qui soutiendra PULSAR. « Les chercheurs du Centre de recherche en données massives de l’Université, par exemple, apporteront à PULSAR leur expertise de recherche et leurs techniques d’analyse, souligne Benoît Lamarche. On pourra interroger des données générées par les chercheurs de l’Université dans le cadre de leurs travaux. On pourra aussi interroger des données stockées ailleurs que sur le campus, comme celles de la Ville de Q uébec s ur la

On peut le lire en ligne à lefil.ulaval.ca et s’abonner gratuitement à un avis de parution électronique.

Le journal de la communauté universitaire Fondé en 1965, Le Fil est un hebdomadaire publié 29 fois par an par la Direction des communications de l’Université Laval et distribué gratuitement sur le campus.

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qualité des milieux de vie, des environnements, du transport actif et de bien d’autres facteurs. » Deux autres chercheurs ont participé à l’entrevue accordée au Fil. Il y avait, d’une part, André Potvin, professeur à l’École d’architecture et directeur de l’Institut Hydro-Québec en environnement, développement et société (EDS), et, d’autre part, Sébastien Tremblay, professeur à l’École de psychologie et directeur de l’Unité mixte de recherche en sciences urbaines de l’Université Laval (UMRsu). « L’Institut EDS regroupe plus de 100 chercheurs et fait la promotion du développement durable par des activités d’animation et de recherche interdisciplinaire, indique André Potvin. Or, la santé durable constitue un axe transversal absolument emballant qui interpelle nos cinq domaines de recherche : gouvernance, villes et territoires, eau, biodiversité et Pour de plus amples changements climatiques. » informations : Selon lui, les chercheurs www.pulsar.ulaval.ca

Rédaction Éditeur : Jacques Villemure, directeur des communications Rédactrice en chef : Claudine Magny Journalistes : Matthieu Dessureault, Jean Hamann, Yvon Larose Collaborateurs : Jenny Aumais, Pascale Guéricolas, Stéphane Jobin, Renée Larochelle, Mathieu Tanguay Collaborateurs au Web : Carl Bélanger, Thierry Mellon Rédactrice-réviseure : Manon Plante Agente de secrétariat : Sophie Leroux

Production Infographie : Geneviève Bolduc, Service de reprographie de l’Université Laval Impression : TC Imprimeries Transcontinental, Québec (Québec)

Placements publicitaires Claudine Trudel 418 656-2131 poste 6415 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec, ISSN 022-1-1965

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biologie

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La levure possède plus de 1 000 gènes qui ont un équivalent chez l’humain. Pour la moitié de ceux-ci, le gène de la levure peut être remplacé par le gène humain sans que le fonctionnement de la levure en soit affecté

Levain fertile Une étude sur la levure menée par l’équipe de Christian Landry figure parmi les découvertes de l’année 2017 de Québec Science par Jean Hamann Aux critiques qui lui reprochaient d’avoir consacré toute sa carrière à l’étude de la modeste grenouille, le biologiste et écrivain français Jean Rostand répondait : « Il y a toute la biologie dans la grenouille. » Christian Landry, lui, croit que toute la biologie évolutive, ou presque, se cache dans la levure à pain. C’est d’ailleurs pourquoi le professeur du Département de biologie a fait de cet humble champignon son outil de travail depuis plus d’une décennie. Cette décision l’a bien servi jusqu’à présent : il compte une centaine d’articles scientifiques à son actif, il a participé à la formation d’une cinquantaine d’étudiants-chercheurs et de stagiaires postdoctoraux et il collectionne les honneurs. Le dernier en date : le magazine Québec Science a retenu une étude qu’il a menée avec ses collaborateurs Guillaume Diss, Isabelle GagnonArsenault, Anne-Marie Dion-Côté, Hélène Vignaud, Diana Ascencio et Caroline Berger parmi les 10 découvertes de l’année 2017 au Québec. L’étude en question confirme une idée reçue en biologie évolutive – la présence de plus d’une copie d’un même gène dans le génome d’un organisme peut augmenter sa résilience face aux mutations –, mais elle démontre également son contraire. En effet, la redondance génétique rend parfois les organismes plus vulnérables aux effets néfastes des mutations (https://www.lefil. ulaval.ca/resilient-ou-fragile-2/). Cette découverte fondamentale ébranle l’une des colonnes du temple de la biologie évolutive, ce qui explique sans doute pourquoi Science, l’une des plus influentes revues scientifiques, l’a publiée dans ses pages le 9 février dernier.

Les médias ne se sont pas fait l’écho de cette découverte, un choix qui peut se défendre tant le sujet semble à mille lieues de nos préoccupations quotidiennes. Et pourtant, cette étude aborde un problème commun à tous les organismes vivants, incluant l’humain. La répétition d’une partie de notre génome est associée à des maladies telles que la trisomie 21, le syndrome de l’X fragile et certains cancers, de même qu’à certaines facultés comme notre capacité à distinguer les couleurs et les odeurs. Nous avons plus en commun avec la levure qu’il y paraît. « La levure possède plus de 1 000 gènes qui ont un équivalent chez l’humain. Pour la moitié de ceuxci, le gène de la levure peut être remplacé par le gène humain sans que le fonctionnement de la levure en soit affecté. Ces gènes sont impliqués dans les processus cellulaires fondamentaux, incluant le cycle cellulaire, la transcription, la traduction, le transport et la dégradation des protéines et aussi le métabolisme énergétique », signale Christian Landry, qui mène ses travaux à l’Institut de biologie intégrative et des systèmes. C’est pendant son doctorat à l’Université Harvard que le chercheur a fait de la levure son pain quotidien. « Je travaillais avec la mouche à fruits, un autre modèle très utilisé en génétique, et j’ai réalisé que cet insecte était trop complexe pour les recherches que je voulais mener, explique-t-il. Le génome complet de la levure avait été séquencé et il existait des méthodes efficaces pour activer, inactiver ou remplacer certains de ses gènes. » Grâce à ces outils, Christian Landry et ses collaborateurs étudient l’effet de gènes individuels sur la régulation des protéines, leur structure tridimensionnelle, leur as­­ semblage et leurs interactions, ce qui peut

Christian Landry, au centre, entouré de son équipe. « En sciences, les honneurs sont souvent individuels, mais ils résultent d’un travail d’équipe. J’ai des étudiants extraordinaires », affirme le chercheur. photo Axelle Marchant

éclairer les mécanismes responsables de certaines maladies humaines. Le professeur explore également des questions plus fondamentales touchant les processus évolutifs qui façonnent le monde vivant. Le chercheur ne tarit pas d’éloges à l’endroit de la levure, mais il lui reconnaît toutefois un gros défaut. « Il faut régulièrement justifier nos travaux, surtout auprès du grand public et des journalistes, et démontrer leur pertinence en faisant valoir les retombées possibles de nos découvertes sur la santé humaine. » Il admet sans détour que c’est avant tout l’étude des mécanismes évolutifs qui le motive, mais il croit fermement aux retombées potentielles de ses travaux sur la compréhension des maladies humaines.

« Tout le monde s’entend pour dire qu’il est préférable qu’une recherche ait des retombées pratiques pour la population. Toutefois, l’histoire montre qu’il est impossible de prédire quelle recherche conduira à des applications intéressantes », rappelle le chercheur. C’est pourquoi il croit que les organismes subventionnaires devraient soutenir davantage la créativité scientifique dans une grande variété de domaines afin de générer la matière première grâce à laquelle la science évolue. En cela, il faut s’inspirer de l’évolution, conclut-il. « Mieux vaut maintenir un bon réservoir de biodiversité parce qu’on ne sait jamais quels gènes seront utiles un jour. »


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médecine

en bref

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Circuits gagnants Des chercheurs proposent une nouvelle approche pour améliorer la greffe de neurones chez les personnes atteintes de parkinson par Jean Hamann

Vœux de la rectrice Chers membres de la communauté universitaire, Je profite de ce début de session pour vous souhaiter une belle et heureuse année 2018 ! Que cette année soit remplie de santé et de plaisir dans vos études et dans votre travail. Aussi, qu’elle soit empreinte de fierté pour notre université. La nouvelle année qui s’amorce sera parsemée de défis divers. Votre force de caractère me rend fort optimiste. Je formule le vœu que nous poursuivions, tous ensemble, la mission d’excellence de l’Université. Aux étudiants, aux employés et à tous ceux qui contribuent à faire de notre campus un milieu de vie dynamique et enrichissant, je vous remercie et vous souhaite une bonne continuation. La rectrice, Sophie D’Amours

Bonne rentrée 2018 ! Pour tout découvrir ce que vous offre la vie universitaire, participez à l’événement Rentrée UL, qui aura lieu le mardi 16 janvier, de 9 h 30 à 17 h, aux pavillons Alphonse-Desjardins et Maurice-Pollack. Venez chercher votre agenda, récupérer votre carte d’identité étudiante, vous inscrire aux acti­vités sportives, tout en ayant la chance de rencontrer les représentants de plusieurs services et associations é­ tudiantes. Vous pourrez éga­lement en profiter pour obtenir votre carte OPUS Étudiant + au dépanneur Chez Alphonse. Organisée par le Bureau de la vie étudiante en collaboration avec Desjardins, la Rentrée UL est ­l’événement parfait pour tout savoir sur l’Université Laval à un seul endroit. photo Marc Robitaille

Pour plus d’information : www.ulaval.ca/rentree Suivez-nous sur Facebook : www.facebook.com/ events/132866360727292/ Pour suivre en direct l’événement sur Twitter : @RentreeUL / #RentreeUL17

Traiter les personnes at­­teintes de la maladie de Parkinson en leur greffant des neurones sains est une idée séduisante qui n’a toutefois pas produit les résultats espérés jusqu’à présent. En effet, même si les neurones greffés survivent, ils ne parviennent pas à recréer les circuits de neu­ rones dopaminergiques es­­ sentiels au bon fonctionnement du cerveau. Une équipe interna­t ionale dirigée par Martin Lévesque, professeur à la Faculté de médecine et chercheur au Centre de recherche CERVO, pourrait bien avoir trouvé pourquoi. Dans un récent numéro de Nature Communications, les chercheurs proposent d’ail­ leurs une « recette » pour produire des neurones pouvant re­­constituer les circuits de neurones détruits par le parkinson. Rappelons que la maladie de Parkinson est causée par la mort de neurones qui utilisent la dopamine comme principal neurotransmetteur. « Le cerveau humain renferme des milliards de neurones. De ce nombre, à peine 25 000 sont des neurones dopaminergiques. Ils représentent donc une très petite fraction de l’ensemble, mais ils ont des fonctions très importantes, notamment dans la régulation des mou­ vements et le contrôle des comportements comme la motivation, l’attention et la récompense », signale le professeur Lévesque. Ces neurones forment des circuits qui relient différentes parties du cerveau. « Chaque neurone possède une partie allongée, appelée axone, qui se ramifie et forme une arborescence dont les extrémités établissent des connexions avec d’autres neurones. Un seul axone peut s’étendre sur plusieurs centimètres et influencer les fonctions de centaines de neurones », précise le chercheur. La formation des circuits de neurones dopaminergiques survient d’abord pendant l’embryo­ genèse, mais elle se poursuit jusqu’à l’adolescence. Les neurones et les autres cellules du cerveau produisent des molécules répulsives ou at­­ tractives qui régissent la formation des réseaux de neu­ rones ainsi que leur trajectoire dans le cerveau.

Afin d’établir les conditions gagnantes pour favoriser la reconstruction de ces circuits chez les personnes atteintes de parkinson, les chercheurs ont étudié quels mécanismes étaient activés pendant la formation des réseaux neuronaux chez des souris. « Nous avons profité des avancées dans l’identification des facteurs de transcription – des protéines qui entrent dans le noyau de la cellule et qui contrôlent l’expression des gènes – pour déterminer ceux qui influencent la formation et le guidage des circuits ­n euronaux dopaminergiques », résume le professeur Lévesque. Les analyses des chercheurs révèlent le rôle prépondérant de trois facteurs de transcription – Lmx1a, Lmx1b et Otx2 – qui agissent sur une cible commune, la plexine C1. « Cette protéine est un récepteur qui se trouve à la surface des axones et qui intervient dans leur guidage. Lorsque la plexine C1 est présente dans un neurone dopaminergique, son axone est repoussé et il ne peut s’associer aux autres pour former un réseau. Pour qu’une greffe réussisse, il faut donc s’assurer que les neurones transplantés ne produisent pas de

plexine C1. Cet aspect n’avait pas été pris en compte jusqu’à maintenant dans les tentatives de greffes neuronales pour la maladie de Parkinson. » Martin Lévesque et son équipe ont entrepris d’explorer plus avant cette piste avec l’aide de chercheurs suédois. « Notre projet consiste à prendre des cellules de peau humaine, de les reprogrammer pour en faire des neu­ rones dopaminergiques qu i   n’ e x p r i m e n t p a s l a plexine C1 et de les transplanter dans le cerveau de souris modèles pour le parkinson. Nous espérons ainsi pouvoir recréer des circuits de neurones dopaminergiques fonctionnels dans leur cerveau. » Si les résultats

sont probants, ils ouvriraient la porte à des essais chez l’homme. « Cette façon de faire assurerait un apport suffisant en neurones tout en réduisant les risques de rejet puisque les cellules de la peau proviendraient du patient lui-même », souligne le professeur Lévesque. L’article paru dans Nature Communications est signé par Audrey Chabrat, Guillaume Brisson, Hélène Doucet-Beaupré, Charleen Salesse, Marcos Schaan Profes, Axelle Dovonou, Cléophace Akitegetse, Julien Charest, Daniel Côté et Martin Lévesque, du Centre de recherche CERVO. Les autres signataires sont Suzanne Lemstra et R. Jeroen Pasterkamp, de l’University Medical Center Utrecht, Monica I. Abrudan et Emmanouil Metzakopian, d u S a n g e r I n st i t u t e d e Cambridge, et Siew-Lan A n g , d u F r a n c i s C r i ck Institute de Londres.

La « recette » des chercheurs permettrait de produire des neurones pouvant reconstituer les circuits neuronaux détruits par le parkinson

Cette image montre les neurones dopaminergiques d’un cerveau entier de souris vu en plongée. Les neurones apparaissent comme des points clairs et leurs prolongements, les axones, sont les filaments rouges. Ce sont ces réseaux neuronaux qui sont détruits chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. L’image a été prise grâce à une technique développée au Centre de recherche CERVO. photo Cléophace Akitegetse


recherche

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À la santé de votre foie Les fruits de trois plantes nordiques pourraient contrer les problèmes métaboliques causés par l’obésité par Jean Hamann

Les chercheurs croient que les polyphénols exerceraient leurs effets positifs sur la santé métabolique en agissant sur le microbiote intestinal

Les fruits de l’airelle rouge, ci-haut, de la busserole alpine, ci-bas, et de la chicouté, en bas à gauche, contiennent des polyphénols produisant des effets bénéfiques sur la santé métabolique de souris obèses. photo Jonas Bergsten

désordre serait à l’origine de la résistance à l’insuline. Les polyphénols aideraient à contrer le problème en favorisant les microorganismes bénéfiques et en restaurant l’intégrité de la barrière intestinale. « Ce n’est peut-être pas le seul mécanisme en cause, mais il est clair qu’en rétablissant le microbiote intestinal et l’intégrité de l’intestin, nous avons amélioré l’axe intestin – foie et favorisé une fonction hépatique plus normale chez les souris obèses », résume le professeur Marette. Si les résultats de cette étude étaient confirmés chez l’humain, les personnes obèses qui affichent une résistance à l’insuline et des taux d’insuline anormalement élevés pourraient profiter de la prise d’extraits de petits fruits nordiques. La quantité de polyphénols utilisée dans l’étude équivaut, pour un adulte de poids moyen, à moins d’une tasse de baies fraîches par jour. « À cette dose, les effets obtenus sur le taux de triglycérides et sur la sensibilité à l’insuline s’approchent de ce que l’on obtient avec certains médicaments », signale André Marette. « Ces baies font partie de la tradition des peuples autochtones et nous souhaitons qu’elles continuent d’être consommées par les populations nordiques qui vivent actuellement des changements importants dans l’offre alimentaire, souligne le chercheur. Éventuellement, il faudrait augmenter suffisamment la production de ces petits fruits nordiques pour que les populations du Sud puissent aussi profiter de leurs vertus. »

photo Arnstein Rønning

L’hyperinsulinémie chronique contribue de façon sournoise à l’obésité et à ses complications métaboliques, rappelle le responsable de l’étude, André Marette, professeur à la Faculté de médecine. « Une alimentation riche en sucres et en graisses entraîne une résistance à l’insuline. Cette condition, qui peut conduire au diabète de type 2, force le pancréas à produire plus d’insuline pour faire entrer le glucose à l’intérieur des cellules, ce qui favorise l’accumulation de graisses dans le tissu adipeux et dans le foie. Les extraits de baies arctiques que nous avons testées permettent au foie de métaboliser l’excès d’insuline qui circule dans le sang et de rétablir la sensibilité du foie à l’insuline. » Les chercheurs croient que les polyphénols exerceraient leurs effets positifs sur la santé métabolique en agissant sur le microbiote intestinal. En effet, une mauvaise alimentation favoriserait certains microorganismes qui perturbent la barrière intestinale, laissant passer dans le sang des endotoxines qui causent une inflammation systémique de faible intensité ; ce

photo Laurie L. Consaul/Canadian Museum of Nature

Les excès de la période des Fêtes – et du reste de l’année – mettent votre foie à rude épreuve ? La solution à ce problème pourrait bien se trouver dans de petits fruits méconnus qui poussent dans les régions nordiques. En effet, une étude publiée dans la revue Diabetologia par des chercheurs de l’Université Laval révèle que certains petits fruits nordiques contiennent des molécules anti-inflammatoires qui réduisent l’accumulation d’acides gras dans le foie et préviennent la résistance à l’insuline. L’équipe de chercheurs de l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels et du Centre de recherche de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec – Université Laval a testé l’effet de polyphénols extraits de cinq petits fruits nordiques sur des souris soumises à un régime riche en sucres et en graisses. Les extraits provenant de la chicouté, de la busserole alpine et de l’airelle rouge ont amélioré la sensibilité à l’insuline, réduit l’accumulation de triglycérides dans le foie et favorisé l’élimination de l’excès d’insuline dans le sang de ces souris.

Les auteurs de l’étude publiée dans Diabetologia sont Fernando Anhê, Thibault Varin, Mélanie Le Barz, Geneviève Pilon, Stéphanie Dudonné, Jocelyn Tr o t t i e r, P h i l i p p e St - P i e r r e , Michel Lucas, Mélanie Lemire, Éric Dewailly (décédé depuis), Olivier Barbier, Yves Desjardins, Denis Roy et André Marette, de

l ’ Un i ve r s i t é L av a l , e t C o r y Harris, de l’Université d’Ottawa. Les auteurs dédient leur article à Éric Dewailly, une figure de proue de la recherche en santé environnementale dans les régions circumpolaires. L’étude a été financée par ArcticNet, les IRSC, la Fondation J. A. DeSève et Sentinelle Nord.


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communications

Le monde décrypté Les passionnés de politique et d’actualité internationales ont désormais accès à un blogue et à une émission de radio, tous deux intitulés « 7 jours sur Terre » par Matthieu Dessureault Lancé peu avant les Fêtes, tel un cadeau de Noël avant l’heure, le site « 7 jours sur Terre » réunit des articles, des chroniques et des capsules vidéo qui ont pour but d’expliquer les grands enjeux mondiaux. Il est associé à une émission de radio, diffusée tous les jeudis, de 9 h à 10 h 30, sur les ondes de CHYZ 94,3. Derrière ce projet se ­t r o u ve n t R o s e - H é l è n e B e a u s é j o u r, é t u d i a n t e en études internationales et langues modernes, Benjamin Tremblay, étudiant en communication publique, et Simon Pagé de Varennes, étudiant aux Hautes études internatio­ nales. Ce trio peut compter sur une trentaine de col­ laborateurs répartis aux ­quatre coins de la planète. De Paris à Téhéran, en passant par Pékin et Munich,

ils fournissent des textes sur divers sujets qui touchent l’actualité internationale. Ils collaborent aussi à la pré­ paration des émissions de radio. Par ces multiples collaborations, les étudiants espèrent intéresser les gens d’ici à ce qui se passe ailleurs. Rose-Hélène Beauséjour reconnaît qu’il s’agit là d’un grand défi. « Il faut dire que le Québec fait figure de parent pauvre en matière d’information internationale. La couverture média­ t i qu e d u s p o r t , à t i t r e d’exemple, est trois fois plus importante que l’information internationale. Mais cela ne nous décourage pas. C’est de cette pauvreté de couverture et d’information qu’a germé l’idée de créer la plateforme », explique-t-elle. En plus du blogue et de l’émission de radio, son

En plus du blogue et de l’émission de radio, l’équipe épluche quotidiennement les nouvelles des grands médias à la recherche d’information à relayer sur les réseaux sociaux

équipe épluche quotidiennement les nouvelles des grands médias à la re­cherche d’information à relayer sur les réseaux sociaux. « Les Québécois se fient de plus en plus aux réseaux sociaux pour s’informer. Avec notre page Facebook, nous pouvons rejoindre des gens qui ne seraient pas allés chercher l’information autrement. Nous leur ­of­­frons une information di­­ versifiée, sans ligne directrice », souligne RoseHélène Beauséjour. « La page Facebook est aussi très utile pour servir de relais à tout ce que nous produisons comme con­ tenu, ajoute-t-elle. Ainsi, ceux qui nous suivent sont constamment nourris d’information provenant de diverses sources. Ils n’ont pas à naviguer de page en page ou de média en média. Nous publions sur notre page des baladodiffusions, des capsules vidéo, les nouvelles quotidiennes, des analyses d’experts et les articles des collaborateurs du blogue. » Dans les prochains mois, l’équipe prévoit réaliser davantage de capsules vidéo pour approfondir certains sujets abordés lors des émissions. Elle compte aussi faire intervenir en direct ses collaborateurs à l’étranger, en plus de profiter de la visite d’experts à Québec pour effectuer des entrevues. Le site est disponible à l’adresse 7jourssurterre.com. On peut aussi suivre l’initiative sur Facebook, à l’adresse facebook.com/ 7jourssurterre, et écouter l’émission de radio sur les ondes de CHYZ 94,3 tous les jeudis, de 9 h 30 à 10 h 30.

Le nombre de Québécois qui utilisent les réseaux sociaux comme source d’information ne cesse de grandir. Bien au fait de cette réalité, Rose-Hélène Beauséjour, Benjamin Tremblay et Simon Pagé de Varennes ont adopté une approche multiplateforme pour intéresser leur public à l’actualité internationale.

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sur la dépendance au jeu vidéo

Patrick Beaudoin

Le « trouble du jeu vidéo » (gaming disorder, en anglais) sera ajouté, en juin, sur la liste des maladies reconnues par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les données épidémiologiques manquent encore sur ce type de dépendance caractérisée par une perte de contrôle. Par contre, les experts s’accordent à dire que le phénomène des joueurs vidéo happés par cette activité au détriment de toutes les autres prend de l’ampleur. C’est une réalité que connaît bien Patrick Beaudoin, professeur au Département de psychiatrie et de neurosciences et pédopsychiatre au Centre de pédopsychatrie du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Q Que pensez-vous de cette décision de l’Organisation mondiale de la santé ? R Il y a quelques années, il était très dif­ ficile de faire reconnaître le caractère dépendant d’un comportement. Plusieurs experts considéraient que l’addiction se limitait à la consommation de drogue ou d’alcool. Aujourd’hui, plusieurs traités en psychiatrie montrent qu’il existe beaucoup de similitudes neurobiologiques entre la dépendance comportementale et la dépendance aux substances. Au fond, un jeune qui passe de 10 à 12 heures par jour devant son écran vidéo, au point de négliger ses études ou de s’isoler, res­ semble un peu à un héroïnomane. Dans les deux cas, la consommation ou la pratique d’un comportement libère rapidement de grandes quantités de dopamine, l’hormone du plaisir. Ces patients ont besoin d’être traités. L’addiction constitue une maladie cérébrale. En effet, le cortex préfrontal, qui exerce habituellement le contrôle dans le cerveau, n’intervient plus. Le patient devient prisonnier de ses pulsions. Il s’agit d’un comportement compulsif, envahissant, comme une métastase.

faut que le résultat soit imprévisible et, surtout, qu’il n’y ait pas de fin. On doit continuer à jouer avec des partenaires à travers le monde, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit. Il faut qu’une pra­ tique intensive soit le seul moyen de garder son rang de joueur et de gagner plus d’or, plus de potion magique, etc. Bien évidemment, tous les joueurs ne deviennent pas dépendants. Il existe une disposition génétique qu’on connaît encore mal et le contexte environnemental joue un rôle. D’une part, un jeune qui éprouve des difficultés à créer des liens avec les autres va sans doute avoir plus d’attirance pour des activités sur un ordinateur, car elles ne demandent pas d’habiletés sociales. D’autre part, les statistiques montrent qu’un milieu social peu stimulant favorise une plus grande dépendance aux jeux vidéo ou aux médias sociaux. Dans certains cas, le jeu vidéo permet aussi au jeune de trouver refuge dans un monde virtuel lorsqu’il a l’impression d’avoir déçu ses parents. C’est particulièrement important dans certains pays asiatiques comme la Chine, la Thaïlande ou Taïwan, car les familles exhortent à la réussite scolaire et mettent énormément de pression sur les jeunes. À défaut de répondre aux attentes de ses parents dans la vraie vie, le jeune peut devenir un chef de guerre ou un homme d’affaires à succès à l’écran.

Q Quelles approches thérapeutiques particulières utilisez-vous pour traiter ce genre de dépendance ?

R Il faut d’abord s’assurer que les patients ne souffrent pas d’une autre pathologie, qu’il s’agisse d’anxiété généralisée ou de phobie sociale. Pour les personnes aux prises avec une addiction liée à une fréquentation excessive des écrans, qu’il s’agisse de pornographie, de jeux vidéo interactifs ou de médias sociaux, on peut proposer des traitements psychothérapiques. Ainsi, l’entrevue motivationnelle aide à détecter chez le jeune patient ­quelles activités peuvent lui apporter du plaisir et concurrencer le jeu vidéo. Il faut l’aider à créer une ambivalence par rapport à cette pratique. Autrement dit, il faut qu’une partie de lui ait du plaisir devant un écran, mais qu’une autre partie ait envie de retrouver ses amis qu’il ne voit plus. Cependant, changer un comportement compulsif s’avère très long et très difficile, car le cerveau n’aime pas le changement, et ce, d’autant plus que ce comportement donne un plaisir intense et immédiat. La famille joue un rôle important pour aider à sortir de ce genre de dépendance, car souvent les jeunes se sont isolés. Pratiquer des activités ensemble, recréer un lien, s’intéresser à l’autre Q Comment expliquer qu’une simple pratique ludique puisse changer la façon sont autant de gestes qui peuvent aider une personne à mettre fin à ce comported’agir d’un être humain ? ment compulsif. R La construction même du jeu vidéo favorise la dépendance. En premier lieu, il Propos recueillis par Pascale Guéricolas


génie chimique

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ils ont dit... Le professeur Kaliaguine a signé près de 500 articles dans des revues scientifiques dotées d’un comité de lecture

Sur les suppléments alimentaires

Jean-Pierre Després, Département de kinésiologie Selon Serge Kaliaguine, former les ingénieurs chimiques de demain tout en repoussant les frontières de la connaissance représente « un métier magnifique ». photo Marc Robitaille

Toujours le feu sacré Après un demi-siècle au Département de génie chimique, le professeur Serge Kaliaguine n’a rien perdu de sa passion pour l’enseignement et la recherche par Yvon Larose « Je n’ai pas dans l’idée de prendre ma retraite. La vieillesse a changé de signification. Aujourd’hui, vous avez beau avoir 60, 70, 75 ans, vous n’êtes pas fini. Il y a encore de l’énergie. Il y a encore des choses à faire. » Dès le début de l’interview avec le journaliste du Fil, le professeur Serge Kaliaguine, du Département de génie chimique, tenait à mettre cartes sur table. « À mon âge, dit-il, je n’ai aucune espèce d’envie de modifier ma tâche de professeur-chercheur, ni même de ralentir mon rythme de travail. À titre d’exemple, depuis juin 2017, j’ai été membre de comités de soutenance pour une demi-douzaine de thèses de doctorat rédigées par mes étudiants. J’ai aussi corrigé plusieurs autres thèses. » Les réalisations professionnelles du professeur Kaliaguine sont tout à fait remarquables. En 50 ans, il aura en­­ seigné à quelque 1 200 étudiants au ­p remier cycle. Comme directeur de recherche, il a dirigé une soixantaine d’étudiants au deuxième cycle et une cinquantaine d’autres au troisième cycle, ainsi qu’une cinquantaine de chercheurs postdoctoraux et associés de recherche. Chercheur on ne peut plus productif, il a signé près de 500 articles dans des revues scientifiques dotées d’un comité de lecture. « La passion, pour un professeur d’université, je pense que c’est quelque chose d’indispensable, affirme-t-il. On ne peut rien accomplir de significatif sans la poussée intérieure qui donne envie de faire les choses. » Selon lui, former les ingénieurs chimiques de demain tout en repoussant les fron­ tières de la connaissance représente « un métier magnifique ». Né en France, Serge Kaliaguine a passé une grande partie de son enfance et de son adolescence en Afrique du Nord. « À 15 ans, souligne-t-il, je parlais

l’arabe comme le français. » Ses études universitaires, il les a faites à Toulouse, en France, d’abord à l’Institut du génie chimique, ensuite à l’Université PaulSabatier. Sa soutenance de thèse a eu lieu au mois de juin 1967. Deux mois plus tard, grâce à un arrangement entre le directeur de l’Institut et celui du Département de génie chimique de l’Université Laval, il était engagé comme professeur, pour une durée de trois ans, par cette université. « L’idée d’essayer quelque chose de différent, pour moi, c’était très attrayant, raconte-t-il. Je verrai à l’essai, je verrai comment c’est. À cette époque, je n’avais jamais envisagé de devenir professeur. Ce n’était pas du tout dans mes objectifs. C’est seulement quand j’ai commencé à le faire que ça s’est mis à me plaire. Tout d’un coup, c’était bien. » Durant sa longue carrière de chercheur, le professeur Kaliaguine s’est principalement intéressé aux catalyseurs industriels et aux procédés cata­ lytiques, de même qu’aux membranes à matrice mixte pour séparations en phase gazeuse. Au fil des décennies, les publications de ce scientifique réputé ont été citées à plus de 21 700 reprises par des chercheurs du monde entier. « Ce qui m’intéresse, explique-t-il, est l’application concrète de notions à la chimie des surfaces. Le développement de catalyseurs solides, dont il faut contrôler les propriétés de surface, était ma spécialité au départ. Cela peut paraître être une chose “bénigne”, mais c’est une chimie en soi avec un potentiel à l’infini de développements techniques. » En quelques mots, le travail sur une membrane à matrice mixte consiste à introduire dans un film de polymère une population de petites particules choisies pour leur capacité à modifier les propriétés de la membrane du film en question. Un élément critique est le contact entre

la particule et le polymère, que le chercheur doit arriver à contrôler. Il doit aussi pouvoir voir tous les nombreux et différents types de défauts qui peuvent se produire sur l’interface entre la particule et le polymère. « Tout ça, ajoute Serge Kaliaguine, fait un ensemble de concepts avec lesquels il faut jouer en même temps pour arriver à obtenir ­q uelque chose qui va fonctionner correctement. » Le professeur a été titulaire d’une chaire industrielle du CRSNG sur les nanomatériaux industriels. Il travaille actuellement à un nouveau projet de chaire qui développerait des monomères. « Ces monomères, précise-t-il, remplaceraient, à partir de matériaux naturels, trois sortes de polymères produits à très grande échelle : les résines époxy, les polycarbonates et les polyuréthanes. » Le chercheur a également fait quelques incursions dans le monde entrepreneurial, ayant été associé au lancement de trois entreprises technologiques. Les brevets qu’il détient ont notamment contribué au démarrage de SiliCycle. Lancée en 1995, cette société de chimie fine de Québec se spécialise dans les produits à base de gel de silice pour les marchés de la chimie analy­ tique et organique ainsi que de la chromatographie. Le professeur Kaliaguine a tout du citoyen du monde. Son aventure, comme il le dit, a pour base sa vie en Afrique du Nord et ses études en France. Au fil des ans, il a enseigné dans l’une des meilleures universités chinoises. Il se rend régulièrement au Mexique pour son travail. Il a été membre du comité directeur d’un institut de recherche en Australie. Il a aussi des contacts réguliers avec des pays comme la France, la Chine et l’Arabie saoudite. Et ce lien fort avec l’international ne s’arrête pas là. « Au Département, explique-t-il, on finit, au bout de quelques années, par avoir toute la planète représentée par nos étudiants aux cycles supérieurs. Comme la relation entre le professeur et l’étudiant amène un contact assez quotidien, on finit par connaître les gens, à comprendre comment ils sont à la fois différents et pareils. »

Québec Science, janvierfévrier 2018

Selon Statistique Canada, quatre citoyens sur dix consommeraient des suppléments alimentaires. Pour Jean-Pierre Després, une très grande majorité d’entre eux le ferait en pure perte. « Avant de f­ endre les ­cheveux en q ­ uatre pour essayer de trouver le bon supplément, il faudrait commencer tout simplement par manger un peu plus de fruits et de légumes. »

Sur la tournée canadienne de l’avant-bras d’un saint

Gilles Routhier, Faculté de ­théologie et de sciences religieuses La Presse Plus, 4 janvier 2018

L’avant-bras droit de saint François Xavier, un ­missionnaire jésuite du 16e siècle, est au ­cœur d’une tournée pan­ canadienne entreprise au début de janvier. En 2001, la relique de sainte Thérèse de Lisieux avait attiré plus d’un million de croyants. Gilles Routhier se souvient de s’être questionné sur ­l’intérêt d’une telle activité parmi la population. « J’ai été très surpris du succès que cela a eu. Ce sera intéressant de voir comment ce sera pour saint François Xavier, qui est tout de même moins connu ici. »

Sur le Fonds d’indemnisation des services financiers

Philippe Grégoire, Département de finance, assurance et immobilier Finance et investissement, 1er janvier

Le projet de loi 141 sur l’amélioration de l’en­ cadrement du secteur financier prévoit l’élargissement du champ d’application du Fonds d’indemnisation des services financiers aux vic­ times d’un représentant certifié, sans égard à la nature du produit financier offert. « Je suis d’accord que le Fonds soit élargi, considère Philippe Grégoire, mais il faudra mettre en place des mesures de prévention pour que la probabilité d’accidents comme l’affaire Vincent Lacroix diminue. »


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Initiat

L’événement, qui vise à démystifier les connaissances dans les domaines de l’agroalimentaire et de la consommation, sera de retour à ExpoCité du 12 au 14 janvier

La rentrée hivernale s de nombreux événem à commencer par le S de l’agriculture, de l’a la consommation par Matthieu Dessureault Peu d’événements peuvent se targuer d’avoir plus de 40 ans d’existence et d’attirer, chaque année, une foule grandissante de curieux. C’est le cas du Salon de la Semaine de l’agriculture, de l’alimentation et de la consommation (SAAC), organisé par des étudiants de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation. L’événement, qui vise à démystifier les connaissances dans les domaines de l’agroalimentaire et de la consommation, sera de retour à ExpoCité du 12 au 14 janvier. Le thème ? « Rassemblés par l’expertise d’ici : valorisons nos produits d’exception ». Encore une fois, plusieurs dizaines de kiosques seront animés par des étudiants bénévoles. Les visiteurs pourront échanger avec des producteurs de la région et goûter à différents produits. Une petite ferme présentera des animaux provenant d’exploitations agricoles, tels que des vaches, des volailles et des porcelets, mais aussi des lamas et des alpagas. Une autre section contiendra des végétaux comestibles que les étudiants ont fait pousser. « Cette année, plusieurs nouveautés sont au programme, dont une plus grande diversité dans les dégustations, explique Pierric Cournoyer, étudiant au

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1, 2 et 3. Conférences, expositions, dégustations, ferme… Le Salon de la SAAC est l’endroit idéal pour découvrir le passionnant monde de l’agroalimentaire et de la consommation. Cette année, il est o 25 étudiants, avec l’aide de quelque 300 étudiants de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation. 4. Chaque année, le Festival de sciences et génie permet aux étudiants de ce domaine de session. photo Ludovic Gauthier


vie étudiante

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tives 100 % étudiantes

sera ponctuée ments étudiants, Salon de la Semaine alimentation et de

moins en moins de proximité avec le domaine agroalimentaire, malgré son importance dans la vie quotidienne. Le Salon est une belle occasion de découvrir ce que font les producteurs et les transformateurs. Plusieurs exposants sont sur place pour partager leur passion et défaire des mythes ou des baccalauréat en agronomie et i d é e s p r é c o n ç u e s s u r l e u r président de la SAAC. L’équipe domaine. » responsable de ce volet a travaillé fort pour être en mesure de pré- DES FESTIVITÉS TOUS AZIMUTS senter ce qui se fait chez les pro- Outre la SAAC, de nombreuses ducteurs et les transformateurs activités se dérouleront en ce québécois, que ce soit des froma- début de session d’hiver. Le ges, des alcools ou d’autres pro- Festival des étudiantes et étuduits régionaux. » diants en sciences de la santé L’ajout d’une seconde scène (FESSUL) aura lieu du 22 au permettra aussi d’accueillir 25 janvier. Piloté par le Regroudavantage de conférenciers. Tout pement des associations d’étuau long du symposium, des étu- diantes et d’étudiants en sciences diants et des professeurs y pré- de la santé de l’Université, cet senteront leurs projets de recher- événement propose une compéche. La porte-parole de l’événe- tition amicale pour les étudiants ment, la nutritionniste-diététiste de ce domaine. Au programme Andréanne Martin, donnera une figurent des défis sportifs, un conférence sur l’alimentation. concours de « Génies en herbe », Des représentants des Éleveurs un rallye photos, la création de porcs du Québec seront aussi d’une fresque et un tournoi de sur place pour parler de leur der- babyfoot. L’équipe qui aura nier rapport de responsabilité amassé le plus de points au fil de sociale, qui vise à intégrer des élé- ces activités remportera le troments de développement durable phée du FESSUL. Il n’y a pas que les étudiants en dans leurs activités. Il y aura également une démonstration culi- sciences de la santé qui seront en naire de Bob le Chef, ce sympa- compétition. Ceux de la Faculté thique personnage qui s’est fait des sciences et de génie devront, connaître grâce à ses capsules sur eux aussi, relever une série de défis à l’occasion du 43e Festival le Web. Bon an, mal an, le Salon attire de sciences et génie. Du 22 janentre 17 000 et 20 000 person- vier au 2 février, ils mesureront nes. Pierric Cournoyer explique leurs habiletés dans les sports, en ce succès par un intérêt crois- improvisation, dans la réalisation sant du grand public pour ce qui de courts-métrages et dans la se retrouve dans son assiette. conception de sculptures. L’ambiance festive qui règnera « De nos jours, les gens ont de sur le campus atteindra aussi les résidences, où vivent quelque 2 300 étudiants, dont près de 450 nouveaux arrivants. Le 14 janvier, la Fête des voisins permettra à tous ces gens de faire connaissance. Elle se déroulera simultanément aux salons des pavillons AlphonseMarie-Parent, Ernest-Lemieux, H.-Biermans-L.-Moraud et Agathe-Lacerte. La veille, un kiosque de bienvenue sera installé à l’entrée de chacun de ces pavillons. À cela s’ajoute une soirée cinéma, qui aura lieu le 12 janvier au pavillon AlphonseMarie-Parent.

organisé par un comité de e de tisser des liens en ce début

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Pour plus d’information sur les différentes activités : • Salon de la SAAC : saac.fsaa.ulaval.ca • FESSUL : www.facebook.com/Raessul • Festival de sciences et génie : www.facebook.com/ FestivalSetG • Résidences : Diane.Samson@sres.ulaval.ca

7 5. Les étudiants de la Faculté des sciences et de génie proposent plusieurs activités, comme des défis sportifs. 6. Événement festif par excellence, le Festival des étudiantes et étudiants en sciences de la santé est organisé par le Regroupement des associations d’étudiantes et d’étudiants en sciences de la santé de l’Université Laval. 7. Plusieurs centaines de participants sont attendus pour la 43e présentation du Festival de sciences et génie. photo Ludovic Gauthier


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psychologie

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en bref

Une étude qui a fait tache d’huile Gilles R. Dagenais, professeur à la Faculté de médecine et chercheur au Centre de recherche de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, fait partie des auteurs de l’étude scientifique qui a été la plus présente dans l’espace public en 2017. Parue dans la revue The Lancet en août dernier, cette étude a mis à contribution plus de 100 000 personnes réparties dans 18 pays. Les 37 auteurs de l’article arrivent à une étonnante conclusion : les régimes alimentaires riches en glucides sont associés à un risque de mortalité plus élevé, alors que les régimes riches en gras produiraient l’effet contraire. Selon la firme Altimetric, cet article a généré 168 articles dans les médias traditionnels, 21 billets de blogue, 8 313 tweets et 441 publications sur Facebook.

Les chercheurs ont mesuré les connaissances mathématiques de plus de 600 paires de jumeaux à différents moments de leur enfance. À l’aide de modèles génétiques, ils ont quantifié la part des gènes et celle de l’environnement dans les habiletés mathématiques des enfants.

La part du milieu, l’œuvre des gènes La bosse des maths est le fruit d’interactions complexes entre la génétique et l’environnement par Jean Hamann

Ateliers de francisation Le projet Rêver en français, des ateliers de francisation destinés aux étudiants anglo­ phones et allophones inscrits aux cycles ­supérieurs, est reconduit pour une deuxième session. Les ateliers sont axés sur l’interaction verbale et la découverte d’une nouvelle cul­ ture. Ils visent à favoriser l’intégration d’étudiants à la communauté francophone de l’Université et de ses environs. Les deux pé­­ riodes de formation se dérouleront du 22 janvier au 3 mars et du 12 mars au 23 avril. À la session d’automne, ces activités d’écoute, de lecture, de rédaction et de communication ont remporté un vif succès. En tout, 12 groupes de 10 étudiants ont suivi 32 heures d’ateliers à raison de 4 heures par semaine pendant 6 semaines, en plus de 2 séances d’une demijournée tenues le samedi. Le projet est placé sous la responsabilité du Vice-rectorat aux affaires externes, internationales et à la santé, du Département de langues, linguistique et traduction, et de l’École de langues. photo Xavier Dachez

Pour plus d’information : www.lli.ulaval.ca/services-et-ressources/ soutien-a-lapprentissage-du-francais/ ateliers-rever-en-francais/ www.lefil.ulaval.ca/ faciliter-reussite-lintegration/

Naît-on avec la bosse des maths ou la développe-t-on à force de travail et de patience ? Des chercheurs de l’École de psychologie qui se sont attaqués à cette question viennent de livrer leurs conclusions dans la revue Psychological Science. Leur étude décevra peut-être ceux qui espéraient une réponse simple et tranchée à cette question, mais elle a le mérite de chiffrer la part des gènes et celle de l’environnement dans les habiletés mathématiques à différents moments de l’enfance. Pour mener cette étude, les chercheurs ont mesuré les connaissances mathématiques de plus de 600 paires de jumeaux à l’âge de 5 ans, de 7 ans ainsi qu’en 4e et en 6e année du primaire. Leur échantillon comprenait des jumeaux monozygotes – de « vrais » jumeaux – et des jumeaux dizygotes. Rappe­lons que les premiers partagent 100 % de leurs gènes, alors que les seconds partagent en moyenne 50 % de leur bagage génétique. À l’aide de modèles génétiques, les chercheurs ont quantifié la part des gènes, la part de l’environnement commun (c.-à-d. l’environnement partagé par les jumeaux d’une même famille, par exemple le niveau socio­économique des parents) et la part de l’environnement unique dans les habiletés mathématiques des enfants. Leurs analyses indiquent que, tout juste avant l’entrée en maternelle, l’environnement unique, l’environnement

commun et les facteurs génétiques expliquent respectivement 47 %, 35 % et 18 % des différences entre les enfants quant à la connaissance des nombres. Toute­f ois, les choses prennent une autre tournure après l’entrée à l’école. Dès la première année, la part des facteurs génétiques grimpe à 49 % et elle atteint 52 % à la fin du primaire pour le rendement en mathématiques. Quant à la part de l’environnement commun et à celle de l’environnement unique, elles diminuent au fil du primaire pour atteindre 21 % et 27 % respectivement en 6e année. « Les facteurs génétiques semblent jouer un rôle plus important à l’école que pendant la période préscolaire, observe Michel Boivin. Cela pourrait s’expliquer par le fait que le développement des compétences en mathématiques nécessite des opérations mentales complexes qui ont des assises génétiques. L’autre possibilité est que l’école aplanit les écarts attribuables au milieu familial, de sorte que la génétique ex­­ plique une plus grande part des différences qui subsistent après l’entrée à l’école. » Les analyses des chercheurs révèlent également que l’environnement commun a un effet persistant sur le rendement en mathématiques. « Au-delà de la part significative jouée par les gènes, les acquis en milieu familial avant l’entrée à l’école quant à la connaissance des nombres con­tinuent

Les acquis en milieu familial avant l’entrée à l’école ont un effet significatif sur le rendement en mathématiques au moins jusqu’à la fin du primaire d’avoir un rôle ­s ignificatif sur le ­r endement en mathématiques au moins jusqu’à la fin du primai­r e », constate l’étudiante-­c hercheuse Gabrielle Garon-Carrier, première auteure de l’étude. Selon les chercheurs, la corrélation entre la connaissance des nombres avant l’entrée à l’école et le rendement en mathématiques à la fin du primaire suggère que l’on pourrait identifier très tôt les enfants qui risquent d’avoir des difficultés en mathématiques. Ces enfants pourraient donc profiter d’une intervention avant et après leur entrée à l’école pour soutenir leur développement en mathématiques. Les autres chercheurs de l’École de psychologie qui cosignent l’étude sont Bei Feng et Ginette Dionne. L’étude est aussi signée par Yulia Kovas, Mara Brendgen, Frank Vitaro, Jean R. Séguin et Richard E. Tremblay.


arts

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Eldorado des écrivains

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en bref

En offrant l’un des rares doctorats en création littéraire, l’Université a permis à Québec d’obtenir le titre de « ville de littérature » au sein de l’Unesco Grand happening des arts multidisciplinaires

par Matthieu Dessureault Québec fait désormais partie du Réseau des villes créa­ tives de l’Unesco à titre de « ville de littérature ». Cette association, qui compte 180 membres répartis dans 72 pays, reconnaît les villes qui mettent la créativité et les industries culturelles au cœur de leur développement. Outre la littérature, les candidates sont évaluées dans les domaines de l’artisanat, des arts populaires, du design, des films, de la gastronomie et des arts numériques. Au Canada, seule la ville de Montréal faisait partie du Réseau, dans la catégorie du design. Plusieurs éléments ont fait pencher la balance pour la capitale, dont la possibilité de suivre à l’Université Laval des études supérieures en création littéraire. Le modèle unique de la Maison de la littérature, l’originalité du festival Québec en toutes lettres, la performance de son réseau de bibliothèques, l’innovation des entreprises numériques et la présence sur son territoire de la Literary and Historical Society of Quebec et des Éditions Hannenorak lui ont aussi permis de se démarquer.

Po u r A l a i n B e a u l i e u , auteur et professeur en création littéraire, le fait que le doctorat soit cité parmi les initiatives porteuses est une belle reconnaissance. « L’Université Laval a toujours été considérée comme un haut lieu pour les études littéraires. On y fait de la recherche et de l’ensei­ gnement, mais aussi de la création. Cette approche demande une certaine ouverture de la part de l’établissement, car la méthode scientifique ne s’applique pas de la même manière en création littéraire. L’Unesco souligne ainsi l’ouverture de l’Université Laval dans le domaine des arts », se réjouit-il. Prolongement, en quelque sorte, de la maîtrise en études littéraires, le programme de doctorat permet à des auteurs de mener à terme un projet d’ouvrage. Le travail comprend deux volets : l’œuvre comme telle et la thèse. Pour cette seconde partie, l’étudiant doit ef­f ectuer une recherche en lien avec son travail d’écriture. « Très peu d’univer­sités dans le monde offrent ce type de programme. Contrairement à

Devenir écrivain est un choix de vie qui en impose. Avec ce programme, les étudiants peuvent développer leur potentiel créatif tout en se spécialisant sur un sujet de recherche.

d’autres, notre formation allie la création aux réflexions sur la littérature. De plus, elle s’adresse à des étudiants qui n’ont pas nécessairement déjà publié. Pour eux, c’est une manière de travailler sur leur œuvre tout en étant accompagnés par un directeur de recherche », explique Alain Beaulieu. Jusqu’ici, le professeur a encadré neuf doctorants ainsi qu’une vingtaine d’étudiants à la maîtrise. « Ce que je fais, c’est amener l’étudiant à produire un roman ou un recueil de nouvelles qui soit unique. Le but n’est pas de former des clones qui écrivent tous de la même ma­­ nière, mais, au contraire, de

les aider à trouver ce qui distingue leur style de celui des autres. Ma grande satisfaction est de voir cette singularité advenir dans les textes », dit-il. Au fil des ans, de nombreux écrivains reconnus sont passés par le programme de création de l’Université. Citons, entre autres, Jean Désy, Christiane Frenette, Christiane Lahaie, Stanley Péan, Hélène Dorion et Claude Paradis. Maintenant bien établie, l’initiative pourrait faire des petits en France, où des discussions sont en cours avec des universités pour adapter le profil de recherche-­c réation à leurs programmes.

Ce qu’ils pensent du programme de création littéraire

«

Le but du programme n’est pas de former des clones qui écrivent tous de la même manière, mais, au contraire, de les aider à trouver ce qui distingue leur style de celui des autres

« Choisir le profil de recherche-création a été pour moi une manière de m’imposer la discipline dont je manquais cruellement pour mener à bien mes projets artistiques et intellectuels. J’ai alors bénéficié d’un encadrement rigoureux de la part de professeurs éclairés, érudits et soucieux de la réussite de leurs étudiants. » - Pierre-Luc Landry, auteur de Les corps extraterrestres « Avant mon arrivée dans ce programme, l’écriture m’était une pratique très solitaire. Là, j’ai découvert des gens qui possédaient la même passion, les mêmes doutes, les mêmes rêves… mais surtout la même envie de cheminer dans l’univers de la création littéraire. » - Isabelle Forest, auteure de Les laboureurs du ciel « Mon passage dans les cours de création littéraire a été décisif dans ma pratique d’écriture. C’est là que j’ai appris à encaisser les critiques, à laisser mes mots parler d’eux-mêmes, puis, ultimement, à les abandonner. C’est là que j’ai appris ce qu’était véritablement un écrivain. » - W illiam Lessard Morin, auteur d’Ici la chair est partout

Le Mois Multi a dévoilé une partie de sa programmation. Encore cette année, le ­festival s’annonce prometteur avec une série de performances, d’installations multimédias, de spectacles et d’expositions. Parmi les artistes invités, le Théâtre Rude Ingé­nierie présentera sa dernière œuvre, Saison complète, au Studio d’essai de Méduse. L’installa­tion, accessible au public dès le 25 janvier, accueillera des ­performances du 29 janvier au 5 février. Habitué du LANTISS et porte-parole du ­dernier Festival de théâtre de l’Uni­versité Laval, le Théâtre Rude Ingénierie est ­composé de Bruno Bouchard, de Philippe Lessard Drolet et de Pascal Robitaille. Consultez le moismulti.org pour les détails.

Charivari et justice populaire L’auteur René Hardy a reçu la médaille ­Luc-Lacourcière 2017 pour son livre Charivari et justice populaire au Québec, publié aux éditions du Septentrion en 2015. Remise tous les deux ans par le Centre de recherche Cultures – Arts – Sociétés (CELAT), cette récompense souligne l’ex­ cellence d’un ouvrage d’ethnologie publié en langue française en Amérique du Nord. Chercheur au Centre interuniversitaire ­d’études québécoises, René Hardy s’intéresse au charivari, un rituel utilisé par des citoyens pour se faire entendre dans l’espace public. Son étude met en relation des pra­tiques du passé et d’autres plus ­récentes, notamment sur les réseaux sociaux.

Une œuvre d’art dans votre salon Pour agrémenter et égayer les murs de votre résidence, quoi de mieux que d’y accrocher une œuvre d’art ! Une solution hors de prix, direz-vous. Si c’est ce que vous pensez, c’est que vous n’avez jamais utilisé les services de l’Imageothèque, le système de location d’œuvres d’art du Bureau de la vie étudiante. Ce système vous permet, en effet, de louer une œuvre pendant quatre mois à peu de frais. L’Imageothèque compte plus de 300 œuvres d’art originales, réalisées en ­majorité par des artistes étudiants ou ­diplômés de l­ ’Université Laval. L’Imageothèque se trouve au local 2442 du pavillon Alphonse-Desjardins. Pour plus d’information : bit.ly/1Y8PXnF


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actualités UL

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en bref

La rectrice Sophie D’Amours. photo Marc Robitaille

Le professeur Gérard Duhaime, spécialiste de l’Arctique circumpolaire.

Le professeur Sylvain Moineau, expert des virus bactériens. photo Marc Robitaille

Le professeur André Parent, spécialiste du cerveau. photo Marc Robitaille

Nouveau nom pour l’École de service social C’est lors de la séance ordinaire du 5 décembre 2017 que les membres du Conseil universitaire de l’Université ont approuvé le changement de dénomination de l’École de service social pour celle d’École de travail social et de criminologie. Cette modification vise notamment à augmenter la visibilité des programmes de criminologie et à mieux refléter le rôle du service social dans la formation des travailleurs sociaux, tout en marquant la volonté d’accroître la synergie entre ces deux disciplines. L’École de service social a été fondée en 1944. Elle relève de la Faculté des sciences sociales. photo Benoit Bruhmuller

Avis officiel AVIS DE VACANCE ET D’APPEL DE CANDIDATURES Clôture du concours : 5 février 2018, 16 h Date d’entrée en fonction : 1er juillet 2018 Avis est par la présente donné que le mandat des doyens des facultés suivantes prend fin le 30 juin 2018 : • Faculté d’aménagement, d’architecture, d’art et de design (possibilité de renouvellement) • Faculté de philosophie (sans possibilité de renouvellement)

Officiers de l’Ordre du Canada Le vendredi 29 décembre, la gouverneure générale du Canada, Julie Payette, a dévoilé les noms des 125 nouveaux membres de l’Ordre du Canada, l’une des plus prestigieuses distinctions honorifiques civiles au pays. Dans la catégorie «Officiers de l’Ordre », 4 récipiendaires sur 35 sont de l’Université Laval. Il s’agit de la rectrice Sophie D’Amours et des professeurs Gérard Duhaime, Sylvain Moineau et André Parent. Les nominations sont faites par la gouverneure générale sur les recommandations du Conseil consultatif de l’Ordre du Canada. Les nouveaux membres recevront leur insigne lors d’une cérémonie qui se tiendra ultérieurement à Rideau Hall. Sophie D’Amours a reçu cette distinction pour son leadership pédagogique et scientifique à la tête de projets de recherche transdisciplinaires, dont plusieurs liés à

l’industrie forestière. La récipiendaire occupe le poste de rectrice depuis avril 2017. Gérard Duhaime enseigne au Département de sociologie. Ce spécialiste de l’Arctique circumpolaire s’attache, comme chercheur et comme défenseur, à améliorer les conditions socioéconomiques dans les collectivités nordiques. Sylvain Moineau, du Département de biochimie, de microbiologie et de bio-informatique, est un expert mondial des virus bactériens. Ses travaux portent plus particulièrement sur l’étude des bactériophages et des systèmes liés à une technologie d’édition du génome. Quant à André Parent, il enseigne au Département de psychiatrie et de neurosciences. Ce spécialiste est reconnu pour son travail novateur en vue d’approfondir notre compréhension des structures anatomiques fondamentales du cerveau et de leurs fonctions.

Scientifiques, faites voir votre créativité !

• Faculté des sciences de l’éducation (possibilité de renouvellement)

Le concours La preuve par l’image, initiative de l’Association francophone pour le savoir, est de retour. Les étudiants-chercheurs, les professeurs et les professionnels de recherche de tous les domaines peuvent soumettre une image issue de leurs recherches. Toutes les techniques de production visuelle sont acceptées : photographie, radiographie, dessin, graphique, etc. Les œuvres finalistes seront présentées dans différents contextes. Des prix totalisant 8 000 $ seront remis aux lauréats. Le concours La preuve par l’image a été créé en 2010. Sa version anglophone est organisée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.

La procédure de nomination et la période de mise en candidature pour pourvoir ces postes commencent le 15 janvier 2018. Pour en savoir davantage sur la description du poste de doyenne ou de doyen, les conditions d’admissibilité au concours, les exigences requises, les conditions particulières et les modalités d’inscription au concours, veuillez consulter les trois avis détaillés à l’adresse suivante : http://www2.ulaval.ca/notre-universite/ documents-officiels.html dans la rubrique « Appels de candidatures et avis ». Monique Richer Secrétaire générale Le 11 janvier 2018

Nelly Manéglia, maintenant diplômée d’une maîtrise en sciences de la Terre, a remporté l’an dernier le prix du jury pour son image Migrations des minéraux, qui présente un grain d’épidote.

Faites vite ! L’appel de projets se termine le 12 janvier. L’image doit être accompagnée d’un titre et d’une courte description. Pour plus d’information : www.acfas.ca/prix-concours/ preuve-image


actualités UL 13 Pour une main-d’œuvre diversifiée

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La Chaire de recherche sur l’intégration et la gestion des diversités en emploi a pour but d’améliorer l’intégration des personnes issues de la diversité dans les milieux de travail par Matthieu Dessureault Plusieurs études le démontrent : malgré leur niveau d’éducation élevé et leurs compétences professionnelles, des immigrants ont encore de la difficulté à intégrer le marché du travail ; les entreprises, de leur côté, ont du mal à attirer et à retenir des personnes issues de la diversité. La Chaire de recherche sur l’intégration et la gestion des diversités en em ploi (CRIDE), qui a été lancée le 14 décembre, s’attaquera aux enjeux et aux défis liés à la présence de ces personnes sur le marché du travail. « Cette chaire de recherche est la seule au Québec à associer la diversité de la main-d’œuvre à la question spécifique de l’intégration en emploi. Elle contribuera à amener des personnes issues de la diversité sur le marché du travail. Actuellement, il y a un po tentiel énorme de main-d’œuvre, dont les entreprises ne profitent pas suf fisamment », insiste son titulaire, Kamel Béji. Spécialiste des politiques publiques de l’emploi, ce professeur a fait de l’intégration des immigrants son cheval de bataille. Depuis cinq ans, il travaille à la

création de cette chaire de « recherche-action », pour reprendre son expression. « Certes, nous allons réaliser des études et écrire des articles scientifiques sur le sujet des diversités en emploi, mais la Chaire vise avant tout à créer, en partenariat avec les milieux de la pratique, des outils concrets pour favoriser l’attraction, l’intégration et la rétention de ces personnes, particulièrement en région », explique-t-il. « À l’heure où notre région affronte une importante pénurie de main-d’œuvre, la recherche sur l’intégration socioprofessionnelle des personnes issues de la diversité devient incontournable. Nos entreprises, nos milieux et notre université doivent impérativement mettre en valeur la richesse et le talent de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs. Une telle ap proche sera non seulement bénéfique pour les personnes désireuses de contribuer professionnellement à notre société, mais elle rendra surtout nos milieux de travail plus diversifiés, plus riches et plus dynamiques », se réjouit la vice-rectrice à la recherche, à la création et à l’innovation, Eugénie Brouillet, présente lors du lancement de la Chaire.

De gauche à droite : Eugénie Brouillet, vice-rectrice à la recherche, à la création et à l’innovation, Kaouther Bessrour, directrice du Bureau des chaires et des entités structurantes, Lyse Langlois, vice-doyenne à la recherche de la Faculté des sciences sociales, Kamel Béji, titulaire de la Chaire, François Blais, ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Gélineau, doyen de la Faculté des sciences sociales, et Robert Beauregard, vice-recteur exécutif et vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes. photo Marc Robitaille

Entre autres projets, Kamel Béji compte accompagner les employeurs afin de créer des outils d’intégration des immigrants dans leurs organisations. Une étude réalisée en 2016 dans une trentaine de PME de la grande région de Québec montre que le besoin est criant en la ma tière. Un autre de ses objectifs est de mettre en place un portail pour faciliter les recherches des immigrants et des compagnies à court de main-d’œuvre. La Chaire s’ i n t é r e s s e r a a u s s i a u x

«

Actuellement, il y a un potentiel énorme de main-d’œuvre, dont les entreprises ne profitent pas suffisamment

inégalités de genre dans les milieux de travail. Elle compte comme partenaire le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, qui s’associe au projet p o u r l e s c i n q p r o ch a i n e s années. La Ville de Québec est également partenaire pour les trois premières années d’opération de la CRIDE, avec une possibilité de renouvellement. Cette entente concerne autant l’élaboration de projets de recherche que le suivi de leur réalisation sur le terrain et la diffusion des résultats.

Pavillons Alphonse-Desjardins et Maurice-Pollack

ulaval.ca/rentree @RentreeUL #RentreeUL18

La Rentrée UL Mardi 16 janvier 2018 De 9 h 30 à 17 h


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sur le campus

le fil | le 11 janvier 2018

Remixer le Québec Sur les 101 programmes offerts en ligne, les sciences de l’administration dominent avec 34

Pas moins de 19 nouveaux programmes ont vu le jour dans la dernière année, dont la maîtrise en administration des affaires  – marketing numérique et le microprogramme sur les enjeux contemporains du monde arabe et du Moyen-Orient.

Une offre en ligne dynamique Plus de 100 programmes d’études et près de 1 000 cours font de l’Université le chef de file canadien en formation à distance par Yvon Larose ­

Diplôme d’études supé­ rieures spécialisées en pé­­ dagogie universitaire des sciences de la santé : c’est le nom du centième programme d’études mis en ligne, début décembre, sur le site distance.ulaval.ca. «  L’ Un i ve r s i t é L av a l a franchi un jalon important, indique le directeur du Bureau de soutien à l’enseignement (BSE), Nicolas Gagnon. Cent programmes peuvent désormais être réalisés à distance ; 101, en fait, avec la mise en ligne récente du certificat en service social. Par le nombre, la richesse et la variété des programmes (101) et des cours (945) offerts en ligne, sans oublier les 3 formations ouvertes à tous ou MOOC, l’Université s’affirme comme le chef de file de la formation à distance au Canada. » Les 100 premiers programmes offerts à distance couvraient plus de 60 disciplines et représentaient 14,4 % de l’ensemble des programmes d’études disponibles à l’Université. Parmi eux, 87 étaient des programmes courts, soit des certificats et des microprogrammes. S’ajoutaient deux programmes de baccalauréat, neuf maîtrises et deux doctorats. Pas moins de

toutes les facultés, et ce, tant sous la forme de programmes que sous la forme de cours. « Sur les 101 programmes, poursuit-il, les sciences de l’administration dominent avec 34, suivies des sciences de l’éducation avec 12, les sciences sociales avec 11 et les sciences de l’agriculture et de l’alimentation avec 10. Les domaines disciplinaires qui se dé­­ marquent correspondent aux tendances que l’on observe dans la société, au Québec comme ailleurs en Amérique du Nord. » L’Université est active en formation à distance depuis plus de 30 ans. Elle s’appuie, en ce domaine, sur une politique institutionnelle. Sur le plan technologique, elle bénéficie d’un environnement numérique d’apprentissage de qualité. Ce sont autant d’éléments qui favorisent la qualité de la formation offerte. Un autre élément est la présence des 28 centres d’examens hors campus disséminés sur les territoires québécois et néobrunswickois. En ces lieux, les activités d’évaluation des apprentissages en ligne se tiennent en classe, sous surveillance et avec un contrôle de l’identité des étudiants. « Les examens constituent un gage de qualité de l’enseignement qui a été donné, soutient Éric Martel. En 2016-2017, près de 16 000 examens ont été passés hors campus. Cette formule connaît une très forte croissance. »

19 nouveaux programmes ont vu le jour dans la dernière année. Parmi eux, mentionnons la maîtrise en administration des af­­ faires – marketing numé­ rique et le microprogramme sur les enjeux contemporains du monde arabe et du Moyen-Orient. Selon Nicolas Gagnon, grâce à la flexibilité apportée par la formation en ligne, l’Université favorise la conciliation travail – études – vie personnelle ainsi que l’apprentissage tout au long de la vie. « En 2016-2017, explique-t-il, près de 7 000 étudiants distincts de plus de 25 ans étaient inscrits uniquement à des cours à distance. Cela dit, l’Université demeure un établissement où les activités d’enseignement en présentiel sont prédominantes. » Le directeur adjoint – Formation à distance au BSE, Éric Martel, insiste sur le rôle fondamental des facultés dans les projets de formation à distance. « Les projets viennent des facultés, dit-il. Elles sont les spécialistes des contenus, elles connaissent les besoins de la société. » Il souligne également que le développement de la formation à Pour plus d’information : ­distance est reconnu dans distance.ulaval.ca

Dirigée par Serge Lacasse, une équipe de remixeurs de la Faculté de musique revisite des classiques de la chanson québécoise par Renée Larochelle « Youpe ! Youpe ! Sur la rivière / Vous ne m’entendez guère / Youpe ! Youpe ! Sur la rivière / Vous ne m’entendez pas. » Si cette chanson canadiennefrançaise interprétée par Charles Marchand en 1926 vous rappelle vaguement des souvenirs de camp de vacances, sachez qu’il en existe une nouvelle version tout à fait sautée qui vous décoiffera assurément le toupet. Même chose pour un autre classique du répertoire québécois, Ça va venir, découragez-vous pas, chanté par La Bolduc en 1930, que vous découvrirez sous un tout autre jour. Dix autres chansons font également l’objet d’un remixage audionumérique sur un album disponible depuis le 8 dé­­ cembre sur toutes les plateformes numériques (Spotify, iTunes, Apple Music). Son titre : Remixer le Québec. L’album a été enregistré au Laboratoire audionu­m érique de recherche et de création (LARC), situé au pavillon Louis-Jacques-Casault. Professeur de musicologie à la Faculté de musique, Serge Lacasse est le directeur de ce projet en recherche-création ayant débuté en 2009. « L’idée du projet m’est venue en écoutant un remixage d’une chanson de Nat King Cole inti­ tulée Lush Life, où l’on valorisait le répertoire afro-américain, explique Serge Lacasse. Je me suis dit qu’on pourrait faire la même chose avec certaines chansons québécoises. On illustrerait la grande richesse du patrimoine musical québécois et on montrerait qu’une pratique de reconfiguration sonore comme le remixage peut mener à la redécouverte de trésors souvent oubliés. » Fait intéressant, les remixeurs, parmi lesquels figurent une dizaine d’étudiants en musicologie de la Faculté de musique, ne proviennent pas seulement du Québec, mais aussi de la France, de la Roumanie, du Maroc et de Cuba. Ils sont ainsi issus de traditions musicales extrêmement variées, ce qui confère à l’album un son et une diversité exceptionnels. « Les seules contraintes étaient que les remixages

devaient comprendre des extraits d’enregistrement de chansons québécoises d’avant les années 1950 et qu’on devait entendre “physiquement” le disque, souligne Serge Lacasse. Il ne s’agissait pas d’enregistrer de nouvelles versions de ces chansons avec de nouveaux interprètes, mais bien de créer un nouvel enregistrement à partir de l’enregistrement d’origine ou encore de portions de cet enregistrement d’origine. » Parmi les artistes remixés figurent A l ys R o b i , Fe r n a n d R o b i d o u x , Raymond Berthiaume, Jeanne D’Arc Charlebois, Jean Laurendeau, Albert Viau et Paul Brunelle. Soulignons que ce projet de recherche-création a été fait en collaboration avec Gérald Côté, professeur d’ethnomusicologie. Sa tâche a consisté à documenter la partie ethnographique du projet, soit l’inter­ action entre la pratique du remixage et l’identité du remixeur. Pour un survol de l’album, visitez la page Facebook de Remixer le Québec.

L’album a été enregistré au Laboratoire audionu­mérique de recherche et de création, situé au pavillon Louis-JacquesCasault

Professeur de musicologie à la Faculté de musique, Serge Lacasse est le directeur de ce projet en recherche-création ayant débuté en 2009. photo Marc Robitaille


sports

le fil | le 11 janvier 2018

À mi-saison, l’équipe masculine de basketball Rouge et Or, menée notamment par Alexandre Leclerc, trône au sommet du classement du RSEQ. photo Mathieu Bélanger

Viser le sommet Au cœur d’une bataille pour le premier rang du classement tant chez les hommes que chez les dames, le Rouge et Or devra redoubler d’ardeur lors de la deuxième moitié de la saison par Mathieu Tanguay Les équipes de basketball Rouge et Or devront maintenir la cadence alors que se met en branle la deuxième portion de la saison 20172018, une présentation de La Capitale assurance et services financiers. La formation masculine, grâce à une fiche de quatre victoires et un revers, vit une situation similaire à celle de l’an dernier, alors qu’elle trônait également au sommet du classement québécois au retour du congé des Fêtes.

L’Université Laval a notamment remporté quatre vic­ toires de suite avant les Fêtes et, lors de chacun de ces quatre succès, le Rouge et Or a inscrit au minimum 80 points, ce qui n’était pas arrivé depuis la saison 2010-2011. « Je suis content de la fiche et de la façon que nous jouons en ce moment. Nous avons plus de facilité à marquer des points, ce qui vient de notre façon de nous défendre. Ça nous donne plus de confiance en nous, mais

il reste beaucoup de matchs », prévient l’entraîneur-chef, Jacques Paiement Jr. VISER LE CHAMPIONNAT

Après avoir terminé la dernière saison avec une fiche de 14-2 et une médaille d’argent au championnat canadien, l’équipe féminine a un départ plus modeste cette saison. Sa fiche de trois victoires et deux défaites la place au second rang de la ligue. À noter que le Rouge et Or a remporté ses trois matchs à l’extérieur,

mais n’a pas encore été en mesure d’obtenir un gain à domicile en 2017-2018. « Nous n’avons pas le début de saison souhaité. Je suis surtout déçu de ne pas encore avoir gagné au PEPS, puisque nous avons joué deux matchs très ordinaires ici. Mais je ne suis pas découragé parce que nous avons souffert de blessures. Cet automne, nous avions de la difficulté à faire du cinq contre cinq à l’entraînement », souligne l’entraîneur-chef, Guillaume Giroux. « Je pense que nous avons encore une solide équipe, capable d’atteindre les mêmes sommets que l’an passé. N’importe quel soir, nous pouvons encore battre les premiers au pays. Mais nous pouvons aussi nous faire ­battre par les treizièmes. C’est ça qu’il faut éviter », estime Guillaume Giroux. RETOUR À L’ANCIENNE FORMULE

Dès cet hiver, le RSEQ re­­ viendra à son ancienne formule pour les éliminatoires. Fini le championnat Finale 4, en place depuis 2014. Les demi-finales auront lieu au domicile des deux premières équipes du classement. Les finales, quant à elles, se tiendront chez celles qui avaient le meilleur classement parmi les équipes restantes. Les deux prochaines rencontres seront disputées contre un adversaire moins bien positionné au classement, soit l’UQAM. La sé­­ quence suivante, qui débutera le 25 janvier, pourrait, quant à elle, être déterminante pour le classement puisque l’Université Laval affrontera deux fois les universités Concordia et McGill, tout ça en l’espace de 10 jours.

Campus dynamique

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en bref

Vos bonnes résolutions débutent au PEPS ! Plus de 125 activités, c’est ce que vous offre le PEPS pour tenir vos bonnes résolutions de mise en forme en ce début de janvier 2018. En consultant la programmation en ligne, vous découvrirez toutes les activités de groupe aux­quelles vous pouvez vous inscrire : aquafit, conditionnement physique, cardio-vélo, yoga, escalade, arts martiaux, golf, kinfit, patinage, tennis, etc. Il y en a vraiment pour tous les goûts et tous les niveaux. Et qui sait, peut-être qu’en découvrant une nouvelle activité, vous développerez une nouvelle passion ! Surtout, n’oubliez pas que le campus a la chance ­d’héberger le plus grand complexe sportif de l’Est du Canada. Alors, à vous de jouer ! photo PEPS

Pour vous inscrire, visitez le peps.ulaval.ca, téléphonez au 418 656-PEPS ou présentezvous à la réception du PEPS lors des heures d’ouverture.

Samedi 13 janvier Athlétisme | Invitation Rouge et Or Stade couvert du PEPS | 9 h 30 Badminton | Compétition par équipe féminine et masculine (hôte : Laval) PEPS | 9 h

Dimanche 14 janvier Badminton | Compétition par équipe ­féminine et masculine (hôte : Laval) PEPS | 9 h

Vendredi 19 janvier Basketball féminin | UQAM PEPS | 18 h Basketball masculin | UQAM PEPS | 20 h

Samedi 20 janvier Volleyball féminin | Montréal PEPS | 18 h Volleyball masculin | Montréal PEPS | 19 h 30 Ski alpin | Slalom géant femmes et hommes (course FISU) Mont Sainte-Anne | 8 h Soccer masculin | McGill Stade TELUS-Université Laval | 15 h 30

Dimanche 21 janvier

Catherine Gagné et ses coéquipiers tenteront d’épater la galerie lors de l’Invitation Rouge et Or d’athlétisme, deuxième étape du championnat du RSEQ, qui se tient ce samedi au stade couvert du PEPS. Il n’en coûte pas un sou pour assister aux compétitions, qui se dérouleront entre 9 h 30 et 16 h 30. photo Mathieu Bélanger

Ski alpin | Slalom géant femmes et hommes (course FISU) Mont Sainte-Anne | 8 h


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au fil de la semaine

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le fil | le 11 janvier 2018

CinéRobotique Du 10 janvier au 18 avril se déroule l’événement CinéRobotique. Chaque semaine, un long-métrage ayant pour thème la représentation d’êtres synthétiques – tels que cyborgs, androïdes et autres figures robotiques – sera projeté. Les œuvres au programme mettent en scène les espoirs et les inquiétudes que le développement de la technologie suscite quant à l’évolution de nos sociétés. Visions négatives et positives s’y déploient selon des modalités différentes, en fonction des cinéastes et des cultures d’origine des œuvres. Couvrant tout autant le grand cinéma que la série B, le monde occidental que l’univers oriental, la programmation se veut éclectique et vise à présenter un large panorama de sujets (transhumanisme, intelligence artificielle, etc.). Les projections seront généralement précédées d’un court exposé. Cette semaine, l’étudiant à la maîtrise en littérature et arts de la scène et de l’écran Jean-François Normand présente le film Vidéodrome, réalisé en 1984 par David Cronenberg. Tous les mercredis, à 18 h, à la médiathèque (local 4117) de la Bibliothèque du pavillon Jean-Charles-Bonenfant. Entrée libre. Pour la programmation : bit.ly/2qShHIn

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21/01

Le caribou et son milieu

À la recherche d’aubaines ?

Cyclotourisme au Sri Lanka

Douleur et empathie

Un verre d’eau, SVP

Raquette et ski de fond

Le caribou boréal est une espèce menacée dont le rétablissement exige un engagement des différents utilisateurs de la forêt. Le succès des mesures prises pour ce rétablissement dépend essentiellement de la disponibilité d’outils et de pratiques de restauration à l’échelle à la fois du site et du paysage. C’est ce qu’expliqueront Renée Lapointe, directrice du Programme sur la santé des écosystèmes forestiers, et Nicolas Mansuy, chercheur, lors de la conférence « La restauration des paysages forestiers : un outil essentiel pour le rétablissement du caribou des bois ». Ils discuteront principalement de la restauration des paysages forestiers, soit une pratique qui consiste à remettre en état la fonctionnalité écologique afin d’améliorer la résilience des écosystèmes déboisés ou dégradés.

Vous venez tout juste de vous installer au Québec et vous aimeriez savoir où faire vos courses sans vous ruiner ? Le Bureau de la vie étudiante vous invite à découvrir les meilleures adresses où faire vos achats lors de la conférence « Rabais et aubaines, où les dénicher ? ». Cette présentation, qui fait partie d’une série d’ateliers destinés aux étudiants étrangers, vous donnera plusieurs trucs pour économiser dans divers domaines de la vie quotidienne. Au cours des deux premières semaines de la session, d’autres conférences pour les étudiants étrangers porteront sur des thèmes allant de l’emploi étudiant à la langue québécoise, de l’habillement en hiver à l’adaptation à une nouvelle culture.

La Coop Roue-Libre vous convie à découvrir les joies du cyclotourisme au Sri Lanka à l’occasion de sa première soirée cycliste de l’année 2018. Les deux intervenants, Catherine et Jimmy, ont parcouru à vélo ce pays insulaire en décembre 2016. Pendant 16 jours, ils ont visité des temples, admiré plusieurs merveilles de la nature, appris quelques mots de cingalais et roulé parmi les rickshaws, ces ­tricycles utilisés pour le transport des personnes et des marchandises. Venez les écouter parler des aventures vécues au cours des 700 km qu’ils ont parcourus sur des routes exotiques.

À l’occasion de l’exposition Cerveau à la folie, le Musée de la civilisation organise une série de six conférences sur le cerveau et ses complexités. Cette semaine, la conférence sur le thème « Démystifier sa douleur et celle de l’autre » sera donnée par les professeurs Catherine Mercier, du Département de réadaptation, et Philip Jackson, de l’École de psychologie. Ils expliqueront que l’ex­ périence de la douleur dépasse souvent le pro­ cessus qui est à sa base, soit la nociception. Leur présentation aura notamment comme objectif de conscientiser l’auditoire aux différentes formes de douleurs (par exemple, c­ elles du malade, du soignant et de l’aidant naturel) à l’aide d’exemples issus de recherches novatrices qui utilisent de nouvelles technologies comme la réalité virtuelle et l’imagerie cérébrale.

Les boissons gazeuses et les jus sucrés constituent la principale source de su­cres libres dans le régime alimentaire des enfants et contribuent à l’augmentation du risque de surpoids. Or, il existe une alternative simple à ces breuvages : l’eau. L’in­ tervention VisezEau® a pour but de promouvoir la con­ som­mation d’eau du robinet et d’inciter les jeunes à rompre avec l’habitude de se désaltérer avec des boissons sucrées ou de l’eau embouteillée. Pour en savoir plus sur ce programme, as­­ sistez à la con­férence « L’in­ ter­ven­tion VisezEau® à l’école primaire : évoluer vers la normalisation de la con­sommation d’eau potable non embouteillée », qui sera prononcée par Michel Lucas, professeur au Département de médecine sociale et préventive.

Le Bureau de la vie ­étudiante vous invite à découvrir ou redécouvrir les p ­ laisirs de l’hiver à ­l’occasion d’une sortie à la Station touristique Duchesnay. L’activité proposée se déroule en deux temps : une promenade en ski de fond, puis une randonnée d’interprétation de la nature en raquettes. L’équipement est bien sûr fourni. L’activité s’adresse autant aux débutants qu’aux initiés puisque di­­ vers parcours sont possibles et que des guides seront présents pour donner des conseils. Chaussez donc skis et raquettes et partez à l’aventure dans ce centre de villégiature de 89 km2 situé en pleine nature à Ste-Catherine-de-la Jacques-Cartier.

Jeudi 11 janvier, à 10 h 30, au Centre de foresterie des Laurentides. Entrée libre.

Jeudi 11 janvier, lundi 15 janvier et jeudi 18 janvier, à 11 h, au local 2470 du pavillon Alphonse-­ Desjardins. Entrée libre. Pour connaître l’horaire de toutes les conférences : bit.ly/2DjyR4c

photo Catherine PlasseFerland

Lundi 15 janvier, à 19 h, au Café Fou AELIÉS au pavillon Alphonse-­ Desjardins. Entrée libre.

Mercredi 17 janvier, à 14 h, à l’auditorium RolandArpin du Musée de la ­civilisation. Pour réservation : boutique.mcq.org

Jeudi 18 janvier, à 12 h, au local 2320 du pavillon Gene-H.-Kruger. Entrée gratuite, mais ­inscription obligatoire à bit.ly/2D2Cz5C

Consultez le calendrier complet des activités sur le campus à ulaval.ca

Dimanche 21 janvier. Départ de l’Université à 9 h et retour vers 16 h. Achetez votre billet au local 2470 du pavillon Alphonse-Desjardins. Pour plus d’info : bit.ly/2CQ5khA

Le Fil 11 janvier 2018  

Le journal de la communauté universitaire

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