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Un vaccin sous la loupe p7

Unis pour aider p2

Volume 53, numéro 12 30 novembre 2017

Un musée signé UL

Des étudiants à la maîtrise en architecture créeront des installations architecturales éphémères dans l’espace du Musée national des beaux-arts du Québec. p3


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actualités UL

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Donner au suivant La campagne Centraide – Université Laval a permis de récolter plus de 586 000 $ par Renée Larochelle En compagnie de la rectrice Sophie D’Amours, les copré­ sidents de la campagne Centraide – Université Laval, Alain Rochon, doyen de la Faculté d’aménagement, d’ar­ chitecture, d’art et de design, et Denis Beaudoin, directeur du Service des immeubles, ont dévoilé les résultats de cette campagne à l’occasion de l’évé­ nement de clôture qui a eu lieu le 29 novembre à l’atrium du pavillon Charles­De Koninck. Le montant amassé par la com­ munauté universitaire s’élève à 586 241 $. « Je ressens beaucoup de fierté devant cette mobilisa­ tion de la communauté uni­ versitaire pour Centraide. J’ai été témoin de l’engagement des bénévoles et du travail inventif au sein des unités administratives, des facultés et des services pour récolter des dons. L’audace de notre com­ munauté a créé un véritable élan de générosité pour venir en aide aux jeunes, aux familles et aux gens dans le besoin », a souligné la rectrice Sophie D’Amours. La communauté universi­ taire participe à cette col­ lecte de fonds depuis près de

40 ans afin d’appuyer l’or­ ganisme Cen traide Québec et Chaudière­Appalaches. Comme chaque année, l’ob­ jectif de la campagne était de soutenir des personnes et des familles de la région aux prises avec des problèmes d’insé­ curité alimentaire, de décro­ chage scolaire, de dépendan­ ces, de dé linquance, de vio­ lence, de santé mentale et d’isolement. Plus précisé­ ment, les dons permettront de soutenir 206 organismes et projets locaux qui contri­ buent à contrer l’isolement et à offrir un environnement favorable au développement de la collectivité. Cela repré­ sente plus de 250 000 inter­ ventions auprès de personnes en situation de pauvreté ou d’exclusion. Les deux coprésidents de la campagne avaient pour man­ dat de mobiliser la commu­ nauté universitaire. Dans une entrevue pour Le Fil, le directeur du Service des im­ meubles, Denis Beaudoin, a insisté sur l’importance de Centraide pour soutenir de façon stable et régulière des organisations communau­ taires, ce que ne peut pas

faire notre système public. « Les besoins sont immenses, rappelle­t­il. Mon rôle de coprésident de la campagne m’a rapproché de Centraide, un organisme extrêmement bien géré qui fonctionne avec beaucoup de rigueur et de méthodologie et qui s’assure que l’argent est bien dirigé. On peut donner avec con­ fiance. » En fait, Denis Beaudoin a tellement aimé son expérience à Centraide qu’il s’est engagé comme bénévole dans les comités de l’organisation qui ont pour mission d’attribuer les sommes re cueillies aux différents organismes. Soulignons que cette cam­ pagne a été l’occasion d’im­ planter un projet­pilote, le Clicdon, dans quatre unités de l’Université : la Bibliothèque, la Direction des technologies de l’information, la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique et La Fondation de l’Université Laval. Cette utili­ sation d’outils en ligne destinés à faciliter le don continuera à s’étendre l’an prochain. Pour plus d’information : ulaval.ca/centraide

Comme chaque année, l’objectif de la campagne était de soutenir des personnes et des familles de la région aux prises avec des problèmes d’insécurité alimentaire, de décrochage scolaire, de dépendances, de délinquance, de violence, de santé mentale et d’isolement.

Étaient présents à l’événement de clôture de la campagne la rectrice Sophie D’Amours, trois membres du comité Centraide – Université Laval (Gilbert Nadeau, de la Faculté de théologie et de sciences religieuses et les coprésidents Alain Rochon et Denis Beaudoin) ainsi que le président-directeur général de Centraide Québec et Chaudière-Appalaches, Bruno Marchand. photo Jérôme Bourgoin

On peut le lire en ligne à lefil.ulaval.ca et s’abonner gratuitement à un avis de parution électronique.

Le journal de la communauté universitaire Fondé en 1965, Le Fil est un hebdomadaire publié 29 fois par an par la Direction des communications de l’Université Laval et distribué gratuitement sur le campus.

Vous désirez proposer un sujet d’article ? Écrivez-nous à l’adresse le-fil@dc.ulaval.ca au plus tard le mercredi midi précédant la prochaine parution. Les textes soumis doivent comporter le nom et le numéro de téléphone de leur auteur. Écrivez-nous ! Le Fil accueille vos idées avec plaisir. Le contenu de ce journal peut être reproduit à condition de mentionner la source et l’auteur.

Rédaction Éditeur : Jacques Villemure, directeur des communications Rédactrice en chef : Claudine Magny Journalistes : Matthieu Dessureault, Jean Hamann, Yvon Larose Collaborateurs : Jenny Aumais, Pascale Guéricolas, Stéphane Jobin, Renée Larochelle, Mathieu Tanguay Collaborateurs au Web : Carl Bélanger, Thierry Mellon Rédactrice-réviseure : Manon Plante Agente de secrétariat : Sophie Leroux

Production Infographie : Geneviève Bolduc, Service de reprographie de l’Université Laval Impression : TC Imprimeries Transcontinental, Québec (Québec)

Les dons permettront de soutenir 206 organismes et projets locaux qui contribuent, notamment, à contrer l’isolement

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architecture

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Design et philanthropie Des étudiants en architecture apporteront une touche de magie dans le nouveau pavillon du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) le temps d’un gala philanthropique par Matthieu Dessureault Ça va se passer le 5 mai 2018. Plu­ sieurs participants convergeront vers le pavillon Pierre-Lassonde pour le premier Gala MNBAQ, une soirée chic et festive sur le thème de la philanthropie. Tous ces gens passeront devant des installa­ tions architecturales éphémères conçues par des étudiants en colla­ boration avec l’architecte ayant signé le pavillon, le célèbre Shohei Shigematsu, et Olivier Dufour, le créateur multimédia qui assure la direction artistique du Gala. Ces futurs architectes avaient comme mandat de transformer l’espace du Musée en s’inspirant de ses qualités architecturales et du parcours déambulatoire du Gala. Ils ont travaillé tout l’automne dans le cadre d’un cours du profes­ seur Samuel Bernier-Lavigne, Projet d’architecture et fabrication numérique. En tout, 16 étudiants ont proposé quatre concepts, qui ont été évalués par un jury com­ posé d’experts. L’équipe lauréate,

dont l’identité a été dévoilée le 28 novembre, aura le privilège de voir son projet être réalisé. Il s’agit de Francis Gaignard, de Sandrine Gaulin, de Carine Huot et de Gabriel Lemelin. Intitulée Philanthropie, leur œuvre se veut un hommage aux donateurs qui ont rendu possible la construction du pavillon PierreLassonde. « Le but premier du Gala MNBAQ est d’amasser des fonds pour la Fondation du Musée. Nous avons voulu exalter la philan­ thropie et mettre en valeur l’ar­ chitecture exceptionnelle du bâ­­ timent pour la redonner aux phi­ lanthropes  », ex­­p lique Sandrine Gaulin. Monumentale, l’œuvre captera les reflets des participants grâce à une membrane réfléchissante. Elle sera divisée en stations qui vien­ dront ponctuer leurs déplace­ ments. « Nous avons développé notre projet sous la forme d’une séquence. Étant donné que les

invités se déplaceront d’un lieu à l’autre, nous voulions leur propo­ ser plusieurs tableaux qui évolue­ ront au fil de la soirée, ce qui créera une excitation et une gradation dans leur expérience. L’exaltation aura lieu autour du grand esca­ lier, qui sera enrobé d’un écrin pour le protéger, comme si c’était une sculp­ture », ajoute Sandrine Gaulin, pas peu fière que son concept ait été choisi. L’architecte Shigematsu formait le jury avec Olivier Dufour, Samuel Bernier-Lavigne, Jacques White, directeur de l’École d’architecture, Line Ouellet, directrice et conser­ vatrice en chef du MNBAQ, et Annie Talbot, présidente-directrice générale de la Fondation du MNBAQ. « Nous avons apprécié cette proposition pour plusieurs raisons, dit-il. Le design du pavil­ lon Pierre-Lassonde a été pensé de façon à mettre en valeur la richesse du site autour du bâtiment. Le matériau choisi par les étudiants concorde avec cet objectif, en plus d’offrir de nombreuses possibilités multimédias. Ce concept laissera place à des moments inattendus durant la soirée. » Depuis septembre, les membres du jury ont suivi de près le proces­ sus de création des quatre équipes. En plus de visiter les bureaux de son agence à New York, les étudiants

Le projet gagnant a été dévoilé le 28 novembre à l’École d’architecture. L’équipe lauréate est ici entourée de Sophie D’Amours, rectrice de l’Université Laval, de Jacques White, directeur de l’École d’architecture, de Line Ouellet, directrice et conservatrice en chef du MNBAQ, de Shohei Shigematsu, directeur du bureau new-yorkais d’Office for Metropolitan Architecture, d’Annie Talbot, présidente-directrice générale de la Fondation du MNBAQ, d’Olivier Dufour, président de Dufour Maison de création, et de Samuel Bernier-Lavigne, professeur à l’École d’architecture. photo Marc Robitaille

2018, grosse année pour le MNBAQ ! Pour son 85e anniversaire, le MNBAQ promet une année riche en découvertes. Des expositions portant notamment sur Alberto Giacometti, Berthe Morisot et Marcel Barbeau seront propo­ sées. Le pavillon Gérard-Morisset se refera une beauté. Une équipe est à pied d’œuvre afin d’améliorer cinq des sept salles de ce pavillon consacré à l’art ancien et moderne.

Monumentale, l’œuvre captera les reflets des participants grâce à une membrane réfléchissante

ont pu bénéficier des conseils de Shohei Shigematsu sur comment assurer une mise en valeur optimale des espaces du pavillon. « Monsieur Shigematsu est très content de voir que ce pavillon qu’il a conçu sert d’inspiration et même de challenge architectural aux étudiants. On aurait pu s’attendre à ce qu’il soit tiède à l’idée de revoir sa création, mais finalement, c’est lui qui a poussé les étudiants à se dépasser dans leurs propositions », relate Samuel Bernier-Lavigne. Selon le professeur, l’expérience s’est avérée des plus formatrices pour ces architectes en devenir. « Il était très impressionnant pour les

Maintenant que leur concept a été choisi, Francis Gaignard, Sandrine Gaulin, Carine Huot et Gabriel Lemelin devront travailler à sa réalisation avec les autres étudiants du cours. Le conseil de Shohei Shigematsu ? « Qu’ils s’amusent et qu’ils profitent à fond de cette expérience. Une telle occasion ne se présente pas si souvent. Aussi, un projet d’architecture ne se fait pas seul. Je leur souhaite d’être des catalyseurs pour concrétiser leurs ambitions. »

étudiants d’avoir à affronter un espace qui est déjà très fort sur le plan architectural. Le pavillon Pierre-Lassonde représente l’un des plus grands projets d’architec­ ture au Québec depuis belle lurette. Transformer cet espace de qualité – devant celui qui l’a conçu en plus ! — a suscité beaucoup de pres­ sion chez les étudiants. » La rectrice Sophie D’Amours, présente lors du dévoilement des gagnants, a tenu à féliciter tous ceux qui se sont prêtés à l’exercice. « Je salue l’audace et la créativité des étudiants de l’École d’architec­ ture qui ont participé à ce concours. Je suis également ravie qu’un

partenariat avec le MNBAQ valo­ rise le talent de nos étudiants, tout en contribuant à la préparation d’un événement philanthropique sans précédent pour le Musée. » Le Gala MNBAQ aura lieu sous la présidence d’honneur de Guy Cormier, président et chef de l a d i r e c t i o n d u M o u ve m e n t ­Des­jardins. Tous les profits iront à la Fondation du MNBAQ. Après l’événement, les installations ar­chitecturales seront accessibles au public pendant quelques jours. Ce projet viendra du même coup conclure la présentation, à Québec, de l’exposition internationale Alberto Giacometti.


actualités UL Enquête sur les violences sexuelles

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Nous avons tous le pouvoir de faire une différence, et c’est ensemble, en s’entraidant et en dénonçant, que nous parviendrons à lutter contre ce fléau de société

La direction invite l’ensemble de la communauté à utiliser au besoin les services d’aide présents sur le campus, tels le Centre de prévention et d’intervention en matière de harcèlement et le Centre d’aide aux étudiants. De plus, la campagne « Sans oui, c’est non ! » répertorie les ressources d’aide dans la région pour les victimes de violence sexuelle.

L’Université Laval accueille favorablement l’enquête portant sur les violences sexuelles dans sa communauté par Claudine Magny Les membres des médias étaient convoqués, le 28 novembre, au dé­­ voilement de l’Enquête Sexualité, Sécurité et Interactions en Milieu Universitaire : portrait des vio­ lences sexuelles à l’Université Laval (ESSIMU-UL). Cette étude indépendante dresse le premier portrait des violences sexuelles répertoriées à l’Université Laval, basé sur les observations et les témoignages de la communauté étudiante et du personnel. « Les violences sexuelles sont un problème réel dans notre société. Nous retrouvons ces enjeux dans toutes les universités québécoises, et l’Université Laval n’y fait pas exception. Nous sommes ravis que nos chercheuses participent, par une recherche scientifique, à la documentation de notre milieu de vie et à la recherche de solutions optimales pour enrayer ces com­ portements inacceptables », a men­ tionné la rectrice Sophie D’Amours. Cette recherche, réalisée par trois chercheuses de l’Université Laval, s’inscrit dans le cadre de l’enquête nationale ESSIMU. Dès le dévoile­ ment de ce portrait global en jan­ vier, l’Université Laval a agi afin de créer un milieu plus sécuritaire et respectueux et d’accroître l’éduca­ tion et la sensibilisation à ces enjeux, répondant ainsi à plusieurs recommandations de l’équipe de chercheuses. Dans le même esprit,

l’Université Laval a collaboré étroi­ tement dans ce dossier avec la ministre responsable de l’Ensei­ gnement supérieur, Hélène David. Basée sur une enquête universi­ taire sans pré­­cédent réalisée à l’hi­ ver 2016, l’ESSIMU-UL indique que quatre étudiantes ou étudiants sur dix ont rapporté avoir vécu un geste de violence sexuelle dans le contexte universitaire depuis leur arrivée à l’Université Laval. D’après l’enquête, 57 % des vio­ lences auraient eu lieu lors d’une fête ou d’une activité sociale (ex­­ cluant les initiations) et 37 % se seraient dé­­roulées dans un contexte d’études. Les initiations départe­ mentales ou facultaires seraient le lieu associé à 19 % des cas de vio­ lence rapportés. « Nous notons que les étudiantes sont plus nom­ breuses que les étudiants à avoir vécu de la violence sexuelle en mi­­ lieu universitaire, à raison de 47 % contre 30 % », souligne Francine Lavoie, professeure à la Faculté des sciences sociales (École de psycho­ logie) et coauteure du rapport. Les victimes subissent de nom­ breuses répercussions à la suite d’une violence sexuelle, révèle ce rapport. Difficulté à poursuivre leurs études, évitement de situa­ tions rappelant l’acte de violence, modification de l’usage des médias sociaux, état d’alerte constant, pro­ blèmes intimes, affectifs ou de

nature sexuelle : les répondantes et répondants ont détaillé ces réper­ cussions après les violences subies. L’enquête a, par ailleurs, obtenu la collaboration de l’ensemble de la communauté universitaire, per­ mettant ainsi d’obtenir un portrait des violences sexuelles vécues par les membres du personnel de l’Uni­ versité Laval. Ainsi, quatre em­­ ployées ou employés sur dix révè­ lent avoir vécu au moins un geste de violence sexuelle dans le con­ texte universitaire depuis leur entrée en fonction à l’Université. « Nos données indiquent que 17 % des femmes victimes et 13 % des hommes victimes ont éprouvé des difficultés à poursuivre leurs activi­ tés à l’Université à la suite de cette violence, que ce soit pour le travail ou d’autres activités », mentionne Sylvie Parent, professeure à la Faculté des sciences de l’éducation (Département d’éducation physi­ que) et coauteure de l’étude. L’enquête, réalisée de façon indé­ pendante, a été menée à partir de 1 963 questionnaires détaillés rem­ plis en ligne. Le rapport final pré­ sente les faits saillants, les données complètes ainsi que de nombreux témoignages afin de lever le voile sur des cas de harcèlement, de comportements sexuels non dési­ rés et de coercition sexuelle. Le rapport propose, par ailleurs, de nombreuses recommandations à la direction de l’Université Laval et aux différents intervenants et intervenantes du milieu afin d’of­ frir un environnement plus sain et sécuritaire, autant pour la popula­ tion étudiante que pour les mem­ bres du personnel. « Nous invitons l’Université à réfléchir à la mise en place d’une politique spécifique aux violences à caractère sexuel. Notre rapport suggère aussi des pistes de solution touchant autant l’approche à privilégier, les res­ sources à consacrer, les environne­ ments social et physique, l’infor­ mation, la sensibilisation, l’éduca­ tion, la formation, l’intervention, la recherche et l’innovation », fait valoir Isabelle Auclair, professeure à la Faculté des sciences de l’admi­ nistration (Département de mana­ gement) et coauteure du rapport.

Engagée dans la prévention des violences sexuelles et la sensibilisa­ tion de sa communauté, l’Univer­ sité Laval accueille donc avec inté­ rêt les résultats de l’enquête locale. Ces nouvelles informations lui seront utiles pour en venir à créer un milieu de vie, de travail, d’études et de recherche exempt de vio­ lences sexuelles. La direction de l’Université dit, en effet, prendre très au sérieux les résultats de l’en­ quête ainsi que les recommanda­ tions émises par les trois professeu­ res. « Notre Université a à cœur d’offrir à toutes ses étudiantes et tous ses étudiants un environne­ ment d’études et de recherche dépourvu de violences sexuelles, où le respect guide nos échanges et nos rapports humains. À cet égard, nous travaillons présentement à l’élaboration d’une politique pour contrer les violences sexuelles et poursuivons la réalisation de nom­ breuses actions de prévention, de formation et de sensibilisation », a indiqué le vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes, Robert Beauregard. « Nous sommes conscients que des violences sexuelles de différentes natures ont lieu dans notre milieu de vie uni­ versitaire, mais nous croyons qu’il est possible d’établir un milieu de travail plus respectueux et plus sécuritaire pour toutes les em­­ ployées et tous les employés, a poursuivi la vice-rectrice aux res­ sources humaines, Lyne Bouchard. Nous sommes déterminés à mettre en place des actions concrètes pour assurer le bien-être de l’ensemble des membres de la communauté universitaire. » La direction de l’Université Laval tient à remercier les auteures de l’étude, tout comme les étudiantes et étudiants, les employées et employés, les gestionnaires, les cadres, les syndicats et les autres groupes ayant collaboré à cette recherche. « La participation de la communauté a permis de dresser un portrait juste et pertinent des violences sexuelles dans notre milieu. Les données, les observa­ tions, les témoignages et les recom­ mandations recueillis sauront nous guider encore davantage », a conclu la rectrice. Enfin, l’Université Laval invite la communauté universitaire à condamner les gestes et les com­ portements à caractère sexuel non consentis. « Nous avons tous le pouvoir de faire une différence, et c’est ensemble, en s’entraidant et en dénonçant, que nous parvien­ drons à prévenir et à lutter contre ce fléau de société », a conclu la rectrice. Rappelons que plusieurs res­ sources d’aide sont disponibles en toute confidentialité sur le ­c ampus de l’Université Laval. « Les mem­bres de la communauté peuvent faire une plainte au Centre de prévention et d’intervention en ma­t ière de harcèlement. Le Centre d’aide aux étudiants peut également offrir le soutien requis

afin de surmonter les épreuves dif­ ficiles. La campagne “Sans oui, c’est non !”, dont l’Université est une fière partenaire, répertorie également les ressources d’aide dans la région pour les victimes de violence sexuelle », a indiqué la directrice du Centre de prévention et d’intervention en matière de ­har­cèlement, Josée Laprade. Réalisé conjointement par les chercheuses Francine Lavoie, Sylvie Parent et Isabelle Auclair, le rapport a également reçu l’appui de Manon Bergeron, chercheuse au Département de sexologie de l’Université du Québec à Montréal, qui est à l’origine de l’enquête panuniversitaire. Bien que produit spécifiquement dans le contexte de l’Université Laval, ce rapport s’inscrit dans la démarche globale de la grande enquête provinciale ESSIMU (Enquête Sexualité, Sécurité et Interactions en Milieu Universitaire). Une équipe de cher­ cheuses de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et deux parte­ naires – le Regroupement québé­ cois des CALACS (RQCALACS) et le Service aux collectivités de l’UQAM – ont mis sur pied ce pro­ jet de recherche. L’équipe de l’UQAM a ensuite entrepris des démarches pour étendre l’enquête à d’autres universités. Finalement, cette enquête d’envergure provin­ ciale regroupe 12 chercheuses pro­ venant de l’Université du Québec à Montréal, de l’Université de Montréal, de l’Université Laval, de l’Université de Sherbrooke, de l’Université du Québec en Outaouais et de l’Université du Québec à Chicoutimi. Un total de 9 284 personnes, étudiant ou tra­ vaillant dans ces six universités, ont répondu au questionnaire en ligne entre février et mai 2016. Pour prendre connaissance du rapport ESSIMU-UL, ­veuillez consulter le site Web de la Chaire Claire-Bonenfant – Femmes, Savoirs et Sociétés de l’Université Laval à chaireclairebonenfant.ulaval.ca. Pour en savoir plus sur ­l’enquête  nationale ESSIMU : ­ bit.ly/2nbTStl

Centre de prévention et d’intervention en matière de harcèlement 418 656-7632 www.harcelement.ulaval.ca Centre d’aide aux étudiants 418 656-7987 aide.ulaval.ca Campagne « Sans oui, c’est non ! » ulaval.ca/sansouicestnon


actualités UL 5 À l’interface de la chimie et du bois le fil | le 30 novembre 2017

Au cours des 5 prochaines années, 21 étudiantschercheurs et chercheurs postdoctoraux ainsi que 12 étudiants stagiaires de premier cycle participeront aux travaux de la Chaire

Les produits du bois d’apparence, qu’il s’agisse de couvre-planchers, de meubles ou de portes, réduisent la production de gaz à effet de serre et contribuent au bien-être des occupants. Les travaux de la Chaire visent à améliorer ces produits sur les plans de l’apparence, de la diversité ainsi que de la résistance aux chocs et au feu. photo Boa-Franc pour Planchers Mirage

Lancement d’une chaire industrielle consacrée à la finition des produits du bois d’intérieur par Jean Hamann Ne serait-il pas merveilleux que les éraflures à la surface des meubles et des couvre-planchers se répa­ rent d’elles-mêmes, comme le font les égratignures sur la peau ? Ces produits autoréparateurs, qui sem­ blent tout droit sortis de la sciencefiction, pourraient devenir réalité d’ici quelques années grâce aux recherches menées dans des labo­ ratoires qui œuvrent à l’interface de la chimie et des sciences du bois. C’est justement à ce type de projets que s’attaquera, au cours des cinq prochaines années, l’équipe de la Chaire de recherche industrielle CRSNG – Canlak en finition des produits du bois d’intérieur, qui a été lancée officiellement sur le campus le 28 novembre. La titulaire de cette chaire, Véronic Landry, du Département des sciences du bois et de la forêt, s’y connaît bien en matière de ­surfaces et d’interfaces. Après un baccalauréat et une maîtrise en chimie, elle a obtenu un doctorat en sciences du bois. Elle a ensuite travaillé pendant dix ans comme chercheuse en milieu industriel chez FPInnovations, tout en assu­ rant la cosupervision d’étudiants-­ chercheurs à titre de professeure associée à l’Université Laval. En avril dernier, elle faisait le grand saut dans le monde universitaire.

« Je suis une hybride, tout comme cette chaire industrielle en milieu universitaire, dit-elle. J’ai beau­ coup aimé faire de la recherche en industrie, mais j’adore particu­ lièrement travailler avec des étu­ diants. Je veux aussi contribuer à former du personnel qualifié pour combler les besoins des entre­ prises dans le domaine de la fini­ tion des produits du bois d’inté­ rieur », explique-t-elle. À cet égard, les objectifs de la Chaire sont clairs et ambitieux. D’ici cinq ans, 21 étudiants-chercheurs et chercheurs postdoctoraux ainsi que 12 étudiants stagiaires de pre­ mier cycle auront participé aux travaux de la Chaire. « Ils auront la chance d’interagir avec les équipes de nos partenaires indus­ triels et nous espérons que plu­ sieurs d ­ ’entre eux poursuivront une carrière au sein de ces entre­ prises par la suite. » Les défis qui attendent la filière des produits du bois d’intérieur – qu’il s’agisse de couvre-planchers, de meubles ou de portes pour le secteur résidentiel ou commer­ cial – sont de taille, rappelle la pro­ fesseure Landry. « Il ne suffit pas de faire valoir que ces produits rédui­ sent la production de gaz à effet de serre et qu’ils contribuent au bienêtre des occupants. Pour conserver

et accroître leur part de marché, les fabricants devront améliorer leurs produits sur les plans de l’appa­ rence, de la diversité ainsi que de la résistance aux chocs et au feu. Les travaux de la Chaire ont pour but d’aider nos partenaires à trouver des solutions novatrices pour y arriver. » Certains produits de finition du bois ont longtemps eu mauvaise réputation sur le plan environne­ mental, reconnaît la professeure Landry. « Cette réputation était due aux revêtements à base de sol­ vants qui sont maintenant en déclin. Les projets que nous mène­ rons visent tous le développement de produits à faible teneur en

composés organiques volatils et de faible toxicité, comme les produits de finition polymérisés aux ultra­ violets et ceux à base d’eau. » Pour le vice-recteur adjoint à la re­­ cherche, à la création et à l’inno­ vation, Michel J. Tremblay, il s’agit là « d’une illustration éloquente de la vision du développement du­r able au sein de l’Université Laval, où nous mettons l’inno­ vation en re­­cherche au service de l’environnement ». Pour mener à bien ses travaux, la Chaire dispose d’un budget de 4,2 M $ sur 5 ans, dont 1,8 M $ en biens et services. Les fonds pro­ viennent du CRSNG, notamment par l’entremise de son programme

RDC, de l’Université Laval et des entreprises Canlak, Boa-Franc, Inortech EMCO, Canadel et Portes Lambton. « Nos partenaires for­ ment un consortium industriel ­unique qui couvre toute la chaîne de valeur, depuis le distributeur des matières premières servant à fabri­ quer les produits de finition jus­ qu’aux utilisateurs finaux », sou­ ligne Véronic Landry. S’exprimant au nom des parte­ naires industriels de la Chaire, Éric Vaillancourt, vice-président de Canlak, a rappelé que « le dévelop­ pement technologique et l’innova­ tion sont essentiels à la croissance de nos entreprises et à l’économie générale de notre pays. »

Les représentants des partenaires de la Chaire lors du lancement officiel, le 28 novembre : Michel J. Tremblay, ­ vice-recteur adjoint à la recherche, à la création et à l’innovation, Marc Fortin, vice-président de la Direction des partenariats de recherche du CRSNG, Véronic Landry, titulaire de la Chaire, Guy Mercier, doyen de la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique, et Éric Vaillancourt, vice-président de Canlak et représentant des partenaires industriels. photo Marc Robitaille


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management

Le sport au cœur de la recherche universitaire L’Observatoire international en management du sport (OIMS) prend son envol à l’Université par Pasacale Guéricolas Des représentants du Carnaval de Québec, de Desjardins, du Rouge et Or, de Gestev et de Centraide ont assisté, le 29 novembre au Carré des affaires F SA  U L av a l – B a n que Nationale, au lancement de ce nouveau lieu de re­­ cherche. Une conférence sur la commandite et les moyens à utiliser pour en mesurer les retombées fai­ sait partie des activités de la soirée. Le but de l’Obser­ vatoire international en management du sport ? Mettre en contact des cher­ cheurs de différentes disci­ plines, de l’Université Laval et d’au­tres universités, avec des organisations sportives ou des entreprises en lien avec ce domaine écono­ mique en pleine croissance. Manifestement, le monde du sport joue un rôle de plus en plus important dans ­l’économie. Au Québec, les 27 événements les plus im­­ portants, autant dans le domaine sportif que culturel, génèrent des revenus de 370 millions de dollars et emploient 6 300 personnes à temps plein. Ces événements représentent un secteur où les commanditaires se mon­ trent très actifs. Comme l’ont souligné les conférenciers lors de la soirée de lance­ ment, le sport draine 55 % des revenus de commandite a m a s s é s ch a qu e a n n é e au Canada, soit près d’un milliard de dollars. À titre d’exemple, la Banque Scotia va verser 800 millions de dol­ lars sur 20 ans pour renom­ mer le Centre Air Canada, qui accueille actuellement les Maple Leafs de Toronto.

Dès juillet 2018, le domicile d e l ’ é qu i p e d e h o cke y deviendra le « Scotiabank Arena ». Le management du sport passionne depuis des années Frank Pons, qui dirige le nouvel observatoire. Très impliqué dans les recherches sur l’expérience-client et le sport-business, le professeur au Département de marke­ ting veut tirer profit de ses relations dans différentes organisations sportives euro­ péennes pour créer un véri­ table pôle de recherche à l’Université Laval. « Très souvent, des étudiants en communication, au MBA ou en économie me contactent, car ils veulent explorer des thèmes comme le droit spor­ tif à travers le monde, le poids économique des re­­ tombées du sport ou la façon d’attirer de grandes rencon­ tres sportives à Québec, explique-t-il. Je pense que ce domaine de­­vient un sujet de recherche de plus en plus intéressant. » Déjà, certaines organisa­ tions se montrent intéres­ sées à donner l’accès à leurs données. La Fédéra­t ion française de tennis ainsi que le tournoi de RolandGarros, qui se déroule à Paris, sont prêts à partager leurs fichiers clients. Ces informations pourraient aider Christine Lai, profes­ seure au Dépar­t e­m ent de marketing et membre de l’Observatoire, à développer sa recherche sur les ventes à la billetterie et l’expérience des spectateurs. Une autre des chercheuses de l’OIMS, Andréa J. Woodburn, pro­ fesseure au Département

d’éducation physique, va se pencher, quant à elle, sur le management du personnel sportif ou, autrement dit, la façon dont les entraîneurs gèrent les équipes. Ce type de recherche, très concrète, pourrait d’ailleurs permettre à l’Observatoire de s’impliquer dans la for­ mation des professionnels gravitant autour du monde du sport. « Il existe une grande demande pour des gestionnaires dans les clubs sportifs ainsi que pour des employés dans les fédéra­ tions sportives et dans les entreprises organisant des événements. On souhaite des gens capables de mieux comprendre les dévelop­ pements dans ce milieu, re­­ marque Frank Pons. Nous envisageons donc de mettre sur pied une formation pra­ tique, très liée aux résultats de recherche. » À en croire le directeur de l’Observatoire, les sujets de réflexion autour du sport ne manquent pas, tant du côté des affaires, de l’intégration hommes – femmes que du mieux-vivre ensemble. Par exemple, certaines équipes canadiennes de judo em­­ ploient des entraîneuses médaillées des Jeux olym­ piques pour démontrer à cer­ taines communautés qu’une jeune fille a autant de talent sportif qu’un garçon. Bien sûr, le volet santé s’impose également. Une recherche très originale est en cours actuellement dans dix pays européens. Des données sont recueillies depuis deux ans pour évaluer le bien-être des amateurs de compéti­ tions sportives à la télévi­ sion. Appa­remment, ces der­ niers se perçoivent en bonne santé. Pourquoi ? Parce que les matchs ou performances sportives qu’ils suivent ré­­ gulièrement les rendent heureux !

Déjà, certaines organisations se montrent intéressées à donner l’accès à leurs fichiers clients comme la Fédéra­tion française de tennis ainsi que le tournoi de Roland-Garros. photo Roman Boed

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sur la justice internationale Q Le Tribunal pénal international pour le Rwanda a fermé en 2015, celui pour l’ex-Yougoslavie va suivre. Quelle insti­ tution les remplace ?

Fannie Lafontaine

R Ces tribunaux internationaux avaient une durée limitée dans le temps, car ils traitaient d’un conflit spécifique. L’ONU a donc créé une institution, avec des juges et du personnel (les bureaux se trouvent à Arusha, au Rwanda, et à La Haye, aux Pays-Bas, NDLR), afin d’assurer la conti­ nuité des jugements et d’éviter le vide juri­ dique. Grâce à elle, les personnes condam­ nées peuvent présenter leur appel. On peut aussi s’occuper des libérations condi­ tionnelles des détenus et conserver les archives. Il y a également la Cour pénale internationale (CPI), qui a une vocation permanente et universelle, ainsi que des tribunaux dits hybrides, avec des éléments internationaux et nationaux. À titre d’exemple, une cour spéciale a été créée en République centrafricaine pour traiter du conflit dans ce pays. Des procureurs locaux et étrangers y travaillent ensemble. Ce type d’institution contribue à solidifier la justice nationale dans des pays qui n’ont pas toujours les moyens de juger la gravité des crimes. En outre, bien souvent, la pré­ sence de juristes internationaux ajoute de la crédibilité au processus judicaire, en plus d’assurer une meilleure visibilité à l’étranger et davantage de financement.

Ratko Madlic, l’ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, purge une peine de pri­ son à perpétuité depuis sa condamnation prononcée le 22 novembre. Il a été jugé coupable de 10 chefs d’accusation sur 11, notamment celui d’avoir perpétré le mas­ sacre de Srebrenica où 8 000 hommes musulmans ont trouvé la mort. Le Tribunal pénal international pour l’exYougoslavie termine ainsi ses travaux, mais la lutte contre l’impunité partout dans le monde se poursuit, comme l’ex­ plique Fannie Lafontaine, professeure de droit et spécialiste de ce domaine. Q Que pensez-vous de l’évolution de la lutte contre l’impunité ? Q Le siège de Sarajevo et le massacre de Srebrenica, pour lesquels Ratko Mladic R La justice internationale a maintenant a été condamné, remontent à plus de plusieurs « bras » : la CPI, les tribunaux 20 ans. Comment expliquer qu’il ait locaux et les cours spéciales qui inter­ fallu autant de temps avant que les viennent sur des conflits spécifiques. Il ­victimes obtiennent justice ? arrive, bien sûr, que des pays contestent l’action de la CPI dans certaines affaires. R Le public critique facilement la lenteur La Côte d’Ivoire, par exemple, voulait de la justice internationale, mais les délais juger elle-même Laurent Gbagbo, l’an­ semblent très acceptables dans le cas par­ cien président, ce qui lui a été refusé. Les ticulier de Ratko Mladic. Je vous rappelle États-Unis, de leur côté, ne voient pas que sa cavale a duré 15 ans, car l’État d’un bon œil l’enquête qui démarre sur les serbe n’a pas vraiment collaboré à son crimes commis par des soldats américains arrestation. Ce chef militaire s’était caché en Afghanistan. Ceci dit, j’ai l’impression dans un village où les habitants lui étaient que le droit international avance beau­ plutôt favorables. Une fois de plus, on coup depuis les années 90. Désormais, il constate que, pour attraper des criminels existe des règles précises concernant les de guerre en fuite, il faut obtenir la conver­ crimes ainsi que des institutions pour les gence des États avec la justice. Cela finit juger. Il s’agit de la première étape pour toujours par arriver, mais parfois cela construire une société civilisée. Les indi­ prend du temps. Par ailleurs, le traitement vidus ne peuvent donc plus violer les judiciaire de 5 ans dans cette affaire me règles internationales sans conséquences. semble assez raisonnable. Après tout, il a Des criminels comme Ratko Mladic ou fallu examiner des dizaines de milliers de Charles Taylor, ancien président du pages de documents et entendre des cen­ Libéria, purgent actuellement leur peine taines de témoins, car il s’agissait d’un des de prison. D’autres dictateurs vont sans plus hauts gradés de l’armée bosniaque. doute les suivre. Bien sûr, les obstacles ne Aujourd’hui, les figures marquantes de la manquent pas et il faut s’assurer de la guerre en ex-Yougoslavie ont été jugées, ­coopération des États. La légitimité et la même si certaines sont encore en fuite. crédibilité des institutions constituent des Les tribunaux locaux, serbes ou bos­ défis de taille. niaques, s’occuperont de leur affaire lorsque ces personnes seront arrêtées. Propos recueillis par Pascale Guéricolas


médecine

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ils ont dit... Sur la centralisation des artefacts de Parcs Canada

Martin Pâquet, Département des sciences historiques Le Devoir, 22 novembre L’efficacité du vaccin dépend de sa concordance avec les souches d’influenza qui sévissent dans la population, mais elle est aussi influencée par la mémoire immunologique, l’histoire de vaccination et le moment de l’année où vous contractez le virus.

Au-delà de la souche virale L’efficacité du vaccin contre la grippe ne dépend pas uniquement du choix des souches par Jean Hamann Pour la plupart des gens, l’efficacité du vaccin contre la grippe se résume à une seule chose. Il suffit que les souches virales utilisées pour fabriquer le vaccin correspondent aux souches qui circu­ lent dans la population et l’affaire est entendue. En réalité, les choses sont beaucoup plus complexes, comme vient de le démontrer, dans le Journal of Infectious Diseases, une équipe de chercheurs canadiens dont fait partie Gaston De Serres, de la Faculté de médecine et du CHU de Québec – Université Laval. En effet, les travaux de ces chercheurs démontrent que l’ef­ ficacité du vaccin peut aussi dépendre de votre première rencontre avec l’in­ fluenza, de votre histoire de vaccina­ tion et même du moment de l’année où vous contractez le virus. Les chercheurs arrivent à ces constats après avoir étudié l’efficacité du vaccin en 2015-2016. Cette année-là, la grippe a frappé tardivement – le pic est survenu en mars – et c’est la s­ ouche A(H1N1) qui a sévi, accompagnée en sourdine de l’influenza  B / Victoria. « L’efficacité du vaccin pour le A(H1N1) n’était que de 43 %, même s’il y avait une bonne concordance antigénique entre le vac­ cin et le sous-type qui a circulé dans la population, rappelle Gaston De Serres. Pour l’influenza B, l’efficacité du vaccin a atteint 54 %, alors qu’il y avait une non-concordance des lignées. » Grâce au concours de médecins faisant partie d’un réseau canadien de sur­ veillance de l’influenza, les chercheurs ont obtenu des échantillons de sécré­ tions nasales d’environ 2 000 personnes qui s’étaient présentées dans une cli­ nique avec des symptômes d’allure grip­ pale. Les analyses de laboratoire ont permis d’établir qu’environ la moitié d’entre elles avaient effectivement contracté l’influenza.

En faisant des recoupements avec les données relatives à chaque patient, les chercheurs ont fait trois constats inté­ ressants. Le premier : l’efficacité du ­vaccin contre le A(H1N1) était de 75 % chez les gens vaccinés uniquement en 2015-2016, alors qu’elle diminuait à 41 % chez les gens qui avaient été vacci­ nés en 2014-2015 et en 2015-2016. « Se faire vacciner deux années consécutives ne produit pas toujours cet effet, précise le professeur De Serres. Parfois, on observe un effet protecteur et parfois il n’y a pas d’effet du tout. Nous tentons de déterminer pourquoi, mais, pour l’instant, les raisons sont obscures. » Deuxième constat : l’efficacité du vac­ cin contre le A(H1N1) varie énormé­ ment selon l’âge de la personne vacci­ née. Ainsi, alors que l’efficacité atteignait 67 % chez les 1 à 19 ans, elle était d’à peine 5 % chez les 49 à 59 ans. « Chez les gens de ce dernier groupe d’âge, la pre­ mière exposition à vie à l’influenza a eu lieu pendant une période où il n’y avait pas de A(H1N1) en circulation. Le fait que cette première exposition ait eu lieu avec d’autres lignées pourrait avoir conditionné leur réponse immunitaire ultérieure au A(H1N1). » Troisième constat : l’efficacité du vac­ cin contre le A(H1N1) était de 62 % chez les gens qui se sont présentés chez le médecin en janvier-février. Chez ceux qui se sont présentés en mars-avril, elle n’était plus que de 19 %. « Il se peut que le virus se soit modifié en cours de saison ou que l’immunité conférée par le vaccin ait diminué avec le temps », avance le professeur De Serres. Cette étude met en lumière les limites de notre compréhension des méca­ nismes qui influencent l’efficacité du vaccin contre la grippe, mais elle ne remet pas en question la pertinence de se faire vacciner, insiste le chercheur. « Les

personnes qui ont reçu le vaccin en 2015-2016 ont profité, à divers degrés, d’une protection contre la grippe. C’est le cas tous les ans, sauf lors d’années exceptionnelles comme 2014-2015 où l’efficacité du vaccin a été nulle. » Chaque année, environ 15 % de la population est exposée au virus de l’in­ fluenza et environ le tiers de ces per­ sonnes développeront une grippe. Les répercussions d’une infection grippale, et conséquemment les avantages de se faire vacciner, ne sont pas les mêmes pour tous, rappelle le professeur De Serres. « Pour des adultes en bonne santé, la grippe se traduit généralement par des désagréments et par quelques jours au lit. Pour les personnes âgées, les répercussions sont beaucoup plus sérieuses. Par exemple, les 75 ans et plus représentent 75 % des cas d’hospitalisa­ tion et plus de 80 % des décès causés par la grippe. » Au Québec, le vaccin contre la grippe est fortement recommandé aux 65 ans et plus, aux personnes ayant une maladie chronique, aux enfants de moins de 5 ans, aux femmes enceintes et à ­celles qui ont accouché depuis 4 semaines ou moins.

Les répercussions d’une infection grippale, et conséquemment les avantages de se faire vacciner, ne sont pas les mêmes pour tous

Le gouvernement fédéral construira à Gatineau un centre d’entreposage moderne pouvant ac­­ cueillir 25 millions d’ar­ tefacts historiques et ar­chéologiques présente­ ment conservés dans les bâtiments de Parcs Canada dans différents lieux au pays, dont Québec. Pour Martin Pâquet, cette déci­ sion remet en cause la ges­ tion patrimoniale, par les chercheurs et les citoyens, des traces du passé. « Les archéologues de Québec n’auront plus accès aux artefacts qui sont issus de leurs chantiers de fouilles. De plus, pour les citoyens des lieux d’où viennent ces artefacts, c’est une dépossession de leur patrimoine. »

Sur les centres de distribution Beauharnois, Varennes, Laval, Terrebonne, Coteau-du-Lac : les cen­ tres de distribution s’ins­ tallent principalement à l’extérieur de Montréal. Et pour cause. « Les entre­ prises ont avantage à ne pas être trop loin de leur marché pour réduire leurs Jean Dubé, coûts de transport. Elles École supérieure se font toutefois expulser d’aménagement des centres à cause du coût du territoire et élevé des terrains. Par con­ de développe­ séquent, elles s’établissent ment régional en proche périphérie, où les prix des terrains sont Les Affaires, moindres », explique 25 novembre Jean Dubé.

Sur la visibilité des groupes d’extrême-droite au Québec

Aurélie Campana, Département de science politique Le Soleil, 24 novembre

Une nouvelle manifesta­ tion de militants associés à la droite identitaire a eu lieu samedi à Québec. Ces groupes ont toujours existé, mais on n’en par­ lait pas, rappelle Aurélie Campana. L’arrivée de Donald Trump à la MaisonBlanche a légitimé un cer­ tain langage dans le débat public. « Il est clair que les groupes d’extrême-droite sont de plus en plus dé­­ com­plexés. Jusque-là, ils tenaient des activités pour leurs membres. Depuis un an, ils sont plus visibles dans l’espace public. »


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Soigner sur trois continents Quinze étudiantes et étudiants en sciences infirmières présenteront ce soir le bilan de leur stage international et interculturel réalisé l’été dernier au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, en Inde et au Sénégal, ainsi qu’au Nunavik par Yvon Larose Kévin Dickie et Anne-Charlotte Lebel sont tous deux finissants au baccalauréat en sciences infirmières. Ce soir, le jeudi 30 novembre, au pavillon FerdinandVandry, ils feront la présentation du stage international et interculturel de deux mois qu’ils ont réalisé ensemble de la fin juin à la fin août 2017 dans un centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de la ville de Yako, au Burkina Faso, en Afrique de l’Ouest. Douze autres étudiantes et un autre étudiant les accompagneront pour parler de leur expérience respective de sta­ giaire, également réalisée l’été dernier, au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun et au Sénégal, ainsi qu’en Inde et au Nunavik, dans le Grand Nord québécois. Pour ces stages crédités, les participants ont reçu un encadrement structuré de la Faculté des sciences infirmières, du Bureau internatio­ nal et de divers partenaires. « Les CSPS constituent la porte d’entrée du système public de santé au Burkina Faso, explique Anne-Charlotte Lebel. Ils sont en première ligne et sont un peu l’équivalent de nos CLSC. Le niveau supé­ rieur est constitué de centres médicaux avec antennes chirurgicales (CMA). Les patients viennent d’abord au CSPS et si le cas est complexe, comme une césarienne, on le réfère au CMA. La plupart du temps, Kévin et moi étions au CSPS, où nous fai­ sions toutes les activités de santé pour toute clientèle. Nous avons aussi effectué quelques visites au CMA local. » Leur stage s’est déroulé en collaboration avec le Programme d’amélioration de la santé des mères et des enfants. Ce pro­ gramme est financé par Affaires mondiales Canada. Il vise à réduire la mortalité chez les mères et les jeunes enfants au Burkina Faso. Six autres étudiants de l’Université

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Laval, soit deux en médecine, deux en pharmacie et deux autres en psychoéduca­ tion, ont participé à ce programme cet été à Yako. Les étudiants en médecine étaient rattachés au CMA, les autres au dépôt pharmaceutique et à une ONG. « Les conditions étaient assez rudimen­ taires à notre CSPS, poursuit-elle. Il n’y avait pas beaucoup d’équipements et très peu de mesures diagnostiques. L’accès à l’eau était difficile et il y avait souvent des ruptures de matériel. Nous étions assez limités dans ce que nous pouvions faire. » Le personnel du CSPS était constitué d’un infirmier-chef et d’une infirmière, d’une sage-femme et d’accoucheuses. Au fil des jours, les deux étudiants ont assisté aux consultations curatives ou prénatales menées par les intervenants du CSPS. Ils ont fait les traitements requis, comme des injections de médicaments, installé des solutés dans les cas de paludisme ou de déshydratation et refait des pansements. Les étudiants vaccinaient des personnes chaque semaine, en particulier des jeunes enfants entre deux et quinze mois. Ils ont participé aux suivis de femmes enceintes, à des accouchements et aux suivis post­ nataux. Ils ont aussi pris part à une cli­ nique sur la malnutrition et à des activités de sensibilisation sur divers sujets, comme la planification familiale et le paludisme. « Kévin et moi avons mené une activité de sensibilisation sur les environnements sécuritaires et sur l’hygiène adéquate des milieux, indique Anne-Charlotte Lebel. Nous avons conçu pour cela un outil, préa­ lablement au stage. Nous avions déterminé sept problématiques. L’une d’elles est reliée aux troubles intestinaux, comme la diarrhée et la gastro-entérite, qui décou­ lent d’une mauvaise hygiène autour de

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Les stages internationaux et interculturels rapportent beaucoup, humainement et professionnellement

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sciences infirmières l’alimentation. Par exemple, le fait de ne pas se laver les mains avant les repas parce que l’accès à l’eau potable est difficile. » Une autre problématique concerne l’automédication. « Les Burkinabè ne consultent pas de médecin, ils vont plu­ tôt chercher un médicament directe­ ment à la pharmacie et sans ordon­ nance parce que les médicaments sont en vente libre, explique-t-elle. Ceci pro­ voque un délai dans la prise en charge des maladies et peut camoufler des signes et des symptômes importants. » Leur journée de travail terminée, les deux étudiants rentraient dans leur famille d’accueil respective. L’un et l’autre ont beaucoup retiré de leur expérience de stage, tant sur le plan professionnel que personnel. Au CSPS, ils avaient beaucoup d’autonomie et ont trouvé très formateur de gérer les imprévus. Ils ont aussi trouvé enrichis­ sant le contact avec les membres de leur famille d’accueil. Pour sa part, AnneCharlotte Lebel a eu la piqûre. « Nous étions bien en Afrique, affirme-t-elle. C’est un autre monde. C’est fascinant. J’ai gardé contact avec ma famille d’ac­ cueil. J’aimerais maintenant découvrir un nouveau pays en développement. J’ai commencé, avec une collègue, une démarche pour aller travailler en Inde. » Alexandra Babin terminera son bac­ calauréat en sciences infirmières en décembre. Cet été, avec sa consœur Alexia Labarre, elle a séjourné durant neuf semaines à l’école Kalkeri Sangeet Vidyalaya, à l’extérieur du village de Kalkeri, en Inde. Cette école à nulle autre pareille accueille gratuitement quelque 250 enfants provenant de milieux défavorisés. La moitié de la journée est consacrée à l’enseignement de la musique traditionnelle indienne. L’autre moitié est réservée au parcours scolaire habituel. « Les enfants habitent sur le terrain de l’école, raconte Alexandra Babin. Alexia et moi, nous demeurions à l’in­ firmerie appelée Bobo House. Mes tâches ont consisté pour l’essentiel à donner des soins aux enfants. C’étaient des soins courants, comme ceux pour de petites coupures résultant d’une chute. La pharmacie de l’infirmerie contenait différents médicaments, tels des antidouleurs. Au besoin, il fallait aller à la pharmacie du village voisin. Alexia, diminuée par la maladie, a plu­ tôt fait des tâches administratives durant un mois et demi. » Les étudiantes avaient monté deux projets de sensibilisation en prévision de leur stage. L’un portait sur le bros­ sage adéquat des dents, l’autre concer­ nait une saine hygiène des oreilles chez tous les enfants de l’école. Selon Alexandra Babin, la médecine ayurvédique traditionnelle occupe une grande place à la Bobo House. « Tous les “petits bobos” des enfants, dit-elle, sont traités sous l’angle de cette méde­ cine. Alexia et moi avions fait beaucoup de recherches sur le Web à ce sujet. Nous voulions connaître les avantages de cette approche basée sur des élixirs, des pommades et des huiles essentielles. Il y avait, à la Bobo House, un guide maison sur ce qui fonctionne le plus et

sur ce qui fonctionne le moins dans la médecine ayurvédique. À ma grande surprise, nous avons obtenu beaucoup de beaux résultats, et des guérisons dans certains cas. » Les écoliers lui sont apparus faciles d’approche et débordants d’énergie positive. « Nous avons développé des liens avec eux, souligne-t-elle, des liens qui nous ont fait grandir. Globalement, le stage a été enrichissant à tout point de vue. Cette expérience a confirmé que j’avais une bonne capacité d’adapta­ tion. Travailler à l’international me plairait. » Dans quelques semaines, Hélène Lévesque-Gosselin terminera son bac­ calauréat en sciences infirmières. Entre juillet et août, dans le cadre de son stage, elle a travaillé durant neuf se­­ maines au dispensaire du village inuit de Tasiujaq, au Nunavik. « Je suis très heureuse de m’être ren­ due au Nunavik vivre cette grande aventure, soutient-elle. La santé inter­ nationale m’intéresse beaucoup. Je me suis sentie grandement impliquée dans les problèmes sociaux rencontrés et j’espère de tout cœur pouvoir retourner vivre auprès de ces communautés. » Tasiujaq compte 360 habitants. Au dispensaire, l’étudiante a fait face à des problèmes de santé variés. Mention­ nons ceux reliés à la santé sexuelle, les traumas, les otites, les douleurs den­ taires et les infections pulmonaires, ainsi que les soins reliés aux incidents / accidents, particulièrement en lien avec les activités de chasse et de pêche. « L’état de santé en général de la po­­ pulation est tout de même alarmant, dit-elle, compte tenu de l’émergence de plusieurs maladies consécutives à la sédentarisation de la population, comme l’obésité et le diabète. La santé sexuelle et les infections transmissibles sexuellement et par le sang constituent un problème de grande envergure. C’est pourquoi j’en ai fait ma priorité dans ce stage. » Dans le dispensaire, Hélène LévesqueGosselin côtoyait un infirmier et une infirmière, une travailleuse sociale et un professionnel en protection de la jeu­ nesse. La clinique était ouverte pour les urgences de toutes sortes, sans rendezvous. Le mardi après-midi était consa­ cré aux suivis de grossesse. Le jeudi était réservé aux suivis infantiles et à la vaccination. « À Tasiujaq, souligne-t-elle, le rôle élargi de l’infirmière est un côté très intéressant, notamment en raison de toutes les responsabilités qui nous per­ mettent d’avoir une approche beau­ coup plus holistique et qui mettent de l’avant notre expertise clinique. J’ai appris beaucoup sur le plan profes­ sionnel, et le peuple inuit m’a fait gran­ dir d’un point de vue personnel. Les Nunavimmiut sont très attachants et j’ai découvert un peuple que j’admire beaucoup. » Les présentations orales des ­étudiantes et des étudiants stagiaires en sciences infirmières auront lieu de 17 h 30 à 19 h 30 ce soir, le jeudi 30 novembre, au local 1289A du pavillon FerdinandVandry. Entrée libre.

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5 1. Au CSPS de Yako, Kévin Dickie exécutait toutes les activités de santé, notamment la réfection des pansements. photo Anne-Charlotte Lebel 2. À la Bobo House de l’école Kalkeri Sangeet Vidyalaya, Alexandra Babin soigne une écolière à l’aide de la médecine ayurvédique traditionnelle. Il est question ici de soulager une douleur musculaire à l’aide d’une pommade et de massage. photo Alexia Labarre 3. À Tasiujaq, Hélène LévesqueGosselin (à droite) donne un cours de premiers soins à de jeunes enfants afin que ceux-ci sachent quoi faire lorsqu’ils sont loin du dispensaire, à la chasse ou au camp de famille dans la toundra. 4. Hélène Lévesque-Gosselin a trouvé très attachants les habitants du Nunavik. Elle dit avoir découvert un peuple admirable. 5. Durant son stage au Burkina Faso, ­Anne-Charlotte Lebel a, entre autres, participé à des accouchements. photo Kévin Dickie


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sciences

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en bref

De gauche à droite : André Zaccarin, doyen de la Faculté des sciences et de génie, Martin Perron, surintendant de la géologie de la mine Éléonore, Marc Constantin, directeur du Département de géologie et de génie géologique, Georges Beaudoin, directeur du Centre E4m et titulaire de la Chaire de recherche industrielle CRSNG – Agnico Eagle en exploration minérale. photo Marie-Pier Laliberté

Une nouveauté au Jardin géologique Le Jardin géologique a accueilli, le 23 novem­ bre, un petit nouveau au sein de sa collection : un magnifique bloc de minerai aurifère d’un peu plus de deux tonnes. La compagnie Goldcorp a fait don d’un échantillon provenant de la mine d’or Éléonore de la Baie-James. Situé entre les pavillons Alexandre-Vachon et Adrien-Pouliot, le Jardin géologique est un espace permettant d’allier la détente à la décou­ verte d’échantillons provenant des principales mines du Québec. On peut y observer 40 blocs de minerais ex­ceptionnels de cuivre, de zinc, de nickel, de fer, de titane et d’or. Certains d’entre eux peuvent peser jusqu’à 40 tonnes ! Pour une visite virtuelle  du Jardin géologique : bit.ly/2jt6Y0e

Mathieu Mercier-Gingras, chercheur membre de l’IRHMAS, Sophie Limoges, directrice générale du Musée maritime du Québec (MMQ), et Daniel Laroche, président de l’IRHMAS, devant le NGCC Ernest-Lapointe, un brise-glace conservé au MMQ.

Passionnés de l’archéologie subaquatique Le Musée maritime du Québec, situé à L’Islet, hébergera le siège social de l’Institut de re­­cherche en histoire maritime et archéo­ logie subaquatique (IRHMAS). Cette orga­ nisation, qui réunit plusieurs chercheurs de l’Université Laval, a comme mission de contribuer à la p ­ rotection des sites maritimes québécois et canadiens et à l’essor profes­ sionnel de la relève scientifique. L’annonce du nouveau partenariat, qui vise à faciliter les collaborations en recherche, a été faite le 22 novembre à l’oc­casion d’une activité « Archéo-vendredi », ­organisée par des ­étudiants en archéologie.

Le stress social chronique provoque des altérations de la barrière hématoencéphalique chez les souris déprimées (image du bas) permettant le passage entre les cellules endothéliales (en rouge) de molécules pro-inflammatoires, l’interleukine-6 (en vert), du sang vers le cerveau. Les souris résilientes au stress (image du haut) maintiennent une barrière hématoencéphalique imperméable ainsi que des comportements normaux, notamment des interactions sociales. photo Caroline Ménard

Notre étude est la première à démontrer que l’inflammation périphérique induite par un stress social chronique peut influencer directement le cerveau en altérant l’intégrité de la barrière hématoencéphalique

Le chaînon manquant entre stress social et dépression L’inflammation causée par un stress social chronique peut entrouvrir la porte qui protège le cerveau par Jean Hamann Une étude qui vient d’être publiée dans Nature Neuroscience jette un nouvel éclairage sur le lien entre le stress social chronique et l’apparition de symptômes de type dépressif. Cette étude, dont la première auteure est Caroline Ménard, de la Faculté de médecine et du Centre de recherche CERVO, révèle que le pro­ cessus inflammatoire déclenché par un stress chronique comme l’intimi­ dation sociale altère l’étanchéité de la barrière qui sépare le cerveau et la circu­ lation sanguine périphérique – la bar­ rière hé­m atoencéphalique (BHE) –, ouvrant la porte à des molécules proinflammatoires qui favorisent l’appari­ tion de symptômes de type dépressif. On savait déjà que les personnes souf­ frant de dépression ont une réponse immunitaire exacerbée. On savait aussi que le stress chronique, incluant l’intimi­ dation sociale, provoque des change­ ments dans la réponse immunitaire. « Notre étude visait à mieux comprendre le lien entre le stress social chronique, la réponse inflammatoire sous-jacente et le développement de symptômes liés à la dépression », résume la professeure Ménard. En point de mire des chercheurs, la BHE, une structure qui filtre le passage des molécules et des microorganismes entre la circulation sanguine périphé­ rique et le cerveau. Cette barrière est for­ mée de cellules tapissant l’intérieur de capillaires sanguins dans certaines régions du cerveau. Son étanchéité est assurée par les jonctions serrées qui agis­ sent comme « ciment » entre ces cellules.

L’une des plus importantes protéines des jonctions serrées est la claudine-5. « Sans cette protéine, la barrière hémato­ encéphalique s’ouvre. Une étude a démontré que les souris dépourvues de claudine-5 survivent moins de 10 heu­ res », précise la professeure Ménard. Pour réaliser leurs travaux, les cher­ cheurs ont utilisé un modèle animal de stress social chronique. Chaque souris expérimentale était placée à répétition dans une cage où se trouvait, de l’autre côté d’un séparateur, une grosse souris agressive. L’examen microscopique d’une région du cerveau impliquée dans le plaisir et le contrôle de l’humeur a révélé que la morphologie de la BHE est altérée chez les souris devenues stressées à la suite de cette exposition. « Con­ trairement à ce que l’on observe chez les souris résilientes, il y a un élargissement des jonctions serrées, explique Caroline Ménard. La porte qui donne sur leur cer­ veau est entrouverte. » Les analyses des chercheurs ont mon­ tré que le niveau de claudine-5 dans cette région du cerveau était 50 % plus faible chez les souris stressées que chez les autres souris. L’altération de la BHE chez les souris stressées, de même que chez des souris chez qui les cher­ cheurs avaient bloqué la production de claudine-5, a été suivie par l’entrée dans le cerveau de molécules pro-­ inflammatoires et par l’apparition de symptômes de type dépressif, notam­ ment l’isolement social. Pour déterminer si un mécanisme semblable pouvait être présent chez l’humain, les chercheurs

ont fait appel à des banques de cerveaux post mortem. Leurs analyses ont montré que les niveaux de claudine-5 étaient 50 % plus bas chez les 39 personnes qui souffraient de dépression majeure au moment de leur décès que chez les 24 sujets du groupe témoin. « Notre étude est la première à démon­ trer que l’inflammation périphérique induite par un stress social chronique peut influencer directement le cerveau en altérant l’intégrité de la barrière hématoencéphalique. Elle confirme éga­ lement le rôle central de l’inflammation dans le développement de symptômes dépressifs », résume la professeure Ménard. Cette avancée pourrait avoir des réper­ cussions cliniques sur trois plans, pour­ suit la chercheuse. D’une part, elle sug­ gère qu’on pourrait diagnostiquer la dépression majeure chez des personnes à risque, celles qui souffrent de maladies cardiovasculaires par exemple, en éva­ luant la perméabilité de la BHE par réso­ nance magnétique. D’autre part, puisque des molécules du sang peuvent traverser cette barrière, il est possible que des molécules du cerveau puissent passer dans le sang. Certaines de ces molécules pourraient donc servir de biomarqueurs sanguins pour la dépression. « Enfin, à plus long terme, on pourrait envisager le développement de nouveaux traitements de la dépression qui cibleraient l’expres­ sion de la claudine-5 afin de maintenir l’intégrité de la barrière hématoencépha­ lique », conclut Caroline Ménard. L’étude publiée dans Nature Neuro­ science est signée par 23 chercheurs et elle a été réalisée sous la direction de Scott J. Russo, de l’Icahn School of Medecine at Mount Sinai, de New York. Benoit Labonté, de la Faculté de méde­ cine et du Centre de recherche CERVO, compte parmi les auteurs.


arts

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Retour à ses origines autochtones Étudiante en littérature, Naomi Fontaine publie un second roman, Manikanetish, en plus de contribuer à l’adaptation de son premier roman au cinéma familiaux, suicides, désespoir : tout n’est pas rose dans cette petite communauté située près de Sept-Îles. Peu à peu, un attachement profond se crée entre la jeune femme et ses élèves, qui entreprennent un projet un peu fou : monter Le Cid de Corneille comme spectacle de fin d’année. Le titre du roman, Manikanetish, signifie « petite marguerite » en langue innue. Il s’agit du nom de cette école secondaire où Naomi Fontaine a elle-même ensei­ gné pendant trois ans. Car le récit est avant tout inspiré de sa propre expérience. « J’avais envie de parler des jeunes et de leur formidable capa­ cité de résilience. On entend tellement de préjugés sur le décrochage scolaire et les

Extrait de Manikanetish « Revenir est la fatalité. Dans ce tout petit village, cette nature épineuse, sablonneuse, imaginée de toutes pièces depuis mon enfance, immuables souvenirs. »

Publié chez Mémoire d’encrier, Manikanetish raconte l’histoire d’une enseignante autochtone qui retourne dans sa communauté.

en bref

Laval en spectacle est de retour

par Matthieu Dessureault Le 23 novembre, les partici­ pants au Salon du livre des Premières Nations ont pu entendre des extraits de Manikanetish, lus par son auteur. Depuis quelques semaines, Noami Fontaine, étudiante à la maîtrise en ­é tudes littéraires, est sur ­plusieurs tribunes pour pro­ mouvoir son plus récent livre. Partout, on se l’arrache. Et pour cause : Manikanetish, finaliste aux prestigieux Prix des libraires du Québec, offre une écriture fine et serrée, remplie de poésie, qui plaira assurément à plusieurs lecteurs. L’histoire est celle d’une pro­ fesseure innue fraîchement diplômée qui retourne à Uashat pour enseigner le fran­ çais à des jeunes. Pro­blèmes

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Diplômée en enseignement, Naomi Fontaine a fait un retour à son alma mater pour étudier la littérature des Premières Nations, qu’elle souhaite promouvoir auprès des élèves du secondaire ou du cégep.

problèmes dans les commu­ nautés autochtones. J’ai ensei­ gné à des jeunes que j’admire énormément. Malgré tous les obstacles qui se posent dans leur vie, ils ont encore le goût d’aller à l’école et continuent d’avoir des rêves. » Comme la protagoniste de son roman, Naomi Fontaine est née à Uashat et a grandi à Québec. Après des études en enseignement à l’Université Laval, elle a choisi de revenir dans sa communauté. Le retour fut loin d’être facile. « Cela m’a demandé beau­ coup d’efforts pour gagner la confiance des gens. Une réserve, c’est un lieu de cloi­ sonnement, ce qui crée énor­ mément de méfiance à l’égard des étrangers. Le chemin le plus efficace pour entrer dans une communauté, c’est avec humilité. » Riche de cette expérience, la voici de retour à Québec, cette fois pour étudier la litté­ rature des Premières Nations. « Je fais une maîtrise avec l’objectif de promouvoir cette littérature et de mieux l’inté­ grer dans le système scolaire au secondaire ou au cégep. Ce n’est pas normal que les jeunes n’aient pas accès à plus de livres autochtones. Partout au Québec, les gens ignorent que des auteurs autochtones très talentueux existent. Moimême, avant mes recherches, je ne les connaissais pas. » En plus de son projet d’étu­ des, Naomi Fontaine par­ ticipe à l’adaptation au ci­­ néma de son premier roman, Kuessipan. En 2011, cet ou­­ vrage avait été encensé par de nombreuses critiques et par nul autre que Dany Laferrière. Produit par Max Films, la compagnie derrière des films à succès comme Jésus de Montréal et

Chanteurs, danseurs, humoristes, comé­ diens, musiciens et acrobates, voici votre chance de faire valoir vos talents ! Le comité organisateur de Laval en spectacle est à la recherche d’employés ou de retraités de l’Université Laval intéressés à participer à son spectacle annuel. Vous êtes invités à présenter votre projet le 2 décembre. Le spectacle aura lieu le 1er juin 2018 au Théâtre de la cité universitaire. Cette année encore, il sera accompagné d’une exposition d’œuvres visuelles. photo Marc Robitaille

Pour plus d’information : lavalenspectacle.ulaval.ca

Manikanetish (« petite marguerite », en langue innue) est le nom d’une école où Naomi Fontaine a enseigné pendant trois ans La grande séduction, le longmétrage sera signé par la cinéaste Myriam Verreault. Le tournage a débuté le 13 novembre à Uashat avec des comédiens innus. En plus d’avoir coécrit le scéna­ rio, Naomi Fontaine jouera un petit rôle en compagnie de ses anciens étudiants et de son fils. La réalisatrice Myriam Verreault, à qui ont doit notamment le film À l’ouest de Pluton, a été séduite par l’histoire de Kuessipan. « Ce livre avait tout pour m’inspirer : une écriture sim­ ple, mais d’une sincérité ren­ versante. C’est extrêmement poétique tout en étant sobre et délicat. La structure en fragments du récit nous a per­ mis de jouer avec les mor­ ceaux et de choisir ceux qui faisaient écho à ce que nous souhaitions raconter comme histoire. Le film sera une adaptation très libre du livre », explique cette di­­ plômée du programme de cinéma. À voir sur les écrans d’ici le début de l’année 2019 !

Du jazz à son meilleur Les amateurs de jazz ne voudront pas manquer la soirée présentée par FaMUL Jazz, l’ensemble de jazz de la Faculté de musique. Dirigé par le profes­ seur Janis Steprans, ce concert aura lieu le lundi 4 décembre, à 19 h 30, au Théâtre de la cité universitaire. Au programme figurent des œuvres de Count Basie, de Duke Ellington, du Clarke-Boland Big Band, de Maria Schneider, de Slide Hampton, de George Shearing et de Sammy Nestico, le tout avec des arran­ gements de Don Thompson. Fondé en 1971, FaMUL Jazz est composé principa­ lement d’élèves inscrits au programme de jazz et musique populaire. Pour consulter la page Facebook de l’événement : bit.ly/2jHTJN8

Noël autour du monde Les premiers flocons ayant fait leur appari­ tion, on peut donc en parler maintenant : le Chœur de l’Université Laval présentera, le 2 décembre, à l’église Saint-Thomasd’Aquin, son traditionnel concert de Noël. Ses membres, majoritairement des étu­ diants, des employés et des diplômés de l’Université, interpréteront plusieurs chants dans leur langue d’origine ainsi que des extraits de la Messe brève de ­Jean-Sébastien Bach. Samedi 2 décembre, à l’église Saint-Thomas-d’Aquin (2125, rue Louis-Jolliet). Pour plus d’information : www.choeurul.asso.ulaval.ca


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3,3 M $ pour FONCER Avis officiel CONSEIL UNIVERSITAIRE Séance ordinaire du 5 décembre 2017 ORDRE DU JOUR 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9.

Ouverture de la séance Ordre du jour

Dans le cadre de son Programme de formation orientée vers la nouveauté, la collaboration et l’ex­ périence en recherche (FONCER), le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) vient d’accorder deux subventions de 1,65 M $ à des équipes dirigées par des professeurs de l’Université Laval. FONCER appuie les pro­ grammes de formation novateurs qui encouragent les approches axées sur la collaboration et l’intégra­ tion et qui aident la relève scientifique à faire la tran­ sition vers le marché du travail dans des domaines prioritaires en recherche et en innovation. Daniel Côté, du Département de physique, de génie physique et d’optique, a piloté une proposi­ tion faite avec 10 autres chercheurs de l’Université

Laval et 4 partenaires (Doric Lenses, LN2, Sentinelle Nord et Satlantic/Sea­Bird). Leur pro­ gramme touche la formation de la relève dans le domaine des capteurs intelligents, adaptables et autonomes pour des applications en environne­ ment, en nutrition et en santé mentale. Xavier Maldague, du Département de génie électrique et de génie informatique, a supervisé une demande faite par six autres chercheurs de quatre universi­ tés canadiennes, dont son collègue Abdelhakim Bendada. Leur programme vise la formation de la relève dans le domaine des technologies émer­ gentes d’inspection et des tests non destructifs tels que la thermographie infrarouge, les ultrasons et les lasers ultrasoniques. photos Marc Robitaille

Daniel Côté

Xavier Maldague

Procès-verbal de la séance ordinaire du 13 juin 2017 Procès-verbal de la séance ordinaire du 26 septembre 2017 Procès-verbal de la séance ordinaire du 7 novembre 2017 Communications de la présidente Questions des membres Commission de la recherche : rapport des activités pour l’année 2016-2017 Commission des affaires étudiantes : rapport des activités pour l’année 2016-2017

10. Programmes : modifications − Rapport 2016-2017 de la doyenne de la Faculté des études supérieures et postdoctorales − Rapport 2016-2017 du directeur général des programmes de premier cycle − Recommandations de la vice-rectrice adjointe aux études et aux affaires étudiantes

11. État de développement des microprogrammes de premier et de deuxième cycles − Rapport 2016-2017 du vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes

12. Programme de maîtrise recherche en criminologie : création − Présentation du doyen de la Faculté des sciences sociales − Avis de la Commission des études − Recommandations de la vice-rectrice adjointe aux études et aux affaires étudiantes

13. Programme de maîtrise professionnelle en audiologie : création − Présentation du doyen de la Faculté de médecine − Avis de la Commission des études − Recommandations de la vice-rectrice adjointe aux études et aux affaires étudiantes

14. Programme de résidence en radiologie interventionnelle : création − Présentation du doyen de la Faculté de médecine − Recommandation de la vice-rectrice adjointe aux études et aux affaires étudiantes

15. École de travail social de la Faculté des sciences sociales : changement de dénomination − Présentation du doyen de la Faculté des sciences sociales − Recommandations de la vice-rectrice adjointe aux études et aux affaires étudiantes

16. Programme de baccalauréat intégré en langue française et rédaction professionnelle : changement d’appellation − Recommandation de la vice-rectrice adjointe aux études et aux affaires étudiantes

17. Programme de diplôme d’études supérieures spécialisées en muséologie : levée de la suspension des admissions − Recommandation de la vice-rectrice adjointe aux études et aux affaires étudiantes

18. Programme de certificat en relations du travail : suspension des admissions − Recommandation de la vice-rectrice adjointe aux études et aux affaires étudiantes

19. Programmes de maîtrises et de doctorat en génie électrique : évaluation périodique − Rapport du vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes − Plan d’action du doyen de la Faculté des sciences et de génie

20. Calendrier des séances du Conseil universitaire pour l’année 2020 : adoption

21. Rapport concernant les agrégations et les titularisations au 1er juin 2017

22. Rapport d’étape de la démarche de planification stratégique de l’Université Laval « ENSEMBLE UL 2022 » Huis clos (pt 23)

24. Clôture de la séance

L’importance historique de La Fabrique reconnue Les membres de la communauté universitaire ainsi que les médias étaient convoqués, le 24 no ­ vembre, au dévoilement d’une plaque, offerte par le gouverne­ ment du Canada, pour commémo­ rer l’importance historique natio­ nale de l’édifice La Fabrique. Cette reconnaissance – initiée plus pré­ cisément par Parcs Canada et la Commission des lieux et monu­ ments historiques du Canada – a eu lieu dans le cadre des célébra­ tions du 150e anniversaire de la Confédération, pendant lesquelles le gouvernement du Canada invite notamment la population à en apprendre davantage sur son

histoire. L’activité a eu lieu en pré­ sence du vice­recteur à l’adminis­ tration de l’Université Laval, André Darveau, et du président et propriétaire de Reliable Hoisery, Hermann Gruenwald. Situé dans le quartier Saint­ Roch, l’édifice « La Fabrique », tel qu’il a été rebaptisé en 1994 par ses nouveaux propriétaires, est un exemple original d’ar­ chitecture industrielle du début du 20 e siècle. Ayant abrité la Dominion Corset de 1897 à 1988, il témoigne d’une période importante de l’histoire des femmes et du travail. La Dominion Corset, l’un des plus

gros fabricants de lingerie féminine au pays, y employa des milliers de femmes ouvrières, qui formèrent l’essentiel de la main­d’œuvre dans cette indus­ trie. La Fabrique abrite aujour­ d’hui les bureaux du Service de l’aménagement du territoire et du Service du développement économique et des grands pro­ jets de la Ville de Québec, de même que l’École des arts visuels de l’Université Laval. Pour plus d’infos sur la Commission des lieux et monuments historiques du Canada : bit.ly/2zBkkOV


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Pour des villes à échelle humaine Dans son récent ouvrage, le chargé de cours Jérôme Lapierre met en lumière l’aménagement urbain et l’architecture d’avant-garde de trois villes scandinaves par Yvon Larose Le dévoilement de la programmation a eu lieu à l’édifice La Fabrique, le 15 novembre, en présence de nombreux artistes. photo Llamaryon

Je suis parce que nous sommes Le LANTISS sera le théâtre de joyeuses envolées littéraires alors qu’il accueillera, pour la première fois, le Festival du Jamais Lu, du 7 au 9 décembre par Matthieu Dessureault Réfléchir sur les liens entre l’individu et sa collectivité, voilà ce que proposent les organisateurs du 7e Festival du Jamais Lu de Québec. Leur programmation, cette année, a pour thème « Je suis parce que nous sommes ». Pendant trois jours, quatorze auteurs dévoileront leurs dernières œuvres avec l’aide d’une quarantaine d’artistes qui offriront des lectures théâtralisées. Au départ, ce festival de­­ vait se dérouler au théâtre Périscope, son quartier général. En raison d’un pro­ longement des travaux de rénovation sur ce bâtiment, c’est au LANTISS, le Labo­ ratoire des nouvelles techno­ logies de l’image, du son et de la scène de l’Université, qu’il sera présenté. « La recherche d’un nouveau lieu nous a permis de faire le point sur la personnalité de l’événement, explique sa di­­ rectrice artistique, Marianne Marceau. Nous avons réalisé que le partenariat avec le Périscope a fait du Jamais Lu un laboratoire qui exigeait que l’on assure aux auteurs un cadre à la hauteur de leurs ambitions artistiques. Un cadre favorisant l’écoute tout en pouvant accueillir le public grandissant du Festival. Nous sommes donc très heureux de nous asso­ cier au LANTISS, dont le studio peut offrir les mêmes possibilités que le Périscope. »

Le 7 décembre, le coup d’envoi sera donné par Marianne Marceau et le philosophe Sol Zanetti, qui inviteront le public à réflé­ chir au thème du Festival. La soirée se poursuivra avec des lectures de textes de deux auteurs, Lucien Ratio et Maxime BeauregardMartin. Le jeune public ne sera pas en reste puisqu’une matinée lui sera consacrée le lendemain, avec une acti­ vité ludique de la comé­ dienne Joëlle Bond. En soi­ rée, ce seront des extraits de cinq textes en cours de créa­ tion qui seront présentés, soit ceux d’Ariel Charest, de Claude Montminy, d’AnneM a r i e O l i v i e r, d e L i l y Pinsonneault et de JeanMichel Girouard. Comme à son habitude, le Jamais Lu se terminera par un spectacle festif et en­­ gagé. Inspirée par un graffiti qu’elle a vu, « As-tu détruit quelque chose de laid au­­­ jourd’hui ? », Catherine Dorion a demandé à cinq auteurs d’imaginer ce qu’ils aimeraient détruire pour améliorer la vie en collecti­ vité. Le slameur Thomas Langlois, doctorant en lit­ térature et arts de la scène et de l’écran, s’est prêté au jeu avec un plaisir non dissimulé. « J’aime écrire des trucs qui dérangent. Catherine Dorion avait ce désir d’aller au bout des choses, sans censure. J’ai

trouvé son thème très ins­ pirant. Nous avons tous quelque chose en tête que l’on a envie de détruire. » À tour de rôle, les auteurs présenteront leurs idées. Il sera question, entre au­­ tres, de Facebook, un outil om­n iprésent – trop ? – dans nos vies. L’essayiste Simon-Pierre Beaudet, connu pour ne pas avoir la langue dans sa poche, s’in­ surgera contre l’embour­ geoisement de son quartier, une tendance qui l’horri­ pile. « Au fil du spectacle, beaucoup de choses imma­ térielles seront détruites. Nous avions pensé amener des objets pour les détruire littéralement sur scène, mais, finalement, nous avons choisi de travailler à partir d’éléments abs­ traits », dit ce chargé de cours à l’École de langues. « Il s’agit d’un spectacle antidialectique, c’est-à-dire qu’aucune solution ne sera proposée. C’est plutôt un exercice critique, duquel ressort beaucoup de joie ! », poursuit-il. Cette soirée, qui mettra également à l’honneur Gabriel Fournier, Annabelle Pelletier-Legros et Bureau Beige, se terminera par une grande fête. À noter qu’il sera possible, tout au long du Festival, de bouquiner sur place alors qu’une li­­ brairie installera un kiosque éphémère une heure avant chaque représentation. Du 7 au 9 décembre, au local 3655 du pavillon Louis-Jacques-Casault. On peut consulter la ­programmation complète et se procurer des ­billets à l’adresse www.jamaislu.com.

Une ville agréable et stimulante, une ville à échelle humaine doit offrir une grande qualité de vie à ses citoyens. Plu­ sieurs stratégies architecturales et d’aménagement urbain permettent d’aboutir à un tel résultat. Un tel endroit se caractérise notamment par des bâti­ ments limités à quelques étages de hau­ teur, par des lieux de travail et des com­ merces situés à proximité des rési­dences et par la présence de parcs. Mentionnons également des espaces publics toujours animés et des pistes cyclables pour le transport durable. La qualité de la vie urbaine, c’est aussi se sentir en sécu­ rité et vivre dans un environnement propre. Ces observations constituent le cœur de l’ouvrage Les interactions entre les gens, l’architecture et l’espace public. Cette plaquette de 70 pages abondamment illustrées a été lancée il y a quelques semaines par l’École d’architecture. Son auteur, Jérôme Lapierre, est architecte et chargé de cours. En 2013, il a reçu le prix de Rome en architecture – début de car­ rière, du Conseil des arts du Canada. Cette distinction lui a permis d’effectuer un stage d’un an à Copenhague, capitale du Danemark, chez Gehl Architects, un bureau de consultation réputé pour ses méthodes et ses solutions dans la concep­ tion de villes à échelle humaine. Dans son livre, Jérôme Lapierre met l’accent sur l’aménagement urbain et l’architecture d’avant-garde que l’on retrouve à Copenhague, mais aussi à Stockholm et à Malmö, en Suède. Au fil des pages, l’auteur présente plusieurs exemples des meilleures pratiques en la matière. Selon lui, Copenhague est parmi les villes qui ont le mieux conçu l’espace public. Le développement à échelle humaine y est privilégié depuis 1960. La ville est maintenant une réfé­ rence mondiale en ce qui concerne l’in­ novation en architecture. Elle se dis­ tingue, en outre, par sa taille, le réamé­ nagement et le nettoyage du port, un transport efficace ainsi que l’utilisation des vélos. Les principaux chapitres de l’ouvrage abordent des thèmes comme la ville, le quartier, l’îlot, la rue et le chez-soi. « Globalement, indique Jérôme Lapierre, j’ai voulu faire un fil conducteur qui unisse la ville au chez-soi. »

Dans le chapitre sur la ville, l’auteur a voulu montrer qu’une ville à échelle humaine est le résultat d’une planification rigoureuse. Or, cette vision doit être renou­ velée aux cinq ou dix ans. « La cohérence de cette vision fonctionne super bien, sou­ tient-il. Les autorités de Copenhague ont mis les piétons au premier rang de leurs préoccupations. Elles ont posé plein de petits gestes qui font la différence au quoti­ dien. Le total de ceux-ci fait une ville bien construite où il fait bon vivre. » Le livre insiste sur l’omniprésence de la bicyclette dans la capitale danoise. On peut y lire que près de la moitié (45 %) des déplacements individuels, en lien avec le travail ou l’école, se font à vélo. Pour le thème de l’îlot, l’auteur a choisi celui de Sluseholmen, à Copenhague. Construit entre 2005 et 2009, ce quartier se compose de huit îles artificielles. Le projet résulte d’un partenariat réussi entre le port de la ville, la Ville elle-même et 25 firmes d’architectes. Le thème de la rue est illustré par le ­quartier Kartoffelraekkerne, toujours à Copenhague. Il s’agit d’un des quartiers les plus recherchés de la ville. Il compte 480 maisons. L’esprit communautaire y est palpable. Les enfants jouent dans la rue, on voit des tables à pique-nique sur les côtés. « Ce quartier, souligne Jérôme Lapierre, est fait de rues linéaires proté­ gées dans le but de créer des espaces publics. Cet aménagement permet à la vie d’apparaître. Dans ces zones, les automo­ biles passent à très basse vitesse. Les rues n’ont pas besoin d’avoir neuf mètres de large. Quatre à six mètres suffisent. » Selon lui, il ressort une chose de ces dif­ férentes échelles. « Il est important, dit-il, de considérer chaque échelle ainsi que les transitions entre soi et la rue, entre l’îlot et le quartier. On choisit non seulement une ville à habiter, mais aussi une rue et un quartier pour leurs qualités. » Le livre de Jérôme Lapierre est le ­premier d’une série de publications de l’École d’architecture. Son stage à Copenhague a donné lieu à une ­exposition ainsi qu’à une vidéo. Ce documentaire a été réalisé par un pigiste aujourd’hui journaliste au Fil, Matthieu Dessureault. On peut le visionner à l’adresse suivante : https ://vimeo.com/199084949

À Copenhague, 45 % des déplacements individuels, en lien avec le travail ou l’école, se font à vélo. photo Ursula Bach


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sur le campus

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Ensemble, on va toujours plus loin !

La nouvelle politique vise à promouvoir la santé et à favoriser l’abandon du tabagisme au sein de la communauté universitaire. photo Marc Robitaille

L’occasion d’écraser L’Université se dote d’une Politique pour un environnement sans fumée, qui renforce les règles quant à l’usage du tabac et de la cigarette électronique sur le campus par Matthieu Dessureault Depuis le 26 novembre, il est interdit de fumer dans un rayon de neuf mètres d’un immeuble, d’un lieu fermé ou d’un espace clos appartenant ou loué par l’Université. Idem pour les abribus, les stationnements souterrains, les terrains sportifs — incluant les estrades —, les garderies, les terrasses et les autres aires extérieures exploitées pour des activités commerciales. Ces mesures, qui s’appliquent aussi aux adeptes de la cigarette électronique, s’inscrivent dans la Politique pour un environnement sans fumée, adoptée le 25 octobre par les membres du Conseil d’administration. L’Université se conforme ainsi à la Loi visant à renfor­ cer la lutte contre le tabagisme. Cette loi provinciale exige que tout établissement d’enseignement universitaire élabore une politique pour établir un environne­ ment sans fumée. Elle interdit tout usage de tabac et de cigarette électronique à moins de neuf mètres d’une porte, d’une fenêtre qui s’ouvre ou d’une prise d’air reliée à un lieu fermé. L’Université va plus loin en deman­ dant aux fumeurs de se tenir à neuf mètres de tout bâtiment. Pour la vicerectrice aux ressources humaines, Lyne Bouchard, cette approche était néces­ saire pour créer un environnement sain et sécuritaire. « Il faut être conscient que la fumée voyage. Dans plusieurs en­­ droits, même si le fumeur se tient à neuf mètres de la porte, la fumée peut entrer dans l’édifice. En interdisant de fumer dans un rayon de neuf mètres autour du bâtiment, on simplifie le tout et on s’as­ sure que la fumée va se dissiper et ne pénétrera pas dans l’édifice. Pour les fumeurs qui s’inquiètent de cette nou­ velle restriction, neuf mètres, cela repré­ sente seulement 15 pas ! » Au cours des prochaines semaines, plusieurs cendriers seront retirés ou déplacés. De plus, une vaste opération d’information et de sensibilisation sera mise en place. L’affichage sera modifié et des agents du Service de sécurité et de prévention sillonneront le campus pour informer les fumeurs des nouvelles mesures. Le programme Mon équi­ libre UL, consacré aux saines habitudes

de vie, fera aussi des tournées de promo­ tion des ressources d’aide à l’abandon du tabagisme. Selon la vice-rectrice aux ressources humaines, la communauté universitaire accueille déjà favorablement les nou­ velles mesures. « Après l’envoi d’un courriel aux étudiants et aux employés pour les informer de l’arrivée de la nou­ velle politique, nous avons reçu plu­ sieurs messages nous félicitant pour cette initiative. Certains suggèrent même d’interdire complètement la ciga­ rette sur le territoire de l’Université Laval. D’autres apprécient le fait que nous n’allions pas jusqu’à ce niveau, car ils ne sont pas prêts à cesser de fumer. Mais, en général, il y a une énorme sen­ sibilité à l’importance d’un milieu sans fumée. » Rappelons que quiconque contrevient à la loi provinciale s’expose à une amende qui peut varier, selon le type d’infraction et le degré de récidive, de 250 $ à 3 000 $. L’application de la Politique pour un environnement sans fumée relève du Vice-rectorat aux res­ sources humaines, qui collabore dans ce dossier, avec le Service de sécurité et de prévention et le Service des immeubles. Pour consulter la nouvelle politique : bit.ly/2A1WZsA.

Du 17 au 19 novembre, l’Université a accueilli l’une des plus grandes compétitions universitaires sur les ressources humaines FSA ULaval au Canada a organisé le par Yvon Larose Symposium Près de 200 étudiantes et étu­ d’une convention collective et GRH en 2002, diants provenant de 7 univer­ celui de sentence arbitrale. en 2007 et Des équipes de trois étu­ sités québécoises ont croisé le fer, du 17 au 19 novembre sur diants ont eu trois heures en 2017

le campus, à l’occasion du 16e Symposium Gestion des ressources humaines (GRH). Cette rencontre interuniversi­ taire annuelle réunissait des étudiants de premier cycle en administration des affaires de HEC Montréal, de l’UQAM, de l’UQO et de l’UQTR ainsi que des universités Concor­ dia, de Sherbrooke et Laval. Durant trois jours, ceux-ci ont rivalisé dans des épreuves de nature universitaire et sportive. Le Symposium a nécessité la présence d’une quarantaine d’étudiants bé­­ né­voles et d’une cinquantaine de partenaires, juges et membres du grand public. L’évé­nement s’est déroulé sur le thème « Ensemble, on va toujours plus loin ! ». « C’était la troisième fois que FSA ULaval accueillait cette compétition, indique la prési­ dente du comité organisateur, Marie-Ève Fradette. L’Univer­ sité Laval a terminé deuxième à l’épreuve de connaissances générales. Le comité organi­ sateur avait déterminé, pour cette épreuve, les ressources documentaires à étudier à l’avance. Comme l’épreuve est ouverte à tous, cela permet d’avoir certains participants expérimentés qui reviennent année après année. » Le volet universitaire com­ portait quatre études de cas. Il y avait le cas de gestion des ressources humaines, le cas surprise, celui de négociation

pour résoudre le cas de ges­ tion des ressources humaines. Les participants ont tra­ vaillé sur différents axes. Ils n’avaient accès ni à Internet ni à d’autres ressources. « Les étudiants ont été amenés à travailler sur plusieurs man­ dats tirés du modèle d’af­ faires de Kanevas, une jeune start-up de fabrication de sacs sur mesure lancée à Québec par deux entrepreneures, explique Marie-Ève Fradette. Plusieurs mandats ont été donnés aux étudiants. L’un concernait la définition des besoins prioritaires de l’entre­ prise afin de bien définir la description de poste d’un éventuel nouvel employé qui viendra en appui dans le développement de l’entre­ prise. Il fut aussi question de conciliation travail-famille. Les étudiants ont aussi ré­­ fléchi au positionnement de l’entreprise quant à la meil­leure manière de donner des contrats pour certaines étapes du cycle de production du produit. » Le cas surprise est remis 15 jours à l’avance aux équipes. Celles-ci peuvent recourir à tous les outils dis­ ponibles dans leur université. Le cas laisse place à l’imagi­ nation et à l’innovation, tout en étant réaliste et adapté au monde des affaires. Durant le Symposium, les étudiants ont travaillé sur un mandat d’at­ traction de la main-d’œuvre

dans une usine de la brasserie Labatt au niveau des métiers techniques. Le cas de négociation d’une convention collective oppo­ sait deux équipes représentant la partie patronale et la partie syndicale. Les participants bénéficiaient de trois heures de préparation. La négocia­ tion a duré trois heures. « Dans ce cas, souligne MarieÈve Fradette, les étudiants ont été amenés à négocier les clauses de la première conven­ tion collective des profession­ nels d’un organisme récem­ ment fusionné œuvrant dans le domaine de la recherche en santé. » Le cas de sentence arbitrale opposait, lui aussi, deux ­é quipes, l’une patronale, l’autre syndicale. Après quatre heures de préparation, les ­é tudiants disposaient de 12 mi­­nutes d’argumentaire, de 5 mi­­nutes pour contre-­ argumenter et de 5 minutes de conclusion. Les deux parties ont présenté leur défense devant un arbitre de grief. « Les étudiants, dit-elle, ont été amenés à prendre position par rapport à un grief présenté par la partie syndicale concer­ nant le congédiement d’un employé sans cause juste et suffisante. Les étudiants devaient donc prendre en compte les différents éléments de preuve pour ap­­puyer ou se défendre à l’égard du grief. »

Des chiffres qui en disent long • Au Québec, près du tiers des fumeurs sont âgés entre 18 et 34 ans. • L’âge moyen d’initiation au tabagisme est de 13,3 ans. • Chaque année, plus d’un millier de Canadiens meurent parce qu’ils ont été exposés à de la fumée secondaire.

Sources : ministère de la Santé et des Services sociaux, Santé Canada et De Facto

La délégation de l’Université Laval photographiée durant le cocktail qui précédait le gala de clôture du Symposium GRH. photo Pierre-Yves Laroche, Voltaic Photo


sports

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en bref

Dernier programme double en 2017 Toutes les régions du Québec sont représentées à cette compétition, à l’exception de la Gaspésie et de la Côte-Nord.

La relève en basketball Plus de 1 300 jeunes basketteurs ont rendez-vous au PEPS par Stéphane Jobin Du 5 au 7 janvier 2018, la 24e Classique Parmalat-Lactantia de Québec regrou­ pera une centaine d’équipes mascu­ lines de basketball scolaire venant des quatre coins du Québec. Les quelque 160 parties de cette compétition seront disputées dans trois gymnases du PEPS et dans les installations sportives du Séminaire Saint-François, de l’école secondaire De Rochebelle ainsi que du Cégep de Sainte-Foy, pour un grand total de 12 terrains. Ce tournoi, jadis connu sous le nom de Classique de Québec, est soutenu depuis 2003 par Parmalat-Lactantia, un partenaire majeur de l’événement. Plus de 1 300 basketteurs voudront remporter la bannière dans l’une des sept catégories du tournoi (atome, ben­ jamin D3 et D2, cadet D3, D2 et D1 ainsi que juvénile D2 et D1). Toutes les régions du Québec sont représentées à

cette compétition, à l’exception de la Gaspésie et de la Côte-Nord. L’entraîneur-chef de l’équipe mas­ culine de basketball Rouge et Or et coordonnateur de l’événement, Jacques Paiement Jr, croit que la Classique Parmalat-Lactantia est tou­ jours un événement-phare pour ce sport dans la région. « C’est le plus gros tournoi scolaire masculin dans une même fin de semaine. Sur le plan de la visibilité et de la promotion du sport, c’est un gros plus. Ça permet aux jeunes de côtoyer les étudiantsathlètes universitaires. Le développe­ ment et la promotion du basketball dans la région, et même dans la pro­ vince, sont sans aucun doute favorisés par cette compétition. Le programme Rouge et Or retire une grande fierté de son implication chaque année », lance l’entraîneur.

Le soutien de Parmalat-Lactantia est en grande partie responsable du suc­ cès de la Classique, selon Jacques Paiement Jr. « Nous ne pourrions organi­ ser un événement de cette envergure sans l’appui indéfectible de longue date de monsieur Michel Janvier (directeur de territoire chez Parmalat-Lactantia). Nous sommes littéralement choyés de pouvoir compter sur l’apport de la com­ pagnie Parmalat-Lactantia à titre de commanditaire principal du tournoi. » La majorité des parties se tiendront entre 8 h et 22 h le samedi et entre 8 h et 17 h le dimanche. Quelques matchs se dérouleront le vendredi soir à 18 h 30 et à 20 h 15. Il est à noter que les formations mascu­ line et féminine de basketball Rouge et Or disputeront, devant une foule nombreuse de jeunes participants à la Classique Parmalat-Lactantia, un programme ­double contre l’Université Bishop’s, le vendredi 5 janvier, à l’amphithéâtre Desjardins – Université Laval du PEPS. La rencontre féminine débutera à 18 h, tandis que celle des hommes suivra à 20 h.

Campus dynamique

Les équipes féminine et masculine de volley­ ball Rouge et Or seront en action pour une dernière fois en 2017 ce vendredi 1er décem­ bre, dès 18 h, à l’amphithéâtre Desjardins – Université Laval. Les visiteurs seront les équipes de l’Université de Sherbrooke, qui ont une saison difficile. Chez les dames, le Rouge et Or, troisième avec une fiche de six victoires et trois défaites, a battu le Vert & Or 3 à 0 au début de novembre, lors de la seule confron­ tation entre les deux équipes jusqu’à mainte­ nant. Le Vert & Or occupe, pour sa part, le cinquième rang de la ligue universitaire qué­ bécoise (2-7). Du côté masculin, c’est encore moins rose pour le Vert & Or, qui n’a pas rem­ porté une seule partie cette année (0-5). Le Rouge et Or (4-1), deuxième au classement du RSEQ, a aisément vaincu l’équipe de ­l’Université de Sherbrooke le 3 novembre, lors d’un match disputé en Estrie. photo Mathieu Bélanger

Les billets pour ce programme double sont disponibles à la billetterie du Rouge et Or au 418 656-PEPS.

Le Rouge et Or honoré Le programme Rouge et Or a récolté sa part des honneurs distribués mercredi, à l’Hôtel Sheraton Laval, lors du 32e Gala de la Fondation de l’athlète d’excellence et du sport universitaire québécois. Quatre prix ont été décernés au Rouge et Or pour récompenser l’exceptionnelle saison 2016-2017. Le cou­ reur Antoine Thibeault a reçu le prix de ­l’étudiant-athlète par excellence en sport in­­ dividuel masculin. L’ailier défensif Mathieu Betts, de l’équipe de football, a aussi été nommé étudiant-athlète par excellence, mais en sport collectif, récompense présentée par le gouvernement du Québec. L’entraîneur de cross-country du Rouge et Or, Félix-Antoine Lapointe, a, quant à lui, reçu le titre d’entraî­ neur volet masculin, un prix présenté par Le Journal de Montréal. Enfin, le club de ­football Rouge et Or, sacré champion national l’an dernier, a mis la main sur le titre d’équipe masculine de l’année. Plusieurs dizaines de milliers de dollars ont également été distri­ bués en bourses lors de cette soirée qui ­réunissait plus de 650 convives.

Vendredi 1er décembre

Le club de football Rouge et Or a fait son entrée sur le terrain, pour une dernière fois cette saison, samedi, au stade Tim Hortons de Hamilton, à l’occasion du match de la Coupe Vanier. Défait par l’équipe de l’Université Western, le Rouge et Or tient tout de même à remercier ses fidèles partisans, qui se sont encore déplacés nombreux cet automne au stade TELUS – Université Laval. À l’an prochain ! photo Nathalie Martin

Volleyball féminin | Sherbrooke PEPS | 18 h Volleyball masculin | Sherbrooke PEPS | 19 h 30


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au fil de la semaine

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Des cadeaux écoresponsables sous le sapin Vous cherchez des cadeaux originaux et uniques à offrir à vos parents et amis ? Visitez le Marché de Noël responsable, destiné à sensibiliser la commu­ nauté universitaire à la consommation responsable durant le temps des Fêtes. Vous y trouverez une foule de produits locaux et écoresponsables, comme des mets cui­sinés, du café, des bijoux, des objets décoratifs et des végétaux. Tous les kiosques de vente seront tenus par des associations étudiantes et des groupes de l’Université. Les fonds recueillis leur permettront de financer des projets ou des ­activités. Le Marché souhaite également donner ­l’occasion aux étudiants et aux membres du person­ nel de donner au suivant. Apportez des denrées non périssables et des pièces de vaisselle et elles seront ensuite distribuées à ceux qui en ont le plus besoin sur le campus. photo Marc Robitaille Mardi 5 décembre, de 10 h à 16 h 30, à l’atrium du pavillon Charles-De Koninck. Entrée libre.

05/12 30/11

30/11

02/12

02/12

03/12

06/12

Des coupes progressives

Juifs du Québec d’hier à aujourd’hui

Faites votre pain !

Rameau à l’honneur

Apprenez la calligraphie japonaise

Comment développer la bioénergie ?

Le système des coupes ­progressives régulières con­ siste en une ou plusieurs coupes partielles pour favo­ riser l’établissement de la régénération préétablie avant la coupe finale. Cette solution sylvicole employée dans des aménagements forestiers écosystémiques permet une certaine récolte de bois tout en conservant les attributs écologiques essentiels des peuplements matures. Pour faire le point sur les effets de ce traite­ ment sylvicole, les Colloques du SCF-CFL présentent la conférence « Les coupes progressives régulières en forêt résineuse : une solu­ tion prometteuse pour sou­ tenir la possibilité forestière » de Jean-Martin Lussier, cher­ cheur chez Ressources natu­ relles Canada. Ce chercheur discutera en particulier du cas d’un dispositif expéri­ mental testé pendant 10 ans dans des pessières noires au Saguenay et sur la Côte-Nord.

L’idée d’un bon pain chaud fraîchement sorti À l’occasion de la publi­ca­ du four vous fait saliver, tion de son ouvrage intitulé mais l’idée de pétrir la Histoire des Juifs du Québec, pâte vous effraie ? Faire Pierre Anctil, professeur du pain n’est pourtant pas d’histoire à l’Université sorcier ! Venez apprendre d’Ottawa, prononcera la à cuisiner cet aliment de communication « L’histoire base lors d’un atelier de des Juifs du Québec en cinq la boulangerie commu­ énoncés et douze dates ». nautaire Goûte ton pain. Il y abordera les grands Cette initiative d’un étu­ ­éléments de l’identité juive diant à la maîtrise en québécoise sur une période sciences des aliments sou­ de quatre siècles. Le confé­ haite promouvoir le par­ rencier se propose égale­ tage interculturel et la ment de tracer les paramè­ science des aliments. Les tres historiques à partir des­ séances sont gratuites, quels la diversité culturelle mais il est possible de est apparue pour la première contribuer au projet en fois dans un Québec franco­ apportant de la casso­ phone et catholique, une nade, de l’huile végétale, société où la question reli­ de la levure sèche, du gieuse jouait un rôle majeur beurre non salé, du lait, dans la cohésion sociale. des œufs ou du fromage. Cette conférence, qui sera Le prochain atelier aura commentée par Abdelwahed lieu ce samedi. Bonne Mekki-Berrada, professeur boulange et bon appétit ! au Département d’anthro­ pologie, est présentée Samedi 2 décembre, par le CELAT. photo de 10 h à 14 h, au pavillon Jacques Lahitte Alphonse-Marie-Parent. Activité gratuite. Pour plus Jeudi 30 novembre, de d’info : www.facebook.com/ 11 h 30 à 13 h 30, au goute.ton.propre.pain/ local 5172 du pavillon Charles-De Koninck. Entrée libre.

L’Espace Japon de la Bibliothèque vous invite à une classe ouverte de ­calligraphie japonaise. L’enseignante de cette classe, Shoho Teramoto, et son assistante, Sachiko Sato, vous apprendront à manier le fude, la plume japonaise traditionnelle. Après avoir assisté à une démonstration de calligra­ phie exécutée par Shoho Teramoto, vous aurez l’oc­ casion de réaliser des calli­ graphies simples sur le thème de Noël. Vous serez d’ailleurs invité à créer votre propre carte de Noël inspirée de cet art nippon millénaire. Ne manquez pas cette occasion d’exercer votre dextérité, de faire valoir votre créativité et d’en apprendre davantage sur une culture étrangère fascinante !

La bioénergie désigne les formes d’énergie stockées par la biomasse. Il s’agit, par exemple, des cultures énergétiques, des résidus agricoles et forestiers et des déchets organiques, qui peuvent être utilisés pour produire de la chaleur, de l’électricité ou des car­ burants. Comment arriver à mieux développer ce type d’énergie sur le continent africain ? C’est ce que vous expliquera Léonard Nkunzimana, étudiant au doctorat en sciences fores­ tières, dans sa conférence « Le rôle de la gouvernance participative pour le déve­ loppement de la bioénergie en Afrique de l’Est : le cas du Burundi ». Cette activité est organisée par le Groupe de recherche en droit des ressources naturelles et de l’énergie en Afrique.

Dimanche 3 décembre, de 13 h à 15 h, au local 4285 de la Bibliothèque au pavillon Jean-Charles-Bonenfant. Inscription obligatoire à espace.japon@bibl.ulaval.ca.

Mercredi 6 décembre, à 11 h 30, au local 2413 du pavillon CharlesDe Koninck. Entrée ­gratuite, mais inscription obligatoire à bit.ly/2k7qcMP

Jeudi 30 novembre, à 10 h 30, au Centre de ­foresterie des Laurentides. Entrée libre.

Formé en 2002, l’Atelier de musique baroque, sous la direction de l’organiste et claveciniste Richard Paré, est composé d’étudiants de la Faculté de musique, aux­ quels se joignent quelques professeurs. Ces instrumen­ tistes et chanteurs ont une passion commune : interpré­ ter le vaste répertoire des 17e et 18e siècles. L’ensemble vous propose un concert consacré aux œuvres de Jean-Philippe Rameau. L’œuvre lyrique de ce com­ positeur, qui marque l’apo­ gée du classicisme français, est restée oubliée pendant près de deux siècles ; elle bénéficie aujourd’hui d’un mouvement de redécouverte. Ses œuvres pour clavecin, en revanche, ont toujours été présentes au répertoire. Laissez-vous charmer par cette musique d’une époque révolue ! photo Francis Bouchard

Samedi, 2 décembre, à 19 h 30, à la salle HenriGagnon du pavillon ­Louis-Jacques-Casault. ­Billets en vente à la porte ou à l’adresse www.mus. ulaval.ca/billetterie.

Consultez le calendrier complet des activités sur le campus à ulaval.ca

Le Fil 30 novembre 2017  

Le journal de la communauté universitaire

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