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Tintin au pays des savants p5

Une relève en or ! p8-9

Volume 52, numéro 24 6 avril 2017

illustration Krzysztof Ulaczyk, Université de Warwick, Royaume-Uni

L’étoile mystérieuse

Grâce à l’instrument d’observation astronomique SITELLE, une équipe internationale, dont font partie des chercheurs de l’Université Laval, établit un rapprochement entre une énigmatique étoile et une nova naine. p3


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actualités UL

le fil | le 6 avril 2017

Contre la masculinité toxique Culture du viol, notion de consentement et égalité hommefemme seront abordées sans fard par le rappeur Koriass lors d’une conférence ouverte à tous par Matthieu Dessureault Le rappeur Koriass, Emmanuel Dubois de son vrai nom, est connu pour ne pas avoir la langue dans sa poche. Engagé et résolument féministe, il fait le tour des cégeps et des universités pour dénoncer toutes les formes de violence à caractère sexuel. « Après la publication d’un billet sur le site Urbania dans lequel j’abordais le sujet des agressions, beaucoup de per­ sonnes m’ont contacté pour me raconter leur expérience. Je me suis rapidement rendu compte à quel point le pro­ blème était grand. Je profite donc de ma tribune pour sen­ sibiliser les gens à l’impor­ tance du consentement et pour dénoncer le sexisme », dit­il. Pour lui, la solution passe par un changement de men­ talité chez les hommes. Il insiste sur un mot : l’éduca­ tion. « Beaucoup de gars ont des attitudes sexuelles à revoir. Il faut remettre en question la masculinité toxi­ que. Au Québec, l’éducation sexuelle est défaillante ; c’est encore tabou de parler de sexe. Résultat, la notion de consentement est floue, alors qu’elle devrait être enseignée clairement dès l’école secon­ daire. On pourrait réduire les dégâts en s’occupant réelle­ ment de la question de l’édu­ cation sexuelle. »

Gratuite et ouverte à tous, cette rencontre vise à sensibiliser la communauté universitaire au phénomène des violences à caractère sexuel Tête d’affiche du rap québécois, l’auteur de Love Suprême a fait de la lutte aux violences sexuelles son cheval de bataille. photo Jay Kearney

Koriass sera de passage à l’Université Laval, mardi prochain, pour donner une conférence. Gratuite et ouverte à tous, cette ren­ contre vise à sensibiliser la communauté universi­ taire au phénomène des vio­ lences à caractère sexuel. L’activité, présentée par le Centre de prévention et d’intervention en matière de harcèlement (CPIMH), le comité Question de genre et les associations CADEUL

et AELIÉS, se déroule en marge de la campagne « Sans oui, c’est non ! ». La venue du rappeur ré ­ jouit Christine Delarosbil, coordonnatrice d’opéra­ tions au CPIMH, qui a déjà assisté à l’une de ses confé­ rences. « Avec honnêteté et humilité, Koriass reconnaît qu’il a déjà eu des comporte­ ments sexistes. Il a changé sa façon de faire, ce qui ne le rend pas moins masculin. En plus d’un volet consacré à la culture du viol, sa confé­ rence aborde son proces­ sus de prise de conscience par rapport au sexisme et aux stéréotypes. Son par­ cours nous amène à nous poser des questions sur nous­mêmes et sur nos façons d’interagir. »

Rappelons que la cam­ pagne de sensibilisation « Sans oui, c’est non ! » a été lancée en 2014 à l’initiative de l’Université de Montréal, de son Bureau d’interven­ tion en matière de harcèle­ ment et de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal. Plusieurs établis­ sements universitaires du Québec y participent en organisant, toute l’année durant, une série d’activités. Koriass sera à l’atrium du pavillon CharlesDe Koninck le mardi 11 avril, à 14 h. Pour plus d’information sur la campagne « Sans oui, c’est non ! » : ulaval.ca/sansouicestnon

On peut le lire en ligne à lefi l.ulaval.ca et s’abonner gratuitement à un avis de parution électronique.

Le journal de la communauté universitaire Fondé en 1965, Le Fil est un hebdomadaire publié 29 fois par an par la Direction des communications de l’Université Laval et distribué gratuitement sur le campus.

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Rédaction Éditeur : Jacques Villemure, directeur des communications Rédactrice en chef : Claudine Magny Journalistes : Matthieu Dessureault, Jean Hamann, Yvon Larose Collaborateurs : Pascale Guéricolas, Stéphane Jobin, Caroline Leclerc, Mathieu Tanguay, Brigitte Trudel Collaborateurs au Web : Carl Bélanger, Thierry Mellon Rédactrices-réviseures : Mélanie Darveau, Manon Plante Agente de secrétariat : Josée Nadeau

Production Infographie : Geneviève Bolduc, Service de reprographie de l’Université Laval Impression : TC Imprimeries Transcontinental, Québec (Québec)

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astronomie

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Une nova naine dans l’oeil de SITELLE La date d’éruption de la nova naine AT Cancri déterminée grâce à SITELLE coïncide avec l’apparition de l’étoile observée par les astronomes coréens en 1645 

Cette illustration de nova classique montre une naine rouge, à gauche, transférant de la matière à une naine blanche par l’intermédiaire d’un disque d’accrétion, la zone orangée entourant la naine blanche. Lorsque suffisamment de matière s’est accumulée à la surface de la naine blanche, une éruption thermonucléaire s’ensuit et provoque l’émission soudaine de matière irradiée très chaude, représentée par le halo bleu. La luminosité de la nova augmente alors par un facteur de 1 000 ou plus. illustration Krzysztof Ulaczyk, Université de Warwick, Royaume-Uni

Des chercheurs établissent un rapprochement entre une énigmatique étoile apparue soudainement au 17e siècle et l’éruption thermonucléaire d’une nova naine par Jean Hamann L’encyclopédie coréenne Chungbo Munhon Pigo fait état d’un étrange phénomène céleste survenu au 17 e  siècle. À l’hiver 1645, des astronomes qui scrutaient le ciel à l’œil nu rapportent avoir observé l’apparition soudaine d’une étoile très brillante dans la constellation du Cancer. L’identité exacte de cette « étoile invitée » est demeu­ rée une énigme depuis, mais grâce à l’instrument d’observation astro­ nomique SITELLE, une équipe internationale, dont font partie des chercheurs de l’Université Laval, a repéré un suspect. Il s’agi­ rait de la nova naine AT Cancri, située dans la même région du ciel que l’étoile observée par les astro­ nomes coréens, dont la luminosité aurait littéralement explosé à la suite d’une éruption survenue à la même époque, rapportent les chercheurs dans un récent numéro de Monthly Notices of the Royal Astronomical Society. Même s’il ne s’agit pas d’une preuve for­ melle, cette coïncidence est tout de même intrigante, et le cas de cette nova naine apporte des élé­ ments nouveaux concernant les éruptions se produisant dans ce type d’étoiles.

Les novas naines sont des objets célestes dont la luminosité peut varier par un facteur 100 en l’espace de quelques heures. « Il s’agit en fait d’un couple d’étoiles très rappro­ chées qui sont en orbite autour d’un centre de gravité commun, explique l’un des auteurs de l’étude, Laurent Drissen, du Département de physi­ que, de génie physique et d’optique. L’une des étoiles, souvent une naine rouge, transfère de la matière à sa compagne, une étoile inerte extrê­ mement dense appelée naine blan­ che. Cette matière s’accumule dans un disque situé autour de la naine blanche jusqu’à ce que des instabili­ tés périodiques de ce disque provo­ quent un déversement massif de matière sur la surface de l’étoile, qui provoque les variations de lumino­ sité typiques des novas naines. » Ces fluctuations ne sont toutefois pas assez importantes pour pro­ duire un phénomène comme celui observé en 1645. Par contre, la matière qui s’accumule au fil des siè­ cles à la surface de la naine blanche s’échauffe petit à petit, jusqu’à ce qu’une éruption thermonucléaire embrase les couches externes de l’étoile, donnant lieu à une brusque augmentation de luminosité. « C’est

le phénomène de nova classique et c’est très probablement ce que les astronomes coréens ont observé. L’éruption thermonucléaire expulse à grande vitesse une partie des cou­ ches externes de la naine blanche, qui se retrouvent alors dans une coquille entourant la nova, précise le profes­ seur Drissen. Si un tel phénomène est survenu sur AT Cancri, on peut déterminer le moment de l’éruption à partir de la distance parcourue par la matière éjectée et de la vitesse à laquelle se déplace cette matière, un peu comme si on repassait le film de l’explosion à l’envers. » C’est ce que les chercheurs ont fait grâce au spectromètre imageur SITELLE. Fruit d’une longue colla­ boration entre l’équipe du pro­ fesseur Drissen et la firme ABB, cet instrument a été installé au Télescope Canada-France-Hawaï (TCFH) en août 2015 et il est fonc­ tionnel depuis janvier 2016. Les données sur AT Cancri, recueillies pendant la phase de vérification scientifique de SITELLE, ont permis d’établir la vitesse de déplacement d’une centaine de nuages de matière condensée retrouvés dans la coquille et de déduire que l’éruption est sur­ venue il y a environ trois siècles et demi, ce qui coïncide grosso modo avec l’apparition de l’étoile en 1645. « On compte très peu de coquilles de nova, et encore moins de celles dont on peut mesurer l’âge, souligne Laurent Drissen. Après quelques centaines d’années, la matière éjec­ tée se refroidit et elle cesse d’émettre des radiations, de sorte qu’on ne peut plus l’étudier. »

L’étude sur AT Cancri est signée par Michael Shara, de l’American Museum of Natural History, Richard Stephenson, de l’Université de Durham au Royaume-Uni, et Laurent Drissen, Thomas Martin et Alexandre Alarie, du Dépar­tement de physique, de génie physique et d’optique. Il s’agit du second article scientifique publié à partir de ­données recueillies par SITELLE. De­puis sa mise en service en jan­ vier 2016, ce spectro­mètre imageur a été utilisé dans 12 projets de ­re­­cherche. «  Les astrophysiciens

font montre d’un certain conser­ vatisme relativement aux nou­ veaux instruments d’observation, mais ils commencent à dé­­couvrir le potentiel de SITELLE. Je crois qu’il y aura plus d’utilisateurs après la parution des premiers articles sur les galaxies extérieures réalisées grâce à cet instrument. Les astronomes qui ont déjà utilisé SITELLE font de nouvelles de­­ mandes pour obtenir du temps d’observation, ce qui est très bon signe », conclut le professeur Drissen.

Développé par l’équipe du professeur Drissen et par la firme ABB, le spec­ tromètre imageur SITELLE a été installé au Télescope Canada-France-Hawaï en août 2015 et il est fonctionnel depuis janvier 2016. Les données recueillies sur AT Cancri grâce à cet instrument ont permis de déterminer la date d’éruption de cette nova naine. photo ABB


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recherche

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La voie sucrée Des chercheurs font appel au sucre vitrifié pour vasculariser les organes de remplacement par Jean Hamann Par un curieux retour des choses, le sucre pourrait être l’un des ingrédients clés d’une nouvelle méthode ser­ vant à fabriquer un pancréas bioartificiel destiné aux per­ sonnes atteintes de diabète de type 1. En effet, des cher­ cheurs de l’Université Laval et de l’Université McGill ont développé une nouvelle approche pour fabriquer un réseau vasculaire destiné à irriguer des organes de rem­ placement pour le corps humain. Cette méthode, dont les détails sont présen­ tés dans la revue Additive Manufacturing, fait appel à une solution sucrée émise par une tête d’imprimante 3D modifiée. « L’un des principaux obs­ tacles au développement d’organes de remplacement pour le corps humain est que les cellules vivantes utilisées dans ces procédés doivent être continuellement ali­ mentées en oxygène et en nutriments pour survivre, souligne le responsable de l’étude, André Bégin-Drolet, du Département de génie mécanique de l’Université Laval. Pour répondre à cette

exigence, nous avons déve­ loppé une nouvelle façon de produire un réseau vascu­ laire destiné à ces tissus. » Cette méthode repose sur une imprimante 3D com­ merciale qui a été modifiée en profondeur par les cher­ cheurs. « L’impression est faite à l’aide d’un mélange de sucrose, de glucose et d’eau chauffé à 176 degrés Celsius, explique le professeur BéginDrolet. Ce sirop est ensuite placé dans une seringue pré­ chauffée dont le piston est contrôlé par un moteur. Une fois émise, la solution se soli­ difie rapidement et devient ce qu’on appelle du verre de sucre ou du sucre vitrifié. » Grâce à un modèle mathé­ matique qu’ils ont déve­ loppé, les chercheurs peu­ vent moduler le débit de la solution sucrée et le déplace­ ment de la tête d’impression afin de produire des fila­ ments de sucre vitrifié ayant la forme et la taille souhai­ tées. « L’étape suivante con­ siste à verser le mélange contenant les cellules vi­­ vantes sur la structure 3D de sucre vitrifié. Une fois le tout solidifié, on élimine les

La tête d’impression développée par les chercheurs comprend une seringue, qui contient la solution sucrée, munie d’un piston actionné par un moteur. Ceci leur permet de fabriquer des structures 3D complexes faites de sucre vitrifié.

filaments de sucre par disso­ lution dans l’eau », précise André Bégin-Drolet. Pour prouver la fiabilité de leur approche, les cher­ cheurs ont d’abord montré

Pour démontrer la fiabilité de leur approche, les chercheurs ont procédé à un test modèle en imagerie numérique, la fabrication d’un lapin de Stanford. L’impression 3D est réalisée à l’aide d’une solution de sucre chauffée qui, en refroidissant, forme du sucre vitrifié.

que leur imprimante pouvait fabriquer avec précision de menus objets. Ils ont notam­ ment réalisé ce qui est main­ tenant considéré comme un test classique en imagerie numérique, soit la produc­ tion d’un lapin de Stanford. De plus, ils ont créé sur ordi­ nateur un modèle de réseau vasculaire, ils l’ont fabriqué et ils l’ont couvert d’un gel de silicone. Une fois le sucre vitrifié dissous, les cher­ cheurs ont injecté un colo­ rant rouge dans les canaux ainsi créés, révélant les dé­­ tails de ce réseau 3D. « La prochaine étape con­ siste à tester notre approche avec des cellules du pan­ créas, signale le professeur Bégin-Drolet. Si les résultats sont concluants, ces tissus vascularisés seront trans­ plantés dans des souris utili­ sées pour l’étude du diabète de type 1. Il reste donc beau­ coup de travail à faire avant d’envisager l’application de cette approche chez l’hu­ main », insiste le chercheur. L’étude parue dans Additive Manufacturing est signée par André Bégin-Drolet, MarcAndré Dussault, Jeanne Larose-Dutil et Jean Ruel, du Département de génie méca­ nique de l’Université Laval, et par Stephanie A. Fernandez, Richard L. Leask et Corinne A. Hoesli, de l’Université McGill.

Pour faire une preuve de concept, les chercheurs ont versé du gel de silicone autour de la structure 3D de sucre vitrifié produite à l’aide de leur imprimante. Ils ont ensuite dissous les filaments sucrés en plongeant le tout dans l’eau. L’injection d’un liquide rouge a permis de révéler les détails du réseau de canaux ainsi créé. photos Marc-André Dussault

«

La prochaine étape consiste à tester notre approche avec des cellules du pancréas. Si les résultats sont concluants, ces tissus vascularisés seront transplantés dans des souris utilisées pour l’étude du diabète de type 1.


conférence

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De la Terre à la Lune

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Cette conférence, je la donne dans des cégeps, surtout à des étudiants intéressés par les sciences de la nature. Je veux leur montrer que la science peut être intéressante, et elle l’est !

La présentation du professeur se déroulera dans le cadre du 30e Festival de la bande dessinée francophone de Québec. photo Marc Robitaille

Le 8 avril, au Musée de la civilisation, Serge Pineault fera un exposé passionnant sur le contenu scientifique de trois albums de Tintin par Yvon Larose Tintin, le jeune et célèbre reporter à la houppette, grand voyageur devant l’Éternel et personnage ico­ nique de la bande dessinée belge, a vécu nombre d’aventures au fil des 24 albums que son créateur Hergé lui a consacrés durant une grande partie du 20e siècle. Dans ces aven­ tures, le bédéiste a abordé à maintes reprises des sujets de nature scien­ tifique. Cet aspect sera au cœur de l’exposé « Tintin au pays des savants » que fera l’astrophysicien Serge Pineault, professeur au Dé­­ par­tement de physique, de génie physique et d’optique, le samedi 8 avril, au Musée de la civilisation de Québec. Cette présentation se déroulera durant L’après-midi des tintinophiles, une activité du Musée réalisée en collaboration avec le 30e Festival de la bande des­ sinée francophone de Québec. « Cette conférence, explique le professeur, je la donne dans des cégeps, surtout à des étudiants inté­ ressés par les sciences de la nature. Je veux leur montrer que la science peut être intéressante, et elle l’est ! Je montre que beaucoup de choses reliées à la science dans Tintin sont généralement correctes. » Dès juin, le Musée renouera avec l’univers tintinesque. Du 21 juin au 22 octobre, l’on y présentera l’ex­ position Hergé à Québec, conçue et réalisée par le Musée Hergé en partenariat avec le Musée de la civilisation. Seront exposés des tra­ vaux divers de cet artiste aux mul­ tiples talents.

Dans sa présentation, Serge Pineault se concentrera sur trois albums : L’étoile mystérieuse, Le temple du Soleil et On a marché sur la Lune. La première aventure, publiée en 1942, débute avec

L’exposition Hergé à Québec présentera la partie supérieure habitée de la fusée qui a servi à la création du dyptique Objectif Lune et On a marché sur la Lune. photo Hergé-Moulinsart 2017 / Collection Studios Hergé

l’apparition d’une gigantesque météorite. Celle-ci passe près de la Terre. Un fragment s’en détache et tombe dans l’océan Arctique. Une expédition scientifique est mise sur pied afin de revendiquer la posses­ sion de l’aérolithe, ce que fait Tintin après avoir sauté en para­ chute d’un hydravion. Mais avant d’être récupéré par le pilote, Tintin doit passer la nuit sur l’aérolithe. Selon le professeur, on peut se douter que l’aventure débute l’été et qu’il est tard, compte tenu de l’habillement de Tintin et que Milou et lui sont seuls sur la rue en pleine nuit. « La Grande Ourse est montrée dès la première case, poursuit-il. Or, on sait que sa forme change durant la nuit parce que la voûte étoilée tourne en raison de la rotation de la Terre. Sa position, au début de l’histoire, nous donne un ensemble de dates et d’heures : par exemple 3 h du matin à la mi-juin, ou 21 h à la mi-septembre. Tintin, lui, est montré dormant sur l’aéro­ lithe sous le soleil de minuit dans une semi-pénombre. Le soleil de minuit prenant fin au début ­septembre, et le départ du navire scientifique ayant eu lieu trois mois après le début de l’aventure, il est plausible que l’histoire ait com­ mencé à la mi-juin à 3 h du matin. » Dans Le temple du Soleil, paru en 1949, Tintin et Haddock sont au Pérou à la recherche du professeur Tournesol. Ce dernier a été enlevé par des descendants des Incas pour avoir porté le bracelet d’une momie. Il doit être mis à mort dans le temple du Soleil. Tintin et Haddock traver­ sent les Andes et poursuivent leur périple dans la jungle. Ils trouvent accidentellement le temple, sont faits prisonniers et condamnés, eux aussi, à la mort sur un bûcher avec Tournesol. Dans leur cellule, Tintin apprend, dans une coupure de jour­ nal, qu’une éclipse solaire aura lieu dans la région tel jour à telle heure et il demande cette date et cette heure pour leur exécution. Le moment venu, il invoque le Soleil et lui demande de démontrer sa toutepuissance. L’éclipse survient, la panique s’installe et les étrangers sont libérés. « De toute évidence, il fallait une éclipse solaire près du Pérou, in­­ dique Serge Pineault. Il est possible qu’Hergé ait consulté les annales des éclipses solaires des années pas­ sées et qu’il se soit inspiré de celle

du 25 janvier 1944. » Selon lui, la durée du phénomène céleste pose problème dans l’histoire de Hergé. « Dans l’album, soutient le pro­ fesseur, l’ensemble du phénomène, qui comprend des phases partielles et des phases totales, ne semble prendre que quelques minutes, alors que, dans la réalité, il s’étend sur plus de deux heures. Hergé a probablement confondu durée de l’ensemble du phénomène et durée de la totalité de l’éclipse. Typi­ quement, la lune ne recouvre com­ plètement le disque solaire que de trois à q ­ uatre minutes. » On a marché sur la Lune a paru en 1954. Dans cet album, Hergé ex­­ ploite différentes situations en lien

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avec le phénomène de l’apesanteur. À l’intérieur de la fusée rouge et blanche qui transporte nos héros à travers l’espace, en direction de la Lune où ils atterriront, le contenu d’un verre de whisky prend la forme d’une boule flottante dans l’air. Les occupants flottent, eux aussi, dans l’air. À l’extérieur du vaisseau spatial, Hergé imagine une spectaculaire situation de faible gravité ­lorsque le capitaine Haddock, en état d’ébriété avancée et revêtu de son scaphandre, sort de la fusée et se met à flotter dans l’espace sidéral. « Or, la fusée se trouve sur la trajectoire d’un vrai astéroïde, Adonis, dont le diamètre fait environ 700 mètres, souligne Serge Pineault. Haddock se retrouve donc dans la zone d’attraction de cette masse de roc. Cela est plausible parce qu’un astéroïde a une gravité, quoique faible. » La présentation de Serge Pineault aura lieu à 15 h, ce samedi 8 avril, à l’auditorium Roland-Arpin du Musée de la civilisation (85, rue Dalhousie). L’entrée est gratuite. Pour information et réservation : 418 643-2158, bit.ly/2oIEMbn. Pour plus d’information sur ­l’exposition Hergé à Québec : bit.ly/2p1il0x

Le 21 décembre 1961, Hergé assiste, à Paris, à l’entrée de ses personnages vedettes au Musée Grévin, le fameux musée de cire. photo Hergé-Moulinsart 2017

Bleu de coloriage des planches 25 et 26 de l’album On a marché sur la Lune, aquarelle et gouache sur épreuve imprimée. Cette pièce fera partie de l’exposition Hergé à Québec. photo Hergé-Moulinsart 2017 / Collection Studios Hergé


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sciences et génie Les sciences au féminin sur la fraude alimentaire 6

Quel chemin reste-t-il à faire pour une présence plus assurée des femmes dans les domaines des sciences et du génie ? par Brigitte Trudel Voilà une question perti­ nente à soulever à l’occasion du Mois national du génie. Célébré chaque année en mars partout au Canada, l’événement était souligné pour la première fois sur le campus par l’association Ingénieurs sans frontières de l’Université Laval. « Notre regroupement vise l’amélioration de la profes­ sion sous tous ses angles, donc se pencher sur la pré­ sence féminine dans les mé­­ tiers du génie et des sciences s’intègre parfaitement à notre mandat », explique le coprésident de l’association Ingénieurs sans frontières de l’Université Laval et étu­ diant de deuxième année en génie industriel, Étienne Bouchard. Ainsi, le 31 mars, quelques doctorantes, travailleuses dans le domaine et profes­ sionnelles de recherche ont témoigné de leur expérience devant un auditoire tant mas­c ulin que féminin. La table ronde, qui regroupait cinq intervenantes, était ani­ mée par Claire Deschênes, professeure au Département de génie mécanique et titu­ laire de la Chaire CRSNG/ Alcan pour les femmes en sciences et génie de 1997 à

2006. « Oui, il y a eu beau­ coup d’amélioration depuis que moi-même, j’ai com­ mencé dans ce domaine, a admis d’emblée la cher­ cheuse, mais beaucoup reste à faire, car, malgré la promo­ tion des sciences et du génie auprès des femmes, leur taux d’inscription à ces programmes universitaires demeure bas, soit autour de 14 %. » Il s’est dégagé de la discus­ sion que, si les inégalités fla­ grantes et le sexisme n’ont plus leur place en entreprise, sur les chantiers et en labo­ ratoire, il n’en demeure pas moins que des biais insidieux persistent. « Par exemple, cer­ tains employeurs choisissent de ne pas proposer de gros dossiers à des femmes pour éviter les surcharges avec leur vie de famille », a illustré Carol-Anne Gauthier, pro­ fessionnelle de recherche à la Chaire Claire-Bonenfant – Femmes, savoirs et sociétés. Cela part d’une bonne in­­ten­ tion, mais il y a une percep­ tion “genrée” derrière ça. » Un autre déséquilibre insi­ dieux se trouve derrière la répartition des tâches. En laboratoire, a-t-il été soulevé, il n’est pas rare que les mani­ pulations expérimentales soit l’affaire des hommes et

Même si les ­femmes font davantage carrière en sciences aujourd’hui, elles ne sont pas plus nombreuses à occuper des postes clés.

la prise de notes, celle des femmes. Édith Ducharme, étudiante de deuxième année au baccalauréat en génie phy­ sique et organisatrice de la rencontre, a vécu une situa­ tion semblable la session der­ nière. « Ça s’est produit de façon anodine, mais cela m’a tout de même interpellée », relate-t-elle. En outre, même si les ­femmes font davantage car­ rière en sciences aujourd’hui, elles ne sont pas plus nom­ breuses à occuper des postes clés. À ce propos, l’idée de la con­fiance en soi a ressurgi à maintes reprises. Or, cette confiance, il faut la favoriser dès le plus jeune âge en en­­ courageant les jeunes filles à s’intéresser aux sciences, ont réitéré les participantes à la table ronde. « Il faudrait éga­ lement offrir plus de modèles féminins de scientifiques qui ont réussi », ajoute Édith Ducharme. Enfin, toutes les personnes présentes ont insisté sur la nécessité de maintenir la dis­ cussion et la sensibilisation sur ce sujet à l’école, mais aussi en milieu profession­ nel. « C’est très important, car on est appelé à travailler en équipe, soutient Étienne Bouchard. Pour de meilleurs résultats, le mélange des points de vue masculin et féminin est primordial. » C’est la même chose pour l’avan­cement de la science, renchérit Claire Deschênes. « Les femmes ne se posant pas les mêmes questions que les hommes, l’apport des deux sexes permet une di­­ versité ­beaucoup plus riche en termes de recherche », déclare-t-elle. Il s’agit d’un message plein de sens pour Édith Ducharme. La future ingénieure entend bien continuer à s’impliquer dans cette cause qui lui tient à cœur. « En tant que femme, je me sens redevable envers toutes celles qui se sont bat­ tues pour nous faire de la place », fait valoir celle qui, l’an dernier, a participé au projet « Études sur la pro­ gression et la rétention des femmes dans les professions et métiers ayant été réservés aux hommes », auquel ont contribué la Chaire de lea­ dership en enseignement – Femmes et organisations, la chaire Claire-Bonenfant – Femmes, savoirs et sociétés et le Centre de recherche et d’in­ tervention sur l’éducation et la vie au travail.

Samuel Godefroy

Des scandales, comme celui très récent de la viande avariée au Brésil, minent régulièrement la confiance des consom­ mateurs dans les produits alimentaires offerts par tel ou tel pays. Réunis récem­ ment en congrès à Québec, des spécia­ listes de la fraude alimentaire du monde entier ont discuté de la façon de lutter internationalement contre ce phéno­ mène. Samuel Godefroy, professeur en analyse des risques à la Faculté de sciences de l’agriculture et de l’alimen­ tation, était l’un des organisateurs de ce colloque.

Q La lutte contre la fraude ­ limentaire requiert-elle des moyens a différents de celle contre l’insalubrité des aliments ? R Ce n’est pas le même travail de pré­ vention. Les enquêteurs en sécurité sanitaire des aliments analysent les ris­ ques possibles. On sait qu’une année pluvieuse entraîne une possible pré­ sence de mycotoxines dans les produits céréaliers. Les fraudes alimentaires dépendent d’autres facteurs, comme la fluctuation du prix de certaines subs­ tances chimiques. Ainsi, la grande dispo­ nibilité des phtalates, un composant chimique longtemps utilisé dans les plastiques, a donné la mauvaise idée à des fraudeurs de les employer comme émulsifiants, dans des mayonnaises par exemple. Or, s’il est consommé régu­ lièrement, ce produit a des effets sur le système reproducteur humain. Il faut donc utiliser des moyens de détection très différents pour prévenir les fraudes avant qu’elles n’aient lieu. Depuis le scandale, en 2013, de la viande cheva­ line retrouvée dans de la viande hachée de bœuf et dans des lasagnes, la GrandeBretagne s’est dotée d’une unité spéciale d’investigation des crimes alimentaires, qui est en lien avec la police. Q Quels moyens prennent les ­ istributeurs pour se prémunir contre d la fraude alimentaire ? R Jusqu’à présent, le système de lutte est essentiellement réactif. Les équipes vont chercher des échantillons, détec­ tent un problème et finalement agis­ sent, une fois que l’incident a eu lieu. Cela ne permet pas de prévenir la mise

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en marché de l’aliment frauduleux. Cependant, l’industrie alimentaire commence à mettre en place un début d’arsenal de prévention, surtout depuis l’incident de la mélamine en Chine (en 2008, 300 000 enfants sont tombés malades après avoir ingéré ce produit chimique dans du lait maternisé, NDLR). Plusieurs entreprises s’équi­ pent de systèmes pour évaluer la vulné­ rabilité de la chaîne d’approvisionne­ ment. Il s’agit de détecter le maillon faible et d’y concentrer la surveillance. Certaines ont également investi dans des méthodes visant à vérifier l’authen­ ticité de produits à haute valeur ajou­ tée. Actuellement, ces outils n’appar­ tiennent qu’à une poignée de multina­ tionales. Pour des raisons financières, les petits distributeurs n’ont pas accès à cette panoplie d’outils de prévention. De plus, aucune loi n’oblige pour l’ins­ tant à se doter de systèmes de traçabi­ lité. Il est vrai qu’au Canada, un nou­ veau règlement va bientôt renforcer la sécurité sanitaire. Ce système de traça­ bilité en amont et en aval de la chaîne de production permettra d’effectuer des rappels rapidement, en cas d’éclo­ sion de E. coli par exemple. Cependant, un tel mécanisme ne s’applique qu’aux produits alimentaires vendus dans d’autres provinces ou exportés. Il ne s’agit donc pas d’une traçabilité à toute épreuve.

Q Que faudrait-il faire alors pour mieux se prémunir contre les fraudes alimentaires ? R Il existe des systèmes, encore en expé­ rimentation, qui permettraient de lutter efficacement contre ce genre de phéno­ mène. La technologie « Blockchain », conçue au départ pour sécuriser les transactions financières comme les bit­ coins, permet d’enregistrer et de sceller les opérations pour fabriquer un pro­ duit. Ainsi, toutes les informations concernant les ingrédients qu’une ferme achète pour produire du lait ou de la viande, par exemple, feraient l’objet d’une transaction enregistrée. De la même façon, les données concernant la vente de cette marchandise à un distri­ buteur se retrouveraient également dans un document scellé. Par conséquent, le consommateur d’un aliment aurait accès, en théorie, à toutes les opérations qui ont mené à sa production. Walmart teste d’ailleurs actuellement cette tech­ nologie pour la production du porc en Chine. La mise en place d’un tel système éviterait la falsification de documents concernant l’origine ou les composantes d’un produit alimentaire. Pour éviter que la fraude ne touche l’aliment luimême, il faut ce­­pendant aussi ajouter à la technologie « Blockchain » un système de surveillance. Propos recueillis par Pascale Guéricolas


sur le campus

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ils ont dit... Sur le déclin du groupe armé État islamique

Francesco Cavatorta, Département de science politique Le Devoir, 29 mars

Julie Ducrocq, doctorante en épidémiologie, a été vétérinaire en chef pour la course de traîneaux à chiens Ivakkak de 2010 à 2015. photo Pierre Dunningan

Pleins feux sur le Nord La Chaire de recherche Nasivvik et le réseau ArcticNet présentent une série de projections de documentaires sur le Nord afin de faire connaître ce grand territoire et ses enjeux par Matthieu Dessureault Chaque année, en mars, la course de traîneaux à chiens Ivakkak est organi­ sée au Nunavik. Munis d’une tente, de nourriture et d’un réchaud, les mushers (les Inuits qui conduisent les attelages) parcourent des milliers de kilomètres dans des conditions souvent très diffi­ ciles. Enfants et adultes se déplacent en masse pour les encourager. « Quand la course passe dans un village, c’est quasi­ ment l’équivalent des Olympiques pour eux ! Les mushers sont des stars ! Ils sont hyper-respectés par la communauté, qui les voit comme les porte-étendards d’une tradition », explique Julie Ducrocq, doctorante en épidémiologie.

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La course de traîneaux à chiens Ivakkak, c’est ma seule occasion d’avoir un rapport intime avec la culture inuite

De 2010 à 2015, elle a été vétérinaire en chef pour cette course. Son rôle était d’assurer le bien-être des chiens et d’émettre des recommandations aux mushers. En amont de la compétition, elle devait aussi vérifier que la vermifu­ gation et la vaccination étaient à jour pour chacun des chiens. De ce travail, elle restera marquée à jamais. « Cela fait une quinzaine d’années que je vais ponctuellement dans le Nord, que ce soit pour des projets de recherche ou de vaccination. La course Ivakkak, c’est ma seule occasion d’avoir un rapport intime avec la culture inuite. Sur le plan professionnel, ce n’est pas facile de tra­ vailler dehors toute la journée. Avec une température de - 40 degrés Celsius la nuit, la gestion des médicaments et des fluides est compliquée. Mais c’est une aventure à vivre ! » Julie Ducrocq partagera un peu de son expérience à l’occasion de la pro­ jection du documentaire Okpik’s Dream, le jeudi 20 avril, au pavillon Maurice-Pollack. Ce film, dans lequel elle intervient comme spécialiste, raconte l’histoire d’Harry Okpik, un musher qui vit dans la communauté isolée de Quaqtaq. On le suit dans ses préparatifs en vue de sa dixième parti­ cipation à la course Ivakkak. En plus de Julie Ducrocq, la réalisatrice du film, Laura Rietveld, participera aux discus­ sions avec le public.

Cette rencontre sera suivie, le jeudi 18 mai, de la projection de deux autres documentaires, qui abordent cette fois des projets de recherche menés en Arctique. UTSUK : A Story of Fat s’intéresse aux liens entre les changements environnementaux, les gras des espèces marines et la santé des populations locales. Le second film, Qanuilirpitaa, porte sur une en­­quête de santé menée en 2004 auprès de 1 000 Inuits issus des 14 communautés du Nunavik. Après la projection, des chercheurs ratta­ chés à ces projets seront sur place pour échanger et répondre aux questions. Cette activité est une initiative de la Chaire de recherche Nasivvik en approches écosystémiques de la santé nordique et du réseau de centres d’excellence ArcticNet, consacrés au développement du­­ rable du Nord. « Le but est de sensi­ biliser les gens aux enjeux nordi­ ques et de promouvoir les écosys­ tèmes boréaux comme milieux de vie essentiels pour soutenir la santé et le bien-être des popu­l ations locales », résume Julie Ducrocq. Le documentaire Okpik’s Dream sera présenté gratuitement le jeudi 20 avril, à 19 h, à la salle Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins, en version inuktitute, sous-titrée en anglais. Quant aux films UTSUK : A Story of Fat et Qanuilirpitaa, ils seront présentés le jeudi 18 mai, à 19 h, au même endroit. Suivez également la prochaine ­présentation de la course Ivakkak en visitant le site ivakkak.com.

Les assauts d’une coali­ tion internationale ont provoqué un sérieux recul du groupe armé État isla­ mique (EI). Il est possible que ce déclin conduise à la disparition de l’EI, mais le problème de gou­ vernance dans le monde arabe de­­meure, souligne Francesco Cavatorta. « La solution qu’a voulu appor­ ter le groupe EI reste dis­ ponible. D’autres mouve­ ments ou organisations pourraient donc être inter­ pellés par cette volonté de reconstituer l’espace poli­ tique sur des bases idéolo­ giques et géographiques différentes qui dépassent l’État-nation. »

Sur le dossier du bois d’œuvre

Luc Bouthillier, Département des sciences du bois et de la forêt Ici RadioCanada, 3 avril

Des droits compensatoires devraient être imposés, le 24 avril, aux industriels forestiers canadiens qui vendent leur bois au sud de la frontière. Afin d’en atténuer les répercussions, l’Union des municipalités du Québec demande au gouvernement fédéral d’accorder des garanties de prêt aux industriels. Luc Bouthillier est d’ac­ cord avec cette mesure. Il rappelle que le dernier conflit de ce genre a duré quatre ans. « Un moment donné, les industriels ont mis un genou à terre et ils disaient : “Négocions une entente, ça coûtera ce que ça coûtera. ” »

Sur le nouveau centre-ville de Québec

Jean Dubé, École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional Les Affaires Plus, printemps 2017

Le mégaprojet immobilier surnommé Le Phare, sur le boulevard Laurier à proxi­ mité des ponts, offrira co­­ propriétés, appartements en location, hôtels et bu­­ reaux. Pour Jean Dubé, ce projet s’inscrit bien dans l’objectif du maire Régis Labeaume de transformer l’image de la ville, de capi­ tale historique en ville en pleine croissance. « Plus accessible en voiture et mieux desservi par le trans­port en commun, ce nouveau centre libère aussi les promoteurs des contraintes de construc­ tion inhérentes à un quar­ tier historique comme le Vieux-Québec. »


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Une relève Le Gala de la relève en or a récompensé plusieurs initiatives étudiantes, dont un projet qui vise à améliorer la pratique de points de suture chez les futurs professionnels de la santé par Matthieu Dessureault

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3 1. L’association Enactus, que l’on voit ici lors d’une assemblée l’automne dernier, vise à encourager le progrès sociétal par l’action entrepreneuriale. photo Marc Robitaille 2. Initiative d’étudiants en architecture, le projet SPOT (pour « Sympathique place ouverte à tous ») vise la réappropriation et la revalorisation d’un site urbain délaissé. Après avoir remporté du succès dans les quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur, il sera de retour cet été, cette fois à l’Îlot des palais. 3. Formé d’étudiants en sciences de la santé, le groupe Partenariat Santé vise à conscientiser la population sur l’importance de la santé cardiovasculaire. Des séances d’information sont régulièrement organisées sur le campus et ailleurs.

Faire des points de suture, ça ne s’improvise pas ! Dans le cadre de leur formation, les étudiants en sciences de la santé passent plu­ sieurs heures à se pratiquer. Jusqu’à récemment, il n’existait pas de dispositif écologique et peu coûteux leur permettant d’expérimenter les différentes techniques. C’est ainsi que Myriam Nadeau et Jean-François Leclerc, deux doctorants en médecine, ont eu l’idée de con­ cevoir des blocs de peau synthé­ tique réutilisables. Avec l’aide de chimistes, ils ont trouvé les bons produits et ont conçu des moules afin de créer un caoutchouc de silicone ayant une fermeté et une texture simi­ laires à la peau. Le principal inté­ rêt de ce nouveau produit, selon Jean-François Leclerc, réside dans sa durabilité. « Pour des points de suture, on fait deux incisions : une pour entrer, l’autre pour sortir. Sur du caoutchouc normal, le point ne se referme pas, ce qui endommage le bloc après quelques incisions. Avec notre produit, 99,9 % de la matière se referme, ce qui veut dire que l’on pourrait refaire le même trou entre 100 et 1 000 fois avant que le silicone ne se déforme. » Encadrés par des médecins, les étudiants ont formé à leur tour 14 bénévoles chargés d’offrir men­ suellement des ateliers de techni­ ques de points de suture. Ils ont aussi réalisé trois capsules vidéo éducatives, disponibles en ligne, afin que les participants puissent poursuivre leur apprentissage. Bien vite, le projet a dépassé les frontières de l’Université. Deux autres établissements d’enseigne­ ment ainsi qu’un hôpital ont fait l’acquisition de blocs de pratique. De son propre aveu, Myriam Nadeau n’aurait jamais imaginé pareil succès. « Au départ, nous voulions simplement offrir à nos collègues la possibilité d’avoir accès à une formation que nous aurions aimé avoir. Je n’aurais jamais cru que le projet allait sus­ citer autant d’enthousiasme. Avec le site Doodle, nous avons envoyé une invitation à 400 étudiants pour planifier les premiers ate­ liers ; en moins d’une heure, tou­ tes les places étaient comblées ! » Selon elle, le milieu de la santé doit impérativement se tourner vers ce type de procédés plus durables. « Les hôpitaux utilisent beaucoup de matériel non réuti­ lisable. Il y a énormément de

gaspillage dans les pratiques médica­ les. Améliorer le bilan des matières résiduelles tout en maintenant la qualité de la formation des externes, cela devient très intéressant ! » Myriam Nadeau et Jean-François Leclerc figurent parmi les lauréats du 21e Gala de la relève en or, qui s’est tenu le 29 mars au Grand Salon du pavillon MauricePollack. Sept bourses de 800 $ et une bourse de 400 $ ont été re­mises par la Coop Zone, l’organisateur de l’événement. Des sciences de la santé à l’aménagement de places publiques, en passant par l’agricul­ ture urbaine et l’entrepreneuriat social, les projets récompensés touchent à une grande diversité de domaines. Des élèves du Cégep Limoilou – le comité LGBTA, qui vise l’intégration de cette commu­ nauté – ont également reçu un prix. « À l’Université Laval comme au Cégep Limoilou, il y a beaucoup d’idées qui bouillonnent. Notre but est de féliciter ces initiatives, tout en leur apportant un soutien », dit Anne Courivaud, chargée de com­ munication, marketing et projets coopératifs chez Coop Zone. En tout, l’équipe d’organisation a reçu 82 dossiers de candidature, soit 20 de plus que l’an dernier. Les jurys étaient composés d’employés des deux établissements. Le 21e Gala s’est déroulé sous la présidence d’honneur de Normand Voyer, professeur au Dépar­t e­ ment de chimie. Plus d’une cen­ taine de personnes ont assisté à l’événement.

Des sciences de la santé à l’aménagement de places publiques, en passant par l’agriculture urbaine et l’entrepreneuriat social, les projets récompensés touchent à une grande diversité de domaines

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Gala de la relève en or

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précieuse

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5 Les projets lauréats

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• Catégorie « Professionnels en devenir – autour du monde » Sciences infirmières autour du monde • Catégorie « Professionnels en devenir – ici » Création d’outils didactiques et d’un groupe d’enseignement de points de suture • Catégorie « Sensibilisateurs » Partenariat Santé • Catégorie « Associatifs » Enactus Université Laval • Catégorie « Événementiels » SPOT – Sympathique place ouverte à tous • Catégorie « Voyageurs » Sciences infirmières autour du monde • Catégorie « Organisateurs » (volet collégial) Comité LGBTA (Cégep Limoilou, campus de Charlesbourg) • Projet coup de cœur AgroCité

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4 et 6. Deux doctorants en médecine, Myriam Nadeau et Jean-François Leclerc, sont parvenus à créer un dispositif écologique, durable et peu coûteux pour la pratique de points de suture. photos Caroline Boilard et Myriam Nadeau 5. Les lauréats du Gala de la relève en or ont été honorés le 29 mars au Grand Salon du pavillon Maurice-Pollack. Sept bourses de 800 $ ainsi qu’une bourse « Coup de cœur » de 400 $ leur ont été remises par la Coop Zone, qui est derrière cette activité de reconnaissance. photo Valérie Bolduc 7. Les étudiants d’AgroCité travaillent au développement d’un modèle d’affaires d’agriculture urbaine spécialisé en hydroponie. Cette association a été nommée « Coup de cœur » parmi 76 projets universitaires et 5 projets collégiaux. photo Aurélie-Zia Gakwaya 8. Le projet Sciences infirmières autour du monde permet aux étudiants dans ce domaine de participer à des stages interculturels fort enrichissants. Il a remporté non pas un, mais deux prix, soit ceux dans les catégories « Professionnels en devenir – autour du monde » et « Voyageurs ». photo Mélanie Boulanger


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sciences

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en bref

24 heures de science Le 12e festival scientifique 24 heures de science aura lieu les 12 et 13 mai aux quatre coins du Québec. Petits et grands pourront alors participer à plus de 360 activités, dont des bars des sciences, des expositions, des conférences, des observations astronomiques et des sorties en nature. Chaque activité est une occasion de découverte et de rencontre avec des spécialistes ou des animateurs pas­ sionnés. À Québec, 22 activités sont au pro­ gramme, dont 7 mettent à contribution des chercheurs ou des groupes de recherche de l’Université Laval. Le Fil présentera en détail ces activités sous peu. Pour planifier ces deux jours de découvertes scientifiques, consultez le programme sur le site science24heures.com.

Réussir malgré son handicap Déficience auditive, motrice, organique ou visuelle, troubles d’apprentissage, trouble défi­ citaire de l’attention, troubles mentaux : nom­ breux sont les étudiants à vivre une situation de handicap à l’Université. Afin de favoriser leur réussite, le Centre d’aide aux étudiants a lancé pour eux une campagne de sensibilisa­ tion. Cette campagne est basée sur trois vidéos que le Centre a envoyées à différentes clien­ tèles cibles, notamment les professeurs, le ­personnel administratif et les étudiants. Leur contenu porte sur l’approche recommandée pour favoriser la réussite des étudiants en ­si­­tuation de handicap. Pour plus d’information : www.aide.ulaval. ca/situation-de-handicap/presentation/

Participation au Forum des innovations culturelles Le 3 avril, Serge Desnoyers, adjoint au vicerecteur à la recherche et à la création et direc­ teur du Bureau de la recherche et de la créa­ tion de l’Université Laval, fut un des pané­ listes au Forum des innovations culturelles. En compagnie de représentants du secteur culturel et numérique – Caroline Salaün, directrice générale de Méduse, et Simon Drolet, associé chez Quadrakà –, il a présenté le projet Alliance culture + numérique et échangé sur l’expérience des participants. Il s’agit d’un regroupement de personnes, d’or­ ganismes et d’entreprises de la région de la Capitale-Nationale intéressés par le déve­ loppement d’initiatives liant la culture et le numérique. À l’Université, une centaine de professeurs travaillent sur des projets dans ces domaines. Des programmes de formation pour les étudiants et de perfectionnement pour les professionnels y sont disponibles et des infrastructures sont opérationnelles. L’événement s’est tenu au Musée de la ­civilisation de Québec à l’occasion de la Semaine numérique de Québec.

Les abeilles transportent le pollen sous forme de pelote sur leurs pattes arrières. Les chercheurs ont découvert que 20 % du pollen de maïs ainsi rapporté à la ruche contient des traces de néonicotinoïdes. L’exposition prolongée à des doses sous-létales de ces insecticides affecte les comportements et le système immunitaire des abeilles. photo Muhammad Mahdi Karim

Poussières de vie, poussières de mort ? Les néonicotinoïdes contenus dans les grains de pollen augmentent la mortalité et le parasitisme dans les colonies d’abeilles par Jean Hamann Les insecticides de la famille des néonicotinoïdes qui se retrouvent dans le pollen du maïs font la vie dure aux abeilles, démontrent des chercheurs de l’Institut de biologie intégrative et des sys­ tèmes (IBIS). L’étude publiée par ces chercheurs dans un récent numéro du Journal of Applied Entomology révèle que les colonies installées à proximité de champs de maïs contenant des néonicoti­ noïdes ont un taux de morta­ lité deux fois plus élevé que les colonies placées près de champs qui en sont exempts. Elles sont également plus durement frappées par Varroa destructor, un acarien qui s’attaque aux larves et aux adultes et qui est soupçonné de participer au déclin mon­ dial des colonies d’abeilles. Les chercheurs arrivent à ce constat après avoir étudié 11 ruches installées à proxi­ mité de champs où avaient été semées des graines de maïs enrobées de néonicotinoïdes. « À mesure que la plante croît, l’insecticide qui enrobe la graine se retrouve dans toutes les parties vascularisées de la plante, notamment dans les fleurs, explique le respon­ sable de l’étude, Nicolas Derome, professeur au Dé­­ partement de biologie. Nous avons voulu déterminer à

quel point l’exposition au pollen de maïs produit à ­partir de graines enrobées de néonicotinoïdes affectait les abeilles. » Aux fins de comparaison, les chercheurs avaient aussi placé 11 ruches près de champs de maïs sans néonicotinoïdes. Les données recueillies à différents moments de l’été 2013 montrent qu’au plus fort de la floraison, le maïs compose jusqu’à 14 % du pollen récolté par les abeilles. De plus, les analyses chimiques indiquent que 20 % du pollen de maïs rap­ porté à la ruche contient des traces de néonicotinoïdes. « Les concentrations que nous avons mesurées ne sont pas suffisantes pour tuer ins­ tantanément les abeilles, mais l’exposition prolongée à des doses sous-létales a des effets pervers sur leurs comportements et leur sys­ tème immunitaire », précise le professeur Derome. Les cher­cheurs ont aussi noté que l’intensité du parasi­ tisme par le varroa était deux fois plus élevée dans les colo­ nies établies près des champs avec néonicotinoïdes. Au terme d’un suivi de deux ans, le taux de mortalité dans les colonies installées près des champs avec néonicoti­ noïdes a atteint 28 %, contre

15 % dans les colonies té­­ moins. « À la lumière de nos résultats, il faudrait évi­ ter d’installer des colonies d’abeilles à proximité de champs de maïs produits à partir de graines enrobées de néonicotinoïdes, en particu­ lier pendant la période de floraison du maïs », recom­ mande Nicolas Derome. Le chercheur est bien conscient qu’il s’agit là d’une recom­ mandation difficile à suivre dans le sud du Québec, où la culture du maïs est omni­ présente. « Environ 95 % des semences de maïs ven­ dues au Québec sont enro­ bées de néonicotinoïdes. Comme les abeilles récol­ tent du pollen dans un rayon de 5 km autour de la colonie, il est pratique­ ment impossible qu’elles ne soient pas exposées à ces

insecticides. La seule vérita­ ble solution au problème serait d’interdire l’usage des néonicotinoïdes. » La famille des néonicoti­ noïdes compte une dizaine de produits qui accaparent envi­ ron 25 % du marché mondial des insecticides. Leur toxicité élevée, leur faible biodégra­ dabilité et leur dispersion dans l’environnement ont conduit plusieurs pays à remettre en question leur ­u tilisation, notamment en Europe où plusieurs néonico­ tinoïdes sont interdits depuis 2013. Plus près de nous, Santé Canada a entrepris une révision de la réglementation sur ces produits. Une évalua­ tion des risques qu’ils posent pour les pollinisateurs devrait être complétée au cours des prochains mois. L’étude parue dans le Journal of Applied Entomology est signée par Mohamed Alburaki, B a ch a r C h e a i b , L o u i s e Quesnel, Pierre-Luc Mercier et Nicolas Derome, de l’IBIS, et Madeleine Chagnon, de l’UQAM.

Il faudrait éviter d’installer des colonies d’abeilles à proximité de champs de maïs produits à partir de graines enrobées de néonicotinoïdes, surtout en période de floraison du maïs


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Originalité picturale

arts

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Fusion de la littérature et des arts visuels, le concours L’image des mots a donné lieu, cette année encore, à beaucoup de créativité par Matthieu Dessureault Ils l’apprendront en lisant cet ar­­ticle : Mathias Revon, Chloé Balland et Pascale Sévigny-Vallières rempor­ tent respectivement le 1er, le 2e et le 3e prix du concours L’image des mots. Leurs illustrations se sont démar­ quées parmi les propositions reçues par le Bureau de la vie étudiante. Chaque année, cette organisation invite les étudiants à traduire en une seule image le texte lauréat du concours littéraire du Cercle d’écriture de l’Univer­ sité Laval (CEULa). En plus d’être dévoilées dans Le Fil, les œuvres gagnantes seront publiées dans le prochain numéro de L’écrit primal, la revue littéraire du CEULa, qui sera lancé au courant du mois de mai. Écrit par Raphaëlle Vézina, étudiante à la maîtrise en études littéraires, le texte Andalucia raconte une liai­ son amoureuse en Espagne. On y suit deux touristes qui déambulent dans les rues de Cadiz et sympathisent au­­ tour d’un pichet de sangria. « Dès la première lecture, un passage du texte m’a inter­ pellé, celui du pichet de ­s angria qui se renverse. Il s’agit de l’élément déclen­ cheur de l’intrigue. Mon

image présente l’histoire vue à travers une tache de san­ gria, ce qui explique sa cou­ leur orangée et l’aspect un peu flou des formes », expli­ que Mathias Revon, docto­ rant en droit. Le côté festif et ensoleillé de l’œuvre, qu’il a réalisée à l’aide de jets d’encre sur du papier d’aquarelle, a tapé dans l’œil du jury. « Beau­ coup d’ambiance se dégage de l’image. Le choix des cou­ leurs reflète bien l’Espagne, la chaleur, les vacances. La profondeur de l’espace, que l’on comprend avec la sil­ houette des personnages qui dansent et qui s’amusent sur les différents plans, est très attirante », souligne Marie Lessard, illustratrice profes­ sionnelle et professeure à l’École de design. Elle faisait partie du jury, composé éga­ lement de Claudine Magny, rédactrice en chef du Fil, et d’Élodie Leclerc, étudiante au baccalauréat en études littéraires et directrice du CEULa. Si Mathias Revon s’est concentré sur l’ambiance festive de la rencontre, Chloé Balland a opté pour le décor des rues. Alliant techni­ ques numériques et dessin traditionnel, l’étudiante au

Chaque année, ce concours invite les étudiants à traduire en une seule image le texte gagnant du concours littéraire du Cercle d’écriture de l’Université Laval

1er prix : Mathias Revon, étudiant au doctorat en droit

baccalauréat en design gra­ phique a réalisé une œuvre tout aussi lumineuse. « Elle a fait une représentation très stylisée d’une rue dont on ne voit pas l’issue. On peut voir ce dessin comme une méta­ phore de la rencontre et du parcours de ces deux per­ sonnages. Le choix des cou­ leurs éclatantes fait écho à la fascination d’une aventure estivale qui se déroule dans la joie », poursuit Marie Lessard. Avec l’œuvre de Pascale Sévigny-Vallières, étudiante à la maîtrise en design, on navigue dans un tout autre 2e prix : Chloé Balland, étudiante au baccalauréat en design graphique univers. « Cette image, qui représente un style très actuel dans le milieu de l’illustration, évoque da­­ vantage la thématique de l’histoire qu’une représenta­ tion narrative comme telle. L’image est joyeuse, mais aussi très intime. Avec les « On s’est croisé dans un bus vers Cadiz. Cadiz, sa plage éléments floraux, les oiseaux et ses rues infinies. Le soleil était pas couché encore et et la bouche entrouverte, il y a une sensualité et une t’étais tellement belle dans la lumière de midi. Tu replaçais délicatesse qui s’en déga­ tes cheveux d’encre derrière ton oreille, recommençant gent », conclut la professeure Lessard. systématiquement à chaque trente secondes. » Les trois prix du concours sont associés à des bourses Extrait du texte Andalucia, de 300 $, de 200 $ et de 100 $. lauréat du concours littéraire du Cercle d’écriture de l’Université Laval Les lauréats recevront éga­ lement un exemplaire de L’écrit primal dans lequel figurent le texte et leurs 3e prix: Pascale Sévigny-Vallières, étudiante à la maîtrise en design illustrations.


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actualités UL

en bref

Un projet qui a du piquant ! Les étudiants derrière le Rucher pédago­ gique UL recevront 5 000 $ pour la réalisa­ tion de leur initiative en développement durable. Ce projet vise l’installation de ruches sur le campus à des fins d’enseigne­ ment, de recherche et de production alimen­ taire. Afin de souligner le renouvèlement de sa certification internationale en développe­ ment durable STARS, qui la place première au Canada et deuxième au monde, l’Univer­ sité avait invité ses membres à choisir une initiative innovante en développement durable. Près de la moitié des 1 946 par­ ticipants au sondage ont voté pour le Rucher pédagogique UL.

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Quelle serait l’université idéale ? Si l’université était libérée de toutes ses contraintes, à quoi pourrait­elle ressembler ? Quel devrait être son man­ dat ? Au service de qui devrait­ elle d’abord œuvrer ? Les pal­ marès qui se basent souvent sur la réputation ou la perfor­ mance pour comparer les uni­ versités sont­ils pertinents ? Toutes ces questions, et bien plus encore, seront abor­ dées lors de la prochaine chaire publique organisée par l’AELIÉS. Intitulée « L’uni­ versité idéale », elle réunira les trois candidats à la course au rectorat, soit Éric Bauce, Sophie D’Amours et Michel Gendron. À tour de rôle, ceux­ ci seront invités à identifier trois critères qui, selon eux, sont les plus importants pour définir une université idéale.

D’autres personnes seront aussi ap pelées à participer aux réflexions, dont John G. Kingma, président du Syndicat des professeurs et professeures de l’Université Laval, et divers représentants d’associations étudiantes. Le tout sera suivi par une période de questions du public. Cette soirée sera animée par la jour­ naliste Françoise Guénette. Lundi 10 avril, de 19 h à 21 h 30, à l’amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins. Entrée libre, mais places limitées. Avis aux intéressés, il faut confirmer sa présence par courriel à chaire.publique@ aelies.ulaval.ca ou sur la page de l’événement Facebook : bit.ly/2nHE0La

Rappelons que la course au rectorat s’est officiellement mise en branle le 14 février, le mandat de cinq ans du recteur Denis Brière prenant fin le 31 mai 2017. D’une durée de 70 jours, la campagne électorale se terminera le 26 avril, jour de la séance d’élection. C’est le collège électoral qui est chargé d’élire le recteur ou la rectrice. Ce collège est composé des membres en fonction du Conseil d’adminis­ tration, des membres en fonction du Conseil universitaire et de membres avec droit de vote des commissions des études, de la recherche et des affaires étudiantes. Pour en savoir plus sur les candidats de la course au rectorat 2017, consultez : • La section spéciale du site de l’Université Laval : ulaval.ca/notre­universite/election.html • Le site du Fil : ­ Éric Bauce (lefil.ulaval.ca/eric­bauce) ­ Sophie D’Amours (lefil.ulaval.ca/sophie­damours) ­ Michel Gendron (lefil.ulaval.ca/michel­gendron) • Les sites personnels des candidats : ­ www.ericbauce.ca ­ www.sophiedamours.ca ­ www.michelgendron.ca

Pour lire l’article récent du Fil portant sur la certification internationale STARS : bit.ly/2m1vn0G

Prix d’excellence de l’IAPQ : période de mise en candidature En décembre dernier, l’Université Laval s’est démarquée, une fois de plus, aux Prix d’excellence de l’administration publique du Québec (IAPQ) en devenant la lauréate de la catégorie « Éducation » avec le projet intitulé « Méthodologie de réalisation d’un projet en ressources informationnelles ». D’ici le 28 avril, les personnes intéressées à participer au con­ cours de cette année sont invitées à soumettre leur projet dans l’une ou l’autre des différentes catégories. Sept prix Réalisation seront octroyés (Santé et services sociaux, Rayonnement international, Monde municipal, Initiatives numériques, Gestion des ressources humaines, Éducation et Fonction publique) en plus des prix Hommage, Relève d’excel­ lence et Travail étudiant. Les Prix d’excellence de l’IAPQ veulent reconnaître les meilleures pratiques dans l’administration publique québécoise, l’administration publique fédérale au Québec, le monde municipal, le réseau de la santé et des services sociaux et le réseau de l’éducation, ce qui comprend les universités, les cégeps et les commissions scolaires. La cérémonie de remise des prix se tiendra en novembre au Centre des congrès de Québec. Pour en savoir plus sur les Prix d’excellence de l’IAPQ : iapq.qc.ca. Pour lire l’article du Fil sur le prix d’excellence de l’IAPQ décerné à l’Université Laval en décembre dernier : lefil.ulaval.ca/defi-ambitieux-releve-brio/

Éric Bauce

Sophie D’Amours

Michel Gendron

18 novembre 1973 À quelques jours du passage des célèbres Harlem Globetrotters au PEPS, voici une photo de la mythique équipe de basketball de passage sur le campus à l’automne 1973. L’article du Fil de l’époque rapportait quelques noms des joueurs vedettes présents : • Dan Presley (6 pieds 4 pouces) ; • Sweet Sam (6 pieds 8 pouces) ; • Dan Buie, à la fois entraîneur de l’équipe et attaquant (6 pieds 2 pouces) ; • James « Big Daddy » Baptiste, considéré comme le clown de l’équipe (6 pieds 4 pouces).

La célèbre équipe de basketball sera en visite au PEPS le 8 avril, à 19 h. Pour acheter vos billets, rendez­vous à la billetterie du Rouge et Or ou sur reservatech.net. Les étudiants bénéficient d’un tarif préférentiel. photo Paul Langlois


société

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Ouvrir le site du Parlement aux citoyens Des étudiants en architecture proposent des pistes à l’Assemblée nationale pour valoriser la colline parlementaire comme espace public par Brigitte Trudel L’architecture de l’hôtel du Parlement et l’aménagement de la colline parlementaire servent-ils de façon idéale la démocratie qu’ils symboli­ sent ? Sont-ils l’écho du tra­ vail de l’Assemblée nationale, qui est de représenter les citoyens ? Voilà les interro­ gations à la base du projet d’étude et d’ateliers Res Publica, qui réunit l’École d’architecture de l’Université Laval, celle de l’Université Sapienza de Rome et l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développe­ ment régional de l’Université Laval. « Le site du Parlement a connu des transformations au cours de son existence, indique François Dufaux, professeur à l’École d’archi­ tecture, qui est parmi les res­ ponsables du projet. Jus­ qu’en 1966, il se trouvait au cœur d’un quartier habité. En se rendant au travail ou en le quittant, les politiciens croisaient des citoyens. » Puis, une vaste entreprise

d’expropriation et de dépla­ cement, visant no­­tamment l’aménagement de l’actuel boulevard René-Lévesque, a rompu ce lien, isolant le Parlement et matérialisant, de ce fait, la distance entre les élus et le peuple. « Or, à l’ère où l’on réfléchit ­beaucoup à la manière dont les gens oc­­cupent l’espace public, poursuit le profes­ seur, on peut se demander comment les nouvelles générations entrevoient l’aménagement de la col­ line parlementaire dans une perspective d’habitat humain. » Tenu en deux temps, le projet Res Publica, conçu sous forme d’échange, s’est d’abord déroulé à Rome, à l’automne 2016, puis à Québec, du 15 au 28 mars, où il a connu son aboutisse­ ment alors que les 13 étu­ diants de l’Université et leurs 5 collègues italiens déposaient, devant l’Assem­ blée nationale, le résultat de leurs explorations.

Fermée et non utilisée, la cour intérieure de l’hôtel du Parlement a été ciblée comme un bon point de départ pour redonner à la population accès à la colline parlementaire.

Le projet Res Publica s’est d’abord déroulé à Rome puis à Québec, alors que les 13 étudiants de l’Université Laval et leurs 5 collègues italiens ont déposé, devant l’Assemblée natio­nale, le résultat de leurs explorations. photos Marc Robitaille

Étudiant en première an­­ née de maîtrise profession­ nelle en architecture, ­JeanFrançois Allard participait au projet. « En deux semaines, nous avons fait des recherches historiques, des fouilles dans les archives et de l’observa­ tion sur le ­terrain. Puis, nous avons conçu nos ébauches sous forme de maquettes et d’élévations 3D. C’était très intensif », témoigne-t-il. Une bonne part des travaux ont porté sur la pos­s ibilité d’exploiter la cour intérieure de l’hôtel du Parlement, méconnue non seulement du public, mais des parlemen­ taires eux-mêmes « C’est un espace inutilisé mais au grand potentiel, constate JeanFrançois Allard. On pourrait le rendre accessible en lui donnant, par exemple, un rôle d’accueil ou des fonc­ tions protocolaires ; on pour­ rait aussi en faire un lieu public. » En tout, cinq pistes de ré­­ flexion pour l’aménagement d’un site parlementaire plus démocratique ont été sou­ mises aux représentants de l’Assemblée nationale. Com­ ment les ont-ils reçues ? « C’était vraiment fascinant d’observer leurs réactions, relate Jean-François Allard, de les voir constater à quel point il y a là un potentiel non exploité dont ils n’avaient pas conscience. Contrairement à de la résistance, nous avons senti beaucoup d’ouverture. » Le futur architecte dit avoir trouvé beaucoup d’avan­tages à son séjour romain l’automne dernier et à sa collaboration avec des collègues italiens dans ce projet. « D’une part, nous avons pu constater que, même si à Rome le site du Parlement est situé en plein cœur d’un quartier densément habité, certains de nos défis se re­­coupent : conjuguer le passé et le présent, entre autres, et tenir compte de la probléma­ tique entourant la sécurité. » Cela dit, si le projet Res Pu­blica n’a pas été prévu pour se poursuivre dans le temps, Jean-François Allard n’a aucun doute de sa portée dans sa carrière à venir. « L’ex­ périence était hautement enri­ chissante, déclare-t-il. Elle nous a amené à développer une réflexion personnelle sur plusieurs thèmes clés de la profession, dont la possibilité du dialogue entre le passé et le présent et l’importance de se préoccuper du lien entre espace public et lieu de pou­ voir. » Ces outils, assure-t-il, lui serviront dans son avenir étudiant et professionnel.

Quatre ans après sa nomination aux Oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère, le film Rebelle, du réalisateur québécois Kim Nguyen, frappe toujours le spectateur en plein cœur. photo Item 7

La guerre n’est pas un jeu d’enfant La réalité des enfants-soldats, vue par le film Rebelle et l’expérience de la doctorante Sylvie Bodineau par Pascale Guéricolas À l’écran, une jeune fille d’à peine 12 ans progresse, la peur au ventre, dans la dense forêt congolaise, sa kalachnikov en bandoulière. Soudain, des tirs reten­ tissent. Elle fuit alors à toutes jambes, alors que des corps tombent autour d’elle. Quatre ans après sa nomination aux Oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère, le film Rebelle, du réalisateur québécois Kim Nguyen, frappe toujours le spectateur en plein cœur. C’est ce long-métrage qu’a choisi de présenter l’Association des partici­ pants à la maîtrise en administration de l’Université Laval, en association avec le Centre d’étude et de coopération inter­ nationale (CECI), pour sa soirée de financement de stages de fin d’études. Une passionnante d ­ iscussion sur les enfants-soldats en compagnie de la ­doctorante Sylvie Bodineau a suivi la projection. Comme le rappelle cette consultante de métier auprès de plusieurs ONG et organisations internationales en pro­ tection de l’enfance, l’engagement des mineurs dans les conflits armés n’a rien d’un phénomène nouveau. Les Ro­­ mains, les Grecs et bien d’autres peu­ ples les utilisaient déjà dans l’Antiquité. Cependant, depuis peu, les pays occi­ dentaux financent des programmes de démobilisation et de réinsertion qui s’adressent spécifiquement à ces com­ battants d’une catégorie différente de celle des adultes. « On fait le pari ­qu’aider les enfants à retrouver leur place dans la société pourrait prévenir de futurs conflits », explique Sylvie Bodineau, qui a entrepris des études en anthropologie pour prendre du recul sur son métier. Au fil de ses recherches, notamment auprès de mineurs qui avaient participé au conflit en République démocratique du Congo, la doctorante a compris que la réalité des enfants-soldats variait beaucoup. Or, les projets de réinsertion proposés par les ONG manquent sou­ vent de souplesse. Surtout, ils reflètent

les idées reçues des bailleurs de fonds occidentaux sur ce phénomène. Plu­ sieurs, par exemple, misent sur un retour à l’école pour ces enfants qui ont passé plusieurs années dans des conflits. Pourtant, parfois, cette reprise de la scolarité cadre mal avec les désirs des jeunes. Ces derniers refusent de dépendre financièrement de leur famille, après avoir vécu de manière indépendante une partie de leur enfance. Le retour dans la communauté s’avère aussi parfois difficile, explique l’an­ cienne consultante, car les liens entre les personnes ont souffert des conflits. Marqués par leur vie récente, les jeunes réagissent parfois violemment aux pro­ grammes de réinsertion proposés par le personnel local des ONG, peu outillé pour affronter de telles situations. De plus, le financement des projets s’avère généralement précaire, alors qu’une véritable réinsertion prend de longues années. En outre, certains mineurs se considèrent parfois comme d’anciens combattants, donc en droit de perce­ voir une indemnité de démobilisation comme leurs camarades adultes, sur­ tout que certains ont volontairement choisi de s’engager dans une faction ou l’autre pour fuir leur famille ou par conviction politique. « Les reconnaître comme des victimes du conflit, ce n’est qu’un premier pas, explique Sylvie Bodineau. Souvent les ONG surutilisent cette image, car cela leur permet d’aller chercher du finan­ cement. Il faut cependant aller plus loin et proposer aux jeunes des projets qui leur permettent véritablement de se reconstruire. » La doctorante, qui de­­ vrait terminer sa thèse l’an prochain, considère que les programmes de réin­ sertion pour les enfants-soldats ont tout intérêt à être conçus par des or­ganisations locales, proches de ces jeunes. Selon elle, un tel fonctionne­ ment permettrait peut-être aux enfants-­ soldats de reprendre le bon chemin.


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sports

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De la salle de cours à l’anneau de glace Noémie Fiset mène de front de brillantes études en psychologie et une prometteuse carrière de patineuse de vitesse longue piste par Yvon Larose À 21 ans, l’avenir de l’étu­ diante au baccalauréat en ­p sychologie Noémie Fiset semble bien tracé. Sur les bancs d’école, elle maintient une excellente moyenne sco­ laire de 4,06 sur 4,3. Et sur les an­neaux de glace, que ce soit au Canada ou à l’étranger, la patineuse de vitesse longue piste, membre depuis l’au­ tomne 2016 de l’équipe natio­ nale de développement, accu­ mule les succès. Le 24 mars, et pour une deuxième année d’affilée, Noémie Fiset a reçu une bourse d’études de 4 000 $ de la Banque Nationale pour son excellence scolaire. « J’ai toujours été très exi­ geante envers moi-même, tant dans le sport que dans mes é t u d e s , e x p l i qu e - t - e l l e . J’étudiais donc beaucoup au cégep et mon côté perfection­ niste est présent dans les deux domaines et me pousse à viser l’excellence. Je suis également très disciplinée et organisée dans mes études à cause de mon horaire d’entraînement chargé. J’apprécie l’équilibre que j’arrive à maintenir entre ces deux aspects de ma vie. Je pense que je gère les deux de la même façon, j’aime me don­ ner des objectifs et travailler par étapes pour y arriver. » La piqûre du patinage, Noémie Fiset l’a eue très tôt. Dès l’âge de cinq ans, elle sui­ vait ses premiers cours de pati­ nage à Sainte-Foy. L’étape

suivante, quelques années plus tard, a consisté pour elle à s’inscrire au patinage de vitesse courte piste. Et vers 16 ans, elle se tournait vers la longue piste. Au­­­ jourd’hui, ses épreuves de prédilection sont le 500 mè­­ tres et le 1 000 mètres. « Mon objectif, dit-elle, est d’être bonne dans les deux distances. » À l’automne 2015, la nou­ velle étudiante à l’Univer­ sité Laval a fait une entrée remarquée sur le circuit canadien senior, terminant sixième dans cinq compéti­ tions nationales. Un an plus tard, nouvellement membre de l’équipe nationale de développement, elle partici­ pait à sa première tournée de Coupes du monde. Au nombre de quatre, ces com­ pétitions automnales se sont déroulées en Chine, au Japon, au Kazakhstan et aux Pays-Bas. En Chine, la patineuse de Québec a rem­ porté la finale du groupe B au 500 mètres. « En Asie, indique-t-elle, les heures de diffusion à la télé obligeaient les athlètes canadiennes à patiner vers neuf ou dix heures le soir. Pour s’ajuster à ces heures de compétition différen­ tes, mes coéquipières, qui avaient de l’expérience internationale, modifiaient leurs heures d’éveil pour

Après sa très bonne saison de compétitions, Noémie Fiset voit les Jeux olympiques de 2018 comme un objectif plus accessible. photo Martin Bouchard

simuler l’effet de courses en fin d’après-midi. Se coucher plus tard et repousser l’heure du lever permettaient d’éviter la baisse d’énergie de fin de journée. » Un autre aspect dif­ ficile pour elle a été l’adapta­ tion aux voyages en avion. « C’était la première fois que j’allais en Asie, précise-t-elle, et les longs vols ont contribué à la fatigue que j’ai ressentie. J’ai dû m’habituer à patiner avec une certaine fatigue dans les jambes. » En saison de compétition, sa semaine typique d’entraîne­ ment comprend environ six séances sur glace en longue piste. À cela s’ajoutent quel­ ques heures d’entraînement à basse intensité sur vélo ainsi que de la musculation. Ce der­ nier aspect est capital pour les sprinters, car une augmenta­ tion de la masse musculaire favorise des départs puissants et explosifs.

La visualisation fait aussi partie de sa préparation. « La veille de la course, et quel­ ques minutes avant, je vais aller sur la glace, raconte Noémie Fiset. C’est un peu mon rituel. Je fais le parcours dans ma tête. Je visualise même le temps que j’aimerais faire. » Sur le plan technique, la patineuse se démarque par la qualité de sa glisse dans les parties droites de l’anneau de glace. « Je glisse vraiment bien, dit-elle. Mon coup de patin est fluide. » Le patinage de vitesse longue piste ? « C’est un beau sport très technique, répondelle. Il comporte plusieurs aspects différents, dont la vitesse, qui est tellement “le fun”. La compétition me passionne. J’aime aussi le fait que mes résultats ne peuvent être déterminés par la chance ou par le hasard. C’est un sport où on est beaucoup

centré sur soi et dont les résul­ tats découlent du temps et de l’énergie que l’on met dans sa quête de performance. » En janvier 2017, à Calgary, Noémie Fiset a terminé cin­ quième à ses deux courses de 500 mètres lors des Cham­ pionnats canadiens de distan­ ces individuelles. En mars, au terme de sa saison, elle a réa­ lisé ses meilleurs chronos à vie aux 500 et 1 000 mètres, toujours à Calgary, lors de la Coupe Canada 4. Ses temps de 38 secondes 31 centièmes et 1 minute 16 secondes 26 centièmes lui ont permis de monter chaque fois sur la troisième marche du podium. « Je suis très satisfaite de ma saison, affirme-t-elle. Je ne m’attendais pas à finir pre­ mière du groupe B à ma pre­ mière Coupe du monde. Les points amassés m’ont permis de monter dans le groupe A. » Pour elle, les Jeux olympiques

de 2018 en Corée du Sud représentent désormais un objectif plus réaliste et plus accessible. « Les Jeux consti­ tueront un bon défi pour la prochaine saison, souligne-telle. Il me faudra travailler fort pour continuer à avoir une bonne progression ! »

Noémie Fiset a toujours été exigeante envers elle-même, tant dans le sport que dans ses études


sports

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en bref

Manon Fortin, directrice des opérations de l’Hôtel Universel Québec et présidente d’honneur du Gala Rouge et Or, entourée de quelques étudiants-athlètes en nomination dans l’une des sept catégories du Gala. photo Rouge et Or

Sous le signe de la nouveauté Le programme d’excellence sportive de l’Université Laval dévoilait mardi ses nominations pour le 66e Gala Rouge et Or présenté par l’Hôtel Universel Québec par Mathieu Tanguay Quelques nouveautés mar­ queront ce gala, présenté le mercredi 12 avril à l’amphi­ théâtre-gymnase DesjardinsUniversité Laval du PEPS, sous la présidence d’hon­ neur de la directrice des opé­ rations de l’Hôtel Universel Québec, Manon Fortin, à commencer par le format. L’organisation a effective­ ment fait le choix de rac­ courcir la soirée et d’adopter une formule théâtre au lieu du souper présenté ces der­ nières années.

Un cocktail de bienvenue lancera les festivités dès 17 h dans le foyer de l’amphithéâtregymnase, et les invités se diri­ geront par la suite vers les es­­ trades pour le début du gala, vers 18 h. C’est au journaliste sportif bien connu Marc Durand que reviendra la tâche d’animer cette soirée visant à souligner les faits marquants de la saison 2016-2017 du Rouge et Or. Changement important à souligner cette année, deux étudiants-athlètes succéderont

sera déterminé par un vote des entraîneurs-chefs du pro­ gramme Rouge et Or. Au total, on retrouve 24 no­­ minations réparties dans 7 catégories, soit la recrue de l’année, le prix Jean-MarieDe Koninck du mérite acadé­ mique, l’étudiant-athlète et l’étudiante-athlète par ex­­ cellence en sport individuel, l’étudiant-athlète et l’étu­ diante-athlète par excellence en sport collectif ainsi que l’équipe de l’année. Pour les habitués des mé­­ dias sociaux, il sera possible de ­suivre le déroulement du Gala Rouge et Or sur Twitter, Facebook et Instagram à l’aide du mot-clic #GalaRO17.

à la nageuse Geneviève Cantin, couronnée athlète par excellence du programme lors du dernier Gala. En effet, un athlète masculin et une athlète féminine de l’année seront nommés, une pratique qui a eu cours pendant 25 années au Gala Rouge et Or, soit de 1972 à 1997. Les quatre ga­­gnants des catégo­ ries sport individuel et sport collectif se retrouveront d’of­ fice en no­­mination. Autre Pour connaître les nomi­ nouveauté, le vainqueur de la nations du 66e Gala Rouge catégorie équipe de l’année et Or : bit.ly/2oyHPG8

Campus dynamique

Football : le Vert & Or d’entrée de jeu C’est le Vert & Or de l’Université de Sherbrooke qui sera le premier adversaire du Rouge et Or en 2017, alors que l’équipe partira à la con­­quête d’un 10e titre national. Ce premier match de la saison régulière du RSEQ aura lieu le samedi 26 août, à 19 h, au stade TELUS-Université Laval. La semaine précédente, le Rouge et Or aura l’occasion de se faire la main lors du tradi­ tionnel match hors concours, disputé pour une seconde année consécutive contre les Ravens de l’Université Carleton. L’an passé, une pro­ longation avait été nécessaire pour départager les deux équipes. Il est actuellement possible de réserver son billet de saison à la billetterie du Rouge et Or au 418 656-FOOT. La vente des sièges réservés et des billets en admission géné­ rale pour chacune des joutes à domicile en 2017 débutera le 1er août. photo Mathieu Bélanger Vous pouvez consulter le calendrier complet des parties sur le site Web du Rouge et Or.

Congé pascal À l’occasion de la longue fin de semaine de Pâques, le PEPS sera ouvert le vendredi 14 avril et le samedi 15 avril, de 10 h à 19 h. Toutes les installations, dont le GYM, seront accessibles entre ces heures. Les bains dans les trois piscines seront modifiés afin d’ac­ commoder les familles et les nageurs en congé pascal. Le vendredi, de 13 h 30 à 15 h 30, un bain pour tous sera ajouté dans la piscine avec tremplins et dans le bassin récréatif, où les structures gonflables, les glissades et les trem­ plins seront accessibles à tous. Le PEPS sera fermé le dimanche 16 avril et le lundi 17 avril. Pour plus de détails, visitez le peps.ulaval.ca.

Salon de la course à pied et du triathlon Le Salon de la course à pied et du triathlon de Québec arrive à grandes foulées, et l’événe­ ment vous réserve une multitude de surprises. Parmi les nombreuses personnes de renom qui seront sur place, notez la présence de Madame Labriski, marathonienne et auteure du livre Ces galettes dont tout le monde parle, de Patrick Charlebois, premier Canadien à accom­ plir le World Marathon Challenge, c’est-à-dire 7 marathons en 7 jours consécutifs sur 7 conti­ nents, et d’Alex Harvey, olympien et champion du monde en ski de fond. De nombreuses acti­ vités seront également proposées pendant la fin de semaine du Salon, qui aura lieu les 8 et 9 avril, dont du yoga pour coureurs, un défi pour les célibataires et de la marche sportive. C’est un événement qui en vaut assurément le détour !

C’est le mercredi 12 avril que débuteront les inscriptions à la session de printemps-été du PEPS. Dès le début de mai, une multitude d’activités se mettront en branle. Que ce soit pour vous perfectionner ou tout simplement pour garder la forme durant la belle saison, inscrivez-vous sans tarder ! photo PEPS

Pour plus d’information, visitez le site saloncoursequebec.com. L’entrée et le ­stationnement sont gratuits.


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au fil de la semaine

07/04

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Imaginons 2050 De quoi aura l’air le monde dans 30 ans ? Quel sera l’état de l’environnement ? Le système d’éducation sera-t-il le même ? Quelles technologies seront utilisées dans la vie de tous les jours ? Avez-vous envie de parta­ ger votre vision utopique ou dystopique de cet avenir ? Participez au Bar des sciences, organisé par le comité social des étudiants aux cycles supérieurs en biologie. L’objectif de cette soirée est d’extrapoler, à partir des connaissances actuelles, l’état du monde en 2050. La discussion sera alimentée par les présentations de quatre invités issus de différents domaines. Les experts Raphaël Arteau McNeil, chargé de cours à la Faculté de philosophie, Philippe Cardou, professeur au Dépar­ tement de génie mécanique, Jean-François Cliche, jour­ naliste spécialisé en actualités scientifiques au journal Le Soleil, et Pascale Ropars, chercheuse postdoctorale au Centre d’études nordiques, donneront leur avis sur les prévisions les plus probables et improbables. L’activité sera animée par la journaliste Sophie-Andrée Blondin, de l’émission Les éclaireurs à la radio de Radio-Canada. Vendredi 7 avril, à 19 h 30, au café Fou AELIÉS. Entrée libre. Pour plus d’information : bit.ly/2oC94Qh

06/04

07/04

10/04

11/04

11/04

11/04

La technologie, une panacée ?

Les fruits des jeux vidéo

Les femmes durant la Grande Guerre

Chœur et orgue

Chasseurs assumés

D’émeutiers à martyrs

La Chaire de recherche sur le développement du­­ rable du Nord et le Centre interuniversitaire d’études et de recherches autoch­tones vous invitent à la projection du documentaire Inuk en colère, réalisé par Alethea Arnaquq-Baril. Ce film aborde la pratique ances­ trale de la chasse aux pho­ ques. Alors que cette tradi­ tion est décriée par plusieurs animalistes, une nouvelle génération d’Inuits animés d’un sentiment de justice et dotés d’un sens de l’hu­ mour particulier utilisent les médias sociaux pour faire connaître leur position en faveur de la chasse. La réali­ satrice du court-métrage, originaire d’Iqaluit, souhaite, elle aussi, contribuer à chan­ ger les perceptions sur les Inuits, un peuple moderne ayant bien besoin d’une éco­ nomie durable. La projec­ tion sera suivie d’une discus­ sion avec Annie Baron et Mona Belleau, deux Inuites qui résident à Québec.

Selon Alain Bertho, notre temps est celui des émeutes, de la rage sans espoir ni stratégie. Ce pro­ fesseur d’anthropologie de l’Université Paris 8 pro­ noncera la communication « Du temps des émeutes au temps des martyrs », lors de laquelle il expliquera que plusieurs moyens politiques que s’étaient donnés les peuples sont actuellement démonétisés. La politique telle que l’avait inventée la modernité a-t-elle encore un sens ? La religiosité n’usurpe-t-elle pas parfois sa place ? Le soulèvement religieux concurrence-t-il la révolte sociale ? Bref, sommes-nous passés du temps des émeutes au temps des martyrs ? Cette conférence qui soulève ­toutes ces passionnantes questions sera commentée par Abdelwahed MekkiBerrada et Francine Saillant, tous deux pro­ fesseurs au Département d’anthropologie.

Mardi 11 avril, à 19 h 30, au café Fou AELIÉS. Entrée libre. Pour plus ­d’info  : bit.ly/2p1pu0M

Mardi 11 avril, à 13 h, au local 5172 du pavillon Charles-De Koninck. Entrée libre.

De grands aspects de notre société, et encore plus par­ ticulièrement les avancées dans le monde du génie, sont directement liés à ­l’application de la science et au développement de la technologie comme ­solution à des problèmes complexes. Louis-Étienne Pigeon, chargé de cours à la Faculté de philosophie, se demande si ce culte voué à la technologie est réelle­ ment fondé. Cette question intéresse également l’asso­ ciation Ingénieurs sans frontières de l’Université Laval qui, à l’occasion du Mois du génie, organise un atelier afin d’approfon­ dir les liens entre techno­ logie, ingénierie et société. Intitulé « La technologie est-elle la solution ? », cet atelier animé par LouisÉtienne Pigeon permettra aux participants de déve­ lopper leur pensée critique sur l’apport général des technologies. Jeudi 6 avril, à 12 h 30, au local 2840 du pavillon Vachon. Entrée libre.

À l’occasion du 50e an­­ niversaire des Amis de l’or­ L’industrie du jeu vidéo a gue de Québec, le Chœur contribué, de façon plutôt de la Faculté de musique Longue et cruelle, la surprenante, à accélérer la et quelques solistes inter­ Première Guerre mondiale recherche dans plusieurs préteront la Messe à quatre n’a pas été que l’affaire des domaines scientifiques. En voix, op. 4 pour solistes, hommes, quoique l’expé­ effet, les processus graphi­ chœur et grand orgue. rience féminine ait parfois ques qui donnent vie aux été occultée des livres d’his­ Richard Paré, professeur héros numériques ont évo­ d’orgue, de clavecin et de toire. Pour faire une syn­ lué à un rythme effréné musique an­­cienne, se char­ thèse des travaux sur la pour créer sans cesse des question du genre dans l’his­ gera de l’imposante partie scènes toujours plus réa­ d’orgue de cette œuvre toire de la Grande Guerre, listes. Or, ces processus la Chaire Claire-Bonenfant – composée par Camille à l’architecture hautement Saint-Saëns. En première Femmes, Sa­­voirs et Socié­ parallèle sont aujourd’hui partie du concert, le grand tés, recevra l’historienne employés pour résoudre orgue Casavant de la salle Françoise Thébaud, profes­ des problèmes complexes seure é­ mérite de l’Université Raoul-Jobin sera mis en en biologie, en médecine d’Avignon, qui s’intéressera, honneur avec des pièces de et en physique. Philippe Buxtehude, Grieg, Reger, avec une p ­ erspective com­ Després, professeur au Messiaen et Bédard, qui paratiste, à quatre thèmes : Département de physique, la chro­nologie et les formes seront interprétées par le de génie physique et d’opti­ doctorant Aubert Lavoie et de la mobilisation, les que, fera l’historique des le responsable des acti­vités épreuves vécues (solitude, processus graphiques dans artistiques à la Faculté de deuil, pénuries, violences la conférence « Super Mario musique, Robert Gosselin. ­su­­bies) et les mutations Bros. à la rescousse : le rôle Pour terminer la soirée, le de la vie quotidienne, les méconnu des jeux vidéo en Chœur chantera l’éclatant engagement patriotiques et sciences ». Il montrera, à pacifistes ainsi que les effets Sing ! de David Wilcocks. l’aide d’exemples, comment de la guerre sur les trajec­ ils sont passés du monde Mardi 11 avril, à 20 h, toires individuelles et les ludique aux laboratoires. à la salle Raoul-Jobin rapports de genre. du Palais Montcalm Vendredi 7 avril, à 19 h, (995, place d’Youville). Lundi 10 avril, à 12 h 30, à la bibliothèque Paulà l’amphithéâtre 3B Aimé-Paiement (7950, du pavillon Charles1re Avenue). Entrée libre. De Koninck. Entrée libre.

Consultez le calendrier complet des activités sur le campus à ulaval.ca

Le Fil 6 avril 2017  

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