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Penser famille en santé mentale p5

Apprendre sous le soleil p8-9

Volume 52, numéro 21 16 mars 2017

Lumières sur le Nord

21 projets regroupant 137 professeurs de 7 facultés, 31 départements et 30 centres de recherche de l’UL démarrent grâce à Sentinelle Nord. p3


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actualités UL

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Le dialogue se poursuit

En matière de santé, les participants ont insisté sur le leadership que les peuples autochtones du Nord doivent assumer dans l’établissement des priorités de recherche pour leurs régions. photo Karsten Bidstrup / Visit-Greenland

Un forum sur les besoins de recherche des premiers peuples a réuni des représentants de six nations autochtones du Nord ainsi que des chercheurs, dont une dizaine de l’Université Laval par Yvon Larose Une trentaine de chercheurs provenant principalement de l’Université Laval, de l’Université McGill et du réseau de l’Université du Québec (INRS, UQAT) ainsi qu’une trentaine de représentants des nations crie, innue, inuite, naskapie, attikamekw et anishnabe se sont réunis à Val-d’Or, du 7 au 8 mars, à l’occasion du Forum sur les besoins de recherche des premiers peuples du Nord du Québec. La rencontre était organisée conjointement par l’Institut nordique du Québec (INQ) et l’Université du Québec en AbitibiTémiscamingue (UQAT). « À l’INQ, le Groupe de travail des premiers peuples a pour mission de s’assurer que les préoccupations des nations autochtones membres, ainsi que leurs besoins de recherche, soient bien couverts dans nos activités », explique la vice-rectrice adjointe à la recherche et à la création et membre du Groupe de travail, Marie Audette. Dans le cadre de ses activités, l’Institut nordique du Québec couvre un immense territoire situé au nord du 49e parallèle. Fondé en 2014 par les universités Laval, McGill et l’INRS, l’Institut réunit un grand nombre de chercheurs, dont quelque 140 à l’Université Laval. « Cette dernière a joué un rôle de leader dans la création de l’INQ, rappelle Marie

Audette. Nous voulons exercer un leadership ouvert et collaboratif. » L’INQ a tenu un premier colloque, en 2015, sur ses axes de recherche. Ce sont les sociétés et les cultures, la santé, le fonctionnement des

Déterminer ces besoins, mais aussi préciser ceux qui pourraient être arrimés aux axes de recherche de l’INQ, tels étaient les objectifs du Forum. Les échanges ont porté, entre autres, sur la mise en valeur du patrimoine

archéologique et culturel du Québec nordique. En matière de santé, les participants ont insisté sur le leadership que les peuples autochtones du Nord doivent assumer dans l’établissement des priorités de recherche pour leurs régions. On a aussi discuté de la nécessité de concevoir des plans d’aménagement pour les infrastructures de transport afin de rendre celles-ci plus durables et résilientes face aux conséquences des changements climatiques. De

telles améliorations auront un effet positif sur la qualité de vie des populations et des travailleurs. Les participants ont aussi souligné l’importance de rehausser la sécurité des communautés éloignées et isolées à l’aide des technologies de l’information et des communications. Selon la directrice de projet, les changements climatiques ont teinté les échanges. « Nous recherchons une meilleure compréhension du Nord afin de soutenir le développement durable du territoire, dit-elle. Les changements climatiques vont affecter les écosystèmes, les populations, leurs façons de vivre. » Soixante minutes ont été consacrées à chacun des cinq axes de recherche. La présentation d’un chercheur était suivie de 50 minutes de discussion ouverte entre les chercheurs et les représentants des premiers peuples. Des chercheurs de l’Université Laval ont assuré quatre des cinq présentations. Expert en sociétés autochtones, Thierry Rodon (science politique) a abordé les questions de société et de culture. Mylène Riva et Mélanie Lemire (médecine sociale et préventive) ont touché aux problématiques de santé dans le Nord. Rappelons que l’Université Laval s’intéresse

depuis quelques décennies à ces questions dans la foulée des travaux du professeur Éric Dewailly. Pour sa part, Jean-Éric Tremblay, professeur au Département de biologie et directeur scientifique de Québec-Océan, s’est penché sur le fonctionnement des écosystèmes et sur la protection de l’environnement marin et terrestre. « Il a parlé, dans un contexte de changements climatiques, de la migration de certaines es pèces animales et végétales du sud vers le nord », souligne Marie Audette. Quant à JeanMichel Beaudoin (sciences du bois et de la forêt), il a consacré son exposé aux ressources naturelles, mettant de l’avant l’exploitation durable de l’énergie, des mines et de la forêt sans répercussions négatives sur les populations. « Le Forum a constitué une étape importante dans les rapports de l’INQ avec ses partenaires autochtones du Nord, affirme Marie Audette. Les occasions sont rares de réunir ainsi des chercheurs et des nations autochtones. Notre approche est ouverte et inclusive, et les autochtones doivent être consultés dans le cadre de nos re cherches. Leurs valeurs, leur savoir-être et leurs besoins doivent être reconnus et respectés. Ils sont de véritables partenaires de recherche. »

La rencontre était organisée conjointement par l’Institut nordique du Québec (INQ) et l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT)

Vue de la communauté inuite de Salluit (Nunavik). Dans le cadre de ses activités, l’Institut nordique du Québec couvre un immense territoire situé au nord du 49e parallèle. photo Louis Carrier

écosystèmes et la protection de l’environnement, les infrastructures et les technologies ainsi que les ressources naturelles. Le Forum a permis d’avancer dans la validation et la définition des besoins de recherche des premiers peuples. « Nous avons écouté ce que nos partenaires avaient à nous dire, s’ils avaient d’au tres besoins que ceux déjà exprimés », indique la directrice de projet à l’INQ, Brigitte Bigué.

On peut le lire en ligne à lefil.ulaval.ca et s’abonner gratuitement à un avis de parution électronique.

Le journal de la communauté universitaire Fondé en 1965, Le Fil est un hebdomadaire publié 29 fois par an par la Direction des communications de l’Université Laval et distribué gratuitement sur le campus.

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Rédaction Éditeur : Jacques Villemure, directeur des communications Rédactrice en chef : Claudine Magny Journalistes : Matthieu Dessureault, Jean Hamann, Yvon Larose Collaborateurs : Pascale Guéricolas, Stéphane Jobin, Renée Larochelle, Caroline Leclerc, Mathieu Tanguay Collaborateurs au Web : Carl Bélanger, Thierry Mellon Rédactrice-réviseure : Manon Plante

Production Infographie : Geneviève Bolduc, Service de reprographie de l’Université Laval Impression : TC Imprimeries Transcontinental, Québec (Québec)

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Sentinelle Nord : c’est parti !

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Les recherches menées grâce à Sentinelle Nord permettront d’approfondir les connaissances sur les écosystèmes nordiques et de développer une expertise qui aidera les communautés nordiques à relever les défis posés par un Nord en mutation. photo Martin Fortier / ArcticNet

Les premiers projets financés par Sentinelle Nord démarrent par Jean Hamann Vingt-et-un projets regroupant 137 professeurs de 7 facultés, 31 départements et 30 centres de recherche de l’Université Laval. Ces chiffres, qui décrivent les résultats du premier appel de projets de Sentinelle Nord, suggèrent, à eux seuls, que les objectifs de transdisciplinarité et de collaboration mis de l’avant par les artisans de cet important programme ont été atteints. La liste des projets retenus et des équipes qui les réaliseront grâce à un soutien financier tota­l isant 15 M $ sur trois ans est ­m aintenant en ligne sur le site Web de Sentinelle Nord (www.sentinellenord.ulaval.ca). Rappelons qu’à l’été 2015, l’Université Laval a décroché une subvention de 98 M $, la plus importante de son histoire, pour sa stratégie Sentinelle Nord. Financé par le Fonds d’excellence en recherche Apogée Canada du gouvernement fédéral, ce projet oriente les forces de l’Université Laval en recherche nordique et en optique et photo­ nique vers des objectifs communs : le développement de nouvelles technologies et leur utilisation pour améliorer la compréhension de l’environnement nordique et de ses répercussions sur l’être humain et sa santé. En mars 2016, les membres de la communauté universitaire étaient invités à soumettre des propositions respectant l’esprit de transdisciplinarité et les thématiques de recherche de Sentinelle Nord. « L’appel de projets a été conçu

Sentinelle Nord a créé un contexte qui a suscité de nouvelles colla­ borations entre les chercheurs en optique-photonique et les spécia­ listes de la recherche nordique. photo Marc Robitaille

pour forcer les chercheurs à sortir de leur créneau et de leur réseau habituel de collaborateurs, ex­­ plique Marcel Babin, professeur au Département de biologie et di­­ recteur scientifique de Sentinelle Nord. C’était un dispositif pour générer de la transdisciplinarité. » Yves De Koninck, également directeur scientifique de Sentinelle Nord et professeur à la Faculté de médecine, abonde dans le même sens. « Les chercheurs de différents

départements se connaissent souvent très peu, constate-t-il. Nous voulions encourager de nouvelles collaborations pour produire de la véritable innovation, celle qui repousse les limites de la technologie, qui brise les barrières entre les disciplines et qui permet d’apporter des réponses à des questions scientifiques. » Après deux séances publiques d’information présentées sur le campus à la fin mars et au début avril 2016, les chercheurs se sont regroupés de façon spontanée sur la base d’intérêts communs. Au total, 46 projets ont été soumis à Sentinelle Nord. « L’évaluation de ces projets a été faite par un comité scientifique international formé de 7 experts de différents horizons, souligne Martin Fortier, directeur général de Sentinelle Nord. Leurs recommandations ont été trans­ mises aux directeurs scientifi­ ques, qui les ont acheminées au comité directeur de Sentinelle Nord. La sélection des projets résulte d’un processus indépendant et impartial. » Presque la moitié de l’enveloppe accordée aux 21 projets retenus ira au soutien financier d’étudiantschercheurs et de postdoctorants. « Environ 30 étudiants à la maîtrise, 65 doctorants, et 20 post­ doctorants profiteront de cet appui financier au cours des trois prochaines années », souligne Yves De Koninck. Au terme de ce premier appel de projets et compte tenu des objectifs initiaux, la direction de Sentinelle Nord a souhaité renforcer les ac­­ tivités de recherche portant sur l’analyse de données, la modé­li­ sation pronostique, la prise de

Nous voulions encourager de nouvelles collaborations pour produire de la véritable innovation, celle qui repousse les limites de la technologie, qui brise les barrières entre les disciplines et qui permet d’apporter des réponses à des questions scientifiques

Babin. Entre 7 et 10 postes de professeur seront ainsi créés. » Deux types de chaires seront offerts. Une enveloppe de 3 M $ sur 5 ans sera consacrée aux chaires de recherche Sentinelle Nord de niveau junior (500 000 $ sur cinq ans) ou senior (1 M $ sur cinq ans). Au moins une de ces chaires sera attribuée au domaine des sciences humaines ou sociales. De plus, une enveloppe de 1 M $ sur 5 ans ira aux chaires de recherche en partenariat Sentinelle Nord. Jusqu’à 4 chaires de ce type pourraient être créées. Sentinelle Nord injectera 250 000 $ sur une période de 5 ans dans chacune de ces chaires et un partenaire devra y ajouter au moins 500 000 $. Enfin, les étudiants-chercheurs et les postdoctorants n’ont pas été oubliés puisque, en plus du soutien financier décrit précédemment, Sentinelle Nord investira 8 M $ au cours des six prochaines années dans des programmes de bourses de recherche, de mobilité et de formation. Chaque année, 12 bourses de doctorat de 18 000 $ et 5 bourses de recherche postdoctorale de 35 000 $ seront attribuées à des doctorants ou à des stagiaires post­ doctoraux codirigés par un chercheur associé aux équipes financées par Sentinelle Nord. De plus, de 5 à 10 bourses pouvant atteindre 7 500 $ seront offertes annuellement aux étudiants de l’Université pour des stages à l’étranger. Des bourses du même montant permettront d’accueillir entre 10 et 15 étudiants étrangers dans des équipes de Sentinelle Nord. À cela s’ajoute une enveloppe servant à soutenir la participation d’étudiants à des formations de courte durée. « Nos programmes de mobilité et de formation ont été pensés pour que les étudiants profitent de l’excellence qui existe ici, à l’Université Laval, mais aussi pour qu’ils aient accès aux meilleures équipes de re­­ cherche ailleurs dans le monde », souligne Martin Fortier.

décision, le transfert de con­nais­ sances et le développement du­­ rable. Le devis d’un appel de projets com­plémentaire, qui sera lancé ce ­printemps, est en préparation. « L’enveloppe de 1,5 M $ sur trois ans qui y est consacrée permettra le financement de 3 à 5 projets. Ceci devrait favoriser une participation accrue des chercheurs en sciences sociales et en sciences humaines à Sentinelle Nord », croit le professeur De Koninck. Par ailleurs, le Vice-rectorat à la recherche et à la création lancera sous peu un appel de chaires de recherche Sentinelle Nord. « Ces chaires s’adressent à des chercheurs accomplis ou prometteurs qui ne sont pas à l’emploi de l’Université Laval. Les candidats retenus devront posséder une exper- Pour tous les détails sur les tise inédite et stratégique pour ­programmes de Sentinelle Nord, Sentinelle Nord, précise Marcel ­visitez sentinellenord.ulaval.ca.

Sentinelle Nord investira 8 M $ au cours des six prochaines années dans des programmes de bourses de recherche, de mobilité et de formation destinés aux étudiants-chercheurs et aux postdoctorants. photo David Gaspard / ArcticNet


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musique

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Le chatoiement des couleurs L’OSQ s’unit avec des étudiants de la Faculté de musique et du Conservatoire de musique de Québec le temps d’un concert haut en couleur au Grand Théâtre de Québec par Matthieu Dessureault Les mélomanes auront droit à un amalgame d’œuvres de grands compositeurs lors de ce concert conjoint, qui réunira plus de 100 musiciens sur scène. Au programme, La mer, de Debussy, Concerto en sol et Daphnis et Chloé, suite n o  2, de Ravel, et Crimson, de Samy Moussa. Le chef de l’Orchestre symphonique de Québec (OSQ), Fabien Gabel, qui dirigera l’ensemble, ne cache pas son enthousiasme. « Ce sera un concert très coloré. La mer et Daphnis et Chloé font partie des pierres angulaires du répertoire français. Le Concerto en sol est l’un des plus beaux concertos écrits au 20 e  siècle. Quant à Moussa, c’est enfin l’occasion pour moi de plonger dans son répertoire, que j’ai découvert il y a quelques années. L’univers de cet excellent compositeur québécois se rapproche de celui de R ave l . Q u a n d j ’ a i e n t e n d u Crimson la première fois, j’ai eu un choc ; j’ai trouvé cela prodigieux et brillantissime ! » En plus du pianiste suisse Louis Schwizgebel, soliste invité, onze musiciens de l’Université Laval et une vingtaine du Conservatoire se joindront à son équipe. Cette initiative, qui se déroulera pour la 22e saison, vise à créer des ponts entre ces deux établissements et le

secteur professionnel. « Pour nous, c’est un moment d’échanges et de transmission qui est très important. Parce que ce sont des étudiants, le public pourrait croire que les concerts sont de moins bonne qualité. Au contraire ! Ce sont des concerts très spéciaux, pour lesquels les étudiants sont très bien préparés. Personnellement, cela fait partie de mes événements préférés dans l’année », lance Fabien Gabel. La violoncelliste Marie-Loup Cottinet, gérante de l’orchestre de la Faculté de musique, vivra l’expérience pour la quatrième fois. Comme bien d’autres, elle attend ce moment avec impatience. « Pour un musicien de la relève, il n’y a rien de tel que de s’asseoir à côté d’un professionnel ! La musique, on peut en parler, l’expliquer, la théoriser, mais le fait d’être près de l’instrument, de voir le geste, de comprendre l’énergie et le phrasé, c’est très formateur ! C’est aussi l’une des rares occasions de ­r encontrer nos collègues du Conservatoire, avec lesquels nous avons avantage à partager des expériences », dit-elle. Aussi, elle voit dans ce projet l’occasion de rendre justice à l’œuvre de Debussy et de Ravel, deux compositeurs qu’elle admire énor­ mément. « Leur musique représente un chatoiement de couleurs. Pour moi, ces œuvres sont extrêmement

picturales. Elles évoquent des ­images et des textures. Il est possible de faire des liens entre cette musique et la peinture impressionniste. Un peu comme une tache de couleur, chaque partie instrumentale crée de l’harmonie et donne beaucoup de relief à l’ensemble. » Seront également présents de l’Université Laval Guillaume Plouffe, Anne-Alexandra Roulin (violons), Élizabeth De Courval Dupuis (alto), Marie-Pier Gagné (violoncelle), Carolanne Charette (hautbois), Aurélien Becht, Sandra Veilleux, Jérémie Carrier, Tommy Rousseau (percussions) et Mikaël Francoeur (célesta). Le dimanche 26 mars, à 14 h 30, au Grand Théâtre de Québec. Pour plus d’information : osq.org/ concerts/24/Pieces_de_Maitres

Cette initiative, qui se déroulera pour la 22e saison, vise à créer des ponts entre les deux établissements d’enseignement et le secteur professionnel

La violoncelliste Marie-Loup Cottinet fait partie des quelque 100 musiciens qui prendront d’assaut le Grand Théâtre de Québec pour interpréter Debussy, Ravel et Moussa. photo Frédéric Veilleux

Un artiste à découvrir Si Claude Debussy et Maurice Ravel n’ont pas besoin de présentation, l’œuvre de Samy Moussa mérite d’être découverte. Jeune compositeur et chef d’orchestre natif de Montréal, il possède déjà une longue expérience. Il a notamment été le premier directeur de l’Ensemble INDEX, à Munich, et il a reçu le prestigieux prix Opus du compositeur de l’année.

Pour le chef Fabien Gabel, diriger ces jeunes musiciens de la relève est un plaisir à renouveler chaque année. photo Guy Langevin


médecine

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Une réforme essentielle La prévention en santé mentale pour les enfants à risque doit être mise au diapason des connaissances scientifiques par Jean Hamann Il est temps de mettre la pratique médicale au diapason des connaissances dans le domaine des maladies psychiatriques ayant une composante familiale, en particulier pour les jeunes ayant un parent atteint par l’une de ces maladies. Voilà le message que livre le professeur Michel Maziade, de la Faculté de médecine et du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale, dans un article publié le 9 mars dans le New England Journal of Medicine. Environ 4 % de la population des pays membres du G7 est atteinte de schizophrénie ou de troubles de l’humeur (maladie bipolaire ou dépression majeure récurrente), rappelle le professeur Maziade. « Cela signifie qu’entre 8 et 10 millions d’enfants et d’adolescents vivant dans ces pays ont un parent atteint de l’une de ces maladies. À Québec, on parle de 10 000 à 12 000 enfants. Le risque qu’ils en soient aussi atteints est 15 à 20 fois plus grand que celui des autres enfants. On ne peut plus considérer ces jeunes comme une souspopulation marginale ou isolée. » Quatre facteurs expliqueraient pourquoi la condition de ces enfants ne retient pas davantage l’attention des autorités médicales. D’abord, il y a un manque de communication systémique entre les psychiatres qui traitent les adultes et les services de psychiatrie pédiatrique, estime-t-il. « Cette pratique en silo conduit à la sous-détection précoce des problèmes de santé mentale chez les enfants. » Un second obstacle du même ordre est la difficulté d’assurer

une continuité entre les soins de première ligne et les services spécialisés de psychiatrie, ce qui limite la possibilité de procéder à un dépistage précoce des jeunes à risque élevé de problèmes de santé mentale. Le troisième obstacle est lié au fait que les résultats des recherches en psychiatrie du développement n’ont pas encore fait leur chemin jusqu’à la pratique médicale au quotidien, souligne le professeur Maziade, lui-même psychiatre et chercheur en santé mentale. Enfin, les millions d’enfants et d’adolescents qui courent un risque accru de souffrir de schizophrénie ou de troubles de l’humeur n’ont pas encore retenu l’attention des associations nationales de psychiatrie, de sorte qu’il n’existe pas encore de lignes directrices touchant les soins à leur prodiguer. « Il y a pourtant des lignes directrices pour des syndromes beaucoup moins fréquents », constate le professeur Maziade. Il existe heureusement des solutions à ces problèmes. « Les parents qui sont atteints de dépression, de maladie bipolaire ou de schizophrénie se rendent fréquemment chez leur médecin. Ces visites pourraient servir de point de départ pour le dépistage familial des problèmes de santé mentale, comme on le fait pour les maladies cardiaques, lipidiques ou métaboliques », propose le professeur Maziade. Quant aux transferts des résultats de recherche vers le milieu clinique, ils doivent mettre en lumière l’existence de marqueurs précoces de dysfonctionnement du cerveau présents tant chez l’enfant que chez ses

Dans les pays du G7, entre 8 et 10 millions d’enfants et d’adolescents ont un parent atteint de schizophrénie ou de troubles de l’humeur. Le risque qu’ils en soient aussi atteints est 15 à 20 fois plus grand que celui des autres enfants. « On ne peut plus considérer ces jeunes comme une sous-population marginale ou isolée », estime Michel Maziade.

parents. Les travaux que l’équipe du professeur Maziade mène depuis 30 ans sur 48 grandes familles particulièrement frappées par les maladies psychiatriques ont contribué à l’avancement des connaissances dans le domaine. Au cours des derniers mois, les recherches de cette équipe ainsi que des travaux menés ailleurs dans le monde ont révélé des faits nouveaux du côté des enfants de parents atteints. « Il existe maintenant des tests, notamment des tests cognitifs et des examens par électrorétinographie et par imagerie médicale, qui permettent d’identifier les enfants qui sont plus à risque de développer un problème psychiatrique majeur. Chacun de ces marqueurs a un petit effet, mais, ensemble, ils ont un effet cumulatif chez les enfants et les adolescents qui développeront plus tard la maladie. » Il est donc possible d’identifier de façon précoce ces enfants à risque et de

mener des essais cliniques pour tester l’efficacité de certaines interventions, qu’il s’agisse de la pratique d’activités physiques ou de thérapies cognitives, comme moyens de prévention, fait valoir le chercheur. Pour ce qui est de l’absence de lignes directrices, il appartient aux associations médicales de corriger cette lacune en proposant un guide de bonnes pratiques qui sensibilisera les médecins aux questions touchant les troubles de l’humeur et la schizophrénie chez les enfants, de même qu’à la composante génétique de ces problèmes. « Ces lignes directrices pourraient encourager la collaboration entre médecins et contribuer à mettre fin au travail en silo », estime Michel Maziade, qui vient d’ailleurs d’offrir ses services à l’Association des psychiatres du Canada pour jeter les bases de ces lignes directrices.

La crainte de la stigmatisation des enfants identifiés à risque de maladie mentale constitue un frein dont il faut se débarrasser le plus tôt possible, ajoute le professeur Maziade. « Il faut considérer la maladie mentale comme les autres maladies ayant une composante héréditaire. On ne se demande pas si un enfant né dans une famille touchée par l’hypercholestérolémie risque d’être stigmatisé si on lui assure un suivi médical adéquat. Il faut adopter la même attitude avec les enfants à risque de maladie du cerveau. » En raison des coûts humains et économiques des maladies psychiatriques, la restructuration des soins en santé mentale est devenue une priorité à travers le monde, rappelle Michel Maziade. « Il est essentiel que ces réformes accordent une place centrale aux enfants et aux familles à risque génétique de dépression, de maladie bipolaire et de schizophrénie. »

L’étudiant en droit et fondeur d’élite Alex Harvey bouclera sa meilleure saison à vie à Québec en fin de semaine Les 17, 18 et 19 mars, les finales de la Coupe du monde FIS de ski de fond se dérouleront sur les plaines d’Abraham, à Québec. Quelque 150 athlètes en provenance de 15 pays seront sur place, dont Alex H a r ve y, é t u d i a n t e n d r o i t à l’Université Laval et vainqueur, le 5 mars en Finlande, du 50 km

départ groupé style libre, une épreuve des Championnats du monde de ski de fond. Le fondeur d’élite québécois avait terminé l’épreuve en 1 heure 46 minutes et 28,9 secondes, six dixièmes de seconde devant le Russe Sergey Ustiugov et 1,4 seconde devant le Finlandais Matti Heikkinen. À la

télévision norvégienne, il avait, par la suite, déclaré qu’il s’agissait de la meilleure course de sa vie. En remportant cette spectaculaire victoire, Alex Harvey devenait le premier Nord-Américain à remporter une médaille à l’épreuve reine du ski de fond. Le 11 mars en Norvège, il terminait au sixième rang du 50 km de la Coupe du monde. Il occupe présentement le troisième rang du classement général de la Coupe du monde, presque au terme de sa meilleure saison en carrière.

photo Mauri Ratilainen / EPA / CP

Bravo Alex !


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recherche

Des collaborations fructueuses Les organisations ont tout intérêt à faire appel aux chercheurs universitaires pour des solutions nouvelles à leurs questionnements par Yvon Larose Dans ses travaux de re­­cher­ che, la professeure Sophie Brière, du Dépar­tement de management, consacre une grande partie de son temps au développement international et à l’institutionnalisation de l’égalité dans les organisations. Elle réalise actuellement, avec une équipe de professeurs de ­différentes facultés, une re­­ cherche auprès d’organisations de divers secteurs d’activité afin de mieux com­ prendre la progression et la rétention des femmes dans des métiers traditionnellement masculins au Québec. À l’international, elle s’est rendue récemment, avec une équipe de collaborateurs, dans deux pays en déve­ loppement, le Rwanda et l’Afrique du Sud, afin d’y documenter le soutien à l’entrepreneuriat offert par une ONG québécoise. « La prémisse de l’ONG consistait à dire que l’on peut former à l’entrepreneuriat de la même façon, peu importe où dans le monde, explique la professeure Brière. Nos observations montrent que cela est inexact. Dans ces deux pays, le contexte est primordial ; il faut donc mieux contextualiser les interventions. » Selon elle, on trouve beaucoup d’entreprises informelles au Rwanda et en Afrique du Sud. « Accepter que l’entreprise fonctionne dans un

cadre plus formel constitue un enjeu », poursuit-elle. Les chercheurs ont constaté l’importance des acteurs qui soutiennent les entrepreneurs, que ce soit la famille, les banques ou le gouver­ nement. « Une de nos re­­ commandations, dit-elle, consiste à travailler davantage avec les acteurs locaux sur place et à mieux former ceux qui soutiennent les entrepreneurs. » Cette recherche, maintenant terminée, fera l’objet d’une présentation, le mercredi 22 mars, au Carré des a f f a i r e s F SA U L av a l – Banque Nationale, à l’occasion d’une table ronde organisée conjointement par l’ITIS et le Carré des affaires. La rencontre se déroulera sur le thème des collaborations recherche – entreprise en administration. Gestion du changement, processus organisationnels, pratiques de gestion, méthodes de travail : la collaboration entre les chercheurs universitaires et les organisations peut ­toucher à de nombreux do­­ maines. Quatre professeurs du Département de management et un cinquième du Département d’opérations et systèmes de décision participeront au débat. Ce sont Sophie Brière, Yan Cimon, Carole Lalonde et Sophie Veilleux, de même qu’Angel Ruiz.

Selon Yan Cimon, professeur à la Faculté des sciences de l’administration, les gestionnaires consacrent trop peu de temps à comprendre les interdépendances entre les personnes et entre les entreprises, malgré que ce soit devenu crucial pour les organisations.

« La Faculté des sciences de l’administration a inauguré le Carré des affaires F SA   U L av a l – B a n qu e Nationale en février 2016, en réitérant sa volonté de se rapprocher de la communauté des affaires régionale, i n d i qu e l a p r o f e s s e u r e Sophie Veilleux, également directrice du Carré des a f f a i r e s . No u s vo u l o n s dé­m ystifier la notion de ­collaboration avec les chercheurs universitaires auprès des entrepreneurs. Il peut être intéressant pour eux de faire appel à des experts universitaires lorsqu’ils veu­ lent se projeter en avant et con­n aître les tendances à l’échelle internationale. Les professeurs d’université ont une vision internationale et se doivent d’être à l’affût des nouvelles tendances. Ils vont chercher des solutions nouvelles, dans un horizon de moyen terme, aux pro­blèmes vécus par les entrepreneurs. » Une des interventions du professeur Yan Cimon portera sur une étude qu’il a réalisée il y a quelques années sur la création de la valeur en entreprise. La demande provenait d’une importante société informatique québécoise. « L’entreprise voulait comprendre comment la collaboration entre les membres d’un réseau ajoutait de la valeur à l’organisation », explique-t-il. Selon lui, les gestionnaires consacrent trop peu de temps à comprendre les interdépendances entre les personnes et entre les entreprises, malgré que ce soit devenu crucial pour les organisations. « Créer de la valeur se fait par la mise en relation, affirme Yan Cimon. Cela consiste, pour les gestionnaires, à décloisonner l’organisation et à briser les silos, ainsi qu’à focaliser et à réunir les créatifs. » La synthèse des résultats de recherche publiés sur la question ainsi que les pro­ pres résultats de recherche du professeur indiquent que la position, dans un réseau social, a des répercussions sur la valeur créée. « Le gestionnaire, dit-il, doit reconnaître que l’employé qui a de la valeur n’est pas nécessairement celui qui est au centre du réseau. La périphérie peut être payante. » L’activité est gratuite et ouverte à tous. Pour ­information et inscription : bit.ly/2nBSnQL

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sur le droit à l’avortement

Louise Langevin

Le 8 mars, Journée internationale des femmes, le gouvernement Trudeau a annoncé la suppression de l’article 251 du Code criminel, qui criminalisait l’avortement. Cette mesure reste purement symbolique puisque la Cour suprême avait déjà déclaré l’article inconstitutionnel en 1988, lors de l’arrêt Morgentaler. Cepen­dant, selon la juriste Louise Langevin, spécialiste du droit des femmes, la question de l’avortement demeure un sujet politique sensible.

Q Le droit à l’avortement pourrait-il être remis en question au Canada ? Sous le gouvernement Harper, plusieurs projets de loi privés ont tenté de criminaliser l’avortement. Ils ne venaient pas de l’exécutif, mais de députés d’arrière-ban. En effet, le Parti conservateur possède une aile religieuse, très à droite, et l’interdiction de l’avortement faisait partie de son programme. Cette période, qui a duré dix ans, appartient au passé. Aujourd’hui, le gouvernement Trudeau reconnaît clairement le droit des femmes à décider de leur reproduction. Cela ne veut pas dire pour autant que les Canadiennes ont partout accès à l’avortement. Les territoires et les provinces décident, en effet, des soins de santé qu’ils dispensent. Voilà pourquoi il n’y pas eu d’avortements à l’Île-du-Prince-Édouard entre 1982 et février 2017. Au Québec, 45 000 femmes, qui avaient subi un avortement dans des cliniques privées, ont lancé un recours collectif contre le gouvernement du Québec en 2006, car leurs frais n’étaient pas totalement remboursés. Le gouvernement a perdu et il a dû verser 12 millions de dollars.

Q Selon le droit en vigueur au Canada, l’avortement peut-il être pratiqué à tout moment de la grossesse ou existet-il une limite de temps ?

canadiens n’impose une limite à ce genre d’intervention. Dans la plupart des pays occidentaux, la femme peut bénéficier d’un avortement seulement au cours du premier trimestre de la grossesse, soit dans les 12 premières semaines. Par la suite, il lui faut obtenir une autorisation d’un médecin. Au Canada, la Cour suprême, en décriminalisant l’avortement en 1988, s’est penchée sur cette question. Dans la décision rendue, seule la juge Wilson a précisé que l’État aurait intérêt à intervenir pour protéger la santé du fœtus si l’avortement a lieu dans le deuxième ou le troisième trimestre. Or, cette approche n’a jamais été reprise par la suite. Pourtant, les médias suggèrent régulièrement de criminaliser l’avortement après les trois premiers mois de grossesse. Je suis formellement opposée à cette mesure. J’estime qu’un gouvernement ne peut pas intervenir, car cela viole le droit à l’égalité des femmes. Cette ­s ituation concerne d’ail­leurs un très petit n ­ ombre de personnes puisque 92 % des avortements ont lieu au cours du premier trimestre. Celles qui ont recours à l’avor­tement par la suite n’ont pas à se faire im­poser des rencontres avec des comités d’éthique médicale. Elles ont surtout besoin d’aide. Imposer une grossesse et un accouchement à quelqu’un qui n’en veut pas me semble un traitement cruel.

Q Le 8 mars, le gouvernement a aussi annoncé qu’une partie de l’aide de 650 millions de dollars accordée pour la santé des femmes dans les pays en ­développement soutiendrait les groupes qui luttent pour l’accès à l’avortement. Qu’en pensez-vous ? R Cela prend beaucoup de courage pour aller devant les tribunaux dans des pays où les juges ne sont pas toujours sensibi­ lisés à la violence faite aux femmes. Une de mes collègues à la Faculté de droit de Dakar travaille à décriminaliser l’avor­ tement. Je me souviens du cas d’une Sénégalaise de 12 ans, emprisonnée pour s’être fait avorter après un viol. Son agresseur, lui, n’a pas été jugé… Le droit à la santé reproductive des femmes, dont ­l’accès à la contraception et à l’avortement, figure dans les grandes conventions internationales sur le droit des femmes à l’égalité. Au cours des dernières décennies, le Canada s’est d’ailleurs fait rappeler à l’ordre, car les femmes de plusieurs provinces n’avaient pas accès à des ser­ vices d’avortement. Très récemment, plusieurs pays ont décidé de couvrir les frais de ces soins de santé dans les pays en développement, des frais assumés jusquelà par l’aide internationale américaine. En effet, dès son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump a supprimé ce type de subventions versées durant la présidence de Barack Obama. Le Canada fait partie des bailleurs de fonds du groupe She decides, lancé à l’initiative des Pays-Bas.

R Dernièrement, un médecin d’un hôpital à Montréal a refusé de pratiquer un avor­tement sur une jeune femme enceinte de 22 semaines, car elle était en bonne santé. Or, rien dans les textes de loi Propos recueillis par Pascale Guéricolas


recherche Une idée mise en échec ils ont dit... le fil | le 16 mars 2017

L’abolition de la mise en échec n’affecte pas les performances offensives des joueurs de niveau bantam par Jean Hamann La mise en échec fait-elle à ce point partie intégrante du hockey qu’il est indispen­sable de l’autoriser dès le niveau bantam afin de permettre le développement global des jeunes joueurs ? Il semble que non, si on en juge par les conclusions d’une étude présentée par des chercheurs de l’Université de Calgary et de l’Université Laval lors de ­l ’International Olympic Committee World Conference on Prevention of Injury and Illness in Sports, qui se dé­­ roule à Monaco cette semaine. Les chercheurs ont profité d’un changement dans les règles du hockey mineur en Alberta pour étudier l’effet de l’abolition des mises en échec sur les habiletés offensives de joueurs de 13 ou 14 ans. Jusqu’en 2015, les mises en échec étaient permises pour les joueurs albertains de niveau bantam, mais elles ont été interdites à partir de la saison 2015-2016 pour ceux ne faisant pas partie de l’élite. Pour mener leur étude, les chercheurs ont analysé des vidéos montrant 348 jeunes pratiquant un jeu avec mise en échec en 2014-2015 et 309 joueurs pratiquant un jeu sans mise en échec l’année suivante. Environ la moitié des joueurs se retrouvent dans les deux cohortes.

Les chercheurs ont porté leur attention sur des paramètres de performance of­­ fensive autres que les tra­ ditionnels buts et passes. « Nous avons mesuré le ­n ombre et la qualité des actions liées à la façon dont un joueur entre en possession de la rondelle, qu’il s’agisse de l’enlever à un adversaire ou de capter correctement une passe d’un coéquipier, et ce qu’il fait avec la rondelle par la suite, soit lancer au but, faire une passe à un coéquipier ou perdre la rondelle, explique l’un des auteurs de l’étude, Luc Nadeau, du Département d’éducation physique. Il s’agit de paramètres de performance qui sont objectifs et qui peuvent être facilement mesurés parce qu’il y a un début et une fin à l’action, contrairement aux actions défensives. » Les longues heures con­ sacrées à décortiquer ces vidéos à l’aide de l’outil d’analyse de performances sportives Dartfish se sont soldées par un match nul. Aucun des paramètres de performance offensive con­ sidérés dans cette étude n’a été affecté par l’abolition des mises en échec, une conclusion qui décevra ceux qui estiment que la mise en

échec doit faire partie du jeu dès le niveau bantam pour assurer le développement des jeunes. « La mise en échec n’est qu’une des nombreuses actions du hockey et, pour les joueurs de 13 ou 14 ans, elle ne fait pas nécessairement partie des habi­ letés les plus importantes à développer, estime Luc Nadeau. Elle n’est pas dé­­ terminante dans la performance des joueurs de ce niveau. » Les partisans de l’intro­ duction hâtive de la mise en échec pourraient argumenter que, puisque cette ac­­ tion ne nuit pas aux perfor­ mances offensives des jeunes

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Sur la recherche en nutrition

joueurs, on pourrait tout aussi bien la permettre. « Ce serait faire abstraction de la principale raison pour laquelle la mise en échec a été progressivement éliminée jusqu’au ni­­veau bantam, fait valoir le professeur Nadeau. Au hockey, la mise en échec est la principale cause de blessures, en particulier des blessures à la tête. Les jeunes ont bien d’autres habiletés fondamentales à maî­triser et il n’y a aucune nécessité de permettre la mise en échec avant le ni­­ veau midget. » L’étude présentée à Mo­­ naco a été réalisée par Ash Kolstad, Paul Eliason, Luz Palacios-Derflingher et Carolyn A. Emery, de l’Université de Calgary, et par Luc Nadeau et Claude Goulet, du Département d’éducation physique de l’Université Laval.

La mise en échec ne fait pas nécessairement partie des habiletés les plus importantes à maîtriser pour les joueurs de 13 ou 14 ans

Benoît Lamarche, École de nutrition La Presse Plus, 9 mars

La recherche sur la nutrition se bute à des défis particuliers. Il est notamment difficile de recueillir des données fiables sur ce que mangent réellement les gens dans le cadre d’une étude. Une façon de con­ tourner ce problème : les questionnaires en ligne. « L’écran exerce un certain filtre. Les gens sont moins gênés de dire ce qu’ils font vraiment. On a juste à regarder sur Facebook ce que les gens sont prêts à mettre sur leur vie privée, à la vue de tout le monde », affirme Benoît Lamarche.

Sur l’investiture libérale dans Saint-Laurent

Éric Montigny, Département de science politique Le Journal de Montréal, 10 mars

La victoire d’Emmanuella Lambropoulos sur Yolande James dans l’investiture du Parti libéral dans Saint-Laurent envoie un message aux dirigeants du parti, estime Éric Montigny. Lorsqu’ils étaient dans l’opposition, les libéraux avaient décentralisé le pouvoir du parti au profit des membres. « C’est clair qu’on voit une volonté de la direction du Parti libéral depuis l’élection de recentraliser le pouvoir au profit du chef. » Les militants n’ont peutêtre pas digéré la façon dont leur ex-député, Stéphane Dion, a été remercié du cabinet Trudeau, ajoute-t-il.

Sur Justin Trudeau et l’effet téflon

Thierry Giasson, Département de science politique Le Journal de Montréal, 12 mars

On a longtemps cru qu’il était indispensable d’enseigner la mise en échec aux jeunes joueurs pour favoriser leur développement global. Les recherches menées sur le sujet indiquent qu’aux niveaux pee-wee et bantam la mise en échec est la principale cause de blessures, surtout des blessures à la tête, et qu’elle ne favorise pas le développement des habiletés offensives des jeunes hockeyeurs. photo ONF / Gar Lunney

Environ un an et demi après son élection, l’étoile du premier ministre Justin Trudeau continue de briller dans les sondages, même s’il a rompu cer­ taines promesses et fait ­quelques faux pas. Selon Thierry Giasson, le premier ministre démontre une bonne maîtrise de l’image et des symboles, mais, en bout de ligne, la réalisation de ses engagements électoraux primera. « Les Canadiens s’attendent à quelque chose et, à un moment donné, ça doit dépasser la symbolique, les images, les belles photos et les moments d’émotion auxquels Justin Trudeau convie ­souvent la population. »


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Sous le soleil du savoir Du 30 avril au 31 août, dans le cadre de son programme d’écoles d’été, l’Université offrira près de 60 formations intensives, dont plusieurs en lien direct avec l’actualité par Yvon Larose Le numérique, les migrations humaines, la radicalisation, les violences faites aux femmes, les jeunes de quartiers marginalisés, l’Union européenne en « polycrise » : la programmation 2017 des écoles d’été de l’Université Laval fait une place de choix aux grandes problématiques de notre temps. « Notre concept d’écoles d’été permet aux professeurs d’aborder rapidement diverses questions d’actualité, explique la vice-rectrice adjointe aux études et aux activités internationales, Nicole Lacasse. Les formations développées permettent de jeter un regard sur la société, sur ce qui est en train de changer et d’alimenter la réflexion sur ces phénomènes. » Du 30 avril au 31 août, près de 60 formations intensives, principalement de niveau baccalauréat ou maîtrise, seront offertes aux passionnés de la connaissance. Il s’agit d’étudiants pour la plupart, mais aussi de travailleurs et de retraités en quête de perfectionnement ou de

stimulation intellectuelle. Une ultime école aura lieu à la fin octobre. La durée des formations variera, pour la plupart, entre une semaine et dix jours. Selon la formule pédagogique employée, l’étudiant se prépare à distance. Ensuite, il suit sa formation en présentiel. Bon an, mal an, quelque 5 000 personnes s’inscrivent aux écoles d’été. Il faut souligner qu’après un arrêt de deux ans, l’École internationale de Percé reprendra ses activités. Elle offrira six formations en juillet et en août. L’une d’elles, en écologie végétale, sera basée sur des visites sur le terrain pour découvrir la végétation de certains habitats de Percé. Le coup d’envoi de la programmation 2017 sera donné simultanément par l’École d’été en agroécologie et par celle sur les terrorismes. Les deux formations débuteront le 30 avril. La première proposera une réflexion interdisciplinaire sur un concept qui connaît une forte mobi­ lisation et une internationalisation

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1. Le Département d’anthropologie et le Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions (CÉLAT) présenteront un cours sur les expériences de jeunes de quartiers marginalisés dans quatre villes : Montréal, Paris, Port-au-Prince et Rio de Janeiro. 2. À Calgary, l’Institut des hautes études internationales offrira une formation sur la géopolitique et la géoéconomie des ressources naturelles. 3. Après deux ans d’arrêt, l’École internationale de Percé reprend ses activités. Six formations sont au programme. photo Marie-Andrée Doran 4. La Faculté des sciences de l’administration organise un séjour d’études à Bergen, en Norvège. Le cours de deux semaines portera sur la gestion administrative des ressources naturelles dans ce pays de la Scandinavie.


écoles d’été 2017 croissante depuis quelques années. La seconde mettra l’accent sur la radicalisation et la déradicalisation. On abordera notamment les techniques de recrutement utilisées par les groupes extrémistes et les parades qui s’offrent aux gouvernements. Une grande diversité caractérise la programmation. La Faculté de musique outillera des musiciens pour qu’ils soient psychologiquement aptes à faire face aux défis que représente le jeu en public. Les participants inscrits à l’École d’été de ­l’Institut EDS devront relever le défi de faire du campus de l’Université Laval un campus plus durable en proposant des solutions innovantes. La formation continue, pour sa part, offrira une formation destinée aux non-francophones ayant des difficultés de prononciation entravant leur capacité à communiquer et à s’intégrer à la société d’accueil. Dix écoles d’été se tiendront cette année à l’étranger, dont deux en France et autant en Chine. Les autres pays partenaires sont les États-Unis, le Mexique et la Colombie, l’Espagne et la Norvège, ainsi que le Maroc. Cette décentralisation des activités s’observe également au Québec (Percé, Trois-Rivières, Saint-Jean-de-Matha) et au Canada (Calgary). « L’école d’été s’est ajoutée comme moyen efficace de collaboration entre l’Université Laval et plusieurs autres universités dans le monde, indique Nicole Lacasse. Dans nos ententes internationales, la notion d’école d’été est de plus en plus présente. Notre programmation estivale devient de plus en plus multi-site. Ce rayonnement permet, par ailleurs, des innovations pédagogiques intéressantes. » Cette année, certaines écoles de la Faculté des sciences de l’administration auront lieu à Kennesaw (États-Unis), Querétaro (Mexique), Bergen (Norvège), Casablanca (Maroc), Shanghai et Pékin (Chine). « Les étudiants font une immersion dans la langue du pays avant de suivre des cours en commun avec des étudiants du pays, explique l’adjointe au vice-­recteur au Vice-rectorat aux études et aux acti­ vités internationales, également responsable des écoles d’été, Marie-Andrée Doran. Ils reviennent avec un bagage ­langagier, un bagage en sciences de l’administration et un bagage culturel. Je pense que c’est très riche. » Selon elle, l’Université Laval fait cavalier seul en tête des universités québécoises et canadiennes au chapitre des écoles d’été. « Nous avons toujours le leadership, affirme-t-elle. Personne n’a une offre de cette nature et de cette ampleur, évolutive et assez unique. » Marie-Andrée Doran insiste sur les efforts à fournir dans une école d’été. « En général, soutient-elle, les étudiants et les enseignants travaillent beaucoup. C’est intensif, extrêmement exigeant, mais aussi très enrichissant. C’est ce que les gens nous disent. Ce sont de ­belles expériences de vie. » En plus des écoles d’été comme telles, l’Université proposera quelque 1 300 cours réguliers sur son campus ainsi que 150 cours à distance à la session d’été. La période d’inscription aux écoles d’été non créditées est en cours. Celle des écoles créditées débutera le 22 mars. Pour plus d’information : ulaval.ca/ete

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Dix écoles d’été se tiendront cette année à l’étranger, dont deux en France et autant en Chine

8 5. Les participants à l’École d’été Aux frontières de la neurophotonique auront la possibilité d’apprendre et de discuter des dernières avancées sur l’imagerie optique des cellules vivantes dans un contexte expérimental. photo Simon Lecomte 6. Au programme de l’École internationale de Percé figure une classe de maître en animation 2D donnée par l’artiste interdisciplinaire Lino. 7. La Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation tiendra à Québec une école d’été en agroécologie. Ce nouveau domaine vise à saisir les transitions possibles vers des pratiques agricoles et des systèmes alimentaires durables. 8. À Rouen, en France, la Faculté des lettres et des sciences humaines présentera une formation sur l’approche neurolinguistique, un nouveau paradigme pour l’apprentissage d’une langue seconde ou étrangère.


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sciences

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en bref

Places disponibles au CPE La Petite Cité Étudiants et membres du personnel de l’Université Laval, saviez-vous qu’il existe sur le campus un centre de la petite enfance (CPE) offrant des services de garde à temps plein et à temps partiel ? Êtes-vous à la recherche d’un service de garde avec un horaire atypique qui combine des plages horaires de jour, de soir et le samedi ? Des places sont disponibles dans l’une des installations du CPE La Petite Cité. L’équipe du CPE vous invite à découvrir ses services de garde variés, flexibles et, surtout, adaptés à votre réalité. Il est à noter que les places de soir et du samedi peuvent être offertes aux parents qui n’ont pas de lien avec le campus si celles-ci ne sont pas comblées par les membres de la communauté universitaire. Pour en savoir plus, on peut visiter le cpelapetitecite.ulaval.ca/ places-en-garderie/.

Reconfiguration des politiques d’éducation Dans le cadre des Grandes Conférences de la Faculté des sciences de l’éducation, Yves Dutercq, professeur de sociologie de l’éducation et codirecteur du Centre de recherche en éducation à l’Université de Nantes, prononcera la communication « Reconfiguration des politiques d’éducation et individualisation de l’action publique ». Selon ce spécialiste, les transformations des systèmes éducatifs des 40 dernières années ne renvoient pas à un véritable effacement de l’État, mais procèdent d’une redistribution des rôles sous l’effet de l’extension de l’influence du libéralisme économique. L’accrois­ sement des inégalités sociales qui en découle a conduit les pouvoirs centraux à changer leurs manières de faire : plutôt que de contribuer à assurer, dans une visée égalitariste, la protection globale des populations dont ils ont la charge – comme ils ont pu le faire au lendemain de la Seconde Guerre mondiale –, les États nationaux ont procédé par réajustement, en ciblant principalement les plus démunis, afin de garantir l’équité. Le conférencier profitera de cette tribune pour expliquer comment l’individualisation est au fondement du nouveau paradigme ­libéral qui i­ nspire des politiques éducatives s’intéressant, non sans ambiguïté, aux individus dans leurs différences de besoins, d’attentes et de projets. Cette activité est organisée conjointement par la Faculté des sciences de l’éducation et le Département de sociologie. Jeudi 30 mars, à l’amphithéâtre HydroQuébec du pavillon Alphonse-Desjardins, de 16 h à 18 h. Entrée libre.

Pour produire le RM-581, les chercheurs ont greffé une chaîne carbonée, en vert, à un dérivé du mestranol, un œstrogène stéroïdien synthétique utilisé dans les contraceptifs oraux jusqu’en 1969. photo René Maltais, Donald Poirier et France Couture

Retour vers le futur Des chercheurs font appel à une molécule utilisée dans les premières pilules contraceptives pour développer de nouveaux traitements contre le cancer par Jean Hamann Une équipe de la Faculté de médecine a conçu, fabriqué et testé une nouvelle molécule capable de stopper la prolifération de cellules cancéreuses et même de réduire la taille des tumeurs chez des souris. Fait intéressant au sujet de cette molécule, l’une de ses composantes est dérivée du mestranol, un stéroïde qui était utilisé dans les premières pilules contraceptives il y a un demi-siècle. Donald Poirier et son équipe du Centre de re­­cherche du CHU de Québec – Université Laval travaillent depuis plusieurs années à la mise au point de nouvelles molécules anticancéreuses. « En tant que spécialistes de la chimie médicinale, notre travail consiste à concevoir, à synthétiser et à tester des molécules pouvant améliorer les traitements contre différents types de cancer, ex­­plique le professeur Poirier. Nous avions déjà développé une molécule intéressante, le RM-133, pour laquelle nous avons fait une demande de brevet en 2009. Cette molécule est très efficace contre les cellules cancéreuses in vitro, mais les tests effectués sur des modèles de souris cancé­ reuses avaient montré qu’elle était rapidement éliminée par

le foie. Il fallait corriger ce problème de stabilité. » Pour y arriver, les chercheurs ont eu l’idée de se tourner vers le mestranol, un œstrogène stéroïdien synthétique qui a été largement utilisé dans les contraceptifs oraux jusqu’en 1969. « Nous nous sommes inspirés de nos travaux antérieurs sur le RM-133, explique le professeur Poirier. Ce composé est fait d’une chaîne carbonée et d’un stéroïde de la famille des androgènes. Nous avons utilisé la même chaîne carbonée et nous avons remplacé l’androgène par un dérivé du mestranol. » Les premiers essais menés avec ce nouveau composé, appelé RM-581, ont livré des résultats très prometteurs, rapportent le professeur Poirier et ses collaborateurs René Maltais, Martin Perreault, Jenny Roy et Raphaël Dutour dans un récent numéro de la revue ChemMedChem. Il s’est révélé deux fois plus stable que le RM-133 et son efficacité in vitro contre les cellules cancéreuses du sein est au moins aussi grande. Les tests sur un modèle animal de cancer du sein ont montré que le RM-581 stoppe la prolifération des cellules cancéreuses

en quelques jours et qu’il induit une réduction de la taille des tumeurs à partir de la troisième semaine de traitement. « Nous avons mis fin à l’expérience parce que les tumeurs étaient devenues ­tellement petites qu’il était impossible de les mesurer adéquatement », souligne le professeur Poirier. Par ailleurs, les chercheurs n’ont observé aucun effet négatif sur le poids des souris ni sur leurs comportements, ce qui suggère que la molécule est bien tolérée par l’organisme. Autre élément important, le RM-581 exerce son action sur les cellules cancéreuses de façon beaucoup plus ciblée que le RM-133, ce qui signifie que cette molécule épargne davantage les cellules saines et qu’elle risque moins de causer des effets secondaires indésirables. « Le RM-581 s’est aussi révélé efficace contre les cellules d’autres cancers, notamment les cancers de la prostate, de l’ovaire et du pancréas, ainsi que la leucémie. Cette molécule est devenue notre principal cheval de bataille. Nous avons d’ailleurs déposé une demande de brevet pour ce composé et ses variantes il y a quelques mois. »

Il reste évidemment plusieurs étapes importantes à franchir avant que ce composé puisse faire l’objet d’essais cliniques chez l’humain, souligne le chercheur, et le financement de ces travaux est problématique. « Les organismes subventionnaires consacrent peu de ressources à ce type de recherches et il faut convaincre des orga­ nismes spécialisés en transfert technologique ou des entreprises privées du potentiel commercial du RM-581. Pour faire une analogie avec le hockey, nous avons pris la rondelle derrière notre filet, nous avons traversé toute la patinoire, nous sommes maintenant près du but ad­­ verse et nous cherchons un joueur vedette pour mettre la rondelle dans le filet. »

La molécule RM-581 stoppe la prolifération de cellules cancéreuses, réduit la taille des tumeurs et épargne davantage les cellules saines


arts

le fil | le 16 mars 2017

De joyeuses envolées artistiques La Manif d’art 8 réunit une panoplie d’œuvres éclatées autour de « l’art de la joie », thème qui sera décrypté par deux professeurs de philosophie d’hommes-orchestres et Steve Heimbecker figurent également au programme. Après le cynisme, la catastrophe et la résistance, la Manif d’art s’articule cette année autour de « l’art de la joie », thème choisi par Alexia Fabre, la commissaire invitée. « Il s’agit d’un thème très surprenant pour une manifestation d’art contemporain. Quand on pense à l’art contemporain, on pense L’installation Canadassimo (L’Atelier), du collectif BGL, à un art critique, parfois opa- représente un hangar où s’amoncellent des pinceaux souillés que, qui cherche à perturber et des boîtes de conserve dégoulinantes de peinture.

Invités à réfléchir sur ce thème, et même à le mettre en doute, Sophie-Jan Arrien et Patrick Turmel profiteront de leur conférence pour vulgariser des notions de philosophie

L’œuvre Ghost Crowd, de Carlos Amorales, prend la forme de trois immenses mobiles auxquels sont suspendus des masques en noir et blanc.

Jacynthe Carrier et les artistes de L’orchestre d’hommesorchestres présentent une série de photographies, de même qu’une vidéo et une installation d’objets divers, qui abordent le vivant, le mouvement et le territoire.

en bref

Univers-Cité en spectacle s’amène à Québec

par Matthieu Dessureault Dès l’entrée dans la salle d’exposition du pavillon Pierre-Lassonde, au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), on est happé par trois grands mo­­ biles suspendus au plafond. Il s’agit d’une œuvre du Mexicain Carlos Amorales. Dans une salle voisine se trouve une installation, tout aussi déjantée, du collectif BGL. Les artistes Christian Boltanski, Annette Messager, Clément Cogitore, Jacynthe C a r r i e r, L’o r c h e s t r e

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le spectateur, à le remettre en question ou à l’indigner, mais pas à la joie comme telle », souligne Patrick Turmel, professeur à la Faculté de philosophie. Avec sa collègue SophieJan Arrien, il signe l’un des textes du catalogue du festival, apportant un regard philosophique sur ce thème. Mercredi prochain, les auteurs donneront une conférence dans le nouvel auditorium du MNBAQ. Invités à réfléchir sur ce thème, et même à le mettre en doute, ils en profiteront pour vulgariser des notions de philosophie, tout en ­f aisant des liens avec des œu­vres exposées. Si la joie n’est pas associée d’emblée à l’art contem­ porain, ils reconnaissent que plusieurs créateurs ont recours à des procédés que l’on peut associer à ce sen­ timent : détournement ludique, ironie, sarcasme, satire, grotesque. Tout cela peut provoquer un sourire, voire un rire, mais s’agit-il réellement de joie ? « Notre hypothèse est non. La joie est plutôt le résultat d’une ex­­ périence esthétique réussie, p e u i m p o r t e qu e n o u s soyons face à une œuvre j o ye u s e o u n o n . Q u ’ i l s’agisse d’une œuvre op­­ pressante, perturbante ou ch o qu a n t e , à p a r t i r d u moment où il y a un affect, il y a de la joie. Cette joie n’est pas l’émotion joyeuse comme telle, mais bien la trace que laisse l’expérience de l’œuvre sur nousmêmes », explique SophieJan Arrien.

L’art de la joie, bref, diffère du simple plaisir que l’on éprouve à regarder une œuvre. « On peut trouver qu’une toile est belle, mais demeurer indifférent au-delà de ce plaisir esthétique. En revanche, on peut observer une œuvre laide, choquante ou dérangeante et être af­­ fecté d’une façon positive : on en ressort grandi, on voit le monde autrement, etc. Voici ce qu’on appelle la joie », ajoute Patrick Turmel. Outre leur conférence, plusieurs activités et expositions satellites sont présentées en marge de la biennale, qui se termine en mai prochain. Sur le campus, on peut voir l’exposition Elles pensaient comme ça alors que moi pas au pavillon AlphonseDesjardins. Celle-ci a été réalisée par deux étudiantes au baccalauréat en arts visuels et médiatiques, Jasmine Guay et Roxane TremblayGirard. La Galerie des arts visuels, autre partenaire officiel de l’événement, présente le travail du Français JeanChristophe Norman. In­­ titulée Histoires du jour et de la nuit, cette exposition rassemble des traces du passage de l’artiste, invité à donner une performance en février. La chargée d’enseignement Paryse Martin, de son côté, présente certaines de ses œuvres dans l’exposition Magnificat : Paryse Martin et Josée Landry Sirois, à la maison HamelBruneau. Pour consulter l’ensemble de la programmation : manifdart.org

C’est au tour de l’Université Laval d’accueillir Univers-Cité en spectacle, un concours qui vise à promouvoir les talents universitaires en arts de la scène. Les artistes qui offriront une prestation lors de cette ­soirée ont remporté les honneurs des finales locales de leurs universités respectives. Huit établissements seront représentés, soit l’Université Laval, l’Université de Montréal, l’Université du Québec à Montréal, l’Université du Québec en Outaouais, l’Université du Québec à T ­ rois-Rivières, l’Université du Québec à Rimouski, l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et l’Université de l’Alberta. Le spectacle sera diffusé sur les ondes de Canal Savoir dès le mois de mai. Samedi 25 mars, au Théâtre Petit Champlain (68, rue du Petit-Champlain). Ouverture des portes à 19 h et début du spectacle à 20 h. Pour plus d’info: univers-citeenspectacle.com

La danse à l’honneur Cette année encore, la danse contemporaine brillera de mille feux sur le campus grâce à la troupe Gestuel. Cette association étudiante, qui offre des formations dans ce domaine, présentera le fruit de ses efforts. Le titre du spectacle ? Oxymore : quatre quarts de contrastes. L’œuvre est décrite comme un « univers d’aller-retour entre bonheur et tristesse, noirceur et lumière, mécanique du corps et expression de l’esprit ». Vendredi 24 et samedi 25 mars, à 19 h 30, à l’amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins. Pour plus d’infor­ mation : bit.ly/2biMJkB

Pour amener un peu d’espoir Sensibiliser les gens au fléau du suicide, tel est l’objectif de Paroles d’ombre et de lumière, une pièce de théâtre écrite par Marina Bélanger, Anne-Marie Jean et Simon Trudeau et réalisée avec la troupe Les Treize et plusieurs étudiants. Cette œuvre est le résultat de plusieurs années de réflexion, de recherche et de rencontres. Tirée d’histoires réelles, la pièce se veut le reflet des étapes du deuil à la suite d’un suicide. Tour à tour, différents personnages racontent avec sincérité, émotion et même humour les étapes qui peuvent arriver lors de la perte d’un être cher. Le spectacle montre que le deuil n’est pas une faiblesse, qu’il est souvent nécessaire de demander de l’aide et qu’il existe plusieurs ressources. Les 16, 17, 18 et 19 mars, au Théâtre de ­ poche du pavillon Alphonse-Desjardins. Pour information et réservation :  parolesombrelumiere@gmail.com. Pour suivre l’événement sur Facebook : bit.ly/2m1G0QW


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actualités UL

le fil | le 16 mars 2017

Programme Forces Avenir Avis officiel CONSEIL D’ADMINISTRATION Séance ordinaire du 22 mars 2017 ORDRE DU JOUR 1. Ouverture de la séance 2. Ordre du jour 3. Communications de la présidente et du recteur

4. Questions des membres Huis clos de consentement (pts 5 à 10) Ordre du jour courant

Consacrez-vous du temps et des ressources à un projet ou à une organisation qui vous tient à cœur ? L’engagement donne-t-il un sens à votre vie ? Vous êtes alors un candidat parfait pour le programme universitaire de Forces AVENIR qui récompense le dépassement personnel et le développement du sens civique. Forces AVENIR vise à honorer des jeunes de 35 ans et moins, inscrits à temps complet dans un établissement universitaire, qui font preuve d’un engagement remarquable tout en poursuivant avec rigueur leurs études. Afin de joindre le plus grand nombre possible d’étudiants, ce programme prend en compte plusieurs types d’implication dans diverses sphères de la société. Inscrivez-vous avant le 31 mars ! Pour plus d’information à propos des catégories, des conditions d’admissibilité et du processus de sélection : bit.ly/2m1sQnp (photos) Les lauréats des deux prix AVENIR par excellence du Gala Forces AVENIR 2016 : Florence Côté, heureuse gagnante du prix AVENIR Personnalité par excellence, et l’équipe de SPOT – Sympathique place ouverte à tous –, gagnante du prix AVENIR Projet par excellence, composée de Luc-Olivier Daigle, Caroline Boivin, Francis Lacelle, Élisa Gouin et Laurence Pagé St-Cyr. L’équipe est accompagnée de Mario Simard, membre du conseil d’administration de Desjardins, qui leur a remis le prix. photos Gilles Fréchette

11. Projections financières 2016-2017 sur la base des résultats au 31 janvier 2017 − Proposition du Comité exécutif

12. Projet du budget 2017-2018 − Proposition du Comité exécutif

13. Service des immeubles – Remplacement de la tour de refroidissement au pavillon Gérard-Bisaillon − Recommandations du Comité exécutif

14. Comité de gouvernance et d’éthique du Conseil d’administration : rapport du comité − Procédure concernant la tenue d’une réunion du Conseil d’administration et d’un vote par voie électronique − Politique sur l’agenda de consentement − Projet de programme et de calendrier d’accueil des nouveaux administrateurs

Disponibilité des services aux étudiants en période de grève Certains services offerts sur le campus sont maintenus en période de grève, alors que d’autres sont interrompus ou restreints. À moins d’une situation exceptionnelle, les cours, examens et autres activités pédagogiques ont lieu à l’heure et à l’endroit prévus.

− Matrice de compétences des administrateurs − Plan de travail du Comité de gouvernance et d’éthique 2016-2017

15. Comité des ressources humaines du Conseil d’administration

16. Information sur les mesures d’urgence à l’Université Laval Huis clos

17. Clôture de la séance

ulaval.ca/servicesmaintenus


société

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Les appareils de loterie vidéo peuvent entraîner les joueurs ayant un problème de dépendance au jeu dans une spirale infernale par Renée Larochelle Même si le pourcentage de la population québécoise ayant des problèmes de dépendance aux jeux de ha­­ sard et d’argent est relativement faible – il tournerait autour de 1 %, selon des statistiques – cette dépendance entraîne d’énormes répercussions sociales. On estime ainsi que 8 personnes parmi les proches du joueur vi­­ vraient les conséquences de cette dépendance. « Sur le plan familial, cela vient multiplier les prob l è m e s  » , d i t F r a n c i n e Ferland, professeure associée à l’École de psychologie et chercheuse au Centre québécois d’excellence pour la prévention et le traitement du jeu à l’Université Laval. « Par exemple, le conjoint joueur s’endette de plus en plus et n’arrive plus à payer l’hypothèque de la maison ou la facture d’électricité. Inévitablement, les enfants du couple et les membres de la famille élargie sont aussi touchés », explique Francine Ferland, dans une entrevue accordée au Fil en marge de la projection récente à Québec du documentaire australien Ka-Ching ! Pokie Nation !, dont le titre en français est L’algorithme de l’addiction : un regard sur l’univers des machines à sous. L’évé­n ement était organisé par la Chaire de recherche sur l’étude du jeu de l’Université Concordia ainsi que par le programme de criminologie de l’École de service social et l’Asso­ciation de criminologie de l’Université Laval. Le documentaire explore le cas de l’Australie, un pays où la popularité des ma­­ chines à sous atteint des sommets. Sur les 12 milliards de dollars dépensés annuel­l ement dans ces machines, 40 % proviennent de joueurs ayant un problème de dépendance au jeu et 20 % proviennent d’individus en voie de devenir dépendants. Très sophistiquées, ces machines à sous conjuguent des éléments graphiques et musicaux à des algorithmes mathématiques complexes. Rien n’est laissé au hasard pour garder le joueur captif et l’inciter à peser sur le bouton.

« Ces machines sont prog r ammées p our que l e joueur obtienne ce qu’on appelle des quasi-succès, dit Francine Ferland. Lorsque le joueur remporte un gros gain à deux ou trois reprises, cela lui donne l’impression qu’il va continuer à gagner ou encore qu’il s’apprête à remporter un gros montant. Les gens qui ont tendance à développer un problème de dépendance sont très sensibles à ces stimuli. » Qu’en est-il de la situation chez nous ? « La programmation visant à ce que le joueur obtienne des quasisuccès est réellement présente dans les appareils de loterie vidéo au Québec, répond Francine Ferland. Sont-ils programmés pour qu’il y ait plus de succès que ce que produirait le hasard ? Difficile à dire. Les re­­ cherches indiquent toutefois que ces quasi-succès sont perçus par les joueurs et qu’ils influencent l’ac­ tivité de jeu. » Cela dit, Francine Ferland ne croit pas que Loto-Québec programme ses jeux pour créer de la dépendance. « Ce se­­ rait aller vraiment très loin, estime-t-elle. Le jeu rapporte beaucoup de sous à l’État et cette activité doit être ludique et agréable pour que les joueurs, autant les occasionnels que ceux ayant un problème de jeu, reviennent jouer. » Peut-on guérir du jeu ? Et d’abord, s’agit-il d’une maladie ? Même si le jeu compulsif figure dans le Manuel diagnostique et ­s tatistique des troubles mentaux (aussi désigné par le sigle DSM), Francine

Ferland hésite à le qualifier de maladie. En recevant un tel diagnostic, les personnes concernées pourraient avoir tendance à croire qu’il suffit d’une « petite pilule mi­­ racle » pour résoudre tous leurs maux, croit la chercheuse. À l’opposé, utiliser le terme de « problème de dépendance au jeu » aura sans doute plus de chances d’inciter la personne à se prendre en main pour sortir de cette galère. Souvent, les gens qui viennent consulter savent de­­puis longtemps – parfois depuis une dizaine d’années – qu’ils ont un problème de jeu compulsif, rapporte Francine Ferland. Elle souligne que le traitement élaboré par Robert Ladouceur, professeur à l’École de psychologie de 1974 à 2008, dans une volonté d’aider les joueurs compulsifs, a beaucoup contribué à la ­r e­­c herche. Ce chercheur a ainsi tenté de corriger ­certaines pensées erronées bien im­­plantées chez les joueurs pathologiques, comme la croyance que ­t el appareil « donne » da­­ vantage qu’un autre ou encore celle qu’il suffit de laisser « reposer »  la ma­­ chine pour qu’elle soit à nouveau gagnante. Robert Ladouceur s’est également penché sur le comportement du joueur, de manière à ce que ce dernier en arrive à modifier ses habitudes de jeu et, pour les cas les plus extrêmes, à les faire cesser complètement. « Si des gens arrivent à limiter leur consommation d’alcool ou de cigarette, ou à cesser complètement de boire ou de fumer, pourquoi ne serait-il pas possible de contrôler ses habitudes de jeu ?, dit Francine Ferland. Les personnes qui viennent consulter sont souvent au bout du rouleau. Elles réalisent qu’elles ne pourront pas s’en sortir toutes seules. »

œuvre Ahobaga

Un monde de sous

Célébrer la diversité Le Festival de la diversité sexuelle et de genre offrira un bouquet d’activités sur le campus et dans le centre-ville du 19 au 25 mars par Pascale Guéricolas Organisé par le Groupe gai de l’Université Laval (GGUL), cet événement annuel joue un rôle essentiel dans la vie de la communauté homosexuelle et trans à Québec. Le spectacle-bénéfice Walt Disgay, sur le thème de la magie de l’enfance, ouvrira le bal au cabaret Le Drague, le 19 mars. Plusieurs activités de réseautage auront également lieu, comme ce vin et fromages, prévu le 24 mars, qui permettra aux participants des différentes associations de rencontrer des élus et des membres de la direction de l’Université Laval ainsi que de briser l’isolement. Certaines conférences aborderont plusieurs réalités liées à la sexualité. L’une d’elles, présentée par la conférencière Chloé Fortin-Côté, s’intéressera à l’identité trans. « J’ai l’impression que beaucoup de travail a été accompli au Québec en ce qui concerne les gais et les lesbiennes, même si des formes insidieuses d’homophobie persistent, souligne Hubert Pelletier-Picard, président du GGUL. Les trans, par contre, vivent encore énormément de discrimination. Beaucoup de gens ne font pas la différence entre le sexe et le genre qui s’exprime. » L’étudiant énumère quelques situations de la vie quotidienne qui posent des difficultés à ceux et à celles qui ont du mal à s’identifier au sexe qui leur a été imposé. Par exemple, cocher la case « homme » ou « femme » sur un formulaire donnant accès à une banque alimentaire ou à un logement s’avère un choix difficile. Accéder à des soins de santé pose aussi beaucoup de problèmes aux trans : plusieurs médecins de famille, par exemple, refusent de prendre en charge des pa­­ tients ayant recours à des traitements hormonaux puisqu’ils craignent les inter­ actions possibles avec les autres médicaments. Encore aujourd’hui, il est difficile de se faire embaucher lorsque l’employeur a du mal à classifier le candidat ou la candidate dans une catégorie sexuelle précise. « Ce n’est pas évident de se présenter

pour une entrevue en robe, avec des épaules carrées et un peu de barbe », illustre Hubert Pelletier-Picard. Cette conférence, prévue le 20 mars, à 11 h 30, au local 2500 du pavillon Adrien-Pouliot, permettra donc aux participants de mieux comprendre la façon dont les trans vivent les stéréotypes reliés au genre. Autre réalité difficile : celle des réfugiés LGBT au Canada. Nathalie Ricard, étudiante au doctorat en anthropologie à l’Université Laval, a rencontré une centaine de demandeurs d’asile de cette catégorie à Vancouver, à Toronto et à Montréal. Le 21 mars, à 11 h 30, elle présentera une conférence sur le sujet au local 2508 du pavillon Adrien-Pouliot. « Depuis 1993, le Canada reconnaît les persécutions liées au genre comme motif pour accorder l’asile aux gais, aux lesbiennes, aux bisexuels et aux trans, même si ce n’est pas écrit noir sur blanc dans la Convention de Genève, explique la chercheuse. Par contre, le traitement de ce genre de demande dépend beaucoup de l’orientation politique du gouvernement. » Les ressources d’accueil communautaires offertes à cette clientèle varient beaucoup d’une ville à l’autre. Ainsi, Toronto dispose d’une grande panoplie de services pour les réfugiés LGBT, qui se trouvent en grand nombre dans cette métropole. Par contre, c’est à Vancouver que les différentes associations coordonnent le mieux leurs efforts pour aider ces réfugiés et faciliter leur insertion sociale. « Ces personnes ont des besoins très particuliers, et les orga­ nismes communautaires manquent de ressources pour y répondre, explique la doctorante. Bien accueillir des gens qui ont souvent subi des chocs trau­ matiques est pourtant extrêmement important. » Pour plus d’information sur le Festival de la diversité sexuelle et de genre : ggul.org


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vie étudiante

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Un modèle d’inspiration Mère de huit enfants, l’étudiante Ursule Dangwé publie son premier roman, La prise de conscience de Zarah, plongée touchante dans un univers peu connu par Matthieu Dessureault Zarah vit au Cameroun. Un jour, son père lui annonce qu’il lui trouvera un mari. Horrifiée à l’idée d’épouser un inconnu, elle décide de quitter son pays. Aidée par des membres de son entourage, elle atterrira à Québec, où elle débutera des études universitaires. Avec La prise de conscience de Zarah, Ursule Dangwé a voulu démystifier la pratique des mariages forcés. Si certains passages du livre sont inspirés de sa propre vie, le récit reflète surtout la réalité de gens qu’elle a connus avant d’immigrer ici. Par-dessus tout, son ouvrage se veut une source d’inspiration pour quiconque doit faire preuve de courage et de détermination. « Je voulais que chacun puisse se reconnaître en Zarah, que le personnage soit en quelque sorte un miroir. Au Québec comme partout ailleurs, des gens doivent faire face à des obstacles et à des questionnements existentiels. Zarah s’est retrouvée dans une culture qui l’empêchait de s’épanouir. La leçon qu’elle nous donne, c’est qu’il y a une solution à toute chose », souligne l’auteure. À l’instar de sa protagoniste, Ursule Dangwé n’hésite pas à prendre les grands moyens pour parvenir à ses fins. Celle qui rêvait depuis plusieurs années de publier son premier roman a créé sa propre maison d’édition, les Éditions Destinées. Néophyte dans le domaine, elle a demandé conseil à des professionnels et a suivi une formation en ligne pour apprendre les bases du métier, tout en rédigeant l’ouvrage. Elle a recruté une équipe de collaborateurs, dont une graphiste pour la page couverture et des réviseures pour la correction. Depuis la

sortie du livre, elle s’occupe elle-même de la promotion. Tout cela en jonglant avec les horaires bien remplis d’une étudiante et d’une mère de huit enfants ! Depuis 2014, cette passionnée effectue un baccalauréat multidisciplinaire en psychologie du développement, service social et communication publique. Elle est aussi diplômée d’un baccalauréat en administration des affaires. Bref, c’est à se demander comment elle fait pour concilier famille, études et projets personnels. « Après mon premier bac, en 1993, j’ai choisi de rester à la maison pour m’occuper des enfants. Il y a trois ans, j’ai repris le chemin des classes. En étant organisée, tout se passe bien. Mes deux aînés sont au cégep et trois autres sont au primaire. Chacun fait sa part dans la maison », explique l’heureuse maman, à qui la vie universitaire procure un précieux équilibre. Pour elle, l’université est un milieu de vie stimulant qui lui permet d’assouvir sa soif de connaissances et son désir de se surpasser. « L’Université Laval est un endroit très spécial pour moi. J’y ai appris énormément et j’ai pu m’ouvrir à une autre culture. J’y ai aussi rencontré celui qui est devenu mon mari. Cette université fera toujours partie de ma vie », dit celle qui travaille sur son second roman. Une suite de La prise de conscience de Zarah devrait également voir le jour. On peut se procurer La prise de conscience de Zarah à la Librairie La Liberté, à La Pyramide (2360, chemin Sainte-Foy). Un rabais de 10 % est offert sur présentation de la carte étudiante.

CONCOURS 2017

Prix d’excellence en enseignement 30 000 $ en fonds de développement pédagogique Dépôt des candidatures au plus tard le vendredi 5 mai 2017 à 16 h

L’appel de candidatures est maintenant lancé!

ulaval.ca/excellence


sports

le fil | le 16 mars 2017

Chez le Rouge et Or, Anne-Julie Beaulieu figure parmi les plus grands espoirs de médaille individuelle. photo Mathieu Bélanger

Un autre titre national ? Le programme Rouge et Or multiplie les réussites sur la scène nationale cette année, et l’équipe de badminton voudra ajouter à ces succès par Stéphane Jobin Du 17 au 19 mars, au grand gymnase du PEPS, se déroulera le Championnat canadien de badminton collégial / universitaire Yonex. En tout, six universités prendront part au volet par équipes de la compétition, incluant le Rouge et Or, qui vient de remporter il y a tout juste deux semaines le championnat universitaire québécois. L’Université Laval devra ainsi vaincre l’Université de Sherbrooke, l’UQAM, l’Université de Montréal, l’Univer­ sité de Toronto et UBC afin d’aspirer à un premier sacre canadien depuis 2008.

« C’est notre objectif parce que nous avons beaucoup de profondeur au sein de notre formation et un bel équilibre entre les cinq épreuves de simple et de double », mentionne l’entraîneur-chef du Rouge et Or, Étienne Couture. La première participation de UBC à ce tournoi ainsi que la présence de l’Université de Toronto, toujours une puissance, viendront rehausser le niveau de la compétition, croit l’entraîneur-chef Couture. « Ce sont deux ré­-­ gions où il se dispute du très bon badminton. »

Deux divisions de trois é qu i p e s s e r o n t c r é é e s . Chaque formation disputera une rencontre face à ses deux adversaires de division. L’équipe ayant terminé en tête du groupe A affrontera la deuxième position du groupe B en demi-finale, et vice-versa pour l’autre demi-finale. La finale sera, pour sa part, jouée samedi soir, à 20 h. VOLET INDIVIDUEL RELEVÉ

Du côté individuel, plus de 90 raquettes se disputeront les cinq titres en jeu, soit ceux des simples féminin et masculin ainsi que des doubles

féminin, masculin et mixte. Des talents d’un océan à l’autre seront rassemblés pour ce tournoi, qui sert également de qualifications pour la prochaine Universiade d’été, qui se tiendra à Taïwan au mois d’août. « Le tournoi se rapproche vraiment de ce que pourrait être un championnat national senior », dit l’entraîneurchef, qui évoque notamment la présence de Jason Ho-Shue (Université York), vainqueur du championnat canadien il y a un mois. « C’est un joueur spectaculaire à voir », insiste Étienne Couture. Chez le Rouge et Or, les plus grands espoirs de médaille individuelle reposent sur Anne-Julie Beaulieu, qui retrouvera deux de ses an­­ ciens coéquipiers du Rouge et Or dans les épreuves de double. Anne-Julie Beaulieu sera jumelée à Maxime Marin en double mixte, lui qui poursuit des études supérieures à l’Université Laval. Puis, du côté féminin, Stéphanie Pakenham formera un duo avec Anne-Julie Beaulieu. Stéphanie Pakenham étudie présentement à l’Université du Québec à Rimouski, sur le campus de Lévis. Le champion québécois de simple masculin, Philippe Giguère, pourrait également surprendre et atteindre la ronde des médailles, selon l’entraîneur du Rouge et Or. Quant au duo masculin f o r m é d e J e a n - P a t r i ck Fortin-Cantin et Julien Déry, un tirage défavorable compliquera sa tâche. Les rencontres débuteront vendredi et atteindront leur point culminant dimanche matin, à 9 h, avec la présentation des finales. L’entrée est libre pour tous.

Campus dynamique

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en bref

Aux mordus du golf  Vous êtes impatients de voir venir les premières c­ haleurs du printemps pour frapper vos premiers coups de départ ? La deuxième session d’hiver, composée de six séances, a pris son envol et se poursuivra jusqu’au 28 avril au PEPS, juste à temps pour le début de la ­saison extérieure. Que vous soyez de niveau initiation, débutant ou intermédiaire, vous trouverez chez nous les installations et le ­personnel nécessaires à votre préparation. En plus, les cours se donnent dans la nouvelle salle intérieure du Golf Campus. Rendez-vous au peps.ulaval.ca pour en savoir plus et bon golf !

Savoir réagir en cas d’urgence  Aimeriez-vous connaître les premiers soins à prodiguer à un proche, à un voisin ou à un ami en cas d’urgence cardiaque ? Êtes-vous un secouriste professionnel (surveillant de piscine, patrouilleur de ski) et êtes-vous en mesure de reconnaître les urgences cardiovasculaires pour intervenir auprès d’adultes et d’enfants ? Depuis plusieurs années, le PEPS intègre à sa programmation régulière des formations de premiers soins, de RCR-DEA et de secourisme d’urgence. Certaines s’adressent au grand public, alors que d’autres sont destinées aux professionnels de la santé. Ces formations sont offertes dès maintenant jusqu’au mois d’avril. Consultez le peps.ulaval.ca pour vous ­inscrire à ces formations qui changeront peut-être une vie !

Vendredi 17 mars Badminton | Championnat canadien de ­badminton collégial / universitaire Yonex Grand gymnase du PEPS | 9 h

Samedi 18 mars Badminton | Championnat canadien de ­badminton collégial / universitaire Yonex Grand gymnase du PEPS | 9 h

Dimanche 19 mars Badminton | Championnat canadien de ­badminton collégial / universitaire Yonex Grand gymnase du PEPS | 9 h Ski Alpin | Slalom géant (course FIS) Stoneham | 10 h

Vendredi 24 mars La saison régulière de soccer intérieur est terminée. Place aux séries éliminatoires ! Ce dimanche, au stade TELUS-Université Laval, l’équipe féminine Rouge et Or accueillera, dès 12 h 45, les Inuk de l’UQAC. Ce duel sera suivi à 15 h 45 par celui entre l’équipe masculine Rouge et Or et le Vert & Or de l’Université de Sherbrooke. Les billets seront disponibles à la porte. photo Stéphane Gaudreau

Ski Alpin | Slalom géant (course FIS) Stoneham | 10 h


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au fil de la semaine

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Que devraient manger les diabétiques ? À l’occasion du Mois de la nutrition, l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF) vous invite à une série de trois conférences grand public. Cette semaine, la rencontre portera sur l’importance de la saine alimentation dans la gestion du diabète. Présentée par deux étudiantes à la maîtrise en nutrition, Roxanne Mercier et Michèle Kearney, cette ­con­férence s’adresse particulièrement aux gens aux ­prises avec un prédiabète ou un diabète de type 2. Le diabète de type 2, qui est la forme la plus fréquente de la maladie, représente 90 % de tous les cas de diabète. Il résulte d’une combinaison de facteurs liés à la fois à la génétique et au mode de vie. L’alimentation joue donc un rôle clé dans le contrôle du développement de cette maladie. Le régime alimentaire des personnes atteintes doit permettre de combler les besoins nutritionnels, de contrôler le taux de glycémie et de lipides sanguins en plus de favoriser le maintien du poids santé et de prévenir les maladies cardiovasculaires.

22/03

Mercredi 22 mars, à 19 h, aux locaux de l’INAF au pavillon des Services. Activité gratuite, mais inscription obligatoire : bit.ly/2nnJoWW

20/03

22/03

22/03

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L’Ouest à vélo

Les OGM et la loi

Un exemple de persévérance

Les émotions Histoire dans les archives de la limnologie

En 2015, au Canada, la commercialisation d’une variété de pommes génétiquement modifiées a été acceptée. En 2016, un type de saumon à croissance rapide a été approuvé pour la consommation humaine. Quels sont donc les OGM qui se trouvent actuellement dans nos ­marchés d’alimentation et quelles sont les lois qui les régissent ? Richard Ouellet, professeur à la Faculté de droit, fera le tour de ces questions lors de la con­férence « La vente et l’étiquetage des OGM au Canada et au Québec : état des lieux ». Il présentera les lois et les règlements relatifs à  l’in­formation qui doit être divulguée ainsi qu’à la protection du consommateur.

Déceptions, échecs et ­doutes font partie de la vie de tout être humain. La douleur étant bien entendu inévitable, il faut apprendre à composer avec elle. À l’occasion de son 50e anniversaire, le Centre d’aide aux étudiants convie les membres de la communauté universitaire à une conférence sur la p ­ ersévérance et la résilience donnée par l’ex-­footballeur Étienne Boulay. Le con­férencier racontera son p ­ arcours de sportif pro­fes­sionnel dans lequel il a dû faire face à divers obstacles. Venez entendre le témoignage bouleversant et inspirant d’un homme qui a su ­évoluer et s’accomplir malgré les embûches.

En 2009, un duo aussi ­original qu’invraisemblable s’est lancé dans une belle aventure de cyclotourisme entre Helena, la capitale du Montana, et Banff, en Alberta. Pendant une di­­ zaine de jours, Jeannot Tremblay et Marline Côté ont parcouru une distance de 1 100 km sur la Great Divide Mountain Bike Route. Peu connue des Qué­ bécois, cette piste cyclable qui traverse, du nord au sud, une grande partie des ÉtatsUnis et du Canada est surtout constituée de sentiers non pavés. Elle se révèle une option accessible et peu coûteuse pour ceux qui souhaitent une expédition exigeant peu de préparation. Les deux aventuriers vous présenteront leur périple lors de la prochaine soirée cycliste de la Coop RoueLibre. photo Marline Côté Lundi 20 mars, à 19 h 30, au café Fou AELIÉS au pavillon Alphonse-­ Desjardins. Entrée libre.

Mercredi 22 mars, de 11 h 30 à 13 h, au local 3A du pavillon CharlesDe Koninck. Entrée gra­ tuite, mais inscription ­obligatoire  : www.fd.ulaval. ca/inscription-lactivite22-mars-2017

L’histoire des émotions est un champ de recherche relativement récent et problématique pour les historiens. Les émotions, éphémères et construites culturellement, mais avec une dimension corporelle si­­ gnificative, présentent des ­problèmes dans la critique des sources. Toutefois, elles ouvrent l’analyse historique à une dimension essentielle de l’humanité. Pour approfondir ce sujet, le Centre interuniversitaire d’études québécoises recevra le ­professeur Éric H. Reiter, de l’Université Concordia, qui s’intéresse aux archives judiciaires comme traces des sentiments passés. Dans sa conférence « À la recherche des émotions dans les archives judiciaires », il étudiera une cause de la Cour supérieure Mercredi 22 mars, de de Québec de 1908 dans 12 h à 13 h 15, au Grand Salon du pavillon Maurice-­ laquelle une femme poursuit une société de chemin Pollack. Entrée libre. de fer après qu’un chef de train l’eut insultée. Jeudi 23 mars, à 12 h, au local 5172 du pavillon Charles-De Koninck. Entrée libre.

23/03

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Des logiciels pour les photos

Le Centre de recherche en aménagement et développement (CRAD) organise une conférence sur l’histoire de la limnologie et de la gestion par bassin versant. Une doctorante de l’École d’aménagement du territoire et de développement régional, Sonja Behmel, retracera l’évolution des connaissances et des perceptions sur ces questions, de 3 000 ans avant Jésus-Christ à au­­ jourd’hui. L’objectif est de présenter une conception moderne du cycle de l’eau, tout en l’inscrivant dans une évolution historique. L’auditoire constatera que les savoirs et attitudes à l’égard de la limnologie et de la gestion par bassin ­versant n’ont pas suivi une progression linéaire, mais qu’ils ont varié en fonction des contextes géographiques, sociaux et culturels.

Selon Daniel Pascot, professeur retraité du Dépar­ tement des systèmes d’information organisationnels, la meilleure chaîne de traitement de photos – à des conditions raisonnables – que l’on puisse avoir à la maison est libre de tous droits. Désirez-vous con­ naître quels sont les meil­ leurs logiciels dans ce do­­ maine et quels usages on peut en faire ? Assistez à la conférence « Les logiciels libres pour la photo, du débutant à l’expert » présentée par l’ITIS. Lors de la rencontre, Daniel Pascot vous présentera un panorama des meilleures options informatiques pour le photographe. De la capture à la publication sur le Web, en passant par la retouche et l’archivage, découvrez toutes les possibilités que vous offrent les logiciels libres.

Jeudi 23 mars, à 12 h, au local 1613 du pavillon Félix-Antoine-Savard. Entrée libre.

Jeudi 23 mars, à 19 h, à la salle Gérard-Martin de la bibliothèque Gabrielle-Roy. Pour réserver votre place : 418 641-6789 poste 128

Consultez le calendrier complet des activités sur le campus à ulaval.ca

Le Fil 16 mars 2017  

Le journal de la communauté universitaire

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