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Lumière sur le cerveau p2

À travers votre lentille p8-9

Volume 52, numéro 12 1er décembre 2016

photo Yan Doublet

Vive nos champions !

Le Rouge et Or remporte la 9e coupe Vanier de son histoire en battant les Dinos lors d’une fin de match spectaculaire. p3


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actualités UL

le fil | le 1er décembre 2016

23,7 M$ pour les neurosciences Le gouvernement du Québec annonce son appui financier au développement du Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec par Jean Hamann Le Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec (CRIUSMQ) reçoit un appui de 23,7 M $ du gouvernement du Québec pour un projet d’infrastructure qui favorisera le développement des neurosciences à l’Université Laval. L’annonce a été faite le 29 novembre par Dominique Anglade, mi nistre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux, et François Blais, ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale. Cette somme constitue la contribution du gouvernement du Québec à un projet de 30 M $ visant l’agrandissement et la rénovation de ce centre de recherche. Les autres partenaires financiers du projet, l’Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ) du CIUSSS de la CapitaleNationale et la Fondation de l’IUSMQ, ver sent 6 M $. « Ces fonds serviront à la rénovation des installations actuelles et à l’ajout de laboratoires, dont une grande unité d’imagerie réservée exclusivement au cerveau », précise le directeur du CRIUSMQ, Yves De Koninck. La part du lion ira à l’achat de deux appareils d’imagerie par résonance magnétique (IRM), l’un pour l’humain et l’autre pour les petits animaux. « Jusqu’à maintenant, nos chercheurs de vaient louer du temps d’imagerie sur des appareils ap partenant à des cliniques privées, souligne le professeur De Koninck. L’acquisition de ces deux appareils d’IRM facilitera leur travail et permettra le développement de nouvelles méthodes pour l’acquisition et l’analyse des images produites par IRM. » Les chercheurs du CRIUSMQ utilisent ces images à différentes fins, notamment pour étudier les émotions, les aires du langage affectées par certaines pathologies et la détection précoce de maladies neurodégénératives comme l’alzheimer.

Ce projet d’infrastructure s’inscrit dans la foulée du plan de développement de la neurophotonique au CRIUSMQ. « Nous travaillons à la frontière de la photonique et des neurosciences pour développer de nouvelles techniques permettant de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau et les maladies mentales, explique le professeur De Koninck. La Chaire d’excellence en recherche du Canada sur la neuro photonique, qui a été lancée il y a quelques mois, est un élémentclé de ce plan. Son titulaire, Pierre Marquet, qui est ingénieur physicien et psychiatre clinicien, apporte une expertise qui permet de faire le pont entre ces deux domaines. Une partie de la subvention du gouvernement du Québec a

En 2005, une subvention FCI-gouvernement du Québec de 15 M $ permettait la mise sur pied du Centre de neurophotonique. En 2008, l’Université Laval créait les premiers programmes de maîtrise et de doctorat en biophotonique en Amérique du Nord. En 2015, la Chaire d’excellence en recherche du Canada sur la neurophotonique voyait le jour et la FCI accordait une subvention de 26 M $ à l’Université Laval, dont 12 M $ au proj e t d’agrandissement du CRIUSMQ. « Si on comptabilise tous les investissements que nous sommes allés chercher de puis deux ans pour le développement de la neurophotonique, le total Les chercheurs du CRIUSMQ travaillent à la frontière de la photonique et des neurosciences dépasse 100 M $ », estime pour développer de nouvelles techniques permettant de mieux comprendre le fonctionnement Yves De Koninck. du cerveau et les maladies mentales. photo National Institutes of Health

Ces fonds serviront notamment à l’ajout de laboratoires, dont une grande unité d’imagerie réservée exclusivement au cerveau

Yves De Koninck, professeur à la Faculté de médecine et directeur du Centre de recherche de l’IUSMQ déclare : « Le total des investissements que nous sommes allés chercher depuis deux ans pour le développement de la neurophotonique dépasse 100 M $. » photo Marc Robitaille

d’ailleurs servi à l’aménagement des laboratoires de cette chaire. » Le développement de la neurophotonique est le fruit d’un travail entrepris il y a une quinzaine d’années à l’Université Laval. Le rapprochement de la photonique et des neurosciences a commencé en 2002 par un programme de formation financé par les Instituts de recherche en santé du Canada, qui incitait des étudiants en sciences et en génie à effectuer leurs travaux de maîtrise ou de doctorat au CRIUSMQ.

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Le journal de la communauté universitaire Fondé en 1965, Le Fil est un hebdomadaire publié 29 fois par an par la Direction des communications de l’Université Laval et distribué gratuitement sur le campus.

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Rédaction Éditeur : Jacques Villemure, directeur des communications Rédactrice en chef : Claudine Magny Journalistes : Matthieu Dessureault, Jean Hamann, Yvon Larose Collaborateurs : Pascale Guéricolas, Stéphane Jobin, Renée Larochelle, Caroline Leclerc, Mathieu Tanguay, Brigitte Trudel Collaborateurs au Web : Carl Bélanger, Thierry Mellon Rédactrice-réviseure : Manon Plante Agente de secrétariat : Josée Nadeau

Production Infographie : Geneviève Bolduc, Service de reprographie de l’Université Laval Impression : TC Imprimeries Transcontinental, Québec (Québec)

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actualités UL

le fil | le 1er décembre 2016

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Une 9 coupe Vanier ! e

L’équipe est la formation la plus titrée du sport universitaire canadien

Ce sont les capitaines du Rouge et Or, dont Félix Faubert-Lussier (21), qui ont eu l’honneur de soulever les premiers la coupe Vanier.

Grâce à une fin de match spectaculaire, le Rouge et Or, qui se mesurait aux Dinos de l’Université de Calgary, a mis la main sur la célèbre coupe par Stéphane Jobin Le Rouge et Or a remporté sa neuvième coupe Vanier lorsqu’il a battu, samedi dernier, les Dinos de l’Université de Calgary par la marque de 31 à 26, au Tim Hortons Field de Hamilton. L’équipe de football Rouge et Or, qui est la formation la plus titrée du sport universitaire canadien, ajoute ainsi un autre titre à sa collection d’honneurs décernés par U Sports, le réseau universitaire canadien. Rappelons que le Rouge et Or a obtenu la coupe Vanier en 1999, 2003, 2004, 2006, 2008, 2010, 2012, 2013 et 2016.  L’entraîneur-chef Glen Constantin améliore, lui aussi, son propre record canadien en remportant un huitième titre national. Il a dit apprécier la résilience de son équipe, qui a dû faire face à un retard de 14-0 tôt dans la rencontre. « Au début du match, nous avons senti notre jeunesse. Je ne sais pas si mes joueurs ont pensé que ce serait facile, mais ils ont dû faire face à beaucoup d’ad­ versité. Ils semblaient un peu désorientés, mais ils sont

revenus en force et ils ont cru à la victoire. Je suis très fier d’eux », a-t-il lancé. Glen Constantin s’est dit notamment fier du travail de son quart-arrière Hugo Richard. « Pour lui, ce fut un match à l’image des autres parties en série éliminatoire. Il a minimisé les erreurs et n’a pas essayé de gagner le match tout seul. Il a fait un très bon travail. Les gens oublient que ce gars-là a été de l’alignement partant de presque tous les matchs qu’il a joués à l’Université Laval. Son seul problème est qu’à sa première saison, il a eu une année exceptionnelle ! Ensuite, il a continué de grandir et je suis très content de l’avoir parmi nous. »

Hugo Richard, gagnant du trophée Ted-Morris, n’hésitait pas à attribuer le mérite de la victoire à ses co­­ équipiers, notamment aux joueurs de ligne. « C’est flatteur d’obtenir un trophée ! J’aime montrer aux gens que je suis capable de bien jouer au football. La ligne offensive s’est démenée pour me protéger lors de chaque jeu. Nous n’avons jamais douté de la victoire. Si on y croit, ça va arriver. Nous étions c a ­p a b l e s d e s u i v r e l e s joueurs de l’Université de Calgary, mais, eux aussi, étaient capables de nous suivre. Ça a donc donné tout un match ! », a précisé Hugo Le joueur de ligne offensive Fraser Baikie porte le drapeau de l’Université Laval quelques Richard. secondes après la confirmation de la victoire de l’équipe. Pour plus de détails sur le match : bit.ly/2gtz8bT Pour consulter les statisti­ ques complètes du match : bit.ly/2ggp1GU Curieux d’en savoir plus sur l’histoire de la coupe Vanier ? bit.ly/2fIMnRP

Les 9 coupes Vanier remportées par le Rouge et Or • 1999

• 2006

• 2010

• 2013

• 2003

• 2008

• 2012

• 2016

• 2004

Le quart-arrière de troisième année Hugo Richard a été choisi joueur par excellence de la Coupe Vanier grâce à 25 passes complétées en 32 tentatives, dont 2 pour des touchés. Il a également marqué le touché au sol qui a permis la victoire. photos Yan Doublet


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course au rectorat 2017

en bref

le fil | le 1er décembre 2016

Un pas de plus vers l’élection Le Conseil d’administration adopte un code de conduite à l’intention des candidats et une politique éditoriale pour les médias officiels de l’Université par Yvon Larose

L’UL met le nez dehors ! Pour une 2e année, l’Université Laval organise une soirée spéciale à Opération Nez rouge. Le jeudi 15 décembre, dès 19 h, les bénévoles de l’Université Laval pourront partager un repas offert par Opération Nez rouge dans un espace spécialement réservé pour eux à la centrale du Centre de foires de Québec, à ExpoCité, et, après un bon café, partir en équipe de trois sur les routes de la ville pour raccompagner les joyeux fêtards. Retraités et étudiants, diplômés et employés, amis et familles, vous êtes tous les bienvenus à cette activité, que votre participation dure une heure ou encore toute la nuit ! Il y aura une nouveauté cette année : la for­ mation de sécurité obligatoire sera offerte directement sur le campus, le 12 décembre, à 12 h 15 au pavillon Alphonse-Desjardins. Des tuques aux couleurs de l’Université seront fournies pour que vous affichiez fièrement les couleurs de l’établissement lors des raccompagnements. Un grand prix offert par la Forêt Montmorency sera tiré au sort parmi tous les participants de la soirée. Le 15 décembre, contribuons tous ensemble à rendre nos routes plus sécuritaires !

Les membres du Conseil d’administration, réunis en séance ordinaire le 24 no­­ vembre, ont adopté deux documents relatifs à la prochaine course au rectorat à l’Université. Le 5 octobre, le Conseil avait adopté le calendrier d’élection et procédé à la nomination de la présidente d’élection, Louise Turgeon, membre externe du Conseil d’administration depuis 2009, ainsi que des scrutateurs. Rappelons que le second et dernier mandat du recteur Denis Brière prendra fin le 31 mai 2017. La procédure conduisant à l’élection de son successeur débutera le 14 février pour se terminer le 26 avril. Le premier document a d o p t é e st l e C o d e d e conduite à l’intention des candidats au poste de rec­ teur de l’Université Laval. Il est entré en vigueur le jour même de son adoption. D’une part, il établit les

valeurs et les comportements à respecter. D’autre part, il définit les normes entourant l’utilisation des ressources de l’Université, qu’elles soient humaines, matérielles ou financières. Parmi les dispositions gé­­ nérales du Code, la première porte sur « la plus grande courtoisie » que doit avoir le candidat. « Le processus qui mène à l’élection du recteur de l’Université s’apparente, avec son intensité et sa passion, à celui d’une campagne électorale, souligne la secrétaire générale Monique Richer. Mais à la base, nous sommes dans une communauté universitaire où la courtoisie a toute sa place. » Le Code de conduite stipule que le candidat, peu importe le poste qu’il occupe, ne doit pas faire appel, pendant les heures de travail, au personnel de l’Université dans la préparation de sa candidature et de ses

Pour information et inscription : ulaval.ca/ operationnezrouge et bit.ly/2gSrwQS

Des expositions récompensées Les très attendus prix Videre en arts visuels ont été remis le 28 novembre, au Musée de la civilisation. Décernées par Manif d’art, ces récompenses annuelles sont remises à l’occasion de la cérémonie des Prix d’excellence des arts et de la culture du Conseil de la culture des régions de Québec et de ChaudièreAppalaches. Elles visent à souligner le ta­­ lent de créateurs à différents stades de leur carrière. Parmi les lauréats figure CharlesÉtienne Brochu, étudiant à la maîtrise en arts visuels. Le jury lui a décerné le prix Videre Relève en arts visuels pour la qualité de son exposition Heureux, présentée cet automne à la petite galerie de l’Œil de Poisson. Martin Bureau, récemment diplômé d’une maîtrise interdisciplinaire en art, s’est, pour sa part, mérité le prix Videre Création en arts visuels pour son exposition Check Engine, que l’on a pu voir cet hiver à la Galerie 3.

Le Code de conduite à l’intention des candidats établit notamment les normes entourant l’utilisation des ressources de l’Université

Pour plus d’information sur les prix Videre en arts visuels : bit.ly/2gSUFM3. Pour en savoir davantage sur les deux lauréats de l’Université Laval : bit.ly/2gD46yz et bit.ly/2gD5bq2 Monique Richer déclare : « Nous voulons que les membres de la communauté universitaire s’intéressent à l’ensemble du processus menant à l’élection du prochain recteur. » photo Marc Robitaille

Plus de 140 personnes, représentatives de la communauté universitaire, composent le collège électoral responsable de l’élection du recteur.

com­m uni­c ations. Il doit s’abs­tenir, sans l’autorisation du président d’élection, d’uti­l iser les ressources matérielles de ­l’Université aux fins de sa campagne. Enfin, il doit assumer entièrement ses dépenses. Monique Richer prendra part à sa quatrième course au rectorat cet hiver ; lors de sa première, elle était doyenne. « Nous sommes à l’ère de l’utilisation efficiente des ressources. Et la venue des technologies a changé beaucoup de choses. Par exemple, les candidats n’ont plus besoin d’imprimer à grands frais leur plan d’action. Nous avons aussi un souci d’équité à l’endroit de candidats qui n’auraient pas accès à des ressources provenant de l’Université. Dans le passé, de tels ­candidats ne disposaient pas des moyens financiers d’un professeur, d’un doyen ou d’un recteur qui se représentait. » Le recteur de l’Université Laval est élu par un collège électoral de plus de 140 mem­­ bres. Ce collège est constitué des membres du Conseil d’administration, du Conseil universitaire et des trois commissions universitaires. « Le collège électoral est très représentatif de la communauté universitaire, affirme la secrétaire générale. Notre façon de désigner notre recteur est unique au Canada. Il s’agit probablement du processus le plus démocratique qu’il est possible d’avoir. » Le second document adopté par le Conseil s’intitule Politique éditoriale du journal Le Fil, du site ulaval. ca et des médias sociaux ins­ titutionnels en période élec­ torale pour la course au rec­ torat. Entrée en vigueur en 2012, cette politique a été adoptée à nouveau avec quelques modifications tenant compte de la nouvelle

réalité technologique. Elle a pour objectifs principaux d’assurer l’équité entre les candidats ainsi qu’une visibilité égale du programme électoral de chaque candidat. Elle précise aussi les ­services offerts par les plateformes de communication officielles de l’Université. Ainsi, tous les candidats bénéficieront d’un espace de deux pages dans le même numéro du Fil en version papier. Cet espace leur permettra de faire connaître leur profil et leur plateforme électorale à la communauté universitaire. Pour sa part, le Bureau des services Web met en place aujourd’hui même, le 1er décembre, la section « Élection au rectorat 2017 », accessible à partir de la page d’accueil du site Web de l’Université (ulaval.ca). Cette section re­­groupera plusieurs rubriques, dont le calendrier d’élection, le code de con­ duite des candidats, la politique éditoriale et la composition du collège électoral. « Un des objectifs de cette politique est de rendre le plus accessible possible le processus menant à l’élection du recteur, indique Monique Richer. Ce processus était relativement fermé. Les mem­ bres de la communauté universitaire ne le con­nais­saient pas. C’est pourquoi nous voulons faire con­naître le déroulement complet du processus, de A à Z. Nous voulons que les gens s’intéressent à la ­c ampagne électorale et la suivent. D’ailleurs, comme en 2012, les résultats de chacun des tours seront transmis par les médias sociaux à la communauté universitaire. À l’époque, les gens avaient bien apprécié. » On peut consulter la sec­ tion « Élections au rectorat 2017 » à l’adresse ulava.ca/ election.


recherche

le fil | le 1er décembre 2016

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Tous les chercheurs qui s’intéressent à l’émission de CO2 par les sols pourraient utiliser ce système, peu importe où ils mènent leurs travaux

Les tests effectués par Samuel Gagnon dans la région de Salluit montrent que l’efficacité du système développé par les chercheurs du CEN s’approche de celle des systèmes commerciaux. En y apportant quelques améliorations, il pourrait faire le même travail pour une fraction du prix. photos Samuel Gagnon

Capter le souffle de la toundra Des chercheurs ont mis au point un instrument inédit pour mesurer la production de GES par les sols des régions circumpolaires par Jean Hamann U n e é qu i p e d u C e n t r e ­d’études nordiques (CEN) a développé un système automatisé qui pourrait grandement faciliter les études sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) par les sols des régions circumpolaires. Ce système maison coûterait 10 fois moins cher que les systèmes commerciaux du même type, avancent les chercheurs dans l’article de la revue Agricultural and Forest Meteorology où ils présentent les détails de leur innovation. Le pergélisol des régions circumpolaires renferme, sous forme de matière organique et de végétation morte, environ 50 % du carbone présent dans les sols de la planète. Comme le réchauffement climatique et la fonte du pergélisol qui s’ensuit risquent d’accroître les concentrations des GES dans l’atmosphère, il est important de suivre étroitement l’émission de ces gaz par les sols de la toundra. Les systèmes commerciaux utilisés pour faire ce suivi sont composés d’une chambre dans laquelle les gaz s’accumulent pendant une

période déterminée et d’un analyseur de gaz à rayons infrarouges qui en mesure les concentrations. « Ces systèmes comportent plusieurs inconvénients, souligne le doctorant Samuel Gagnon, du Département de géographie. Le plus important est leur prix, qui s’élève à environ 10 000 $ US. » Par ail­leurs, poursuit-il, ces sys­ tèmes nécessitent la présence d’un opérateur qui doit passer plusieurs jours au même en­­droit pour que les données re­­f lètent les va­­ riations horaires et quoti­ diennes de production de GES par les sols. Il est nettement préférable d’avoir recours à un système automatisé qui récolte des données en con­tinu, mais la facture passe alors du simple au double. En plus, comme il faut disposer de plusieurs appareils pour mesurer si­­ multanément la production de GES dans différents mi­­ lieux, les études de ce type deviennent vite hors de prix. Samuel Gagnon, Emmanuel L’Hérault, Mickaël Lemay et Michel Allard ont donc uni leurs forces pour concevoir

un système qui ferait le même travail, mais pour une fraction du prix. « Je n’étais pas particulièrement bricoleur et je suis moi-même surpris de ce que nous avons réussi à faire », admet l’étudiantchercheur, qui a consacré ses travaux de maîtrise à la mise au point de ce système. Pour arriver à leurs fins, les chercheurs ont dû faire quelques visites à la quincaillerie.

En effet, la chambre qui accumule les gaz est une section de tuyau en PVC recouverte de ruban réfléchissant qui diminue le réchauffement produit par le rayonnement solaire. Le couvercle de la chambre a été taillé dans une planche à découper qu’on utilise dans les cuisines. Deux petits ventilateurs, du même type que ceux présents dans les ordinateurs, ont été fixés à l’intérieur de la chambre pour uniformiser la distribution des gaz. Quant à la structure du ­système, elle a été dessinée par les chercheurs et fabriquée dans une usine de Québec.

Pour mesurer les concentrations de CO 2, les chercheurs ont acheté des capteurs commerciaux valant environ 100 $ l’unité. De plus, ils ont eu recours à un microcontrôleur de type « open source » pour automatiser la fermeture et l’ouverture de la chambre ainsi que la prise de données à intervalles réguliers. Enfin, un panneau solaire assure l’alimentation électrique du système. Les tests effectués dans la région de Salluit pour tester leur système ont montré que les capteurs constituent un bon compromis par rapport

aux analyseurs de gaz. « Ils surestiment d’environ 6 % les concentrations de CO2, ce qui est très acceptable considérant l’écart de prix e n t r e l e s d e u x i n st r u ments », commente Samuel Gagnon. Pour ce qui est des données récoltées par le système automatisé, l’écart est d’environ 15 % par rapport au système commercial. « Nous avons entrepris d’améliorer l’efficacité de notre système en réduisant le volume de la chambre. Nous croyons que les pe­­ tites variations dans la con­ centration de CO 2 se­­r ont plus facilement détectées dans un volume d’air plus petit. Nous envisageons aussi d’ajouter une mé­­ moire pour le stockage des données. » Si ces améliorations portent leurs fruits, les chercheurs n’écartent pas l’idée de déposer un brevet pour cette innovation. « Notre système a été conçu pour l’étude des sols dans les régions circumpolaires, mais tous les chercheurs qui s’intéressent à l’émission de CO2 par les sols pourraient l’utiliser, peu importe le milieu où ils mènent leurs travaux. » Pour voir le système en ac­­tion  : youtu.be/ b4-mfR9-FD0


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société

De la souffrance à l’engagement Des chercheurs se sont penchés sur le stress et la satisfaction au travail des infirmières en soins palliatifs par Jean Hamann Le plus stressant pour les infirmières qui travaillent en soins palliatifs n’est pas tant de côtoyer quotidiennement des personnes mourantes que de devoir cons­tamment se battre pour leur offrir des conditions leur permettant de mourir dans la dignité. Ce constat, rapporté au début des an­­nées 2000 dans une étude réalisée par Lise Fillion et son équipe de la Faculté des sciences infirmières, n’a pas radicalement changé de­­puis, serait-on porté à croire à la lumière des communications présentées lors de la Journée scientifique Michel-Sarrazin, qui s’est déroulée sur le campus le 25 novembre. Sur le thème « Stress et satisfaction des soignants en soins palliatifs », cette journée a permis à Lise Fillion de rappeler les principales conclusions des projets SATIN 1 et 2, réalisés sous sa supervision entre 2007 et 2016. Au Québec, à l’exception de quelques établissements comme la Maison Michel-Sarrazin, les soins palliatifs sont intégrés aux unités de soins intensifs des hôpitaux. « Les infirmières qui y travaillent sont placées dans une situation difficile où

elles doivent à la fois prodiguer des soins critiques pour sauver des vies et ac­­com­ pagner des personnes mourantes et leur famille. Dans le milieu des soins intensifs, la mort est souvent perçue comme un échec », a rappelé la professeure Fillion. En raison de leur charge de travail élevée et des priorités établies par leurs gestionnaires, les infirmières ne peuvent pas toujours se consacrer aux soins palliatifs comme elles le souhaiteraient. « Elles sont parfois em­­­p êch ées d e f ai r e c e ­qu’elles estiment être bien pour les patients et elles doivent aller à l’encontre de leurs valeurs, ce qui peut entraîner une souffrance éthique conduisant au dé­­ senga­g ement, à l’épuisement de compassion et au ­b urnout. » À l’opposé, les infirmières estiment qu’il y a aussi de grandes satisfactions associées au travail en soins palliatifs, surtout lorsqu’elles parviennent à soulager la douleur des patients et à bien accompagner les malades et leurs proches. L’impression de faire partie d’une équipe qui les soutient et qui leur donne de l’espace pour permettre

Le plus stressant pour les infirmières n’est pas de côtoyer quotidiennement des personnes mourantes, mais de devoir se battre pour leur permettre de mourir dans la dignité

Au Québec, les soins palliatifs sont souvent intégrés aux unités de soins intensifs des hôpitaux. Les infirmières qui y travaillent sont placées dans une situation difficile où elles doivent à la fois prodiguer des soins critiques pour sauver des vies et accompagner des personnes mourantes et leur famille.

l’accompagnement contribue aussi à leur satisfaction et à leur engagement au travail. Dans le cadre de SATIN 2, quatre équipes ont mené des projets de rechercheintervention en milieu clinique afin de soutenir les soignants dans l’implantation d’une approche palliative au sein de leur unité. « Pour plusieurs, les soins palliatifs sont l’affaire d’une équipe dévouée qui arrive tard dans le parcours d’un patient, mais ça pourrait être autre chose, fait valoir le responsable de l’un de ces projets, Jean-François Desbiens, de la Faculté des sciences infirmières. Les soins palliatifs pourraient interpeller tous les soignants et ils pourraient se traduire par une préoccupation constante du bien-être physique et émotionnel des malades. Plu­ sieurs études ont montré les bienfaits des soins palliatifs lorsqu’ils sont offerts tôt dans la trajectoire du patient. » L’équipe dirigée par le professeur Desbiens a mené un projet pilote en ce sens dans une clinique pour personnes atteintes du cancer du poumon à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec – Université Laval. « Souvent, le cancer du poumon est déjà avancé au moment du diagnostic et 80 % des patients n’en guériront pas. Notre projet consistait à implanter, dans cette clinique, une approche de soins palliatifs dès l’annonce du diagnostic. Dans cette intervention, nous avons utilisé le terme “soins de soutien” plutôt que “soins palliatifs” parce qu’il fait moins peur aux patients, aux fa­­ milles et aux soignants. » Le bilan ? L’intervention a été appréciée, mais elle s’est soldée par un demi-succès, reconnaît le professeur Desbiens. « L’approche palliative est difficile à intégrer dans le roulement quotidien des soins en raison de la charge et du rythme de travail des soignants. Elle exige du temps, des ressources, de la collaboration et un appui constant des gestionnaires. » Le chercheur estime toutefois que l’expérience est loin d’être un échec. « L’inter­ven­ tion a favorisé les échanges entre les soignants et les plus intéressés veulent continuer le travail qui a été amorcé. Je crois que la stratégie des petits pas nous permettra de faire avancer les choses. »

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le fil | le 1er décembre 2016

Sur la restauration des sites miniers au Québec Q Comment agit-on pour limiter la pollution et la dispersion des contaminants ?

Georges Beaudoin

Les méthodes varient beaucoup selon les résidus miniers. Lorsque ces résidus s’oxydent en présence d’air et d’eau, les équipes de restauration des sites tentent de couper l’apport d’air. À une certaine époque, on inondait les parcs à résidus pour limiter cette réaction chimique. Avec le temps, on a réalisé que cela pouvait être dangereux. Aujourd’hui, les techniques se concentrent davantage sur la réduction d’air afin de limiter l’oxydation des sulfures. L’ins­ tallation de membranes plus imperméables peut aider, mais ces membranes risquent d’être perforées, notamment avec les mouvements de terrain. Il faut donc trouver des solutions plus naturelles pour protéger ces sites le plus longtemps possible. Les équipes installent désormais des matériaux qui visent à réduire l’infiltration d’eau sur la surface des parcs à résidus. Ces barrières capillaires, composées notamment de couches de gravier intercalées avec du matériau fin, empêchent l’eau de remonter à la surface. Finalement, la plantation de végétaux participe à l’amélioration de l’environnement, à condition que les racines des arbres n’endommagent pas les fameuses barrières.

Le 22 novembre, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a annoncé le versement d’une aide de 620 millions $ pour restaurer des sites miniers abandonnés. Cet investissement vise près de 500 sites d’exploration ou d’exploitation minière à travers la province. Le programme du gouvernement du Québec mise sur la restauration de 80 % des sites abandonnés d’ici 2022. Georges Beaudoin, directeur du Département de Q Quelles sont les recherches menées géologie et de génie géologique, souligne au Département de géologie et de génie le potentiel polluant de ces anciennes géologique dans ce domaine ? installations. John Molson, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l’hydrogéologie Q Quels sont les risques associés quantitative des milieux poreux fissurés, aux sites miniers abandonnés les plus travaille justement sur la modélisation de importants pour l’environnement ? l’infiltration de l’eau dans les parcs à résiIl existe, à proximité des mines, des parcs dus et dans le sol. C’est très important à déchets pour les résidus miniers. d’observer comment les contaminants se Lorsque ces espaces de quelques hectares dispersent sous la surface. Au Dépar­ carrés sont asséchés, les vents dominants tement, plusieurs recherches portent aussi peuvent transporter les poussières des sur la capture du gaz carbonique à partir contaminants. Cependant, la plupart du des résidus miniers. C’est une technique temps, la pollution vient du drainage particulièrement intéressante pour les minier, car du liquide s’écoule de ces gisements contenant du nickel. Il s’agit de parcs. Les digues de confinement provoquer une réaction entre l’air et les construites autour des parcs peuvent se résidus miniers en présence d’eau. Les briser ou tout simplement laisser échap- chercheurs amplifient ou accélèrent cette per de l’eau. Certains de ces parcs à rési- réaction en ajustant les paramètres, que ce dus contiennent des minéraux sulfurés. Il soit en fournissant plus d’air ou de CO2. s’agit de résidus de roches, enfouies Les observations permettent de dévelop­j usque-là sous terre, qui s’oxydent au per nos connaissances afin de mettre au contact de l’air à la surface et de l’eau des point une technologie. On pourrait imagiprécipitations. Cette réaction chimique ner, par exemple, des cheminées facilitant génère de l’acidité, ce qui rend les métaux la circulation de l’air ou un système de lourds plus solubles. Il est alors aisé pour compresseurs poussant l’air dans les parcs ces métaux de contaminer les cours d’eau à résidus miniers. Nous effectuons présenenvironnants. Pour lutter contre ce phé- tement des recherches sur un site d’essai nomène, on peut construire des canaux de parc à Thetford Mines afin de mesurer de capture afin d’acheminer les liquides en continu la teneur en CO2, la tempéravers un site de traitement des eaux. L’eau ture et la pression interne dans un site de provenant de la mine devrait également forage. Ces données vont nous permettre être pompée et traitée puisqu’elle peut de comprendre quels paramètres contrônon seulement contenir des résidus lent la capture du gaz carbonique dans les miniers, mais aussi avoir été en contact résidus miniers. avec des matériaux explosifs présents dans l’installation minière. Propos recueillis par Pascale Guéricolas


philanthropie

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ils ont dit... Sur l’intervention de l’État dans la culture numérique

Daniel Giroux, Département d’information et de communication Avec ses acrobaties, ses pirouettes et ses sauts, l’équipe de cheerleaders du club de football Rouge et Or a marqué de belle façon le coup d’envoi de la Grande campagne de l’Université en mars dernier. photo Francis Fontaine

Le campus, cet incubateur philanthropique En misant sur l’expertise et sur la culture caritatives, l’Université Laval propulse non seulement son propre avenir, mais elle établit les bases d’une meilleure société par Brigitte Trudel Qu’est-ce qui favorise le don ? Com­ ment accroître la solidarité et l’engagement ? Depuis une quinzaine d’années, ces questions font l’objet de recherches poussées partout dans le monde. Au Québec, où ce champ d’études est plus récent, l’Université Laval se positionne comme une précurseure. Le 28 novembre, le campus ac­­cueillait le forum « La philanthropie dans le monde ». L’événement était présenté par l’Institut Mallet pour l’avancement de la culture philan­thropique, dont l’Université Laval est une partenaire-clé grâce à sa Chaire de recherche MarcelleMallet sur la culture philanthropique. Conférences sur les grandes tendances mondiales, comparaisons entre les pratiques philanthropiques d’ici et d’ailleurs ainsi que partage entre les gens du milieu figuraient au programme de cette rencontre internationale. « Nous avons tout avantage à nous inspirer de ce qui existe ailleurs en matière de dons caritatifs, lance d’emblée Yves Bourget, président-directeur général de La Fondation de l’Université Laval (FUL). Par exemple, aux États-Unis et dans le reste du Canada, les connaissances et les traditions en ce domaine sont plus développées. » Le pdg de la FUL rappelle que si, au Québec, le montant annuel recueilli avoisine les 230 $ par donateur, selon l’Agence du revenu du Canada, au Canada, il est plus que le double, soit quelque 500 $. Cela dit, les plus récentes données montrent une augmentation de 15 % des sommes récoltées au Québec, signe que l’incitation à de bonnes pratiques en matière de dons commence à faire son chemin, note Yves Bourget.

Par ailleurs, si la société civile affiche les marques encourageantes d’une culture philanthropique qui se solidifie, la tendance est encore plus vraie à l’Université Laval. En té­­ moigne le lancement en 2011 de la Chaire de recherche MarcelleMallet sur la culture philanthropique, « la seule chaire consacrée spécifiquement à ce domaine d’études au Québec », précise Yves Bourget. En témoigne également le succès remporté par l’actuelle Grande campagne de financement, qui se terminera en mai 2017. «  La question n’est plus de savoir si nous atteindrons l’objectif de 350 M $, mais de combien nous le dépasserons », fait-il valoir. Cette réussite s’inscrit dans la croissance enviable dont profite la FUL. « Il y a six ans, la Fondation récoltait 11 M $ par année. À l’issue de l’année fiscale en cours, nous aurons reçu 32 M $ de dons », se ré­­ jouit le pdg. Cela dit, cette bonification s’accompagne d’un défi qui intéresse particulièrement Yves Bourget. « Chez nous, seuls 10 % de ces montants proviennent d’individus, le reste est donné par des compagnies. Or, dans les universités anglophones, le pourcentage des dons individuels grimpe jusqu’à 70 %. » Il semble que le sentiment d’appartenance joue un rôle crucial dans ce phénomène, précise le pdg, qui entend consolider la relation étroite et significative qui unit le campus aux diplômés, mais également aux 48 000 étudiants qui le fréquentent quotidiennement. La conjoncture est d’ailleurs favo­ rable à ce virage déjà bien amorcé,

Le sentiment d’appartenance semblant jouer un rôle crucial, la FUL entend consolider la relation étroite et significative qui unit le campus aux diplômés, mais également aux 48 000 étudiants qui le fréquentent quotidiennement croit Yves Bourget. « Nos étudiants sont sensibles à cette cause et leur intérêt se manifeste dans des gestes concrets. » Celui-ci mentionne à titre d’exemple le lancement de l’Association étudiante des jeunes philanthropes de l’Université Laval, qui a eu lieu le 15 novembre et dont les membres ont pour mission de promouvoir la philanthropie sous toutes ses formes auprès de la communauté universitaire. Que ce soit par des recherches sociologiques rigoureuses ou en nourrissant la culture philanthropique auprès de ses étudiants et de ses diplômés, lesquels bénéficieront de moyens financiers appréciables dans le futur, l’Université est un lieu pivot pour faire grandir et rayonner le don sociétal, estime Yves Bourget. « Y mettre des efforts représente un geste gagnant pour tout le monde, peu importe la cause. Ce faisant, l’ensemble de la société n’en sera que meilleure. »

Le Devoir, 22 novembre

Selon un récent sondage, 58 % des Québécois estiment que les gouvernements devraient intervenir pour assurer la présence des cultures canadienne et québécoise sur les plateformes numériques. Un taux égal de répondants de la région de Québec pense exactement le contraire. Daniel Giroux y voit un lien direct avec les options politiques qui connaissent du succès dans notre ré­­ gion. « Les gens de Québec votent pour des politiques plus conservatrices, pour des partis qui souhaitent moins d’intervention de l’État. »

Sur la force économique de la Chine Un très fort pourcentage des biens que l’on trouve chez une famille de la classe moyenne au Québec ont été fabriqués en dehors du Canada, notamment en Chine, surnommée l’atelier, puis l’usine du monde. Selon Yan Cimon, la force de ce pays dans Yan Cimon, Département de l’économie mondiale est encore plus grande si l’on management considère la provenance Dernière Heure, des composantes néces­ saires à la fabrication d’un 2 décembre produit. « Les intrants viennent de plus en plus de la Chine. Dans la chaîne d’approvisionnement pour créer un produit, on retrouve des ­étapes chinoises, c’est une véritable tendance. »

Sur les critiques à l’égard du diffuseur public

Colette Brin, Département d’information et de communication Le Devoir, 24 novembre

Le réinvestissement dans la société d’État risque de secouer le fragile équilibre du milieu et de déplaire aux concurrents de CBC/ Radio-Canada. « Les échos que je reçois, c’est que CBC/RC est perçu comme étant déjà trop gros, dit Colette Brin, directrice du Centre d’études sur les médias. Le réinvestissement est perçu comme un avantage injuste, alors que tout le monde se bat pour des grenailles qui restent sur le Web. C’est vraiment une question de perception. Le réinvestissement peut être vu comme un rééquilibrage après des années de compressions. »


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De nombreux coups de cœur Plusieurs des photos étudiantes présentées lors d’une exposition à caractère international ont suscité intérêt et émotions par Yvon Larose La dimension internationale de l’Université n’est plus à démontrer. Chaque année, des centaines d’étudiantes et d’étudiants des trois cycles de formation partent à l’étranger effectuer des séjours d’études et de stages. En même temps, quelques milliers d’étudiantes et d’étudiants originaires d’environ 120 pays acquièrent une formation sur le campus. C’est dans ce contexte que s’est déroulée la Semaine de l’éducation internationale, du 22 au 25 novembre, dans la cité universitaire. Au programme : deux conférences, un atelier ainsi qu’une exposition de photos et de vidéos réalisée à l’occasion du concours À travers votre ­l entille : expériences étu­ diantes à l’international. Le Bureau international s’est occupé des photos des étudiants ayant séjourné à l’étranger. Le Bureau de la vie étudiante, quant à lui, a supervisé le choix des photos des étudiants étrangers ­inscrits à l’Université. Les 24 et 25 no­­vembre, la soixantaine de projets finalistes ont été exposés à l’atrium JeanGuy-Paquet du pavillon Alphonse-Desjardins. Le dévoilement des gagnants a eu lieu le 24 novembre. « Nos participants étaient au nombre de 180, indique Mylène Grondin, conseillère en mobilité étudiante et responsable du concours au Bureau international. Au début du concours, en 2012, nous avions reçu environ 200 photos ainsi que 4 vidéos. Cette année, il y avait plus de 450 photos au total ainsi que 20 vidéos. » La photo gagnante de la catégorie « Carte postale », r é a l i s é e p a r St é p h a n i e Mourant, inscrite au baccalauréat en physiothérapie, s’intitule Le ma­­riage vietna­ mien. En 2016, l’étudiante a réalisé un stage au Viêt Nam. Son cliché montre de nouveaux mariés, en soirée, éclairés par une multitude de lanternes colorées. « Le jury a été séduit par la beauté de l’image et par la qualité du cadrage et des couleurs », explique Mylène Grondin. Dans la catégorie « Ren­ contre », la palme est allée à Amina la vilaine ! Mathieu Pigeon, doctorant en médecine, a pris cette photo au Sénégal en 2015. Elle montre

une fillette de deux ans et demi, espiègle et joyeuse, qui se plaît à faire des mauvais coups, à tirer les cheveux des filles et à mettre ses mains dans le visage d’une étudiante prénommée Iseult. « Cette image dégage une très belle émotion, soutient Mylène Grondin. L’harmonie des couleurs est à souligner. » Le doctorant en sciences géographiques Riadh Mestiri a remporté la catégorie « Mon échange en un clic ! » avec Biodiversidad agricola. À Cuba, l’étudiant a découvert le large spectre des possibles en biodiversité agricole. La photo, une main en gros plan tenant un petit lézard entre le pouce et l’index, a été prise sur une ferme familiale. Selon l’étudiant, la biodiversité en milieu agricole est plus souvent associée à la végé­ tation et moins souvent à la faune. « Le jury a parti­cu­ lièrement apprécié la netteté de l’image », mentionne la conseillère en mobilité étudiante. La conseillère aux étudiants étrangers Valérie Marier était la responsable du concours au Bureau de la vie étudiante. « Nous avions 114 participants cette année, soit un nombre assez semblable à ce­l ui des autres années, explique-t-elle. Nous avons reçu 255 photos. » Raihan Khan est un étudiant français en échange au bac­calauréat en informatique. Sa photo Brume marine de Tadoussac a terminé première de la catégorie « Carte postale ». Le cliché a été pris au petit matin lors d’une ­promenade dans la baie de Tadoussac, « un lieu riche et magique », dans l’espoir d’apercevoir des baleines. « Le jury a été impressionné par l’ambiance qui se dégage de cette photo, indique Valérie Marier. Le léger brouillard et la lumière de l’aube procurent un sentiment de paix. » La photo en noir et blanc From Religion to Science a mérité le prix de la catégorie « Mon séjour à l’Université Laval ». Son auteur est Léo Benoit à la Guillaume, un étudiant français en échange à la maîtrise en aménagement du territoire et développement régional. « Cette image offre un regard dif­ férent sur le pavillon

Louis-Jacques-Casault, souligne-t-elle. Le jury a noté l’effet de symétrie entre les deux tours clochers pointant vers le ciel et la grosse flèche blanche peinte sur l’asphalte, qui pointe vers le bas, au premier plan. » Pour sa part, Géraldine Sauvage, étudiante belge en échange à la maîtrise en philosophie, a reçu le prix de la catégorie « Témoignage » pour son texte Automne coloré, détonations de sur­ prises, une curiosité. Sa photo montre, dans une vue en plongée, une personne chaussée de bottines arrêtée devant une feuille d’érable posée sur une couche de neige fraîchement tombée. « L’hiver québécois fait partie de ce que vivent ici les étudiants étrangers, explique Valérie Marier. Ils ont hâte de le vivre, de le voir. Le jury a été sensible au ton poétique avec lequel l’étudiante relate son expérience de la première neige. » Les gagnants des prix Coup de cœur du public – exposition et Coup de cœur du public – Facebook ont été dévoilés lors du cocktail. Au total, plus de 360 visiteurs ont voté sur place, tandis qu’environ 7 700 personnes l’ont fait sur Facebook. Pierre-Luc Giroux, inscrit au baccalauréat en administration des affaires – finance, profil international, a reçu le prix Coup de cœur du public – Facebook pour sa photo Sunset over Bergen. Le cliché a été pris en Norvège. « Moi et trois de mes amis, écrit-il dans son texte de présentation, avons décidé de partir à l’aventure une nuit et de camper au sommet du mont Ulriken, d’où l’on a une vue splendide sur la ville de Bergen. » Du côté des étudiants étrangers en séjour à l’Université, le prix Coup de cœur du public – exposition a été décerné à Mario Van Telgen, un étudiant néerlandais inscrit au doctorat en sciences forestières, pour sa photo Le petit renard. « En entrant dans le parc national de la Jacques-Cartier, raconte-t-il dans son texte de présentation, nous avons été accueillis par cet hôte mignon. Le petit renard n’hésitait pas à poser pour la caméra. Nous avons bénéficié, pendant quelques minutes, de cette rencontre. »

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1. Amina la vilaine !, Mathieu Pigeon, doctorat en médecine. 2. Sunset over Berg

4. Biodiversidad agricola, Riadh Mestiri, doctorat en sciences géographiques. 5.

Chaque année, des centaines d’étudiantes et d’étudiants des trois cycles de formation partent à l’étranger effectuer des séjours d’études et de stages. En même temps, quelques milliers d’étudiantes et d’étudiants originaires d’environ 120 pays acquièrent une formation sur le campus.


À travers votre lentille

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gen, Pierre-Luc Giroux, baccalauréat en administration des affaires – finance, profil international. 3. Le mariage vietnamien, Stéphanie Mourant, baccalauréat en physiothérapie.

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. From Religion to Science, Léo Benoit à la Guillaume, maîtrise en aménagement du territoire et développement régional. 6. Brume marine de Tadoussac, Raihan Khan, baccalauréat en informatique.

7 7. Automne coloré, détonations de surprises, une curiosité, Géraldine Sauvage, maîtrise en philosophie. 8. Le petit renard, Mario Van Telgen, doctorat en sciences forestières.

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sciences

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Deux prix Innovation de l’ADRIQ Des membres de la communauté univer­ sitaire figurent parmi les lauréats 2016 des prix Innovation décernés par l’Association pour le développement de la recherche et de l’innovation du Québec (ADRIQ). Michel G. Bergeron, de la Faculté de médecine, a reçu le prix Personnalité Innovation pour la mise au point de tests permettant l’identification rapide des microorganismes infectieux et pour sa participation à la mise en marché de ces tests. Les artisans de l’École des protéines, Michèle Auger, Normand Voyer et Jean-Daniel Doucet, du Dépar­te­ ment de chimie, ont, pour leur part, reçu le prix Relève technoscience – Coup de cœur. L’École des protéines met en lien le milieu scolaire et des chercheurs et entrepreneurs en biotechnologie dans le but d’éveiller ­l’intérêt des jeunes pour les sciences et ­l’entrepreneuriat scientifique.

Collecte de sang du PEPS : un succès ! Pas moins de 727 donneurs ont donné du sang cette année à la traditionnelle Collecte de sang du PEPS, qui avait lieu le 24 novembre. Il s’agit d’un record de parti­ cipation à cet événement organisé conjoin­ tement par le Département d’éducation ­physique et le Service des activités sportives. L’an dernier, 593 personnes avaient posé le même geste. Étudiants, professeurs et membres du personnel administratif ou de soutien étaient invités à faire la différence puisque ce geste tout simple peut changer des vies !

De Québec à El Paso à vélo ! La coop Roue-Libre vous invite à venir entendre Jonathan Côté et Claude Belzile, deux valeureux cyclistes qui se sont rendus à El Paso, au Texas, l’hiver dernier. Ils vous entretiendront de l’équipement et de la pré­paration que requiert une telle aventure ainsi que « des bons et des mauvais coups » de ce périple de deux mois au cours duquel ils ont traversé à vélo deux provinces du Canada, une frontière et dix États américains. Lundi 12 décembre à 19 h 30, au café Fou AELIÉS du pavillon Alphonse-Desjardins. Entrée libre.

Les microARN du lait qui résistent à la digestion peuvent interagir avec le microbiote intestinal ou être assimilés par l’organisme, ce qui n’est pas forcément négatif. Chez les souris, par exemple, ils peuvent atténuer les symptômes de l’arthrite. photo Mattosaurus

Des microARN très résistants

Certains éléments génétiques contenus dans les aliments pourraient échapper à la digestion humaine par Jean Hamann L’idée selon laquelle le matériel géné­ tique présent dans les aliments que nous consommons est dégradé lors de la digestion fait consensus dans la communauté scientifique. Une étude récemment publiée dans le Journal of Nutrition par une équipe de la Faculté de médecine et du CHU de QuébecUniversité Laval vient toutefois ébranler cette idée reçue. En effet, les travaux de ces chercheurs montrent qu’une partie des microARN contenus dans le lait de vache peuvent théoriquement résister à la digestion humaine. Les chercheurs en ont fait la démonstration à l’aide d’un système artificiel qui imite le système digestif humain. « Ce système reproduit in vitro toutes les étapes biochimiques et biophysiques de la digestion, à l’exception de celles qui font intervenir les cellules humaines ou le microbiote, précise le responsable de l’étude, Patrick Provost. Nous l’avons utilisé pour déterminer si les microARN du lait pouvaient résister à la digestion dans l’estomac et l’intestin grêle. » Les microARN sont de courts segments d’ARN qui interfèrent avec la synthèse protéique en bloquant la traduction des ARN messagers. Ils interviennent dans l’expression de 60 % des gènes humains. « Chez les mammifères, les microARN sont très similaires d’une espèce à une autre, signale le chercheur. Par exemple, le degré de similarité entre les microARN de l’homme et ceux de la vache dé­­passe 99 %. Les microARN d’origine bovine pourraient théoriquement interférer avec l’expression des gènes humains. »

d’une autre espèce ne sont pas forcément négatives. Par exemple, des études publiées au cours des deux dernières années ont montré que les microARN du lait de vache pouvaient atténuer l’arthrite chez des souris et stimuler certaines fonctions immunitaires. « Lorsque l’on s’alimente, on veut les protéines, les glucides, les lipides et les vitamines que nous fournissent d’autres espèces. Par contre, lorsqu’il est question de matériel génétique, on prend une autre position, qui incite davantage à la prudence. C’est pourquoi il est important de mieux documenter les effets positifs et négatifs des microARN de source alimentaire sur la santé humaine. » L’étude publiée dans le Journal of Nutrition est signée par Abderrahim Benmoussa, Chan Ho C Lee, Benoit Laffont, Jonathan Laugier, Éric Boilard, Caroline Gilbert et Patrick Provost, de la Faculté de médecine, et par Patricia Savard et Ismail Fliss, du Département des sciences des aliments et de l’INAF.

Les tests effectués par les chercheurs montrent qu’un verre de lait peut contenir jusqu’à 1013 microARN de vache et qu’environ 20 % de ceux-ci sortent indemnes de leur transit dans le système digestif artificiel. « Cette protection serait attribuable au fait qu’ils sont encapsulés dans des microparticules dont l’enveloppe de lipides est recouverte d’une couche de protéines. À l’opposé, les ARN libres – qui ne sont pas encapsulés dans des microparticules ou dans des exosomes – sont détruits lors de la digestion. » Le protocole expérimental utilisé par les chercheurs est évidemment moins complexe que ce qui se produit dans l’estomac humain. « Un passage plus long dans le système digestif ou des in­­ teractions avec d’autres aliments con­ Pour visionner la présentation du duisent peut-être à la dégradation d’un ­système artificiel qui imite le système plus fort pourcentage de microARN, digestif humain : bit.ly/2gDv1I7 mais il y en a tellement au départ que, même là, une quantité appréciable de microARN fonctionnels pourraient échapper à la digestion », estime le professeur Provost. Des études antérieures ont montré que la présence de 1 000 copies d’un micro­ARN dans une cellule suffit à produire un effet mesu- Il est important de rable sur son activité biologique.  mieux documenter Pour l’instant, on ignore ce qu’il advient des microARN de vache dans les effets positifs l’intestin humain et si leur présence est et négatifs des bénéfique ou néfaste à la santé humaine, poursuit le chercheur. Ceux qui résistent microARN de source à la digestion peuvent interagir avec le alimentaire sur la microbiote intestinal ou être assimilés par l’organisme. Les interactions entre santé humaine les microARN d’une espèce et les gènes

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arts

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Sur les traces de Robert Lepage Le nouveau cours en ligne Voyage dans l’univers de Robert Lepage, qui sera offert dès la session d’hiver, fera découvrir ou redécouvrir l’œuvre riche et variée de ce grand artiste années. Polyvalent et cu­­ rieux, il n’a pas fini de nous étonner ! », lance la professeure de théâtre Chantal Hébert. Elle connaît bien l’univers de Robert Lepage puisqu’elle a publié un ouvrage et des articles scientifiques sur le sujet. Pendant plusieurs années, elle a observé son travail de création, assistant de près à l’éclosion de cer­ taines œuvres qui allaient faire le tour du monde. Elle a aussi encadré des travaux de recherche portant sur divers

Galerie d’images et extraits de spectacle à l’appui, les étudiants pourront parcourir l’œuvre de l’artiste

L’action de La face cachée de la lune se déroule dans les années 1960 à Québec et en Union soviétique. On y suit deux frères qui doivent faire face à la mort récente de leur mère. photo Ludovic Fouquet

Vingt ans après sa création, La trilogie des dragons continue d’émouvoir. photo Ludovic Fouquet et Jeanne Pariée

en bref

Des photos et des BD à voir

par Matthieu Dessureault S’il existe un créateur aux multiples facettes qui fait fi des conventions et n’hésite pas à sortir des sentiers battus, c’est bien Robert Lepage. Jonglant avec le théâtre, le cinéma, le cirque, les con­ certs, les installations, les projections architecturales et les expositions, il jette un regard unique sur la société. Ici comme à l’étranger, ses œuvres ont été acclamées par le public et par la critique. « Lepage est l’un des grands artistes que le Québec ait connus ces dernières

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En 2014, le Festival de théâtre de l’Université avait accueilli Robert Lepage pour un entretien au Théâtre de la cité universitaire. Tout en simplicité, le metteur en scène avait parlé de sa vision du théâtre devant la centaine d’étudiants réunis. photo Marc Robitaille

aspects de sa démarche. Avec le chargé de cours Ludovic Fouquet, auteur d’une thèse de doctorat sur Lepage, elle a réuni, épluché et synthétisé toute cette matière pour créer le cours Voyage dans l’univers de Robert Lepage. Galerie d’images et ex­­ traits de spectacle à l’appui, les étudiants pourront parcourir l’œuvre de l’artiste. D’un module à l’autre, ils exploreront des thèmes qui lui sont chers, comme le croisement des cultures et le plurilinguisme. Des témoignages de gens qui l’ont côtoyé seront présentés. On pourra entendre, par exemple, Marc Doré, son ancien professeur au Conservatoire d’art d ­ ramatique de Québec, les marionnettistes Josée Campanale et Gérard Bibeau, avec qui il a réalisé ses premiers spectacles, et Steve Blanchet, son collaborateur pour la pièce 887. Le Moulin à images, La trilogie des dragons, La face cachée de la lune et l’exposition interactive La bibliothèque, la nuit font également partie des projets incontournables décryptés. Nul besoin d’être un grand cinéphile, un féru de théâtre ou un expert du multimédia pour apprécier le contenu de la formation. « Il s’agit d’un cours d’introduction pour toute personne intéressée à découvrir ou à revisiter certains aspects moins connus de la pratique de

Lepage. Aucun préalable n’ e st r e qu i s  » , p r é c i s e Chantal Hébert, qui rappelle le caractère très accessible des œuvres du metteur en scène. « Robert Lepage est un excellent conteur. Même si son théâtre est constitué de fils narratifs entremêlés, il a un souci constant de permettre au spectateur d’en dégager une histoire. Ce cours est une invitation à voir le monde à travers ses yeux. En dé­­ couvrant de petites facettes de sa création, les étud i a n t s pourront mieux com­prendre son travail et pourquoi ils sont touchés par ses œuvres. » Pour la professeure, il est tout à fait logique que ce cours se donne à l’Université Laval, vu les liens qui unissent le créateur à l’établissement. C’est pourquoi elle a lancé ce projet avec son collègue. « On trouve à l’Université Laval toute une tradition de recherche sur l’œuvre de Lepage. Plu­ sieurs de nos étudiants ont effectué des stages chez Ex Machina, sa compagnie. De plus, Lepage a pris la décision de faire de Québec son lieu de création, ce qui est un choix très important. Je crois qu’il revenait à l’Université Laval de développer ce cours. » Les intéressés ont jusqu’au 6 janvier pour s’inscrire. Pour plus d’information : bit.ly/2fRHqd4

Les concours interuniversitaires de photo­ graphie et de bande dessinée ont donné lieu, cette année encore, à beaucoup de créativité. Une exposition itinérante, qui réunit les œuvres primées, arrive sur le campus. Les créations de plusieurs étudiants de l’Uni­ versité Laval font partie du lot. On pourra y voir notamment les BD de Charles-Étienne Brochu, gagnant du 1er prix, d’Olivier Morissette (3e prix) et d’Annabelle GuimondSimard (mention spéciale « Originalité dans le traitement du sujet ») ainsi que les photographies de Melissa Amero (2e prix), de Julien St-Pierre, de Thomas Simard-Robitaille (mention spéciale « Habileté technique ») et de Cindy Melissa Boisvert (Coup de cœur du jury). photo Cindy Melissa Boisvert

Du 5 au 21 décembre, à la salle ­d’exposition (local 2470) du pavillon Alphonse-Desjardins.

Cinéastes, à vos caméras ! Le 15e Festival du film étudiant de Québec, qui aura lieu du 24 au 26 mars 2017, lance un appel de films. Chaque année, cet événement propose de découvrir les meilleurs courtsmétrages étudiants de la francophonie. L’an dernier, ce sont 73 films provenant d’univer­ sités, de cégeps ou d’écoles qui ont été projetés au cinéma Cartier. Si les œuvres provenaient majoritairement du Québec, pas moins de huit pays étaient représentés. Une sélection des films gagnants sera présentée en ­sep­tembre prochain au Festival de cinéma de la ville de Québec. Les intéressés ont jusqu’au 8 janvier pour proposer une œuvre : ffeq.ca/edition-en-cours/appel-de-films

Arts numériques et archives De l’écriture au design, la pratique artistique de Daniel Canty touche à plusieurs aspects du numérique. L’artiste présentera sa démarche en compagnie de la professeure en archivistique Anne Klein. Cette conférence est présentée par le Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ) à l’occasion du séminaire interdisciplinaire Médiations numériques de la culture (Québec et Amérique francophone). Le 1er décembre, de 13 h à 16 h, au local 3645-Z du pavillon Louis-JacquesCasault. Une webdiffusion sera accessible en direct sur le site du CRILCQ : crilcq.org


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actualités UL

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Concert de Noël

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Des étudiants en droit et deux diplômés de renom honorés La Faculté de droit a reconnu l’excellence et la réussite de ses étudiants lors du gala Reconnaissance & Distinction, tenu le 28 novembre au Grand Salon du pavillon Maurice-Pollack. Pas moins de 84 étudiants ont reçu une bourse ou un prix. La valeur de l’ensemble des distinctions s’élevait à 609 530 $. Au cours de cette cérémonie, la doyenne de la Faculté, Eugénie Brouillet, a remis un prix Justitia à Jules Brière et à René Dussault, tous deux diplômés de la licence en droit en 1962.

Cette récompense vise à honorer certains diplômés qui, en plus de se démarquer par leur carrière exceptionnelle ou leur engagement social ou universitaire, contribuent au rayonnement de l’Université. Plusieurs personnalités étaient présentes au gala, dont l’honorable J. Michel Doyon, lieutenantgouverneur du Québec, Johanne McNeil, bâtonnière du Barreau de Québec, et Bernard Garnier, vice-recteur aux études et aux activités internationales. photo Pascal Duchesne

Le Chœur de l’Université Laval présentera prochainement son concert « Noël, du temps des ménestrels à nos jours ». Plusieurs chansons de l’époque médiévale et de la Renaissance ainsi que des airs de Noël plus contemporains seront interprétés par les quelque 80 choristes dirigés par Guy Lavigne. Ils seront accompagnés à l’orgue par Anne-Marie Bernard, à la viole de gambe par Philipp Kellenberger et à la flûte par Pilar Figueras. Le samedi 3 décembre, à 20 h, à l’église St­Thomas­d’Aquin (2125, rue Louis­Jolliet). Pour plus d’information : 418 656­2131 poste 6150 ou reseau.lechoeur@adul.ulaval.ca

Cuisine boréale chez Coop Zone Du miel de sapin à la chanterelle en tube, en passant par le pollen de quenouilles, la gelée de sapin et le pesto de têtes de violon, les possibilités culinaires de la forêt boréale sont sans limites. Une visite à la Forêt Montmorency, où l’on organise des activités alliant nature et cuisine, vous en convaincra. Cette semaine, la plus grande forêt de recherche et d’enseignement universitaire au monde s’amène sur le campus à l’occasion d’une dégustation. Venez découvrir et apprécier les produits du terroir boréal !

Juin 1962

Jeudi 1er décembre, entre 11 h et 15 h, à la Coop Zone du pavillon Maurice­Pollack. Pour plus d’information sur la Forêt Montmorency : foretmontmorency.ca

Influences de l’écriture chinoise Riche d’une histoire de 5 000 ans, l’écriture chinoise a fortement imprégné les cultures de l’Asie orientale. L’écriture chinoise a ainsi influencé les cultures et le développement du Japon et de la Corée grâce à des caractères chinois reliés aux traditions confucéennes qui sont très utilisés en Chine et dans ces deux pays orientaux. Kang Youn Ok, directrice de l’Institut d’études sur l’Asie orientale de l’Université de Myongji, à Séoul en Corée, et auteure de plusieurs livres et articles sur la langue et la culture chinoises, est invitée par le Groupe d’études et de recherche sur l’Asie contemporaine (GERAC) et le Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions (CELAT), à prononcer une conférence sur le sujet. Lundi 5 décembre, à 15 h 30, au local 5172 du pavillon Charles­De Koninck. Pour information : gerac@hei.ulaval.ca

Cérémonie d’ordination de prêtres à la chapelle du Grand Séminaire, située sur le campus universitaire. Entre 1959 et 1978, le Grand Séminaire a hébergé, sur le campus, les séminaristes, les prêtres-professeurs, la Faculté de théologie, le Collège régional Champlain St. Lawrence et les bureaux diocésains. En 1978, le Grand Séminaire est intégré à l’Université Laval et est alors nommé pavillon Louis-Jacques-Casault en l’honneur du premier recteur de l’Université. La Faculté de musique, auparavant située à la Tour des arts (pavillon Félix-Antoine-Savard), aménage

au pavillon Louis-Jacques-Casault en mars 1979. Quant à la chapelle, elle est convertie en salle de concert pour la Faculté de musique au début des années 1980. Elle porte désormais le nom de salle Henri-Gagnon en l’honneur d’un professeur de l’École de musique et organiste à la cathédrale Notre-Dame de Québec. photo gracieuseté de Claude Mercier

Pour plus d’information sur la programmation de la salle Henri-Gagnon : mus.ulaval.ca/calendrier.php


société

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Une discipline en constante évolution Le colloque « Le droit des ressources naturelles et de l’énergie : où en sommes-nous ? où allons-nous ? » réunit des experts pour faire le point sur ces deux grandes questions par Matthieu Dessureault Si les hydrocarbures d’Old Harry ont fait couler beaucoup d’encre, peu de juristes se sont demandé à qui incomberait la responsabilité dans le cas d’un déversement. Voilà ce qui a motivé Stéphanie Roy à faire un mémoire de maîtrise, qui lui a valu le prix Michel-Robert. Son mémoire sera publié prochainement chez les Éditions Yvon Blais. « La question d’Old Harry est d’actualité, mais aucun ou­­ vrage juridique ne s’intéressait à la responsabilité civile en cas de déversement d’hydrocarbures. Pour­t ant, en 2010, l’accident de Deep­ water Horizon dans le golfe du Mexique a montré les risques liés à ce type d’exploitation », dit celle qui est aujourd’hui doctorante en droit. Situé dans le golfe du SaintLaurent, à cheval sur la frontière entre le Québec et TerreNeuve, le gisement Old Harry fait l’objet d’un moratoire. Le gouvernement québécois est ouvert à son exploitation et le fédéral s’est engagé à adopter une loi encadrant cette activité au large des côtes de la province. Pour la chercheuse, le régime québécois de responsabilité civile comporte certaines faiblesses. D’abord, l’un des recours qu’il prévoit en cas de dommages limite le montant de l’indemnisation à un milliard de dollars seulement. « En matière d’hydrocarbures, c’est très difficile de prévoir l’ampleur des dommages. Dans le cas de Deep­ water Horizon, les dommages civils et pénaux représentaient 42 milliards $. Un milliard, c’est peut-être suffisant pour le golfe du Saint-Laurent, mais ce n’est pas sûr. Aussi, la définition des dommages pouvant être réclamés est floue en ce qui concerne l’environnement et les écosys­ tèmes. C’est connu qu’un déversement d’hydrocar­ bures dans l’eau cause des dommages à l’environnement; le régime n’est pas nécessairement fermé à l’indemnisation, mais il n’est pas très précis, ce qui fait que l’on ignore l’ampleur de ce qui peut être obtenu. »

Ce jeudi, l’étudiante participera – virtuellement, car elle effectue un séjour d’études au Royaume-Uni – à une table ronde sur le sujet des hydrocarbures tenue à l’occasion d’un colloque au pavillon La Laurentienne. L’événe­ ment vise à faire le point sur les enjeux et les perspectives du droit des ressources naturelles et de l’énergie ainsi que sur les problèmes juridiques qui se posent dans ces secteurs d’activité. Organisé par la Chaire de recherche et d’innovation Goldcorp en droit des ressources naturelles et de l’énergie, il réunira durant deux jours plusieurs praticiens et universitaires de même que des politiciens. « Ce colloque s’intègre dans la mission de la Chaire, une structure de recherche unique au Canada qui traite des questions de droit de l’éner­gie, des mines et des forêts. Il re­­ groupe les trois objectifs de la Chaire, soit la formation, la recherche de pointe et la diffusion de con­­naissances dans ces domaines. Ces secteurs touchent à des questions sensibles, comme la transition énergétique, l’acceptabilité sociale et les ententes avec les peuples autochtones, sur lesquelles il y a plusieurs recherches à mener », explique le titulaire, Christophe Krolik. Le professeur présentera un projet qu’il dirige avec la Chaire en entrepreneuriat minier UQAT-UQAM, celui de développer un indice de risque social permettant de mesurer les effets des projets miniers sur les populations.

D’autres chercheurs parleront de la nouvelle politique énergétique du Québec, des enjeux éthiques des villes intelligentes ou encore de la gestion durable des forêts. Le colloque ne réunira pas que des experts du droit. Des spécialistes de différents domaines seront également présents afin d’apporter leur point de vue. Patrick González, professeur au Département d’économique, profitera de la table ronde sur les hydrocarbures pour dresser le portrait économique de ce secteur d’activité. « Au Québec, il n’y a pas d’exploitation proprement dite. Les derniers puits de gaz ne datent pas d’hier. Du point de vue économique, le secteur des hydrocarbures est minuscule. L’industrie de l’exploration survit grâce à des compagnies comme Pétrolia et Junex. Là où le Québec se démarque, c’est dans le raffinage, avec une capacité de raffinage énorme comparée à celle du reste du Canada et même à celle de l’Amérique du Nord. » Il va sans dire que l’économiste suit de près les projets d’exploration sur le territoire. À moins d’une relance de l’exploitation du gaz de schiste, il ne croit pas que l’industrie sera appelée à grossir dans les prochaines années. Malgré tout, on peut présager que nous n’avons pas fini d’entendre parler des hydrocarbures, objet de débats qui amène son lot d’enjeux environnementaux, économiques et sociaux. Pour plus d’information sur la Chaire de recherche et d’innovation Goldcorp en droit des ressources naturelles et de l’énergie : drne.ulaval.ca. Pour suivre la Chaire sur les réseaux sociaux : twitter.com/ ChaireDRNE et facebook. com/ChaireDRNE

L’événement vise à faire le point sur les enjeux et les perspectives du droit des ressources naturelles et de l’énergie ainsi que sur les problèmes juridiques qui se posent dans ces secteurs d’activité.

Au cours des 20 dernières années, des facteurs comme la mondialisation, les innovations technologiques, les nouvelles logiques de marché et la transformation des attitudes des travailleurs à l’égard du travail ont changé la donne. photo Daniel Mercure

Le nouveau monde du travail « Les unions, qu’ossa donne ? », se demandait Yvon Deschamps il y a 50 ans. Qu’en est-il aujourd’hui ? par Renée Larochelle Au Québec, l’époque où un ouvrier commençait à travailler à l’usine à l’âge de 18 ans et prenait sa retraite à 65 ans – le cœur fatigué, mais tranquille par rapport à l’avenir – appartient de plus en plus au passé. On peut faire le même constat de ce temps où des centaines de jeunes, diplôme en poche, œuvraient au sein de la même entreprise durant de longues années, si ce n’était toute leur vie. Au cours des deux dernières décennies, des facteurs comme la mondialisation, les innovations technologiques, les nouvelles logiques de marché et la transformation des attitudes des travailleurs à l’égard du travail ont en effet changé la donne. Ces changements et leurs consé­ quences sur les relations du travail au Québec sont au cœur de l’excellent documentaire Un monde du travail en mutation. Projeté le 22 novembre au pavillon Alphonse-Desjardins, le film d’une durée de 45 minutes est une production de Daniel Mercure, professeur au Département de sociologie, et de Pierre Fraser, sociologue. Sa parti­ cularité est qu’il accorde largement la parole à deux leaders du monde syn­ dical, soit Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), et Jacques Létourneau, président de la Confé­dération des syndicats nationaux (CSN).  La projection du film était suivie d’une table ronde à laquelle participaient les deux chefs syndicaux, de même que Daniel Mercure et Jean Bernier, pro­ fesseur émérite au Département des relations industrielles. Ce professeur a amené la discussion sur les consé­ quences de la transformation du monde du travail sur les travailleurs autonomes ou indépendants. Comme ils ne bénéficient pas du statut de salarié, ils ne sont pas non plus couverts par la Loi sur les normes du travail. Ils doivent subir tous les problèmes qu’entraîne la situation, particulièrement en cas de maladie ou d’absence de travail. Et on ne parle même pas des congés de maternité ou des congés parentaux… À côté de ces travailleurs indépendants, on trouve les « faux indépendants », dont le statut est encore moins enviable, a souligné Jean Bernier. Ces « faux indépendants » travaillent dans

des agences de location de personnel, aussi connues sous le nom d’agences de placement, un phénomène qui prend de plus en plus d’importance au Québec. Ces travailleurs se trouvent ainsi sous l’autorité d’un employeur, dans les mêmes conditions que leurs collègues salariés, mais sans bénéficier d’un contrat de travail. « Ces précaires parmi les précaires, “ces véritables exclus”, insiste Jean Bernier, sont en majorité des immigrants qui n’ont souvent d’autre choix que d’accepter le travail qu’on leur propose. Contrairement à ce qui se passe ailleurs au Canada, il n’est pas interdit, au Québec, de combler des postes permanents par des salariés de ces agences. » Une question émerge : en cas de lésions professionnelles, qui, entre celui qui paie le travailleur (l’agence de location) et celui qui dirige le travail (l’entreprise), va dédommager le travailleur ? Bien au courant de cette prolifération des agences de location de personnel, le président de la CSN, Jacques Létourneau, estime que le fossé entre syndiqués et non-syndiqués ne peut que continuer à s’élargir, surtout si le monde syndical continue à ne pas s’intéresser aux besoins et aux préoccupations de cette catégorie de travailleurs. « Il s’agit là d’un défi pour les syndicats, soutient Jacques Létourneau. Mais actuellement, la réalité est la suivante : dans la société québécoise, vous êtes protégé uniquement quand vous êtes syndiqué. » Cela dit, même des travailleurs syndiqués qui ont travaillé 35 ou 40 ans pour la même entreprise sont affectés par les changements touchant le monde du travail, a expliqué Daniel Mercure. C’est le cas de quinquagé­ naires ou de sexagénaires qui ont perdu leur emploi parce que l’usine ou la manufacture a connu des difficultés ou encore a fermé ses portes. Pour arriver à joindre les deux bouts, ces personnes vont être contraintes d’exercer des emplois payés au salaire minimum, et cela au moment même où elles pourraient jouir pleinement de leur retraite. C’est un triste constat qui témoigne des transformations du monde du travail, rappelle Daniel Mercure. Pour visionner le documentaire : bit.ly/2fRZjbq


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vie étudiante

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Soigner ailleurs dans le monde Les étudiants réalisent, entre juin et août, un stage de neuf semaines en santé communautaire dans différents milieux en émergence

Mélanie Boulanger (à droite) et sa consoeur Josiane Allard en compagnie d’enfants du village.

Lancé il y a 15 ans, le programme Sciences infirmières autour du monde (SIAM) propose des stages d’apprentissage inoubliables à l’étranger par Brigitte Trudel « Dès mon inscription au bac­ calauréat en sciences infirmières, je savais que je voulais participer à   S I A M  » , r a c o n t e M é l a n i e Boulanger. Ce cursus propose aux étudiants de réaliser, à la fin de leur seconde année d’études, entre juin et août, un stage de neuf semaines en santé communautaire dans différents milieux en émergence. Depuis 2001, 279 étudiants ont été sélectionnés pour prendre part à l’aventure. L’été dernier, ils étaient 14, dont Mélanie. « J’avais été coopérante au Burkina Faso durant mes études collégiales et j’avais très envie d’une expérience semblable en contexte de soins infirmiers », explique celle qui se destine à une carrière en santé depuis qu’elle est toute petite. Cette fois, c’est au Cameroun que l’a menée son projet, plus particulièrement dans la commune de Nanga-Eboko comptant 38 000 habitants. La future infirmière y partageait son temps entre le dispensaire et l’hôpital de district, prodiguant soins et conseils à des gens de tous les âges. « Il m’est arrivé de faire jusqu’à 72 consultations en une journée », relate-t-elle. Il s’agissait d’un énorme travail, mais source de précieux apprentissages. « J’ai acquis tellement d’outils et d’autonomie, par exemple en réalisant de

nombreuses évaluations physiques. On apprend cette pratique durant nos études, mais on l’utilise peu, car ce sont surtout les médecins qui l’appliquent ici. » Si Mélanie a dû ajuster son ap­­ proche et apprendre à doser les contacts physiques avec « des gens peu habitués à recevoir des soins », elle garde un souvenir très ému de l’accueil reçu. « Un vrai coup de cœur », assure-t-elle. Celle qui obtiendra son diplôme ce

une première expérience internationale d’études. « Je suis curieux de nature et je voulais relever un défi dans un contexte d’ouverture à l’autre », précise-t-il. C’est à Sô Tchanhoué, un village sur pilotis de 9 000 habitants, que Philippe a utilisé ses compétences dans un centre de santé dont la seule source d’électricité provenait de l’énergie solaire. « Il y avait des suivis de grossesse et des accouchements, de la vaccination, de la consultation médicale de première ligne et un laboratoire d’analyses », relate le futur infirmier, qui a également mené des consultations sur le ­t errain visant le dépistage du ­paludisme, du VIH et de la mal­ nutrition. Celui que les enfants

appelaient affectueusement « Yovo » (le Blanc) estime avoir acquis beaucoup de leadership et de confiance sur le plan professionnel. Il a été particulièrement impressionné par le respect que se vouaient entre eux les villageois, malgré leurs appartenances religieuses très diverses. « Musulmans, catholiques, chrétiens célestes et pratiquants du vaudou se cô­­ toyaient dans une tolérance exemplaire, de laquelle nous aurions tous à apprendre. » S’il songe également à poursuivre des études de maîtrise, Philippe n’envisage pas pour autant de retourner pratiquer dans d’autres pays. « J’ai adoré mon expérience, précise-t-il. Toutefois, les connaissances que j’ai acquises, je choisis de les mettre à profit ici. On ne le réalise pas toujours, mais il y a aussi de grands besoins en matière de mieux-être et de santé chez nous. » Le 24 novembre, au pavillon Ferdinand-Vandry, Mélanie, Philippe et leurs collègues de SIAM 2016 ont partagé leurs expériences à l’occasion de présentations orales tenues devant public. Les auditeurs, parents et amis venus les entendre, de même que les participants aux prochains stages de SIAM, ont été captivés par leurs propos. « Cet événement touchant représentait non seulement une belle façon de boucler la boucle, mais aussi une manière de passer le flambeau aux nouveaux “SIAMois”», conclut Mélanie.

printemps envisage de poursuivre son perfectionnement grâce à une maîtrise. Surtout, elle souhaite soigner de nouveau ailleurs dans le monde, en Inde ou en Amérique du Sud. Tout comme chez Mélanie, le désir d’embrasser une carrière en soins infirmiers s’est manifesté très tôt chez Philippe De Montigny, lui aussi étudiant de 3e année et participant à SIAM 2016. Dans son cas, Mélanie Boulanger (quatrième à partir de la gauche) entourée de collègues son séjour au Bénin représentait durant son stage au Cameroun.

Durant son séjour, Philippe De Montigny a été invité à se joindre aux villageois pour divers rassemblements festifs.

L’un des objectifs du stage de Philippe De Montigny consistait à enseigner de bonnes pratiques pour combattre les maladies parasitaires.


sports

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Le champion national en titre au 1 500 m et au 3 000 m, Antoine Thibeault, et ses coéquipiers amorcent leur saison ce samedi, 3 décembre, au stade couvert du PEPS. photo Pierre Morin

Toujours en quête de succès

Le Championnat universitaire canadien de cross-country vient à peine de se terminer que les étudiants-athlètes passent déjà à la prochaine étape : la saison intérieure d’athlétisme par Mathieu Tanguay Les activités intérieures de l’équipe d’athlétisme débuteront le samedi 3 décembre avec la présentation de ­l’Invitation Rouge et Or au PEPS. « Plusieurs étudiantsathlètes qui ont contribué aux succès de l’équipe de cross-country cet automne sont également membres de la formation d’athlétisme. Ils sont en excellente forme et ça laisse présager qu’on aura une bonne saison », avance l’entraîneur-chef du Rouge et Or FélixAntoine Lapointe. Rappe­ lons que l’équipe masculine de cross-country a obtenu le premier titre canadien

de son histoire le 12 no­­ ve m b r e s u r l e s p l a i n e s d’Abraham. Outre la traditionnelle compétition locale de saison régulière, l’Université Laval accueillera, les 24 et 25 fé­­ vrier 2017, le Championnat provincial universitaire d’athlétisme. La soixantaine de représentants du Rouge et Or aimeraient reconquérir les deux bannières du RSEQ. Les hommes ont remporté cette bannière au cours des trois dernières années, mais les femmes n’ont pas atteint la première place du classement provincial depuis 2014.

LES HOMMES SONT FAVORIS

Sans surprise, les hommes débuteront donc la saison 2016-2017 avec l’étiquette de favoris. Les deux meilleurs coureurs de l’équipe lors du récent Championnat canadien de cross-country, Yves Sikubwabo, athlète masculin par excellence d’U Sports, le réseau universitaire canadien, et Antoine Thibeault, qui a terminé au 5 e rang, se­­ront les ­athlètes à surveiller. Ce dernier est champion national en titre des courses de 1 500 m et 3 000 m. Yves Sikubwabo excelle, lui aussi, dans ces deux cour­s es, ayant remporté l’argent au 1 500 m en 2013.

Après avoir terminé au quatrième rang au Canada en 2015 et au cinquième rang en 2016, le Rouge et Or est prêt à obtenir un meilleur résultat. « L’Uni­versité de Windsor est encore celle qu’on voit sur la première marche d u   p o ­­d i u m , m a i s t o u t n’ e st   p a s j o u é . S i n o s ­a thlètes réussissent de bonnes performances au Championnat canadien universitaire d’athétisme, c’est réaliste de viser le premier podium de notre histoire. » LES FEMMES FERONT UNE CHAUDE LUTTE AU VERT & OR

L’entraîneur-chef s’attend à ce que la formation féminine Rouge et Or travaille ardemment pour devancer l’équipe détentrice de la bannière provinciale de­­ puis deux ans, le Vert & O r d e l ’ U n i ve r s i t é d e Sherbrooke. Pour que ce rêve devienne réalité, l’Université Laval espère de solides performances ­d’Aurélie Dubé-Lavoie et d’Anne-Marie Gauthier. La première a conclu de ma­­ gnifique façon une belle saison de compétition en cross-country en étant élue recrue de l’année du RSEQ. La seconde, quant à elle, a gagné, l’année dernière, la médaille d’or au Cham­p ionnat provincial uni­versitaire aux courses de 1 500 m et de 3 000 m. Elle a également terminé en quatrième place sur cette dernière distance au Cham­pionnat canadien. Les meilleures athlètes du Rouge et Or se rendront ensuite à Edmonton, en Alberta, où sera présenté le Championnat canadien d’athlétisme U Sports. Cette compétition aura lieu du 9 au 11 mars 2017.

Campus dynamique

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en bref

PEPS-Ô-FÊTES Pour célébrer le temps des Fêtes, le PEPS se transformera en véritable terrain de jeu pour les petits et les grands. Dans le stade couvert, jeux gonflables destinés aux enfants de 2 à 14 ans, tables de ping-pong, trampolines, ­ateliers de danse et parcours pour les bambins amuseront toute la famille. Les visiteurs pourront également avoir accès aux tremplins et aux structures gonflables des piscines ainsi qu’au bassin récréatif. L’aréna sera également ouvert pour vos premiers coups de patin de la saison. Allez hop, faites le saut et prenez part à cet événement incontournable à Québec ! photo Hubert Gaudreau

Mercredi 28 décembre et jeudi 29 décembre, au PEPS. Forfaits individuels et familiaux en prévente jusqu’au 21 décembre. Pour info : peps.ulaval.ca

La programmation pour la session d’hiver est en ligne La programmation hivernale du PEPS est maintenant en ligne. Avec plus de 125 activités, le PEPS offre assurément un cours qui saura vous plaire ! Plusieurs nouveautés font leur apparition, dont des cours de danda tribe yoga, de combo danse et musculation, de ­cardio-raquettes et de préparation physique aux courses à obstacles. L’inscription aux activités de l’hiver ­débutera le mercredi 7 décembre dès 7 h sur le Web (peps.ulaval.ca), sur place ou au 418 656-PEPS.

Ateliers de bien-être Pour terminer l’année en beauté et faire le plein d’énergie, les responsables du yoga ­pilates au PEPS organisent trois ateliers de bien-être d’une durée de 30 minutes chacun. Offrez-vous ce beau moment de détente en fin de session ! Mardi 13 décembre (méditation guidée), mercredi 14 décembre (massoballe) et jeudi 15 décembre (méditation guidée), à 12 h 15, au PEPS. Vous pourrez réserver votre place à partir du 6 décembre à la réception du PEPS.

Samedi 3 décembre Il est toujours temps de se procurer des billets pour le spectacle des Harlem Globetrotters, qui seront de passage à l’amphithéâtre-gymnase Desjardins-Université Laval le 8 avril prochain. L’équipe de basketball la plus célèbre du monde avait fait salle comble l’an passé au PEPS. Pour information : 418 656-PEPS. photo Mathieu Bélanger

Athlétisme | Invitation Rouge et Or PEPS | 10 h


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au fil de la semaine

03/12

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À la découverte des traditions japonaises L’Espace Japon, situé au pavillon Jean-CharlesBonenfant, est un lieu privilégié pour découvrir ou approfondir la culture nippone. D’ailleurs, toute la communauté universitaire pourra, ce samedi, s’initier à trois aspects particuliers de cette culture : l’origami, le thé et la calligraphie. Tout d’abord, deux ateliers sur l’art de plier le papier adapteront les vieilles techniques japonaises à la culture occidentale actuelle. En effet, les participants y fabriqueront un père Noël et un sapin. Ensuite, une courte présentation sur les thés japonais (vert, hojicha, genmaicha) dévoilera les secrets de leur préparation. Vous pourrez même déguster une ou plusieurs tasses de cette boisson traditionnelle. Finalement, un maître de la calligraphie japonaise, Shoho Teramoto, animera un atelier sur le Shodo, une technique d’écriture qui se pratique avec un pinceau et de l’encre. Samedi 3 décembre, ateliers d’origami, de 10 h à 11 h et de 11 h à 12 h, et dégustation de thés, de 12 h 30 à 13 h 30, à l’Espace Japon du pavillon Jean-CharlesBonenfant (niveau 00). Démonstration de Shodo, de 14 h à 15 h, au local 4285 de la Bibliothèque du pavillon Jean-Charles-Bonenfant. Entrée libre.

01/12

05/12

05/12

06/12

06/12

07/12

Art martial ou art social ?

Aînés et exploités

Le beau rend-il heureux ?

De grandes voix de jazz

La littérature jeunesse au Québec

La loi 101 a 40 ans

Les arts martiaux ne sont pas que des techniques de combat ; ils sont également des produits culturels qui sont nés et se sont trans­formés selon les codes des sociétés dans lesquelles ils se sont implantés. Dans notre société, leur image est également tributaire de leur exploitation dans les médias. Le Département de sociologie organise donc une rencontre sur le thème « Les arts martiaux entre médias et culture populaire » pour approfondir la question. Après avoir vi­­sionné deux documentaires destinés à vous plonger dans la réalité sociale des arts martiaux, vous pourrez écouter les présentations de Yann Ramirez, d’Olivier Bernard et de Pierre Fraser.

L’amour rend vulnérable à tous les âges de la vie. Les aînés sont donc sus­ceptibles d’être exploités par leur nouvelle flamme. La Chaire de recherche AntoineTurmel sur la p ­ rotection juridique des aînés, en collaboration avec l’École de service social et l’Association québécoise de gérontologie, vous convie à la projection du documentaire En mé­­ moire d’elle, qui raconte l’histoire vraie d’un homme manipulé ayant cédé la propriété d’une partie de sa ré­­ sidence à une amoureuse de fraîche date. Une discussion sur la maltraitance financière des personnes âgées, animée par la professeure Sophie Éthier, de l’École de service social, suivra le film. Stevens Fortin, policier, Joëlle Richard, intervenante sociale, et Christine Morin, professeure à la Faculté de droit, sont les conférenciers invités à cette rencontre.

Pierre Thibault, professeur à l’École d’architecture, et François Cardinal, éditorialiste en chef de La Presse, sont tous deux convaincus que les beaux espaces con­ tribuent au bonheur quotidien. Ensemble, ils ont écrit le livre Et si la beauté ren­ dait heureux, qui creuse l’idée que l’architecture ne doit pas seulement être fonctionnelle, mais également empreinte de qualités purement esthétiques pour apaiser, stimuler et amé­ liorer l’existence de tous. Le journaliste et l’architecte ont, entre autres, interrogé des habitants de Copenhague, capitale dont l’urbanisme suscite l’admiration, pour vérifier les effets du beau sur leur vie. Aspirez-vous à faire davantage de place à la beauté dans votre quotidien ? Soyez présent au lancement de l’ouvrage, illustré par de superbes dessins de Pierre Thibault.

Les amateurs de jazz vocal ne voudront pas manquer le concert Les voix du jazz, dirigé par Rémy Tremblay. Deux grands ensembles d’une quinzaine de chanteurs et une section rythmique occuperont tour à tour la scène pour présenter des mélodies composées par les plus grands noms du monde musical. Vous entendrez des airs de Billy Joel, Darmon Meader, Irving Berlin, Chick Corea, Bob Berg, Jerome Kern, Glen Miller, Quincy Jones, Queen, John Lennon et Paul McCartney. Laissez-vous charmer par les plus ­belles voix de l’Université !

Jeudi 1er décembre, à 14 h, au local 1245 du pavillon Charles-De Koninck. Entrée libre.

Lundi 5 décembre, à 15 h 30, au cinéma Le Clap (2360, chemin Ste-Foy). Activité gratuite, mais ­inscription obligatoire  : bit.ly/2g7jKys

image Pierre Thibault

Lundi 5 décembre, à 16 h 30, au café étudiant de l’École d’architecture. Entrée libre.

photo Marc Robitaille

Mardi 6 décembre, à 19 h 30, à la salle HenriGagnon du pavillon Louis-Jacques-Casault. Pour vous procurer des billets : mus.ulaval.ca/ billetterie. Des billets seront aussi dispo­nibles à la porte le soir du concert.

Écrivain en résidence à la Bibliothèque depuis septembre, l’auteur Camille Bouchard participera à une table ronde sur le thème « De l’écriture à l’édition, la diffusion de la littérature jeunesse au Québec ». Lauréat de nombreux prix littéraires, cet auteur de plus de 85 romans alterne avec un égal plaisir entre les récits pour le grand public et ceux pour les ­adolescents et les préadolescents. Il sera accompagné de Stéphanie Durand, éditrice des livres jeunesse chez Québec Amérique, et de Brigitte Carrier, chargée de cours à la Faculté des sciences de l’éducation. Le débat sera animé par Valérie Gaudreau, journaliste au quotidien Le Soleil et animatrice du magazine littéraire Épilogue à CKIA. photo Marc Robitaille

Mardi 6 décembre, de 17 h à 18 h, au local 4285 de la Bibliothèque du pavillon Jean-Charles-Bonenfant. Entrée libre.

Consultez le calendrier complet des activités sur le campus à ulaval.ca

La Charte de la langue française, communément appelée loi 101, a été adopté en 1977. Elle célébrera donc prochainement ses 40 ans. Pour souligner cet anniversaire, l’AELIÉS souhaite, dans sa prochaine chaire publique, dresser le bilan de cette loi. Est-ce que les principes du droit canadien ont pris trop de place dans l’interprétation des tribunaux ? A-t-on respecté l’esprit de Camille Laurin ? Certains des ar­­ ticles de la Charte étaientils réellement abusifs ? Jacques Leclerc, linguiste, Nadine Koussa, avocate, Emmanuelle Richez, professeure à l’Université de Windsor, et Éric Poirier, doctorant en droit linguis­ tique et constitutionnel à l’Université de Sherbrooke et à l’Université de Bor­ deaux, sont les conférenciers invités à débattre de ces questions. Mercredi 7 décembre, à 19 h 30, à l’amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins. Entrée libre. Événement Facebook: facebook.com/ events/346991145673578

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