Page 1

Marchez, courez, pédalez... La Semaine des transports collectifs et actifs commence le dimanche 16 septembre. p16

Volume 48, numéro 2 13 septembre 2012

photo Marc Robitaille

Enfin de la lumière !

Le pavillon Vachon se refait une beauté avec son nouvel atrium, qui offre un vrai milieu de vie aux étudiants en science. p3


actualités en bref L’étude qui change tout

le fil | le 13 septembre 2012

2

Une faille méthodologique découverte par des chercheurs de la Faculté de médecine risque de créer un petit tsunami dans le monde de la recherche sur le X fragile par Jean  Hamann

Courir pour la vie Réseau sentinelle, une équipe créée par le Comité de prévention du suicide à l’Université Laval, se joindra au mouvement Courir pour la vie, lors de la course du 10 km qui aura lieu le 16 septembre sur le campus. Les membres de la communauté universitaire qui désirent se joindre au réseau peuvent le faire en visitant le site courirpourlavie.ca. Ils peuvent également faire un don en appuyant un coureur. À ce jour, plus de 8 200 $ ont été amassés par l’équipe pour le Centre de prévention du suicide de Québec.

L’eau au menu des rencontres Champlain-Montaigne La 7e édition des Rencontres ChamplainMontaigne se déroulera à l’Université les 27 et 28 septembre sur le thème « Eau, villes et territoires ». Les discussions se feront autour du droit de l’eau, de la protection des ressources et de l’hydrosolidarité. Elles brosseront un portrait détaillé de l’état de l’eau sur les territoires de la région Aquitaine et de la CapitaleNationale et de leur ville principale, Bordeaux et Québec.

Une méthode utilisée depuis 2001 par la plupart des chercheurs qui étudient le syndrome du X fragile comporte une faille importante. C’est ce que soutiennent le professeur Edouard Khandjian et ses collaborateurs de l’Institut universitaire de santé mentale de Québec dans un récent numéro de la revue PLoS ONE. Cette faille laisse planer des doutes sur les conclusions de certaines études menées depuis 11 ans sur cette maladie. « Il s’agit d’une situation délicate étant donné que certains de ces travaux ont été publiés dans Cell, Proceedings of the National Academy of Sciences, Nature et autres journaux de haute visibilité », commente le professeur Khandjian, de la Faculté de médecine. Le syndrome du X fragile est la principale cause de retard mental héréditaire. Il se manifeste chez l’enfant par un retard d’apprentissage du langage et par des comportements hyperactifs ou autistiques. Cette maladie frappe davantage les garçons (1 sur 4 000) que les filles (1 sur 6 000). Le mauvais fonctionnement neuronal

des personnes atteintes serait dû à une déficience en FMRP (Fragile X Mental Retardation Protein). Normalement, ces protéines se lient aux ARN messagers produits dans le noyau des neurones et forment, avec d’autres protéines, des granules d’ARN. Les FMRP bâillonnent l’ARN messager jusqu’à ce que les granules soient livrés, par la voie de microtubules, à la région de la cellule où doit se dérouler la synthèse des protéines, ce qui peut représenter une distance allant jusqu’à un mètre chez l’humain. « Les microtubules sont comme des rails sur lesquels circulent des wagons(les granules) qui transportent l’information génétique (les ARN messagers) vers des usines distantes, spécialisées dans la synthèse de protéines impliquées dans la plasticité des neurones », explique le professeur Khandjian. En 2001, l’équipe de Steve Warren de l’Emory University à Atlanta annonçait avoir mis la main sur un anticorps spécifique au FMRP, le 7G1-1. « Grâce à cet outil, il était désormais possible d’isoler, de doser, d’analyser et de séquencer les

Les Rencontres Champlain-Montaigne sont un événement d’envergure internationale auquel sont associés les universités et les administrations municipales de Québec et de Bordeaux, la Conférence régionale des élus de la CapitaleNationale et le Conseil régional d’Aquitaine. Elles ont été instaurées dans la foulée des relations d’amitié et de coopération qu’entretiennent les deux cités depuis leur jumelage en 1962. J. H. www.rencontreschamplainmontaigne.ca

ERRATUM Une erreur s’est glissée dans la rubrique « Ils ont dit… » du 6 septembre. Le professeur de la Faculté de médecine qui s’exprimait sur l’éclosion de légionnellose s’appelle Roger C. Levesque, et non Robert. Nos excuses.

Le professeur Edouard Khandjian, de la Faculté de médecine, dans son laboratoire de l’Institut universitaire de santé mentale de Québec. photo Marc Robitaille

On peut le lire en ligne au www.lefil.ulaval.ca et s’abonner gratuitement à un avis de parution électronique. Écrivez-nous ! Le Fil accueille vos idées avec plaisir.

Le journal de la communauté Universitaire Fondé en 1965, Le Fil est un hebdomadaire publié 30 fois par an par la Direction des communications de l’Université Laval et distribué gratuitement sur le campus.

Les lettres destinées au courrier des lecteurs – 400 mots maximum – doivent nous parvenir au plus tard le vendredi midi précédant la parution, à l’adresse info@lefil.ulaval.ca. Le contenu de ce journal peut être reproduit à condition de mentionner la source et l’auteur. Rédaction Éditrice : Hélène Côté, directrice des communications

FMRP, précise le professeur Khandjian. C’est vite devenu l’outil de travail de la plupart des grands laboratoires qui étudient le syndrome du X fragile. » En 2004, des tests effectués à l’aide de cet anticorps par l’équipe du professeur Khandjian soulèvent les premiers doutes sur la soi-disant spécificité de l’outil. « Nos résultats suggéraient que l’anticorps reconnaissait simultanément deux protéines, souligne le chercheur. Comme nous étions déjà très occupés avec nos travaux, les choses en sont restées là jusqu’à ce que je présente nos résultats lors d’un colloque tenu au New hampshire en 2008. » Réponse du professeur Warren : il y a probablement eu contamination des anticorps utilisés par l’équipe de l’Université Laval. Pour tirer l’affaire au clair, le professeur Khandjian demande l’intervention d’un tiers. L’équipe de John Schrader, de l’University of British Columbia, reprend les expériences et arrive aux mêmes conclusions que les chercheurs de la Faculté de médecine. L’anticorps réagit avec FMRP, mais aussi avec une autre protéine, la Caprin1. « Au-delà du problème de spécificité de l’anticorps, la grosse surprise a été que Caprin1 est un partenaire de FMRP. Les deux protéines fonctionnent de concert dans les neurones pour transporter les granules d’ARN et auraient même en commun certains ARN messagers, ajoute le professeur Khandjian. Il se pourrait que Caprin1 compense partiellement l’absence de FMRP et permette aux personnes atteintes du syndrome du X fragile de vivre une vie relativement normale. » Ces résultats risquent de produire un petit tsunami dans le monde de la recherche sur le X fragile. Il faudra faire un bon ménage dans les études réalisées depuis 2001 à l’aide de l’anticorps 7G1-1 afin de déterminer ce qui tient encore la route. Les équipes qui recouraient à cet anticorps devront aussi revoir leurs méthodes de travail. Ce n’est pas le cas de l’équipe du professeur Khandjian, qui utilise depuis quelques années des anticorps spécifiques au FMRP, développés dans ses laboratoires. « Il reste quelques expériences que nous voulons réaliser avec ces anticorps. Après quoi j’ai l’intention de les mettre à la disposition des chercheurs qui voudraient les utiliser .» L’article paru dans PLoS ONE est signé par Rachid El Fatimy, Sandra Tremblay, Alain Dury, Paul De Koninck et Edouard Khandjian, de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec, et Samuel Solomon et John Schrader, de l’University of British Columbia.

Rédactrice en chef : Mélanie Saint-Hilaire Journalistes : Jean Hamann, Renée Larochelle, Yvon Larose Collaborateurs : Matthieu Dessureault, Pascale Guéricolas Secrétaire à la rédaction et recherchiste photo : Josée Nadeau

Ventes publicitaires Élisabeth Farinacci 418 656-2131 poste 4618

Production Infographie : Léa Robitaille, Service de reprographie de l’Université Laval Impression : Les Presses du Fleuve, Montmagny (Québec)

Pour nous joindre 2325, rue de l’Université, local 3108 Québec (Québec) G1V 0A6 Téléphone : 418 656-2131 poste 4687

Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec, ISSN 022-1-1965


actualités UL

le fil | le 13 septembre 2012

3

Les étudiants en science disposent maintenant d’un véritable milieu de vie. photo Marc Robitaille

Un nouvel atrium par Yvon Larose Une surprise de taille attendait les étudiants de la Faculté des sciences et de génie lors de la rentrée d’automne. À la suite de travaux qui ont coûté 8 M $, le pavillon Alexandre-Vachon dispose maintenant d’un carrefour d’activités. L’Atrium, comme on l’appelle, consiste en un vaste espace de 735 mètres carrés et haut de 23 mètres. Jusqu’à 500 personnes peuvent s’y asseoir en même temps. On y trouve notamment une aire de restauration et un nouvel ascenseur facilitant l’accès à tous les

étages du pavillon. « C’est un milieu de vie et de rencontre, souligne Denis Bussière, directeur général de la Faculté. Les travaux ont aussi permis de réunir l’ensemble des associations étudiantes du pavillon dans un lieu plus central, à l’étage sous l’Atrium. » L’Atrium occupe l’emplacement de l’ancienne bibliothèque de premier cycle. On y accède par le hall d’entrée du pavillon, au niveau du stationnement. Son orientation ouest, une généreuse

fenestration ainsi qu’un puits de lumière favorisent une luminosité maximale. « Les concepteurs ont porté une attention particulière à l’acoustique », indique le directeur. L’ouverture de l’Atrium met un point final à la première phase d’importants travaux de mise aux normes et de rénovation du pavillon Alexandre-Vachon. Cette étape aura nécessité des investissements de 15 M $. En tout, 85 M $ seront injectés dans la modernisation de ce bâtiment construit en 1962.

Fin de la première phase des travaux de rénovation au pavillon AlexandreVachon

Retour en classe Des groupes d’étudiants mettent les bouchées doubles pour terminer leur session d’hiver par Pascale Guéricolas Après un printemps et un début d’été assez mouvementé du côté de la gestion de l’offre de cours, les choses rentrent maintenant dans l’ordre. L’engagement de Pauline Marois de respecter sa promesse électorale de supprimer la hausse des droits de scolarité a eu un effet immédiat sur les associations étudiantes du campus qui s’interrogeaient sur la suite du mouvement. L’ÆLIÉS

ainsi que les associations de sociologie, de philosophie et d’anthropologie ont décidé de reprendre le chemin des salles de cours. Le Vice-rectorat aux études met donc la dernière main à la mise en place de la rentrée par étapes – rentrée déjà bien amorcée. Le vice-recteur, Bernard Garnier, a discuté et approuvé au fur et à mesure les procédures de reprises de cours des différents

départements. Selon les programmes, des cours se sont donnés par vidéo ou pendant la fin de semaine. Des professeurs ont aussi apporté une aide ponctuelle à certains groupes d’élèves. Déjà, des groupes d’étudiants de sociologie ou de philosophie mettent les bouchées doubles pour terminer leur session d’hiver d’ici le début d’octobre. « Avec le recul, je constate que les professeurs et les chargés de cours se sont montrés très collaborateurs dans l’immense majorité des cas, témoigne le vice-recteur.

Les étudiants et leurs organisations ont bien joué le jeu aussi. » Même si les jeunes qui ont fait la grève pendant plusieurs mois se réjouissent de la décision prise par le nouveau gouvernement du Québec, ils ne signent pas pour autant un chèque en blanc à l’équipe de Pauline Marois. « La grève cesse, mais nous restons vigilants, commente Hind Fazazi, étudiante en philosophie et en science politique. Nous sommes heureux dans mon association que la hausse soit annulée, mais l’ambiance était plutôt tiède durant le

vote en assemblée générale. On verra aussi si la loi 12 (issue du projet de loi 78) est bel et bien abrogée et si les bonifications des prêts et bourses annoncées en avril sont maintenues. » Jovan Guénette, étudiant en dernière année de sociologie, partage ce sentiment douxamer. Il reste persuadé que la grève a poussé le Parti québécois à davantage s’engager en matière d’éducation universitaire. À ses yeux, toutefois, la victoire étudiante n’est pas définitive. « On pourrait retourner en assemblée générale si le gouvernement

ne va pas assez loin dans la réalisation de ses promesses, comme celle sur la tenue d’un sommet », note-t-il.


4

actualités UL

le fil | le 13 septembre 2012

en bref

Une nomination pour Hélène Lee-Gosselin Hélène Lee-Gosselin, titulaire de la Chaire Claire-Bonenfant à l’Université, a été invitée à siéger à la Commission de la recherche et de l’enseignement universitaires, un comité du Conseil supérieur de l’éducation. Elle fait partie de la trentaine d’experts que le président du Conseil, Claude Lessard, a invités afin qu’ils puissent partager leurs connaissances en cette matière. Elle participera aux travaux jusqu’en août 2015. Les membres des commissions sont nommés par le Conseil après consultation des établissements et des organismes intéressés par le secteur d’enseignement visé. Ils n’agissent pas à titre de porte-parole de leur organisation respective, mais contribuent à assurer la diversité des perspectives. Le Conseil guide le ou la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport sur toute question relative à l’éducation.

Michel Audet dirige les études internationales Michel Audet, qui était récemment le commissaire général du premier Forum mondial de la langue française, est devenu le nouveau directeur de l’Institut québécois des hautes études internationales. « C’est un honneur pour moi de prendre la direction de cette institution universitaire qui fait l’envie de beaucoup d’universités et qui repose sur la synergie des disciplines et facultés de notre communauté universitaire », a-t-il déclaré. Le professeur titulaire au Département des relations industrielles de l’Université Laval occupait auparavant, de 2007 à 2011, le poste de représentant du gouvernement du Québec à la Délégation permanente du Canada auprès de l’UNESCO à Paris. Michel Audet détient un doctorat en relations industrielles de l’Université de Montréal.

Obtenir une bourse d’un organisme subventionnaire Intéressé à obtenir une bourse d’un organisme subventionnaire? Les 13 et 14 septembre, le Bureau des bourses et de l’aide financière organise des rencontres d’information sur les différents programmes. Il donnera des conseils précieux pour quiconque veut formuler une demande. Les étudiants en sciences humaines et sociales, musique, arts, lettres et langues ont rendez-vous le jeudi 13 septembre à 11 h 30 au local 1A du pavillon Charles-De Koninck. Pour les étudiants aux cycles supérieurs en santé, les Instituts de recherche en santé du Canada offrent un séminaire en ligne sur les enjeux relatifs aux concours le jeudi 13 septembre à 13 h 30 au local 2326 du pavillon AlphonseDesjardins. Enfin, les étudiants en sciences naturelles et génie auront leur séance le vendredi 14 septembre à 11 h 45 au local 2880 du pavillon Alexandre-Vachon.

Traiter le harcèlement par la médiation

Traiter le harcèlement par la médiation Une nouvelle approche permet de mieux gérer les conflits qui éclatent parfois pendant les études aux cycles supérieurs par Yvon Larose Certains étudiants deviennent agressifs quand ils n’obtiennent pas la note désirée. Ils vont élever le ton. Ils vont parfois même proférer des menaces envers le professeur. « Certains, dans un travail de groupe, harcèlent les autres tout en ne travaillant pas eux-mêmes, signale Jacques Moreau. Ces comportements intimidants font partie de la problématique de santé mentale que l’on observe sur le campus. » Jacques Moreau a dirigé le Centre de prévention et d’intervention en matière de harcèlement(CPIMH) jusqu’à une date récente. Le 28 juin, il déposait son rapport annuel 2011-2012 au Conseil d’administration. « Les problèmes de santé mentale qui perturbent le milieu d’études sont assez préoccupants, ici comme dans toutes les autres universités, indique-t-il. Dans la dernière année, 13 cas d’étudiants souffrant de troubles divers ont été signalés au CPIMH. Cela représente une hausse importante. » L’organisme recommande de former un comité pour documenter ce problème et développer des modes d’intervention. Le CPIMH s’est aussi penché sur l’encadrement des étudiants aux cycles supérieurs. « À la base, souligne le directeur sortant, la relation entre le professeur-chercheur et son étudiant doit être sereine. Il arrive que cette relation se détériore gravement, conduisant même parfois, dans le pire des cas, à l’exploitation de l’étudiant par le professeur-chercheur. » En un an, 12 cas d’encadrement

inadéquat ont été signalés. « Je suis convaincu que cela ne représente que la pointe de l’iceberg », soutient Jacques Moreau. Les types de problèmes d’encadrement sont multiples et loin d’être exclusifs à l’Université Laval. Ils trouvent un écho particulier chez les étudiants étrangers. « Ces étudiants ne connaissent pas nos us et coutumes et n’osent pas se défendre, ce qui amplifie la situation. » Le directeur recommande la formation d’un comité d’experts indépendants qui étudierait les relations malsaines détectées dans l’encadrement aux cycles supérieurs. En 2011-2012, le CPIMH a reçu des demandes d’aide d’étudiants aux trois cycles ainsi qu’au postdoctorat, mais aussi d’employés membres de six

syndicats et de gestionnaires. Il a réalisé 85 activités ou rencontres de sensibilisation qui ont attiré 4 116 personnes. Parmi elles, 4 021 étudiants et 59 gestionnaires. En quatre ans, le nombre de dossiers a triplé, passant de 34 à 118. « C’est un signe que l’on nous connaît de plus en plus dans la communauté universitaire, estime Jacques Moreau. Les situations signalées sont aussi de plus en plus récentes. » Durant la dernière année, le centre n’a reçu que deux plaintes formelles de harcèlement. Durant son mandat, le directeur sortant a implanté un processus de traitement précoce des situations présumées de harcèlement. « Nous intervenons par la conciliation et par la médiation, ainsi que par la prévention, souligne Jacques Moreau. En 20112012, le taux de règlement à l’amiable se situe au-delà de 70 %. »

Le taux de règlement à l’amiable se situe au-delà de 70 %

Jacques Moreau a implanté une approche audacieuse de traitement précoce des conflits. photo Marc Robitaille


actualités

le fil | le 13 septembre 2012

5

Le roman en question La revue étudiante Chameaux pose un regard critique sur ce genre littéraire dont la grande popularité fait ombrage aux autres par Renée Larochelle

Il suffit de pénétrer dans une librairie pour se rendre compte du vaste espace accordé au roman. Et pour cause : voilà un genre littéraire qui se vend très bien, à l’instar des livres pratiques sur la cuisine, la santé, le jardinage ou la psychologie populaire. Selon Mélodie Simard-Houde, doctorante en études littéraires, la raison de cette popularité est fort simple : on ouvre un roman en sachant que quelqu’un va nous raconter une histoire. « Le roman est un genre littéraire dont l’importance saute aux yeux, dit-elle. Cela mérite toutefois d’être mis en question. Est-ce que cette popularité signifie nécessairement qu’il a quelque chose d’intéressant et de nouveau à dire sur le monde ? S’écrit-il encore de grands romans, de grandes œuvres ? Plusieurs des auteurs que nous avons interrogés ont une réponse assez pessimiste à ces questions », souligne Mélodie Simard-Houde. Cette lectrice avertie signe quelques textes dans le dernier numéro de la revue Chameaux, créée en 2009 par des étudiants en études littéraires. Lancé tout récemment à la librairie Saint-JeanBaptiste à Québec, le 5e numéro

propose un dossier intitulé « Le roman en question ». En plus de quelques essais, il présente des entrevues réalisées auprès de spécialistes. « Une partie du succès du roman provient de sa relation avec d’autres médias, notamment le cinéma, explique la doctorante. Lorsqu’un film est populaire, les ventes du livre s’en trouvent bonifiées, et celui-ci se hisse au sommet des meilleurs vendeurs. On n’a qu’à voir en ce moment le succès de la trilogie The Hunger Games de Suzanne Collins, ou encore tous les romans réédités avec une couverture représentant une image tirée du film. C’est essentiellement le roman qui bénéficie de cette visibilité, car on n’adapte pas les recueils de poésie, et plus rarement les pièces de théâtre. » Pourquoi y a-t-il des romans qui ne vieillissent pas tandis que d’autres prennent des rides très vite ? « André Gide disait en gros que les grandes œuvres étaient mieux comprises par les générations futures que par leurs contemporains, dit la jeune femme. Cela ne veut pas dire que ces œuvres sont en avance sur leur époque, mais plutôt qu’elles réussissent à se dégager des lieux communs de leur temps. C’est précisément ce qui

les rend justes et vraies, des dizaines voire des centaines d’années plus tard. Elles ne paraissent pas périmées, car elles contiennent davantage que le seul reflet d’une époque. » Contrairement à certains littéraires qui reprochent à des séries populaires comme Harry Potter ou Twilight de privilégier l’histoire aux dépens du style et de la forme, Mélodie SimardHoude estime que cela n’enlève rien à leur efficacité. « Ces séries seront sans doute retenues par l’histoire littéraire, affirme-t-elle, pour l’impact qu’elles auront eu sur une époque, tout comme Les mystères de Paris, un romanfeuilleton d’Eugène Sue, qui a été lu par des milliers de personnes au milieu du 19e siècle. » www.revuechameaux.wordpress.com

»

Une partie du succès du roman provient de sa relation avec d’autres médias, notamment le cinéma

Mélodie Simard-Houde au lancement du cinquième numéro de la revue d’analyse littéraire Chameaux, le 7 septembre, avec Justin Moisan et Thomas Carrier-Lafleur, aussi membres du comité éditorial. photo Marc Robitaille

Plus d’un employeur sur deux apprécie qu’un candidat pose des questions tout au long de l’entrevue.

Nous embauchons ! Le Service de placement a enquêté sur les pratiques et méthodes de recrutement de centaines d’entreprises par Yvon Larose L a p l u p a r t d e s e m p l oye u r s conservent les curriculum vitae pertinents qu’ils reçoivent, même si aucun poste n’est affiché. Les fautes d’orthographe dans un CV et une lettre de présentation irritent la presque totalité d’entre eux. Enfin, pour évaluer un candidat en entrevue, plus de quatre employeurs sur cinq privilégient les questions traditionnelles comme « quelles sont vos forces? » et « qu’est-ce qui vous motive? ». Ce sont là quelques-uns des faits saillants d’une enquête en ligne menée à l’automne dernier par le Service de placement de l’Université. Au total, 576 professionnels ont répondu, dont des chefs d’entreprise, des responsables de ressources humaines et des responsables de la production. Presque la moitié des entreprises répondantes sont établies dans les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches. Près d’une société sur deux emploie 50 personnes et moins. « Notre clientèle se compose très majoritairement d’étudiants f i n i s s a n t s ave c p e u o u p a s d’expérience, explique André Raymond, directeur adjoint du Service de placement. Nous leur disons depuis plusieurs années de ne pas attendre qu’une entreprise affiche un poste avant de bouger, mais de l’approcher directement, considérant que 80 % des emplois disponibles ne sont pas affichés. Ces candidatures spontanées, 90 % des répondants vont en tenir compte. » L’enquête révèle que la qualité de la langue dans un CV et une lettre de présentation constitue le facteur le plus important aux yeux des employeurs. « Malgré d’excellentes compétences, poursuit André Raymond, les employeurs vont tenir pour acquis qu’un candidat qui ne prend pas la peine d’écrire dans un français impeccable aura tendance à bâcler son travail. »

Dans un curriculum vitae, l’expérience de travail et les études arrivent ex æquo au premier rang des facteurs les plus importants aux yeux d’un employeur. Plus des deux tiers des répondants se disent à l’aise avec un CV de deux pages, pourvu qu’il soit clair et précis. Près de la moitié des employeurs vérifient systématiquement les références des candidats. Plus de la moitié des entreprises sont actives dans les réseaux sociaux pour leur recrutement. Enfin, près des deux tiers des répondants se laissent influencer par leur première impression d’un candidat. « Cet aspect est toujours d’actualité, indique le directeur. C’est pourquoi nous recommandons aux candidats qui vont en entrevue de s’habiller en fonction du poste convoité et comme s’il s’agissait de leur première journée au travail. À compétence égale, celui qui se présente mieux va obtenir l’emploi. » On peut consulter les faits saillants de l’enquête sur les pratiques de recrutement 2011 à l’adresse suivante : www.spla. ulaval.ca/documents/pubspla/ enquete2011.pd

La qualité de la langue dans un CV constitue le facteur le plus important aux yeux des employeurs


6

recherche

le fil | le 13 septembre 2012

ils ont dit... Sur les « suicides électroniques »

Madeleine Pastinelli, professeure au Département de sociologie Le Devoir, 7 septembre

Madeleine Pastinelli, professeure de sociologie, a commenté la décision de certains internautes de se débrancher des réseaux sociaux afin de pouvoir, disent-ils, « renouer avec le réel ». « Ce sont des gestes signifiants, mais ils sont anecdotiques. Les réseaux sociaux s’inscrivent dans la vie quotidienne à travers une multitude de pratiques. Il y a une invention, un apprentissage des règles du jeu social qui sont en mutation, et cet apprentissage, pour certains, ne se fait pas sans douleur. Cela fait que l’on s’investit dans cette vie sociale en ligne par épisodes, selon ce qui se passe dans notre vie hors ligne. »

Sur l’importance de l’éducation Jean-Yves Duclos, professeur en économie, souligne la hausse des emplois payés 30 $ l’heure et plus au Québec, qui sont passés de 410 000 à 662 000, entre 2006 et 2011. « Un premier facteur qui explique ce phéJean-Yves Duclos, nomène est l’éducation. La professeur au population est de plus en Département plus diplômée et cela perd’économique met de créer des emplois Le Journal de plus spécialisés et donc Québec, mieux payés. » 6 septembre

Sur l’élection de Pauline Marois

Diane Lamoureux, professeure au Département de science politique et responsable du cours Femmes, féminisme et politique Le Devoir, 8 septembre

« Une première, c’est toujours important. Soixantedix ans après l’obtention du droit de vote, on n’est pas à l’avant-garde non plus. Il y a plein de pays du tiers monde où les femmes exercent les plus hautes fonctions, sans parler des pays nordiques. » Diane Lamoureux, professeure de science politique, remet en contexte l’élection de Pauline Marois et son effet sur la cause des femmes.

Les chercheurs ont étudié environ 200 plages du Québec. Le tiers d’entre elles posait un risque de transmission de souches de E. coli résistantes aux antibiotiques.

E. coli à la plage Des souches de bactéries résistantes aux antibiotiques se trouvent dans les eaux de baignade du Sud du Québec par Jean Hamann À la liste des indésirables qui fréquentent les plages du Québec, il faut maintenant ajouter le nom de souches de E. coli résistantes aux antibiotiques. C’est ce que démontre une équipe de chercheurs canadiens, dont fait partie Patrick Levallois du Département de médecine sociale et préventive, dans un récent numéro du Canadian Journal of Infectious Diseases and Medical Microbiology. En 2004 et 2005, les chercheurs ont prélevé plus de 1300 échantillons d’eau à proximité de quelque 200 plages du Québec. Leurs analyses révèlent qu’environ le tiers de ces eaux est contaminé par des souches de E. coli résistantes à au moins un antibiotique. Dix pour cent des échantillons contenaient des E. coli résistants à au moins un antibiotique utilisé couramment pour traiter des infections humaines.

« La source de contamination est probablement variable selon le plan d’eau, estime l’un des auteurs de l’étude, Pierre Chevalier, de l’Institut national de santé publique du Québec. Les bactéries peuvent provenir de champs agricoles, de fosses septiques ou encore des baigneurs euxmêmes, surtout s’il y a de jeunes enfants. » Selon les chercheurs, les eaux de baignade représentent une source potentielle de bactéries résistantes aux antibiotiques pour les personnes qui s’adonnent à des activités aquatiques. Rappelons que les gènes de résistance aux antibiotiques peuvent être transmis entre microorganismes. L’ingurgitation de E. coli résistants pourrait donc entraîner l’apparition de souches résistantes de microbes pathogènes présents dans le tube digestif et compliquer le traitement des infections qu’ils causent.

«

Les bactéries peuvent provenir de champs agricoles, de fosses septiques ou encore des baigneurs euxmêmes

La sociologie du printemps érable Un tout nouveau cours verra le jour à la session d’hiver, soit Question de sociologie II : le printemps québécois. Destiné aux étudiants du baccalauréat, il sera donné par le professeur Olivier Clain. Ceux qui le suivront se demanderont quels sont les éléments qui ont permis à ce conflit, portant au départ sur un enjeu traditionnel des luttes étudiantes au

Québec, de se transformer en un mouvement social de cette ampleur. Ils réfléchiront aussi en quoi ce mouvement a transformé la réalité collective québécoise. Selon le professeur Clain, il s’agira non seulement d’étudier ce mouvement sous toutes ses coutures, mais aussi « la manière dont s’est construit le discours qui conduit à la nécessité de

la hausse des droits de scolarité : le sous financement chronique des universités québécoises et leur manque à gagner qui a mené à la “ juste part ” que les étudiantes et étudiants devraient payer ». Plusieurs professeurs du Département de sociologie contribueront à son contenu. Par exemple, André Drainville viendra parler du « Printemps québécois dans la révolte

contre le néolibéralisme ». Simon Langlois abordera la question des « Classes moyennes au Québec et l’accès à l’éducation ». Richard Marcoux se demandera si le Printemps québécois est celui d’une génération. Quant à Sylvie Lacombe, elle traitera de « Québec Spring : ce qu’en a dit la presse anglophone du reste du Canada ».


3Q

société

le fil | le 13 septembre 2012

7

Trois questions à Jean-Yves Duclos sur l’avenir de l’économie québécoise

Jean-Yves Duclos photo Marc Robitaille

Les experts s’entendent pour dire que le gouvernement minoritaire dirigé par Pauline Marois n’aura pas la partie facile pour gérer la province. En plus de devoir conclure des alliances incontournables avec les deux partis de l’opposition, il affrontera les effets d’un climat économique morose aux États-Unis et en Europe. L’économiste Jean-Yves Duclos sort sa boule de cristal pour tenter de prédire le futur de l’économie d’ici.

que Jean Charest ne l’était, pour des raisons politiques, environnementales et sociales, mais aussi économiques. Le rendement du Plan Nord n’a rien d’assuré, car les dépenses sont plus rapides que le retour sur l’investissement public, qui s’établit à moyen et à long terme. Il y a donc fort à parier que le PQ va freiner les dépenses d’infrastructures, sans pour autant annuler les dépenses déjà prévues, comme celles visant à refaire la route sur la Côte-Nord qui relie BaieComeau à la ville minière de Fermont. Cela dit, il faudra décider bientôt si le Québec embarque dans le Plan Nord, oui ou non, car on ne peut pas s’y engager à moitié. Pour l’instant, les investisseurs ne semblent pas trop inquiets face à un gouvernement de gauche et souverainiste, même si cela constitue toujours un facteur de risque pour les marchés. La nouvelle équipe peut compter sur une lune de miel et sur un appui des syndicats, du moins pour quelques mois.

Q Durant la campagne électorale, Pauline Marois a annoncé qu’elle doterait la Caisse de dépôt et placement du Québec d’un fonds de 10 milliards de dollars pour garder les sièges sociaux R Avec une dette plus importante que des entreprises au Québec. Qu’en dans le reste du Canada, un taux d’im- pensez-vous? position plus élevé que partout ailleurs en Amérique du Nord, une population R Le Parti québécois, de par sa philovieillissante et de faibles perspectives sophie, est plus sensible au nationalisme de croissance économique par rapport économique. Cela présente des avantaà l’Ouest et même à l’Ontario, le Qué- ges, mais aussi des dangers qui ne sont bec fait face à d’importantes pressions. Il pas suffisamment reconnus. La Caisse est vrai que le taux de chômage est plus de dépôt a comme responsabilité prefaible que jamais depuis une vingtaine mière d’assurer l’épargne retraite de d’années mais, du coup, cela va être dif- millions de Québécois. Ce sont donc les ficile de faire encore mieux. Sans oublier épargnants qui la financent et non les que les dépenses en santé, en assurance contribuables. Lorsque le gouvernement médicament et dans le réseau des garde- force cette institution à adopter des straries vont augmenter. Ce cadre financier tégies qui peuvent nuire aux rendements difficile limite donc les changements à des particuliers, l’épargne retraite de venir à des choses relativement mineu- tous les travailleurs en est affectée. Il res, comme la disparition de la taxe faut donc agir avec une grande prudence santé, critiquée à la fois par la Coalition et un grand discernement pour changer avenir Québec et le Parti québécois. les décisions prises par les dirigeants de Le premier budget au printemps 2013 la Caisse. C’est normal qu’en période s’annonce difficile, en particulier pour la d’incertitude économique les gouvernelutte contre le déficit. Le PQ, qui ne s’est ments et les électeurs cherchent à retenir pas engagé à le réduire aussi rapidement les emplois chez eux et à garder les sièges que les autres partis, va sans doute faire sociaux. Il faut cependant être prudent. des compressions dans des dépenses Lorsqu’on intervient pour empêcher le moins visibles comme les infrastructu- mouvement des capitaux qui viennent res. Le danger, c’est que la qualité des de l’extérieur et qui sont investis au Quéroutes et des hôpitaux pourrait baisser bec, on nuit aussi aux investissements si l’on coupe trop longtemps. du Québec à l’étranger. Cela va dans les deux sens. Le nationalisme éconoQ Le gouvernement libéral avait mique a des coûts que l’on néglige trop justement lancé beaucoup de projets souvent : ceux de restreindre les mouved’infrastructure, en particulier le Plan ments de capitaux qui favorisent le plus Nord. Que va-t-il devenir? le développement économique. Q Comment le gouvernement va-til relever les défis économiques qui l’attendent?

R Pauline Marois est beaucoup moins Propos recueillis par Pascale Guéricolas chaude à l’idée de réaliser ce programme

L’amour au temps de la retraite Les personnes âgées habitant en maison de retraite veulent bien s’engager dans une nouvelle relation, mais pas à n’importe quel prix par Renée Larochelle Ils se sont mariés, ils ont eu des enfants et habitent maintenant en maison de retraite. Veufs ou veuves depuis des années, ils ont le désir de rencontrer quelqu’un du sexe opposé, mais pas à n’importe quel prix. Les femmes, surtout, souhaitent conserver leur indépendance et leur autonomie, ayant passé des années à s’occuper de leurs enfants et de leur mari. Elles ne veulent pas reproduire le modèle conjugal qui a été le leur durant des années de mariage. C’est la conclusion qui se dégage du mémoire de maîtrise réalisé par Andréa Pelletier, sous la direction de Madeleine Pastinelli du Département de sociologie. Aux fins de sa recherche, l’étudiante a mené une e n qu ê t e e n p r o f o n d e u r auprès de 7 personnes âgées, 3 hommes et 4 femmes, qui avaient noué des liens amoureux avec un autre pensionnaire dans une maison de retraite. Leurs années de veuvage variaient de 3 à 25 ans. « La vie en solo n’est pas facile pour ces personnes, explique Andréa Pelletier. Être en couple permet de bénéficier du soutien de l’autre et d’avoir quelqu’un avec qui discuter. » Les répondants qui avaient vécu l’expérience d’une première cohabitation avec leur partenaire en maison de

partenaires s’engageaient réciproquement l’un envers l’autre pour la vie et où les rôles des femmes et des hommes étaient bien définis et contrastés. Ils n’ont pas reproduit ce modèle conjugal à l’intérieur de leurs relations amoureuses actuelles », conretraite ont affirmé que leur clut Andréa Pelletier. relation amoureuse n’avait pas vraiment changé depuis qu’ils habitaient ensemble, sauf d’avoir développé une certaine routine au quotidien. Il était important pour eux de conserver une cer- Ces gens n’ont taine autonomie financière, pas reproduit bien qu’il leur arrivait de payer conjointement cer- le modèle taines dépenses communes. En somme, ils tenaient à leur conjugal traautonomie, tout en valo- ditionnel dans risant l’intimité conjugale leurs relations au quotidien. La plupart d’entre eux ont amoureuses d’ailleurs insisté sur l’importance de dormir ensemble, et actuelles ce, même avant de cohabiter. Ces moments étaient à leurs yeux l’occasion de se retrouver et d’échanger après une journée parfois passée chacun de leur côté Compte tenu de leur âge avancé, les répondants faisaient peu de projets d’avenir. Disant non au mariage, des répondantes expliquaient ne pas vouloir vivre à nouveau sous l’autorité d’un homme ni perdre une partie de leur indépendance. Elles estimaient que le mariage compliquerait inutilement la relation, en plus de risquer d’engendrer des conflits avec les enfants concernant les questions d’héritage. « Ces personnes, durant leur mariage, se sont généralement conformées au modèle conjugal de l’époque, où les

«


8

le fil | le 13 septembre, 2012

Un coin de pays dans la Ville Lumière Des étudiants en architecture ont réfléchi à quoi pourrait ressembler un éventuel centre culturel multifonctionnel québécois à Paris par Yvon Larose

Le Québec disposera-t-il un jour, à Paris, d’une vitrine à la hauteur de la richesse de sa culture ? L’idée d’un lieu identitaire de prestige, mise de l’avant par le gouvernement québécois au début des années 2000, a refait surface l’automne dernier lors de la célébration des 50 ans d’existence de la Délégation générale du Québec dans la Ville Lumière. Cet hiver, afin de ranimer l’intérêt pour un éventuel Espace du Québec à Paris, l’architecte et professeur Jacques Plante a demandé à ses étudiants de la maîtrise d’imaginer un lieu culturel multifonctionnel québécois dans l’îlot compris entre le boulevard de Sébastopol et les rues Berger, Saint-Denis et de la Cossonnerie. Hier, le mercredi 12 septembre, à l’École d’architecture, 13 étudiants ont présenté les projets réalisés dans le cadre de cet atelier intitulé Projets de conservation et restauration. « Nous avons analysé et retravaillé l’emplacement pressenti à l’époque, situé entre le Centre GeorgesPompidou et les Halles, explique Jacques Plante. Nous sommes allés à Paris 10 jours en janvier dernier pour prendre des relevés des huit bâtiments déployés autour de deux cours intérieures. Nous avons fait des recherches dans les archives, visité une dizaine de centres culturels nationaux, ainsi que des projets de rénovation avec composantes architecturales contemporaines. Nous avons également rencontré des architectes. » Le défi des étudiants consistait à définir des approches novatrices basées sur le concept de l’identité du Québec. Ils devaient aussi tenir compte du contexte architectural et patrimonial et du potentiel de transformation des bâtiments formant l’îlot. « Je voulais, indique Jacques Plante, que les étudiants soient confrontés à l’architecture ancienne et à l’architecture contemporaine. L’idée était d’établir un dialogue entre les deux pour qu’elles se révèlent l’une par l’autre. » Dans leur projet, les

étudiants ont été très créatifs. Ils sont allés beaucoup plus loin que changer la couleur des fenêtres ou la toiture, souligne le professeur. Selon lui, ils ont réalisé une sorte d’« envol culturel ». « Ils ont réfléchi à leur identité, dit-il, à ce qu’est le Québec, au-delà de la cabane au Canada et des Amérindiens. Ils ont réfléchi à la façon dont nous sommes modernes et à la manière de le dire. » Résultat : les sept projets sont « vraiment remarquables », affirme Jacques Plante. Il les qualifie de « puissants », de « très forts » et de « très ambitieux ». « Les étudiants, poursuit-il, ont pris possession de l’îlot au complet, dont les bâtiments font entre six et huit étages chacun, et ils ont très bien maîtrisé la problématique d’un ensemble aussi vaste. » L e p r o j e t d ’A l e x a n d r e Boulianne et Geneviève Bouthillier-Martel s’intitule Cour culturelle. Dans cet espace ouvert, les fonctions culturelles dialoguent entre elles. Le visiteur est interpellé par la bibliothèque GastonMiron, le musée Riopelle et la salle de spectacles de 120 places. « Ce projet démontre un grand respect pour le patrimoine historique, soutient Jacques Plante. Les aménagements sont faits avec subtilité. Toutes les fonctions sont finement développées. La cour intérieure constitue un lieu de rassemblement très perméable. » Passages sur cours est le titre du projet de Pierre-Élie D. Lapointe et Dominique Morin-Robitaille. Divers passages, extérieurs et intérieurs, accueillent le public. Au centre de l’îlot, ils prennent une dimension verticale. D’immenses panneaux permettent de transformer les lieux. « Ce projet a beaucoup d’unité, explique le professeur. Il est d’une grande innovation. Les étudiants ont imaginé une espèce de point de jonction en plein centre qui permet de relier deux bâtiments. » Nathalie Papineau et Audrey Vaillancourt ont construit leur projet autour

du thème La traversée du Québec à Paris. Dans ce lieu ouvert et interactif, moderne et technologique, le nouveau s’unit avec l’ancien, notamment par le respect des lignes horizontales fortes des corniches, portes et fenêtres. L’utilisation du verre sous diverses formes renforce l’idée d’interaction entre le quartier et le Québec. « Dans ce projet très audacieux, souligne Jacques Plante, les étudiantes n’ont pas hésité à couper dans le patrimoine architectural et à ajouter de la signalétique, comme ce gros cube de verre dans les hauteurs qui est visible de loin. »

1

Les étudiants ont réfléchi à ce qu’est le Québec, à la façon dont nous sommes modernes et à la manière de le dire

2

3 1. Cette vue extérieure depuis le boulevard Sébastopol du projet de Nathalie Papineau et d’Audrey Vaillancourt met en valeur un cube de verre de grandes dimensions. 2. Dans leur projet, Alexandre Boulianne et Geneviève Bouthillier-Martel ont imaginé la cour intérieure comme lieu de projection de films à la nuit tombée. 3. Coupe longitudinale du projet d’Alexandre Boulianne et de Geneviève Bouthillier-Martel. Dans la partie est du bâtiment, une salle multifonctionnelle avec bancs rétractables permet un grand nombre de configurations.


architecture

9

Des suppléments bons pour le cœur ? par Jean Hamann

4

Le psyllium, oui. L’ail et le thé vert, peut-être. Voilà, en quelques mots, le verdict prononcé par Iwona Rudkowska sur l’efficacité de trois populaires suppléments alimentaires censés améliorer le profil des lipides sanguins et réduire le risque de maladies cardiovasculaires. Dans un récent numéro de la revue scientifique Maturitas, la chercheuse postdoctorale de l’Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels passe en revue les études réalisées sur ces suppléments auprès de personnes souffrant de diabète de type 2. Environ 285 millions de personnes souffrent de diabète de type 2 dans le monde, et ce nombre pourrait doubler d’ici 2030. Leur condition double leur risque de développer une maladie cardiovasculaire dans les 10 années suivantes. Comme le profil lipidique sanguin influence ce risque et qu’il est possible de l’améliorer en adoptant une diète appropriée, les suppléments alimentaires agissant sur ces lipides suscitent un grand intérêt. Encore faut-il qu’ils soient efficaces. Parmi la gamme de suppléments clamant avoir des vertus sur les lipides sanguins, le psyllium se démarque du lot, constate Iwona Rudkowska. Les études épidémiologiques indiquent que ce composé végétal, riche en fibres solubles, abaisse le taux de mauvais cholestérol, améliore le profil lipidique et aide à réguler le taux de sucre sanguin. Les effets de ces suppléments se manifesteraient même chez les personnes atteintes de diabète de type 2 dont la diète est déjà appropriée.

Le psyllium, oui, l’ail et le thé vert, peut-être Le verdict est moins net pour les suppléments d’ail et de thé vert. Certaines études portent à croire qu’ils auraient un effet positif sur les problèmes lipidiques et sur la régulation de la glycémie. « II faudrait des études mieux structurées pour se prononcer sur l’effet thérapeutique de ces suppléments », estime toutefois la chercheuse. Les suppléments alimentaires constituent un marché énorme. La moitié des Américains d’âge adulte en consomme quotidiennement dans l’espoir de conserver ou de recouvrer la santé. « Les suppléments doivent servir de compléments à une diète équilibrée et un mode de vie sain. Ils peuvent être utilisés pour favoriser la santé et prévenir les maladies, mais avec modération », rappelle la postdoctorante.

5 4. Vue de l’entrée principale rue Berger du projet de Nathalie Papineau et Audrey Vaillancourt. À gauche, un restaurant sert de la cuisine québécoise. À droite, l’espace est consacré aux produits fins du Québec. 5. Vue de la cour intérieure du projet de Pierre-Élie D. Lapointe et Dominique Morin-Robitaille avec foyer et salle polyvalente. Le psyllium provient de l’enveloppe de la graine du plantain, Plantago ovata. Riche en fibres solubles, il améliorerait le profil lipidique et faciliterait la régulation de la glycémie. photo Stan Shebs


10

science

en bref

le fil | le 13 septembre 2012

Par quatre chemins Les voies empruntées par le sapin baumier pour rentrer au bercail après la dernière glaciation ne sont pas impénétrables par Jean  Hamann

Bilan de santé des océans Le groupe de recherche interuniversitaire Québec-Océan souligne son 10e anniversaire de création en présentant le colloque « L’heure juste sur la santé des océans ». L’événement aura lieu du 7 au 9 novembre à l’hôtel Omni Mont-Royal à Montréal. Les échanges porteront sur les stress majeurs qui affectent les écosystèmes marins et sur les façons d’en atténuer les impacts. Le colloque anniversaire s’adresse à tous les gens préoccupés par l’avenir des océans. Les organisateurs lancent donc l’invitation aux chercheurs et aux étudiantschercheurs en sciences marines, au grand public et aux représentants des ministères, des organisations non gouvernementales, du secteur privé et des médias. Au programme : 30 conférences présentées par des experts internationaux et des étudiants-chercheurs ainsi qu’une table ronde « Science, océan et société ». Louis Fortier, directeur scientifique du réseau ArcticNet et membre de QuébecOcéan, prononcera un exposé grand public sur les répercussions des changements climatiques sur l’Arctique et sur les océans. J. H. www.quebec-ocean.ulaval.ca

Quand le français épouse la culture

Il y a 21 000 ans, la presque totalité de l’aire de répartition actuelle du sapin baumier était couverte par un immense glacier. Les seuls rescapés de l’espèce se trouvaient au sein de forêts isolées géographiquement dans des refuges glaciaires. Combien existait-il de tels refuges ? Par quel chemin les lignées de sapins qui occupaient ces territoires exempts de glace sont-elles rentrées au bercail après la fonte du glacier ? C’est à ces questions qu’a répondu Benjamin Cinget, étudiant-chercheur en sciences forestières, en sondant l’ADN de 1 589 sapins provenant de 107 populations canadiennes et américaines de l’espèce. L’étudiant, qui mène ses travaux sous la direction des professeurs Jean Beaulieu et Jean Bousquet de la Chaire de recherche en génomique forestière et environnementale, a déterminé des marqueurs moléculaires qui permettent de distinguer les lignées glaciaires de sapin baumier. Une particularité biologique de cette espèce lui a même permis d’avoir les versions maternelle et paternelle du retour au pays. « Chez les conifères de la famille des Pinacées, l’ADN mitochondrial provient de la mère et il est transmis par les graines, donc sur de courtes distances à chaque génération. L’ADN chloroplastique, lui, provient du père et il est transmis par le pollen puis par les graines sur des distances qui peuvent

aller jusqu’à 400 kilomètres par génération », précise-t-il. Malgré cette différence, les deux types d’ADN livrent une histoire qui présente des similitudes majeures, constate l’étudiant-chercheur. Les populations actuelles de sapins seraient issues de quatre lignées glaciaires. La population la plus importante, qui couvre aujourd’hui les États du Nord-Est américain, une partie des Maritimes, le Québec et l’est de l’Ontario, aurait migré à l’est des Appalaches. Les populations du centre et de l’ouest du Canada proviendraient de deux lignées qui auraient utilisé des corridors de migration à l’ouest des Grands Lacs. Enfin, les ancêtres des sapins du nord-est canadien auraient échappé aux glaciers en se réfugiant dans une zone côtière du nord du Labrador. « Nos données renforcent l’hypothèse de l’existence d’un refuge glaciaire côtier avancée pour d’autres conifères boréaux », souligne l’étudiant-chercheur. Bien que la chose ne saute pas aux yeux, ces résultats ont une portée pratique. « Le protocole de Rio encourage les gouvernements à se doter d’outils pour quantifier la diversité biologique des ressources naturelles présentes sur leur territoire. Nos données apportent un nouvel éclairage sur la diversité génétique du sapin baumier dont il faudrait tenir compte dans la gestion des forêts », estime Benjamin Cinget.

Cette étude a été présentée à l’occasion de la 2e Journée de l’Institut de biologie intégrative et des systèmes qui se déroulait le 30 août sur le campus. Cette rencontre annuelle permet aux étudiants-chercheurs et aux stagiaires postdoctoraux d’échanger sur tous les niveaux du vivant, depuis le gène jusqu’à la population. Cette année, une cinquantaine d’étudiants ont profité de l’occasion pour présenter leurs travaux.

Les ancêtres des sapins du nord-est canadien auraient échappé aux glaciers en se réfugiant dans une zone côtière du nord du Labrador

Dès le 7 septembre, la Chaire pour le développement de recherche sur la culture d’expression française (CEFAN) lancera une série de conférences portant sur l’adaptation de l’expression française dans les cultures francophones. Chaque semaine, des artistes et des universitaires partageront leurs expériences et leurs réflexions sur diverses questions relatives à l’adaptation linguistique et culturelle. Ils aborderont des domaines comme l’humour, le théâtre, les réseaux sociaux, les manuels scolaires, le cinéma, la chanson, le récit de tradition orale et la bande dessinée. Les rencontres s’adressent aux étudiants de 2e et 3e cycles, mais aussi à tous les membres de la communauté universitaire. R. L. www.fl.ulaval.ca/recherche-et-creation/ chaires/CEFAN

Localisations présumées des lignées glaciaires (cercles) et des voies de recolonisation postglaciaire (flèches) du sapin baumier. Les points de rencontre des flèches indiquent les zones de contact possible entre les lignées.


arts

le fil | le 13 septembre 2012

11

en bref

Œuvre de Stéphanie Grenier

Les mirages de Camille

Le professeur en arts visuels Richard Baillargeon s’est rendu à deux reprises à Anticosti. Il en a rapporté des objets, des images et une vision particulière de cette île mystérieuse. photo Marc Robitaille

L’île aux trésors Richard Baillargeon veut faire ressurgir la mémoire d’Anticosti par une exposition où s’entremêlent l’imaginaire et le réel

par Renée Larochelle

Pour les amateurs de chasse e t d e p ê ch e , A n t i s c o st i demeure un paradis où abondent chevreuils et saumons. Le sous-sol de la plus grande île du Québec serait également une véritable mine d’or… noir, ce qui fait saliver certaines entreprises pressées d’exploiter cette terre bénie des dieux. Face à cette manne annoncée, les quelque 250 habitants de Port-Menier ne savent trop que penser. Et on les comprend aisément : le passé de l’île est si fertile en rebondissements que ses habitants en ont perdu des bouts, au propre comme au figuré. À part les milliers de descendants des cerfs de Virginie introduits par Henri Menier en 1895, il ne reste plus grandchose du passé d’Anticosti : un vieux phare, un cimetière, autant de fragments d’histoire perdus dans l’immensité du territoire. Ce sont ces traces du passé que veut faire ressurgir Richard Baillargeon, professeur à l’École des arts visuels, dans une exposition en cours jusqu’au 14 octobre à la Galerie des arts visuels. L’exposition a pour titre Anticoste, du nom que les marins lui ont donné en des temps plus anciens. Découverte par Jacques Cartier en 1534, Anticosti a accueilli ses premiers colons en 1680. Après la

conquête britannique, elle a été annexée à la colonie de Terre-Neuve, puis à la province de Québec. Achetée en 1895 par le riche industriel français Henri Menier, pour la somme de 125 000 $, elle sera ensuite vendue à la Wayagamack Pulp and Paper Company, devenue plus tard la Consolidated-Bathurst. L’un de ses patrons, Frank Wilcox, incendiera la somptueuse résidence d’Henri Menier, qui ét a it en f a it le se ul bien culturel témoignant de l’entrepreneuriat français. Dans les années 1970, Anticosti est rachetée par le

gouvernement du Québec pour 25 millions de dollars. « L’exposition n’est pas un journal de bord, ni un compte rendu, ni un pamphlet, mais plutôt un mélange de plusieurs voix qui s’entrecroiseraient pour évoquer la mémoire des choses et des lieux », dit Richard Baillargeon qui s’est rendu à deux reprises à Anticosti et en est revenu littéralement enchanté. Il en a ramené des objets, des photos et des images que le visiteur prendra plaisir à voir. Mais, surtout, il propose une vision particulière de cette île qui occupe une place spéciale dans l’imaginaire québécois, notamment en raison de tous les naufrages qui ont eu lieu sur ses côtes au 18e et au 19e siècle. On pense aussi à des sorciers, des ermites ou

des gardiens de phare qui auraient hanté Anticosti de leur présence inquiétante. Il ne resterait à peu près rien du patrimoine matériel d’Anticosti, en somme, presque aucune trace de l’occupation de l’île au fil du temps. C’est ce qui préoccupe Richard Baillargeon. « Quand le gouvernement a acheté l’île en 1974, il ne s’est pas attaché à sauvegarder le patrimoine bâti, souligne l’artiste. Tout y est à l’abandon, ou du moins fortement négligé. Ceux qui parlent de paradis pour désigner Anticosti sont d’abord ceux qui y vont pour chasser et pêcher. » Y subsistent pourtant ces paysages d’un autre monde, comme la chute Vauréal, l’ancien village de Fox Bay, le site du phare de la PointeOuest et son vieux cimetière. Il paraît même que le vieux phare en ruine, construit en 1831, serait hanté par un des membres de la famille Pope qui en ont été les gardiens, de père en fils, pendant 70 ans. À moins que ce ne soit un des nombreux marins naufragés ? L’exposition est présentée jusqu’au 14 octobre à la Galerie des arts visuels (édifice La Fabrique, 295, boul. Charest Est). Les heures d’ouverture sont de 12 h à 17 h, du mercredi au dimanche.

Galiotte, œuvre de Richard Baillargeon.

Un moment de contemplation pour respirer un peu pendant le travail ou entre deux cours : c’est ce que propose Stéphanie Grenier jusqu’au 21 septembre au local 2470 du pavillon Alphonse-Desjardins. Baptisée Les mirages de Camille, l’exposition se décline en neuf vidéos tridimensionnelles devant lesquelles le spectateur ne peut que s’abandonner. Si l’image projetée sur le mur demeure fixe, ce qui s’y déroule bouge de toute la vie de la nature : le soleil illumine la forêt, le vent fait bruisser les feuilles et les insectes tourbillonnent dans l’espace. Récipiendaire du Prix de la Chambre blanche 2012-2013 pour la qualité de sa démarche, Stéphanie Grenier est diplômée du baccalauréat en arts visuels et média-tiques.  R.L.

La femme dans les vidéos Le 19 septembre, à 15 h, à la salle HenriGagnon du pavillon Louis-Jacques-Casault, Aaron Liu-Rosenbaum, professeur à la Faculté de musique, donnera une conférence intitulée « Les femmes, le pouvoir et la technologie : leurs liens dans les vidéos musicaux ». Par le visionnement commenté de vidéoclips représentatifs et l’écoute d’extraits musicaux, ce spécialiste des technologies musicales et des musiques populaires posera un œil critique sur le rôle du féminin dans la musique techno-pop. « L’avènement des technologies numériques a apporté non seulement de nouvelles façons de faire les choses, mais également de nouvelles manières de penser, explique Aaron Liu-Rosenbaum. Cette évolution est fondamentale, non seulement dans les sciences, mais aussi dans les arts. En musique, son influence peut notamment être constatée dans la représentation des femmes dans les vidéoclips. Ces images nous amènent à réfléchir sur la catégorisation des sexes et le rôle des femmes dans la société, et sur notre rapport en tant qu’êtres humains avec la technologie. » R.L.

Dieu à l’école « Où est Dieu? Dieu est partout. » Ceux qui ont connu l’enseignement du catéchisme reconnaissent sans peine cette petite phrase apprise par des générations d’enfants. Dans cet esprit, la salle d’exposition de la Bibliothèque présente une belle incursion dans l’univers des catéchismes et de la religion, à l’époque où la religion faisait foi de tout. On y montre des catéchismes de différentes époques, des images pieuses, de grandes images religieuses, en somme tout pour nous replonger dans une époque révolue, mais qui témoigne admirablement d’un pan de l’histoire du Québec. R.L. Jusqu’au 28 septembre.


12

société

le fil | le 13 septembre 2012

Des étudiants appliquent de la teinture sur le revêtement en bois d’une maison.

Peintres de l’urgence Des étudiants ont aidé à rénover des maisons pendant une semaine dans un village autochtone d’Abitibi-Témiscamingue par Yvon Larose Fin août, cinq étudiants en géographie et sept autres en architecture ont passé cinq jours à Kitcisakik, un village autochtone de quelque 450 âmes situé en AbitibiTémiscamingue, à environ 500 km au nord de Montréal. Zoé Tolszczuk-Leclerc, inscrite à la maîtrise en sciences de l’architecture, était de ceux-là. « Nous avons eu un choc culturel là-bas, affirmet-elle. C’est une autre réalité. » Autrefois nomades, ces Amérindiens de la nation anicinape-algonquine se sont sédentarisés, mais sans avoir le statut de réserve amérindienne. Ils habitent une centaine de maisons, les plus anciennes remontant aux années 1970. Ces habitations, pour la plupart non rénovées, n’ont pas de revêtement extérieur et sont mal isolées. Elles reposent toutes sur des blocs de bois. « Aucune maison ne possède l’eau courante ou l’électricité, indique Guy Dorval, chargé d’enseignement au Département de géographie et accompagnateur du

groupe. Seuls les trois ou quatre bâtiments communautaires sont desservis par une génératrice industrielle et l’eau courante. Pour l’électricité, Hydro-Québec refuse de les brancher et ils doivent utiliser de petites génératrices individuelles. Pour l’eau potable, les gens doivent se rendre au bloc sanitaire tout comme pour la toilette et les douches. » Le cours-terrain Stage en milieu autochtone en était à sa troisième édition. Il est offert par le Département de géographie, en collaboration avec Architectes de l’urgence du Canada, un organisme sans but lucratif. La mission de cet organisme consiste à rendre plus confortables les maisons du village en les rénovant, en les agrandissant et en les isolant mieux. Avant leur départ, les étudiants ont assisté à trois séances préparatoires et fait des lectures obligatoires. Étienne Rivard, professionnel de recherche au Centre interuniversitaire d’études québécoises, a animé une

séance sur les questions autochtones au Canada. « Les étudiants qui participent à ce stage le font par curiosité et pour la rencontre interculturelle, explique-t-il. Ils font un voyage, sans avoir à aller très loin, dans des lieux à la fois mythiques et exotiques. Ils ont la possibilité de faire une activité qui représente une forme d’engagement et qui peut faire une différence. »

Depuis l’an dernier, trois équipes d’apprentis charpentiers autochtones de Kitcisakik exécutent les travaux de rénovation. Des formateurs externes les encadrent. L’an prochain, le tiers des maisons du village auront été rénovées. Cet été, les étudiants ont consacré 90 % de leur temps à des travaux de peinture du revêtement extérieur des maisons plus anciennes. Ce bois est nu et non traité. « J’ai essentiellement repeint la maison d’une dame qui a à sa charge son petit-fils, raconte Zoé

Zoé Tolszczuk-Leclerc et ses collègues architectes ont construit un escalier d’accès à une maison qui n’en avait pas vraiment.

Tolszczuk-Leclerc. Mes collègues architectes et moi avons également décidé de faire un escalier d’accès à une maison, qui n’en avait pas vraiment, en récupérant les pièces existantes. » Selon Guy Dorval, tous les étudiants ont trouvé l’expérience très satisfaisante sur le plan humain. « Ils sont revenus avec une bonne connaissance du milieu autochtone, poursuit-il. Le stage leur a permis de relativiser, d’avoir un regard plus vrai et plus approfondi de cette réalité. » Zoé Tolszczuk-Leclerc abonde dans le même sens. « Ce fut extrêmement positif!, lance-t-elle. En aucun moment je ne me suis sentie de trop dans cette communauté. On peut voir que les préjugés souvent ne reflètent vraiment pas la réalité. J’ai retiré de cette expérience la conviction que si on offre les moyens et le soutien, on peut aider une communauté à s’aider elle-même. Mais le plus positif, c’est de sentir que la communauté se prend en main. On sent un réel désir de s’en sortir. »

»

J’ai retiré de l’expérience la conviction qu’on peut aider une communauté à s’aider ellemême


le fil | le 13 septembre 2012

Le Mali en crise La communauté universitaire est conviée à un gala au pavillon Alphonse-Desjardins le 22 septembre en vue d’amasser des dons pour les sinistrés de cet État d’Afrique de l’Ouest par Matthieu Dessureault Les yeux d’Abdoulaye Sonko s’illuminent lorsqu’il parle du Mali. Cet amour indéfectible pour sa terre natale l’a poussé à organiser un gala pour venir en aide aux nombreuses victimes du pays, en proie à une crise sociopolitique sans précédent. Au menu de cette soirée du 22 septembre : buffet, animation, prestations musicales, danses, poésie et défilé de costumes traditionnels. L’étudiant en actuariat et président de l’Association malienne de Québec a dépassé le stade des velléités. Pour lui, l’heure est à l’action. « La situation est alarmante. On ne peut pas rester indifférent. Il faut se demander ce qu’on peut faire pour que la situation au Mali s’améliore. Tu n’as pas besoin d’être nommé premier ministre ou président de la République pour agir ! » Depuis l’hiver dernier, la communauté internationale a les yeux braqués sur ce pays enclavé de l’Afrique de l’Ouest, où le président Amadou Toumani Touré a été renversé par un coup d’État militaire. Selon la junte, celui-ci était inapte à lutter efficacement contre le terrorisme qui sévit dans le nord du pays. Les soldats ont instauré un couvre-feu, dissout les institutions et suspendu la Constitution. Pendant ce temps, le pays est en proie à

« Tu n’as pas besoin d’être nommé premier ministre ou président de la République pour agir », lance Abdoulaye Sonko. photo Matthieu Dessureault

la sécheresse, à une grave crise alimentaire et à des migrations massives vers les pays limitrophes. La situation inquiète l’association, qui a voulu lancer un cri d’alerte aux Québécois et un appel au rassemblement. « Il fallait trouver les bons ingrédients pour sensibiliser les gens. Notre événement permet non seulement de parler de l’urgence humanitaire, mais aussi de nous retrouver. Cette période n’est pas facile », explique Abdoulaye Sonko. Tous les dons recueillis iront à la Croix-Rouge canadienne, qui apporte un soutien technique et logistique au pays depuis le début des tensions. Les donateurs sont invités à libeller leur chèque au nom de l’organisme, en inscrivant la mention « crise alimentaire en Afrique de l’Ouest ». « L’idée est de créer une chaîne de générosité de manière à ce que cette crise alimentaire se termine », explique le responsable du financement de l’organisation, Ghassan Brax. Adib Benchérif, étudiant à la maîtrise en études internationales et auxiliaire de recherche au Programme Paix et sécurité internationale, a rédigé une analyse du conflit publiée sur le site de l’Institut québécois des hautes études

internationales. Il se réjouit de l’initiative de l’association. Mais, prévient-il, il ne faut pas se limiter uniquement à ce type d’activités. « Les actions de la Croix-Rouge sont capitales parce que le Mali se trouve dans une dynamique d’urgence, mais il ne faut pas que l’aide se résume à ça. À force de focaliser son attention sur l’urgence, on ne résout rien. » Selon lui, il faut régler les problèmes de famine, mais aussi, à plus long terme, apporter un soutien à la gouvernance. « On doit essayer de créer des ressorts pour qu’il n’y ait plus de problèmes politiques tel un coup d’État. » Ghassan Brax, pour sa part, se dit confiant pour la suite des choses. « On n’a pas le choix d’être optimiste. Bâtir, c’est aussi partager son espoir. »

Le Mali est en proie à la sécheresse, à une grave crise alimentaire et à des migrations massives vers les pays limitrophes

monde courrier Je me souviens de l’autre 11 septembre

Ces jours-ci, on parlera de l’écrasement des tours du WTC à New York, dont le bilan en pertes humaines s’élève à plus de 3 000 morts. Mais les médias nous rappelleront-ils le 11 septembre 1973 ? La journée du coup d’État du général Pinochet au Chili s’est conclue sur un bilan humain tragique : plus de 3 000 morts, des milliers de personnes disparues, mortes sous la torture, des centaines de milliers d’arrestations, un million d’exilés. La fin d’une expérience de libération économique et politique d’un peuple, la voie pacifique vers le socialisme, sous la présidence du docteur socialiste Salvador Allende. Le premier d’une série de coups d’État orchestrés à Washington par la CIA et ses protégées, les compagnies transnationales, pour mater les peuples d’Amérique latine. Cultivons notre mémoire. SUZANNE-G. CHARTRAND

Professeure titulaire à la Faculté des sciences de l’éducation et cofondatrice du comité Québec-Chili

La fierté de qui, au juste ? J’aimerais, si vous le permettez, émettre mon opinion au sujet de l’article « Une fierté retrouvée » (6 septembre, page 12).
 Mes deux enfants sont de jeunes professionnels au milieu de la vingtaine. 
Ils habitent les quartiers de SaintRoch et Limoilou. 
À ce que je vois, il semble être de plus en plus BCBG d’habiter ces quartiers… Les jeunes ayant un peu plus de sous s’y intéressent de plus en plus. 
Je crains que le prix des loyers en soit augmenté et qu’ainsi les gens à plus faibles revenus soient incapables de supporter l’augmentation des coûts et doivent déménager. 
Je pense que oui, on doit valoriser ces quartiers, mais pour les rendent plus agréables aux gens à faible revenu qui y habitent déjà. Il faut qu’ils puissent continuer à y habiter. MANON BELAIR Québec

Des réfugiés arrivent à la station d’autobus de Bamako après avoir fui les troubles dans le nord du Mali, le 7 avril dernier, après le coup d’État orchestré par le capitaine Amadou Sanogo. photo Julien Tack/ ABACAPRESS

13


14

service

le fil | le 13 septembre 2012

Des bourses pour s’ouvrir sur le monde Quatre étudiants talentueux de la Faculté des sciences et de génie ont reçu, le 7 août dernier, des bourses de 2 000 $ qui pourront être renouvelées chaque année de leurs études, en plus d’un montant de 3 000 $ qui leur permettra de réaliser un stage de travail ou d’études à l’étranger. Ces bourses ont été versées par la Fondation Famille Choquette, laquelle a effectué un don de 250 000 $ à l’Université Laval pour la création du Fonds de bourses de leadership et développement durable – volet mobilité internationale - FondationFamille-Choquette. Les récipiendaires des bourses offertes par la Fondation Famille Choquette partiront, au cours de leurs études, à la découverte du monde et s’engageront dans des projets d’envergure, qui ont de bonne chance de transformer leur vie et d’influencer le « leader » qui sommeille en eux. Les boursiers ont pu échanger sur leurs projets d’études

et de carrière avec deux représentants de la Fondation Famille Choquette : Pierre et Paul Choquette, deux diplômés de l’Université dans les années 1960, qui ont respectivement fait carrière dans le secteur privé et dans la fonction publique fédérale. Pierre Choquette, homme d’affaires et grand voyageur, souhaitait, tout comme son frère, transmettre sa passion aux lauréats et bonifier les stages internationaux des futurs ingénieurs et actuaire. Pour Pierre Choquette, il ne fait aucun doute que les étudiants ont tout à gagner de vivre des expériences internationales et interculturelles dès leurs études universitaires. C’est d’ailleurs pour cette raison que la fondation de sa famille s’engage dans la formation des jeunes qui souhaitent aider, par l’action humanitaire, les populations des pays en voie de développement grâce Léa Chastenay Joseph, étudiante en actuariat, William Tremblay, étudiant en génie mécanique, remplacé ici par Joanie Duchesne, notamment au programme wMélissande Gaucher, étudiante en génie des mines, et Alexandre Deschênes-Dénommée, étudiant en génie géologique, sont les Managers sans frontières. quatre récipiendaires de la Bourse de leadership et développement durable – volet mobilité internationale – Fondation-Famille-Choquette.

Lancement du programme Mentor Les étudiants ont jusqu’au 8 octobre pour s’inscrire au programme de mentorat du Service de placement Amélie Marois s’était engagée dans un microprogramme en développement culturel et régional. Installée à Québec depuis peu, elle espérait trouver un emploi dans un organisme culturel et développer un réseau professionnel dans la région, mais se butait à des

difficultés. C’est alors qu’elle s’est inscrite au programme Mentor coordonné par le Service de placement… et a atteint ses deux objectifs ! « J’étais à la recherche d’un emploi et j’avais beaucoup de difficulté à me motiver, raconte la jeune femme.

Grâce à ma mentore, j’ai réussi à persévérer. En discutant avec elle, j’ai appris à me faire confiance; cela m’a donné beaucoup d’assurance. » L’expérience a donc été très profitable d’un point de vue personnel, dit cette professionnelle qui dirige aujourd’hui un centre d’artistes de la région. La mentore d’Amélie, Stéphanie Moreau, copropriétaire de l’agence de voyages

Vasco Charlesbourg et trésorière d’une troupe de théâtre, est fière du succès de sa pupille. Au départ, elle était incertaine de la contribution qu’elle pourrait apporter à ses protégées et soucieuse de les orienter dans la bonne voie. Elle sait maintenant que la relation de mentorat s’établit surtout avec de l’écoute et que les échanges engendrés sont fructueux pour les deux parties.

« J’adore ça ! », lance-t-elle avec enthousiasme. Le programme Mentor est offert à tous les finissants du 1er cycle ainsi qu’aux étudiants inscrits aux cycles supérieurs à l’Université. Ces derniers ont jusqu’au 8 octobre pour s’inscrire au volet socioprofessionnel qui les prépare à intégrer le marché du travail. Ils y interagissent avec des professionnels chevronnés et, grâce à des

activités thématiques et des outils de formation dynamiques, ils peuvent concevoir différemment leur plan de carrière et améliorer leurs chances d’insertion en emploi. Le programme Mentor comprend également un volet entrepreneurial. www.spla.ulaval.ca/programmementor

Présenté par le Service de placement

PrésentePlus de 125 entreprises viennent à TA rencontre www.spla.ulaval.ca/carrefour

toi !

Jeudi 20 se

10 h à 16 h •

ptembre

Stade couve rt

du PEPS

Sous la présidence d’honneur de


sports

le fil | le 13 septembre 2012

Une course pour tous Les 10 km de l’Université Laval auront lieu le 16 septembre sur le campus par Catherine Lévesque Cette année, la 43e édition des 10 km de l’Université Laval aura lieu le dimanche 16 septembre. Organisé par le Club de course à pied de l’UL, cette course populaire se déroule sur le campus et permet aux participants de courir ou de marcher sur un parcours sans difficulté sous un temps limite de 90 minutes. Les personnes qui désirent s’inscrire à l’une ou l’autre des courses prévues au programme peuvent encore le faire sur place. L’inscription s’effectuera au PEPS au local 1120 la veille de la course, soit le samedi 15 septembre de 9 h à 13 h. La remise des dossards est prévue la journée même de la course au gymnase principal du PEPS (local 1305 A et B) dès 7 h. Le « P’tit Marathon 1 km » de la Société Radio-Canada et le 5 km sont deux épreuve chronométrées. La pre mière s’adresse aux 12 ans et moins, soit ceux nés en 2000 et après. La seconde s’adresse aux 12 ans et plus. Le 10 km demeure l’épreuve la plus populaire pour les 16 ans et plus, incluant l’élite sportive. Les participants à ces trois épreuves se donnent rendezvo u s p o u r u n d é p a r t l e m a t i n s u r l ’ ave n u e d e s Sciences-Humaines, près de la Bibliothèque.

La journée commencera à 8 h 15 avec le départ du 1 km catégorie filles et 8 h 45 pour le 1 km catégorie garçons. Les plus rapides pourront se qualifier pour l’attribution de bourses à la finale du Marathon de Montréal Oasis, le dimanche 23 septembre. Le départ pour le 5 km sera donné dès 9 h 15. Notez qu’il est important d’arriver tôt pour l’inscription. Une médaille sera remise au premier arrivé de chacune des dix catégories d’âge de 12 à 80 ans et plus. Pour ces deux épreuves, un prix de présence de 3 000 $ sera remis. Vers 10 h 30, ce sera au tour des plus vieux de s’élancer sur un parcours de 10 km. Les trois premiers de chacune des huit catégories d’âge de 16 ans à 80 ans et plus recevront une médaille. Au chapitre du classement général du 10 km, pour la catégorie homme et la catégorie femme, les troisièmes positions obtiendront une bourse de 75 $, les deuxièmes en obtiendront une de 150 $, puis les grands gagnants remporteront une bourse de 300 $. Encore cette année, les participants de l’événement se verront offrir plusieurs services tels que le système de chronométrage par puce avec Quidchrono, des vestiaires et

douches sur place, une garderie pour les enfants de 3 à 11 ans et un léger goûter santé suivant la course. Une remise de médailles aura lieu à la fin de la journée. Cette compétition de course à pied sanctionnée par la Fédération québécoise d’athlétisme est la plus relevée au Québec avec le plus d’hommes sous les 40 minutes et de femmes sous les 45 minutes au total. Elle est inscrite comme 11e épreuve de la 7 e édition du Circuit provincial Sports Experts/ Intersport, comme 8e épreuve du Challenge provincial Timex et de la 6e édition du Circuit régional des 10 km.

Plusieurs coureurs réputés participeront au 10 km, dont Pier-Olivier Laflamme et Mélissa Chenard

15

en bref Ayant participé à la toute première édition de la course en décembre 1967, le coordonnateur de l’événement, Richard Chouinard, en est à sa 31e année comme organisateur. En 2011, 1 427 participants terminaient l’une des épreuves au programme. Cette année, on relève déjà plusieurs coureurs réputés inscrits au 10 km. Dans la catégorie masculine, il y a Pier-Olivier Laflamme, gagnant de 2011, et Stanislas Papadimitriou premier e n 2 0 0 9 . C h e z l e s f e mmes, mentionnons Mélissa Chénard, gagnante en 2011, et Catherine Cormier, étudiante, qui est pressentie pour terminer dans un temps sous les 35 minutes. La réalisation de cet événement est rendue possible grâce à la participation financière de nombreux commanditaires : le Circuit provincial Sports Experts/Intersport, Groupe Investors, la Fédération des producteurs d’œufs de consommation du Québec, l’équipe Timex, Sodexo, Labrador, New Balance, le Centre de formation en transport Charlesbourg et le Sports Experts du PEPS. Le 10 km de l’Université Laval et le Groupe Investors sont associés à Courir pour la vie. Courir peut devenir un geste concret pour contribuer à la baisse du nombre de suicides. Pour information, on consulte le www.ccpul.com.

La joueuse de badminton Valérie Bureau en compagnie de Gilles Bureau, directeur du programme Rouge et Or. photo Rouge et Or

Avalanche récompense des athlètes Huit étudiants-athlètes du Rouge et Or recevront cette année une bourse de 1000 $, gracieuseté d’Avalanche. L’entreprise spécialisée dans la confection de vêtements de ski accorde ces bourses à des recrues du programme qui ont maintenu une moyenne supérieure à 80 % au collégial ou qui réussiront à obtenir 24 crédits universitaires avec minimalement 2,0 de moyenne en 2012-2013. Les nouveaux boursiers sont Marguerite Plante-Dubé (athlétisme), Valérie Bureau (badminton), Vanni Perreault-Liard (basketball), Charlène Villemure-Loignon (golf), Frédéric Raymond (golf), Noémie VillemurePoliquin (rugby), Catherine Auclair (ski de fond) et Laurence Vallerand (ski alpin).

Du golf extérieur jusqu’au 23 septembre Mordus du golf, il vous reste encore quelques belles journées pour vous élancer sur le champ de pratique du PEPS, avant la fermeture prévue pour le dimanche 23 septembre, 20 h. Le Golf campus est désormais ouvert selon l’horaire de fin de semaine suivant : le vendredi de 16 h à 20 h et le samedi et dimanche, de 10 h à 20 h, si les conditions climatiques le permettent. À l’automne et à l’hiver, les cours de golf se déroulent à l’intérieur, au PEPS. Les cours de groupe commencent dans la semaine du 16 septembre. Pour s’inscrire aux cours de groupe, composez le 418 656PEPS dès maintenant. Pour les cours privés, il suffit de réserver votre place au 418 656-2131 poste 6031.

Première partie de foot en soirée

citation

«

L’épreuve du 10 km est la plus relevée au Québec avec le plus d’hommes sous les 40 minutes et de femmes sous les 45 minutes au total. photo Michel Arnautovitch

Une page d’histoire du Rouge et Or football s’écrira ce samedi 15 septembre, alors qu’un match sera présenté en soirée sous les projecteurs pour la toute première fois. Les Axemen d’Acadia seront les visiteurs lors de cette rencontre qui débutera à 19 h au stade TELUS-UL. Avis aux amateurs de fête d’avant-partie (tailgate), les terrains de stationnement prévus à cet effet tout près du stade ne seront accessibles qu’à compter de midi. Rappelons que la troupe de l’entraîneurchef Glen Constantin a gagné ses deux premières parties de la saison, mais a failli se faire surprendre sur la route samedi dernier face aux Gaiter’s de Bishop’s. Tirant de l’arrière 22-15 vers la fin du troisième quart, le Rouge et Or a marqué 13 points sans réplique pour finalement l’emporter 28-22. M.T.


16

au fil de la semaine

le fil | le 13 septembre 2012

Table ronde sur l’aménagement urbain durable Pour marquer à sa façon la Semaine des transports collectifs et actifs (16 au 22 septembre), la première Chaire publique de l’Association des étudiants aux cycles supérieurs (ÆLIÉS) de l’année porte sur des « Expériences inspirantes » en aménagement urbain et développement durable. La journaliste Françoise Guénette animera cette table ronde à laquelle sont conviés Richard Bergeron (Projet Montréal), Alexandre Turgeon (Vivre en ville) et Marie-Hélène Vandersmissen (Centre de recherche en aménagement et développement). Tous sont bienvenus. Mercredi 19 septembre, de 19 h à 21 h, à l’amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins.

19/09 17/09

13/09

13/09

15/09

Exposition Anticoste

Soirée lyrique

Match de football Comprendre Journée d’essai les crises alimen- gratuit à la Coop Oreilles fragiles s’abstenir : le Rouge et Or football taires et agricoles Roue-Libre

Que tous les mélomanes se le tiennent pour dit, il y a ce À partir d’aujourd’hui soir un récital donné par le jusqu’au 14 octobre, la Gale- baryton-basse et professeur rie des arts visuels présente à la Faculté de musique une exposition du photogra- Michel Ducharme accomphe Richard Baillargeon qui pagné au piano par Michel porte sur l’île d’Anticosti. Franck, professeur au Cégep Paradis terrestre ou terre de de Sainte-Foy. Les deux malédiction ?, s’est demandé artistes interpréteront deux l’artiste en mettant les pieds grandes œuvres du répersur cette majestueuse terre toire vocal : Les romances au large du Saint-Laurent. de Maguelone, de Johannes Pour la sortir de son isoBrahms, et La Bonne Chanlement et de l’indifférence son, de Gabriel Fauré. Cette qu’on lui a longtemps mani- soirée est organisée par le festée, le photographe proDépartement de musique pose une série de regards de Sainte-Foy. L’entrée est ambivalents sur cette île res- libre. tée mystérieuse. Ces regards forment un récit qui évoque Jeudi 13 septembre, de 19 h la mémoire des choses et à 21 h, à la salle Henrides lieux et rappelle la place Gagnon du pavillon Louisd’Anticosti dans notre imagi- Jacques-Casault. naire collectif. Du jeudi 13 septembre au dimanche 14 octobre, à la Galerie des arts visuels située dans l’édifice La Fabrique au 295, boulevard Charest Est. Heures d’ouverture : 12 h à 17 h du mercredi au dimanche.

jouera samedi soir la troisième partie de sa saison régulière contre une équipe des Maritimes, les Axemen de l’Université Acadia. Gageons qu’il y aura beaucoup d’ambiance sous les projecteurs. Surtout qu’il s’agit de la première partie de football qui sera disputée en soirée sur le campus… Samedi 15 septembre, à 19 h, au stade TELUSUniversité Laval.

Le professeur-chercheur à l’AgroParisTech Marcel Mazoyer viendra présenter les plus récents cas de crises agricoles et alimentaires mondiales. Non seulement abordera-t-il les mécanismes qui les favorisent et les maintiennent, mais il parlera aussi des changements à apporter pour mettre fin à ces fléaux. Cette activité est présentée par la Chaire en développement international en collaboration avec, notamment, la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation. Lundi 17 septembre, à 15 h 30, au local 1110-1116 du pavillon Paul-Comtois. Réservation obligatoire au 418 656-2131 poste 8746 ou encore à l’adresse chairedi@ fsaa.ulaval.ca.

19/09

Un pédalier qui grince ? Des roues à aligner ? Un siège à ajuster ? Tous les cyclistes sont invités à apprendre à entretenir eux-mêmes leur vélo à la Coop Roue-Libre. Et, bonne nouvelle, on pourra utiliser gratuitement les outils et tirer parti du savoir-faire des spécialistes en mécanique vélo de la coopérative le 19 septembre. Roue-Libre organisera également des ateliers de réparation ambulants dans la ville durant cette journée. Tout cela pour souligner de belle façon la Semaine des transports collectifs et actifs (16 au 22 septembre). Mercredi 19 septembre, toute la journée. La roulotte de la coop est située en face du pavillon AlphonseDesjardins, tout près de la maison Marie-Sirois.

Consultez le calendrier complet des activités sur le campus à ulaval.ca

20/09

Carrefour de l’emploi Voici que revient l’événement phare annuel des chercheurs d’emploi sur le campus. Diplômés et finissants se donnent rendezvous jeudi prochain afin de rencontrer quelques-uns des employeurs présents, dont CGI, le gouvernement du Québec, la Ville de Québec, Metro, ArcelorMittal, Target, Frima, Prévost et bien d’autres. Jeudi 20 septembre, de 10 h à 16 h, au stade couvert du PEPS. www.spla.ulaval.ca/carrefour


Le Fil 13 septembre 2012  

Journal institutionnel de l'Université Laval

Advertisement
Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you