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Entrepreneurs de demain p4-5

Infirmières de colonie p8-9

Volume 53, numéro 19 15 février 2018

Nettoyer l’espace

Des chercheurs jettent les bases d’un dispositif pour réduire la quantité de débris en orbite autour de la Terre. p3


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sciences

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Le grand rendez-vous manqué Il est plus que temps que les disciples de Pasteur et ceux de Darwin engagent le dialogue par Jean Hamann En 1881, Louis Pasteur et Charles Darwin ont tous les deux participé à l’Interna­ tional Medical Congress qui se déroulait à Londres. Pour des raisons que l’histoire ignore, le pionnier de la microbiologie et le père de la biologie évolutive n’ont pas échangé un seul mot lors de cette rencontre qui s’annonçait pourtant histo­ rique. Là où certains pour­ raient voir un présage des chemins divergents que ces deux disciplines allaient emprunter par la suite, le professeur Pierre­Olivier Méthot, de la Faculté de philosophie, voit un grand rendez­vous manqué que les successeurs de ces deux illustres scientifiques de ­ vraient s’empresser de cor­ riger pour mieux relever les défis actuels posés par les maladies infectieuses. Voilà la thèse qu’il défend avec son collègue Samuel Alizon, spécialiste de l’éco­ logie évolutive au CNRS, dans un récent numéro de la revue PLOS Biology. Preuve que le choc des idées qui émerge du regard croisé des disciplines répond à un besoin, leur article a été con­ sulté à plus de 4 000 reprises depuis sa mise en ligne le 18 janvier. « Le fait de pu ­ blier un article de sciences hu maines dans une revue comme PLOS Biology décloisonne les disciplines, constate le professeur Méthot. Nos propos tou­ chent des problèmes très actuels en microbiologie médicale, mais nous les ancrons dans une perspective historique et sociale qui per­ met aux scientifiques de s’af­ franchir d’une vision en silo. »

Dans le rétroviseur de l’his­ toire, il semble clair que les enseignements de la biologie évolutive auraient pu guider la microbiologie médicale dans sa quête. D’une part, le changement perpétuel des espèces et leur adaptation à de nouveaux environne­ ments sont parmi les fonde­ ments du darwinisme et ils laissaient présager l’appari­ tion de maladies émergentes comme l’Ebola, le SRAS, la fièvre du Nil occidental ou de nouveaux sous­types d’Influenza. D’autre part, la biologie évolutive prédit qu’une pression sélective comme l’administration d’un antibiotique élimine les microorganismes sensibles, mais laisse le champ libre à ceux qui y sont partiellement ou totalement résistants. Ces derniers survivent et se mul­ tiplient de sorte que l’anti­ biotique devient inefficace. Augmenter la dose ou recou­ rir à un nouvel antibiotique produira éventuellement le même résultat. Comment expliquer que la microbiologie médicale ait fait la sourde oreille aux enseignements de l’évolu­ tion et qu’elle se soit entêtée dans sa recherche de magic bullets – des molécules effi­ caces contre un pathogène cible sans effets secondaires pour l’hôte – et dans sa stra­ tégie de « frapper tôt et frap­ per fort », qui ont favorisé l’émergence de microbes résistants ? Il y a de nom­ breuses raisons historiques, sociales et épistémologiques à ce cloisonnement, avance Pierre­Olivier Méthot. Parmi celles­ci, mentionnons le fait que la biologie évolutive a été écartée de la formation des

La pandémie de sida a marqué la fin de l’âge d’or du modèle de lutte contre les infections qui faisait miroiter la possible éradication de tous les organismes infectieux

médecins dès 1910 aux États­ Unis parce qu’on jugeait qu’il s’agissait d’une science d’ob­ servation s’intéressant da ­ vantage aux fossiles qu’aux microbes. La France, qui a embrassé avec une fierté patriotique les doctrines de Pasteur, se méfiait des thèses darwiniennes venues d’outre­ Manche. Par ailleurs, l’eu­ génisme et sa quête d’amé­ lioration des populations humaines par reproduction sélective ont rendu les apô­ tres du darwinisme peu fré­ quentables après la Deuxième

Guerre mondiale. « De plus, les objets de chacune des deux sciences sont distincts, ce qui n’a pas favorisé leur rappro­ chement, souligne le philo­ sophe. La microbiologie médi­ cale s’intéresse à l’individu et elle veut le soigner en rétablis­ sant ses constantes physio­ logiques. De son côté, la bio­ logie évolutive s’intéresse aux populations et elle tente d’ex­ pliquer les variations dans la fréquence des gènes. » La prise de conscience de l’impasse dans laquelle s’était engagée la microbiologie mé­ dicale s’est produite tardive­ ment, constate le professeur. « La pandémie de sida a mar­ qué la fin de l’âge d’or du modèle de lutte contre les infections qui avait émergé

quelques décennies aupara­ vant et qui faisait miroiter la possible éradication de tous les organismes infectieux. » Aujourd’hui, l’approche guerrière contre les maladies infectieuses cède le pas à des approches à composantes écologiques et évolutives qui préconisent le contrôle des agents pathogènes et le renforcement du système immunitaire de l’hôte. On envisage notamment des thérapies qui misent sur une combinaison de molécules thérapeutiques administrées à doses variables, la trans­ plantation de microbiote ou encore la thérapie par les phages, une avenue que les antibiotiques avaient relé­ guée aux oubliettes.

Selon le professeur Méthot, les modalités de ces nouvelles stratégies restent à définir et les médecins ne sont pas les mieux placés pour le faire. « Le cursus de formation des médecins est déjà très chargé et il ne faut pas tenter d’en faire des spécialistes de la biologie évolutive. Je crois plutôt que des biologistes de l’évo lution devraient être intégrés aux équipes de santé publique et d’épidémiologie qui cherchent des solutions aux défis posés par les mala­ dies infectieuses. Darwin et Pasteur ne se sont pas parlé lors de la conférence de Londres, mais il est urgent que les deux disciplines scien­ tifiques qu’ils ont aidé à créer engagent le dialogue. »

En 1881, Louis Pasteur et Charles Darwin ont participé au même congrès scientifique à Londres, mais ils n’ont pas échangé un seul mot. À l’image de ce rendez-vous manqué, leurs disciplines respectives ont évolué en parallèle sans établir beaucoup de ponts.

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Le journal de la communauté universitaire Fondé en 1965, Le Fil est un hebdomadaire publié 29 fois par an par la Direction des communications de l’Université Laval et distribué gratuitement sur le campus.

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Rédaction Éditeur : Jacques Villemure, directeur des communications Rédactrice en chef : Claudine Magny Journalistes : Matthieu Dessureault, Pascale Guéricolas, Jean Hamann, Yvon Larose Collaborateurs : Jenny Aumais, Stéphane Jobin, Nathalie Kinnard, Mathieu Tanguay Collaborateurs au Web : Carl Bélanger, Thierry Mellon Rédactrice-réviseure : Manon Plante Agente de secrétariat : Sophie Leroux

Production Infographie : Geneviève Bolduc, Service de reprographie de l’Université Laval Impression : TC Imprimeries Transcontinental, Québec (Québec)

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Vadrouille du cosmos

génie

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Que ce soit avec notre projet ou avec un autre, il faudra s’attaquer à ce problème, c’est incontournable

Il y aurait présentement plus de 1 700 satellites fonctionnels autour de la Terre. Ils sont menacés par le nombre croissant de satellites non fonctionnels, de débris de toutes tailles et de poussières qui se trouvent sur leur orbite.

Des chercheurs jettent les bases d’un dispositif pour réduire la quantité de débris en orbite autour de la Terre par Jean Hamann Il y a présentement plus de 1 700 satellites fonctionnels en orbite autour de la Terre. Ces petites merveilles technologiques, essen­ tielles aux communications, au géoposition­ nement, à la recherche ainsi qu’aux prévisions climatiques et météorologiques, sont mena­ cées par le nombre croissant de satellites non fonctionnels et de débris à la dérive autour de notre planète. Depuis quelques années, les agences spatiales de plusieurs pays étudient divers scénarios pour récupérer les plus gros de ces débris, mais les fragments et les pous­ sières, dont le nombre est littéralement astro­ nomique, n’ont pas suscité autant d’intérêt malgré les dommages importants qu’ils peu­ vent causer aux satellites. Une équipe de chercheurs de l’Université Laval et de l’Uni­ versité McGill vient de briser la glace en pro­ posant les plans d’un dispositif destiné à ramasser les particules de taille inférieure à 5 cm en orbite autour de la Terre. Le concept auquel sont arrivés David St-Onge et Clément Gosselin, du Dépar­ tement de génie mécanique et du Laboratoire de robotique, et leurs collaborateurs de l’Université McGill, Inna Sharf et Luc Sagnières, semble tout droit sorti d’une œuvre de science-fiction. Il s’agit d’une structure ayant des airs de voile parabolique qui, une fois déployée, couvre l’équivalent de 45 terrains de football. « Selon nos calculs, il y aurait 7,5 X 1012 débris de moins de 5 cm en orbite autour de la Terre. Il faut donc un dispositif qui a une énorme superficie pour en ramasser une fraction significative. Le défi est de concevoir un système de grande

dimension qui peut être transporté à bord d’un lanceur. Dans une fusée Ariane 5, par exemple, l’espace de chargement corres­ pond à un cylindre de 10 m de hauteur par 4,5 m de diamètre », précise David St-Onge. Au moment du décollage, le système pensé par les chercheurs se présente comme un ensemble de 80 modules triangulaires juxta­ posés. Une fois dans l’espace, ces modules s’ouvrent de façon séquentielle pour former une coupole. Par la suite, un mécanisme arti­ culé déploie chacun des modules jusqu’à ce que l’ensemble atteigne sa taille finale de 270 000 m2. La coupole est reliée à une unité centrale qui gère les télécommunications, l’énergie et le positionnement. Une toile faite d’un matériau composite similaire à celui des gilets pare-balles est tendue sur chaque module triangulaire. Elle capte les poussières et ralentit les débris de plus grande taille de façon à précipiter leur chute vers l’atmosphère. À 819 km d’altitude, ce système se déplace­ rait à une vitesse de 7,44 km/s et il mettrait 1,7 heure pour faire le tour de la Terre. La densité des débris de moins de 5 cm y est d’environ 80 par km3. Selon les calculs des chercheurs, en une année d’opération, le dis­ positif capterait 1,0 X 109 débris, soit 1,2 % du total à cette orbite, dont 112 objets de taille critique. La durée d’une mission de nettoyage n’est pas arrêtée, mais le moment venu, on ramènerait le dispositif vers la Terre ; la coupole et les débris accumulés se consumeraient entièrement lors de la ren­ trée dans l’atmosphère.

David St-Onge juge que l’on sous-estime les dégâts que peuvent causer les frag­ ments et les poussières. « Les gros débris peuvent être détectés à l’aide d’instru­ ments d’observation et il est possible d’éviter les collisions en modifiant la tra­ jectoire des satellites. Cette solution n’est pas envisageable avec les petits débris. Malgré leur taille, ils peuvent causer d’im­ portants dommages à un satellite parce qu’ils se déplacent à des vitesses pouvant atteindre 10 km/s à 20 km/s. De tels im­­ pacts peuvent rendre un satellite non fonc­ tionnel et en faire une nouvelle source de débris spatiaux. »

Sur le plan financier, le chercheur postdocto­ ral reconnaît que le coût du projet semble pro­ hibitif pour le moment, mais les choses pour­ raient changer rapidement. « En 2009, il y avait 10,3 milliards de petits et de moyens débris qui constituaient une menace pour les satellites en orbite à 819 km de la Terre. En 2020, il y en aura près de 85 milliards. Le nombre de débris est en hausse et le coût de certains satellites augmente. Que ce soit avec notre projet ou avec un autre, il faudra s’attaquer à ce pro­ blème, c’est incontournable. Notre article constitue une première réflexion en ce sens. » Pour visionner ce projet : bit.ly/2sqT46x

Le mécanisme articulé développé par David St-Onge et Clément Gosselin permet à chacun des 80 modules triangulaires de la coupole d’atteindre son plein déploiement. Une fois dans l’espace, la coupole couvre une aire 25 fois plus vaste que celle qu’elle occupe lors de son transport à bord d’une fusée. illustration David St-Onge


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Créativité, talent et audace ! La Faculté des sciences et de génie a remis ses bourses en entrepreneuriat Eggenius 2017-2018 à sept projets d’étudiants- entrepreneurs par Yvon Larose Le 1er février, la Faculté des sciences et de génie (FSG) a publié la liste des lauréats 2017­2018 des diffé­ rentes bourses en entrepreneuriat Eggenius. À la Faculté, Eggenius est un lieu de rassemblement où l’expertise scientifique et l’efferves­ cence créative de la relève rencon­ trent l’audace des entrepreneurs. Pour l’année 2017­2018, les dona­ teurs ont choisi de soutenir sept projets d’étudiants­entrepreneurs de la FSG. Cinq projets ont reçu chacun une bourse en entre­ preneuriat Eggenius – RBC de 10 000 $. En voici quelques­uns.

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POUR LA SANTÉ BUCCODENTAIRE DES CHIENS ET DES CHATS

Animora, une entreprise en démar­ rage de Québec, s’est donnée pour mission d’améliorer le bien­être et la santé des animaux. Elle a été créée par deux étudiants de la FSG, Andrée­Ann Adam, finissante au baccalauréat en microbiologie avec profil entrepreneurial, et Jean­ Philippe Côté, étudiant au bacca­ lauréat en biochimie et au doctorat de premier cycle en pharmacie. Ce mois­ci, Animora a lancé une cam­ pagne de financement participatif. « Nous avons fini de dévelop­ per le premier produit, explique Andrée­Ann Adam. Nous sommes rendus à amasser les fonds néces­ saires pour l’achat d’équipements. Sa commercialisation officielle aura lieu en mai 2018. » Le produit est un gel dentaire à base de canneberges pour les chiens et les chats. Il améliore la santé buccodentaire en réduisant

la mauvaise haleine et en préve­ nant l’accumulation de la plaque dentaire. Il sera enregistré auprès de Santé Canada lors de sa mise en marché. « Le produit, poursuit­elle, peut être utilisé comme dentifrice à l’aide d’une brosse à dents, directe­ ment sur les dents et les gencives de l’animal, ou avec une gâterie ou de la nourriture pour un animal qui ne se laisse pas manipuler près de la gueule. » Selon l’étudiante, les polyphé­ nols contenus dans la canneberge sont reconnus comme une arme de choix contre les maladies parodon­ tales. « Dès l’âge de 3 ans, dit­elle, 80 % des chiens et 70 % des chats développent une maladie des gen­ cives. C’est seulement lors de mes recherches dans un laboratoire en médecine dentaire que j’ai trouvé une idée concrète pour remédier à ce problème. Je voulais créer un produit naturel à la fois simple à utiliser pour le propriétaire, sécuri­ taire pour l’animal et avec une bonne efficacité. Avec l’aide de Jean­Philippe Côté, j’ai commencé à faire plusieurs recherches et plu­ sieurs tests pour trouver la bonne formulation. » Sur le campus, Animora bénéficie du soutien d’Entrepreneuriat Laval, d’Eggenius et du Groupe de recherche en écologie buccale (GREB) de la Faculté de médecine dentaire. Grâce au laboratoire du GREB dirigé par le professeur Daniel Grenier, les étudiants­ entrepreneurs ont pu tester leur gel dentaire directement sur des bac téries parodontopathogènes de source animale.

Les bourses de 10 000 $ d’Eggenius ont été remises notamment à Animora, Brilliant Matters Organic Electronics, Psycos Dermocosmétiques et Swipecity Chez Animora, on ambitionne de devenir la référence en produits de santé animale au Québec et, ensuite, de se faire connaître au Canada et à l’international. DES MATÉRIAUX SEMI-CONDUCTEURS DE NOUVELLE GÉNÉRATION

Brilliant Matters Organic Electro­ nics est une jeune pousse née de l’initiative de Philippe Berrouard, chercheur postdoctoral en chimie, ainsi que de François Grenier et de Jean­Rémi Pouliot, tous deux docto­ rants dans la même discipline. Cette entreprise de haute technologie pro­ duit et vend des matériaux semi­ conducteurs de nouvelle généra­ tion, sous forme de poudre, pour l’industrie de l’électronique. Ces matériaux entrent dans la fabrica­ tion, sur des films flexibles, de com­ posants servant à fabriquer une grande variété de produits, allant du panneau solaire à l’écran de télévision. « L’année dernière, nous avons obtenu un financement de démar­ rage, ce qui nous a permis de louer et d’équiper un laboratoire et de faire nos premières ventes, explique Jean­Rémi Pouliot. Présentement, nous en sommes à conclure une première ronde de financement avec des partenaires stratégiques. » Brilliant Matters entend s’impo­ ser dans un domaine où les semi­ conducteurs faits de silicium se trouvent à la base de tout appareil électronique. Or, une partie de la nouvelle électronique qui se profile à l’horizon utilisera plutôt des semi­conducteurs faits à partir de molécules organiques. « L’électronique est vouée à deve­ nir plus intégrée dans nos vies quo­ tidiennes, indique Jean­Rémi Pouliot. Peu à peu, l’électronique telle que nous la connaissons de­ viendra flexible, étirable, intégrée dans nos vêtements et même utili­ sée dans le corps humain pour du diagnostic. Nos produits permet­ tent de fabriquer cette nouvelle génération d’électronique. » 1 et 2. Le premier produit mis au point par Animora est un gel dentaire à base de canneberges pour la santé buccodentaire des chats et des chiens. Le projet d’entreprise des trois Les fondateurs d’Animora sont Andrée-Ann Adam (à droite) et Jean-Philippe Côté (au centre). Ils sont accompagnés de la gestionnaire Sabrina Adam. photos Andrée-Ann Adam 3 et 4. Les fondateurs de Brilliant Matters Organic Electronics sont François Grenier, Philippe Berrouard et Jean-Rémi Pouliot. étudiants repose sur l’exploita­ tion d’une nouvelle méthode de photo Louise Leblanc. L’entreprise produit des matériaux semi-conducteurs de nouvelle génération sous forme de poudre.

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entrepreunariat

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5 et 6. Les fondateurs de Swipecity sont Jules Kamanzi, Sahil Tajdin Khoja et Julien Mbony. Swipecity diffuse du contenu multimédia géolocalisé, notamment sur les sites et les monuments historiques. 7 et 8. Les produits de Psycos Dermocosmétiques se déclinent en cire nettoyante, en sérum, en crème ou en gel, et en huile de nuit. Les deux fondatrices sont Rachelle Séguin et Andréa Gomez. photos Psycos

production, développée dans le laboratoire du professeur Mario L e c l e r c e t b r e ve t é e . « C e t t e méthode, souligne l’étudiant­ entrepreneur, est plus verte, plus simple et permet de réduire les coûts de fabrication. » Brilliant Matters est présente­ ment hébergée à l’Université Laval dans un espace adapté à la production de ses produits. Ceux­ci s’adressent autant aux chercheurs universitaires qu’aux géants de l’électronique. L’équipe est accompagnée et conseillée par Entrepreneuriat Laval, Eggenius et la société de valorisation SOVAR. Le but des fondateurs est de créer une entreprise interna­ tionale spécialisée en chimie des matériaux. LA SYNERGIE ENTRE LA PSYCHOLOGIE ET LA COSMÉTIQUE

Rachelle Séguin étudie à la maîtrise en sciences pharmaceutiques. Andréa Gomez, elle, est inscrite au MBA stratégie et innovation. En­ semble, elles ont fondé Psycos Dermocosmétiques, une gamme de soins personnalisés pour le visage qui se caractérisent par leur con­ tenu naturel et l’équilibre de leurs

ingrédients. Ces produits sont combinés à des routines de pensée basées sur la psychologie positive et la théorie de la pleine conscience. Les utilisatrices peuvent aussi suivre des ateliers sur le bien­être donnés par des professionnels. Les deux étudiantes­entrepreneures prévoient lancer leur plateforme de vente en ligne en juillet prochain. « Nous considérons offrir la pre­ mière gamme de psycosmétiques au monde, c’est­à­dire la synergie entre la psychologie et la cosmétique, explique Rachelle Séguin. Il est connu que le stress psychologique est l’un des facteurs importants qui causent l’eczéma, le psoriasis, l’acné et même le vieillissement cutané. L’apparence de la peau peut ensuite avoir des répercussions sur l’estime personnelle, qui, elle, va toucher toutes les sphères de notre vie, in­ cluant le stress psychologique. C’est pour sortir de cette boucle sans fin que Psycos travaille autant sur les soins de la peau que sur le stress et l’estime de soi. » Ce projet est né d’un désir com­ mun de révolutionner le monde de la cosmétique. « Nous voulons avoir une entreprise qui pourra toucher la vie des femmes », sou­ ligne Rachelle Séguin.

Chez Psycos Dermocosmétiques, on travaille avec sept différents ingrédients naturels, dont l’effi­ cacité est prouvée, et avec cinq différents extraits de plante. Les produits sont hypoallergéniques, végétaliens et respectueux de l’environnement. Ils se déclinent en cire nettoyante, en sérum, en crème ou en gel, et en huile de nuit. Ils ont été mis au point par Rachelle Séguin et Andréa Gomez, toutes deux ayant travaillé six ans dans l’industrie cosmétique. « Nous recevons de l’aide puisque ce sont des formules complexes, mais celles­ci nous appartiennent, dit­elle. Ma formation de chimiste cosméceutique, obtenue à l’Uni­ versité Laval, me permet de gérer l’aspect réglementaire, de même que la composition des produits. Mes études de maîtrise me per­ mettent de bien sélectionner les ingrédients. » Rachelle Séguin et Andréa Gomez sont inscrites, pour l’an­ née 2018, à l’Académie de la re ­ lève entrepreneuriale – CDPQ de l’Université Laval. Cette année, elles pourront bénéficier des ins­ tallations d’un laboratoire de formulation cosmétique. Des pro­ fesseurs de psychologie sont mis à

contribution. Entrepreneuriat Swipecity sont Québec, Lévis et Laval et Eggenius collaborent à ce Montréal. Le nombre de lieux à projet. explorer dans le Vieux­Québec et le Vieux­Lévis s’élève à plus de 70. LA CHASSE AUX TRÉSORS Cette application est destinée aux AU 21e SIÈCLE municipalités ayant une culture et « Imaginez­vous que vous voyagez un patrimoine riches à découvrir. dans une ville à l’étranger, que vous Les utilisateurs, qu’ils soient tou­ vous promenez et que vous êtes ristes ou résidents, découvrent des intrigué par une œuvre d’art public. stations et des parcours interactifs Lorsque vous vous en approchez, à l’aide de leur téléphone mobile, celle­ci vous envoie directement, dans une expérience semblable à au moyen d’une balise connectée, une chasse aux trésors. de l’information ou bien une anec­ « D’un côté, souligne Sahil Tajdin dote intéressante à son sujet sans Khoja, l’application permettra aux que vous ayez à chercher l’informa­ voyageurs de découvrir la culture tion sur votre téléphone mobile. locale sous une forme ludique. D’un C’est l’environnement qui vous autre côté, elle permettra aux villes l’envoie directement. N’est­ce pas et aux organismes culturels d’avoir original ? » une plateforme à jour, clé en main, à Sahil Tajdin Khoja étudie au bac­ moindre coût, qui va leur permettre calauréat intégré en informatique de revaloriser leur contenu histo­ et gestion. Il est également le cofon­ rique et patrimonial sous une forme dateur de Swipecity avec Jules numérique et d’avoir des données Kamanzi, étudiant au baccalauréat très intéressantes. » en informatique, et Julien Mbony. Les fondateurs de Swipecity re­ Swipecity est une application çoivent le soutien d’Entrepreneu­ offrant l’accès à une plateforme de riat Laval dans le démarrage de gestion clé en main pour diffuser leur entreprise. Entrepreneuriat du contenu multimédia géoloca­ Laval les a aidés à monter le plan lisé sur les sites et les monuments d’affaires et à se faire connaître. historiques, les événements cul­ L’entreprise est maintenant au turels, les musées et les festivités. stade du développement des Les premières villes couvertes par affaires.


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économie

Facettes de la pauvreté Les probabilités d’entrée et de sortie de la pauvreté varient notamment selon la composition d’un ménage, la scolarité et les caractéristiques sociodémographiques, révèle une étude par Yvon Larose Marie-Pier Bernard, étu­ diante à la maîtrise en éco­ nomique, a été la première chercheuse à prendre le micro, le vendredi 9 fé­­ v r i e r à l’amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins, du­­ rant la Journée d’économie appliquée 2018. Cette acti­ vité était organisée no­­ tamment par le Centre de recherche en économie de l’environnement, de l’agroa­ limentaire, des transports et de l’énergie. La présentation de l’étu­ diante était tirée de son mémoire, lequel porte sur les entrées et les sorties de la pauvreté au Québec et en Ontario. Elle mène sa re­­ cherche sous la direction des professeurs Guy Lacroix et Luc Bissonnette, du Dépar­ te­ment d’économique. Elle a reçu le soutien de la Chaire de recherche Industrielle Alliance sur les enjeux éco­ nomiques des changements démographiques ainsi que de Statistique Canada. ­Sta­tistique Canada a rendu possible l’accessibilité à des microdonnées ano­ nymisées sur plus de 10 000 Cana­diens, couvrant une trentaine d’années, jusqu’en 2012. Dans son échantillon couvrant le Québec et l’Ontario, elle n’a pas tenu compte des 25 ans et moins. Le revenu total familial lui a servi de variable pour la mesure de la pau­ vreté. Enfin, différents scé­ narios d’entrée et de sor­ tie de la pauvreté ont été analysés. « L’analyse des données indique que le fait d’être en couple constituerait un avantage pour sortir de la pauvreté en raison des deux revenus et parce que la vie de couple entraîne une plus grande stabilité finan­ cière, explique Marie-Pier Bernard. La probabilité de sortie de la pauvreté aug­ menterait de 78 % et la pro­ babilité d’entrer dans la pau­ vreté diminuerait de 49 %. Dans le même sens, quoique dans une moindre mesure,

le fait d’avoir des enfants ­augmenterait de 23 % la pro­ babilité de sortie de la pau­ vreté. Cette réalité aurait pour effet la réduction de 15 % de la probabilité d’y entrer. » La scolarité est une autre variable significative. « Les statistiques, dit-elle, démon­ trent qu’un diplôme d’études supérieures permet un re­­ venu plus élevé. » En effet, plus une personne est scola­ risée, plus est faible la proba­ bilité qu’elle entre en situa­ tion de pauvreté, et plus est élevée la probabilité d’en sortir. Les calculs de MariePier Bernard indiquent que la probabilité de sortir d’une situation de pauvreté aug­ mente de 23,7 % pour un diplômé de niveau secon­ daire, mais s’élève à 82,8 % pour un diplômé de niveau universitaire. Marie-Pier Bernard a éga­ lement mesuré la variable de la durée dans une situation de pauvreté. Constat : plus

une personne passe d’années consécutives dans la pau­ vreté, plus la probabilité d’en sortir diminue. Ainsi, une personne en situation de pauvreté depuis deux ans a 30 % de chances de demeu­ rer dans la pauvreté. Après cinq ans, la probabilité monte à 49 %. Et après dix ans, elle atteint 76 %. « En ce qui concerne les résultats, je n’ai pas été en mesure de déceler une diffé­ rence significative entre le Québec et l’Ontario, conclut la chercheuse. Les résultats suggèrent que la composi­ tion d’un ménage, la scola­ rité, les caractéristiques so­­ ciodémographiques ainsi que les antécédents en ma­­ tière de pauvreté influen­ cent les transitions dans la pauvreté. » La pauvreté a de multiples visages. On trouve des per­ sonnes pauvres autant chez les jeunes que chez les aînés. On peut basculer dans la pauvreté à la suite d’une mise à pied. On peut tra­ vailler au salaire minimum et avoir du mal à joindre les deux bouts. Travailleurs à temps partiel, mères mo­n oparentales, bénéfi­ ciaires de l’aide sociale, la pauvreté toucherait plus de 800 000 personnes au Qué­ bec. Le seuil de pauvreté est établi à moins de 18 000 $ par année pour une per­ sonne vivant seule.

L’auteure a eu accès à des microdonnées anonymisées de Statistique Canada sur plus de 10 000 Canadiens

Selon l’étude, plus une personne est scolarisée, plus est faible la probabilité qu’elle entre en situation de pauvreté, et plus est élevée la probabilité d’en sortir.

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sur l’après-cancer Q Comment peut-on venir en aide aux très nombreux patients en théorie guéris ?

Jean-François Desbiens

Un rapport publié à la fin janvier par le Partenariat canadien contre le cancer, un organisme financé par le gouvernement fédéral, met l’accent sur les problèmes que vivent les personnes atteintes par cette maladie après leur traitement. Si le système de santé prend en charge la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothé­ rapie, l’hormonothérapie, les ressources manquent, par contre, pour se remettre des conséquences du cancer. La vision de Jean-François Desbiens, professeur spé­ cialisé dans les traitements en oncologie à la Faculté des sciences infirmières.

Q Quels sont les symptômes de l’après-cancer les plus importants ? R On ignore encore l’ampleur de ce que vivent les personnes lorsqu’elles sont en rémission, qu’il s’agisse de symptômes physiques ou émotionnels, comme la peur d’une récidive. Cependant, selon les ­é tudes compilées dans le rapport du Partenariat canadien contre le cancer, certains problèmes se démarquent. La fatigue et la baisse d’énergie, par exemple, affectent un grand nombre de patients pendant les traitements, mais aussi après. Cette fatigue est sans rapport avec l’inten­ sité de l’activité pratiquée et le repos ne réussit pas à la soulager. Par ailleurs, le rapport insiste beaucoup sur l’importance de personnaliser les soins, car les pro­ blèmes varient beaucoup selon les profils. Ils dépendent, en effet, en grande partie du type de cancer qu’a eu la personne, des complications survenues et des traite­ ments reçus. Par exemple, certaines chimiothérapies entraînent, après les trai­ tements, des douleurs physiques particu­ lières, de type neuropathiques, affectant les nerfs. Il peut s’agir de douleurs aux mains qui surviennent juste en touchant un objet. D’autres personnes vont éprou­ ver des problèmes cognitifs, que l’on pense à des pertes de mémoire à court terme ou à une diminution de la concen­ tration, sans parler de l’anxiété et de l’insomnie.

R Notre système de santé est extrêmement compartimenté et répond aux besoins de ces personnes de manière très inégale. Dans certaines provinces de l’Ouest, ce sont les services de première ligne qui prennent en charge les soins des gens en période de rémission. À Toronto, il existe une clinique des survivants, liée au Princess Margaret Cancer Centre. Là, les personnes ont accès à du personnel à leur écoute pour parler de leurs symptômes, tant physiques qu’émotionnels. Après cette évaluation globale, des patients peu­ vent être dirigés vers des spécialistes s’ils souffrent de problèmes sévères. Dans le cas de difficultés plus modérées, on les oriente vers des ressources qui les aideront à pratiquer des activités physiques ciblées, adaptées par exemple à des patientes qui ont subi une chirurgie du sein, ou encore vers des centres communautaires. On peut leur proposer de participer, notamment, à des ateliers sur les troubles de mémoire ou à des groupes qui discutent de stratégies pour surmonter certains symptômes. De son côté, le Centre universitaire de santé McGill, à Montréal, forme les intervenants de première ligne à la réalité de ce que vivent les patients après leurs traitements. Les médecins de famille manquent encore d’informations sur la grande fatigue que ressentent leurs patients. Q La recherche montre donc qu’on ne guérit pas entièrement d’un cancer…. R Pendant la période des traitements, les familles qui accompagnent un proche prennent beaucoup de choses en charge, que ce soit la gestion de la maison, les soins aux enfants ou le travail. Après la chirur­ gie, la chimiothérapie ou la radiothérapie, on s’attend à retrouver la personne telle qu’on l’a connue avant le cancer. Or, la maladie a bouleversé le patient tant physi­ quement qu’émotionnellement. C’est un phénomène difficile à saisir de l’extérieur, car il n’a rien de visible. En plus, le patient a souvent de la difficulté à obtenir de l’aide, surtout s’il n’a pas de médecin de famille, ce qui accroît parfois sa détresse. Dans le passé, les infirmières pivots en oncologie, qui coordonnent les rencontres avec les médecins spécialistes et les travailleurs sociaux, se chargeaient aussi du suivi des patients après la maladie. Or, aujourd’hui, leur charge de travail s’est alourdie. Un grand nombre de ces professionnelles n’ont plus le temps de remplir cette tâche. Pourtant, bien souvent, une discussion à la fin des traitements et une information adéquate donnée à la personne permettent de mieux faire face à la suite des choses. Tout ne dépend pas seulement de l’hôpital. Il faut associer les organismes communau­ taires, les familles et le milieu de travail à la gestion de l’après-cancer. Propos recueillis par Pascale Guéricolas


environnement

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ils ont dit... Sur la médecine et la foi

Alain Naud, Faculté de médecine Le Devoir, 8 février

Selon le dernier rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement, la planète n’a atteint que 30 % de l’effort requis pour limiter la hausse globale de la température à 2 degrés Celsius.

En route vers la COP24 La COP23 aura été une conférence transitoire en vue de finaliser les règles de l’Accord de Paris en décembre 2018, selon des experts du campus par Nathalie Kinnard La COP23 – la 23e Conférence des par­ ties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, a été une COP de transition. Si l’objec­ tif était de préciser et de détailler les différents articles de l’Accord de Paris, il y aura eu beaucoup de discussions, mais peu d’engagements de la part des États membres. C’est le constat formulé par les in­­ tervenants invités à la table ronde « COP23 : Regards croisés sur les négo­ ciations climatiques », organisée par l’Institut Hydro-Québec en environne­ ment, développement et société (EDS) de l’Université. « Les négociations sont techniques et complexes. Il n’y a pas qu’une solution à un problème, et tous les États doivent s’entendre sur chaque mesure. C’est ce qui explique la len­ teur du processus », signale Géraud de Lassus Saint-Geniès, chargé de cours à la Faculté de droit. Ce spécialiste en droit international sur les changements climatiques a été accrédité par l’Uni­ versité pour observer les négociations de la COP23 à Bonn, en Allemagne, en novembre 2017. Il cite en exemple les mécanismes du marché du carbone. L’Accord de Paris prévoit que les diffé­ rents États doivent rendre des comptes à propos de leurs actions et de leurs résultats, tout en ayant une certaine flexibilité. Par contre, aucune règle pré­ cise n’a été établie. Quelle marge de manœuvre doit-on laisser aux pays ? Quel rôle doit jouer la surveillance internationale ? Ces questions sont toujours en suspens.

Par ailleurs, Sophie Lavallée, profes­ seure à la Faculté de droit spéciali­ sée en droit de l’environnement, si­­ gnale que, selon le dernier rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement, la planète n’a atteint que 30 % de l’effort requis pour limiter la hausse globale de la température à 2 degrés Celsius. « Les États doivent rehausser leur contribution, fait-elle remarquer. Malheureusement, il n’y a pas eu d’avancées sur ce point à la COP23. » Le fait que les États-Unis se soient retirés politiquement de l’Accord de Paris ne serait pas étranger à la ­lenteur des négociations, qui se cher­ chent un meneur. Si les discussions dans la zone réservée aux membres de la COP23 ont donné peu de résultats tangibles, celles qui se tenaient dans l’espace réservé aux acteurs civils se sont soldées par quel­ ques belles initiatives. Citons, par exem­ ple, la mise en place d’une plateforme sur les savoirs et les connaissances autochtones pour aider la lutte contre les changements climatiques, l’Alliance pour la sortie du charbon menée par le Canada et le Royaume-Uni, un accord sur l’agriculture intelligente et le Plan d’action pour l’égalité des sexes. « L’es­ pace destiné à la société civile augmente en superficie et en participation depuis la rencontre de Paris en 2015 », note Marielle Papin. Cette doctorante au Département de science politique a été envoyée à la COP23 par l’Institut EDS pour observer, notamment, le rôle des villes et de leurs réseaux. « Les villes

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Les villes sont responsables de 70 % des émissions de gaz à effet de serre, même si elles ne représentent que 50 % de la population sont responsables de 70 % des émissions de gaz à effet de serre, même si elles ne représentent que 50 % de la population, souligne Marielle Papin. Elles ont donc un rôle crucial dans l’action climatique locale et mondiale. » Les villes partici­ pent donc à plusieurs alliances qui pro­ posent des solutions innovantes pour la lutte contre le réchauffement clima­ tique. C’est le cas de Montréal, qui fait partie notamment des réseaux C40, ICLEI, Global Covenant of Mayors for Climate and Energy, 100 Resilient Cities et Metropolis. La doctorante remarque que l’incidence, les actions et l’envergure de ces réseaux ne cessent d’augmenter. D’ici la prochaine COP, qui se tiendra en décembre 2018 en Pologne, les diffé­ rents États entretiendront le dialogue de Talanoa, initié par les îles Fidji, afin d’établir un bilan global de leurs émis­ sions de gaz à effet de serre. Cette con­ versation internationale, qui inclut ­également la société civile, alimentera les négociations finales de la COP24 visant à augmenter les efforts collectifs d’atténuation des émissions polluantes. « L’année 2018 sera celle des résultats et des décisions écrites à propos de l’Accord de Paris », conclut Sophie Lavallée.

Des médecins catholiques ont demandé aux tribu­ naux de reconnaître leur droit, en cas d’objection de conscience, de ne pas diriger vers des collègues leurs patients faisant une demande d’aide médicale à mourir. Alain Naud estime que cette attitude est regrettable. « La méde­ cine n’est pas une religion. Les individus n’embras­ sent pas cette profession pour imposer aux malades leur propre foi, leurs va­­ leurs et leurs croyances, mais bien pour écouter, comprendre et respecter celles des malades. Et se mettre à leur service. L’intérêt des malades doit primer les croyances personnelles. »

Sur l’immunité parlementaire

Patrick Taillon, Faculté de droit La Presse Plus, 9 février

Des enquêteurs ont espionné trois ou quatre téléphones, dont deux por­ tables prépayés, reliés à Guy Ouellette. Est-ce que tous ces appareils pour­ raient être protégés par une immunité parlemen­ taire ? « Le fait que ce soit des téléphones prépayés nous fait penser qu’ils sont utilisés en dehors de l’As­ semblée nationale. Qu’ils ne soient pas la propriété de l’Assemblée nationale réduit de façon significa­ tive les chances qu’ils soient protégés par l’im­ munité parlementaire », répond Patrick Taillon.

Sur la baisse du financement de l’AIEQ

Martin Pâquet, Département des sciences historiques Le Devoir, 10 février

Ce printemps, le gouver­ nement du Québec dimi­ nuera de 40 % l’aide finan­ cière qu’il accorde annuel­ lement à l’Association internationale des études québécoises (AIEQ). En 20 ans, l’Association a orga­ nisé 800 événements scien­ tifiques, formé 1 000 ensei­ gnants sur la culture québé­ coise et octroyé 100 bourses de recherche. Martin Pâquet déplore ce qu’il ­qualifie de « pensée comp­ table à courte vue ». « Le gouvernement ne pense pas au retour sur l’inves­ tissement à moyen et long termes, mais au retour dans l’immédiat. Sauf que quand vous êtes responsable de l’État, vous devez penser à long terme. »


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« Super infirmières » avant l’ À l’instar de Blanche Pronovost, popularisée par une télésérie, de nombreuses infirmières ont prodigué des soins de santé dans des régions éloignées du Québec d’autrefois par Matthieu Dessureault Imaginez devoir pratiquer des accou­ chements, soigner des malades et panser des blessures, tout cela sans eau courante ni électricité ! Impen­ sable ? Ce sont pourtant les con­ ditions dans lesquelles ont travaillé les infirmières de colonie. Au cours des années 1930, des centaines de femmes ont été embauchées par le gouvernement du Québec pour offrir des soins aux familles nouvellement établies dans des régions isolées. Jusqu’à l’abolition de leurs postes vers 1960, elles ont assuré une diver­ sité de services, des accouchements aux petites chirurgies, en passant par la vaccination. Le 22 février, à la bibliothèque Aliette­Marchand, l’historienne Johanne Daigle présentera une con­ férence sur le sujet. Coauteure de

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Sept jours sur sept, de nuit comme de jour, les infirmières de colonie répondaient aux besoins de leur communauté

1. Blanche Pronovost est devenue, en 1936, la première infirmière de Villebois. photo collection Nicole Rousseau 2. Des traîneaux tirés par des chevaux servaient au transport des colons. Sur cette photo, prise en 1933 à Laferté, de nouveaux arrivants descendent du train avec leurs biens. photo BAnQ-Centre de Rouyn, Fonds Canadien National : 08-Y,P213,P221 3. L’infirmière Mathilde Beaumier-Meunier voyageant en canot avec son chien vers la fin des années 1930. photo collection Nicole Rousseau

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l’ouvrage Infirmières de colonie : soins et médicalisation dans les régions du Québec, 1932-1972, publié aux Presses de l’Université Laval, elle a été invitée par la Société d’histoire Les Rivières à venir raconter le quotidien de ces femmes courageuses. « Leurs conditions de travail étaient très difficiles. Cer­ taines colonies présentaient des obs­ tacles géographiques importants. Pour visiter leurs patients, les infirmières devaient traverser des rivières ou utili­ ser des routes normalement fermées durant l’hiver. Elles se déplaçaient en traîneau à chiens, en voiturette tirée par des bœufs ou même à pied dans plusieurs cas. Très peu avaient accès à un cheval, le ministère de la Coloni­ sation refusant de payer pour cela », affirme la professeure au Département des sciences historiques.


histoire

’heure Les infirmières de colonie logeaient, pour la plupart, dans un dispensaire octroyé par le gouvernement. Formées auprès de médecins et de religieuses, elles étaient bien au fait des connais­ sances médicales de l’époque. Sept jours sur sept, de nuit comme de jour, elles répondaient aux besoins de leur communauté. Si mener des accouche­ ments représentait leur tâche princi­ pale, elles devaient parfois s’improvi­ ser dentistes pour soigner une carie ou arracher une dent. À défaut de la pré­ sence de médecins et de pharmaciens, elles remplissaient plusieurs autres tâches, comme faire des constats de décès ou distribuer des médicaments, qu’elles se procuraient en ville. « Souvent, les infirmières jouaient le rôle de travailleuse sociale. Constatant l’immense pauvreté de leur colonie, elles convoquaient les pouvoirs publics afin que les gens obtiennent d’autres services. Évidemment, elles se sont occupées de cas difficiles, d’inceste entre autres », ajoute Johanne Daigle. Pour les besoins de son livre, qu’elle signe avec Nicole Rousseau, pro­ fesseure retraitée de la Faculté des sciences infirmières, elle a rencontré 48 anciennes infirmières et 15 per­ sonnes ayant bénéficié de leurs ser­ vices. Si certaines ont pratiqué le métier pour des raisons financières, la plupart le faisaient par dévotion. Nourries par leurs aventures, elles étaient fières de participer à la colonisation du Québec. « Plusieurs nous ont assuré que si c’était à refaire, elles recommenceraient, en dépit de toutes les difficultés rencon­ trées, car elles se sentaient importantes dans leur communauté. Elles ont apporté une grande contribution, ce qu’elles n’auraient pu faire autrement », conclut la professeure. La conférence de Johanne Daigle sera présentée le jeudi 22 février, à 19 h 30, à la salle Irénée-Lemieux de la bibliothèque Aliette-Marchand (243, boulevard Pierre-Bertrand). Pour plus d’information : bit.ly/2EBlOdX

4. L’infirmière Gabrielle Bédard devant le dispensaire de Sainte-Anne-deRoquemaure, en 1936. photo collection Nicole Rousseau 5. Les paroissiens de Sainte-Anne-de-Roquemaure, en Abitibi, en compagnie de leur curé après la messe, à l’été 1934. photo collection Société d’histoire de Roquemaure 6. L’infirmière Jeanne Levitre a travaillé à Natashquan de 1930 à 1939. photo collection Gilles Lapierre 7. L’arrivée à la maison d’une famille de colons à Laferté, en 1933. photo BAnQ-Centre de Rouyn, Fonds Canadien National : 08-Y,P213,P225

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sciences

photo Michel Pézolet

en bref

Les filles et les sciences ! La Journée internationale des femmes et des filles de science, décrétée par l’ONU, avait lieu le 11 février. Pour la souligner, l’Unesco a créé une page Web qui présente notamment l’état de la situation des femmes en science au niveau mondial. De plus, pour in­citer les filles à faire carrière en science, la journée « Les filles et les sciences, un duo électrisant ! » aura lieu le 24 février au pavillon Alexandre-Vachon. Cet événement s’adresse aux jeunes filles de 2e et de 3e secondaire et vise à présenter les avenues possibles de carrière au moyen d’ateliers et d’activités. Vous êtes une femme qui a fait ou qui fait des études dans un domaine scienti­ fique et avez envie de partager votre passion à un groupe d’étudiantes ? Les organisatrices ont justement besoin de bénévoles ! Pour consulter la page spéciale de l’Unesco : bit.ly/2EYxGZ2. Pour en savoir plus sur la journée « Les filles et les sciences : un duo électrisant ! », qui aura lieu sur le campus : bit.ly/2Emfg3e

Photographes forestiers Le Salon de la forêt revient en force cette année avec un concours de photo qui a pour thème « Les mille et une possibilités de la forêt ». Il y a plusieurs prix à gagner. Les vingt photos finalistes seront affichées au pavillon Alphonse-Desjardins durant l’événement, les 17 et 18 mars. Au programme de ce salon figu­ rent également des conférences, une compéti­ tion de défis sportifs et plusieurs stands liés au domaine forestier. Les visiteurs pourront rencontrer des professionnels, des chercheurs et des étudiants qui leur feront découvrir toute la diversité qu’offre la forêt. Pour participer au concours de photo, envoyez vos trois meilleures œuvres par courriel à ssf@ffgg.ulaval.ca avec comme objet « Concours photo ». Vous avez jusqu’au 1er mars pour soumettre vos photos. Pour plus d’information : ssf.ffgg.ulaval.ca/ concours-photo

Prix d’excellence des professionnels de recherche du FRQNT Vous avez dans votre entourage des profes­ sionnels de recherche hors pair ? Incitez-les à soumettre leur candidature aux Prix d’excel­ lence des professionnels et professionnelles de recherche du Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies (FRQNT). Ces prix visent à reconnaître leur contribution à la recherche, à la mobilisation des connais­ sances, à la formation de la relève ou au sou­ tien à des regroupements de chercheurs. Les candidatures peuvent être soumises jusqu’au 15 mars. Pour plus d’information : bit.ly/2BrfvLB

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L’impondérable facteur humain Si les bâtiments à haute efficacité énergétique ne tiennent pas toujours leurs promesses, c’est en partie à cause de leurs occupants par Jean Hamann Un immeuble construit à Québec pour faire la dé­-­ monstration de la faisabi­ lité et de la rentabilité des habitations à faible con­ sommation énergétique ne répond pas, dans la vraie vie, aux attentes théoriques de ses concepteurs. Selon une étude réalisée par une équipe rattachée à la Chaire indus­ trielle de recherche sur la construction écoresponsable en bois, la consommation énergétique réelle dans cet immeuble est 74 % supé­ rieure aux prévisions. Cet écart appréciable n’est pas un cas isolé dans le do­­ m a i n e des immeubles à ­faible consommation éner­ gétique et, comme souvent, ce ne sont pas les technolo­ gies qui sont en cause, mais plutôt le comportement des occupants, révèle l’étude publiée par les chercheurs dans un récent numéro de la revue Energy. Jean Rouleau et Louis Gosselin, du Département de génie mécanique, et Pierre Blanchet, du Département des sciences du bois et de la forêt, arrivent à cette conclu­ sion après avoir dressé la consommation énergétique détaillée de cet immeuble de 40 logements construit en 2014 dans l’écoquartier de la Cité Verte de Québec. La Société d’habitation du Québec – le promoteur du projet – et les chercheurs de l’Université Laval avaient alors convenu d’ausculter à fond cet immeuble pour en documenter la perfor­ mance énergétique. Pour ce faire, des capteurs de toutes sortes ont été installés à 350 endroits, ce qui leur a permis de départager l’éner­ gie que les occupants consa­ crent au chauffage, à l’eau chaude, à la ventilation et à l’utilisation d’appareils élec­ triques. Fait à noter, l’énergie servant à chauffer les loge­ ments et à produire l’eau chaude provient d’une petite centrale thermique locale alimentée avec des copeaux de bois.

À l’aide des données re­­ cueillies tout au long de l’an­ née 2016, les chercheurs ont établi que la consommation d’énergie des occupants de l’immeuble dépassait de 74 % les prévisions établies par une firme spécialisée en bâtiments. Sur les 40 loge­ ments, 30 ont dépassé le niveau de dépense énergé­ tique prévu par les calculs. Les analyses montrent que la consommation annuelle d’énergie des logements, qui sont pourtant de con­s­ truction identique, varie énormément, allant de 54 kWh/m2 à 273 kWh/m2. Le nombre d’occupants, la localisation du logement et son orientation géogra­ phique ont une faible in­­ fluence sur ce paramètre. D’où proviennent donc les écarts ? « D’une part, la tem­ pérature de consigne utilisée dans les prévisions est de 20 degrés Celsius, alors que nos données montrent que les occupants règlent les ther­ mostats à 23,9 degrés Celsius en moyenne entre octobre et avril, explique le doctorant Jean Rouleau. Par ailleurs, nous avons constaté que, pen­ dant la même période, les fenêtres des logements sont ou­ver­tes, en moyenne, plus de deux heures par jour. Il semble que les occupants ouvrent leurs fenêtres plutôt que de faire appel à l’échan­ geur d’air pour abaisser la température dans leur logement. »

Grâce à des capteurs installés dans les logements, les chercheurs ont découvert que les occupants de l’immeuble ouvraient leurs fenêtres plus de deux heures par jour entre octobre et avril.

Les technologies du bâti­ ment se sont améliorées depuis quelques années, au point où l’on envisage main­ tenant la construction d’im­ meubles qui produisent au­­ tant d’énergie (grâce aux fi­lières solaire, éolienne ou géothermique) qu’ils en

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Pour que le plein potentiel énergétique des immeubles se réalise, il faudra s’assurer de mieux communiquer avec les occupants

consomment. « Par contre, il est de plus en plus évident que les meilleures technolo­ gies ne suffisent pas si elles sont mal utilisées, constate Jean Rouleau. Pour que le plein potentiel énergé­ t i qu e des immeubles se ­réalise, il faudra s’assurer de mieux communiquer avec les occupants. » Rappelons qu’aux ÉtatsUnis, le parc immobilier consomme environ 39 % de l’énergie totale, soit un pour­ centage plus élevé que le transport. On lui attribue environ 30 % des émissions de gaz à effet de serre (GES). Au Québec, 34 % de la con­ sommation d’énergie va au parc immobilier. En raison de l’omniprésence de l’hydro­ électricité, cette consom­ mation représente un peu moins de 10 % du total des GES.


arts

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Le yéti prend d’assaut le grand écran

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en bref

De quoi réchauffer les cœurs Voici deux concerts empreints de roman­ tisme dont le répertoire séduira à coup sûr ! Le 21 et le 22 février, l’Orchestre sympho­ nique de Québec s’unira à des étudiants de la Faculté de musique et du Conservatoire de musique de Québec pour interpréter la Première ­symphonie, dite Titan, de Gustav Mahler. Pour le concert du mercredi, la soprano Marianne Fiset se joindra à l’ensemble pour revisiter les Quatre derniers lieder de Richard Srauss. Les deux concerts seront dirigés par le chef Fabien Gabel. photo Guy Langevin Le film met en scène Nelly Maloye, détective intuitive et désorganisée, et Simon Picard, méthodique assistant de recherche à l’Université Laval. Autour de ce sympathique duo dépareillé gravitent de nombreux personnages désopilants.

Le long-métrage d’animation Mission Yéti, coréalisé par le chargé de cours Pierre Greco, nous amène sur les traces de cette mythique créature par Matthieu Dessureault Le yéti n’existe pas ? Nuance : son exis­ tence n’a pas encore été prouvée. Une détective privée et un chercheur en anthropologie de l’Université Laval entendent bien le faire. Soutenus par un mécène ambitieux, ils partent pour le Tibet, à la recherche de la bête légen­ daire. Pour atteindre leur but, ils se fient au journal d’un explorateur dis­ paru et font appel à un sherpa pour les guider à travers les pics enneigés de l’Himalaya. Voilà les grandes lignes de Mission Yéti, un film d’animation de Nancy Florence Savard et de Pierre Greco, le tandem à qui on devait déjà Le coq de St-Victor. Campée dans les années 50, l’histoire n’est pas sans rappeler des aventures qui ont réellement eu lieu, notamment celles d’Edmund Hillary, l’un des pre­ miers alpinistes à avoir gravi l’Everest. Pierre Greco, qui signe le scénario avec André Morency, s’est aussi inspiré de la série de bandes dessinées Spirou et Fantasio. Le récit, qui comprend une bonne dose d’humour, est saupoudré de ses préoccupations pour l’environne­ ment. « Cinquante ans après son ascen­ sion de l’Everest, Edmund Hillary a livré un discours dans lequel il s’inquiétait que la montagne soit devenue un dépo­ toir rempli de détritus laissés au fil du temps par les alpinistes. Cette phrase qu’il a dite a été la bougie d’allumage du projet de film. J’ai eu envie de raconter une histoire teintée de préoccupations environnementales qui sont dans l’air du temps », explique ce chargé de cours à l’École de design, où il enseigne l’art du scénario et le scénarimage. Mission Yéti représente sept ans de travail, dont plusieurs mois de recher­ ches. Avec des membres de l’équipe de production, les réalisateurs ont effectué

un voyage au Népal pour s’inspirer des paysages himalayens, de l’architecture de la région et des costumes tradition­ nels. Ils ont pris une multitude de notes et de photos, qui ont permis d’insuffler davantage de réalisme au film. Puisque l’histoire se déroule en partie dans les rues du Vieux-Québec, ils ont aussi effectué des recherches dans les archives de la Ville pour créer des décors qui concordent avec ceux de l’époque. Entièrement réalisé à Québec – fait rarissime –, ce long-métrage a mobilisé une centaine de personnes, dont une vingtaine d’animateurs de la firme Frima. Sylvie Moreau, Guillaume Lemay-Thivierge, Rachid Badouri et Edgar Fruitier sont parmi les acteurs qui prêtent leur voix aux personnages. « Nous nous sommes gâtés pour la dis­ tribution, admet Pierre Greco. Tous les comédiens ont été géniaux. Certains avaient une expérience en dessin

animé, mais c’était du doublage de films déjà faits. Cette fois, on partait de zéro. Ils ont pu s’amuser à modifier les textes, à ajouter des phrases ou des intonations, et nous avons animé les personnages à partir de leurs voix. » Mission Yéti n’est pas encore sorti qu’il suscite déjà de l’intérêt à travers le monde. Une trentaine de pays, dont la Turquie, la Bolivie, le Mexique, Israël, la Pologne et la Corée du Sud, ont signé des ententes de distribution avec Productions 10e ave, la boîte de Nancy Florence Savard. Chez nous, le film prendra l’affiche le 23 février, à temps pour la semaine de relâche scolaire.

Mission Yéti représente sept ans de travail, dont plusieurs mois de recherches

Mercredi 21 février, à 20 h, et jeudi 22 février, à 10 h 30, au Grand théâtre de Québec. Pour réserver sa place : www.osq.org

Grand retour des Treize Les aficionados de théâtre seront heureux d’apprendre le retour des Treize. La troupe, qui collabore cette année avec les associations étudiantes Côté-Cour, de la Faculté de droit, et Les Corps Étrangers, de la Faculté de mé­­ decine, lance sa saison avec la pièce Zone. Cette création de Marcel Dubé raconte l’his­ toire d’une bande d’adolescents qui font de la contrebande de cigarettes à la frontière canado-américaine pour arrondir leurs fins de mois. À voir du 21 au 25 février au Théâtre de poche du pavillon Maurice-Pollack. Pour suivre les activités des Treize : www. facebook.com/lestreize. Pour relire un article du Fil sur la programmation hivernale de la troupe : www.lefil.ulaval.ca/ lunion-fait-la-force

Une auteure engagée Poétesse, romancière et dramaturge re­connue, Nicole Brossard est avant tout une ­fervente féministe et une militante pour les droits de la communauté LGBT. Julie St-Laurent, doctorante en études françaises à l’Université de Toronto, parlera de son ­engagement littéraire et féministe lors d’une conférence animée par la professeure Julie Beaulieu, du Département de littérature, théâtre et cinéma. L’activité est présentée à l’occasion d’un séminaire du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises intitulé Littérature, théâtre et cinéma des femmes au Québec (1960-1980). Mercredi 21 février, à 12 h 30, au local 4433B du pavillon Louis-Jacques-Casault. Pour plus d’information : bit.ly/2GTa0Gb

À l’automne 2014, Philippe Arseneau Bussières, directeur artistique du film, les réalisateurs Nancy Florence Savard et Pierre Greco ainsi que le compositeur Olivier Auriol ont effectué un voyage de deux semaines au Népal afin de s’inspirer de la culture locale. photos Productions 10e ave


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actualités UL

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Vivre seul et autres tendances Nous vivons de plus en plus seuls au Québec. Comment expliquer ce phéno­ mène et quelles sont ses répercussions sur la société ? Un reportage du plus récent Contact examine les raisons et les effets de la vie en solo. Autre ten­ dance sous la loupe du magazine : la dictature du corps parfait au mascu­ lin. Si cette pression a longtemps été l’apanage des femmes, les hommes sont maintenant touchés. Ils vivent cette réalité différemment, mais aussi difficilement. Contact interroge aussi les experts à propos de la médecine génétique. Accéder au profil exclusif de chaque patient à partir de son ADN représente une grande avancée. Vos gènes analy­ sés par votre médecin de famille afin de mieux vous soigner, c’est pour bientôt ? L’équation n’est pas si simple, nous disent les chercheurs. Enfin, un portrait de l’incontournable anthro pologue Serge Bouchard et des conseils aux parents pour guider leurs ados sur le Web complètent cette parution. Publié par la Direction des communi­ cations, Contact paraît deux fois par année à l’intention des diplômés, des membres de l’Université et du public désireux de s’informer sur une foule de sujets choisis pour leur actualité et leur pertinence sociale. Il compte 80 000 exemplaires par numéro et est visité plus de 200 000 fois par an sur son site Web.

Sans oui, c’est non ! La campagne « Sans oui, c’est non ! » est en cours. Visant à promouvoir l’importance du consentement sexuel et à prévenir les violences à caractère sexuel, elle se déroule sur le campus entre le 12 et le 23 février. Coordonnée par le Centre de prévention et d’intervention en matière de harcèlement (CPIMH), la campagne comprend une quin­ zaine d’activités. Parmi les nouveautés, men­ tionnons l’exposition Que portais-tu ?, le théâtre­forum Touche-moi pas ! et la confé­ rence du rappeur Webster sur la violence sexuelle dans le milieu du hip­hop. De plus, pour sa première participation à la campagne, le Vice­rectorat aux ressources humaines dif­ fuse auprès des employés de l’Université de brèves capsules d’information interactives sur le harcèlement sexuel. La campagne est rendue possible grâce à la collaboration du CPIMH, du Vice­rectorat aux études et aux affaires étudiantes, du Vice­ rectorat aux ressources humaines, du Service de sécurité et de prévention, du Service des résidences, du Bureau des événements cam­ pus, de la Direction des services aux étudiants, du PEPS et des associations étudiantes CADEUL et AELIÉS. Pour plus d’information sur la programmation de cette campagne : ulaval.ca/sans-oui-cest-non. Pour consulter le récent article du Fil sur ce sujet : lefil.ulaval.ca/oui-cest-non

contact.ulaval.ca

Trésors  cachés POUR LA SUITE DU MONDE…

Comment aider son prochain ? SPOT, la clinique communautaire de santé et d’enseignement, vous propose de découvrir cinq organismes communautaires de Beauport. Pendant deux heures, des guides vous mène­ ront à la rencontre de cinq intervenants de cinq organismes communautaires différents. Fondé à Québec en février 2014, SPOT est un organisme à but non lucratif dont la mission est d’améliorer l’état de santé des personnes marginalisées ou en situation de vulnérabilité sociosanitaire non rejointes par l’offre de soins et services existante. L’organisme souhaite également former une relève professionnelle sensibilisée aux besoins de ces personnes. Cette activité est gratuite et ouverte à tous, mais les places sont limitées. Pour réserver votre place en ligne : bit.ly/2HdTtMO. Pour obtenir plus d’info, écrivez à spotcomiteetudiant@gmail.com ou consultez la page Facebook à bit.ly/2swItXS.

le fil | le 15 février 2018

Si vous êtes déjà passé au pavillon Ferdinand-Vandry, cette œuvre gigantesque a certainement retenu votre attention ! Celle-ci se compose de deux parties. La première – installée dans la cour intérieure du pavillon – est un ensemble de cinq colonnes ayant pour but, par leur disposition, de créer une place publique. L’artiste Pierre Leblanc s’inspira des alignements de Carnac, en Bretagne, pour créer cet effet. La deuxième partie de l’œuvre – exposée sur les murs est et ouest de la cafétéria – représente deux arbres, face à face. Le premier est un érable rouge, qui est, aux yeux de l’artiste, l’essence d’arbre la plus représentative de l’ensemble du territoire québécois. L’autre est un arbre élancé représentant la terre qui monte au ciel et débute un cycle de vie. L’ensemble de l’œuvre est lié à la notion de naissance, une notion intimement rattachée à l’étude de la science médicale. photos Marc Robitaille

Curieux de découvrir d’autres œuvres de l’Université Laval ? Consultez le site sur l’art public à l’Université : bit.ly/2nmxXgK


actualités UL

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Désireux de faire la promotion des sciences auprès du grand public, Normand Voyer visite les écoles et présente des chroniques à la radio de manière régulière

Normand Voyer a transmis sa passion des sciences à Christopher Bérubé, qui travaille maintenant avec lui dans son laboratoire de chimie ­ bio-organique. photo Marc Robitaille

Ces profs qui changent des vies Le Fil vous présente une série d’articles sur des enseignants inspirants qui ont influencé le parcours de leurs étudiants. Cette semaine : Christopher Bérubé rend hommage à Normand Voyer, professeur au Département de chimie. par Matthieu Dessureault Ça s’est passé en 2010. Normand Voyer était de passage au Cégep de Rimouski pour livrer une conférence intitulée « La chimie de l’amour ». Avec verve et humour, le cher­ cheur parlait des aspects scientifiques de ce sentiment qui recèle de mystères. Parmi le public se trouvait un élève particulièrement attentif, Christopher Bérubé. Comme plu­ sieurs jeunes de son âge, il était indécis quant à son avenir et à son choix de ­carrière. La conférence est venue éclaircir ses projets. « Pour la première fois, j’étais convaincu de poursuivre des études universitaires en chimie, se souvient-il. J’assistais à une confé­ rence à la fois interactive, enrichissante et motivante. À partir de ce moment, tout a changé. On peut dire que c’est la chimie de l’amour qui m’a donné l’amour de la chimie ! » Après un baccalauréat et une maîtrise, Christopher Bérubé a entamé des études doctorales au laboratoire de chimie ­b io-­o rganique du professeur Voyer. Ses recherches portent sur le développement de nouveaux agents thérapeutiques. Il travaille aussi sur un projet en chimie verte. Tout cela sous l’encadrement de son mentor ! « Au cours des années, j’ai appris à connaître un scientifique inspirant, un professeur dynamique, un vulgarisateur passionné et un directeur de thèse engagé », dit-il.

Professeur au Département de chimie depuis 1996, Normand Voyer n’a rien du scientifique obscur qui se terre dans son laboratoire. Pour lui, il est essentiel de faire la promotion des sciences auprès du grand public. C’est pourquoi il visite les écoles et présente des chroniques à la radio sur une base régulière. On le voit aussi très souvent à la télévision, où il participe à différentes émissions. « C’est une façon de donner au suivant, explique-t-il. Cela fait partie de notre travail de chercheur et de professeur universitaire de transmettre notre passion des sciences à la relève. Si nous voulons tirer notre épingle du jeu dans l’économie du savoir, il faut former des passionnés qui vont venir dans nos laboratoires pour développer le Québec de demain. » Avec sa conférence « La chimie de l’amour », qu’il a donnée plus de 250 fois aux quatre coins de la province, il profite du contact avec les jeunes pour faire la promo­ tion de la persévérance scolaire. Il illustre aussi comment la science est omniprésente dans le quotidien et s’attaque à certains pré­ jugés ou clichés qui subsistent sur le monde de la recherche. Entre autres, que la science est « plate » ou encore qu’il faut être un « bollé » pour percer dans ce domaine. Aux étudiants-chercheurs qui composent son équipe, le professeur conseille de miser

sur l’originalité et la créativité. « Je laisse énormément de latitude à mes étudiants, admet-il. Je les appuie dans beaucoup de leurs initiatives, même si je sais qu’elles n’auront pas de retombées en termes de résultats de recherche. Je crois énormément en l’apprentissage par essai-erreur. La créa­ tivité, c’est justement d’essayer de nouvelles choses et de penser différemment. » Il encourage aussi ses étudiants à sortir des murs de l’Université pour faire des stages à l’étranger et présenter leurs projets de recherche dans des congrès internationaux. C’est ainsi que, l’été dernier, Christopher Bérubé a donné une conférence dans un évé­ nement à Budapest. Le lendemain de sa pré­ sentation, le professeur recevait un courriel d’un chercheur letton intéressé à collaborer aux travaux de son équipe. « Sa proposition a fait mon bonheur ! L’innovation et les col­ laborations, cela ne peut se faire en restant enfermé dans un laboratoire. C’est pourquoi j’insiste auprès de mes étudiants sur l’im­ portance de s’ouvrir au reste du monde », conclut le professeur.

Le Bureau de soutien à l’enseignement profite de la publication de la série « Ces profs qui changent des vies » pour réaliser des capsules vidéo sur les enseignants qui ont été ciblés. Rendez-vous à l’adresse youtu.be/neQOw6K8luY pour visionner le témoignage de Normand Voyer.

Et vous, y a-t-il un enseignant qui a changé votre vie ? Les meilleurs enseignants, ce sont ceux dont on se souvient toute sa vie durant. Dévoués, pé­­ dagogues, enthousiastes, ils nous ont transmis leur passion, ont élargi nos horizons, nous ont donné envie

Pour lire les autres articles de la série « Ces profs qui changent des vies » :

d’être créatifs dans un domaine.

• Michel Piché : www.lefil.ulaval.ca/ profs-changent-vies-3/

une histoire qui implique un profes-

• Florian Sauvageau : www.lefil.ulaval.ca/ profs-changent-vies-4/

jours à l’emploi de l’Université ?

• Fannie Lafontaine : www.lefil.ulaval.ca/ profs-changent-vies-5/

­Matthieu Dessureault pour lui

• Catherine Lemay et Rachel C. Vogel : www.lefil.ulaval.ca/profs-changent-vies-7

(Matthieu.dessureault@dc.ulaval.ca).

• Danielle Riverin-Simard et Alain Dubois : www.lefil.ulaval.ca/ profs-changent-vies-8

d’un article dans le journal !

Diplômé ou étudiant, vous avez seur ou un chargé de cours touN’hé­sitez pas à écrire au journaliste faire part de votre témoignage Votre histoire pourrait faire l’objet


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vie étudiante

le fil | le 15 février 2018

À la fine pointe de la technologie financière Quatre étudiants au MBA décrochent la troisième position au concours international d’étude de cas Corporate Knights – Schulich par Yvon Larose Ils s’appellent Antoine Audet, Kevin Bélanger, Cimon Boily et Félix Lavoie-Pérusse. Tous quatre étudient à la maîtrise en administration des affaires. Tous quatre travaillent éga­ lement à temps plein. Malgré un emploi du temps chargé, ils réussissent à participer et à offrir de solides perfor­ mances à des concours inter­ nationaux d’étude de cas. Trois d’entre eux l’ont fait en mars 2017 à Hong Kong. Les quatre ont réitéré en novembre de la même an­­ née, atteignant la finale du con­c ours Global Business Challenge à Brisbane, en Australie. Fin janvier, le ­quatuor était à Davos, en Suisse, avec deux autres équi­ pes, pour la finale du concours Corporate Knights – Schulich. Il a obtenu la troisième place. « La finale avait ceci de par­ ticulier qu’elle s’est déroulée en même temps que le Forum économique mondial, ra­­ conte Antoine Audet. Quelque 28 équipes prove­ nant de 17 écoles de com­ merce réparties sur 3 conti­ nents ont relevé le défi du concours Corporate Knights – Schulich. Elles devaient imaginer une solution nou­ velle et réaliste qui inciterait les clients d’une importante b a n qu e f r a n ç a i s e , B N P Paribas, ainsi que le grand public à investir dans des pro­ duits financiers soutenant un ou plusieurs des objectifs de développement durable des Nations unies. Ces objectifs visent à éradiquer la pauvreté, à protéger la planète et à garantir la prospérité pour tous. Atteindre l’ensemble des 17 objectifs nécessiterait des investissements massifs de l’ordre de 2,4 trillions de dollars américains par année. Selon Antoine Audet, le secteur financier, notamment les banques en raison de leur mission sociale, peut jouer un rôle clé en la matière. « Nous proposons un nouveau mo­­ dèle économique autour de la création d’un fonds d’in­ vestissement consacré aux objectifs des Nations unies, dit-il. Les investisseurs achè­ teraient des parts virtuelles en échange de capitaux. »

La solution proposée par le quatuor québécois s’appuie sur deux technologies de pointe : la monnaie virtuelle, ou cryptomonnaie, et la chaîne de blocs, ou blockchain. Les valeurs monétaires dématérialisées permettent d’effectuer des paiements numériques. Cette classe d’actifs connaît une crois­ sance très rapide et pourrait transformer l’industrie de la finance. La chaîne de blocs, quant à elle, permet le stoc­ kage et la transmission trans­ parente et sécurisée d’infor­ mations à un niveau sans pré­ cédent. Les transactions sont décentralisées, sans recours à des intermédiaires. Les milléniaux, cette caté­ gorie sociologique regrou­ pant les personnes de 33 ans et moins, sont particulière­ ment visés par la solution québécoise. « Les jeunes sont les plus nombreux à recourir à une technologie comme la micro-monnaie pour leurs investissements, explique Antoine Audet. Ils sont aussi de plus en plus nombreux à être sensibilisés aux enjeux du développe­ ment durable. » Une étude récente indique que plus de la moitié des milléniaux pla­ cent, souvent ou toujours, leur argent dans des fonds d’investissement en déve­ loppement durable. En Suisse, la solution des étudiants a tellement impres­ sionné le responsable du développement durable de la BNP Paribas que celui-ci les

a invités à Paris pour présen­ ter leur concept aux experts d e l a b l o ck ch a i n d e l a banque. Durant le Forum écono­ mique mondial, le quatuor a rencontré la ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation du Québec, Dominique Anglade. Quel­ ques jours plus tard à Québec, lors d’un symposium sur le thème du tsunami numé­ rique, la ministre a parlé, dans son allocution, des Québécois qui rayonnent sur la scène internationale. Puis, elle a donné l’exemple du quatuor de l’Université Laval, le présentant comme un modèle de la jeunesse à l’ère industrielle 4.0. Le professeur Yan Cimon, du Département de manage­ ment, s’est impliqué dans la préparation et l’accompagne­ ment des étudiants pour le concours Corporate Knights – Schulich, comme il l’avait fait pour le concours Global Business Challenge. Son rôle, il le définit comme celui d’un accompagnateur qui agit sur une base de rétroaction et de mentorat. « Je me mets dans la peau d’un membre du jury sur lequel ils peuvent tester leurs idées, dit-il. J’essaie de les aider à bien penser à la clien­ tèle, à voir certains aspects et à questionner certaines hypo­ thèses. » À Davos, les étudiants ont été particulièrement im­­ pressionnants. « Ils ont offert une excellente performance, af­­firme le professeur. C’est remarquable ce qu’ils ont accompli. D’abord, ils ne sont pas européens, alors que l’entreprise à l’étude l’est. En­­suite, ils ont proposé une solution très auda­ cieuse au­­t our d’une nou­ velle techno­logie.  »

Durant leur séjour à Davos, les étudiants de l’Université Laval ont échangé avec la ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation du Québec, Dominique Anglade, le PDG d’Investissement Québec, Pierre Gabriel Côté, et le chargé d’affaires par intérim à la Délégation générale du Québec à Munich, Nicolas Martin. Dans l’ordre habituel : Cimon Boily, Dominique Anglade, Antoine Audet, Félix Lavoie-Pérusse, Pierre Gabriel Côté, Nicolas Martin et Kevin Bélanger.

La microbrasserie Brassta est gérée par des étudiants bénévoles, issus pour la plupart de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation. photo Marc Robitaille

Place à l’esprit coopératif !

Les étudiants sont invités à se familiariser avec le modèle coopératif lors d’un événement interactif par Pascale Guéricolas Bien des étudiants en sciences de l’administration ou en d’autres disci­ plines finissent leur scolarité sans jamais avoir appris le fonctionne­ ment distinctif des coopératives. C’est une lacune que tente de cor­ riger l’activité « Ensemble pour un campus coop », qui aura lieu, pour une deuxième année consécutive, ce jeudi 15 février, dès 18 h 30, au pavillon Alphonse-Desjardins. L’incu­b ateur d’entreprises Entre­ preneuriat Laval et la section UL d’Enactus, une association interna­ tionale d’étudiants vouée au progrès sociétal par l’entrepreneuriat, ainsi que la Chaire de leadership en ensei­ gnement sur l’engagement social organisent cette rencontre. La soirée débutera avec des extraits de vidéos présentant des exemples variés de coopératives. Le public pourra ainsi s’informer sur l’action du PRÉ, qui rassemble des producteurs et des restaurateurs écoresponsables ayant à cœur de mettre au menu des aliments locaux de qualité. Il décou­ vrira aussi la Coopé­rative de solida­ rité de Saint-Nérée-de Bellechasse, qui vend aux habitants de ce village de la viande, des légumes et des fruits des environs. Le campus compte, lui aussi, plu­ sieurs associations qui offrent des productions agricoles originales. Celles-ci sont regroupées au sein de la Con­f édération des initiatives étu­ diantes en production agro­alimen­ taire (CIÉPA). « La CIÉPA est née, en partie, de la première présentation de l’activité “Ensemble pour un campus coop”, raconte Denis Morin, un des responsables de cet organisme. En se regroupant, des associations comme Brassta et Micro­broue, qui font de la bière, la BoULangerie du Comtois, Le Carnivore ou la Froma­g erie du Campus peuvent profiter des ex­­ périences des au­­tres pour mieux progresser. »

Ces structures agroalimentaires collé­ giales ont le vent en poupe actuelle­ ment. En misant davantage sur l’éduca­ tion que la recherche du profit, elles permettent aux étudiants de mettre en application les notions théoriques apprises dans les cours, ou encore d’avoir accès à de nouvelles connais­ sances. À la Fromagerie du Campus, par exemple, toutes les personnes impli­ quées participent aux différentes phases de fabrication. Le mode de fonctionne­ ment met aussi l’accent sur la prise de décisions communes, ce qui est bien loin du modèle entrepreneurial où un chef d’entreprise impose ses vues. Brassta, qui vient de sortir La Père Casault, sa troisième bière disponible sur le campus, adopte un mode de fonc­ tionnement très ­coopératif depuis ses débuts. « C’est très important pour nous de discuter avec nos membres des grandes orientations », explique MarcAntoine Vézina, responsable des évé­ nements chez Brassta. Selon lui, la structure très souple du comité facilite les changements d’orientation. Comme toutes les entreprises classiques, les structures de type coopératif ou asso­ ciatif se heurtent à certaines difficultés. Les comités vont donc profiter de la soirée pour présenter à l’assemblée, divisée en petites équipes, des cas vécus. Le but de l’exercice : faire réfléchir les participants à des solutions possibles à partir de ques­ tions qui surviennent fréquemment. Des experts, comme Jacques Beaudet, direc­ teur général de la C ­ or­poration de dévelop­ pement économique communautaire (CDEC) de Québec ou Christophe Perny, cofondateur du PRÉ et res­t aurateur, apporteront leur concours à cette séance de remue-méninges. L’activité « Ensemble pour un campus coop » se déroulera le jeudi 15 février, à 18 h 30, au pavillon AlphonseDesjardins. Pour s’inscrire : ­ bit.ly/2C9yC9M


sports

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en bref La course se déroulera le dimanche 9 septembre

Débutants, initiés ou aguerris, les coureurs trouveront chaussure à leur pied avec les épreuves de 5 km et de 10 km, ainsi que le mini-marathon La Clinique du Coureur d’un kilomètre pour les tout-petits. photo TJerk Bartlema

Le 10 km de l’Université Laval Pour une 49e année, l’Université présentera cette course qui attire l’élite des coureurs du Québec par Jenny Aumais Saviez-vous que le 10 km de l’Université Laval est la 2e course la plus ancienne à être organisée au Québec et le plus ancien événement sportif à se dérouler sur le campus de l’Université Laval ? M ê m e s’ i l e st r e c o n n u comme une course accueil­lant année après année un peloton d’élite composé des meilleurs coureurs et cou­r euses du Québec, le 10 km de l’Uni­ versité Laval s’adresse à tout le monde. Débutants, initiés ou aguerris, les coureurs

trouveront chaussure à leur pied avec les épreuves de 5 km et de 10 km, ainsi que le mini-marathon La Clinique du Coureur d’un kilomètre pour les tout-petits. Cette année, la course se déroulera le dimanche 9 septembre. Le départ et l’arrivée se feront dans ­l ’impressionnant stade TELUS – Uni­versité Laval sur une vraie piste d’athlé­ tisme ! Un yoga géant aprèscourse sera offert aux parti­ c i p a n t s , qu i p o u r r o n t

bénéficient d’un tarif préfé­ rentiel pour les trois épreuves au programme. Une deuxième période de prévente est prévue jusqu’au 30 juin. Il est à noter que tous les coureurs inscrits contribuent au Fonds Rouge et Or soutenant les étudiantsathlètes du programme d’ex­ cellence du club d’athlétisme Rouge et Or. Vous pourrez rencontrer l’équipe du 10 km de l’Univer­ sité Laval lors du Salon de la course à pied et du triathlon de Québec, qui se tiendra au PEPS les 14 et 15 avril.

également bénéficier de nom­breux autres avantages : stationnement gratuit, ves­ tiaires et douches sur place, animation, écran géant, sys­ tème de chronométrage avec Sportstats, service médical sur place, service de garderie pour les enfants de 3 à 11 ans, léger goûter ainsi que remise de médailles et de bourses aux gagnants. La période d’inscription est ouverte depuis le 1er février et Pour plus de détails sur cette les participants qui s’ins­ course, rendez-vous sur le site crivent avant le 30 avril peps.ulaval.ca/10kmul.

Campus dynamique

Basketball : les Citadins en visite au PEPS Alors que la saison de basketball universi­ taire 2017-2018 tire à sa fin, les formations féminine et masculine du Rouge et Or accueil­ leront dimanche, dès 13 h, les Citadins de l’UQAM. Les dames (9-3) voudront consoli­ der leur position en tête du RSEQ devant les Martlets de l’Université McGill (9-4). Du côté des hommes, les joueurs entraînés par Jacques Paiement Jr voudront stopper une vilaine séquence de quatre revers, eux qui n’ont que deux gains en sept parties depuis le retour du congé des Fêtes. L’équipe masculine (6-6) espère toujours rattraper celle de l’Université Concordia au second rang de la ligue uni­ versitaire québécoise, ce qui lui donnerait le ­privilège d’accueillir un match de demi-finale à l’amphithéâtre Desjardins – Université Laval. photo Mathieu Bélanger Pour acheter vos billets, composez le 418 656-PEPS.

Vendredi 16 février Volleyball masculin | Équipe nationale de développement PEPS | 19 h 30

Samedi 17 février Volleyball féminin | Sherbrooke PEPS | 18 h Volleyball masculin | Sherbrooke PEPS | 19 h 30

Dimanche 18 février Basketball féminin | UQAM PEPS | 13 h Basketball masculin | UQAM PEPS | 15 h Volleyball féminin | UQAM PEPS | 18 h 30

Jeudi 22 février Basketball féminin | McGill PEPS | 18 h Basketball masculin | McGill PEPS | 20 h

Dimanche 25 février

Vicente Parraguirre et ses coéquipiers du Rouge et Or recevront l’Équipe nationale de développement ce vendredi au PEPS. Un match de haut niveau attend donc les amateurs de volleyball dès 19 h 30 à l’amphithéâtre Desjardins – Université Laval. La formation entraînée par Pascal Clément vise un cinquième gain de suite contre cette équipe nationale. Réservez vos places au 418 656-PEPS. photo Yan Doublet

Soccer féminin | Centre national de haute performance Stade TELUS-Université Laval | 13 h 30 Soccer masculin | ETS Stade TELUS-Université Laval | 15 h 30


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au fil de la semaine

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le fil | le 15 février 2018

Ce que les vieilles photos racontent... La collection Aux limites de la mémoire des Publica­tions du Québec compte 25 ouvrages de photographies an­-­ ciennes datant de la seconde moitié du 19e siècle ou de la première moitié du 20e siècle. Chacun des ouvrages retrace le passage de la société traditionnelle à la société moderne en mettant l’accent sur un thème particulier. Andrée Fortin, professeure émérite du Département de sociologie, s’intéresse au récit que tous ces ouvrages forment ensemble. Dans la conférence « Nostalgie et fierté. Construction mémorielle dans la collection Aux limites de la mémoire », elle se penchera sur les photos mises en valeur par ces ouvrages et s’attardera plus par­ ticulièrement à celles qui représentent l’espace social et géographique. La chercheuse souhaite ainsi analyser la construction mémorielle de cette collection – publiée, rappelons-le, par une maison d’édition autrefois appe­ lée « l’éditeur officiel du Québec » – afin de proposer une sociologie de l’image. Cette conférence est présentée par le Centre de recherche en aménagement et dévelop­ pement. photo de la rue des Fossés (l’actuel boulevard Charest) vers 1900, Archives de la Ville de Québec

Jeudi 15 février, à 12 h, au local 1613 du pavillon Félix-Antoine-Savard. Entrée libre.

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20/02

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Le paysage en archéologie

Vent et percussion

Écrire pour Prenez soin comprendre l’art de vous !

Lire et rire !

Objectif : zéro carbone

Quelles sont les multiples facettes des paysages en archéologie ? Voilà la ques­ tion autour de laquelle tourneront les réflexions lors du prochain Archéovendredi du Groupe de recherche en archéométrie, organisé par le Centre de recherche Cultures – Arts – Sociétés (CELAT). De courtes présentations por­ tant sur les approches théo­ riques et méthodologiques, prononcées par des étu­ diants de 2e et de 3e cycle, alimenteront les discus­ sions. L’activité se dérou­ lera en deux temps : tout d’abord, les présentations, puis les discussions. Les participants seront ensuite invités à se rendre, dès 16 h, à un rendez-vous amical au café Chez Temporel. photo James Woollett

Vendredi 16 février, à 13 h, au local 320 du pavillon Camille-Roy (3, rue de la Vieille-Université). Pour plus d’information sur le déroulement de cette ­activité  : bit.ly/2suQZ9C ou Sylviane.Thibault@ flsh.ulaval.ca

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Pour le 2 concert de sa 23e saison, l’Ensemble vent et percussion de Québec (EVPQ), sous la direction de René Joly, présentera le concert-événement En ve­dette. À cette occasion, les 55 musiciens de l’EVPQ accueilleront deux grands solistes : le pianiste Michel Franck et le saxophoniste Jean-François Guay. Pour la première fois en Amé­ rique du Nord, une version exceptionnelle pour or­­ chestre à vent du Concerto n o 2 pour piano, op. 18 de Serguei Rachmaninov sera exécutée au complet (trois mouvements). Puis, le spec­ tacle se poursuivra avec la pièce Fellini de Johan de Meij – une composition inspirée du monde surréa­ liste du légendaire cinéaste italien – dans laquelle le saxophone est à l’honneur. Samedi 17 février, à 20 h, et dimanche 18 février, à 14 h, à la salle Henri-Gagnon du pavillon Louis-JacquesCasault. Billets en vente à la porte et sur le site www.lepointedevente.com.

Anne-Marie Ninacs est ­historienne de l’art, com­ missaire et professeure à l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM. Son travail l’amène à ­présenter les œuvres et les démarches artistiques comme des formes visibles de propositions relatives à la conduite humaine. Toutefois, dans la confé­ rence « Apprendre à vivre en écrivant sur l’art », elle souhaite plutôt expliquer comment son propre acte d’écriture la place dans un état d’apprentissage éthi­que. En effet, en écrivant, elle n’explique pas toujours aux autres ce qu’elle sait de l’art, mais elle apprend un art de vivre de l’artiste. Dans une présentation très con­ crète, elle fera voir com­ ment s’est constitué son parcours d’écriture, une pratique fondamentale de l’histoire de l’art très peu discutée. Lundi 19 février, à 14 h, au local 5242 du pavillon Charles-De Koninck. Entrée libre.

C’est bien connu aujour­ d’hui, l’alimentation, l’exer­ cice physique et les saines habitudes de vie réduisent les risques de développer des maladies cardiovascu­ laires. Cependant, en faitesvous assez ? Pour le savoir, participez à la séance de sensibilisation sur la santé cardiovasculaire organisée par Mon équilibre UL, en collaboration avec des étu­ diants en sciences de la santé. Les visiteurs auront droit à des rencontres indi­ viduelles avec des étudiants issus de divers programmes (médecine, sciences infir­ mières, ergothérapie, kiné­ siologie, nutrition, physio­ thérapie et pharmacie) qui pourront évaluer les fac­ teurs de risque de chacun. Les étudiants, au besoin, vous conseilleront sur les moyens d’acquérir une meilleure hygiène de vie. Cette semaine, prenez donc le pouls de votre santé cardiovasculaire ! Mardi 20 février, de 17 h à 20 h, à l’entrée principale du PEPS. Aucune réservation requise. Les consul­ tations sont gratuites.

Qui a dit qu’un cercle de lecture doit se pencher sur les œuvres de Victor Hugo ou de Marcel Proust ? L’Ellipse, le cercle de lec­ ture du CEULa, vous pro­ pose de venir discuter du curieux recueil Pensées pour jours ouvrables de Bureau Beige. Dans ce livre, l’au­­ teure dépeint avec un hu­­ mour acide le travail de bureau dans toute sa plati­ tude : couleur de mobilier terne, violence subtile dans les rapports hiérarchiques, lourdeur administrative, ab­­ surdités et incohérences des règles, etc. Cet ouvrage – qui s’adresse à quiconque s’est déjà demandé, au milieu d’une réunion, le but de sa vie passée au bureau et à tous ceux heureux d’échapper à cet enfer – saura certainement alimen­ ter de drôles et pétillantes discussions. Sourires et rires garantis ! Mardi 20 février, à 19 h, à la Bédéthèque du pavillon Alphonse-MarieParent. Entrée libre.

Consultez le calendrier complet des activités sur le campus à ulaval.ca

Le Québec s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 37,5 % d’ici 2030. Même si les émissions de GES associées au secteur du bâtiment sont inférieures à 10 % des émissions totales, cette industrie doit devenir un acteur de la transition énergétique. Pour faciliter cette transition, le Conseil du bâtiment durable du Canada (CBDCa) a lancé, à la fin de 2016, le standard zéro carbone pour les bâti­ ments commerciaux, insti­ tutionnels et résidentiels. L’objectif de cette mesure : rendre le secteur du bâti­ ment carboneutre d’ici 2050. Pour en savoir plus sur les détails de ce stan­ dard, assistez à la confé­ rence de Mark Hutchinson, vice-président des pro­ grammes de certification de bâtiments au CBDCa. Mercredi 21 février, à 11 h 30, au local 2320-2330 du pavillon Gene-H.-­ Kruger. Entrée libre.

Le Fil 15 février 2018  

Le journal de la communauté universitaire

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